Pictorial chronicles [002.021.100]

Le week-end en six images

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Longue ligne au Stade Olympique pour le vaccin (2021/04/08)

Jeudi : le gouvernement ouvre la vaccination à tous les 55 ans et + pour l’Astra-Zeneca. Si les quantités disponibles étaient limités en région, cela ne semble pas être un problème à Montréal. Par contre l’attente est longue. Parti de la maison vers 11h15, je suis arrivé à 11h40 et on me donne un ticket pour 13h00. Quand je reviens on me dit qu’il y a un petit délai (quinze ou vingt minutes qu’y disait — plutôt le double) et on nous fait monter sur l’esplanade: ça c’est la file d’attente pour entrer dans la file d’attente ! Mais, bon, je fini par entrer dans le stade pour m’enregistrer vers 14h15 et, après avoir longuement marché dans les dédales de la bête de béton, je reçois mon vaccin une heure plus tard. Je suis de retour à la maison vers 16h. Smooth! Mais trop stressé pour prendre un selfie victorieux…

 

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Jonquille fleurira bientôt (2021/04/08)

Vendredi : Je passe la pire nuit de mon existence. Pendant près de quatre heures j’ai des frissons si extrême que je danse “le bacon” dans mon lit — à se demander si ce n’était pas des convulsions. Après autant de contractions, tous les muscles de mon corps sont meurtries et douloureux. J’ai mal à la tête, un peu de fièvre et une légère nausée. Le pire (et le plus inquiétant) c’est que toute la nuit mon rythme cardiaque s’est maintenu au-dessus de 120 bpm ! J’annule mon rendez-vous avec le physiothérapeute (pour ma tendinite au talon d’Achille) et je prends la journée relax, me déplaçant comme un p’tit vieux… J’écris un peu et je regarde pousser les fleurs mais, malheureusement, les jonquilles n’ont pas encore fleuries. En après-midi mon rythme descent en bas du 100 bpm, puis redevient relativement normal à 80 bpm (mon normal est plus autour de 70) en soirée. Les courbatures disparaissent et je me sens à nouveau moi-même. 

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Magnolia en pleine floraison (2021/04/10)

Samedi: Je dors profondément. Tout semble revenu à la normale ce matin mais mon rythme cardiaque demeure plus élevé que d’habitude. Tous cela n’est que les effets secondaires normaux d’un vaccin — il est mieux d’être efficace ce damné vaccin ! Comme c’est encore une superbe journée (nous sommes vraiment choyé ces derniers temps: il fait si chaud et si beau) j’en profite pour faire les menus travaux autour de la maison que j’avais prévu pour cette fin de semaine et que j’étais trop indisposé pour faire la veille. Je balaie la ruelle en face de chez nous, coupe quelques branches, arrange le petit toit de l’escalier de la sortie du sous-sol pendant que ma femme commence à préparer le jardin pour les semences. Je sors faire une commission en vélo électrique puis on va prendre notre petite marche de santé dans le parc. Surprise: le magnolia un peu plus haut sur ma rue est déjà en pleine floraison !

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Inflorescence (catkin) de Populus × canadensis (peuplier canadien)

Tout semble avoir progressé rapidement ces derniers jours: il y a déjà des tulipes d’écloses sur le terrain d’un voisin (en plus des jonquillescrocus, jacinthes et ces petites fleurs bleues dont j’ai oublié le nom — Gloire des neiges [Chionodoxa forbesii] ? Scille de Sibérie [Scilla siberica] ?) et même les bourgeons des lilas sont sur le point d’éclore. Il n’y a pas encore de feuilles aux arbres mais la nature semble vraiment être sur le point d’exploser de vie. C’est l’un des plus beau moment du printemps. Tout est en avance de plusieurs semaines comparé à l’année dernière ! Cela veut dire que la saison des allergies est aussi sur le point de commencer… En effet, j’ai remarqué dans le parc que les peupliers sont également en fleurs (mais le pire est encore à venir, i.e. quand le cotton se mets à s’envoler). Je trouve d’ailleurs que l’apparence de l’inflorescence du peuplier (que les anglais appel catkin mais qui se dit chaton en français!) à quelque chose de très sexuelle… J’en profite pour mentionner que le peuplier canadien (Populus ×canadensis, de la famille des Salicaceae) est un hybride entre le Populus deltoides femelle et le Populus nigra mâle. Il ne faut jamais passer à côté d’une occasion d’accroitre son savoir…

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Marmota marmota ! (2021/04/10)

Notre promenade dans le parc Frédéric-Back a été très fructueuse puisque nous avons observé un cardinal rouge  (Cardinalis cardinalis) qui tirait du pistolet-laser pour nous distraire de sa femelle, deux bernaches du Canada (Branta canadensis) qui passaient en rase-motte au-dessus des arbres pour aller prendre leur quartier nocturne sur la pelouse du parc et trois marmottes communes (Marmota monax) — dont deux jeunes qui s’amusaient gaiement sur le dessus d’une butte. C’est beau de voir le parc si plein de vie (et je ne parle pas des gens qui se rassemblent en groupe pour faire le party sans même porter le masque). C’est le moment idéal pour observer les oiseaux car il n’y a pas encore de feuilles aux arbres. Mais cette opportunité va hélas bientôt prendre fin. Même quand ils ne se cachent pas dans le feuillages, il est difficile d’identifier les oiseaux qui se tiennent à l’écart et ne demeurent pas en place longtemps. J’en ai vu des petits au ventre blanc cet après-midi et je serais bien en peine de dire ce que c’était (mésange/chickadee ?, Bruant/sparrow ?, Viréo ?, Fauvette/warbler ?)…

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Pause (2021/04/10)

Après avoir fait le lavage, accompli plusieurs tâches dans le jardin et pris ma marche de santé dans le parc, je suis revenu à la maison pour profiter d’une pause bien méritée. Je me suis assis dans le jardin (pour admirer mon travail), je me suis ouvert une bonne bière (une fois n’est pas coutume) et je me suis mis le nez dans un livre. Rien de mieux que de se perdre dans un monde et des aventures fictives pour oublier le nôtre et relaxer (et rien de mieux pour oublier la bibliothèque que de lire une histoire de… bibliothèque invisible !). Il s’agit ici du premier volume d’une série de fantasy par l’auteur britannique Genevieve Cogman: The Invisible library [Goodreads / Nelligan]. L’idée de bibliothécaires en mission style Indiana Jones dans des mondes parallèles pour trouver des manuscrits rares et préserver l’équilibre entre l’ordre et le chaos n’a rien de bien original mais cela permet de mettre en scène des mondes hybrides qui mélangent magie, supernaturel et cyberpunk! Je ne fais que commencer mais cela m’apparait très divertissant et agréable à lire… Demain, dimanche, retour au travail (dans une bibliothèque!).

Ce fut donc un riche week-end. De plus, aujourd’hui est le centième jour de l’année et il ne me reste plus que deux-mil-deux-cent-trente-quatre jours avant la retraite… Bonne semaine à tous !

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Justine et les Durrells

Justine-covEn Grèce, sur une île des Cyclades, un homme se souvient de la ville d’Alexandrie. Avec une mémoire d’archiviste, il raconte ce qu’il a vécu là-bas avant la Seconde Guerre mondiale. Narrateur anonyme, Anglo-Irlandais entre deux âges, professeur par nécessité, il classe ses souvenirs, raconte son amour pour Justine, une jeune pianiste séduisante, un peu nymphomane et somnambule ; il évoque sa liaison avec l’émouvante Melissa, sa maîtresse phtisique. D’autres personnages se dessinent. D’abord Nessim, le mari amoureux et complaisant de Justine, Pombal, le Français, Clea, l’artiste-peintre, Balthazar, le médecin philosophe. Mais Justine, d’abord Justine, est au coeur de ce noeud serré, complexe, étrange, d’amours multiples et incertaines… 

En achevant le premier tome de son fameux Quatuor d’Alexandrie (Balthazar, Mountolive et Clea succéderont à Justine et seront publiés entre 1957 et 1960), Lawrence Durrell (1912-1990) en donna à son ami Henry Miller une définition devenue célèbre : “C’est une sorte de poème en prose adressé à l’une des grandes capitales du coeur, la Capitale de la mémoire…”

[Texte du site de Renaud-Bray]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Un Britannique déchu, l’aspirant romancier et enseignant L.G. Darley, évoque les souvenirs d’une affaire qu’il a eu à Alexandrie avec la passionnée Justine Hosnari et par ce fait tente de s’exorciser de cet amour impossible. Justine est un roman d’atmosphère sur l’amour — l’amour d’une femme mais surtout l’amour d’une cité: Alexandrie. C’est très beau, très bien écrit mais aussi un peu ennuyant. Cela m’a pris presque deux ans à lire ces deux-cent cinquante pages, dans mes moments libres, entre d’autres livres. C’est la première partie d’une tétralogie (Le Quatuor d’Alexandrie) où chacune des parties est plus ou moins axées sur un personnage différent (Justine, Balthazar, Mountolive et Cléa), offrant chaque fois une perspective différentes sur l’entourage du narrateur (L.G. Darley).

Quatuor-d-Alexandrie-covL’auteur, Lawrence Durrell, est un homme très cosmopolite qui haïssait l’Angleterre (sa société rigide et son climat). Né en Inde il a successivement habité à Corfou en Grèce, à Paris (où il a collaboré avec Henry Miller, Anaïs Nin et Alfred Perlès), à Alexandrie (où il était attaché de presse de l’ambassade Britannique), à Rhodes, en Argentine (où il travaillait pour le British Council Institute), en Yougoslavie, à Chypre (où il a été enseignant) et il s’est établi finalement dans le sud de la France. Le Quatuor d’Alexandrie a définitivement des accents autobiographiques, Durrell s’inspirant d’éléments de sa propre vie: son travail pour le gouvernement Britannique, le fait que sa première épouse s’installe à Jérusalem après leur séparation (comme Justine qui part pour un kibboutz en Palestine), et sa deuxième femme (Eve, une juive alexandrine) étant hospitalisée en Angleterre suite à une dépression, il s’installe à Chypre avec leur fille et prend un travail d’enseignant (comme le narrateur du roman). Et il a sûrement beaucoup aimé la ville d’Alexandrie… C’est là qu’il a rencontré Eve. C’est une ville cosmopolite comme lui, qui offre un complexe mélange de toutes les cultures et toutes les religions. Riches et pauvres s’y côtoient, partageant une culture tant Européenne qu’Arabe, sans trop s’offusquer des moeurs ou de la religion de chacun, qu’ils soient musulmans, juifs, orthodoxes ou chrétiens.

Justine, publié en 1957, a été écrit pendant le séjour de Durrell à Chypre (1952-56). Si il a une belle écriture et qu’il utilise une prose sensuelle et poétique, son style est plutôt expérimental pour l’époque. La narration est désarticulée, avançant et reculant au fil des souvenirs et des sentiments du personnage principal. Et comme ces flashbacks interviennent généralement sans la moindre transition, cela peut laisser le lecteur confus. Si le coeur du récit est le triangle amoureux entre le narrateur, Justine et son mari, le banquier copte Nessim, Durrell y ajoute un ensemble de personnages colorés qu’il utilise pour évoquer la beauté et la diversité de l’Alexandrie d’avant-guerre, ajouter une intrigue socio-politique et même un discours philosophique (voir mystique, au travers du groupe d’adeptes de la Cabbale qui se réunit autour de Balthazar). Toutefois, il s’en sert surtout pour donner une perspective multiple au récit (un peu comme dans le film Rashōmon). C’est aussi en quelque sorte un concept dickien, puisqu’il explore comment notre perception de la réalité est somme toute relative…

“Nous cherchons tous des motifs rationnels de croire à l’absurde. (…) après tous les ouvrages des philosophes sur son âme et des docteurs sur son corps, que pouvons-nous affirmer que nous sachions réellement sur l’Homme? Qu’il est, en fin de compte, qu’un passage pour les liquides et les solides, un tuyau de chair.”

— Lawrence Durrell, Justine (Le Quatuor d’Alexandrie, Le livre de Poche, p. 93) [une réflexion qui rappelle beaucoup Marcus Aurelius dans ses Pensées pour moi-même]

Cette complexité stylistique fait de ce roman, paradoxalement, à la fois un texte attrayant qui captive par sa beauté (au point qu’on en continue la lecture parfois sans même porter attention au récit) et une lecture difficile, voir même par moment désagréable. Je ne sais trop si c’est parce que j’ai lu ce roman par petits bouts, ou parce que j’ai changé plusieurs fois de la version originale à la traduction française (selon la disponibilité du document) mais l’écriture de Durrell m’est apparu compliquée et même parfois difficile à déchiffrer. Il me fallait souvent relire un paragraphe plus d’une fois pour en saisir le sens — certaines phrases échappant totalement à ma compréhension! C’est la version originale qui m’a donné le plus de fil à retordre. Est-ce dû à mon niveau de lecture de la langue de Shakespeare (que je croyais pourtant excellente) ou est-ce que le traducteur français en a poli le texte plus qu’il n’aurait dû en arrondissant certains angles du style de Durrell? Ou alors c’est simplement le style désarticulée de Durrell qui est très demandant. Étrangement, pour passer le temps au travail, j’ai commencé à lire le second tome, Balthazar. Je le lis par curiosité sans avoir vraiment l’intension de le terminer. Chose surprenante, je trouve cette lecture plus facile et plus agréable. Sans vraiment parler d’ “action”, l’histoire progresse plus rapidement et est moins “atmosphérique.” Avec la seconde partie, l’auteur a probablement trouvé son rythme… On verra si j’en continue la lecture…

D’une certaine façon ce roman m’a plus intéressé pour ce qu’il reflétait de la vie de son auteur que pour son récit lui-même. Durrell est un auteur réputé (qui a même été considéré pour un prix Nobel de littérature) et Justine (en fait, l’ensemble de la tétralogie) est considéré comme son chef-d’oeuvre, se plaçant soixante-dixième parmi les cents meilleurs romans de langue anglaise du vingtième siècle. Alors, même si mon impression est plutôt mitigé parce que j’en ai trouvé la lecture difficile, je crois que c’est tout de même un beau roman, profond, qui mérite d’être lu.

Justine (The Alexandria Quartet #1), by Lawrence Durrell. New York: Penguin, July 1991. 253 pages, $19.00 US / $22.50 CND. ISBN 9780140153194. stars-2-5

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Le Quatuor d’Alexandrie (Justine, Balthazar, Mountolive, Clea) par Lawrence Durrell (Traduction par  Roger Giroux). Paris: Livre de Poche (Coll. Classiques modernes / Pochothèque), octobre 1992. 1056 pages, 25,00 € / $44.95 Can., ISBN 978-2-330-07074-8. Pour lectorat jeune adulte (16+).

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Justine, le film

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que la tétralogie a été adapté en un film hollywoodien à la fin des année soixante ! Il est décrit comme “Les amours d’un jeune Anglais à Alexandrie à la fin des années 1930 avec une prostituée et la femme d’un riche banquier qui complote contre les Anglais” (Wikipedia). 

Le film me semble relativement fidèle au roman. Bien sûr certaines scènes ont été changées et, comme je n’ai lu que le premier quart de la tétralogie, je ne peut pas juger du reste. Je me demande cependant si la partie avec le traffic d’arme et le fait que Darley a été manipulé par Justine a été ajouté pour le film ou si c’est simplement dans la partie du roman que je n’ai pas lu. Si cela représente bien reste de l’histoire, je suis intrigué et peut-être continuerai-je à le lire… Le roman se lit peut être comme un oignon et, avec chaque nouvelle partie, Darley découvre sans doute des vérités de plus en plus profondes sur Justine…

Le film offre une narration bien évidemment linéaire avec juste les éléments essentiels de l’intrigue. Vu de cette façon les personnages sont étrangement bidimentionnels. Est-ce que cela fait du sens pour celui qui n’a pas lu le roman? Et le film nous présente une Alexandrie qui semble plus perverse que belle…

Malheureusement, malgré un casting rempli d’acteurs connus, le film fut un échec total puisqu’il ne rapporta qu’un peu plus de deux millions de dollars au Box Office (alors qu’il en a coûté presque huit à produire).  Il semble aussi qu’il ait fait piètre impression sur l’audience qui ne lui a donné une cote que 5.6 / 10 sur IMBd et 36% sur Rotten Tomatoes. 

Justine-dvdJustine: USA, 1969, 116 min.; Dir.: George Cukor & Joseph Strick; Scr.: Lawrence B. Marcus & Andrew Sarris (basé sur le roman éponyme de Lawrence Durrell); Phot.: Leon Shamroy; Ed.: Rita Roland; Mus.: Jerry Goldsmith; Cast: Michael York (Darley),  Anouk Aimée (Justine), Dirk Bogarde (Pursewarden), Robert Forster (Narouz), Anna Karina (Melissa), Philippe Noiret (Pombal), John Vernon (Nessim), George Baker (Mountolive) et Severn Darden (Balthazar). Disponible pour visionnement sur Youtube. stars-3-0

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Les Durrells

Toutefois, ce qui est vraiment intéressant (et amusant) dans cette expérience de lecture, c’est ce qui m’a fait découvrir Lawrence Durrell — et toute sa famille. Car, à une exception près, ce sont tous des auteurs publiés que j’ai découvert en regardant sur PBS la série télé de la ITV Les Durrells à Corfou (The Durrells). Cette série télé de vingt-six épisodes relate les mésaventures (parfois loufoques) de la famille durant un séjour de quatre ans (1935–1939) sur l’île grecque de Corfou. 

À la mort de son époux à Dalhousie, en Inde, en 1928, Louisa Durrell décide de déménager sa famille en Angleterre, à Bournemouth (Dorset), en 1932. Mais la famille y est misérable et à l’instigation de l’aîné — Lawrence (Larry), qui suggère qu’un climat tempéré serait plus agréable — elle déménage à nouveau à Corfou en 1935. Lawrence, vingt-trois ans et écrivain en herbe, s’y rend en premier avec son épouse Nancy Myers. Louisa l’y rejoint avec le reste de la famille: Leslie (dix-huit ans, dont l’intérêt se limite à la chasse et aux armes à feux), Margaret (Margo, seize ans et égocentrique, qui s’intéresse surtout aux garçons) et le cadet Gerald (Gerry, dix ans, qui ne s’intéresse qu’aux animaux). Ils seront aidé dans leur aventures par le chauffeur de taxi exubérant Spýros Hakaiópoulos et le médecin, naturaliste et traducteur Theódoros (Théo) Stefanídis. Chose amusante, si Lawrence parle de son séjour à Corfou dans son livre Prospero’s Cell, il y mentionne à peine la présence de sa famille. À l’opposé, Gerry, dans sa Trilogie de Corfou, ne mentionne jamais la présence de Nancy, la femme de Lawrence, ce qui fait qu’elle n’apparait pas dans la série télé… Avec le début de la deuxième guerre mondiale et l’invasion imminente de la Grèce par les Allemands, la famille retourne en Angleterre en 1939. Lawrence et Nancy, quant à eux, fuient à Alexandrie en 1941.

La série télé est très amusante et divertissante. Je la recommande chaudement. 

TheDurrells-dvdThe Durrells: UK, 2016-2019, 4 seasons de 6 episodes; Dir.: Steve Barron & Roger Goldby; Scr.: Simon Nye (basée sur la Trilogie de Corfou par Gerald Durrell); Phot.: Julian Court, James Aspinall; Mus.: Ruth Barrett; Prod.: Christopher Hall; Cast: Keeley Hawes (Louisa), Milo Parker (Gerry), Josh O’Connor (Larry), Daisy Waterstone (Margo); Callum Woodhouse (Leslie), Alexis Georgoulis (Spiros), Anna Savva (Lugaretzia), Yorgos Karamihos (Theo), Leslie Caron (Countess Mavrodaki), Ulric von der Esch (Sven), et James Cosmo (Captain Creech). stars-3-5

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En plus de l’oeuvre prolifique de Lawrence Durrell (dont Citrons acides qui relate son séjour à Chypre), son frère Gerald a écrit plusieurs ouvrage sur son travail de naturaliste et de conservationniste (il a pour ainsi dire réinventé le concept moderne du zoo) mais il est surtout connu pour sa “Trilogie de Corfou” (Ma famille et autres animaux publié en 1956 [Nelligan], Oiseaux, bêtes et grande personnes publié en 1969 et Le jardin des dieux publié en 1978) qui relate avec beaucoup d’humour le séjour de la famille en Grèce et a inspiré la série télé.  Même sa soeur Margaret a écrit un livre sur la pension de famille qu’elle a tenu à Bournemouth après le retour de Grèce, intitulé Whatever happened to Margo? [Nelligan], écrit dans les années ’60 et publié par sa petite-fille en 1995 (qui a retrouvé le manuscrit dans le grenier). Je vais m’efforcer de lire quelques uns de ces ouvrages et de les commenter plus tard…

À noter aussi que le 11 mars 1968 Lawrence Durrell a été interviewé à Radio-Canada sur l’émission Le Sel de la Semaine, animée par Fernand Seguin. L’entrevue est disponible sur les archives de Radio-Canada, sur Youtube et sur DVD [Nelligan]. On la décrit ainsi: “Lors de son passage au «Sel de la semaine», l’écrivain dévoile la source de son inspiration pour son chef-d’oeuvre [«Quatuor d’Alexandrie»]. L’animateur le questionne d’abord sur son parcours inusité, sur son enfance, sa carrière diplomatique, sa discipline d’écriture, ses rencontres, entre autres sa rencontre déterminante avec l’Américain Henry Miller”. C’est fort intéressant d’entendre l’auteur lui-même parler de sa vie et de son oeuvre.

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Le problème à trois corps (Liu Cixin)

ProblemeATrois Corps-covEn pleine Révolution culturelle, le pouvoir chinois construit la base militaire secrète de Côte Rouge, destinée à développer une arme de grand calibre. Ye Wenjie, une jeune astrophysicienne en cours de “rééducation”, intègre l’équipe de recherche. Dans ce lieu isolé où elle croit devoir passer le restant de sa vie, elle est amenée à travailler sur un système de télétransmissions dirigé vers l’espace et découvre peu à peu la véritable mission de Côte Rouge…

Trente-huit ans plus tard, alors qu’une étrange vague de suicides frappe la communauté scientifique internationale, l’éminent chercheur en nanotechnologies Wang Miao est témoin de phénomènes paranormaux qui bouleversent ses convictions d’homme rationnel. Parmi eux, une inexplicable suite de nombres qui défile sur sa rétine, tel un angoissant compte à rebours…

Hugo 2015 du meilleur roman, Le Problème à trois corps est le premier volume d’une trilogie culte d’une ambition folle.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Le problème à trois corps (三体)  nous offre un récit complexe sur lequel je ne m’étendrai pas trop pour éviter les divulgachages. Pour préserver le suspense, l’histoire nous est racontée dans le désordre et en laissant des blancs qui ne seront comblé qu’à la fin. Le récit est donc désarticulé et demande de la patience. À la page cent, j’ignorais encore de quoi il en retournait avec cette histoire, juste pour vous dire… Je me disais “ça a gagné un Hugo, ça doit être bon alors continuons encore un peu…” C’est lent à décoller mais le sujet est toute de même fort intéressant. Il s’agit ici d’une histoire de premier contact qui pose une délicate question: si on lance un appel dans l’espace, que fait-on si quelqu’un répond?

Comme dans le cas de Terre errante, le récit est un peu  “gros” — Liu Cixin ne semble pas faire pas dans la dentelle. Certains éléments paraissent parfois tout à fait invraisemblable (particulièrement la partie sur les deux protons!) mais quand on parle de civilisation très avancé tout est possible. Comme on dit, une science très avancée paraitrait comme de la magie pour une société primitive… Liu Cixin, un ingénieur de formation, nous propose d’ailleurs une intéressante description de civilisation très avancé qui fait face à un problème particulier de survie dans un système solaire trinaire instable. Le tout enrobé dans un context socio-politique chinois, un thriller de conspiration scientifique et beaucoup d’élément de hard SF — mais qui reste toutefois compréhensible pour qui a une bonne base scientifique. Et il y a peut-être même une allégorie politique de caché dans tout ça (du genre un David oriental contre le Goliath occidental?). Chose certaine c’est un roman (en fait une trilogie) qui a fait beaucoup de bruit et qui a fait naitre beaucoup d’intérêt envers la SF chinoise.

Je ne suis malgré tout pas si sûr que ça mérite vraiment un Hugo mais c’est tout de même une intéressante lecture pour ceux qui aiment la science et ont la patience de lire jusqu’à la fin. (Mais, bon, il reste tout de même deux autres volumes à lire !) J’imagine que ça ferait un bon thriller SF au cinéma ou à la télé. En effet, un film chinois aurait été produit mais n’a jamais abouti (apparement ce serait un navet) et Netflix aurait commandé une série basé sur la trilogie. Cela risque d’être intéressant à voir…

Le problème à trois corps par Liu Cixin (Traduction par Gwennaël Gaffric). Arles: Actes Sud (Coll. Exofictions), octobre 2016. 432 pages, , 14.5 x 24 cm, 23,00 € / $39.95 Can., ISBN 978-2-330-07074-8. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Liu Cixin, 2006. © Actes Sud, 2016 pour la traduction française

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Les années douces

AnnéesDouces-covUn récit pudique et délicat, tissé de bonheurs fugaces et d’enchantements saisis au vol : Jirô Taniguchi au meilleur de son art.

Dans le café où elle a ses habitudes, une trentenaire, Tsukiko, fait la connaissance d’un homme solitaire et élégant, de plus de trente ans son aîné. Elle réalise qu’elle le connaît : il fut autrefois son professeur de japonais. Elle est célibataire, il est veuf. Complices, ils prennent l’habitude de se revoir dans le même café, au hasard de leur emploi du temps, puis, bientôt, d’improviser des sorties ensemble. Insensiblement, à petites touches légères, une connivence s’établit, puis une véritable affection, et peut être même… Ce sont ces rencontres que retracent une à une les chapitres des Années douces, chacune comme une histoire à part entière : la cueillette des champignons, les poussins achetés au marché, la fête des fleurs ou les vingt-deux étoiles d’une nuit d’automne.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Les années douces (センセイの鞄 / Sensei no Kaban / lit. “La mallette du maître”) est un manga seinen par Jirô Taniguchi d’après le roman de Hiromi Kawakami. Ce dernier a été sérialisé dans le magazine Taiyo (Heibonsha) entre juillet 1999 et décembre 2000 avant d’être compilé en un volume en juin 2001. Il a par la suite été réédité en format poche chez Bungei Bunko (Bungei Shunju) et Shincho Bunko (Shinchosha). La version française est publiée aux Éditions Philippe Picquier. Il a été adapté en un téléfilm  et en manga. L’adaptation manga a été prépublié dans le magazine bimensuel Manga Action (Futubasha) entre novembre 2008 et décembre 2009 avant d’être compilé en deux volumes en 2009 et 2010. Casterman a publié les deux volumes en français en 2010-11, puis les a réédité dans une version intégrale en mars 2020.

Tsukiko Omachi est une “Office Lady” dans la trentaine qui mène une vie plutôt solitaire, car elle trouve qu’elle n’est pas trop adapté au “mode de vie des adultes”. Un soir, dans l’izakaya qu’elle a l’habitude de fréquenter, elle fait la rencontre d’un homme plus âgé, dans la soixantaine, qui lui semble vaguement familier et qui apprécie les même choses qu’elle. Elle réalise qu’il s’agit de son ancien professeur de littérature japonaise au lycée. Comme elle ne se souvient pas de son nom, elle l’appelle simplement “le maître” (Sensei) et ce nom lui est resté — même si finalement elle se rappelle qu’il s’agit de Harutsuna Matsumoto. Au fil des rencontres dans ce même izakaya va se développer une relation d’amitié, puis de tendre complicité. Et, même si elle sort parfois avec Kojima, un collègue du lycée, ses pensées reviennent toujours au maître…  Lorsqu’ils commencent à se donner rendez-vous ailleurs qu’au bistrot, cette amitié évoluera vers une véritable affection et, pourquoi pas, une relation amoureuse.

C’est un récit très anecdotique divisé en dix-neuf chapitres (ou “rencontres”): La lune et les piles, Les poussins, Vingt-deux étoiles, La cueillette des champignons (1 et 2), Nouvel an, Renaissances, Fête des cerisiers (1 et 2), La chance, Orage de mousson, L’île (1 et 2), Sur la grève (un rêve), Le grillon, Au parc, Le cartable du maître, Parade (1 et 2). Je comprend fort bien pourquoi Taniguchi a voulu faire cette adaptation, car cette histoire s’apparente très bien avec sa thématique de déambulation gastronomique qu’il a mainte fois utilisée dans des récits comme L’Homme qui marche, Le Promeneur ou Le Gourmet solitaire. C’est un très beau récit — lent et contemplatif — qui se lit plutôt bien et qui, comme la vie des personnages de Taniguchi, se savoure tranquillement. L’artiste a atteint le sommet de son art et l’on voit sa maîtrise tant dans la mise en page que dans son magnifique style précis et détaillé. 

Les années douces est un très bon manga que j’avais déjà lu lors de sa sortie en deux volumes et que je me suis fait un plaisir de relire avec la parution de l’intégrale. C’est du Taniguchi à son meilleurs…

Les années douces, par Jirô Taniguchi, d’après l’oeuvre de Hiromi Kawakami (Traduction par Elisabeth Suetsugu, adaptation par Corinne Quentin). Paris: Casterman (Coll. Écriture), mars 2020. 440 p., 17.3 x 24.1 cm, 24.95 € / $C 48.95. ISBN 978-2-203-20319-8. Pour lectorat jeune adulte (16+).  stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© PAPIER / Jiro TANIGUCHI / Hiromi KAWAKAMI, 2008. © Casterman, 2020 pour la traduction française.

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Les Frères Karamazov

FreresKaramazovIwashita-covL’exubérant et avide Fiodor Karamazov a été assassiné. La disparition de ce chef plonge le reste de la famille dans un combat de coq. Quel sens donner à l’existence de Dieu ? A ce qui est admissible ou pardonnable ? Et qui est l’assassin ? Les Frères Karamazov, l’un des piliers de l’oeuvre de Dostoïevski, est superbement adapté dans un manga au trait puissant.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Les Frères Karamazov (カラマーゾフの兄弟 / Karamazov no Kyödai) est l’adaptation en manga du chef d’oeuvre littéraire de Dostoïevski publié en japonais par Kôdansha en juin 2018 (reprenant l’édition de novembre 2010 par Nihon Bungeisha) et traduite en français dans la collection Kuro Savoir de Kurokawa. Celle-ci offre un concept très similaire à la collection Soleil Classique qui traduisait des adaptations de classiques de la littérature publié dans la collection manga de dokuha (まんがで読破) de l’éditeur japonais East Press — dont j’ai déjà parlé. De la même façon, la collection Kuro Savoir traduit en français des titres de la série Manga Academic Bunko (まんが学術文庫) de Kôdansha. La qualité tant des adaptations que du dessin semble meilleurs que ce que produit East Press (ce qui expliquerait peut-être la disparition de la collection Classique de Soleil). Au Japon, Les Frères Karamazov a déjà connu deux autres adaptations en manga: l’une par Yumi OKIKAWA (chez Gentosha Comics) en 2010 et l’autre dans la collection manga de dokuha en 2008.

Je n’ai pas lu l’oeuvre de Dostoïevski car j’ai toujours trouvé que la littérature russe me donnait des migraines. C’est une oeuvre compliquée mais il semble que l’adaptation de Hiromi Iwashita en résume bien les grandes lignes. Fiodor Karamazov est un noble parvenu, avide et débauché qui ne s’entend guère avec ses trois fils: Mitia (un ancien militaire, indépendant et avide, qui courtise la même femme que son père), Ivan (un athée imperturbable et sarcastique) et Aliocha (un moine novice d’une nature naïve et généreuse) — et l’on découvre au cours du récit qu’il y a un quatrième fils, illégitime. Ils représentent les archétypes russes et sont tous torturés par des problèmes d’argent, de coeurs, de conscience ou de jalousie… Lorsque le père est assassiné ils s’accuseront les uns les autres. Le récit développe de nombreuses intrigues et histoires parallèles, tout en explorant des questions philosophiques et existentiels sur l’existence de Dieu, le libre arbitre, et la moralité.

Le récit est complexe et parfois un peu difficile à suivre mais demeure fort intéressant. Le dessin, sans être extrêmement sophistiqué, est clair et précis. C’est une bonne lecture, intéressante et tout de même divertissante. Toutefois, le principal intérêt de ce genre d’ouvrage est de rendre plus accessible une littérature et des concepts qui ne retiendraient jamais l’attention des jeunes lecteurs s’ils n’étaient pas présenté sous une forme plus appétissante et plaisante, comme celle d’un manga. Et Les Frères Karamazov rempli bien cet objectif en nous offrant une agréable introduction à ce classique Russe.

Les Frères Karamazov par Fiodor Dostoïevski et Hiromi Iwashita. Paris: Kurokawa (Coll. Kuro Savoir), janvier 2020. 320 pages, 12.8 x 18.2 cm, 6,80 € / $12.95 Can., ISBN 978-2-368-52877-8. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

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© 2018 Hiromi Iwashita. All Rights reserved.

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Lovecraft country

LovecraftCountry-covThe critically acclaimed cult novelist makes visceral the terrors of life in Jim Crow America and its lingering effects in this brilliant and wondrous work of the imagination that melds historical fiction, pulp noir, and Lovecraftian horror and fantasy.

Chicago, 1954. When his father Montrose goes missing, 22-year-old Army veteran Atticus Turner embarks on a road trip to New England to find him, accompanied by his Uncle George—publisher of The Safe Negro Travel Guide—and his childhood friend Letitia. On their journey to the manor of Mr. Braithwhite—heir to the estate that owned one of Atticus’s ancestors—they encounter both mundane terrors of white America and malevolent spirits that seem straight out of the weird tales George devours.

At the manor, Atticus discovers his father in chains, held prisoner by a secret cabal named the Order of the Ancient Dawn—led by Samuel Braithwhite and his son Caleb—which has gathered to orchestrate a ritual that shockingly centers on Atticus. And his one hope of salvation may be the seed of his—and the whole Turner clan’s—destruction.

A chimerical blend of magic, power, hope, and freedom that stretches across time, touching diverse members of two black families, Lovecraft Country is a devastating kaleidoscopic portrait of racism—the terrifying specter that continues to haunt us today.

[Text from publisher’s website ; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

This is a tale of two horrors. First, it is the story of an extended black-american family that has to deal with a covenant of powerful and ruthless warlocks trying to bring back Adam’s paradise on Earth and, in order to do so, are in search of lost knowledge. Above all, it is the terrifying story of what it is for black-americans to live through the 1950s Jim Crow America. It is told through eight short stories that are interlinked, each focusing on one member of the family and using a different sub-genre of horror for its storytelling.

In “Lovecraft country”, Atticus Turner receives a letter from his father, Montrose (with whom he always had a difficult relationship), telling him that he found some genealogical information about his deceased mother and that they should go together to Arkham — well, he misread the letter and it is actually Ardham, Massachusetts, but it is still in the middle of what he calls “Lovecraft country”. He comes back to Chicago but his father has disappeared. Along with his uncle George Berry and childhood friend Letitia Dandridge, he goes on a road-trip — dodging all sorts of racist dangers — to reach the Ardham Lodge, owned by Samuel Braithwhite. There, Atticus discovers that he is the descendant of the Braithwhite ancestor, Titus, and that his father was kidnapped in order to set a trap for Atticus who is needed for a nefarious ceremony of witchcraft. With the help of Samuel’s son, Caleb, Atticus frees is father, foils the plan of the elder Braithwhite (killing him and all the members of “The Order of the Ancient Dawn” in the process) and escapes (mostly) unhurt.

In “Dreams of the which house”, Letitia inherits some money and she uses it to purchase a huge house in the middle of a white neighbourhood, which causes her many pains and harassment. On top of that, she discovers that the Winthrop House is haunted by his previous owner, Hiram Winthrop. After many troubles, she succeeds to strike a deal with the ghost. However, it is revealed that Caleb Braithwhite is behind the sale of the house to Letitia, as Hiram was a friend-turned-rival of his father and in possession of a precious item that he covets. 

In “Abdullah’s book”, Caleb steals a family heirloom from George and Montrose and, in exchange for its return, asks them to break in the natural history museum to retrieve a book from a secret room. Helped by the members of their Freemason lodge, the brothers will undergo a dangerous Indiana Jones-style expedition through tunnels and riddles, to recover Hiram’s “Book of Names”.

In “Hippolyta disturbs the universe”, George’s wife discovers a secret compartment in an orrery (the mechanical model of an unknown solar system) of the Winthrop House, containing a book and a pair of keys. If George and his nephew have always been fans of pulp-style science-fiction and horror stories, Hippolyta had always been fascinated by physics and astronomy. The book brings her to an observatory in Wisconsin but, instead of a telescope, she finds a machine that open doors through time and space! She finds herself on a sandy beach on an alien planet from a distant solar system inhabited only by Ida. She had been exiled there by Hiram Winthrop two decades ago, along with all the domestic staff of the house, to scare them into telling him where his son Henry went. He had run off with one of the maids. But Hiram died before he could free them and all the other had perished, killed by the alien flora and fauna of the planet. 

In “Jekyll in Hyde Park”, Ruby — Letitia’s sister — in contacted by Caleb who want to use her to gain information on Atticus and Letitia, and to spy on members of other warlock lodges. In exchange, he offers her a potion that can transform her into a white woman! She discovers what real freedom is, but also that it comes with a price…

In “The narrow house”, Atticus and Montrose are trying to locate Henry Winthrop, who ran off from his father’s house with a black maids and some of his father’s precious notebooks. Tasked by Caled, they follow his trail to Illinois but find out that his entire family was killed when their house was burned down by a racist mob. However, due to a protection spell gone awry, Montrose is able to get information (and the notebooks) from his ghost. However, Atticus and his father decide not to share the books with Caleb.

In “Horace and the devil doll”, the head of the Chicago lodge, police Captain Lancaster, is suspecting that Caleb want to renege on their deal and betray him. He also knows that Hippolyta visited the Warlock Hill observatory, but doesn’t know her exact involvement. He therefore decides to use George and Hippolyta’s talented son, Horace, to spy on her. As the boy refuses, Lancaster curses him with a powerful spell that makes him being pursued by some sort of voodoo doll (revenge of Chucky style !). Being unable to speak, Horace is able to alert Ruby to his ordeal by using Scrabble tiles, and she then enlist Caleb to help break the spell.

In “The mark of Cain”, all the members of the Turner/Berry/Dandridge families finally share each other stories and decide, while feigning to help Caleb take over all the lodges, to prevent him to accomplish his plan. With the help of Hiram’s ghost, they find his weakness and strip him of his powers. In an “Epilogue”, we see that, in the aftermath, all the family members goes on happily ever after.

If the book is not horrific in the way Lovecraft’s stories are, it nevertheless offers an interesting twist on Lovecraft universe and influence. However, Lovecraft Country has been adapted into a TV series that add elements (a few monsters) that are closer to Lovecraft’s stories. The TV series change several details of the book’s story (mostly Caleb is a woman named Christina and Horace is a girl named Diana) and add several side stories (adding some Asian horror with the character of Ji-Ah, a Korean friend of Atticus whose also a demon) that make it more captivating and complete. In comparison, and looking back at it, I would say that the book’s storytelling seems a little disappointing. 

Lovecraft Country is nevertheless a very interesting book that offers a great read. However, you can always save time by watching the excellent TV series.

Lovecraft country, by Matt Ruff. New York: Harper Collins, February 2016. 376 pg., Hardcover, 6 x 9 in., $26.99 US / $33.50 Can. ISBN: 978-0-06-229206-3. stars-3-5

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© 2016 by Matt Ruff

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Phil, Une vie de Philip K. Dick

Phil-covPhilip K. Dick (1928-1982) est un des auteurs de science-fiction les plus novateurs et influents du XXe siècle. Depuis les années 1980, son œuvre, qui questionne la réalité et le principe d’humanité, a été adaptée maintes fois au cinéma et à la télévision et est enseignée dans les plus grandes universités du monde.

Blade Runner, Total Recall, Ubik, Minority Report, A Scanner Darkly et les séries The Man in the High Castle ou Electric Dreams… sont quelques-uns des univers sortis de son esprit fertile.

Philip K. Dick n’a pourtant vraiment connu le succès qu’après sa mort et son existence a plutôt rimé avec galères, dépressions, divorces en série et expériences mystiques…

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Je suis un fan de Philip K. Dick. J’ai lu (jadis) tous ses ouvrages de SF et un de ses romans mainstream (Portrait de l’artiste en jeune fou, aussi adapté au cinéma sous le titre Confession d’un barjo, et tous deux commenté dans Samizdat 23). Je n’en ai pas fini avec lui car il y a beaucoup d’histoires j’aimerais relire et, bien sûr, lire plusieurs autres des romans de littérature générale. J’ai aussi beaucoup lu sur PKD. Et j’ai vu plusieurs documentaires et même un film de fiction (Your name here). L’ouvrage qui m’a le plus marqué est l’excellente biographie romancée Je suis vivant et vous êtes mort par Emmanuel Carrère. 

Cette biographie romancée en bande dessinée me rappel beaucoup l’ouvrage de Carrère, mais en moins détaillé bien sûr. C’est bien écrit et nous offre l’essentiel, les grands moments, de la vie de l’auteur. J’ai bien aimé les transitions imaginatives entre les différentes parties du récit. Ce dernier est fluide et conserve bien l’intérêt du lecteur. Le dessin quant à lui est bien, sans plus, et rappel le style des comics américains (Marvel et DC) — tellement qu’au début je pensais qu’il s’agissait d’un comics traduit en français…  Ce style de dessin ne m’enthousiasme pas énormément mais Marchesi fait tout même un bon travail pour donner vie au récit. Ce n’est sans doute pas une biographie totalement fidèle (est-ce seulement possible de faire une telle chose?) car, comme le dit Queyssi dans sa postface, c’est une question de point de vue. L’auteur a recherché son sujet en profondeur, comme le prouve la bibliographie en fin de volume (mais qui ne cite pas l’ouvrage d’Emmanuel Carrère).

Phil est publié par un éditeur qui se consacre aux biographies graphiques (21g fait allusion au poids de l’âme selon Duncan McDougall) et côtoie des prix Nobel de la Paix (comme Mandela, MLK ou Mère Theresa), des “Grandes consciences” (comme Gandhi, le Dalaï Lama, Pelé), des artistes (comme Rodin, Renoir ou Lovecraft !) ou des hommes de “sciences” (comme Einstein, Eiffel, Steve Jobs). La version anglaise, Philip K. Dick : a comics biography, est publiée chez NBM.

Phil offre une bonne lecture mais surtout si vous voulez vous familiariser avec Philip K. Dick sans trop d’effort…

Phil, Une vie de Philip K. Dick, par Laurent Queyssi (scénario) et Mauro Marchesi (dessin). Paris: 21g (Collection Rêveurs de mondes), janvier 2018. 144 p. (131 pl.), 18 x 27 cm, 20 € / $C 34.95. ISBN 979-10-93111-19-3. Pour lectorat adolescent (14+). Extrait disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-0

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© Blue Lotus Prod

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L’amant

L-amant-cov“La narratrice, c’est l’auteure elle-même. Elle a 15 ans et vit en Indochine avec sa mère, veuve, et ses deux frères. Pensionnaire dans un lycée pour étudier les mathématiques, elle ne rêve que de devenir écrivain. Sur le bac qui traverse le fleuve séparant son lycée de sa pension, elle fait la connaissance d’un riche Chinois. Ils tombent éperdument amoureux et s’engagent dans une relation régie par l’amour et l’argent qui durera un an et demi. Ils se voient régulièrement et ce premier amour fort mais ambigu impose à la jeune fille de faire face à la honte, la peur, la jalousie, et de parvenir à trouver sa place au sein d’une famille où il est difficile de s’affirmer.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

L’amant (愛人 / Aijin) est un manga josei par Kan Takahama qui adapte le roman éponyme de Marguerite Duras. Il a d’abord été publié en feuilletons en 2018-19 sur le site de prépublication seinen Torch (トーチ web) avant d’être compilé en un volume chez Leed Publishing en février 2020.

L-amant-p027Une jeune fille issue d’une famille française pauvre (la mère ayant fait une mauvaise transaction immobilière) est pensionnaire dans un lycée de Saigon. Sur le chemin de l’école, elle fait la rencontre d’un jeune chinois d’une famille riche. Elle découvre alors l’amour et la sexualité. Elle a presque seize ans et il en a dix-sept. C’est un amour impossible et elle le sait, mais elle se sert de lui pour avoir de l’argent, pour échapper à sa famille, et peut-être même à Saigon. Sur le bateau qui la ramène en France, elle croit qu’il s’est suicidé car sa famille l’a forcé à épouser une chinoise de sa classe. Pourtant, des années plus tard, après la guerre d’Indochine, alors qu’il est de passage à Paris avec sa femme, il lui donne un coup de téléphone. Il lui dit qu’il l’aime encore, qu’il l’aimera toujours… jusqu’à la mort.

[ Prélude au récit: pages 9- 11 ]

L’amant est une très belle histoire d’amour. C’est illustré dans un beau style, simple et empreint d’une certaine nostalgie, que j’aurais trouvé agréable si ce n’est des visages des personnages qui m’apparaissaient trop anguleux et bouffis, comme s’ils avaient été battu. Après avoir lu d’autres oeuvres de Takahama (principalement Le goût d’Emma), je me suis rendu compte que c’est un style qui lui est propre et je m’y suis habitué. Je feuillette le manga maintenant et je trouve cela beau. C’est évidemment plein de scènes de nudité et de sexe. 

Le manga est accompagné d’une préface de l’auteur, où elle explique que ce projet lui a été proposé par son agent en France, Corinne Quentin (du Bureau des Copyright français) et nous parle de sa genèse. Il se termine sur une postface de son éditeur japonais, Atsushi Nakagawa (des Éditions Leed), qui nous parle un peu des oeuvres et du talent de Takahama. 

 C’est un très bon manga que je recommande chaudement.

[Prélude, suite: pages  12-15]

L’amant, par Kan Takahama (d’après le roman de Marguerite Duras) [Traduction et adaptation: Corinne Quentin]. Paris: Rue de Sèvres, janvier 2020. 152 p., 21 x 27.5 cm, 18 € / $C 34.95. ISBN 978-2-36981-908-0. Pour lectorat jeune adulte (16+). Extrait disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-5

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©  Kan Takahama • Rue de Sévres pour l’édition française.

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Sherlock Holmes en bande dessinée (2)

BDs hommages & pastiches

Dans la première partie de cette série d’articles sur les adaptations de Sherlock Holmes en bande dessinée, j’ai traité des adaptations canoniques c’est-à-dire qui racontent fidèlement les récits des romans de Sir Arthur Conan Doyle. Il s’agissait principalement de la série britannique écrite par Ian Edginton et illustrée par Ian Culbard, publiée en anglais chez SelfMadeHero (2009-2011), puis traduite en français chez Akileos (2010-2011).

Dans cette seconde partie je vais traiter des pastiches (parodies) et des hommages à la série de romans du célèbre détective. Ces adaptations sont beaucoup plus nombreuses (et il me faudra sand doute plus qu’un article pour les couvrir). Je commence pour les deux plus importantes, d’abord parce qu’elles sont plus connues mais aussi parce que ce sont des séries de plusieurs volumes.

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(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Baker Street : all you need is Holmes 

BakerStreet-Intégral-covOubliez Léonard de Vinci, Darwin, Einstein… Sherlock Holmes est l’homme le plus intelligent du monde. Ou pas.

[Texte de la couverture arrière]

“Enfin les aventures déjantées du plus célèbre des détectives et de son acolyte médecin en version intégrale. Retrouvez les cinq tomes de la série dans cette édition unique. Des éclats de rire en perspective.

Saviez-vous que le docteur Watson doit une grande partie de sa popularité à une méduse? Que Sherlock Holmes pratique parfois le cambriolage ? Et seriez-vous capable de trouver un rapport entre un diable en boîte, un haltère, un réveil-matin, un cactus et une masse d’armes ? Non ? Eh bien plongez-vous dans les carnets secrets du docteur Watson, miraculeusement exhumés par deux froggies…

[Texte du site de l’éditeur]

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Cette édition intégrale de la série Baker Street compile les cinq volumes de la bande dessinée par Veys et Barral. Le premier volume, Sherlock Holmes n’a peur de rien, inclue cinq histoires courtes: “L’incident sur la Tamise” (6 p.), “Ophiophobie” (7 p.), “Tossing the caber” (8 p.), “Le bois rouge de Pernambouc” (16 p.),  et “Rançon pour une momie” (10 p.). 

Dans le second volume, Sherlock Holmes et le Club des sports dangereux (48 p.), on retrouve une histoire loufoque où le quatuor de détectives imbéciles (Holmes, Watson, Lestrade et son cousin Brodie) doit enquêter tout à la fois sur “Le profa­nateur” (alias Jack le Moustacheur), une tentative de meurtre sur Lestrade, un meurtre à huis clos dans un club bien particulier, une gerbille surexcitée et sur une série de disparitions mystérieuses près du Limehouse !

Dans le troisième volume, Sherlock Holmes et les Hommes du Camellia (48 p.), notre petit groupe doit aidé M. Clipton, un producteur de thé du Ceylan, à retourner dans son pays en six semaines pour la lecture du testament de son oncle afin de pouvoir hériter de la plantation familiale. Toutefois, un compétiteur — un producteur de thé chinois, M. Teawings — fera tout pour les en empêcher!

Le quatrième volume, Sherlock Holmes et l’Ombre du M (52 p.), est la suite directe du précédent. La lecture du testament s’est révélé être un canular, mais lorsque l’oncle de Clipton meurt vraiment d’une crise cardiaque, le testament révisé exige cette fois, pour hériter de la plantation familiale, qu’il retourne en Angleterre et fasse un spectacle de clown devant la reine! Pour contrer Holmes, Teawings engage son ennemi juré, Moriarty! Cette fois l’adversaire est plus coriace alors, pour rendre leur itinéraire moins prévisible, Holmes y introduit un élément de hasard…

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Dans le cinquième et dernier volume, Le Cheval qui murmurait à l’oreille de Sherlock Holmes, on retrouve — en plus de l’aventure titre (34 p.) où Holmes, affligé par l’oisivité, tente d’élucider le vol inexplicable de documents sur une base militaire (dont le menu du mess des officiers!) — cinq histoires courtes (une sans titre [4 p.], “Le jour de Watson” [3 p.], “Rendez-vous à Chelsea Bridge” [2 p.], “Coucher de soleil sur l’abattoir” [2 p.] et “Rendez-vous au Strand” [2 p.]) et une dizaine de gags en une seule case. L’édition intégrale se termine avec les couvertures originales des cinq volumes.

Cette bande dessinée respecte bien l’univers victorien créé par Sir Arthur Conan Doyle mais nous présente une version très humoristique et plutôt irrévérencieuse des personnages (dont le visuel est d’ailleurs inspiré par les acteurs Jeremy Brett et David Burke, qui incarnèrent le célèbre duo de détectives dans la série télévisée de Granada).

L’aspect visuel (dessin et mise en page) est bien réussi. Quoi que inégale cette série est agréable à l’oeil. Le récit est bien mené puisqu’il est à la fois captivant et très drôle. Cela n’a évidemment rien à voir avec les véritables aventures de Sherlock Holmes mais, en plus d’en respecter l’esprit, c’est aussi très divertissant et je me suis beaucoup amusé avec cette lecture. C’est une excellent parodie que je recommande chaudement.

Baker Street : all you need is Holmes [Édition Intégrale], par Pierre Veys (scénario) et Nicolas Barral (dessin). Paris: Delcourt, novembre 2017. 266 p., 22.5 x 29.7 cm, 34.95 € / $C 59.95, ISBN 978-2-413-00028-0. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 2017 Éditions Delcourt

Capsules

Les quatre de Baker Street 

t. 1, L’affaire du rideau bleu

Quatre_de_Baker_Street-1-covUne série captivante et romanesque librement inspirée de l’œuvre d’Arthur Conan Doyle ! Trois détectives en herbe pour une enquête digne du maître de Baker Street !

Billy, Charlie et Black Tom sont insé­­p­ara­bles. Et pour cause : impossible de survivre seul dans l’East End londonien, peuplé de faux mendiants, de vrais ruffians et de franches canailles ! Heureusement, les trois amis peuvent compter sur la pro­tection d’un certain Sherlock Holmes, pour lequel ils font parfois office d’espions des rues… Mais lorsque la fiancée de Black Tom est kidnappée sous leurs yeux, nos héros vont devoir mettre au plus vite à profit les leçons de leur mentor pour la retrouver saine et sauve… en s’adjoignant les services d’un quatrième larron pour le moins inattendu. Place aux Quatre de Baker Street, la plus jeune équipe de détectives de l’époque victorienne !

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Cette bande dessinée mets en scène non pas le grand détective lui-même (Holmes et le Dr Watson n’apparaissent que dans les quatre dernières pages!) mais des personnages secondaire: les fameux “Irréguliers” ou “Francs-tireurs” de Baker Street, une troupe d’enfants de la rue qui sont les yeux et les oreilles du détective et qu’il utilise pour des missions de surveillance. Avec le temps, les membres de la troupe ont grandi ou se sont trouvé d’autres activités et il n’en reste plus que trois: Billy (William Fletcher, un jeune garçon bien éduqué), Black Tom (Tommy O’Rourke, Irlandais et l’acrobate du groupe), Charlie (Charlotte, habillée en garçon elle est en réalité une fille, la modératrice du groupe). La quatuor est complété par Watson, le chat de gouttière tigré. Lorsque Sherlock Holmes n’est pas disponible, alors les Quatre de Baker Street mènent l’enquête eux-même! Dans ce premier album, la petite amie de Black Tom est kidnappée et le quatuor devra retracer les coupables, puis s’attaquer au Rideau Bleu, “un bordel chicot du West-End.”

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Dans sa préface, Régis Loisel louange le talent de l’artiste: “Sa mise en scène aux cadrages énergiques sert le scénario à merveille, les décors sont précis et généreux et l’ambiance générale est soutenue par des couleurs somptueu­ses.” Si je suis d’accord avec la première partie de son commentaire (les décors et la mise en page sont très adéquats) mon opinion est à l’opposée sur les couleurs: je n’aime guère le dessin un peu trop anguleux à mon goût par moment, les ombrages sur les visages me semblent un peu exagérées et, surtout, le choix d’une palette de couleurs sombres, tout dans le brun et le sépia, me déplait beaucoup. Je comprends que l’artiste voulait sans doute rendre l’atmosphère victorienne (brumeuse, étouffante, ancienne — à moins que cela soit un problème d’impression?) mais je trouve cela très laid. 

Par contre, l’histoire est excellente. Le récit est bien mené, captivant et les personnages sont crédibles et attachants. L’histoire est sérieuse, fidèle à l’esprit des Aventures de Sherlock Holmes. Il s’agit donc d’un digne hommage à Conan Doyle. Dans l’ensemble, malgré les faiblesses du style graphique, c’est une bonne lecture.

Il est intéressant de constater que cette bande dessinée a non seulement été traduite en anglais chez Insight Comics [Goodreads], mais qu’elle a aussi été adapté en animation par les studios Folivari, Canal Plus et Studiocanal [voir la page officielle et le teaser sur Vimeo]. Cela démontre bien l’intérêt et la qualité de la série.

Les quatre de Baker Street t. 1, L’affaire du rideau bleu, par Jean-Blaise Djian & Olivier Legrand (scénario), David Etien (dessin et couleur). Issy-Les-Moulineaux: Vents d’Ouest, janvier 2009. 56 p., 24 x 32 cm, 13.90 € / $C 22.95, ISBN 978-2-7493-0437-3. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© 2009 Vents d’Ouest

Capsules

t. 2, Le dossier Raboukine

Quatre_de_Baker_Street-2-covLes Quatre de Baker Street sont de retour !

Londres, 1890. Billy, l’apprenti détective, Charlie, la petite fille grimée en garçon, et Black Tom le monte-en-l’air sont trois gamins des rues unis par une solide amitié. Accompagnés du matou Watson, ils arpentent les bas-fonds de l’East End, menant enquêtes, filatures et autres missions de confiance pour le compte d’un certain… Sherlock Holmes. Ce nouvel opus voit nos héros se mêler d’une ténébreuse affaire impliquant des révolutionnaires russes exilés à Londres et la police secrète du Tsar… Nos protagonistes vont avoir fort à faire pour déjouer machinations, trahisons et mauvais coups…

Le premier tome de cette série avait fait l’unanimité, grâce au dessin dynamique et étonnant de maîtrise de David Etien et au scénario mené tambour battant de Djian et Legrand. On se replonge avec délectation dans ce second tome, qui nous entraîne dans une nouvelle enquête passionnante et nous fait découvrir un peu plus ces gamins gouailleurs et attachants.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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Page 3

Dans cette aventure, les quatre de Baker Street doivent enquêter sur un complot politique impliquant des révolution­naires Russes. Alors que des prostitués sont à nouveau assassinées dans White­chapel (dont Sally, une amie de Billy), on craint le retour de Jack l’Éventreur. Toutefois, le quatuor découvrira que cette affaire est en fait liée à un complot de la police secrète du Tsar pour discré­diter les révolutionnaires socialistes réfugiés à Londres. Holmes étant absent, il incombe au quatuor de venir en aide à Katia Ivanovna et son compagnon Victor Raboukine!

Avec cet album, le graphisme s’est beaucoup amélioré: le style est un peu plus agréable et les couleurs en tons de brun et sépia moins présentes (quoique inconsistantes puisqu’au début elles semblent servir pour représenter des scènes de nuit, mais celles-ci se retrouvent avec de beaux tons de bleu vers la fin de l’album)… Le récit, toujours aussi captivant et sérieux, est également plus riche et intéressant. Cet album nous offre donc une très bonne lecture.

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T. 8, page 3

Les Quatre de Baker Street est une série très prometteuse qui en est déjà à son huitième album. La série continue donc avec le tome 3: Le Rossignol de Stepney, le t. 4: Les Orphelins de Londres, le t. 5: La Succession Moriarty, le t. 6: L’Homme du Yard, le t. 7: L’Affaire Moran et le t. 8: Les Maîtres de Limehouse. J’ai eut la chance de mettre la main sur un extrait papier des dix premières pages de ce huitième album (paru en octobre 2019) et je dois avouer que cette série a fait beaucoup de chemin et m’apparait excellente (l’amélioration du style graphique est particulièrement frappante). À lire certainement.

Les quatre de Baker Street t. 2, Le dossier Raboukine, par Jean-Blaise Djian & Olivier Legrand (scénario), David Etien (dessin et couleur). Issy-Les-Moulineaux: Vents d’Ouest, avril 2010. 56 p., 24 x 32 cm, 13.90 € / $C 22.95, ISBN 978-2-7493-0519-6. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© 2010 Vents d’Ouest

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Capsules

I’ll never tell (Catherine McKenzie)

ill-never-tell-9781501178634_xlgFrom Catherine McKenzie, the instant bestselling author of The Good Liar, comes a riveting domestic suspense in the vein of Liane Moriarty that sees five siblings forced to confront a tragedy they thought was buried long ago.

What happened to Amanda Holmes?

After the sudden death of their parents, the MacAllister children return to the run-down summer camp where they spent their childhood. The four sisters and their elder brother haven’t all been together at Camp Macaw in over twenty years—ever since a tragic and mysterious accident.

Over the course of the Labour Day weekend, the siblings must determine what to do with the property, now worth millions. But a stunning condition of their father’s will compels them to face their past—and come to a decision that threatens to tear them apart forever.

A sharp and engrossing novel of suspense, I’ll Never Tell reveals what happens when the secrets and lies that hold a family together are finally exposed.

[Text from the publisher’s website; see also the back cover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

I’ll never tell is a whodunit novel in the style of Agatha Christie. A family is reunited in a summer camp after season for the reading of their parents’ will as they both died in a train accident. But a clause put by their father forces them to resolve an unsolved murder perpetrated by one of them twenty years ago in this same camp. Over the years miscommunication had brought its lot of painful imbroglio and misunderstanding. With the final reveal (and some twists) the web of lies and secrets culminates in drama to finally bring resolution and closure to the family.

It is a mystery novel — a thriller ? — and a touchy-feely chick-lit story altogether, full of thoughts on the meaning of relationships: between parents and children, between siblings and between couples (happy or unhappy and of all gender orientation). Catherine McKenzie [ BiblioFBGoodreadsGoogleWeb ] is certainly skilled at developing the psychology — and often the darker aspects — of her characters. In this ninth novel, she uses again a narration at the first person done through multiple point of views… including the one of the victim ! (I guess it is her style; but at least this time [I previously commented on her novel Hidden] she puts the name of the narrator in the head of each chapter).

I’ll never tell is well written as the storytelling is fluid and compelling. More importantly, the plot remaining believable despite its several twists and turns, it is quite enjoyable. Therefore it constitutes a very good read that — once you get familiar with the characters and settings — you can barely put down until the end. Catherine McKenzie is a local writer worth our attention. I will certainly read another of her books (she has published ten so far and most of them have even been translated in French). Her latest novel, You can’t catch me, just came out and Paramount Television Studios has already acquired its rights for a TV series. They also had previously acquired the right for I’ll never tell. 

I’ll never tell, by Catherine McKenzie. Toronto: Simon & Schuster, June 2019. 384 pages, 14 x 21.5 in, $C 22.00. ISBN 978-1-5011-7863-4. For young adult (16+). stars-3-5

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© 2019 by Catherine McKenzie

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Capsules

La sphère d’Or (Erle Cox)

Sphere_d_or-cov“En Australie au début du siècle dernier, un jeune homme, Alan Dundas, creuse une banale citerne dans son jardin lorsque sa pioche heurte une matière très dure… Il met ainsi à jour le sommet d’une sphère faite d’un or plus résistant que tous les matériaux connus. Au prix de nombreuses ruses, qui transforment sa descente en une sorte de voyage initiatique. Alan parvient au coeur de la sphère. Là, il découvre de véritables trésors culturels et scientifiques témoins d’une très ancienne civilisation auxquels Alan consacrera désormais tout son temps, négligeant, non seulement les travaux de sa ferme, mais également sa jeune fiancée. Car le véritable joyau du trésor souterrain, c’est une jeune femme d’une beauté incomparable qui vit là, en état de stase, depuis vingt-sept millions d’années. Avec l’aide de son ami, le docteur Barry, Alan la ramène à la vie. Hiéranie – tel est son nom – leur livrera alors les clefs fantastiques de son monde et de son histoire, mais aussi et surtout le terrifiant contenu de la mission pour laquelle elle a été placée dans cette sphère…”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

La sphère d’Or (titre original: Out of the Silence) est un roman de l’auteur australien Erle Cox. Il a d’abord été publié en feuilletons dans le journal The Argus (120 episodes en 1919) puis sous forme de livre en 1925. Il a connu une édition américaine en 1928 et, l’année suivante, une première traduction française (par Richard de Clerval) est paru dans la collection Le Masque. 

Ce roman de science-fiction raconte l’histoire de Alan Dundas, un jeune fermier australien qui, dans les années ’20, découvre un grand bâtiment sphérique enterrée dans son champs — fait d’une sorte de ciment très résistant qui est, nous le découvrirons vers la fin du récit, une forme d’or. Astucieux, il réussi non seulement à en trouver la porte mais également à déjouer tout les pièges qui protègent un précieux trésor: Plusieurs galeries concentriques exposent tout le savoir (artistique, technique, médical, littéraire, etc.) d’une civilisation ayant disparue dans un cataclysme il y a plusieurs millions d’années. Au centre, dans une sorte de “temple”, il découvre une sphère de cristal où git une femme d’une grande beauté qui se révèle être en animation suspendue. Grâce à un livre illustré qui explique comment la réveiller — et à l’expertise de son ami médecin, le Dr Dick Barry — il la ramène à la vie et en tombe immédiatement amoureux. 

Alan venait tout juste de commencer à courtiser la jeune Marian Seymour lorsqu’il est subjugué par la fascinante Hiéranie mais cette relation romantique naissante sera vite oubliée. L’occupante de cette arche du Savoir est définitivement sur-humaine: non seulement elle possède une intelligence (et un cerveau) de loin supérieur à l’humain contemporain, des connaissances scientifiques extrêmement avancées, mais elle est aussi dotée de pouvoirs extra-sensoriels. Elle apprends l’anglais très vite et explique son histoire à Alan et Barry. Elle leur fait aussi promettre de ne rien révéler à personne sur son existence. Toutefois, en apprenant que la mission de Hiéranie est de restaurer sa civilisation, Barry commence à craindre que d’avoir ravivé cette femme supérieure, froide et implacable, n’ait un effet néfaste sur l’avenir de l’Humanité… Alan, quand à lui, est éperdument amoureux… Mais l’amour pure de Marian réussira-t-il, dans un dénouement digne d’un drame shakespearien, à sauver le monde?

On ne peut pas vraiment reprocher à l’ouvrage son sexisme considérant l’époque à laquelle il a été écrit: tant dans la société australienne du début du vingtième siècle que dans le monde de Hiéranie la femme est très peu considérée. Pourtant, la relation de pouvoir entre Alan et Hiéranie est inversée puisque c’est cette dernière qui domine la relation. De plus, la bonne société de la petite ville de Glen Cairn semble contrôlée en arrière-plan par les femmes… Cox était peut-être en avance sur son temps…

Par contre, le racisme exprimé par le récit est quant à lui tout à fait impardonnable (quoi que, encore une fois, compréhensible pour l’époque). Dans le monde de Hiéranie, les races de couleurs ont été éliminé dans un grand génocide et avec une politique eugéniste stricte car elles étaient inférieures en tout points. “Elles pouvaient imiter et non créer. Elles se multipliaient beaucoup plus rapidement (…) et partout elles exigeaient comme un droit l’égalité pour laquelle elles n’étaient pas faites.” [p. 203] Barry semble s’objecter mais Alan acquiesce: “je pense que le monde serait meilleur et plus propre si quelques-unes de ses [sic] races en venaient à s’éteindre” [p. 210] et il cite les Turcs en particulier — ce qui est compréhensible car la défaite de Gallipoli a laissée aux Australiens des séquelles importantes qui ont perdurées.

Je note que l’oeuvre de Cox a presque une qualité prophétique lorsqu’il décrit la technologie de Hiéranie (télévision, CT-scan) ou l’avenir de la planète (qui évoque vaguement le nazisme et la Seconde Guerre Mondiale pourtant presque deux décennies d’avance!).  On note également que l’ouvrage offre un prologue qui figurait dans l’édition originale et qui avait été supprimé dans les éditions postérieures mais qui n’apporte absolument rien au récit.  Je me dois aussi de remarquer que la traduction comporte plusieurs erreurs grammaticales et typographiques. J’ai par contre bien aimé le style vieillot de l’ouvrage (normal considérant son âge) et surtout l’utilisation d’une langue qui évoque les vieux films français (je n’ai pas pu lire la version anglaise mais j’imagine que la traduction reflète le style original). Toutefois les épithètes sucrée qu’utilisent les protagonistes amoureux pour s’interpeler me semblent bien exagérés..

Évidemment, la lecture de cet ouvrage me confirme que La nuit des temps de Barjavel (commenté précédemment) offre de grandes similitudes avec La sphère d’Or. Celui-ci l’a définitivement “inspiré” ou “influencé” et les similitudes sont si grandes que certains l’ont même accusé de plagiat. Je me souviens d’avoir lu que Barjavel avait commencé à écrire La nuit des temps comme un scénario de film et, le projet étant tombé, il en a ensuite fait un roman. Peut-être que son scénario était une adaptation de La sphère d’Or et que, par la suite (l’éditeur jugeant peut-être qu’il y avait assez de différences entre les récits), le crédit pour Cox a été “oublié”? Quoi qu’il en soit les deux romans sont bons et chacun est assez original à sa façon pour que l’on prenne du plaisir à lire les deux indépendamment.

Par son récit crédible, qui nous offre une histoire à la fois fascinante et captivante, remplie d’éléments intéressants,  La sphère d’Or constitue une bonne lecture. À lire.

La sphère d’or, par Erle Cox (traduit par Pierre Versins et Martine Renaud). Dinan: Terre de Brume (coll. Terres Mystérieuses), janvier 2008. 360 pages, 14 x 24 cm, 20.50 € / $C 34.95. ISBN 978-2-84362-367-7. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

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© Terre de Brume, 2008, pour la présente édition

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Hidden by Catherine McKenzie

y648While walking home from work one evening, Jeff Manning is struck by a car and killed. Not one but two women fall to pieces at the news: his wife, Claire, and his co-worker Tish. Reeling from her loss, Claire must comfort her grieving son and contend with funeral arrangements, well-meaning family members and the arrival of Jeff’s estranged brother — her ex-boyfriend — Tim.

With Tish’s co-workers in the dark about her connection to Jeff outside the workplace, she volunteers to attend the funeral on the company’s behalf, but only she knows the true risk of inserting herself into the wreckage of Jeff’s life. Told through the three voices of Jeff, Tish and Claire, Hidden explores the complexity of relationships, our personal choices and the responsibilities we have to the ones we love.

[Text from the publisher’s website; see also the back cover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

My wife is a member of the Montreal’s Sherlock Holmes fan club, called The Bimetallic Question. Every year in January they are holding a formal dinner to celebrate his birthday. They always have a special guest speaker to talk about his/her work and share thoughts about a Sherlockian topic. It is usually a local writer or a Gazette columnist. Last year it was Montreal mystery writer Christopher Huang (I read and commented his book A Gentleman’s murder on this blog). This year on January 18th, being available, I decided to come with my wife to this “Master’s Birthday” dinner to meet this colourful crowd I was hearing so much about but mostly to listen to the guest speaker, writer Catherine McKenzie [ BiblioFBGoodreadsGoogleWeb ]. 

Born and raised in Montreal, she studied law at McGill University and now practices litigation in a boutique law firm. She has published nearly a dozen books: Spin (2009), Arranged (May 2012), Forgotten (October 2012), Hidden (2013), Spun (2014), Smoke (2015), Fractured (2016), The murder game (written in 2007 but only published in 2016 under the pen name Julie Apple — and used as plot device in Fractured), The good liar (2018), and — her latest  I’ll never tell (2019). Her next book (coming in June 2020) will be You Can’t Catch Me. She has also co-written First Street, a serialized audiobook, and published short stories in a couple of anthologies (J.T. Ellison’s A Thousand doors; J. McFetridge & J. Filippi’s Montreal Noir).

A brief sample of McKenzie presentation

I chose to read Hidden by chance, selecting it among the titles available at the library (as I couldn’t get her latest title on time to start reading it before her guest appearance at the dinner). Because McKenzie was invited to speak at the club dinner, I assumed that she was a mystery or crime writer, but Hidden is neither. McKenzie started her career writing Women’s fiction (sometimes called Chick-lit). With Hidden (and later with Fractured and The good liar) she moved into Psychological fiction with a slight touch of a thriller. Although her characters often move in the legal world (law firms and courts), she starts putting elements of crime fiction into her writing only with I’ll never tell and You can’t catch me.

Hidden is very well written. It offers a compelling story about grief and adultery that knows how to keep the interest of the reader. Her characters sound quite true, so when the storytelling builds up with tension you really feel for them. She even manage a little twist at the end. I enjoyed reading this novel but couldn’t avoid being annoyed by the narration at the first person, done by three different characters — including the guy who died at the beginning of the novel! That’s rather unusual. I would have preferred that she put the name of the narrating character in the title of each chapter (I’ve seen this in other books). That way it would not have taken me a few pages into each new chapter before figuring out who the narrator was this time…

I also noticed that she “lied” in her presentation at the club. When asked if she based her characters on herself she said categorically “no”, arguing that when editors say “write about what you know“ it is a misconception that authors write about themselves. In the contrary, my experience in the literary world tells me that writers (consciously or not) always put a part of themselves into some of their characters. McKenzie characters are often working in the legal world so she clearly uses part of “what she knows” (her own experience as a woman, as a mother, as a lawyer) to create the setting of her fictions. In Hidden (p. 303), Jeff accused Tish of having lied about her golf handicap but she answers that she told him about her bad putting when they first met, adding “I have perfect recall of conversations.” McKenzie used this exact sentence, verbatim, during her presentation as she was explaining that she was sometimes using in her books real conversations she had had or had heard. I rest my case.

Hidden was a very good reading. I enjoyed it greatly. It’s nice sometimes to read a simple book about the complex life of everyday people. I’ll certainly try to read more of Catherine McKenzie’s work.

Hidden, by Catherine McKenzie. Toronto: HarperCollins, June 2013. 360 pages, 14 x 21.5 in, $C 19.99. ISBN 978-1-44341-190-5. For young adult (16+). stars-3-5

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© 2013 by Catherine McKenzie

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Capsules

Revue de ‘zines [002.020.053]

Je continue de passer en revue pour vous quelques périodiques intéressants, cette fois-ci consacrés à la bande dessinée et aux littératures de l’imaginaire…

dBD #140 (Février 2020)

5e257a90-2f24-4934-8b5f-65e23624b36eÀ la une de ce numéro on retrouve une interview avec Blutch & Robber au sujet de leur album de Tif et Tondu Mais où est Kiki ainsi que le roman illustré L’Antiquaire sauvage (tous deux chez Dupuis). Cela se poursuit avec des interviews de Lewis Trondheim (sur son exposition au Musée de la cité internationale de la bande dessinée et de l’image à Angoulême jusqu’au 10 mai), avec Homs sur le tome 4 de Shi (sur un scénario de Zidrou, chez Dargaud), avec Frank Le Gall sur l’album Mary Jane (co-réalisé avec Damien Cuvillier, chez Futuropolis), Théodore Poussin: Cahiers t.5, Art Satoe 1/3 (chez Dupuis) et La Cantina (aux Éditions Alma), avec Néjib sur Swan t.2: Le chanteur espagnol (chez Gallimard), avec Carlos Hernandez sur  Le rêve de Dali (chez 21g), avec Elsa Brants sur l’oeuvre de Rumiko Takahashi (qui présidera cette année le festival d’Angoulême) et avec Jean-David Morvan sur l’album jeunesse Irena t.5 (chez Glénat). On note également un article sur la fin de Walking Dead (T. 33, Épilogue, par Robert Kirkman & Charlie Adlard, chez Delcourt).

Dans le cahier critique je remarque le tout dernier Naoki Urasawa, Asadora ! t.1 chez Kana (Top! “Urasawa démontre une nouvelle fois toutes ses qualités d’écriture et de mise en scène dans un premier volume qui s’annonce très prometteur”) ainsi que les deux premiers tomes de Jujutsu Kaisen, par Gege Akutami chez Ki-oon (Super, un shonen supernaturel par “un jeune mangaka qui publie son premier récit en France (…) c’est bien écrit et dialogué, les personnages secondaires sont intéressants et la mise en scène nerveuse à souhait”).

Un numéro informatif mais qui n’offre rien de trop excitant… stars-3-0

Capsules

Solaris #213 (Hiver 2020 / v. 45, #3)

Solaris213_C1-253x400J’ai déjà introduit Solaris, un périodique québécois de science-fiction et de fantastique, alors que je commentais son numéro 198 et j’ai, plus récemment, fait une entrevue-capsule avec le coordonateur de la revue, Jonathan Reynolds. Je regrette toutefois de ne pas en avoir parlé plus souvent, car elle nous offre en deux volets une fenêtre privilégiée sur la SF&F francophone (dont la SFFQ). D’une part, grâce aux courtes nouvelles qui y sont publiées, nous pouvons nous tenir à jour sur ce qui s’écrit dans le genre des littératures de l’imaginaire et aussi découvrir de nouveaux auteurs. D’autre part, grâce à ses articles et commentaires de lectures, nous obtenons une assistance précieuse pour comprendre la mécanique des genres et choisir les titres les plus intéressants à lire. C’est un outil indispensable à tout amateur de SF et de fantastique, d’autant plus qui n’y a plus beaucoup de périodiques francophones sur ces sujets (au Québec: Brins d’éternité, en France: principalement Bifrost, Galaxies, ReS Futurae [Sources: Ent’revues, nooSFere, Skop]).

Dans le volet fiction, ce numéro nous offre d’abord six histoires courtes:

  • “Chasseuse de soleil”, par Chloé Jo Bertrand. Ce texte est le lauréat du Prix Joël-Champetier 2019, décerné à un auteur francophone non-canadien. Dans un futur affligé par un hiver nucléaire qui a recouvert la planète d’une couche nuageuse, une jeune femme parcours l’Europe à la recherche du soleil. C’est un super beau récit, bien écrit et captivant. stars-4-0
  • “Monstresse”, par Sylvain Lamur. Une femme enceinte à bord d’un vaisseau spatial fait des cauchemars… C’est bien écrit mais j’ai pas trop compris ce qui se passait… stars-2-0
  • “Parler aux murs”, par Geneviève Blouin. Dans la vague des télé-réalités de rénovation et du mouvement KonMari, on trouve ici un petit récit humoristique où une thérapeute immobilier “parle” aux habitations (et non à leurs occupants) pour améliorer leur bien-être. Amusant sujet et intéressante narration. stars-3-0
  • “Nouvelle Représentation”, par Frédéric Parrot. Les Baïlorms sont une forme d’amibe/céphalopode télépathe en mission de reconnaissance sur Terre. Comme couverture, ils dansent au théâtre  Ludoscole pour le plaisir des humains qui ne se doutent de rien. Mais la représentation tourne mal… Intéressante scènette mais la fin demeure un peu obscure. stars-2-5
  • “Une table vide…”, par Michèle Laframboise. Une petite bande dessinée de deux pages rendant hommage à Joël Champetier, un “auteur accueillant et sympa (…) avec toujours un bon mot pour nous redonner courage.” stars-3-0
  • “Une nouvelle fantastique”, par Hugues Morin. Un homme tente de ressusciter son meilleurs ami mort de la leucémie… Très beau texte en hommage à Joël Champetier (le titre de chaque chapitre fait référence à une oeuvre de Joël). L’écriture est une bonne façon d’affronter le deuil en exprimant nos souhaits et regrets… stars-3-5

Dans le volet documentaire, on retrouve les incontournables Carnets du Futurible (par Mario Tessier) qui abordent cette fois le sujet de “la transmission sans-fil ou la radio en science et en fiction“. En bon historien, le Futurible commence par nous parler de l’invention de la TSF ou de la radio, puis il développe en expliquant comment celle-ci a été anticipée, puis utilisée en fictions, et surtout quelle a été l’importance et les conséquences des développements subséquents: télévision, radar, télécommande, téléphonie cellulaire, bluetooth, wi-fi, RFID, CB, baladodiffusion, radiodrame, radioastronomie, etc. Et, en bon bibliothécaire, le tout est très bien documenté. Tout à fait fascinant ! stars-4-0

Le volet documentaire se poursuit avec les commentaires de lectures (critiques) qui se divisent en deux segments: l’un consacré aux ouvrages publiés au Québec (“Les Littéranautes”) et l’autre aux ouvrages publiés ailleurs (“Lectures”). Sur la trentaine ouvrages commentés (voir le sommaire en ligne pour la liste), je remarque surtout Oshima (Serge Lamothe, Alto), GEIST: Les héritiers de Nikola Tesla (Sébastien Chartrand, Alire), Pierre-de-vie (Jo Walton, Lunes d’encre), Trois Hourras pour Lady Evangéline (Jean-Claude Dunyach, L’Atalante), Or et Nuit (Mathieu Rivero, Les Moutons électriques), Le Temps de la haine (Rosa Montero, Métailié), et The Empire of Corpses (Project Ito & Toh Enjoe, Pika Roman, à ne pas confondre avec la version manga).

Comme je l’ai mentionné par le passé, je trouve dommage que les commentaires de lectures ne soient pas accompagnés d’un système de pointage (rating) numérique ou étoilé qui permettrait aux lecteurs d’avoir une idée immédiate et précise de ce que le critique pense de l’ouvrage qu’il commente. C’est une façon succincte pour le commentateur de résumer son évaluation comparative de l’intérêt (le sujet), de la qualité (technique d’écriture) et de la performance (divertissant ou non) du texte critiqué. C’est sans doute une politique éditorial raisonnée mais je suis en désaccord…

Solaris se présente dans un intéressant format de poche qui offre un contenu hybride entre une revue et une anthologie (Solaris se proclame d’ailleurs comme étant “l’anthologie permanente des littératures de l’imaginaire”). Personnellement, je n’aime pas trop lire des nouvelles (histoires courtes) car quand on viens à peine de se familiariser avec les personnages, le sujet et le monde où le récit se déroule, c’est déjà fini… Par contre, je comprend bien l’importance de ce format pour les auteurs (débutants ou pros) qui veulent fourbir leur talent ou expérimenter avec un genre ou des idées. Il faut bien que ces textes là soient publiés quelques parts et c’est pourquoi des revues comme Solaris sont essentielles à la bonne santé d’une littérature, quelle qu’elle soit. Toutefois, moi, je préfère lire Solaris pour ses articles et commentaires de lectures. En ce sens, la revue joue un rôle tout aussi essentiel d’aide au lecteur.

Comme toute revue, le contenu est plutôt inégal d’un numéro à l’autre. Dans ce cas-ci je suis un peu déçu car on ne retrouve que deux très bon ou excellent textes et un seul article (quoique le Futurible est toujours constant dans son excellence) — et rien sur le cinéma ou la BD. C’est la dure réalité économique des revues papiers qui sont limités par l’espace du contenu ou leur périodicité. Toutefois, ce numéro reste une très bonne lecture: divertissante, intéressante, enrichissante et qui offre quelques découvertes aux lecteurs avides de littératures de l’imaginaire… À lire absolument si vous en êtes.

Solaris #213, collectif édité par Jean Pettigrew et coordonné par Jonathan Reynolds. Lévis: Publications bénévoles des littératures de l’imaginaire du Québec, janvier 2020 (trimestriel: Hiver). 162 pages, $C 13.95, ISSN 0709-8863. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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Capsules

Dans l’abîme du temps (Gou Tanabe)

Dans_lAbime_du_temps-covCertaines choses devraient rester cachées pour l’éternité…

En 1935, au fin fond de l’Australie, le Pr Nathaniel Peaslee recherche avec frénésie les traces d’une civilisation inconnue. Il ne comprend pas pourquoi, mais il connaît ces lieux, comme si un autre avait implanté des souvenirs en lui. Il sait que quelque chose d’aussi mystérieux que terrifiant se tapit, là, dans les profondeurs du sable du désert…

Son monde a été chamboulé près de 30 ans plus tôt. À l’époque, il enseigne à la prestigieuse université de Miskatonic. Il mène une vie paisible, entouré de sa femme et de ses enfants… jusqu’au jour où il s’effondre en plein cours. À son réveil, personne ne le reconnaît. Il a toujours la même apparence, mais semble avoir perdu la raison ! Il parle un dialecte inconnu et se comporte comme un étranger. Pire, il se prend de passion pour les sciences occultes, allant même jusqu’à se plonger dans l’étude du Necronomicon, ouvrage maudit entre tous…

Gou Tanabe reprend la plume pour offrir une nouvelle adaptation d’un chef-d’œuvre de H. P. Lovecraft ! Dans l’abîme du temps est une référence de la science-fiction, combinant avec maestria deux de ses thèmes majeurs : le voyage dans le temps et le transfert de personnalité. Mais surtout, l’auteur y crée un vaste univers oppressant et fantastique, où l’homme n’est pas le seul à être terrifié par l’inconnu…

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Page 36

Dans l’abîme du temps (時を超える影  – ラヴクラフト傑作集 / Toki o koeru kage – ravukurafuto kessaku-shu / lit. “Ombres au fil du temps – chefs-d’œuvre de Lovecraft”) a d’abord été publié en feuilleton dans Comic Beam (avril à décembre 2018), un magazine mensuel de Enterbrain (Kadokawa), avant d’être compilé en deux volumes. Ce manga seinen adapte une longue nouvelle du maître de la littérature fantastique et d’horreur,  H.P. Lovecraft. Écrite entre novembre 1934 et février 1935, elle fut l’un des derniers textes à être publié du vivant de Lovecraft, en juin 1936 (dans Astounding Stories). La traduction française est paru chez Ki-oon. 

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Page 50

Gou TANABE a aussi adapté en manga plusieurs autres récits de Lovecraft: The Outsider (2007), The Hound and Other Stories (2014, publié en anglais chez Dark Horse et qui inclus “The Hound,” “The Temple,” et “The Nameless City”), The Colour Out of Space (2015), The Haunter of the Dark (2016), At the mountain of madness (2016-17, publié en anglais chez Dark Horse et en français chez Ki-oon, et dont j’ai déjà commenté le volume 1 et le volume 2) et The Call of Cthulhu (mai à novembre 2019). La prochaine adaptation de Lovecraft par TANABE, à paraître en mars chez Ki-oon, sera La couleur tombée du ciel [異世界の色彩 ラヴクラフト傑作集 / I sekai no shikisai – ravukurafuto kessaku-shū / lit. “Couleurs de différents mondes – Chefs-d’œuvre de Lovecraft”]. Ce récit de Lovecraft vient d’ailleurs d’être adapté au cinéma par Richard Stanley.

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Page 333

Comme j’ai déjà commenté tant la nouvelle de Lovecraft elle-même que l’adaptation en bande dessinée par I.N.J. Culbard (chez Akileos), je ne m’attarderai donc pas sur l’histoire. Ce texte est considéré comme un des récits les plus accompli de Lovecraft, quoi que personnellement je lui préfère Les Montagnes hallucinées, auquel il fait suite en quelque sorte. Ces deux textes forment le coeur du mythe des Grands Anciens de Lovecraft. 

L’adaptation qu’en fait Tanabe est fidèle et excellente. Le récit est fluide et captivant. Toutefois, ce qui rends cet ouvrage tout à fait indispensable c’est sa qualité graphique. La qualité de l’objet, d’abord, car Ki-oon a mis un grand soin à produire un beau livre avec une couverture simili cuir semblable à celle de l’édition des Montagnes hallucinées (mais grise au lieu de brune). Cependant, ce qui ressort avant tout, c’est le travail d’illustration de Tanabe qui est absolument sublime. Il est difficile de faire un dessin sombre (avec beaucoup d’encre sur la page) où les détails restent précis. Dans son adaptation précédente, l’excès de détails donnait une impression confuse aux planches. Mais ce n’est pas le cas ici, car Tanabe se surpasse. Il réussi à visualiser de façon originale l’imaginaire de Lovecraft, ce qui est tout un exploit étant donné que celui-ci n’est pas toujours très précis dans ses descriptions.

Tanabe nous offre plusieurs illustrations double-page:

Dans l’abîme du temps offre donc une excellente lecture qui permet de découvrir cette oeuvre de Lovecraft d’une façon très agréable. Je recommande très chaudement.

Dans l’abîme du temps (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft, 3), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), septembre 2019. 368 p. 15 x 21 cm, 17 € / $C 31.95. ISBN 979-10-327-0489-9. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-4-0

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© Tanabe Gou 2018 & 2019

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Capsules

Sherlock Holmes en bande dessinée (1)

La série des aventures du détective Sherlock Holmes constitue l’oeuvre la plus connue du prolifique auteur britannique Sir Arthur Conan Doyle — à qui l’on doit entre autre des romans historiques comme Les Exploits du brigadier Gérard (1896) ou de science-fiction comme Le Monde Perdu (1912). Le corpus de la série Sherlock Holmes, publié entre 1887 et 1930 et qui comprend quatre romans et six recueils (compilant cinquante-six nouvelles), a révolutionné le genre du roman policier. Il connu de nombreuses adaptations, principalement à la radio, au cinéma et à la télévision (dont la fameuse série mettant en vedette Jeremy Brett), mais aussi en dessins animés et en jeux vidéo. L’oeuvre a fait l’objet de nombreux pastiches ou hommages littéraires (dont La Maison de soie d’Anthony Horowitz) mais j’aimerais ici surtout souligner quelques adaptations des aventures du célèbre détective en bande dessinée.

Dans les adaptations canoniques du neuvième art, on retrouve principalement la série britannique écrite par Ian Edginton et illustrée par Ian Culbard qui a été publiée en anglais chez SelfMadeHero (2009-2011), puis traduite en français chez Akileos (2010-2011).

La vallée de la peur

ValleeDeLaPeur-cov“J’ai été dans la Vallée de la Peur…“

“Un – Danger…” Le message d’alerte décrypté par Sherlock Holmes arrive trop tard pour sauver John Douglas, du Manoir de Birlstone, dans le Sussex, un gentleman américain horriblement assassinée dans son bureau par un ou plusieurs personnages inconnues. Mais qui était John Douglas, pourquoi ne portait-il pas son alliance et quelle est la cruciale signification de l’haltère disparu?

“…je n’en suis pas encore sorti.“

[Texte de la couverture arrière]

ValleeDeLaPeur-p003

Page 3

Un message codé urgent que Holmes reçoit de la part d’un contact au sein de l’organisation de Moriarty l’averti qu’un certain Douglas, de Birlstone House, est en danger. Mais avant qu’il n’ait le temps de faire quoi que ce soit, Holmes reçoit la visite de l’inspecteur Macdonald qui vient lui demander s’il ne l’accompagnerait pas pour enquêter sur l’assassinat d’un Monsieur Douglas, du Manoir de Birlstone!

Holmes, Watson et Macdonald se rendent sur les lieux pour enquêter sur les circonstances du crime, en compagnie d’un inspecteur des forces de police locales, M. White Mason. Ils interrogent la femme de Douglas, les domestiques ainsi que son associé et ami, M. Cecil Barker. Puis Holmes essaie d’en apprendre plus sur la passé de la victime, qui était un américain devenu riche après avoir été prospecteur d’or en Californie. Il aurait subitement quitté les États-Unis pour l’Angleterre. Une sorte de société secrète semblait être à ses trousses pour l’assassiner. Holmes se lance ensuite dans son lot habituel de questions et de comportements bizarres, puis finalement révèle qui est le coupable. Les aveux de celui-ci finissent d’éclaircir le mystère…

La vallée de la peur, publié en 1915, est le quatrième et dernier roman de la série Sherlock Holmes. L’adaptation qu’en fait Edginton est excellente et demeure très proche du texte original. J’ai déjà mentionné le travail de Culbard (pour ses adaptations de H.P. Lovecraft). Son style sobre (à la fois très British mais influencé par la BD Franco-Belge) et son utilisation d’une palette de couleurs glauque se prête bien à l’atmosphère victorienne des aventures de Holmes. Cette bande dessinée est une très bonne lecture et offre un raccourci pratique pour ceux qui veulent découvrir Sherlock Holmes d’une façon succincte et agréable.

La vallée de la peur : une histoire illustrée de Sherlock Holmes (t.4), écrit par Arthur Conan Doyle, adapté par Ian Edginton et illustré par Ian Culbard. Talence: Akileos, avril 2011. 130 pages couleurs (122 planches), 16.5  x 24 cm, ISBN 978-2-35574-078-7.  Inclus quatre pages de croquis et dessins préparatoires. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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ValleyOfFear-BurbanksIl est impossible d’aborder La vallée de la peur sans mentionner l’adaptation en dessin animé Sherlock Holmes and The Valley of Fear réalisé pour la télévision australienne en 1983 par Burbank Films. Le film de 50 minutes a été produit par Tom Stacey et George Stephenson, adapté par Norma Green, animé sous la direction de Warwick Gilbert, et l’on note les voix de Peter O’Toole (Sherlock Holmes), Earle Cross (Dr. Watson) ainsi que Brian Adams, Colin Borgonon et Judy Nunn. Ce dessin animé faisait partie d’une série où Burbank Films avait adapté pour la télévision les quatre romans de Sherlock Holmes. L’animation est plutôt moyenne — quoique typique pour les années ’80 (loin de nos standards actuels) — mais l’adaptation est assez fidèle. On en trouve encore une version (d’assez mauvaise qualité) sur Youtube. [ IMDb ] stars-2-5

Le chien des Baskerville

ChienDesBaskerville-cov“Que signifie toute cette histoire, Holmes?”

Un bâton de marche noueux; une botte disparue; un portrait de famille négligé; un détenu criminel en cavale… et l’ancestrale malédiction d’un chien fantôme… Le grand détective Sherlock Holmes a besoin de toutes se forces de déduction “élémentaires”, ainsi que le soutien sans faille de son ami le Dr Watson, pour résoudre le terrifiant mystère de sa plus fameuse affaire…

”Il s’agit d’un meurtre, Watson…”

[Texte de la couverture arrière]

ChienDesBaskerville-p084

Page 84


Le chien des Baskerville
est le troisième roman de Sherlock Holmes écrit par Doyle en 1902, après qu’il ait tué son personnage. C’est un récit où le duo de détectives célèbres doit résoudre plusieurs mystères: le meurtre d’un riche propriétaire terrien sur les landes du Devonshire, protéger son successeur d’une menace surnaturelle — qui s’avère bien réelle — lié à une malédiction qui afflige sa famille, ainsi que quelques autres intrigues périphériques (un prisonnier évadé, les comportements étranges des domestiques ou des voisins, etc.) plus ou moins reliés au cas.

C’est la première adaptation de Sherlock Holmes en bande dessinée par le duo Edginton/Culbard. L’adaptation est bien réussie car elle demeure assez fidèle au texte original tout en rendant la lecture agréable. L’ouvrage est complété par des croquis de travail où Culbard explique la genèse du design des personnages dont il exagère les traits tels que décrit dans le récit (ou dans d’autres histoires du canon de Sherlock Holmes) — dont le menton “proéminent et carré” de Holmes — ce qui les rends un peu caricatural. Il conservera plus ou moins ces designs pour les trois autres adaptations.

Comme dans le cas de La vallée de la peur, c’est une histoire intrigante et divertissante qui nous offre une très bonne lecture.

Le chien des Baskerville : une histoire illustrée de Sherlock Holmes (t.1), écrit par Arthur Conan Doyle, adapté par Ian Edginton et illustré par Ian Culbard. Talence: Akileos, juillet 2010. 138 pages couleurs (125 planches), 16.5  x 24 cm, ISBN 978-2-35574-068-8.  Inclus quatre pages de croquis et dessins préparatoires ainsi qu’un extrait de quatre pages de Une étude en rouge. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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Une étude en rouge

EtudeEnRouge-cov“Le fil rouge du meurtre se mêle à l’écheveau incolore de la vie…”

Le corps d’un homme mort est retrouvé dans une pièce maculée de sang… alors même qu’il n’y a aucune trace de blessure sur celui-ci. Un nom a été partiellement écrit en lettres de sang sur le mur. Une alliance de femme a été trouvée… La sensationnelle histoire que Sherlock Holmes suit à la trace, d’un immeuble miteux de Londres aux plaines sauvages de l’Ouest américain, offre un cas de jurisprudence à sa “science de déduction”… alors que pour son nouvel ami le Dr Watson, la plus grande énigme c’est Sherlock Holmes lui-même.

“Et il est de notre devoir de le révéler!”

[Texte de la couverture arrière]

EtudeEnRouge-p068

Page 68

Une étude en rouge est le premier roman de Sherlock Holmes d’abord publié dans le magazine Beeton’s Christmas Annual en novembre 1887, puis en volume l’année suivante. C’est le récit initial qui forme la genèse des personnages. Doyle introduit d’abord le Dr Watson qui revient blessé d’Afghanistan et arrive à Londres où il se cherche un logis. Un de ses subalternes, rencontré par hasard, l’introduit à Holmes avec qui il pourrait partagé un appartement. Stamford le décrit comme un chimiste aux idées bizarres dont les recherches désordonnées et fantasques lui ont permis d’amasser d’énorme connaissances! Le personage intrigue Watson et il découvre que ce qui intéresse surtout Holmes c’est la science de la déduction. Lorsqu’un nouveau cas se présente, une affaire de meurtre bizarre sur lequel les deux inspecteurs en charge — Gregson et Lestrade — lui demandent conseil, Holmes invite Watson à se joindre à l’enquête. Avec la méthodologie qui le rendra célèbre (observation, filature — parfois en utilisant les “irréguliers de Baker Street”, déduction d’une rigueur scientifique) Holmes a tôt fait de mettre la main sur le coupable. Ce dernier raconte alors son histoire: comment il échappe à la secte des Mormons en Utah, la mort de celle qui aime, la poursuite de ses enemies en fuite et sa vengeance. 

Doyle réutilisera souvent la même structure de narration (dans La vallée de la peur par exemple) et, même si il l’utilise ici pour la première fois, ayant lu les histoires dans le désordre, j’ai l’impression que ce récit manque d’originalité — d’autant plus que Doyle s’est fortement “inspiré” d’une nouvelle de R.L. Stevenson pour l’épisode sur les Mormons. Il me semble que cette histoire manque de mordant et qu’elle est un peu maladroite — ce qui est possible puisque c’est la première aventure de Sherlock Holmes — sans que je puisse vraiment mettre le doigt sur le problème… Toutefois, Edginton et Culbard font — quant à eux — un excellent travail d’adaptation, sur le même niveau que les deux précédentes. Le mystère et l’intrigue est bien rendu. Le style caricatural et la palette de couleurs glauques de Culbard expriment bien l’atmosphère victorienne du récit. Malgré une impression un peu décevante, Une étude en rouge reste donc une bonne lecture, à la fois intéressante et divertissante. Une bonne façon de découvrir sans trop de tracas l’oeuvre de Doyle.

Une étude en rouge : une histoire illustrée de Sherlock Holmes (t.2), écrit par Arthur Conan Doyle, adapté par Ian Edginton et illustré par Ian Culbard. Talence: Akileos, août 2010. 138 pages couleurs (127 planches), 16.5  x 24 cm, ISBN 978-2-35574-069-5.  Inclus deux pages de croquis et dessins préparatoires ainsi qu’un extrait de quatre pages pour Le signe des quatre. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

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Le signe des quatre

SigneDesQuatre-cov“Pour l’amour de Dieu, de quoi s’agit-il?”

Quand Mlle Mary Morstan passe au 221B Baker Street, l’histoire “totalement inexplicable” qu’elle raconte chamboule le coeur du Dr John Watson, et sort son ami Sherlock Holmes de la léthargie dans laquelle il s’était plongé. Qui d’autre que le seul détective en consultation de Londres pourrait résoudre le mystère de l’officier de l’armée disparu, de l’unijambiste, de son complice aux pieds nus, du coffre au trésor disparu et du… “signe des quatre” ?

“Il s’agit d’un meurtre…”

[Texte de la couverture arrière]

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Page 63

Alors que l’absence de défis et “d’exaltation mentale” pousse Holmes vers les stimulants (une solution de sept pour cent de cocaïne), il passe le temps en démontrant à Watson son talent de déduction (en utilisant sa montre) et parle de ses recherches et publications. Le duo de détective est sauvé de l’ennui par la visite de Mlle Morstan qui leur expose un mystère (depuis la disparition mystérieuse de son père elle reçoit chaque année une perle par la poste) et demande leur aide. Holmes résout une partie du mystère mais cela les mène vers le cas d’un meurtre en chambre close et du vol d’un trésor. Le coupable est vite identifié (un homme avec une jambe de bois et un complice de petite taille qui va pied nu) et, avec ses techniques habituelles (déguisement et surveillance à l’aide des “irréguliers” de Baker Street), Holmes ne tarde pas à lui mettre le main au collet. Celui-ci comble les dernières lacunes du cas en racontant son histoire et ses motivations. Le Dr Watson, impressionné par Mlle Morstan, lui demande sa main en mariage! 

Le signe des quatre est le second roman de Sherlock Holmes écrit par Doyle en février 1889 sur une commande de Joseph Stoddart, directeur de la revue américaine Lippincott’s Monthly Magazine, suivant un dîner littéraire où Stoddart avait rencontré Doyle et Oscar Wilde (ce dernier écrira Le Portrait de Dorian Gray pour le même magazine). Le récit sera réédité en volume en octobre 1890. C’est un excellent récit d’aventure qui comporte certes quelques incohérences (il a été écrit à la hâte en moins d’un mois) mais nous offre beaucoup d’action en peu de pages ainsi qu’une narration plus linéaire que le récit précédent. Doyle est plus intéressé à écrire des récits historique et considère ses romans policier plus comme de la littérature “alimentaire” et c’est pourquoi il décide, pour sauver du temps, de simplement réutiliser les personnages d’Une étude en rouge… Ce sera le début d’une série dont la popularité forcera Doyle à la continuer bien malgré lui.

L’adaptation qu’en font Edginton et Culbard est très bonne tant sur le plan du récit qui reste très fidèle à l’original que sur le plan graphique. Le travail d’illustration de Culbard est à la hauteur des autres volumes de la série. C’est sans aucun doute l’un de mes épisodes favoris de cette série (avec La vallée de la peur). Comme pour le reste de la série, c’est donc une bonne lecture, à la fois intéressante et divertissante qui nous offre une façon de découvrir aisément l’oeuvre de Doyle.

Le signe des quatre : une histoire illustrée de Sherlock Holmes (t.3), écrit par Arthur Conan Doyle, adapté par Ian Edginton et illustré par Ian Culbard. Talence: Akileos, janvier 2011. 130 pages couleurs (122 planches), 16.5  x 24 cm, ISBN 978-2-35574-074-9.  Inclus un extrait de quatre pages pour La vallée de la peur. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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SherlockHolmesIntégrale-covL’adaptation de Edginton & Culbard n’est plus disponible en volume individuel mais il existe maintenant une compilation qui regroupe les quatre romans: 

Les Aventures illustrées de Sherlock Holmes (L’Intégrale), écrit par Arthur Conan Doyle, adapté par Ian Edginton et illustré par Ian Culbard. Talence: Akileos, novembre 2015. 536 pages, 16.5 × 24.1 cm, 29,50€ / $C 55.95. ISBN 978-2-35574-232-3. Pour un lectorat adolescent (14+). Voir la couverture arrière.

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Tolkien

TolkienPosterThis is a very good and touching biopic about the genesis of J.R.R. Tolkien’s universe (what he called his legendarium, set in the Middle-Earth, which includes novels like The Hobbit and Lord of the rings) without really talking about it. It is quite subtle and interesting. Very well done. Although, I am a little disappointed as I was under the impression that the movie was about the Inklings, a literary club that Tolkien (played by Nicholas Hoult) was a member of at Oxford along with C.S. Lewis. The movie is actually about another club, the T.C.B.S. (Tea Club and Barrovian Society), where he pledged with his college friends Rob (Patrick Gibson), Geoffrey (Anthony Boyle) and Christopher (Tom Glynn-Carney)  to change the worlds through their art (literature, painting, music and poetry). His writing was greatly influenced by his experiences in World War I, his interest in philology (particularly in creating new languages) and in European mythologies (Norse, Germanic and Finnish), as well as by the love for his wife (Edith Bratt played by Lily Collins).

The movie was not endorsed by the Tolkien Estate (which considered it inaccurate) and received mixed reviews (it was rated 6.8 on IMDb and 50% / 73% on Rotten Tomatoes) but I nevertheless found it quite interesting. The movie is mostly criticized for lacking imagination, but I disagree: it has plenty, but it just requires a little effort from the viewers. While entertaining, it offers great (but subtle) insights on the life of Tolkien and his creation. Whether you’re a fan or not, Tolkien is worth watching. stars-3-5

To learn more about this title you can consult the following web sites:

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[ Traduire ]

Capsules

La nuit des temps

LaNuitDesTemps-cov“L’Antarctique. À la tête d’une mission scientifique française, le professeur Simon fore la glace depuis ce qui semble une éternité. Dans le grand désert blanc, il n’y a rien, juste le froid, le vent, le silence. Jusqu’à ce son, très faible. À plus de 900 mètres sous la glace, quelque chose appelle. Dans l’euphorie générale, une expédition vers le centre de la Terre se met en place.

Un roman universel devenu un classique de la littérature mêlant aventure, histoire d’amour et chronique scientifique.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Une expédition scientifique en Antarctique qui découvre sous la glace des ruines et un artefact remontant à la nuit des temps — ce qui semble une impossibilité (une civilisation humaine avancée datant de 900,000 ans!) —pourrait constituer les prémices d’une nouvelle de H.P. Lovecraft. Et pourtant, Barjavel en a fait une double histoire d’amour au-delà du temps. Une sorte de drame shakespearien, à la Roméo et Juliette, ou similaire au mythe médiéval de Tristan et Iseut. Une histoire d’amour qui ultimement exprime un esprit de révolte bien de son époque, puisque le livre a été écrit en 1968 — mais bien avant que les manifestations étudiantes ne commencent, ce qui en fait un peu un ouvrage prophétique…

>> Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs <<

Le roman fait le récit d’une mission de relevé géologique française en Antarctique qui sonde le sol sous-glacière à l’aide de radar et qui découvre une anomalie qui s’apparente à des ruines. Sous 980 mètres de glace, il y avait là quelques choses qui dormait depuis 900,000 ans et qui émettait un signal en ultra-son! L’histoire nous est racontée du point de vue de Simon, le docteur et le chef de mission. Il se rend à Paris pour faire son rapport au chef des Expéditions Polaires Françaises. On décide de révéler la découverte et l’UNESCO organise une Expéditions Polaire Internationale qui construit une base sur le site (doté d’un ordinateur qui traduit toutes les conversations en dix-sept langues) et entreprend de forer un puit dans la glace vers le sol antarctique d’où provenait le signal. 

À dix-sept mètres sous-terre, on découvre une sphère en or de presque trente mètres de diamètre! Celle-ci s’avère creuse et contient une construction ovoïde où l’on découvre, allongé sur deux socles d’or, les corps nus d’un homme et d’une femme, congelés dans le zéro absolu. La femme est d’une extraordinaire beauté. On décide de tenter de la réanimer en premier. Avec succès. Il faut cependant beaucoup de temps avant que la machine-traductrice réussisse à percer le mystère de la langue de la jeune femme et que l’on puisse finalement communiquer avec elle. Son nom est Eléa. Elle leur raconte et leur montre (à l’aide d’un appareil qui lui permet de projeter ses pensées et souvenirs) son histoire. Elle vient d’un monde très avancé technologiquement mais déchiré par la guerre. Une guerre sans merci qui oppose le peuple de Gondawa (l’Antarctique) et de Enisoraï (les deux Amériques incluant un vaste continent disparu qui occupait la majorité de l’océan Atlantique). La sphère contient le secret de toute la science et la technologie Gondawa: de quoi créer de l’énergie à l’infini, de la nourriture à partir de rien (de simple atomes), de quoi mettre fin à la pauvreté, à la famine, à toute les iniquités sur la planète…

Eléa leur décrit sa société, son amour pour son conjoint Païkan, et le fait qu’elle a été choisi pour accompagner le savant Coban dans l’Abris, la sphère, conçu pour résister à tout, même à la fin du monde, dans le cas où Gondawa utiliserait en dernier recourt l’Arme Solaire, une sorte de bombe à fusion… Apparement ce fut le cas: Enisoraï a été anéanti dans un choc si violent que la planète entière a été secoué et a pivoté sur son axe, détruisant les deux civilisations, et presque toute vie sur terre. Et Eléa se réveille, presqu’un million d’années plus tard, alors que tout ce qu’elle a connu — et aimé — n’est plus… Mais Simon l’aime. Toutefois ce n’est pas assez pour empêcher la tragédie…

>> Fin de l’avertissement <<

J’ai lu ce roman pour la première fois quand j’étais adolescent ou jeune adulte (je ne me souviens plus). Je l’avais dans ma bibliothèque mais ne le trouve plus (j’ai dû le prêter à quelqu’un et en perdre la trace) alors il a fallut l’emprunter à la bibliothèque pour le relire. J’ai longtemps considéré que c’était le meilleurs roman de science-fiction française que j’ai lu. Évidemment, avec le recul des années, je me rends compte de ce n’est pas si génial que cela mais c’est tout de même une très bonne lecture. Ce roman nous offre une belle histoire, pas trop compliquée — mais tout de même avec ses surprises et rebondissements — et une narration plutôt simple, qui fait que le roman se lit très bien.

Quand on s’arrête pour y penser, La nuit des temps a de nombreux défauts. Le narrateur (et par extension, j’imagine, l’auteur) a une attitude très sexiste (les femmes sont belles et les hommes intelligents) et raciste (les savants asiatiques sont des “jaunes” et les gens à la peau noire sont les descendants des martiens!). Et même si le roman est maintenant considéré comme un classique de la littérature d’anticipation, il faut avouer que plusieurs éléments de l’histoire nous apparaissent comme plutôt cliché. Pire que cela, Barjavel a été accusé de plagiat car son roman comporte des similitudes embarrassantes avec celui de l’Australien Erle Cox, Out of the Silence (tr. La Sphère d’or), qui a été publié en feuilletons en 1919, puis éditer en 1925. (J’ai l’intension de faire moi-même la comparaison entre les deux romans éventuellement).

Malgré ses défauts, La nuit des temps reste un très bon roman qui m’a fortement marqué et que je recommande chaudement à tous.

La nuit des temps, par René Barjavel. Paris: Presse de la Cité (Coll. Pocket, #812), avril 2018. 416 pages, 10.8 x 17.7 cm, 7.50 € / $C 13.95. ISBN 978-2-266-23091-9. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© Presse de la Cité, 1968.

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Entrevue capsule: Jonathan Reynolds

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Voici la seconde des trois entrevues-capsules que j’ai réalisé avec des auteurs de SFFQ au Salon du Livre de Montréal en novembre 2019. 

Les entrevues-capsules sont de mini-entrevues avec des auteurs (surtout de science-fiction) de chez nous. Le principe de ces entrevue est de s’en tenir à deux ou trois questions de base (qui êtes-vous, que faites-vous, etc.) et que l’entrevue ne dure pas plus que deux à cinq minutes. Cela doit être compacte et bien se digérer!

Jonathan Reynolds est un prolifique jeune auteur qui se spécialise surtout dans la littérature d’horreur québécoise. Il a co-fondé la maison d’édition Les Six Brumes en 2001, a publié de nombreux livres (particulièrement aux Éditions Z’ailées) et est coordonateur de la revue Solaris depuis le numéro 195 en 2015 (j’ai déjà commenté par le passé sur ce magazine fondamental de la SFFQ). Les Éditions Alire publierons son roman fantastique Abîmes au printemps 2020. Vous pouvez en apprendre plus sur lui en consultant son blogue ou son site d’auteur

( video aussi disponible sur Vimeo )

Entrevues à venir: avec Yves Meynard (Chrysanthe 2. Le Prince rebelle).

Autres entrevues-capsules disponibles: Catherine Sylvestre/Francine Pelletier et Sébastien Chartrand.

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Capsules

Dans l’abîme du temps

PdF5-juin76“Les quatre récits qui composent ce recueil sont moins des nouvelles au sens du terme que de nouvelles vues sur le monde extraordinaire et terrifiant créé par Lovecraft. L’Humanité y est aux prises avec les êtres surnaturels, maîtres de la terre avant l’arrivée des hommes, qui tendent de recouvrer leur suprématie perdue. Faisant appel aux images, aux mythes, aux récits de toutes les traditions, Lovecraft compose des philtres qui n’ont pas cessé depuis trente-cinq ans de bouleverser les esprits.”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

En quatre nouvelles, ce recueil nous offre la quintessence du mythe des Grands Anciens de H.P. Lovecraft.

Dans l’abîme du temps” (The shadow out of time, 66 pages, publié en juin 1936 dans Astounding Stories) raconte l’étrange expérience d’un professeur d’économie politique à l’université Miskatonic, Nathaniel Peaslee, qui après un malaise lors d’un cours se réveille cinq ans plus tard avec aucun souvenirs de ce qu’il a fait durant cette période. Pendant près de quinze ans il tente de retracer ce qui lui est arrivé en interrogeant ses proches sur son comportement. Il apprend qu’il a voyagé autour du monde et fait de nombreuses recherches dans des bibliothèques et des universités. Aussi, toutes les nuits, il fait des rêves étranges qui semble être des bribes de mémoires qui lui permettent avec le temps de reconstituer ce qui lui est arrivé. Son esprit aurait été substitué avec celui d’un être venu d’un passé pré-humain. La Grande Race des Yith utilise ainsi ce subterfuge pour voyager dans le temps et collecter de l’information sur toutes les civilisations tant du passé que du futur. Pendant qu’un Yith était dans son corps à collecter de l’information sur notre civilisation, Peaslee était dans le corps du Yith à leur enseigner ce qu’il savait et à apprendre sur les civilisations ayant habitées ou envahis la Terre à un moment ou l’autre (les fameux Grands Anciens). 

Cette explication est toutefois trop extraordinaire pour être vraisemblable. En étudiant la psychologie, il se convainc que les mythes qu’il a étudié durant son amnésie refont surface au travers de ses rêves alors que son cerveau tente de colmater les lacunes de sa mémoire. Quelques années plus tard, un prospecteur Australien qui a entendu parlé de ses recherches, lui fait part d’une découverte dans le désert. Une expédition est rapidement organisé pour fouiller un site qui semble être la cité où il a vécu dans ses rêves. Il y fait une découverte qui le terrifie et tente de convaincre les membres de l’expédition d’arrêter les fouilles car il ne faut pas réveiller l’horreur qui dors dans les profondeurs… 

Un récit fort intéressant qui a été adapté en bande dessinée par I.N.J. Culbard chez Akileos (voir mon commentaire) et en manga par Gou Tanabe chez Ki-oon (commentaire à venir imminament). stars-3-0

La maison de la sorcière” (The dreams of the witch-house, 36 pages, publié en juin 1933 dans Weird Tales) nous raconte le sort tragique de Walter Gilman, de l’université d’Arkham, qui étudie le lien possible entre les mathématiques et le folklore, particulièrement en relation avec une sorcière de Salem, Keziah Mason. Elle aurait eut l’habilité de se déplacer à travers les dimensions (le phénomène décrit s’apparente étrangement à un “wormhole”). Il s’installe donc dans la maison multi-centenaire de la sorcière à la recherche d’indices et d’inspiration. Chaque nuit il fait des rêves étranges, où il aperçoit la sorcière et son familier, et il lui semble qu’il se rapproche peu à peu de son objectif. Il réalisera trop tard qu’il s’est impliqué dans un culte démoniaque voué à Nyarlathotep. Avec ce récit, Lovecraft crée un lien intéressant entre les cultes sataniques et sa propre mythologie. Cette nouvelle a été adapté pour la télévision dans un épisode (S01E02) de la série Master of Horror. stars-2-5

L’appel de Cthulhu” (The call of Cthulhu, 32 pages, publié en février 1928 dans Weird Tales) retrace l’enquête menée par l’anthropologue Francis Wayland Thurston après avoir découvert dans les affaires de son grand-oncle George Gammell Angell, un professeur de langues sémitiques, un étrange bas-relief et un manuscrit relatant différents événements étranges s’étant tous déroulés entre le 28 février et le 2 avril 1925. Dans un premier cas, un jeune sculpteur de Providence nommé Henry Wilcox fut épris d’une fièvre et d’un délire durant lequel il créa un bas-relief représentant des hiéroglyphes mystérieux et une figure humanoïde dont “la tête pulpeuse entourée de tentacules surmontait un corps écailleux et grotesque muni d’ailes rudimentaires.” Wilcox vint voir Angell dans l’espoir qu’il puisse identifier l’origine de sa vision mais sans succès. 

Toutefois le récit du sculpteur rappela à Angell un événement similaire dont il prit connaissance lorsqu’un inspecteur de police de la Nouvelle-Orléans, John Legrasse, se présenta en 1908 à une réunion de la Société américaine d’archéologie tenue à Saint-Louis (MO) afin de faire identifier une idole mystérieuse. Elle représentait un monstre anthropoïde accroupie sur un piédestal, sa tête était couverte de tentacules, le corps évoquait celui d’un phoque, les quatre membres étaient pourvues de griffes formidables et il possédait de longues ailes minces sur le dos. L’idole avait été confisqué à une secte vaudou pratiquant des rituels sacrificiels dans des marécages au sud de la Nouvelle-Orléans. Le professeur Webb se rappela avoir entendu parlé d’un culte similaire au Groenland. Ce culte adorait Cthulhu et les Grands Anciens, venus des étoiles, qui ne mourraient jamais mais dormaient dans la cité engloutie de R’lyeh. Ils communiquaient avec les hommes dans leurs rêves en attendant le jour où, lorsque les étoiles seraient propices, ils s’éveilleraient de leur tombeau de pierre et règneraient à nouveau sur la terre.

Alors qu’il tente de confirmer les recherches de son grand-oncle, Thurston tombe sur un article de journal australien mentionnant une idole bizarre découverte sur l’épave d’un yacht en Nouvelle-Zélande en avril 1925! Thurston se rends à Auckland, puis à Sydney et finalement Oslo pour retracer le marin norvégien, Johanson, seul survivant. Il apprends que celui-ci est décédé mais réussi à prendre possession du manuscrit où Johanson relate son aventure et qui s’avère la clé de tout le mystère. Un tremblement de terre avait fait ressurgir la cité de R’lyeh, permettant à Cthulhu d’envahir les rêves à nouveau. Les matelots abordèrent l’île et libérèrent l’abomination. Toutefois, heureusement, la vivacité d’esprit de Johanson avait permis de le replonger dans son sommeil. Mais pour combien de temps encore?

Ce récit court, est plutôt intéressant mais est surtout très emblématique du mythe de Cthulhu. stars-3-5

Les montagnes hallucinées” (At the mountains of madness, 79 pages, a été publié dans les numéros de février, mars et avril  1936 de Astounding Stories) relate une expédition scientifique en Antarctique. Dans une caverne on découvre les restes de créatures incomparables — qui leur rappel un peu la description que le Necronomicon faisait des Grands Anciens! Mais pendant une tempête, un des camps est anéanti, les échantillons de créatures ont disparu et toutes l’équipe est massacré, sauf un membre, qui semble avoir fuit en traineau à chien. Le reste de l’expédition organise un groupe pour partir à sa recherche, avec espoir d’élucider le mystère. Loin à l’intérieur du continent, au-delà d’une chaine de montagne noire, ils découvrent et explorent une cité fantastique et antédiluvienne. C’est la cité des Grands Anciens, bâtie puis détruite par leurs esclaves révoltés, les “Shoggoths”. Rendue presque fou par l’horreur qui dors dans l’obscurité, ils décident de garder leur découverte secrète afin que l’humanité ne remette plus jamais les pieds dans ces lieux maudits. 

C’est sans aucun doute le plus captivant et le plus marquant des quatre récits. Il a lui aussi été adapté en bande dessiné par Culbard chez Akileos (voir mon commentaire) et en manga par Gou Tanabe chez Ki-oon (voir le commentaire des tomes premier et second). stars-4-0

Comme la plupart, j’ai lu Lovecraft quand j’étais adolescent ou jeune adulte. En général, ses textes constituent d’excellents examples du fantastique selon Todorov, où les événements peuvent avoir une explication tant rationnelle que surnaturelle… Si les récits de Lovecraft sont considérés comme des chef-d’oeuvres de la littérature je me rend compte, en les relisant maintenant, que ce n’est pas si bien écrit que ça. Lovecraft est le maître de la description vague, son point culminant étant le qualificatif “indicible”! Toutefois le texte véhicule un imaginaire si puissant qu’il a laissé sa marque indélébile dans les esprits de tout ses lecteurs et a eut une influence considérable sur les genres du fantastique et de l’horreur. C’est certes une lecture indispensable pour sa culture générale mais, si vous manquez de temps, je recommande plutôt de lire les excellentes adaptations en bande dessinées ou en manga dont j’ai déjà parlé.

Dans l’abîme du temps, par H.P. Lovecraft (Traduction de Jacques PAPY). Paris: Denoël (Coll. Présence du Futur, #5), juin 1976. 224 pages. [pas de ISBN] Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Denoël & Agence APIA, Paris, 1954 • Arkham House.

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Entrevue capsule: Sébastien Chartrand

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Tel que promis, voici la première des trois entrevues-capsules que j’ai réalisé avec des auteurs de SFFQ au Salon du Livre de Montréal en novembre 2019. 

Sébastien Chartrand est un jeune auteur à surveiller. Après sa trilogie du “Crépuscule des Arcanes” (L’Ensorceleuse de Pointe-Lévy, La Voyante des Trois-Rivières, et Le Sorcier de l’île d’Orléans), il passe de la fantasy historique à de la SF (une SF qui fait dans l’uchronie et le steampunk — ou plutôt de l’électropunk!) avec Geist: Les héritiers de Nikola Tesla, une des parutions de l’automne chez les Éditions Alire. (Sur son blogue vous pouvez faire une visite virtuelle de son bureau / cabinet de curiosité !)

( cette video est aussi disponible sur Vimeo )

Entrevues à venir: avec Jonathan Reynolds (auteur et coordonateur de la revue Solaris) et Yves Meynard (Chrysanthe 2. Le Prince rebelle).

Autres entrevues-capsules disponibles: Catherine Sylvestre / Francine Pelletier

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Capsules

SDL: Entrevue capsule avec Francine Pelletier

entete-communique-02-300x148Dans le cadre du Salon du livre de Montreal 2018, je voulais faire une série de mini (capsules) entrevues avec des auteurs (surtout de science-fiction) de chez nous. Malheureusement, l’ambiance sonore du salon n’était pas adéquate pour des entrevues, alors celles-ci ont été faite hors-site. Le principe de l’entrevue capsule est de s’en tenir à deux ou trois questions de base et que l’entrevue ne dure pas plus que trois à cinq minutes. Cela doit être compacte et bien se digérer!

Voici donc la première de ces entrevues capsules, réalisée avec Francine Pelletier. Pour en savoir plus sur cette auteure de science-fiction — à ne pas confondre avec la journaliste homonyme — et de polar (sous le pseudonyme de Catherine Sylvestre) vous pouvez consulter sa bio/bibliographie sur le site des Éditions Alire ou sur Wikipedia.

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Capsules

Ross Poldark

RossPoldark-cov“Returning home from a grim war in America, Ross Poldark is reunited with his beloved Cornwall and family. But the joyful homecoming he had anticipated turns sour; his father is dead, his estate in derelict,  and the girl he loves has become engaged to his cousin. However, his sympathy for the destitute miners and farmers of the district leads him to rescue a half-starved urchin girl from a fairground brawl and take her home — an act that will change the entire course of his life.”

“Ross Poldark is the first novel in Winston Graham’s sweeping saga of Cornish life in the eighteenth century. First published in 1945, the Poldark series has enthralled readers for over seventy years.”

I first discovered this story through the TV series (the 2015 BBC adaptation with Aidan Turner and Eleanor Tomlinson, not the previous 1975 adaptation with Robin Ellis and Angharad Rees) which aired on PBS as part of the Masterpiece show. It is an excellent and beautiful historical drama, very well written and with great actors. It really shows all the aspects of the Georgian era’s society in Cornwall (the westernmost county of England): mostly the sentimental struggle of the main characters, of course, but how they manage to survive at a time when the local mining industry is starting to fail, and how the living conditions of the common people (miners, farmers, fishermen) could be so starkly contrasted with those of the nobility. It also subtlety talks about the political, moral or religious issues of the era. It was all fascinating and I couldn’t resist wanting to see what the books looked like (or at least the first volume).

The book series was written by Winston Graham, who based the story on many aspects of his own life. He was born in Manchester in 1908 but lived in Perranporth, Cornwall, for thirty years (1925-1960). He first met his wife when she was thirteen year-old and the character of Demelza is partly based on her. The series includes twelve volumes which were written in two periods. The first four volumes (Vol. 1: Ross Poldark, Vol. 2: Demelza, Vol. 3: Jeremy Poldark, Vol. 4: Warleggan) were written between 1945 and 1953. In 1973, after a long hiatus, he resumed the series and wrote eight more volumes (Vol. 5: Black Moon, Vol. 6: The Four Swan, Vol. 7: The Angry Tide, Vol. 8: The Stranger From The Sea, Vol. 9: The Miller’s Dance, Vol. 10: The Loving Cup, Vol. 11: The Twisted Sword, Vol. 12: Bella Poldark), the last one being published in 2002, just a year before his death. The first seven volumes are set in the eighteenth century (1783-1799) and depict the life of Ross and Demelza, while the last five volumes, set in the nineteenth century (1810-1820), are centred around their children.

[ WARNING: The following MAY contain traces of spoilers! People allergic to the discussion of any plot’s elements before seeing/reading the story themselves are strongly advised to take the necessary precautions for their safety and should avoid reading further. ]

The first volume starts as Ross Poldark (a young British army officer, member of the low and rural English nobility) comes back from fighting on the losing side of the American War of Independence. He has been wounded in the leg and his face is scarred. Unfortunately, he quickly learn that, during his two years absence, his dissolute father has died, their mine has been closed, his two lazy domestic have let his house and domain (Nampara, located near Truro) go into disrepair, and — worse of all — his young fiancé, Elizabeth, believing he had been killed, is now engaged with his cousin Francis! However, he has a strong character and doesn’t despair: he simply roll-up his sleeves, repair the house, plow the land and makes plans to get financing in order to re-open the mine. He is certainly not perfect and has a quick temper but he is a good man, and, seeing the plight of the local villagers, will do his best to help them and always fight for justice. His exceptional social position (privileged but still a gentleman farmer) allows him the move around flawlessly between the social classes, in both the peasantry, the mine workers on one side and the nobility on the other. 

Ross struggles to forget Elizabeth, his first love, and avoids meeting her. He helps his cousin, Verity, in her amorous affair with the captain Andrew Blamey, but it puts him at odds with his family, and deepen the rift with Francis. After the birth of their child, Geoffrey Charles, Francis is gambling too much at the instigation of George Warleggan and Elizabeth is seeking Ross’ help. The family more or less reconciles on Christmas 1787. His choice of Pascoe’s Bank to finance his business (and eventually some personnal enmities) will put Ross on a collision course with George Warleggan, the son of a blacksmith who became a banker and industrialist.

However, the most life-changing event will occur when Ross saves a thirteen year-old girl from a fairground brawl (started over the abuse of her puppy dog, Garrick). He takes her into his household as a kitchen maid and she grows up admiring Ross. But, at seventeen year-old, fearing that Ross could send her back to her abusive father, she seduces him. They will soon after marry despite all the gossips. Ross will slowly learn to love her. She is a coarse young woman but beautiful and, with the help of Verity, will quickly learn the manners of the nobility. She will always see Elizabeth as a rival, but, despite their tumultuous relationship, Ross will somehow be happy. This is as much her story as his.

Winston Graham’s writing is beautiful and easy to read. The story is not only captivating because of its drama, but also because of its description the Georgian society. However, there are substantial differences between the book and the TV series. For examples: Demelza has black hair and not a beautiful red mane like on TV; she boldly seduces Ross in the book while they simply “fall in love” in the adaptation. The book tend to be more realistic in its description, showing more violence and grit, while the TV series is more reserved. But that’s to be expected. On the other side, the TV adaptation shows more easily the beauty of the Cornish countryside. 

I greatly enjoyed reading this first volume (even if I already knew the story), but I am not ready to engaged in the long commitment required by such a large series. However, I strongly recommend it. Also, take note that I read the edition from the superb MacMillan Collector’s Library but there is another edition, the Pan Macmillan media tie-in edition [ Amazon / Goodreads ], which is probably more widely available.

Ross Poldark – A Novel of Cornwall, 1783-1787, by Winston Graham. London: Pan MacMillan (MacMillan Collector’s Library), 2016. 460 pg. £9.99 / $10.00 US. ISBN 978-1-909621-51-0. For readers fourteen year-old and above. stars-3-5

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoggleWikipediaWorldCat ]

© Winston Graham 1945.

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Nous rêvions de robots

NousRevionsDeRobots-cov“De la terre fertile et tangible d’une enfance agricole ardue, rêveuse et sensuelle, à l’enfermement d’un futur dématérialisé à la suite de la Grande Captation numérique, une femme raconte ses transformations physiques et amoureuses, la persistance de sa nature humaine. Comment conserver la mémoire de l’être et des sensations sur le chemin de la post-humanité ? Comment résister à l’entreprise totalisante à l’œuvre derrière les machines ? Avec Nous rêvions de robots, quelque part entre Asimov et Volodine, Isabelle Gaudet-Labine propose un récit de science-fiction décliné en poèmes, duquel n’est conservé que le plus précieux, le frisson, la beauté et le secret, pour affirmer l’humain.

À l’envers de toi / Philéa-2 zéro-2 / je suis / ce que je ne sais pas…”

[Texte du site de l’éditeur et du rabat intérieur]

Un collègue avait suggéré hier de profiter de l’heure gagnée par le retour à l’heure normale pour lire un court roman. Je me suis dit que ce serait l’occasion idéale pour m’attaquer à ce court recueil de poésie dont j’appréhendais la lecture depuis l’été…

D’emblée je dois avouer que je préfère écrire de la poésie qu’en lire. Toutefois, lorsque j’en lis, je l’approche un peu comme j’approche l’art : je préfère de beaucoup l’art figuratif à l’art abstrait. J’aime comprendre ce que je vois/lis sans devoir constamment l’analyser comme un puzzle. Je préfère donc des poètes lyrique comme Beaudelaire ou Nelligan, dont la lecture évoque des sentiments, des impressions, des souvenirs, des rythmes, auxquels je peux facilement m’identifier, sans nécessairement avoir une trame narrative. Il s’agit d’évoquer des sentiments par allégorie, bien sûr, mais ce que l’auteur veux exprimer demeure tout de même relativement clair même si l’expérience personnelle de l’auteur qui génère ce sentiment ne l’est pas toujours. 

De nos jours, chez les poètes modernes, cette clarté est rarement présente, ce qui fait que j’évite d’en lire. Toutefois, la promesse d’une poésie de science-fiction était irrésistible pour moi et, envahit par la curiosité (et ayant rencontré l’auteure à Boréal l’été dernier), j’ai décidé de tenter l’aventure avec Nous rêvions de robots, par Isabelle Gaudet-Labine.

Malheureusement, malgré tout mes efforts, cette lecture fut ressenti comme une corvée. Les mots n’évoquaient pas de sentiments, et les images ne se formaient dans mon esprit qu’avec difficulté. Mais que veut-elle donc exprimer?

Le recueil est divisé en trois parties. J’ai réussi à apprécier un peu la première, où l’auteure relate son passé agricole, car je pouvais assez bien suivre ce qu’elle tentait d’exprimer. Le présent, envahit par l’informatique, était lui beaucoup plus difficile à déchiffrer et la lecture en était donc dépourvue de plaisir. Le futur robotisé quant à lui était plutôt amusant puisque l’auteure ici tente, non pas d’exprimer des sentiments, mais plutôt de raconter une histoire fictive, à l’aide de ses strophes et de ses rythmes brisées. “Qu’une fiction m’efface / de la Grande Capture / Je deviens fée / dans la forêt des machines

Je ne regrette pas d’avoir assouvie ma curiosité même si l’expérience n’a pas été aussi agréable que j’aurais voulu. Ce ne fut pas une heure perdue mais cela a confirmé ma méfiance envers la poésie moderne. Toutefois si, contrairement à moi, vous savez l’apprécier je suis sûr que vous passerez de bons moments avec Nous rêvions de robots

Nous rêvions de robots, par Isabelle Gaudet-Labine. Chicoutimi: Éditions La Peuplade, septembre 2017. 108 pg. $19.95. ISBN 978-2-924519-57-8. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-2-0

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBAnQBiblioGoodreadsGoggleWorldCat ]

© 2017 Isabelle Gaudet-Labine • Éditions La Peuplade.

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Découvertes littéraires du moment

SDL2018

Screen Shot 2018-10-08 at 17.31.18D’abord, ne pas oublier que le Salon du Livre de Montréal se tiendra la Place Bonaventure du 14 au 19 novembre 2018. L’entrée sera gratuite le mercredi pour les détenteurs d’une carte de bibliothèque de Montréal ou de la BAnQ. J’y serai sans faute soit le mercredi ou le vendredi (journée des professionnels), pour faire mon survol annuel du marché du livre (et tenter de faire quelques contacts utiles pour le blog, comme glaner des services de presse ou rencontrer des collègues blogeurs), et sûrement le samedi (pour rencontrer mes amis d’Alire et de Solaris, dont ce sera le lancement du #208).

Au hasard des livres qui me tombent entre les mains au travail ou du bouquinage chez des libraires locaux, il m’arrive de faire des découvertes intéressantes qui vaillent la peine d’être ajoutées à ma (déjà longue) liste de lecture. Voici donc une quinzaine de titres (Eh oui! À une exception près, ce n’est que de la BD ou du manga…) que j’ai découvert récemment et que j’espère lire dans un futur proche (ha!):

 

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The Little Broomstick

LittleBroomstick-cov“Mary, a lonely girl at all times, is bored with the holiday she has to spend with her great-aunt in the rambling country house. Wandering aimlessly in the woods, she finds a cat, who leads her to a curious flower that she has never seen before. There is something odd, too, about the cat, and about a little broomstick in a pile of rubbish waiting to be burnt…

The cat, the flower and the mysterious broomstick combine to launch Mary into an extraordinary series of adventures involving spells, witchcraft and animals transformed… leaving her with a terrible choice to make and a frightening act to perform.

Mary Stewart brings to The Little Broomstick all the qualities for which she is so admired — excitement, fine description, humour, fascinating detail and sheer readability.”

[ Text from the book flaps ]

I have not commented on a book of fiction that is not a manga or comic in a very long time. And yet, this is just a short book of children literature… However, after commenting on the animated adaptation by Studio Ponoc, Mary and the Witch’s Flower, I felt compelled to read the novel. I was lucky to find in the library the very first edition of the book (1971, although it was a second impression, produced the same year). That edition is now rare, but the book has been recently reprinted. I guess it will constitute my official reading for Halloween!

Mary is bored. She tries to give a hand to Zebedee, the gardener, but she isn’t very helpful. She then goes for a stroll in the wood. There she meets a black cat and discovers a little clump of flowers such as she had never seen before. Later, Zebedee tells her that it’s called witch’s bell or tibsroot or fly-by-night. It’s rare as it blooms only once in seven years. And superstitious folks say it has magical power. He also tells her that the black cat is called Tib, and that he has a grey companion (his brother maybe) called Gib. But the grey one has not been seen in a while…

The next day, while trying to sweep up leaves in the courtyard with a broomstick too big for her, she discovers a little broomstick, just the right size for her. As she touches the little broomstick with her hands stained with the purple juice of crushed fly-by-night, the broomstick leap. Mary clings to it, trying to hold it between her legs, but it takes flight and bring her (and Tib) up in the sky, above the world so high! After crossing a thick fog, she finds herself in a strange place and lands near the Endor College for young witches. We meets Madam Mumblechook, the headmistress, and Doctor Dee. They think she’s a new pupil and she plays along (as “trespassers will be transformed”!). She visits the school, proves that she is a competent witch, steals a spell book and promises to come back for class the next morning. As she returns home, she realizes that Tib is missing.

Madam Mumblechook used a subterfuge to steal him in order to perform a transformation experiment on him. Mary goes back at night, finds Tib and use the Master Spell from the book she stole to restore Tib back into a cat (transforming back all the creatures and animals held captive by the school witches at the same time). She meets Peter, a boy from the village who is looking for his grey cat, Gib, and wandered in the magical world by accident while crossing some thick fog. They are discovered and escape on the broomstick, with Madam Mumblechook and Doctor Dee in hot pursuit. With the help of the animals that she had previously saved, they manage to escape and come back home safely.

The Little Broomstick offers a nice, simple story, beautifully written — as I’ve found it is often the case with British children literature. Strangely, when such stories are adapted into anime the story is usually simplified in order to fit the new medium, but it is the opposite in this case: the anime script-writers have added to the story to make it richer and more complex. In the original story it’s not Peter that is kidnapped, but the cats; there is no other nefarious use for the fly-by-night; no household member is involved in magic. The book is more straightforward and simple. And I like it that way.

Obviously, Mary Stewart is a skilled writer, although this is her first book for children. The language she uses is charming and her storytelling is full of rich descriptions. The book is a good thriller without being scary. It encourages kids (and here particularly girls) to be adventurous, to care, stand up for others and to do what’s right. It is simple enough to be enjoyed by kids, but with enough dept to also be appreciated by adults. All in all, The Little Broomstick is a nice, pleasant read wether you are a kid or not.

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Illustration by Shirley Hugues

The Little Broomstick, by Mary Stewart (illustrated by Shirley Hugues). Leicester: Brockhampton Press Ltd, 1971. 128 pg. ISBN 0-340-15203-6. For a Middle Grade readership (age 8 to 12) and above. [The most recent edition is by Hodder Children’s Books, ISBN: 9781444940190, £6.99 / $10.75 US] stars-3-0

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoggleWikipediaWorldCat ]

Text © 1971 Mary Stewart • Illustration © 1971 Brockhampton Press Ltd. All rights reserved.

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About [not] reading

GreatAmericanReadI just watched The Great American Read on PBS, a show that searches for the “100 best-loved books and explores the many ways in which these novels affect, reflect and connect us all”. People are invited to vote for their favourite book in the list. It made me want to read more and wonder why I read so little.

I used to read a lot. As far as I can remember I often read books (novels, comics, books about space, about lost civilizations, about extra-terrestrials; all sort of books). My parents always encouraged us to read. I was spending long nights reading (and sometimes writing), particularly in the summer, when I didn’t have school the next day. I remember going to the public library (first, the one in the basement of our elementary school, and then the city library on top of the fire station). In my last year of high school, I remembered reading over a hundred books, mostly cheap science-fiction novels (space opera that freed my imagination and made me feel that everything was possible). Why did I stop reading so much? 

I was still reading a lot in college and in university (undergrad and grad school). That’s when I started reading also in English (first with L. Niven’s The Ringworld Engineers and Tolkien’s The Lord of the Rings). Ironically, it’s only when I got busier with my publishing company that I seriously reduced my reading habit. Working hard (even at the library) takes much of my energy. Now I barely read twenty to fifty books a year, and it is mostly manga or comics. I guess I got lazy and life doesn’t leave me enough free time to read. I cannot read in the bus/subway anymore, I’m too tired. I read sometime on the weekends and more often than not before going to sleep. Mostly, I watch too much TV. It’s much easier to watch the movie version than read the novel; but it’s also an unfortunately diluted experience. A book is so much more than a movie. You can create your own visual of the story while the movie provide it for you…

On that Great American Read list, I’ve read only a dozen books: 1984 (G. Orwell), And Then There Were None (A. Christie), The Da Vinci Code (D. Brown), Dune (F. Herbert), Foundation (I. Asimov), A Game Of Thrones (G. R.R. Martin), The Grapes of Wrath (J. Steinbeck), Jurassic Park (M. Crichton), The Pillars of the Earth (K. Follett), The Hitch-Hiker’s Guide to the Galaxy (D. Adams), The Little Prince (A. De Saint-Exupery) and The Lord of the Rings (J.R.R. Tolkien). There are many that I think I might have read, at least partially, or maybe I just saw the movie… I am not sure… But there are many, many more I just wish I had read. I will. I still have time. 

I just can’t wait to retire and I have the entire day to myself, with a nice cup of tea and a book!

I wish my entire life was only about books. Wait! It is: I work in a library and I write a blog (partially) about reading! Gosh! I should dedicated even more time to books…

Unfortunately, I cannot vote for the Great American Read. First, I am not American. Second, I haven’t read enough books in that list. And finally, I would have really a hard time deciding which book is my favourite… Each one has its own value and it’s difficult to compare one to another. They all had an impact on my life, because they all transmitted to me a valuable experience one way or another. But I have such a bad memory for those things… Maybe Dune, La nuit des temps (R. Barjavel), Neuromancer (W. Gibson), or Lord of the Rings ? I don’t know… Anyhow, you can follow my readings on Goodreads

And you, what are your favourite books?

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Boréal 2018

Boreal2018-banner

Boréal est de retour à Montréal pour son édition 2018! Le congrès québécois des littératures de l’imaginaire se tiendra du 4 au 6 mai 2018 au Temple Maçonnique de Montréal (2295 Rue Saint-Marc, près du métro Guy-Concordia). Le thème de la rencontre sera “Rétro/Futur” et les invités d’honneur seront Sabrina “David” Calvo, Martine Desjardins et Patrick Senécal. S’y ajouteront quelques invités spéciaux: Séléna Bernard, Jonathan Brassard, Isabelle Gaudet-Labine et Ariane Gélinas. Vous pouvez obtenir plus de détails et vous inscrire sur le site du congrès. Jusqu’au 1er avril, les inscriptions pour la fin de semaine complète sont en pré-vente à prix forfaitaire (Général: $35; Étudiant: $20; Soutien: $50; Enfants de moins de 12 ans: gratuit! Payable par PayPal ou carte de crédit). Au plaisir de vous y voir!

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Genres et littératures

(0) Introduction

Je trouve qu’il y a souvent de la confusion concernant la définition des différents genres littéraires que ce soit parmi les simples lecteurs ou même parfois parmi les libraires et bibliothécaires. C’est particulièrement évident quand on regarde les notices bibliographiques du catalogue des bibliothèques de Montréal (qui sont souvent créées à partir de données fournies par la firme SDM). C’est une lacune déplorable sur un sujet qui est pourtant enseigné au CEGEP. Cela peut sembler trivial — après tout un bon livre demeure un bon livre qu’il soit de la SF ou un roman historique — mais j’ai toujours trouvé que la compréhension des choses commençait avec l’utilisation de la bonne terminologie et une définition claire, précise et exacte. Je vous offre donc ici un petit guide sur les genres littéraires qui ne se veut pas exhaustif mais qui vise simplement à introduire les principaux genres.

Pendant longtemps, les puristes ont considérés que la véritable littérature se limitait aux grands classiques romanesque, de la poésie et du théâtre (classiques anciens — avec des auteurs tel que Aristophane, Aristote, Cicéron, Euripide, Hérodote, Homère, Horace, Ovide, Platon, Socrate, Sophocle, Thucydide, Tite-Live, Virgile, Xénophon, etc. — ou classiques modernes — avec des auteurs tel que Austen, Balzac, Baudelaire, Brontë, Dickens, Dostoïevski, Dumas, Flaubert, Hemingway, Victor Hugo, Joyce, Molière, Montaigne, Maupassant, Proust, Shakespeare, Stendhal, Tolstoï, Voltaire, Zola, etc.), et qu’elle excluait tout autres genres de récits. Puis on a tranquillement accepté que la littérature populaire était une littérature à part, une para-littérature, avant de finalement admettre que les littératures de l’imaginaire et autres genres de récits populaires étaient indubitablement de la vrai littérature et pouvaient être étudiées comme telle. Évidemment, plusieurs des “classiques” cités plus haut sont considéré maintenant comme de la littérature de genre. Et cela n’empêche pas que je rencontre encore souvent aujourd’hui des collègues qui me disent que ce que publient des éditeurs comme Alire, un des rares éditeurs spécialisés en littérature de genres au Québec, ce n’est pas de la “vrai” littérature.

Je vais commencer par diviser les littératures en deux groupes: les littératures rationnelles, qui sont ancrés dans le réel, et les littératures de l’imaginaire, qui se déroulent dans un monde entièrement ou partiellement créé par l’auteur. Pour chacun de ces groupes, je vais vous présenter les principaux genres, les définir, en expliquer les sous-genres majeures et donner quelques exemples d’auteurs ou de titres.

Poursuivre la lecture avec: (1) Les Littératures rationnelles

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