Monnaies anciennes 45

Les empereurs Illyriens (3)

Aurelianus (270-275 EC)

Lucius Domitius Aurelianus est né le 9 septembre 214 (ou 215) à Sirmium en Pannonie (anciennement l’Illyrie). D’origine humble, il a fait une brillante carrière militaire: il commande d’abord une troupe d’auxiliaires, puis sous le règne de Gallienus il combat les Goths à la bataille de Naissus sous le commandement de Claudius, et sous le règne de ce dernier il est promu commandant de la cavalerie d’élite Dalamatienne (equites Dalmatae) puis Maître de cavalerie (magister equitum). Il vainc les Alamani à la bataille du lac Benacus, puis repousse une autre invasions dans les Balkans. À la mort de Claudius en janvier 270, son frère Quintillus est nommé empereur par le sénat mais en mai les légions acclament plutôt empereur leur général, Aurelianus. 

Il semble que dès le début de son règne Aurelianus s’est donné pour objectif de restaurer la grandeur de l’Empire. En 270-71, il écrase rapidement les nombreux usurpateurs qui contestent son pouvoir, puis repousse les envahisseurs germains du nord de l’Italie (bataille de Fanum Fortunae) et des Balkans — recevant ainsi les titres de Germanicus et Gothicus Maximus. Il abandonne la province de Dacie, qui est trop difficile à défendre, et relocalise les populations en Mésie. Aussi, sachant maintenant Rome vulnérable, il fait entourer la ville d’une fortification. Après avoir consolidé sa position, la priorité suivante est de réunifier l’Empire qui s’était scindé en trois à la suite d’une série de crises internes et d’invasions qui se succédèrent après la mort de Severus Alexander, entre 235 et 268. En 272, il s’attaque d’abord à reconquérir l’Empire palmyrénien. Après avoir défait la reine Zenobia et son fils Wahballat, acquérant le titre de Restitutor Orientis, Aurelianus se tourne vers l’ouest en 273 pour reconquérir l’Empire des Gaules alors sous l’autorité de Tetricus qu’il capture à la bataille de Châlons au printemps 274. Il recevra un triomphe à Rome (où il parade les captifs qu’il a gracié: Zenobia, Tetricus et leurs fils respectifs) ainsi que le titre de Restitutor Orbis (“Restaurateur du monde”).

Aurelianus savait bien qu’il aurait été inutile de rapiécer l’Empire si il ne corrigeait pas les causes même de la crise. Il entreprit donc une série de réformes administratives, religieuses et économiques: il a fait reconstruire des infrastructures vétustes, donne un rôle officiel au culte solaire de Sol Invictus (initiant une tendance vers le syncrétisme monothéiste), améliore la distribution alimentaire, organise les corporations de métiers, fixe le prix des denrées essentielles, combat la corruption des fonctionnaires et dans les ateliers monétaires, mais surtout établit une réforme monétaire en créant l’aurelianus, une pièce de bronze argenté ou de billon avec un meilleur aloi que l’antoninianus (5% d’argent) — réforme rendu possible par l’apport de métaux précieux généré par sa campagne en Orient et la reconquête des mines d’Hispanie et de Bretagne. Il aurait probablement accompli encore plus s’il n’avait été assassiné par des officiers qui craignaient la sévérité de sa discipline alors qu’il se rendait en Orient pour faire une nouvelle campagne militaire contre les Perses. Il meurt à Caenophrurium (en Thrace) en septembre 275. Il semble que son épouse, Ulpia Severina, assura l’interrègne pendant quelques mois en attendant que le sénat nomme Tacitus comme successeur.

J’ai trois pièces de monnaie d’Aurelianus.

IMG_0090-0097La première de ces pièces est un très très beau antoninianus (VF [Very Fine], AE / BI [Bronze / Billon]?, 20 x 21.5 mm, 2.055 g, payé environ $5 le 1985/04/14, patine brunâtre avec de légers dépôts de vert-de-gris et le flan est brisé en deux parties [17 x 20 mm et 4.5 x 14 mm]; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste de l’empereur radié et cuirassé à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] AVRELIANVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une femme (Oriens? Pax?) drapée, debout à droite, présentant une couronne de laurier de la main droite à l’empereur lauré, en habit militaire, debout à gauche, tendant la main droite et tenant une lance (hasta) de la main gauche, avec l’inscription latine RESTITVT[OR] ORIE-NTIS (“Restaurateur de l’Orient”) avec un P en exergue (marque de la 1ère officine [Primus / Premier] de l’atelier de Mediolanum — j’avoue qu’elle est à peine visible et que ce pourrait être aussi bien un S [Secundus / Second], ou même un *S, *T ou *Q [Secundus / Second, Tertius / Troisième, Quartus / Quatrième, pour l’atelier de Siscia] mais selon moi cela ressemble plus à un “P”).

Cette pièce commémore sûrement la victoire de Aurelianus sur Zenobia, reine de l’Empire Palmyrénien (avec ses victoires à Immae et Émèse), et sur l’usurpateur Firmus en Égypte, ce qui lui a permis de réunifier (restaurer) l’Orient à l’Empire Romain et d’acquérir le titre de Restitutor Orientis. Elle date donc probablement de 273-74 (quoi qu’une source en ligne mentionne plutôt 271-272).

Sources: Wikipedia (Aurelianus [FR/EN]), Google, FAC (Aurelianus, Restitutor Orientis, Oriens), ERIC (Aurelianus); RIC v. 5, pt 1: 140; WildWinds (text, image), CoinArchives, CoinArchives, CoinProject (1, 2, 3), vcoins, numista, numismatics, Wikimoneda, CoinTalk. Voir aussi ma fiche.

IMG_0100-0110La deuxième pièce est un assez beau tetradrachme d’Alexandrie (G / VG [Good/Very Good], AE / CU / BI [Bronze / Cuivre /  Billon]?, 22 mm, 8.987 g, payé environ $12, flan épais avec patine rougeâtre et trace de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste de l’empereur lauré et cuirassé à droite, avec l’inscription grecque Α Κ Λ ΔΟΜ ΑΥΡΗΛΙΑΝΟC CΕΒ (Autokratos Kaisar Lucios DOMitios AURELIANOS CEBastos = IMP[ERATOR] C[AESAR] L[VCIVS] DOM[ITIVS] AVRELIANVS AVG[VSTVS]). Le revers illustre un aigle debout à gauche (les ailes fermées), la tête retournée vers la droite, une couronne de laurier dans le bec, avec une étoile dans le champs gauche et l’inscription grecque ΕΤΟΥϹ (année) et E (5) de part et d’autre. 

Comme je l’ai déjà expliqué dans le cas de la pièce de Quadratus (selon Sear GICV, p. xxv et le FAC), les pièces grecques impériales (ou provinciales) étaient souvent datées avec l’inscription ETOYΣ (έτος, parfois abrégé ET. ou L à Alexandrie, qui signifie simplement “année”) suivie d’une date qui correspondait soit à une ère locale (Césarienne ou Actienne) ou à l’année de règne de l’empereur (ou du monarque local). Dans ce cas-ci, à Alexandrie, ΕΤΟΥϹ E correspond à la cinquième année du règne de Aurelianus, soit du 29 août 273 au 28 août 274.

L’aigle est un symbole qui revient souvent dans l’Histoire. Ici, il représente Jupiter, la légion romaine (aquila) et, par extension, le pouvoir impérial.  Il existe plusieurs variations sur la position de l’aigle (ailes ouvertes, fermées, avec une palmes en travers de l’épaule, entre deux étendards, debout à droite et debout à gauche sur une foudre) et ce type semble avoir été frappé durant toute la durée du règne d’Aurelianus (A = 1, B = 2, Γ = 3, ∆ = 4 — quoi que apparemment certaines pièces auraient été daté rétroactivement) mais semble avoir été plus fréquent les deux dernières années (E = 5, S = 6).  Cette recrudescence de la frappe d’Alexandrie les deux dernières années exprime encore une fois le fait que Aurelianus a reprit le contrôle de l’Orient peu de temps auparavant. Toutefois, il n’a pas eut le temps de rétablir le monnayage provinciale puisque durant son règne seulement trois régions frapperont des pièces grecques impériales: les ateliers de Pamphylie, de Pisidie et d’Égypte (Alexandrie).

Sources: Wikipedia (Aurelianus [FR/EN]), Google, FAC (Aurelianus, Eagle), ERIC (Aurelianus); Sear GICV (1982): 4751, BMCG v. 15: 2359 (Alexandria and the nomes, R.S. Poole, 1892); CoinArchives, CoinProject, CoinProject, numista, FAC. Voir aussi ma fiche.

IMG_0120-0113La dernière pièce est un intéressant et assez beau antoninianus (G [Good], AE / BI [Bronze / Billon], 20 mm, 2.648 g, payé 30 £ le 1985/04/14, patine bronze avec de petites tâches de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers nous montre un buste de l’empereur Aurelianus radié et cuirassé à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] AVRELIANVS AVG[VSTVS] et un A (ou possiblement un ∆ ou H) en exergue (marque de la première [ou quatrième, ou huitième] officine). Le revers illustre un buste de Vabalathus lauré (avec possible diadème) et drapé à droite avec l’inscription latine VABALATHVS VCR IM DR (ce qui signifie probablement Vir Clarissimus Rex Imperator Dux Romanorum / “Homme (de rang sénatorial) très illustre, roi, chef de l’armée, duc sous [l’autorité de] Rome”).

Avec ce genre de pièce il est difficile de dire quel côté est l’avers et lequel est le revers. En fait, ici, il s’agirait non pas d’une pièce de Aurelianus mais bien une pièce frappé par Vabalathus (ou Wahballat — qui, en 270, succède à son père, Odeinath, à l’âge de onze ans et règne sur le royaume de Palmyre sous l’autorité de sa mère, Zenobia). Alors qu’ils accèdent au pouvoir et tentent d’affirmer et d’agrandir leur empire (avec la conquête de l’Égypte et d’une partie l’Asie Mineure), Vabalathus et Zenobia veulent démontrer qu’ils reconnaissent toujours l’autorité de l’Empire Romain, qu’ils s’y soumettent (pour l’instant) et désirent la paix. C’est sans aucun doute pourquoi ils ont émis cette pièce conjointe où Vabalathus apparait comme un subordonné (Aurelianus est radié alors que Vabalathus est seulement lauré). Cette pièce a été frappé à Antioche entre nov.-déc. 271 et mars 272. 

Vabalathus se montrera rapidement plus ambitieux et frappera des monnaies où il est radié et se déclare Augustus. Toutefois, Aurelianus ne peut pas tolérer cette tentative d’usurpation et dès la fin de 271 marche sur l’Orient pour reconquérir l’Égypte et Palmyre à l’été 272. Une seconde révolte l’amènera à complètement détruire Palmyre au printemps 273.

Sources: Wikipedia (Aurelianus [FR/EN], Vabalathus [FR/EN]), Google, FAC (Aurelianus, Vabalathus), ERIC (Aurelianus, Vabalathus); RIC v.5, pt. 1: 381, Sear RCV (1983): 3192; acsearch, CoinArchives, CoinArchives, CoinArchives, CoinProject (01, 02, 03, 04),  FAC, FAC, FAC, FAC, FAC, RIC-MOM, vcoins, WildWinds (text, image), WildWinds;  R. Bland, “The Coinage of Vabalathus and Zenobia from Antioch and Alexandria” in The Numismatic Chronicle Vol. 171 (2011), pp. 133-186. Voir aussi ma fiche.

J’ai précédemment beaucoup parlé de l’Empire des Gaules mais ces trois pièces démontrent qu’avant tout Aurelianus a désiré reconquérir et resoumettre l’Orient au pouvoir de Rome pour ainsi restaurer l’Empire Romain dans toute sa gloire. Toutefois, malgré tous les efforts d’Aurelianus, l’anarchie militaire perdure. La semaine prochaine nous traiteront de son successeur, Tacitus.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.181]

Papaver 

[ Canon PowerShot S5 IS, Jardin botanique, 2013/06/18 ]

J’ai déjà présenté une photo du Pavot oriental. Comme ces images ont été prise au même moment et à proximité, j’en déduis donc qu’il s’agit probablement de la même espèce (Papaver orientale) ou d’une espèce similaire (comme le coquelicot, i.e. Papaver rhoeas). Dans tout les cas il s’agit du genre Papaver, un genre de plantes  qui appartient à la classe des Equisetopsida (angiospermes de la sous-classe des Magnoliidae), de l’ordre des renonculales, et de la famille des Papaveraceae. Ce genre comprend une cinquantaine d’espèces dont les plus connues sont le coquelicot et le pavot à opium (Papaver somniferum). C’est une plante herbacée caractérisée par des feuilles pennées ou bipennée, de grandes fleurs souvent solitaires, à quatre pétales, et très colorées. Le fruit est une grande capsule (fruit sec) à déhiscence (ouverture spontanée) porricide (par les pores) ou apicale (par l’apex ou l’extrémité). Les tiges, dressées et cylindriques, ainsi que le fruit, produisent un latex blanc ou ivoire, généralement malodorant, qui contient des alcaloïdes aux propriétés somnifères, sédatives ou analgésiques, parfois toxique, ce qui fait que certaines espèces (mais surtout le Papaver somniferum) ont été utilisé pour la production de stupéfiants ou de médicaments. En Amérique du Nord, comme plantes ornementales, ont retrouve surtout le pavot d’Islande (Papaver nudicaule) et le coquelicot (Papaver rhoeas). (Sources: Wikipedia)

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Monnaies anciennes 44

Les empereurs Illyriens (2)

Quintillus (270 EC)

Nous ne connaissons que peu de chose de Marcus Aurelius Claudius Quintillus car les sources historiques de cette époque sont pauvres et contradictoires — seules les sources archéologiques, épigraphiques et numismatiques sont véritablement fiables. Il serait né soit en Mésie, soit à Sirmium en Pannonie Inférieure, et aurait fait une carrière militaire. Sous le règne de son frère, Claudius Gothicus, il aurait peut-être été procurateur de Sardinia ou en charge de la défense du nord de l’Italie. À la mort de Claudius, il est soit acclamé empereur par les troupes de son frère à Aquileia (selon Eutropius, Livre IX, 12), soit qu’il usurpe le pouvoir que son frère avait l’intension de passer à Aurelianus (selon l’Historia Augusta, “Vita Aureliani”, XXXVII, 5), mais il est beaucoup plus probable que ce soit le sénat qui l’ait nommé comme successeur de son frère (selon Zonaras 12: 26).

Il nous est connu comme un empereur modéré et capable (selon Eutropius, Livre IX, 12; Historia Augusta, “Vita Claudii”, XII, 3), défenseur du sénat mais dont le bref règne ne lui a pas permis d’accomplir quoi que ce soit. Une attitude aussi positive devant un règne si bref nous appel à la prudence, car toutes ces sources tardives pourraient être coupables de préjudice favorable ou de flatterie, d’une part parce que Quintillus avait soutenu le sénat (les historiens étant généralement issus de la classe sénatoriale) mais aussi parce que Constantinus tentera plus tard de justifier son pouvoir en faisant remonter son ascendance à la nièce de Claudius et Quintillus, qui aurait été la mère de Constantius Chlorus (Historia Augusta, “Vita Claudii”, 13: 1).

La durée de son règne varie beaucoup selon les sources. Ainsi il aurait été au pouvoir soit pour une durée de seulement dix-sept jours (selon Orosius, VII, 23,2), soit pour cent-soixante-dix-sept jours (6 mois). Toutefois, compte tenu d’une frappe monétaire abondante en son nom (environ 87 types différents selon le RIC), il est maintenant convenu qu’il a régné au moins deux mois, de août à octobre 270 (d’ailleurs le Chronographe de 354 mentionne qu’il a régné soixante-dix-sept jours). 

Après quelques mois, désabusé par les tentatives de Quintillus d’instaurer une plus grande discipline militaire, les troupes qui lui étaient jusqu’alors fidèles se rallient aux légions de Pannonie qui ont acclamé le grand général Aurelianus comme empereur. Quintillus, qui ne peut rien contre un opposant plus populaire et plus fort que lui, meurt alors à Aquileia soit en combat contre les troupes d’Aurelianus (Hieronymus Stridonensis, Chronica, 271), soit par suicide (Zonaras, 12: 26; Jean d’Antioche fragment 154, Fragmenta Historicorum Graecorum IV, p. 599), soit assassiné par ses troupes (Historia Augusta, “Vita Claudii”, 12, 5; Eutropius IX, 12; Epitome de Caesaribus 34, 5; Orosius VII, 23, 2). Cette dernière hypothèse est sans doute la plus probable. Le pouvoir impérial de Rome passe donc entre les mains de Aurelianus, qui réussira à unifier l’Empire à nouveau.

IMG_9207-9210Je n’ai qu’une seule pièce de monnaie de Quintillus et c’est un beau antoninianus (VG [Very Good], AE [Bronze] / BI [Billon], 19.5 x 18.5 mm, 3.159 g, payé environ $8 le 1985/12/17, patine verte avec un important dépôt de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste de l’empereur radié et drapé à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] M[ARCVS] AVR[ELIVS] CL[AVDIVS] QVINTILLVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Victoire ailée et drapée, avançant à droite et tenant dans la main droite une couronne de laurier et une palme dans la main gauche, avec l’inscription latine VICTORIA AVG[VSTI] (la victoire de l’empereur) et un 𝝘 (gamma, marque dénotant la 3e officine de l’atelier de Rome) dans le champs droit. Cette pièce aurait donc été frappé à Rome vers la fin de 270 EC (aucun événement du règne de Quintillus ne peut être lié à l’émission de ce type de Victoire mais comme son bref règne s’est déroulé dans la deuxième moitié de 270, de août à octobre, cette datation est assez juste). 

Sources: Wikipedia (Quintillus [FR/EN]), Google, FAC (Quintillus, Victoria Aug, Victory, wreath, laurel wreath, palm), ERIC (Quintillus);  RIC V-I: 33; CoinArchives, WildWinds (text, image), vcoins, acsearch, catwiki, CoinTalk, Numismatics, nomosag. Voir aussi ma fiche.

Encore une fois, le RIC (Webb, P.H., ed. by Mattingly, H. & Sydenham, E.A. Roman Imperial Coinage, vol. V, part I, London: Spink & Son, [1927] 1972, pp. 201-209, 238-247) nous fournit quelques commentaires en guise de conclusion. D’abord, la monnaie frappée sous Quintillus est très similaire à celle de son frère, Claudius Gothicus [RIC, p.201]. “Les frères avaient une forte ressemblance familiale, mais les pièces représentent fidèlement Quintillus comme un homme plus jeune, plus beau, mais manquant de la force de caractère de Claudius” [RIC, p. 205].

Aussi, “De nombreux historiens limitent le règne de [Quintillus] à dix-sept jours, mais la masse de son monnayage qui nous est parvenu contredit cela et soutient l’opinion de Zosimus selon laquelle il a duré quelques mois. Ceci est corroboré par le fait que des pièces ont été frappées à son nom dans tous les ateliers  qui avaient frappé pour son frère, sauf celui d’Antioche, où (…) il est probable que l’ambition de Zénobia l’a amenée à tenter de se débarrasser du joug de l’Empire romain. Ses pièces de Siscia et de Cyzicus sont rares en Europe occidentale, mais apparaissent en nombre dans les trouvailles orientales. Cela s’explique par le fait que “Aurelianus, qui a été proclamé par les légions de Pannonie, a dû dès le moment de la proclamation couper Quintillus, qui était en Italie, de Siscia et de Cyzicus (…)“. Une telle “distribution des monnaies de Quintillus“ rend improbable la “déclaration de Zonaras selon laquelle Claudius sur son lit de mort a investi Aurelianus de la pourpre (…). Ces faits suggèrent certainement que [Quintillus] a eu une courte période de pouvoir incontesté” [RIC, p.201].

Finalement, il note que “Les marques d’atelier sont maintenant devenues un élément beaucoup plus important sur les pièces de chaque atelier qu’elles ne l’étaient sous les règnes précédents (…). Les preuves d’un contrôle central et d’une organisation précise sont moins nombreuses qu’elles ne le seront après la réforme d’Aurelianus (…). Les maîtres des monnaies avaient évidemment plus de latitude qu’on ne leur accorda plus tard” [RIC, p. 208].

La semaine prochaine nous abordons un point tournant du IIIe siècle romain avec le règne d’Aurelianus (dont je possède trois pièces de monnaie).

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.174]

Leucanthemum × superbum 

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2017/07/23 ]

J’ai déjà mentionné la grande marguerite (aussi appelée marguerite horticole ou Shasta daisy en anglais) que j’avais photographié lors d’une visite dans le parc Frédéric-Back mais j’en avais vu aussi au jardin botanique. C’est une espèce de plantes à fleurs herbacées, vivaces, de la classe des Equisetopsida, sous-classe des Magnoliidae, de l’ordre des Asterales, de la famille des Asteraceae et du genre Leucanthemum. Elle a l’apparence typique de la marguerite avec des pétales blancs disposés en rayons autour d’un disque jaune. Elle est le résultat d’une quadruple hybridation: en 1890 l’horticulteur Américain Luther Burbank a d’abord croisé une Marguerite commune (Leucanthemum vulgare) avec une Marguerite géante (Leucanthemum maximum), puis avec une Leucanthemum lacustre, et enfin avec une Nipponanthemum nipponicum. Il l’a nommé Shasta (du Mont Shasta dans la chaîne des Cascades en Californie) en référence à la blancheur des pétales qui évoque la neige. Si les représentant du genre sont souvent considéré comme des mauvaises herbes nuisibles, la Shasta est appréciée comme plante ornementale et de nombreux cultivars (comme la “Becky” illustrée ici) ont été développé pour l’industrie de la fleur coupée. J’ignore cependant si elle est comestible comme la marguerite commune ou si elle en a les propriétés médicinales (qui, comme la camomille, a des propriétés antispasmodiques, calmantes, digestives et astringente).(Sources: Wikipedia & divers sites horticoles)

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Monnaies anciennes 43

Les empereurs Illyriens (1)

Claudius Gothicus (268-270 EC)

Marcus Aurelius Claudius est né en Illyrie (ou une province environnante) le 14 mai 213 ou 214. Les sources sur cette époque étant pauvres, tout ce que l’on sait de lui est qu’il a fait une brillante carrière militaire. Déjà sous Trajan Decius (249–251) il était tribun militaire. Suite à la tentative d’usurpation de Auréolus en 268, Gallienus le nomme maître de cavalerie. Il est possible qu’il ait participé au complot des généraux (Heraclianus, Marcianus et Aurelianus) pour assassiner l’empereur mais, quoi qu’il en soit, il est choisi par les conspirateurs pour le remplacer (ou il est choisi par Gallienus lui-même sur son lit de mort, les sources ne s’entendent pas à ce sujet) et il est acclamé empereur par les légions basées à Mediolanum (Milan). Malgré qu’il ait promis la vie sauve à Aureolus, il laisse ses troupes le massacrer. Il devient ainsi le premier des empereurs illyriens.

Si la principale préoccupation du nouvel empereur était de rétablir de l’ordre dans l’Empire en mettant fin à l’anarchie militaire et aux incessantes révoltes qui étaient à la source de la crise, il a cependant dû d’abord faire face à une nouvelle invasion de Hérules, cette fois accompagnés du renfort d’autres tribus Goths (Greuthungi et Thervingi), Gépides et Peucini. Avec l’aide de son maître de cavalerie Aurelianus, il les a vaincu en 269 à la bataille de Naissus, méritant ainsi son surnom de Gothicus (vainqueur des Goths). À peine quelques mois plus tard, alors qu’Aurelianus termine de repousser les Goths au-delà du Danube, Claudius doit répondre à une invasion d’Alamans qui ont traversé les Alpes pour attaquer le nord de l’Italie. À la fin de l’automne 268, il les repousse à la bataille du lac Benacus, ce qui lui mérite le titre de Germanicus Maximus. Il tourne alors son attention vers l’Empire des Gaules et en reprend une partie (l’Hispanie et la vallée du Rhône) mais ne réussira pas à le reconquérir. À la fin de 269, il doit se rendre à Sirmium pour faire campagne contre les Vandales qui faisaient du pillage en Pannonie. Toutefois, il contracte la peste de Cyprien (possiblement une épidémie de variole ou de rougeole, ou même de fièvre hémorragique virale similaire à la fièvre jaune ou l’ébola) qui ravageait l’Empire à ce moment là. Il succombe au début janvier 270. Son jeune frère Quintillus lui succède brièvement.

J’ai quatre pièces de monnaie de cet empereur que, vous le devinerez, j’aime beaucoup (parce qu’il s’appelait Claudius, évidemment).

IMG_8259-8260La première pièce est un très très beau antoninianus (VF [Very Fine], BI [Billon], 19.5 mm, 2.4681 g, payé $18, de couleur gris mat; die-axis: ↑↑). L’avers nous présente un buste de l’empereur radié et drapé (et possiblement cuirassé?) à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] CLAVDIVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre Isis Pharia debout à gauche, tenant un sistrum de la main droite et un panier de la gauche, avec l’inscription latine SAL-V-S AVG[VSTI] (la santé de l’empereur) et un Є (epsilon, marque de la cinquième officine) en exergue. La pièce aurait été frappé à Antioche (cf. RIC, p. 207) vers la fin 268 / début 269 ou en 269-70.

Sources: Wikipedia (Claudius Gothicus [FR/EN], sistrum [FR/EN]), Google, FAC (Claudius II, Billon, Isis, Pharia Isis, Salus Aug, sistrum), ERIC (Claudius II); RIC v. 5, pt. 1: 217; WildWind (text, image), CoinArchives, acsearch, BeastCoins (image), CoinTalk. Voir aussi ma fiche.

IMG_9617-9622La seconde pièce est un beau antoninianus (F [Fine] / G [Good], AE [Bronze], 17 mm, 3.253 g, payé $US 9.50 le 1985/04/14; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste de l’empereur radié et drapé à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] CLAVDIVS P[IVS] F[ELIX] (pieux et heureux) AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Felicitas drapée, debout à gauche, tenant un caduceus dans la main droite et un long sceptre dans la gauche, avec l’inscription latine FELI-C[ITAS] T-EMPO[RVM] (temps heureux). Il n’y aucune marque d’officine de lisible en exergue mais il y en avait probablement une (un T). Ce type a été frappé à l’atelier de Rome mais sans marque d’officine en exergue et sans  P F dans titulature. Il est donc plus probable que cette pièce ait été frappé à Mediolanum (Milan). Toutefois, rien ne permet de la dater avec précision.

Sources: Wikipedia (Claudius Gothicus [FR/EN], Felicitas [FR/EN], caduceus [FR/EN]), Google, FAC (Claudius II, caduceus, Felicitas), ERIC (Claudius II); RIC v. 5, pt. 1: 145, Sear RCV (1983):  3099; MinautorCoins, Numista, Numismatics. Voir aussi ma fiche.

IMG_9640-9644La troisième pièce est beau antoninianus (VG [Very Good], AE [Bronze], 17 x 18 mm, 2.880 g, payé environ $5 le 1985/06/16, patine brunâtre avec des traces de vert-de-gris sur le revers; die-axis: ↑↓). L’avers nous montre une tête de l’empereur radiée, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] CLAVDIVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Providence debout à gauche, les jambes croisées, appuyée sur une colonne et tenant un baton (sceptre) dans la main droite et une corne d’abondance dans la gauche, un globe à ses pieds, avec l’inscription PROVIDENT[IA] AVG[VSTI] (prévoyance de l’empereur). Il n’y a pas de marque d’officine dans le champs droit (quoi que l’exergue a disparu dans la rognure). Cette pièce aurait été frappé à Rome mais nous n’avons aucune indication qui permettrait de la dater avec précision.

Sources: Wikipedia (Claudius Gothicus [FR/EN], Providentia [FR/EN], cornucopia [FR/EN]), Google, FAC (Claudius II,  Providentia), ERIC (Claudius II); RIC v. 5, pt. 1: 91, Sear RCV (1983):  3117; WildWinds, Numismatics, vcoins, Numista, Numista, CoinProject. Voir aussi ma fiche.

IMG_9625-9635La dernière pièce est un petit mais assez beau antoninianus commémoratif (G [Good], AE [Bronze], 13.5 x 14 mm, 1.192 g, patine verte foncée, rognure sur toute la circonférence, payé $US 12.50 le 1985/04/14;  die-axis: ↑↓). L’avers nous présente une tête radiée (ou un buste radié et drapé?) de l’empereur à droite, avec l’inscription DIVO CLAVDIO (Divin Claude). Le revers illustre un grand autel enflammé (la flamme centrale est bordée de part et d’autre de deux objets qui semblent sphériques — représentant de la fumée?) décoré de quatre panneaux carrés avec des points en leur centre, avec l’inscription CONSECRATIO (Consecration, i.e. acte de rendre sacré ou divin). L’exergue a disparu dans la rognure mais pourrait avoir comporté une marque d’officine (P, S, R ou Q dans le cas de Mediolanum ou XII dans le cas de Rome) ou pas. Cette pièce aurait donc été frappé à Rome ou à Mediolanum (Milan) dès le décès de l’empereur, en 270, et jusqu’à l’année suivante — c’est-à-dire sous le très bref règne de son frère Quintillus ou sous le début du règne de Aurelianus.

Sources: Wikipedia (Claudius Gothicus [FR/EN], ), Google, FAC (Claudius II,  ), ERIC (Claudius II); RIC v. 5, pt. 1: 261, Sear RCV (1983):  3128; acsearch, acsearch, rcs, CoinArchives, CoinArchives, acsearch, CoinTalk, CoinProject, Numismatics, vcoins, beastcoins. Voir aussi ma fiche.

Les types de revers produit par Claudius Gothicus nous montre encore une fois la volonté de présenter au peuple romain une propagande positive en ces temps difficiles: ainsi on fait la promotion de la santé et de la prévoyance de l’empereur et l’on promet des temps heureux alors que l’on tente de stabiliser l’empire. Claudius était en bonne voie d’y réussir mais malheureusement une épidémie à mis fin prématurément à son règne et c’est son successeur qui achèvera la tâche. La crise du IIIe siècle n’est donc pas encore tout à fait terminée.

La priorité a été de sécuriser les frontières et l’économie reste donc très fragile. Sous son règne, comme nous le dit le RIC (Webb, P.H., ed. by Mattingly, H. & Sydenham, E.A. Roman Imperial Coinage, vol. V, part I, London: Spink & Son, [1927] 1972, pp. 201-237) “La majeure partie de la monnaie du règne se compose d’antoniniani qui, bien que saucés dans l’argent au moment de l’émission, montrent rarement des traces de ce traitement maintenant. Il existe cependant quelques exemplaires (…) qui sont frappés en alliage blanc [billon?] (…)” [p. 202].

Toutefois, la pièce la plus intéressante des quatre est sans doute la dernière. “En effet, l’une des caractéristiques les plus intéressantes des monnaies qui portent le nom de Claudius est le témoignage qu’elles rendent à l’extraordinaire honneur dans lequel il a été tenu, et la durée pendant laquelle sa mémoire a été chérie, car nous ne trouvons pas moins de trois séries dédicatoires publiées en cet honneur. (…) [Tel que] Les monnaies inscrites DIVO CLAUDIO (…) avec une légende de revers CONSECRATIO (…) [et] avec des types posthumes: l’autel, l’aigle ou le bûcher funéraire. Ces pièces ont commencé à être émises immédiatement après sa mort et se trouvent dans tous les ateliers monétaires, y compris Antioche. Ils sont aussi communs dans les ateliers irréguliers de la Gaule, et certains spécimens barbares qui ont été trouvés semblent être d’origine orientale” (RIC, pp. 202-203).

La semaine prochaine nous nous arrêterons brièvement sur une pièce du frère de Claudius Gothicus, Quintillus.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.167]

 Inula helenium + Bombus

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2017/07/23 ]

L’Inule aulnée (aussi appelée Grande aulnée ou Elecampane ou elfdock en anglais) est une espèce de plante à fleurs de la classe des Magnoliopsida, de l’ordre des Asterales, de la famille des Asteraceae (comme les marguerites et les tournesols) et du genre Inula (qui inclus près d’une centaine d’espèces). La caractéristique du genre est que l’inflorescence n’est pas constituée d’une fleur unique mais est en fait un corymbe de capitules (fleur composée) formé d’une série de fleurons (fleurs tubulées ou en forme de tube) au centre, avec de nombreux demi-fleurons (fleurs ligulées ou en forme de languette) en périphérie, le tout entouré d’un involucre (collerette) de bractées. Le nom du genre est la forme latine du grec hinaein (“purifier”) en référence aux propriétés médicinales de la plante. Le nom de l’espèce a été interprété par Pline comme une allusion a Hélène de Troie (dans la mythologie grecque elle en avait une fleur entre les mains lorsqu’elle fut enlevée par Pâris) mais, en fait, ce serait une déformation du latin vulnus (“blessure”) en référence à ses vertus cicatrisantes. C’est une plante vivace et comestible dont les racines odorantes sont parfois utilisées pour parfumer les desserts. Elles sont riche en inuline (une fibre alimentaire de la classe des fructanes) et leurs propriétés toniques et médicinales sont utilisées contre la toux et les inflammations respiratoires (principalement des bronches), comme anti-fongique et antiscorbutique (mais attention aux effets secondaires qui peuvent inclurent diarrhées, vomissements et douleurs pelviennes). Elles semblent attirer les insectes pollinisateurs — comme ce bourdon (il existe une vingtaine d’espèces de bourdons (Bombus) au Québec, dont plusieurs sont en voie de disparition, mais je serais bien en peine de les identifier (il faut en effet être très attentif pour remarquer ce qui distingue le Bourdon américain (Bombus pennsylvanicus), des Bourdon à tache rousse (Bombus affinis), Bourdon fébrile (Bombus impatiens) ou même Bourdon terricole (Bombus terricola) !)). (Sources: Wikipedia & divers sites horticoles ou naturalistes)

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Monnaies anciennes 42

Crise du IIIe siècle (3): L’Empire des Gaules (3) 

Tetricus I & II (271-274 EC)

Gaius Pius Esuvius Tetricus est né dans une noble famille Gauloise. À cause du manque de sources contemporaines, on connait peu de choses sur lui sinon qu’il est devenu sénateur et, qu’au printemps 271, il était gouverneur de Gallia Aquitania lorsque, à la mort de Victorinus, il fut acclamé empereur des Gaules par les troupes basées à Burdigala (Bordeaux). Son pouvoir est reconnu par la plupart des provinces Gauloises (Gaule lyonnaise, Gaule aquitaine, Gaule belgique) et par la Bretagne. La Gaule narbonnaise (partiellement reconquise par le général Placidianus), l’Hispanie et la cité germanique de Argentoratum (Strasbourg) se rallient plutôt à Aurelianus qui, après la mort de Claudius Gothicus (puis de son frère Quintillus), est acclamé empereur romain en septembre 270 par ses troupe de Pannonie basées à Sirmium.

Vers la fin de 271, la pression incessante des tribus germaniques sur la frontière du Rhin amène Tetricus à déplacer sa capitale de Colonia (Cologne) à Augusta Treverorum (Trière). Il les contient d’abord avec succès mais doit éventuellement retraiter et, par la fin de son règne, les excursions de pillages germaniques pénètrent jusqu’à la Loire! Profitant qu’Aurelianus est occupé à reconquérir l’Empire Palmyrénien de la reine Zenobia en Orient, Tetricus reconquiert la Gaule narbonnaise et le sud-est de la Gaule aquitaine. En 273-274, il doit aussi écraser la révolte du gouverneur de la Gaule belgique, Faustinus. Pour l’aider dans ces tâches, au début de 273, il associe son fils, Tetricus Iunior (ou Tetricus II), au pouvoir en lui décernant les titres de caesar et de princeps iuventutis. En janvier 274, il est fait consul et même aussi, possiblement, augustus, c’est-è-dire co-empereur avec son père.

Toutefois, dès qu’Aurelianus en a terminé avec Zenobia en 273, il tourne son attention sur l’Empire des Gaules qu’il envahit par le nord. La confrontation a lieu en février ou mars 274 près de Duro Catalaunum (Châlons-en-Champagne) lors de la bataille des champs Catalauniques. Tetricus doit capituler et est capturé. Aurelianus le fait figurer, au côté de son fils et de Zenobia, dans un faste défilé triomphal à Rome. C’est donc la fin de l’Empire des Gaules et l’Empire Romain est de nouveau unifié. Chose exceptionnelle, Aurelianus octroie aux captifs le pardon et donne même à Tetricus un poste de corrector (un sénateur supervisant la gestion des cités) en Lucanie (ou dans toute l’Italie, les sources ne s’entendent pas à ce sujet). Il mourra de mort naturelle plusieurs années plus tard. Tetricus II n’est pas mentionné par les sources après le triomphe d’Aurelianus. Il a probablement été épargné lui aussi et obtenu une position sénatoriale ou a simplement fini ses jours comme simple citoyen.

IMG_9500-9510J’ai une pièce de monnaie de chacun de ces co-empereurs. La première pièce est un assez beau antoninianus de Tetricus Senior (VG [Very Good] / G [Good], AE [bronze], 18 x 20 mm, 2.239 g, payé environ $5 le 1985/06/16, rogné dans le bas, patine verdâtre et argentée [probablement une pièce “saucée”]; die-axis: ↑↑). L’avers présente un buste de l’empereur radié et cuirassé à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] TETRICVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Fides, drapé, debout à gauche, tenant deux enseignes militaires, avec l’inscription latine FIDES MILITVM (“la fidélité des soldats”).

Le revers illustre de façon frappante l’élément le plus important pour le maintient au pouvoir d’un empereur en pleine crise du IIIe siècle: la fidélité des soldats. Le RIC (Webb, Percy H., ed. by Mattingly, H. & Sydenham, E.A. The Roman Imperial Coinage Vol. 5, Part II (From Probus to Maximian). London: Spink & Son, [1933] 1972, pp. 399-425) indique cette pièce comme ayant été frappée dans un atelier du sud de l’Empire des Gaules (et avance Vienne, en Gaule narbonnaise, comme possible localisation) sans donner de datation précise. Toutefois, les sources modernes (en ligne) identifient ce deuxième atelier comme étant plutôt situé à Colonia Agrippinensium (Cologne) et datent la pièce (sans pourtant fournir de justificatif) à 272-73 EC.

Sources: Wikipedia (Tetricus I [FR/EN], Fides), Google, FAC (Tetricus I, Fides, Military Ensigns, Signa militaria, Legionum Insignia, Roman standard, vexillum), ERIC (Tetricus I);  RIC v. 5, pt. 2: 71, Sear RCV (1983): 3076; Numismatics, WildWinds (text, image), GallicEmpire, FAC [Cologne Mint, issue 3, FIDES MILITVM type], CoinProject, CoinSpot. Voir aussi ma fiche.

IMG_9515-9520La deuxième pièce est un assez beau antoninianus de Tetricus Junior (VG [Very Good] / G [Good], AE [bronze] ou billon, 16.5 x 17 mm, 2.599 g, payé $US 9.50 le 1985/04/14, flan déchiqueté, décentré, la patine grisâtre et argentée semble indiquer que le flan de billon a été “saucé”; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste du césar drapé et radié à droite (on remarque le portrait juvénile) avec l’inscription latine C[AIVS] PIV[S] ESV[IVS] TETRICVS CAES[AR]. Le revers illustre de façon fort intéressante divers emblèmes du pontificat et instruments sacrificiels comme les aspergillum (arroseur ou goupillon), simpulum (louche), capis (cruche avec la hanse à droite), secespita (couteau rituel) et lituus (bâton augural), avec l’inscription latine PIETAS AVGVSTOR[VM] (“la piété des Empereurs”) — l’usure et la rognure ayant fait disparaître la fin de l’inscription, celle-ci pourrait en fait être PIETAS AVGG mais la distance, la taille et le positionnement des lettres rendent AVGVSTOR plus probable.

Ici, les co-empereurs veulent de toute évidence promouvoir leur grande piété et ainsi s’attirer les faveurs des dieux (ils en avaient bien besoin!). Tout comme la pièce précédente, le RIC attribut cette pièce au deuxième atelier (que l’on suppose être situé dans le sud, possiblement à Vienne) sans avancer de date précise. Toutefois, les sources modernes (en ligne) identifient ce deuxième atelier comme étant plutôt situé à Colonia Agrippinensium (Cologne) et datent la pièce à 273-74 EC. Dans ce cas-ci on peut facilement justifier cette datation par le fait que Tetricus II aurait reçu le titre de caesar au début de 273 et que son principat prit fin avec l’avénement d’Aurelianus à la fin de 274.

Sources: Wikipedia (Tetricus II [FR/EN]), Google, FAC (Tetricus II, Pietas, PIETAS AVGG, aspergillum, simpulum, capis, Secespita, lituus), ERIC (Tetricus II); RIC v. 5, pt 2: 254 ou 258, Sear RCV (1983): 3088; CoinProject, ARC, numismatics, FAC (Cologne Mint, issue 6, PIETAS AVGVSTOR type), WildWinds (text, image), GallicEmpire, BeastCoins, vcoins, CoinArchives (1, 2, 3), HarvardMuseum, FralinMuseum. Voir aussi ma fiche.

Le RIC nous dit que “la plupart des monnaies régulières de Tetricus et de son fils (…) suivent si étroitement le style de l’atelier du sud de Victorinus qu’il ne laisse aucun doute qu’elles proviennent de la même source” (p. 399) et il propose que ce second atelier pourrait être situé à Vienne (en Gaule narbonnaise). Toutefois, les sources récentes semblent n’indiquer que deux ateliers monétaires: celui de  Augusta Treverorum (Trière), caractérisé par ses bustes radiés, cuirassés et drapés, et celui de Colonia (Cologne), caractérisé par des bustes qui sont uniquement radiés et cuirassés. 

Avec Tetricus, la cohésion de l’Empire des Gaules semble s’étioler. En effet, “Le déclin de la fabrication, de la taille, du poids et de l’individualité [des pièces de monnaie], dont les signes commencent à apparaître après la mort de Postumus, a maintenant avancé jusqu’à indiquer l’épuisement de l’esprit qui, sous ce grand empereur, a provoqué l’établissement de la Imperium Galliarum” (RIC, p. 400). Il était donc bien mûr pour la reconquête par Aurelianus… Ce dernier réunifie l’Empire Romain qui échappe ainsi de peu à l’extinction par le fractionnement. Toutefois, la fin de l’Empire des Gaules et de l’époque des Trente Tyrans ne signifie pas pour autant la stabilité de l’Empire: la crise du IIIe siècle (et l’arnachie militaire qui l’a provoqué) n’est pas encore tout à fait terminée et il y aura encore de très nombreux usurpateurs du pouvoir. Par exemple, Carausius (commandant de la flotte navale Classis Britannica sous Maximianus Herculius) se révolte et réussit à se tailler un Empire de Bretagne, qui demeurera modeste (n’incluant que la Bretagne et le nord de la Gaule) et éphémère (puisqu’il ne durera que six ans, de 286 à 293).

La semaine prochaine nous reprenons le fil de notre récit des empereurs romains au travers de leur monnaie avec le premier des empereurs Illyriens, Claudius Gothicus.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.160]

 Fothergilla gardenii 

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2017/05/25 ]

DSC_0061 2Le Fothergilla de Garden (aussi appelé dwarf fothergilla ou witch alder ou American wych hazel en anglais) est une espèce d’arbuste à feuilles caduques de la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), de la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae i.e.à deux cotylédons), de la sous-classe des Hamamelididae, de l’ordre des Hamamelidales, de la famille des Hamamelidaceae (qui se divise en une vingtaine de genres et environ quatre-vingt espèces) et du genre Fothergilla (qui lui n’inclut que deux ou trois espèces). Le nom de la famille est dérivé du nom grec de l’Orme blanc (αμαμελής / amamelís) et le nom de l’espèce honore le médecin Britannique qui introduisit la plante en Angleterre, John Fothergill, ainsi que le botaniste Anglo-américain Alexander Garden. Ce genre d’arbuste, qui peut atteindre de un à trois mètres de hauteur, est originaire du sud-est des États-Unis et est caractérisé par des feuilles caduques, de couleur vert foncée, de forme ovale, alternée et légèrement dentée. Fait remarquable, ce feuillage prend à l’automne une couleur vive qui varie de l’orange au rouge, en passant par le cramoisi et le jaune. De plus, à l’extrémité de ses branches, il produit au printemps de petites fleurs blanches, très parfumées, en forme d’épis de deux ou trois centimètres, qui ont la particularité de ne PAS avoir de pétales mais sont plutôt constituées par une grappe d’étamines. Ces deux caractéristiques, et sa lente croissance, en font une excellente plante ornementale. (Sources: Wikipedia & divers sites horticoles)

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Monnaies anciennes 41

Crise du IIIe siècle (3): L’Empire des Gaules (2) 

Victorinus (269-271 EC)

Marcus Piavonius Victorinus est issue d’une riche famille gauloise et sert dans l’armée sous Postumus où il gravit rapidement les échelons: il est nommé tribunus praetorianorum en 266/267, puis co-consul avec Postumus en 268 et fut peut-être même nommé préfet du prétoire. Après la mort de Marius, il est acclamé empereur des Gaules par les troupes basées à Augusta Treverorum (Trière). Comme la plupart des usurpateurs, son règne fut bref et le manque de sources contemporaines fait que nous n’en connaissons peu de chose. Son pouvoir ne fut reconnu que par les provinces de Gaule, de Germanie et de Bretagne. L’Hispanie se rallia à l’empereur légitime de Rome, Claudius Gothicus. Ce dernier redouble les efforts pour reprendre l’Empire des Gaules sous son contrôle. Il envoi le général Placidianus pour reconquérir le sud-est de la Gaule mais seulement la ville de Cularo (Grenoble) est reprise. Toutefois, la ville de Augustodunum (Autun) en profite pour se rebeller aussi mais Victorinus la reprend (et ses soldats Bataves la pillent) après un siège de sept mois au printemps 270. Claudius Gothicus ne pousse pas plus loin sa tentative de reconquête car il doit porter son attention sur des invasions d’Alamands en Italie et de Goths dans les Balkans. Au début de l’année 271, Victorinus est assassiné par l’un de ses officiers, Attitianus, jaloux de l’attention qu’il portait à son épouse. Il est remplacé par Tetricus, qui était alors gouverneur de Gallia Aquitania.

J’ai quatre pièces de monnaie de Victorinus: deux Pietas et deux Salus. 

Les deux premières pièces sont deux antoniniani très similaires avec un type de Pietas. L’avers présente un buste de l’empereur radié et cuirassé à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] VICTORINVS P[IVS] F[ELIX] (pieux heureux) AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Pietas drapée (et diadémée?) debout à gauche, sacrifiant de la main droite au-dessus d’un autel allumé et tenant une boîte à encens (acerra) de la gauche avec l’inscription latine PIETAS AVG[VSTI] (la piété de l’empereur).

IMG_9456-9461Le premier est un beau antoninianus (F [Fine] / G [Good], AE/AR [bronze argenté], 17.5 x 19 mm, 1.728 g, payé $US 9.50 le 1985/04/14, le flan est partiellement rogné et déchiqueté et la patine présente une étrange iridescence sans doute due au fait que la pièce est “saucée“; die-axis: ↑↑).  Le début de la titulature de l’empereur est perdu dans la rognure et le revers est en moins bon état que l’avers mais la pièce demeure toutefois identifiable par comparaison. La pièce aurait été frappé un deuxième atelier (le principal étant Cologne) dans le sud de l’Empire mais aucun indice ne nous permet une datation précise. 

IMG_9476-9480La deuxième pièce est un assez beau antoninianus (G [Good] / VG [Very Good], AE [bronze], 20 x 21 mm, 3.211 g, payé environ $5.60 le 1985/06/16, le flan est relativement épais et couvert d’un dépôt aquamarine ou vert-de-gris qui masque les détails de la pièce; die-axis: ↑↓). L’inscription de l’avers est pratiquement illisible (sauf pour le IMP C initial qui est assez clair). Celle du revers se distingue bien mais on note que le “S” de PIETAS ressemble plus à un “O”… La pièce aurait également été frappé au deuxième atelier mais aucun indice ne nous permet une datation précise. 

Sources: Wikipedia (Victorinus [FR/EN]), Google, FAC (Victorinus, PIETAS AVG), ERIC (Victorinus); RIC v. 5, pt 2: 57, Sear RCV (1983): 3067; WildWinds (1 [text, image], 2 [text, image]), ARC, CoinProject (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7), CoinArchives, vcoins, beastcoins, numismatics, GallicEmpire, classicalcoins; Voir aussi mes fiches [1 & 2].

Les deux pièces suivantes sont deux antoniniani également très similaires mais cette fois avec un type de Salus. L’avers présente un buste de l’empereur radié, cuirassé et drapé  à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] VICTORINVS P[IVS] F[ELIX] (pieux heureux) AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Salus debout à gauche, tenant un long sceptre vertical de la main gauche et une patère dans la main droite, nourrissant un serpent qui s’élève d’un autel, avec l’inscription latine SALVS AVG[VSTI] (la santé de l’empereur). 

IMG_9464-9468La troisième pièce est un très beau antoninianus (F [Fine], AE/AR [bronze argenté], 17 x 18.5 mm, 2.286 g, payé environ $5 le 1985/06/16, le flan est partiellement déchiqueté et la patine brunâtre présente la même iridescence argentée que la première pièce mais, s’il n’y a aucun dépôt, certains détails ont été effacé par l’usure; die-axis: ↑↑). Le début de la titulature est perdu mais le reste est bien lisible. Sur le revers, ce qui distingue les deux pièces, est la césure du S-ALV-S et le fait que le AVG est absent ou a été effacé par l’usure. La pièce aurait été frappé par l’atelier du sud en 271 (selon certaines sources en ligne, mais je n’ai pas trouvé de justification pour cette datation).

IMG_9485-9490La dernière pièce est un assez beau antoninianus (F [Fine] / G [Good], AE [bronze], 18 x 16 mm, 2.588 g, payé environ $8 le 1985/12/17, patine brun & vert foncé avec des traces de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). Ici aussi le début de la titulature a été effacé et, sur le revers, il n’y a pas de césure dans le SALVS et le AVG est clairement présent (quoique le “A” soit illisible). Compte tenu de ces différences entre les deux pièces, peut-on attribuer à celle-ci le même atelier et la même datation? Ce n’est pas très clair…

Sources: Wikipedia (Victorinus [FR/EN]), Google, FAC (Victorinus, SALVS AVG), ERIC (Victorinus); RIC v. 5, pt 2: 71, Sear RCV (1983): 3070; WildWinds (text, image), coinarchives (1), beastcoins, CoinTalk, numismatics, GallicEmpire (image), FAC, numista; Voir aussi mes fiches [3 & 4].

On note une grande variation dans la taille et le poids des antoniniani sous Victorinus. Et, si l’atelier de Colonia Claudia Ara Agrippinensium (Cologne) généralement préfère le buste drapé au cuirassé, produit des pièces dont le dessin est agréable et bien exécuté et le lettrage bien formé, on remarque toutefois que près de la moitié de la production monétaire de Victorinus est dans un style différent. Le nez est large et le lettrage moins précis: les M et N sont disjoints et les V ont une base ouverte. Victorinus a clairement utilisé un autre atelier mais le style ne ressemble pas non plus à celui de Lugdunum (Lyon). Le RIC (Webb, Percy H., ed. by Mattingly, H. & Sydenham, E.A. The Roman Imperial Coinage Vol. 5, Part II (From Probus to Maximian). London: Spink & Son, 1972, pp. 379-385.) propose un atelier dans le sud, possiblement Moguntiacum (Magnence), qui fut l’atelier de Laelianus, ou alors soit Vienna (Vienne) ou Valentia (Valence) dans la Gallia Narbonensis (une source en ligne propose Augusta Treverorum). Il semble, toujours selon le RIC, que les types de Pietas et de Salus aient tous deux été frappé par ce second atelier du sud. 

La semaine prochaine nous terminons notre aparté sur l’Empire des Gaules avec l’empereur Tetricus et son fils, Tetricus II.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.153]

 Exochorda racemosa

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2017/05/25 ]

DSC_0071 2L’Exochorde (aussi appelé pearlbush en anglais) est un genre de plante à fleurs de la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae), de la sous-classe des Rosidae, de l’ordre des Rosales et de la famille des Rosaceae (qui regroupent plus d’une centaine de genres et plus de trois mille espèces de fleurs dont le rosier, le sorbier, l’aubépine, le prunellier, l’églantier, la ronce commune, les fraisiers, les benoîtes, etc.). Les spécialistes ne s’entendent pas sur le fait qu’il s’agisse d’une seule espèce (Exochorda racemosa) ou de plusieurs. Originaire d’Asie, c’est un arbuste de deux à quatre mètres “aux feuilles alternes et caduques” et dont les fleurs à cinq pétales, produites au printemps à l’extrémité des branches, sont blanches et possèdent entre quinze et trente étamines. Les fruits sont des “capsules étoilées à cinq locules contenant une ou deux graines ailées”. Le cultivar illustré ici, mieux connu sous sa marque de commerce “Snow Day Surprise”, est le Exochorda “Niagara“ qui est un hybride du Exochorda racemosa (♀︎) et du E. × macrantha (♂︎) aussi connu comme Exochorda ‘The Bride’ (lui même produit par le croisement entre E. alberti et E. grandiflora). C’est une plante essentiellement ornementale dont le nom provient du grec exo (extérieur) et chorde (cordon) — une référence aux fibres à l’extérieur du placenta dans l’ovaire. (Sources: Wikipedia & divers sites horticoles)

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Monnaies anciennes 40

Crise du IIIe siècle (3): L’Empire des Gaules (1) 

Postumus (260-269 EC)

En plein coeur de l’anarchie militaire qui a plongé l’Empire Romain dans la crise du IIIe siècle, on retrouve un territoire autonome qui s’est scindé du reste de l’Empire. Il s’agit de l’Empire des Gaules qui a été créé par l’un des nombreux usurpateurs du pouvoir romain, surnommés les “Trente Tyrans” par l’Histoiria Augusta : Marcus Cassianus Latinius Postumus. 

Nous ne savons pas grand-chose sur Postumus et ce que nous savons provient principalement de sources peu fiables comme l’Historia Augusta. On croit qu’il était d’une origine provinciale modeste et, comme il a émis des monnaies dédiées à une divinité locale (Hercules Deusoniensis), serait né à Deusone (Diessen en Hollande) près de la frontière Batave. Il aurait donc des origines gauloises ou bataves. Très doué, il aurait rapidement gravi les échelons militaires jusqu’à devenir gouverneur de Germanie Inférieure sous le règne de Valerianus. Lors d’une invasion germanique en 259 (Alamans, Francs et Juthunges), Gallienus — qui est en charge de l’occident alors que son père Valerianus est en charge de l’orient — confit à son fils Saloninus (à peine âgé de dix-sept ans) la défense de la frontière du Rhin et Postumus y commandait l’une des armées.

À l’été 260, son armée écrase une colonne de Juthunges qui revenait d’Italie chargée de prisonniers et du fruit de leurs pillages. En septembre, suite à une dispute sur la distribution du butin (l’armée n’appréciant pas la décision du jeune Saloninus et de son préfet du prétoire Silvanus de s’accaparer le trésor; et la nouvelle de la capture de Valerianus par les Perses a sans doute aussi été un facteur), les soldats proclament leur général empereur et entreprennent de faire le siège de Colonia Agrippinensium (Cologne). Ils prennent la ville rapidement, puis assassinent Saloninus et Silvanus (quoi que plus tard ils blâmeront les gaulois pour le meurtre). Le pouvoir “Impérial” de Postumus est immédiatement reconnu par les troupes de Gaule, de Germanie et de Rhétie. L’année suivante, il contrôle également la Bretagne, la Gaule Narbonaise et l’Hispanie. Étrangement, plutôt que de marcher sur l’Italie pour devenir l’Empereur de Rome, il établit plutôt son propre fief dans le coin nord-ouest, l’Empire des Gaules, et choisit pour capitale soit Colonia Agrippinensium (Cologne), soit Augusta Treverorum (Trèves). Postumus structure l’administration de son “empire” en prenant exemple sur Rome: il est nommé consul et Pontifex Maximus, reçoit la puissance tribunicienne, établit un sénat et une garde prétorienne, frappe de nombreuses monnaies (principalement avec des types de victoires ou une série importante dédiée aux Travaux d’Hercules), et il défend avec succès son territoire contre les invasions germaniques et les tentatives de Gallienus de le reconquérir (ce dernier réussi bien à faire le siège de Augusta Treverorum, mais il doit abandonner après avoir été blessé d’une flèche).

Toutefois, si Postumus réussit à maintenir la paix et la prospérité dans son empire pendant plus d’une demi-douzaine d’années, les troubles présents dans le reste du monde Romain finissent par le rattraper. Grâce aux apports d’argent provenant du front du Rhin et des mines d’Hispanie, il a réussi à maintenir une monnaie forte jusqu’en 265 mais, par la suite, la quantité d’argent dans la monnaie chute à des niveaux comparable au reste de l’Empire causant une crise économique. Il n’était pas non plus exempt à voir son pouvoir contesté  par un usurpateur puisqu’en janvier 269, Laelianus, le gouverneur de Germanie Supérieur, se révolte et est nommé empereur par ses troupes (Legio XXII Primigenia et Legio VIII Augusta). Postumus recapture la ville de Mogontiacum (Mayence) et fait tuer Laelianus, mais durant l’été 269 il est assassiné à son tour par ses propres troupes qu’il tentait d’empêcher de piller la ville! Il semble que ceux-ci lui reprochait aussi son manque d’ambition… Les légions acclament un certain Marius, un simple soldat, pour le remplacer mais celui-ci ne jouira du pouvoir que quelques mois puisqu’il est assassiné à l’automne 269 et remplacé par le préfet du prétoire Victorinus

IMG_9197-9203Je n’ai qu’une seule pièce de Postumus et c’est un très beau antoninianus (VF [Very Fine] / VG [Very Good], AR (Billon ou flan de bronze saucé), 21 mm, 3.504 g, payé 95 FF, caractérisé par un très très bel avers mais un revers un peu plus usé et un peu flou, die-axis: ↑↑). L’avers présente une buste de l’empereur radié, drapé et cuirassé à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] POSTVMVS P[IVS] F[ELIX] (pieux et heureux) AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Victoire ailée avançant à gauche, une couronne de laurier dans la main droite et une palme dans la gauche, un prisonnier à ses pieds, avec l’inscription latine VICT-OR-IA AVG[VSTI] (“Victoire de l’Empereur”).

Selon le RIC  (Webb, Percy H., ed. by Mattingly, H. & Sydenham, E.A. The Roman Imperial Coinage Vol. 5, Part II (From Probus to Maximian). London: Spink & Son, 1972, pp. 310-368.) ce type n’a été frappé qu’à Lugdunum (Lyon) mais il n’offre aucune datation précise (260-268). Toutefois, les sources en ligne (sans justificatif apparent, possiblement en se basant sur des données archéologiques) mentionnent que ce type aurait pu être frappé aussi à Augusta Trevorum (Trèves) ou à Colonia Agrippinensium (Cologne), et avance comme date le début du règne (260-261). Le motif de victoire peut faire référence soit aux victoires de Postumus contre les envahisseurs Germains (peut être sur les Juthunges), soit au fait qu’il ait résisté à toute les tentatives de Gallienus pour reconquérir son territoire.

Sources: Wikipedia (Postumus [FR/EN], Empire des Gaule [FR/EN]), Google, FAC (Postumus, VICTORIA AVG, laurel wreath, victory, palm), ERIC (Postumus), GallicEmpire; RIC 5.2: 89, Sear RCV (1983): 3032; CoinArchives, acsearch, arc, WildWinds (text, image), numista, numismatics, vcoins, CoinTalk, FAC, YorkCoins, ACG, WorthPoint, CoinProject.  Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine nous nous attardons sur le règne de Victorinus dont j’ai quatre pièces de monnaie.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.146]

Aesculus glabra 

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0779Le marronnier glabre (parfois aussi appelé Pavier de l’Ohio ou Ohio Buckeye en anglais) est une espèce de  plantes à fleurs de la classe des Magnoliopsida (Angiospermae), de la sous-classe des Rosidae, de l’ordre des Sapindales, de la famille des Sapindaceae et du genre Aesculus (qui comprend une trentaine d’espèces de marronniers et de paviers). D’origine nord-américaine, c’est un arbre qui fait dans les 15 à 25 mètres et dont les feuilles caduques, d’une forme composées-palmées, comportent cinq folioles. Les fleurs printanières sont regroupées en panicules dressés et donnent un fruit formé d’une capsule épineuse ronde contenant une ou deux grosses graines brunes de deux ou trois centimètres de diamètre. Tout comme le marronnier commun (Aesculus hippocastanum, i.e. châtaignier des chevaux), le fruit du marronnier glabre est toxique pour l’humain (mais reste apprécié des écureuils) et ne doit pas être confondu avec le fruit du châtaignier (appelé châtaigne mais aussi marron lorsqu’il est de qualité supérieure!) qui est, lui, comestible. Le marronnier a donc un usage essentiellement ornemental et il est utilisé en architecture paysagère comme écran ou plante d’alignement. Étrangement, le nom “Aesculus” vient du nom latin d’un chêne et le nom “marronnier” vient de l’italien marrone (châtaigne) à cause de sa ressemblance avec le châtaignier… (Sources: Wikipedia)

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Monnaies anciennes 39

La crise du IIIe siècle (2): Les Trente Tyrans 

Gallienus (253-268 EC) (3)

En 267, Gallienus doit faire face à une nouvelle invasion de tribus Germaniques (parfois appelé génériquement Goths ou même, par erreur, Scythes). Cette fois il s’agit des Hérules qui, à l’aide d’une flotte de centaine de navires, pillent la côte sud de la Mer Noire, assiégeant sans succès Byzance et Cyzique. La marine romaine les repousse en Mer Égée où ils continuent leur pillage sur les îles de Lemnos et Skyros, avant de s’attaquer aux villes d’Athènes, de Corinthes, d’Argos et de Sparte. La milice athénienne dirigée par Dexippus les repousse au nord, où ils sont intercepté par l’armée romaine sous le commandement de Gallienus. Ils sont défait lors d’une bataille à la frontière entre la Macédoine et la Thrace, près de la rivière Nessos. Toutefois, Gallienus n’a pas le temps de savourer sa victoire. Après avoir accepter la reddition du chef Hérule, Naulobatus, il doit laisser la suite des opérations à Marcianus et partir précipitamment pour l’Italie afin de réprimer la révolte de son maître de cavalerie Aureolus. Ce dernier, campé à Mediolanum (Milan), devait protéger le nord de l’Italie contre une attaque de l’usurpateur Postumus, mais au lieu de cela il donne son support à ce dernier et tente lui-même d’usurper le pouvoir impérial. Gallienus gagne une première bataille près de Pontirolo Nuovo et fait le siège de Mediolanum. 

Toutefois, plusieurs de ses hauts officiers (Heraclianus, Marcianus, Claudius et Aurelianus) complotent contre lui durant le siège et il est assassiné en septembre 268. Le sénat, apprenant sa mort, fait exécuter sa famille (son frère Valerianus, son neveu Marinianus et sa femme Salonina) et leurs partisans. L’un de ses maîtres de cavalerie Illyriens, Claudius, lui succède (soit qu’il a été choisi par Gallienus lui-même sur son lit de mort, ou par ses co-conspirateurs). Ce dernier doit aussitôt faire face à une nouvelle invasion de Hérules, cette fois accompagnés du renfort d’autres tribus Goths (Greuthungi et Thervingi), Gépides et Peucini. Leur attaque sur les côtes occidentales de la mer Noire, sur la mer de Marmara (Propontis) et en Mer Égée est inefficace et Claudius les vaincra en 269 à la bataille de Naissus, méritant ainsi son surnom de Gothicus (vainqueur des Goths). Son bref règne annoncera la fin de l’anarchie militaire et débutera l’époque des empereurs illyriens.  

Voici donc mes trois dernières pièces de monnaie de Gallienus:

La première de ces pièces est un assez beau antoninianus (G [Good], AE [bronze], ± 18 mm, 2.823 g, payé $9.50 US le 1985/04/14, patine brunâtre et le quart de la bordure du flanc est déchiquetée, die-axis: ↑↙︎). L’avers présente une tête de l’empereur radiée à droite avec l’inscription latine GALLIENVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une antilope marchant à gauche avec l’inscription latine (partiellement lisible) DIANAE CONS[ERVATORI] AVG[VSTI] (“Diana, protectrice de l’empereur”) et un XII (marque de la douzième officine de l’atelier de Rome) est légèrement discernable en exergue.

À la toute fin du règne de Gallienus (probablement en 267-68), les ateliers de Rome produisirent une émission monétaire qui honorait neuf divinités romaines afin d’obtenir leur protection en ces temps très troublés. Chacune des divinités était représentées par un ou plusieurs animal réel ou mythique: Apollo (centaure, griffon), Diana (biche, cerf, antilope / gazelle), Hercule (lion, sanglier), Juno (biche / élan / chevreuil), Jupiter (bouc), Liber Pater (panthère / tigresse), Mercure (hippocampe / Criocampus [créature mi-bélier, mi-poisson]), Neptune (capricorne [animal mythique mi-chèvre, mi-poisson], hippocampe) et Sol (Pegasus, taureau). On appel cette série soit “Conservatio”, soit la série animalière de Gallienus. Chacune des officines a produit un type différent de ces pièces. Le groupe le plus fréquent était celui dont l’inscription référait à Diana (43.5%) et le type illustrant une antilope (ou gazelle) a été frappé par la onzième (XI), avec l’antilope à droite, et douzième (XII) officine, avec l’antilope à gauche. Quelques rares pièces de ces types auraient pu également être frappées à l’atelier de Siscia. Cette pièce a donc fort probablement été frappée à Rome, par la douzième officine, vers 267-68.

Sources: Wikipedia (Gallienus [FR/EN], Diana [FR/EN]), Google, FAC (Gallienus, Diana, DIANAE CONS AVG, Conservator, zoo collection), ERIC (Gallienus); RIC vol V, pt 1: 181, Sear RCV (1983): 2853; vcoins, vcoins, vcoins, Numista, Numista, CoinArchives, MA-Shops, acsearch, coinproject, CoinTalk. Voir aussi ma fiche.

La pièce suivante est un très beau antoninianus (F [Fine], AE [bronze], 18 x 21 mm, 2.946 g, payé $US 9.50 le 1985/04/14, importante patine verte [oxyde de cuivre] et le bas de la pièce est rogné, die-axis: ↑↑). L’avers présente une tête de l’empereur radiée à droite avec l’inscription latine GALLIENVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre un Mars, casqué, en tenue militaire, debout ou marchant à gauche, tenant une branche d’olivier dans la main droite, s’appuyant sur un bouclier de la main gauche et une lance posée sur son bras gauche, avec l’inscription latine MARTI PACIFERO (“pour Mars, le pacificateur”) et un A (marque d’officine, alpha = première officine) dans le champs gauche.

Comme je l’ai mentionné la semaine dernière, l’une de quatre grandes thématiques que l’on retrouve dans les différents types de pièces de monnaie émises sous Gallienus (selon Troy Kendrick, A Reassessment of Gallienus’ reign, lui-même citant Erika Manders) est l’association de l’empereur aux divinités. Si c’est la deuxième plus importante thématique après les représentations militaires durant le règne conjoint, l’association divine devient la catégorie incluant le plus grand nombre de pièces frappées après 260 — c’est-à-dire près du quart de l’émission monétaire. L’exemple précédente, qui évoque Diane (la déesse chasseresse), fait partie de cette catégorie. C’est aussi le cas pour cette pièce qui évoque Mars le Pacificateur, un dieu qui amène la paix mais par la victoire. Cette pièce fait partie non seulement du groupe d’association divine mais également de celui des représentations militaires. “Se présenter comme un dieu, un héros, un sauveur ou le médium par lequel le pouvoir divin apportait la paix et la prospérité était un élément standard de la propagande parmi les empereurs. [KENDRICK, p. 57] (…) La «série animale» et la proclamation de tant de dieux protégeant Gallienus étaient probablement un effort pour simultanément impressionner et rassurer toutes ses troupes, qui choisissaient des divinités individuelles à qui prier et faire des sacrifices. [p. 61] (…) Gallienus a tenté de donner à son règne un fondement religieux, faisant appel à un large éventail de divinités qui étaient adorées dans tout l’Empire” [p. 63]. Cette pièce est donc un autre exemple où Gallienus promet au peuple de l’Empire la victoire, la paix et la prospérité, en disant “Ne vous inquiétez pas, avec moi ça va bien aller.”

La nomenclature (GALLIENVS AVG) nous indique encore que la pièce a été frappée durant la période où Gallienus régnait seul, c’est-à-dire après 260. Malheureusement, aucun élément ne nous permet une datation plus précise. Cette pièce aurait donc été frappée à Rome, par la première officine, vers 260-268.

Sources: Wikipedia (Gallienus [FR/EN], Mars [FR/EN]), Google, FAC (Gallienus, Mars, Marti, Mars), ERIC (Gallienus); RIC vol V, pt 1: 236, Sear RCV (1983): 2880; Numista, vcoins, CoinArchives, CerberusCoins, MA-Shops, Numismatics, acsearch, acsearch. Voir aussi ma fiche.

Mon dernier exemple est une pièce grecque impériale (monnaie provinciale romaine). J’ai toujours cru qu’il s’agissait d’un tétradrachme mais en fait c’est un decassarion, “une dénomination de bronze valant dix as (assarion en grec) qui était généralement frappé par les ateliers provinciaux romains. Il ne respectait pas une norme de poids standard mais suivait plutôt la norme locale, ainsi il s’agissait simplement d’une pièce qui avait pour valeur dix fois la dénomination de base locale” [ACG]. 

C’est donc un très beau decassarion frappé à Perga, en Pamphylie, sur la côte sud de l’Anatolie (F+ [Fine+], AE [bronze], 29.5 mm, 15.087 g, payé environ $5 le 1985/01/06, surface rugeuse et dépôt rougeâtre, die-axis: ↑↑). L’avers présente une tête de l’empereur laurée, cuirassée et drapée à droite avec l’inscription grecque AVT KA𝚰 𝞟𝞞 𝞚𝞘  𝚪𝚨𝚲𝚲𝚰𝚮𝚴-𝚶 CEB (Aut[okratos] Kai[sar] Po[blios] Li[cinios] Gallieno Ceb[astos] = Imperator Ceasar Publius Licinius Gallienus Augustus) et un grand “𝚰” devant le buste (un indice de la dénomination). Le revers illustre un coffre à trois pattes avec trois bourses au-dessus, et l’inscription grecque 𝚷𝚬𝚸-𝚪𝚨𝚰-𝛀𝚴 (Pergaion / Perga, le nom de la cité qui a frappée la monnaie).

La symbolique de ce type de revers est incertaine. Cela pourrait faire référence à des offrandes divines ou à une libéralité de l’empereur (distribution d’argent au peuple) car le coffre et des bourses évoque une idée d’argent (sacs de monnaies). J’aurais probablement besoin de faire plus de recherches sur ce sujet. De plus, aucun élément de cette pièce ne permet de la dater avec précision, donc tout ce que l’on peut dire c’est qu’elle a été frappée à Perga vers 253-268 (quoique la présence de “AVT KAI” suggère que c’était durant le règne conjoint, soit 253-260).

Sources: Wikipedia (Gallienus [FR/EN], atelier monétaire), Google, FAC (Gallienus), ERIC (Gallienus), ACG (Decassarion), ; CoinProject (1, 2, 3), CoinArchives, SNG, WildWind (text, image). Voir aussi ma fiche.

En conclusion, comme je l’ai déjà mentionné quand j’ai parlé de son épouse Salonina, ce qui rend Gallienus intéressant c’est que, malgré le fait qu’il ait été un empereur-soldat, il a aussi été un empereur hellénisant et humaniste, adepte du néoplatonisme et tolérant envers les cultes orientaux (Allat, Sol, religions à mystères), particulièrement envers le christianisme — ce qui a d’ailleurs beaucoup facilité son avancement. Il a également fait des réformes militaires où le commandement des armées a été confié à des Magister equitum (des officiers expérimentés d’origine illyrienne ou pannonienne) et où il a créé de nouvelles divisions de cavalerie, plus aptes à répondre rapidement aux invasions et plus adaptées aux tactiques des germains.

Gallienus a pris le pouvoir au pire moment de la crise du troisième siècle, quand l’Empire aurait dû s’effondrer, mais d’une manière ou d’une autre, il a réussi à tout garder ensemble probablement principalement grâce à sa réforme de l’armée. Il a comprit que l’armée était celle qui faisait et défaisait les empereurs et que s’il pouvait garder les soldats payés, occupés et heureux, il pourrait rester au pouvoir. Pour ce faire, il a entre autre créé de nouveaux ateliers monétaires (Mediolanum et Lugdunum) pour frapper des pièces plus près des légions du nord afin de leur assurer un salaire stable. 

Toutes ces luttes intestines avec les usurpateurs et les guerres pour tenir les envahisseurs à distance coûtaient énormément cher à l’Empire. Et le fait que les mines d’argent d’Espagne étaient soit épuisées, soit sous le contrôle de l’Empire des Gaules a contribué à aggraver la crise économique. Malheureusement, Gallienus ne pouvait rien faire à ce sujet, sinon continuer à produire de la monnaie avec au moins une apparence de normalité. Comme la teneur en argent des pièces devenait de plus en plus basse, on cachait ce fait en sauçant les pièces dans une solution d’argent pour leur donner un bel aspect argenté. Il a également utilisé sa monnaie pour diffuser une forte propagande affirmant que tout allait bien et qu’il garderait l’empire en sécurité et prospère. Et, d’une manière miraculeuse, il a réussi à rester au pouvoir pendant quinze ans, à tenir les envahisseurs et les usurpateurs à distance et l’empire en marche. C’est pourquoi son règne a marqué un point tournant dans l’Empire romain au troisième siècle.

Pour les trois prochaines semaines, avant de nous attaquer aux empereurs Illyriens, nous ferons un petit détour pour discuter de l’Empire des Gaules fondé par Postumus.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.139]

Rosa “Leonardo da Vinci” 

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0777Les Rosiers floribunda (ou Floribunda rose en anglais) sont une catégorie de cultivars de rosiers obtenu par l’hybridation de rosiers thé (croisement entre le Rosa ×odorata et un rosier Bourbon) et de rosiers polyanthas (eux-même produit par le croisement de Rosier de Chine [Rosa chinensis] et de rosier multiflore [Rosa multiflora]). Les rosiers (ou Églantiers) sont un genre de plantes à fleurs de la classe des Magnoliopsida, de la sous-classe des Rosidae, de l’ordre des Rosales et de la famille des Rosaceae. Leur nom en latin signifie ”floraison abondante“ car l’arbuste produit beaucoup de fleurs, plus grandes et dont la floraison dure plus longtemps. C’est une fleur idéale pour les plates-bandes et les fleurs en bouquets. Souvent, comme dans ce cas-ci, l’on donne aux cultivars de rosiers des noms de célébrités. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Monnaies anciennes 38

La crise du IIIe siècle (2): Les Trente Tyrans 

Gallienus (253-268 EC) (2)

À partir de 260, Gallienus règne seul sur l’Empire. Toutefois, son règne continue d’être en proie aux même menaces qui persistaient durant les années de règne conjoint avec son père: révoltes, usurpations du pouvoir et invasions, le tout sur un fond de crise économique. Après la défaite de la bataille d’Édessa et la capture de Valerianus, l’armée Sassanide du roi Shapur attaque la Cilicie et la Cappadoce pillant une trentaine de cités. Ce qui restait de l’armée romaine s’est rallié sous le commandement de Ballista et de Fulvius Macrianus pour repousser les Sassanides avec l’aide d’Odenathus et de ses cavaliers Palmyriens. Fort de ce succès, Macrianus décide de nommer empereur ses fils Quietus et Iunius Macrianus. Les deux Macrianus, gagnant à leur cause les légions de Pannonie, marchent sur l’Italie mais sont défait en Illyrie par le général Aureolus au printemps ou au début de l’été 261. Au même moment, Odenathus pousse plus profondément en territoire Sassanide. Il assiège sans succès la capital de Ctesiphon mais réussi néanmoins à reprendre tout le territoire que les romains avaient perdu depuis le siège de Nisibis en 252. Par 262, Odenathus contrôle une bonne partie de l’Orient romain (le Levant, la Haute Mésopotamie et l’est de l’Anatolie) et ne peut résister à s’en déclarer le roi (avec son fils Herodianus), fondant ainsi l’Empire palmyrénien. Gallienus, préoccupé par la situation à la frontière nord de l’Empire, n’a pas le choix de le tolérer — il lui donne même le titre de dux Romanorum (commandeur des Romains). Lorsque Odenathus est assassiné en 267, le pouvoir passe à son fils Waballath (sous la régence de son épouse Zenobia) qui parvient à en agrandir le territoire (ajoutant une partie de l’Arabie et l’Égypte — qui s’était déjà rebellée sous Macrianus, puis sous le préfet Aemilianus en 262) jusqu’à ce qu’Aurelianus y mette fin en 273.

Pendant ce temps, Gallienus est au prise avec un autre usurpateur au nord de l’Empire. Suite à la défaite d’Edessa et à la révolte de Macrianus, le commandant des légions du Rhin, Postumus, est proclamé empereur par ses troupes en septembre 260. Il assiège et prends Colonia Agrippinensium (Cologne) et y établit sa capitale. Il y fait également assassiner Saloninus, le fils de Gallienus. Son pouvoir est immédiatement reconnu par les troupes de Gaule, de Germanie et de Rhétie. L’année suivante, il contrôle également la Bretagne, la Gaule Narbonaise et l’Hispanie. Étrangement, plutôt que de marcher sur l’Italie pour devenir l’Empereur de Rome, il établit plutôt son propre fief dans le coin nord-ouest: l’Empire des Gaules. Gallienus, affaiblit par la rébellion de Macrianus et de nouvelles invasions Goths au nord-est, ne réussira jamais à éliminer cet empire. Il réussit bien à assièger Postumus mais il est blessé par une flèche tirée du rempart et doit abandonner. Et lorsque Aureolus revient de l’Orient avec des renforts, celui-ci le trahit, donne son support à Postumus et tente d’usurper le pouvoir à son tour… L’Empire de Postumus (à qui succèdera Victorinus, puis Tetricus) ne sera reconquit que par Aurelianus en 274. À suivre…

Cette semaine, je vous présente trois autres pièces de monnaie de Gallienus.

IMG_9150-9154La première pièce est un assez beau antoninianus (G [Good], AR [argent], 17.5 x 18 mm, 2.344 g, payé environ $6 le 1985/04/14, die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste de l’empereur radié et cuirassé à droite, avec l’inscription latine GALLIENVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Liberalitas drapée, debout à gauche, tenant une tessera de la main droite levée et une corne d’abondance (cornucopiae) de la main gauche, avec l’inscription latine LIBE-RAL[ITAS] AVG[VSTORVM] (la générosité de l’empereur) et un S (marque d’officine, S[ecundus] = deuxième officine) dans le champs droit. 

La nomenclature (GALLIENVS AVG) nous indique que la pièce a été frappée durant la période où Gallienus régnait seul, c’est-à-dire après 260. Le RIC (vol V, pt 1: p. 33) nous apprend que ce type de Liberalitas a été frappé seulement à Rome. Il commémore une libéralité, ou distribution d’argent au peuple. Celles-ci eurent lieu en 253, 254, 256 et — la seule du règne de Gallienus — en 263. Ces libéralités sont bien représenté par les attributs de la divinité allégorique: la cornucopiae, qui représente l’abondance, et la tessera, qui est une sorte de planche avec des trous utilisées pour compter rapidement le nombre approprié de pièces à distribuer. Cette pièce a donc été frappée durant le règne unique de Gallienus, à Rome, en 263.

Sources: Wikipedia (Gallienus [FR/EN], Liberalitas [FR/EN], corne d’abondance [FR/EN]), Google, FAC (Gallienus, Liberalitas, tessera, cornucopiae), ERIC (Gallienus); RIC  vol. V, pt 1: 227, Sear RCV (1983): 2877; Numista, WildWinds (text, image), CoinProject, Numismatics. Voir aussi ma fiche.

Les deux pièces suivantes sont des antoniniani représentant des Providentiae mais, si elle offrent les inscriptions similaires, elles illustrent la divinité avec des attributs différents.

IMG_9188-9193La première Providentia est un assez beau antoninianus (VG [Very Good] / G [Good], AR / Billon ?, 21 x 17 mm, 2.257 g, payé environ $8 le 1985/12/17, l’avers est assez bien conservé mais il y a un important dépôt sur le revers et tout le bas de la pièce est rogné; die-axis ↑↑). L’avers nous offre une tête de l’empereur radiée avec l’inscription latine GALLIENVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Providentia drapée, debout à gauche, tenant un globe dans la main droite et un long sceptre transversal dans la gauche avec l’inscription PROVID[ENTIA] AVG[VSTORVM] (la providence [protection? prévoyance?] de l’empereur). Il ne semble pas y avoir de marque d’officine dans le champs (et l’exergue a disparu dans la rognure, donc impossible de savoir si elle contenait une marque quelconque…).

Encore une fois, la nomenclature (GALLIENVS AVG) nous indique que la pièce a été frappée durant la période où Gallienus régnait seul, c’est-à-dire après 260. Dans ce cas-ci nous nous retrouvons devant deux possibilité. La première (RIC 270) est une frappe aux ateliers de Rome qui normalement comporterait un “P” dans le champs droit mais certaines sources en ligne indique qu’il existerait un type sans aucune marque — toutefois, pour cette frappe, personne n’ose avancer de datation donc nous restons avec l’intervalle du règne seul, soit 260-268. La seconde possibilité (RIC 508a) est une frappe à l’atelier de Mediolanum (Milan) qui comporterait soit un “P” dans le champs droit (ce qui n’est pas le cas) ou un “MP” en exergue (ce qui est impossible à vérifier avec cette pièce). Je juge plus probable qu’il s’agisse de la seconde possibilité. Le sources en ligne date le type de cette frappe à 265-66 mais je n’ai pas pu trouver de justification pour cette datation. Il me faudrait sans doute faire des recherches plus approfondies…

Sources: Wikipedia (Gallienus, Providentia [FR/EN]), Google, FAC (Gallienus, Providentia), ERIC (Gallienus); RIC vol V, pt 1: 270 / 508a, Sear RCV (1983): 2888; CoinArchives, Numismatics, WildWinds (RIC 270: text, image; RIC 508: text, image),  bnumis, CoinProject, MA-Shops. Voir aussi ma fiche.

IMG_9171-9175L’autre Providentia est un beau antoninianus (VG [Very Good], AE [bronze], 21 x 22 mm, 3.946 g, payé environ $6 le 1985/04/14, die-axis: ↑↑) qui nous offre en avers une tête de l’empereur radiée à droite avec l’inscription latine GALLIENVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Providentia debout à gauche, tenant un bâton dans la main droite et une cornucopiae dans la main gauche; à ses pieds, à gauche, il y a un globe et l’on retrouve l’inscription latine PROVIDEN[TIA] AVG[VSTORVM] (la providence [protection? prévoyance?] de l’empereur). Il n’y a aucune marque d’officine dans le champs ou en exergue.

La nomenclature (GALLIENVS AVG) nous indique encore que la pièce a été frappée durant la période où Gallienus régnait seul, c’est-à-dire après 260. Ce type de Providentia (avec cette inscription et pas de marque d’officine) ne semble se retrouver que dans les pièces frappées à l’atelier de Siscia. Les sources en ligne la date de 267-68 (mais, encore une fois, je n’en ai pas trouvé le justificatif).

Sources: Wikipedia (Gallienus [FR/EN], Providentia [FR/EN]), Google, FAC (Gallienus, Providentia, Siscia), ERIC (Gallienus); RIC vol V, pt 1: 580; vcoins, WildWinds (text/image), bnumis, CoinProject. Voir aussi ma fiche.

L’utilisation du type de revers avec une Providentia est très révélateur d’un aspect important de la propagande impériale de Gallienus. Elle montre quelle image il voulait donner de lui-même et de son règne principalement à travers ses portraits officiels et les différents types de frappes monétaires. Cela nous permet indirectement de connaitre l’idéologie et les politiques qu’il voulait communiquer au peuple. Selon Troy Kendrick (A Reasses­sment of Gallienus’ reign, lui-même citant Erika Manders), on retrouve durant le IIIe siècle quatre grandes thématiques dans les différents types de pièces de monnaie émises: les représentations militaires (22.5%), la promotion d’un âge d’or ou saeculum aureum (19.2%), la glorification des vertus de l’empereur (17.4%) et l’association de l’empereur aux divinités (21.8%). La frappe monétaire sous Gallienus suit les mêmes proportions. La prédominance des types militaires (qui évoquent des victoires ou vantent la valeur d’une légion pour la fidéliser) reflète bien l’importance qu’il accordait à l’armée — et pour cause! Le message qu’il veut faire passer à travers les types de frappes est qu’il est favori des dieux et, par ses propres mérites et vertus (pietas, clementia, justicia, aequitas, liberalitas, providentia, indulgentia, etc.), il est l’homme de la situation pour maintenir la paix et la prospérité de l’Empire. C’est l’habituel “Ça va bien aller” et ceux qui disent autrement font des “fake-news” (Quoi? Quelle crise?)…

Comme pour les pièces présentées la semaine dernière, celles-ci sont une bonne évidence de la dévaluation monétaire sous Gallienus (voir aussi RIC v. 5 pt 1, pp 7-8). Le coût élevé des campagnes militaires, l’épuisement des mines d’argent et l’émission constante de nouvelle monnaie par une succession d’empereurs et d’usurpateurs causent une importante inflation à laquelle on répond par une dépréciation monétaires et les pièces contiennent donc de moins en moins d’argent. L’antoninianus, qui lors de sa création par Caracalla, contenait 50% d’argent n’en contient plus que 10% au début du règne de Gallienus. On compense en frappant des pièces en billon (ce qui donne un aspect plus terne aux pièces) ou en trichant par l’utilisation de pièces saucées (un flan de bronze est trempé dans une solution d’argent pour lui donner une apparence argenté). Toutefois avec le temps et l’usage ce plaquage tend à disparaître et l’antoninianus prend l’apparence d’une simple pièce de bronze. À la fin du règne de Gallienus, les pièces ont moins de 3% d’argent et cela tombe à près de 1% dans la décennie suivante!

La semaine prochaine je vous présenterai mes trois dernières pièces de monnaie de Gallienus et je vous entretiendrai de sa mort et de son legs.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.132]

Nymphaeaceae 

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

Le nénuphar (water lily en anglais) est une plante aquatique de la classe des Magnoliopsida, de l’ordre des Nymphaeales, de la famille des Nymphaeaceae, et des genres Nymphaea (qui comprend une vingtaine d’espèce) et Nuphar (qui comprend une dizaine d’espèces). Les espèces les plus communes sont le nénuphar blanc (Nymphaea alba en latin ou “European white water lily” en anglais), le nénuphar jaune (Nuphar lutea en latin ou “yellow water-lily” en anglais) et le nénuphar rose (Nymphaea ‘Fabiola’ en latin ou Hardy water lily). Il pousse dans les eaux calmes et est caractérisé par des rhizomes subaquatiques, de larges feuilles arrondies et de grandes fleurs solitaires. Son nom (qui se retrouve pratiquement identique en latin, arabe et persan) vient du sanskrit नीलोतपल (nīlōtpalalotus bleu — car la plupart des espèces de lotus font partie de la même famille et du même genre que le nénuphar). (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Monnaies anciennes 37

La crise du IIIe siècle (2): Les Trente Tyrans 

Gallienus (253-268 EC) (1)

Cette période nous offre sans aucun doute l’un des principats les plus intéressants du IIIe siècle. Publius Licinius Egnatius Gallienus est né vers 218. Il épouse Cornelia Salonina vers 240 (dont j’ai déjà parlé un peu plus tôt dans cette chronique) qui lui donne trois enfants: Valerianus II (c. 240-258), Saloninus (c. 242-260) et Marinianus (c. 249 – 268). Lorsque son père, Publius Licinius Valerianus, accède au pouvoir en septembre 253, il est nommé caesar et augustus, reçoit la puissance tribunicienne et devient le co-empereur de son père. Il est nommé consul pour une première fois en 254. Pour faire face aux nombreux périls qui menacent leur vaste empire (les habituelles révoltes, usurpations et invasions), Gallienus et son père se divisent le territoire d’une façon qui rappel ce qui deviendra plus tard la tétrarchie: Gallienus demeure en Italie pour contrer les invasions des tribus germaniques sur le Rhin et le Danube, alors que Valerianus se rend en Orient pour affronter les Perses sassanides. De 254 à 260, Gallienus passe la majorité de son temps dans les provinces romaines du nord (Germanie Inférieure et Supérieure, Rhétie, Norique, Pannonie, Dacie, Illyrie) pour repousser des invasions de Francs, d’Alamans et de Juthunges tout en écrasant la révolte du gouverneur de Pannonie Ingenuus ainsi que celle de Regalianus dans les Balkans. Son fils Valerianus II meurt en 258 (possiblement aux mains de Ingenuus). En 260, lors de la bataille d’Édesse, son père est capturé par les troupes du roi Sassanide Sapor I et il meurt subséquemment en captivité. Dès lors, Gallienus règnera seul sur l’Empire. À suivre…

J’ai neuf pièces de monnaie de Gallienus mais cette semaine je n’en présenterai que trois. Les deux premières pièces sont très similaires — en fait, à quelques détails près, elles sont identiques. Ce sont de beau ou même très beau antoniniani qui portent tous deux les même illustrations et inscriptions tant sur l’avers que sur le revers. Les avers nous offrent un buste de l’empereur radié et cuirassé à droite avec l’inscription latine GALLIENVSP[IVS] • F[FELIX] (pieux et heureux) • AVG[VSTVS] — notez les points avant, au milieu et après le “• P • F •”. Les revers illustrent deux captifs germains liés et assis au pied d’un tropæum (trophée militaire) avec l’inscription latine GERMANICVS MAX[IMVS] V [Quintum] (vainqueur des Germains pour la cinquième fois).

IMG_9140-9143La première de ces pièces est caractérisée par une couleur argenté plus terne (presque grisâtre) qui indique que le flan est composé d’un alliage faible en argent appelé billon (G [Good] / VG [Very Good], 20 x 21 mm, 3 g, payé $15 le 1987/09/21; die-axis: ↑↑). Le tropæum, un monument destiné à commémorer une victoire militaire, est composé d’une croix de bois à laquelle est accrochée une cuirasse, un casque, des boucliers et des armes (lances, épées, etc.) prisent à l’ennemi vaincu. Ici, on note que la deuxième rangée de boucliers pointe vers le bas.

IMG_9144-9147La deuxième de ces antoniniani avec un GERMANICVS MAX V (VG [Very Good] / F [Fine], AR [argent], 23 x 20 mm, 3.6265 g, payé environ $14 [70 FF], die-axis:  ↑↑) est caractérisée par une couleur argenté brillante (ce qui dénote un alliage avec un titre d’argent plus élevé ou une pièce “saucée” encore en bon état — i.e. le flan de billon a été plaqué ou trempé dans l’argent pour lui donner une apparence de meilleure qualité; souvent la couche d’argent disparait avec l’usure ce qui ne serait pas le cas avec cette pièce) et le fait que le lettrage de la nomenclature sur l’avers à l’air légèrement étiré et est un peu flou (conséquence d’un frappe de mauvaise qualité ou d’une trempe qui a laissé des coulisses?). On note que la deuxième rangée de boucliers du tropæum pointe vers le haut. Ce détail du trophée est la seule différence entre les pièces — elles ont donc probablement été frappé à des moments différents ou par des officines différentes et avec des coins différents.

Sans donner beaucoup de détails, le RIC [Webb, P.H., ed. by Mattingly, H. & Sydenham, E.A. Roman Imperial Coinage, vol. V, part I, London: Spink & Son, 1972, pp. 16-36] indique que la nomenclature GALLIENVS P•F• AVG a été utilisé par les ateliers de Lugdunum (entre 256 et 259), de Mediolanum (257-59), de Rome et d’Asie (à partir de 260). Toutefois, le revers avec le GERMANICVS MAX V n’est recensé que pour l’atelier de Lugdunum dès 258 et jusqu’à ce que l’atelier tombe sous le contrôle de l’Empire Gaulois de Postumus en 260. Ces pièces auraient donc été frappé à Lugdunum (Lyons) en 258-259. Certaines sources en ligne indiquent ces pièces comme ayant été frappé à Colonia Agrippinensis (Cologne), où l’atelier de Lugdunum aurait été transféré pendant un certain temps. 

Ces pièces commémorent une des nombreuses victoires de Gallienus contre les Germains durant le règne conjoint avec son père (253-260) — il s’agit probablement soit des Francs qui envahirent la Gaule par le Rhin Inférieur en 258 ou des Alamans et des Juthunges qui envahirent l’Italie par les champs Décumates. Il vainc les Alamans à la bataille de Mediolanum (Milan) en 259.

Sources: Wikipedia (Gallienus [FR/EN], tropæum [FR/EN]), Google, FAC (Gallienus), ERIC (Gallienus); RIC vol V, pt 1: 18j, Sear RCV (1983): 2861; CoinArchives, WildWinds (1: text/image, 2: text/image, 3: text/image, 4: text/image, 5: text/image), CoinTalk, BeastCoins, acsearch, vcoins, vcoins, numista, arc, numismatics, CoinProject, ancientcoins. Voir aussi mes fiches (fiche 1 et fiche 2).

IMG_9177-9181La dernière pièce est un bon antoninianus de bronze (G [Good], Ae [bronze], 19 x 20 mm, 2.635 g, payé environ $6 le 1985/06/16, la patine est d’un brun très foncé, presque noir, alors que le relief est d’un brun clair, consistant avec une pièce de bronze; die-axis: ↑↓). L’avers nous offre un buste de l’empereur radié et drapé à droite avec l’inscription latine (à peine lisible) GALLIENVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre un Sol drapé, debout, à demi tournée vers la gauche, la main droite levé et tenant un globe dans la main gauche, avec l’inscription latine (à peine lisible) AETERNITAS AVG[VSTI] (l’éternité de l’Empereur) et un 𝚪 (gamma)dans le champs gauche. 

Rien ne permet de dater précisément cette pièce. Toutefois, cette nomenclature (GALLIENVS AVG) semble avoir été utilisé surtout durant le règne seul de Gallienus (260-268) [voir le RIC vol. V, pt I: 34]. De plus, les marque d’officines en grec (gamma = troisième officine) ne semblent avoir été utilisé qu’aux ateliers de Rome. Cette pièce aurait donc été frappée à Rome, entre 260 et 268, sans doute pour souhaiter à l’empereur un long règne.

Sources: Wikipedia (Gallienus, Sol), Google, FAC (Gallienus, Aeternitas, Aeternitas Aug, Sol, catalog), ERIC (Gallienus); RIC vol V, pt 1: 160; numista, CoinProject (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8), WildWinds (1: text/image, 2: text/image, 3: text/image), vcoins, coinstree, CoinTalk, MA-Shops, numismatics. Voir aussi ma fiche.

Ce que l’on remarque avec ces pièces, c’est qu’elles démontrent bien la dévaluation monétaire qui eut lieu sous le règne de Gallienus — la quantité d’argent utilisé dans les pièces diminue drastiquement vers la fin du règne [voir le RIC vol. V, pt I: 7-8]. Toutefois, nous reviendrons sur ce sujet bientôt… La semaine prochaine, je vous présente trois autres pièces de monnaie de Gallienus.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.125]

Paeonia

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0871Les pivoines (ou peony en anglais) sont des plantes à fleurs de la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae), de l’ordre des Dilleniales, de la famille des Paeoniaceae et du genre Paeonia (qui comprend une quarantaine d’espèces). On en retrouve principalement deux types: les pivoines herbacées vivaces qui DSC_0881peuvent atteindre un mètre de hauteur et les pivoines arbustives qui forment des arbustes pouvant aller jusqu’à trois mètres. Les pivoines Itoh illustrées ici (cultivars “Cora Louise“ et “Prairie Charm”) sont le résultat d’un croisement entre une pivoine herbacée Paeonia lactiflora “Katoden” et une pivoine arbustive Paeonia suffruticosa par l’horticulteur japonais Toichi Itoh en 1948. Elles partagent des caractéristiques avec les deux types: elles s’apparentent aux herbacées, avec de larges fleurs qui durent tout l’été, mais ont des feuilles comme celles des arbustes. Leur nom (du grec παιωνία / païônía / “propre à guérir, salutaire”) fait référence au dieu guérisseur grec Péon et aux propriétés médicinales des pivoines herbacées qui étaient connues dans l’antiquité tant des Grecs que des Chinois. La pivoine arbustive a surtout un usage ornemental. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Pictorial chronicles [002.021.121]

Semaine XV en images

[ iPhone 11 Pro, Iles Laval & Parc Frédéric-Back, 2021/04/25 ∼ 05/01 ]

Dimanche: Une journée tranquille de congé à rattraper les tâches ménagères et à écrire sur le blogue. Rien d’intéressante à signaler…

Lundi: Après le souper, nous allons marcher dans le parc juste à temps pour observer un superbe coucher de soleil. À ma grande surprise, au même moment, une lune énorme se lève derrière le cirque du soleil. C’est la super lune du printemps que les anglophones appellent “Pink Moon” (pas parce qu’elle est vraiment rose mais parce qu’elle apparait au moment des premières floraisons). Une “super lune” se produit lorsqu’une pleine lune se produit alors qu’elle est au périgée (le point où, dans son orbite elliptique, la lune est la plus proche de la terre) et que le soleil, la terre et la lune sont alignés de sorte que la lune reçoit un maximum d’illumination solaire (syzygie). La lune peut ainsi paraître 7% plus grosse que d’habitude et 15% plus brillante! Une deuxième super lune se produira cette année, le 26 mai prochain. Je me suis dit alors, je vais retourner à la maison chercher ma caméra pour prendre des photos de la lune avec un zoom. Malheureusement, je me suis rendu compte qu’il était 19h55. Le couvre-feu commençait bientôt, ne me laissant pas le temps pour des photos. J’ai attendu plus tard et, un peu avant minuit, j’ai pris quelques photos à partir de mon balcon…

Mardi: Je fini le travail un peu plus tôt à cause du couvre-feu. Je reviens en bicyclette électrique et décide de passer par le parc qui, dix minutes avant le couvre-feu, est pratiquement désert. C’est l’occasion d’observer un autre beau coucher de soleil…

Mercredi: Une journée pluvieuse sans histoire…

Jeudi: J’ai pris congé et ce sera ma dernière longue fin de semaine avant mes vacances à la fin mai (tous le mois d’avril j’ai eut de longue fin de semaine pour finir mes banques de congés) mais il y a beaucoup à faire. Le matin, j’ai un rendez-vous téléphonique avec mon médecin de famille (le dernier avant qu’elle ne prenne sa retraite, après cela il va me falloir trouver un nouveau médecin!) mais Hydro-Québec débarque aussi pour remplacer le fil qui relit la maison au réseau électrique (apparemment la capacité de notre panneau électrique est plus grande que le calibre du fil, alors ils vont le changer; de plus, le fil avait été un peu abîmé par le frottement avec une branche d’arbre). Je leur demande d’attendre un peu avant de commencer leur travail (parce que pas d’électricité veut aussi dire pas de téléphone IP!) mais de toute façon, le médecin m’appelle sur mon cellulaire… J’en profite ensuite pour prendre rendez-vous avec l’urologue. En après-midi, nous nous rendons au cimetière pour rendre hommage à mes parents et déposer des fleurs sur la tombe familiale. Nous en profitons pour faire le tour des îles-Laval (là où j’ai grandi) et constater l’avancement des travaux du REM (le Réseau Express Métropolitain) qui remplacera l’ancien train de banlieue (et qui sera mis progressivement en service en 2023-2024). Les rails ont été enlevé, la butte excavée, la gare de l’île Bigras sera SOUS les rails (!) et le nouveau pont entre l’île Bigras et Montréal est presque complété. Cela est prometteur… Je termine la journée dans le jardin (une première tulipe a éclose!), puis une brève marche dans le parc et finalement sur l’ordinateur pour écrire ma chronique sur l’histoire des empereurs romains vu au travers de ma collection de pièces de monnaie anciennes.

IMG_9277Vendredi: Je me suis acheté une pompe électrique sans fils pour vérifier la pression et gonfler les pneus de ma bicyclette/scooter. Le gadget s’avère efficace et utile car je constate que les pneus n’avaient que la moitié de la pression requise (ce qui pourrait expliquer l’incident de la semaine dernière). Je fais quelques menu travaux (j’installe un AirTag sur ma bicyclette) et j’écris un peu mais c’est une journée paresseuse où j’en profite pour rattraper mon visionnement d’émissions de télé. Nous faisons également notre promenade quotidienne dans le parc pour observer la nature (beaucoup de merles, un couple de cardinals, un pic mineur, quelques bernaches et marmottes — les habitués). Comme il a plu ces derniers jours, des mares se sont formées dans le parc et un couple de canard colvert s’y ébat.

Samedi: Une répétition de la veille: je fais de menus travaux dans le jardins (le pommier commence à faire des feuilles !), j’écris un peu, regarde la télé (entre autre je termine la première saison de la série Legend of the Galactic Heroes: Die Neue These [銀河英雄伝説 ディ ノイエ テーゼ / Ginga Eiyū Densetsu: Di Noie Tēze / Legend of the Galactic Heroes: The New Thesis] dont les douze épisodes ont été diffusé à la télévision japonaise entre avril et juin 2018, puis diffusé sur le web par Crunchyroll avant d’être publié en BluRay par FUNimation en mars 2019. Il s’agit d’un remake par Production I.G. de la fameuse série d’OVA basé sur les romans de Yoshiki Tanaka, [ AmazonNelliganstars-3-0) et nous prenons notre marche quotidienne dans la parc. Cette fois-ci, je remarque que les poiriers en face du Cirque du Soleil sont en fleurs. Je note également un très bel arbuste à fleurs jaunes (ce serait un Forsythia). Somme toute, ce fut une belle semaine assez tranquille…

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Monnaies anciennes 36

La crise du IIIe siècle (1): Les usurpateurs (4)

Volusianus (251-253 EC)

Caius Vibius Afinius Gallus Veldumnianus Volusianus est né vers 230 et ses parents sont Trebonianus Gallus et Afinia Gemina Baebiana. Lorsque son père (qui est alors gouverneur de Mésie) est proclamé empereur en juin 251 suite à la mort de Decius durant une campagne contre les Goths, il adopte le fils de ce dernier, Hostilianus, pour légitimer son pouvoir et le fait auguste et co-empereur. Il ne donne à son propre fils, Volusianus, que le titre de César mais le marie à la soeur de Hostilianus. Toutefois, à la mort de celui-ci en novembre 251 (soit de la peste [selon Aurelius Victor], soit assassiné [Selon Zozime]), Volusianus le remplace comme auguste et co-empereur. Il est fait consul en 252 et 253. L’Empire est lourdement affecté par la peste et, si Trebonianus Gallus avait acheté la paix avec les Goths, cela ne les a pas empêcher de continuer leur incursion en Mésie. À la même époque, les Sassanides envahissent la Mésopotamie et même capturent Antioche! Compte-tenu du sort de leur prédécesseur, les empereurs décident d’éviter la confrontation et restent à Rome. C’est sans doute ce fait qui incita le commandant de l’armée de Mésie, Aemilianus, à se rebeller et à usurper le pouvoir. Trebonianus Gallus et Volusianus furent assassiné par leur propre soldats en août 253, ceux-ci décidant de se soumettre aux forces supérieures de l’usurpateur qui marchait sur Rome. Ils n’auront régné que deux ans.

IMG_9125-9131Je n’ai qu’une seule pièce de Volusianus et c’est un relativement beau antoninianus (F [Fine] / G [Good], Ar [argent, à faible titre probablement autour de 30-35%], 20 x 22 mm, 3.5736 g, payé environ $5, caractérisé par un dépôt verdâtre [bleu saphir et sarcelle/teal pour être plus précis] plus important sur le revers, die-axis: ↑↑). Sur l’avers on retrouve un buste de l’empereur radié, drapé et cuirassé à droite avec l’inscription latine IMP[ERTOR] CAE[SAR] C[AIVS] VIB[IVS] VOLVSIANO AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Pax debout à gauche tenant une branche d’olivier dans la main droite et un long sceptre transversal dans la main gauche, avec une étoile dans le champs droit et l’inscription latine (peu visible) PAX AVGG[VSTI] (“la paix des empereurs” — le double “G” dénote un pluriel).

Selon le RIC (Mattingly, H., Sydenham, E.A. & Sutherland C.H.V.. Roman Imperial Coinage, vol. IV, part III, London: Spink & Son, 1949, pp. 153-157, 178), “La 3e émission [avec les CONCORDIA AVGG (assise), PAX AVGG et VIRTVS AVGG] couvre probablement l’année 252. L’étoile dans le champs qui accompagne un tiers des émissions devrait marquer une occasion spéciale de bon augure — le consulat conjoint des empereurs le 1er janvier (?) ou l’anniversaire de leur accession (?). (…) On notera que la composition de la 3e émission est certaine. Le seul doute est de savoir si l’émission avec «l’étoile» précède, suit ou est enchâssée dans l’autre. Notez les nombres élevés pour les PIETAS AVGG et PAX AVGG, le nombre bas pour la VIRTVS AVGG. [p. 154] (…) L’émission avec une étoile ne couvre qu’environ un tiers de l’année. En tant que symbole solaire, l’étoile avait été utilisée par l’empereur Elagabalus, prêtre du dieu-soleil Elagabalus. L’occasion exacte n’a pas été déterminée. [p. 157]” Cette pièce aurait donc été frappée à Rome durant l’année 252.

Après la mort de Decius aux mains des Goths en juin 251, Trebonianus Gallus leur achète la paix. Cela accorde à l’Empire un bref répit — qui est probablement célébré par cette pièce de monnaie. Toutefois, la paix prend fin en 252 alors que le roi Sassanide Shapur I et son fils Ardashir I traversent l’Euphrate avec leur troupes pour envahir la Mésopotamie lors de la bataille de Barbalissos. Et, en 253, le gouverneur Aemilianus refusant de leur payer un tribut, les Goths envahissent à nouveau la Mésie.

Sources: Wikipedia (Volusianus [FR/EN], antoninianus [FR/EN], Couronne radiée [FR/EN], Pax [FR/EN]), Google, FAC (Volusian, Catalog, Catalog, Catalog), ERIC (Volusian); RIC 4.3: 180; CoinProject, Numismatics, CoinArchives, WildWinds (text, image), acsearch, acsearch. Voir aussi ma fiche.

Marcus Aemilius Aemilianus (originaire de Maurétanie) est gouverneur de Mésie lorsque les Goths transgressent à nouveau la frontière romaine. Il réussi à les repousser au-delà du Danube. Fort de ce succès, il est proclamé empereur par ses troupes le 24 juillet 253. Trebonianus Gallus charge alors le commandant des armées du Rhin et du Haut-Danube, Valerianus, de mettre fin à cette révolte mais ce dernier est lui-même acclamé empereur par ses troupes! Les deux armés marchent sur Rome et, après la mort de Trebonianus Gallus et Volusianus en août 253, Aemilianus est reconnu comme leur successeur par le sénat. Malheureusement, son armée décide de se rallier plutôt à Valerianus et il est assassiné ! 

Cette constante lutte pour le pouvoir entre les militaires provoque une longue période d’anarchie qui plongea l’Empire Romain dans une grave crise socio-économique. À cette époque, il y a tellement d’usurpateurs du pouvoir que l’Histoire Auguste parle des Trente tyrans (quoique les autres sources historiques et numismatiques ne permettent d’en confirmer que dix-sept). Malgré cela (et en plus de la constante pression sur les frontières notamment en Gaule et en Orient), les règnes de Publius Licinius Valerianus (qui dura sept ans) et de son fils Publius Licinius Egnatius Gallienus (15 ans) offriront un peu de stabilité. Lorsque Valerianus est capturé par les Sassanides en 260, lors de la bataille d’Édesse (pour subséquemment mourir en captivité), Gallienus — jusqu’alors co-empereur avec son père — règnera seul sur l’empire. Dès la semaine prochaine, nous traiterons de son règne (probablement en deux ou trois parties car je n’ai pas moins de neuf pièces de monnaies de Gallienus!).

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