Shades: A Tale of Two Presidents

Shades-cov“From Pete Souza, the #1 New York Times bestselling author of Obama: An Intimate Portrait, comes a potent commentary on the Presidency — and our country.

As Chief Official White House Photographer, Pete Souza spent more time alongside President Barack Obama than almost anyone else. His years photographing the President gave him an intimate behind-the-scenes view of the unique gravity of the Office of the Presidency — and the tremendous responsibility that comes with it. 

Now, as a concerned citizen observing the Trump administration, he is standing up and speaking out. Shade is a portrait in Presidential contrasts, telling the tale of the Obama and Trump administrations through a series of visual juxtapositions. Here, more than one hundred of Souza’s unforgettable images of President Obama deliver new power and meaning when framed by the tweets, news headlines, and quotes that defined the first 500 days of the Trump White House. 

What began with Souza’s Instagram posts soon after President Trump’s inauguration in January 2017 has become a potent commentary on the state of the Presidency, and our country. Some call this “throwing shade.” Souza calls it telling the truth. 

In Shade, Souza’s photographs are more than a rejoinder to the chaos, abuses of power, and destructive policies that now define our nation’s highest office. They are a reminder of a President we could believe in, and a courageous defense of American values.”

[Text from publisher’s website]

Shades_p74-75This makes us realize how great it is NOT to “hear” Trump’s tweets anymore. Shades is a great coffee-table book made mostly of pictures taken during Obama’s presidency with short captions contrasting the subject of the photo with some stupid comment or action from Trump that day (or the day before) and that Souza posted on his Instagram account. Putting a picture on the internet is great fun, but publishing it in a picture book really immortalized it for posterity. It is a quick read, but you can admire the pictures as long as you want. That’s a great book.

Shades: A Tale of Two Presidents, by Pete Souza. New York: Little, Brown & Co, October 2018. 240 pg., Hardcover, 7 x 9.25 in., $12.99 US / $16.99 Can. ISBN: 978-0-316-42182-9. stars-3-0

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© 2018 by Pete Souza

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Le problème à trois corps (Liu Cixin)

ProblemeATrois Corps-cov“En pleine Révolution culturelle, le pouvoir chinois construit la base militaire secrète de Côte Rouge, destinée à développer une arme de grand calibre. Ye Wenjie, une jeune astrophysicienne en cours de “rééducation”, intègre l’équipe de recherche. Dans ce lieu isolé où elle croit devoir passer le restant de sa vie, elle est amenée à travailler sur un système de télétransmissions dirigé vers l’espace et découvre peu à peu la véritable mission de Côte Rouge…

Trente-huit ans plus tard, alors qu’une étrange vague de suicides frappe la communauté scientifique internationale, l’éminent chercheur en nanotechnologies Wang Miao est témoin de phénomènes paranormaux qui bouleversent ses convictions d’homme rationnel. Parmi eux, une inexplicable suite de nombres qui défile sur sa rétine, tel un angoissant compte à rebours…

Hugo 2015 du meilleur roman, Le Problème à trois corps est le premier volume d’une trilogie culte d’une ambition folle.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Le problème à trois corps (三体)  nous offre un récit complexe sur lequel je ne m’étendrai pas trop pour éviter les divulgachages. Pour préserver le suspense, l’histoire nous est racontée dans le désordre et en laissant des blancs qui ne seront comblé qu’à la fin. Le récit est donc désarticulé et demande de la patience. À la page cent, j’ignorais encore de quoi il en retournait avec cette histoire, juste pour vous dire… Je me disais “ça a gagné un Hugo, ça doit être bon alors continuons encore un peu…” C’est lent à décoller mais le sujet est toute de même fort intéressant. Il s’agit ici d’une histoire de premier contact qui pose une délicate question: si on lance un appel dans l’espace, que fait-on si quelqu’un répond?

Comme dans le cas de Terre errante, le récit est un peu  “gros” — Liu Cixin ne semble pas faire pas dans la dentelle. Certains éléments paraissent parfois tout à fait invraisemblable (particulièrement la partie sur les deux protons!) mais quand on parle de civilisation très avancé tout est possible. Comme on dit, une science très avancée paraitrait comme de la magie pour une société primitive… Liu Cixin, un ingénieur de formation, nous propose d’ailleurs une intéressante description de civilisation très avancé qui fait face à un problème particulier de survie dans un système solaire trinaire instable. Le tout enrobé dans un context socio-politique chinois, un thriller de conspiration scientifique et beaucoup d’élément de hard SF — mais qui reste toutefois compréhensible pour qui a une bonne base scientifique. Et il y a peut-être même une allégorie politique de caché dans tout ça (du genre un David oriental contre le Goliath occidental?). Chose certaine c’est un roman (en fait une trilogie) qui a fait beaucoup de bruit et qui a fait naitre beaucoup d’intérêt envers la SF chinoise.

Je ne suis malgré tout pas si sûr que ça mérite vraiment un Hugo mais c’est tout de même une intéressante lecture pour ceux qui aiment la science et ont la patience de lire jusqu’à la fin. (Mais, bon, il reste tout de même deux autres volumes à lire !) J’imagine que ça ferait un bon thriller SF au cinéma ou à la télé. En effet, un film chinois aurait été produit mais n’a jamais abouti (apparement ce serait un navet) et Netflix aurait commandé une série basé sur la trilogie. Cela risque d’être intéressant à voir…

Le problème à trois corps par Liu Cixin (Traduction par Gwennaël Gaffric). Arles: Actes Sud (Coll. Exofictions), octobre 2016. 432 pages, , 14.5 x 24 cm, 23,00 € / $39.95 Can., ISBN 978-2-330-07074-8. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-0

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© Liu Cixin, 2006. © Actes Sud, 2016 pour la traduction française

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Le dernier envol du papillon

DernierEnvolDuPapillon-cov“Mémoires d’une geisha — Kicho, la plus belle courtisane de Nagasaki, séduit tous les hommes sans exception. Cependant, du vieux marchand ivrogne au médecin étranger, elle continue à accepter tous les clients, même les plus méprisables. Quel secret cache-t-elle derrière sa douce mélancolie ? Le jeune garçon qui nourrit une haine farouche envers elle détient peut-être les clefs du mystère…

Kan Takahama est déjà bien connue en France par les amateurs de romans graphiques pour ses œuvres à mi-chemin entre le manga et la bande dessinée franco-belge : L’Eau amère, Sad Girl, Two Expressos ou encore sa collaboration avec Frédéric Boilet sur Mariko Parade. Avec Le Dernier Envol du papillon, l’auteur parvient à repousser les limites de son style en nous livrant un beau récit dont la trame scénaristique n’a rien à envier à La Dame aux camélias, tout en gardant la finesse dont elle avait fait preuve dans ses récits intimistes.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 9

Le dernier envol du papillon (蝶のみちゆき / Chō no Michiyuki / lit. “Le papillon de Michiyuki” [fait référence à une pièce de kabuki où “deux amants contrariés finissent réincarnés en papillons”]) est un manga seinen par Kan Takahama qui a été sérialisé dans Comic Ran puis compilé en volume chez Leed en 2015.

Kicho est une courtisane célèbre de la maison Chikugo dans le quartier de Maruyama à Nagasaki durant l’époque du Bakumatsu. Elle est aussi belle que pleine de mystères, mais tout au long du récit nous découvrons peu à peu son histoire (et celle de sa petite servante, Tama). Elle visite un de ses clients régulier, le Dr. Thorn, sur l’ile de Dejima, réservé pour les étrangers. Il est surpris de découvrir qu’elle a quelques connaissances en médecine et lui donne de la nourriture saine pour “son frère malade”. Il soigne également un homme atteint d’une tumeur au cerveau et il offre de prendre son fils, Kenzo, comme étudiant à l’école de Médecine Occidentale. Il en déduit que cet homme, Gen Tsuji, est le frère de Kicho mais en fait c’est son époux! Médecin veuf, il était tombé amoureux de la courtisane (qui était en fait une amie d’enfance) et s’était ruiné pour racheter son contrat auprès de la maison Chikugo. Lorsqu’il est tombé malade elle est retourné au Chikugo pour être capable de payer les dettes de la famille et les soins de son mari. À sa mort, elle est resté au Chikugo. Quelques années plus tard, après la guerre du Boshin qui ouvre la porte à l’ère Meiji, Kenzo, maintenant lui-même médecin, offre à Kicho (Konoha de son vrai nom) de revenir à la maison. Mais, se sachant condamné par la syphilis, elle refuse…

Le dernier envol du papillon nous offre une très belle histoire d’amour. Le récit est plutôt fluide et l’intrigue autour de Kicho nous tiens en haleine. C’est intéressant car les récits de courtisanes (comme Sakuran de Moyoco Anno) se déroulent généralement à Edo. Le dessin est agréable et détaillé (Takahama utilise beaucoup de trames très fines pour les dégradés). On voit que l’artiste gagne en assurance (c’est son huitième manga, publié juste après Tokyo, amour et libertés) et qu’elle a beaucoup recherché son sujet. C’est ce qui rend d’ailleurs ce manga très intéressant car elle dépeint bien la société et les moeurs de l’époque, un moment fascinant de l’Histoire japonaise qui fait la transition entre le shogunat Tokugawa (bakufu) et le japon moderne qui débute avec l’ère Meiji. C’est une très bonne lecture que je recommande, mais pour adultes car il contient, bien sûr, beaucoup de nudité et de sexualité (comme dans les autres productions récentes de Takahama).

Le dernier envol du papillon par Kan Takahama (Traduction par Yohan Leclerc). Grenoble: Glénat (Coll. Seinen Manga), avril 2017. 164 pages (152 pl.), , 14.5 x 21 cm, 10,75 € / $17.95 Can., ISBN 978-2-344-02260-3. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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© Kan TAKAHAMA, 2013. © Glénat, 2017 pour l’édition française.

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Les années douces

AnnéesDouces-cov“Un récit pudique et délicat, tissé de bonheurs fugaces et d’enchantements saisis au vol : Jirô Taniguchi au meilleur de son art.

Dans le café où elle a ses habitudes, une trentenaire, Tsukiko, fait la connaissance d’un homme solitaire et élégant, de plus de trente ans son aîné. Elle réalise qu’elle le connaît : il fut autrefois son professeur de japonais. Elle est célibataire, il est veuf. Complices, ils prennent l’habitude de se revoir dans le même café, au hasard de leur emploi du temps, puis, bientôt, d’improviser des sorties ensemble. Insensiblement, à petites touches légères, une connivence s’établit, puis une véritable affection, et peut être même… Ce sont ces rencontres que retracent une à une les chapitres des Années douces, chacune comme une histoire à part entière : la cueillette des champignons, les poussins achetés au marché, la fête des fleurs ou les vingt-deux étoiles d’une nuit d’automne.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 9

Les années douces (センセイの鞄 / Sensei no Kaban / lit. “La mallette du maître”) est un manga seinen par Jirô Taniguchi d’après le roman de Hiromi Kawakami. Ce dernier a été sérialisé dans le magazine Taiyo (Heibonsha) entre juillet 1999 et décembre 2000 avant d’être compilé en un volume en juin 2001. Il a par la suite été réédité en format poche chez Bungei Bunko (Bungei Shunju) et Shincho Bunko (Shinchosha). La version française est publiée aux Éditions Philippe Picquier. Il a été adapté en un téléfilm  et en manga. L’adaptation manga a été prépublié dans le magazine bimensuel Manga Action (Futubasha) entre novembre 2008 et décembre 2009 avant d’être compilé en deux volumes en 2009 et 2010. Casterman a publié les deux volumes en français en 2010-11, puis les a réédité dans une version intégrale en mars 2020.

Tsukiko Omachi est une “Office Lady” dans la trentaine qui mène une vie plutôt solitaire, car elle trouve qu’elle n’est pas trop adapté au “mode de vie des adultes”. Un soir, dans l’izakaya qu’elle a l’habitude de fréquenter, elle fait la rencontre d’un homme plus âgé, dans la soixantaine, qui lui semble vaguement familier et qui apprécie les même choses qu’elle. Elle réalise qu’il s’agit de son ancien professeur de littérature japonaise au lycée. Comme elle ne se souvient pas de son nom, elle l’appelle simplement “le maître” (Sensei) et ce nom lui est resté — même si finalement elle se rappelle qu’il s’agit de Harutsuna Matsumoto. Au fil des rencontres dans ce même izakaya va se développer une relation d’amitié, puis de tendre complicité. Et, même si elle sort parfois avec Kojima, un collègue du lycée, ses pensées reviennent toujours au maître…  Lorsqu’ils commencent à se donner rendez-vous ailleurs qu’au bistrot, cette amitié évoluera vers une véritable affection et, pourquoi pas, une relation amoureuse.

C’est un récit très anecdotique divisé en dix-neuf chapitres (ou “rencontres”): La lune et les piles, Les poussins, Vingt-deux étoiles, La cueillette des champignons (1 et 2), Nouvel an, Renaissances, Fête des cerisiers (1 et 2), La chance, Orage de mousson, L’île (1 et 2), Sur la grève (un rêve), Le grillon, Au parc, Le cartable du maître, Parade (1 et 2). Je comprend fort bien pourquoi Taniguchi a voulu faire cette adaptation, car cette histoire s’apparente très bien avec sa thématique de déambulation gastronomique qu’il a mainte fois utilisée dans des récits comme L’Homme qui marche, Le Promeneur ou Le Gourmet solitaire. C’est un très beau récit — lent et contemplatif — qui se lit plutôt bien et qui, comme la vie des personnages de Taniguchi, se savoure tranquillement. L’artiste a atteint le sommet de son art et l’on voit sa maîtrise tant dans la mise en page que dans son magnifique style précis et détaillé. 

Les années douces est un très bon manga que j’avais déjà lu lors de sa sortie en deux volumes et que je me suis fait un plaisir de relire avec la parution de l’intégrale. C’est du Taniguchi à son meilleurs…

Les années douces, par Jirô Taniguchi, d’après l’oeuvre de Hiromi Kawakami (Traduction par Elisabeth Suetsugu, adaptation par Corinne Quentin). Paris: Casterman (Coll. Écriture), mars 2020. 440 p., 17.3 x 24.1 cm, 24.95 € / $C 48.95. ISBN 978-2-203-20319-8. Pour lectorat jeune adulte (16+).  stars-3-5

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© PAPIER / Jiro TANIGUCHI / Hiromi KAWAKAMI, 2008. © Casterman, 2020 pour la traduction française.

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L’Appel de Cthulhu

AppelDeCthulhu-cov“Quand Francis Thurston hérite des possessions de son grand-oncle archéologue, il se retrouve lié à la tragique destinée du vieil homme… D’après ses papiers, le défunt scientifique enquêtait sur une religion étrange : le culte de Cthulhu. Une mystérieuse gravure représentant son dieu dépeint un monstre cauchemardesque ! Selon le journal laissé par le professeur, cette tablette est l’œuvre d’un artiste qui l’a créée en pleine nuit, alors qu’il était assailli de visions d’une cité fantastique habitée par une créature gigantesque.

Or, ce phénomène a eu lieu le lendemain d’un séisme d’une intensité inégalée, qui a affecté des hommes dans plusieurs contrées… Qu’est-ce qui a bien pu perturber ainsi l’équilibre du monde ? Intrigué par ces écrits, Francis reprend le flambeau et se lance sur la piste du culte, au cœur des ténèbres… 

Des États-Unis à l’Europe en passant par les étendues glacées du Groenland, l’horreur se niche partout ! Avec L’Appel de Cthulhu, H. P. Lovecraft donne une ampleur et une cohérence nouvelles à son univers en reliant les indices éparpillés dans ses récits. Aurez-vous le courage d’affronter la réalité ainsi dévoilée ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

( Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs )

L’Appel de Cthulhu (クトゥルフの呼び声 ラヴクラフト傑作集 / Kutourufu no Yobigoe – ravukurafuto kessaku-shū / “Appel de Cthulhu – Chefs-d’œuvre de Lovecraft”) a d’abord été publié en feuilleton dans Comic Beam (de mai à novembre 2019), un magazine mensuel de Enterbrain (Kadokawa), avant d’être compilé en un volume en décembre 2019. Ce manga seinen par Gou Tanabe adapte la nouvelle de trente-deux pages The Call of Cthulhu écrite par H.P. Lovecraft en 1926 et publié dans Weird Tales en février 1928. La version française de cette adaptation est paru chez Ki-oon en septembre 2020. 

Gou TANABE a adapté en manga de nombreux récits de Lovecraft: The Outsider (2007), The Hound and Other Stories (2014, publié en anglais chez Dark Horse et qui inclus “The Hound,” “The Temple,” et “The Nameless City”), The Colour Out of Space (2015, traduit en français chez Ki-oon), The Haunter of the Dark (2016, à paraître en français chez Ki-oon en mars 2021 sous le titre Celui qui hantait les ténèbres), At the mountain of madness (2016-17, publié en anglais chez Dark Horse et en français chez Ki-oon, et dont j’ai déjà commenté le volume 1 et le volume 2), The Shadow Out of Time (2018, publié en français chez Ki-oon et que j’ai récemment commenté), The Call of Cthulhu (2019, publié en français chez Ki-oon en septembre 2020). Sa plus récente adaptation est The Shadow Over Innsmouth (インスマウスの影 / Innsmouth no Kage) publié dans Monthly Comic Beam entre juin 2020 et mars 2021. 

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Cette histoire retrace l’enquête menée par l’anthropologue Francis Wayland Thurston après avoir découvert dans les affaires de son grand-oncle George Gammell Angell, un professeur de langues sémitiques, un étrange bas-relief et un manuscrit relatant différents événements étranges s’étant tous déroulés entre le 28 février et le 2 avril 1925. Dans un premier cas, un jeune sculpteur de Providence nommé Henry Wilcox fut épris d’une fièvre et d’un délire durant lequel il créa un bas-relief représentant des hiéroglyphes mystérieux et une figure humanoïde dont “la tête pulpeuse entourée de tentacules surmontait un corps écailleux et grotesque muni d’ailes rudimentaires.” Wilcox vint voir Angell dans l’espoir qu’il puisse identifier l’origine de sa vision mais sans succès. 

Toutefois le récit du sculpteur rappela à Angell un événement similaire dont il prit connaissance lorsqu’un inspecteur de police de la Nouvelle-Orléans, John Legrasse, se présenta en 1908 à une réunion de la Société américaine d’archéologie tenue à Saint-Louis (MO) afin de faire identifier une idole mystérieuse. Elle représentait un monstre anthropoïde accroupie sur un piédestal, sa tête était couverte de tentacules, le corps évoquait celui d’un phoque, les quatre membres étaient pourvues de griffes formidables et il possédait de longues ailes minces sur le dos. L’idole avait été confisqué à une secte vaudou pratiquant des rituels sacrificiels dans des marécages au sud de la Nouvelle-Orléans. Le professeur Webb se rappela avoir entendu parlé d’un culte similaire au Groenland. Ce culte adorait Cthulhu et les Grands Anciens, venus des étoiles, qui ne mourraient jamais mais dormaient dans la cité engloutie de R’lyeh. Ils communiquaient avec les hommes dans leurs rêves en attendant le jour où, lorsque les étoiles seraient propices, ils s’éveilleraient de leur tombeau de pierre et règneraient à nouveau sur la terre.

Alors qu’il tente de confirmer les recherches de son grand-oncle, Thurston tombe sur un article de journal australien mentionnant une idole bizarre découverte sur l’épave d’un yacht en Nouvelle-Zélande en avril 1925! Thurston se rends à Auckland, puis à Sydney et finalement Oslo pour retracer le marin norvégien, Johanson, seul survivant. Il apprends que celui-ci est décédé mais réussi à prendre possession du manuscrit où Johanson relate son aventure et qui s’avère la clé de tout le mystère. Un tremblement de terre avait fait ressurgir la cité de R’lyeh, permettant à Cthulhu d’envahir les rêves à nouveau. Les matelots abordèrent l’île et libérèrent l’abomination. Toutefois, heureusement, la vivacité d’esprit de Johanson avait permis de le replonger dans son sommeil. Mais pour combien de temps encore? Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn…

Avec “Les montagnes hallucinées”, L’Appel de Cthulhu est probablement l’un de mes récits préférés de Lovecraft (que j’ai d’ailleurs relu et commenté récemment) car pour la première fois il présente assez clairement le mythe de Cthulhu auquel jusqu’alors il n’avait fait que de brèves allusions. C’est donc une oeuvre emblématique qui aura une grande influence sur l’imaginaire collectif. Gou Tanabe en fait une adaptation incroyablement fidèle. Le récit est fluide et décrit avec précision les événements, les personnages et les créatures — ce qui est un exploit puisque Lovecraft aimait bien rester vague dans ses descriptions — ce qui fait que le court texte de trente-deux pages se retrouve illustré en près de trois cents ! C’est même une amélioration sur le texte originale, parfois lourd et empêtré,  puisque sa clarté et sa précision le rend plus intéressant. L’ouvrage est aussi graphiquement superbe car Tanabe réussi bien à rendre l’aspect sombre du récit sans que les minutieux détails ne se perdre dans un excès de trames ou d’encre. L’effet est amplifié par le haut niveau de production de l’oeuvre, la qualité d’impression mais surtout la superbe reliure en simili cuir rouge qui lui donne un air ancien.

Si je ne suis guère susceptible à l’effroi cauchemardesque que ce genre de récit est censé provoquer, j’ai quand même trouvé que l’Appel de Cthulhu est une excellente lecture qui permet d’aborder (ou de découvrir) l’œuvre de Lovecraft sous un angle nouveau. J’ai aussi hâte de lire la prochaine adaptation de Tanabe, Celui qui hantait les ténèbres, qui devrait paraître imminemment en français chez Ki-oon.

L’Appel de Cthulhu (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft, 5), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), septembre 2020. 294 p. (272 pl.), 15 x 21 cm, 17 € / $C 31.95. ISBN 979-10-327-0663-3. Pour lectorat jeune adulte (16+). Extrait disponible sur le site de l’éditeur. stars-4-0

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© Tanabe Gou 2019

Voir mes commentaires sur les adaptations précédentes de Tanabe:

MontagnesHallucinées-t1-cov montagnes_hallucinees_02-cov Dans_lAbime_du_temps-cov CouleurTombeeDuCiel-cov

 

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Revue de ‘zines [002.021.051]

Revue de ‘zines

Je constate que ma dernière chronique sur les périodiques et autres ‘zines dans mon champs d’intérêt remonte à un peu plus de trois mois. Ils s’accumulent sur ma table de chevet, encombrant mon tsundoku, et il est donc grand temps que je fasse un peu de rattrapage et que j’en épluche le contenu pour vous. 

Animeland #232 (Octobre – Décembre 2020)

Animeland-232En dossier de couverture on aborde le renouveau du shônen: on définit le genre (son public, ses auteurs), s’intérroge sur son étendu et présente quelques titres en exemples (The Promised Neverland, Chainsaw Man, L’Attaque des Titans, Jujutsu Kaisen, Sword Art Online, My Hero Academia). En plus de la une, le numéro est divisé en trois grandes sections: “Focus” qui met en lumière divers sujet d’actualité (le distributeur de figurines Cosmic Group, le studio 2D Andarta, la société monégasque Shibuya Productions, l’histoire de Anime News Network, l’historique des webtoons, Petit Vampire et un entretien avec son créateur, Joann Sfar); “On a vu” introduit quelques animation notoires (Josep, Phil Tippett: Des rêves et des monstres, Déca-Dence, Denno Coil, Futariwa Precure, The God of High School, Japan Sinks 2020, RE: Zero: Starting Life in Another World, My Hero Academia: Heroes Rising, Calamity, Weathering with You, Maquia, Fritzi, Great Pretender, Ronja: Fille de Brigand); Et le numéro se conclut sur une série de chroniques (Musique [OST de Japan Sinks 2020 par Kensuke Ushio], Entretiens [avec l’équipe de En sortant de l’école et avec les réalisateurs de GitS_2045 Shinji Aramaki et Kenji Kamiyama], Séance Studio [Studio Trigger], Jeu vidéo [The Last of Us Part II], l’animation dans la Pub [Nescafé], Figure de Pro [Santiago Montiel], Pourquoi [images par seconde], Trouvaille [Séoul Station], et Humeur).

Animeland reste encore le meilleur magazine du genre (il n’en reste plus beaucoup). C’est très riche en information (quoi que je déplore toujours la disparition de la section dédiée aux mangas). Même si cela reste très cher à 13.50 € / 20.99 CAD (mais heureusement il y a les bibliothèques publiques) c’est tout de même 146 pages d’information compacte qui offre une lecture essentielle pour tous amateurs francophone d’anime. stars-3-5

Capsules

dBD #146 (Septembre 2020)

dBD-146À la une de ce numéro on retrouve un interview avec François Boucq (au sujet de New York Cannibals, en collaboration avec Jerome Charyn chez Éditions du Lombard). On poursuit avec des interviews de Corbeyran (qui a écrit quatre cents scénarios de BD!), Pierre-Henry Gomont (pour La fuite du cerveau chez Dargaud), Patrick Prugne (pour Tomahawk chez Éditions Daniel Maghen), et Bérengère Orieux (des Édition Ici Même). On retrouve aussi un article sur les Picture discs.

Dans le “Cahier Critique” je note surtout Yawara! T.1 de Naoki Urasawa chez Kana (Bien; “Importance de la transmission, adversité, coups bas et fougueux combats donnent du relief à ce manga très célèbre publié au Japon dès la fin des années 80”), Fairy Tail – City Hero t.1 par Ushio Ando chez Pika (Bien; “une série policière décalée, pour les fans de la série d’origine”), Tokyo Tarareba Girls T.1 par Akiko Higashimura chez Le Lézard Noir (Super; “album sortie en 2014 (…) ce premier volume de la série risque fort de dépasser le public habituel du drama manga”), Shino ne sait pas dire son nom par Shuzo Oshimi chez Ki-oon (Bien; l’histoire d’une jeune fille atteinte d’un trouble de la parole), So I’m a spider, so what? T.1 par Asahiro Kakashi chez Pika (Bof; “assez superficiel et surtout répétitif”), Les enfants du temps T.1 par Wataru Kubota chez Pika (Super; adaptation en manga du film de Makoto Shinkai Weathering with You, “met en perspective le Japon rural (…) et son pendant urbain. Une belle réussite, qui ne fait pas injure au long-métrage”), et Iruma à l’école des démons T.1 par Osamu Nishi chez Nobi-Nobi (Super; “tordant à souhait!”).

L’habituel déluge d’information de BD; heureusement qu’il a dBD pour nous parler des nouvelles parutions en mangas ! À lire (même si c’est cher — 8.90 € / $C15.99 pour 100 pages [aussi disponible en numérique pour 4.99 €] — mais cela vaut la peine et on le trouve aussi dans les bibliothèques publiques). stars-3-0

Capsules

dBD #147 (Octobre 2020)

dBD-147À la une de ce numéro on retrouve un interview avec Frank Pé (sur Little Nemo et La bête T.1 chez Dupuis et l’artbook Une vie en dessins chez Dupuis-Champaka). On poursuit avec des interviews de Baru (sur Bella ciao T.1 chez Éditions Futuropolis), Julie Rocheleau, Benoit du Peloux (sur Tracnar & Faribol aux Éditions Bamboo), Jordi Lafebre (sur Malgré Tout chez Dargaud), Beate & Serge Klarsfeld (sur Beate & Serge Klarsfeld: Un combat contre l’oubli par Pascal Bresson et Sylvain Dorange aux Éditions La Boite à Bulles), et Derib (sur Yakari: Le fils de l’aigle aux Éditions du Lombard). On trouve également un court hommage à André-Paul Duchâteau (créateur de Ric Hochet et auteur de polar) et un article sur deux grosses parutions chez Taschen (The History of EC Comics par Grant Geissman et Masterpieces of Fantasy Art par Dian Hanson, chacun faisant plus de cinq-cent pages et coûtant 150 € / $200 !).

Dans le “Cahier Critique” je note qu’on a regroupé sur deux pages une sélection des nouveautés mangas mais je n’y ai trouvé rien d’intéressant… Ceci est donc un numéro un peu pauvre. stars-2-5

Capsules

dBD #148 (Novembre 2020)

dBD-148À la une de ce numéro on retrouve un interview avec Didier Convard (sur Lacrima Christi T.6 avec Denis Falque chez Glénat et Neige T.14 avec Christian Gine chez Glénat). On poursuit avec des interviews de Bertrand Escaich/Caroline Roque [BeKa] et José Luis Munera (sur Les Tuniques Bleues T.65: L’envoyé spécial chez Dupuis), David Vandermeulen et Daniel Casanave (sur Sapiens, la naissance de l’humanité T.1 avec Yuval Noah Harari chez Albin Michel), Nicolas Juncker (sur Octofight T.3: Euthanasiez-les tous! avec Chico Pacheco chez Glénat, coll. Treize Étrange), Claude Gendrot (éditeur chez Pif Gadget, Métal Hurlant, chez Dupuis et chez Futuropolis depuis 2006), Noémie Honein (sur De l’importance du poil de nez chez Sarbacane) et William (sur Les Sisters T.15: Fallait pas me chercher! chez Bamboo). On trouve également un article sur l’exposition “Vinyle, quand la musique se dessine” à la Médiathèque musicale de Paris sur les pochettes illustrées. On nous présente aussi des sketch et travaux préparatoires de Luigi Critone qui vient de remplacer Enrico Marini pour Le Scorpion T.13: Tamose l’Égyptien (avec Stephen Desberg chez Dargaud). 

Dans le “Cahier Critique” je note encore une fois surtout des mangas: The Alexis Empire Chronicle T.1 par Awamura & Sato chez Doki-Doki (Super; “Pur récit d’heroic-fantasy (…) brille par sa maîtrise des codes du genre (…), Graphiquement le résultat est également d’excellente facture, notamment lors des scènes de bataille”), La jeunesse de Yoshio par Yoshiharu Tsuge chez Cornelius (Super; “rassemble sept histoires parues en 1973 et 1974. C’est un condensé d’autobiographie à peine déguisée, sans fard, peignant avec acidité le quotidien d’auteurs méprisés. Alors évidemment, c’est sombre, sordide même”), L’Appel de Cthulhu par Gou Tanabe chez Ki-oon (Super; “Grâce à son dessin à la fois précis et charbonneux, le mangaka installe une ambiance de fin du monde”), Spy x Family T.1 par Tatsuya Endo chez Kurokawa (Super; “véritable phénomène au Japon (…) sous son apparence de classique de comédie d’espionage (…) cache (…) une intéressante étude de personnage”), A journey beyond heaven T.1 par Masakazu Ishiguro chez Pika (Super; “une belle découverte”), L’Oxalis et l’or T.1 par Eiichi Kitano chez Glénat (Bien; “un premier volet convaincant”), et My Hero Academia – Team Up Mission T.1 par Horikoshi & Akiyama chez Ki-oon (Super).

Encore un numéro plein à craquer d’infos… stars-3-0

Capsules

Solaris #215 (Été 2020, vol. 46, #1)

Solaris-215La nouvelle formule de Solaris, une revue littéraire format livre qui se veut “l’anthologie permanente des littératures de l’imaginaire”, a déjà vingt ans !  On y retrouve six nouvelles de science-fiction, un article et les chroniques littéraire habituelles (“Les littéranautes” commentant les parutions locales et “Lectures” commentant le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne). Le volet fiction comprends:

  • “Les Épinettes à corneilles”, par Josée Bérubé, qui est le texte lauréat du Prix Solaris 2020.
  • “Solitude”, par Alain Ducharme, qui “s’interroge, entre autres, sur les difficultés d’appartenance et d’identité lorsque plus rien ne nous est familier”.
  • “Dernières Vacances de la femme-termite”, par Michèle Laframboise, qui “nous emmène en voyage littéralement au-dessus des nuages”.
  • “Presque le paradis”, par Gabriel Veilleux, “où l’on suit un narrateur anonyme envoyé par la colonie pour déminer une vaste zone criblée d’engins explosifs”.
  • Dans “L’Effet quantocorticoïde”, par Claude Lalumière, “Maxim est en pleine adrénarche, ce qui permet de voyager Outrepart et de vivre des aventures extraordinaires en Outretemps, comme tous les enfants avant leur puberté”.
  • “Gris”, par Dave Côté, où “après l’explosion du super-volcan Yellowstone, deux amis décident de traverser la frontière pour looter les maisons vides à Chicago. Un bon plan qui ne peut pas rater, pas vrai?”

Le seul article du numéro est un épisode des “Carnets du Futurible”, par Mario Tessier, consacré à “La pandémie en littérature, en image et en musique — ou la peste en 10 repères choisis”. Le Futurible nous offre des articles qui arrive toujours à point pour nous faire réfléchir à l’actualité — mais à travers la littérature et les médias. Comme à son habitude, c’est fort intéressant. 

Personnellement, je ne suis pas très amateur de courtes fictions et je lis Solaris surtout pour les articles mais ce périodique demeure un excellent moyen pour prendre le pouls des littératures de l’imaginaire. À lire. stars-3-0

Capsules

Solaris #216 (Automne 2020, vol. 46, #2)

Solaris-216Ce numéro de Solaris offre une thématique un peu funèbre et rends en quelque sorte hommage à Jean-Pierre Laigle (connu à une autre époque comme Jean-Pierre Moumon), chercheur et spécialiste de l’imaginaire, qui est décédé en juillet dernier. Il présente trois nouvelles, deux articles ainsi que les chroniques littéraire habituelles (“Les littéranautes” commentant les parutions locales et “Lectures” commentant le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne). Le volet fiction comprends:

  • “Là-bas”, par Natasha Beaulieu, qui se déroule dans le même univers que “Ici”, texte lauréat du Prix Solaris 2019 et publié dans le #211.
  • “Avant, la mort nous effrayait”, par Mariane Cayer, fait une “incursion dans le monde de la Sur-Vie”.
  • “La Cité des morts”, par Jean-Pierre Laigle, est une novella (41 p.) “qui aborde le thème de l’après-vie”.

Dans le volet documentaire on retrouve d’abord un article de Jean-Pierre Laigle (évidemment) intitulé “Lune contre Terre, Terre contre Lune : une rivalité catastrophique” et qui fait un historique exhaustif (40 p.) de la thématique des conflits lunaires dans l’imaginaire littéraire et cinématographique. Fort intéressant. Le second article n’est nul autre qu’un épisode des “Carnets du Futurible”, par Mario Tessier, cette fois consacré à la “Vie et mort des démocraties en science-fiction”. Encore une fois c’est on ne peu plus d’actualité. Il y traite de l’attrait des empires totalitaires et des dystopies fascistes en SF, des régimes politiques du futur, de la série “Le Prisonnier”, de la présidence américaine en fiction et il conclut en citant Thucydide ! Tout à fait génial.

Comme toujours, Solaris est la lecture idéale pour nourrir votre imaginaire… stars-3-5

Capsules

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Brigitte Bardot

BrigitteBardot-cov“Aux quatre coins du monde, dès que l’on évoque le Brigitte Bardot, jaillissent les images de l’icône intemporelle du cinéma français. Beaucoup connaissent aussi son engagement farouche pour la cause animale. Mais qui elle est vraiment? Qui se souvient de son combat douloureux pour l’indépendance de l’Algérie? Qui devine sa fragilité derrière ses amours tumultueuses? Qui comprend son attachement à la France d’en bas et d’avant? La collection “Les Étoiles de l’Histoire” propose un regard inédit et empreint d’humour sur les légendes du Cinéma.”

“BB est une légende. Plus qu’un sex-symbol, Brigitte Bardot aura servi de modèle pour Marianne et incarné la France aux yeux du monde entier. Collectionnant les films comme les amants, l’amour et le désespoir, de Roger Vadim à Gainsbourg, elle incarne l’idéal féminin et la liberté sexuelle nouvelle de toute une époque.”

“En évitant la caricature, Bernard Swysen et Christian Paty manient l’humour à hauteur humaine pour décrire la femme derrière la légende. Ils se consacrent ainsi autant à sa carrière artistique qu’à son engagement pour la cause animale.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 47

Après Chaplin et Monroe, la collection “Les Étoiles de l’Histoire” s’attaque à Brigitte Bardot. L’album s’ouvre sur un avant-propos de Ginette Vincendeau et une préface de Mylène Demongeot pour se conclure avec une filmographie, une discographie, un note sur la Fondation Bardot et une dédicace de la star. Au centre on retrouve six parties: “Une étoile est née; où BB fera ses premiers pas en chaussons” (12 p.) nous raconte sont enfance et son intérêt pour la dance, “Le destin en marche, où BB découvrira le cinéma” (14 p.) nous raconte le début de sa carrière cinématographique, “La naissance d’un mythe, où BB deviendra blonde” (50 p.) nous raconte ses succès de Et Dieu… créa la femme (Roger Vadim, 1956) à L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise (Nina Companez, 1973), “Une nouvelle vie, où BB pourra enfin se consacrer à la cause animale” (32 p.) nous raconte les hauts et les bas de la Fondation BB, “Les liaisons dangereuses, où BB écornera son propre mythe” (8 p.) raconte comment elle s’acoquine avec la droite et ses démêlés judiciaires puis tout se termine dans “Toutes les bêtes sont à aimer, où BB continuera à sa battre pour les animaux” (4 p.).

Une BD sur BB. Cette biographie en images nous présente le style typique de la bande dessinée franco-belge (la ligne claire). Le dessin a une allure réaliste mais avec des visages légèrement caricaturés. C’est drôle et agréable. J’aime donc beaucoup le dessin et le récit biographique est intéressant. On en apprend beaucoup sur BB. Toutefois j’ai été un peu agacé par l’aspect panégyrique du récit qui clairement s’est donné pour objectif de défendre BB face à ses nombreuses critiques (il faut l’avouer sans doute souvent injustifiées), rétablir son image et faire la promotion de sa fondation. C’est tout de même intéressant à lire si vous vous intéressez à la biographie de cette star qui fut tout à la fois détestée et adulée.

Les Étoiles de l’Histoire t.3: Brigitte Bardot, par Bernard Swysen (scénario) et Christian Paty (dessin). Marcinelle: Dupuis (Coll. “Les étoiles de l’Histoire”), mai 2020. 136 pages (120 pl.), 21.8 x 30 cm, 22,00 € / $38.95 Can., ISBN 979-1-0347-4913-3. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon — Goodreads — Google — Nelligan — Wikipedia — WorldCat ]

© Dupuis, 2020.

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Les Frères Karamazov

FreresKaramazovIwashita-cov“L’exubérant et avide Fiodor Karamazov a été assassiné. La disparition de ce chef plonge le reste de la famille dans un combat de coq. Quel sens donner à l’existence de Dieu ? A ce qui est admissible ou pardonnable ? Et qui est l’assassin ? Les Frères Karamazov, l’un des piliers de l’oeuvre de Dostoïevski, est superbement adapté dans un manga au trait puissant.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Page 38

Les Frères Karamazov (カラマーゾフの兄弟 / Karamazov no Kyödai) est l’adaptation en manga du chef d’oeuvre littéraire de Dostoïevski publié en japonais par Kôdansha en juin 2018 (reprenant l’édition de novembre 2010 par Nihon Bungeisha) et traduite en français dans la collection Kuro Savoir de Kurokawa. Celle-ci offre un concept très similaire à la collection Soleil Classique qui traduisait des adaptations de classiques de la littérature publié dans la collection manga de dokuha (まんがで読破) de l’éditeur japonais East Press — dont j’ai déjà parlé. De la même façon, la collection Kuro Savoir traduit en français des titres de la série Manga Academic Bunko (まんが学術文庫) de Kôdansha. La qualité tant des adaptations que du dessin semble meilleurs que ce que produit East Press (ce qui expliquerait peut-être la disparition de la collection Classique de Soleil). Au Japon, Les Frères Karamazov a déjà connu deux autres adaptations en manga: l’une par Yumi OKIKAWA (chez Gentosha Comics) en 2010 et l’autre dans la collection manga de dokuha en 2008.

Je n’ai pas lu l’oeuvre de Dostoïevski car j’ai toujours trouvé que la littérature russe me donnait des migraines. C’est une oeuvre compliquée mais il semble que l’adaptation de Hiromi Iwashita en résume bien les grandes lignes. Fiodor Karamazov est un noble parvenu, avide et débauché qui ne s’entend guère avec ses trois fils: Mitia (un ancien militaire, indépendant et avide, qui courtise la même femme que son père), Ivan (un athée imperturbable et sarcastique) et Aliocha (un moine novice d’une nature naïve et généreuse) — et l’on découvre au cours du récit qu’il y a un quatrième fils, illégitime. Ils représentent les archétypes russes et sont tous torturés par des problèmes d’argent, de coeurs, de conscience ou de jalousie… Lorsque le père est assassiné ils s’accuseront les uns les autres. Le récit développe de nombreuses intrigues et histoires parallèles, tout en explorant des questions philosophiques et existentiels sur l’existence de Dieu, le libre arbitre, et la moralité.

Le récit est complexe et parfois un peu difficile à suivre mais demeure fort intéressant. Le dessin, sans être extrêmement sophistiqué, est clair et précis. C’est une bonne lecture, intéressante et tout de même divertissante. Toutefois, le principal intérêt de ce genre d’ouvrage est de rendre plus accessible une littérature et des concepts qui ne retiendraient jamais l’attention des jeunes lecteurs s’ils n’étaient pas présenté sous une forme plus appétissante et plaisante, comme celle d’un manga. Et Les Frères Karamazov rempli bien cet objectif en nous offrant une agréable introduction à ce classique Russe.

Les Frères Karamazov par Fiodor Dostoïevski et Hiromi Iwashita. Paris: Kurokawa (Coll. Kuro Savoir), janvier 2020. 320 pages, 12.8 x 18.2 cm, 6,80 € / $12.95 Can., ISBN 978-2-368-52877-8. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

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© 2018 Hiromi Iwashita. All Rights reserved.

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Les fleurs de la mer Égée, vol. 1

FleursMerEgee-1-cov“Deux jeunes filles en marge de leur époque embarquent pour le voyage d’une vie ! 

À Ferrare, dans l’Italie du XVe siècle, Lisa ne rêve que de voyager à travers le monde. Alors que les jeunes filles de son âge cherchent un mari et ne pensent qu’à la romance, elle est passionnée par les objets exotiques. Un jour, elle rencontre Olha, une jeune fille de Qirim (Crimée actuelle), qui cherche à se rendre sur l’île de Crète pour y retrouver sa petite soeur. Lisa, bien déterminée à lui venir en aide, se met en tête d’embarquer avec elle. Un voyage plein d’aventures et de découvertes commence alors pour les deux jeunes filles ! 

Une grande découverte culturelle aux dessins somptueux ! Préparez-vous à une aventure inoubliable avec Les Fleurs de la Mer Égée ! Deux héroïnes pétillantes vont traverser le bassin méditerranéen en découvrant ses richesses et son histoire. Lisa, une jeune fille en quête de voyage et Olha qui recherche désespérément sa petite sœur, vont vous faire découvrir des lieux et des cultures d’une richesse incomparable. 

Chaque page regorge d’informations sur l’art, la gastronomie ou encore les coutumes du XVe siècle. Les dessins d’Akame Hinoshita sont de toute beauté et retranscrivent à merveille les splendeurs des villes comme Venise ou encore Split. Lisa et Olha, par leur fraicheur et leur curiosité nous font penser bien évidemment à une autre de nos héroïnes : Arte ! Elles portent le récit sur leurs épaules et on s’émerveille à chaque page avec elles. Les Fleurs de la Mer Égée va vous transporter dans une époque passionnante de l’histoire à travers le regard de deux héroïnes attachantes que vous aller adorer !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Page 3

Les fleurs de la mer Égée (エーゲ海を渡る花たち / Aege-kai wo Wataru Hana-tachi / Lit. “Fleurs traversant la mer Égée”) a été serialisé dans Comic Meteor et publié en volumes chez Softbank – Flex Comic en 2018. C’est une série complète en trois volumes qui ont été traduit en français chez Komikku Éditions.

Un autre manga historique que j’ai pris au hasard parce que cela me semblait intéressant. L’histoire n’est pas toujours vraisemblable (elle est chanceuse la demoiselle de pouvoir voyager comme ça) mais suffisamment bien écrite pour garder l’attention du lecteur. L’auteur a effectué beaucoup de recherches et présente beaucoup d’information historiques et géographiques qui malheureusement alourdissent parfois un peu le récit. Le début de la renaissance est une période fascinante et, en cet aspect, ce manga me rappel un peu Césare mais avec beaucoup moins d’action. Étrangement, c’est considéré comme un manga seinen alors que j’aurais plutôt crû que c’était un shojo… Le dessin est agréable à l’oeil et bien détaillé, avec parfois une petite touche d’humour lorsque les personnages ont des expressions rigolotes.

C’est intéressant, informatif et cela se lit bien. Une bonne lecture pour passer le temps.

Les fleurs de la mer Égée, vol. 1 par Akame Hinoshita. Paris: Komikku Éditions, février 2020. 170 pg (168 pl.), , 13 x 18 cm, 8,50 € / $15.95 Can., ISBN 978-2-372-87491-5. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© Akame Hinoshita 2019. © Komikku Éditions 2020 pour la version française.

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Nos Compagnons (Taniguchi)

NosCompagnons-cov“Ce livre réunit les récits de Jirô Taniguchi consacrés aux chiens et aux chats.

C’est la disparition de son chien qui a poussé Jirô Taniguchi à écrire le premier chapitre de cette anthologie, comme une étape logique dans son processus de deuil. Si l’auteur est connu pour ses délicates fresques humaines, Nos Compagnons se penche sur les liens forts unissant le maître et l’animal, unis dans la vie comme dans la mort.”

“C’était juste un chien… Mais ce que nous venions de perdre, c’était beaucoup plus que ça. Et ce qu’il nous avait laissé, c’était encore plus.”

“Dans Nos compagnons, Jirô Taniguchi donne à voir et à ressentir l’indéfectible amitié qui nous lie à nos animaux domestiques. L’attachement, la complicité et la tendresse qui naissent et grandissent au fil de journées rythmées par des petits rituels et des joies simples, puis l’inévitable déchirement de la séparation. Par sa mise en scène du quotidien, tout en retenue et en attention portée à ce qui parait insignifiant de prime abord, Jirô Taniguchi saisit l’essence du lien qui nous unit à ces véritables partenaires de vie.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Cette anthologie thématique posthume reprends des récits déjà publiés dans Terre de rêve (犬を飼う / Inu o kau / lit. “Élever un chien”, publié au Japon en 1991-92 et en français chez Casterman en 2005) et republiés dans Une anthologie (谷口ジロー選集 : 犬を飼うと12の短編 / Taniguchi Jirō Senshū: Inu o kau to 12 no tanpen / lit. “Sélection de Jirō Taniguchi: Élever un chien et 12 histoires courtes” publié au Japon en 2009 et en français chez Casterman en 2010 — que j’ai déjà commenté).

Dans “Avoir un chien” (犬を飼う / Inu o kau / lit. “Élever un chien”; 40 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 25 juin 1991), un jeune couple déménage à la campagne afin d’avoir un chien. Après plus de quatorze ans, celui-ci devient faible pour finalement mourir des suites d’une longue maladie. L’histoire illustre les joies de prendre soin d’un animal mais aussi la douleur que cause sa perte.

 

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Dans “Et maintenant… un chat” (そして…猫を飼う / Soshite… neko o kau / lit. “Et … garder un chat”; 26 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 25 décembre 1991), un an après la disparition de Tam, le jeune couple adopte une chatte persane suite à la recommandation d’une voisine. Ils la nomment Boro (chiffon) et, après une période d’acclimatation mutuelle, elle leur donne une portée de chatons et peut-être le bonheur. Il semble que Taniguchi a effectivement eut un chien qui est mort en 1990, suivi d’une chatte persane nommée Boro!

Dans “Vue du jardin” (庭のながめ / Niwa no nagame / lit. “Vue sur le jardin”; 24 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 10 avril 1992), le même jeune couple découvre toutes les difficultés que représente trouver preneurs pour des chatons. Aussi, ils partent à la recherche du vieux chien aveugle d’une voisine. Il sera retrouvé mais mourra tout de même six mois plus tard, entouré des soins de sa maîtresse. En bout de ligne, le couple ne donnera qu’un chaton, à une petite voisine, et conservera trois chats!

Dans “Quelques jours à trois” (三人の日々 / San’nin no hibi / lit. “Journées à trois”; 28 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 25 septembre 1992), le jeune couple reçoit la visite surprise d’Akiko, une nièce de douze ans, qui a fait une fugue. Son père est décédé cinq ans plus tôt et sa mère songe à se remarier et cela trouble la jeune fille. Elle passe ainsi la dernière semaine des vacances d’été à mener une vie de famille normale: jouer avec les chats, pic-niquer, se lancer la balle, aller voir un match de baseball, etc., puis retourne chez elle. Dorénavant tout ira pour le mieux.

Dans “Une lignée centenaire” (百年の系譜 / Hyakunen no keifu / lit. “Généalogie de 100 ans”; 36 pages, originalement publié dans Big Comics 1 de Shôgakukan le 12 avril 2009 et publié en français pour la première fois dans Une anthologie), la chienne Hana donne naissance à cinq petit chiots. C’est l’occasion pour Kimiko, la grand-mère, de raconter à sa petite-fille l’histoire de cette longue lignée de bergers allemands, qui failli, une fois pendant la 2e guerre mondiale, être interrompue. La lignée remontait à Günter, un berger allemand qu’un architecte prussien avait donné à son grand-père, un médecin militaire, à la fin de l’époque Meiji (1912). Kimiko avait grandie avec Belle, une chienne de la cinquième génération. Malheureusement, elle fut réquisitionnée par l’armée japonaise en 1943 pour contribuer à l’effort de guerre. Mais, après la guerre, elle ne revint pas. La vie reprit peu à peu son cours normal et la famille ouvrit une petite pension pour survivre dans l’économie difficile de l’après-guerre et Belle fut oubliée… jusqu’à ce que Kimiko entendes parler d’un article de magazine racontant l’histoire d’un soldat américain et de son chien Japonais!

Nos compagnons nous offres de belles histoires touchantes, dessinées dans un style agréable et fluide. Ce recueil nous permet donc de relire Taniguchi qui, malgré sa disparition, reste un des mangaka les plus appréciés en Europe. Une très bonne lecture pour les amateurs de chiens et chats et une excellente occasion de découvrir Taniguchi si vous ne le connaissez pas déjà.

Nos compagnons, par Jirô Taniguchi (Traduction par Patrick Honnoré). Paris: Casterman (Coll. Écriture), octobre 2019. 160 p. (154 pl.), 17 x 24 cm, 16.95 € / $C 32.95. ISBN 978-2-203-19329-1. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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©  1991, 1992, 2009, PAPIER / Jiro TANIGUCHI.

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Isabella Bird 6

IsabellaBird-6-cov“Ito s’est enfin décidé à révéler à Isabella qu’il était lié par un précédent contrat. Pour lui, la route s’arrêtera au port d’Akita ! Sans ses multiples talents, c’est tout le périple qui pourrait être compromis… Le jeune homme en est conscient : taraudé par la culpabilité, il a bien du mal à se reposer.

Pourtant, son employeuse ne semble pas affectée outre mesure… On dirait au contraire qu’elle a retrouvé son entrain ! Après tout, les deux voyageurs ont encore du chemin à parcourir avant d’arriver à destination… Qui sait ce que l’avenir leur réserve ?

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le septième, est paru au Japon en août 2020 et en France en décembre 2020.

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Dans le premier chapitre de ce sixième volume, Ito est surpris de l’enthousiasme de Miss Bird même après qu’il lui ait annoncé qu’il devra quitté l’expédition lorsqu’ils arriveront à Akita. À la ville-étape de Innai, ils rencontrent un jeune docteur japonais, Kobayashi, qui étudie la médecine occidentale et s’est donné pour mission de guérir le Béribéri. Cette maladie cause une paralysie des jambes et on la croit contagieuse, mais le Dr. Kobayashi croit qu’elle est en fait due à une déficience alimentaire liée à la consommation de riz blanc et la traite en prescrivant une diète de mugimeshi (un mélange de blé et de riz complet).

Lorsqu’ils arrivent à l’étape suivante, Yuzawa, un incendie fait rage. C’est l’occasion pour Miss Bird d’apprendre comment les pompiers japonais travaillent. Les maisons sont démolies pour éviter que l’incendie se propage et, comme elles sont construite très légèrement, elles sont rapidement rebâties par la suite. Miss Bird s’étonne également de l’incroyable résilience des habitants qui acceptent le drame comme une chose parfaitement naturelle.

Le lendemain (19 juillet de l’an 11 de l’ère Meiji [1878]), Miss Bird trouve des papiers dans la rivière. Il s’agit d’un registre comptable qu’un commerçant aura probablement jeté à la rivière pour le protéger des flammes. Elle est surprise par la résistance du papier, alors ils font un détour par le hameau de Jumonji pour visiter un atelier de fabrication de papier “kamisuki.” L’écorce d’un mûrier “kozo” est pilonnée pour faire une pâte à laquelle on ajoute une glue tirée d’un hortensia “noriutsugi”. La pâte est ensuite coulée dans une sorte de tamis “sukisu” pour être séchée au soleil. Le résultat est un papier extrêmement résistant. 

Sur la route d’Ushu, Ito et Miss Bird rencontre un homme qui a un malaise. Ils le ramènent à la maison dont il est le serviteur dans le village de Rokugo. La maîtresse de la maison, Yuki, leur apprend que son époux vient de mourir mais les invite quand même à partager son hospitalité. Malgré le drame, Yuki est très forte et sourit pour cacher son chagrin. Miss Bird assiste au rituel du lavement du corps (yukan), puis on rase le crâne du défunt, et l’habille d’un yukata couvert d’idéogrammes—des sutras qui aideront le défunt à voyager dans l’autre monde. Ensuite c’est la cérémonie de fermeture du cercueil, que l’on fait passer sous une arche de roseaux, puis c’est la mise en terre. Yuki leur parle un peut de son époux. Plus tard, Ito tente de convaincre Miss Bird de remettre le voyage vers Ezo à plus tard, lorsque la température sera plus clémente, mais elle lui dit que c’est impossible. Cette expédition est son ultime aventure car elle a l’intention de se marier à son retour en Angleterre!

Sans trop savoir pourquoi, le dessin m’apparaît légèrement différent, mais toujours aussi détaillé et agréable. Le dessinateur semble prendre de l’expérience. Malgré cela, ce volume ne me semble pas aussi bon que les précédents. C’est peut être que l’originalité du récit s’estompe un peu plus avec chaque nouveau volume. Ou alors c’est le fait que le récit m’apparait un peu artificiel et pédagogique. Il est moins anecdotique que les volumes précédent, chacun des chapitres se concentrant plutôt sur quatre grands thèmes (le Béribéri, les pompiers, le papier japonais et les rituels funéraires). Je remarque également qu’il n’y a aucune scène où Miss Bird écrit à sa soeur, ce qui serait peut être la façon de l’auteur de montrer que cette partie du récit est originale et non pas inspirée de l’oeuvre de Miss Bird. En effet, j’ai lu le récit original de Bird et je ne me souviens pas d’y avoir vu aucune des anecdotes racontées dans ce volume. Avec une histoire principalement fictive, l’auteur en profite pour ajouter sa propre description du Japon de cette époque mais il le fait d’une façon peut-être un peu trop didactique…

Ceci dit, cela reste une très bonne lecture et un sujet fascinant pour tout amateur de mangas historiques et d’histoire japonaise. 

Isabella Bird, femme exploratrice T06 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), septembre 2020. 224 pg (206 pl.), , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0664-0. Pour lectorat jeune (7+). stars-3-5

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© 2018 Taiga Sassa. All Rights reserved.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

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Mariko Parade

“Bref, ce que je voulais dire, Casanova occidentaux… Faites donc un peu gaffe avec les Japonaises. La gentille fille que vous avez séduite et qui prends soin de votre solitude… Un jour, c’est sûr, elle disparaîtra… Peut-être en souriant, comme ça. Ce sera soudain. Et ça fera mal.

C’est la saison des pluies, les hortensias sont en fleur. Le mangaka français, 42ans, et Mariko, ja jeune japonaise de 24 ans, son modèle, partent trois jours en repérages sur l’île d’Enoshima. Depuis leur rencontre quatre ans plus tôt, Mariko est devenue indispensable au dessinateur, dans son travail comme dans sa vie. Après deux journées, elle révèle qu’elle a décidé de quitter le Japon pour quelques années…”

[Texte du volet intérieur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Un dessinateur de bande dessinée français et sa jeune modèle japonaise se rendent sur l’île d’Enoshima pour une séance de photos et faire des sketches. C’est l’occasion de réminiscer sur leur relation amoureuse. Toutefois, la jeune femme lui annonce qu’elle le quitte pour aller étudier à l’étranger…

Comme elle nous l’apprend dans sa préface, en 2002, Kan Takahama publie des histoires dans la revue alternative Garo et se demande si elle doit continuer dans le manga alternatif ou faire plus dans le commercial. Le concept de “Nouvelle Manga” lancé par Frédéric Boilet l’intrigue et elle invite donc le dessinateur à la rencontrer au Café des Relations Humaines. Ils discutent toute la nuit de décident de collaborer ensemble. Boilet, déjà connu pour L’Épinard de Yukiko, pensait déjà rassembler en un album les illustrations et histoires courtes semi-biographiques inspirées par sa modèle japonaise. Ils ont donc l’idée de créer ensemble une histoire complète qui relira ensemble “tous éléments, un peu comme dans les Mickey Parade d’autrefois.” C’est ainsi que Mariko Parade est né.

Mariko Parade (まり子パラード) a d’abord été publié au Japon chez Ohta Shuppan, en janvier 2003, puis en France chez Casterman, en septembre de la même année. Les éditions espagnoles et anglaises sont parues en 2004 chez Ponent Mon et Fanfare. L’histoire, qui tourne autour des thèmes de l’amour et du chagrin, est assez intéressante. On distingue aisément le style de chacun des artistes (Takahama a un style plus traditionnel alors que Boilet travaille surtout à partir de modèle et de photographies retouchées). Cela permet au public de l’un des artistes de découvrir l’autre. Pour ma part, je n’avait jamais lu du Boilet.

Frédéric Boilet est considéré par certain comme un mangaka. Toutefois, personnellement, je n’aime pas l’utilisation du terme mangaka pour un auteur non-japonais. Pour moi, si un artiste français dessine une histoire au Japon, dans le style japonais, cela reste toute de même de la bande dessinée. Il est donc un auteur de BD, pas un mangaka. Néanmoins, dans ce cas-ci, comme c’est une  collaboration avec une artiste japonaise, on peut considérer l’ouvrage comme un manga.

Chose amusante, il y a de nombreuses années j’ai reçu plusieurs copies de presse de chez Fanfare / Ponent Mon. Comme j’étais surtout intéressé à leur traduction de Jiro Taniguchi j’ai mis tout le reste des mangas reçu de côté, dans le bas d’une tablette, parce que ce n’était pas le genre de manga que j’aimais lire à cette époque. Je les ai redécouvert ce matin par hasard, alors que je termine ce commentaire, pour me rendre compte que dans le tas il y avait une copie de Mariko Parade ! Maintenant mes goûts en manga sont plus éclectiques et j’en suis fort heureux.

Quoiqu’il en soit, même si le style de Mariko Parade est plutôt inégal, c’est un charmant récit qui se lit bien et qu je recommande aux amateurs de Kan Takahama ou de la “Nouvelle Manga”.

Mariko Parade, par Kan Takahama et Frédéric Boilet. Paris: Casterman (Coll. Écriture), septembre 2003. 188 p., 17 x 24 cm, 13.75 € / $C 27.95. ISBN 2-203-39603-2 (9782203396036). Pour lectorat jeune adulte (16+). 

Mariko Parade, by Kan Takahama and Frédéric Boilet. Wisbeck: Fanfare / Ponent Mon, July 2004. 192 p., 6 1/2 x 9 3/8 in., 10.99 € / $US 17.99. ISBN 9788493340919. For young Adult readership (16+). 

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon — Biblio — Goodreads — Google — WorldCat ]

© Takahama / Boilet. © Casterman 2003 pour l’édition française. © 2004 Ponent Mon / Fanfare for the English edition.

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Terre errante (Liu Cixin)

TerreErrante-cov““Je n’avais jamais vu la nuit. Je n’avais jamais vu les étoiles. Je n’avais jamais vu le printemps, ni l’automne, ni l’hiver. Je suis né à la fin de l’Ère du freinage. La Terre venait tout juste d’arrêter de tourner.”

Lorsque les astrophysiciens découvrent que la conversion de l’hydrogène en hélium s’est accélérée à l’intérieur du Soleil, ils comprennent que notre étoile est sur le point de se transformer en une géante rouge qui absorbera de manière inéluctable la Terre. Pour contrer cette extinction programmée de l’humanité, les nations se regroupent pour mettre en branle un projet d’une ambition folle : élaborer des moteurs gigantesques afin de transformer la planète bleue en véritable vaisseau spatial et de l’emmener à la recherche d’une nouvelle étoile…

Dans cette novella écrite en 2000, Liu Cixin manifeste déjà tout le talent que l’on retrouvera à l’œuvre dans la trilogie du Problème à trois corps. Disponible sur Netflix sous le titre The Wandering Earth, l’adaptation cinématographique qui en fut tirée en 2019 se hissa au troisième rang du box-office mondial.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

>> Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs <<

Vers la moitié du vingtième siècle les scientifiques découvrent que le soleil va se transformer beaucoup plus tôt que prévu en géante rouge, ce qui anéantira la Terre. Deux solutions s’opposent: le clan des Vaisseaux (qui propose de construire une armada de vaisseaux pour que l’humanité quitte le système solaire en laissant le Terre derrière elle) et le clan de la Terre (qui propose de transformer la planète en un énorme vaisseau). C’est ce dernier qui l’a emporté. Une coalition planétaire a été créée afin de coordonner les efforts de cette entreprise gigantesque. Il a fallut près de quatre-cent ans pour se préparer: construire douze mille propulseurs géants en Amérique du Nord et en Asie, puis éloigner la Lune de son orbite. L’opération devait se réaliser en cinq étapes. D’abord l’ère du freinage: les propulseurs ont été actionné en angle pour arrêter la rotation de la Terre, ce qui a pris quarante-deux ans. Cela a eut des conséquences dévastatrices puisque la chaleur des propulseurs changea les climats, causant des tempêtes, et l’arrêt de la rotation causa des raz de marée qui força l’humanité à habiter des cités souterraines — de toute façon l’éloignement du soleil transformerait la planète en un désert de glace. 

Puis vain l’ère de la fuite: la Terre ferait une quinzaines d’orbites, de plus en plus elliptiques, puis utiliserait la gravité de Jupiter pour accélérer jusqu’à atteindre la vitesse de libération qui lui permettrait de quitter le système solaire. C’est le moment le plus dangereux de l’opération particulièrement quand la planète passait en périhélie (au plus proche du soleil), lorsqu’elle traversait la ceinture d’astéroïdes, puis devait manœuvrer précisément pour échapper à la gravité de Jupiter. La crainte était surtout que le soleil n’explose avant que la Terre se soit suffisamment éloignée… Puis viendrait la Première ère de l’errance alors que la Terre sortirait du système solaire et accélèrerait pendant cinq-cent ans, atteignant une vitesse de 0.5% de la vitesse de la lumière, pour ensuite voguer en direction de son objectif pendant mille-trois cents ans. Puis ce serait la Seconde ère de l’errance, où la Terre se retournerait pour décélérer pendant cinq cents ans. Finalement, ce serait l’ère néosolaire, lorsque la Terre s’insèrerait dans l’orbite de Proxima Centauri. L’opération durerait une centaine de générations, soit deux mille cinq cents ans… Toutefois, alors que la Terre commençait à peine à accélérer, le soleil n’avait toujours pas explosé et la populace crue avoir été dupée et se révolta. Heureusement, l’explosion se produisit juste à temps pour empêcher l’irréparable…

La narration se fait au travers d’un seul personnage, un jeune chinois né à la fin de l’ère du freinage et qui est donc déjà assez âgé à la fin du récit alors que débute l’ère de l’errance. Le récit est fluide et captivant, les explications scientifiques étant claires mais suffisamment simple pour ne pas embêter le lecteur. Toutefois, c’est le genre de récit qui demande un sérieux effort de suspension de l’incrédulité car, si tout cela est scientifiquement possible, c’est tout de même assez invraisemblable… La seule chose qui m’a réellement agacé dans cette histoire c’est que, si l’auteur prend la peine d’expliquer que les propulseurs sont “nourrit” des rochers extraits des montagnes environnantes et que les humains se réfugient dans des cités souterraines, il n’explique aucunement ce qui est fait pour préserver la faune et la flore afin de repeupler la planète à la fin de son errance. C’est une grosse lacune.

Terre errante (流浪地球 / liúlàng dìqiú — originalement publié en mai 2019 dans le magazine Monde de la Science Fiction [科幻世界]) nous offre une courte lecture (c’est une novella) qui se lit fort bien. C’est aussi un excellent exemple de la littérature de science-fiction chinoise — quoique Liu Cixin reste encore l’un des rares auteurs chinois de SF a être traduit en anglais et en français [sur ce sujet voir La Presse, Slate, Res Futurae, Open Edition, Le petit journal]. Terre errante a reçu un “Galaxy”( prix chinois de la SF) en 2000. Liu Cixin a reçu le prix Hugo du meilleur roman en 2015, pour Le Problème à trois corps.

Terre errante, par Liu Cixin (traduction par Gwennaël GAFFRIC). Arles: Actes Sud, janvier 2020. 80 p., 10 x 19 cm, 9.00 € / $C 10.99. ISBN 978-2-330-13053-4. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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© Liu Cixin (Ltd), 2000. © Actes Sud / FT Culture (Pékin) Co. & Chongqing Publishing & Media Co., Ltd, 2020 pour la traduction française.

WanderingEarth-movieCe court roman a également été adapté en un film chinois à grand déploiement que je me dois de mentionner ici. Malheureusement, le film s’est surtout inspiré de l’idée de base (à cause de l’explosion imminente du soleil, la Terre est transformée en vaisseau spatial) et offre un récit très différent de la novella. Ce n’est pas le même narrateur et l’aspect dramatique du récit tourne autour du fait que les scientifiques se sont trompé et que le Terre est capturée par la gravité de Jupiter, la mettant sur une trajectoire de collision destructrice. Les effets de la gravité causent l’arrêt des propulseurs et le jeune héros malgré lui doit aider un groupe disparate de militaires et de scientifiques à les repartir. Ce sera toutefois insuffisant et seulement un acte désespéré tout à fait invraisemblable sauvera la planète ! Sans être bien original, cela reste un film très divertissant mais qui est intéressant surtout parce qu’il démontre tout le progrès que le cinéma chinois a accompli ces dernières années.

The Wandering Earth (流浪地球 / liúlàng dìqiú / Terre errante): Chine, 2019, 125 min.; Dir.: Frant Gwo; Scr.: Gong Ge’er, Yan Dongxu, Frant Gwo, Ye Junce, Yang Zhixue, Wu Yi et Ye Ruchang; Phot.: Michael Liu; Ed.: Cheung Ka-fai; Mus.: Roc Chen, Liu Tao; Prod.: Gong Ge’er; Cast: Wu Jing, Qu Chuxiao, Li Guangjie, Ng Man-tat, Zhao Jinmai. Disponible sur Netflix. stars-2-5

[ Google • IMDb • Rotten Tomatoes • Wikipedia • Youtube ]

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La librairie de tous les possibles

LibrairieDeTousLesPossibles-cov“Tout un tas de clients fréquentent la « Librairie de tous les possibles », où l’on trouve tout autant les livres dont on rêve que des accessoires de lecture rêvés, ou encore des livres sur des métiers incroyables liés au livre.

Un livre pour tous les amoureux du livre, qu’ils soient jeunes ou plus vieux : Yoshitake propose de petites histoires pour répondre à chaque demande de client. Des histoires tour à tour drôles, poétiques ou plus sensibles.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

La librairie de tous les possibles (あるかしら書店 / Arukashira shoten / lit. “La librairie “Je me demande si vous avez ceci ””) par Shinsuke Yoshitake est plus un album pour enfant qu’un manga. Il a été publié aux éditions Poplar (ポプラ社 / Popurasha) en juin 2017. Il également été traduit en anglais chez Chronicle Books sous le titre I Wonder Bookstore (December 2019, ISBN 9781452176512, $US 16.95).

LibrairieDeTousLesPossibles-p002-003Avec des dessins simples, Yoshitake nous raconte une trentaine d’histoires fantaisistes de deux ou trois pages chacune sur un libraire qui peut vous offrir tous les titres imaginables. Il se spécialise surtout sur les livres sur les livres. Un client entre dans la librairie et lui demande “Avez-vous un livre sur tel sujet”. Il disparait alors dans l’arrière-boutique et en revient avec une pile d’ouvrages à proposer. 

LibrairieDeTousLesPossibles-p004-005La table des matières est très astucieuse car c’est le dessin d’une étagère de livres. Elle se divise en sept sections: Livres un peu rares (L’arbre des écrivains, Les Albums-surprises du monde entier, Les livres à lire à deux, Le livre au clair de Lune), Accessoires de Lecture (Le robot assistant de lecture, L’appareil à couverture), Métiers de l’Édition (Le Biblio-Enquêteur, L’École des libraires de choc, L’art de bien présenter les livres, L’art d’emballer les livres, Le chien bouquiniste, Le spécialiste de l’adieu aux livres), Livres en fête (Les fêtes des livres, Le mariage en lecture, La lecture créative, Le tour du monde en lecture), Lieux célèbres pour leur livres (Le village où il pleut des livres, L’herbe aux livres, La bibliothèque d’outre-tombe, La bibliothèque sous l’eau), Livres sur les livres (Pourquoi les livres sont rectangulaires, Comment fabrique-t-on les livres?, La dixième vie des livres, Les amoureux des livres, Le livre à feuilleter lentement, Un livre rien qu’à soi, Comme des livres) et Livres sur les bibliothèques ou les librairies (Bibli-biblio Bibliothèque, C’est quoi une librairie?, Et si c’était un best-seller?).

Comme je travaille avec les livres, je n’ai pas pu m’empêcher de le feuilleté quand celui-ci m’est tombé entre les mains. Je l’ai trouvé super mignon et amusant. Je suis sûr que vous l’aimerez aussi. Et vous quel genre de livres voudriez-vous lire?

La librairie de tous les possibles, par Shinsuke Yoshitake. Toulouse: Éditions Milan, septembre 2018. 104 p., 15 x 21 cm, 13.90 € / $C 24.95. ISBN 978-2-4080-0625-9. Pour lectorat jeune (10+). stars-4-0

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© Yoshitake Shinsuke 2017

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Histoires courtes d’Aoi Makino

HistoiresCourtes-cov“Si l’adolescence est l’une des plus belles périodes de la vie, elle est aussi source de bien des souffrances…

Au travers de petites histoires courtes sur la vie d’adolescentes, Aoi Makino nous plonge dans leurs quotidien, leurs tracas, mais aussi leurs joies et leurs émotions. Tour à tour mélancoliques, engagées ou discrètes, chacune de ces héroïnes vivent des moments qui marqueront par la suite leur prochaine vie d’adulte.

Depuis ce jour, je n’ai cessé de te filmer. Chaque jour… chaque jour… Jusqu’à ce que tu disparaisses.

À travers sa caméra, Minami apprend pour la première fois à aimer quelqu’un. Mais cette personne dissimule un lourd secret…  (Rec – le jour des larmes -)”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Histoires courtes (たったひとりの君へ―牧野あおい作品集― / Tatta Hitori no Kimi e ― makino aoi sakuhin-shū ― / lit. “À un seul toi — Oeuvre de Aoi Makino”) est un manga shōjo par Aoi Makino prépublié dans le magazine mensuel Ribon et compilé en un seul volume chez Shueisha en novembre 2018. La version française est parue chez Soleil Manga. Aoi Makino est une mangaka relativement nouvelle mais qui commence à être connu grâce à des titres comme Sekai no hate – The end of the world (セカイの果て) chez Panini et Sayonara Mini skirt (さよならミニスカート) chez Soleil et publié en anglais chez Viz sous le titre Not Your Idol.

Ce manga est une anthologie qui nous offre quatre histoires courtes.

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Page 14

“REC — Le jour des larmes —” (REC-君が泣いた日- / Rec – Kimi ga naita hi / lit. “REC-Le jour où tu as pleuré”) est une histoire de 142 pages prépubliée dans Ribon entre décembre 2010 et mars 2011. Un jeune acteur de cinéma décide quitter sa carrière pour revenir à l’école pour retrouver une vie normale d’adolescent. Autour d’un chat abandonné, il se lie d’amitié avec une jeune fille que ses camarades jugent froide et cruelle (elle n’a jamais pleuré) mais qui est simplement misanthrope, ayant de la difficulté à s’ouvrir aux autres. Elle filme tout le temps en vidéo, mais jamais les humains — sauf lui. L’idole est poursuivi par les paparazzi qui veulent découvrir la vrai raison qui l’a poussé à mettre fin à sa carrière. Ils trouvent le réconfort l’un auprès de l’autre…

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Page 145

“Les malheurs de l’uniforme” (制服なんて好きじゃない。/ Seifuku nante suki janai / Lit. “Je n’aime pas les uniformes”) est une histoire de 48 pages prépubliée en avril 2018 dans Ribon. Rinka débute le collège, ce qui veut dire une nouvelle école, un nouvel uniforme, de nouveaux camarades. Elle a peur de se retrouver seule. Toutefois, elle découvre que son amie d’enfance Izumi, avec qui elle a passé tout le primaire, est au même collège. Toutefois ils se retrouvent dans des classes et des clubs d’activités différents: Izumi a choisi le club de danse et devient très populaire, alors que Rinka a choisi le club de photographie. Une rivalité inattendue se développe et elle en vient à détester ce nouvel uniforme. La réconciliation est-elle possible?

“Fin de cycle” (最終ループ / Saishū rūpu / lit. “Boucle finale”) est une histoire de 80 pages prépubliée en août 2010 dans Ribon Special Lemon spécial Été. Sa grande soeur demande à Miki de séduire Riku, le commis de la bibliothèque, pour se venger de lui mais Miki en tombe amoureux. Riku est rongé par le remord des choses mal qui a fait dans son passé. Miki est victime d’intimidation à l’école.  Les destins de ces trois personnes sont liés: vont-elles se blesser mutuellement? Une histoire sur le pardon…

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Page 273

“HAL” (HAL-ハルー / Haru) est une histoire de 50 pages prépubliée en novembre 2009 dans Ribon Fantasy numéro spécial. Shizuku a l’habitude d’être première de classe mais une nouvelle venue à l’école la déclasse. Alors qu’elle commence à avoir de la haine pour sa rivale, un dieu de la mort lui apparait et lui offre trois souhait qui lui permettrait de faire disparaître les gens qu’elle veut. Succombera-t-elle à ses pulsion ? En comprendra-t-elle les conséquences? Une variante shōjo sur Death Note.

Ce manga nous offre des histoires un peu clichées mais tout de même agréable à lire. Le style de dessin est du shōjo typique et donc plutôt charmant. Pour un livre choisi au hasard (pcq c’était un one-shot volumineux) pour passer le temps, j’ai été bien diverti et je n’ai donc pas été déçu. Une lecture facile et amusante qui plaira surtout aux jeunes filles dans le groupe d’âge ciblé.

Histoires Courtes, par Aoi Makino. Paris: Soleil Manga, mars 2020. 336 p., 11.9 x 17.6 x 2.2 cm, 8.99 € / $C 14.95. ISBN 978-2-302-08187-1. Pour lectorat jeune adolescent (12+) — quoiqu’au Japon le public cible est plus les 8-12 ans. stars-3-0

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© 2018 by Aoi Makino. Version française © 2020 Éditions Soleil.

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Ad Romam, vol. 1: Le trophée d’Auguste

AdRomam-1-cov« À l’empereur César Auguste, fils du divin Jules, grand pontife, acclamé imperator… le Sénat et le peuple romain, parce que sous sa conduite et ses auspices, toutes les peuplades alpines qui s’étendaient entre la mer supérieure et la mer inférieure ont été soumises au pouvoir du peuple romain. »      – Pline l’Ancien

De Rome jusqu’aux confins de l’Empire, la série Ad Romam nous fait revivre les grandes réalisations de la plus incroyable épopée militaire de tous les temps à travers les voies terrestres et maritimes.

Ce premier tome, Le Trophée d’Auguste, nous met sur les traces des oeuvres de l’empereur Auguste…

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

AdRomam-1-p010

Page 10

Un groupe de jeunes qui cherche le trouble s’introduit de nuit sur le site du Trophée d’Auguste, dans la commune de La Turbie (en Alpes-Maritimes) qui surplombe la principauté de Monaco. L’un d’eux a déniché un livre au musée où son père travaille et ce livre décrit l’emplacement d’un trésor. Il s’agit d’une médaille commémorative d’Auguste. Dès que l’un des jeunes touche à la médaille il se trouve transporté dans le temps, à l’époque romaine. Il fait découvrir la propriété magique de la médaille à ses compagnons, puis à son prof d’histoire. Chaque fois qu’ils voyages dans le temps c’est toujours pour participer à un événement en relation avec le monument. Ainsi l’on découvre l’ultime bataille d’Auguste contre les peuples celto-ligures du sud de la Gaule, le triomphe d’Auguste à Rome, la construction de la via Julia Augusta, puis de la ville de Cemenelum (Cimiez) près du comptoir commercial grec de Nikaïa (Nice) et, finalement, la construction du trophée d’Auguste près de la colonie grecque de Monoïkos (Monaco). Puis ils se retrouvent dans la suite de l’Impératrice Salonine lors d’un voyage dans la région pour rencontrer un évêque et une visite aux thermes, puis ils se retrouvent au Mausolée de Lumone, puis lorsque le site est classé et restauré vers 1860. 

Je comprend l’intention pédagogique de faire découvrir l’histoire de leur région aux jeunes lecteurs monégasques mais, si le récit est amusant,  il est trop anecdotique et pas assez fluide pour que la lecture en soit agréable. De plus, je trouve le dessin horrible. La tentative de donner des visages réalistes aux personnages est un échec et le résultat est plutôt laid. Par contre, les détails historiques (arrière-plans, costumes, etc.) me semble assez réussi. Pour le reste, c’est plutôt décevant…

C’est donc une bande dessinée à lire seulement par curiosité, si l’histoire romaine de La Turbie et de Monaco vous intéresse…

Ad Romam, vol. 1: Le trophée d’Auguste. Par Yvon Bortorello, Arnaud Delalande, Hubert Prolongeau (scénario) et Boris Talijancic (illustrations). Monaco: Édition du Rocher, juillet 2020. 60 pages, 24 x 31.7 cm, 15,90€ / $C 26.95, ISBN 978-2-268-10263-4. stars-2-5

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© 2019, Groupe Elidia.

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Empereur du Japon, vol. 1-2

EmpereurDuJapon-1-cov“Mis en images pour célébrer les 30 ans de la mort de l’empereur Hirohito, ce manga est la première adaptation du plus long règne d’un empereur japonais, soit 62 ans. Intrigues politiques et familiales, accompagnent ce récit poignant.

Uu géant pris dans la tempête de l’histoire, symbole d’une nation, mais surtout et avant tout un homme. La saga qui lève le voile sur la vie et l’enfance méconnue du prince !

En l’an 37 de l’ère Meiji, soit en 1904, le jeune Hirohito tente de trouver sa place. De son apprentissage, sa régence, au début de son long règne, jusqu’aux événements qui ont conduit le Japon à la seconde guerre mondiale, ce merveilleux manga, très documenté, lève le voile sur la vie et l’enfance méconnues du prince Hirohito, ou empereur Shòwa de son nom de règne.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Empereur du Japon – L’histoire de l’empereur Hirohito, vol. 1. Par Eifuku Issei (scénario), Junichi Nojo (dessin), Kazutoshi Hando (idée originale) et Hidetaka Shiba (supervision). Paris: Delcourt/Tonkam, octobre 2019. 198 pages, 13 x 18.4 x 1.6 cm, 7.99 € / $C 13.95. ISBN 978-2-413-02014-1. Pour lectorat adolescent (14+).

EmpereurDuJapon-2-cov“L’adolescence de Hirohito, l’empereur Shôwa.

L’ “Institut spécial” où le jeune prince va recevoir l’éducation idoine.

Le chemin de ce jeune homme, à nul autre semblable, fut aussi marqué par une adolescence inoubliable !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

 

Empereur du Japon – L’histoire de l’empereur Hirohito, vol. 2. Par Eifuku Issei (scénario), Junichi Nojo (dessin), Kazutoshi Hando (idée originale) et Hidetaka Shiba (supervision). Paris: Delcourt/Tonkam, février 2020. 198 pages, 13 x 18.4 x 1.6 cm, 7.99 € / $C 13.95. ISBN 978-2-413-02406-4. Pour lectorat adolescent (14+).

EmpereurDuJapon-1-extrait

Vol. 1, extrait

Empereur du Japon (昭和天皇物語 / Shouwa Tennou Monogatari / lit. “L’Histoire de l’Empereur Showa du Japon”) est un manga seinen biographique écrit par Eifuku Issei (sur une idée de Kazutoshi Hando) et dessiné par Junichi Nojo. Il est prépublié dans le périodique Big Comic Original et compilé en volumes par Shogakukan (entre octobre 2017 et novembre 2020). La série est en cours et il y a sept volumes de paru jusqu’à maintenant dont trois ont été publié en français chez Delcourt/Tonkam (le troisième est paru en décembre 2020).

Ce manga nous raconte la jeunesse de l’Empereur japonais Hirohito (Showa). Le récit commence avec l’arrivée à Tokyo du général Douglas MacArthur, après la capitulation du Japon, et sa première rencontre avec L’Empereur, qui eut lieu le 27 septembre 1945. Le “shogun” américain se demande quel genre d’homme est Hirohito… Flashback en l’an 37 de l’ère Meiji (1904) alors qu’une jeune institutrice de maternelle, Mlle Taka Adachi, est choisie comme préceptrice/nourrice du prince Michi, petit-fils de l’Empereur Meiji. Puis, en 1914, l’éducation du prince passe entre les mains de plusieurs précepteurs au sein de l’Institut du Palais de L’Est. Le récit s’organise autour de ceux-ci et l’on voit le prince grandir et mûrir.

EmpereurDuJapon-2-extrait

Vol. 2, extrait

Dans le second volume, le prince est adolescent et l’Institut organise des excursions dans divers sites du Japon pour en apprendre l’Histoire. Le prince montre un grand intérêt pour la botanique. Différents clans (Chôsû et Satsuma) intriguent pour influencer le choix de la future épouse du prince. En 1918, on voit un malaise social qui entraine les “émeutes du riz”, l’empereur Taishô est gravement malade et Hirohito est fiancé à Nagako de Kuni.

Comme tout récit biographique et historique, je suis certain que c’est très romancé et qu’on y retrouve de nombreux éléments fictifs (pour ne pas dire de propagande, i.e. qui visent à embellir l’image de l’empereur). Le récit est tout de même intéressant mais demeure plutôt anecdotique. Cela se lit bien et on y apprend tout de même beaucoup sur la jeunesse de Hirohito. Le dessin est très bien. Il est clair, détaillé et décrit bien les scènes de la narration. Mon seul reproche est que les personnages sont parfois représenté le bouche ouverte, ce qui leur donne un air un peu idiot. C’est donc un manga qui mérite d’être lu si vous vous intéressé à l’histoire du Japon. stars-3-0

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© 2017 Junichi NOJO, Kazutoshi HANDO, Issei EIFUKU. All rights reserved. ©2020 Groupe Delcourt pour l’édition française.

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Phil, Une vie de Philip K. Dick

Phil-cov“Philip K. Dick (1928-1982) est un des auteurs de science-fiction les plus novateurs et influents du XXe siècle. Depuis les années 1980, son œuvre, qui questionne la réalité et le principe d’humanité, a été adaptée maintes fois au cinéma et à la télévision et est enseignée dans les plus grandes universités du monde.

Blade Runner, Total Recall, Ubik, Minority Report, A Scanner Darkly et les séries The Man in the High Castle ou Electric Dreams… sont quelques-uns des univers sortis de son esprit fertile.

Philip K. Dick n’a pourtant vraiment connu le succès qu’après sa mort et son existence a plutôt rimé avec galères, dépressions, divorces en série et expériences mystiques…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Je suis un fan de Philip K. Dick. J’ai lu (jadis) tous ses ouvrages de SF et un de ses romans mainstream (Portrait de l’artiste en jeune fou, aussi adapté au cinéma sous le titre Confession d’un barjo, et tous deux commenté dans Samizdat 23). Je n’en ai pas fini avec lui car il y a beaucoup d’histoires j’aimerais relire et, bien sûr, lire plusieurs autres des romans de littérature générale. J’ai aussi beaucoup lu sur PKD. Et j’ai vu plusieurs documentaires et même un film de fiction (Your name here). L’ouvrage qui m’a le plus marqué est l’excellente biographie romancée Je suis vivant et vous êtes mort par Emmanuel Carrère. 

Cette biographie romancée en bande dessinée me rappel beaucoup l’ouvrage de Carrère, mais en moins détaillé bien sûr. C’est bien écrit et nous offre l’essentiel, les grands moments, de la vie de l’auteur. J’ai bien aimé les transitions imaginatives entre les différentes parties du récit. Ce dernier est fluide et conserve bien l’intérêt du lecteur. Le dessin quant à lui est bien, sans plus, et rappel le style des comics américains (Marvel et DC) — tellement qu’au début je pensais qu’il s’agissait d’un comics traduit en français…  Ce style de dessin ne m’enthousiasme pas énormément mais Marchesi fait tout même un bon travail pour donner vie au récit. Ce n’est sans doute pas une biographie totalement fidèle (est-ce seulement possible de faire une telle chose?) car, comme le dit Queyssi dans sa postface, c’est une question de point de vue. L’auteur a recherché son sujet en profondeur, comme le prouve la bibliographie en fin de volume (mais qui ne cite pas l’ouvrage d’Emmanuel Carrère).

Phil est publié par un éditeur qui se consacre aux biographies graphiques (21g fait allusion au poids de l’âme selon Duncan McDougall) et côtoie des prix Nobel de la Paix (comme Mandela, MLK ou Mère Theresa), des “Grandes consciences” (comme Gandhi, le Dalaï Lama, Pelé), des artistes (comme Rodin, Renoir ou Lovecraft !) ou des hommes de “sciences” (comme Einstein, Eiffel, Steve Jobs). La version anglaise, Philip K. Dick : a comics biography, est publiée chez NBM.

Phil offre une bonne lecture mais surtout si vous voulez vous familiariser avec Philip K. Dick sans trop d’effort…

Phil, Une vie de Philip K. Dick, par Laurent Queyssi (scénario) et Mauro Marchesi (dessin). Paris: 21g (Collection Rêveurs de mondes), janvier 2018. 144 p. (131 pl.), 18 x 27 cm, 20 € / $C 34.95. ISBN 979-10-93111-19-3. Pour lectorat adolescent (14+). Extrait disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-0

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© Blue Lotus Prod

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L’amant

L-amant-cov“La narratrice, c’est l’auteure elle-même. Elle a 15 ans et vit en Indochine avec sa mère, veuve, et ses deux frères. Pensionnaire dans un lycée pour étudier les mathématiques, elle ne rêve que de devenir écrivain. Sur le bac qui traverse le fleuve séparant son lycée de sa pension, elle fait la connaissance d’un riche Chinois. Ils tombent éperdument amoureux et s’engagent dans une relation régie par l’amour et l’argent qui durera un an et demi. Ils se voient régulièrement et ce premier amour fort mais ambigu impose à la jeune fille de faire face à la honte, la peur, la jalousie, et de parvenir à trouver sa place au sein d’une famille où il est difficile de s’affirmer.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

L’amant (愛人 / Aijin) est un manga josei par Kan Takahama qui adapte le roman éponyme de Marguerite Duras. Il a d’abord été publié en feuilletons en 2018-19 sur le site de prépublication seinen Torch (トーチ web) avant d’être compilé en un volume chez Leed Publishing en février 2020.

L-amant-p027Une jeune fille issue d’une famille française pauvre (la mère ayant fait une mauvaise transaction immobilière) est pensionnaire dans un lycée de Saigon. Sur le chemin de l’école, elle fait la rencontre d’un jeune chinois d’une famille riche. Elle découvre alors l’amour et la sexualité. Elle a presque seize ans et il en a dix-sept. C’est un amour impossible et elle le sait, mais elle se sert de lui pour avoir de l’argent, pour échapper à sa famille, et peut-être même à Saigon. Sur le bateau qui la ramène en France, elle croit qu’il s’est suicidé car sa famille l’a forcé à épouser une chinoise de sa classe. Pourtant, des années plus tard, après la guerre d’Indochine, alors qu’il est de passage à Paris avec sa femme, il lui donne un coup de téléphone. Il lui dit qu’il l’aime encore, qu’il l’aimera toujours… jusqu’à la mort.

[ Prélude au récit: pages 9- 11 ]

L’amant est une très belle histoire d’amour. C’est illustré dans un beau style, simple et empreint d’une certaine nostalgie, que j’aurais trouvé agréable si ce n’est des visages des personnages qui m’apparaissaient trop anguleux et bouffis, comme s’ils avaient été battu. Après avoir lu d’autres oeuvres de Takahama (principalement Le goût d’Emma), je me suis rendu compte que c’est un style qui lui est propre et je m’y suis habitué. Je feuillette le manga maintenant et je trouve cela beau. C’est évidemment plein de scènes de nudité et de sexe. 

Le manga est accompagné d’une préface de l’auteur, où elle explique que ce projet lui a été proposé par son agent en France, Corinne Quentin (du Bureau des Copyright français) et nous parle de sa genèse. Il se termine sur une postface de son éditeur japonais, Atsushi Nakagawa (des Éditions Leed), qui nous parle un peu des oeuvres et du talent de Takahama. 

 C’est un très bon manga que je recommande chaudement.

[Prélude, suite: pages  12-15]

L’amant, par Kan Takahama (d’après le roman de Marguerite Duras) [Traduction et adaptation: Corinne Quentin]. Paris: Rue de Sèvres, janvier 2020. 152 p., 21 x 27.5 cm, 18 € / $C 34.95. ISBN 978-2-36981-908-0. Pour lectorat jeune adulte (16+). Extrait disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-5

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©  Kan Takahama • Rue de Sévres pour l’édition française.

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Le goût d’Emma

LeGoutdEmma-cov“Emma a un don, celui du goût. Grâce à la finesse de ses papilles, elle réussit à devenir inspectrice au prestigieux Guide Michelin. Elle réalise son rêve : découvrir les secrets des chefs.

Sa mission est semée d’embûches. On l’envoie sillonner seule les routes de France pour visiter hôtels et restaurants. Elle mange trop, parfois mal, et se heurte au machisme du milieu. Mais guidée par sa passion pour la cuisine et son indépendance farouche, elle vivra une extraordinaire aventure sensuelle et humaine. Cette quête initiatique la conduira même jusqu’au Japon.

Inspiré de la véritable histoire d’une des premières femmes inspectrices au Guide Michelin, Le Goût d’Emma dévoile les coulisses de la gastronomie.

Ce roman graphique est le fruit du travail de trois femmes : deux auteures françaises, Emmanuelle Maisonneuve et Julia Pavlowitch, et une dessinatrice japonaise, Kan Takahama.

Le Goût d’Emma a fait l’objet d’une publication inédite au Japon dans le prestigieux hebdomadaire Morning puis chez l’éditeur tokyoïte Kodansha, sous forme de manga.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Le goût d’Emma (エマは星の夢を見る / Emma wa Hoshi no Yume wo Miru / lit. “Emma rêve d’une étoile”) est un manga seinen dessiné par Kan Takahama sur un scénario de Emanuelle Maisonneuve et Julia Pavlowitch. Il a été prépublié dans l’hebdomadaire Morning (#18-27) avant d’être compilé en un volume par Kodansha en juin 2017. La version française a été publié chez Les Arènes l’année suivante. Même si il a d’abord été publié au Japon, ce manga est une commande d’un éditeur français, produit en collaboration avec des auteurs français avec le marché de la bande dessinée franco-belge à l’esprit (d’où le fait que ce manga est en couleurs). Ce n’est d’ailleurs pas la première collaboration de ce genre pour Kan Takahama (il y a aussi Mariko Parade écrit avec Frédéric Boilet et L’Amant qui adapte le roman de Marguerite Duras). Cela n’a rien d’exceptionnel, d’autres mangaka comme Jirō Taniguchi (La montagne magique, Mon année, Les gardiens du Louvre, La forêt millénaire, Venise) ont fait des collaborations similaires.

Ce manga est un récit biographique inspiré de la vie d’Emmanuelle Maisonneuve. Elle a toujours aimé la cuisine et les voyage mais s’est finalement retrouvé à étudier en droit et à faire une carrière de journaliste. Un jour, sur un coup de tête, elle applique pour un poste au fameux Guide Michelin. Surprise! Elle est engagé mais cela l’amène loin des restaurants prestigieux de ses rêves. Pendant quatre ans elle doit se battre dans un milieu chauvin, où elle est la seule femme inspectrice, à parcourir les routes de province pour visiter de petits hôtels et restaurants où elle découvre le dure réalité de la restoration. C’est un travail ardu, où elle fait de nombreuses gaffes mais découvre aussi des perles rares.

Le goût d’Emma nous offre non seulement une histoire qui peut nous motiver à poursuivre nos rêves, mais aussi un intéressant récit qui lève le voile sur la façon dont les fameuses étoiles du Guide Michelin sont attribuée. Le récit coule bien et nous fait découvrir de nombreux plats des régions de France. On suit avec attention les tribulations d’Emma tant au travail que dans sa vie personnelle. Au début, je trouvais le style de Takahama un peu bizarre (particulièrement la façon qu’elle dessine les visages) mais je m’y suis habitué et je trouve ça même plutôt cool maintenant. Ce genre de récit me rappel un peu, avec nostalgie, les déambulations gastronomiques de Taniguchi (Le Gourmet solitaire, Rêveries d’un gourmet solitaire). Un manga appétissant qui nous offre une excellente lecture !

Le goût d’Emma, par Kan Takahama (dessin et couleur), Emanuelle Maisonneuve et Julia Pavlowitch (scénario). Paris: Les Arènes (Coll. BD), février 2018. 200 p., 17 x 24 cm, 18 € / $C 34.95. ISBN 978-2-35204-590-8. Pour lectorat adolescent (14+). stars-4-0

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© Les Arènes 2018 

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La couleur tombée du ciel (Gou Tanabe)

CouleurTombeeDuCiel-cov“Un projet de barrage promet d’engloutir toute une vallée reculée de la campagne américaine. Bizarrement, son dernier habitant se réjouit de voir le lieu disparaître sous les flots, en particulier la parcelle de terrain voisine… Les Gardner y ont vécu paisiblement pendant des années, jusqu’à ce que la chute d’une météorite juste devant leur maison fasse basculer leur quotidien.

Des scientifiques ont tenté d’étudier ce roc venu de l’espace, sans succès. La matière ne ressemblait à rien de connu et se distinguait par sa couleur inexistante sur Terre… Après cet événement, la faune et la flore ont commencé à s’altérer, les phénomènes étranges se sont multipliés, entraînant la famille Gardner dans une spirale de malheurs…

Avec un trait sombre et réaliste, Gou Tanabe met en images les pires cauchemars imaginés par H. P. Lovecraft, le maître du fantastique et de l’horreur. Que peut faire l’homme quand les forces issues des confins de l’univers s’abattent sur lui sans crier gare ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La couleur tombée du ciel (異世界の色彩 ラヴクラフト傑作集 / I sekai no shikisai – ravukurafuto kessaku-shū / lit. “Couleurs de différents mondes – Chefs-d’œuvre de Lovecraft”) a d’abord été publié en feuilleton dans Comic Beam (mai à novembre 2019), un magazine mensuel de Enterbrain (Kadokawa), avant d’être compilé en un volume. Ce manga seinen par Gou Tanabe adapte la nouvelle The Colour Out of Space, écrite par H.P. Lovecraft en mars 1927 et publié dans Amazing Stories en septembre de la même année. La traduction française est paru chez Ki-oon. Ce récit a d’ailleurs reçu deux adaptation cinématographique dans la dernière décennie: Die Farbe (2010) dirigé par Huan Vu et Color Out of Space (2020) par Richard Stanley (mettant en vedette Nicolas Cage).

Gou TANABE a adapté en manga de nombreux récits de Lovecraft: The Outsider (2007), The Hound and Other Stories (2014, publié en anglais chez Dark Horse et qui inclus “The Hound,” “The Temple,” et “The Nameless City”), The Colour Out of Space (2015, traduit en français chez Ki-oon), The Haunter of the Dark (2016, à paraître en français chez Ki-oon en mars 2021), At the mountain of madness (2016-17, publié en anglais chez Dark Horse et en français chez Ki-oon, et dont j’ai déjà commenté le volume 1 et le volume 2), The Shadow Out of Time (2018, publié en français chez Ki-oon et que j’ai récemment commenté), The Call of Cthulhu (2019, publié en français chez Ki-oon en septembre 2020). Sa plus récente adaptation est The Shadow Over Innsmouth (インスマウスの影 / Innsmouth no Kage) qui a débuté dans le numéro de juin 2020 de Monthly Comic Beam. 

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Page 26

Des trois adaptations françaises paru jusqu’à maintenant chez Ki-oon, La couleur tombée du ciel est celle que j’aime le moins. Il faut dire que cette nouvelle n’est pas non plus mon texte préféré de Lovecraft — quoique je l’ai lu il y a très longtemps, je n’en garde pas une impression très positive… Toutefois, malgré ma mémoire embrumée, l’adaptation de Tanabe me semble assez fidèle. 

Le récit est fluide, le rythme est lent mais il y a trop d’invraisemblances dans le comportement des personnages, ce qui fait que je n’arrive pas à embarquer dans l’histoire. Il faut dire que ce genre littéraire me laisse généralement imperturbable et ne suscite aucune horreur (ni même peur ou crainte) chez moi. C’est aussi un peu court, mais cela reste tout de même un bon récit lovecraftien. Ce qui rachète l’ouvrage c’est sans aucun doute le sublime graphisme de Tanabe: c’est très beau, sombre et très détaillé (quoi que les expressions faciales des personnages sont parfois un peu statiques). Cette grande qualité graphique est complétée par le fait que Ki-oon nous offre encore une fois un superbe livre avec une couverture en simili cuir (bleue, cette fois), imitant les livres anciens. 

À lire, surtout si vous voulez connaître Lovecraft sans trop d’effort. Mais je suis surtout impatient de lire l’adaptation de L’appel de Cthulhu (relue et commentée l’an dernier) qui vient de paraître chez Ki-oon.

La Couleur tombée du ciel (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft, 4), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), mars 2020. 192 p. 15 x 21 cm, 15 € / $C 31.95. ISBN 979-10-327-0594-0. Pour lectorat jeune adulte (16+). Extrait disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-0

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© Tanabe Gou 2015

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Ad Astra XIII

AdAstraXIII-cov“Les ruses de Scipion ont mis Carthage en mauvaise posture… Hannibal accepte alors de parlementer avec son ennemi. Malheureusement, le Romain ne veut pas d’un statu quo… Ce sera la victoire ou rien ! Les deux chefs se séparent donc sans être arrivés à un accord. 

Mais les apparences sont parfois trompeuses et, pour le Carthaginois, cette discussion aura au moins servi un objectif : celui de mettre en place ses pions… ou, en l’occurrence, ses éléphants de guerre ! Si Rome a maintenant l’avantage, ses adversaires sont loin de s’avouer vaincus… 

Bravoure, complots et stratégie… Les légendaires Hannibal et Scipion s’affrontent une dernière fois. Plongez au cœur de cette ultime bataille !”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa non seulement Rome et Carthage mais aussi leurs stratèges respectifs: Scipion l’Africain et Hannibal Barca. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française est parue chez Ki-oon.

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Page 10

Ce dernier volume de la série est entièrement consacré à la Bataille de Zama. Seize ans après qu’Hannibal ait traversé les Alpes, à l’automne 202 AEC, les deux généraux s’apprêtent à avoir une confrontation finale sur une plaine au sud de Carthage. L’armée d’Hannibal est composée de 80 éléphants de guerre qui forment l’avant-garde, 4000 cavaliers qui forment les ailes de chaque côtés de la formation d’attaque [l’aile gauche, est formée de cavaliers Numides] et 36 000 fantassins (une première ligne de frondeurs Baléares, une deuxième ligne de soldats Libyens et Carthaginois [commandé par Silenos] et une troisième ligne de soldat Ibères et Gaulois plus expérimentés [sous le commandement d’Hannibal]). L’armée de Scipion est composée de 6000 cavaliers (qui forment les ailes, des Numides [à droite, 4000] sous le commandement de Massinissa, et des romains [à gauche, 2000] sous le commandement de Caius) et de 29,000 fantassins (une première ligne intercalant des fantassins Légers Vélites [sous Appius] et des fantassins lourds Hastati [sous Bandius], une deuxième ligne de fantassins lourds principes [sous Marcus], et une troisième ligne de fantassins lourds triarii [sous Scipion]).

La charge des éléphants d’Hannibal (trop jeunes et inexpérimentés) reste sans effet. Scipion, qui a étudié les tactiques de l’ennemi, réussi à les retourner contre lui. Il évite les feintes et réussi à encercler l’armée carthaginoise. C’est la victoire mais Hannibal survit et fuit vers Carthage où il s’adresse au sénat pour obtenir du renfort, sans succès. Pour épargner sa cité, il décide donc de se rendre à Scipion. Il se rend à Tunis pour négocier la paix. Carthage devra payer une lourde indemnité à Rome, abandonner ses colonies et renoncer à son armée. Scipion triomphe à Rome mais il est politiquement affaibli par l’inimitié de Caton et des accusations de corruption. Il mourra en 183 AEC, amère, pestant contre l’ingratitude romaine. Hannibal est exilé et, après une longue errance, trouve refuge au royaume de Bithynie, où il est traqué par les troupes romaines mais il choisit de se donner la mort par poison plutôt que d’être capturé ou tué par les romains… Il meurt la même année que Scipion… Les deux héros eurent donc une fin tragique, sans gloire… Rome règlera définitivement son compte à Carthage avec la troisième guerre punique (149-146 AEC).

Cette série de manga prends fin d’une façon un peu décevante. Toutefois, elle a offert ce qui était promis, c’est-à-dire une histoire un peu romancée de la deuxième guerre punique, axé sur les caractères des deux généraux opposés. Elle a suivi le fil de l’Histoire, sans plus. Si le récit est bon, voir captivant (si vous aimé les détails de tactiques militaires, bien sûr), c’est surtout son superbe dessin, très constant dans sa qualité, qui vole la vedette dans cette série. Il est clair et très précis, juste suffisamment efficace pour bien décrire les scènes de combats. 

Un manga fort intéressant, à lire surtout si vous êtes amateur de manga historique et de la Rome Antique.

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. XIII, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, novembre 2018. 210 pages (208 pl), 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 979-10-327-0335-9. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-0

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Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

ad_astra-v01 ad_astra-v02 ad_astra-v03 AdAstra-v04-cov
AdAstra-v05-cov AdAstra-v06-cov AdAstra7-cov AdAstra8-cov
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Le monde selon Setchan

MondeSelonSetchan-cov“Dans un monde alternatif, la société tokyoïte est secouée par des mouvements étudiants. Sur fond de terrorisme et de préoccupations nucléaires post-Fukushima, Setsuko, étudiante, fait figure d’exception: Apolitique, détachée de cette réalité, elle n’a d’attrait que pour le sexe sans lendemain. Son destin  croise celui d’Atsushi, un étudiant sans histoires. Setchan et Akkun, deux êtres que tout oppose. Deux êtres que l’absurdité tragique de la vie va rapprocher pour mieux les séparer.”

[textes du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Le monde selon Setchan (セッちゃん / Secchan) est un manga Seinen par Tomoko Oshima qui a d’abord été sérialisé dans Ura Sunday avant d’être publié en un volume unique par Shôgakukan en novembre 2018. Tomoko Oshima est surtout connu au Japon pour ses courts video clip d’animation. C’est son premier manga.

MondeSelonSetchan-p005C’est l’histoire d’une collégienne un peu perdue et qui couche avec beaucoup de garçon, sur une trame de fonds de troubles socio-politiques fictifs — une révolte étudiante comme le Japon en a connu à la fin des années soixante ou similaire aux récentes protestation de BLM. Elle rencontre un garçon avec qui elle ne couche pas et se laisse porter par le courant jusqu’à ce qu’elle meurt dans un attentat…

Le récit est anecdotique et, comme la vie de Setchan, sans véritable direction. Toutefois il est empreint d’une belle nostalgie. Le dessin est minimaliste et plutôt brouillon mais offre l’essentiel pour soutenir le récit tout en étant même charmant. Il s’agit d’une lecture choisie au hasard pour tuer le temps, parce que c’était un volume unique, mais qui en fin de compte ne déçoit pas et offre une bonne distraction. Intéressant.

Le monde selon Setchan, par Tomoko Oshima. Poitiers: Le Lézard Noir, mai 2020. 180 pg , 15 x 21 cm, 11,00 € / $21.95 Can, ISBN: 978-2-353-48179-8. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

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SECCHAN © 2018 Tomoko OSHIMA.

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Le Mahâbhârata

Mahabharata-cov“Longtemps méconnu en Occident, le Mahâbhârata est le plus long poème composé au monde. Écrit en sanskrit et initié au IVe siècle avant notre ère, enrichi pendant 700 ans, il est quinze fois plus long que la Bible et il défie l’imagination par sa complexité.

Cette épopée foisonnante et démesurée est à l’origine de mille croyances et légendes qui irriguent l’âme indienne et inscrivent le Dharma, la loi qui régit le monde, au cœur des hommes. Ce « grand poème du monde » raconte la longue et furieuse querelle dynastique qui opposa deux clans de cousins à 5 contre 100. Il compte seize personnages centraux dont Krishna, avatar divin descendu sur terre, qui apparaît là pour la première fois dans la mythologie indienne.

La guerre racontée dans le Mahâbhârata se situe à l’aube du Kali Yuga, “l’âge sombre” dabs lequel nous vivons encore, qui aurait débuté, selon les hindous, trois milles ans avant notre ère. L’inépuisable poème épique faite de religion, de politique, de sociologie, de loi, de morale, de cosmologie tout autant que de délivrance, but ultime de la condition humaine selon la tradition indienne.

Tout en restant fidèle à l’esprit originel, le romancier et scénariste Jean-Claude Carrière a écrit le “roman du Mahâbhârata” en aménageant le conte traditionnel pour le rendre accessible, et le dessinateur Jean-Marie Michaud s’est saisi de ce récit fantastique pour en faire une extraordinaire adaptation graphique.”

(Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

Jean-Claude Carrière a longtemps été fasciné par ce poème épique hindou — le plus long jamais composé. Et pour cause, le Mahâbhârata (महाभारत / lit. “La Grande Guerre des Bhārata [descendants de l’empereur légendaire Bharat”]) est, avec le Ramayana, l’un des grands livres sacrés de l’Inde, texte fondateur de l’hindouisme. C’est un récit long et complexe (dix-huit livres composé de plus de quatre-vingt-mil strophes!). Carrière n’en a conservé que la trame principale (en éliminant les très nombreuses histoires secondaires) pour former une première adaption pour le metteur en scène Peter Brook. Le résultat fut une pièce de théâtre de neuf heures qui fut d’abord présentée au Festival d’Avignon de 1985 avant de partir en tourné pour trois ans. La pièce fut elle-même adaptée en mini-série pour la télévision puis en film. Mais Carrière n’en resta pas là. Il a raffiné son adaptation pour la rendre plus accessible au public et l’a publié sous forme de roman en 1989. Jean-Marie Michaud en a repris le texte et, après trois ans de travail, nous offre cette merveilleuse adaptation graphique.

Je ne m’attarderai pas trop sur le récit qui est, comme je l’ai dit, fort complexe. C’est difficile à suivre avec tous ces retournements de situations et ces noms hindous difficiles à prononcer. En gros, il s’agit d’abord du mythe d’origine de l’hindouisme, suivi du récit d’une querelle de succession pour le trône du royaume de Hastinapura. Diverses aventures amoureuses ont crées deux branches familiales qui se disputent: les Pandava (au nombre de cinq: les jumeau Nakula & Sahadeva, Yudhishthira, Bhima et Arjuna) et les Kaurava (au nombre de cent, mais les acteurs principaux sont Duryodhana et Dushassana). Le conflit culmine avec la bataille de Kurukshetra. Le récit est bien mené et, malgré la difficulté, demeure divertissant, intéressant et agréable à lire.

Toutefois, ce qui m’a vraiment accroché c’est le superbe dessin de Jean-Marie Michaud. Je ne connais pas grand chose à la culture indienne / hindoue, mais cette adaptation graphique (costumes, arrières plans, etc.) représente bien ce que j’imagine devait être l’apparence de ces héros épiques. La technique et les tons de couleurs utilisés me rappel beaucoup le style de Bilal. J’ai trouvé tout cela très beau et j’ai adoré. Je recommande chaleureusement cette bande dessinée, surtout si vous êtes curieux de découvrir (avec une certaine aisance) la culture hindoue ainsi que ce texte mythique qu’est le Mahâbhârata.

Le Mahâbhârata, par Jean-Claude Carrière (adaptation) et Jean-Marie Michaud (dessin). Lachapelle-sous-Aubenas: Editions Hozhoni , octobre 2019. 444 pages, 19.5 x 27.5 cm, 35,00 € / $C 66.95, ISBN 978-2-37241-049-6. Pour lectorat adolescent (12+). Un extrait de vingt-neuf pages est disponible sur le site de BDgest. stars-4-0

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© 2019, Editions Hozhoni

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Le vieil homme et son chat vol. 2-4

Comment prendre le temps de vivre et de vieillir en faisant de chaque moment un trésor d’humour, de tendresse et de nostalgie? Le vieil homme et son chat pourrait bien connaître le secret du bonheur.

Dans une petite ville côtière du Japon, loin des mégalopoles, Daikichi, instituteur à la retraite et veuf, vit avec Tama, un chat âgé de 10 ans. Ou alors est-ce le matou qui veille sur son maître pour honorer une promesse faite à son épouse disparue ? Difficile à dire, tant les deux compères sont inséparables.

Vol. 2: Le vieil homme et son chat se font les griffes

VieilHommeEtSonChat-2-covCueillette de fruits de gingko, enquête sur l’apparition d’un fantôme, séjour à Tokyo… Un retraité affairé, Daikichi ? Accompagné d’un Tama fidèle au poste, il sait aussi chérir ces instants quotidiens d’autant plus précieux qu’ils sont fugaces, et goûter avec ses voisins les évocations du riche passé de l’île où l’on vit avec les chat.

(Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

Le vieil homme et son chat se font les griffes (t. 2), par Nekomaki. Paris: Casterman, juin 2019. 176 pages, 15.1 x 20.9 cm, 15,00 € / $C 28.95, ISBN 978-2-203-15567-1. Pour lectorat adolescent (12+).

Vol. 3: Le vieil homme et son chat se frisent les moustaches

VieilHommeEtSonChat-3-covCoup de tonnerre sur l’île : alors que Daikichi jardine, que ses voisines se querellent et que le gourmand Tama chipe de la nourriture, les habitudes de chacun sont égayées par l’arrivée d’un jeune et charmant médecin venu de la ville. Le citadin pourra compter sur la bienveillance des humains et des chats, parfois à son corps défendant…

(Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

Le vieil homme et son chat se frisent les moustaches (t. 3), par Nekomaki. Paris: Casterman, octobre 2019. 176 pages, 15.3 x 20.9 cm, 15,00 € / $C 28.95, ISBN 978-2-203-15568-8. Pour lectorat adolescent (12+).

Vol. 4: Le vieil homme et son chat boivent du petit lait

VieilHommeEtSonChat-4-covLes saisons se suivent sur l’île aux chats mais elles ne se ressemblent pas ! L’épicerie ferme, obligeant la population à organiser des missions de ravitaillement sur l’île voisine… Et voici Daikichi en charge du colis des vieux ! Au café, en revanche, on embauche. Et quelle nouvelle recrue : une jeune femme qui fait chavirer bien des coeurs et donne envie aux anciens de jouer les entremetteurs avisés…

(Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

Le vieil homme et son chat boivent du petit lait (t. 4), par Nekomaki. Paris: Casterman, juillet 2020. 176 pages, 15.2 x 21.1 cm, 15,00 € / $C 28.95, ISBN 978-2-203-17924-0. Pour lectorat adolescent (12+).

J’ai déjà parlé du premier tome de cette série. Le vieil homme et son chat (ねことじいちゃん / Neko to Jii-chan) est un manga seinen publié en feuilletons dans Comic Essay Gekijou (Media Factory) et qui a été compilé en volume chez Kadokawa depuis septembre 2015. La série est toujours en cours au Japon (la version française du vol. 5 est paru en octobre 2020 et un sixième volume est paru au Japon en janvier 2020).

Je rappel d’ailleurs que le manga a été adapté au cinéma sous le titre The Island of cats, qui est sortie en salle au Japon en février 2019 (le film de 103 min. est réalisé par IWAGŌ Mitsuaki sur un scénario de TSUBOTA Fumi et met en vedette TATEKAWA Shinosuke, SHIBASAKI Kō, EMOTO Tasuku, YAMANAKA Takashi, HAYAMA Shōno, TANAKA Yūko et KOBAYASHI Kaoru; pour plus d’information voir le site officiel ainsi que les sites suivants: ANN • AsianWiki • IMDb • Youtube).

Ce manga nous raconte la vie quotidienne de Daikichi, un vieil instituteur à la retraite, de son chat, Tama, mais aussi de tous les autres habitants d’un petit village côtier japonais situé sur l’île aux chats. Chaque volume nous offre seize histoires courtes divisés selon les quatre saisons. Le récit est entrecoupé de quelques flashback qui développent un peu l’histoire des personnages. Chose amusante, les auteurs (car ce pseudonyme cache deux auteurs) ajoutent de temps en temps quelques recettes de cuisine locale. 

C’est un manga plein d’humour et de tendresse, au rythme lent, paisible et d’une atmosphère nostalgique qui me rappelle un peu les récits du regretté Jiro Taniguchi. Toutefois, ce qui caractérise le plus ce manga c’est son style un peu inhabituel au crayonné et à l’aquarelle. C’est vraiment très beau et visuellement agréable.

Le vieil homme et son chat offre donc une lecture enrichissante et chaleureuse que je recommande à tous mais surtout aux amateurs de chats et de culture japonaise. stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon — Biblio — Goodreads — Google — Wikipedia — WorldCat ]

© Nekomaki / ms-work 2015-2016.

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Revue de zines… [002.020.305]

Un survol de quelques zines en tous genres… J’en épluche le contenu pour vous.

Animeland #231 (Juillet-Août 2020)

Animeland-231Avec ce numéro Animeland termine sa transformation en mook avec l’adoption d’un format légèrement plus petit (19.2 x 27 cm) et nous offre un super-dossier sur Ghost in the shell (quarante-deux pages)! On remarque en premier lieu des changements au niveau de la rédaction: jusqu’au début de 2019 Émilie Jollois était directrice de publication avec Christopher Macdonald comme Rédacteur en chef, puis Cédric Littardi la remplace avec Steve Naumann comme directeur éditorial. Avec ce numéro, Christopher Macdonald n’est plus mentionné et on retrouve deux directeurs éditorial: Sébastien Post (pour Ynnis) et Sébastien Célimon (pour Animeland). AM Media Network en est toujours l’éditeur et Anime News Network y est toujours un actionnaire mais la relation semble en être maintenant plus une de collaboration et d’entre-aide…

Le dossier de couverture commence avec un portrait du créateur de Ghost in the Shell, Masamune Shirow, puis on en décrit l’univers, les personnages, et les différents titres (série TV, OVA, films) avant d’aborder la plus récente série: GitS SAC_2045. On en fait le portrait des réalisateurs (Kenji Kamiyama et Shinji Aramaki), on poursuit sur des portraits et entrevues avec le producteur (Taiki Sakurai) et la conceptrice russe (character design, Ilya Kuvshinov). Finalement on traite de la musique, de la fascination de Shirow pour les armes et puis des figurines consacrées à la série.

En plus de la une, le numéro est divisé en cinq grandes sections: “On a vu” introduit quelques animation notoires (Altered Carbon: REsleeved, Sing Yesterday for me, Gleipnir, Appare-Ranman,  BNA, Tower of God, Carole & Tuesday S2, La famille Willoughby), un dossier (20 pages) sur comment l’industrie de l’animation s’en tire (ou pas) face au confinement de la COVID-19, et “Focus” qui met en lumière divers sujet d’actualité (l’animation Ailleurs de Gints Zilbqlodis, la plateforme de BD numérique Webtoon, l’anime Castlevania, et le festival virtuel de Annecy 2020). Après un dernier dossier (22 pages) qui fait le tour des plateformes de Video À Demandes (VÀD ou streaming) d’anime en France (Crunchyroll, ADN, Wakanim, Netflix, Amazon Prime, Okoo, France 4, Disney+), le numéro se conclut sur une série de chroniques (Jeu vidéo, Trouvaille, Musiques et Humeur).

Le format et la présentation sont agréables et aérés. Le contenu est varié et riche mais (comme je l’ai souvent dit) parfois un peu vague. J’apprécierais plus d’informations détaillées comme une fiche en encart qui donne toutes les informations de production sur un titre. Finalement, grave erreur, pas un mot sur les mangas dans ce numéros ! WTF?! L’industrie du manga est très liée à celle de l’anime et en est pour moi INDISSOCIABLE. Cette absence est impardonnable et sera corrigée j’espère dans les prochains numéros. (Je sais il s’agit ici d’ANIMEland mais je m’attend tout de même à une balance 50/50 ou tout au moins 60/40 entre les deux sujets). Finalement, l’ultime question demeure: ces changements réussiront-ils à permettre au magazine de survivre en ces temps difficiles ? (Le temps nous le dira… Pour l’instant je dois attendre que le numéro 232, qui vient tout juste de paraître, traverse l’Atlantique…)

Intéressant mais aussi un peu décevant. stars-3-0

dBD #144 (Juillet 2020)

dBD-144À la une ce numéro dBD nous offre une entrevue avec Jim, qui nous parle de sa série Une nuit à Rome à l’occasion de la sortie du tome quatre (chez Grand Angle). Le numéro se poursuit sur des entrevues avec Joël Alessandra (Les Voyages d’Ibn Battûta, avec Akalay, chez Dupuis, coll. Aire Libre), Romain Hugault (Pin-up Wings, t. 5 chez Paquet Coll. Cockpit), Zep (sur sa série Titeuf et la participation à une campagne Covid-19), Pascal Pierrey (rédacteur en chef de Picsou de 1990 à 2020) et James & Daniel Clarke (Kariba, chez Glénat).

On retrouve également des articles sur le dessinateur des petits Mickey Floyd Gottfredson, sur l’éditeur de manga Pika à l’occasion de son vingtième anniversaire, et sur l’intersection entre disques et BD (“Les disques d’aventures”). L’article sur Pika Éditions est tout particulièrement intéressant. Fondée en janvier 2000, cette maison d’édition spécialisée dans le manga s’adapte sans cesse pour rester compétitive: en 2007 elle intègre le groupe Hachette, puis adopte le Digital first (publiant ses titres d’abord en ligne), en 2015 elle se lance dans le “Simultrad” (parution de chapitre traduit en français en même temps que la version japonaise), en 2016 elle lance la collection Pika Graphik pour les titres plus sérieux, puis acquiert Nobi Nobi pour avoir une collection jeunesse, en 2018 elle y ajoute le “manfra” (manga de création française!). Ce qui fait qu’elle est maintenant le 2e éditeur de manga en France (avec 1800 titres, 64 séries en cours, 350 nouveautés par an et 40 millions d’exemplaires vendus au total) !

Dans le Cahier Critique je note La couleur tombée du ciel par Gou Tanabe chez Ki-oon (Super: “toujours le même soin apporté à la fabrication du livre (…) le trait sombre et détaillé de l’auteur japonais fait une nouvelle fois mouche, plongeant le lecteur dans l’émoi et la crainte”), Anonyme ! t. 1 par Kimizuka & Hioka chez Soleil/Manga (Super: ”une série qui se révèle plus fine qu’il n’y paraît“), Peuple Invisible par Shohei Kusunoki chez Cornélius (Super: “recueil de récits courts (…) paru dans le fameux magazine Garo entre 1970 et 1972. (…) Le résultat est surprenant, plein d’emphase pour un petit peuple souterrain, dont les tranches de vie questionnent en permanence la validité de leur propre existence. (…) excellent raconteur et très bon dialoguiste.”), Orient – Samurai Quest t. 1 par Shinobu Ohtaka chez Pika (Bien: “Si ce premier tome est globalement maîtrisé, il se révèle en revanche assez répétitif”) et Ad Romam t.1 & t.2 un collectif aux Éditions du Rocher (Bien: “Avec cette trame fantastico-historique, la série peut présenter de façon didactique et plutôt vivante l’histoire antique (…). Le tout est de bonne facture (…) malgré les dessins assez maladroits (…).”).

Comme toujours, dBD nous offre une lecture riche en informations et en découvertes… stars-4-0

dBD #145 (Août 2020)

dBD-145Un numéro spécial Été qui nous offre simplement les coups de coeur de la rentrée (neuf albums tout public et trois albums jeunesse) — mais pas d’actualités ou de Cahier Critique. Pour chaque titre, on retrouve une entrevue avec l’/les auteur(s) et un bref extrait d’environ trois à cinq pages. 

Du côté tout public on retrouve Radium Girls par Cy chez Glénat (Coll. Karma), Tanz ! Par Maurane Mazars chez Le Lombard, Les croix de bois par JD Morvan & Percio (d’après Dorgelès) chez Albin Michel, Mademoiselle J t.2 par Yves Sente & Laurent Verron chez Dupuis, Stern t.4: Tout n’est qu’illusion par Frédéric & Julien Maffre chez Dargaud, L’Alcazar par Simon Lamouret chez Sarbacane, Journaux troublés par Sébastien Perez & Marco Mazzoni chez Soleil (Coll. Métamorphose), Les frères Rubinstein t.1 par Luc Brunschwig, Leroux & Chevallier chez Delcourt, ainsi que Terre t.1 par Christophe Dubois & Rodolphe chez Daniel Maghen.

Du côté jeunesse on retrouve Le roi des oiseaux par Alexander Utkin chez Gallimard, L’Homme qui courait après sa chance par Pozla chez Delcourt et Les géants t.1: Erin par Lylian, Paul Drouin & Lorien Aureyre chez Glénat.

Rien de bien excitant dans ce numéro. stars-3-0

Nouveau Magazine Littéraire #29 (Mai 2020)

lnml-298Je ne lis pratiquement jamais de magazine sur la littérature générale mais ce Spécial Science-Fiction par Le Nouveau Magazine Littéraire (récemment racheté par son concurrent Lire) me semblait intéressant. En effet, outre les habituelles chroniques (Idées, Portrait, Critiques essais et fiction) que j’ai a peine survolées, ce numéro offre deux dossiers qui vont bien ensemble: un sur “Où est le progrès ?” et un autre sur la Science-Fiction.

Le dossier de couverture (vingt pages) se demande si notre société / civilisation fait encore des progrès (d’un point de vue littéraire, philosophique, économique et, bien sûr, scientifique). Doit-on remettre en cause la notion de progrès? Intéressante question. Les articles nous propose, évidemment, plusieurs suggestions de lecture pour poursuivre la réflexion…

Le dossier SF (en trente-deux pages) nous propose un dizaine d’articles. Dans “Prenez les issues de secours!”, Alexis Brocas nous présente différents scénarios où les auteurs de SF traitent de la survie de l’Humanité. Selon René Barjavel, dans La Faim du Tigre, cela se résume à une alternative: soit l’autodestruction apocalyptique, soit la fuite dans les étoiles…

Dans “Avis de réapparitions”, le magazine fait un retour sur les oeuvres fondamentales de trois auteurs dont on fête le centenaire: Frank Herbert (Dune), Isaac Asimov (Les Robots, Fondation, La Fin de l’Éternité) et Ray Bradbury (Fahrenheit 451, Chroniques Martiennes).

Dans “Narrés au décollage” on explore deux thèmes essentiels du genre: les voyages interstellaires et la terraformation de planètes. Dans la même ligne, “Panorama: Huit Planètes” nous présente les voyages galactiques au travers de huit monde différents: Luna (de Ian McDonald), L’archipel du rêve (de Christopher Priest), Trantor (dans Fondation de Isaac Asimov), Omale (de Laurent Genefort), Hypérion (de Dan Simmons), Trisolaris (dans Le Problème à Trois corps de Liu Cixin), Oasis (dans Le Livre des choses étranges de Michel Faber) et Vermillon Sands (de J.G. Ballard).

Dans ”Do you speak globish?”, Frédéric Landragin offre une réflexion sur les différentes manières dont la littérature de SF approche le problème principal du premier contact: l’aspect linguistique.

Dans “La main sur le tracker”, Marie Fouquet compare la surveillance accrue de l’état (drone, application de traçage, reconnaissance faciale) au temps de la crise COVID non pas avec le classique 1984 d’Orwell mais avec Les Furtifs d’Alain Damasio.

Dans “Ils nous l’avaient bien dit !”, Jean-François Paillard présente une SF, non pas postapocalyptique, mais celle qui annonce les lendemains qui chantent, les mondes meilleurs. Au delà du classique Meilleurs des Mondes (Aldous Huxley), il cite Ecotopia (Ernest Callenbach), Les dépossédés (Ursula Le Guin), Simon Du Fleuve 1: Le Clan des centaures (Claude Auclair), Après le monde (Antoinette Rychner), Gandahar (Jean-Pierre Andrevon), Semiosis (Sue Burke) ou Sa majesté des clones (Jean-Pierre Hubert).

Dans ”Galaxies africaines”, Hubert Prolongeau nos introduit à l’afrofuturisme avec des titres comme Nova (Samuel R. Delany), Kirinyaga (Mike Resnick), Qui a peur de la mort ? (Nnedi Okorafor), La Trilogie de l’héritage (Nora Keita Jemisin), L’Incivilité des fantômes (Rivers Solomon) et Rouge Impératrice (Léonora Miano).

Dans “L’invention de nouveaux genres”, Sandrine Samii nous parle de la SF déclinée au féminin qui s’interroge sur la sexualité: La Main gauche de la nuit (Ursula K. LeGuin), La Servante écarlate (Margaret Atwood), Chronique du pays des Mères (Élisabeth Vonarburg), Dawn (Octavia Butler) et Libère-toi Cyborg! (Ian Larue).

Dans “Humains, plus trop humains”, Alexis Brocas nous parle de notre extinction avec des romans apocalyptiques comme Je suis une légende (Richard Matheson), Le Fléau (Stephen King), La Route (Cormac McCarthy), Un Cantique pour Leibowitz (Walter M. Miller), Niourk (Stefan Wul), ou même World War Z (Max Brooks).

Un dossier SF ne serait pas complet sans un article sur les adaptations cinématographiques, ce que nous offre Hervé Aubron avec “Au cinéma, l’odyssée de l’impasse”. Le tout se termine sur une bibliographie qui nous suggère une sélection d’auteurs cultes: Philip K. Dick (Le dieu venu du centaure), Robert A. Heinlein (Étoiles, garde à vous!), Robert Silverberg (Les profondeurs de la Terrre), Jack Vance (Cycle de Tschaï), William Gibson (Neuromancien), A.E. Van Vogt (Le cycle du Non-A), Stefan Wul (Niourk), Stanislas Lem (Solaris), Ursula K. LeGuin (La main gauche de la nuit), Ayerdale (Mytale), Dan Simmons (Hypérion), Ann Leckie (La justice de l’ancillaire) et Pierre Bordage (Les guerriers du silence). On y ajoute aussi un essai: L’autre-mental: Figures de. l’anthropologue en écrivain de science-fiction (Pierre Déléage). stars-3-5

Solaris #214 (Printemps 2020)

Solaris-214Ce numéro spécial de Solaris est consacré aux Univers de Joël Champetier. Cinq ans après le décès de ce talentueux écrivain québécois, dix auteurs revisitent ses univers en nous offrant des textes qui s’inspirent et se situent dans l’oeuvre de Joël.

  • “Le passeur de livres” par Geniève Blouin se situe dans l’univers du Mystère des Sylvaneaux
  • “Comment le shiba aux pattes silencieuses décida l’avenir du monde” par Philippe-Aubert Côté se situe dans l’univers de “Visite au comptoir dénébolien” originalement publié dans Sourires
  • “Petite Poule rousse” par Jonathan Reynolds se situe dans l’univers de La Peau Blanche
  • “Celui qui crie” par Ariane Gélinas se situe dans l’univers de La mémoire du lac
  • “La mémoire du papillon” par Pascal Raud se situe dans l’univers de L’aile du papillon
  • “La mort au fond du monde” par Sébastien Chartrand se situe dans l’univers de La mer au fond du monde
  • “L’Amour en l’absence” par Jean-Louis Trudel se situe dans l’univers de La taupe et le dragon
  • “La voie du maître” par Éric Gauthier se situe dans l’univers des Sources de la magie 
  • “Le Rouge” par Élisabeth Vonarburg se situe dans l’univers de “Poisson-soluble” originalement publié dans Solaris #59
  • “Concerto pour extraterrestres ou mathématiciens” par Hugues Morin et Joël Champetier se situe dans l’univers de “Luckenbach, les mathématiques, et les autres dangers de Montréal” originalement publié dans Solaris #100

Le numéro se termine avec un autre épisode des “Carnets du Futurible”, par Mario Tessier: “Joël Champetier et la science dans ses oeuvres de fiction”. Le Futurible nous présente d’abord une courte biographie de l’auteur, puis commente quatre nouvelles (“Survie sur Mars” in ASFFQ 1987, “Coeur de fer” in Solaris 93, “Dieu, un, zéro” in ASFFQ 1990 et “Luckenbach, les mathématiques, et les autres dangers de Montréal” in Solaris 100) et deux romans (La Mer au fond du monde et La Taupe et le dragon) qui comportent des références explicites à la science.

Un fascinant numéro de Solaris qui se veut en quelques sortes un compagnon pour Tous mes univers, un recueil qui offre l’intégrale des nouvelles de Joël Champetier (trente-deux textes, 570 pages!, publié chez Alire), incluant même un inédit: le premier chapitre du roman inachevé Le Carrousel martien. stars-4-0

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Revue de zines… [002.020.209]

Un survol de quelques zines en tous genres… J’en épluche le contenu pour vous.

Animeland #230 (Avril-Juin 2020)

Animeland-230Après des délais de parution, des problèmes de distribution et finalement la COVID-19, je commençais à craindre pour la santé d’Animeland… Mais non, le magazine français de l’anime et du manga nous reviens avec une nouvelle formule qui tiens plus du mook que du magazine. C’est un superbe numéro de 144 pages, plein à craquer de dossiers richement illustrés et d’information de toutes sortes (mais il n’y a plus de section sur les actualités car il est beaucoup plus pertinent et opportun de les retrouver sur le site internet). Ce que AL aurait toujours dû être…

À la une on retrouve un énorme dossier de cinquante pages (!) sur City Hunter : la série télé, les épisodes essentiels, les films, OVAs et dérivés, la musique, portraits du créateur (Tsukasa Hojo) et de son personnage (Ryô Saeba), un article sur Family Compo (un autre manga de Hojo) et finalement des interviews avec Kenji Kodama (réalisateur de l’anime), Akira Kamiya (voix japonaise de Ryô Saeba), Vincent Ropion (voix française de Ryô Saeba), Momoko Suzuki (interprète des chansons de l’anime) ainsi que Philippe et Pierre Lacheau (scénariste et réalisateur de l’adaptation cinématographique Nicky Larson et le Parfum de Cupidon).

Le numéro se poursuit avec une trentaine de pages d’interviews avec Rumiko Takahashi (12 p.), Yukito Kishiro (6 p.), Hisashi Eguchi (6 p.), Makoto Aizawa (3 p., sur Quand la neige m’appelle chez ChattoChatto),  Di Nianmiao (4 p., sur UltraMarine Magmell chez Ototo), Hiroki Goto (2 p., sur Jump: L’âge d’or du manga chez Kurokawa), et Olivier Cuvellier (3 p.)

Puis on retrouve une section de chroniques sur l’anime (12 p.: fiches sur les parutions récentes, liste des titres de la saison d’Hiver 2020 et des parutions à venir), sur les films (6 p.), sur les mangas (16 p., articles sur Chainsaw Man, Lovecraft et le manga, Kôji Seo, ainsi que des fiches sur les parutions récentes et la liste des titres à venir — où je note que le tout dernier Mari Yamazaki, Olympia Kyklos, devait paraitre chez Casterman en juin!), et sur les “goodies” (12 p.).

Un très beau numéro, riche en informations. À lire absolument pour les amateurs d’anime et de manga. stars-4-0

Voir aussi mes commentaires sur les numéros précédents: #228-229, #227, #226, #225, #224, #217-218-219, #216, #214-215, #209.

Capsules

dBD #142 (Avril 2020)

dBD-142Dans les actualités de ce numéro on retrouve un article sur Claire Bretécher (décédée en février), sur la reprise de la série (par Van Liemt et Zidrou) et une exposition à la cité du livre d’Aix-en-Provence de Ric Hochet, et sur la nouvelle collection manga “Moonlight” de Delcourt/Tonkam qui offre trois titres: Parasites amoureux (Miaki / Hotate), Le prix du reste de ma vie (Miaki / Tagushi) et Derrière le ciel gris (Miaki / Loundraw). On mentionne également la nouvelle collection KuroTsume consacrée aux “mangas” français et le décès de André Chéret, créateur de Rahan.

À la une, on retrouve un interview avec Mathieu Lauffrey (Raven, t.1 Nemesis chez Dargaud). S’enchaîne ensuite des interviews avec Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier (La bombe chez Glénat), avec Fabien Toulmé (sur L’Odyssée d’Hakim t.3 De la Macédoine à la France, chez Delcourt), avec Cécile Becq (sur l’intéressant Ama, Le souffle des femmes en collaboration avec Franck Manguin, chez Sarbacane) et avec Dugomier (sur Les Omnicients t.1 Phénomènes, chez Le Lombard). On retrouve aussi des articles sur les adaptations BD de Boris Vian (à l’occasion du centenaire de sa naissance), sur travaux préparatoires de Brüno pour L’Homme qui tue Chris Kyle (en collaboration avec Fabien Nury, chez Dargaud), et sur le scénariste Hubert (qui s’est suicidé en février).

Dans le Cahier Critique je note seulement deux mangas: Un monde formidable par Inio Asano chez Kana (Top!, des histoires courtes plutôt noire qui “propose une image déprimante du Japon”) et Shibuya Hell t.1 par Hiroumi Aoi chez Pika (Bien, “une fois accepté le ridicule de la situation, ce survival-horror (…) est plutôt rondement mené, notamment grâce à un dessin des plus expressifs”).

Une fenêtre sur l’univers complexe de la bande dessinée… stars-3-0

Capsules

dBD #143 (Mai-Juin 2020)

dBD-143À cause du confinement dû au COVID-19, dBD à sauté son numéro de Mai mais nous offre à la place un numéro double (128 pages au lieu de 96) pour Mai-Juin. À la une on retrouve d’abord une série d’articles-hommages (30 pages) sur les grands disparus de l’année : Juan Gimènez, Albert Uderzo, André Chéret, René Follet, et François Dermaut. Dans l’actualité, je note note un article sur la création d’une nouvelle collection de manga, Life, dans le cadre de Big Kana, qui se consacrera au lectorat mûrissant des jeunes adultes (20 à 30 ans) et dont les premiers titres sont d’abord Just Not Married par Kinoko Higurashi (en mai), First Job, New Life! par Yoko Nemu (en juillet), Cigarette and Cherry par Daishiro Kawakami (en septembre), et au second semestre, Corps solitaire par Haru Haruno (en octobre), Chacun ses goût par Machita (en novembre), et & -And par Mari Okazaki (en décembre — c’est quoi tout ces titre en anglais!!).

Le numéro se poursuit sur des interviews avec Zanzim (sur Peau d’homme, en collaboration avec Hubert, chez Glénat), avec Zabus & Hippolyte (sur Incroyable! chez Dargaud), avec Dimitri Armand et Tristan Roulot (sur Le convoyeur t.1 Nymphe, chez Le Lombard), avec Alex W. Inker (sur Un travail comme un autre, d’après le roman de Virginia Reeves, chez Sarbacane), avec Laurent Lerner (sur les éditions Delirium), et avec Dawid (sur SuperS t.5 avec Frédéric Maupomé et À l’unisson avec Delphine Cuveele, tous deux chez La Gouttière). On note également un article sur les chansons de bande dessinées.

Dans le Cahier Critique je remarque Hero Skill t.1 par Akagishi, Eguchi & Masa chez Delcourt/Tonkam (Bien, “prometteur”), San Antonio t.2 par Michaël Sanlaville chez Casterman (Bien, “atmosphères foldingues (…), coquin àa souhait, violent juste ce qu’il faut, rigolo comme pas deux”), Chainsaw Man t.1 par Tatsuki Fujimoto chez Kazé (Super, “si le scénario est pour l’instant assez léger, le traitement graphique est lui époustouflant”) et Néo Parasite par Hitoshi Iwaaki chez Glénat (Super, le commentaire de lecture ne correspond pas du tout à ce qu’est ce bouquin: il commente la réédition de Parasite alors que Néo Parasite est une anthologie d’histoires courtes qui rendent hommage à l’univers créé par Hitoshi Iwaaki !). Dans la section jeunesse, je note deux manga: Jizo par Mr Tan & Mato chez Glénat (Top! “Un ouvrage magnifique, dont la poésie n’a d’égale que la puissance évocatrice”) et Snack World t.1 par Sho.T chez Nobi-Nobi (Bien, “adapté d’un jeu vidéo à succès (…) agacé par les références répétitives aux smartphones (…), le dessin est lui d’un très haut niveau”).

Informatif et essentiel pour se tenir à jour sur la pléthore de parutions en BD. stars-3-5

Voir aussi mes commentaires sur les numéros précédents: #141, #140, #138-139, #136-137, #135, #133-134, #132, #130, #121, et #115.

Capsules

Solaris #212 (Vol. 45, #2 / Automne 2019)

Solaris-212Comme je l’ai déjà dit, Solaris est un périodique québécois de science-fiction et de fantastique qui nous offre en deux volets (fiction / documentaire et critique) une fenêtre privilégiée sur la SF&F francophone et plus particulièrement la SFFQ. Elle se réclame d’être “l’Anthologie permanente des littératures de l’imaginaire”. C’est un outil indispensable à tout amateur de SF et de fantastique. (Les citations descriptives proviennent de la présentation par Jean Pettigrew).

Dans le volet fiction de ce numéro, on retrouve cinq textes : “Manifeste 2113” par Frédéric Parrot (où le lecteur doit “prendre une terrible décision qui engagera l’avenir de la race humaine”), “Le Vieillard, l’enfant et la cuillère pensante” par Denis Roditi (où l’auteur “explore les confins extrêmes de l’éthique”), “Mémoire vive” par Étienne-Janosik Desforges (“une étonnante histoire dans laquelle les horreurs de la première Grande Guerre, le fantastique et la science-fiction s’entremêlent dans une intrigue à glacer le sang”), “Écho perdu” par Geneviève Blouin (où l’auteure “raconte (…) l’improbable rencontre de deux femmes que tout — mais vraiment tout ! — sépare…”) et “Eau et Diamant” par Derek Künsken (“un fascinant voyage dans un futur habité-contrôlé-maîtrisé par les IAs et la culture chinoise”).

Dans le volet documentaire on retrouve deux articles : “Albert Robida : de la satire de la science à la science-fiction” par Julien Chauffour (où on “analyse (…) l’oeuvre de ce dessinateur humoriste et écrivain de grand talent, hélas un peu oublié bien qu’il eut été une figure tout aussi importante que Jules Verne en son temps”) et  “Les Carnets du Futurible : À nous l’infini, ou les visages de la philosophie cosmiste” par Mario Tessier (“qui souligne dignement le cinquantième anniversaire du premier pas de l’Homme sur la Lune”).

Dans le volet critique nous retrouvons les habituels “Littéranautes” (pour les ouvrages locaux) et “Lectures” (pour les ouvrages étrangers) — vous pouvez vous référer au sommaire en ligne pour la liste des titres commentés.

Une bonne et informative lecture. stars-3-0

Voir aussi mes commentaires sur les numéros précédents: #213 et #198.

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Capsules

Pline, vol. 8

Le goût de la ciguë

Pline_8-cov“L’Histoire a retenu son nom. Mais que savons nous du plus grand savant de l’Antiquité ?

“Pline découvre les merveilles d’Alexandrie : son phare, sa bibliothèque… mais une lettre de Sénèque le pousse à reprendre ses voyages. Un nouveau périple qui le fera tomber nez à nez avec le minotaure, ainsi que le colosse de Rhodes ! Néron, quant à lui, est toujours sous le choc suite à l’incendie de Rome. Livré à lui-même, il va devoir se résigner à faire appel à Pline…”

[texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Pline (titre original: プリニウス / Plinius ) est une biographie du naturaliste romain Pline l’Ancien par Mari Yamazaki (Thermae Romae) et Miki Tori. Prépublié au Japon par Shinchôsa dans le périodique Shinchô 45 et dans la magazine littéraire Shinchô depuis le chapitre 54, ce manga seinen est traduit en français chez Casterman (Collection Sakka) et en est maintenant au huitième volume. Le neuvième tome devrait paraître en octobre 2020.

Cette série de manga continue de nous raconter deux récits qui s’entremèlent: d’une part, le voyage de Pline autour de la Méditerranée afin de receuillir toutes sortes d’informations pour l’écriture de son Histoire Naturelle, et d’autre part la vie politique à Rome sous Néron.

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Page 32

À Rome on ressent encore les répercussion de la conspiration de Pison pour assassiner l’empereur et du grand incendie qui a complètement détruit trois quartiers de la ville. Poppée, qui est enceinte, cherche à défendre la réputation de l’empereur (qui est blâmé pour l’incendie) et enquête sur les causes du sinistre. Elle découvre que c’est Tigellin qui a provoqué l’incendie et, par l’intermédiaire du juif Lévite, a utilisé des conspirateurs chrétiens pour répendre le feu en leur faisant croire que c’était sous les ordres de l’empereur et que celui-ci favoriserait leur secte en échange. Peu de temps plus tard, Poppée meurt empoisonnée — mais c’est encore Néron, qui l’avait frappé dans un geste de colère, qui est blâmé pour sa mort… Éperdu de chagrin, Néron cherche l’oubli dans la construction de son nouveau palais, la Domus Aurea. Son obsession ruine la ville mais Tigellin profite de la situation pour faire d’une pierre deux coups: il continue à tourner le peuple contre l’empereur en finançant les travaux grâce à la confiscation des biens de nobles qu’il a préalablement accusé d’avoir supporté la conspiration de Pison… Vespasien est de retour à Rome mais Néron lui demande de l’accompagner en Grèce où il entend participer aux jeux olympiques. Néron cherche à faire revenir Pline à Rome pour qu’il organize la bibliothèque de son palais.

À peine arrivé à Alexandrie, Pline apprends que Sénèque, qui était accusé d’avoir comploté contre Néron, s’est donné la mort avec une infusion de ciguë (imitant ainsi Socrate, mais Tacite raconte qu’il s’était aussi ouvert les veines). Il visite la fameuse bibliothèque d’Alexandrie (dont rien n’a été conservé mais les auteurs se sont inspiré de la bibliothèque de Celsus à Éphèse pour en établir le visuel), puis se rends en Crète et finalement à Rhodes.

Extraits des pages 5 à 9

Dans ce volume on retrouve plusieurs des Sept Merveilles du monde antique: la pyramide de Gizeh, la phare d’Alexandrie et le colosse de Rhodes. Étant donné que le voyage que Pline et ses compagnons font en Afrique et en Grèce relève de la pure fiction, les auteurs laissent libre cours à leur imagination et ajoutent au récit des éléments fantastiques. Ainsi ils mélangent le mythe du Minotaure à celui du géant de bronze Talos pour créer un automate monstrueux mi-humain, mi-taureau que Félix et Euclès doivent affronter dans le dédales du palais en ruine de Cnossos. Le monstre a sans doute été créé par cet inventeur mécanicien originaire de Rhodes (qui n’est d’ailleurs pas nommé) à qui Pline viens rendre visite en Crète et qui lui montre la machine d’Hypérion. Celle-ci a d’ailleurs réellement existé: c’est la machine d’Anticythère, découverte dans une épave romaine sur les côtes d’une île près de la Crète.

Pline est un excellent manga dont le récit est à la fois captivant et instructif. Tout en suivant les péripéties des personnages, nous découvrons non seulement les intrigues politiques à la cour de Néron, mais aussi plusieurs aspects de la vie quotidienne sous l’empire romain. La sujet est fort bien documenté et la narration est fluide et agréable. Toutefois, plus que tout, c’est le dessin précis et détaillé de Mari Yamazaki et Tori Miki qui donne à ce manga sa superbe qualité artistique. Beau et intéressant, Pline offre une lecture passionnante pour tout amateur de manga historique et de la Rome antique. Vivement recommandé!

Pline, vol. 8: Le goût de la ciguë, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), octobre 2019. 200 pg (180 planches), 13.2 x 18 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-203-18382-7. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. stars-4-0

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

[ Amazon — Biblio — Goodreads — Google — Wikipedia — Worldcat ]

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

Pline_1-cov Pline-2-cov Pline-v3-cov Pline-v4-cov Pline-v5-cov pline-v6-cov pline-v7-cov

Pline © 2019 Mari Yamazaki, Tori Miki • 2019 Casterman pour la traduction française.

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Capsules

L’Histoire en manga (6)

La renaissance et les grandes découvertes

Histoire_en_manga-6-cov“Une collection pour découvrir l’histoire en image. Des expéditions de Christophe Colomb au tour du monde de Magellan… De la chute de l’Empire bysantin à la fondation de la dynastie Qing… De Michel-Ange à Léonard de Vinci, ce manga raconte l’histoire du monde pendant… la renaissance et les grandes découvertes !”

[Texte de la couverture arrière]

“Au sommaire de ce tome, une période riche traitée sous ses multiples aspects avec toujours 5 chapitres mangas et 30 pages documentaires.

– L’essor de l’Empire ottoman : La formation de l’Empire ottoman; Bajazet 1er et la bataille de Nicopolis ; Tamerlan et Mehmed II la chute de l’Empire byzantin; Soliman le Magnifique et le siège de Vienne ; L’essor de l’Empire moghol.

– La Renaissance et trois grands maîtres de la peinture : Florence et la Renaissance; Léonard de Vinci ; Le David de Michel-Ange ; La rivalité entre Léonard de Vinci et Michel-Ange; Raphaël et Michel-Ange; Léonard de Vinci et la mort de Raphaël.

– Luther et la Réforme : Léon X et la vente d’indulgences; Les 95 thèses de Luther; Luther devant la diète de Worms; La diète de Spire et les protestants; Jean Calvin; La fondation de l’Église d’Angleterre.

– Christophe Colomb et les grandes découvertes : Le Portugal ouvre une nouvelle route maritime; La découverte du cap de Bonne-Espérance; Christophe Colomb et Isabelle la Catholique; Christophe Colomb et la découverte de l’Amérique; Les voyages de Vasco de Gama et de Magellan; Cortés et Pizarro.

– La Chine sous le règne des dynasties Ming et Qing : La révolte des Turbans rouges; La fondation de la dynastie Ming; Le règne de Ming Yongle; Le missionnaire jésuite Matteo Ricci; La fondation de la dynastie Qing; L’empereur Kangxi et le missionnaire jésuite Giuseppe Castiglione.“

[Texte du site de l’éditeur ]

Cette série de manga éducatif (Gakushū manga) se poursuit avec ce sixième volume qui était originalement intitulé Gakken Manga — Nouveau Manga d’apprentissage de l’Histoire du Monde, 6: La Renaissance et l’âge de la découverte  [ 学研まんが NEW世界の歴史 6 学習まんが 6 ルネサンスと大航海時代 / Gakken manga nyū sekai no rekishi – gakushū manga 6kan runesansu to daikōkaijidai ].

Après avoir vu des séries télévisées comme Les Borgias ou Les Médicis: Maîtres de Florence et avoir lu l’excellent manga de Fuyumi Soryo, Cesare, j’ai trouvé pertinent de lire ce manga documentaire traitant d’une autre période historique qui m’intéresse beaucoup: la Renaissance.

Histoire_en_manga-6-p72-73

Page 72-73

L’artiste a encore changé (Shirotsumekusa est de toute évidence un pseudonyme ou le nom d’un groupe d’artistes puisque シロツメクサ veut simplement dire “Trèfle Blanc”) et pour le mieux puisque le dessin est très bon (particulièrement le travail des dégradés couleurs, bien sûr réalisé à l’ordinateur) et agréable à l’oeil. Comme tout les ouvrages de cette série la narration et le découpage du récit est conçu pour son effet dramatique afin de préserver l’intérêt du lecteur malgré le sujet un peu trop académique. Le principal défaut de ce genre d’ouvrage réside dans le fait que c’est un récit très condensé où on ne présente que les faits saillants d’une histoire pourtant riche en détails. 

C’est néanmoins un bon manga éducatif qui peut servir à introduire le lecteur (jeune ou adulte) à l’histoire du monde d’une façon intéressante et divertissante.

L’Histoire en Manga: T. 6, La renaissance et les grandes découvertes, par Shirotsumekusa (dessin) et Hidehisa Nanbô (texte) (Traduction par Aurélien Estager, Aude Boyer et Yohan Leclerc). Montrouge: Bayard Jeunesse, juin 2019. 192 pages, 16 x 23.5 cm, 12,90 € / $C 24.95. ISBN 979-1-0363-0865-9. Pour lectorat adolescent (12+ ans). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon — Biblio — Goodreads — Google — WorldCat ]

Voir mes commentaire sur les volumes précédents:

Histoire_en_manga-1-cov HistoireEnManga-2

© Gakken 2016. © Bayard Édition, 2019 pour la traduction française.

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Capsules

RIP John Lewis

March-Lewis-covSadly, Congressman John Lewis died yesterday [BBC • CNN • Google •  NYT • USA Today]. He was a hero of the American Civil Right Movement, one of the “Big Six”. In March 1965, he received a severe head injury during the “Bloody Sunday” as he led protesters across the Edmund Pettus Bridge while attempting to march from Selma to Montgomery. Since 1988 he has held a seat at the U.S. House of Representatives for Georgia’s 5th congressional district. He must be remembered for his accomplishments which are even more important in the midst of the Black Lives Matter movement.

I also want to remind everybody that John Lewis (in collaboration with Andrew Aydin and Nate Powell) wrote a biographical comic book retelling his struggle. More than ever it is worth a look…

[ Amazon • Biblio • Goodreads • Wikipedia • WorldCat ]

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