Monnaies anciennes 28

Les Julio-Claudiens (4)

Nero (54-68 EC)

Lucius Domitius Ahenobarbus est né le 15 décembre 37. Il est le fils de Julia Agrippina (fille de Germanicus et soeur de Caligula) et de Gnaeus Domitius Ahenobarbus (qui était préteur et consul sous Tiberius). Après la mort de son père en 40, sa mère — très ambitieuse — se remarie à l’empereur Claudius en janvier 49. L’année suivante, elle convainc ce dernier d’adopter son fils qui prend alors le nom de Nero Claudius Caesar Drusus. Dès sa majorité (14 ans), en 51, il est fait proconsul et, en 53, il est également marié à la fille de Claudius, Claudia Octavia. À la mort de Claudius le 13 octobre 54 (fort possiblement empoisonné par sa femme Agrippina), son seul fils naturel, Britannicus (qui est né de son épouse précédente, Valeria Messalina), n’est pas encore majeur alors que Nero, lui, a dix-cent ans. C’est donc Nero qui devient le nouvel empereur. 

Si l’Empire a été bien géré et demeura prospère, le bref règne de Nero, qui dura treize ans et sept mois, est terni par de nombreux scandales: Britannicus meurt subitement juste avant sa majorité, Nero fait assassiner sa mère qu’il trouve trop intrigante, il divorce Octavia pour marier sa nouvelle favorite Poppæa Sabina, de nombreux quartiers de Rome brûlent en juillet 64 et Nero se fait construire un somptueux palais (la Domus Aurea) à la place, les Chrétiens sont accusé d’avoir causé l’incendie et sont persécutés, le peuple voit d’un mauvais oeil leur empereur qui joue les artistes car il aime chanter et jouer de la musique, Poppaea meurt en 65 et on accuse Nero de violence conjugale, et de nombreuses révoltes secouent l’Empire (c’est le cas du gouverneur de Gaule lyonnaise, Vindex; du gouverneur d’Hispanie, Galba; et du légat d’Afrique Lucius Clodius Macer; il y a aussi la révolte de Boudica en Bretagne, celle de Judée et l’invasion de l’Arménie par les Parthes). Le Sénat, craignant cette instabilité, choisit de supporter Galba et démet Nero, qui choisi de se donner la mort le 9 juin 68. Avec lui la dynastie des julio-claudiens prend fin et c’est à nouveau la guerre civile. En un an, quatre empereurs se succèdent: Galba, Otho, Vitellius, puis Vespasianus qui offrira enfin un peu de stabilité avec le début de la dynastie des Flaviens… (voir mes monnaies de Titus, Vespasianus et Domitianus)

IMG_8885-8887Je n’ai qu’une seule pièce de monnaie de Nero: c’est un assez beau quadrans (G [Good], Ae [bronze], 15 mm, 1.635 g, payé environ $8 le 1985/12/17; die-axis: ↑↘︎) qui nous offre sur l’avers une colonne ou un cippus surmontée d’un casque, et contre laquelle reposent un bouclier et une lance, avec l’inscription NERO CLAV[DIVS] CAE[SAR] AVG[VSTVS] GER[MANICVS]. Sur le revers on retrouve une branche de laurier debout avec l’inscription P[ONTIFEX] M[AXIMVS] TR[IBVNICIAE] P[OTESTATE] IMP[ERATOR] P[ATER] P[PATRIAE] et un S[ENATVS] C[ONSVLTO] dans le bas du champ de part et d’autre.

Nero prends les noms de Caesar et de Germanicus à son adoption en 50, puis reçoit la puissance tribunicienne dès 54 (renouvellée annuellement le 13 octobre), les titres de Pontifex maximus et Pater Patriae en 55 ainsi que Imperator à partir de 57. Toutefois aucun de ces titres ne comportent de dates précises sur la pièce. De plus, ce type de quadrans semble avoir été frappé plusieurs années consécutives, chaque fois avec de légères variations dans la nomenclature et la titulature (par exemple CL / CLA / CLAV / CLAVD / CLAVDIVS ou C / CAE / CAES / CAESAR ou le GER / GERM se trouvant soit sur l’avers ou le revers et P M / PON M / PON MAX). Comme l’inscription sur ma pièce n’est pas vraiment lisible, il est donc impossible de savoir précisément laquelle de ces variations s’y retrouve. Le RIC en répertorie plusieurs, certaines sans datation (#93-94), d’autres datés de 63 (#126, 129) ou de 63-64 (#250-51, 253), ou encore 65 (#318) et même dans certains cas (#255, 317) simplement de 62-68 EC. Il précise toutefois que les pièces de bronze avec un S C ont été frappé après 63, alors qu’en 64-65 on frappe presque uniquement des pièces en orichalcum [laiton] (#130-262), pour revenir au bronze en 65 (issue IV, #263-322). “Les quadrantes ont été attribués aux types avec Branche [de laurier], Colonne et Chouette. Cette frappe majeur de Rome, c. 65, comprenait un grand nombre de variétés communes dans toutes les dénominations, et a sans doute fourni le plus grand apport en aes [pièces de bronze] pendant près de deux décennies” (RIC I, p. 141). Il ne mentionne pas de quadrans après cette date. Il serait donc peut-être possible de préciser la datation à 65 EC… Par contre je n’ai trouvé aucune explication sur le symbolisme du cippus (symbole militaire?) ou de la branche de laurier (honneur et victoire?).

Sources: Wikipedia (Nero [FR/EN], Cippus [FR/EN]), Google, Sear RCV (4th Ed.): 694 (p. 177), RIC I pp. 158-169, FAC (Nero, cippus, laurel wreath, branches), ERIC (Nero), ancientcoins, WildWinds, coinproject, CoinArchives, numismatics. Voir aussi ma fiche.

C’est une intéressante pièce (mais en rien comparable à ma fascinante pièce de Quadratus aussi frappée sous Nero) qui demeure toutefois encore empreinte d’incertitude et de questions… Chose intéressante, le manga Pline par Mari Yamazaki se déroule justement durant le règne de Nero…

La semaine prochaine nous reprendrons le fil chronologique des empereurs romains (vu à travers mes monnaies) avec la dynastie des Sévères !

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Achillea borealis

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0955L’Achillée boréale (connu sous de nombreux noms, dont Boreal Yarrow ou Woolly Yarrow en anglais) est une variété de l’Achillea millefolium (Achillée Millefeuille communément appelé Yarrow en anglais). C’est une espèce de plante herbacée vivace, à fleurs, de l’ordre des Asterales, de la famille des Asteraceae et du genre Achillea (qui inclus près de mille espèces). Elle est caractérisée par des feuilles dentelées, velues et aromatiques, ainsi que de nombreuses petites fleurs composées (ou capitules) rassemblées en corymbes, de couleurs variées (souvent blanches mais aussi jaunes, oranges, roses ou rouges) et qui attirent de nombreux insectes. Selon Pline, son nom fait référence à Achille, le héros grec légendaire de la guerre de Troie, qui en aurait fait usage pour panser ses blessures. Même si elle est souvent considérée comme une mauvaise herbe, on en fait une utilisation ornementale, mellifère et même comme fourrage. D’un point de vu phytochimiques il semble qu’elle contient de nombreux éléments bioactifs ce qui fait qu’elle a été utilisée en médecine traditionnelle depuis des millénaires. La plante entière, y compris les fleurs, peut être utilisée pour faire un thé qui soulage la toux et les ulcères. En cataplasmes elle peut également arrêter les saignements de nez ou contrôler les saignements dans les plaies, apaiser les éruptions cutanées, les coups de soleil et les piqûres d’insectes. Les jeunes feuilles sont comestibles (cuites ou fraîches en salades) et les fleurs peuvent être utilisées pour aromatiser des liqueurs ou même remplacées le houblon dans la bière. (Sources: Wikipedia, Nature).

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Monnaies anciennes 27

Les Julio-Claudiens (3)

Claudius (41-54 EC)

Comme je l’ai mentionné dans l’entrée précédente, Caligula (don’t je n’ai malheureusement aucune pièce car c’est un empereur très connu et recherché sans doute à cause du film de Tinto Brass) succède à Tiberius mais n’a régné que trois ans et dix mois. Son règne a bien commencé et il était bien aimé du peuple mais il est rapidement devenu mentalement instable. Il a chaviré en un despote sanguinaire et a été assassiné par sa garde rapprochée le 24 janvier 41. À l’encontre du sénat (qui aurait préféré restaurer la République) l’armée acclame le dernier des Julio-Claudiens, qui était resté dans l’ombre jusqu’alors, Tiberius Claudius Drusus. C’est un empereur que j’ai toujours apprécié (grâce à l’oeuvre de Robert Graves et son adaptation télévisée par la BBC où le rôle de Claudius est magnifiquement interprété par Derek Jacobi — et aussi sans doute à cause de l’homonymie).

Claudius est né à Lugdunum (Lyon) le 1er août 10 AEC. Il est le fils de Drusus (frère de Tiberius, fils de Tiberius Claudius Nero et de Livia Drusilla) et de Antonia (fille de Marcus Antonius et d’Octavia, la soeur d’Augustus). Il est tout l’opposé de son frère aîné Germanicus : il est tellement maladif et faible qu’il boite, a des mouvements de tête incontrôlés et des problèmes d’élocution, au point qu’on le considère dans sa famille comme un débile. Des historiens avaient proposé la poliomyélite ou la maladie de La Tourette comme diagnostique mais de nos jours on crois plutôt qu’il souffrait de paralysie cérébrale (infirmité motrice ou diplégie spastique) suite à un accouchement difficile. Il est néanmoins fort intelligent et studieux. Il grandit probablement dans l’entourage d’Auguste mais ne fera pas de carrière civile ou politique. Il ne sera sénateur pour la première fois qu’à l’âge de quarante-six ans, sous Caligula. Il se consacre plutôt à une carrière d’érudit, écrivant des livres d’histoire (sur le règne d’Augustus, sur les Étrusques, sur Carthage et même une autobiographie — mais aucun de ces ouvrages ne nous est parvenu). 

Si ses contemporains n’ont pas été tendre avec lui (encore une fois, les historiens romains (tel Tacite, Suétone ou Dion Cassius), qui provenaient surtout de la classe sénatoriale, ne donnent que rarement un traitement positif des empereurs qui se sont opposé au Sénat), les historiens modernes, eux, considèrent maintenant que son principat a été très prospère: il est un bon administrateur car il centralise le pouvoir, continue les réformes administratives d’Auguste (notamment dans la fiscalité et la législation), construit de nombreux monuments, poursuit l’expansion de l’empire en annexant des royaumes clients (Judée, Norique, Pamphylie et la Lycie) et conquiert la Bretagne, la Thrace et la Mauritanie. Claudius se marie quatre fois. Ses deux premières épouses (Plautia Urgulanilla et Ælia Pætina) sont sans véritable conséquence. Sa troisième épouse est Messalina, qui lui donne deux enfants (Britannicus et Octavia), mais ses moeurs scandaleuses et son implication dans des complots contre l’empereur l’amènent à être répudiée et exécutés en 48. Sa quatrième épouse est Julia Agrippina (fille de Germanicus et soeur de Caligula) qui convainc Claudius d’adopter son fils d’un précédent mariage (avec Cneius Domitius Ahenobarbus), Néro. Lorsqu’il meurt possiblement d’un empoisonnement le 13 octobre 54, à l’âge de soixante-quatre ans, Britannicus étant trop jeune c’est Nero qui lui succède. Claudius est immédiatement divinisé.

Je n’ai que deux pièces de Claudius qui ne sont malheureusement pas dans un très bon état.

IMG_8881-8883La première pièce est un relativement beau Quadrans (VG [Very Good], Ae [bronze], 16 mm, 2.787 g, payé 5£ à Londres le 1986/02/05, caractérisé par un dépôt vert et une triple égratignure dans le bas droit des deux côtés; die-axis: ↑↓) qui présente en avers l’inscription TI[BERIVS] CLAVDIVS CAESAR AVG[VSTVS] autour, non pas d’un portrait de l’empereur, mais d’un modius (une mesure de blé). Le revers nous offre l’inscription PON[TIFEX] M[AXIMVS] TR[IBVNICIAE] P[OTESTATE] IMP[ERATOR] CO[N]S[VL] DES[IGNATVS] IT[ERVM] (“Consul élu pour la seconde fois”) autour d’un large S[ENATVS] • C[ONSVLTO] (“avec la permission du Sénat”). Claudius reçoit la plupart de ses titres (Caesar, Augustus, Imperator, Pontifex Maximus, puissance tribunicienne) lors de son accession en 41. Il reçoit toutefois son second consulat en 42 (mais COS DES IT ne semble PAS être l’équivalent de COS II. Quel en est donc la signification?). Toutes les sources datent cette pièce de 41 EC.

Il est à noter que le quadrans est une dénomination monétaire de bronze de l’époque républicaine (une fraction [généralement le quart] de l’as) qui a survécu aux réformes monétaires d’Augustus et qui sera frappé jusque durant le règne d’Antoninus. Les quadrans émis sous le règne de Claudius sont assez connu car il n’en existe que deux types (d’avers): l’un représentant un modius, l’autre une main tenant une balance (RIC I: p. 118). Le modius, l’équivalent du boisseau, est une mesure de capacité pour les matières sèches (8.7 litres/1.9 gal) mais qui était surtout utilisée pour le blé. Comme Rome connait une pénurie de vivre au début du règne de Claudius, ce dernier s’empresse d’améliorer l’approvisionnement de la ville en blé et c’est sans aucun doute cette réforme qui est commémorée par cette pièce. L’approvisionnement en blé était évidemment important puisqu’il permettait la distribution de pain au peuple par l’empereur — une sorte d’assistance sociale pour l’époque et l’un des deux piliers de la paix sociale romaine: le pain et les jeux du cirques [panem et circenses] (Malgré les apparences, cette pièce ne commémore donc PAS une victoire contre une invasion de Daleks ! 🤣)

Sources: Wikipedia (Claudius [FR/EN]), Google; Sear RCV: 540, RIC I: 84, C 70, BMC 179; CoinAarchives, WildWinds, Numismatics, FAC (Claudius, Modius, COS DES IT, quadrans), ERIC (Claudius). Voir aussi ma fiche.

IMG_8876-8878La seconde pièce est un moins beau (ou à la rigueur passable) As (G [good] / Fair, Ae [Bronze], 24 x 26 mm, 5.835 g, payé environ $5, caractérisé par une contremarque en ⊕ sur l’avers; die-axis: ↑↓) qui représente un buste nu de l’empereur à gauche avec l’inscription TI[BERIVS] CLAVDIVS CAESAR AVG[VSTVS] P[ONTIFEX] M[AXIMVS] TR[IBVNICIAE] P[OTESTATE] IMP[ERATOR] P[ATER] P[ATRIAE] (on note une contremarque sur la tête). Le revers offre une Minerva casquée et drapée, debout à droite, tenant un javelot de la main droite et un bouclier arrondi dans la main gauche, avec un S[ENATVS] • C[ONSVLTO] dans le bas du champs de part et d’autre. Il n’y a aucune autre inscription. La représentation d’une “Minerve combattante (…) symbolise bien le règne de Claudius le soldat-érudit.” (RIC I: p. 119). On date ces pièces (de façon bien imprécise il faut le dire) selon la présence ou pas du titre de “Père de la Patrie” (que Claudius a reçu en 42) dans la titulature. Les pièces qui ne comportent pas le P.P. dateraient de 41-50 (comme dans RIC I: 100; ou parfois 41-42 selon d’autres sources). Les pièces où le P.P. apparait dateraient de 50-54 (comme dans RIC I: 116). Dans le cas de ma pièce, cette partie de l’inscription n’est pas vraiment lisible mais la position de l’inscription (le CAESAR par exemple) par rapport à la tête m’incline à penser que l’inscription inclus le P.P. et donc que la pièce date de 50-54 EC.

La présence d’une contremarque rends cette pièce intéressante. Une contremarque est une marque poinçonnée sur une pièce après qu’elle ait été mise en circulation pour indiquer soit un changement de valeurs, soit une mise hors-circulation, une remise en circulation ou encore pour des raisons de propagande. Dans ce cas-ci, il s’agit d’un cercle divisé en quatre quartiers (⊕, quartered circle en anglais et aussi appelé “sun cross”). Je n’ai cependant trouvé aucun exemple de contremarque similaire. Il pourrait s’agir d’une marque postérieure à l’Empire Romain (possiblement au Moyen-Âge?)…

Sources: Wikipedia (Claudius [FR/EN], countermark, Minerve), Google, Sear RCV: 539, RIC I: 100 / 116; CoinArchives, numismatics, acsearch, acsearch, coinproject, ARC, Wildwinds, Wildwinds (text, image), CoinTalk, CoinTalk, FAC (Minerva, countermark), Museum of countermarks. Voir aussi ma fiche. 

Bibliographie:

Si il est relativement aisé d’attribuer une pièce de monnaie à un empereur précis, il est beaucoup plus difficile d’obtenir une datation exacte. Il faut que la pièce soit en suffisamment bon état pour pouvoir lire l’inscription et que celle-ci contienne une titulature datable. Dans tout les cas, ces pièces de monnaie nous fournissent des éléments pour mieux comprendre la société romaine et son histoire. 

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Chenopodium quinoa

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0950Le quinoa (qui porte le même nom en anglais) est une espèce de plante herbacée à fleurs de l’ordre des Caryophyllales, de la famille des Chenopodiaceae (ou Amaranthaceae en classification APG III) et du genre Chenopodium. Il en existe plus de trois milles variétés. Si elle est surtout connu pour ses graines, elle n’est toutefois pas une gramminée et est en fait plus proche de plantes comme l’amarante, la betterave ou l’épinard que des céréales comme le blé, le riz ou l’orge. Elle est donc considéré comme une pseudo-céréale (tout comme le Sarrasin ou la Chia). Elle est cultivé depuis des millénaires en Amérique du Sud et son nom dérive de kinwa en langue quechua. Elle a longtemps été ignoré des Européens car elle a un goût plus amère (due à la saponine de l’enveloppe) et sa farine (qui ne contient pas de gluten) n’est pas panifiable. La graine de quinoa est très nutritive car elle est non seulement riches en protéines mais aussi en minéraux, vitamines et antioxydants. Dès les années ’70 sa culture s’est étendu à l’Amérique du Nord et à l’Europe, pour devenir la coqueluche des passionnés de nourriture saine. Ici il s’agit du cultivar “Oro di Valle”. (Source: Wikipedia)

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Monnaies anciennes 26

Les Julio-Claudiens (2)

Tiberius (14-37)

Je n’ai pas de pièce de Tiberius proprement dite mais j’ai une pièce grecque impériale que je crois avoir été frappée sous son règne… (Quoique, après vérification, je n’en suis plus si sûr. C’est le problème avec l’identification des pièces anciennes: parfois on ne pourra jamais obtenir une identification et une datation avec certitude. Je vous parle tout de même de Tiberius…)

Tiberius Claudius Nero est né le 16 novembre 42 AEC au sein d’une vieille famille patricienne (la gens Claudia). Il porte le même nom que son père (qui a été questeur et pontif sous César, ainsi que préteur sous le triumvirat) mais sa mère, Livia Drusilla, se remarie peu de temps après sa naissance (en 39 AEC) avec l’empereur Auguste. Il poursuit une carrière militaire selon le cursus honorum (tribun en 25, questeur en 23, préteur en 16, consul en 13, tribun de la plèbe en 6 AEC) et est adopté par Auguste en 4 EC. Lorsque ce dernier meurt, le 19 août 14 EC, il lui succède, à la demande du sénat et après quelques hésitations, le 18 septembre de la même année. Son règne est plutôt paisible: il maintient les frontières et fait une bonne gestion de l’empire. Toutefois, il est considéré par ses contemporains comme un tyran, probablement à cause de tout les complots qui l’ont entouré et parce que durant ses dernières années de règne (31 à 37), possiblement souffrant de paranoïa, il s’est renfermé dans sa villa de Capri.  Il meurt vraisemblablement de maladie le 16 mars 37 et, après que ses deux successeurs désignés (son neveu Germanicus et son fils Drusus II) soient mort dans des circonstances douteuses, il doit se rabattre sur le fils de Germanicus comme successeur, Caius Julius Cæsar Germanicus surnommé Caligula.

La pièce que je vous présente cette semaine est une monnaie romaine provinciale, qu’on appelle généralement grecques impériales. Comme je l’ai déjà expliqué dans le cas de ma magnifique pièce de Quadratus, les pièces grecques impériales se divisent en deux types. Il peut s’agir d’une monnaie frappée dans une province ou une colonie romaine mais qui conserve la dénomination impériale, la titulature et le portrait de l’empereur. Elles peuvent également être des pièces municipales (dites “quasi-autonome”), frappées par des cités grecques qui ont obtenu une permission spéciale de l’empereur. Ces dernières sont généralement en bronze et conservent des attributs locaux: dénominations locales (comme chalques ou oboles), inscriptions en grecs et, à la place de l’empereur, les avers représentent des divinités grecques (tels Zeus, Artemis ou Apollon) et les types de revers offrent une plus grande variété de sujets. Elles ont été émise en grande quantité à partir du premier siècle et pendant une partie considérable du deuxième siècle. Certaines des pièces les plus anciennes sont datées selon l’ère actienne, mais la plupart portent des dates de l’ère césarienne (WROTH, p. lix). 

IMG_8873-8874Ma pièce appartient au second groupe et est une petite dénomination en bronze (AE15) dans un assez bon état (VG/G [very good/good], Ae [bronze], 15 mm, 3.199 g, payé environ $5 le 1985/01/06, caractérisé par un dépôt verdâtre; die-axis: ↑↑). L’avers représente une tête laurée d’Apollon, à gauche, avec une inscription qui est illisible. Le revers illustre une lyre (ou possiblement une kithara) avec une inscription illisible dans le champs gauche (trois ou quatre caractères), un 𝜞 sur le dessus et un 𝜪 dans le champs droit. 

En procédant par comparaison, j’ai trouvé que ce type semble surtout prévalent à Antioche (province de Syrie, Seleucis et Pieria) — mais il n’y est cependant pas exclusif puisqu’on le retrouve dans d’autres cités comme Megara (selon HEAD, p. 329, mais il s’agit de pièces en argent datant du IIIe siècle AEC; il en recense également à Thera, Myrina, Mytilene, etc.). L’inscription de l’avers serait soit ΑΝΤΙΟΧΕΩΝ (Antiocheon / “[émis] par le peuple d’Antioche”) ou ΑΝΤΙΟΧΕΩΝ ΜΗΤΡΟΠΟΛΕⲰϹ (Antiocheon Metropoleus / “[émis] par le peuple de la cité d’Antioche”). L’inscription sur le revers serait ETO ou ETOY (abréviation de ETOYΣ (έτος) / “année”), le 𝜞 serait une marque d’officine (la troisième officine, celles-ci étant numérotées A, B et C) et le 𝜪 daterait la pièce de 21/22 EC (𝜪 = 70; 70 + -48/49 [début de l’ère Césarienne] = 21/22) soit la neuvième année du règne de Tiberius. Toutefois la plupart des exemples de ce genre de pièces (tant dans les références en ligne [Wildwinds, RPC] que bibliographiques [HEAD, p. 657 ou WROTH. p. 163-64]) sont plus tardives, avec des datations comme “ZOP” (177 = 128/29), sous Hadrien. Ce pourrait-il que les premiers et derniers caractères de la date aient été effacé ne laissant que le “O” de visible? Cela ne semble pas le cas. Et si j’ai vu des pièces similaires (Artemis / Lyre; cf. SEAR #5189 et WROTH, p. 161) datant du règne de Néron (𝝙I𝝦 = 114 = 96 EC), je n’ai trouvé aucun exemple de pièce datant de l’époque de Tibère. Malgré tout, si ce n’est pas une certitude, je continue à croire que ma pièce date de cette époque. C’est peut-être une pièce rare?

Une pièce intéressante qui nous fait bien découvrir que l’histoire et la numismatique sont loin d’être des sciences exactes…

Sources: Wikipedia (Tibère / Tiberius, Roman provincial currency), Google, FAC (Greek imperial coins, BMCGC III, shining Apollo, Greek imperial, Aera Caesariana, “Coin evidence concerning the Caesarean and Actian Eras”), Wildwinds (Antioch, example [text]), Classic coin collector, Lyre on coins, vcoins, CoinProject, eBay, CoinArchives, RPC (group, example). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

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Kniphofia triangularis

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0964La tritoma (aussi appelé tisons du diable ou red hot poker” en anglais) est un genre de plante à fleurs de la classe des Liliopsida, de l’ordre des Liliales, et de la famille des Liliaceae selon la classification classique de Cronquist. Toutefois, selon la nouvelle classification phylogénétique (APG III – 2009), ce genre appartient à l’ordre des Asparagales et à la famille des Xanthorrhoeaceae. Originaire d’Afrique, il comprend plus de soixante-dix espèces. Son nom latin de Kniphofia rend hommage à Johann Hieronymus Kniphof, un botaniste allemand du XVIIIe siècle. Il est caractérisé par un épis conique de fleurs de couleurs rouge, orangé ou jaune, souvent bicolores, qui se dresse au-dessus du feuillage. Ses fleurs produisent un nectar abondant qui attire tant les insectes nectarivore (abeilles et papillons) que certains oiseaux (colibris et orioles). Dans ce cas-ci il s’agit de l’espèce Kniphofia triangularis triangularis (mais la fiche signalétique ne précise cependant pas le cultivar). (Source: Wikipedia)

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Monnaies anciennes 25

Les Julio-Claudiens (1)

J’avais sauté par-dessus la dynastie des Julio-Claudiens (d’Auguste à Néron) parce que j’ai très peu de pièces de monnaies de cette époque et qu’elles ne sont pas en très bon état (évidemment c’est la dynastie la plus fameuse alors elles sont plus en demande et donc plus chère) mais j’avais promis d’y revenir plus tard. Et bien, voici le moment…

Octavius-Augustus (27 AEC – 14 EC)

Caius Octavius est né le 23 septembre 63 AEC dans une famille aristocratique de l’ordre équestre qui avait fait sa fortune dans la finance à Velitrae. Mais ce n’est qu’avec son père que la famille des Octavii entre dans l’ordre sénatorial lorsqu’il devient le premier à obtenir une charge publique (questeur, puis préteur en 61 et gouverneur de Macédoine) devenant ainsi un homo novus. Par sa mère, qui était la nièce de Jules César, Octave appartient également à la famille des Iulii puisqu’il était le petit-neveu de César. Sous l’égide de ce dernier, Octave, malgré sa santé fragile, fait l’apprentissage de la vie civique et militaire notamment en Hispanie et à Apollonia d’Illyrie. Lorsque César est assassiné aux ides de mars 44 AEC, son testament fait d’Octave son héritier et fils adoptif. Il prends alors le nom de Caius Julius Caesar Octavianus (Octavien). Toutefois, il est beaucoup trop jeune (il a à peine vingt ans) et inexpérimenté pour espérer prendre le pouvoir. Il lui faudra dix-sept ans d’influences, d’alliances faites et défaites (le second triumvirat), de conflits (avec le sénat ou Marc Antoine), de guerres civiles (contre les Républicains, contre les alliés de Marc Antoine, contre Pompée, contre Marc Antoine) et même de guerres frontalières (contre les Parthes ou en Illyrie) pour y parvenir. 

Après la bataille d’Actium (en septembre 31) et le suicide de Marc Antoine et Cléopâtre (en août 30), Octavianus restaure la république (car il a toujours besoin du support du sénat) et partage le consulat avec Agrippa (en 28 et en 27). Il entreprend de faire le ménage parmi les sénateurs qu’il juge indique de la position et, en plus des titres de Imperator et Caesar Divi Filius (“fils du divin César” — César avait été divinisé en 42) qu’il avait déjà reçu en 30, le sénat lui décerne en 27 AEC les titres de Augustus (“le plus illustre”) et de Princeps (“le premier entre tous”). Il est dorénavant connu sous le nom d’Augustus. Dès lors, son règne est considéré non pas comme une dictature (comme pour Jules César) mais comme un Principat. Il enlève subtilement ses pouvoirs au Sénat mais ce n’est qu’en 23 AEC, alors qu’il obtient la puissance tribunitienne (potestas tribunicia), que l’on peut considérer qu’il a le pouvoir suprême. Il entreprends de profondes réformes politiques, sociales, administratives, et financières, fait construire de nombreux monuments, réorganise l’armée, agrandie (en Afrique, en Orient et en Germanie) et consolide (en Rhétie et Illyrie) les frontières afin d’établir la Pax Romana et de faire du monde romain un véritable empire. Il s’est lui même chargé d’énumérer ses accomplissements dans les Res gestae Divi Augusti (“Actes du divin Auguste”). Il meurt de maladie (quoi que sa troisième épouse, Livia Drusilla, est soupçonnée de l’avoir empoisonné) le 19 août 14 EC et son fils adoptif Tiberius (fils de Livia d’un premier marriage) lui succède. Ce dernier le fera immédiatement déifier. 

J’ai trois pièces de monnaies d’Auguste dans ma collection.

IMG_8868-8871Cet assez bel as d’Auguste (G [good], Ae [bronze], 24 x 25 mm, 10.669 g, payé environ $10 le 1985/11/18; Die-axis: ↑↑) nous offre sur l’avers la tête nue de l’empereur à droite avec l’inscription CAESAR. Le revers ne présente que l’inscription AVGVSTVS dans une couronne de lauriers. Selon Sutherland (RIC I) cette pièce aurait possiblement été frappée à Éphèse vers (ou à partir de) 25 AEC. D’autres sources sont plus vagues et parlent d’officines en Asie Mineure (Éphèse? Pergame?) avec une datation entre 27 et 23 AEC. Elle pourrait avoir été émise pour commémorer des événements locaux (comme la réorganisation des frontières orientales, mais celle-ci s’est déroulée surtout vers 22-20) ou, plus simplement (de par le symbolisme de la corona laureata), les victoires (Actium en 30) et nombreux honneurs (Augustus & Princeps en 27, pouvoir tribunicien en 23) qu’Auguste a reçu. Malheureusement, on ne peut pas être plus précis. Sources: Wikipedia, RIC I: 486, CoinArchives, numismatics, vcoins, FAC (Coronae); Sutherland, C.H.V. “The symbolism of the early aes coinages under Augustus” in Revue Numismatique, Année 1965, #7, pp. 94-109. Voir aussi ma fiche.

IMG_8545-8546Ce très bel as impératorial d’Auguste (F [Fine], Ae [Bronze], 26 mm, 9.942 g, acheté à Paris le 1986/02/07 pour 80 FF [± $16]; Die-axis: ↑↘︎) présente sur l’avers la tête nue de l’empereur à droite avec l’inscription TRIBVNIC[IA] POTEST[AS] • CAESAR AVGVSTVS. Le revers n’offre qu’un large S[ENATVS] • C[ONSVLTO] (“avec la permission du Sénat”) entouré de l’inscription L SVRDINVS III VIR AAA FF. Comme je l’ai déjà expliqué avec les pièces républicaines, à cette époque les pièces étaient encore frappées au nom du (ou des) magistrat monnayeur, qui était appelé triumviri monetales (abrégé III VIR) car ils étaient au nombre de trois. Leur titre était tres viri aere argento auro flando feriundo (abrégé III VIR AAAFF), ce qui signifiait “les trois hommes [chargés de] la préparation et la frappe des pièces de bronze, d’argent et d’or”. Dans ce cas-ci, il s’agit du triumvirat monétaire composé de CN F Piso, C Plotinus Rufus et de Lucius Neavius Surdinus. Sur ce dernier, nous savons seulement qu’il a été consul suffectus en 30, triumvir monetalis en 15 et préteur c. 10 (car une inscription commémore le fait qu’il ait fait refaire le pavé du forum). Cette pièce date définitivement d’après 23 AEC (date où Augustus a reçu la puissance tribunitienne) mais la date où a officié Surdinus varie selon les sources: on la place entre 23 et 9 AEC — Karl Pink la situe en 20 et le RIC en 15 AEC. Les sources récentes semblent toutefois tous s’entendre sur cette dernière date. Sources: Wikipedia, RIC I: 386, Cohen 473, CoinArchives, Numismatics, Numismatics, AncientCoins, acsearch, catawiki, vcoins, Wildwinds, FAC (Augustus, III VIR A A A F F);  Pannekeet, C. The moneyers issues under Augustus; Pink, Karl. The Triumviri Monetales and the structure of the coinage of the Roman Republic. (Numismatic Studies #7). NY, American Numismatic Society, 1952 (page 46). Voir aussi ma fiche.

IMG_8547-8548Ce très beau dupondius (F [Fine], Orichalcum [laiton], 27 mm, 13.222 g, payé $20 et caractérisé par un dépôt brunâtre dans le champs et une grosse cavité sur l’avers, dans le cou; die-axis: ↑↓ or 180º) est une pièce commémorative d’Augustus frappée sous Tiberius, son fils adoptif et successeur. L’avers présente une tête radiée de l’empereur, à gauche, avec l’inscription DIVVS AVGVSTVS PATER (“Divin Auguste, Père [de la Patrie]”). Sur le revers on retrouve simplement un large S[ENATVS] • C[ONSVLTO] (“avec la permission du Sénat”) dans une couronne de chêne. Sutherland (RIC I) date cette pièce entre 22/23 et 26 EC mais cette datation m’amène deux questions: pourquoi émettre un pièce commémorative aussi longtemps après la mort et la déification d’Auguste? et Comment Sutherland justifie cette datation? Je n’ai pas trouvé de réponse à la première question mais, pour la seconde, Sutherland explique dans un article que les experts se sont basé sur la comparaison entre la qualité de la frappe, le style du design des pièces commémoratives (notamment la conception de l’oeil de l’empereur et même la direction de l’axe de frappe [die-axis]) et les pièces de Tibère qui sont, elles, datées. Laffranchi les voit comparables aux émissions de dupondii avec des “Pietas”, “Iustitia” et “Salus”, datées de 23 EC environ alors que Sutherland s’entend avec Sydenham pour les trouver similaires aux pièces datées TR POT XXIIII, soit de 22-23 EC. Sources: Wikipedia, RIC I (Tibère): 79, CoinArchives, numismatics, Wildwinds, FAC (Pater, Divus Augustus Pater, Quercea Corona, die axis); Sutherland, C. H. V. “Divus Augustus Pater: A Study in the aes coinage of Tiberius” in The Numismatic Chronicle and Journal of the Royal Numismatic Society Sixth Series, Vol. 1, No. 3/4 (1941), pp. 97-116. Voir aussi ma fiche.

Aussi intéressantes qu’elles soient, ce sont des pièces bien sobres pour représenter ce personnage plutôt extraordinaire qui fut le premier de tous les empereurs romains… La semaine prochaine je vous propose une pièce grecque impériale (frappe provinciale) qui représente non pas l’empereur mais une divinité grecque et qui aurait été frappé sous Tiberius !

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Eryngium giganteum

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0959Le Panicaut géant (appelé “Miss Willmott’s ghost” en anglais) est une espèce de plante à fleurs vivaces de la classe des Magnoliopsida, de l’ordre des Apiales, de la famille des Apiaceae, et du genre Eryngium — dont on retrouve environ deux-cent-trente espèces. C’est un chardon vivace, quoique de courte durée, qui est originaire du Caucase en Asie occidentale. “Il produit des têtes ramifiées de capitules coniques vert pâle entourés de bractées épineuses en été. Les fleurs deviennent bleues à maturité. Elle meurt généralement après la floraison et est donc normalement cultivé comme une plante bisannuelle.” Son utilité est surtout ornementale mais elle est aussi comestible (tant les racines que les jeunes pousses). Elle fait partie de la flore obsidionale française (typique des lieux ayant subit des séquelles environnemen­tales). Elle est souvent associée au champignon Pleurote du panicaut et est appréciée par de nombreux insectes. Le cultivar le plus connu (illustré ici) est le “Silver Ghost”. Son nom scientifique provient du grec eryggos (“barbe de chèvre”, qui fait allusion à la pilosité de sa racine) et le nom vernaculaire français dérive du latin pane cardus (“pain chardon”, qui fait référence au fait que les racines cuites sont comestibles et que les feuilles matures sont piquantes). Le nom commun anglais fait référence à la jardinière britannique Ellen Willmott, qui gardait toujours des graines sur elle afin de les planter dans les jardins de ses collègues. (Source: Wikipedia)

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Monnaies anciennes 24

Les Royaumes Environnants 2

Empire Kouchan

Un peu plus à l’est de l’Empire Parthe (dont j’ai parlé la semaine dernière), se trouve un autre royaume avec lequel l’Empire romain a eut des relations commerciales et diplomatiques : l’Empire Kouchan — dont j’ai quelques pièces de monnaies. Les origines du peuple Kouchan remontent à une tribu indo-européenne Yuezhi (月氏), les Guishuang (貴霜, dont le nom occidentalisé deviendra “Kouchan”), qui vivait dans le bassin du Tarim (l’actuelle province chinoise de Xinjiang) avant d’être déplacé vers l’ouest au IIe siècle AEC — dans le grand jeu de boules des populations humaines — par les Xiongnu. Ils s’installèrent en Bactriane, déplaçant à leur tour vers le sud-est les populations du royaume hellénistique Gréco-Bactriens. Ils unifièrent d’abord sous leur bannière les cinq tribus Yuezhi, puis agrandirent leur territoire vers l’ouest en repoussant les tribus indo-scythes et conquérant le royaume indo-parthe, puis au sud dans la région de Gandhara (Indou Kush). À son apogée, au IIe siècle EC, l’Empire Kouchan s’étendra de la mer Caspienne à la vallée du Gange, et de la mer d’Aral jusqu’à l’embouchure de l’Indus, couvrant les actuels Afghanistan,  Pakistan et le nord de l’Inde. Vers le milieu du IIIe siècle, il sera absorbé par l’Empire perse des Sassanides au nord-ouest et par l’Empire Gupta au sud-est. Au IVe siècle, les derniers vestiges de l’Empire Kouchan formeront le Royaume kidarite.

L’Empire Kouchan était riche tant culturellement que économiquement. En plus de leur culture Tokharienne, ils ont intégré les cultures hellénistiques, indiennes et, dans une certaine mesure, persanes. Pour écrire ils utilisaient à la fois une version légèrement modifiée de l’alphabet grec ainsi que l’alphabet gāndhārī. Comme religion ils ont adopté l’hindouisme (particulièrement le culte de Shiva) et le bouddhisme. Le Gandhara était aussi un centre artistique où florissait l’art gréco-bouddhique. Finalement, l’Empire Kouchan était une plaque tournante de la Route de la soie, qui reliait l’Empire Romain à l’Empire Han. Il reprenait la route terrestre aux limites de  l’Empire Parthe mais aussi faisait la jonction avec la route maritime de l’océan Indien à travers la vallée de l’Indus. Ce commerce a fait grandement prospéré leurs trois grandes capitales administratives: Purushapura (Peshawar), Kapisa (Bagram) et Mathura. Les Kouchans ont aussi entretenu des relations diplomatiques tant avec les romains (les sources romaines mentionnent la visite d’une ambassade de Bactriane sous Trajan et Antonin le Pieux) que les Han (les sources chinoises, comme l’Encyclopédie Guanzi ou le Hou Hanshu, les mentionnent fréquemment).

Qui dit échanges commerciaux dit aussi échanges monétaires, et l’Empire Kouchan a produit une grande quantité de monnaie, surtout en or et en cuivre, avec très peu de pièces en argent. Les pièces de cuivre semblent avoir été frappé dans les ateliers des trois capitales régionales: Begram en Bactriane (où l’on retrouve le plus grosses pièces, faisant entre 12 et 16 g), Peshawar dans le Gandhara (8-10 g) et Mathura dans le nord de l’Inde (4 g). Je vous présente donc trois pièces kouchanes de ma collection. À noter que la chronologie des règnes est parfois controversés et change selon les sources.

Kadphises II (90-100 EC)

Ma première pièce est un beau tetradrachme (VG [very good], Cu [cuivre] / Ae [bronze] ?, 26 mm, 16.0403 g) typique du règne de Vima Kadphisès. L’avers représente le roi debout de face, la tête tournée à gauche, richement vêtu (portant un diadème avec de longs rubans, un grand bonnet, une tunique ouverte au genou et un pantalon bouffant), sacrifiant de la main droite devant un autel enflammé et la main gauche sur la hanche (tenant un sceptre? Le manteau? Sur le pommeau d’une épée?); dans le champs de chaque côté on retrouve un trident-hache à gauche et, à droite, une massue et un tamga (monogramme dynastique). L’inscription en grec bactrien (difficilement lisible) serait ΒΑϹΙΛΕΥϹ BACIΛEWN CWTHP MEΓAC ΟΟΗΜΟ ΚΑΔΦΙϹΗϹ (Basileus Basileuon Soter Megas Ooemo Kadphises / “Roi des rois Vima Kadphises le grand sauveur”). Le revers illustre Shiva (Oesho ?) drapé, debout de face et tenant un trident de la main droite, le bras gauche reposant sur la bosse du taureau Nandi derrière lui, à droite. Dans le champs, à gauche, il y a le symbole bouddhiste du Triratna ou un symbole Nandipada. L’inscription en scripte gāndhārī (illisible ici) reprendrait plus ou moins la titulature de l’avers: MAHARAJASA RAJADIRAJASA SARVALOGA ISVARASA MAHISVARASA VIMA KATHPHISASA TRADARA (Le grand roi, roi des rois, seigneur du monde, le Mahisvara (seigneur de la terre), Vima Kathphisa, le défenseur). Selon le poids de la pièce, elle aurait été frappé à Begram. C’est une intéressante pièce bilingue. Références: Wikipedia (FR/EN), Gardner #12-14 (pp.126-27), FAC.  Voir aussi ma fiche.

Vima Kadphisès (aussi appelé Kadphisès II ou Οοημο Καδφισης en grec bactrien) était le petit-fils de Kujula Kadphisès (30-80), le fils de Vima Takto (80-90) et le père de Kanishka (100/120-140/150). Il a mis en place une réforme monétaire basée sur le bimétallisme or / bronze (quoique, compte tenu de la couleur des pièces, le bronze devait contenir un très fort pourcentage de cuivre). Les pièces de bronze ont été frappées par millions et, comme les pièces d’or romaines et kouchanes ont le même poids (8 g), la très grande quantité de pièces d’or romaines résultant du commerce lucratif avec l’Occident était probablement fondue et refrappée à l’effigie du roi Kouchan. 

Huvishka (140/50-180/190 EC)

Cet assez beau tetradrachme (G [good], Cu [cuivre] / Ae [bronze] ?, 22 x 23 mm, 8.076 g, aux bords rognés possiblement pour se conformer à une réforme monétaire ultérieure) est une pièce de Huvishka. L’avers représente le roi (auréolé?) assis sur un éléphant à droite, tenant un ankuśa (aiguillon d’éléphant) et un sceptre avec l’inscription en grec bactrien (ici illisible) þAO þAONANO OOþKO KOþANO (Shao shaonano Ooishki Koshano / “Roi des rois, Huvishka le Kushan”). Le revers illustre Shiva (Oesho) nu, debout de face, avec seulement deux bras, tenant un trident (ou une lance?) dans la main droite et un autre object dans la gauche (selon les sources ce serait un flacon ou un vase (ou gourdin) avec une peau de lion (ou de cerf) — on retrouve un type similaire sur une pièce d’or de Vima Kadphisès en très bonne condition [troisième et quatrième illustrations]). Dans le champs on retrouve un tamgha (monogramme dynastique) à gauche et un symbol Nandipada à droite avec l’inscription en grec bactrien OKþO (Oesho). Considérant son poids, cette pièce aurait possiblement été frappé dans les ateliers du Gandhara.  Références: Wikipedia (FR/EN), Gardner #160 (p. 155), vcoins, vcoins, vcoins, FAC, CoinIndia, CoinArchives, A rough guide to Kushan history: The Devaluation of Huvishka’s Coinage [illustration de l’avers]. Voir aussi ma fiche.

Cet assez beau tetradrachme (G [good], Cu [cuivre] / Ae [bronze] ?, 22 x 25 mm, 16.023 g, aux bords rognés possiblement pour se conformer à une réforme monétaire ultérieure) est une autre pièce de Huvishka (illustré ici dans une intéressante posture — cette position, dites “du prince”, se retrouve plus tard dans l’art Indo-Oriental). L’avers représente le roi à demi-allongé sur un canapé ou un trône, le corps entier auréolé, la jambe gauche pendante, avec l’inscription en grec bactrien (ici illisible) þAO þAONANO OOþKO KOþANO (Shao shaonano Ooishki Koshano / “Roi des rois, Huvishka le Kushan”). Le revers illustre la divinité lunaire Mao, debout à gauche, avec des croissants lunaires sur les épaules, tenant la main droite en bénédiction et tenant le pommeau de son épée avec la main gauche. Dans le champs on retrouve à gauche un tamgha (monogramme dynastique) et à droite l’inscription en grec bactrien MAO. Considérant le poids de la pièce, elle aurait été frappé à Begram.  Références: Wikipedia (FR/EN), Gardner #176 (p. 157), vcoins, vcoins, vcoins, CoinIndia, A rough guide to Kushan history: The Devaluation of Huvishka’s Coinage [illustration du type]. Voir aussi ma fiche.

Huvishka (Οοηϸκι / “Ooishki” en grec Bactrien) était le fils et le successeur de Kanishka (lui même fils de Vima Kadphisès), qui par ses conquêtes contribua à l’expansion de l’Empire Kouchan. Son règne fut relativement paisible, consistant surtout en une période de consolidation qui formera l’âge d’or de l’Empire. Il vénérait le culte de Shiva mais aurait aussi adopté le bouddhisme mahāyāna. C’est sous son règne que l’on a frappé la plus grande quantité de pièces d’or (presqu’autant que tout les autres monarques combinés) avec une grande variété de types. Toutefois, pour les pièces de bronze, on retrouve que trois types d’avers (le roi assis sur un éléphant, ou allongé sur un canapé (ou trône), ou assis les jambes croisées sur un coussin) conjugés avec une dizaine de types de revers illustrant une divinité debout (Ardoksha, Athsho, Herakles, Mao, Miiro [Mithra], Nana, Oedo, Oesho [Shiva] et Pharro), flanquée d’un symbole dynastique à gauche et du nom de la divinité à droite. On constate également le début d’une influence persane puisque le titre de roi n’est plus ΒΑΣΙΛΕΥΣ (basileus en grec) mais þAO (shah).

Ces pièces nous ouvrent une porte sur tout un autre monde, une riche civilisation. Je dois toutefois avouer que cet aparté sur les royaumes environnants de l’Empire Romain a été particulièrement difficile à rechercher et à écrire. La semaine prochaine, je continue dans ma zone de confort avec un retour sur la dynastie des Julio-Claudiens.

Sources: Wikipedia [Empire Kushan (FR/EN), peuple Kushan, art Kushan (FR/EN), Kushan coinage, Vima Kadphises (FR/EN), Huvishka (FR/EN)],  Google, vcoins, coinweek, CoinArchives, FAC, FAC, Coin Galleries: Huvishka, Coin Galleries: Vima Kadphises, Columbia, Coins of Kushana dynasties (Google: Indian Coins & History), The Crowns on Kanishka’s Bronze Coins, Kushan History, Beast Coins, Encyclopaedia Iranica (Kushan dynasty, Coinage, Huviska), A rough guide to Kushan history, Met Museum of Art.

Bibliographie:

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Centaurea

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0961Les Centaurées (aussi appelé en anglais knapweeds, basketflowers ou Cornflower) sont un genre de plantes herbacées à fleurs (Magnoliophyta ou Angiospermae), de l’ordre des Asterales, de la famille des Asteraceae (aussi appelé les “composées” car leur inflorescence est formé d’un capitule composé de nombreuses fleurs minuscules) et de la sous-famille des Carduoideae. Ce genre comprend plus de cinq cents espèces, la plupart similaires aux chardons et cirses mais avec des feuilles non épineuses. Le nom est inspiré de la mythologie grecque et fait référence à une anecdote où le centaure Chiron se serait soigné avec cette plante médicinale alors qu’Heracles l’aurait blessé d’une de ses flèches. Les centaurées sont très nectarifère et attirent donc beaucoup les insectes, comme les papillons, et les larves de nombreuses espèces de lépidoptères s’en nourrissent. En plus de son usage mellifère et pollenisateur, les agriculteurs s’en servent parfois pour former des bandes à coléoptères afin d’attirer des insectes nuisibles loin des cultures. C’est une plante adventice robuste. Certaines espèces sont toxiques (notamment pour les chevaux) d’autres ont des propriétés médicinales (antioxydant) ou culinaire (bouilli ou pour donner de la saveur à des liqueurs), mais elles sont principalement utilisées comme plantes ornementales. Elles sont caractérisées par leurs fleurs violettes rosées à franges enroulées, auxquels les pétales déchiquetées donnent une apparence de chardon. Dans ce cas-ci, le nom précis de l’espèce n’est pas mentionné mais, selon diverses sources, le cultivar ‘Caramia’ appartiendrait soit à la Centaurea polyphylla, à la Centaurea polycephala ou encore à la Centaurea montana (Centaurée des montagnes ou Mountain Coneflower en anglais). Sources: Wikipedia [FR / EN], divers sites horticoles (dont Jardins Michel Corbeil).

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Monnaies anciennes 23

Les Royaumes Environnants 1

L’Empire Romain a accompli son expansion au détriment de peuples dit “barbares” (aux yeux de Romains) qui ont été soit conquis, soit repoussés. Lorsque l’Empire a atteint son expansion maximale il lui a fallut de constantes campagnes militaires pour maintenir ses frontières. Les trois principaux fronts ont été la Bretagne (contre les Pictes), le nord de l’Europe (les provinces de Germanie Inférieure et Supérieure, Rhétie, Norique, Pannonie, Dacie & Mésie où les Romains affrontent une grande variété de tribus germaniques telles les Marcomans, les Quades, les Sarmates, les Alamands, etc.) et le front orientale (principalement contre les Parthes). Avec le temps les frontières se sont plus ou moins stabilisées autour de lignes de fortifications (comme les murs d’Hadrien et d’Antonin en Bretagne) ou des barrières naturelles (comme le fleuve Danube ou le Rhin en Germanie). Et même malgré cela l’Empire a subit un assaut constant de populations qui désiraient reconquérir les territoires perdus ou simplement participer aux richesses de l’Empire. Au IIIe siècle, les frontières sont devenu peu à peu poreuses, permettant à une certaines quantités de migrants de s’assimiler, puis, aux Ve et VIe siècles, elles ont complètement cédé pour permettre à des peuples “barbares” (Goths, Vandales, Huns, Wisigoths, Ostrogoths, Francs, Lombards, etc.) d’envahir et d’occuper l’Empire d’Occident.

La plupart de ces peuples possédaient une civilisation relativement frustre et n’avaient ni écriture, ni système monétaire. Ce n’était toutefois pas le cas des royaumes orientaux, comme les Parthes, qui possédaient déjà une civilisation assez sophistiquée et qui avaient largement bénéficier de l’influence hellénistique suite aux conquêtes d’Alexandre. Je voudrais donc m’attarder un instant sur quelques uns de ces royaumes environnants qui ont été tout à la fois ennemis et partenaires commerciaux de l’Empire.

Empire Parthe 

D’abord, une brève histoire de l’Empire Parthe. Il aurait prit naissance vers 247 AEC lorsque Arsace Ier, le chef des Parni (une tribu scythe d’Asie Centrale [Indo-Européennes], établie entre la mer Caspienne et la mer d’Aral), décide d’agrandir son territoire. Il conquiert d’abord, vers 238 AEC, la province Parthe (Parthie) que le satrape Andragoras venait de déclarer indépendante de l’Empire séleucide et il fonde la dynastie des Arsacides. Profitant de la secession du Royaume gréco-bactrien et du fait que l’Empire séleucide est au prise successivement avec l’Égypte ptolémaïque et la République romaine, l’Empire Parthe, sous Mithridate Ier (171-135 AEC), conquiert éventuellement l’Hyrcanie, la Médie, la Mésopotamie, l’Élymaïde, la Characène et l’Arménie, pour s’étendre de l’est de l’Indus jusqu’à la Syrie. Au travers de nombreux conflits (dont la guerre parthique de Lucius Verus que j’ai déjà mentionné), les empires Parthe et Romain se disputent l’Arménie, la Mésopotamie et l’est de la Syrie. Affaiblie par ses guerres avec Rome et de nombreux conflits internes, l’Empire Parthe est remplacé par celui des Sassanide en 224 EC. Riche d’un mélange de culture hellénistique, iranienne et arménienne, l’Empire Parthe s’est imposé — grâce à la route de la soie — comme une plaque tournante du commerce entre Rome et la Chine des Han. 

Vologese III (110-147)

Mon intérêt pour les pièces de monnaies Parthes m’est venu de mes recherches sur Lucius Verus et le fait qu’il ait mené campagne contre les Parthes en 161-166. J’aurais aimé mettre la main sur une pièce du roi Parthe de cette époque (Vologèse IV, 147-191) mais il semble que la pièce que j’ai acquise en est plutôt une de son prédécesseur, Vologese III (110-147). Fils de Pacorus II, son règne est caractérisé par une série de conflits où il doit d’abord affronter l’usurpateur Osroes Ier puis, après que ce dernier ait violé le traité de Rhandeia avec les Romains, il doit combattre les troupes de Trajan qui envahissent son territoire en représailles. Il doit également répondre à l’expansion de l’Empire Kushan à l’est et à une invasion des Alains au nord. Vologèse IV, fils de l’usurpateur Mithridate V, lui succède en 147.

IMG_8254-8255Ce très très beau drachme (VF [very fine], AR [argent], 18.0 x 18.5 mm, 3.330 g, payé $85 le 1985/05/03) nous offre un avers qui ne comporte aucune inscription mais simplement une représentation du monarque (si je me fie aux détails de l’apparence, qui correspond au type 78 [variante 78.3b] de la classification de Sellwood, ce serait vraisemblablement un portrait de Vologese III — quoique dans certains textes il peut y avoir une possible confusion entre Vologèse III (105-147, qui fut anciennement numéroté II) et Vologèse IV (147-191, qui fut anciennement numéroté III)). Il s’agit d’un buste, regardant à gauche, coiffé d’une tiare carrée (faite de quatre lignes horizontales, surmonté de neuf pointes), avec une longue barbe pointue (composée de six lignes), une coiffure composée de trois niveaux de vagues de cheveux (quatre lignes et deux fois cinq lignes), portant un diadème (avec une boucle double en haut et trois extrémités pendantes), une boucle d’oreille, et un collier (fait de 3 lignes à peine visibles). Le portrait est entouré d’une bordure de points (absente pour la moitié inférieure).  

Le revers est plus compliqué et est typique du début du IIe siècle. Il représente un archer assis à droite sur un trône (mais qui n’est pas illustré) tenant un arc, entouré d’une légende grecque maladroite (composée de sept lignes de texte: deux en haut [une partiellement visible], deux en bas et à gauche [une invisible], et une à droite). Sous le siège de l’archer, il y a un +, et sous l’arc on retrouve un monogramme (numéro 26 selon la classification de Babelon?) qui indique que la pièce a été frappée à l’atelier d’Ecbatane. L’inscription, qui serait commune aux pièces de Vologèse II (78-80), III (110-147) et IV (147-191), se lit ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΒΑΣΙΛΕΩΝ / ΑΡΣΑΚΟΥ ΟΛΑΓΑΣΟΥ / ΔΙΚΑΙΟΥ / ΕΠΙΦΑΝΟΥΣ ΦΙΛΕΛΛΗΝΟΣ (BASILEOS BASILEON ARSAKOU [W]OLAGASOU DIKAIOU EPIFANOUS FILELLINOS) et se traduirait “Roi des rois Arsace, [V]ologèse [Walagaš], juste, glorieux, philhellène [Ami des Grecs]”. 

Aucun élément ne nous permet de dater la pièce avec plus de précision que les dates du règne de Vologèse III (110 à 147 EC) et encore, la confusion sur le nom de celui-ci (Vologèse II? III? IV?) ou même sur la date du règne (soit 110-147 ou 147-191), rends cette identification incertaine. Toutefois, nous sommes sûr qu’il s’agit d’une pièce du IIe siècle.

C’est intéressant comment une simple pièce de monnaie peut nous amenez à découvrir toute une civilisation ancienne.

Sources: Wikipedia [Empire Parthe, Monnaie Parthe, Vologèse FR / EN; note: il y a une différence importante entre les deux versions!], Google, Sear GIC 5830/31; BMC 23.186,66/72, BMC 23.217,1; Sellwood 78; MA-Shop, MA-Shop, CoinArchives, CoinsHome, Parthika, Parthika (Types S.73 à 81), FAC (Parthia, Parthian Coins, Doug Smith’s Parthian Silver Drachms), Parthia (Parthian Coins, Identification, Monograms, Inscriptions, Vologases III). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

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Images du mer-fleuri [002.021.027]

Zinnia marylandica

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0933Le Zinnia du Maryland est une espèce de plante herbacée à fleurs de la classe des Magnoliopsida, de l’ordre des Asterales, de la famille des Asteraceae, de la tribu des Heliantheae (comme les tournesols) et du genre Zinnia (qui regroupe une vingtaine d’espèces qui ont été développées en une centaine de cultivars). Dans ce cas-ci il s’agit du cultivar “Double Zahara Raspberry Ripple”. Les zinnias sont des annuelles caractérisées par leurs feuilles lancéolées et des fleurs à gros capitules qui attirent beaucoup les papillons. C’est une fleur décorative très appréciée à cause de sa grande variété de couleurs et de formes. (Source: Wikipedia [FR/EN], divers sites d’Horticulture)

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Monnaies anciennes 22

Les femmes romaines (6)

Theodora

J’ai plusieurs pièces byzantines, généralement en piètre état, et celle-ci est donc probablement l’une des rares dont je vais vous parler. Considérant l’état de la pièce, son identification est incertaine. Quoi qu’il en soit c’est une occasion pour moi de parler d’une femme qui n’a pas seulement été l’épouse d’un empereur mais qui a véritablement régner sur Constantinople. 

Bien sûr, lorsque l’on parle de l’impératrice Theodora, il faut faire attention de ne pas la confondre avec la demi-douzaine d’impératrices byzantines qui ont porté le même nom, dont la plus célèbre est sans aucun doute l’épouse et co-imperatrice de Justinien (527-548) — mais il y a aussi, entre autres, l’épouse de Constance 1er (293-306) et l’épouse de Théophile (830-842). Dans ce cas-ci il s’agirait d’une pièce de l’impératrice Théodora Porphyrogénète, qui fut la dernière descendante de la dynastie macédonienne à régner sur le trône de Constantinople.

Theodora III Porphyrogenita (Θεοδώρα Πορφυρογενίτη) est la plus jeune des trois filles de l’empereur Constantin VIII: Eudoxie (qui prend le voile jeune après avoir souffert de la petite vérole), Zoé (née vers 978) et Théodora (née vers 980). Pour assurer sa succession, son père marie d’abord Zoé à un vieux sénateur, Romain III Argyre, avec qui elle est co-impératrice de novembre 1028 à avril 1034. Zoé, jalouse de sa soeur Théodora (qui était, dit-on, plus belle et plus intelligente), l’accuse de comploter contre elle et l’exile au monastère de Petrion. À la mort de son époux, Zoé se remarie à Michel IV (avec qui elle continue de régner de avril 1034 à décembre 1041). Lorsque celui-ci décède à son tour, elle adopte son neveu, Michel V (décembre 1041 à avril 1042), mais celui-ci l’exile pour prendre le pouvoir seul. Toutefois, une révolte populaire le force à fuir et le peuple réclame le retour de Théodora pour qu’elle partage le pouvoir avec Zoé. La bonne entente ne durera cependant que trois mois. Zoé se marie pour une troisième fois à Constantin IX, avec qui les deux soeurs partagent le pouvoir de juin 1042 à juin 1050. 

À la mort de Zoé, Théodora retourne au couvent et Constantin IX règne seul jusqu’à sa mort en janvier 1055. Théodora revient alors à Constantinople où elle peut enfin régner sans avoir à partager le trône. Elle tient les rênes du pouvoir d’une main ferme: elle préside le sénat, fait une purge parmi les hauts fonctionnaires et le commandement militaire (les remplaçant par ses propres eunuques), contrôle les excès des nobles et s’ingère même dans le choix des évêques — ce qui lui attire de nombreux ennemis. Ne s’étant jamais marié, elle n’a aucun successeur désigné lorsqu’elle meure de troubles intestinaux (possiblement d’une appendicite) en août 1056, à l’âge de soixante-seize ans. Ses conseillers mettent sur le trône Michel VI, un vieux fonctionnaire et ancien ministre des finances militaires. Après un bref règne et des troubles civils, Isaac Ier prends le pouvoir, signalant le début de la dynastie des Comnène. Théodora aura été une impératrice intelligente et forte dont le règne tumultueux a malheureusement eut des répercussions néfastes, puisque sa politique étrangère causa non seulement le schisme de 1054 mais aussi créa des tensions avec le Califat fatimide qui bloqua alors l’accès des pèlerins aux Saint-Sépulcre.

IMG_8739-8744L’aspect caractéristique et aisément reconnaissable de ce nummus (aussi appelé follis) de qualité plutôt passable (Fair, Ae, 30 x 32 mm, 9.164 g, payé environ $5 le 1985/01/06, flan mince et possiblement refrappé) c’est son revers qui nous offre l’inscription IC-XC / NI-KA divisée par les quatre angles d’une croix ornée de bijoux (ou du moins c’est ce que suggère le motif granulé). Sur l’avers aucune inscription n’est visible mais on y retrouve une figure du Christ, dont on voit le trois-quart du corps, debout de face, la main droite levée en une bénédiction, et la main gauche tenant les Évangiles. Si l’on consulte le Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the British Museum (IBC) les seules pièces similaires sont attribuées à Théodora et datées entre le 11 janvier 1055 et le 31 août 1056.

Dans la description de l’avers, le IBC (vol. 2, # 6 à 16, pp. 507-508) ajoute qu’il y a une auréole derrière la tête du Christ (qui forme une croix avec des points), qu’il porte une tunique et un manteau, que les Évangiles sont aussi décorés de points et qu’il y a une inscription: +EMMA NOVHL (translitération grecque de l’hébreux Emmanuel [עמנואל / Εμμανουήλ] qui signifit “Dieu [est] avec nous”) avec IC – XC dans le champs de part et d’autre. Ce Chrisme (ou Christogramme) est le même que l’on retrouve sur le revers et constitue un monogramme formé des première lettres grecques du nom du Christ (IC = ΙΗϹΟΥϹ / IESOYS / Jesus et XC = ΧΡΙϹΤΟϹ / KRISTOS / Christ). Sur le revers, il s’y ajoute le mot Nika pour former l’inscription “Jésus-Christ est victorieux”.

Étrangement, la plupart des sources sur l’internet (voir plus bas) semblent attribuer ce type de revers à Michel IV (ce qui est à peu près de la même époque que Theodora, en fait quelques années plus tôt, soit 1034-1041). Pourtant, les pièces de cette époque comportent surtout des avers montrant juste le torse du Christ (la moitié du corps) et des revers avec beaucoup plus de texte (du genre “IS-XS / BASILE / BASILE” ou “+INSYS / XRISTYS / BASILEY / BASILE”, ce qui veut dire à peu près “Jésus Christ Roi des rois” — voir IBC v.2, pl. LVIII pour exemples). Il y aurait-il eut de nouvelles découvertes depuis la parution du IBC au début du siècle dernier? C’est possible. Toutefois, le IBC mentionne que plusieurs de ces pièces sont refrappées (overstruck) sur des pièces plus anciennes, ce qui pourrait expliquer la confusion… Quoiqu’il en soit, il serait sans doute plus sage de considérer cette pièce comme anonyme…

Sources: Wikipedia, Google, IBC v.2: 6-16, FAC (Byzantine Coins of the Macedonian Dynasty), CoinArchives, CoinArchives, CoinArchives, acsearch, Numista, CoinTalk. Voir aussi ma fiche.

Ceci conclu cette sous-série de billets sur les femmes vue à travers mes monnaies romaines. Évidemment, la vie d’une impératrice devait être bien différente de la vie d’une femme ordinaire romaine. Comme la société romaine est de nature patriarcale, on s’attendrait à ce que la femme n’y ait aucun pouvoir. En effet, par la loi, elle est toujours dépendante soit de son père, soit de son époux, et son rôle est surtout de gérer le domaine familiale (l’entretient, l’approvisionnement, les esclaves, etc.), de tisser et d’avoir des enfants. Toutefois, la matrone romaine était tout de même assez libre. Elle pouvait témoigner devant un tribunal, recevoir un héritage, posséder et gérer une entreprise, divorcer, confier ses enfants à des nourrices et éducateurs, s’adonner à de nombreux loisirs (aller aux thermes, flâner sur le forum, participer à des débats, aller au théâtre, assister aux jeux du cirque ou à des courses de chars), etc. Et, si elle ne pouvait pas occuper de fonctions politiques ou militaires, elle pouvait exercer une grande influence et même participer à des conspirations! Rome avait même une journée consacré aux matrones, les Matronalia, qui était célébré au printemps (aux Calendes de mars [1er du mois], car c’est le mois de la fertilité). Ce serait d’ailleurs l’origine de la fête des mères (maintenant généralement fêté en mai). 

Sources: Wikipedia [FR / EN], Google, National Géographic, Revue des Deux Mondes.

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Images du mer-fleuri [002.021.020]

Anchusa officinalis

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0907La Buglosse officinale (aussi appelé common bugloss ou alkanet en anglais) est une espèce de plante herbacée à fleurs de la classe des Magnoliopsida (sous-classe des Asteridae), de l’ordre des Lamiales, de la famille des Boraginaceae, et du genre Anchusa (qui regroupe environ trente-cinq espèces de Buglosses). Le nom Buglosse vient du grec (βούγλωσσον / Bouglosson / “langue de boeuf”) et fait référence à la forme de ses feuilles. Elle est caractérisée par ses fleurs bleue saphir, composées de cinq sépales et de cinq pétales, qui sont groupées en plusieurs cymes axillaires radialement symétriques. Elle est utilisée dans les jardins de rocaille. C’est également une plante mellifère qui produit beaucoup de nectar (dans le top dix des plantes les plus productives, selon des données du Royaume Unis) et attire donc les pollinisateurs (oiseaux et insectes). (Source: Wikipedia)

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Monnaies anciennes 21

Les femmes romaines (5)

Salonina

Salonina, dont j’ai trois antoniniani, était l’épouse de Gallienus, empereur romain du IIIe siècle qui a régné durant la période dite des “trente tyrans”, entre octobre 253 et septembre 268 EC. À la mort de son père et coempereur, Valérianus, aux mains des Perses, il devient seul empereur en 260 EC. Il hérite d’un empire assaillit de tout côtés par des envahisseurs (Perses et Alamands) mais surtout divisé par des rébellions et de nombreuses tentatives d’usurpations — principalement par Postume, qui créa l’Empire des Gaules au nord-ouest, et Odénat, qui fonda avec son épouse Zénobie le Royaume de Palmyre en Orient. Ce qui rend Gallienus intéressant c’est qu’il a été un empereur hellénisant et humaniste, adepte du néoplatonisme et tolérant envers le christianisme — ce qui a facilité son avancement. Il a également fait des réformes militaires où le commandement des armées a été confié à des Magister equitum, des officiers expérimentés d’origine illyrienne ou pannonienne. Il a été assassiné alors qu’il affrontait l’usurpateur Auréolus à  Mediolanum en septembre 268. Claudius Gothicus, l’un de ses maîtres de cavalerie illyriens, lui succède pour mettre fin à l’anarchie militaire — débutant ainsi l’époque des empereurs illyriens. J’ai de nombreuses pièces de monnaies de Gallienus, Postumus ainsi que de Claudius Gothicus et ses successeurs, alors j’y reviendrai bientôt. 

D’origine Bithynienne (selon l’Historia Augusta), Julia Cornelia Salonina épouse probablement Gallienus en 243 et est faite Augusta au début du règne de son beau-père, Valerianus, en 253. L’Histoire (par les monnaies et les inscriptions lapidaires) ne retient le nom que de seulement deux de ses enfants, Valerianus II et Saloninus (qui ont été associé au pouvoir mais sont mort jeunes), toutefois des allusions à sa grande fécondité et des monnaies illustrants plusieurs jeunes enfants semblent indiquer une plus large progéniture. Aucune source ne mentionne d’anecdote négative à son égard et elle semble avoir été aimé du peuple (comme l’indique une inscription sur un arc dédié à Gallien à Rome, la qualifiant de “très sainte Augusta Salonina”, SALONINAE SANCTISSIMAE AVG); elle aurait été une bonne épouse, très proche de Gallienus (des monnaies font l’éloge de la “concorde des augustes”, CONCORDIA AVGVSTORVM), participant même au pouvoir (puisque près de 10% du monnayage du règne lui fut consacré). Elle aurait visité les thermes de Berthemont-les-Bains, dans les Alpes-Maritimes, pour s’y soigner en 261 (cet événement est illustré dans la bande dessinée Ad Roman que j’ai récemment commenté) et y aurait professé la liberté de culte, se montrant particulièrement clémente envers les Chrétiens. Elle a probablement été exécuté avec l’entourage de Gallienus, après le décès de ce dernier en 268, dans une purge ordonnée par le sénat.

IMG_8753-8757Ce beau antoninianus (VG/G, billon/Ae, 19 mm, 1.740 g, payé $US 5.00 le 1985/04/14, caractérisé par des taches vertes d’oxyde de cuivre) nous offre sur l’avers un buste de Salonina, drapé et diadémé à droite, reposant sur un croissant, avec l’inscription SALONINA AVG[VSTA]. Le revers nous présente une Pietas debout à gauche, la main droite levée et tenant une boite à parfums dans la main gauche, avec l’inscription PIETAS AVG[VSTI] (“piété de l’auguste”) — aucune marque d’officine (lettre “P” pour Rome ou lettre “P” à d. avec “II” à g. pour Siscia) ne peut être distingué dans le champs droit ou gauche (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas). Le type du revers représente la piété et la dévotion de l’impératrice envers les dieux et sa famille. Rien ne permet de dater précisément cette pièce (c. 260-268). 

Sources: Wikipedia, RIC 5a: 22 (p. 193), Sear RCV (1983): 2942, C 77, vcoins, Wildwind (text, image), numismatics, Gallienus & family, ERIC, FAC (Salonina, Pietas). Voir aussi ma fiche.

IMG_8760-8764Cet assez beau antoninianus (G/P, billon/Ae, 20 mm, 2.781 g, payé $US 5.00 le 1985/04/14, flanc vaguement triangulaire du à l’usure, traces d’oxyde de cuivre) nous offre sur l’avers un buste de Salonina, drapé et diadémé à droite, reposant sur un croissant, avec l’inscription SALONINA AVG[VSTA]. Le revers nous présente l’empereur (Valerianus ou Gallienus), à gauche, recevant une victoire de Rome, à droite, assise vers la gauche, une couronne (ou étoile?) dans le champs au-dessus, avec l’inscription ROMAE AETERNAE (Rome éternelle”). Il existe plusieurs variantes de cette pièce frappée en Asie (soit à Antioche ou à Samosate) durant le règne conjoint de Valerianus et Gallienus (253-260). Le revers commémore sans doute une victoire militaire, probablement contre les Perses Sassanides de Shapur Ier (puisque la pièce a été frappée en Asie). Certaines sources (dont le RIC) la date de 255-56 et d’autre de 258-60 (selon la variante). 

Sources: Wikipedia, RIC 5a: 67 (p. 115), C 103, vcoins, CoinArchives, numiscmatics, ma-shops, Wildwinds (text, image), Wildwinds (text, image), acsearch, acsearch, acsearch,  ERIC, FAC (Salonina, Romae Aeternae). Voir aussi ma fiche.

IMG_8765-8768Cet antoninianus dans un état passable (G/Fair, Ae argenturé, 19 mm, 1.961 g, payé $US 15.00 le 1985/04/14, caractérisée par une couleur grisâtre et un aspect rugueux) nous offre sur l’avers un buste de Salonina, drapé et diadémé à droite, reposant sur un croissant, avec l’inscription SALONINA AVG[VSTA]. Le revers nous présente une Vénus debout à gauche, tenant un casque (ou une pomme?) dans la main droite, un long sceptre dans la main gauche et avec un bouclier à ses pieds. L’inscription est VENVS VICTRIX (“Vénus victorieuse”). Aucune marque d’officine (comme la lettre “H” ou les chiffres “IV” ou ”VI”) ne peut être distingué dans le champs droit (le RIC indique bien une variante sans marque). Le type du revers fait référence à la légende du jugement de Pâris et de la fameuse “pomme de la discorde” et est sans doute une allusion à la beauté de Salonina. Il existe plusieurs variantes de cette pièce frappée à Rome et rien ne permet de la dater précisément, mais le RIC l’indique comme une pièce frappée sous le règne seul de Gallienus (c. 260-268). 

Toutefois, l’instabilité politique et le coût économique des constantes campagnes militaires ayant amené une importante dévaluation monétaire, les dénominations traditionnelles du IIe siècle disparaissent complètement et les antoniniani, d’abord frappé en billon (avec à peine 10% d’argent) au début du règne de Gallienus, ne sont plus à la fin de son règne que des pièces de cuivre argenturées (trempées dans l’argent ou plaquées). L’état de cette pièce (où le noyau de cuivre apparait sous l’argenture) semble indiquer une période tardive du règne de Gallienus (c. 267-68).

Sources: Wikipedia, RIC 5a: 31 (p. 194), Sear RCV (1983): 2947, C 129, vcoins, Wildwinds (text, image), Wildwinds (text, image), Numista, Numista, numismatics, Gallienus & family, ERIC, FAC (Salonina, VENVS VICTRIX, billon). Voir aussi ma fiche.

Ces trois pièces de monnaie, à travers Salonina, représentent bien l’image de la femme romaine éclairée et forte.

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Images du mer-fleuri [002.021.013]

Malva sylvestris

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0904La Grande mauve ou Mauve sylvestre (aussi appelé “common mallow” ou “tall mallow” en anglais) est une espèce de plante herbacée à fleurs bisannuelles de l’ordre des Malvales, de la famille des Malvaceae et du genre Malva. Je l’ai déjà illustré par le passé mais sans donner de détails. C’est une plante vivace comestible qui peut être consommée crue en salade ou cuite en soupe et comme légume. C’est également une plante médicinale dont les propriétés anti-inflammatoires peuvent soulager la peau et les muqueuses irritées (pulmonaires, de la gorge, utérines, de la vessie, gastro-intestinales, etc.). Toutefois ces propriétés proviennent du mucilage qui est encore plus prononcé chez sa cousine Althaea officinalis (la Guimauve officinale ou marsh-mallow en anglais — dont la racine a servit originellement a confectionner la confiserie du même nom, qui est maintenant produite avec du sucre, du blanc d’oeufs et de la gélatine). On l’apprécie surtout comme plante ornementale, caractérisée par ses fleurs voyantes d’un mauve-violet vif, avec des veines plus sombres, et sa nature vigoureuse qui fait qu’elle pousse librement dans les prairies, les haies et les champs en jachère. (Source: Wikipedia)

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