Passeurs culturels

J’ai récemment reçu les épreuves d’un nouvel article qui parle de moi.

Suite au colloque sur l’internationalisation de la BD auquel j’ai participé en mai 2024 et où s’est tenu la table ronde “Initier la vague anime et manga”  — qui avait déjà résulté en un interview sur le blogue de Bounthavy Suvilay, enseignante et journaliste française — cette dernière a écrit un nouvel article à mon sujet, intitulé “Transfert culturel du manga : Toren Smith et Claude J. Pelletier, les passeurs du Canada.” Cet article paraîtra bientôt dans le No 64 de la Revue internationale d’études canadiennes, publiée par la University of Toronto Press. 

La sortie de ce numéro annuel est prévue pour l’automne 2026. Malheureusement, je ne crois pas que ce soit une revue qui ait une grande diffusion. Le site de la revue mentionne qu’il est possible de s’abonner ($79.00 pour un numéro !), mais les articles des numéros précédents semblent disponibles en ligne. La revue n’apparaît pas dans les catalogues des bibliothèques de la Ville de Montréal, ni de la BANQ. Toutefois, selon WorldCat, elle se retrouve dans la plupart des bibliothèques universitaires (Concordia, McGill McLennan, UdeM, UQAM).

De toute façon, je suis presque gêné d’être comparé à Toren Smith qui a tant fait pour la diffusion de l’anime et du manga en Amérique du Nord. Mais, bon, c’est l’œuvre d’une vie, alors j’imagine que je dois l’assumer… C’est vrai que le magazine Protoculture Addicts (et plusieurs autres de mes projets) ont grandement contribués à faire connaître l’anime et le manga, et que ce fut un travail de pionnier qui a eut une certaine influence, mais cela n’est pas du tout au même niveau de ce qu’a accompli le regretté Toren Smith. Et je n’ai rien fait tout seul. Cela a toujours été le travail d’une équipe. Je me vois surtout comme un chef d’orchestre… C’est néanmoins toujours réconfortant de voir son dur labeur reconnu.

Voici donc le résumé de l’article en question:

“Cet article examine le rôle central des passeurs culturels dans la diffusion et l’appropriation du manga et de l’anime en Occident, à travers les parcours de Toren Smith et de Claude J. Pelletier. Le premier a traduit et édité des mangas emblématiques, tandis que le second a créé un réseau d’information spécialisé, contribuant à la reconnaissance du manga hors du Japon, au Canada. L’analyse révèle les mécanismes de sélection, d’adaptation et de médiation qui ont permis ce transfert culturel. Les choix éditoriaux de ces intermédiaires reflètent leurs préférences personnelles et les tendances de la culture jeune nord-américaine. Leurs efforts ont non seulement rendu ces œuvres accessibles, mais ont aussi favorisé leur appropriation, donnant naissance à des créations hybrides inspirées du manga et de l’anime.”

Abstract: 

“This article examines the central role of cultural intermediaries in the dissemination and appropriation of manga and anime in the West, through the trajectories of Toren Smith and Claude J. Pelletier. The former translated and edited iconic manga, while the latter created a specialized information network, contributing to the recognition of manga outside Japan, specifically in Canada. The analysis reveals the mechanisms of selection, adaptation, and mediation that made this cultural transfer possible. The editorial choices of these intermediaries reflect both their personal preferences and the prevailing trends in North American youth culture. Their efforts not only rendered these works accessible but also fostered their appropriation, giving rise to hybrid creations inspired by manga and anime.”

Lorsque l’article sera publié, et s’il est disponible en ligne, j’en ajouterai ici le lien.

Revue de ‘zines [002.026.285]

Revue de ‘zines

Je continue (tant bien que mal) mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champ d’intérêt… Je rattrape entre autres mon retard (de dix-huit numéros !) dans mes lectures de Solaris. 

Solaris #224 (Automne 2022)

Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre au Québec et parfois d’ailleurs. Celle-ci s’ouvre à nous en trois volets: le volet fiction comprend quelques nouvelles qui nous offrent l’occasion de nous divertir tout en échantillonnant ses différentes saveurs actuelles. Le volet documentaire nous offre des articles pour découvrir et mieux comprendre ses différents aspects. Finalement, le volet critique se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste.

Dans le volet fiction, ce numéro spécial — qui célèbre les 125 ans de La Guerre des Mondes — nous offre dix courts récits qui s’inspirent du chef-d’oeuvre de H.G. Wells:

  • “Démons de plastique” par Josée Bérubé (23 pages). Une expédition vers Mars semble avoir tourné à la catastrophe. Pourtant, deux ans plus tard, le vaisseau et l’IA qui le pilote réapparaissent dans l’orbite lunaire. Transformé et sans ses membres d’équipage. Les efforts de Shana et Julie pour élucider le mystère de la disparition de leur fille Jessica ouvriront la porte à une découverte étonnante! Très bon texte.
  • “Le Monde de l’après-guerre” par Geneviève Blouin (16 pages). Suite à l’échec de l’invasion martienne, tous croient que Mars est morte. Toutefois, Mademoiselle Rioux, journaliste au Montreal Weekly Select, se demande si le gouvernement du Commonwealth ne cherche pas à minimiser la menace martienne… Très bon texte.
  • “Souvenirs de Luminescence” par Célia Chalfoun (17 pages). Zain visite Jhansi à Luminescence, une région colonisée par un étrange mycélium qui semble communiquer par des rayonnements féériques de murmura et des apparitions de Morphoses… Un bon texte dont la lecture est compliquée par des jeux sur les pronoms.
  • “Accords de principe” par Sébastien Chartrand (30 pages). Les conséquences technologiques et géopolitiques de l’invasion martienne ratée. Ici, on nous offre une suite à l’œuvre de H.G. Wells, tout en pastichant l’uchronie jeune-adulte de Scott Westerfeld, Léviathan. Excellent!
  • “Puis vint le silence” par Christian Léourier (10 pages). Dans les années qui suivent l’invasion manquée, on cherche à l’oublier, à l’effacer et même à la nier. Un bon texte mais sans plus.
  • ”Chroniques d’exil” par Josée Lepire (3 pages). Les martiens, après l’échec de leur tentative d’invasion, espèrent pouvoir un jour retourner sur leur planète dévastée. Hélas… Un court récit intéressant.
  • “Rêves de Mars” par Yves Meynard (24 pages). Lors d’une visite en famille dans un parc d’attractions robotisé style “West-World” mais consacré à une reconstitution du War of The World de H.G. Wells, Paul perd son jeune fils Lucas de vue. Alors qu’il le recherche désespérément, il se retrouve impliqué dans une lutte où s’affrontent des agents dissidents du futur! Un superbe récit où l’on retrouve des influences de Terminator, West-World, et Total Recall.
  • “L’Envol des narcissiques” par Andréa Renaud-Simard (7 pages). La Terre a fini par faire la paix avec l’envahisseur martien. Toutefois, un groupe de dissidents est parti avec une flotte de vaisseaux pour exterminer les martiens restés sur les lunes de Jupiter. Une génération plus tard, ils reprennent contact avec la Terre. Quelles réception recevront-ils ? Bien mais sans plus.
  • “La Guerre des mots” par Jean-Louis Trudel (22 pages). L’invasion martienne fut un succès. Une fois établis sur Terre, les Néo-martiens ont créé une race hybride pour servir d’Intermediaires avec les humains. Étant en partie humain, où ira l’allégeance des Inters ? Un très bon texte du défunt et regretté Jean-Louis Trudel.
  • “Les Chevaux de Troie” par Élisabeth Vonarburg (23 pages). Les membres d’une expédition découvrent que les martiens peuvent les envahir même sur Mars… Le récit nous donne le point de vue des martiens. Très bon texte.

Le volet documentaire offre un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui s’intéresse cette fois à “La Troisième Guerre Mondiale ou les mondes en guerre” — dans l’Histoire et dans la fiction. Excellent, comme toujours.

Ce numéro, déjà volumineux (210 pages!), n’offre aucune chronique sur le DALIAF ou de volet critique.

Solaris, qui se veut “l’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire”, nous offre comme toujours un numéro très riche qui demeure un incontournable pour tout amateur du genre.

[ Site de la revue • Amazon • Goodreads • Les Libraires • nooSFere ]

Anime & manga update [002.026.283]

Japanese culture update 

NHK World Japan documentary series continue to be a great source of information about Japanese culture, history and life — including popular culture like anime and manga. Here are some interesting Video On Demand (VOD) that I have recently noticed.

Anime Studio: Toei Animation

This new episode of the documentary series Anime Manga Explosion introduces us to one of the main anime studio of Japan. “This episode spotlights TOEI ANIMATION, an anime studio marking its 70th anniversary. We trace the studio’s history, beginning with the story behind The White Snake Enchanteress, Japan’s first full-color feature-length animated film. We then follow Mazinger Z, which helped create a new business model for Japanese anime, and Dragon Ball, which carried Japanese anime around the world. Finally, we step inside production on the studio’s current series, One Piece, to see the craft behind the animation.” This episode was broadcast on October 9, 2026 and will be available as VOD only until October 17, 2026.

Anime Journal

This is a new documentary series about anime fandom. “This new program digs deep into what overseas fans loved about the anime released this year and how the translators of one anime, Akane-banashi, approached its traditionally Japanese subject matter.” This episode will air on October 14, 2026 (12:30 AM, 04:30 AM, 12:30 PM, 7:30 PM).

Deep Dive with Hideo Kojima

The documentary series Game-Genome explores the inner workings of video games. This episode is about Death Stranding. “Half a century since the birth of video games, we explore how legendary titles have shaped our ideas and created a new culture. “DEATH STRANDING” won new plaudits for its uncanny predictions of our experiences during the pandemic. Program guests share their love for the game, and why it’s captivated so many. Renowned developer Hideo Kojima guides us on a deep dive into his creation and explores his inspiration and motivations. A special, expanded episode with new footage in response to the reaction to the original broadcast.” This episode was broadcast on June 24, 2023 and is available as VOD until September 5, 2027.

Mother 2 (EarthBound)

Another episode of the documentary series Game-Genome. “MOTHER 2 is a classic RPG known internationally as EarthBound. Its creator, Itoi Shigesato, joins longtime fans to discuss how the game was made, revealing secrets behind its lasting popularity.” This episode was broadcast on September 12, 2026 and is available as VOD until September 12, 2027.

Some more news from Anime News Network:

And one more thing …

A dear friend, from the Protoculture days, brought to my attention this AI re-edit of the first episode of Robotech Macross, “Boobytrap”. It is a perfect transposition of the anime into a “live-action“ produced by AI. That’s quite something. Exploring on this subject, I also found on Youtube this AI-produced “live-action” titled  Macross Robotech The Movie: The Future Meets The Past. It seems to be in several parts (here another one). It tells a different story using the Robotech characters. Interesting. Is this the future of movies ?

Anime & manga update [002.026.277]

Japanese culture update 

NHK World Japan documentary series continue to be a great source of information about Japanese culture, history and life — including popular culture like anime and manga. Here are some interesting Video On Demand (VOD) that I have recently noticed.

White Flag: Mizuki Shigeru and the War

This episode of the “Documentary 360” series is about Mizuki Shigeru. “Manga artist Mizuki Shigeru’s masterpiece “White Flag” comes to life as an anime. His story was based on a WWII soldier who defied his superiors to protect his men. What truly happened on “Iwo Jima”?” This episode was broadcast on September 11, 2026 and is available as VOD until September 11, 2027. A GREAT documentary !

Bread

This episode of the short documentary series “Japan Delish” is about Japanese bread.  “Ever heard of an-pan?! From fruit sandwiches to curry-filled delights, Japanese bread is full of delicious surprises!” This episode was broadcast on December 6, 2025 and is available as VOD until December 5, 2026.

Sake Truth

This episode of the documentary series “Time and Tide” is about sake.  “Sake is gaining attention worldwide for its rich and complex flavors. We explore various aspects of Japan’s national drink, from the koji that determines the flavor to medieval innovations that laid the foundation for sake-making today. We also shine a light on heated sake, or kanzake, and examine the science behind how heat affects its flavor profile.” This episode was broadcast on December 19, 2025 and is available as VOD until December 19, 2026.

Some more news from Anime News Network:

And one more thing …

I forgot. I wanted also to mention this book just recently released in English. It is described as: “In this captivating collection of dialogues, renowned manga artist, writer and painter Mari Yamazaki and art historian Nicole Coolidge Rousmaniere — lead curator of the Art of Mangaexhibit at the de Young Museum and The Brooklyn Museum — explore the patterns of human history to find a roadmap for optimism in the modern world.” (Contributors includes one of my favourite mangaka and one of my favourite translators !) [2026/10/05]

  • YAMAZAKI Mari & COOLIDGE-ROUSMANIERE Nicole  (Translated by Frederik L. Schodt & Beth Cary). Happiness Theories; A Manga Artist & An Art Historian Find Wisdom in 3,000 Years and in LIFE. Shueisha, sept. 2026. 228 pg. $24.99. 979-8-950818-07-3 [Amazon • Goodreads • Les libraires]

Manga from the past

My wife received another care package from her sister. She was doing some cleaning up in the house of their childhood. She sent a bunch of manga that my wife bought in her teens. It’s a good example of the shōjo manga that girls were reading in the seventies.

Those manga were mostly aimed at young teen girls and the style of the artwork would probably be seen as old-fashioned today. For those reasons, it is unlikely that any publishers would be interested in translating them. I find this a little sad, because those titles were good and popular entertainment at the time and people today should be aware of this. You cannot understand the history of manga without knowing this…

The first fourteen books are all by the same mangaka: Yukari Ichijo (一条ゆかり). I have already talked about her; I guess my wife liked her stories a lot. It’s mostly romantic comedies.

The Cool Guys Vol. 1-2 (こいきな奴ら / Koikina Yatsura), by Yukari Ichijo, Shueisha (Ribon Mascot Comics). It was serialized in Ribon magazine from January 1974 to March 1977 and compiled in two tankōbon in August 1975 and March 1978. It’s composed of four parts published in yearly special issues: “Act 1: Judes Judith” (Jan. 1974), “Act 2: Esper Hunting” (Feb. 1975), “Act 3: Full of Danger” (Feb. 1976) and “Act 4: Dormie III’s Heritage” (Feb. & March 1977). You can see an excerpt here.

“The adventures of twins dedicated to finding out who killed their beloved parents!  The son of the Count and Countess of Grasse, Judes and his sister Judy, are beautiful twin siblings who are well-known in Paris. The two suspected that their parents had suddenly died in an accident, but with the help of a fellow pickpocket and an ex-killer, they set out to investigate the truth…! A fashionable and popular comic book with thrills and suspense!” (From Manga Updates)

Koikina Guys ACT-III: Full of dangers (こいきな奴ら ACT III: 危険がいっぱしい / Koikina Yatsura Act. III: Kiken ga ippashii),  by Yukari Ichijo, Shueisha. Ribon February New Year’s Special Issue (Vol. 22, No. 3) Supplement – ​​February 1976 (りぼん2月新春特大号(第22巻第3号)付録 昭和51年2月). This is the Ribon yearly special issue with Act III of the previous books. [Google]

Farewell, Janis (さらばジャニス / Saraba janisu), by Yukari Ichijo, Shueisha (Ribon Mascot Comics), 202 pages. Serialized in Ribon magazine and compiled in one volume in 1972. You can read an excerpt here. [Manga Updates]

“Janis discovers a new way of life at a school with a free-spirited atmosphere! Mr. Farrow, a traveler, is dissatisfied with his son Janis’s feminine nature and subjects him to a harsh, Spartan upbringing. However, after reading a letter left by his late mother expressing her wish for him to “live freely,” Janis resolves to leave home… A unique romantic story about a beautiful boy with a girl’s heart.” (From Amazon)

Cleo in the Wind: Part 1-2 (風の中のクレオ / Kaze no naka no Kureo), by Yukari Ichijo, Shueisha (Ribon Mascot Comics). Serialized in Ribon magazine (Aug. ’70 – Feb. ’71) and compiled in two volume in 1971. You can see an extract here. [Amazon • Mangapedia • Manga Updates]

“What is the shocking fate of love between young Cleo and Belle? Velvet (commonly known as Belle), who attends high school, is curious about Cleo’s existence. Cleo is popular with the girls, but he is also insufferable. Belle considers using him as the model for a novel, but… Part one of a dramatic love story about Belle falling for a naive young man. [Vol. 1 also includes the short stories: Twenty Days of Love / Poem of the Wind]” (From Shueisha)

Smile, Queen Bell Part 1-2 (わらってクイーンベル / Waratte kuinberu), by Yukari Ichijo, Shueisha (Ribon Mascot Comics). Serialized in Ribon magazine (April to September 1973) and compiled in two volume in 1973. You can see an extract here. [Amazon • Mangapedia • Manga Updates]

“Queen Bell grew up without knowing her father and lost her mother at a young age. Queen, who was living in a boarding school in Switzerland, receives news that her father has passed away. Queen, confused, visits England and learns that she is the only daughter of a millionaire, but then a mysterious duo appears…!?” (From Amazon)

Love Strategy One-two (ワンツウ 恋の1•2の作戦 / Koi no 1•2 no sakusen), Yukari Ichijo Masterpiece Collection, Shueisha (Ribon Mascot Comics). Serialized in Ribon magazine (in the new year special issue of 1970) and compiled in one volume in August 1970. You can see an extract here. [Amazon • Manga Updates]

“Brothers and sisters who are neighbors… Who is in love with whom? College students Jean and Pierre get a failing grade and end up studying with their younger brothers Henri and Jam at a relative’s house in a rural town. However, there were wonderful sisters living in the house next door, and the boys’ hearts were disturbed! A neighborhood romantic comedy with an unexpected twist!” (From Amazon)

Light a fire in my heart (ハートに火をつけて / Hāto ni hi o tsukete), by Yukari Ichijo, Shueisha (Ribon Mascot Comics). Serialized in Ribon magazine and compiled in one volume in 1973. You can see an extract here. [Amazon • Manga Updates]

“A flame of love ignited in a world of glamour! During winter break, Josée—whose older sister is the actress Cécile Donahue—meets Gillan, the older brother of her best friend Angela, at a club. However, Gillan discovers that Cécile is actually Josée’s mother… A stylish romance filled with the games of love. [Also includes: Winter in Shellfield / Ami… A Male Friend]” (From Amazon)

After the Rain (雨あがり / Ame agari), by Yukari Ichijo, Shueisha (Ribon Mascot Comics). Serialized in Ribon magazine and compiled in one volume in 1971. You can see an extract here. [Amazon • Manga Updates]

“Akihiko, a college student, is captivated by the beauty of an older woman he meets while visiting the grave of his deceased mother. However, that night, he was told by his father that he wanted to “introduce someone whom he was thinking of marrying” and that was exactly the woman he met during the day. It is a work that depicts Akihiko’s love with nowhere to go, who suffers from his feelings for a woman who has become a young mother-in-law.” (From AI Overview)

Gemini (ジェミニ), by Yukari Ichijo, Shueisha (Ribon Mascot Comics). Serialized in Ribon magazine (April ’75 issue) and compiled in one volume in December 1975. You can see an extract here. [Amazon • Manga Updates]

“What will be the fate of the skinny girl who lives in the mansion of her beautiful brothers? Gemini is a poor female student who is busy working part-time. One day, she gets into a car accident at school, and her life changes drastically when the driver turns out to be Shelfy, the girl’s idol! A pure love story of a girl who loves cars.”

The Age of Falling in Love (恋するお年頃 / Koisuru o toshigoro), by Yukari Ichijo, Shueisha (Ribon Mascot Comics). Serialized in Ribon magazine (Jan. & Feb. ’71 issues) and compiled in one volume in 1973. You can see an extract here. [Amazon • Manga Updates]

“School love situation between an innocent girl and a slightly bad boy. 16-year-old Hoshi Ainoko has a crush on her delinquent classmate Jun Hirose, but does he like her best friend Mana? One day, Noko helps Hirose-kun sneak out of class and lies to their teacher… Youthful graffiti full of love troubles.” (From Amazon)

Smitten with Maman Reine (ママン・レーヌに首ったけ / Maman Reenu ni Kubittake), by Yukari Ichijo, Shueisha (Ribon Mascot Comics). Serialized in Margaret magazine (#33 1975) and compiled in one volume in 1976. You can see an extract here. [Amazon • Manga Updates]

“All boys, including superstars and friends, are in love with Maman!? Matthew’s Maman is not good at housework. After the old maid left, there was chaos in the house. Her son Matthew is one of the most popular boys at school, but there are rumors that he’s his mother’s boy! The definitive romantic comedy about unique lovers!”

The next four volumes are by Ryoko Yamagishi (山岸凉子). She’s a member of the Year 24 Group, a movement of female mangaka, all born around the same year (Showa 24 or 1949), that contributed in the 1970s to the innovative development of shōjo manga. None of her works has been translated, but she is mostly known for Shiroi Heya no Futari (1971, about a romance in an all-girls boarding school in France), Hi Izuru Tokoro no Tenshi (1980-84, about Prince Shōtoku who spread Buddhism in the 6th century, won the 1983 Kodansha Manga Award), and Maihime Terpsichora (2000-06, about the harsh reality behind young ballet dancers hopeful, won the Tezuka Osamu Cultural Prize in 2005) and…

Arabesque vol 1-4 (アラベスク), by Ryoko Yamagishi, Shueisha (Ribon Mascot Comics). Serialized in Ribon magazine (Oct. ’71 to Apr. ’73) and compiled in four volumes in 1972-74. An extract is available here. [Amazon • Manga Updates • Wikipedia JP] 

A story about Russian ballet. “Nonna Petrova, a tall, sixteen-year-old ballet student in Kiev, is unaware of her unique balletic brilliance. Having low self-esteem due to the unwanted comparison with her talented older sister, Nonna is “discovered” by leading ballet dancer Yuri Mironov, and, under his guidance, is led to stardom.” (From Manga Updates)

The last volume is by Mutsumi Tsukumo (津雲むつみ). She’s mainly known for Colorful Time and From the End of Darkness (which both won the Japan Cartoonists Association Award in 1976 and 1993). Several of her titles were also adapted into TV drama (“I’m a man!”, “Wind Ring Dance“, “Hanai Yumei” and “Let me hear the words of love“). She died of lung cancer in 2017. This manga is a faithful adaptation of the famous 1936 Margaret Mitchell’s novel, Gone with the Wind (which is one of my wife favourite story and movie).

Gone with the Wind, Part 1 (風と共に去りぬ第1部 / Kaze to Tomo ni Sarinu), by Mutsumi Tsukumo, Based on the work by Margaret Mitchell. Seventeen Special Limited Edition, 552 pages, 380 yen. It was serialized in Shueisha Weekly Seventeen between 1977 and 1979 and compiled in two volumes in 1978-1980. [Manga Updates]

“Tara is a town in the southern United States just before the Civil War. Scarlett, the daughter of a squire, is proud and beautiful, and a socialite who captivates any man. However, Ashle, whom she loved, ends up marrying Melanie… Mutsumi Tsugumo vividly depicts this timeless masterpiece. An epic story of intertwined love and hate begins――!!” (From Amazon)

Anime & manga update [002.026.249]

Japanese culture update 

NHK World Japan documentary series continue to be a great source of information about Japanese culture, history and life — including popular culture like anime and manga. Here are some interesting Video On Demand (VOD) that I have recently noticed.

Again, not much news about anime & manga this week, but there is always something interesting about Japanese culture. Now, let’s talk about food. 

In North America, we don’t think much about the use of fermentation to produce food, even though we use it constantly to process beer, bread, cheese, kombucha, wine, yogurt, etc. However, in Japan, they take this process very seriously. Much more of their food uses fermentation (for example in gyoshō, miso, nattō, sake, shōchū, shōyu, etc.).  It was long used not only to preserve food, but also to enhanced its flavour. The funny thing is that I discovered this fact while watching an anime: Moyashimon (about which my wife and I wrote a very interesting article in PA #96: 52-55; the series is available on Crunshyroll; it is based on a manga and has also spawn a live-action TV drama series).

I was reminded of all this while watching an episode of the NHK World Japan documentary series Trails to Oishii Tokyo:

Japan’s Fermented Foods Go Global

“More than just a longer shelf life, Japan’s fermented foods offer enhanced flavor and nutrition. Unlock secrets to the culture’s longevity, starting with koji mold cultivation that dates back 600 years. Get an inside look at how the foods are taking the world by storm as we join a miso workshop in Paris and view the largest sake brewery in the U.S. Introducing Japanese fermentation—the foundation of the island nation’s renowned cuisine.” This episode aired on August 19, 2023 and will be available as VOD only until September 11, 2026. Better hurry watching it !

However, the Trails to Oishii Tokyo series offers many more interesting food documentaries:

Shiso

“Shiso: a Japanese herb gaining fans worldwide. Refreshing shiso is key in Japanese cuisine, which features a lot of raw fish. See how shiso’s leaves, flowers and seeds are all used in oishii dishes.” This episode was broadcast on August 28, 2024 and is available as VOD until September 1, 2027.

Japanese Frozen Foods

“Japan is now a frozen foods powerhouse. Cutting-edge technology and producers’ passion keep the hits coming. Dive into the world of Japanese frozen foods that are turning the world upside down.” This episode was broadcast on August 7, 2026  and is available as VOD until August 7, 2027.

Gourmet Canned Food?!

“Canned food is no longer just for storage or emergencies — it has become fine cuisine. Join us in this special episode as we explore the frontlines of Japan’s uniquely evolved canning industry.” This episode was broadcast on October 17, 2025 and is available as VOD until May 15, 2027.

Some more news from Anime News Network:

Revue de ‘zines [002.026.248]

Revue de ‘zines

Je continue (tant bien que mal) mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champ d’intérêt… Pour vous éviter le souci de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie, j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet, vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

Animeland #255 (Juil.-Sept. 2026)

Ce numéro nous offre un dossier sur Naruto: le manga, portrait de Masashi Kishimoto (mangaka), entrevue avec Chistel Hoolans (DG) pour les 30 ans de Kana, Konoha Land, la génération Boruto, les spin-offs, portrait de Seishi Kishimoto (mangaka, frère jumeau de Masashi Kishimoto), portrait et entrevue de Hiroaki Samura (L’Habitant de l’infini), les versions anime, la version française, entrevue avec Christophe Hespel & Fabienne Loriaux (voix de doublage), et le jeu de plateau Naruto Shippuden Battle. Le numéro se complète avec un dossier Ninja: entrevue avec Pierre-François Souyri (historien du Japon médiéval), les autres oeuvres de shinobi, et entrevue avec Masakazu Hirayama & Yuji Nakao (jeu video Ninja Gaiden 4).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Wish List (nous offre une sélection de mangas, anime et goodies), et Aparté (rencontres avec Gu Joe & Mu Tou [réalisateurs de La Légende de Hei], Baku Kinoshita [réalisateur du Dernier souffle d’un Yakuza], Hagane, Jules Kollisch & Izu [Kraken Mare] et Pomodorosa [illustrateur, designer et musicien]).

À lire absolument pour tous fans d’anime.

dBD #201 (Juil.-Août 2026)

Dans le cahier actualités on mentionne les parutions du dernier volume de Vinland Saga (le #29) accompagné d’un coffret de collection, de À jamais sans ce jardin par Shizuka Nahano et de Ranpo Amnesia par Shintaro Kago (tous deux chez IMHO). On retrouve également un article rendant hommage à Marjane Satrapi, décédée en juin dernier, une présentation de l’adaptation en animation par Phuong Mai Nguyen de la BD In Waves, par AJ Dingo, parue chez Rue de Sèvres et un article sur le nouveau label de Dargaud: Astrolab.

À la une de ce numéro, on retrouve une présentation sur Hermann, décédé en mars dernier, avec des entrevues, pastiches et hommages par Bernard Cosey, Yves H., Boucq, Dany, Corentin Rouge, Henri Filippini, et Christian Rossi. Le numéro se poursuit avec des entrevues de David Vandermeulen (sur Fritz Haber T.5, chez Delcourt), Christian Rossi (sur Comanche Trail, chez Casterman), Jesus Alonso Iglesias (sur Dortmunder, avec Headline, chez Dupuis), Xavier Houssin (sur  Xaxaxa Illustrations, chez Éd. Caurette), et Joël Parnotte (sur Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc, avec Dorison & Delahaye, chez Dargaud).

Et finalement quelques rubriques : dans le Cahier Critique on commente des parutions récentes (je note La grande panique de Diletta par Osamu Tezuka chez FLBLB, Les années bleues T.1 par Ito chez Sakka, The Marshal King T.1 par Boichi chez Doki-Doki, et Kamakura Bakeneko Club par Daisuke Igarashi chez Moonlight), “Ça vaut le détour” commente quelques titres supplémentaires, “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre (Hotel Inhumans par Ao Tajima chez Kurokawa, Sukima par Gao Yan chez Casterman, Alice au-delà des étoiles T.1 par Kiko Urino chez Glénat, Fans des sylvanian families T.1 par Kuko Okano chez Soleil, Le journal des chats par Junji Ito chez Delcourt/Tonkam), puis L’Exposition du mois (“Cling! LA BD parle cash”, à la Monnaie de Paris), L’Art de la couverture (Hercule Poirot: Le meurtre de Roger Ackroyd, par Pascal Bresson & Alberto Taracido, chez Paquet) et Humeur.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

Métal Hurlant N° 18 (Février 2026)

Ce numéro regroupe 25 courts récits et 8 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème de “Transhumanisme: Upgrade ou crève“. Comme pour les numéros que j’ai commentés précédemment, si souvent les styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas toujours de mon goût, j’ai quand même trouvé que la plupart des courts récits méritait d’être lus. J’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants (narrativement et/ou graphiquement)…

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Aventure Labyrinthique” (Lola Owl, Yang Weilin & Maribel Conejero, 17 pg), ”Retour à la normale” (Branko Jelinek, 11 pg), ”Il faut qu’on parle…” (Andrès Garrido Martin, 7 pg, B&W), ”Période de grâce” (Kevin Sullivan & Simon Leclerc, 9 pg), ”Hacks” (Cole Sanders & Jonathan Wayshak, 9 pg), ”Mimmo” (Alessio Fioriniello, 10 pg), ”Déchets” (Carlos Dearmas, 9 pg), ”Cyber Alpage” (Thomas Bidault, 7 pg), ”Chair à Canon” (Tim Adam & Alessandro Saiu, 7 pg), ”Le cerveau de dieu” (Facundo Nehuén Lopez, 9 pg), ”La froide étreinte” (Miran Kim, 7 pg), ”Upgrade” (Valentin Ramon, 9 pg), ”Régression” (Jean-Luc Cornette & Sagar, 7 pg), ”Le raccourci” (Nikola Pisarev, 11 pg), ”Respawn” (Thibaud de Rochebrune, 9 pg), ”Le trou” (Arthur Wong, 7pg), ”Nihilgene” (Jacques Després, 7 pg, B&W), ”Le sourire de Jim” (John Pham, 8 pg), ”Le champ des possibles” (Eldiablo & Constantin Zamfiresco, 9 pg), ”Entre chien et loup” (Alex Ristorcelli, 11 pg), ”Xenia” (Malachi Ward, 9 pg), ”Love Story” (JeanLouis Tripp, 9 pg), ”Projet ‘Immortel’” (Tony Cheng, 7pg), ”Ultime Assaut” (R.L. Black, 9 pg),et ”Lumière” (Adrien Mangoldf & David Ferracci, 9 pg).

Inégal, mais une bonne lecture quand même.

Métal Hurlant N° 18-bis (Avril 2026)

Enfin un numéro “Vintage” comme il s’en faisait au début de l’anthologie, présentant des récits classique publiés dans d’anciens numéros de la revue Métal Hurlant. Ce numéro regroupe 24 courts récits et 11 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale, sauf pour l’entrevue avec Gou Tanabe) sur le thème de “1970-1990: H.P. Lovecraft & autres histoires terrifiantes”. Comme pour les numéros que j’ai commentés précédemment, si souvent les styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas toujours de mon goût, j’ai quand même trouvé que la plupart des courts récits méritait d’être lus. J’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants (narrativement et/ou graphiquement)…

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: ”Le bol maudit” (Enki Bilal, 8 pg), ”À tire d’aile” (Enki Bilal, 8 pg), ”Ophiuchus” (Enki Bilal, 8 pg), ”La chose à venir” (Enki Bilal, 8 pg), ”Excursion nocturne…” (Frank Margerin, 4 pg, B&W), ”Ktulu” (Moebius, 5 pg), ”Approche sur Centauri” (Philippe Druillet & Moebius, 6 pg), ”Mon petit frère, André” (Philippe Foerster, 5 pg, B&W), ”Le chef-d’oeuvre de Dewsbury” (Yves Chaland & Luc Cornillon, 4 pg), ”L’énigme du mystérieux puits secret” (Yves Chaland & Luc Cornillon, 4 pg), ”Les 2 vies de Basil Wolverton” (Yves Chaland, 2 pg, B&W), “Barzai le Sage” (Marc Caro, 8 pg, B&W), ”L’Homme de Black Hole” (Serge Clerc, 4 pg, B&W), ”Fièvre” (Jean-Michel Nicollet, 8 pg), ”H.P.L.” (Jean-Michel Nicollet, 3 pg), ”Fièvres” (Halmos, 6 pg, B&W), ”Le Roi des mouches” (Rodolphe & Loisel, 7 pg, B&W), ”L’abomination de Dunwich” (Norberto Buscaglia & Alberto Breccia, 15 pg, B&W, tiens plus de l’histoire illustrée que de la BD), ”Le monstre sur le seuil” (Norberto Buscaglia & Alberto Breccia, 11 pg, B&W, tiens plus de l’histoire illustrée que de la BD), ”Necronomicon” (Philippe Druillet, 11 pg, plutôt des illustrations que de la BD), ”Mandragore” (Caza, 12 pg), ”Mausolée” (Frédéric Bézian, 10 pg, B&W), ”L’appel de Cthulhu” (Esteban Maroto, 32 pg, B&W), et ”Le Langage des chats” (Nicole Claveloux, 2 pg, B&W).

Un incontournable pour les amateurs du Métal Hurlant vintage et/ou de Lovecraft.

Pour plus d’Infos: [ Goodreads • Humanos • Nelligan • Wikipedia ]

Études thématiques (1): Les oeuvres perdues

Littérature romaine: Études thématiques

Pour compléter ma série d’articles bibliographiques sur la littérature romaine, où je fais la liste de la plupart des auteurs romains, et ma série de lectures romaines (où j’approfondis un peu sur l’oeuvre des auteurs dont j’ai un exemplaire dans ma bibliothèque), j’ai décidé aussi d’ajouter une série d’articles thématiques qui étudie un peu plus en profondeur des sujets liés à la littérature romaine. Dans cette première étude thématique, j’aborde le sujet des oeuvres perdues.

1. Les oeuvres perdues

Il semble que seulement une infime partie de la littérature romaine ait été conservée et soit parvenue jusqu’à nos jours. En effet, des près de huit-cent auteurs romains qui nous sont connus, 35% ont été complètement perdus, 45% ne nous sont parvenus que de façon fragmentaire et seulement 20% d’entre eux ont vu une ou plusieurs de leur oeuvres préservées pour la postérité. Ce chiffre tombe à 10% si l’on inclus les quelques deux milles auteurs grecs de l’antiquité. Qu’est-ce qui peut expliquer qu’autant d’oeuvres littéraires et scientifiques aient été perdues dans l’antiquité ?

Les causes

a) Le processus d’édition

Le premier coupable est le processus d’édition lui-même. Les livres sont manuscrits et leur édition est donc une entreprise lente, demandante et plutôt coûteuse. L’auteur écrit d’abord un premier jet de l’ouvrage (ou le dicte à un secrétaire) sur des tablettes de cire. Il est ensuite retranscrit sur papyrus (par l’auteur, son secrétaire ou, si l’auteur est fortuné, un copiste) en une ou plusieurs copies qui sont alors transmises (après vérification et corrections) à l’éditeur dont les copistes feront de multiple copies pour la vente. 

Ce processus est bien décrit par Cicéron, notamment dans ses lettres à son ami Atticus (qui était non seulement son banquier, mais aussi son éditeur; voir Ad Atticum IV, 13; XII, 6; XII, 40; XIII, 21-22), mais aussi dans une série de lettres à son frère Quintus (Ad Quintum III, 4-6):

“Les ouvrages qu’il vous faut ne se trouvent pas à vendre; et pour les faire copier, il faut un homme habile et intelligent. (…) mais la tâche est difficile et demande un soin infini. J’en sais quelque chose, moi dont la passion pour les livres ne peut jamais être satisfaite en rien. Je cherche en vain à qui m’adresser pour les livres latins. Qu’on fasse copier ou qu’on achète, on est toujours sûr de n’avoir que des exemplaires fautifs : comptez cependant sur mes soins.”

Un ouvrage est constitué d’un ou plusieurs volumes (volumen) qui se présente sous la forme d’un rouleau de papyrus fait de feuilles collées les unes aux autres, avec des colonnes de texte qui s’alignaient successivement. Plus tard, les livres ont été constitués de cahiers de pages reliées (codex). L’éditeur vendait ces ouvrages dans des boutiques (bibliopolae ou tabernae librariae) qu’il possédait dans des quartiers affluents de la Ville comme l’Argiletum (une rue commerciale reliant le quartier de la Subura au Forum Romain) ou le Vicus Sandalarius (rue des Fabricants de sandales, près du Forum de la Paix). Un volume se vendait entre deux et vingt sesterces, dépendant du nombre de pages et de la qualité du papier et de la calligraphie. Un volume de qualité pouvait coûter plusieurs jours de salaire pour un soldat.

L’édition d’un volume étant exigeante et coûteuse, on ne publiait donc que les ouvrages les plus en demande (selon qu’ils étaient populaires ou utiles) et dans une quantité minimale. Plus un ouvrage était populaire et plus il y avait de copies en circulation, ce qui augmentait donc ses chances d’être préservé. Un titre impopulaire et futile cessera éventuellement d’être recopié et finira par disparaître…

b) Le medium

La papyrus est un matériel rare et fragile. Il est rare car son mode de production est complexe: la plante Cyperus papyrus doit être cultivée, récoltée, tranchée en lamelles, martelée, disposée en couches croisées, pressée et séchée. Ensuite plusieurs feuilles sont collées ensembles pour former un rouleau. Il est fragile car il peut être endommagé par la manipulation fréquente, par l’eau, par le feu. 

Il est aussi réutilisable: si l’ouvrage n’a plus d’utilité, le papyrus peut servir d’emballage ou de combustible. Une réutilisation plus fréquente est de le grater pour effacer l’écriture et le réutiliser pour un nouveau manuscrit: c’est le palimpseste. Si le papier devient trop rare, ou trop cher, on réutilise celui que l’on a sous la main. Cicéron en fait mention dans une lettre à Trebatius (Ad Familiares VII, 18):

“Pour en revenir à vos lettres, où tout est bien d’ailleurs, j’admire qu’écrivant soi-même on ait le courage de se recopier tant de fois. Des palimpsestes! Bon! voilà de l’économie. Mais que contenait donc cette petite page que vous avez effacée pour récrire dessus? quelque formule de droit peut-être? car je ne veux pas supposer que vous vous serviez de mes lettres, et qu’à la place de mon écriture vous mettiez la vôtre. Cela signifie-t-il que vos affaires n’avancent point, qu’on vous oublie et qu’on vous laisse même manquer de papier?”

c) L’adversité

Les risques inhérents à la conservation d’un manuscrit augmente considérablement sur la longue durée, alors que l’adversité peut causer de nombreux événements destructeurs: des incendies (comme pour la bibliothèque d’Alexandrie), des inondations (les crues du Tibre étaient parfois exceptionnelle), des cataclysmes (comme des éruptions volcaniques pouvant causer des dommages locaux — comme le Vésuve en 79 — ou même des changements climatiques), de l’instabilité politico-économique (qui amène son lot de révoltes, guerres civiles, crises économiques, famines et épidémies), et même des invasions. Le moment crucial pour la perte de manuscrits débute avec la crise du IIIe siècle, se poursuit dans l’antiquité tardive avec les grandes invasions barbares et jusqu’au Moyen-Âge.

d) Les idéologies

Beaucoup d’ouvrages ont été détruits parce qu’ils étaient contraire au courant politique ou intellectuel d’une époque. Auguste a fait détruire les ouvrages de ses opposants politiques; des ouvrages chrétiens ont sûrement été détruits lors des persécutions et l’Église chrétienne en a détruit encore plus qui allaient à l’encontre de son dogme (païen ou hérétique), de sa morale (érotisme ou occultisme) ou de sa conception du monde.

e) L’indifférence

Toutefois, ce qui a ultimement été l’une des plus grande cause de la disparition de manuscrits antiques a probablement été l’indifférence des masses non-éduquées face à un savoir considéré comme élitiste. Quand les âges sombres sont venus, la population était majoritairement analphabète et préoccupée surtout par sa survie et le besoin de se trouver un logis pour la nuit et de la subsistance. Quel est le poids d’un manuscrit philosophique qu’on ne peut pas lire, ni comprendre, face à la nuit sombre et froide ?

Conservation

Heureusement de nombreux manuscrits ont été conservés et leur transmission a pu se faire d’une façon ou d’une autres : d’une part, beaucoup de monastères médiévaux avaient des bibliothèques qu’ils gardaient fournis en recopiant et enluminant d’ancien manuscrits sur parchemin ce qui en a permis la préservation; d’autre part, beaucoup d’ouvrages ont été conservés à travers leur traductions (principalement arabes); finalement, plusieurs manuscrits originaux ont été redécouverts par pure chance (des papyrus ont été retrouvés intacts en Égypte, préservé par le climat sec et il y a le cas des rouleaux de Herculanum retrouvés calcinés mais complet dans la “Villa des Papyrus”).

L’Europe a connu un regain d’intérêt pour la culture, la littérature et la chose intellectuelle dès la renaissance carolingienne, mais c’est surtout avec la Renaissance du XVe siècle que l’on s’est mis à redécouvrir et republier la littérature romaine, ce que l’invention de l’imprimerie a fortement accélérée.

Références:

[ Index ]

La Littérature romaine (11)

Époque classique (2): Sous le Principat (4)

J’ai décidé de séparer la littérature classique sous le Principat en plusieurs sections afin de pouvoir les mettre en ligne plus rapidement (car les vicissitudes de la vie me tiennent occupé et ralentissent mon travail…). Voici la quatrième et dernière partie consacrée à la littérature Augustéenne, où l’on retrouve très peu d’auteurs connus. Sur une dizaine d’auteurs, seuls les noms de Germanicus et de Velleius Paterculus sont susceptibles d’être reconnus par un public non-académique. 

Nom: Marcus Porcius Latro
Date: c54  – 4 AEC (1er s. AEC)
Genre: Rhétorique

Marcus Porcius Latro est un rhétoricien né en Hispanie au 1er siècle AEC. Il était un ami et contemporain de Sénèque l’Ancien et est considéré comme l’un des fondateurs de la rhétorique scolastique. Lors d’un voyage il aurait attrapé une fièvre intermittente dont la persistance l’aurait déprimée et poussée au suicide. Aucune de ses oeuvres nous est connue ou a été conservée.

Nom: Titus Labienus
Date: ? – 8 EC
Genre: Histoire

Titus Labienus (qu’il ne faut pas confondre avec le général de César du même nom) est un historien et orateur romain du 1er siècle AEC. Ayant grandit dans la pauvreté, il s’est opposé à Auguste et a fortement critiqué la hiérarchie sociale romaine, ce qui lui a valu d’être sujet à la censure. Vers la fin de son règne, Auguste tolérait de moins en moins la dissidence. Titus Labienus s’est donc vu jugé coupable de “trahison littéraire” et condamné à voir son oeuvre brûlée, ce qui le poussa au suicide. 

  • Historiae (les Histoires traitaient surtout d’événements contemporains et critiquaient la corruption impériale. Le Sénat ordonna sa destruction, mais des copies ont été sauvées (sans doute par son élève Cassius Sévère) et l’oeuvre a été réhabilitée et rééditée sous Caligula. Toutefois aucune de ses oeuvres ne nous est parvenue).

Nom: Lucius Cestius Pius
Date:  c49 AEC  –  c18 EC (1er s. AEC) actif entre c13 AEC et c9 EC
Genre: Rhétorique

Lucius Cestius était un rhétoricien latin originaire de Smyrne, en Grèce. Il a enseigné le latin et la rhétorique à Rome. On a conservé que des extraits de son oeuvre notamment cités par Sénèque.

Nom: Gnaeus Pompeius Trogus
Date: c40 AEC –  c20 EC
Genre: Histoire

Trogue Pompée est un historien gallo-romain originaire de Vasio (Vaison-la-Romaine). Sa famille comporte plusieurs militaires: son grand-père, qui a reçu la citoyenneté romaine, a combattu sous Pompée lors de la guerre sertorienne et son père a servi sous César durant la guerre des Gaules. On ne connait pas grand chose de sa vie, sinon qu’il était un contemporain de Tite-Live. On ne lui connait que deux ou trois oeuvres.

  • Historiae Philippicae (Histoires Philippiques est une histoire universelle en quarante-quatre livres, écrite entre 9 AEC et 20 EC et basée surtout sur des sources grecques, qui raconte l’histoire des Assyriens, Mèdes, Perses et de l’Égypte (livres I-II, X), de la Grèce (III-IX), d’Alexandre et ses successeurs (XI-XVII), de Carthage (XVIII-XXIII), des royaumes Séleucide (XXVI-XL) et Parthes (XLI-XLII) ainsi que de l’Occident jusqu’à Auguste (XLIII-XLIV); l’oeuvre ne nous est parvenue que par des fragments, cités entre autres par Hyginus, Valère Maxime et Velleius Paterculus, ainsi que par l’Epitoma historiarum Philippicarum Pompei Trogi, un abrégé écrit par Justin)
  • De animalibus (l’Histoire des animaux se sert de Aristote et Théophraste, mais ne nous est pas parvenu. Elle est toutefois citée par Pline l’Ancien)
  • Selon Pline, Trogue Pompée aurait également écrit une Histoire des Plantes, qui ne nous est pas parvenue

Nom: Gaius Ateius Capito
Date: 38 AEC – 22 EC
Genre: Traité (Droit)

Ateius Capiton est un homme politique, sénateur et jurisconsulte romain réputé. Il était le fils d’un tribun de la plèbe et l’élève de Aulus Ofilius. Il était le rival de Labéon et aurait fondé sa propre école de droit, l’école des Sabiniens. Il aurait été nommé consul suffectus (en 5 EC) et curator aquarum pour gérer les crues du Tibre (en 5 AEC, 12 et 15 EC). Aucune de ses oeuvres n’a été conservée.

  • De iure pontificio (“Sur le droit des pontifes” est un traité juridique en six livres dont nous n’avons conservé que des fragments par des auteurs tardifs comme Servius)
  • De iure sacrificiorum (“À propos de la loi sacrificielle”)
  • Coniectanea (neuf livres sur divers thèmes)
  • De officio senatorio (“À propos du bureau sénatorial”)
  • Un ouvrage sur les présages
  • Epistulae (“Lettres”)

Nom: Germanicus
Date: 15 AEC – 19 EC
Genre: Poésie, Traduction

Caius Julius Caesar dit Germanicus est un homme politique et militaire romain. C’est un membre important de la dynastie Julio-Claudienne car il est le fils de Drusus et d’Antonia Minor (fille de Marc-Antoine et Octavie). Il est donc le frère du futur empereur Claude et, avec son épouse Agrippina Maior, il est aussi le père de Caligula et d’Agrippina Minor (qui sera la mère de Néron). A l’instigation d’Auguste, il est adopté par Tibère et devient son successeur présumé. Il est surtout connu pour sa grande popularité et son génie militaire. Très jeune, il est nommé questeur, consul (en 12 et en 18 EC) puis légat. Dès l’âge de vingt ans il est à la tête d’une armée en Dalmatie et Pannonie; à trente ans il commande huit légions en Germanie, où il venge la défaite de Varus à Teutoburg. À la mort d’Auguste, les légions le proclament empereur, mais il refuse. Tibère le rappel alors à Rome, où il reçoit un triomphe et l’imperium maius, mais il est aussitôt renvoyé en Asie Mineur pour empêcher une révolte. Il meurt à trente-trois ans, à Antioche, possiblement de maladie ou alors empoisonné par Piso, le gouverneur de Syrie, sur les ordres de Tibère qui jalousait sa popularité. Doté d’une grande éloquence, il était l’ami d’Ovide et aurait écrit des épigrammes, des comédies et des poèmes qui ont été perdues. Il a également traduit en latin le poème dicdactique d’Aratos de Soles, les Phénomènes, qui traite d’astronomie et qui, lui, nous est parvenu [voir Remacle].

Nom: Velleius Paterculus
Date: c19 AEC – c31 EC
Genre: Histoire

Caius Velleius Paterculus est historien romain issue d’une famille fortunée de Campanie. Il fait une carrière militaire: tribun militaire  (en Thrace, en Macédoine et en Arménie en 2 EC), préfet de cavalerie dans l’armée de Tibère (de 4 à 12 EC pour les campagnes de de Pannonie, de Dalmatie et de Germanie), questeur (ce qui lui permet d’accéder au sénat), légat d’armée et préteur (en 15 EC). Il se consacre probablement ensuite à l’écriture de son Histoire, jusqu’à ce que la disgrâce de son ami Lucius Aelius Sejanus entraîne sa mort en 31 EC.

  • Historia romana (l’Histoire Romaine retrace en deux livres les grandes lignes du monde gréco-romain de la guerre de Troie jusqu’au consulat de Marcus Vinicius (en 30 EC), en ne négligeant pas la littérature. Il se sert de ses souvenirs de campagnes, en offrant beaucoup d’anecdotes, mais a tendance à être plutôt partial et flatteur envers les règnes d’Auguste et de Tibère. L’Ouvrage est disponible aux Belles Lettres et chez Loeb, dans des éditions variées (Amazon, Goodreads) ainsi que dans le domaine public: Archive, Penelope, Remacle, Wikisource).

Nom: Cassius Severus
Date: ? – 32 EC
Genre: Rhétorique

Cassius Severus est un orateur romain issue d’un milieu modeste et qui a été très critique des élites impériales, ce qui lui value d’être exilé à deux reprises: vers 8 ou 12 EC en Crète et vers 24 EC à Sériphos, où il a finit ses jours en 32 EC. À sa mort, ses discours furent interdits, et s’ils ont été republiés sous Caligula, ils ne nous sont parvenus que sous formes de fragments (notamment dans les analyses qu’en ont fait Quintilien, Sénèque et Tacite).

Nom: Caius Albinovanus Pedo
Date: Fin 1er s. AEC – Début 1er s. EC
Genre: Poésie (Épique)

Caius Albinovanus Pedo est un poète épique latin contemporain d’Auguste et de Tibère. Ami d’Ovide, il aurait écrit des épigrammes, une épopée sur les campagnes de Germanicus ainsi qu’un poème dédié à Thésée. Nous n’avons conservés que des fragments de son oeuvre (cité par Martial, Quintillien, Sénèque et Sidoine Apollinaire).

Rérérences:

Prochainement: La littérature romaine (12): Sous l’Empire (1er siècle EC)

[ Index ]

Anime & manga update [002.026.234]

Japanese culture update

NHK World Japan documentary series continue to be a great source of information about Japanese culture, history and life — including popular culture like anime and manga. Here are some interesting Video On Demand (VOD) that I have noticed this week.

Comiket

Our Comiket’s History: 50 Years of Love : “First held in 1975, Comiket has long shaped Japan’s creative culture from manga and anime to games and cosplay. The committee, exhibitors, volunteers, fans, and cosplayers share their devotion to it.” This episode was originally broadcast on April 25, 2026 and will be available as VOD until April 25, 2027.

National Museum of Japanese History

Japanese Life and Culture: A Journey Through 37,000 Years ~National Museum of Japanese History~ : “The National Museum of Japanese History boasts a vast collection that traces everyday life and culture through Japan’s history. Andy [Pompilio] and Shaula [Vogue] will travel through time to explore life, culture, and the wisdom and spirituality of Japan.” This episode was originally broadcast on December 5, 2025, with an edit on Jan. 27, 2026; it will be available as VOD until December 5, 2026.

Tokyo National Museum

Explore the Tokyo National Museum : “The Tokyo National Museum is home to a collection of some 120,000 objects of beauty and interest, mainly Japanese art and craft pieces along with work from the Asian mainland and historical artifacts. The museum houses 89 items deemed by the Japanese government to be of especially high value and designated as national treasures. Paying a visit to this historic museum that is celebrating its 150th anniversary are Andy [Pompilio] and Shaula [Vogue], hosts of NHK WORLD-JAPAN’s popular program DESIGN TALKS plus. They marvel at the majestic building, visit an exhibit that offers insights into 30,000 years of creativity in Japan, and revel in the first ever exhibit of every national treasure in the museum’s possession — an experience that will surely make art aficionados across the world jealous. The two also get a glimpse of the future of museums, experiencing high-definition imagery, 3D computer graphics, and other cutting-edge digital technology. Come join us on this 50-minute adventure exploring the Tokyo National Museum, something not to be missed by anyone visiting the metropolis.” This episode was originally broadcast on January 7, 2023  and will be available as VOD until January 24, 2027.

Other notable news

Pictorial chronicles [002.026.230]

Pérille en la demeure

[ iPhone 17 Pro, Jardin botanique & Domus, 2026/08/14 & 16 ]

Perilla frutescens / Pérille / Perilla / cultivar ‘Britton (bicolor)‘ & ‘Red‘

La Pérille aromatique est une plante condimentaire d’origine asiatique qui a un usage alimentaire, médicinal et ornemental. La variété la plus utilisée est la Perilla frutescens var. crispa fo. Purpurea et est le plus souvent connu sous son nom japonais de shiso (シソ / 紫蘇) — qui dérive lui-même du nom chinois (zǐsū). Son feuillage coloré en a d’abord fait une plante ornementale, mais comme elle est comestible et odorante elle a rapidement été utilisée en cuisine: en salade, dans les marinades (漬物 / Tsukemono), en jus, séché en poudre sur le riz (おにぎり / 御握り/ onigiri), pour faire de l’huile (avec les graines), comme colorant (notamment dans les umeboshi ou beni shōga), comme épice (pour aseptiser la viande entre autres) ou encore comme édulcorant. En herboristerie ou phytothérapie, elle est utilisée comme antiallergique. Son goût, sans être désagréable, ne m’a jamais beaucoup enthousiasmé, mais je dois avouer qu’en été, elle permet de concocter des plats rafraîchissants. Il y en a partout dans notre jardin.

Anime & manga update [002.026.228]

Anime & manga update

NHK World Japan continues to be a great source of information about Japanese culture with their documentary series. This time nothing much to report about anime and manga in itself, but I’ve seen several interesting documentaries about Japanese culture, history and life.

Sugamo Diary

From the “Broadcasters’ Eye” series, “Sugamo Diary: The Life of a Class B/C War Criminal” is an anti-war documentary about the diary of a Japanese war criminal. “Near the end of World War II, a Japanese soldier executed four American POWs. A year later, he was sent to Sugamo Prison and sentenced to death. His six-year diary offers a personal reflection on war.” Toji Kentaro was a young man with a sharp mind. He accepted his fate. He understood that the Japanese had a collective responsibility for the war (Japan being the aggressor and the people passively agreeing with its military) and that he was wrong to have killed prisoners. However, they would have been killed anyway, whether he was the executioner or somebody else. He was angry, because he had just found out that his mother was killed in the bombardment. And those airmen were responsible for it, so he volunteered to behead them. After all, they were themself criminals, having just bombed civilians. Also wasn’t the court hypocritical to condemn him to death for having killed those soldiers, who had just killed his mother ? Where does “Justice” stops ? An incredibly insightful reflection on war. This episode was broadcast on August 15, 2026 and will be available as Video On Demand until August 22, 2026.

Otagiri Vegetables Are Delicious

From the same  “Broadcasters’ Eye” series, I noticed an older episode titled “Otagiri Vegetables are Delicious – Depopulation and Aging: The Future of Farming.” 85-year-old Sakai Masayuki lives in Otagiri, in Nagano Prefecture. He’s fighting to keep farming alive as depopulation and aging take a major toll on the area. Join him as he explores possible new solutions to the many problems ahead. This episode was broadcast on November 29, 2025 and will be available as VOD until November 29, 2026.

Picture Brides

Another older episode, this time from the documentary series “Documentary 360”. Titled “Picture Brides: Echoes from Beyond the Frontier,” it tells the story of singer song writer Hana Hope who discovers the history behind the Picture Brides and all those Asian women who helped built America. “A hundred years ago, “picture brides” crossed the ocean to America with just one engagement photo. We have unearthed audio tapes in which they reflect on their lives! This is the story of three generations who found their place in America.” This episode was broadcast on September 12, 2025 and will be available as VOD until September 12, 2026.

Kurashiki: Feline Friends

Finally, no video viewing on the internet would be complete without a cat video. “Kurashiki: Feline Friends” is an episode of the short documentary series “A Cat’s-Eye View of Japan” where Iwago Mitsuaki, a globetrotting wildlife photographer and filmmaker, offers the best of a vast collection of cat footage he took in Japan. “A cat rides his owner’s shoulder through Kurashiki, a city known for its beautiful white-walled storehouses. Friends Mikan and Mame visit a shop for a meal and even offer the shopkeeper some help.” This episode was broadcast on August 15, 2026 and will be available as VOD until August 22, 2026.

Capsules de curiosité

Il faut croire que je ne sors pas souvent, reclus dans mon refuge urbain, car je viens tout juste de découvrir que Solaris avait une chaîne YouTube… depuis 2021 ! On y retrouve en autres des rencontres avec des auteurs (comme Philippe-Aubert Côté, Vic Verdier, Éric Gauthier, la rédaction de Brins d’Éternité, Dave Côté, Geneviève Blouin, Mathieu Lauzon-Dicso, Ariane Gélinas, Claude Bolduc, Francine Pelletier, Jonathan Reynolds, Frédérick Durand, Pascal Raud, Jean-Louis Trudel, etc.) mais surtout, plus récemment, les fascinantes capsules du Cabinet des curiosités surnaturelles de Sébastien Chartrand:

  1. Les créatures fantastiques I : Dragons (3:28)
  2. Les créatures fantastiques II : Reptiles (3:29)
  3. Les créatures fantastiques III : Bestiaire marin (3:35)
  4. Les créatures fantastiques IV : Coquillages (4:23)
  5. Les créatures fantastiques V : Les oiseaux (3:32)
  6. Les créatures fantastiques VI : Les végétaux (4:13)
  7. La Géographie de l’impossible I : Le septentrion fantastique (3:37)
  8. La Géographie de l’impossible II : Les mystérieuses cités d’or (2:43)
  9. La Géographie de l’impossible III : Les continents imaginaires (4:02)
  10. La Géographie de l’impossible IV : Les reines noires mythiques (3:43)
  11. La Géographie de l’impossible V : Fabuleuses colonies scandinaves (4:02)
  12. La Géographie de l’impossible VI : Mystérieuse Sibérie (4:52)
  13. Les machines merveilleuses I (4:10)
  14. Les machines merveilleuses II (3:37)
  15. Les machines merveilleuses III (2:30)
  16. Les machines merveilleuses IV (3:50)
  17. Les machines merveilleuses V (3:22)
  18. Magie et sciences occultes I (3:34)
  19. Magie et sciences occultes II (3:37)
  20. Magie et sciences occultes III (3:41)

Attention, il faut être inscrit à YouTube pour voir les vidéos (et parfois, hélas, il y a de la publicité). Chose amusante, il y a apparemment un réglage qui donne la possibilité de visionner les vidéos avec un doublage IA dans la langue de votre choix (principalement l’anglais; vous allez dans “paramètres”, “Piste audio” et sélectionnez la langue de doublage) ! À voir absolument si vous êtes fervent de sciences naturelles et surnaturelles ! Bon visionnement…

(Mise à jour le 2026/08/22)

Paululum Rideamus [002.026.227]

Funny Life Lessons

Cartoons in the newspaper funnies are not just merely entertainment. They are also often exercises in modern philosophy. We like a cartoon not only because it is funny, but because it touches something in us, making us think “That’s so true”. It makes us smile and it makes us reflect on our human condition.

Here are two examples that I found in my readings this week (from June’s newspapers — yes, I know, I’m late in my readings):

© 2026 Mediagraphics, Inc. Dist. by Andrews McMeel Syndication

The “CrankShaft” story (titled “The Good Old Days, Getting Old Days”) reminds me in a funny way that I am getting old and nostalgic. Each day brings new pains and I cannot do as much as I did before, besides just getting older each day. And it’s only now that we realize how good we had it when we were young, without ever being conscious of how lucky we were. Carpe Diem ! Live in the present and enjoy every moment of it !

©2026 Mark Parisi Dist by Andrews McMeel

The “Off The Mark” story reminds us that the best cure to feeling down is to go out and exercise, surrounded by the beauty of nature. However, if we want to keep being able to make those regenerative walks, we have to take good care of our natural environment (Please Reduce, Reuse, and Recycle — also keep the park clean!). Sitting inside and staring at your phone is the worse thing you can do for your health. Believe me, there is nothing like a good walk in the park, looking at greenery, flowers, birds and other creatures!

Keep reading (even cartoons!) and keep learning. That’s the only way to constantly improve yourself. Ja ne !

Revue de ‘zines [002.026.221]

Revue de ‘zines

Je continue (tant bien que mal) mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champ d’intérêt… Pour vous éviter le souci de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie, j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet, vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

Animeland #254 (Avr. – Juin 2026)

Ce numéro nous offre un dossier sur One Piece: le manga, portrait du créateur, Eiichirô ODA, les Vivre Cards, l’univers étendu, les versions anime, l’Exposition Emotion, rencontres avec Hisashi Kagawa (chara-designer), Tatsuya Nagamine & Keni Yokoyama (directeur et animateur), Vincent Chansard (animateur), Noureddine Widad (producteur et aide du studio Massket), et les versions françaises.

On retrouve également un dossier sur le 70 ans de TOEI animation: L’Histoire de Toei, Toei en 30 productions, ainsi que des Rencontres avec Shin’ya Hasegawa (animateur), et Katsuyoshi Nakatsuru (animateur & chara-designer).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Wish List (nous offre une sélection de mangas, anime et goodies), Hommage (Kiriko Nananan, mangaka de Blue), Aparté (rencontres avec Yumiko Shirai [Wombs], Mujirushi Shimazaki & Kuroimori [Erio & The Electric Doll] et Koré Yamazaki [Ancient Magnus Bride, Ghost & Witch]), et Postface.

À lire absolument pour tous fans d’anime.

dBD #200 (mai-juin 2026)

Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Printemps bleu par Taiyo Matsumoto chez Delcourt/Tonkam, de Métal Hurlant #18 sous-titré “Upgrade ou crève“ sur le thème du transhumanisme, la réédition patrimoniale de Le char de l’État dérape sur le sentier de la guerre par F’Murr chez Édition 2042, de Eyeshield 21 Brain Brave par Riichirô Inagaki et Yûsuke Murata et Dragon Ball Full Color – Les Saiyans par Akira Toriyama, tous deux chez Glénat. On retrouve également un article (L’Intégrale du mois) sur la traduction du western italien La Conquête de l’Ouest, vol. 1-2, par Gino d’Antonio, Renzo Calegari et Renato Polese aux Éditions Paquet.

À la une de ce numéro anniversaire, dBD a demandé à dix collaborateurs de présenter leur bibliothèque idéale des dix dernière années, leur entrevue favorite ainsi qu’un coup de coeur: Philippe Peter (#1: Révolution par Grouazel & Locard chez Actes Sud, entrevue avec Guillaume Singelin, coup de coeur: Le voyage de Marcel Grob par Colin & Goethals chez Futuropolis), Yannick Lejeune (#1: 1629, ou l’effreyante histoire des naufragés du Jakarta par Dorison & Montaigne chez Glénat, entrevue avec Xavier Dorison, coup de coeur: House of X / Powers of X par Hickman, Larraz & Silva chez Panini), Philippe Tomblaine (#1: Révolution par Grouazel & Locard chez Actes Sud), Éric Adam (#1 La Couleur des choses par Martin Panchaud, entrevue avec Jean-David Morvan, coup de coeur: L’Odyssée d’Hakim par Fabien Toulmé chez Delcourt), Jean-Samuel Kriegk (#1: Spirou, L’Espoir malgré tout par Émile Bravo chez Dupuis, entrevue avec Bryan Talbot, coup de coeur: Imbattable par Pascal Jousselin chez Dupuis), Frédérique Pelletier (#1: Maus, un survivant raconte par  Art Spiegelman chez Flammarion), Philippe Cauvin (#1: Lucky Luke: Les Rivaux de Painful Gulch, par Morris & Goscinny chez Dupuis), Maxime Gueugneau (#1: Le Grand Vide par Léa Murawiec chez 2042, entrevue avec Léa Murawiec, coup de coeur: La vie est une corvée par Salomé Lahoche chez Exemplaire), et le Géant Vert (#1: Viens faire un tour chez Marx Donald par Prior & Danide chez Ça et Là, entrevue avec Magali Le Huche, coup de coeur: Les Derniers Jours de Robert Johnson par Frantz Duchazeau chez Sarbacane). 

Les entrevues se poursuivent avec Matthieu Bonhomme (sur La Longue Marche de Lucky Luke, chez Lucky Comics) et Brigitte Lecardier (sur La réalité est énorme, avec Arcady Picardi, chez Dupuis). 

Côté manga on retrouve une entrevue avec Oh! Great (auteur de Air Gear et Bakemonogatari, sur Smoke, un manga réalisé en couleur et en format franco-belge publié chez Kana) et “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre (No Longer A-Rank Party T.1 par Unagi, Zombie & Yûri chez Delcourt/Tonkam, Shinobi Undercover T.1 par Takegushi & Mitarashi chez Soleil, Mad T.1 par Yusuke Otori chez Kazé, Smother Me T.1 par Hiroshi Shimamoto chez Glénat, Blade & Bastard T.1 par Fugetsu & Kagyu chez Pika, No Devil T.1 par Senchiro chez Big Kana).

Et finalement quelques rubriques : dans le Cahier Critique on commente des parutions récentes (j’y note Le dernier écrivain par Chitose Akai chez Glénat), “Ça vaut le détour” commente quelques titres supplémentaires, puis L’Art de la couverture (Dred Scott par Jérome Ropert, Tom Graffin & Thibault Descamps chez Grand Angle), et Humeur.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

Métal Hurlant N° 17 (Nov. 2025)

Ce numéro regroupe 27 courts récits et 12 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale sauf les entrevues avec Shintaro Kago et Naoki Urasawa que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt) sur le thème de “l’Hôtel de la Dernière Nuit” (pourquoi faut-il que quand il est question d’hôtel ou de motel on en vienne presque toujours à de l’horreur ou du fantastique ? Heureusement, parfois cela donne aussi de la SF)! Comme pour les numéros que j’ai commentés précédemment, si souvent les styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas toujours de mon goût, j’ai quand même trouvé que la plupart des courts récits méritait d’être lus. J’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants (narrativement et/ou graphiquement)…

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: ”Hôtel Baja” (Salvador Sanz, 7 pg), “Étoiles Fugitives” (Daniel Blancou & David Ferracci, 7 pg), “Do Not Disturb” (Ryan Heshka, 7 pg), “Hôtel Paradis” (Gregory Panaccione, 9 pg), “Mizpah, Tonopah” (Jerry Frissen & Afif Khaled, 8 pg, B&W), “Otto” (Alexander & Dona Asisi), “Vénus” (rien mangold & Eduardo Francisco, 9 pg), “Bye Bye, Planète Poussière” (Anne Masse, 9 pg), “Week-End d’Évasion” (Koren Shadmi & Kilos Felvidéki, 9 pg), “Cornelius” (Miguel Baqbiano & Alex C. Santana, 9 pg), “Tartarus Hôtel” (Thibault Claudel & Ronan Toulhoat, 9 pg), “Yomi Motel” (Jacques Després, B&W, 7 pg), “Villa Castagnola” (Marvin Paval & Julien Noirel, 9 pg), “Desert Lake Motel” (Lola Owl & Iwan Lépingle, 5 pg), “Le Petit Homme de Prague” (Miguel Vila, 9 pg), “El Rancho Motel” (Otto Maddox & Erwann Surcouf, 7pg), “Voyage Immobile” (Étienne Appert, 7 pg), “L’Hôtel Beauregard” (Benoit Feroumont, 9 pg), “Les Âmes Salées” (Céline Colliot-Thélène & Joseph Callioni, 9 pg), “Entre-Monde” (Thibaud de Rochebrune, 5 pg), “Le Grand Tour” (Fabrizio Dori, 11 pg), “L’Amant Épris” (Enzo Berkati, 5 pg), “La Somnambule” (Alexandre Kha, 9 pg), “Jour de Chance” (Lilian Coquillaud, 9 pg), “La Vouivre” (Galaad, 7 pg), “Dark Polar” (Philippe Scoffoni, B&W, 9 pg), et “Honey Moon Suite” (J.R. Hughto & Curt Merlo, 5 pg).

Inégal, mais une bonne lecture quand même.

Pour plus d’Infos: [ Goodreads • Humanos • Nelligan • Wikipedia ]

Revue de ‘zines [002.026.220]

Revue de ‘zines

Je continue (tant bien que mal) mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champ d’intérêt… Pour vous éviter le souci de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie, j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet, vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

Animeland #253 (Jan. – Mars 2026)

Un autre numéro sous le signe de la nostalgie ! Celui-ci nous offre un dossier sur le 50e anniversaire de Goldorak: la série TV de Goldorak (Grendizer), sa réception en France, l’exposition à Japan Expo, le manga, piloter Goldorak, les autres mangas clefs de Gô Nagai (Mazinger, Devilman, Cutie Honey, Kekko Kamen, Violence Jack), Goldorak U (remake), rencontre avec Barbara Tissier (comédienne et directrice artistique). Pour compléter le sujet on retrouve également un dossier sur les robots géants: mecha designs, l’origine, expositions, rencontre, panel et exposition sur Yoshikazu Yasuhiko (char. des. de Gundam), exposition sur Mamoru Nagano (L-Gaim, Five Star Stories), rencontres avec Shinji Aramaki (Artmic: Mospeada, Appleseed, Megazone 23, Madox-01, Gasaraki, Bubblegum Crisis), Toshihiro Kawamoto (BONES: Cowboy Bepop, Wolf’s Rain), Yoshitomo Yonetani (GaoGaiGar), Gorô Taniguchi (Code Geass), et panel M.S. Gundam GQuuuuuuX.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Wish List (nous offre une sélection de mangas, anime et goodies), Aparté (rencontres avec Naoki Urasawa, Disciples), et Postface.

À lire absolument pour tous fans d’anime.

dBD #199 (mars-avril 2026)

Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Princesse Saphir vol. 1, par Osamu Tezuka, chez Delcourt et du Jojo’s Travel Guide par Hirohiko Araki & Akiyo Yura également chez Delcourt. On y retrouve aussi un article sur la réédition en dix volumes de La Grande Histoire de Picsou T.1 par Don Rosa chez Glénat.

À la une de ce numéro, on retrouve une entrevue monstre avec José-Louis Bocquet (sur son oeuvre en général). Les entrevues se poursuivent avec Salvarore Adamo (sur son dernier disque, Des nèfles et des groseilles…, chez Universal, sa collection d’art et ses relations avec les dessinateurs), avec Clément Argouarc’h, Daniel Goossens et Yves Frémion qui rendent hommage à Édika (Édouard Karali) décédé en décembre 2025, avec Virginie Ollagnier et Yan Le Pen (sur L’escadron bleu, 1945, chez Dupuis), Alex Jordanov (sur Radio Club, avec Ké Clero, chez Glénat), 

Côté manga on retrouve un article sur Rumiko Takahashi (sur Urusei Yatsura, Maison Ikkoku, Ranma 1/2, Inu-Yasha, Rinne, Mao, One-Pound Gospel, Mermaid Saga, Rumic World et la parution chez Glénat de Rumiko Takahashi Colors, 1978-2024) et  “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre (Kraken Mare T.1 [Izu & Hagane, chez Pika], Shiba Inu Rooms T.1 [Esu Oomori, chez Doki Doki], Spring Storm and Monster T.1 [Mitsubachi Miyuki, chez Delcourt/Tonkam], The Regalia of the Underdog T.1 [Shinachiku, chez Glénat], The Hitman’s Fave [Rintaro Ôshima, chez Kurokawa] et Goze Hotaru T.1 [Kou Tosaya, chez Kazé]).

Et finalement quelques rubriques : dans le Cahier Critique on commente des parutions récentes (je note Train de nuit dans la Voie lactée (Adrien Demont, d’après Kenji Miyazawa, chez Morgen), Rai Rai Rai t.1 (Yoshiaki, chez Ki-oon), Witch and Mercenary t.1 (Kaoru Chôhôkiteki & Makoto Miyagi, chez Doki Doki), et Mon adolescence explosive t.1 (Tao Nohara, chez Doko Doki)), “Ça vaut le détour” commente quelques titres supplémentaires (dont Planetarium Ghost Travel par Sakana Sakatsuki, chez Rue de Sèvres), puis L’Art de la couverture (Sigi t.1 par Érik Arnoux & David Morancho, chez Glénat), Avant-Première (extrait de six pages de Le Marche-Lune, par Simon Spruyt, chez Le Lombard) et Humeur.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

Visite au musée [002.026.181]

La Grèce des Héros: Au temps de Troie

Nous sommes allé faire une petite visite à Pointe-à-Callière, le musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, pour découvrir l’exposition “La Grèce des Héros: Au temps de Troie” qui y est présentée du 4 juin 2026 au 7 mars 2027. Elle nous offre près de 400 objets authentiques (et quelques reproductions) qui s’étalent de l’âge du bronze à l’âge du fer pour explorer les mythes et la réalité de l’âge des Héros autour de thèmes comme Homère et son oeuvre (l’Iliade et l’Odyssée sont les éléments principaux du cycle troyen), les villes de Troie (Ilion / Hisarlik) et de Mycènes (et la civilisation mycénienne), les Héros et les dieux. La guerre de Troie a-t-elle vraiment eut lieu ? Hélène, Achille, Hector, Agamemnon et Ulysse ont-il vraiment existé ? Probablement car, comme un historien le disait dans une vidéo de l’exposition, les mythes c’est comme la fumée: il n’y a jamais de fumée sans feu…

C’est une exposition intéressante avec beaucoup d’objets et de présentations audio-visuelles. Comme toujours à Pointe-à-Callière, c’est une exposition éducative qui offre aux jeunes des jeux et un cahier d’activités à compléter. Toutefois, je n’y ai rien trouvé  d’excitant. Il y a quelques pièces intéressantes, mais l’objet le plus iconique (le masque d’Agamemnon) est une reproduction… Cela vaut quand même la peine d’y faire une visite. J’y ai pris plus de deux-cent photos, dont en voici quelques unes:

Vocabulaire des descriptions: AEC, Zeus, Olympe, Pénélope, amphore, lébès, pyxide, skyphos, Acropole d’Athènes, Argilos, Andros, canthare, linéaire B, Palais de Nestor, Pylos, civilization minoenne, Henrich Schliemann, kylix, olpé, Penthésilée, Amazones, marbre pentélique, sirène. 

La Littérature romaine (10)

Époque classique (2): Sous le Principat (3)

J’ai décidé de séparer la littérature classique sous le principat, aussi dites “Période Augustéenne”, en plusieurs sections afin de pouvoir les mettre en ligne plus rapidement (car les vicissitudes de la vie me tiennent occupé et ralentissent mon travail…). Voici la troisième (de quatre) partie où l’on retrouve principalement les poètes Tibulle, Properce et Ovide.

Nom: Marcus Verrius Flaccus
Date: 55 AEC – 20 EC
Genre: Traité

Verrius Flaccus est un affranchi, érudit et grammaticus de grande réputation, qui a enseigné aux petits-fils d’Auguste, Gaius et Lucius. Selon Suétone, il mourut à un âge avancé et on lui érigea une statue dans sa ville natale de Préneste. On lui connaît une demi-douzaine d’oeuvres dont aucunes ne nous est parvenues :

  • De Verborum significatu (De la signification des mots, dont nous avons des fragments par un abrégé de Festus)
  • Fasti Praenestini (un calendrier des fêtes romaines affiché sur le forum de Préneste et dont quelques fragments ont été retrouvés)
  • De Orthographia : De Obscuris Catonis (sur des passages obscurs de l’oeuvre de Caton l’Ancien)
  • Saturnus (sur des questions de rite romain)
  • Rerum memoria dignarum libri (sur des “choses dignes d’être commémorées“, ouvrage encyclopédique souvent cité par Pline l’Ancien)
  • Res Etruscae (sur les Étrusques, où il est probablement question des augures)

Nom: Lucius Annaeus Seneca
Date: 54 (AEC) – c 39 (EC)
Genre: Rhétorique, Histoire

Sénèque l’Ancien est un rhéteur d’origine équestre né à  Corduba en Bétique. Il est le père du célèbre naturaliste et philosophe Sénèque et le grand-père du poète Lucain. Nous lui connaissons deux oeuvres:

  • Oratorum et rhetorum sententiae, divisiones, colores (Sentences, divisions et couleurs des orateurs et des rhéteurs compile des extraits de déclamations par cent-vingt auteurs utilisés comme exercices de rhétorique; l’ouvrage, divisé en soixante-quatorze plaidoiries (Controversiae, dix livres) et sept débats (Suasoriae, 1 livre), met en lumière les formules (sententiae), argumentaires (divisiones), points de vue (quaestiones) et motivations (colores) les plus intéressantes; nous n’en avons conservé que des fragments)
  • Historiae ab initio bellorum civilium (Histoire depuis le début des guerres civiles est une histoire de Rome qui a été perdue, mais qui est mentionnée dans le De vita patris de Sénèque; des fragments sont cités par Lactance (Institutiones Divinae : VII, 15, 14) et d’autres ont été retrouvés dans un rouleau de la Villa des Papyrus à Herculanum)

Nom: Albius Tibullus
Date: 54 – 18 AEC
Genre: Poésie (Élégie)

Tibulle est un poète élégiaque d’origine équestre qui contribua, avec ses amis Virgile et Horace, au développement de la poésie bucolique. Sa famille est fortement éprouvé économiquement par la redistribution des terres aux vétérans en 41 et il vient donc à Rome pour ses études. Il se joint au cercle littéraire de Messalla, qui devient son protecteur. Il aurait été un critique secret d’Auguste. Son oeuvre est constituée de poèmes amoureux écrits dans un style claire et élégant.

  • Elegiae / Corpus Tibullianum (Élégies est composé de quatre livres: le livre I, publié vers 25, comporte dix élégies; le livre II, publié après sa mort, en comporte six; les deux derniers livres seraient apocryphes; l’ouvrage est disponible aux Belles Lettres et chez Loeb, dans des éditions variées (Amazon, Goodreads) ainsi que dans le domaine public: AgoraClass, Flèche, PiT, Project Gutenberg, Remacle, Wikisource (FR))

Nom: Marcus Antistius Labeo
Date: c50 AEC – c20 EC
Genre: Traité (Droit)

Labéon est un juriste romain qui a dirigé l’école de droit proculienne. Il devient préteur très tôt, mais comme ses vues politiques républicaines nuisent à sa carrière, il délaisse la vie publique pour se consacrer à la jurisprudence. Il aurait écrit des centaines d’ouvrages, certains d’érudition mais principalement sur des sujets juridiques. Nous n’en connaissons que trois, qui n’ont pas été préservés mais sont souvent cités (certains de ses propres édits se retrouvent dans le Digeste de Justinien):

  • Libri ad Edictum (un commentaire des édits des préteurs urbains et pérégrins, ainsi que des édiles curules)
  • Libri posteriores (publié après sa mort, cet ouvrage fait un exposé systématique du droit civil)
  • Probabilia (un recueil en huit livres de définitions et de propositions légales axiomatiques)

Nom: Sextus Propertius
Date: 47 – 16 AEC
Genre: Poésie (Élégie)

Properce est un poète élégiaque romain d’origine équestre, né en Ombrie (près d’Assise). Tout comme Virgile, il perd son père très jeune et la terre familiale est confisqué dans la redistribution des terres aux vétérans de 40. Il se rends à Rome pour y étudier le droit, mais finira par se consacrer à la poésie. Après la publication de son premier livre d’Élégies, il est découvert par Maecenas qui l’invite à joindre son cercle littéraire. Il meurt dans la jeune trentaine.

  • Elegiae (Les Élégies sont composées de quatre livres: un premier livre de vingt-deux élégies, intitulé Cynthia monobiblos, est publié en 25 et chante la passion du poète pour sa muse; un deuxième livre de trente-quatre élégies est écrit entre 28 et 25, puis publié en 24, et traite du renouvellement de la relation entre les deux amants; un troisième livre de vingt-cinq élégies, qui délaisse un peu la thématique amoureuse pour des sujets plus politiques, est publié en 23; le quatrième livre, qui ne comporte que onze élégies, est publié à titre posthume en 16 et est consacré à des thèmes plus mythologiques. L’ouvrage est disponible aux Belles Lettres et chez Loeb, dans des éditions variées (Amazon, Goodreads) ainsi que dans le domaine public: Mediterranees, PiT, Remacle)

Nom: Publius Ovidius Naso
Date: 43 AEC – 18 EC
Genre: Poésie (Didactique, lyrique élégiaque, lyrique amoureuse, épique)

Ovide est un poète romain d’origine équestre né à Sulmona. Sa famille étant fortuné, il étudie la rhétorique à Rome jusqu’à l’âge adulte. Après un long voyage formatif en Grèce, il entreprend une carrière judiciaire (il siègera au tribunal  des décemvirs), mais il se consacre très tôt à la poésie. Il devient rapidement célèbre et fréquente les cercles littéraires de son temps (où il côtoie Horace, Tibulle et Properce). Adepte du  néopythagorisme, il aurait participé à une séance de divination (ce qui était illégal) et la nature obscène de l’Art d’aimer allait à l’encontre des efforts d’Auguste pour restaurer la moralité romaine, deux offences qui lui valut à l’automne de l’an 8 d’être exilé à Tomis (en Scythie mineure, sur les rives du Pont-Euxin) par un édit de l’empereur. Il y vécu une dizaine d’année et est mort sans jamais revoir Rome. Il figure parmi les poètes latins les plus connus et les plus lus. On lui connait une quinzaine d’oeuvres:

Nom: Aemilius Macer
Date: ? (Avant 43, possiblement c70) – c15 AEC
Genre: Poésie (Didactique)

Poète didactique originaire de Vérone, spécialiste de la nature. Contemporain et ami de Virgile et Ovide. Selon Jérôme de Stridon, il serait mort en Asie. On ne lui connait que deux oeuvres dont nous n’avons conservés que des fragments:

Nom: Aulus Caecina
Date: ? – ?
Genre: Rhétorique, Traité

Homme politique et érudit romain, issue d’une importante famille d’origine étrusque. Il  prend le parti de Pompée lors de la guerre civile et publie un violent discours contre Jules César. Il est banni de Rome après la bataille de Pharsale en 48, mais fait acte de contrition et obtient un pardon grâce à l’intervention de ses amis (dont Cicéron, qui avait défendu son père dans le plaidoyer Pro Caecina et avec qui il correspondait [Ad Fam. VI. 5-8 ; IX et XIII. 66]). Il était reconnu pour son expertise dans l’art étrusque de la divination. Nous lui connaissons deux oeuvres dont nous n’avons conservé que des fragments:

Nom: Sulpicia
Date: 40 – ?
Genre: Poésie (Élégie)

Poètesse élégiaque romaine et l’une des rares femmes poète dont l’oeuvre ait survécue. Elle est issue d’une famille aisée et est la nièce de Marcus Valerius Messalla Corvinus qui entretenait un important cercle littéraire fréquenté par Ovide et Tibulle. Elle a donc été exposé très jeune à la poésie. Nous n’avons toutefois conservé d’elle que six courts poèmes (d’une quarantaine de vers au total) au travers du recueil de poésie Corpus Tibullianum (poèmes 3.13-18). Ces fragments sont disponibles dans le domaine publique: Perseus, web.archive. 

Prochainement: La littérature romaine (11): Sous le Principat (4)

[ Index ]

The B5 relevance

Now that I have finished (re)watching the Babylon 5 series, one thing has really striked me. It’s the fact that, despite B5 being a series that aired in the nineties, it is still quite relevant in this trumpian era. The most obvious themes are those of war and authoritarianism. The series however touches many other subjects of human interest like religion, same-sex relationships, unrequited love and addiction. All being sources of human suffering and still being relevant today. Like all great science-fiction, the series was definitively ahead of its time. It is really worth watching (or re-watching). Yes, the special effects look a little primitive, but the writing is excellent.

[ The B5 Curse • Binge Watching ]

The B5 curse

After hearing Lorien tell Sheridan (S04, Ep05) that reanimating him had cut his life short and that he had only twenty more years to live, making him die in his sixties, I just realized, by total chance, that half the main actors of the Babylon 5 series did die in their sixties (well, many of them anyway) !

Still alive are:

Apparently, I am not the only one to think this weird… I guess that fighting the Shadows was quite unhealthy !

Revue de ‘zines [002.026.108]

Revue de ‘zines

Je continue (tant bien que mal) mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champ d’intérêt… Pour vous éviter le souci de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie, j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet, vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

Animeland #252 (Octobre-Décembre 2025)

Ce numéro nous offre un dossier sur Evangelion et Gainax: le studio Gainax, expo sur les 30 ans de Nadia, entrevue avec Hiroaki Inoue (ex VP de Gainax), Infographie: Gainax en 30 productions, Contexte et Conséquences: Le third impact de l’animation japonaise, Origine et Production: la création d’Eva, rencontre avec Kazuya Tsurumaki (réal. Adj.), Mahiro Maeda, Yôji Enokido (co-scén.), portrait de Hideaki Anno, Le manga: l’autre version d’Eva, rencontre avec Yôko Takahashi (interprète de l’Opening), Yûsuke Matsui (animateur 3D), les 30 ans d’Eva (panel à Japan Expo). On y trouve également un bref dossier sur les héritiers de Gainax: le studio Trigger et rencontre avec l’animateur Yoshimichi Kameda.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Wish List (nous offre une sélection de mangas, anime et goodies), Aparté (rencontre avec le mangaka KENT, auteur de Great Kaiju Gaea-Tima, et Takeshi Koike, réalisateur de Redline), et Hommage (Éric Legrand, voix de Végéta et Deiya).

Wow, que de souvenirs. Lire sur l’âge d’or de l’anime me rend très nostalgique. À lire absolument pour tous fans d’anime.

Animeland #254 (Avril-Juin 2025)

Ce numéro nous offre un dossier sur One Piece : le manga, portrait de Eiichirô Oda (créateur), les Vivre Cards, l’univers étendu, les anime, l’exposition Emotion, rencontres avec Hisashi Kagawa (Chara-designer), Tatsuya Nagamine et Kenji Yokoyama (directeur et animateur), Vincent Chansard (animateur), Noureddine Widad (producteur) et les voice actors.

On retrouve également un dossier sur les 70 ans du studio Toei Animation: l’histoire du studio, rencontres avec Shin’ya Hasegawa et Katsuyoshi Nakatsuru (animateurs),

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Wish List (nous offre une sélection de mangas, anime et goodies — où je note la parution de Le coeur de Thomas [Moto Hagio, Akata], Thermae Rome Redux [Mari Yamazaki, Casterman], Mai The Psychic Girl [Kazuya Kudô & Ryôichi Ikegami, Vega]), Hommage (Kiriko Nananan, Blue), Aparté (rencontres avec Yumiko Shirai, Wombs; Mujirushi Shimazaki & Kuroimori, Erio, The Electric Doll; Koré Yamazaki, Ancient Magnus Bride), et Postface.

À lire pour tous fans d’anime.

dBD #197 (Nov.-Déc. 2025)

Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Lézards Rêveurs par Giraud/Moebius chez Moebius Production. On y retrouve également un article sur la parution chez Delcourt de Dessus-Dessous: L’Intégrale (1903-1905) par Gustave Verbeek.

À la une de ce numéro, on retrouve une entrevue avec Elene Usdin & Boni sur Detroit Roma chez Sarbacane. Les entrevues se poursuivent avec Philippe Ghielmetti (graphiste des Blake et Mortimer), Régis Loisel (sur La Dernière Maison juste avant la forêt, avec Jean-Blaise Djian, chez Rue de Sèvres), Dorothée de Monfreid (sur Fantasie Lyrique: Dans les coulisses de l’Opéra de Paris, chez Dargaud), Thierry Smolde (sur Moonlight Express, avec Clérisse, chez Seuil), Ugo Bienvenu (sur Arco, chez Denoël Graphic et le long-métrage d’animation du même titre), Jean Dytar (sur Les Sentiers d’Anahuac, avec Romain Bertrand, chez Delcourt), Philippe Richelle (sur Un flic sous l’Occupation T.1, avec Beuriot, chez Glénat), Pierre Dubois (sur La Vallée des Oubliés, avec Henriet & Usagi, chez Le Lombard), Thierry Gloris (sur Malgré Nous – Intégrale, avec Terray, chez Soleil)

Et finalement quelques rubriques : dans le Cahier Critique on commente des parutions récentes, “Ça vaut le détour” commente quelques titres supplémentaires, “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre (Tough, L’Héritier du Dragon T.1 [Tsuya Saruwatari, Delcourt], Héritages: Les Gouttes de Dieu T.1 [Tadashi Agi &Okimoto, Glénat], Veux-tu que je tue pour toi ? T.1 [Yukiaki Kurando & Sousou Sakakibara, Soleil], Völundio: Chroniques des lames sacrées T.1 [Nanaki Nanao, Doki Doki], Nano Machine T.1 [GGBC, Great H & Wolya, Pika], Moscow 2160 [Kumo Kagyu, Kôtarô Sekine & Noboru Kannatuki, Kurokawa], et Quand je ne serai plus là [Osamu Yamamoto, Le Lézard Noir]), puis L’Art de la couverture (La Guerre de Lucas, par Laurent Hopman & Renaud Roche, chez Deman), et Humeur (Angoulême: Morne plaine!).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

dBD #198 (Jan.-Fév. 2026)

Dans le cahier actualités on mentionne la parution de UFO Robot Goldorak (Go Nagai, chez Isan-Sha). On y retrouve également un article sur les lauréats 2025 des prix Landerneau (Chabouté pour Plus loin qu’ailleurs), BD Boum (Kerascoët pour Au chant des grenouilles), Papiers Nickelés (Christelle Pissavy-Yvernault & David Amram pour La Véritable Histoire des éditions Dupuis), Meilleure Revue BD (Dessableur) et Grand Prix de la critique ACBD 2026 (Romain Bertrand & Jean Dytar pour Sentiers d’Anahuac).

À la une de ce numéro, on retrouve un Hommage Frank Pé (présentation, lettre de Rodolphe Massé, et entrevue datant de 2024).  Les entrevues se poursuivent avec Philippe Lacheau (sur le film Marsupilami), Philippe Caza (sur sa carrière, Le Monde d’Arkadi Intégrale Luxe et L’Âge d’Ombre chez Les Humanoïdes Associés), Arnaud Le Gouëfflec & Julien Solé (sur Gotlib, une vie en BD, chez Fluide Glacial), Marcello Quintanilha (sur El Dorado, chez Le Lombard), Cyril Bonin (sur Karl, chez Sarbacane), et Mathieu Gabella (sur Le Serment avec Bourgouin, chez Glénat).

Et finalement quelques rubriques : dans le Cahier Critique on commente des parutions récentes (dont Dans la tête de Sherlock Holmes T.3, par Liéron & Dahan, chez Ankama; et Les Noces des lucioles T.1 par Oreco Tachibana, chez Glénat), “Ça vaut le détour” commente quelques titres supplémentaires, “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre (Le garçon et le dragon [Idonaka, Doki Doki], Emerging Intégrale [Masaya Hokazono, Kurokawa], Pompoko [Isao Takahata, Glénat], Mon Petit Nid Douillet [Chiaki Ida, Soleil], BJ Alex T.1 [Mingwa, Kbooks], Divines T.1 [Kamome Shirahama, Pika], H2 T.1 [Mitsuru Adashi, Delcourt/Tonkam]), puis Les expos du mois, L’Intégrale du mois (Frank Cappa – Intégrale par Manfred Sommer, chez Nouveau Monde), Portfolio (Jared Muralt, Buglands), Éternel (Gotlib Oeuvre complète 1967, chez Dargaud/Fluide Glacial), L’Art de la couverture (Dans la tête de Sherlock Holmes, par Cyril Liéron &  Benoit Dahan, chez Ankama), Avant-Première (Cyril Bonin, Karl) et Humeur.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

Métal Hurlant HS Hellfest (Juin 2025)

Ce numéro regroupe 30 récits et 12 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème de Hellfest (un festival français de musique métal qui a lieu en juin à Clisson). Comme pour les numéros que j’ai commentés précédemment, la plupart des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas vraiment de mon goût, mais j’ai trouvé quelques-uns de ces courts récits intéressants et tous méritaient (sans doute) d’être lus.

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Hellfest in Hell” (par Pat Mills & Olivier Ledroit, 9 pages couleurs), “Holy Grail” (Arnaud Le Gouëfflec & Sagar, 9 pgs coul.), “Goatface et le sorcier maléfique” (Rune Ryberg, 9 pgs coul.), “Jurafest” (Jaouen Salaün, 7 pgs en bichromie), “Metal” (Nicolas Barberon & Olivier Martin, 4 pgs coul.), “Punk Inferno” (Marc Caro, 5 pgs B&W), “Sisyphe” (Fabrizio Dori, 9 pgs coul.), “Fête de l’enfer” (Pierre Alary, 5 pgs coul.), “Confiance Nordique” (Miguel Vila, 9 pgs coul.), “TRU2C” (Alexandre Ristorcelli, 7 pgs coul.), “Rock Star” (Romane Granger, 7 pgs coul.), “La Fleur du Mal” (Michaël Sanlaville, 9 pgs coul.), “Journal d’un hellfesteur” (Camille Burger, 11 pgs coul.), “La meute des damnés” (Hugues Micol, 7 pgs B&W), “Féminazgoules” (Élizabeth olleville & Juliette Étrivert, 7 pgs coul.), “Mes chers agneaux” (Thomas Bidault, 7 pgs coul.), “La lourde musique du hasard” (Jerry Frissen & Manolo Carot, 6 pgs coul.), “Soloverdose” (Nikola Witko, 5 pgs en bichromie), “Holy Metal Guts” (Gwendal Briec, 9 pgs B&W),  “Gueules de métal” (Juanjo Guarnido, 3 pgs coul.), “Le gentleman tranquille” (Matthew Allison, 4 pgs coul.), “Metalhead” (Pixel Vengeur, 5 pgs coul.), “Metalhead” (Bouzard, 7 pgs coul.), “Black Nap” (Aseyn, 5 pgs — pas lu car trop chargé), “A very curious girl” (Erwann Surcouf, 11 pgs coul.), “Super Super” (Vuillemin, 4 pgs coul.), “The curse of thirst” (Prozeet, 9 pgs coul.), “The Myling” (Lane Milburn, 9 pgs coul.), “Battle Metal” (Adrien Mangold & Pierre Dheur, 9 pgs coul.), et “The Ultimate Blasphemy” (Pat Mills & Thimothée Montaigne, 5 pgs B&W).

Horrible et très inégal, et n’offre de l’intérêt que si vous êtes fan d’heavy métal, un genre en BD qui n’est pas propice à de beaux dessins, ni à de belles histoires.

Métal Hurlant N°16 (Août 2025)

Ce numéro regroupe 26 courts récits et 8 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème du développement humain qui peut être à la fois bénéfique et maléfique, sous le titre “On n’arrête pas le progrès”! Comme pour les numéros que j’ai commentés précédemment, si souvent les styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas toujours de mon goût, j’ai toutefois trouvé la plupart des courts récits plutôt intéressants — quoique tous méritaient sans doute d’être lus. J’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants (narrativement et/ou graphiquement)…

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Alterego” (par Xavier Doriso & Moissonne, Stéphane Servain, 13 pages couleur), “Le vétéran” (Fred Duval & Elvire De Cock, 5 pgs coul.), “Détox” (Koren Shadmi, 9 pgs coul.), “Fixe-Temps” (Edgar Sandi Martinès, 9 pgs en duotone — tellement chargé que j’ai abandonné la lecture!), “Mon meilleur ami” (Yohan Radomski & Alessio Fioriniello, 9 pgs coul.), “Illusion perdue” (Jérôme Lavoine, 9 pgs coul.), “La Terre est une prison” (Swann Metallica & Caloucalou, 5 pgs coul.), “Seconde Génèse” (Cédric Mayen & Marianne Alexandre, 9 pgs coul.), “Blind Box” (Yang Weilin, 11 pgs coul.), “L’enfant intérieur” (Étienne Appert, 9 pgs coul.), “Doc-Trin’ 146” (Thomas Ferroul, 9 pgs coul.), “En négatif” (Ceti, 8 pgs coul.), “L’utérus de dieu” (Facundo Nehuén Lopez, 9 pgs coul.), “Sarrebourg” (Florian Breuil, 5 pgs coul.), “La fin” (Jeff Legrand & Allanva, 6 pgs coul.), “Les champions” (Alejandro Jodorowsky & Iness, 4 pgs coul.), “Histoire de guerre” (Fabio Ruotolo, 5 pgs coul.), “L’extase du Révérend Cole” (Pierre Léauté & ADC, 9 pgs coul.), “Nimrod” (FAFNER, 11 pgs coul.), “Je n’aime que toi” (Alice Geslin & Luca Albanese, 9 pgs coul.), “Opossum” (Alberto Pagliaro, 9 pgs coul.), “Le sabot de Vénus” (Matéo Lavina & Florian Genthial, 9 pgs coul.), “Traducteur universel” (Antoine Dodé, 10 pgs coul.), “Le voyageur” (Mislav Tomasinjak, 11 pgs coul.), et “Erreur 404” (Jean-Pierre Dionnet & Jorg De Vos, 17 pgs coul.).

Inégal, mais une bonne lecture quand même.

Pour plus d’Infos: [ Goodreads • Humanos • Nelligan • Wikipedia ]

Lectures romaines (6): César : De Bello Civili

Lectures romaines (6)

César : De Bello Civili

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

J’ai choisi de lire la Guerre Civile en premier car c’est un ouvrage plus court et, après avoir lu Cicéron, cela me paraissait un sujet plus intéressant (et en quelque sorte d’actualité). Toutefois, c’est en fait une lecture un peu ennuyeuse car il s’agit avant tout d’une longue description de mouvement de troupes et de batailles. L’édition que j’ai sous la main est une édition anglaise, chez Penguin Classic: Caesar: The Civil War. Markham: Penguin Books, 1984. 360 p. ISBN 0 14 044 187 5 (Goodreads).

Le Commentaires sur la Guerre civile fait le récit de la guerre civile entre César et Pompée. Il est composé de trois livres qui ont été écrits au fur et à mesure que les événements se déroulaient en 49-48 AEC, puis complétés dans les années qui suivirent (possiblement en 47 ou 45). L’ouvrage a probablement été publié à des fins de propagandes du vivant de Jules César, mais peut aussi avoir été publié un peu après sa mort en 44.

Le récit du livre I débute alors que César est à Ravenne, en Gaule cisalpine, où il fait une offre d’entente au Sénat. Lorsque celle-ci est rejeté, il se rends à Ariminum, entrant ainsi illégalement en Italie. Je suis un peu déçu que le texte ne mentionne pas la traversé du Rubicon, ni la fameuse phrase “Alea jacta est” (qui nous a été rapporté en fait par les historiens Plutarque, Suétone et Appien). Il longe ensuite la côte Est de l’Italie, à la poursuite de Pompée, jusqu’à Brindisium, mais celui-ci réussi à fuir en Grèce, à Dyrrachium. César rentre à Rome où il convoque le Sénat qui lui est toujours hostile. Il poursuit donc les partisans de Pompée en Gaule narbonnaise où il fait le siège de Marseille. Il continue ensuite en Espagne, où il est victorieux contre les légats de Pompée.

Pendant ce temps, comme nous le raconte le livre II, le lieutenant de César Caius Trebonius obtient la rédition de Marseilles. Un autre lieutenant, Scribonius Curio, se rends en Afrique, près d’Utica, pour affronter Publius Attius Varus et son allié numide, le roi Juba, mais il est défait lors de la bataille de Bagradas.

Le livre III nous raconte que César traverse finalement l’Adriatique à la poursuite de Pompée. Ne réussissant pas à le vaincre à Dyrrachium, César se rends en Thessalie où Pompée le poursuit, mais César est finalement victorieux à la bataille de Pharsale. Pompée fuit à Alexandrie et César l’y rejoint pour découvrir que Pompée a été tué par Ptolémée XIII. Il doit alors intervenir dans la guerre civile qui oppose ce dernier à sa soeur, Cléopâtre VII. Et c’est ainsi que débute la guerre d’Alexandrie.

La plupart des éditions de la Guerre Civile incluent également les textes du De Bello Alexandrino, De Bello Africo et du De Bello Hispaniensis (qui sont tous considérés comme n’ayant pas été écrit de la main de César), mais je n’ai lu que la Guerre Civile proprement dites. L’extrait qui suit raconte une partie de la campagne de Dyrrachium (texte français: traduction de Nisard, 1865):

Livre III: 70. (1) Dans en si grand malheur, deux choses empêchèrent que l’armée ne fût entièrement détruite : d’abord Pompée, qui sans doute ne s’attendait pas à ce succès alors qu’il venait de voir ses troupes chassées de leur camp, craignit quelque embuscade, et hésita à s’approcher des retranchements. Ensuite sa cavalerie fut retardée par le passage étroit des portes qu’occupaient les soldats de César. (2) Ainsi les circonstances les plus frivoles eurent des deux parts des conséquences importantes. Le retranchement tiré du camp au fleuve empêcha l’entière et prompte victoire de César ; et ce même retranchement, en retardant la poursuite de l’ennemi, sauva notre armée.

71. (1) Dans ces deux combats donnés le même jour, César perdit neuf cent soixante hommes, plusieurs chevaliers romains de distinction, Tuticanus Gallus, fils de sénateur ; C. Fléginas, de Plaisance ; A. Granius, de Pouzzoles ; M. Sacrativir, de Capoue, et trente-deux tribuns militaires ou centurions ; (2) mais la plupart périrent sans aucune blessure, écrasés dans le fossé, sur les retranchements, ou sur le bord du fleuve, par leurs compagnons qui fuyaient effrayés. Nous perdîmes aussi trente-deux enseignes. (3) Cette action valut à Pompée le titre d’imperator. Il le conserva, et souffrit désormais qu’on le saluât de ce nom ; mais cependant il n’entoura de lauriers ni ses lettres ni ses faisceaux. (4) Labiénus, ayant obtenu qu’il lui remît les prisonniers, il les promena à la tête du camp, cela sans doute pour mériter la confiance du parti qu’il venait d’embrasser ; et les appelant ses camarades, et leur demandant avec insulte si les vétérans avaient coutume de fuir, il les fit égorger publiquement.

72. (1) Ce succès inspira tant, de confiance et d’orgueil aux soldats de Pompée, qu’ils ne pensaient plus à la guerre et qu’ils croyaient avoir remporté une victoire décisive. (2) Ils ne songeaient pas qu’ils en étaient redevables à notre petit nombre, au désavantage du poste où nous nous trouvions resserrés après avoir forcé leur camp, à l’effroi qu’occasionnait une double attaque du dedans et du dehors, et à la séparation de nos troupes, qui les empêchait de se porter de mutuels secours. (3) Ils ne remarquaient pas qu’il n’y avait pas eu de combat, de vive mêlée, et que nos soldats, en se précipitant en foule dans des passages trop étroits, s’étaient fait eux-mêmes plus de mal qu’ils n’en avaient reçu de l’ennemi. (4) Enfin, ils oubliaient les accidents si communs à la guerre, et combien de désastres avaient été produits par les plus petites causes, par un soupçon mal fondé, par une terreur panique, un scrupule ; et combien de fois une armée avait eu à souffrir de la faute d’un général ou de l’erreur d’un tribun. Joyeux, comme s’ils avaient vaincu par leur courage, et qu’ils n’eussent à redouter aucun changement de la fortune, ils annonçaient partout au loin, par des messages et par des lettres, la victoire qu’ils avaient remportée ce jour-là.

73. (1) César, forcé de renoncer à son premier dessein, crut devoir changer entièrement son plan de campagne. (2) Dans cette vue, il retira à la fois toutes ses garnisons, renonça à l’attaque, rassembla sur un seul point toutes ses troupes, et, ayant convoqué les soldats pour les haranguer, il les exhorta à ne pas se laisser abattre par cet événement, et à ne pas s’inquiéter d’un revers assez léger après tant de succès. (3) “Ils devaient, ajouta-t-il, rendre grâce à la fortune d’avoir soumis l’Italie sans nulle peine, pacifié les deux Espagnes défendues par des peuples belliqueux et par les chefs les plus expérimentés et les plus habiles, et réduit en leur pouvoir les provinces voisines, si abondantes en blé. Ils ne devaient pas oublier non plus avec quel bonheur ils avaient passé sans nulle perte à travers les flottes ennemies, maîtresses de tous les ports et de toutes les côtes. (4) Si tout ne réussissait pas à leur gré, il fallait qu’ils s’appliquassent à seconder la fortune. C’était à son inconstance et non à leur général qu’ils devaient imputer le revers qu’on avait reçu : (5) le poste avait été bien choisi ; le camp ennemi avait été enlevé, et les soldats de Pompée chassés et défaits. Mais quel que fût le motif qui leur eût fait perdre une victoire qui semblait assurée, imprudence, erreur ou hasard, c’était à leur courage à tout réparer. (6) Alors le mal tournerait à bien, comme il était arrivé à Gergovie ; et ceux qui d’abord avaient redouté d’en venir aux mains, se présenteraient d’eux-mêmes au combat.”

Pour la notice sur Jules César, voir La littérature romaine (7): Époque classique: 1. Sous la République. c) l’Après-Cicéron.

[ Index ]

 

La Littérature romaine (9)

Époque classique (2): Sous le Principat (2)

J’ai décidé de séparer la littérature classique sous le principat, aussi dites “Période Augustéenne”, en plusieurs sections afin de pouvoir les mettre en ligne plus rapidement (car les vicissitudes de la vie me tiennent occupé et ralentissent mon travail…)

Horace est né le 8 décembre 65 à Venosa, en Apulie, dans une famille modeste d’affranchis. Vers l’âge de dix ans, son père l’amène à Rome pour voir à son éducation auprès du grammaticus Lucius Orbilius Pupillus. Adulte, il poursuit son éducation à Athènes où il étudie la philosophie auprès d’Aristos d’Ascalon. C’est là qu’il est conscrit dans l’armée de Brutus où il est tribun militaire [en 42]. Après la défaite et la mort de Brutus à la seconde bataille de Philippes, il est amnistié mais ses biens sont confisqués. Il revient en Italie et, en 40, prends la charge de scriba quaestorius (secrétaire du questeur, chargé des finances). Plus tard, entre 35 et 30, il sera également iudex selectus (juge de paix). Vers 40, il fait la rencontre de Virgile qui le présente à Maecenas. Celui-ci lui offre son support et l’introduit à son tour aux cercles de Pollio et Messala. Plus à l’aise financièrement, il se consacre alors à la poésie et deviendra sans aucun doute l’un des plus grands poètes romains. On lui connaît une demi-douzaine d’oeuvres:

Tite-Live est né en 64 à Patavium dans une famille riche, ce qui lui permet de recevoir une bonne éducation. Il n’a pas suivi le cursus honorum ou exercé de charge publique, se consacrant plutôt à la littérature et à l’histoire. Il aurait écrit des traités et des dialogues de philosophie et de rhétorique, ainsi qu’une correspondance, mais sa seule oeuvre à nous être parvenu est le monumental ouvrage historique qui fait de lui l’un des plus importants historiens de l’antiquité:

  • Ab Urbe condita libri (L’Histoire de la ville [Rome] depuis sa fondation a été écrite à partir de 31 et publiée un livre à la fois dès 29. L’ouvrage comprend 142 livres, couvrant la période du VIIIe siècle à 9 AEC, dont seulement 35 (livres I-X et XXI à XLV) ont été conservés mais les lacunes sont connues par des fragments et des abrégés. L’ouvrage est disponible aux Belles Lettres et chez Loeb, dans des éditions variées (Amazon, Goodreads [FR/EN]) ainsi que dans le domaine public: BCS, OLL, Project Gutenberg (1-8, 27-36), Remacle, Wikisource (FR/EN))
  • Nom: Nicolas de Damas (Νικόλαος Δαμασκηνός)
  • Date: 64 – c20 AEC
  • Genre: Histoire, Traité

Nicolas de Damas est un historien et philosophe syrien né à Damas en 64 AEC dans la famille de Antipatros, un orateur fortuné, ce qui lui permet d’obtenir une très bonne éducation. Il fut l’ami et le secrétaire du roi de Judée, Hérode 1er, pour qui il mènera à deux reprises des ambassades à Rome, puis une troisième fois pour son fils Archélaos. Très jeune, il aurait écrit des pièces de théâtre, avant de se consacrer à la philosophie aristotélicienne. Il aurait écrit plusieurs traités philosophiques (principalement des commentaires ou des paraphrases d’Aristote :  Sur la philosophie d’Aristote, Sur les dieux, Sur la philosophie première, Sur la Psyche) qui ne nous sont pas parvenus, mais nous lui connaissons cinq ouvrages dont nous avons conservé des fragments:

  • Ίστορίαι (Histoire universelle était composé de 114 livres et faisait le récit de l’histoire du monde des origines jusqu’à Auguste; il l’aurait écrit vers la fin de sa vie, sur une commande d’Hérode. Nous n’en avons que des fragments (surtout des livres I à VIII), mais Flavius Josèphe semble l’avoir beaucoup utilisé comme source. Les extraits de ses oeuvres sont disponibles aux Belles Lettres et dans des éditions variées (Goodreads [FR/EN]))
  • Βίος Καίσαρος (Bios Kaisaros / Biographie d’Auguste aurait été écrite peu après la mort d’Auguste et nous n’en conservons que deux longs extraits sur la mort de Jules César et la jeunesse d’Octave)
  • Αυτοβιογραφία (Son Autobiographie a été écrite vers la fin de sa vie, mais il n’en reste qu’une demi-douzaine de fragments principalement sur l’histoire juive et la cour d’Hérode)
  • Le Recueil de traits de mœurs est un ouvrage ethnographique qui compile à partir de source diverses les coutumes étranges d’une cinquantaine de peuples, dont plusieurs courts extraits ont été conservés dans l’Anthologie de Stobée.
  • Περί φυτών (De Plantis / Traité sur les plantes est composé de deux livres (sur la nature et l’origine des plantes) et a originalement été attribué à Aristote lui-même, puisqu’il a été trouvé dans une collection de traités aristotéliciens, mais un nouveau manuscrit, qui est une traduction arabe par Ishaq ibn Hunayn, semble indiquer qu’il s’agit d’un commentaire aristotélicien de Nicolas de Damas. L’ouvrage est disponible chez Brill (Goodreads) et dans le domaine public: Wikisource)

Messalla Corvinus est un homme d’état romain et sénateur né à Rome vers 64 AEC. Il fait des études à Athènes avec Horace et le fils de Cicéron. Son support pour le parti républicain fait qu’il est proscrit par le second triumvirat en 43, mais il est rapidement amnistié. Il rejoint néanmoins les armées de Brutus et Longinus en Orient, où il obtient un poste de commandement dans l’armée des Libérateurs [43], puis devient préteur suffect [40]. Après la défaite de la bataille de Philippes, il se joint à Marc Antoine puis, lorsque ce dernier s’allie à Cléopâtre, il donne son support à Octavien. Il est alors successivement commandant de flotte pendant la guerre sicilienne [36], augure [35], participe à la campagne contre les Salasses [34], consul [32], proconsul d’Aquitaine [28/27], préfet en Asie Mineure, et préfet de Rome [27]. Il se dit alors “dégoûté du pouvoir.”

Vers 30 AEC, il forme un cercle littéraire qui sera très influent sur la culture de l’époque et qui inclura Tibulle, Aemilius Macer, Valgius Rufus, Cornelius Severus, Servius Sulpicius et sa fille Sulpicia, ainsi que Horace et Ovide. Il est lui-même un auteur assez prolifique puisqu’il écrit des discours, de la poésie ainsi que des mémoires ou traités (entre autres sur la guerre civile, la grammaire, les haruspices et les grandes familles romaines), mais aucune de ses oeuvres n’a été conservées.

Grattius est un poète latin de l’époque augustéenne, possiblement originaire de Falerii, qui est cité par Ovide dans ses Epistulae ex Ponto. Nous ne lui connaissons qu’une seule oeuvre, composée entre 1  et 8 AEC: Cynegetica, un poème didactique sur la chasse à l’aide de chiens dont seulement 541 vers hexamètres ont été conservés. L’oeuvre est disponible chez Loeb, dans des éditions variées (Goodreads) et dans le domaine public: Penelope, Remacle.

  • Nom: Octave / Auguste
  • Date: 63 (AEC) – 14 (EC)
  • Genre: Traité

Caius Octavius (Octave) est né à Rome le 23 septembre 63 AEC dans une riche famille d’origine équestre, mais la carrière politique de son père leur permet d’accéder à l’ordre sénatorial. De plus, sa mère appartient à l’influente famille des Iulii, ce qui fait de lui le petit-neveu de Jules César. Son enfance est marqué par le décès de son père en 59 (mais sa mère se remarie rapidement) et par de nombreux troubles politiques. Malgré cela, il reçoit une excellente éducation. En 48, il se joint au collège des augures, puis à celui des pontifes. Adulte (il a 16 ans en en 47), il apparaît souvent auprès de César, qui le nomme préfet de Rome. Pour acquérir de l’expérience militaire, il rejoint César en 45 en Hispanie, où celui-ci mène campagne contre Pompée. César est impressionné par le caractère de son petit-neveu. De retour à Rome, César est nommé dictateur et envoi Octave à Apollonia d’Illyrie pour parfaire son éducation.

Le 25 mars 44, Octave apprend que César a été assassiné et que, l’ayant secrètement adopté, il a fait de lui son héritier. Contre l’avis de son entourage, il accepte l’héritage et prends le  nom de Caius Iulius Caesar Octavianus (Octavien). Il doit d’abord consolider sa position avec le second triumvirat, poursuivre et punir les assassins de César, puis contester le pouvoir à Marc-Antoine. De retour à Rome en 29, il est reçu triomphalement et se voit accorder le pouvoir et le titre d’Imperator. Octavien ne veut toutefois pas être dictateur, ni roi. Il restaure donc la République, les pouvoirs du Sénat et le consulat. En 27, le Sénat lui décerne les titres de Augustus (“le plus illustre”) et de Princeps (“premier des sénateurs”). Il prends alors le nom de Imperator Caesar Divi Filius Augustus (Auguste) et consacrera son Principat à reconstruire Rome, maintenir la paix et bâtir ce qui deviendra l’Empire.

En 13 EC, Auguste remets aux Vestales trois documents scellés qu’il a rédigés et qui ne doivent être lu qu’après son décès. Le premier contenait les instructions pour ses funérailles, le second contenait l’index rerum gestarum (compte-rendu de ses actions) et le troisième le brevarium totius imperii (état de situation de tout l’Empire). Seul le second nous est parvenu, sous la forme du Res Gestae Divi Augusti (Actes du divin Auguste), gravé sur des plaques de bronze fixés au mausolée d’Auguste et dont des copies ont été affichées un peu partout dans l’Empire. Le texte en est disponible aux Belles Lettres, dans des éditions variées (Goodreads) et dans le domaine public: DroitRomain, Penelope, Wikisources [FR/EN].

Agrippa est un militaire et homme d’état romain né vers 63 AEC dans une famille de rang équestre. Ami d’enfance d’Octave, il étudie à ses côtés et l’accompagnera toute sa vie dans son ascension au pouvoir. Il participe à de nombreuses batailles (Munda,  Modène, Philippes, Pérouse, révolte sicilienne et bataille de Nauloque, campagne contre Marc-Antoine et bataille d’Actium) et occupe de nombreux postes (tribun de la plèbe [43], préteur urbain à Rome [40], gouverneur de Gaule transalpine [39/38], consul [37, 28-27], édile [33], gouverneur de l’Orient [23-21, 17-13], gouverneur de l’Occident [20-19], et reçoit même exceptionnellement l’Imperium et le pouvoir tribunicien [18]). Il est un conseillé très proche d’Octavien, au point où il peut être considéré comme son corégent. Il prends aussi en charge la reconstruction de Rome: durant son édilité il rénove et construit des aqueducs (l’Aqua Appia, l’Anio Vetus, l’Aqua Marcia, et l’Aqua Julia), les rues et les égouts (la Cloaca Maxima), puis sous le Principat, il entreprends des travaux sur le Champ de Mars, construit les Thermes d’Agrippa, l’Aqua Virgo, le Panthéon (qui sera reconstruit sous Hadrien suite à un incendie), et la basilique de Neptune. Finalement, il a contribué de façon très significative à la succession de l’Empire: avec son épouse Pomponia il a deux filles, dont Agrippina (qui sera l’épouse de Tibère); avec son épouse Julia, fille d’Auguste, il a cinq enfants dont Caius et Lucius (qui seront adoptés par Auguste, mais mourront jeunes) et Agrippine l’Aînée (épouse de Germanicus, mère de Caligula et de Agrippine la Jeune, qui sera elle-même mère de Néron et épouse de Claude) !

Alors qu’il est gouverneur des provinces orientale (23-21), il réside à Lesbos où il écrit ses mémoires et un commentaire géographique (Commentarii), qui n’ont pas été conservés.

Manilius est un poète et astrologue latin probablement né en Afrique du Nord (possiblement d’origine berbère) qui écrivit, dans les dernières années du règne d’Auguste, un poème didactique traitant d’astrologie :

  • Astronomica (Les Astronomiques aurait été écrit vers l’an 10 EC — car l’auteur y fait allusion à la bataille de Teutobourg qui eut lieu en 9 EC — et est composé de cinq livres: le premier est consacré à la description du ciel (étoiles, constellations, planètes), le second au zodiaque, le troisième aux horoscopes (c’est la première fois dans la littérature que l’on retrouve le concept de “maisons”, ou templa), le quatrième à la terre et ses peuples et finalement le cinquième à l’influence de la position des planètes. Manilius se serait inspiré du poème Phénomènes de Aratos de Soles. L’auteur fantastique H.P. Lovecraft le mentionne à plusieurs reprises et il serait l’inspiration de son Necronomicon. L’Ouvrage est disponible chez Loeb, dans des éditions variées (Goodreads) et dans le domaine public: Remacle, Wikimedia.

Denys d’Halicarnasse (Διονύσιος Ἁλικαρνασσεύς / Dionýsios Halikarnasseús) est né à Halicarnasse vers l’an 60. AEC. Il vient à Rome vers 30 et participe aux cercles cultivés de la ville et y enseigne la littérature grecque et la rhétorique. Nous lui connaissons une douzaine d’oeuvres :

  • Ῥωμαϊκὴ Ἀρχαιολογία (Rhōmaïkḕ Arkhaiología / Antiquités romaines est une histoire de Rome dont la préface a été écrite en 8 AEC et qui était composé de vingt livres qui racontent l’histoire de Rome de ses origines légendaires jusqu’à la première guerre punique (264 AEC). Seuls les onze premiers ont été conservés. L’ouvrage est disponible aux Belles Lettres et chez Loeb, dans des éditions variées (Amazon, Goodreads [FR/EN]) ainsi que dans le domaine public: Penelope,  Remacle)
  • Τέχνη ῥητορική (Tékhnē rhētorikḗ / L’art de la rhétorique est une collection d’essais théorique sur la rhétorique écrits par divers auteurs; c’est donc une oeuvre apocryphes)
  • Περὶ συνθέσεως ὀνομάτων (Perì sunthéseōs onomátōn / Traité de l’arrangement des mots est une étude théorique sur le style des écrivains grecs et comprends de nombreuses citations très utiles d’auteurs grecs)
  • Περὶ μιμήσεως (Perì mimêseôs / Sur l’imitation est un traité sur l’importance en rhétorique de l’imitation des meilleurs auteurs, dont il ne reste que des fragments)
  • Περὶ τῶν ἀρχαίων ῥητόρων ὑπομνηματισμοί (Perì tôn archaíôn rhêtórôn upomnêmatismoí / Orateurs antiques est un commentaire sur l’origine des six orateurs attiques: Lysias, Isocrate et Isée, puis Démosthène, Hypéride et Eschine; il y défend l’atticisme, présente une biographie des orateurs et une étude de leur style. Seule la première partie a été conservée)
  • Sur l’orateur Dinarque (est un ajout à l’ouvrage précédent)
  • Chronologies grecques et romaines (perdue)
  • Sur la philosophie politique (perdue)
  • Sur les figures (perdue)
  • Περὶ Θουκιδίδου χαρακτῆρος (Perì Thoukidídou kharaktêros / Examen de Thucydide)
  • Περὶ λεκτικῆς Δημοσθένους δεινότητος (Perì lektikês Dēmosthénous deinótētos / Sur la force du style de Démosthène)
  • Πρὸς Ἀμμαῖον ἐπιστολὴ ἀ’ (deux Lettres à Ammæus qui débattent de la valeur et des styles d’Aristote  et de Démosthène, et sur Thucydide)
  • Πρὸς Πομπήιον Γέμινον ἐπιστολή (Lettre à Pompée Géminos sur le style de Platon)

Prochainement: La littérature romaine (10): Sous le Principat (3)

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La Littérature romaine (8)

Époque classique (2): Sous le Principat (1)

La deuxième partie de la littérature romaine classique (à la fin du 1er siècle AEC) est une période assez courte, juste une cinquantaine d’années, mais qui s’est révélée une période très prolifique. On l’appelle la “Période Augustéenne” car elle a été dominée par le Principat d’Octave (ou Octavien après son adoption par César et qui prendra par la suite le nom d’Auguste). C’est  une période de transition et de paix (la Pax Augusti) et c’est justement ces années de stabilité politique qui seront très propice au développement de la culture. C’est grâce à l’instigation d’Auguste lui même — et au patronage de son entourage (notamment son conseiller Caius Maecenas [dont le nom est à l’origine du terme “mécénat”], mais également Caius Asinius Pollio et Marcus Valérius Messala Corvinus) — que l’on retrouve une recrudescence de l’activité littéraire, particulièrement en poésie.

De nombreux poètes seront donc actif durant le règne d’Auguste (de 43 AEC à 14 EC): Virgile, Horace, Tibulle, Properce, Ovide, etc. D’autres s’illustreront dans le domaine de l’architecture (Vitruve), de l’histoire (Tite-Live) ou de la géographie (Strabon). On retrouve une trentaine d’auteurs durant cette période. En voici une liste plus complète:

Vitruve est un architecte romain du 1er siècle AEC. Avant de devenir architecte, il aurait été militaire en Gaule, en Hispanie et en Grèce, puis constructeur de machine de guerre. Tous ce que nous connaissons de la technologie, des techniques de construction et de l’architecture romaine provient essentiellement de son ouvrage De architectura (Sur l’architecture) qu’il a écrit probablement entre 35 et 25 AEC et qui nous est parvenu. Cette oeuvre a eut une grande influence sur des artistes de la Renaissance comme Leonardo da Vinci. Vitruve dédit son oeuvre à Octavien afin de transmettre ses connaissances et d’aider le futur empereur dans sa campagne de reconstruction des bâtiments publics menée sous la supervision de Marcus Agrippa. Composé de dix livres, l’ouvrage traite de l’organisation urbaine et de principes architecturaux, des matériaux, des temples, des édifices publics (forum, basilica, théâtre, port), des édifices privés, de décor, d’hydraulique, d’astronomie et de mécanique. L’ouvrage est disponible aux Belles Lettres et chez Loeb, dans des éditions variées (Amazon, Goodreads) ainsi que dans le domaine public: Project Gutenberg, Remacle, Wikisource (EN).

Homme politique et militaire, orateur, avocat, dramaturge, poète et historien romain d’origine plébéienne. Il est lieutenant de César durant la guerre civile et le suit dans ses campagnes en Gaules [en 51], en Italie, en Sicile [en 49], en Afrique, en Macédoine (notamment à Pharsale en 48) et en Hispanie. Il est tribun de la plèbe en 47, préteur en 45 et gouverneur d’Hispanie ultérieure. Après l’assassinat de César, il se joint à Marc-Antoine et commande des légions en Gaule Cisalpine. Il est Consul en 40 et gouverneur de Macédoine. Après une campagne contre les Dalmates qui lui vaudra un triomphe, il se retire de la vie politique en 39. Il cesse de supporter Antoine suite à son alliance avec Cléopâtre et reste neutre lorsque Octave lui demande de se joindre à lui. Il se consacre alors à des activités littéraire et contribue, en 38, à la reconstruction de Rome en rénovant l’Atrium Libertatis auquel il intègre une bibliothèque publique et une galerie où il expose sa propre collection d’art. Membre du cercle de Catulle, il développe son propre cercle où il encourage des poètes comme Virgile et Horace. Il a écrit des tragédies, un livre contre Salluste, mais surtout une Histoire de la guerre civile en dix-sept livres, allant du premier triumvirat  jusqu’à la bataille de Philippes. De ces oeuvres, il ne subsiste que quelques fragments.

Homme politique (Questeur [44] et sénateur) et dramaturge romain originaire de Parme. Il est surtout connu pour avoir été l’un des conjurés qui assassinèrent César, menés par Brutus et Cassius Longinus, et qui ensuite prirent la fuite en Orient. Il informe Cicéron de la situation dans leur correspondance (Epistulae Ad Familiares XII: 1-13, lettres datées du 3 mai 44 au 13 juin 43). Les conjurés sont poursuivies par les armées du second triumvirat dans ce qui sera connu comme la guerre civile des Libérateurs. Après la défaite de la bataille de Philippes en octobre 42 (et le suicide de Cassius Longinus), il rejoint le fils de Pompée, Sextus, en Sicile. Lorsque ce dernier est défait par Agrippa à la bataille de Nauloque, Cassius Parmensis se rend et rejoint Marc-Antoine en 35. Suite à la défaite de Marc-Antoine à Actium, il fuit à Athènes où il est tué sur les ordres d’Octavien en 31. Il aurait écrit des tragédies et des poèmes élégiaques qui n’ont pas été conservés.

Dramaturge et poète originaire de Turbigo qui a écrit des poèmes didactiques épicuriens, des épopées et des tragédies. Ami de Virgile et d’Horace, il appartenait comme eux au cercle de Maecenas. Avec Plotius Tucca, il a révisé et publié l’Énéide de Virgile après sa mort. Nous ne lui connaissons que deux oeuvres: De Morte (écrit vers 44-43, dont il ne reste qu’une douzaine de vers) et son célèbre Thyeste, qui a été présenté lors des jeux de 29 célébrant la victoire d’Octavien à Actium, mais qui a été perdu. Il aurait également écrit un panégyrique d’Auguste et des mémoires de Virgile.

Virgile est sans aucun doute un des poètes romains les plus importants. Originaire de Andes (en Gaule cisalpine, dans l’actuelle Lombardie), il est né dans une famille de la bourgeoisie Mantouane (son père était un petit propriétaire terrien et sa mère la fille d’un riche marchand). Il fait des études approfondies entre autres en lettres, philosophie et rhétorique. Il fréquente probablement le cercle littéraire de Catulle, où il rencontre d’autres poètes comme L. Varius Rufus, son ami Q. Horatius Flaccus ou Cornelius Gallus, et il reçoit le support de C. Asinius Pollio et de C. Maecenas. Son style, sa langue et son esthétique sont considérés comme le summum de la littérature latine. En plus d’une trentaine de poèmes ou carmina (chants) mineurs (réunis sous le titre Appendix vergiliana) qui lui sont attribués, Virgile est surtout connu pour trois grandes oeuvres, chacune écrite dans un style distinct:

Poète romain ami de Virgile et de Maecenas, actif entre 35 et 19. Il est, avec Lucius Varius Rufus, l’un des exécuteurs testamentaires de Virgile, nommés par Auguste, et responsables de la publication de l’Énéide. Il aurait composé entre autre un poème épique sur la mort de Jules César, mais rien n’a été conservé de son oeuvre.

Gallus est une homme politique et militaire romain qui participa à la campagne d’Égypte contre Marc-Antoine après sa défaite à Actium. Il est par la suite nommé le premier préfet d’Égypte par Octavien. Il est toutefois impliqué dans un scandale, alors qu’il offre sa protection à Quintus Caecilius Epirota, un grammaticus qui aurait eut des relations inappropriées avec une étudiante (fille d’Atticus et l’épouse d’Agrippa !), et il se suicide pour échapper à la disgrâce. Étant donné qu’il est rarement mentionné dans les inscriptions et les sources, il aurait peut-être été frappé d’une damnatio memoriae. Il est également connu comme orateur et poète, mais rien ne subsiste de son oeuvre. Influencé par les poètes grecs Parthénios de Nicée et Euphorion de Chalcis, il aurait écrit des epyllia et publié, sous le titre Amores, quatre livres d’élégies amoureuses, genre qu’il introduisit à Rome.

  • Nom: Strabon (Στράϐων)
  • Date: 68 (AEC) – 23 (EC)
  • Genre: Traité (Géographie)

Strabon est un géographe et un historien grec né à Amasée dans le Royaume du Pont (au nord de l’Anatolie). Issue d’une famille influente, il a reçu une excellente éducation (avec des maîtres comme Boèce de Sidon, Tyrannion d’Amisos, Aristodème de Nysa ou Xénarque de Séleucie). Il a été influencé par la pensée Stoïcienne. Il voyage beaucoup autour de la Méditerrannée (dont en Grèce, Italie, Éthiopie, Égypte, Judée) et s’installe à Rome vers 40 AEC, mais retournera probablement dans sa terre natale pour ses vieux jours. Nous lui connaissons trois ouvrages importants:

  • Historika Hypomnémata (Commentaires historiques écrit en quarante-trois livres entre 37 et 20 AEC et dont il ne reste que des fragments)
  • Ta meta Polybiou (Suites à Polybe est soit un ouvrage à part ou une partie du précédent, qui se veut une suite aux Histoires de Polybe, et dont il ne reste que des fragments)
  • Geographica (Γεωγραφικά / La Géographie est une encyclopédie géographique en dix-sept livres, divisée en régions [I-II: introduction, III-X: Europe mais surtout la Grèce, XI-XIV: l’Asie Mineure, XV-XVI: l’Orient, XVII: l’Afrique mais surtout l’Égypte et la Libye], écrit entre 20 AEC et 23 EC; l’ouvrage est disponible aux Belles Lettres et chez Loeb, dans des éditions variées (Amazon, Goodreads) ainsi que dans le domaine public: Méditerranés, Penelope, Project Gutenberg, Remacle, Wikisource (FR))

Hygin est un grammairien romain d’origine humble né soit en Espagne, soit à Alexandrie, et dont nous connaissons peu de choses. Il aurait été l’esclave de Jules César et aurait étudié à Rome sous l’historien Alexandre Polyhistor. Affranchi par Auguste, il succède à Pompeius Macer comme gestionnaire de la Bibliothèque palatine. Il fréquente le milieu littéraire de l’époque, comme Virgile ou Ovide. Étant plus un compilateur qu’un auteur, on lui connait de nombreuses oeuvres sur des sujets très divers — un Commentaire sur Virgile, De familiis Troianis (Des familles de Troie), De origine situque urbium Italicarum (De l’origine et de la localisation des villes italiques), De agricultura (De l’agriculture), De apibus (Des abeilles), De diis penatibus (Des dieux pénates) et De proprietatibus deorum (Des propriétés des dieux) — qui ne nous sont pas parvenus. Toutefois, deux de ses oeuvres nous sont plus ou moins parvenues:

  • Fabulae (les “histoires” sont constituées de deux-cent-soixante-dix-sept chapitres qui nous racontent, d’une façon concise mais austère, la mythologie grecque et romaine, la généalogie des héros et des dieux, et nous offrent diverses autres listes (Les Devins, Les Enfants de Typhon et d’Echidna, Les Fils de Neptune, Ceux qui tuèrent leur épouse, Les quadriges qui causèrent la perte de leur conducteur, etc.). C’est une source riche en informations sur la culture et les croyances romaines. L’ouvrage est disponible aux Belles Lettres, dans des éditions variées (Amazon, Goodreads) ainsi que dans le domaine public: ToposText)
  • De Astronomia (De L’Astronomie est un ouvrage d’introduction à l’astronomie composé de quatre livres: le premier traite de cosmographie, le second de mythes stellaires [catastérismes, constellations], le troisième de l’astrothésie, et le quatrième du mouvement des astres. Il s’agit certainement d’une compilation de sources grecques et latines. L’ouvrage est disponible aux Belles Lettres, dans des éditions variées (Goodreads) ainsi que dans le domaine public: Internet Archive, ToposText )

Prochainement: La littérature romaine (9): Sous le Principat (2)

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Lectures romaines (5): Cicéron

Lectures romaines (5)

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

Cicéron

Les Epistulae Ad Atticum (Lettres à Atticus) de Cicéron sont composé de seize livres de correspondance avec son ami Titus Pomponius Atticus, écrits entre 68 et 43 AEC. Je ne possède dans ma bibliothèque qu’un seul des trois volumes de cette correspondance:

Cicéron, Lettres à Atticus III (Livres XII – XVI), traduction nouvelle de Édouard Bailly. Paris: Classique Garnier, Juin 1939. 430 pages. [Goodreads]

J’ai aussi dans ma bibliothèque quelques livres des discours ou des traités de Cicéron (tous aux Belles Lettres), mais je dois avouer que ce volume des lettres à Atticus publié chez Garnier me semblait le moins fastidieux à lire. La difficulté réside surtout dans le fait qu’il faut avoir une bonne idée des événements et des personnages auxquels il fait référence si l’on veut pouvoir apprécier le texte. Toutefois, les notes qui accompagnent les lettres sont très utiles pour les remettre dans leur contexte, ce qui fait que ce n’est vraiment pas trop désagréable à lire. J’ai même bien aimé.

Cicéron m’apparait comme un personnage qui tergiversait beaucoup et qui se reposait largement sur son entourage pour prendre des décisions (ou du moins sur Atticus qui était un ami proche, son banquier et son conseiller). Il avait beau être un grand orateur et auteur, il me semble que c’était un fieffé poltron. Un trait de personnalité qui transparait dans la représentation qu’on fait de lui dans la série télévisée Rome (une série que je recommande d’ailleurs fortement).

Livre XIV, lettre I (Campagne de Rome, 7 avril 710 AUC [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “J’ai vu celui dont nous parlions ce matin [Matius]. A l’entendre, la situation est désespérée, elle est sans issue. Où un si grand homme a succombé [César], qui peut se flatter de réussir? Enfin s’il faut vous le dire , il voit tout perdu ; il pourrait bien dire vrai , et il affirmait avec un air de satisfaction qu’avant vingt jours les Gaules seraient sens dessus dessous : qu’au reste, excepté Lépide , il n’avait parlé à personne depuis les ides de mars [15 mars 44], mais qu’en somme les choses ne peuvent rester sur le pied où elles sont. Oppius ne regrette pas moins César : mais quelle réserve dans ses paroles !”

Livre XIV, lettre III (Tusculum, 9 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “Votre lettre est tranquillisante. Veuille le ciel que cela dure ! Matius ne le croit point. Mais voici que les ouvriers qui étaient allés à Rome chercher du blé reviennent les mains vides, et m’annoncent (grande rumeur !) qu’Antoine a accaparé l’approvisionnement tout entier. Il faut que ce soit une panique, car vous m’en auriez parlé. (…) Tâchez de découvrir le fond de la pensée d’Antoine. Je le crois bien plus occupé de faire bonne chère que de songer à mal. S’il survient quelques événements, mandez-les-moi. Sinon, parlez-moi des manifestations populaires et des allusions du théâtre.”

Livre XIV, lettre III (Tusculum, 10 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “(…) Le temps se charge. D’après l’échantillon de Matius, que pensez-vous des autres ? Pour moi , je déplore ce qui est sans exemple dans le monde , la liberté recouvrée et point encore de république. On frémit en songeant à tout ce qu’on dit , à tout ce  qu’on machine. Je redoute aussi la guerre dans les Gaules. Sextus lui-même, que deviendra-t-il ? Mais en dépit de tant d’éléments conjurés, les ides de mars me consolent. Nos héros ont fait ce qui dépendait d’eux. Ils l’ont fait glorieusement et avec un courage sublime; mais pour achever l’œuvre il faut de l’argent et des troupes, et nous n’en avons pas. Ce peu de mots a pour objet de vous demander des nouvelles, car je suis dans une attente continuelle. Si vous n’aviez rien à me dire, n’en continuons pas moins, je vous prie, le doux commerce de nos lettres. J’y serai, de mon côté, fidèle.”

Livre XIV, lettre V (Asture, 11 avril 710 [44 AEC]), Cicéron salue Atticus : “J’espère que vous êtes mieux. La diète aura suffi contre une attaque si légère. (…) Mais quel sera l’effet de l’armée d’Octave? Va-t-il devenir un centre? Peut-on espérer de lui quelque favorable péripétie? Malheureusement je ne le pense pas. Toutefois dites-moi ce qui en est. C’est au moment de quitter Asture, le 3 des ides, que je vous écris.”

Livre XIV, lettre VI (Fundi, 12 avril 710 [44 AEC]), Cicéron salue Atticus : “J’étais à souper à Fondi, la veille des ides, lorsque j’ai reçu votre lettre. Vous allez mieux ; c’est le principal. Puis les nouvelles sont meilleures. C’eût été une cruelle chose que l’arrivée des légions. Quant à Octave, on verra plus tard. Je voudrais bien apprendre quelque chose de Marius [esclave, agitateur, chassé de Rome par César]. J’étais persuadé que César s’était débarrassé de lui. Après ce qui est arrivé, je ne suis pas taché de l’entrevue d’Antoine avec nos héros; mais, sauf les ides de mars, je ne vois vraiment rien dont je puisse encore me réjouir. (…) Ο douleur ! il faut que ce soit nous qui maintenions les spoliations pour lesquelles nous avions voué notre haine au tyran ! Ne nous faudra-t-il pas encore pendant deux ans avoir les consuls et les tribuns de son bon plaisir? Je n’aperçois pour moi aucun moyen de me mêler des affaires. Quelle absurde contradiction! On porte aux nues ceux qui ont tué le tyran, et on maintiennes actes de sa tyrannie ! (…) Il y a foule chez moi : on est avide d’entendre de ma bouche ce qui s’est passé ; et cependant on ne prend aucune mesure ! A voir la politique du jour, on dirait qu’on tremble devant les vaincus.”

Livre XIV, lettre VIII (Sinuesse, 15 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “(…). Je suis ravi que notre Brutus soit si content d’Antoine. (…) Je ne suis pas fâché du brusque départ de la reine [d’Égypte, i.e. Cleopatra VII]. (…) Que se passe-t-il dans les Gaules, en Espagne? Ou en est Sextus? J’en suis inquiet : veuillez me parler de lui et de tout. (…) Ne me cachez rien sur Brutus. Où est-il? quels sont ses projets? Je me flatte qu’aujourd’hui il pourrait seul et sans crainte se promener dans toutes les rues de Rome. Et pourtant….”

Livre XIV, lettre X (Cumes, 19 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “(…) Vous rappelez-vous ce que vous disiez tout haut; que c’en était fait, si on lui [César] élevait un bûcher? Eh bien! en plein forum on a brûlé son corps, on a prononcé son éloge, on s’est apitoyé sur son sort, et l’on a mis la torche à la main à des esclaves, à des mendiants, pour venir incendier nos demeures. (…) Octave est arrivé à Naples le 14 des kalendes. Balbus l’y a vu le lendemain matin, et il est venu le jour même a Cumes m’annoncer qu’Octave se proposait d’accepter la succession de César; mais, comme vous le dites, il aura terriblement maille a partir avec Antoine.”

Livre XIV, lettre XII (Pouzzoles, 22 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “Ô mon cher Atticus, nous n’avons, je le crains bien, gagné aux ides de mars qu’un moment de joie et le plaisir de la vengeance. (…) Octave me traite ici avec autant de distinction que d’amitié : les siens l’appellent César; Philippe non, ni moi non plus, par conséquent. Octave ne peut pas, je le déclare, être un bon citoyen; il n’entend bourdonner autour de lui que des menaces de mort contre nos amis. Impossible, disent-ils, de leur passer ce qu’ils ont fait. Que sera-ce, je vous le demande, lorsque cet enfant arrivera à Rome, où déjà nos libérateurs ne peuvent pas se trouver en sûreté? Sans doute ils seront à jamais célèbres, heureux même par le témoignage de leur conscience : mais pour nous, ou je me trompe fort, ou nous n’en serons pas mieux. Dans cette persuasion, je veux fuir (…). Jadis ma complaisance était en quelque sorte, nécessaire; de quelque manière que les choses tournent, elle ne l’est plus aujourd’hui.”

Livre XIV, lettre XIII (Pouzzoles, 26 avril 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “(…) Ce n’est pas que vous ne m’annonciez une grande et bien bonne nouvelle, l’arrivée de Décimus Brutus au milieu de ses légions. J’en tire un bon augure. Mais en supposant que la guerre civile éclate (elle éclatera si Sextus reste sous les armes, et il y restera; ) que ferons-nous? Voilà ce que j’ignore. Il ne nous sera pas permis, comme dans la guerre de César, de n’être, ni pour ni contre. Quiconque se sera réjoui de la mort de César (et nous ne nous en sommes pas cachés) sera traité en ennemi ; alors ce sera un carnage. Irons-nous chercher un asile sous la tente de Sextus, on bien encore sous celle de Brutus? C’est un effort qui répugne à nos âges. Puis l’issue de la guerre est trop incertaine (…). Le mieux sera de nous abandonner au hasard, qui pourra plus ici que la prudence. Appliquons-nous seulement (ceci dépend de nous ) à supporter les événements avec courage et sagesse, en nous rappelant ce que nous sommes; et demandons aux lettres ou aux ides de mars de nous consoler du reste. Décidez maintenant, et faites cesser les incertitudes qui m’agitent : il y a tant de raisons pour et contre ! En partant, comme j’en avais dessein, avec une mission pour la Grèce, j’écarte en partie les périls qui menacent ma tête; mais je m’expose au reproche de manquer à la république dans de si graves circonstances.”

Livre XV, lettre XII (Asture, 10 juin 710 [44 AEC]), Cicéron à Atticus, salut : “(…) Je crois de l’esprit et du cœur à Octavianus [Octave, qui fut depuis Auguste], et ses dispositions pour nos héros m’ont paru telles que nous pouvons les désirer. Mais jusqu’à quel point se lier à son âge, à son nom, à l’héritage qu’il recueille, aux impressions qu’on lui a données? La question est capitale. Son beau-père [Philippe], que nous avons vu à Asture, ne sait qu’en dire. Il faut en tout cas le ménager, ne fut-ce que pour l’empêcher de se lier avec Antoine. [Marcellus] fera une bien belle chose, s’il réussit à le gagner à nous et à nos amis. Octavianus m’a semblé lui être tout à fait dévoué; mais il n’a guère de confiance dans Pansa, ni dans Hirtius. Son naturel est bon : puisse-t-il rester toujours le même !” [Ces extraits cités proviennent de la traduction de M. Nisard, Oeuvres complètes de Cicéron. Paris: Didot, 1869, tirés du site de Remacle]

Cicéron a entretenu une abondante correspondance (près de huit cent lettres!), non seulement avec son ami Atticus, mais également avec son ami Brutus (Epistolae Ad Brutum), son frère Quintus (Epistolae Ad Quintum) ainsi que plusieurs proches et connaissances (Epistolae Ad Familiares): son épouse Terentia, son affranchi Tiron, ses enfants Tullia et Marcus Tullius Cicero Minor, des personnes publiques (Pompée, Jules César, Marc Antoine, Cassius, Crassus et Caius Asinius Pollio) et autres relations (Dolabella, Sulpicius, Ligarius, Marcellus, Trebatius Testa, Marcus Caelius Rufus, Caton, Varron, etc.). Il a eut plus de soixante dix correspondants!

J’ai déjà parlé d’une autre lettre de Cicéron dans le passé lorsque j’ai traité de la relation entre le jardin et la bibliothèque, dans ma “Pensée du jour (pour moi-même): Un jardin de livres”. J’ai alors cité une lettre de Cicéron à Varron (Marcus Terentius Varro) que l’on retrouve dans les Epistulae ad Familiares, IX.4.

Pour plus de détails sur Cicéron (Marcus Tullius Cicero), voir l’entrée “Littérature classique (1er s. AEC): 1. Sous la République. b) Cicéron”

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Lectures romaines (4): Varron

Lectures romaines (4)

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

Varron

Le De re rustica ou Rerum rusticarum libri III (De l’économie rurale) de Varron est le seul de ses ouvrages a avoir été conservé en entier. Composé de trois livres, il a été écrit vers 37 AEC. C’est un ouvrage très similaire au De agri cultura de Caton l’Ancien puisque c’est aussi un traité sur la gestion d’un domaine agricole (latifundium), mais qui concerne cette fois plutôt les grands domaines qui “emploient” de nombreux esclaves. Comme Caton, il parle d’expérience, car il possède au moins trois grandes fermes à Cumes, à Tusculum et à Casinum (cette dernière étant dédiée à l’élevage d’oiseaux luxueux). Il y produit, entre autres, des figues, du miel et fait l’élevage de moutons.

Le premier livre, dédié à son épouse Fundania, est consacré à la culture de la terre (frumentaire et arbustive) : définition de l’agriculture, le lieu, la qualité de la terre, les bâtiments, le personnel et l’équipement, les animaux (âne ou boeuf de labour, chien de garde), les semences, la division du travail selon la saison, engrais, moisson, etc.

Le second livre, dédié à Turranius Niger, est consacré à l’élevage de bestiaux : exode rural et différences entre cultivateur et pâtre, domestication des espèces sauvages, les différents types d’élevages (moutons, chèvres, porcs, boeufs, ânes, chevaux, mulets et bardots, chiens), le personnel (pâtre, berger) et les produits dérivés (lait, fromage, laine).

La troisième livre, dédié à Q. Pinnius, est consacré aux animaux de basse-cour : les composantes (volière d’agrément ou de production, garenne ou parc, et vivier), volailles (grive, merle, caille, paon, pigeon, tourterelle, poule, oie, canard), parcs de gibier (lièvre, sanglier, escargot, loir) et viviers (apiculture et pisciculture).

L’ouvrage, écrit dans le but de faire connaitre et aimer la vie rustique en démontrant comment en tirer de bons bénéfices, est présenté sous la forme de dialogues entrecoupés de digressions et d’anecdotes. Le style est très verbeux, quoi que soigné, mais l’auteur semble attacher peu d’importance à la forme et plus au sujet technique. Cela se lit toutefois très bien.  Faute d’en avoir un exemplaire dans ma bibliothèque, je l’ai lu en ligne.

I.XVII: “(…) à propos de ces manœuvres. Choisissez des sujets propres à la fatigue, au-dessus de vingt-deux ans, et qui montrent des dispositions pour l’agriculture. On juge de leur aptitude par des travaux d’essai, ou en les questionnant sur ce qu’ils faisaient chez leur précédent maître. Prenez pour les diriger des esclaves qui ne soient ni insolents, ni timides; qui aient une teinture d’instruction, de bonnes manières, de la probité, et qui soient plus âgés que ceux qu’ils surveillent: ils en seront mieux écoutés. (…) Il ne faut pas permettre au chef d’employer les coups pour se faire obéir, quand il peut arriver au même but par de simples remontrances. Évitez également d’avoir plusieurs esclaves de la même nation; car c’est une source continuelle de querelles domestiques. Il est bon de stimuler, par des récompenses, le zèle des chefs; de leur former un pécule, de leur faire prendre des femmes parmi leurs compagnes de servitude. Les enfants qui naissent de ces unions attachent les pères au sol (…).”

I.XVIII: “Pour limiter le personnel d’une exploitation rurale, Caton prend pour base l’étendue et le genre de culture. (…) La première suppose un plant d’oliviers de deux cent quarante jugera, et il porte à treize le nombre des esclaves; à savoir, un villicus [intendant] et sa femme, cinq ouvriers, trois bouviers, un ânier, un porcher, un berger.”

II.I: “(…) Comme de nos jours il n’est guère de chefs de famille qui, laissant là faux et charrue, n’ait émigré dans l’enceinte de Rome, et ne consacre à applaudir au cirque et au théâtre les mains jadis occupées aux champs et aux vignobles, il en résulte qu’aujourd’hui nous payons pour qu’on nous apporte d’Afrique et de Sardaigne le blé qui nous nourrit, et que nous allons par mer faire vendange à Cos et à Chio. Les fondateurs de cette ville, qui n’étaient eux que des pâtres, avaient voulu que leurs descendants fussent des cultivateurs; et, au mépris de leurs lois, l’ambition de leurs descendants a converti les champs en prairie, sans même faire de différence entre paître des troupeaux et labourer la terre.”

III.XII : “(…) ces parcs annexés de nos villas, qu’on appelle encore leporaria (…). Aujourd’hui il ne s’agit plus d’un arpent ou deux, où l’on réunit quelques lièvres, mais de vastes espaces, de forêts entières, où l’on renferme par bandes les cerfs et les chevreuils. (…) Dans ces enclos sont en outre des enceintes particulières réservées aux escargots et aux abeilles, et des tonneaux où on élève des loirs. Rien de plus facile que la garde, l’entretien et la multiplication de ces animaux, les abeilles exceptées. Tout le monde sait en effet qu’un parc doit être environné de murailles bien crépies, pour empêcher les chats, les fouines, etc., d’y pénétrer, et assez élevées pour que les loups ne puissent les franchir. On sait qu’il faut également qu’un parc abonde en gîtes où les lièvres puissent se rendre invisibles pendant le jour, et se tapir dans les broussailles et sous les herbes; et que les arbres y doivent former une voûte assez épaisse pour empêcher l’aigle de s’y abattre. Personne enfin n’ignore qu’il suffit de quelques lièvres et hases pour que ce gibier pullule aussitôt. Deux couples vont peupler tout un parc.”

Pour plus de détails sur Varron (Marcus Terentius Varro), voir l’entrée “Littérature classique (1er s. AEC): 1. Sous la République. a) L’Avant-Cicéron”.

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Lectures romaines (3): Polybe

Lectures romaines (3)

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

Polybe

Les Historíai ( Ἱστορίαι / Histoires ) de Polybe (Πολύϐιος) chroniquent principalement les conquêtes méditerranéennes de la République romaine. Seules les cinq premiers livres nous ont été conservés dans leur intégralité, mais il existe de nombreux extraits de l’ensemble des quarante livres. Écrit entre 167 et 146+ AEC, l’ouvrage débute (livres I-II) avec la première expédition des Romains hors de l’Italie qui mena à la première guerre punique, ainsi que la première guerre d’Illyrie et l’histoire de la Ligue achéenne, puis se poursuit (livres III-V) avec la deuxième guerre punique, les guerres de Macédoine et la guerre séleucide. Après avoir discuté le constitution romaine (livre VI), sa méthodologie historique (livre XII), la géographie de la Méditerranée (livre XXXIV), il reprends certains événements plus en détails, année par année, et poursuit avec la suite des guerres puniques et Macédonniennes, pour conclure avec un livre récapitulatif (XL). Faute d’en avoir un exemplaire dans ma bibliothèque, je l’ai lu en ligne.

Si Polybe prône une méthodologie rigoureuse, basée sur les faits et l’analyse, son ouvrage m’apparait pauvre en détails et ne faire qu’une synthèse des événements. Il reste malgré tout une source inestimable sur l’histoire de la République. Malgré l’aridité du sujet, la prose de Polybe reste agréable à lire.

Livre I, Préface : “(…) quoi de plus propre à notre instruction que la connaissance des choses passées ? (…) la nouveauté des faits que je me propose de raconter sera plus que suffisante pour attirer tous les hommes, sans distinction, à la lecture de mon ouvrage. Il n’y en aura point de si stupide et de si grossier, qui ne soit bien aise de savoir par quels moyens et par quelle sorte de gouvernement il a pu se faire que les Romains, en moins de cinquante-trois ans, soient devenus maîtres de presque toute la terre. Cet événement est sans exemple. D’un autre côté, quelle est la passion si forte pour les spectacles, ou pour quelque sorte de science que ce soit, qui ne cède à celle de s’instruire de choses si curieuses et si intéressantes.”

Livre III, Chap. I : “(…) Il faut maintenant rapporter ces guerres, et rendre compte tant des raisons pourquoi elles ont été entreprises, que de celles pour lesquelles elles sont devenues si considérables. Mais auparavant disons un mot sur le dessein de cet ouvrage.”

“Dans tout ce que nous avons entrepris de raconter, notre unique but a été de faire voir comment, en quel temps et pourquoi toutes les parties de la terre connues ont été réduites sous l’obéissance des Romains ; événement dont le commencement est connu, le temps déterminé, et le succès avoué et reconnu de tout le monde. Pour parvenir à ce but, il est bon de faire mention en peu de mots des choses principales qui se sont passées entre le commencement et la fin ; rien n’est plus capable de donner une juste idée de toute l’entreprise ; car, comme la connaissance du tout sert beaucoup pour acquérir celle des choses particulières, et que réciproquement la connaissance des choses particulières aide beaucoup à connaître le tout, nous ne pouvions mieux faire, à mon sens, que d’instruire le lecteur de ces deux manières.”

Livre III, Chap. IX : “(…) Ce fut en passant ces montagnes qu’Annibal, venant des bords du Rhône, entra dans l’Italie. Quelques historiens, pour vouloir étonner leurs lecteurs par des choses prodigieuses, en nous parlant de ces montagnes, tombent, sans y penser, dans deux défauts qui sont très-contraires à l’histoire ; ils content de pures fables, et se contredisent. (…) Ils nous peignent les Alpes comme si raides et si escarpées (…), les pays d’alentour sont si déserts, que si un dieu ou demi-dieu n’était venu montrer le chemin à Annibal, sa perte et celle de toute son armée était inévitable. (…) c’est une fausseté manifeste. Avant qu’Annibal en approchât, les Gaulois habitant les rives du Rhône avaient passé plus d’une fois ces montagnes, et venaient tout récemment de les passer pour se joindre aux Gaulois des environs du Pô contre les Romains. Et de plus les Alpes même ne sont-elles pas habitées par un peuple très-nombreux ? (…) Annibal conduisit cette grande affaire avec beaucoup de prudence. Il s’était informé exactement de la nature et de la situation des lieux où il s’était proposé d’aller ; il savait que les peuples où il devait passer n’attendaient que l’occasion de se révolter contre les Romains ; enfin, pour n’avoir rien à craindre de la difficulté des chemins, il s’y faisait conduire par des gens du pays, qui s’offraient d’autant plus volontiers pour guides, qu’ils avaient les mêmes intérêts et les mêmes espérances. Je parle avec assurance de toutes ces choses, parce que je les ai apprises de témoins contemporains, et que je suis allé moi-même dans les Alpes pour en prendre une exacte connaissance.”

Livre VIII, Frag. III : “(…) Tout étant préparé, les Romains se disposaient à attaquer les tours [de Syracuse]; mais Archimède avait aussi de son côté construit des machines propres à lancer des traits à quelque distance que ce fût. Les ennemis étaient encore loin de la ville, qu’avec des balistes et des catapultes plus grandes et plus fortement bandées, il les perçait de tant de traits qu’ils ne savaient comment les éviter. Quand les traits passaient au-delà, il en avait de plus petites proportionnées à la distance, ce qui jetait une si grande confusion parmi les Romains, qu’ils ne pouvaient rien entreprendre (…). Archimède inventa un autre stratagème contre ceux qui combattaient de dessus leurs vaisseaux. Il fit percer à hauteur d’homme et dans la muraille des trous nombreux et de la largeur de la main. Derrière ces meurtrières il avait posté des archers et des arbalétriers qui, tirant sans cesse sur la flotte, rendaient inutiles tous les efforts des soldats romains. (…) Il y avait encore d’autres machines qui lançaient sur les ennemis (…) des pierres d’une grosseur suffisante pour faire quitter la proue des navires à ceux qui y combattaient. Outre cela, il faisait tomber une main de fer attachée à une chaîne, avec laquelle celui qui dirigeait le bec de la machine comme le gouvernail d’un navire, ayant saisi la proue d’un vaisseau, (…) il lâchait la chaîne par le moyen d’un moulinet ou d’une poulie. Il arrivait nécessairement alors que les vaisseaux ou bien tombaient sur le côté, ou bien étaient entièrement culbutés ; et, la plupart du temps, la proue retombant de très-haut dans la mer, ils étaient submergés, au grand effroi de ceux qu’ils portaient. (…) pendant huit mois qu’ils restèrent devant la ville, il n’y eut sorte de stratagème que l’on n’inventât, ni d’actions de valeur que l’on ne fît, à l’assaut près, que l’on n’osa jamais tenter : tant un seul homme a de force lorsqu’il sait employer son génie à la réussite d’une entreprise ! (…) L’unique ressource que les Romains crurent qu’il leur restait, fut de réduire par la faim le peuple nombreux qui était dans la ville. Pour cela, avec l’armée navale, on intercepta tous les vivres qui pouvaient leur venir par mer, et l’autre armée coupa tous les convois qui leur venaient par terre.”

Livre IX, Frag. I : “Je sens bien que ma manière d’écrire l’histoire a quelque chose de désagréable (…). comme nous nous sommes borné au récit de cette dernière classe de faits, et que nous en avons fait tout le sujet de notre ouvrage, il ne peut être du goût que des lecteurs érudits ; la plupart des autres n’y trouveront aucun attrait. Nous avons dit ailleurs, pourquoi, négligeant les autres parties de l’histoire, nous nous étions borné aux faits (…). C’est pour cette raison et beaucoup d’autres, que je n’ai pas jugé à propos d’entrer dans ces détails. J’ai préféré les faits pour deux raisons : la première, parce que, comme les faits sont toujours nouveaux, la narration est toujours nouvelle (…). L’autre raison, c’est parce que cette manière d’écrire l’histoire (…) est surtout de nos jours, la plus utile de toutes. En effet, nous sommes dans un siècle où les sciences et les arts ont fait de si grands progrès, que ceux qui les aiment, en quelque circonstance qu’ils se trouvent, peuvent en tirer des règles de conduite. C’est pourquoi, songeant moins au plaisir qu’à l’utilité des lecteurs, nous n’avons rien voulu mettre dans notre histoire que des faits. Si j’ai bien ou mal fait, j’en laisse le jugement à ceux qui la liront avec attention.”

Pour plus de détails sur Polybe (Πολύϐιος), voir l’entrée “Littérature pré-républicaine: 3. IIe siècle AEC”

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Lectures romaines (2): Caton l’Ancien

Lectures romaines (2)

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

Caton l’Ancien

Le De agri cultura (De l’agriculture) de Caton l’Ancien n’est pas un ouvrage très littéraire, mais plutôt un traité technique sur l’agriculture et l’économie rurale, écrit vers 160 AEC, qui offre un guide et des conseils sur la gestion d’une grande ferme (latifundium) comme celle que Caton possédait. C’est non seulement la seule oeuvre de Caton à nous êtes parvenue dans son intégralité mais aussi le plus ancien ouvrage romain en prose que nous ayons. Composé de 162 “livres”, l’ouvrage aborde des sujets aussi divers que l’achat d’un domaine (I), les devoirs du propriétaire et de l’intendant (II-V), la disposition des terres (VI-IX), le personnel et l’équipement (X-XIII, LIII-LXIII), la construction d’une maison de campagne (XIV-XVII), le vignoble (XVIII-XXVI, CIV-CXXV), des conseils divers sur l’oliveraie (LXI-LXIX), l’élevage et la culture (LIV, LXX-LXXIII, CLVI-CLXII), des recettes (LXXIV-XC), les rites religieux agricoles (CXXXV-CXLI), les arrangements contractuels (CXLII-CLV), etc. Faute d’en avoir un exemplaire dans ma bibliothèque, je l’ai lu en ligne.

L’ouvrage est un peu désordonné et écrit dans un style simple, direct et pratique qui rends la lecture un peu fastidieuse puisque le sujet est plutôt technique. C’est toutefois très intéressant à lire puisque cela nous offre une fenêtre exceptionnelle sur la vie rurale des romains d’origine modeste. Par exemple :

LVI. Quantité de nourriture pour les gens: Les travailleurs recevront pour l’hiver quatre boisseaux de froment, et quatre et demi pour l’été ; l’intendant et son épouse, l’agent et le bouvier, chacun trois boisseaux; les esclaves entravés, quatre livres de pain pendant l’hiver, cinq livres depuis l’instant où ils commencent à bècher jusqu’à la maturité des figues: pour le reste du temps la ration sera réduite à quatre livres.

LVII. Quantité de vin pour les gens: Après la vendange, ils ont de la piquette pour boisson pendant trois mois. Au quatrième mois, ils auront par jour une hémine de vin (…), enfin pour le neuvième, dixième et onzième mois, ils en recevront trois hémines par jour, c’est-à-dire une amphore par mois. En outre on donnera un congé à chaque Individu pour les Saturnales et les Compitales. Telle est la quantité de vin que chaque homme consomme dans l’année. On y ajoutera pour les esclaves entravés une ration proportionnée à la somme des travaux : le chiffre de dix quadrantals par année n’est pas trop élevé.

LVIIII. Bonne chère pour les gens: Conservez la plus grande masse que vous pourrez d’olives tombées spontanément, pour la cuisine des domestiques. (…) Quand les olives seront consommées, donnez de la saumure et du vinaigre. Distribuez à chaque personne un setier d’huile par mois. Un boisseau de sel suffira aux besoins annuels de chaque consommateur.

LIX. Vêtements des gens: On leur donnera tous les deux ans une tunique de trois pieds et demi de long et des saies. Toutes les fois qu’on leur fournira une tunique ou une saie neuve, on reprendra la vieille pour en faire des casaques [Centō = patchwork, rapiécé]. On leur fournira aussi tous les deux ans une bonne paire de forts souliers [de bois; sculponias = soulier sculpté, sabot].

Pour plus de détails sur Caton l’Ancien (Marcus Porcius Cato Maior), voir l’entrée “Littérature pré-républicaine: 2. IIIe siècle AEC”

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Lectures romaines (1): Plaute

Lectures romaines (1)

Pour accompagner ma série d’articles sur la littérature romaine, je vais m’efforcer de lire la plupart (du moins un extrait) des titres d’auteurs romains que j’ai dans ma bibliothèque.

Plaute

Asinaria (L’Asinaire ou “La comédie des ânes”), nous apprends Plaute dans le prologue, est en fait l’adaptation latine de la pièce Onagos de Démophile (un auteur comique grec inconnu; certains suggèrent que, suite à une erreur de transcription, il s’agirait en fait de Diphilos de Sinope). Écrite vers 211 AEC, la pièce est une fabula palliata qui met en scène Demaenetus, un vieil homme qui demande à son esclave Libanus de trouver un moyen de voler à sa femme Artemona l’argent de la vente d’un troupeau d’ânes, afin que son fils Argyrippus puisse gagner les faveurs de celle qu’il aime, Philaenium (“fille” de la courtisane Cleareta) à la condition qu’il puisse passer une nuit avec elle. Mais, à la fin, le vieux pervert est trahi et se fait prendre par sa femme.

Il s’agit donc d’une bouffonnerie vulgaire et contraire à la bonne morale moderne (mais pas à celle de l’antiquité et même plutôt fort populaire à Rome). Cela me rappelle beaucoup le théâtre de Molière, ce qui démontre bien que ce genre n’a pas beaucoup évolué entre la Grèce antique et le Roi-Soleil ! Si je n’ai jamais beaucoup aimé le théâtre, je dois admettre que j’ai trouvé cette courte pièce bien divertissante. Toutefois, ce qui rends ce texte intéressant c’est surtout qu’il est parmi les écrits les plus anciens de la littérature romaine qui nous soient parvenues. Je n’ai pas d’oeuvres de Plaute dans ma bibliothèque (quoi que j’en ai récemment vu une superbe édition latine, un in folio publié en 1511, mais trop cher pour moi!) alors j’ai lu cette pièce en ligne.

Fait amusant, cette pièce est à l’origine de plusieurs locutions latines bien connues:

  • Homo homini lupus  — Acte II, scène III, v. 495 : “Le Marchand : (…) L’homme qu’on ne connaît pas n’est pas un homme, c’est un loup.”
  • Facias ipse quod faciamus nobis suades — Acte III, scène III, v. 644 : “LIBAN: (…) Faites donc vous-même ce que vous nous conseillez de faire.” (Mettez en pratique ce que vous prêchez / Appliquer ce que l’on prêche)
  • O Libane, uti miser est homo, qui amat — Acte III, scene III, v. 616 : “LÉONIDAS : Ami Liban, qu’un amoureux est à plaindre !”
  • Necesse est facere sumptum qui quaerit lucrum — Acte I, scene III, v. 217 : “CLÉÉRÈTE : (…) c’est qu’on ne gagne rien sans dépense”. (Ça prends de l’argent pour faire de l’argent / Pas de gain sans douleur / On ne fait pas d’omelette sans casser d’oeufs)
  • Quasi piscis itidem est amator lenae: nequam est nisi recens — Acte I, scene III, v. 177 : “CLÉÉRÈTE : Un amant, pour nous, c’est un poisson ; s’il n’est pas frais, il ne vaut pas le zeste”.

Pour plus de détails sur Plaute (Titus Maccius Plautus), voir l’entrée “Littérature pré-républicaine: 2. IIIe siècle AEC”

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