Revue de ‘zines [002.023.008]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage perpétuel sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Capsules

Animeland #239 (Juil.-Sept. 2022)

AL-239Ce numéro nous offre deux dossiers sur L’Attaque des Titans (Retour sur le manga, Evangelion et L’Attaque des Titans, L’être et le géant, L’Escalade métaphorique des armes, La question politique, Et demain?) et Angoulême (Un cluster d’émotions, Exposition Fujimoto, Exposition Mizuki, Inu-Oh, Entretien avec Masaaki Yuasa, Portrait de Taiyô Matsumoto).

Ce numéro nous offre aussi une série d’Entretiens avec Benjamin Maizak (de Koyohan), Guillaume Le Gros (d’Adult Swim) et Luke (CEO de Piccoma). On retrouve également des Reportages sur Crayon Shin-chan et Cartoon Movie 2022.

Dans “On a vu !” on nous présente plusieurs animations notoires: Ao Ashi, Dance Dance Danseur, Police in a Pod, Archipel, L’Enfant du mois de Kamiari, Ma famille afghane, The Witcher: Le cauchemar du loup, Love of Kill, Ma Favorite War, Bubble, Adam by Eve: A life in animation, Thermae Romae Novae, et De l’autre côté du ciel.

Dans “Ça ferait un bon anime !” on nous introduit à quelques bons mangas comme Look Back (par Tatsuki Fujimoto chez Kazé), Wandance (par Coffee chez Noeve Grafx), Bambi Remodeled (par Atsushi Kaneko chez IMHO), On l’a fait (par Mineyuki Kaneshiro & Hikaru Araki chez Noeve Grafx), Miroirs (par Kaiu Shirai & Poussa Demizu chez Kazé), Old Knight Bard Loen (par Shien Bis & Morio Kikuishi chez Noeve Grafx), Nous irons manger du crabe (par Gino0808 chez Noeve Grafx), Millenium Darling (par Midori Iwasawa chez naBan), Chat de Yakuza (par Riddle Kamimura chez Doki Doki), et 300 jours avec toi (par Masaki Kirimoto & Kôhei Nagashii chez Doki Doki)

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Partenariat (Noeve x Animeland), Fermez les Yeux (Comment choisir la musique des anime?), Jeux Vidéo (Elden Ring), Séance Studio (Tôei Animation), Figure de Pro (Noureddine Widad), Trouvaille (Junk Head), Hommage (Fujiko A. Fujio, Jean-Claude Balard), On a lu (Hommage à Illumination) et Humeur.

À lire pour tous fans d’anime. stars-3-0

Capsules

Animeland #240 (Oct.-Déc. 2022)

AL-240Ce numéro nous offre des dossiers sur les trente ans de Sailor Moon (le manga, l’anime, l’expo Sailor Moon Museum, un portrait de la créatrice Naoko Takeuchi et un bilan), sur Annecy 2022 (“On a vu”: Interdit aux chiens et aux Italiens [entrevue avec Alain Ughetto], Le Petit Nicolas, Nayola, Goodbye DonGlees!, My Love Affair With Marriage, Saules Aveugles Femme Endormie, Le Pharaon le sauvage et la Princesse [portrait de Michel Ocelot], Unicorn Wars [entretien avec Alberto Vasquez], Garden of Remembrance [entretien avec Naoko Yamada], panels Sony Pictures et Netflix) et sur Japan Expo 2022 (Conférences animateurs et AnimeLand, Crunchyroll, Animation Digital Network [ADN], Entretiens avec le studio Mappa, Kotteri!, Mika Kobayashi, Yusuke Kozaki et Yuka Nagate).

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires comme One Piece: Red, Magical Doremi, L’Enfant et le Maudit, Spy x Family, Tomodachi Game, Love Death & Robot S3, Trese entre deux mondes, The Sandman, Vampire in the Garden, Les Monstres des mers, Mobile Suit Gundam: Hathaway, Dragon Ball Super: Super Hero, et Summer Ghost [entretien avec loundraw]

Dans “On a lu” on nous introduit à quelques bons mangas comme Zingnize (Warainaku, chez Shiba), Dandadan (Yukinobu Tatsu, chez Crunchyroll), La Déesse de 3000 ans (Fumitaka Katô, chez Michel Lafon), Contes merveilleux du Printemps (Monday Recover, chez Mahô), Histoires courtes de Koyoharu Gotouge (chez Panini), Moi Tsushima (Opû no Kyôdai, chez Le Lézard Noir), Boire pour fuir ma solitude (Kabi Nagata, chez Pika) et Les Promeneuses de l’apocalypse (Sakae Saito, chez Doki Doki).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Focus (remasterisation de Ranma 1/2), Il Était une Pub (Call to Action, webtoon), Expo + Entretien (Masakazu Katsura), Jeux Vidéo (Xenoblade Chronicles 3, The Quarry), Trouvaille (Mad Dog), Séance Studio (Gainax), et Humeur.

À lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

Capsules

dBD #166 (Septembre 2022)

dBD-166Dans le cahier actualités on mentionne une adaptation BD de Le Meilleur des Mondes (par Fred Fordham & Aldous Huxley chez Philéas), Oenologix: Tout savoir sur le vin en bande dessinée (par François Bachelot & Vincent Burgeon chez Dunod Graphic), que les Éditions Akata (dirigées par Bruno Pham et Sylvie Chang) ont choisi le groupe Albin Michel et les éditions Leducs comme partenaires, et que l’anthologie anime Memories par Katsuhiro Otomo, Koji Morimoto & Tensai Okamura sort enfin en salles en France. 

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Alex W. Inker et Thibault Vermot au sujet de Colorado Train (d’après le roman éponyme de Thibault Vermot, chez Sarbacane). Les entrevues se poursuivent avec Quentin Zuttion (sur Toutes les princesses meurent après minuit, chez Le Lombard), Pierre-Henry Gomont (sur Slava t.1, chez Dargaud), Alison Bechdel (sur Le secret de la force surhumaine, chez Denoël Graphic), Jim Bishop (sur Lettres perdues et Mon ami Pierrot chez Glénat), Sylvain Tronchet (sur Très chers élus, 40 ans de financement politique, avec Élodie Guéguen & Erwann Terrier, chez Delcourt/La Revue Dessinée) et Tim Probert (sur Lightfall t.2: L’Ombre et l’oiseau, chez Gallimard).

Dans le Cahier Critique je note Trillion Game t.1 par Riichiro Inagaki & Ryoichi Ikegami chez Glénat (Bien; “(…) sans être médiocre (…) un peu poussif (…) personnages (…) déjantés, procédé ultra osé. (…) un peu fades et prévisibles.”) et Corto Maltese t.16: Nocturnes Berlinois par Juan Diaz Canales & Ruben Pellejero chez Casterman (Super; “le scénario élevé, la riche palette de couleurs et les nombreuses planches aux dessins réussis (…) rendent tout de même un bel hommage [à Hugo Pratt] tout en affirmant la personnalité des auteurs. (…) jolie reprise”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: From the Red fog (par Mosae Nohara chez Panini), Du-Ran-Ki (par Studio Gaga & Kentaro Miura chez Glénat), Dead flag t.1 (par Holico & Jun Nishikawa chez Soleil), SinoAlice t.1 (par Takuto Aoki, Himiko & Jino chez Kurokawa), Dynamic Heroes (par Gô Nagai & Kazuhiro Ochi chez Isan) et Arena t.1 (par Le Chef Otaku & Clarity chez Véga/Dupuis).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.stars-3-5

Capsules

[ Translate ]

À la découverte de la nature [002.023.006]

Zenaida macroura

Tourterelle triste / Mourning dove

[iPhone 13 Pro / Premiere Rush / Speech, Parc Frédéric-Back, 2022/09/04 16:44]

🪶 🪶 🪶 

Texte:

Aujourd’hui, notre exploration de la nature nous amène à découvrir la tourterelle triste.

Son nom scientifique est Zenaida macroura (appelé aussi en anglais Mourning dove).

C’est une espèce d’oiseau de l’ordre des Columbiformes, de la famille des colombidés (qui regroupe les différentes espèces de Colombes, de Tourterelles et de Pigeons) et du genre Zenaida (où l’on retrouve les différentes espèces de tourterelles) — nommé ainsi par l’ornithologue français Charles-Lucien Bonaparte en l’honneur de son épouse Zénaïde. Le nom de l’espèce signifie “grande queue” en grec alors que le nom vernaculaire fait référence au chant de l’oiseau et au sifflement de ses ailes durant le vol qui évoquent une expression plaintive.

Répartie sur un territoire qui va de l’Amérique Centrale au sud du Canada, c’est un oiseau élancé, de taille moyenne (de vingt à trente centimètre de long), à la tête arrondie, au bec court et dont le plumage est dans des tons de gris ou de bruns. C’est un oiseau percheur et granivore. Il passe du temps au sol à la recherche de graine. Il n’est pas trop difficile mais préfère les pignons de pin. Il ne gratte pas le sol mais picore les graines qui sont bien visibles. Sa démarche n’est pas sautillante. 

C’est un oiseau monogame, qui préfère nicher dans les arbres. Sa population importante, estimée à 130 millions d’individus, fait que l’espèce n’est pas considéré en danger immédiat (préoccupation mineure). Ses prédateurs sont les rapaces diurnes, les corvidés, les chats domestiques et les chasseurs humains. C’est un animal qui est souvent considéré comme un symbole de paix.

L’individu observé ici, dans le parc Frédéric-Back, est possiblement blessé car il reste au sol pour une période prolongée et ne s’envole pas à l’approche des humains. Il continue simplement à picorer les graines sur son passage.

Ceci était une présentation de la tourterelle triste. N’oubliez pas de toujours rester attentif à la nature qui vous entoure. 

(Sources: Wikipedia et divers sites zoologiques)

☆ ☆ ☆ 

J’ai fait ce petit vidéo (de 1m52s) pour faire un essai avec Premiere Rush qui m’est offert gratuitement avec mon Plan Photographie de Adobe. Je commence à avoir fait pas mal le tour des possibilités avec iMovie d’Apple et j’aimerais pousser un peu plus loin les montages vidéos intéressants sans me ruiner financièrement. Malheureusement, si il offre beaucoup de possibilités, Premiere Rush m’apparait un peu décevant car la majorité des fonctions qui valent la peine sont premium et demandent donc un abonnement ($12.99 par mois avec Adobe Express). Il y a quand même une grande variété de trames musicales ou d’effets, et les titres sont ajustables (ce qui est une grosse amélioration). Et il y avait des pages titres vraiment superbes mais que je ne pouvais pas utiliser faute de pouvoir exporter (l’utilisation de fonction premium sans abonnement bloque l’exportation). Je vais probablement me réessayer avec Rush (il y a sûrement de quoi faire des montages intéressants même sans les fonctions premium). Sinon il me faudra peut-être me résoudre à essayer DaVinci Resolve qui je crois est encore gratuit mais semble incroyablement compliqué à apprendre et utiliser…

[ Translate ]

Sous le ciel de Tokyo 1

SousLeCielDeTokyo-1-cov“Tout comme le film Le vent se lève de Hayao Miyazaki, Sous le ciel de Tokyo… suit le quotidien d’un couple en pleine Seconde Guerre mondiale.

Fin 1943. Shirakawa, un pilote de chasse ayant combattu dans diverses régions du monde, rentre enfin à Tokyo. Il vient d’être muté au Centre d’essais aériens de l’armée impériale. Après une longue absence, Shirakawa essaie de reprendre sa vie de famille auprès de sa femme Mariko. 

Sous le ciel de Tokyo… raconte le quotidien ordinaire d’un couple à une époque où la vie et la mort se côtoient chaque jour.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Sous le ciel de Tokyo (東京物語 / Tōkyō monogatari / litt. “Histoire de Tokyo”) est un manga seinen par Seiho Takizawa qui a d’abord été publié en feuilletons dans Comic Taiga en 2010 avant d’être compilé en deux volumes chez Dai Nihon Kaiga (juin 2012 et mars 2013). Il a ensuite été republié chez Futabasha en août 2015 (c’est cette édition qui a été traduite en français par Delcourt / Tonkam en 2017). Seiho Takizawa a débuté comme illustrateur dans le magazine Model Graphix et se spécialise dans les récits aéronautiques qui se déroulent durant la Guerre du Pacifique. Un seul de ses mangas a été traduit en anglais (Who Fighter with Heart of Darkness publié chez Dark Horse en 2006) mais une demi-douzaine de ses titres (sur la vingtaine de publiée au Japon) ont été traduit en français, principalement dans la collection “Cockpit” des Éditions Paquet.

SousLeCielDeTokyo-1-p034

T. 1, p. 34

Sous le ciel de Tokyo nous raconte la vie quotidienne d’un officier de l’aviation de l’armée vivant avec son épouse à Tokyo pendant la Guerre du Pacifique. Le récit suit en parallèle les missions d’entrainement et d’essai du pilote, le capitaine Shirakawa, et les difficultés journalières rencontrées par sa femme, Mariko, à cause de la militarisation de la société et du rationnement. On retrouve donc un mélange de scènes de combat et de scènes de la routine de tout les jours. C’est un récit plutôt simple et épisodique mais qui reste intéressant et même touchant. L’auteur semble faire un effort pour ne pas glorifier la guerre et démontrer que la population japonaise était elle-même victime d’un gouvernement militariste. Le style de dessin est beau et simple (un peu inspiré de celui de Katsuhiro Otomo) avec des traits fins et précis. L’utilisation de trames fines et de peu de détails d’arrière-plan laisse les cases assez aérées sauf pour les illustrations d’avions qui sont très riches en détails avec des explications sur la capacité des appareils et ce qui distingue les différents modèles. L’auteur rajoute également des cartes et de nombreux détails historiques sur le déroulement de la guerre et la débâcle de l’armée japonaise. C’est un bon manga qui offre une lecture agréable qui sera surtout apprécié des amateurs de mangas historiques, d’aviation et de la deuxième guerre mondiale.

Sous le ciel de Tokyo…, t.1, par Seiho Takizawa. Paris: Delcourt / Tonkam (Coll. Seinen), novembre 2017. 208 pages, 12.8 x 18.2 cm, 7.99 € / $13.95 Can, ISBN 978-2-413-00085-3. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© Seiho Takizawa 2015. Édition française © 2017 Éditions Delcourt.

[ Translate ]

Blue Period #9

BluePeriod-9-cov“Afin de fabriquer le mikoshi du festival culturel de Geidai, Yatora et ses camarades travaillent d’arrache-pied pendant plusieurs semaines. Mais n’en voyant pas le bout et croulant sous la chaleur de l’été, les étudiants atteignent leurs limites. Heureusement, les renforts arrivent, mais suffiront-ils pour finaliser le projet ? Plus inquiétant encore, Yatora n’a pas peint de toutes les vacances et n’arrive plus à retrouver la joie de dessiner…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Blue period (ブルーピリオド / Burū Piriodo) est un manga Seinen sur la peinture écrit et illustré par Tsubasa Yamaguchi qui est sérialisé depuis juin 2017 dans Monthly Afternoon et a été compilé jusqu’à maintenant en treize volumes chez Kōdansha. La version anglaise est publiée aux USA par Kodansha (onze volumes de disponibles, les suivants sont à paraître fin janvier et mai 2023) et la version française est publiée chez Pika (douze tomes de disponibles). Il a remporté plusieurs prix en 2020 (le Manga Taishō et le Kōdansha manga shō; nominé aussi pour le Tezuka Osamu bunka shō) et a été adapté en une série télévisée d’animation en 2021 (douze épisodes animé par le studio Seven Arcs sous la direction de Koji Masunari et Katsuya Asano, sur un scénario de Reiko Yoshida; diffusée sur MBS, TBS, AT-X et sur Netflix). J’ai déjà commenté les trois premiers volumes, les trois suivants et les volumes sept et huit.

Le projet de mikoshi pour le festival était probablement un peu trop ambitieux mais heureusement le reste de la classe vient donner un coup de main au groupe de Yatora et le festival est une réussite (même s’ils ne gagnent pas le prix du meilleur mikoshi). Yatora profite du reste de l’été en allant à la pêche, en lisant et visitant une exposition sur Velasquez mais il ne peint qu’une seule toile. De retour en classe, les étudiants doivent s’attaquer à deux nouveau projets: peindre une fresque et faire une mosaïque. En faisant son bilan, Yosuke trouve que l’année a été plutôt difficile pour lui et il se demande si il est a la hauteur. Il n’a pas le talent de Yotasuke, avec qui il ‘arrête pas de se comparer, mais tente de compenser en travaillant fort. Et même si certains pensent que l’ardeur au travail est un talent en soi, il manque de confiance…

BluePeriod-9-p054-055

Pages 54-55

Le style de ce manga est très ordinaire mais cela demeure une bonne lecture car les personnages sont attachants et le récit est entrainant. Toutefois, ce qui rend ce manga vraiment intéressant c’est qu’il nous ouvre une fenêtre sur le monde et les techniques de l’art d’une façon plutôt inhabituelle. En effet, l’auteur utilise le style narratif du manga shōnen en présentant une suite de défis et de compétitions comme moteur du récit ce qui a pour résultat de captiver l’attention du lecteur tout en lui enseignant les bases de l’art. Un bon manga mais surtout pour les amateurs d’art.

Blue period vol. 9, par Tsubasa Yamaguchi. Vanves: Pika (Coll. Seinen), mai 2022. 192 pages, 13.4 x 18.0 cm, 7 € 50 /  $12.95 Can, ISBN 978-2-8116-6977-5, Pour lectorat adolescent (12+).stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© 2021 Tsubasa Yamaguchi. All rights reserved.

[ Translate ]

A Drunken Dream and other stories

DrunkenDreamAndOtherStories-Cov“10 stories of the human heart.

Forty years ago, the legendary manga artist Moto Hagio reinvented the shōjo (girl’s comics) genre with an ongoing series of whip-smart, psychologically complex, and tenderly poetic stories. Here now, in English for the very first time, as the debut release in Fantagraphics Books’ ambitious manga line of graphic novels, are ten of the very best of these tales.

The work in A Drunken Dream and Other Stories spans Hagio’s entire career, from 1970’s “Bianca” to 2007’s “The Willow Tree,” and includes the mind-bending, full-color title story; the famously heartbreaking “Iguana Girl”; and the haunting “The Child Who Comes Home” — as well as “Autumn Journey,” “Girl on Porch With Puppy,” the eerie conjoined-twins shocker “Hanshin: Half-God,” “Angel Mimic,” and one of the saddest of all romance stories, “Marié, Ten Years Later.” 

A Drunken Dream and Other Stories is supplemented with a feature-length interview with Hagio, where she discusses her art, her career, and her life with the same combination of wit, candor, and warmth that radiates from every panel of her comics.” 

[Text from the backcover; see also the publisher’s website]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

DrunkenDream-Bianca-p016

Bianca, p. 16

For an introduction on Moto Hagio (her membership of the Year 24 Group and contribution to the development of the modern shōjo manga as well as a selected bibliography) I refer you to my commentary on The Heart of Thomas (it is in French but you can read an auto-translated English version). 

A Drunken Dream and Other Stories is a compilation of ten short stories selected and translated by Rachel (formerly Matt) Thorn. It also includes a very interesting introduction to “The Magnificent Forty-Niners” (Year-24 Group) and a fascinating interview with Moto Hagio (both originally published in The Comics Journal #269 [July, 2005]). 

DrunkenDream-Bianca-p013

Bianca, p. 13

The anthology starts with a short story titled “Bianca” (ビアンカ, 16 p., first published in Shoujo Friend “Signature is V” special issue in 1970). Bianca comes to live with Clara’s family for a week because her parents are away for work (actually they are going through a divorce). She is shy but free spirited: she talks to herself in the mirror and dances barefoot in the forest. Clara finds her strange and laugh at her. When Bianca learns what her parents are up to she runs into the forest. Later that night she is found dead. Now an old woman and a painter, Clara has not forgotten her and keep drawing her into her sylvan paintings… stars-3-0

DrunkenDream-GirlOnPorch-p023

Girl on Porch, p. 23

“Girl on Porch With Puppy” (ポーチで少女が小犬と / Pōchi de shōjo ga koinu to, 12 p., first published in COM in January 1971) offers a similar story. A little girl doesn’t behave has it is expected of her: she talks to and kisses her little dog, enjoys the beauty of nature and walking in the rain. She’s told she is too old for such child play. In the end, all the disapproving adults are pointing their index finger at her and she disappears! I guess this story refers to the fact that in Japanese society where conformity is the norm, if you diverge one way or another, you are ostracized and you become invisible to them (if they could they would make you disappeared!). stars-3-5

DrunkenDream-AutomnJourney-p046

Autumn journey, p. 46

In “Autumn Journey” (秋の旅 / Aki no tabi, 24 p., first published in Bessatsu Shoujo Comic in October 1971), a boy takes a trip to meet with his favourite author. He is unfortunately out on a horse ride but the boy meet his daughter instead. She discovers that her father is also his and that he abandoned the boy and his mother to start a new family. As he comes back from his ride, the father runs after the boy, but he has already boarded the train in tears, thankful that his father remembers him… stars-3-0

“Marié, Ten Years Later” (十年目の毬絵 / Jūnenme no Marie, 16 p., first published in Big Comic Original in March 1977), tells the story of Shima Taichi who nostalgically remembers his college years with his two best friends, Marié and Tsugawa. They were all aspiring artists. He was in love with Marié, but out of the blue she married Tsugawa who was a better artist and both left. He hasn’t seen them since. Shima always felt he was a loser, a geek, an average artist. Ten years later, Tsugawa calls him to let him know that Marié died and left a letter for him. Marié was missing the time when the three of them were together in perfect harmony. Tsugawa ended up not such a good artist after all and couldn’t produce anything for years making Marié unhappy. Shima decides to organize his first gallery show and invites Tsugawa… stars-3-0

DrunkenDream-DrunkenDream-p079

A Drunken dream, p. 79

In “A Drunken Dream” (酔夢 / Suimu, 20 p., first published in the illustrations collection 金銀砂岸 [kingin suna-gan / lit. “Golden sand coast”] in 1980), Lem Palomino works on a research station on Io and always has the same dream: he is a girl (in fact he is an hermaphrodite) and meets a beautiful stranger, but before they can consummate their love one of them dies. One day, she meets a newcomer on the station, Dr Gadan Safaash, who is the man of the dream! He also has the same dream. It seems the dreams are in fact past life memories. They are both stuck in a space-time gap and constantly relive the same tragedy… stars-3-5

DrunkenDream-Hanshin-p098

Hanshin, p. 98

“Hanshin: Half-God” (半神, 16 p., first published in Petit Flower in January 1984) is about two conjoined twin sisters, Yucy and Yudy. Yucy looks like and angel but she’s simpleminded and cannot process well the nutriments, so she’s slowly sucking the life out of Yudy, who is very intelligent but looks ugly because of her bad health. The doctors decides to separate the twins to save Yudy. After the operation, Yucy withers and starts looking ugly like Yudy used to be. After her death, Yudy has recovered and, when she looks in the mirror, she sees only the sister that she hated (or has she become her sister?). But she also loved her. She has an identity crisis and it makes her depressed… stars-3-0

DrunkenDream-AngelMimic-p145

Angel mimic, p. 145

In “Angel Mimic” (天使の擬態 / Tenshi no gitai, 50 p., first published in Petit Flower in November 1984), Tsugiko “Alice” Arisugawa tries to kill herself. She wanted to become an angel. She is rescued by father Joseph and Shiroh who was walking the dog (Jiroh). At school, Tsugiko and Shiroh meet again as he is the new biology teacher. As they learn to know each other, he tries to cheer her up and figure up what’s wrong with her. At first he thinks that she’s depressed because she was dumped by her boyfriend, but then she confesses having had an abortion. She felt she was not good enough to raise a child by herself. He tells her “it was the child who became an angel. You want wings for the child.” She thinks, until human evolve into winged angels, she can at least pretend to be one… A touching story. stars-3-5

DrunkenDream-IguanaGirl-p174

Iguana girl, p. 174

In “Iguana Girl” (イグアナの娘 / Iguana no Musume, 50 p., first published in Petit Flower in 1991), because she’s “different”, a mother sees her baby girl as an iguana (at first I thought it was an allegory for a handicap baby but it seems that it’s simply because the girl was bigger and tomboyish). Rika will grow up complexed. Even if she is very intelligent and beautiful she will see herself as an iguana. However, she realizes that some other people look like animals too and she meets a nice guy that looks like a bull (he’s big and clumsy). When her mother dies, she sees her on her dead bed as an iguana too and imagines the fantasy of her mother being an iguana princess who fell in love with a human and asked a sorceress to transform her into a human. Maybe her mother felt also “different” and transposed her fear into her child? Rika then comes to term with her relationship with her mother. She’s able to move on in her life, marry and have a family of her own… Moto Hagio has confessed that this story is inspired by her own difficult relationship with her mother. stars-4-0

“The Child Who Comes Home” (帰ってくる子 / Kaette kuru ko, 24 p., first published in チャイルド 異形コレクション7 [Chairudo igyō korekushon 7 / lit. “Child Heteromorphic Collection 7”] in 1998) is a ghost story. After her youngest son dies in a traffic accident, a women pretend he is still there and even “sees” him. When she injures herself and is hospitalized, her older son (who’s in trouble at school for cheating and bullying) runs away to the grand-parents. On his way back, he sees his brother. The mother realizes she had been neglecting her other child (she also learns that she’s pregnant again) and stop pretending… stars-3-0

“The Willow Tree” (柳の木 / Yanagi no ki , 20 p., first published in Flowers in 2007) is another ghost story with the first sixteen pages containing only two panels each without any dialogue! A woman with an umbrella is waiting under a willow tree through several seasons to show the passage of the years. Finally, a man go see her and tells her that he was resentful and felt abandoned when she disappeared from his life suddenly. “You’ve been watching me all along (…) I am all right now, mother…” and he hugs the tree… stars-3-0

This superb anthology offers an excellent introduction to the work of Moto Hagio. With narratives imbued with broken families or the burden of non conformity, and their simple but effective art, they are very good examples of the shōjo and josei manga with great depth and complexity despite the fact that they are short stories — although the best stories are the two longest. It is a very good reading that will entertain you but also touch your heart…

A drunken dream and other stories, by Moto Hagio (translated by Matt Thorn). Fantagraphics Books, September 2010, 288 p., 7.3“ x 10.1“, $29.99 US, ISBN 978-1-60699-377-4. For young adult readership (16+). stars-3-5

For more information you can check the following websites:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

Original stories © 1977, 1985, 2007, 2008 Shogakukan Inc. English edition © 2010 Fantagraphics Books. Interviews © 2010 Matt Thorn.

[ Traduire ]

Astérix #39 – Astérix et le griffon

AsterixEtLeGriffon-cov“Astérix, Obélix et Idéfix sont de retour pour une 39e aventure. Accompagnés du plus célèbre des druides, ils s’apprêtent à partir pour un long voyage en quête d’une créature étrange et terrifiante. Mi-aigle, mi-lion, énigmatique à souhait, le Griffon sera l’objet de ce grand voyage ! Toujours réalisée par le talentueux duo formé par Jean-Yves Ferri au scénario et Didier Conrad au dessin, nul doute que cette nouvelle aventure proposera une quête épique et semée d’embûches à nos héros à la recherche de cet animal fantastique ! Le duo, toujours à pied d’oeuvre pour imaginer de nouvelles aventures, s’inscrit dans le fabuleux univers créé par René Goscinny et Albert Uderzo.”

“Un totem de Griffon planté dans un paysage enneigé, sauvage et apparemment désertique, Astérix aux aguets sur son cheval affichant lui-même un regard inquiet, Idéfix dans tous ses états, appelé par un Obélix troublé… Par Toutatis, où sont donc nos héros ?!?

Promesse d’aventure aux confins du Monde Connu, au pays des Sarmates, l’illustration de la couverture laisse augurer d’un Western transposé dans le grand froid… Didier Conrad, auteur du dessin, nous en dit plus : « C’est un Eastern ! Vous retrouverez dans l’album tous les codes classiques du Western : de grands espaces, des héros venus de loin aider des innocents, des « sauvages » qui subissent l’arrivée conquérante d’une armée… mais à l’Est ! »”

[Texte promo et du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Les-voyages-dAsterix

Les voyages d’Astérix. © Éditions Albert-René

Au delà des frontières de l’Empire Romain c’est le Barbaricum, le territoire des barbares. Astérix, Obélix, Idéfix et Panoramix s’y aventurent en plein hiver pour aider un ami chaman du druide, Cékankondine. Les troupes de César ont envahi le territoire Sarmate à la recherche de leur animal sacré, le griffon, que César aimerait exhiber au cirque. Car le géographe Terrinconus lui assure que le grand explorateur grec Trodéxès de Collagène y en a vu. La nièce de Cékankondine, l’amazone Kalachnikovna, est prise en otage par les romains. Après moult péripéties, l’expédition des romains est déjouée. Le géographe cherchait plutôt de l’or et le fameux griffon n’est en fait qu’un cératopsidé (un styracosaure) prisonnier d’un lac gelé. César doit se contenter d’une girafe et le périple des gaulois se termine avec un banquet.

AsterixEtLeGriffon-p023

Page 23

Bon, il faut se rendre à l’évidence: Goscinny et Uderzo sont bel et bien morts et leur héritiers ne sont pas à la hauteur. Toutefois, cet album n’est pas si pire et semble offrir un légère amélioration par rapport aux précédents. On y trouve quelques bon gags (à par les habituels noms humoristiques j’ai bien aimé la yourte nature du chaman ou la livraison gratuite d’amazone). Le dessin est excellent et le récit est plutôt intéressant. J’aime bien l’idée de faire voyager nos héros au-delà de l’Empire jusque dans les steppes pontiques où l’on retrouve les Sarmates et les Scythes. Et il est bien vrai que les romains croyaient à l’existence d’un bestiaire aussi fabuleux qu’improbable (César mentionne dans la Guerre des Gaules l’existence de licornes en Germanie et Pline l’Ancien mentionne plusieurs créatures du même genre dans son Histoire Naturelle). Malheureusement, l’action du récit est un peu platte et je trouve irritant le fait d’attribuer aux peuples du passé nos propres excès de rectitude politique. Cela reste une bonne lecture assez divertissante.

Astérix #39: Astérix et le griffon, écrit par Jean-Yves Ferri et illustré par Didier Conrad. Vannes: Éditions Albert René, octobre 2021. 48 p., 22.8 x 29.4 cm.  ISBN 978-2-86497-349-2. 10.50 € / $14.95 Can. stars-3-0

Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© 2021 Les Éditions Albert René / Goscinny – Uderzo.

[ Translate ]

Les futurs de Liu Cixin #4-5

Quinze récits de Liu Cixin adaptés en BD par des auteurs de tous pays. Quinze voyages d’un espace-temps où croisent les dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, tissant les possibles devenirs de l’humanité.

Les Futurs de Liu Cixin réunit quinze nouvelles, adaptées en bande dessinée, du plus grand écrivain contemporain [chinois] de science-fiction. Son oeuvre, qui explore les devenirs possibles de notre civilisation en conjuguant des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, a été couronnée d’innombrables prix (dont le prestigieux Hugo Award [en 2015]) et s’est vendue à des millions d’exemplaires dans le monde entier. Sa nouvelle “The Wandering Earth” (La Terre Vagabonde) a fait l’objet d’une adaptation cinématographique qui a battu tous les records, et une ambitieuse série télévisée tirée de sa trilogie Le problème à trois corps est en cours de production.

4. Nourrir l’Humanité

NourrirlHumanite-cov“Treize des plus riches personnalités du monde engagent un tueur à gages pour éliminer trois personnes parmi les plus pauvres. Hua Tang accepte le contrat mais s’interroge sur leur dangerosité. Est-ce lié aux étranges distributions populaires de sacs remplis de millions ? Ou bien aux extraterrestres qui se font appeler les Dieux et survolent inlassablement notre Terre depuis cinq ans ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Nourrir l’Humanité (Les Futurs de Liu Cixin, #4), par Sylvain Runberg (scénario, d’après une nouvelle de Liu Cixin) et Miki Montllò (dessin et couleur). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), juin 2022. 126 pages, 21.7 x 29.8 cm, 21.90 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03801-6. Pour un lectorat adolescent (12+). 

5. La Perfection du Cercle

PerfectionDuCercle-cov“227 avant JC, époque des Royaumes combattants. Ying Zheng, roi de la dynastie Qin, veut unifier la Chine. S’il prouve qu’il connaît le langage du Ciel et en comprend les desseins, il les mènera tous vers un avenir meilleur. Grâce à un tout nouveau mode de calcul de données à grande échelle, le savant Jing Ke va lui enseigner ce langage qui réside dans la forme la plus parfaite au monde, le cercle.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La Perfection du Cercle (Les Futurs de Liu Cixin, #5), par Xavier Besse (d’après une nouvelle de Liu Cixin). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), août 2022. 74 pages, 21.8 x 30 cm, 17.95 € / $29.95 Can, ISBN 978-2-413-03806-1. Pour un lectorat adolescent (12+). 

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD de nouvelles de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin”. L’édition française se fait dans un ordre légèrement différent et à ce qui semble être un rythme effréné (à peu près un album par mois!): 1. Terre Vagabonde (mars 2022, par Christophe Bec, Stefano Raffaele et Marcelo Maiolo), 2. Pour que respire le désert (mai 2022, par Valérie Mangin, Steven Dupré et Cyril Saint-Blancat), 3. Les trois lois du monde (mai 2022, par Xiaoyu Zhang et Pan Zhiming), 4. Nourrir l’Humanité (juin 2022, par Sylvain Runberg et Miki Montllò) et 5. La perfection du cercle (août 2022, par Xavier Besse). La série se poursuit ensuite avec les titres suivants: 6. Proies et Prédateurs (octobre 2022, par Jd Morvan, Yang Weilin et Hiroyuki Ooshima), 7. L’Attraction de la foudre (novembre 2022, un imposant album de 272 pages! Par Thierry Robin et Cyril Saint-Blancat), 8. Brouillage intégral (janvier 2023, par Marko Stojanovic, Maza et Desko), 9. La Terre transpercée (février 2023, par Wu Qingsong), 10. L’Ère des anges (mars 2023, par Sylvain Runberg et Ma Yi), 11. Au-delà des montagnes (avril 2023, par Eduard Torrents et Ruben Pellejero), 12. Le calcul du papillon (par Dan Panosian), 13. L’Humanité invisible (par Liu Wei), 14. L’Océan des rêves (par Rodolfo Santullo et JOK), et 15. Les Migrants du temps (par Sylvain Runberg et Serge Pellé). 

Cette série est un impressionnant projet d’envergure internationale puisqu’il mets en oeuvre trente-deux auteurs et artistes venus de onze pays (Chine, France, États-Unis, Argentine, Uruguay, Espagne, Belgique, Japon, Serbie, Italie et Bosnie Herzégovine) et sera publié dans au moins huit pays. Il a été conçu par le fondateur de la maison d’édition chinoise FT Culture, Li Yun (qui détient les droits internationaux sur les nouvelles de Liu Cixin), en collaboration avec la française Corinne Bertrand, qui a dirigé et édité la série. 

NourrirlHumanite-p003

Nourrir l’Humanité, p. 3

Nourrir l’Humanité (赡养人类 / Shànyǎng rénlèi / litt. “Soutenir les êtres humains” — le titre anglais est The Wages of Humanity) est adapté d’une nouvelle du même titre de Liu Cixin publiée en 2005 dans le périodique chinois 科幻世界 (Kehuan shijie / litt. “Le monde de [la] science-fiction“ ou Science Fiction World). C’est le récit de Hua Tang, tueur à gage professionnel, qui reçoit le contrat d’éliminer trois personnes très pauvres: un artiste démuni, un musicien de rue et une jeune femme qui ramasse les déchets dans une décharge. Il s’interroge sur les raisons d’une telle commande et découvre que des envahisseurs venant coloniser la Terre ont offert de payer en compensation un salaire à tous les Humains, équivalent au revenu de la personne la plus pauvre. Pour ne pas trop diminuer leur train de vie, les plus riches décident de partager leur fortune avec le reste de la population en donnant à chacun un million de dollars. Toutefois, trois individu parmi les plus pauvres refusent l’argent, mettant ainsi en péril le revenu des riches. Le récit est entrecoupé de flashbacks qui raconte la jeunesse de Hua Tang, montrant comment il est devenu assassin. En parallèle, nous suivons l’histoire d’une autre Terre. Une civilisation très avancée, qui se fait appeler les “Dieux”, a créé trois planètes similaires à la Terre habitées par des Humains. Sur l’une d’entre elles, un riche industriel est devenu, à force d’acquisitions, l’unique propriétaire de la planète qu’il transforme en jardin personnel où tout est automatisé par une intelligence artificielle. Il règne sur une cour d’Humains cyber-augmentés et la plèbe d’Humains inférieurs est reléguée sous terre et vit dans des conditions difficiles due à la pénurie de ressources (ils doivent payer même l’oxygène qu’il respire). Lorsqu’ils osent demander une meilleure condition de vie, le propriétaire les expulse dans l’espace et leur disant de venir coloniser notre Terre… 

Le récit est bien mené, fluide malgré sa complexité, et présente d’intéressants éléments socio-politiques qui font une sorte de mise en garde sur des possibles avenirs dystopiques de notre planète. Le dessin est excellent, agréable et contribue bien à la fluidité du récit. Chose intéressante, cette histoire contient plusieurs éléments précurseurs ou similaires au roman Le problème à trois corps (d’abord paru en feuilletons en 2006 dans Science Fiction World — et dont j’ai déjà commenté le premier volume). C’est donc une excellente lecture. stars-4-0

PerfectionDuCercle-p005

La perfection du cercle, p. 5

La Perfection du Cercle (圆 / Yuán / Litt. “Rond” — le titre anglais est The Circle) est adapté d’une nouvelle du même titre de Liu Cixin publiée d’abord en anglais en 2014 dans l’anthologie de “hard” science-fiction Carbide Tipped Pens: Seventeen Tales of Hard Science Fiction compilée par Ben Bova et Eric Choi et publiée par Tor Books (où l’on retrouve d’ailleurs la nouvelle “Snows of yesteryear” par Jean-Louis Trudel!). Il s’agit ici non pas de science-fiction mais d’une uchronie se déroulant au IIIe siècle AEC, à la toute fin de l’époque chinoise des Royaumes Combattants, alors que la dynastie Qin a finalement unifié les différents royaumes. Après avoir tenté d’assassiner le roi Ying Zheng (le futur empereur Qin Shi Huangdi) avec une épée dissimulée dans une carte enroulée, le mathématicien Jing Ke (qui dans ce récit survit à sa tentative) le convainc qu’il peut déchiffrer les mystères de l’univers grâce à la perfection du cercle. En effet, “le ratio entre la circonférence du cercle et son diamètre est une série de chiffres qui commence par 3.1415926 [pi] et continue à l’infini sans jamais se répéter.” Si l’on calcul ce ratio jusqu’à au moins cent mille décimales, la série de chiffres, une fois traduite en formes et en images, contiendra un message dévoilant le plus profond mystère de l’univers! Pour effectuer le calcul, il crée un véritable calculateur en utilisant les trois millions de soldats de l’armée de l’empereur, regroupé par équipes de trois (une sorte de transistor humain formé de deux entrées et une sortie), chacun portant un drapeau blanc (représentant le 0) et un drapeau noir (représentant le 1) pour former un opérateur  de fonction logique appelé “porte”. Malheureusement, la calcul est interrompu à mi-chemin car l’empereur est devenu mentalement instable à cause de la potion de mercure qui devait le rendre immortel, ce qui suscite un complot de la part de la Reine-Mère et du faux eunuque Lao Ai ainsi que des révoltes qui menèrent à l’exécution du roi et de son mathématicien…

Le récit est un peu moins intéressant que le précédant mais demeure tout de même fascinant par sa complexité et le processus mathématique  astucieux qu’il présente. Le dessin est encore une fois excellent. Le récit reprend également une idée présentée dans le premier volume du roman Le Problème à trois corps. Comme il s’agit d’une uchronie, on peut se demander sur laquelle des trois Terres se déroule cette fresque historique… Cela demeure divertissant et une très bonne lecture. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © Éditions Delcourt pour la présente édition.

 

[ Translate ]

Le cauchemar d’Innsmouth T.02

CauchemardInnsmouth-2-cov“Innsmouth est une ville bien étrange. Jadis prospère, elle paraît désormais à l’abandon, et les rares habitants semblent tous victimes d’une même affection qui déforme membres et visage… Robert Olmstead, voyageur de passage, cherche à en savoir plus. Le vieux Zadok Allen lui conte alors une sinistre histoire…

Quelques générations plus tôt, le capitaine Obed March aurait livré la cité aux griffes d’innommables créatures marines pour construire sa fortune ! Ébranlé, Robert n’a plus qu’une idée en tête : quitter ce terrible endroit. Mais sa curiosité pourrait encore lui coûter cher…

Découvrez la majestueuse adaptation d’un des récits les plus complexes et haletants d’H. P. Lovecraft ! Mêlant polar, suspense et horreur, Le Cauchemar d’Innsmouth ancre les obsessions de Lovecraft dans le quotidien d’une ville sinistre dont personne ne sort indemne.”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Le cauchemar d’Innsmouth t.2 (インスマスの影 2 ラヴクラフト傑作集 / Insumasu no kage 2 — ravukurafuto kessaku-shū / lit. “L’Ombre sur Innsmouth 2 Chefs-d’œuvre de Lovecraft”) est l’une des nombreuses adaptations des oeuvres de H.P. Lovecraft en manga par Gou Tanabe. Ce manga seinen a d’abord été serialisé dans le mensuel Comic Beam (Enterbrain) entre mai 2020 et mars 2021, puis compilé en deux volumes en mai 2021 chez Kadokawa Shoten.  Il a été traduit en français chez Ki-oon: le premier volume est paru en octobre 2021 et le second en mars 2022. La plus récente adaptation de Lovecraft par Tanabe est L’Abomination de Dunwich (ダニッチの怪 / The Dunwich Horror) qui est publié en feuilleton dans le mensuel Comic Beam (d’octobre 2021 à avril 2022 et devait reprendre dans le numéro d’octobre 2022 après un hiatus de quelques mois). J’ai déjà introduit Le cauchemar d’Innsmouth lors de mon commentaire du premier volume.

CauchemardInnsmouth-2-p017

vol. 2, page 17

L’autobus qui devait amener Robert Olmstead ayant des problèmes mécaniques, il doit passé la nuit au lugubre hotel “Gilman House”. Lorsque quelqu’un tente de s’introduire dans sa chambre durant la nuit, il doit fuir par la fenêtre et le toit de l’édifice voisin. En évitant la troupe de villageois à sa poursuite, il réussit à rejoindre la gare désaffectée puis à longer l’ancienne voie ferrée et ensuite la route pour rejoindre le village de Rowley. Là il a prit le train de nuit pour Arkham. Il avertit les autorités de ce qu’il a vu et entreprend les recherches généalogiques qu’il avait planifier de faire. Un an plus tard, il se rend à Cleveland dans la famille de sa défunte mère pour en apprendre plus sur ses ancêtres. Il découvre avec horreur que son arrière-grand-mère était la fille d’Obed Marsh! Le sang des créatures des profondeurs coulait dans ses veines. Allait-il lui aussi lentement se transformer en l’une de ces créatures hideuses ?

CauchemardInnsmouth-2-p156-157

vol. 2, pages 156-157

De voir l’un des récits les plus forts de Lovecraft, un des textes développant le fameux “Mythe de Cthulhu”, adapté d’une main de maître par Tanabe est excitant. C’est une très bonne lecture car le récit est fluide et captivant, mais ce qui le rend encore plus intriguant est le style superbe de Tanabe, à la fois sombre et détaillé, qui exprime parfaitement l’horreur des histoires de Lovecraft (on y retrouve d’ailleurs près d’une vingtaine d’illustrations double-pages comme celle ci-haut!). De plus, c’est présenté dans beau livre à couverture simili-cuir. Je trouve juste dommage que le récit ait été publié en deux volumes. C’est une excellent occasion de découvrir (ou redécouvrir) l’oeuvre de Lovecraft.

Ne manquez pas de lire aussi mes commentaires sur les adaptations précédentes par Tanabe des “Chefs-d’oeuvres de Lovecraft“…

Le cauchemar d’Innsmouth T.2 (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft, 7), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), mars 2022. 240 p., 15 x 21 cm, 15 € / $C 28.95. ISBN 979-10-327-1114-9. Pour lectorat jeune adulte (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© Tanabe Gou 2021 

 

[ Translate ]

Revue de ‘zines [002.022.346]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage perpétuel sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #238 (avril-juin 2022)

Ce numéro nous offre un dossier sur Arcane qui traite de la stratégie de Riot Games, offre une analyse de la série télé, une visite du studio d’animation 3D Fortiche Production, un entretien avec Pascal Charrue (co-réalisateur de l’animation avec Arnaud Delord). On élargie ensuite le sujet avec un article sur les jeux adaptés en anime (Pokémon, Sonic X, Dragon Quest, Fatal Fury, Final Fantasy, Street Fighter, Darkstalkers, Castlevania, Lapins Crétins) et sur l’animation française pour adultes (Le Roi et l’Oiseau, La Planète Sauvage, Les maîtres du temps, Gandahar, Parfum de l’invisible, Corto Maltese, Persépolis, Le Chat du Rabbin, Le Sommet des Dieux, etc.) et on termine en s’intéressant à l’avenir des adaptations de jeux vidéos.

Ce numéro nous offre également une série d’Entretiens avec Masahi Ando (réalisateur du Roi Cerf), Pierre Périfel (réalisateur chez Dreamworks), Isabelle Volpé (actrice de doublage), Shiro Kuroi (mangaka), Romain Regnier (fondateur de la plate-forme de manga numérique mangas.io), Nakaba Suzuki (auteur de Seven Deadly Sins), Fédoua Lamodière (traductrice de manga) et Yann Labasque (directeur des programmes jeunesse de TF1).  

On retrouve également des Reportages (Focus) sur l’Heroic Fantasy dans l’animation Japonaise (Weathering Continent, Berserk, Guin Saga, Vision of Escafowne, Chroniques de la guerre de Lodoss, Les 12 Royaumes, etc.), Japan Expo Sud 2022 et sur Mark Millar (scénariste de comics).

Dans “On a vu !” on nous présente plusieurs animations notoires: Jojo’s Bizarre Adventure: Stone Ocean, My Dress-Up Darling, Demon Slayer S2, L’Attaque des Titans Saison Finale partie 2, Pil, Le Requiem du Roi des Roses, Super Crooks, Faraway Paladin, Notre jeunesse en orbite, My Hero Academia World Heroes’ Mission, Le Cuphead Show!, Les Bad Guys, et Alerte Rouge.

Dans “Ça ferait un bon anime !” on nous introduit à quelques bons mangas comme Love Fragrance (par Kintetsu Yamada chez Kana), Criminelles fiançailles (par Asuka Konishi chez Pika), Pour le pire (Taro Nogizaka chez Glénat), Lone Wolf & Cub (par Kazuo Koike & Goseki Kojima chez Panini), La danse du Soleil et de la Lune (par Daruma Matsura chez Ki-oon), Manchuria Opium Squad (par Tsukasa Monma & Shikako chez Vega-Dupuis), Irene (par Ideki Arai chez Black Box), Dai Dark (par Q Hayashida chez Soleil), Flow (par Yuki Urushibara chez Kana), Saturn Return (par Akane Torikai chez Akata), Kowloon Generic Romance (par Jun Mayuzuki chez Kana), The Devil of the gods (par Tsukasa Saimura & Kozo Takahashi chez Glénat), Goodnight I Love You (par John Tarachine chez Akata), Les Affamés (par Kunitaro Tomoyasu chez Akata), Qin Opéra (par Li Zhiwu & Men Xiaoyan chez Patayo), Android Type One (par Yashima chez Omaké), Sakamoto Days (par Yuto Suzuki chez Glénat), et Banana Sioule (par Michaël Sanlaville chez Glénat).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Portrait de (Masahi Ando), Fermez les Yeux (de la K-Pop dans les anime), Séance Studio (Shin-Ei Animation), Figure de Pro (Mounia Aram), Trouvaille (Pui Pui Molcar), Hommage (Franck Olivier, Marie-Noëlle Neveu, Keiko Nobumoto), Il Était une Pub (Yatta, Acura!), On a lu (Mamoru Oshii: rencontre(s)), et Humeur.

À lire pour tous fans d’anime.

 

dBD #165 (juillet-août 2022)

Dans le cahier actualités on mentionne le second volume de l’intégrale Le Génie des Alpages par F’murr chez Dargaud et la parution des deux premiers volumes de Dandadan par Yukinobu Tatsu chez Crunchyroll (anciennement Kazé, qui a été racheté par la plate-forme américaine).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Gilbert Shelton (sur Freak Brothers et le volume deux de l’intégrale Zap Comix chez Stara).  Les entrevues se poursuivent avec Hyung-rae Kim (sur la firme coréenne Kakao Piccoma et l’arrivé en France de sa plate-forme webtoon), Fabcaro (sur son exposition à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême, avec des commentaires de Gilles Rochier, Jean-Philippe Garçon, et Fabrice Erre), Christian Rossi (sur Chevauchées chez Éditions I), Benoît Sokal & François Schuiten (sur Aquarica, chez Rue de Sèvres), Mirion Malle (sur C’est comme ça que je disparais et Adieu triste amour, chez La Ville Brûle), Giulio Macaione (sur Sirocco, chez Ankama), Miguel Vila (sur Padovaland, chez Presque Lune), Sansuke Yamada (sur Sengo T.7/7, chez Casterman), Hervé Richez (sur les vingt ans de la collection Grand Angle des éditions Bamboo), Alex Nikolavitch (sur L’Ange du prolétariat, une vie de Youri Gagarine, avec Félix Ruiz, chez 21g) ainsi que Anaïs Halard & Bastien Quignon (sur Sacha et Tomcrouz T.4: Cambriolage sur le Nil, chez Soleil, coll. Métamorphose). Ce numéro double (130 pages) dense et varié nous offre également un article sur l’oeuvre de Neal Adams disparu en avril dernier.

Dans le Cahier Critique je note La Fille à la moto par Oji Suzuki chez Atrabile (Bien; “Les histoires d’Oji Suzuki ne décrivent pas un Japon idylliques (…) mais plutôt celui des bas-fonds (…). Cela permet de réfléchir sur cette autre facette du Pays du Soleil Levant”), et Les Promeneuses de l’Apocalypse t.1 par Sakae Saito, chez Doki-Doki (Bien; “récit post-apocalyptique relativement convenu”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Ce printemps rémanent (par Shiki Kawabata chez Akata), Bambi Remodeled (par Atsushi Kaneko chez IMHO), Planetès Perfect Collection (par Makoto Yukimura chez Panini), Code Name Sailor V Eternal Edition (par Naoko Takeuchi chez Pika), Nakogahara: Stray Cat Samurai (par Hiroyuki Takei chez Pika), Nina du royaume aux étoiles (par Rikachi chez Kazoku/Michel Lafon), Shark Panic (par Tsukasa Saimura chez Omaké), The Brave Wish Revenging t.1 (par Manimani Ononata & Akira Sakamoto chez Delcourt), Back From Hell t.1 (par Yuki Karaku & Shotaro Kunitomo chez Soleil), Neon Genesis Evangelion Perfect Edition t.1 (par Yoshiyuki Sadamoto chez Glénat) et The Druid of Seoul Station (par Sungho Mon, Livebear & Seul Woo Jin chez Delcourt/Kbooks).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

Solaris #222 (Printemps 2022)

Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre (dites de l’imaginaire, spéculative ou “paralittérature”) au Québec et parfois d’ailleurs. Celle-ci s’ouvre à nous en trois volets: le volet fiction comprend quelques nouvelles qui nous offrent l’occasion de se divertir tout en échantillonnant ses différentes saveurs actuelles. Le volet documentaire nous offre des articles pour découvrir et mieux comprendre ses différents aspects. Finalement, le volet critique se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste.

Dans le volet fiction ce numéro nous offre quatre courts récits:

  • “Atamishkatun” par Josée Bérubé. Mathieu passe l’été au chalet de ses parents qui se sont suicidés. Il est un peu perdu et cherche à se recentrer. Il ressentira l’appel mystique de la forêt mais surtout du lac Atamishkatun, qui le mettront à l’épreuve mais lui donneront une raison de poursuivre… Beau récit de lieux qui nous semblent familiers…
  • “Une fille, enflammée de vie” par Claude Lalumière. Dans un monde de flamme une fille enfante des générations de créatures qu’elle façonne à son gré pour peupler son monde, avec l’aide de Feu son compagnon un peu trop insistant dont elle finira par se libérer. Un intéressant mythe de création ou une allégorie sur la violence conjugale ?
  • “Étoiles rouges, étoiles blanches” par Gaël Marchand. Dans une Moscou future, ouverte et cosmopolite, une assistante-réalisatrice pour un studio de cinéma se retrouve, par un concours de circonstance, à appliquer comme cosmonaute à l’Agence Spatiale de l’Union des Républiques…
  • “Taches” (première partie) par Claude Bolduc. Un photographe découvre dans les poubelles une vieille caméra digitale. Il l’utilise pour prendre quelques clichés mais se rend compte que certaines images comportent des taches. De plus l’appareil semble avoir des propriétés étranges…

Le volet documentaire offre un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui s’intéresse cette fois aux encyclopédies. Il en trace un historique (fort bien documenté) et nous parle de la place qu’elles occupent en littérature et au cinéma. Fascinant, comme toujours. Et dans la chronique “Le DALIAF présente…”, qui se veut une sorte de mise à jour du Dictionnaire des Auteurs de Littératures de l’Imaginaire en Amérique Française, Claude Janelle nous présente l’utopie La Québécie par la mystérieuse auteure Francine Lachance. Pour finir, le volet critique nous offre un impressionnant trente-huit pages de commentaires couvrant vingt-trois titres! (pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne)

Solaris, qui se veut “l’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire”, nous offre comme toujours un numéro très riche qui demeure un incontournable pour tout amateur du genre.

 

[ Translate ]

L’Art du Manga

ArtDuManga-cov“Une présentation du monde des mangas dans laquelle l’auteur s’intéresse à leur origine, à leur évolution et à leur industrie. Il évoque également leur influence dans le monde entier, en particulier en France, ainsi que leurs liens avec l’animation, les jeux vidéo et l’art contemporain.

Savez-vous que Hokusal et les estampes sont les véritables ancêtres du manga contemporain ? Que chaque public trouve au Japon un manga adapté à son âge, son sexe, sa situation familiale ? Ou encore savez-vous que la France est le pays qui lit le plus de mangas au monde, après le Japon ? Comment se crée un manga ? Qui sont le mangaka et le tantôsha ? 

Un ouvrage accessible a tous pour découvrir l’univers du manga, les rouages de son industrie, ses origines et évolutions, et, bien sur, ses liens avec les arts contemporains. L’art du manga n’aura plus de secrets pour vous !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Assez brièvement (avec des articles généralement de seulement deux pages), cet ouvrage fait le tour de l’histoire et de tous les aspects importants du manga. Le premier chapitre, “Le manga, miroir du Japon”, se divise en plusieurs sous-sections: Au Japon, une culture du dessin plus que millénaire (où l’on fait remonter l’origine des mangas aux rouleaux peints (emakimonos) et à Hokusai); Une brève histoire des origines du manga moderne (les premiers mangas voient le jour durant les années ’30 et amènent l’explosion des magazines de prépublication); Osamu Tezuka, le père du tous les mangakas; Jeune [kodomo] ou vieux [Seinen, Josei], garçon [shônen] ou fille [shôjo]: à chaque lecteur ses mangas; Un “Style” manga éloigné des codes européens et américains; L’industrie du manga: des périodiques aux livres; Le Weekly Shônen Jump, fleuron du manga; Comment fabrique-t-on un manga?; et Les métiers du manga (mangaka, tantôsha [responsable éditorial], assistants).

Le second chapitre, “Le manga, une culture internationale”,  inclut les sections suivantes: Comment le manga a conquis le monde (la culture manga influence la BD et le cinéma); Les célébrités du manga contemporain (Go Nagai, Leiji Matsumoto, Eiichiro Oda, Akira Toriyama, Masashi Kishimoto); Le marché du manga en France; Comment sont adaptés les mangas en français ?; Manga et japanimation : une histoire commune; Manga et jeu vidéo; Manga, japanimation, jeu vidéo : des industries en crise ?; Artistes français et japonais : des parcours croisés; et Le manga à la française. 

Le troisième et dernier chapitre, ”Le manga, reflet de la société contemporaine”, aborde les sujets suivants: Yoshihiro Tatsumi et Kazuo Kamimura : deux icônes du Gekiga; Le manga au féminin (Machiko Hasegawa, Riyoko Ikeda, le Groupe de l’an 24, Naoko Takeuchi, CLAMP, Kyoko Okazaki, Ai Yazawa, Rumiko Takahashi); Les mangas sont-ils trop violents et trop sexués ?; La culture cosplay; Japan Expo; Manga et art contemporain; et Le webtoon.

L’ouvrage se termine sur un glossaire et une bibliothèque manga idéale en 50 titres: Akira (Katsuhiro Otomo, chez Glénat), Amer Béton (Taiyo Matsumoto, chez Delcourt), Appleseed (Masamune Shirow, chez Glénat), Ashita no Joe (Asao Takamori & Tatsuya Chiba, Glénat), Au coeur de Fukushima (Kazuto Tatsuta, Kana), Ayako (Osamu Tezuka, Delcourt), Bakuman. (Tsugumi Oba & Takeshi Obata, Kana), Battle Royale (Masayuki Taguchi & Koshun Takami, Soleil), Billy Bat (Naoki Urasawa & Takashi Nagasaki, Pika), Bride Stories (Kaoru Mori, Ki-oon), Capitaine Albator Le Pirate de l’Espace (Meiji Matsumoto, Kana), City Hunter (Tsukasa Hojo, Panini), Cobra (Buichi Terasawa, Black Box), Crying Freeman (Mazuo Koike & Ryoichi Ikegami, Kabuto), Dead Dead Demon’s Dededededestruction (Inio Asano, Kana), Death Notę (Tsugumi Oba, & Takeshi Obata, Kana), Devilman (Go Nagai, Black Box), Domu, Rêves d’Enfants (Katsuhiro Otomo, Les Humanos), Dragon Ball (Akira Toriyama, Glénat), Fairy Tail (Hiro Mashima, Pika), Gantz (Hiroya Oku, Delcourt), Gen d’Hiroshima (Keiji Nakazawa, Vertige Graphic), Golgo 13 (Takao Saito, Glénat), Gon (Masashi Tanaka, Pika), Guunm (Yukito Kishiro, Glénat), Icare (Jiro Tanigushi & Moebius, Kana), La fille de la plage (Inio Asano, IMHO), L’Île Panorama (Suehiro Maruo, Casterman/Sakka), Le vagabond de Tokyo (Takashi Fukutani, Le Lézard Noir), L’Homme sans talent (Yoshiharu Tsuge, Atrabile), La plaine du Kanto (Kazuo Kamimura, Kana), La Rose de Versailles (Riyoko Ikeda, Kana), Le coeur de Thomas (Moto Hagio, Kaze), Le Sommet des Dieux (Jiro Taniguchi, Kana), Les fleurs du mal (Shuzo Oshimi, Ki-oon), Lorsque nous vivions ensemble (Kazuo Kamimura, Kana), Monster (Naoki Urasawa, Kana), Naruto (Masashi Kishimoto, Kana), Nausicaä de la vallée du vent (Hayao Miyazaki, Glénat), NonNonBa (Shigeru Mizuki, Cornelius), One Piece (Eiichiro Oda, Glénat), Opus (Satoshi Kon, IMHO), Planètes (Makoto Yukimura, Panini), Pluto (Naoki Urasawa, Kana), Quartier Lointain (Jiro Taniguchi, Casterman), Ranma ½ (Rumiko Takahashi, Glénat), Slam Dunk (Takehiko Inoue, Kana), Une vie dans les marges (Yoshihiro Tatsumi, Cornélius), Vinland Saga (Makoto Yukimura, Kurokawa) et Wet Moon (Atsushi Kaneko, Casterman).

Une référence importante à avoir et à lire.

L’Art du Manga, par Jean-Samuel Kriegk. Paris: Éditions Palette, avril 2021. 76 pages. 24 x 27.5 cm, 29,50 € / $48.95 Can,  ISBN 9782358322980. Pour un public jeune adulte (14+). stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • WorldCat ]

© Éditions Palette, 2021.

[ Translate ]

Yoko Tsuno #30: Les Gémeaux de Saturne

YokoTsuno-30-cov“Khâny emmène Yoko sur Saturne pour explorer un morceau de comète qui semble contenir eau et oxygène et qui a envoyé un énigmatique message d’alerte : « Sauvez Rya. » Dans la crevasse d’où provient le SOS, les deux amies découvrent l’épave d’un « vaisseau surgelé » à l’intérieur duquel se trouve Rya, une petite créature — biologique mais génétiquement modifiée — profondément endormie et enfermée dans un sarcophage de survie. Avec Tôpy, son frère synthétique qui veille sur elle, ce sont les « gémeaux de Saturne » ! Et ils ont de lourds secrets à révéler à Yoko…

Roger Leloup a pris l’habitude d’alterner histoires dans l’espace et histoires « terrestres ». Que ce soit sur Terre ou sur Saturne, ses histoires sont toujours passionnantes et empreintes d’humanisme.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Cette série de bande dessinée centrée sur le personnage de Yoko Tsuno (une belle ingénieur japonaise) et créée par l’artiste belge Roger Leloup est d’abord paru en une série d’histoires courtes en collaboration avec Maurice Tillieux dans le Journal de Spirou en 1970 et 1971. Dès mai 1971, Leloup poursuit, en solo, toujours dans Spirou, avec des histoires complètes. Un peu plus de cinquante ans plus tard, à quatre-vingt-huit ans, Roger Leloup nous présente le trentième récit de son héroïne.

YokoTsuno-30-p04

T. 30, p. 4

Yoko reçoit de Khâny un nouveau vaisseau en cadeau et se fait amener en balade vers Saturne, où l’équipage explore une comète et découvre un vaisseau naufragé. À bord il y a Rya (une petite vinéene génétiquement modifiée), son compagnon Tôpy (mi-biologique, mi-synthétique) et leur robot Kyps. L’équipage doit affronté du plasma intelligent qui tente de prendre le contrôle de Yoko, des complots vinéens (dont je n’ai pas trop compris la nature car il y a beaucoup de tensions et de conflits entre cette pléthore de personnages) et, bien sûr, Yoko ne peut résister à rescaper des créatures menacées pour les ajouter à sa ménagerie d’orphelins… 

Cet album est une grosse déception. Dans le volume précédant Leloup promettait pour le suivant une aventure où Yoko allait faire face à un dilemme devant des humains robotisés. Cela avait l’air excitant. Si on retrouve un peu de cette thématique dans cet album, le récit est trop confus pour fournir la moindre excitation. Encore une fois Leloup tente de faire entrer un récit de quatre-vingt-seize pages dans un album de quarante-huit! Il prend trop de raccourcis, le récit manque de fluidité, les textes et les dialogues sont pauvres, ce qui fait que le lecteur a de la difficulté à suivre l’histoire. Pire, le dessin est devenu parfois imprécis, surtout les visages des personnages secondaires — toutefois les décors demeurent encore très bien (ils sont probablement le domaine d’assistants?). Cela pose la question: Leloup deviendrait-il sénile? Serait-il temps, comme pour d’autre séries, de passer le flambeau à des créateurs plus jeunes?

Yoko Tsuno est une BD qui a marqué beaucoup ma jeunesse mais qui malheureusement ne m’apporte plus aucun plaisir… C’est vraiment dommage. À chaque nouvel album j’espère toujours que cela va s’améliorer mais, hélas!, cela empire. Serait-ce une allégorie de la vieillesse: le personnage reste jeune mais c’est la structure même du récit qui reflète la décrépitude du créateur? À lire mais à vos risques…

Yoko Tsuno 30: Les gémeaux de saturne, scénario et dessin par Roger Leloup (mise en couleur par Studio Léonardo). Paris: Dupuis, mai 2022. 48 pages, 21.8 x 30 cm, 11.90 € / C$17.95 , ISBN: 979-1-0347-5428-1. Recommandé pour public jeune (9+). stars-2-0

Voir mes commentaires sur des tomes précédents.

Pour plus d’information vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

 © Dupuis, 2022.

[ Translate ]

Yawara ! #6

Yawara-6-cov“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publiée en français chez Big Kana. Il y a neuf volumes de paru jusqu’à maintenant, le dixième étant annoncé pour la fin novembre 2022 et les suivants pour janvier et avril 2023. J’ai déjà commenté le premier, le second, le troisième, le quatrième et le cinquième volumes.  

Yawara-6-p004

T. 6, p. 4

Dans ce volume, Yawara participe au championnat national qui doit déterminer les candidats qui participerons aux jeux olympiques. Sayaka, qui s’est blessé à la cheville, ne peut pas affronté Yawara et c’est cette dernière qui remporte le championnat. Jigorô réussit à convaincre le président du comité olympique d’inclure le judo “toute catégorie” dans les compétitions. Ainsi, Yawara est sélectionnée pour la compétition “toute catégorie” et Sayaka pour la catégorie des moins de 48 kg. Dans les semaines qui précèdent les olympiques plusieurs athlètes viennent s’entrainer au Japon ce qui permet à Yawara de les rencontrer. Elle apprend que son père, qui a mystérieusement disparu depuis de nombreuses années, serait à  Séoul. Bientôt, la compétition des 24e jeux olympiques débute. Les adversaires de Yawara seront principalement la canadienne Jody Rockwell, la belge Berckens et la russe Tereshkova. Dans les moins de 48 kg, Sayaka perds son match contre la coréenne Kim Yeounsuk et est éliminé! Berckens, Yawara, Rockwell et Tereshkova éliminent leurs premiers adversaires sans difficulté. Et maintenant, Yawara doit affronter Berckens! C’est un volume qui offre beaucoup plus d’action qu’à l’habitude mais tout de même avec quelques interludes dramatiques ou humoristiques…

Yarawa! est  une comédie romantique de sport qui offre un beau style de manga classique et un récit à la fois captivant et amusant, parsemé de (controversés) clins-d’oeil coquins. Cela en fait une lecture agréable et distrayante. Vivement la suite!

Yawara t. 6, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), novembre 2021. 298 pages, B&W (22 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8652-9, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© 2014 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2021 pour l’édition française.  

[ Translate ]

Blue Period #7-8

BluePeriod-7-covVol. 7

“Yatora a réussi l’exploit d’être admis au concours de Geidai du premier coup. Le cœur vibrant, plein d’attentes et d’inquiétudes à la fois, il fait ses premiers pas à l’Université des Arts de Tokyo pour goûter à sa nouvelle vie d’étudiant. Il va y faire des rencontres surprenantes, mais va également se confronter à la dure réalité des écoles d’art…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Blue period vol. 7, par Tsubasa Yamaguchi. Vanves: Pika (Coll. Seinen), janvier 2022. 192 pages, 13.3 x 18 cm, 7 € 50 /  $12.95 Can, ISBN 9782811661014, Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

BluePeriod-7-p80-81

T. 7, pp. 80-81

BluePeriod-8-covVol. 8

“À peine entré à Geidai, Yatora déchante. Non seulement il se sent incompétent comparé aux autres étudiants, mais les professeurs lui font également comprendre qu’il doit commencer par oublier tout ce qu’il a appris jusqu’ici pour trouver sa propre identité artistique. Rien ne semble gagné pour Yatora, qui est aussi dépité qu’exaspéré… mais ouvert à la découverte d’autres centres d’intérêt !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Blue period vol. 8, par Tsubasa Yamaguchi. Vanves: Pika (Coll. Seinen), mars 2022. 192 pages, 13.2 x 18.1 cm, 7 € 50 /  $12.95 Can, ISBN 9782811668068, Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

BluePeriod-8-p86-87

T. 8, pp. 86-87

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Blue period (ブルーピリオド / Burū Piriodo) est un manga Seinen sur la peinture écrit et illustré par Tsubasa Yamaguchi qui est sérialisé depuis juin 2017 dans Monthly Afternoon et a été compilé jusqu’à maintenant en douze volumes chez Kōdansha. La version anglaise est publiée aux USA par Kodansha (dix volumes de disponible, les suivants sortiront à la fin novembre 2022, en janvier et en mai 2023) et la version française est disponible chez Pika (le douzième volume devrait paraître à la mi-novembre 2022). Il a remporté plusieurs prix en 2020 (le Manga Taishō et le Kōdansha manga shō; nominé aussi pour le Tezuka Osamu bunka shō) et a été adapté en une série télévisée d’animation en 2021 (douze épisodes animé par le studio Seven Arcs sous la direction de Koji Masunari et Katsuya Asano, sur un scénario de Reiko Yoshida; diffusée sur MBS, TBS, AT-X et sur Netflix). J’ai déjà commenté dans un premier temps les trois premiers volumes puis les trois suivants.

Yatora est finalement accepté à l’université de Geidai mais il se rend rapidement compte que le plus difficile reste à faire. Il se fait dire que tout ce qu’il a fait jusqu’à maintenant n’était pas vraiment de l’Art. Mais qu’est-ce que de l’Art? Il a de la difficulté à réaliser les projects pour ses cours. Il est découragé et doit tout réapprendre. Toutefois il se fait de nouveaux amis à l’université qui l’aident dans sa nouvelle quête. Dans le tome huit, les étudiants des départements des beaux-arts et de musique de Geidai se regroupent en équipes pour fabriquer des mikoshi (sorte de char allégorique) et des happi (manteau traditionnel) pour un festival culturel. Le sujet qu’ils choisissent est un peu complexe. Malgré leur inexpérience (et un typhon!) réussiront-ils a terminer le mikoshi à temps pour le festival?

J’ai trouvé ces deux tomes un peu moins intéressants que les précédents. Le style de Tsubasa Yamaguchi me semble toujours plutôt ordinaire mais le fait que le récit nous amène découvrir le monde et les techniques de l’art en utilisant les codes du manga shōnen mérite tout de même de recevoir quelques éloges. Cela reste un bon manga, agréable à lire, qui intéressera surtout les amateurs d’art et de manga.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© 2020 Tsubasa Yamaguchi.

[ Translate ]

Revue de ‘zines [002.022.308]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage perpétuel sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #237 (Janvier – Mars 2022 )

AL-237Ce numéro de 144 pages nous offre un dossier sur le film Belle de Mamoru Hosoda: on le commente, on l’analyse, on trace un portrait du réalisateur, suivi d’un entretien avec lui, avec un focus sur les grands thèmes de son oeuvre, pour finir sur des entretiens avec Yuichiro Saito (producteur) et Louane (la voix française de Belle).

On retrouve également des Reportages sur l’exposition Capcom vs. les personnages de Tezuka qui s’est tenu dans le Parco Factory du quartier d’Ikebukuro à Tokyo, sur Cartoon Forum (un marché qui réunie studios de production et acheteurs) et sur l’adaptation live du manga Les Gouttes de Dieu en une mini-série télé de huit épisodes (réalisateur: Oded Ruskin).

Dans “On a vu !” on nous présente plusieurs animations notoires: Komi ne peut pas communiquer, Ranking of Kiangs, Lupin III Part 6, Sakugan, The Heike Story, Fena Princesse Pirate, Night Head 2041, White Snake, Platinum End, Encanto, Les Lapins Crétins Invasion: Objectif Mars, Scooby-doo! Et Courage le chien froussard, Mortal Kombat Legends: Battle of the Realms.

Dans “Ça ferait un bon anime !” on nous introduit à quelques bons mangas comme Denjin N, Zombie from now on, Veil, Just not married, Léviathan, Spirit Seekers, Goodnight World, Boys of the Dead, Sous le ciel de Tokyo…, Chacun ses goûts, Golden Sheep, Kingdom of Knowledge, True Beauty, Je ne suis pas née dans le bon corps.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Focus Arcane (Quand les débuts de la légende s’animent, Fortiche Prod), Fermez les Yeux (Cécile Corbel), Jeux Vidéo (Demon Slayer, Metroid Dread), Séance Studio (Studio Pierrot), Figure de Pro (Anne de Galard et Éric Garnet), Crowdfunding (Étienne Farrenq, Thomas Bardet), Trouvaille (Blindsight), Hommage (Claude Lombard), Il Était une Pub (Travel Oregon) et Humeur.

À lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

dBD #164 (Juin 2022)

dBD-264Dans le cahier actualités on mentionne la parution chez Gallimard de l’essai par Timothy Snyder De la tyrannie: vingt leçons du XXe siècle illustré par Nora Krug, mais surtout le 70e anniversaire du personnage de Guy Lefranc, un journaliste téméraire créé par Jacques Martin pour le journal Tintin comme une sorte de pendant contemporain au Gallo-Romain Alix et que Casterman célèbre avec un nouvel album (Le Scandale Arès, par Jacques Martin, Régric & Roger Seiter), un livre sur les voitures dans les aventures de Lefranc (Les Voitures de Lefranc par Xavier Chimits) et deux expositions dans la ville de Molsheim (Bas-Rhin).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Émile Bravo au sujet de la quatrième et dernière partie de L’Espoir malgré tout qui, avec Le Journal d’un ingénu, reprend le personnage de Spirou (créé par Rob-Vel et reprit notamment par Franquin), mais cette fois pour un public adulte, pour former un diptyque de trois-cent pages (publié chez Dupuis). Les entrevues se poursuivent avec Joseph Callioni (sur Venera, aux Éditions Atrabile), Anne Simon (sur L’Institut des benjamines, aux Éditions Misma), Alicia Jaraba Abellán (sur Celle qui parle, aux Éditions Grand Angle), Maël Nonet (sur la collaboration de sa maison d’Édition et le festival HellFest fondé par Benjamin Barbaud, pour la création de l’album Hellfest Metal Vortex par Jorge Bernstein, Fabrice Hodecent & Pixel Vengeur, chez Éd. Rouquemoute), Juan Manuel Tumburus (sur Les Yeux perdus, avec Diego Agrimbau, aux Éditions Dargaud) ainsi qu’avec Yan Le Gat et Pierre Fouillet (sur le troisième et dernier volet de Allons z’enfants, aux Éditions Sarbacane). 

Dans le Cahier Critique je note Le Prince Alchimiste T.1 par Tsukiyo Rui & S. Kosugi chez Doki-Doki (Super!; “plaisant, rythmé et suffisamment intriguant (…); détourne en partie les codes de la fantasy, pour mieux les réinterpréter et en offrant des développements scénaristiques prometteurs.”), Nourrir L’Humanité par Sylvain Runberg & Miki Montllò, d’après Liu Cixin chez Delcourt (Super !; “un thriller fantastique (…) l’écrivain de SF chinois propose sa propre variation sur le moyen d’en finir avec la pauvreté”), et Violence Action T.1 par Shin Sawada & Renji Asai chez Pika (Super!; “ce premier tome (…) brille par son ironie communicative”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés de ce genre: une édition remise à jour du Mille ans de mangas de Brigitte Koyama-Richard chez Flammarion, Isekai Gourmet T.1: Magical Table Cloth par Tomohiro Shimomura & Sato Tsukishima chez Soleil, Heterogenia Linguistico T.1 par Salt Seno chez Nobi-Nobi, Heaven’s Design Team par Tsuta Suzuki & Tarako chez Pika, Cruella: Période Noire, Blanche et Rouge par Hachi Ishie chez Nobi Nobi/Disney, Dress of Illusional Monster T.1 par Takashi Wada chez Soleil, Josée, le Tigre et les Poissons T.1 par Seiko Tanabe & Nao Emoto chez Delcourt/Moonlight, The Elusive Samurai T.1-2 par Yusei Matsui chez Kana, et Primal Gods in Ancient Times T.1 par Kenji Tsurubushi chez Vega/Dupuis. On en profite pour signaler le décès de Motoo Abiko qui composait, avec Hiroshi Fujimoto, le duo derrière Fujiko Fujio (Ninja Hattori-kun, Q-Taro, Doraemon).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

[ Translate ]

Invisible Library #8: The Untold Story

UntoldStory-cov“Time-traveling Librarian spy Irene has faced unimaginable challenges across a multitude of worlds, but to keep her friends safe, Irene will have to do what has never been attempted and cut through the tangled web of power at the heart of the Library.

Irene is trying to learn the truth about Alberich — and the possibility that he’s her father. But when the Library orders her to kill him, and then Alberich himself offers to sign a truce, she has to discover why he originally betrayed the Library.

With her allies endangered and her strongest loyalties under threat, she’ll have to trace his past across multiple worlds and into the depths of mythology and folklore, to find the truth at the heart of the Library, and why the Library was first created.”

 [Text from the publisher’s website and the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

This series by British author Genevieve Cogman goes beyond any traditional genre as it mixes them all: fantasy, science-fiction, mystery, horror or even cyber- and steampunk! It offers a fascinating universe where a secret library hidden in-between worlds has doors opening to an infinite variety of parallel dimensions. Its librarians are “stealing” unique books and manuscripts from each of those worlds in order to create a link with them and preserve the balance between order and chaos. The universe is engulfed in an eternal war of influence between the Fae (the agents of chaos) and the dragons (the agents of order). Humans inhabiting those worlds are only pawns in their hands. The protagonists of the story are junior Librarian Irene and her companions: Dragon prince Kai, victorian investigator Vale (a doppelgänger of Sherlock Holmes) and Fae apprentice Catherine… I have already commented on books one to four and books five to seven.

Irene is determined to put an end to Alberich’s threat once and for all (whether he is her father or not). However, in order to do so she has to investigate why he wanted to destroy the library. All the clues and stories that she discovers brings her to the mythology behind the creation of the Library and she discovers a foe far worse in the heart of the Library itself! 

This series was probably originally intended for a Young Adults audience, so it is not surprising that it is such an easy reading. It is well written, interesting and quite captivating. With its travelling between worlds, it offers action in different time periods therefore it is never boring and allow to switch effortlessly between fantasy and science-fiction. It really provides an entertaining and enjoyable reading experience. So I strongly recommend it to everyone who likes adventures and books ! 

Unfortunately this book is the end of the Library universe for now. The author said that it is not the end of the series (more like the end of a season) and that she intended to eventually come back to it. For now she would like to dedicate herself to a new project “in a completely different area (involving vampires and the Scarlet Pimpernel and a hapless maidservant who’d rather be doing embroidery)“: Scarlet to be published by Penguin Random House in May 2023.

The Invisible Library 8: The Untold Story, by Genevieve Cogman. New York: ACE (Berkley, imprint of Penguin Random House), December 2021. 384 pages, 8.25 x 5.5 in., $US 16.00 / $22.00 Can, ISBN 978-1-9848-0480-8, For YA readers (14+). stars-4-0

For more information you can check the following websites:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© Genevieve Cogman, 2021.

[ Traduire ]

Pline #10-11

Tome 10 – Les fantômes de Néron

“L’Histoire a retenu son nom. Mais que savons-nous du plus grand savant de l’Antiquité ?

Trahi par son entourage, rattrapé par son passé, c’est un Néron déjà acculé qui apprend que soulèvements et rébellions se multiplient… Il regagne Rome, mais c’est pour prendre la mesure de toutes les haines qu’il a attisées…

Pline et sa suite, qui ont repris leur périple, quittent précipitamment la Forêt des Cèdres et le courroux de son gardien, et se lancent à travers le désert en direction de Palmyre, le carrefour entre Orient et Occident.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi  la couverture arrière]

Pline, vol. 10: Les fantômes de Néron, par Mari Yamazaki et Tori Miki (Traduction par Wladimir Labaere et Ryôko Sekiguchi). Paris: Casterman (Coll. Sakka), septembre 2021. 200 pages, 13.2 x 18.3 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-203-22164-2. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+).


Tome 11 – Une jeunesse romaine

“La naissance du plus grand savant de Rome

Après avoir avoir dépeint la mort de Néron, Mari Yamazaki et Tori Miki nous emmènent loin du chaos de cette fin de règne et nous proposent un saut dans le temps et l’espace. Direction le pied des Alpes, au bord du lac de Côme, où est né et a grandi Pline. C’est là, au contact quotidien d’une nature effervescente, que le futur naturaliste s’éveille à l’observation scientifique du monde qui l’entoure. Puis vient l’arrachement à ce havre de paix : Pline part pour Rome où il se plonge dans l’étude, avant de débuter sa carrière militaire en Germanie”.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi  la couverture arrière]

Pline, vol. 11: Une jeunesse romaine, par Mari Yamazaki et Tori Miki (Traduction par Wladimir Labaere et Ryôko Sekiguchi). Paris: Casterman (Coll. Sakka), mars 2022. 200 pages, 13.4 x 18.0 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-203-22163-5. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+).

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Pline (titre original: プリニウス / Plinius ) est une biographie du naturaliste romain Pline l’Ancien par Mari Yamazaki (Thermae Romae) et Miki Tori. Prépublié au Japon par Shinchôsa dans le périodique Shinchô 45 et dans le magazine littéraire Shinchô depuis le chapitre 54, ce manga seinen est traduit en français chez Casterman (Collection Sakka). Jusqu’à maintenant il y a onze tomes de disponibles en français. Le douzième tome (à paraître au Japon probablement vers la fin de l’année 2022 ou le début 2023) devrait conclure la série. Le manga original est également disponible en ligne sur le site de Kurage Bunch.  Voir mes commentaires sur les volumes précédents.

T. 10, p. 149

Dans le tome dix (chapitres 64 à 70), Pline et ses compagnon quitte Tyr pour la Forêt des Cèdres de Dieu (appelé ainsi car son bois estimé impérissable est souvent employé pour faire les statues des divinités). Pline y découvre la légende du protecteur de la forêt Humbaba (ici les auteurs trichent un peu car ce récit est tiré non pas de l’Histoire Naturelle de Pline mais de l’Épopée de Gilgamesh) mais lorsque Euclès tente de cueillir de la résine de cèdre pour soigner le mal de dent de Felix, nos compagnons découvrent que la forêt possède des gardiens bien réels! Arrivé à Palmyre, la cité leur révèle un univers multi-culturel jusqu’alors inconnu d’eux et des marchands venu non seulement des coins les plus reculés de l’Empire mais aussi d’au-delà de ses frontières (Parthie, Inde, Chine, Pakistan, etc.) leurs dévoilent des épices et des légendes jusqu’alors inconnues. Intrigué par un relief sculpté, Pline demande au moine qui le vend de le lui expliquer: il vient du Gandhara et représente le bouddha… Pendant ce temps, Néron quitte Corinthe pour revenir à Rome car la révolte gronde. Les machinations de Tigellin viennent enfin à terme et ses motivations deviennent claires. Plusieurs gouverneurs de provinces et généraux se révoltent: Vindex, Galba, et Othon. Dans son délire, Néron se croit toujours aimé du peuple. Il tente de fuir vers Alexandrie mais doit se donner la mort… Toujours à Rome, Priscilla, la jeune esclave muette nouvellement acquise par la maison de Pline, se révèle d’une grande aide pour retranscrire les manuscrits…

Ce manga nous a offer jusqu’à maintenant un double récit: la vie et l’oeuvre scientifique de Pline d’une part et le règne de l’empereur Néron d’autre part. Les auteurs avouent s’être servi de ces deux personnages pour créer une opposition d’ombre et de lumière “l’un symbolisant la part sombre de l’empire, quand l’autre incarne une forme d’idéal romain.” Néron disparu le récit peut maintenant se consacrer entièrement à Pline…

T. 11, p. 8

Le tome onze (chapitres 71 à 77), nous fait le récit de la jeunesse de Pline. Il est né dans le nord de l’Italie, à Côme, et a grandit dans les montagnes entouré de la nature. C’est ce contact journalier avec une flore et une faune diversifiée qui a sans aucun doute aiguisé sa curiosité pour les sciences naturelles. Adolescent, il est envoyé à Rome pour parfaire son éducation. Il a dix-huit ans lors de l’accession de l’empereur Claude. Il retranscrit des textes pour lui et côtoie des individus vénérables comme Castor et Apion. Après un chagrin d’amour (qui le marquera sans doute car il ne se mariera jamais) il entre dans l’armée. Il se retrouve en Germanie inférieure sous les ordre du général Corbulon, puis en Germanie supérieure sous les ordres de Pomponius Secundus. Durant cette période il s’illustre militairement (il est nommé préfet) mais commence à avoir des problèmes de santé (asthme). Il écrit également plusieurs ouvrages: une biographie de Pomponius Secundus, un traité sur l’art de lancer le javelot à cheval, et une histoire des guerres germaniques. Aucun de ces ouvrages ne nous est parvenu. 

Comme nous ne connaissons rien de la véritable enfance et adolescence de Pline, cette partie du récit est pure spéculation de la part des auteurs. Toutefois, cela nous offre tout de même une bonne histoire qui apparait fort plausible. Le récit va se conclure avec le prochain tome qui aborde la rencontre fatidique entre Pline et le Vésuve… J’ai à la fois hâte de lire la suite mais j’appréhende également la fin d’une série qui est parmi les meilleure mangas historiques que j’ai lu…

Comme je l’ai dit mainte fois, Pline est un excellent manga dont le récit est à la fois captivant, divertissant et surtout très éducatif. Le sujet est fort bien documenté et la narration est fluide et agréable. Toutefois, plus que tout, c’est le dessin précis et détaillé de Mari Yamazaki et Tori Miki qui donne à ce manga sa superbe qualité artistique. Beau et intéressant, Pline offre une lecture passionnante pour tout amateur de manga historique et de la Rome antique. Vivement recommandé!

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© 2021 Mari Yamazaki, Tori Miki • 2022 Casterman pour la traduction française.

[ Translate ]

La Guerre des Mondes #3

GuerreDesMondes-3-Cov“Au coeur de la guerre qui oppose Mars à la Terre, le photographe poursuit sa mission de documentation : sur la route de Londres, il constate qu’une étrange herbe rouge semant la mort et la désolation a envahi les lieux après le passage des Martiens… Pire encore, les terribles créatures capturent désormais les êtres humains !

Piégés dans des ruines, le jeune homme et le prêtre n’ont d’autre option que de se faire discrets pour échapper à l’oeil vigilant d’un tripode. Seulement, témoin d’une scène insoutenable, le prêtre perd la raison et s’en prend alors à son compagnon d’infortune…

Véritable prisme des angoisses d’une époque, le grand classique d’H. G. Wells tire sa révérence de façon magistrale dans cette adaptation originale portée par le trait réaliste de Hitotsu Yokoshima.”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

La guerre des mondes (宇宙戦争 / Uchû Sensô / lit. “La Guerre de l’espace”) est un manga seinen par Sai Ihara (猪原 賽) et Hitotsu Yokoshima (横島 一) qui a été sérialisé dans le magazine Comic Beam 100 (Enterbrain) depuis octobre 2018 et dans Comic Beam entre mai 2019 et février 2021 avant d’être compilé en trois volumes chez Kadokawa Shoten. Il a été publié en français chez Ki-oon. J’ai déjà commenté le premier et le second volume.

GuerreDesMondes-3-p.040

T. 3, p. 40

Alors que la domination des martiens semble maintenant totale, le photographe continue à documenter l’invasion. Les martiens capturent des humains pour les vider de leur sang, de leur énergie vitale. Ils s’arrêtent plusieurs jours pour construire de nouvelles machines de guerre, des engins volants cette fois-ci, qui leur permettent de couvrir plus de terrain, plus rapidement. Le photographe se réfugie quelques jours dans une maison abandonnée avec le prêtre mais ce-dernier perd la raison et finit par être capturé par les martiens. Il prend alors la route de Londres où il retrouve l’artilleur qui est gravement blessé. Ils trouvent refuge dans les égouts de Londres où l’armée (et la civilisation) se réorganise tranquillement. Quand l’artilleur a retrouvé la forme il reprend le combat et le photographe part à la recherche de sa femme. Mais, soudain, sans véritable explications, les vaisseaux martiens tombent du ciel et l’herbe rouge tourne en cendres. Le photographe retrouva sa femme, les humains retrouvent leurs vies d’avant mais, devant cette nouvelle menace, l’Humanité découvre une paix inégalée.

Avec ce troisième et dernier tome, je découvre une toute nouvelle appréciation de ce manga que je trouve bien meilleurs que le premier volume. Le récit est plus fluide, plus intéressant et même le dessin semble s’être amélioré (même s’il demeure bien ordinaire, il est du moins bien moins caricatural). C’est une adaptation qui me semble assez fidèle du roman de H.G. Wells et qui mérite d’être lu si les anticipations du 19e siècle ou les grands classiques de la science fiction vous intéresse. 

La guerre des monde 3, par Sai Ihara (scénario, basé sur le roman de H.G. Wells) et Hitotsu Yokoshima (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), mars 2022. 184 pages, 15 x 21 cm, 13,90 € / $C 25.95, ISBN 979-10-327-1116-3. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© Sai Ihara / Hitotsu Yokoshima 2020

[ Translate ]

Yawara! #5

Yawara-5-cov“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publiée en français chez Big Kana. Il y a neuf volumes de paru jusqu’à maintenant et le dixième est annoncé pour octobre 2022. J’ai déjà commenté le premier, le second, le troisième et le quatrième volumes.  

Yawara-5-p004

Vol. 5, page 4

Yawara est accepté à l’université pour fille de Mitsuba. Son grand-père concède finalement qu’elle y étudie malgré que cette université n’ait pas de club de judo à condition qu’elle respecte un couvre-feu et suive un entraînement très stricte. Faute de club de judo elle s’inscrit au club de golf et s’y fait une amie, Fujiko Itô. Celle-ci a eut un parcours un peu similaire à celui de Yawara: elle s’est entraînée très fort toute sa jeunesse au sein de la troupe des Bolchoï pour devenir une ballerine de haut niveau mais elle a dû abandonner car une fois adulte, à 1m80, elle était trop grande! Elle encourage donc Yawara à participer au championnat national qui déterminera la sélection des candidats pour les jeux olympiques de Séoul. Toutefois aux olympiques il n’y aura pas de compétitions “toutes catégories” alors Yawara ne pourra compétitioner que dans la catégorie des moins de 48 kg. La sélection se fera entre elle et Sayaka! Jigorô tente de convaincre le président du comité olympique de revenir sur sa décision d’exclure les compétitions “toutes catégories”…

Ce volume est moins axé sur la compétition et plus sur la vie étudiante de Yawara qui est toujours réticente à faire de la compétition mais finie toujours par succomber aux manigances de son grand-père. La compétition entre Matsuda et Kazamatsuri pour le coeur de Yawara reprend de plus belle, compliquée par un double triangle amoureux (la photographe Kuniko se pâmant pour Matsuda et Sayaka étant fiancée à Kazamatsuri). Naoki Urasawa étant un champion pour mélanger les genres on retrouve dans ce récit à la fois des scènes d’action typiquement shōnen et des imbroglios cocasses ou des mésaventures de la vie d’adolescent typiquement shōjo, sans compter les inévitables scènes de “fan-service.”

Yarawa! est donc une comédie romantique de sport qui offre un beau style de manga classique et un récit à la fois captivant et amusant, parsemé de (controversés) clins-d’oeil coquins. Cela en fait une lecture agréable et distrayante. Vivement la suite!

Yawara t. 5, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), juillet 2021. 298 pages, B&W (26 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8651-2, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© 2013 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2021 pour l’édition française.  

[ Translate ]

Bug, vol. 3

Bug-3-cov“Troisième volet de la saga planétaire d’Enki Bilal.

Alors que le grand Bug planétaire a rendu impossible l’accès aux données numériques, l’hypermnésique Kameron Obb est la proie de toutes les convoitises. Traqué à travers le monde par des instances gouvernementales autant que par des groupuscules contestataires, il réussit à communiquer avec sa fille, elle-même kidnappée par de mystérieux ravisseurs… Mais quelle est la véritable nature du Bug ? Est-ce seulement une catastrophe technologique ou bien la conséquence d’une véritable attaque contre l’Humanité ?

Dans ce troisième épisode, Enki Bilal se régale dans la mise en scène de nombreuses femmes puissantes, avec une suite de rebondissements et de séquences spectaculaires ponctué de réflexions satiriques aussi inattendues que réjouissantes…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Bug-3-p43

Vol 3, p. 43

Le récit se poursuit… (voir mes commentaires des premiers et second volumes). 2042. Que se passerait-il si toute la technologie qui contrôle notre monde, nos villes, nos vies, notre corps même (par des implants), cessait subitement de fonctionner? Alors que la planète est plongée dans le chaos, Kameron Obb (seul survivant d’une expédition vers Mars) lui semble le récipiendaire de TOUTES les mémoires électroniques du monde. Cela en fait un homme recherché et convoité. Prisonnier d’un groupe Néo-Marxiste-Féministe, il est kidnappé cette fois par la tsarine de la Nouvelle Russie Sibérienne. Tous veulent qu’il rétablisse leur système électronique… Une nébulosité bleue approche de l’orbite terrestre… Pendant ce temps, sa fille Gemma, sauvée par Junia, la compagne de fortune de Obb, retourne à Paris pour tenter de sauver le monde du chaos. Junia tente de libérer Obb d’une haute tour au large de Barcelone, mais il n’y est plus et elle est capturé par les Néo-Marxiste. Obb s’évade de Sibérie à bord d’un chasseur Sukhoi-77 pour rejoindre Gemma et sauver la présidente française de ses implants. Puis il va libérer Junia. Un nouveau groupuscule entre en jeu, le STALLER (STAline-hitLER, des néo-fascistes). Ils ont capturé le millionaire Awden Marxoe (le patron de Obb) qui semble en possession d’une information capitale sur le Bug. Pour la première fois, Obb est contacté par l’Entité Bleue… Quelle sont les véritables intentions de cette entité? Aurait-il été manipulé par une force malveillante? Deux courants bleus semblent lutter en lui. Il perd le contrôle du Sukhoi et il se retrouve avec Junia sur une plage de Lampedusa en Libye. Il a de la fièvre, tombe dans le coma. Il se réveil amnésique! 

Bilal demeure encore et toujours un incontournable. Surtout à cause de son superbe dessin. Un style qui mélange brillamment crayonné et peinture, tons sombres et vifs, détails et flous. Dans cette nouvelle série (en cinq tomes), Bilal critique notre sur-dépendance de la technologie et se moque grandement de la radicalisation idéologique du XXIe siècle. Le récit est bien mené, captivant mais semble piétiner un peu. Toutefois, ce tome se termine sur un point tournant et le prochaine volume nous apportera sans doute des réponses. Vivement la suite!

Bug, livre 3, par Enki Bilal. Bruxelles: Casterman, mars 2022. 82 pages, 19.1 x 26.9 cm, 18,00 € (ePub/PDF: 12,99 €) / $34.60 Can. ISBN 978-2-203-20228-3. Pour lectorat jeune adulte (14+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© Casterman 2022

[ Translate ]

Blue Period Vol. 4-6

BluePeriod-4-covVol. 4

“À un mois de l’examen d’admission de Geidai, Mme Ooba, la professeure à la prépa d’Art, pointe du doigt les faiblesses de Yatora. Un coup dur pour le jeune garçon qui se donne corps et âme pour réussir. À quelques semaines d’affronter la première épreuve du concours tant redouté, il perd complètement pied. La douleur et la peur le paralysent. Mais il est encore temps de tirer les enseignements de ce passage à vide et de résister au renoncement…”

[Texte du site de l’éditeur]

Blue period vol. 4, par Tsubasa Yamaguchi (traduction: Nathalie Lejeune). Vanves: Pika (Coll. Seinen), juillet 2021. 192 pages, 13 x 18 cm, 7 € 50 / $12.95 Can, ISBN 9782811660987, Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

BluePeriod-5-covVol. 5

“À la première épreuve du concours, Yatora réussit tant bien que mal à terminer son œuvre, malgré l’incident du miroir cassé. À peine remis de leurs émotions, les candidats doivent déjà se remettre au travail dans l’espoir d’être admissibles pour la deuxième épreuve qui sera centrée sur la peinture à l’huile. Alors, pour détendre et stimuler ses élèves, l’extravagante Mme Ooba organise une excursion un peu spéciale. Cette sortie décoincera-t-elle Yatora qui redoute la discipline qu’il va devoir aborder dans trois jours ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Blue period vol. 5, par Tsubasa Yamaguchi (traduction: Nathalie Lejeune). Vanves: Pika (Coll. Seinen), octobre 2021. 192 pages, 13 x 18 cm, 7 € 50 /  $12.95 Can, ISBN 9782811660994, Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

BluePeriod-6-covVol. 6

“Grâce à son autoportrait, Yatora est parvenu à passer la première épreuve de Geidai. Curieusement, il affronte la suite avec sérénité… Mais, le jour J, il est pris d’un mal de tête qui le terrasse, et son éruption cutanée s’intensifie. Incapable de se concentrer, il finit par s’endormir en pleine épreuve ! Réussira-t-il à terminer son œuvre à temps ? Et surtout, sera-t-il admis à la prestigieuse université des Arts de Tokyo ?!”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Blue period vol. 6, par Tsubasa Yamaguchi. Vanves: Pika (Coll. Seinen), novembre 2021. 192 pages, 13 x 18 cm, 7 € 50 /  $12.95 Can, ISBN 9782811661007, Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

BluePeriod-6-p28-29

Vol. 6, pages 28-29

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Blue period (ブルーピリオド / Burū Piriodo) est un manga Seinen sur la peinture écrit et illustré par Tsubasa Yamaguchi qui est sérialisé depuis juin 2017 dans Monthly Afternoon et a été compilé jusqu’à maintenant en douze volumes chez Kōdansha. La version anglaise est publiée aux USA par Kodansha (neuf volumes de disponible, les suivants sortiront en novembre 2022, janvier et mai 2023) et la version française est disponible chez Pika (dix volumes de paru en France mais les onzième et douzième volumes sortiront respectivement en septembre et novembre 2022). Il a remporté plusieurs prix en 2020 (le Manga Taishō et le Kōdansha manga shō; nominé aussi pour le Tezuka Osamu bunka shō) et a été adapté en une série télévisée d’animation en 2021 (douze épisodes animé par le studio Seven Arcs sous la direction de Koji Masunari et Katsuya Asano, sur un scénario de Reiko Yoshida; diffusée sur MBS, TBS, AT-X et sur Netflix). J’ai déjà commenté le trois premiers volumes.

BluePeriod-6-p047

Vol. 6, page 47

Après avoir décidé sur un coup de tête de s’orienter en arts, Yatora Yaguchi (du genre un peu voyou mais qui réussi très bien en classe) a fait la découverte du dessin en participant au club d’art de son lycée. La seule université qu’il peut se permette est Geidai. Il se prépare au difficile concours d’admission en prenant des cours du soir avec Mme Ooba. Il ne peut pas se permettre d’échouer et cela le stress beaucoup. Étrangement, passer une journée et une nuit au bord de la mer avec son ami Yuka (le travesti) lui permet de relaxer et de se découvrir un peu. Cela lui sera utile à la première épreuve du concours où il doit dessiner un auto-portrait. Il se retrouve d’abord dans une impasse mais un accident fortuit lui fournira l’inspiration nécessaire pour produire une oeuvre satisfaisante. La deuxième épreuve, où il doit produire une toile à l’huile en trois jours, s’avère plus difficile. Il est tellement stressé qu’il en ressent des effets physiques sous la forme d’éruption cutanée, de maux de tête et de douleurs aux yeux. Il arrive à peine à travailler la première journée. La seconde journée se déroule beaucoup mieux grâce aux conseils de Mme Ooba. Mais cela sera-t-il suffisent pour remporter l’épreuve et être admis à Geidai? La suite dans la prochaine arc du récit…

Le style de Tsubasa Yamaguchi est plutôt moyen mais il supporte tout de même bien le récit. L’utilisation judicieuse de tableaux existants (réalisé par des assistants, des collègues artistes ou des maîtres classiques) pour illustrer les travaux des personnages est assez intéressant. Le récit, qui suit un peu les codes du manga shōnen mais en remplaçant les combats par des défis artistiques où le personnage principal apprend à se surpasser, est excellent et nous fait du même coup découvrir le monde et les techniques de l’art. C’est un très bon manga qui est agréable à lire et qui intéressera tous les amateurs d’art et de manga.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© 2019 Tsubasa Yamaguchi.

[ Translate ]

Empire

Empire-cov“En suivant l’itinéraire d’une pièce de monnaie à l’effigie de l’empereur Trajan, nous sillonnons tout l’Empire romain à l’époque de son extension maximale et découvrons toutes les couches de la société au travers de ses propriétaires successifs : un véritable docufiction sur papier qui rend l’Histoire plus passionnante qu’un roman et s’est vendu à 200 000 exemplaires en Italie.

Romancées et émaillées d’exemples savoureux, voici la vie et les aventures d’une… pièce de monnaie romaine du IIe siècle de notre ère, de sa fonderie d’origine jusqu’à son retour du sud de l’Inde ! En l’espace de trois années, ce sesterce en bronze va parcourir l’Empire romain d’un seul tenant, et nous faire découvrir le modèle économique de ce qui fut et reste la base de nos racines européennes. On découvre (ou redécouvre) que l’Empire Romain a conquis de nouveaux territoires et leurs populations par le glaive mais tout autant par la soie : qui devient citoyen romain accède à un univers lui donnant une armée le protégeant, des lois, des routes, des bains publics, une monnaie reconnue et acceptée dans le monde romain et au-delà, un État gérant les ressources servant à créer les pièces en bronze, en or, en cuivre – c’est la mondialisation avant l’heure ! Un confort pour celui qui décide de partir à la conquête de sa richesse personnelle… mais aussi un enfer pour celui qui n’est pas au bon bout de la pyramide sociale, écrasé par le règne absolu de la puissance par l’argent. Entre un esclave et l’empereur, c’est une liste de mots qui sépare : népotisme, cupidité, clientélisme. Ou parfois rapproche : mansuétude, altruisme, désintéressement. Avec toute sa cohérence et toutes ses inégalités, l’Empire Romain se révèle étonnamment contemporain !”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Publié en Italie en 2010 (sous le titre Impero:Viaggio nell’impero di Roma seguendo una moneta), cet essai de l’anthropologue Alberto Angela me rappel beaucoup La vie quotidienne à Rome à l’apogée de l’Empire de Jérôme Carcopino (publié chez Hachette en 1939 et toujours disponible au Livre de Poche) mais enrobé dans une histoire romancée. D’ailleurs, ce livre s’insère dans une trilogie de l’auteur sur l’Empire Romain: il fait suite à Une Journée dans la Rome Antique (Una giornata nell’antica Roma. Vita quotidiana, segreti e curiosità, publié en 2007 [ Goodreads • Nelligan ]) et est complété par Amour et sexe dans la Rome antique (Amore e sesso nell’antica Roma, publié en 2012). L’ouvrage a également été traduit en anglais (The Reach of Rome, New York: Rizzoli Ex Libris, 2013, ISBN 978-0-8478-4128-8). Une collègue des bibliothèques m’a dit que ma chronique hebdomadaire sur la monnaie ancienne lui rappelait cet ouvrage et elle me l’a chaudement recommandé.

Empire nous raconte les différents aspects de la vie quotidienne à l’époque de Trajan mais, au lieu de s’attarder seulement sur la ville de Rome, il nous fait voyager à travers tout l’Empire à la suite d’un sesterce, qui passera de main en main. Les personnages, les lieux et les événements de ce récit sont véridiques et ont été tiré des sources anciennes (Martial, Juvénal, Ovide, Pline l’Ancien et le Jeune, Dion Cassius, Flavius Josèphe, etc.), épigraphiques (stèles funéraires, graffiti et autres inscriptions) ou même archéologiques. L’histoire débute à Rome dans l’atelier monétaire où le sesterce est frappé. Puis les pièces fraîchement frappées sont livrées aux quatre coins de l’Empire (capitales régionales, villes commerciales, forts de l’armée, etc.) par un escadron de cavalerie appelé turme qui amène notre sesterce d’abord à Londinium, puis au fort frontalier de Vindolanda. Aux thermes, la pièce change de propriétaire et passe dans le main d’un marchand de vin qui l’amène à Lutèce, puis à Augusta Treverorum. Un centurion l’amène ensuite sur le champs de bataille en Germanie. Et un marchand d’ambre l’amène à Mediolanum. Puis un soldat l’amène à Modena, où il passe à un esclave qui se rend à Rimini, puis il est de retour à Rome où il passe à un prétorien, et ensuite à un vieil homme qui va faire des paris sur les courses de chars au Circus Maximus. Et ainsi de suite… Il passe par le port d’Ostie, va à une mine d’or en Hispanie, est amené par un marchand de garum à Massilia, puis à un banquet à Baïes, traverse la Méditerranée jusqu’à Carthage, puis Thamugadi, Leptis Magna, Alexandrie, Thèbes, le port de Bérénice sur la mer Rouge vers un comptoir commercial en Inde appelé Muziris. Finalement, il revient à Charax en Mésopotamie, passant par Antioche, Ephèse et Athènes pour revenir à Rome et être enterré avec un défunt… pour être découvert par une archéologue près de deux mille ans plus tard! Quel périple!

J’ai déjà parlé dans ma chronique de numismatique d’un denier de Trajan. J’ai toutefois aussi un as, un dupondius et un sesterce de cet empereur et je vous en parlerai très bientôt. Je me suis souvent moi-même demandé en manipulant mes pièces de monnaie romaine par combien de mains et de gens différents elles avaient bien pu passer. Cet ouvrage nous en donne une idée. Aussi, on me demande souvent ce que valait un sesterce dans la vie de tout les jours des romains. L’auteur de cet ouvrage mentionne qu’un sesterce valait environ deux Euros (2€) c’est à dire environ $2.60 canadien (ou $2 US). Probablement de quoi s’acheter une grosse miche de pain. Toutefois, le sesterce de ce livre m’aura permis de faire le tour du monde romain…

À travers ce voyage du sesterce l’auteur raconte de nombreux anecdotes et parle d’à peu près tous les aspects de la vie et de la culture romaine au début du IIe siècle. C’est un ouvrage fascinant et très riche en informations mais qui demeure une lecture abordable et agréable qui diverti tant l’érudit que le profane. Je l’ai trouvé très intéressant et je suis sûr que tout amateur d’histoire en fera autant. Je vous le recommande donc à mon tour.

Empire: Une fabuleux voyage chez les Romains avec un sesterce en poche, par Alberto Angela. Paris: Éditions Payot & Rivages, avril 2016. 462 pages, 20.5 x 14 cm, prix, ISBN 9782228915397. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© Arnoldo Mondadori, Editore S.p.A., Milan, 2010 • Éditions Payot & Rivages, Paris, 2016, pour la traduction française.

Yawara! #4

Yawara-4-cov“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…! Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur, voir aussi  la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publié en français chez Big Kana. Il y a neuf volumes de paru jusqu’à maintenant et le dixième est annoncé pour octobre 2022. J’ai déjà commenté le premier, le second et le troisième volumes.  

Yawara-4-p004

Vol. 4, page 4

Pour se qualifier pour les olympiques de Séoul Yawara participe à une série de dix tournois de judo tout en étudiant tard le soir pour se préparer à son examen d’entrée à l’université de Mitsuba. Toutefois, après que Jody ait été blessé durant un match contre une judoka russe un peu vicieuse, elle perd sa motivation. Et ses rivales ne se trouvent pas seulement sur les tatamis du dojo… Son grand-père fait tout pour la forcer à aller à l’Université de Saikai qui l’a accepté d’emblée pour qu’elle intègre leur club de judo. Distraite, elle se blesses même au poignet la veille de son examen! Réussira-t-elle son examen malgré la douleur?

Yarawa! est une comédie romantique de sport qui offre un beau style de manga classique et un récit à la fois captivant et amusant, parsemé de (controversés) clins-d’oeil coquins. C’est donc une lecture agréable et distrayante que je vous recommande (plus que seize volumes à lire!)…

Yawara t. 4, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), avril 2021. 290 pages, B&W (xx pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.00 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8650-5, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© 2013 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2021 pour l’édition française.  

[ Translate ]

Isabella Bird #8

IsabellaBird-8-cov“À Akita, Isabella croise à nouveau la route du Dr Kobayashi, que James Hepburn a chargé d’une mission : veiller sur la santé fragile de l’exploratrice ! Elle apprend que sir Harry Parkes a également négocié avec les autorités pour lui apporter l’aide de la police.

Il ne reste qu’un seul obstacle à la découverte d’Ezo : Charles Maries, l’ancien employeur d’Ito, est toujours décidé à récupérer son boy. Mais les deux voyageurs ont réglé leurs différends et sont prêts à tout pour le convaincre d’abandonner… De quoi partir sur de bonnes bases pour finir la traversée de la plus grande île du Japon !

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

IsabellaBird-8-p027

Vol. 8, page 27

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan. Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le neuvième, est paru au Japon en février 2022.

IsabellaBird-8-p044

Vol. 8, page 44

Forcé de rester à Akita à cause du mauvais temps, Isabella en profite pour continuer de prendre des notes sur les coutumes locales notamment celles du mariage (se noircir les dents, le vol d’épouse) et de l’hygiène personnelle (brossage de dents, manucure, soins capillaire, etc.). Lorsque la pluie cesse enfin ils peuvent reprendre leur route mais les rivières sont gonflées et encombrées de débris ce qui rends leur traversé à guai impossible. Heureusement, ils rencontrent des bateliers courageux qui acceptent de les prendre comme passagers pour un périple dangereux sur le fleuve Yoneshiro de Kiriishi jusqu’à Kotsunagi. Ils évitent la catastrophe de peu… Arriveront-ils dans les délais à Hakodate, où le docteur Hepburn les attends pour soigner Isabella?

Le récit semble s’écarter un peu de l’oeuvre originale en ajoutant des anecdotes culturels intéressants mais demeure toujours aussi agréable à lire. La qualité du dessin, avec son style précis et détaillé, y est sans doute pour beaucoup. C’est un très bon manga qui nous offre une expérience de lecture à la fois distrayante et très instructive. Je le recommande fortement, surtout pour les amateurs d’histoire et de culture Japonaise.

Isabella Bird, femme exploratrice T.8 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), décembre 2021. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-1040-1. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Lire aussi mes commentaires sur les volumes précédents.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© Taiga Sassa 2021.

[ Translate ]

Elle et son chat

ElleEtSonChat-cov“Chobi savoure sa vie de chat auprès de la maîtresse qui l’a recueilli, une jeune femme connaissant à la fois les avantages de l’indépendance et les affres de la solitude.  Les yeux du félin assistent à ce quotidien qui s’écoule lentement, oscillant entre moments chaleureux et moments teintés d’amertume, entre jours de soleil et jours de pluie. 

Dans cette adaptation en manga du court-métrage Elle et son chat , la poésie du réalisateur Makoto Shinkai ( Les Enfants du Temps , your name. ) est littéralement sublimée par le trait délicat de Tsubasa Yamaguchi ( Blue Period ).”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

ElleEtSonChat-p020

Page 20

Miyu est une jeune femme qui vit seule en appartement car sa mère se remarie et elle ne veut pas rester avec elle. Après le collège est s’est trouvé un travail mais a de la difficulté à s’adapter au monde des adultes et à communiquer avec les autres. C’est pour cela qu’elle reste célibataire. Elle évite de parler à sa mère et ne réussi même pas à parler de ses problèmes avec Tomoka, une amie d’enfance qu’elle voit de temps en temps… Elle est triste et se sent terriblement seul. Le seul à l’aimer, à percevoir sa détresse et lui offrir un peu de réconfort est Chobi, le jeune chat qu’elle a recueillie. Une histoire d’ambiance raconté du point de vue du chat.

Elle est son chat (彼女と彼女の猫 / Kanojo to Kanojo no Neko / lit. “la jeune fille et le chat de la jeune fille”) est un manga seinen écrit par l’animateur Makoto Shinkai et illustré par Tsubasa Yamaguchi (qui est surtout connu pour son manga Blue Period, que j’ai déjà commenté). Il a été prépublié dans le mensuel Afternoon entre avril à juillet 2016, puis compilé en un tome unique chez Kodensha en août 2016. Il a été traduit en anglais chez Vertical en août 2017, puis en français chez Pika Édition en septembre 2021.

Un charmant manga sur la solitude et la thérapie animale dessiné dans un style assez classique et simple. Le dessin supporte bien le récit mais les personnages sont parfois bizarres et il y manque un petit quelques choses pour que l’on ressente vraiment les émotions du personnage. Ce n’est pas comparable à la beauté et à la poésie du dessin original de Makoto Shinkai (dont la force, il faut l’avouer, est dans les paysages et les arrières-plans; il ne montre d’ailleurs jamais le visage de “Elle”). Cela reste néanmoins une lecture agréable, mais un peu courte…

Ce qui est vraiment notoire dans ce manga c’est qu’il adapte une animation de Makoto Shinkai en noir & blanc d’un peu moins de cinq minutes (on peut d’ailleurs la visionner sur Youtube) et qui a lancé sa carrière d’animateur. Après avoir gradué à l’Université Chūō en littérature, il a travaillé comme animateur et graphiste pour la compagnie de jeu vidéo Nihon Falcom. Après s’être amusé dans ses temps libre à produire deux animations d’une ou deux minutes (囲まれた世界 / The World be Enclosed et 遠い世界 / Other Worlds) il s’est essayé en 1999 à faire une animation de cinq minutes (utilisant After Effects, Illustrator et LightWave), chez lui (avec l’aide de quelques collaborateurs pour la voix de la jeune femme et la musique). Il l’a distribué par lui-même en faisant des copies CD-R qu’il vendait dans les conventions comme Comiket et sur son site web. Ainsi, Elle et son chat a remporté le prix d’animation DoGA CG en 2000. Cela lui a apporté une certaine visibilité et une offre de la compagnie de production CoMix Wave de travailler sur d’autres projets comme The Voices of a Distant Star (ほしのこえ / Hoshi no koe / lit. “Voix d’une étoile lointaine“, 2002, 25 min.), La Tour au-delà des nuages (雲のむこう、約束の場所 / Kumo no mukō, yakusoku no basho / lit. “Au-delà des nuages, l’endroit promis“, 2004, 91 min.), 5 Centimètres par seconde (秒速5センチメートル / Byōsoku Go-Senchimētoru, 2007, 65 min.), Voyage vers Agartha (星を追う子ども / Hoshi o ou kodomo / lit. “L’enfant qui chasse l’étoile”, 2011, 116 min.), The Garden of Words (言の葉の庭 / Koto no ha no niwa / lit. “Jardin des mots”, 2013, 46 min. — voir mon commentaire), Your Name. (君の名は。/ Kimi no na wa. / lit. “Ton nom est”, 2016, 107 min. — voir mon commentaire sur l’anime et le manga), Les Enfants du Temps (天気の子 / Tenki no ko / lit “Vieillir avec toi”, 2019, 112 min. — voir mon commentaire sur le manga), et Suzume no tojimari (すずめの戸締まり / Suzume Locking Up the Doors, qui devrait paraître au Japon le 11 novembre 2022).

Elle et son chat a également fait l’objet d’une novelisation par Makoto Shinkai et Naruki Nagakawa publié au Japon en 2013 chez Kanzen et qui a été traduite en français en 2021 chez Charleston [ Amazon • Goodreads • Nelligan • WorldCat ] et à paraître en anglais en novembre 2022 chez Atria. Une série animée pour la télévision (un antépisode en quatre parties de huit minutes chacune intitulé She and her cat: Everything Flows) a également été diffusé en mars 2016 sur la chaine Tokyo MX au Japon, sur Crunchyroll à l’extérieur de l’Asie et disponible en Blu-Ray chez Diskotek. 

Elle et son chat par Makoto Shinkai (scénario) & Tsubasa Yamaguchi (dessin). Vanves: Pika Édition (Coll. Pika Seinen), septembre 2021. 164 pages, 13.3 x 18.1 cm, 7 € 50 / 12,95 $Can, ISBN 978-2-8116-5778-9. Pour un lectorat adolescent (13+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© Makoto Shinkai / CWF • S&HC EF Film Partners / Tsubasa Yamaguchi 2016. All rights reserved.

[ Translate ]

Suite Française: Tempête en Juin

SuiteFrancaise-cov“Une décennie après le triomphe mondial de Suite française, roman miraculeusement réchappé de l’oubli, prix Renaudot 2004, Emmanuel Moynot s’empare du premier volet du diptyque, Tempête en juin. Sous sa plume acérée, le classique d’Irène Némirovsky trouve sa dimension visuelle. Comme dans un film de Renoir ou d’Altman, les personnages, les trajectoires, les destinées se heurtent et s’emmêlent sur les routes de l’Exode de juin 1940, traçant le portrait de ces heures noires où il a semblé que la donne sociale, morale, nationale se rebattait intégralement. Les figures inoubliables qui peuplent les pages de Némirovsky prennent corps. On retrouve comme si on les avait toujours connus le banquier Corbin, le gentil couple Michaud, la tribu des Péricand, l’infortuné abbé Philippe, la frivole Arlette Corail, le sinistre Corte et sa maîtresse écervelée, tous les autres, les perdants, les affreux, les purs et les morts de cette débâcle française. Et l’on découvre au passage que l’auteur de David Golder – dont on connait la passion pour la narration cinématographique – aurait fait une grande scénariste.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Suite à l’invasion de la Pologne, le Royaume-Unie et la France déclarent la guerre à l’Allemagne nazie le 3 septembre 1939 mais ce n’est que le 10 mai 1940, après ce qu’on a appelé une “drôle de guerre”, que les Allemands se lancent à la conquête de l’ouest en une “guerre-éclair”: ils traversent les Ardennes au Luxembourg et en Belgique, font une percée à Sedan, si rapidement que c’est la débâcle chez les alliés. Les Britanniques, acculés à Dunkerque, doivent évacuer dès le 26 mai. La bataille de France se transforme en une “étrange défaite” alors que les Allemands marchent dans Paris le 14 juin et que la France doit accepter un humiliant Armistice signé le 22 juin 1940. Sous le gouvernement de Pétain, puis celui de Laval (Régime de Vichy), la France est alors divisée par une ligne de démarcation entre une “Zone Occupée” au nord et une “Zone Libre” au sud. C’est dans ce contexte que se déroule le récit…

La nouvelle de la débâcle de Dunkerque et de l’approche allemande pousse de nombreux Parisiens à l’exode vers le sud afin de fuir les combats et l’inévitable occupation. Nous suivons ainsi une vingtaine de personages qui tentent de fuir Paris puis, pour la plupart, qui y reviennent lorsqu’ils apprennent que la ville a été épargnée de la destruction. Le récit trace un intéressant portrait de la société française de l’époque mais le fait de constamment alterner d’un groupe de personnages à l’autre rend le tout un peu confus. Toutefois, avec son style sombre mais réaliste — un dessin un peu brouillon et en tons de gris, très populaire ces temps-ci mais qui m’agace beaucoup — Moynot (surtout connu pour avoir reprit Nestor Burma après Tardi) fait un excellent travail pour illustrer les petits drames de chacun exacerbés par la guerre. C’est une intéressante bande-dessinée pour l’amateur d’histoire que je suis, avec un bon récit (mais sans plus). Toutefois, ce qui rend ce titre fascinant c’est l’oeuvre dans laquelle il s’inscrit.

Irène Némirovsky est une émigrée Ukrainienne qui s’installe à Paris au début du siècle. Elle y entreprend une carrière littéraire (en publiant une quinzaine de courts romans dont David Golder est le plus connu). En juin 1940, comme beaucoup de français, elle fuit Paris avec son mari Michel Epstein et leur deux filles pour s’installler à Issy-l’Évêque (dans le Morvan) qui se retrouvera en territoire occupé après l’armistice. Elle continue d’écrire, débutant entre autre un projet de cinq romans s’inspirant de ce qu’elle a vécu et observé au cours de l’exode de juin et de l’occupation allemande. Elle termine la première partie, Tempête en juin (traitant de l’exode), en avril 1941. Puis la seconde partie, Dolce (racontant l’idylle d’une jeune française avec un officier allemand mélomane), est complétée en juin 1942. Elle planifie trois autres romans, Captivité, Batailles et La Paix, qui formeront son magnum opus et qui, pour l’instant, lui permettent pour le moins d’endurer le stress de l’occupation en se gardant l’esprit occupé. Elle n’aura cependant jamais l’occasion de terminer son oeuvre car elle est dénoncé comme juive puis arrêté le 13 juillet 1942. Elle est d’abord envoyé au camps de Pithiviers, puis elle prend le convoi no 6 pour Auschwitz-Birkenau le 17 juillet, où elle meurt du typhus le 19 août. Ce n’est que durant les années cinquante que le manuscrit des deux romans est redécouvert dans une malle par ses filles, Denise et Élisabeth. Après avoir donné les archives de leur mère à l’IMEC au début des années ’90, Élisabeth décide de retranscrire le manuscrit qui n’est publié qu’après de nombreuses tergiversations en 2004 sous le titre Suite Française. L’ouvrage connait une grand succès et est traduit dans de nombreuses langues. Il reçoit également le prix Renaudot.

Le roman reçoit de nombreuses adaptations: il inspire un Concerto de chambre d’Aulis Sallinen en 2005, puis la deuxième partie est adapté avec le film de Saul Dibb en 2014, la première partie est retranscrite en bande-dessinée par Emmanuel Moynot en 2015, puis le récit est joué au théâtre en 2018 et 2019. Le roman a également fortement inspiré l’excellente série télévisée de France 3 Un Village Français qui a été diffusé en sept saisons entre juin 2009 et novembre 2017. Je n’ai malheureusement pas lu le roman (je l’ai juste feuilleté en lisant des passages ici et là) mais tant l’adaptation BD que cinématographique semblent assez respectueuse. Ils peuvent donc servir de raccourcis pour prendre connaissance de l’oeuvre de Némirovsky.

Suite Française: Tempête en Juin, par Emmanuel Moynot (d’après le roman d’Irène Némirovsky; mise au gris de Chantal Quillec). Paris: Denoël (Coll. Denoël Graphic), janvier 2015. 224 pages, 16.0 x 23.0 cm, 23,50 € / $42.95, ISBN 978-2-207-11817-7. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© 2015 Éditions Denoël.

SuiteFrancaise-movieSuite française: France / UK / Belgique, 2015, 107 min.; Dir./Scr.: Saul Dibb; Phot.: Eduard Grau; Ed.: Chris Dickens; Mus.: Rael Jones; Cast.: Michelle Williams (Lucile), Matthias Schoenaerts (Bruno), Kristin Scott Thomas (Madame Angellier), Margot Robbie (Céline), Sam Riley (Benoît), Ruth Wilson (Madeleine), Tom Schilling (Kurt), Lambert Wilson (Vicomte de Montmort), Harriet Walter (Vicomtesse de Montmort), et Alexandra Maria Lara (Léa).

Ce film est basé sur le même roman qui a inspiré la série télé Un Village Français. Une jeune française établie une relation romantique avec un officier allemand qui occupe le village de Bessier. Il écrit une pièce musicale qu’il lui laisse lorsqu’il repart pour le front. C’est un très bon film avec d’excellent acteurs et une bonne cinématographie. stars-3-5

[ Amazon• IMDb • Netflix • YouTube • Wikipedia ]

SuiteFrancaiseRoman-covSuite française, par Irène Némirovsky (préface de Myriam Anissimov). Paris: Gallimard (Coll. Folio #4346), mars 2006. 576 pages, 10.8 x 17.8 cm, 10,60 € / $19.95, ISBN 978-2-07-033676-0. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

[ Translate ]

Revue de ‘zines [002.022.177]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage perpétuel sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

dBD #161 (mars 2022)

dBD-161Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Métal Hurlant #2 (1975-1984): Le Nouveau Visage de l’imaginaire qui réédite des pages qui ont fait la gloire du titre et De Blueberry à L’Incal: lire Giraud/Moebius par Jean-Clet Martin (chez Les Impressions nouvelles) qui propose une réflexion intéressante à travers de deux créations emblématiques du dessinateur. On y trouve également un hommage (par Pierre Christin!) à Jean-Claude Mézières, qui est décédé le 23 janvier dernier (ainsi qu’une BD-caricature de Christophe Blain) et un article sur la création d’une collection BD aux éditions Rivages (Payot) intitulée Virages Graphiques.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Asaf Hanuka au sujet de Je suis toujours vivant (avec Roberto Saviano, chez Gallimard-Steinkis). Les entrevues se poursuivent avec le scénariste Pat Mills (sur La Grande Guerre de Charlie, La Bataille de la Somme, Édition Intégrale, avec Joe Colquhoun chez Delirium, et Be Pure! Be Vigilant! Behave! 2000 AD & Judge Dredd: The Secret History, chez Millsverse Books), David Sala (sur Le poids des héros chez Casterman), Gérard Mordillat & Sébastien Gnaedig (sur Ulysse Nobody chez Futuropolis), Teresa Radice & Stefano Turconi (sur La Terre, le ciel, les corbeaux chez Glénat/Treize Étrange), Agnès Naudin (sur Enfances perdues: Premières enquêtes (avec Jean-Claude Bartoll & Éric Nosal, chez Robinson), Célina Salvador & Moïse Dissous (sur les dix ans des Éditions Steinkis) et Théa Rojzman & Steve Baker (sur Billie Bang Bang t.1 chez Le Lombard).

Dans le Cahier Critique je note Shadow Life par Ann Xu & Hiromi Goto chez Ankama (Super!; un manga sur le sort du troisième âge et les camps d’internement canadiens pour Japonais durant la Seconde Guerre Mondiale). Il y a également une double-page consacrée aux nouveautés mangas où je remarque un nouveau Leiji Matsumoto (V2 Panzer chez Kana) et découvre que la Collection Classique de Soleil Manga n’est finalement pas morte puisqu’on y publie trois nouveaux titres du studio Variety Artwork: L’Iliade et l’Odyssée d’Homère, La Divine Comédie de Dante et Ulysse de James Joyce!!

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #162 (avril 2022)

dBD-162À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Werner Goelen dit Griffo (sur Iruene, avec Rodolphe, chez Daniel Maghen). Les entrevues se poursuivent avec François Desagnat & Jean-Paul Rouve (sur l’adaptation cinématographique de la BD Zaï Zaï Zaï Zaï), Pierre Christin & Jean-Michel Arroyo (sur Pigalle, 1950 chez Dupuis/Aire Libre), RUN (sur la collection Label 619, qui vient de s’associer avec Rue de Sèvres), Pierre Tranchant / Pica (sur la réédition de Bastos et Zakousky, avec François Corteggiani chez Glénat), Louise Laborie (sur Morgane Fox chez Sarbacane), et l’autrice sud-coréenne Bokyoung Yun / YunBo (sur Seizième Printemps chez Delcourt).

On y trouve également un dossier d’enquête sur la BD & la Politique par Philippe Peter, incluant une entrevue avec Gérard Davet & Fabrice Lhomme (sur L’Obsession du pouvoir chez Delcourt). Puis un article de Cathia Engelbach sur les vingt ans des Éditions Flblb, qui se consacre surtout au roman-photo, incluant un entretien avec Julie Chapallaz (sur La déflagration des buissons chez Flblb).

Dans le Cahier Critique je note Criminelles Fiançailles t.1 de Asuka Konishi chez Pika (Super!) et Appare Ranman t.1 par Apperracing & Ahndongshik chez Doki-Doki (Super!; “Intéressant mélange entre deux genre très proches, le steampunk et le dieselpunk”). On nous introduit aussi les nouveautés mangas: Sakamoto Days t.1 & 2 (Yuto Suzuki, chez Glénat), Bizarre Adventure (Hirohiko Araki, chez Delcourt/Tonkam), A Couple of Cuckoos t.1 (Miki Yoshikawa, chez Pika), Kiruru Kill Me t.1 & 2 (Yasuhiro Kano, chez Kurokawa), BEM 1 (Mosae Nohara, chez Panini), Excuse me, Dentist, It’s Touching Me! (Sho Yamazaki, chez Soleil), Dimensional Mercenary (Kim Jae-Hwan & Gmho, chez Delcourt/Kbooks), Ningyo (Mato & Mr Tan, chez Glénat), Enfants des Abysses t.1 (Eruthoth, chez H2T), Our Green Birdcage t.1 (Chia Teshima, chez Soleil), Hello, Hello and Hello t.1 (Aya Hazuki & Teruya, chez Moonlight) et Ghost Girl t.1 (Ikeda Akihisa, chez Delcourt/Tonkam).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

dBD #163 (mai 2022)

dBD-163Dans le cahier actualités je note une autre adaptation de l’Épopée de Gilgamesh en BD: Gilgamesh par Taranzano, Didier Poli, Clothilde Bruneau et Luc Ferry dont le t.3: La Quête de l’immortalité vient de paraître chez Glénat (Coll. La Sagesse des mythes). On souligne également la sortie en vidéo chez Wild Side de l’adaptation en animation par Patrick Imbert du manga Le Sommet des dieux de Taniguchi qui a remporté le César du meilleur film d’animation 2022 (voir mes commentaires sur le manga et l’animation). Finalement on retrouve une intéressante entrevue avec Sylvain Runberg sur les trois adaptations BD qu’il a réalisé pour la collection “Les Futurs de Liu Cixin” chez Delcourt: Nourrir l’Humanité (paru en juin 2022), L’Ère des anges et Les Migrants du temps (tous deux à paraître en 2023). Quatre titres sont déjà disponible dans cette collection: La Terre vagabonde (The Wandering Earth) par Christophe Bec & Stefano Raffaele, Pour que respire le désert (Yuanyuan’s Bubbles) par Valérie Mangin & Steven Dupré, Les Trois Lois du monde (The Village Teacher) par Zhang Xiaoyu et Nourrir l’humanité (The Wages of Humanity) par Sylvain Runberg & Miki Montillo. Trois autres titres restent à paraître en 2022: La Perfection du cercle (par Xavier Besse, en août), Proies et Prédateurs (par Jd Morvan & Yang Weilin, en octobre) et L’Attraction de la foudre (par Thierry Robin, en novembre) — j’ai déjà commenté l’édition anglaise de quelques uns de ces titres.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Joann Sfar à l’occasion des vingt ans du Chat du rabbin et de la parution chez Dargaud de quatre intégrales. Les entrevues se poursuivent avec Marcello Quintanilha (sur Écoute, jolie Marcia chez Ça et Là), Vincent Brugeas, Ronan Toulhoat & Yoann Guillo (sur Cosaques t.1, chez Le Lombard), Jaume Pallardo (sur La mort rose, chez La Cafetière), Séverine Vidal (sur Naduah avec Vincent Sorel chez Glénat, et George Sand, fille du siècle avec Kim Consigny chez Delcourt), le journaliste Daniel Couvreur (sur Le Faux Soir avec Denis Lapière & Christian Durieux chez Futuropolis) et Fred Duval (sur Cinq Avril t.1 avec Michel Bussi & Noë Monin chez Dupuis). On y trouve également un article sur les soixante ans de Spider-Man.

Dans le Cahier Critique je note d’abord Bug t.3 d’Enki Bilal chez Casterman (Super!; “Bilal poursuit le développement de sa nouvelle grande saga (…). Bilal s’éclate à mettre en scène une chasse à l’homme (…) scènes d’action formant dès lors un pendant spectaculaire à la réflexion plus profonde (…) qui est distillé tout au long du récit. (…) un certain lyrisme (…) l’auteur, qui n’a jamais été aussi bon (…) est toutefois parvenu à épurer sa pensée (…). Saga prévu en cinq volumes.”). Il y a aussi Blissful Land t.2 par Ichimon Izumi chez Nobi-Nobi (Super!). On nous présente finalement, sur deux pages, les récentes parutions de manga: Adabana t.1 par Non & Dei Tezuka chez Kana, 86, Eighty Six t.1 par Asato Asato & Motoki Yoshihara chez Delcourt/Tonkam, Le livre des sorcières t.2 par Ebishi Maki chez Glénat, Le chat qui rendait l’homme heureux t.3 par Umi Sakurai chez Soleil, L’oiseau d’or de Kainis t.1 par Kazuki Hata chez Glénat, L’Extraordinaire apothicaire t.1 par Yuka Tachibana, Asuka Fuji & Yasuyuki Syuri chez Delcourt/Tonkam, Une sacrée mamie par Yoshichi Shimada & Saburo Ishikawa chez Delcourt/Tonkam, Star Wars: La haute république, un équilibre fragile t.1 par Shina Shinya, Justina Ireland & Mizuki Sakakibara et Star Wars: Étoiles perdues t.1 par Yusaku Komiyama d’après Claudia Grey chez Nobi-Nobi. On y ajoute Le guide du Geek-trotteur au Japon par Marie Carbonnier & Anne Chein chez Glénat.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

Capsules

[ Translate ]

Le chat du rabbin 11. La Bible pour les chats

ChatDuRabbin-11-cov“Le Chat tombe par hasard sur le numéro de téléphone de Dieu. Persuadé d’être le nouvel Elie, il s’en va prêcher la bonne parole à qui veut bien l’entendre (et l’écouter) en délivrant une interprétation toute personnelle des saints textes. La discussion entre le Chat et le Rabbin, et bien sûr, Zlabya est passionnante, instructive, et bien entendu, hilarante et tendre.”

 

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

ChatDuRabbin-11-p005Le chat trouve un bout de papier avec le numéro de téléphone de “D…” Cela ne peut être que “Dieu.” Elysée 613. Il veut en discuter avec Zlabya mais celle-ci est préoccupée car la soeur de sa meilleur amie, Knidelette, a une grossesse difficile et risque de perdre l’enfant. Le chat entreprend donc d’expliquer son interprétation de la Torah, plus précisément l’histoire du prophète Élie. Le message de celui-ci, qui aurait été un chat, est “qu’il faut croire en dieu parce qu’il fait des miracles. Or dans la vraie vie, les miracles, y en a pas.” Le rabbin argumente que c’est l’inverse. Comme preuve il raconte l’histoire du sacrifice d’Isaac. Puis il explique la fin de l’histoire d’Élie. “C’est dans le silence que réside Dieu.” Pour avoir le dernier mot, le chat cherche un téléphone pour faire le numéro. Il se fait donner un rendez-vous dans une ruelle. Là il rencontre le prophète Élie qui lui dit, qu’en fait, le numéro c’est celui du plombier! L’histoire se termine bien, avec la naissance du bébé, sa circoncision et une anecdote sur Abraham… C’est le rabbin qui a le dernier mot!                                                                                            

Avec son style brouillon et ondulant, ses couleurs criardes et ses planches à six cases, Sfar pointe avec beaucoup d’humour les contradictions du judaïsme et nous fait réfléchir sur la Torah. C’est une très belle histoire qui nous éduque, nous divertit et nous amuse. Une très bonne lecture, donc, que je recommande mais surtout aux amateurs de chats et de métaphysique! 

Cette fois-ci aucune annonce en fin d’album du prochain titre… Par contre, avec ce onzième tome, le chat du rabbin a déjà vingt ans, que Dargaud célèbre avec la sortie d’une série d’intégral qui compilent plusieurs tomes. 

Le chat du rabbin, 11: La Bible pour les chats, par Joann Sfar. Paris: Dargaud (Coll. Poisson Pilote), novembre 2021. 80 pages, 22.5 x 29.8 cm, 15,00€ / $C 27.95, ISBN 978-2-2205-8911-0. Pour lectorat de tout âge (8+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

Voir aussi mes commentaires sur les autres volumes du Chat du Rabbin.

© Dargaud 2021.

[ Translate ]

Natsuko no sake #5-6

NatsukoNoSake-5-covTome 5

“Les drames s’enchainent dans la petite communauté de Niigata. Un hélicoptère d’épandage aérien se crashe dans un champ. Le père de Saeko renonce et détruit ses plantations, accablé de solitude, il ne peut plus assurer son travail. Natsuko mobilise une fois de plus les habitants pour lui venir en aide et une violente tempête menace les récoltes. Mais Saeko, jadis méprisante du métier d’agricultrice, décide finalement de reprendre la plantation à son compte, alors que Natsuko sauvegarde le Dragon Merveilleux jusqu’au moment tant attendu de la récolte. La plantation est fauchée et le processus de production de sake peut s’enclencher. Le moment le plus important de la création artisanale repose désormais sur les épaules de Kusanabe et Natsuko, pourtant moins expérimentés que leurs aînés.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Natsuko no Sake t.5, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), septembre 2021. 464 pages, 18 x 13 cm, 11,00 € / $C 19.95, ISBN 9782379501159. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

NatsukoNoSake-6-covTome 6

“Natsuko jette ses dernières forces dans la fin du brassage du Dragon merveilleux. L’heure du verdict a ainsi sonné pour tous les habitants de la Kura, mais aussi pour chaque aventure humaine. Saeko aura trouvé son équilibre humain dans le travail de la terre, le village est en plein renouveau économique grâce à cette nouvelle agriculture biologique, Kusakabe s’affirme en nouveau chef de la production, Natsuko elle-même finit par trouver l’amour. Mais le papy Yamada, lui, aura laissé ses ultimes forces dans cette dernière saison, et la maladie finit par l’emporter dans la tombe. Le Dragon merveilleux aura bouleversé la vie de tous et la récompense sera à la hauteur du prix à payer.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Natsuko no Sake t.6, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), décembre 2021. 448 pages, 18 x 13 cm, 11,00 € / $C 19.95, ISBN 9782379501166. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Natsuko no Sake (夏子の酒 /  lit. “Le sake de Natsuko”) est un manga seinen par Akira OZE qui a été serialisé dans le magazine Morning en 1988-1991 puis compilé en douze volumes chez Kodansha. La traduction française est disponible chez Vega en six volumes doubles (paru entre septembre 2019 et décembre 2021). J’ai déjà commenté le premier volume de cette série ainsi que les volumes deux à quatre.

NatsukoNoSake-5-p008

t.5, page 8

Dans le cinquième tome, Saeko se lance à plein dans l’agriculture contre l’avis de son père et devient même l’apprentie de Goda, le gourou local de l’agriculture biologique. Natsuko continue son apprentissage en visitant d’autre kura (brasserie de saké) et en écoutant les conseils de Eiji Utsumi, brasseur du fameux junmai Bisen. Toutefois, elle est bouleversée par la dégustation du ginjô “N”, brassé il y a trois ans par son frère Yasuo et qui représentait pour lui le saké idéal. Natsuko devient alors très intransigeante sur ce qu’elle veut faire de son saké ce qui cause beaucoup de friction avec les autres membres de la brasserie… Natsuko récolte enfin le fruit de son labeur: le tatsu-nishiki est planté, cultivé, récolté, décortiqué, et poli. Il reste à choisir une levure dans un duel entre Natsuko et Yamada, le tôji de la kura. Le tatsu-nishiki est maintenant prêt pour le brassage!

NatsukoNoSake-6-p014

T.6, page 14

Dans le sixième et dernier tome, nous assistons à la naissance du saké de Natsuko. Le tatsu-nishiki est lavé, cuit, ensemencé de kôji, malaxé, fermenté en cuve, pressé, filtré, pasteurisé et finalement mis en bouteille. C’est un processus long et complexe. Pendant ce temps, Kasuko (la veuve de Yasuo) décide de rester dans la famille Saeki malgré la demande de son frère de revenir s’occuper de sa mère. Il y a assez de tatsu-nishiki pour faire trois cuvées. Malheureusement, la première a un très léger arrière-goût due à des sacs mal lavés — mais que seul Natsuko perçoit. Toutefois, la filtration devrait régler le problème. Maître Ueda visite la kura et est impressionné par leur travail; il offre quelques conseils. La seconde cuvée ne se déroule pas non plus sans incident car Yamada tombe à nouveau malade mais il se rétablit est le résultat du brassage est excellent. Toutefois, il demande pour la troisième cuvée que Kusakabe prenne la relève comme tôji (mais il le supervisera). Kusakabe s’y met corps et âme. Le résultat est encore meilleurs et satisfait finalement Natsuko. Par la suite, Saeko et Goda se marient. Natsuko décides d’assumer l’héritage de la brasserie Saeki et doit également choisir un nom pour le nouveau junmai daiginjô. Durant l’hiver, Yamada décède. Tout au long du récit, Natsuko a eut trois prétendants: Shingo (le fougueux héritier de la brasserie Kuroiwa), Eiji Utsumi (brasseur du fameux Bisen) et Wataru Kusakabe (ami de Yasuo à l’université qui a joint la brasserie Saeki comme kurabito et en est devenu le nouveau tôji). Lequel gagnera finalement son coeur?

Natsuko no sake est un très beau manga qui nous offre une bonne histoire tout à la fois captivante et touchante. Le style graphique classique, qui est plutôt simple mais efficace, est typique des mangas des années ’80 et ’90. Même si il prêche l’agriculture biologique et nous éduque sur l’art complexe du brassage du saké, ce manga constitue une lecture agréable et divertissante. C’est donc un bon vieux manga qui plaira surtout aux amateurs de culture japonaise et de saké. Moi, j’ai adoré.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© 2016 Akira OZE. All rights reserved. © 2021 Éditions Vega pour l’édition française.

[ Translate ]

Yawara t.3

Yawara3-cov“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo.

Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publié en français chez Big Kana. Il y a neuf volumes de paru jusqu’à maintenant et le dixième est annoncé pour octobre 2022. J’ai déjà commenté le premier et le second volume.  

Yawara3-p009

T.3, page 9

Yawara s’est laissé convaincre de participer à une compétition officielle. Pour ce faire elle doit être certifiée ceinture noire (ce qu’elle fait en un clin d’oeil). Toutefois, le club de judo de son lycée, dont elle est l’entraîneur, doit également participer à une compétition qui a lieu le même jour que le match au budokan! Pourront-ils faire bonne figure sans elle? Yawara leur enregistre quelques conseils et encouragements sur une cassette. Elle leur promet également qu’elle règlera sa compétition rapidement et qu’elle viendra les rejoindre dès que possible. Coup de malchance, Sudo se fait tabasser par son ancien gang (car il racollait les copines de ses amis). Sera-t-il assez en état pour participer à la compétition? Hanazono, qui a encore la jambe dans le plâtre, décide de prendre sa place. Yawara affronte d’abord la championne dans la catégorie des moins de 52 Kg, puis la championne universitaire, puis la championne du premier tour pour la demi-finale. Elle remporte ces trois match en quelques secondes chaque fois! En finale ce sera le combat tant attendu entre Sayaka et Yawara! Évidemment, Yawara remporte le championnat dès sa première projection d’épaule (Ippon-Seoi-Nage). Sans attendre la remise des trophées, elle s’empresse de quitter sur la moto de Matsuda pour rejoindre son club de judo à Setagaya. Elle arrive juste à temps pour voir Hanazono gagner son match. Yawara reçoit la visite d’une championne de judo canadienne. Elles deviennent amies et s’entraînent ensemble. Yawara, qui ne voulait rien savoir du judo, se découvre bien malgré elle une passion pour ce sport…

Yawara nous présente un récit qui, à travers les préoccupations adolescentes et une comédie romantique caractéristique du manga shōjo, présente toute l’action d’une histoire de compétition sportive typique du manga shōnen! Cela en fait une histoire à la fois drôle (avec une bonne dose de “fan service” coquin pour plaire au lecteurs masculins) et captivante mais qui ne néglige pas la sensibilité féminine de l’héroïne qui reste coquette (et au centre d’un imbroglio amoureux)! Le tout est superbement mise en scène par un style assez classique car à la fois simple, clair et précis. Dès ses débuts, Naoki Urasawa a fait preuve d’un grand talent.

C’est donc un très bon manga qui nous offre une lecture agréable et très divertissante! Vivement la suite !

Yawara t. 3, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana, février 2021. 306 pages, B&W (24 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.00 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8649-9, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© 2013 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2021 pour l’édition française.  

[ Translate ]

Le clan des Otori t.2

ClandesOtori2-cov“L’adaptation en bande dessinée du roman de Lian Hearn. 

Takeo, sauvé du massacre des siens par Otori Shigeru, est maintenant au coeur des luttes entre les seigneurs de la guerre. Kaede, otage des Tohan, est promise à sire Otori pour sceller une réconciliation politique. Pièges, trahisons, combats sanglants… Takeo et Kaede doivent parer les coups mortels pour accomplir leur destin.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

ClandesOtori2-p008

T. 2, Page 8


Maintenant que le cadre de l’histoire est en place et que les personnages nous ont été présenté (voir mon commentaire sur le premier tome), le récit peut vraiment se mettre en mouvement. Kaede, otage des Tohan promise à Otori Shigeru (officiellement pour établir une alliance mais en fait pour l’attirer dans un piège), prends la route de Tsuwano. Shizuka, sa servante, a en fait été placé à ses côtés par Araï pour la protéger et lui apprendre le maniement des armes. Elles arrivent à Tsuwano une semaine avant les Otori et cette période est utilisée pour son entrainement. Lors des présentations officielles des futurs époux, elle est un peu déçu par sire Otori mais elle est irrésistiblement attiré par Takeo. L’attraction est mutuelle… Ils reprennent tous ensemble la route vers Yamagata pour une halte avant la destination finale: Inuyama. Les entrainements continuent et, pour Takeo, il s’agit d’aiguiser ses sens dans l’art de la Tribu. Mais sa compassion d’Invisible l’amène à prendre des risques. Arrivé à Inuyama, ils rencontrent le maître des lieux, sire Iida — leur ennemi! La nuit venu, Takeo se prépare à accomplir sa mission mais, avec la complicité de Kenji, la Tribu s’empare de lui avant qu’il ne puisse agir!

Le récit est un noeud d’intrigues et de complots mais qui se déroule avec brio et fluidité ce qui le rend captivant. On continue à en apprendre beaucoup sur chacun des principaux personnages. Le dessin, toujours dans un style brouillon et angulaire, m’agace encore un peu mais on s’y habitue vite et on finit même par le trouver charmant. J’aime bien la palette de couleurs. C’est une bonne lecture qui, en plus de nous divertir agréablement, nous introduit en douceur à l’univers créé par Lian Hearn. 

Le clan des Otori : Le silence du rossignol, t. 2, par Stéphane Melchior (texte, d’après l’oeuvre de Lian Hearn) et Benjamin Bachelier (dessin). Paris: Gallimard BD, octobre 2021. 80 pages, 23.7 x 31.7 cm, 17.80 € / $C 22.99, ISBN 9782075123389. Pour lectorat adolescent (12+). Extraits disponibles. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ Amazon • Goodreads • Google • Nelligan • Wikipedia • WorldCat ]

© Liam Hearn, 2002. © Gallimard 2021 pour la présente édition.

[ Translate ]