Pline, vol. 8

Le goût de la ciguë

Pline_8-covL’Histoire a retenu son nom. Mais que savons nous du plus grand savant de l’Antiquité ?

“Pline découvre les merveilles d’Alexandrie : son phare, sa bibliothèque… mais une lettre de Sénèque le pousse à reprendre ses voyages. Un nouveau périple qui le fera tomber nez à nez avec le minotaure, ainsi que le colosse de Rhodes ! Néron, quant à lui, est toujours sous le choc suite à l’incendie de Rome. Livré à lui-même, il va devoir se résigner à faire appel à Pline…

[texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Pline (titre original: プリニウス / Plinius ) est une biographie du naturaliste romain Pline l’Ancien par Mari Yamazaki (Thermae Romae) et Miki Tori. Prépublié au Japon par Shinchôsa dans le périodique Shinchô 45 et dans la magazine littéraire Shinchô depuis le chapitre 54, ce manga seinen est traduit en français chez Casterman (Collection Sakka) et en est maintenant au huitième volume. Le neuvième tome devrait paraître en octobre 2020.

Cette série de manga continue de nous raconter deux récits qui s’entremèlent: d’une part, le voyage de Pline autour de la Méditerranée afin de receuillir toutes sortes d’informations pour l’écriture de son Histoire Naturelle, et d’autre part la vie politique à Rome sous Néron.

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Page 32

À Rome on ressent encore les répercussion de la conspiration de Pison pour assassiner l’empereur et du grand incendie qui a complètement détruit trois quartiers de la ville. Poppée, qui est enceinte, cherche à défendre la réputation de l’empereur (qui est blâmé pour l’incendie) et enquête sur les causes du sinistre. Elle découvre que c’est Tigellin qui a provoqué l’incendie et, par l’intermédiaire du juif Lévite, a utilisé des conspirateurs chrétiens pour répendre le feu en leur faisant croire que c’était sous les ordres de l’empereur et que celui-ci favoriserait leur secte en échange. Peu de temps plus tard, Poppée meurt empoisonnée — mais c’est encore Néron, qui l’avait frappé dans un geste de colère, qui est blâmé pour sa mort… Éperdu de chagrin, Néron cherche l’oubli dans la construction de son nouveau palais, la Domus Aurea. Son obsession ruine la ville mais Tigellin profite de la situation pour faire d’une pierre deux coups: il continue à tourner le peuple contre l’empereur en finançant les travaux grâce à la confiscation des biens de nobles qu’il a préalablement accusé d’avoir supporté la conspiration de Pison… Vespasien est de retour à Rome mais Néron lui demande de l’accompagner en Grèce où il entend participer aux jeux olympiques. Néron cherche à faire revenir Pline à Rome pour qu’il organize la bibliothèque de son palais.

À peine arrivé à Alexandrie, Pline apprends que Sénèque, qui était accusé d’avoir comploté contre Néron, s’est donné la mort avec une infusion de ciguë (imitant ainsi Socrate, mais Tacite raconte qu’il s’était aussi ouvert les veines). Il visite la fameuse bibliothèque d’Alexandrie (dont rien n’a été conservé mais les auteurs se sont inspiré de la bibliothèque de Celsus à Éphèse pour en établir le visuel), puis se rends en Crète et finalement à Rhodes.

Extraits des pages 5 à 9

Dans ce volume on retrouve plusieurs des Sept Merveilles du monde antique: la pyramide de Gizeh, la phare d’Alexandrie et le colosse de Rhodes. Étant donné que le voyage que Pline et ses compagnons font en Afrique et en Grèce relève de la pure fiction, les auteurs laissent libre cours à leur imagination et ajoutent au récit des éléments fantastiques. Ainsi ils mélangent le mythe du Minotaure à celui du géant de bronze Talos pour créer un automate monstrueux mi-humain, mi-taureau que Félix et Euclès doivent affronter dans le dédales du palais en ruine de Cnossos. Le monstre a sans doute été créé par cet inventeur mécanicien originaire de Rhodes (qui n’est d’ailleurs pas nommé) à qui Pline viens rendre visite en Crète et qui lui montre la machine d’Hypérion. Celle-ci a d’ailleurs réellement existé: c’est la machine d’Anticythère, découverte dans une épave romaine sur les côtes d’une île près de la Crète.

Pline est un excellent manga dont le récit est à la fois captivant et instructif. Tout en suivant les péripéties des personnages, nous découvrons non seulement les intrigues politiques à la cour de Néron, mais aussi plusieurs aspects de la vie quotidienne sous l’empire romain. La sujet est fort bien documenté et la narration est fluide et agréable. Toutefois, plus que tout, c’est le dessin précis et détaillé de Mari Yamazaki et Tori Miki qui donne à ce manga sa superbe qualité artistique. Beau et intéressant, Pline offre une lecture passionnante pour tout amateur de manga historique et de la Rome antique. Vivement recommandé!

Pline, vol. 8: Le goût de la ciguë, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), octobre 2019. 200 pg (180 planches), 13.2 x 18 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-203-18382-7. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. stars-4-0

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

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Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

Pline_1-cov Pline-2-cov Pline-v3-cov Pline-v4-cov Pline-v5-cov pline-v6-cov pline-v7-cov

Pline © 2019 Mari Yamazaki, Tori Miki • 2019 Casterman pour la traduction française.

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Capsules

L’Histoire en manga (6)

La renaissance et les grandes découvertes

Histoire_en_manga-6-cov“Une collection pour découvrir l’histoire en image. Des expéditions de Christophe Colomb au tour du monde de Magellan… De la chute de l’Empire bysantin à la fondation de la dynastie Qing… De Michel-Ange à Léonard de Vinci, ce manga raconte l’histoire du monde pendant… la renaissance et les grandes découvertes !”

[Texte de la couverture arrière]

“Au sommaire de ce tome, une période riche traitée sous ses multiples aspects avec toujours 5 chapitres mangas et 30 pages documentaires.

– L’essor de l’Empire ottoman : La formation de l’Empire ottoman; Bajazet 1er et la bataille de Nicopolis ; Tamerlan et Mehmed II la chute de l’Empire byzantin; Soliman le Magnifique et le siège de Vienne ; L’essor de l’Empire moghol.

– La Renaissance et trois grands maîtres de la peinture : Florence et la Renaissance; Léonard de Vinci ; Le David de Michel-Ange ; La rivalité entre Léonard de Vinci et Michel-Ange; Raphaël et Michel-Ange; Léonard de Vinci et la mort de Raphaël.

– Luther et la Réforme : Léon X et la vente d’indulgences; Les 95 thèses de Luther; Luther devant la diète de Worms; La diète de Spire et les protestants; Jean Calvin; La fondation de l’Église d’Angleterre.

– Christophe Colomb et les grandes découvertes : Le Portugal ouvre une nouvelle route maritime; La découverte du cap de Bonne-Espérance; Christophe Colomb et Isabelle la Catholique; Christophe Colomb et la découverte de l’Amérique; Les voyages de Vasco de Gama et de Magellan; Cortés et Pizarro.

– La Chine sous le règne des dynasties Ming et Qing : La révolte des Turbans rouges; La fondation de la dynastie Ming; Le règne de Ming Yongle; Le missionnaire jésuite Matteo Ricci; La fondation de la dynastie Qing; L’empereur Kangxi et le missionnaire jésuite Giuseppe Castiglione.“

[Texte du site de l’éditeur ]

Cette série de manga éducatif (Gakushū manga) se poursuit avec ce sixième volume qui était originalement intitulé Gakken Manga — Nouveau Manga d’apprentissage de l’Histoire du Monde, 6: La Renaissance et l’âge de la découverte  [ 学研まんが NEW世界の歴史 6 学習まんが 6 ルネサンスと大航海時代 / Gakken manga nyū sekai no rekishi – gakushū manga 6kan runesansu to daikōkaijidai ].

Après avoir vu des séries télévisées comme Les Borgias ou Les Médicis: Maîtres de Florence et avoir lu l’excellent manga de Fuyumi Soryo, Cesare, j’ai trouvé pertinent de lire ce manga documentaire traitant d’une autre période historique qui m’intéresse beaucoup: la Renaissance.

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Page 72-73

L’artiste a encore changé (Shirotsumekusa est de toute évidence un pseudonyme ou le nom d’un groupe d’artistes puisque シロツメクサ veut simplement dire “Trèfle Blanc”) et pour le mieux puisque le dessin est très bon (particulièrement le travail des dégradés couleurs, bien sûr réalisé à l’ordinateur) et agréable à l’oeil. Comme tout les ouvrages de cette série la narration et le découpage du récit est conçu pour son effet dramatique afin de préserver l’intérêt du lecteur malgré le sujet un peu trop académique. Le principal défaut de ce genre d’ouvrage réside dans le fait que c’est un récit très condensé où on ne présente que les faits saillants d’une histoire pourtant riche en détails. 

C’est néanmoins un bon manga éducatif qui peut servir à introduire le lecteur (jeune ou adulte) à l’histoire du monde d’une façon intéressante et divertissante.

L’Histoire en Manga: T. 6, La renaissance et les grandes découvertes, par Shirotsumekusa (dessin) et Hidehisa Nanbô (texte) (Traduction par Aurélien Estager, Aude Boyer et Yohan Leclerc). Montrouge: Bayard Jeunesse, juin 2019. 192 pages, 16 x 23.5 cm, 12,90 € / $C 24.95. ISBN 979-1-0363-0865-9. Pour lectorat adolescent (12+ ans). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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Voir mes commentaire sur les volumes précédents:

Histoire_en_manga-1-cov HistoireEnManga-2

© Gakken 2016. © Bayard Édition, 2019 pour la traduction française.

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Capsules

RIP John Lewis

March-Lewis-covSadly, Congressman John Lewis died yesterday [BBCCNNGoogle  NYTUSA Today]. He was a hero of the American Civil Right Movement, one of the “Big Six”. In March 1965, he received a severe head injury during the “Bloody Sunday” as he led protesters across the Edmund Pettus Bridge while attempting to march from Selma to Montgomery. Since 1988 he has held a seat at the U.S. House of Representatives for Georgia’s 5th congressional district. He must be remembered for his accomplishments which are even more important in the midst of the Black Lives Matter movement.

I also want to remind everybody that John Lewis (in collaboration with Andrew Aydin and Nate Powell) wrote a biographical comic book retelling his struggle. More than ever it is worth a look…

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Blueberry, Intégrale t.1

Les Chroniques de la Lune noire Intégrale - tome 2“Le 10 mars 2012, Jean Giraud disparaissait. Cet immense auteur, considéré comme le plus grand par plusieurs de ses pairs, a laissé derrière lui une oeuvre considérable dont Blueberry est la véritable pierre angulaire. Les éditions Dargaud lui rendent ainsi un hommage en proposant une réédition de cette saga sous forme d’intégrales qui réuniront les nombreux épisodes dessinés par Giraud et scénarisés par Charlier avec plusieurs documents rares ou inédits. Une façon évidente de redécouvrir ce monument de la bande dessinée apparu dans le magazine en 1963.”

[Texte du site de l’éditeur ; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 17

Ce premier tome de l’Intégrale Blueberry (qui comprend neuf volumes au total) inclue les trois premier album de la série: Fort Navajo (46 pages, prépublié dans Pilote #210-232 [du 31 octobre 1963 au 2 avril 1964] et édité en album en 1965), Tonnerre à l’Ouest (46 pages, prépublié dans Pilote #236-258 [du 30 avril au 1er octobre 1964] et édité en album en 1966) et L’Aigle solitaire (46 pages, prépublié dans Pilote #261-285 [du 22 octobre 1964 au 8 avril 1965] et édité en album en 1967). Ce tome offre également en préface un dossier de douze pages par José-Louis Bocquet qui explique la genèse de la série et qui complète bien les informations présentées dans De Gir à Moebius (commenté précédemment). On y trouve également les sept premières pages du “tapuscrit” original de Jean-Michel Charlier.

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Page 26

Le premier album de cette édition intégrale nous introduit aux lieutenants Mike S. Blueberry et Steve J. Craig. Ce dernier est un fils de général, tout frais sorti de West-Point. Il est inexpérimenté et un peu rigide. À son opposé, Blueberry est un sudiste conquis aux idées de Lincoln, vétéran de la Guerre de Sécession mais exilé à la frontière pour son indiscipline, devenu cynique, joueur, bagarreur et un peu ivrogne. Tous deux se rendent à Fort Navajo pour une nouvelle assignation de poste. En chemin, ils trouvent un ranch qui a été incendié et pillé par les indiens. Les habitants ont tous été tué, sauf le jeune fils de la famille Stanton, Jim, qui a été kidnappé. Alors que la diligence poursuit son chemin vers le fort pour demander des renforts, les deux officiers se lancent à la poursuite des pillards mais tombent dans une ambuscade. Les renforts arrivent juste à temps mais le Major Bascom, commandant en second du fort qui est ambitieux et déteste les indiens, ne perd pas de temps pour rechercher revenge sur une autres troupes d’indiens Apaches. La tricherie répétée des tuniques bleues met fin à une longue période de paix…

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Page 74

Dans Tonnerre à l’Ouest, le commandant Dickson étant mourant suite à une morsure de serpent, Bascom a prit le commandement et, en prétextant des négociations, a capturé les chefs Apache — sauf Cochise qui a réussi à s’enfuir mais qui reviendra sans aucun doute avec sa troupe de guerriers. Grâce à un subterfuge, Blueberry réussi à quitter le fort pour se rendre à Tucson afin de trouver de l’antivenin et rallier du renfort. Toutefois la ville est déjà occupée par les Apaches. Lorsqu’il retourne à Fort Navajo, il n’y trouve que Crowe, le pisteur Métis de la garnison. Le fort a été évacué suite à un assaut terrible durant lequel Bascom a été tué. Blueberry décide de poursuivre les indiens qui ont kidnappé le jeune Stanton. Passé la frontière Mexicaine, il rejoint leur camp et délivre le garçon. 

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Page 122

Dans  L’Aigle solitaire, Blueberry rejoint Fort Quitman au Texas. Il fait son rapport au Colonel Birdling, lui révélant que l’armée a déclanché la guerre sous de faux prétextes en accusant injustement et en attaquant les Apaches. Malheureusement, avec le Nouveau-Mexique et le Texas à feux et à sang, la situation a trop dégénéré pour qu’il soit probable de rétablir la paix facilement. Toutefois, Blueberry profite qu’on l’ait mis en charge d’escorter un convoi d’armes et de munitions vers Camp Bowie, pour essayer d’y rencontrer le Général Crook et le convaincre de négocier la paix. Mais le trajet est long et difficile. Malgré sa grande expérience, les plans de Blueberry sont contrecarré tantôt par le mauvais jugement d’un subordonné alcoolique, tantôt par la traitrise d’un éclaireur indien, et le convoi ne parvient à Camp Bowie que de justesse et avec de lourdes pertes. Blueberry y retrouve Craig. Il fait son rapport au général mais celui-ci ne peut prendre la décision de négocier seul et Craig est envoyé à Washington avec un message pour le président…

Je ne suis pas un amateur de western et j’avoue que je n’aurais jamais lu cet ouvrage s’il n’avait pas été dessiné par Giraud. Et pourtant j’ai trouvé le récit tout à fait captivant. Blueberry n’est pas une série légendaire sans raison. L’excellent scénario de Charlier y est pour beaucoup. Toutefois le style graphique est encore maladroit et l’on voit bien que Giraud a encore de la difficulté avec les couleurs (particulièrement dans la première histoire). Il n’y a rien dans ce style qui évoque ce que Gir ou Moebius sera plusieurs années plus tard et c’est justement ce que j’ai trouvé intéressant avec cette lecture. Le dossier en préface est très utile pour nous aider à remettre ce travail dans le context de l’oeuvre de Giraud et à comprendre son cheminement. 

J’ai donc trouvé cette bande dessinée surprenamment bonne et je n’exclus pas la possibilité de continuer à lire les aventures de Blueberry — que j’aurais dû lire jadis dans Pilote et regrette de ne pas l’avoir fait… Si vous ne connaissez pas Blueberry, même si le genre western vous laisse indifférent, je vous en conjure d’en lire au moins quelques albums…

Blueberry, l’intégrale tome 1, par Jean-Michel Charlier (Scénario) et Jean Giraud (Dessin)). Paris, Dargaud, décembre 2012. 24 x 31.7, 168 pg., 29,99 € / $49.95 Can. ISBN: 9782205071238. Recommandé pour public adolescents (12+). stars-3-0

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 © Dargaud 2012

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Cesare (12)

Cesare_12-cov“Le 8 avril 1492, avant l’aube, Lorenzo de Médicis a rendu l’âme. Son successeur, Piero, n’a pas la carrure du grand homme… Incapable de suivre sa politique, il abandonne l’alliance tripartite qui garantissait la stabilité de l’Italie pour se rapprocher de Naples et de la noble famille des Orsini. 

Peu de temps après, l’état de santé du pape s’aggrave soudainement ; le conclave est désormais imminent. Cesare se rend dans la ville de Sienne pour y rencontrer Giovanni Gonzague, dont le frère aîné dirige les armées vénitiennes… En ces temps d’incertitude, les Borgia sauront-ils rallier assez de soutiens pour hisser Rodrigo sur le trône de Pierre ?

Fuyumi Soryo lève le voile sur le destin hors du commun de l’énigmatique Cesare Borgia dans un manga d’une richesse historique rare, tout simplement passionnant.”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Le douzième volume (série en cours) de Cesare: Il creatore che ha distrutto (チェーザレ 破壊の創造者 / Chēzare – Hakai no sōzōsha / lit. “César [Borgia]: le créateur qui détruit”) a été prépublié en feuilleton dans le mensuel de Kōdansha Morning avant d’être compilé en tankōbon (volume) en juin 2019. La version française est parue en janvier 2020 chez Ki-oon. 

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Page 31

Alors que plus de quatre ans s’est écoulé depuis la parution du tome précédant je commençais à croire que Fuyumi Soryo avait abandonné la publication de son manga biographique sur César Borgia, et cela juste au moment où le récit devenait vraiment intéressant (voir les liens plus bas vers mes commentaires des tomes précédents). Mais non, c’est juste que les volumineux tomes sont si chargés de détails tant historiques que graphiques que les délais de production sont de plus en plus long! Jusqu’au tome six les délais de production entre chaque volume étaient en moyenne d’environ six mois. Ces délais doubleront (avec une moyenne de treize mois) pour les tomes sept à dix, puis doubleront encore pour le tome onze (vingt-deux mois!) et doubleront une fois de plus pour le tome douze (quarante-deux mois ! — mais cinquante-deux pour les lecteurs français!!). Dans ce dernier cas, l’auteure a prise une pause de trois ans, sans doute pour se reposer du rythme effréné de la publication mensuelle mais également pour faire des recherches afin de maintenir la rigueur historique de son récit qui entre dans une nouvelle phase.

Il faut dire que cela en valait vraiment l’attente car le dessin du tome douze est vraiment extraordinaire: il est clair, précis et très détaillé. Le récit, quant à lui, progresse de façon intéressante mais plus lentement. J’ai même l’impression que, malgré les deux-cent-vingt-quatre pages, il ne s’y passe pas grand chose. On dirait que, depuis la mort de Lorenzo de Medicis (le 8 avril 1492) et du pape Innocent VIII (le 25 juillet 1492), tout le monde retient son souffle en attendant de voir où les pions du jeu vont tomber…

Piero de Medicis, qui n’a pas la finesse politique de son père, décide d’abandonner l’alliance tripartite avec Naples et Milan pour se concentrer sur une entente plus simple avec seulement Naples. Cela rompt la bonne entente entre les Medicis et les Borgia, ce qui prends une importance cruciale avec le décès du pape Innocent VIII. Si la ville de Milan supportait la candidature du cardinal Rodrigo Borgia à la papauté, Naples (et maintenant Florence) supportait celle de Giuliano della Rovere. Cela met Giovanni de Medicis dans une position embarrassante car il doit beaucoup aux Borgia mais est obligé de suivre les ordres de son frère et voter pour della Rovere (qui était pourtant l’un des instigateurs de la conjuration des Pazzi et du meurtre de son oncle Giuliano)! 

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Pages 60-61

Tous les joueurs avancent leurs pions: pour “sécuriser” Rome Naples envoie son armée (dirigée par le condottiere Virginio Orsini) aux portes de Rome alors que les milanais dépêchent la marine génoise dans le port d’Ostie. Pour sa part, Cesare se rend à Sienne pour rencontrer le jeune Giovanni Gonzague (dont la famille est en charge de l’armée de Venise) afin d’acquérir du support pour son père.  Gonzague l’invite chez lui à Mantoue pour discuter de la situation avec son frère, puis ils retournent à Sienne pour une course de chevaux. À Rome, Angelo est auprès de Giovanni, récemment nommé légat pontifical, pour l’assister dans la lourde tâche qui l’attend: participer au conclave de 1492. Le récit de ce volume est d’ailleurs en grande partie consacré à expliquer le déroulement du conclave ainsi que les complexes intrigues et manoeuvres politiques qui entrent en jeu pour l’élection du pape. Mais après deux scrutins, il n’y a toujours pas de vainqueur…

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Page 176-177

Au risque de me répéter, ce manga offre une grande constance tant dans la qualité du récit que dans son excellence graphique. Il y a de toute évidence une grande recherche pour présenter les personnages et les événements avec véracité mais aussi pour en illustrer la culture (particulièrement les costumes et l’architecture) avec détail et précision. C’est un manga fort agréable à lire car son récit est non seulement captivant par ses intrigues, très divertissant aussi mais surtout intellectuellement stimulant par la richesse de l’information historique qu’il nous offre. Bien sûr, ce genre de récit historique comporte inévitablement beaucoup d’éléments fictifs, car l’auteur doit combler tout les vides, les faits et événements que l’histoire n’a pas retenue, mais l’imagination de Fuyumi Soryo y parvient avec brio. 

Si vous êtes amateur de manga historique, particulièrement intéressé à la renaissance, à l’histoire ecclésiastique et italienne, que vous avez aimé des séries télévisées comme Les Borgias ou Les Médicis: Maîtres de Florence, ce manga est un incontournable que je recommande au plus haut point. C’est une lecture excellent et passionnante. Vivement la suite!

Cesare: Il creatore che ha distrutto, vol. 12 (Dodici), par Fuyumi Soryo (supervision: Motoaki Hara; traduction: Sébastien Ludmann). Paris, Éditions Ki-oon, janvier 2020. 13 x 18 cm, 224 pg., 7,90 € / $14.95 Can. ISBN: 979-10-327-0573-5. Lecture dans le sens japonais (de droite à gauche) et recommandé pour jeunes adultes (14+). stars-4-0

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

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Voir aussi mes commentaires sur les autres volumes:

Cesare_1-cov Cesare_2-cov Cesare_3-cov Cesare_4-cov Cesare_5-cov Cesare_6-cov
Cesare_7_cov Cesare_8-cov Cesare_9-cov Cesare_10-cov Cesare_11-cov Cesare_12-cov

CESARE © 2019 Fuyumi Soryo / Kodansha Ltd. All rights reserved.

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Status report (early July)

The life in the time of the coronavirus continues… 

This is my fifth status report since the beginning of the coronavirus pandemic (the other four were in March, mid-April, the end of April, and in mid-May). It has now been fifteen weeks (or one-hundred and seven days) since it has all begun. It has been forty days since the beginning of the slow re-opening and my return to work (thirteen days since we’ve restart taking the public in the library for a limited offer of service). 

On the domestic side of life, I can say that I feel I have not been doing much in the last month and half… I didn’t do much around the house (it was either too hot or raining). As usual, I probably watch too much television: like rewatching the Ghost in the Shell: Arise series and several movies (also, to fill the time, I started watching again the 2004 series of Battlestar Galactica). However, I have been reading enough to catch up on my tsundoku… (hurray!) and write a little about my readings (dBD #141, La sphère d’Or, Unbeaten tracks in Japan, I’ll never tell, De Gir à Moebius, and several other French comics that I covered in the article “Sherlock Holmes en bande dessinée (2)”).

Weather — The temperature was unusually warm lately (above average) and often quite dry. So much so that the vegetation in the parc often took a yellowish colour. Thankfully, it rained periodically enough to keep everything alive. In the last week or so it has been quite hot and humid. Enough to discourage any sustained outside activities, although we still take our daily walk.

Health — With the confinement (probably because of slightly bigger meal and less activity) I have gained weight. My blood pressure and glucose are also higher (maybe because of an increased stress?). I have also experienced digestive problems, my usual recurring pain at the end of the digestive track as well as some chest and shoulder pain (probably muscular). Overall, I feel in good shape but it could be better. Unfortunately, I know that with age nothing gets better…

Work — All is fine at work. My usual library being still closed for renovation I was assignment to another one. This new place is at a nice location (at walk/bike distance from home) and has a nice team (although, since the people of my library working there are in extra, we perform mostly boring jobs). However, there was one painful incident: a customer refused the answer the covid “questions” and to sanitize his hands upon entrance. As I was insisting (to follow protocol), he became increasingly disagreeable, up to implying that I was doing so because of my ego or because I was racist. I was just trying to do my job. I was putting my health at risk (and the health of my family) in order to give him access to the library and he has shown absolutely no appreciation or gratitude for it. All I ask is some respect. If I was hurt by being called a racist (and I will come back on this subject) what really pissed me off was that my colleagues didn’t show much support when I tried to explain that he refused to follow protocol and insulted me. I don’t know, maybe they just didn’t understand me well: it is hard to express yourself calmly when it’s hot and your are talking through a mask and a face-shield. What happened to “we must absolutely ask ALL the covid questions and not let anyone in that doesn’t answer properly”? And then they told me “you know, we get insulted all the time. You have to get used to it” implying that I was weak to let it get to me. We are supposed to have a policy of not tolerating any disrespect and bullying (no respect, no service) and, yet in the end, that man received the service he came for. If you are tolerating such disrespect OF COURSE people will feel empowered and continue with the same behaviour. It is the wrong attitude. Anyway, that incident bothered me for weeks as I kept thinking about it…

One thing that I spent a lot of time on lately, was shopping for a nice electric bike or scooter. In this epidemic, I want to avoid public transportation (bus & subway) and if my work place for now is at a walking or biking distance, it is quite tiring in the summer heat (and I am closer to sixty than fifty years-old after all). I rented one for a week and I liked it a lot, but when I wanted to purchase one not a single store in the metropolitan area had any in stock. I guess everybody had the same idea at the same time and I was too late. An electric BIKE looks cool (particularly the Banana Boss, the Rad Runner 1, the Maxie Large, or the Paris) but it is quite expensive and a standard bicycle seat is really hard on my backside. Strangely, a scooter is less expensive, as well as being much more confortable and versatile. I’ve been checking several nice models (Écolo, Tao Aquarius, Vienna, Gio Italia, Mignon, UQi Pro, etc.) but now I found a good store and I am just waiting for them to receive some stock later this month… (Search eBike on the blog)

Many important events happened in the second quarter of 2020 ( the end of May, June and the beginning of July) but I don’t want to spend much time on those current events. However, the world stage was dominated by the three great plagues of the era. First, the coronavirus. So far, the world has suffered over 10 million cases of infection resulting in over half a million deaths! We dealt relatively well with it in Canada, but the U.S. in on the verge of total catastrophe as it reopened too soon and they are now seeing an horrible surge in infection (over fifty-thousand new cases each day!). 

The second plague is Trump. I would think that we would get used to it by now but his mishandling of the coronavirus response (no national coordination, not enough test and PPE, not urging confinement, distanciation, and wearing masks, etc.), his constant lying, and his rhetoric encouraging hate-speech and inciting to violence kept making everything worse. Sometimes, I think he just doing it on purpose. If he is not a Putin agent, he is certainly an agent of chaos. He loves it. I can’t wait until November… 

The final plague is racism. Following the death by police abuse of George Floyd and many other subsequent similar baffling incidents, the American urban areas erupted in spontaneous protests against this pervasive institutional racism that literally plagues the U.S. How did we moved from a pandemic to riots in the streets? (Without much social distancing hence the cases surge) We all hoped that it was getting better but I guess we got negligent — the coronavirus confinement and Trump inducement somehow seem to have put salt on the wound — as it now seems worse than ever. It must be dealt with once and for all. With police reform certainly (defunding, demilitarizing, new structure, call it what you want — I always thought we should have several level of policing: the unarmed street or biking cop, the patrol police answering to theft and hold-up, the inspector, the riot police and now we should have a force of psycho-social worker for domestic violence, teenage trouble, neighbour disputes, etc.), but the disease goes further than that. Social reform and massive investments to reduce inequality (in education, in job opening, in housing, etc.) are necessary. With the recent movements like Me-Too and Black Lifes Matter, I feel that the world is effervescent and on the verge of great changes, just like in ’68. However, we will have to be patient. Real change takes time. But now the seed of change, the idea that it is possible, has been planted in people’s minds. It only remains to take care of it and watch it germinate… But the first step toward that change is for American to go vote in November.

Racism has always bothered me. All my life I tried to treat everybody equally, not letting their opinion, behaviour, the size of their nose, the colour of their eyes, hair or skin (pink, brown, “black”, “red” or “yellow”) distract me from the fact that we were all the same. Human beings. I always tried to be tolerant (sometime failing: for a while I became quite intolerant toward religion, but now the only thing I can’t tolerate is intolerance — and stupidity). When I was a teenager I thought that the best way to solve racism was to intermarry and eventually we would all become of the same skin colour (that’s what I did, unfortunately I never had kids — too much trouble!). However, skin colour is just an excuse for racists: in fact they are just afraid of the difference (people thinking, dressing, talking, etc., differently than they are). There are many culture on this world and, if we just learn about them, we see there is no reason to be afraid. We discover that this difference is beautiful, that it is a wealth. Those people usually are against (or ignorant of) science. Science is telling us that, genetically, we are all the same and that there is only one race: the human race. I always wanted to write about this complex and touchy subject (and someday I will). Unfortunately, whatever you say or write will always receive criticism: you didn’t say this, the way you say that is discriminatory, it is not enough, it is too much, etc., so I am waiting to have the right words. However, if you stay silent,  it is worse because they say that you are complicit, that you are encouraging racism by saying nothing. I prefer to show support by my actions: I won’t protest in the street but I’ll always try to be equitable, unbiased, and just. If I see someone being discriminated (racially or otherwise) I will try to defend them. And I’ll stay silent. If I scold you for doing something wrong (like misbehaving in the library or trying to cut the waiting line to enter the bus) and you answer be accusing me of being racist, I’ll stay silent. But just know that calling me a racist is the worst insult that you could give me…

I feel the end of this year will really be difficult… Take care of yourselves and stay safe !

Also, I found time to stay a little acquainted with the affairs of the world and gathered a few notable news & links — which I now share with you (in both french or english, slightly categorized, but in no particular order — note that, to save on coding time, the links will NOT open in a new window), after the jump.

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Unbeaten tracks in Japan

41u2qa+Cp-L“The firsthand account of a British adventuress as she treks though the Japanese outback in 1878, traveling alone among “degenerate” Japanese and “savage” Aino, and recording it all for posterity in this book, a classic of its kind.” [Promotional text]

“Isabella L. Bird’s voyage to Japan in the 1870s reveals a country steeped in ancient customs and a rugged landscape of beautiful, flowing hills and country pathways.

As of the first Western women to author a book about the Japanese islands, Isabella Bird was keen to relay her observations as accurately as she could manage. The isolationist policy of Japan, which forbade any foreigners from travelling inland, had only recently been lifted. Bird was thus able to witness the urban culture of Tokyo and the rural areas surrounding it, together with the large, northerly island of Hokkaido.

The author offers her observations of the architecture and customs of the native Japanese, and later the Ainu minority ethnic group. Northern Japan’s rural culture is revealed as being enormously different from the modern society the world knows today. Modern residents or aficionados of Japan will however recognize many surviving hallmarks, such as the supreme hospitality and generally well-mannered behavior of the locals.

Despite hailing from and exhibiting the values of the condescending culture of Victorian England, Bird manages to relay a good impression of Japan prior to its rapid modernization in the 20th century. Her views reflect their time; although she had a Japanese translator and guide as a companion, she was unable to grasp the social graces of the area, and acutely felt herself an outsider. She does not lapse into despondency however; instead, she by turns indulges in good-natured mockery of Japan’s insular society.”  [Text from the back cover of the Pantianos Classics edition]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

I first learn of Isabella Bird when I started reading the manga series by SASSA Taiga dedicated to her traveling in Japan (see my comments). Isabella Bird was a real British adventuress that traveled around the world to relieve her back pain and melancholy as well as to satisfy her curiosity. She first went to the United States in 1854, then in Australia, Hawaii (called at the time Sandwich Islands), and back to the U.S. in Colorado to see the Rocky Mountains in 1872-73. Five years later she went to Asia, travelling through Japan, China, Korea, Vietnam, Singapore and Malaysia. In 1889, she went to China, Persia, Kurdistan and Turkey. In 1897, she went back to China and Korea to travel up the Yangtze and Han rivers. Her last voyage in 1904, at the age of seventy-two year-old, was to Morocco where she wanted to meet the Berbers. 

It is extraordinary enough for a woman to have been travelling so much almost alone but it is even more interesting that she wrote a lot about it as she published around twenty books describing her journeys. It seems that most of her books are the collection of letters that she wrote to her friends and relatives describing in every details everything she saw during her travelling. 

She went to Japan in 1878 (at the age of forty-seven year-old) with the goal to explore Ezo (Hokkaido) and meet the Ainu — she seems to have an interest in learning about the indigenous people of each country she visited. However, she chose to travel from Tokyo not by the easier sea route but by the more difficult inland road, first to Niigata and then Aomori and Hakodate — hence the title Unbeaten Tracks in Japan. It must have been a very difficult journey. Almost every day she wrote to her sister Henrietta back in England, describing to her the Japanese landscape and its vegetation as well as the culture of its people (their houses, clothings and usages). Her observations are particularly interesting because she describes Japan at a time of change, ten years after the Meiji Restoration, witnessing the last remnants of the samurai culture as well as the beginning of the modernization of Japan. The book collecting all those letters was first published in 1880 and an abridged version was published in 1885.

Now that I have read the original words of Isabella Bird I can better appreciate the manga. We can see that, if the anecdotes and the facts told in the manga seem fairly faithful, the character’s open and understanding attitude toward the Japanese people is not entirely truthful. In the manga, she barely makes any negative comments in her description of the Japanese while in her work, Isabella Bird has the condescending, and even sometimes contemptuous, attitude towards the Japanese that one would expect to find in any British aristocrat of the time. And her translator and guide Ito, which is the key to every scenes in the manga, is hardly mentioned in her book (and when she mentions him it is often to mock him; although, she brings the subject of his previous and unfulfilled contract with the botanist Charles Maries).

She describes the Japanese as busy people, talks about their “miserable physique and the national defects of concave chests and bow legs” (p. 9), or being “so lean, so yellow, yet so pleasant-looking, so wanting in colour and effectiveness” (p. 10). She adds “I never saw people take so much delight in their offspring (p. 56) (…) but it is not good for European children to be much with them, as they corrupt their morals, and teach team to tell lies” (p. 87). However, she finds them polite, civil and honest (p. 75). In the deep country, she finds that people are poor, almost naked and quite dirty. She keeps even harsher words for the Ainu. She calls them “magnificent savages” and “children” (p. 175), “a harmless people without the instinct of progress” (p. 168) characterized by their “apathy and want of intelligence” (p. 173). They are often naked, drink too much sake and the Japanese (including Ito) say that they “are just dogs” (p. 181). She says that “They have no history (…) their houses and persons swarm with vermin, they are sunk in the grossest ignorance, they have no letters or any numbers above a thousand, they are clothed in the bark of trees and the untanned skins of beasts, they worship the bear, the sun, moon, fire, water, and I know not what, they are uncivilisable and altogether irreclaimable savages, yet they are attractive, and in some ways fascinating (…)” (p. 184). So, it is not all bad as she even finds them “charming in many ways” (p. 202) and that they are sometimes “superb-looking men, gentle and extremely courteous” (p. 168).

It is a very interesting book but, unfortunately, the epistolary travelog of Isabella Bird in Japan  is a little laborious to read as it is long and consisting mostly of descriptions. I must admit that I kept falling asleep and could read barely a dozen pages every night. Therefore reading this book was quite an enterprise, but all worth the effort because it offers a unique view on the Meiji’s Japan. It is a good reading but mostly for the Japanese history fanatics as well as for those who read the manga and are curious to learn more about Isabella Bird herself.

Unbeaten tracks in Japan: An account of travels in the interior, including visits to the aborigines of Yezo and the shrines of Nikkô and Isé, by Isabella L. Bird. London: John Murray, 1885. 136 pages. The book is available for free download on Amazon Kindle, Google Books and Gutenberg Project. stars-3-0

For more information you can consult the following web sites:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

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Vendredi nature [002.020.157]

Historia Naturalis

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[ iPhone 8+, Musée de la Civilisation de Québec, 2019/06/26 ]

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Cette image est particulièrement chère à mon coeur, puisqu’il s’agit tout à la fois d’histoire naturelle, d’un auteur romain et d’un livre ancien ! Selon la fiche signalétique ci-haut, c’est le plus vieux livre de la collection du Natural History Museum of London, une édition vénitienne de 1469 du Historia Naturalis de Pline l’Ancien (dont j’ai beaucoup parlé à cause du manga qui lui est consacré). C’est donc l’un des premiers livres a avoir été imprimé en Europe après la Bible et ce à peine trente ans après que Gutenberg ait inventé l’imprimerie à caractères mobiles. J’en suis bien jaloux !

J’ai pris cette photo en visitant l’exposition “Curiosités du monde naturel” qui se tenait au Musée de la Civilisation de Québec du 16 mai 2019 au 19 janvier 2020. J’en ai déjà parlé dans mes plus récents billets “Vendredi nature” (002.020.017024, 031038045052059066080087094108 et 150). Voir aussi le vidéo memento de ma visite.

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Notable News 2019

If you are bored by your confinement, here are links to over five-hundred-fifty news stories for all taste (well, mostly for mine).

Like I said in my latest “notable news” entry (for the beginning of 2020) I completely skipped over 2019 (my last entry before that was in January). I guess I was a little busy. On the domestic front there is not much to say. I don’t want to look back too much on 2019, since it was a bad year — and, now that we know that 2020 is even worst, why bother? I guess I wrote a lot about it (you can check the blog indexes update). I feel the same for what happened on the world stage (refer to Wikipedia for the events of 2019, from January to December).

However, despite everything, I always stay acquainted with the affairs of the world and collect links to the notable news story of the time. I call it scrap-linking: it’s like scrapbooking but instead of collecting old newspaper articles in files or scrapbooks (like my father used to do), I just collect links to news-story on the internet. Therefore, with this blog entry, I would like to make some sort of a review of the year through those links. Be aware that they are in both French or English, slightly categorized, but in no particular order, and of course, because this is old, some links may have become dead or completely irrelevant, sorry about that — also note that, to save on coding time, the links will NOT open in a new window as usual. I am sharing all this with you >> after the jump.

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Notable News (Winter – Spring 2020)

As you know, I periodically reflect on the latest notable news , both in my life and in the world, and gather links to the stories I found the most interesting during that time (as a kind of press review). My latest entry on that subject was in January of last year. I’ve skipped the notable news for 2019 (I was a little busy — but I’ll come back to that later) but here they are for the first third of 2020 — I can’t believe we are already in 2020. This will be another decade of disappointment and unfulfilled promises. Where are the cyberspace and the body implants we were promised?!

There is not much to say about what happened on the domestic front. It has been quite busy (and exhausting) at work but I think I dealt pretty well with it. The library was undertaking renovation works to install a sorting “robot” for the returns and completely redo our working area and the counter. Preparing for those renovations and organizing a temporary set-up in order to stay functional and open to the public during the works was quite an ordeal. However, we did well and survived. And then we closed because of the epidemic…

The winter was relatively mild, and spring was early but cold. On the subject of health, I was plagued by a litany of problems: first, with all the hard work at the library, I literally broke my back (getting a serious sciatica), then got a bad flu/cold and finally was deeply pained by a kidney stone (I get one about every ten years). However, I am much better now as the calculus has recently passed. Funnily, despite doing lots of physical work around the house and regularly walking around the parc, I still managed to gain a couple of kilos. You know you have attained a certain age when idle conversations tend to focus more on your ailments than on the weather!

I have also been doing satisfactorily well in my reading and writing. I find it quite extraordinary when, after finishing a book in the previous night, I wake up in the morning with almost the entire reading comment in my head! Doing both reading and writing on a regular basis is a good training for the mind and it seems to get easier and easier with time.

The news on the world stage were dominated by the American election (mostly the democrats’ primaries and the stupid antics of the president — nothing really new there) and the coronavirus (COVID-19) pandemic. At first, like everybody, I wasn’t too concerned. It was just something happening in China. Then, when it became clear that it was spreading easily with cases in Korea, California and Iran, I voiced my concerns to my boss, asking her what was the plan in such circumstances (it was late February or early March). I was told that they weren’t told of any plan. There was not even a sanitizer distributor in the entrance of the workplace — which should have been mandatory. When the government started telling people to stay home and we closed to the public (March 13th), I started really worrying because we were still working and using public transportation. I was afraid to bring the virus home (since one of my family members is immunosuppressed and I am myself at risk because of hypertension). I was just about to tell my boss that I couldn’t continue to work when they decided to send us home (March 19th). 

Not being sure how long this forced vacation (with pay!) would last, I decided to make the best of it and catch up on my reading/writing. Although, after a few days of this coronavirus self-isolation, I realized I hadn’t done much. I wanted initially to read a book or watch a movie each day but I didn’t (maybe it was too ambitious?). I did a few things around the house and wrote a couple of blog entries about the current situation and offered suggestions of stuff to do. But I should be doing more. If not I was afraid to wake up at the end of this “staycation” having done nothing. And there was so much to do. I am happy to say that, so far, I am doing well.

With the pandemic in full swing it is hard to think back about other events that marked the beginning of 2020. In January, beside the usual fires and floods or the conflicts in the Middle-East, we can find noteworthy the American airstrike on the Baghdad Airport to assassinate Qasem Soleimani, Prince Harry and Meghan leave the British Royal family, as more cases are reported the Chinese authorities start investigating this unknown pneumonia outbreak that will become the coronavirus pandemic, and the impeachment trial of Trump moves into the Senate.

In February, we see the first deaths of coronavirus outside China (first in the Philippines, then in Hong Kong, Japan, France, Iran, South Korea, Italy, USA, etc.), the Iowa Democratic Party caucuses are a disaster, Trump is acquitted on both articles of impeachment by the Senate, Harvey Weinstein is found guilty, the Dow Jones starts dropping, and there’s a first possible case of communal transmission of the coronavirus in California.

In March, Pete Buttigieg, Amy Klobuchar and Michael Bloomberg drop their presidential candidacy and endorse Joe Biden, Elizabeth Warren also suspends her campaign (without endorsing Biden yet), the coronavirus outbreak is getting bigger and we see the first death in Canada, following an oil-price war between Russia and Saudi Arabia the Dow Jones drop even further, WHO officially declares the Coronavirus outbreak as a pandemic (3/11) prompting some countries or states to follow China’s example in implementing a lockdown (Italy, Spain, California, Canada, New York, India) and several major events (sport, concert, convention, etc) are getting cancelled. WHO announces that there are at least 20 vaccines candidates in development for COVID-19. Meanwhile, Wuhan (capital of the Hubei province) ends its lockdown and starts reopening.

In April, Bernie Sanders suspends his presidential campaign and endorses Biden, the number of confirmed coronavirus cases passes two million worldwide (4/16) as the pandemic keep growing. The mitigation measures are working and so far the hospitals, if very busy and despite the shortage of PPE, are not overwhelmed as it was first feared. Most countries have put financial measures to help their citizens live through the lockdown and are now planning to slowly ease their containment mesures. The main problem remains the insufficient testing and, in the USA, the absence of Federal coordination. Trump, in his self-absorbed usual incompetence, is definitely not up to the task (I just can’t understand why this guy is still in power). If you would rather burn down the country than admit you’re wrong, you’re not only a bad person, you are also pure evil. Anyway, the month is not over yet, so I’ll keep an eye on the current events, however depressing it might be.

Finally, as usual and through all this, I tried to stay acquainted with the affairs of the world and gathered a few notable news & links — which I now share with you (in both french or english, slightly categorized, but in no particular order — note that, to save on coding time, the links will NOT open in a new window), after the jump.

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The empire of corpses (anime)

EmpireOfCOrpses-dvd-covFrom the studio that produced Attack on Titan comes a captivating historical action thriller based on an award-winning novel by Project Itoh. In an alternate version of 19th century London, the world has been revolutionized by “corpse reanimation technology” creating armies of undead who serve the living as laborers across the globe.

In an attempt to revive his dearly departed friend, young medical student John Watson becomes obsessed with replicating the work of Dr. Victor Frankenstein—the legendary corpse engineer whose research produced the only re-animated corpse to possess a soul. But when his illegal experiments put him at odds with the British government, Watson is drafted into a worldwide race to find the lost research notes of Victor Frankenstein before the secrets of the human soul fall into the wrong hands.”  [Text from Funimation website]

This anime movie is based on a novel by Itō Satoshi (left unfinished after his death it was completed by his friend Enjō Tō) published in August 2012 by Kawade Shobo Shinsha. It was also adapted into a manga by Tomoyuki Hino (I have recently commented on it).

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

EmpireOfCOrpses-illo1In 1878, young Doctor Watson illegally resurrects his dear friend Friday. When caught he is sent by M, the head of the British secret service, on a mission to Afghanistan via India. With the help of Frederick Burnaby and Nikolai Krasotkin, he must recover the Notes of Victor Frankenstein which have been found by Alexei  Karamazov. Until now, corpse technology can reanimate people only as soulless zombie apt to perform only basic menial tasks. However Frankenstein was able to produce a corpse with a soul, free-will and speech — known as “The One”. His Notes would allow to tremendously improve corpse technology and are coveted by all the great powers of the world.

EmpireOfCOrpses-illo3He finds Karamazov and discovers with horror that his new technique to improve corpses rely on live subjects ! He also learns that Karamazov is no longer in possession of Victor’s Notes as he left them in Japan. One year later, Watson, Friday and Burnaby are in Tokyo and, with the help of Seigo Yamazawa, break into Osato Chemicals (Friday hacks into the security system!). Unfortunately, they are too late, “The One” is already there and, after a fierce battle, escapes with his creator’s Notes. The team is again saved by Ulysses Grant and Hadaly who bring them to the United States on the steamship USS Richmond.

However, “The One” arrives in San Francisco first and takes over the Paul Bunyan, a super-computer working on steam and electricity. Using ultra-sound, he sends a wireless command to all corpses, turning them into berserks who attack people (typical zombies like in The Walking Dead). This also affects Friday, who needs to be sedated. “The One” is finally captured by M who transports him to the Tower of London. So far, the storytelling has been quite excellent. Unfortunately, from that point, the story gets muddled and confusing…

EmpireOfCOrpses-illo4Hadaly has her own agenda. Like Watson, who wants to give a soul to Friday, she is seeking a soul for herself — as she is revealed to be a mechanical automaton created by Thomas Edison. With her help, the team leave for London aboard the submarine Nautilus. They crashes the Tower Traitor’s Gate to discover that M has nefarious intents. After analyzing the Notes, he uses the Babbage analytical engine and Victor’s brain to send another wireless code that transform Britain’s corpses into berserks but also takes control of the humans! His motivation for doing that are not very clear: he wants to bring peace to the world (?!)…

However, “The One” escapes and kills M. As he plays music on a giant organ, he takes control of the Babbage engine. He is motivated by hatred and revenge against humanity, but also wants to give a soul to Hadaly, who he calls Lilith, to make her into the bride that Frankenstein refused him. He also wants to take over Friday’s body to form the perfect couple. Of course, after a long battle, Watson succeeds to stop him, causing the destruction of the Babbage engine and of the Tower, and restoring to the people their souls and wills. In the end, with the help of Friday, Watson experiments on himself. Then, after very long ending credits, we finds Watson four years later with a new adventure partner named Holmes and Hadaly now goes by the name of Irene Adler!

>> End of warning <<

This anime movie is a superb example of steampunk story — a type of alternate history (or uchronia) set in a more technologically advanced Victorian era. I like the idea to create “necroware” to program the dead (in a way slightly reminiscent of Westworld) using a neural plug, a modified typewriter and punch-cards or Charles Babbage’s Analytical Engine! The retrofuture world that the story depicts looks quite fascinating.

The premisses of the story are also quite innovative. While historical fiction often uses real historical people as characters, this story interestingly uses illustrious fictional characters. If some of the characters have really existed (Ulysses S. Grant, Frederick Burnaby, Thomas Edison), most of them come from the works of Sir Arthur Conan Doyle (Watson, Holmes, Irene Adler, “M” could also possibly be for Moriarty or Mycroft), Ian Fleming (M, MoneyPenny, Osato Chemicals), Fiodor Dostoïevski (Alexei  Karamazov, Nikolai Krasotkin), Mary Shelley (Victor Frankenstein and his creature), Daniel Defoe (Friday from Robinson Crusoe), Jules Verne (the Nautilus submarine), or even Auguste de Villiers de L’Isle-Adam (Hadaly, the android from The Future Eve). This shows a great literary culture from the writer.

EmpireOfCOrpses-illo2For the most part of the movie the storytelling is excellent. Unfortunately, in the end (the last third of the movie), the story gets overly mystical (crystals?) and too many parts of the plot are left without any explanations. The whole part with Alexei Karamazov is not very clear: what are his motivations and end-game? Same thing with “M”: what does he want to accomplish? The conclusion of the story is rather confusing and disappointing. However, the greatest assets of the movie is its really beautiful animation (particularly the background art which is quite superb). The battle scenes are also very well executed.

The animated movie is much better than the manga. It’s more beautiful, the story is better organized and more fluid, the action scenes are easier to understand. I like the Russian exploding corpses — explosions are much more fun when animated! Also (and I rarely say this) the English dubbed version is very good. The movie was less appreciated by the general audience (6.0 on IMDb, 42% on Rotten Tomatoes) than by anime fans (A- on ANN, 7 on MyANimeList). All in all, it is a very good movie, worth watching, particularly if you are a steampunk fan.

The empire of corpses (屍者の帝国 / Shisha no Teikoku): Japan, anime, 2015, 120 mins; Dir.: Ryoutarou Makihara; Scr.: Hiroshi Seko, Kōji Yamamoto, Midori Gotou (based on the novel by Project Itoh & Toh Enjoe); Char. Des.: redjuice, Takaaki Chiba; Art Dir.: Yūsuke Takeda; Chief Anim. Dir.: Hirotaka Katō, Takaaki Chiba; Mecha Des.: Gorou Murata, Hitoshi Fukuchi, Junya Ishigaki, Shinobu Tsuneki; CGI Dir.: Emiko Nishida; Music: Yoshihiro Ike; Studio: Wit; Prod.: George Wada, Noriko Ozaki, Takashi Yoshizawa; Cast: Yoshimasa Hosoya / Jason Liebrecht (Watson), Ayumu Murase / Todd Haberkorn (Friday), Kana Hanazawa / Morgan Garrett (Hadaly), Taiten Kusunoki / J. Michael Tatum (Burnaby), Akio Ohtsuka / Sean Hennigan (M), Daiki Yamashita / Micah Solusod (Krasotkin), Jiro Saito / Kenny Green (Yamazawa), Kōji Ishii / Greg Dulcie (Grant), Shinichiro Miki / Mike McFarland (Alexei Karamazov), Takayuki Sugo / R Bruce Elliott (The One). Available on bilingual Blu-ray/DVD from FUNimation ($34.98 US). stars-3-5

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AmazonANNGoogleIMDbOfficialWikipedia ]

Also, you can check the official trailer on Youtube:

©Project Itoh & Toh EnJoe / THE EMPIRE OF CORPSES Licensed by Fuji TV through FCC to Funimation® Productions, Ltd. All Rights Reserved.

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Miss Hokusai 2

Miss_Hokusai-2-cov“Elle fumait la pipe et n’avait pas bon caractère. Mais quel talent !Voici le second volume d’une chronique pleine d’humour à la découverte d’une femme libre et d’une artiste : la fille du génial fou de dessin Hokusai, dont elle partagea l’existence excentrique dans le quartier des peintres et des courtisanes à Edo.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Miss Hokusai (百日紅 (さるすべり) / Sarusuberi / lit. “Cent Cramoisi” qui est le nom que les Japonais donnent au lilas des Indes) a d’abord été publié en feuilleton entre 1983 et 1987 dans le magazine hebdomadaire Manga Sunday avant d’être compilé en trois volumes par l’éditeur Jitsugyou no Nihonsha en 1987, puis en deux volumes par Chikuma Shobō (format bunko) en 1996. Les deux volumes ont été traduit en espagnol chez Ponent Mon et en français chez Philippe Picquier. Ce manga seinen historique, écrit et illustré par Sugiura Hinako, nous raconte des épisodes de la vie de O-ei, la troisième fille de Hokusai, et de son entourage. Il a été adapté en dessin animé en 2015 par Production I.G. sous la direction de Keiichi Hara. J’ai déjà commenté le premier volume et le dessin animé dans un billet précédent.

Ce deuxième volume nous offre quinze histoires relativement indépendantes les unes des autres. On y voit encore le travail que O-ei fait comme assistante de son père,  Hokusai, le célèbre artiste d’ukiyo-e de l’ère Edo. Toutefois, plusieurs des histoires mettent de l’avant des personnages secondaires, souvent dans des aventures amoureuses qui impliquent des courtisanes. De nombreuses histoires ont aussi une thématique fantastique, évoquant ces histoires de fantômes dont la culture japonaise est friande. 

Malheureusement, la nature anecdotique des histoires et le fait qu’il est difficile de distinguer entre eux les nombreux personnages rend la lecture un peu pénible. Chaque récit est intéressant en soi mais l’ensemble manque d’homogénéité et reste un peu confus. 

Étant plus une historienne qu’artiste, Sugiura Hinako n’avait pas de véritable talent pour le dessin. Le style de ses mangas (fait de lignes simples à l’encre avec du zip-a-tone pour les textures) est donc frustre, plutôt grossier et peu attrayant. La pauvre qualité graphique du manga n’est racheté que par le fait qu’il est inspiré du style traditionnel des ukiyo-e (estampes japonaises) et des kibyōshi (romans illustrés) eux-même et qu’il tente de reproduire très fidèlement les détails architecturaux et vestimentaires de l’époque d’Edo et plus particulièrement de Yoshiwara (le quartier des plaisirs de l’ancien Tokyo). C’est cet aspect historique authentique qui rends le manga intéressant malgré tout.

Donc, laborieux à lire, le deuxième tome est beaucoup moins intéressant et organisé que le premier. Cela reste une lecture intéressante mais seulement pour les amateurs de l’histoire du Japon. La façon la plus agréable d’apprécier ce récit reste encore le dessin animé.

Miss Hokusai, tome 2 par SUGIURA Hinako. Arles: Éditions Philippe Picquier (Coll. Picquier Manga / BD ), août 2019. 346 p., 15 x 22 cm, 19,00 €  / C$ 27.95. ISBN 978-2-8097-1419-7. Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. Pour lectorat adolescent (14+). stars-2-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Masaya Suzuki • Hiroko Suzuki 1996. Tous droits réservés. © Éditions Philippe Picquier 2019 pour la traduction française.

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Capsules

Alpha

Alpha-dvd-covAlpha is an epic adventure set in the last Ice Age. While on his first hunt with his tribe’s most elite group, a young man is injured and left for dead. Awakening to find himself broken and alone, he must learn to survive and navigate the harsh and unforgiving wilderness. Reluctantly taming a lone wolf abandoned by its pack, the pair learns to rely on each other and become unlikely allies, enduring countless dangers and overwhelming odds in order to find their way home before the deadly winter arrives.” [Promotional text]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

This is an interesting action movie which is not only entertaining but can also be educational. Through its storytelling it tries to teach us two concepts: first, how our distant ancestors were living and also how the domestication of the wolf might have happened. It is a nice movie with a beautiful photography (and lots of CGI!) and a very simple story: boy gets hurt and left for dead, boy make friend with a companion of misfortune, and boy tries to survive and come back home. Unfortunately some scenes lack realism and are rather unbelievable. 

The movie did well at the box-office (doubling the production cost) and was relatively well received by the critics (with ratings of 6.7 on IMDb and of 80% / 71% on Rotten Tomatoes). It was slightly less appreciated by the audience and what might have hurt it was probably that the viewers had to suffer not only through the “fake” language spoken by the protagonist and his family (we have no idea what kind of language those people were really using) but also the necessary subtitles (the American audience tends to dislike having to “read” a movie).

The people portrayed in this movie are “the solutreans” (which was originally supposed to be the title of the movie). They were early modern humans (Homo sapiens also called “Cro-Magnon”) living in Europe during the Upper Paleolithic (c. 20,000 years ago) and using a sophisticated flint tool-makingindustry”. The movie certainly took some artistic license but it looks rather accurate to me.

The movie is quite loveable and entertaining but, personally, it is above all this effort to depict a prehistoric culture that made it interesting. It is worth seeing, mostly for dog lovers and if you are curious about the solutreans. stars-3-0

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AmazonBiblioGoogleIMDbOfficialWikipedia ]

Also, you can check the official trailer on Youtube:

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Capsules

Vendredi nature [002.020.094]

Felis sp.

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[ iPhone 8+, Musée de la Civilisation de Québec, 2019/06/26 ]

Chat momifié, Égypte antique [c. 2000+ ans], Natural History Museum of London.

Les Égyptiens momifiaient des chats (que l’on croit élevés pour cette unique fin) afin de les offrir à la déesse Bastet. Ce spécimen, qui est un don de l’Egypt Exploration Society, a été déterré par l’égyptologue anglais William Matthew Flinders Petrie entre 1900 et 1907. Il s’agit ici d’une espèce indéterminée d’un animal du genre Felis, de la famille des Felidae et de l’ordre des Carnivora. (Sources: la fiche signalétique de l’exposition et Wikipedia [FR / EN]).

J’ai pris cette photo en visitant l’exposition “Curiosités du monde naturel” qui se tenait au Musée de la Civilisation de Québec du 16 mai 2019 au 19 janvier 2020. J’en ai déjà parlé dans mes plus récents billets “Vendredi nature” (002.020.017024, 031038045052059066080 et 087). Voir aussi le vidéo memento de ma visite.

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L’Histoire en Manga (2)

T. 2, L’antiquité grecque et romaine

Histoire_en_manga-2-covL’Histoire en Manga: Une collection pour découvrir toute l’Histoire en image.

“De la guerre de Troie racontée par Homère à l’émergence de la démocratie athénienne, des conquêtes d’Alexandre le Grand à la naissance de la culture grecque, du règne de César à la naissance du christianisme, ce manga raconte… l’antiquité grecque et romaine.”

“170 pages de bandes dessinées pour plonger avec plaisir dans l’Histoire… avec en + … des pages explicatives pour chaque chapitre, un cahier documentaire en fin d’ouvrage pour restituer les évènements dans leur contexte, des frises chronologiques, et des cartes…”

[Texte de la couverture arrière; voir aussi le site de l’éditeur ]

Après un premier volume qui nous introduisait à la préhistoire et au moyen-orient ancien, cette série de manga éducatif (Gakushū manga) se poursuit avec l’antiquité grecque et romaine. Ce second volume était originalement intitulé Gakken Manga — Nouvelle Histoire du Monde, 2: Le monde grec, romain et méditerranéen  [ 学研まんが NEW世界の歴史  2 ギリシア・ローマと地中海世界 / Gakken Manga nyū Sekai no Rekishi 2: Girishia, rōma to Chichūkai sekai ].

L’artiste a changé et on note une amélioration dans la qualité du dessin. La narration et le découpage du récit est conçu pour son effet dramatique afin de préserver l’intérêt du lecteur malgré le sujet un peu trop académique. Cette fois, je n’ai pas noté de fautes orthographiques ou factuelles (ce qu’il ne veut pas dire qu’il n’y en a pas). Toutefois, le principal défaut de l’ouvrage réside dans le fait que l’on tente de raconter plus de trois-mille ans d’histoire en moins de deux-cent pages. On y présente donc que les faits saillants d’une histoire pourtant riche en détails. Périclès est traité en à peine deux pages! Trente-six pages pour César et la République romaine (avec quelques pages consacrées à Cléopâtre — qui faisait d’ailleurs la couverture de l’édition japonaise) et à peine vingt-cinq pages pour l’Empire romain qui n’est d’ailleurs présenté qu’à travers l’histoire du Christianisme… Un cours éclair donc.

C’est néanmoins un bon manga éducatif qui peut servir à introduire le lecteur (jeune ou adulte) à l’histoire du monde d’une façon intéressante et divertissante.

L’Histoire en Manga: T. 2, L’antiquité grecque et romaine, par Fûta Kanta (dessin) et Hidehisa Nanbô (texte) (Traduction par Aurélien Estager). Montrouge: Bayard Jeunesse, septembre 2017. 192 pages, 16 x 23.5 cm, 12,90 € / $C 24.95. ISBN 978-2-7470-8391-1. Pour lectorat adolescent (11+ ans). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWorldCat ]

© Gakken Plus 2016. © Bayard Édition, 2017 pour la traduction française.

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Capsules

L’Histoire en Manga (1)

T. 1, Les débuts de l’humanité

Histoire_en_manga-1-cov“L’éditeur scolaire japonais GAKKEN propose une collection de 12 tomes racontant l’histoire du monde. Dessins typiques du manga, couleurs saturées, scénario avec personnages servent à illustrer les grands épisodes de l’histoire.

Dans ce premier tome on découvre les débuts de l’humanité; le big bang, puis la Préhistoire et l’Antiquité égyptienne. Des pages chronologiques encadrent l’ouvrage. Un cahier de 32 pages documentaires richement illustrées vient étoffer les informations distillées dans les épisodes, ainsi que de nombreux compléments regroupés en fin de chapitre.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

J’ai déjà mentionné dans un billet (”Educational Manga“) que les mangas, en plus d’être très divertissants, pouvaient avoir une grande valeur éducative. Au-delà des adaptations de grands classiques littéraires et des nombreux mangas historiques, il existe au Japon plusieurs séries de manga qui ont pour but d’introduire auprès d’un public jeune l’histoire du Japon ou du monde d’une manière pédagogique, voir même encyclopédique. Il s’agit des Gakushū manga ou manga d’apprentissage. 

Je n’aurait jamais cru pouvoir lire ce genre de manga en traduction. Et pourtant, en novembre dernier, en périphérie du Salon du Livre de Montréal, j’ai découvert chez Bayard Jeunesse une collection qui nous raconte L’Histoire en manga (mes deux sujets favoris!). La collection comporte (pour l’instant) huit volumes: v.1 Les débuts de l’humanité, v.2 L’antiquité grecque et romaine, v.3 L’Inde et la Chine antiques, v.4 D’Attila à Guillaume le Conquérant, v.5 De l’empire mongol à la Guerre de Cent ans, v.6 La Renaissance et les grandes découvertes, v.7 L’Histoire en Europe de la Reine Elisabeth à Napoléon (incluant la révolution industrielle), v.8 De la conquête de l’Amérique à la Commune de Paris. L’édition originale japonaise comporte douze volumes (il en resterait donc quatre à paraître).

Le premier volume, originalement intitulé Gakken Manga — Nouvelle Histoire du Monde, Volume 1: Les Temps préhistoriques et l’Orient ancien [ 学研まんが NEW世界の歴史  第1卷 先史時代と古代オリエント / Gakken Manga nyū Sekai no Rekishi 1Kan: Senshi Jidai to Kodai Oriento], nous introduit à l’histoire des débuts de l’Humanité, de la préhistoire au moyen-orient ancient. Le récit utilise comme prétexte trois collégiens turbulents qui se font coller en punition un exposé sur les débuts de l’humanité qu’ils réalisent grâce à l’aide de leur professeur de physique.

Évidemment, dans ce genre de manga documentaire, la qualité graphique n’est pas vraiment une priorité alors le dessin est plutôt moyen — mais il est en couleurs. Aussi, compte tenu de l’ampleur du sujet, on nous raconte tout cela en accéléré (moins de deux cents pages pour couvrir quelques millions d’années d’histoire!). Et bien sûr on retrouve plusieurs fautes d’orthographes et quelques erreurs factuelles (ou de frappe? Possiblement due à la traduction ou au lettreur?). Par exemple, on place la révolution agricole à “59 000 ans avant notre ère” alors que l’on voulait probablement dire 9500 ans… Mais dans l’ensemble c’est assez juste et c’est complété par un dossier qui reprend l’information couverte par le manga sous forme de texte.

Même si ce genre de manga s’adresse surtout à un public jeune (onze ans et plus), cela reste intéressant pour tout âge. Au Japon, ces mangas sont souvent utilisé comme des manuels scolaires alors pourquoi n’en ferions-nous pas autant ici? Cela reste une bonne lecture relativement divertissante et assez éducative. C’est sans aucun doute l’ouvrage idéal pour intéresser un jeune lecteur à l’histoire du monde.

L’Histoire en Manga: T. 1, Les débuts de l’humanité, par Hirofumi Katô (dessin) et Hidehisa Nanbô (texte) (Traduction par Aurélien Estager). Montrouge: Bayard Jeunesse, septembre 2017. 192 pages, 16 x 23.5 cm, 12,90 € / $C 24.95. ISBN 978-2-7470-8390-4. Pour lectorat adolescent (11+ ans). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWorldCat ]

© Gakken Plus 2016. © Bayard Édition, 2017 pour la traduction française.

Vous pouvez aussi voir sur Youtube la bande annonce de la série (en japonais):

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Capsules

2020 Antiquarian Book Fair

Today I went to the Westmount Antiquarian Book Fair hosted by Mr. Wilfrid M. de Freitas (web) at the Centre Greene. I already mentioned several time my interest for old books (including posts on the previous book fair, my research to identify a copy of “Natural History”, and the other book fair at Concordia University). Strangely, I was hoping NOT to find anything interesting because I didn’t want to spend too much (and my wife thinks I have already too many books).

Therefore I gave myself very strict purchasing guidelines. I was looking for a 16th or 17th century edition, preferably with vellum or pigskin bindings, in average condition, about a subject related to classical authors (like Cicero, Pliny, Suetonius, etc.) and for a price under two-hundred dollars. I would have probably also considered any 18th century editions with veal or sheepskin bindings, in good condition and about a really interesting historical subject or a 19th century book about one of my current interests (a book by Isabella Bird [because of the manga about her travels in Japan] or a Bradshaw’s guide [because of Michael Portillo’s Great British Railway Journeys BBC documentary series]). But I found and purchased nothing. I am proud of myself!

There was a few interesting books but they were all outside my criteria and quite expensive (certainly over $500 and several even in the thousands, up to $4500 for one!). It really seemed overpriced even despite their good condition. I saw only two books within my budget, at $125 and $150, both at the table of François Côté (from whom I purchased last time). One I had already seen at the previous book fair (Disputationes de argumentis, quibus efficitur Christum prius fuisse, quam in utero Beatae Virginis secundum carnem conciperetur [questionnement théologique sur la Vierge Marie], par Josua Placeus, in-4, 1660, $125) and another one also on an ecclesiastical subject (I already have too many of those!). Maybe I’ll find a great treasure at the next book fair.

Speaking of which: the 37th Montreal Antiquarian Book Fair will be held on September 26-27 (Saturday: 12h00-18h00, Sunday: 11h00-17h00) at Pavillon McCornell of Concordia University (1400 De Maisonneuve Blvd West). It’s organized by the Confrérie de la Librairie Ancienne du Québec (unfortunately the link to both their FB and web page seem dead).

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Tolkien

TolkienPosterThis is a very good and touching biopic about the genesis of J.R.R. Tolkien’s universe (what he called his legendarium, set in the Middle-Earth, which includes novels like The Hobbit and Lord of the rings) without really talking about it. It is quite subtle and interesting. Very well done. Although, I am a little disappointed as I was under the impression that the movie was about the Inklings, a literary club that Tolkien (played by Nicholas Hoult) was a member of at Oxford along with C.S. Lewis. The movie is actually about another club, the T.C.B.S. (Tea Club and Barrovian Society), where he pledged with his college friends Rob (Patrick Gibson), Geoffrey (Anthony Boyle) and Christopher (Tom Glynn-Carney)  to change the worlds through their art (literature, painting, music and poetry). His writing was greatly influenced by his experiences in World War I, his interest in philology (particularly in creating new languages) and in European mythologies (Norse, Germanic and Finnish), as well as by the love for his wife (Edith Bratt played by Lily Collins).

The movie was not endorsed by the Tolkien Estate (which considered it inaccurate) and received mixed reviews (it was rated 6.8 on IMDb and 50% / 73% on Rotten Tomatoes) but I nevertheless found it quite interesting. The movie is mostly criticized for lacking imagination, but I disagree: it has plenty, but it just requires a little effort from the viewers. While entertaining, it offers great (but subtle) insights on the life of Tolkien and his creation. Whether you’re a fan or not, Tolkien is worth watching. stars-3-5

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AmazonGoogleIMDbOfficialWikipediaYoutube ]

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Capsules

Egyptian mummies: Exploring ancient lives

IMG_7086“Egyptian mummies: Exploring ancient lives” is the North American premiere of an exhibition created by the British Museum. Using digital image projections, explanatory videos and over two-hundred objects from ancient Egypt, it “reconstructs the lives of six people who lived along the Nile”. It tells the story of each of those individuals, their beliefs and the diseases they suffered from.

The original British Museum exposition (opened to the public from May to November 2014) was showcasing eight mummies, one-tenth of their Egyptian mummies’ collection. However, for its international tour the exhibition was limited to six mummies. It first opened at the The Powerhouse Museum in Sydney, Australia (from December 2016 to Avril 2017) before moving to Hong Kong in 2017, then Taipei, Taiwan (from November 2017 to February 2018) and it is now at the Museum of Fine Arts in Montreal from September 2019 to March 2020. The next stop will be in Toronto at the Royal Ontario Museum from May to September 2020.

In the early days of Egyptology, the only way to learn about mummies was to unwrap them. 19th century European collectors were even turning this into a social event with lavish “unwrapping parties.” However, the British Museum, with its strong ethics about artifact preservation, always refused to perform any invasive intervention on its mummies and its collection is therefore in excellent condition. Since the 1970s the development of cutting-edge technology, like combining x-ray devices with high-resolution three-dimensional computerized imaging (computerized tomography (CT) scanning) in order to create detailed 3D visualizations of the internal structures, has revealed much more informations that a simple unwrapping would have provided — while still preserving the mummies’ integrity. Combining the resources provided by medical science with those learned from anthropology and archaeology, has allowed the egyptologists to learn a tremendous amount of information about the life and death of ancient Egyptians: not only their culture and way of life, but also their biology, genetics, diet, diseases, burial practices and embalming techniques. This exhibition is illustrating all this through the exemples of six in dividuals (and their mummies) who lived in the Nile valley between 900 BCE and 180 CE.

Apparently the only official catalogue of the exhibition’s international tour was produced by the Powerhouse Museum in Sydney and is now sold out. However, the catalogue from the original British Museum exhibition is still available.

You can visit (and visit again) “Egyptian mummies: Exploring ancient lives” at the Montreal Museum of Fine Arts (1380 Sherbrooke Street West) from September 14, 2019 to March 29, 2020.

It is a superb and fascinating exhibition, rich in informations and artifacts. I enjoyed it greatly and everyone must absolutely see it. When I visited, in early January, the museum was packed (so, PLEASE don’t bring your five or six year-old Kids, as they might not be old enough to understand the complexity of such subject, and don’t bring your crying baby in its giant stroller !!!). stars-4-0

Here’s a teaser of the exhibition (available on Youtube):

More information and pictures after the jump >>

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Astérix: la fille de Vercingetorix

Asterix-LeFilledeVercingetorixAprès Astérix chez les Pictes (2013), Le Papyrus de César (2015) et Astérix et la Transitalique (2017), les personnages créés par René Goscinny et Albert Uderzo reviennent pour une nouvelle aventure dans La Fille de Vercingétorix, le nouvel album signé Jean-Yves Ferri et Didier Conrad.

C’est cette fois au Village que nous retrouvons nos héros préférés, qui nous prouvent une fois de plus qu’il n’est nul besoin de traverser le monde pour vivre de palpitantes péripéties. Effervescence et chamboulements en perspective ! La fille du célèbre chef gaulois Vercingétorix, traquée par les Romains, trouve refuge dans le Village des irréductibles Gaulois… Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la présence de cette ado pas comme les autres va provoquer moults bouleversements intergénérationnels…” [Texte du site de l’éditeur]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Asterix-LeFilledeVercingetorix-p005

Page 5

Astérix et Obélix affrontent dans cet album ce qui est probablement leur plus terrifiant adversaires jusqu’à maintenant: une bande d’ados! En effet, peu avant de se rendre à César après la défaite d’Alésia, Vercingétorix confit la protection de sa fille à deux subordonnés de confiance, les chefs Arvernes Monolitix et Ipocalorix (d’où leur accent auvergnat!). Mais le traître Adictosérix les piste. Ils demandent donc au village gaulois de protéger Adrénaline le temps qu’ils organisent les préparatifs d’un voyage en Bretagne. Mais attention, elle fugue! En fait, ce n’est pas tant la fille elle-même que les romains redoutent, mais plutôt le torque de Vercingétorix qu’elle porte et qui est un symbole de pouvoir…

blinix-et-selfix

adrenalineLa jeune fille rebelle, qui s’habille gothique, se lie rapidement d’amitié avec les ados du coin: Blinix et Surimix (les fils du poissonnier Ordralafabetix) et Selfix (le fils du forgeron Cétautomatix). Ils flânent sous le regard protecteur d’Astérix et d’Obélix, mais Adrénaline (que la rumeur veut être inspiré par Greta Thunberg, ce que les auteurs ont nié) rêve de fuir sur une île lointaine couverte de fleurs. L’aventure et les péripéties habituelles s’en suivent, impliquant légionnaires romains, pirates, caméos humoristiques (dont un hommage à Aznavour) et un banquet à la fin. La jeune fille poursuivra son rêve d’îles paradisiaques avec le jeune marin Letitbix…

Ce trente-huitième album de la série Astérix (qui en marque d’ailleurs le soixantième anniversaire!) est très fidèle aux dessins originaux, conserve assez bien l’esprit de l’humour de Goscinny et Uderzo (il y a bien quelques excellents gags mais toutefois la plupart sont plutôt plat) et nous offre un récit amusant, dans l’air du temps (pacifisme, libertarianisme). Même si ce n’est certes pas aussi fort que les Astérix de l’âge d’or de la série (disons les vingt ou vingt-cinq premiers albums) et que la critique est plutôt mitigée, l’album se lit tout de même fort bien. À lire pour se distraire et par tradition.

Astérix #38: La fille de Vercingétorix, écrit par Jean-Yves Ferri et illustré par Didier Conrad. Vannes: Éditions Albert René, octobre 2019. 48 p., 22.8 x 29.4 cm.  ISBN 978-2-86497-342-3. 9.99 € / $14.95 Can. stars-3-0

© 2019 Les Éditions Albert René / Goscinny – Uderzo.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents:

Asterix_chez_les_Pictes-cov Asterix-Papyrus_de_Cesar-cov Asterix_et_la_transitalique-cov

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Capsules

Ad Astra VIII

AdAstra8-covAlors que le général Marcellus vient de montrer une finesse insoupçonnée pour entrer dans la ville de Nola, Scipion est également surpris par l’arrivée de Caius, qu’il croyait mort au combat. Mais le plébéien a changé : depuis que sa route a croisé celle de Maharbal, cette guerre est devenue pour lui une affaire personnelle…

Seulement, le chef Numide est un adversaire de taille ! Pour Scipion, pas question de le neutraliser sans avoir recours à la ruse… et ce n’est pas le genre de tactique qu’apprécie Marcellus. Pourtant, les conseils du jeune Romain lui ont permis de remporter enfin une bataille contre Hannibal… Les deux hommes seront-ils encore capables de collaborer ?

Bravoure, complots et stratégie… Plongez au cœur des batailles qui opposèrent les légendaires Hannibal et Scipion !”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa non seulement Rome et Carthage mais aussi leurs stratèges respectifs: Scipion l’Africain et Hannibal Barca. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française est parue chez Ki-oon.

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Page 83

Ce huitième volume est consacré à la deuxième bataille de Nola et au début du siège de Syracuse. Printemps -215, les troupes d’Hannibal tente une nouvelle fois de prendre Nola, cette fois sous le commandement de Maharbal qui est confiant en la supériorité de ses cavaliers Numides. Scipion met Marcellus en garde contre les failles de sa stratégie et concocte un plan pour aider Caius dans sa vengeance. Grâce à cela, Caius réussit à embusquer Maharbal et à le tuer en combat singulier. Marcellus se rend compte de son erreur et réajuste sa stratégie pour obtenir une nouvelle victoire. Pour sa valeur, Caius est promu centurion et demande comme récompense que Marcellus soutienne Scipion dans sa candidature à la fonction d’édile.

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Page 147

Trois ans plus tard, en -212, Scipion est maintenant édile et porte le casque d’Aemilius, pour honorer son beau-père. Marcellus fait le siège de la ville de Syracuse qui est allié des Carthaginois et dont les défenses — conçues par le génie mathématicien Archimède — étaient réputées imprenables. Scipion réussi à pénétrer dans la ville en se faisant passer pour un envoyé macédonien. Il gagne la confiance d’Archimède et réussi à obtenir des renseignements précieux… mais sont subterfuge est découvert!

Ad Astra continue à nous étonner par la qualité de son graphisme et l’excellence de son récit d’action. Le dessin, précis et riche en détails, est très agréable à l’oeil. À grand renfort de stratégies militaires, de combats terrestre et de batailles navales, ce manga captive sans peine notre intérêt en nous racontant les faits saillants de ce conflits entre Rome et Carthage. La narration commence à s’accélérer un peu mais il reste toute même encore neuf ans à couvrir en cinq volumes! J’ai particulièrement aimé le récit de la rencontre entre Scipion et Archimède — qui n’était pas sans (beaucoup!) me rappeler le manga Eurêka! par Hitoshi Iwaaki. Évidemment, un récit romancé ne peut échapper aux inexactitudes historiques et l’auteur reconnait volontier avoir “un peu trop déformé la réalité, notamment dans le passage sur la deuxième bataille de Nola” et renvoie les lecteurs à Polybe et Tite-Live pour “une vision plus exacte du déroulement des combats”… Malgré cela, Ad Astra demeure un excellent manga que je recommande tout particulièrement aux amateurs d’histoire romaine!

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. VIII, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, février 2016. 210 pages (192 pl), 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 978-2-35592-919-9. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-4-0

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Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

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Ad Astra VII

AdAstra7-cov“La perte de son futur beau-père et de son meilleur ami a réveillé l’ambition qui dormait en Scipion… Pour qu’un massacre de l’ampleur de la bataille de Cannes ne frappe plus jamais la République, il est désormais prêt à tous les sacrifices! Seulement, pour monter en grade, il lui faut composer avec le général Marcellus, son nouveau supérieur hiérarchique. Or, l’homme ne semble guère apprécier les méthodes du jeune Romain…

De son côté, Hannibal n’a pas le loisir de savourer sa victoire : Maharbal lui reproche déjà de ne pas marcher sur Rome immédiatement, en profitant du désarroi du camp adverse pour conquérir la cité. Car le vent pourrait bien tourner… Isolé loin de sa patrie avec un contingent de Gaulois têtus, entouré de cités hostiles, le Carthaginois a toujours l’avantage, mais pour combien de temps?

Bravoure, complots et stratégie… Plongez au cœur des batailles qui opposèrent les légendaires Hannibal et Scipion!”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa non seulement Rome et Carthage mais aussi leurs stratèges respectifs: Scipion l’Africain et Hannibal Barca. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française est parue chez Ki-oon.

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Page 33

Ce septième volume se consacre principalement à la première bataille de Nola et aux événements périphériques. Suite à la cuisante défaite romaine à Cannes en -216 , la plupart des villes de Campanie, comme Capoue — craignant d’être entraîné dans une guerre coûteuse par leur allié romain — ouvrent leurs portes à Hannibal et aux Carthaginois. Seule la ville de Naples, en position stratégique sur la mer, leur résiste. L’armée romaine, dirigé par Marcellus, prends la ville de Nola par la ruse. Caius laelius rejoint l’armée romaine mais seulement pour se venger de Maharbal. Scipion suggère à Marcellus d’utiliser contre Hannibal ses propres stratégies. Ainsi, lorsque Hannibal attaque Nola les romains réussissent à le repousser, brisant le mythe de son invincibilité et redonnant espoir à Rome. Hannibal tente de négocier une alliance avec la Macédoine et Magon ne réussit pas a obtenir du renfort pour la campagne d’Hannibal, Carthage préférant défendre ses possession en Hispanie. Alors que Maharbal continue de défier son autorité, Hannibal décide de lui confier le commandement de l’armée…

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Page 133

Ad Astra est un très bon manga et une bonne lecture pour tous ceux qui s’intéresse à l’histoire romaine. La narration est fluide et, sans trop s’attarder sur les détails de la stratégie militaire, nous offre tout de même un récit d’action captivant. Bien sûr, comme toute fiction historique, le récit prend quelques libertés avec les faits connus au profit de l’intrigue. Toutefois, le récit progresse très lentement: les sept premiers volumes n’ont jusqu’à maintenant couvert que les deux premières années du conflit (qui dura quinze ans)! Pour couronner le tout, le dessin est très beau. Le style clair et très précis est assez efficace pour bien décrire les scènes de combats. Un manga que je recommande vivement.

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. VII, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, septembre 2015. 234 pages (206 pl), 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 978-2-35592-866-6. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-5

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Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

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They called us enemy

They-Called-Us-EnemyGeorge Takei has captured hearts and minds worldwide with his captivating stage presence and outspoken commitment to equal rights. But long before he braved new frontiers in Star Trek, he woke up as a four-year-old boy to find his own birth country at war with his father’s—and their entire family forced from their home into an uncertain future.

In a stunning graphic memoir, Takei revisits his haunting childhood in American concentration camps, as one of over 100,000 Japanese Americans imprisoned by the U.S. government during World War II. Experience the forces that shaped an American icon—and America itself—in this gripping tale of courage, country, loyalty, and love.

[Text from the publisher’s site; see also the backcover]

The second season of the TV series The Terror, subtitled Infamy, was set in a Japanese-American internment camp around old Japanese ghost stories. It was quite interesting (stars-3-5). George Takei, of Star Trek fame, who had experienced the camps in his childhood, was asked to be a consultant and, since he is also an actor, to be a member of the cast. He incorporated a lot of his own experience into the TV series. This comic memoir, where Takei recounts the whole traumatic experience of the internment camps, could be a good companion book to the TV series.

They-Called-Us-Enemy-banner

The storytelling is excellent as it not only chronicles the daily life of his family inside the camp, how he felt as a four-year-old and what was the impact on his later life, but it also tells us of the journey that brought him to want to share this story. However, if it is presented has a book for all ages, it should probably more appropriately targets a teenage readership as the story is very serious, with references to policies and politics that kids would probably not understand.

The artwork is generally nice but often a little crude and simplistic with an overuse of screentone to add shades and textures. The story would have been better served by a more professional graphic style. However, this look was probably chosen to make the book feel more accessible.

Overall, it is a very interesting comics about an important (but little known) part of American history that should be a mandatory reading in civics or history classes all over America. A must (particularly now).

They called us enemy, co-written by George Takei, Justin Eisinger, Steven Scott, and illustrated by Harmony Becker. Marietta: Top Shelf Comics (imprint of IDW Publishing), July 2019. 208 pages, 6.5 x 19 in, $US 19.99 / $C 25.99. ISBN 978-1-60309-450-4. For teenage readers (12+). stars-3-5

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© 2019 George Takei

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Capsules

Jour du souvenir

Souvenons-nous de quoi, au juste ?
Que de chair à cannon il a fallut servir…
Pour les intérêts d’un empire mourant ?

Qu’on nous avait promis que ce serait…
Une guerre pour qu’il n’y en ait plus jamais ?
Que pour les autres on meure vaillamment…
Mais refusons d’agir pour assurer l’avenir ?

Moi, j’oublierais volontiers ces temps injuste !

Morwajal
2019/11/11

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Isabella Bird 5

IsabellaBird-v5-cov“En quittant Niigata, Isabella a entamé la deuxième partie de son périple vers l’île d’Ezo… Un chemin semé d’embûches, mais également riche en belles rencontres ! À Yamagata, c’est un Japon déchiré entre occidentalisation galopante et respect des anciennes traditions que l’aventurière découvre avec des sentiments partagés…

Déchiré, Ito l’est tout autant, lui qui a reçu une nouvelle lettre de Charles Maries : l’éminent chasseur de plantes passe à l’offensive et menace à présent de le traîner en justice ! À mesure que les problèmes de santé de son employeuse s’aggravent, l’interprète doute de plus en plus. Et s’il était en train de la mener à sa perte ?

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, Femme exploratrice est un récit passionnant sur les rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, un nouveau talent prometteur !”

[ Texte de la couverture arrière ]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le sixième, est paru au Japon en juillet 2019 (toutefois aucune date de parution n’a encore été annoncé pour la France).

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Page 14

Le cinquième volume débute le 16 juillet 1878 (an 11 de l’Ère Meiji) alors que Ito, guide et interprète d’Isabella Bird, poste une lettre pour le légat britannique Harry Parkes. Le lendemain, ils quittent Yamagata dans des conditions pluvieuses difficiles. Le guide se perd dans les montagnes mais la carte et la boussole d’Isabella leur permet de garder le cap et ils parviennent à Kaneyama. Toutefois, Isabella fait une sévère réaction à une piqûre de guêpe.

S’ensuit un long flashback d’une centaine de pages qui nous révèle enfin l’origine du personnage principal. Depuis son enfance, Isabella est atteint d’une déviation de la colonne vertébrale qu’une chirurgie n’a pas réussi à corriger. Elle souffre de douleurs chroniques et de dépression (la mélancolie accentuant ses névralgies). Après l’avoir examiné, John Bishop—un jeune docteur qui remplace son médecin traitant maintenant retraité—recommande qu’elle abandonne corset et médications. Il propose qu’elle voyage plutôt à l’étranger pour assouvir sa curiosité naturelle et ainsi combattre l’ennui et la dépression. Elle promet d’écrire à sa soeur Henrietta tout les jours. 

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Toutefois, après un premier voyage en Australie et en Nouvelle-Zélande en 1872, elle songe à revenir en Angleterre. Sur le bateau, elle fait le rencontre de Lady Dexter et de son fils Matthew, qui est gravement malade. Alors que le jeune garçon est en pleine crise et crache le sang, le rafiot est endommagé dans un ouragan. Isabella réagit rapidement et avec calme pour sauver l’enfant — et découvre que l’action (et l’adrénaline) est le remède qu’il lui faut. Elle fait donc escale aux Îles Sandwich (Hawaï) avec les Dexter. Elle y rencontre Mary Carp (et sa guide Deborah) et, avec elles, découvre les coutumes locales. Ils escaladent le mont Kilauea à dos de cheval afin d’en observer le cratère en éruption. C’est là qu’elle décide de devenir une aventurière! [Elle y écrit, entre autre, le livre Six Months in the Sandwich Islands — cf. Amazon or Google Books]

Un médecin japonais examine Isabella et lui prépare un médicament fait de plantes médicinales. Il note ses problèmes de dos et suggère à Ito de la dissuader de continuer son voyage. Ito fait part à Isabella de ses réservations mais celle-ci plaide qu’elle se sent vivre seulement si il y a du danger et que si elle voyageait confortablement elle n’aurait pas l’occasion d’observer la vie quotidienne et les coutumes des contrées reculées. Ito lui annonce alors que Charles Maries insiste pour qu’il revienne à son service et offre de le payer mieux. Il la quittera donc à la prochaine étape, après avoir descendu le fleuve Omono jusqu’au port de Akita !

Avec ce cinquième volume, le récit progresse rapidement. Isabella fait des découvertes sur la place des insectes dans la culture Japonaise et sur la médecine traditionnelle. Toutefois, ce volume est surtout riche en révélation sur la vie d’Isabelle Bird elle-même. C’est donc une histoire captivante qui est merveilleusement illustrée par le style riche et détaillé de Sassa—quoique le graphisme est inégale : si certaines cases sont parfois maladroites, d’autres sont aussi superbes!  

Cependant, ayant commencé à lire en parallèle le récit original d’Isabella Bird, Unbeaten Tracks in Japan (disponible gratuitement sur le  Project Gutenberg, Google Books ou Kindle), je me rend compte que, si les anecdotes et les faits racontés semblent assez fidèles, l’attitude ouverte et compréhensive du personnage n’est pas tout à fait véridique. Dans son ouvrage, Isabella Bird semble avoir envers les Japonais l’attitude condescendante, et même parfois méprisante, qu’on s’attendrait à trouver chez toute aristocrate britannique de l’époque. Ito y est a peine mentionné… Mais je reviendrai sur ce sujet plus tard.  

Malgré tout, Isabella Bird est un excellent manga historique que je recommande chaudement.

Isabella Bird, femme exploratrice T05 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), décembre 2018. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0339-7. Pour lectorat jeune (7+). stars-4-0

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© 2018 Taiga Sassa. All Rights reserved.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

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Capsules

Acquisition au SLAM

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SLAM 2019

Comme je l’ai récemment mentionné, la 36ème édition du Salon du livre ancien de Montréal (SLAM) se tenait ce week-end au Pavillon McConnell de l’Université Concordia. L’événement est organisé par la Confrérie de la Libraries Anciennes du Québec. Je n’ai malheureusement pas pu résister à aller y faire un tour et j’ai acquis deux nouveaux titres pour s’ajouter à celui que j’avais acheté en mars et ainsi accroître ma collection de livres anciens.

Le choix a été difficile car les titres vraiment intéressants étaient trop onéreux pour moi — je recherchais surtout des auteurs classiques ou des sujets d’histoire, de belles reliures mais seulement des éditions datant du XVIe ou XVIIe siècle et avec un budget de moins de deux-cent dollars. J’ai donc dû me résoudre à acquérir des titres traitant de sujets moins intéressants mais tout de même anciens (XVIIe). 

IMG_6391Ce salon était toutefois un vrai régal pour les yeux. Parmi les titres qui ont attisé ma convoitise je peux nommer (sans ordre précis): Johannis secondi opera [l’oeuvre du poète néerlandais Jean Second, aka Jan Everaerts] (in-12?, 1651, $350), Histoire des guerres de Flandre par Guido Bentivoglio (4 vols, in-16?, 1769, $150), Stratagematum satanae, libri octo par Iacopo Aconcio (1652, $650), Mythologie, c’est a dire, Explication des fables par Natale Conti (8vo, énorme bouquin de plus de mille pages!, 1612, $5000 !!!), l’oeuvre de Flavius Joseph [Flavii Josephi viri inter Judaeos clarissimi Opera omnia] (2 vols. In-folio, 1611, $500), Disputationes de argumentis, quibus efficitur Christum prius fuisse, quam in utero Beatae Virginis secundum carnem conciperetur [questionnement théologique sur la Vierge Marie], par Josua Placeus (in-4, 1660, $125), l’oeuvre de Tite-Live en allemand [Romainsche historiën van Titus Livius] (in-folio, 1646, $650), Historia Inquisitionis: Cui subjungitur Liber sententiarum Inquisitionis Thololosanae ab anno Christi MCCCVII ad annum MCCCXXIII [histoire de l’Inquisition, suivi du livre des sentences de l’Inquisition de Toulouse, entre 1307 et 1322], par Philipp van Limborch (in-folio, 1692, $2000 !!), Rerum Romanarum [abrégé de l’histoire romaine], par Lucius Annaeus Florus (1683, $325), et Controversiae viginti quinque super regulam fratrum minorum [un commentaire des controverses sur les vingt-cinq règles de l’ordre des Franciscains], par Francisco Luengo de San Bernardino (1642, $300). Que de trésors! Mais tous trop cher pour mon maigre budget. Je me suis rabattu sur deux petits ouvrages moins intéressants mais pas trop dispendieux…

IMG_6393Histoire de Ferdinand-Alvarez de Tolède (…) Tome Premier, [par Antonio Osorio] À Paris, chez Jean Guignard, 1698. Biographie du troisième duc d’Albe, vice-roi de Naples et gouverneur des Pays.Bas. Ce n’est pas la reliure typique pour un livre du XVIIe (normalement en peau de porc) mais ressemble plus aux reliures cartonnées du XVIIIe. Soit que la reliure a été refaite ou alors, comme ce livre date de la toute fin du XVIIe, l’éditeur avait déjà adopté ce style de reliure… Beau in-12 mais ce n’est que le premier tome. Toutefois, celui-ci je l’ai acquis spécifiquement pour en faire cadeau à mon “neveu”, amateur de curiosités et d’histoire…

IMG_6394Instructio Sacerdotum, ac Poenitentium (…) [Instruction des prêtres sur le repentir], par Francisco de Toledo; Sacramento Ordinis, par Martino Fornario; Tractatus de origine et clausura sanctimonialium, par Andrea Victorello;  Institutio confessariorum, par Martino Fornario. Venetia, Caroli Conzatti, 1667. In-quarto, quatre ouvrages en un. Sujet peu intéressant, en condition plutôt moyenne (gondolé, tâché, trace de mouillures) mais c’est mon premier in-4 (et premier éditeur italien), obtenu à très bon prix.

Ma collection (XVIe et XVIIe s.):

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De g. à d.: Summa Toleti (1667), Svmma Omnivm Conciliorvm et Pontificvm (1633), Lucien (1664), Valere Maxime (1659), Qvinti Horatii Flacci Poemata (1643), Aesopi Fabulae (1593), [Iustiniani] Digestorum sev pandectarum (1581)

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Pline, vol. 7

pline-v7-covDans le tome précédent: À Rome l’entourage de Néron, Tigellin et Poppée en tête, manipule l’empereur afin d’avancer ses pions. Pline et ses compagnons, de leur côté, quittent Carthage et découvrent les mystères et les dangers du désert.

L’Histoire a retenu son nom.
Mais que savons-nous du plus grand savant de l’Antiquité ?

[textes du rabat de jaquette intérieure et du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Pline (titre original: プリニウス / Plinius ) est une biographie du naturaliste romain Pline l’Ancien par Mari Yamazaki (Thermae Romae) et Miki Tori. Prépublié au Japon par Shinchôsa dans le périodique Shinchô 45, ce manga seinen est traduit en français chez Casterman (Collection Sakka) et en est maintenant au septième volume. Le huitième tome, intitulé “Le goût de la ciguë” devrait paraître le 2019/10/23 en Europe.

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Page 10

L’attention de ce volume se concentre surtout sur Néron et les intrigues de son entourage. En juillet 64, un terrible incendie fait rage à Rome et détruit une bonne partie de la ville. Il devient rapidement apparent que c’est un incendie criminel car des témoins on aperçu un homme mettre le feu. Mais qui peut bien être derrière cet acte infâme? Le peuple blâme Néron qui aurait invoqué Jupiter pour que Rome brûle et qu’une nouvelle Rome puisse voir le jour — mais ce dernier n’était probablement pas aussi fou que l’Histoire le prétend. Peut-être était-ce Poppée qui complotait pour assurer sa position ou Tigellin qui misait beaucoup d’argent sur un grand développement immobilier? Au bout du compte, les responsables ne seraient pas les membres de cette secte de juifs, les chrétiens? Au même moment, un médecin grec qui connait Pline tente de soigner les blessés et Pison complote avec un petit groupe (Lateranus, Scévinus, Sénèque, etc.) pour donner à Néron le même sort que César. Mais ils sont trahis par un serviteur…

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Page 57

Toutefois, ce n’est pas un manga sur Néron et donc il faut bien que l’on suive un peu (mais seulement sur cinquante-six pages!) le périple de Pline et des ses compagnons — le scribe grec Euclès, le serviteur Félix et un jeune phénicien (sans oublié la corneille Ftera, le chat Gaia et l’âne!) — qui arrivent maintenant en Égypte. Félix, à l’annonce de la catastrophe qui a frappé Rome, est inquiet pour sa famille et tente d’y retourner. Mais il est pris dans une tempête de sable et est sauvé d’une mort certaine par Ftera. Dans le Fayoum, Pline désire explorer l’une de ces pyramides décritent par Hérodote mais ils sont prit pour des pilleurs de tombes par des adorateurs de Sobek et, grâce à Gaia, échappent de peu à l’exécution! Après ce petit détour, ils prennent la route d’Alexandrie

 

Ce manga nous raconte comment le naturaliste romain, a parcouru l’Empire pour ramasser toutes les connaissances qu’il a par la suite compilé dans sa fameuse Histoire Naturelle. C’est un sujet passionnant pour ceux que les mangas historiques intéressent, particulièrement si vous êtes curieux de découvrir qui était Pline et surtout si vous désirez en savoir plus sur la vie quotidienne des romains (c’est-à-dire les habitants des différentes provinces romaines et pas seulement ceux de la ville elle-même).

Le récit se développe lentement mais on y retrouve tout de même un peu d’action. Ainsi, de volume en volume, l’histoire a acquit un bon rythme et le récit des péripéties des personnages (et pas seulement l’aspect historique) réussi à captiver sans problème l’intérêt du lecteur. C’est un manga très bien documenté mais, bien sûr, de nombreux éléments du récit ne peuvent qu’être spéculatifs. Il faut aussi mentionner la superbe qualité artistique qui ne cesse de s’améliorer et de nous étonner par la finesse du trait, la précision et la richesse des détails. C’est un manga très beau et intéressant — donc à lire absolument!

Pline, vol. 7: L’antre du dieu crocodile, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), janvier 2019. 192 pg [4 en couleurs], 13.2 x 18 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-203-18381-0. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-5

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

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Pline © 2018 Mari Yamazaki, Tori Miki • 2019 Casterman pour la traduction française.

Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents:

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Capsules

The Epic of Gilgamesh

EpicOfGilgamesh-covGilgamesh, King of Uruk, and his companion Enkidu are the only heroes to have survived from the ancient literature of Babylon, immortalized in this epic poem that dates back to the third millennium BC. Together they journey to the Spring of Youth, defeat the Bull of Heaven and slay the monster Humbaba. When Enkidu dies, Gilgamesh’s grief and fear of death are such that they lead him to undertake a quest for eternal life. A timeless tale of morality, tragedy and pure adventure, The Epic of Gilgamesh is a landmark literary exploration of man’s search for immortality.

N. K. Sandars’s lucid, accessible translation is prefaced by a detailed introduction that examines the narrative and historical context of the work. In addition, there is a glossary of names and a map of the Ancient Orient.

[Text from the publisher’s website; see also the back cover]

I first read this book in 1985 (after purchasing it during a research trip to Boston for my master degree). I read it again recently after reading a comic adaptation by Jens Harder as I wanted to compare the two versions.

The Epic itself is very short (fifty-nine pages) but the text is preceded by a sizeable introduction by Nancy K. Sandars, the translator. Beside discussing the various versions of the text and her choices for the translation, she puts the work in perspective by talking about the discovery of the tablets, their historical and literary backgrounds as well as the significance of the story. It is very interesting. 

The Epic of Gilgamesh is a tragic tale of adventure and morality. It is the oldest epic poem to have survived so we could read it four millennia later. It started around 2100 BCE as independent Sumerian poems that were compiled into an epic, in the Akkadian language, in the 18th century BCE under the title Shūtur eli sharrī (“Surpassing All Other Kings”) —but only a few fragments remain of that version. The definitive and more complete version of the Epic, titled Sha naqba īmuru (“He who Saw the Abyss”), was compiled around the 13th to the 10th century BCE by a scribe named Sîn-lēqi-unninni. The best preserved version was found on twelve clay tablets written in cuneiform and comes from the ruins of Ashurbanipal’s library in 7th-century Nineveh. The Epic is a “poem in twelve songs (…) of about three hundred lines each (…) written in loose rhythmic verse with four beats to a line”.

To make the text more intelligible, Nancy K. Sandars chose not to present it in verse and not divide it into tablets. She compiled the story from all sources: the old Sumerian, the Akkadian (from the Assyrian tablets of Nineveh) as well as the Hittite (from Boghazköy).

The story begins with a prologue that introduces Gilgamesh (“I will proclaim to the world the deeds of Gilgamesh”). He was created by the gods with a “perfect body” that is two-third god and one-third man. He is praised for having built the walls of Uruk and a temple for Anu and Ishtar.

Chapter 1: The coming of Enkidu. Gilgamesh is an arrogant despot who oppresses his people to such an extent that the gods decide to create a rival for him, Enkidu, the wild man. Gilgamesh sends him a courtesan to civilize him (as wisdom weakened him). Their duel ended in mutual respect and it’s the beginning of a long “bromance” (male bonding). [tablets I-II]

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Tablet V

Chapter 2: The Forest Journey. Gilgamesh decides that he will go to the Cedar Forest to cut down trees and make a name for himself by destroying the evil. Together, Gilgamesh and Enkidu, defeat and kill the giant Humbaba. [tablets III-V] The forest (which is either located in the east in Elam or in the west in Amanus, north Syria, or Lebanon) represents real historical timber expeditions needed to bring raw materials to the cities. The forest is also full of “enchantments” that could represent the dangers of the mountains (earthquake, volcano, etc.).

Chapter 3: Ishtar and Gilgamesh, and the death of Enkidu. The goddess Ishtar (Inanna) tries to seduce Gilgamesh but he refuses her. She complains to her father, Anu, who sends the Bull of Heaven to devastate Uruk, but Gilgamesh and Enkidu kill him, redoubling the affront. To avenge themselves, the gods cause Enkidu to die of sickness. [tablets VII-VIII]

Chapter 4: The Search for Everlasting Life. Inconsolable, Gilgamesh wandered in the wilderness in search of ancestral wisdom, to question Utnapishtim about the meaning of death and life. Losing his companion made him terrified of death and he is wondering if there is a remedy. After meeting the scorpion-men, Siduri the wine-maker in the Garden of the gods, and finally the ferryman Ur-Shanabi, who carries him beyond the waters of death, he arrives at the end of the world to meet Utnapishtim. Like Siduri, who told Gilgamesh that he would never find immortality because death is the destiny that the gods allotted to all men—masters and servants, Utnapishtim tells him that there is no permanence in the world, and accordingly men should not expect to live forever. However, Gilgamesh asks him, “how was it that you came to enter the company of the gods and to possess everlasting life?”. Utnapishtim agrees to tell him a secret of the gods. [tablets IX-XI] Sandars notes many similarities with the homeric epics, which might have been inspired by the Epic of Gilgamesh — one of them is that Circe bears some likeness with Siduri.

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Tablet XI

Chapter 5: The Story of the Flood. As a lesson to Gilgamesh, Utnapishtim tells him how he survived the flood and became immortal. People having multiplied so much that they had become too noisy (“The uproar of mankind is intolerable and sleep is no longer possible by reason of the babel”), Enlil decided to exterminate mankind. However, Ea warns Utnapishtim in his dream and tells him to build an ark. He loads it with all his gold “and living things, my family, my kin, the beast of the field both wild and tame, and all the craftsmen.” The story is quite similar to the Great Flood as told in the Bible, save that it lasted only seven days. The gods are angry at Enlil for having acted alone and they reward Utnapishtim and his wife with everlasting life and make them “live in the distance at the mouth of the rivers” (a way of saying “sorry for the trouble” while making sure he would not tell this secret to anyone!). [tablet XI cont.]

Chapter 6: The Return. Utnapishtim nevertheless tells Gilgamesh how to get a plant that “restores his lost youth to a man (…) [and] all his former strength” — however, as Gilgamesh bathes, a serpent snatched it away. He returns to Uruk, the strong-walled city, empty-handed but wiser. “Gilgamesh, the king who knew the countries of the world (…) was wise, he saw mysteries and knew secret things, he brought us the tale of the days before the flood. He went a long journey, was weary, worn out with labour, and returning engraved on a stone the whole story”. [tablet XI cont.] Another possible influence on the Bible is the story where Gilgamesh, after arriving to the Garden of the gods, some sort of paradise, and finding the flower of youth, is sent back by Utnapishtim only to have his prize stolen by a serpent — which is somewhat reminiscent of the fall of man.

Chapter 7: The Death of Gilgamesh. “Gilgamesh, the son of Ninsun, lies in the tomb.” His destiny was fulfilled: it was not to have everlasting life, but his fate was to die. “None will leave a monument for generation to come to compare with his.” However heroes have both bright and dark sides. He was “given the kingship, (…) power to bind and to loose, to be the darkness and the light of mankind. He was given unexampled supremacy over the people (…) but do not abuse this power, deal justly with your servants in the palace, deal justly before the face of the Sun.” The people of the city chant, they lift up the lament, they weighed out their offerings. “O Gilgamesh, lord of Kullab, great is thy praise.”

Here Sandars chose not to include the text of tablet XII, “Enkidu and the Netherworld”, where Enkidu (despite having previously died on tablet VII) “goes down alive into the Underworld in order to bring back (…) [the] drum and drumstick that Gilgamesh has let fall into it”. Having broken the rules, Enkidu must remain in the Underworld but is allowed to briefly come back and tell Gilgamesh all about it. As it feels incompatible with the rest of the story, Sandars includes instead the “death of Gilgamesh”, which only appears in the Sumerian version, because “it makes a more satisfactory end”.

The Epic of Gilgamesh offers a simple text, easy to read and there’s no need to be an assyriologist to understand and enjoy it. It offers a glimpse into a very ancient and fascinating time of our civilisation about which we still have so much to learn. It is a shame that, in the last twenty years, instead of uncovering new information, we have been destroying those buried secrets because of the upheaval caused by the Irak war, the Syrian civil war and the madness of Daesh (ISIS).

Reading very old classics like The Epic of Gilgamesh or the Homeric epics (the Iliad and the Odyssey) remind us of how little the human mind has changed over the millennia (at least since the agricultural revolution during the Neolithic, 12,000 years ago). It is an interesting story that everyone should read at least once (or twice) in their life. Have you?

The Epic of Gilgamesh (by Anonymous, translated by Nancy K. Sandars). Harmondsworth: Penguin Books (Penguin Classics), 1972. 128 pages, $US 2.50 / $C 2.95, ISBN 014044100X. stars-3-0

The translated version by N.K. Sandars seems to be more difficult to find lately, and the new translation by Andrew Georges (2003) seems more easily available.

To learn more about this title you can consult the following web sites:

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© N.K. Sandars, 1960, 1964, 1972. All rights reserved.

[ Traduire ]

Gilgamesh (Jens Harder)

Gilgamesh-Harder-covL’Épopée de Gilgamesh est le plus ancien récit de l’histoire de l’humanité. Il nous est parvenu sous la forme de tablettes d’argile lacunaires, rédigées en sumérien, datées de la fin du IIIe millénaire avant JC.

Personnage hors du commun de la Mésopotamie antique, roi de la cité d’Uruk, Gilgamesh est un tyran mais il accomplit, avec l’aide de son ami Enkidu, des exploits qui permettent aussi de voir en lui le premier super-héros.

Avec le sens de la démesure qu’on lui connaît, Jens Harder a pris ce texte mythique à bras-le-corps. Tout en restant fidèle à l’esthétique des bas-reliefs témoins de ce lointain passé, il en fait une vraie bande dessinée, avec des décors grandioses, des monstres, des combats, des rêves, des dieux, de l’amour aussi.

Avec Jens Harder pour guide, suivez Gilgamesh et Enkidu dans la forêt de cèdres d’Humbahba, sur les rives de la Mer morte et jusqu’aux enfers. Une expérience de lecture unique, et une formidable porte d’entrée pour découvrir la civilisation mésopotamienne.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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Page 9

C’est tout un accomplissement que d’adapter en bande dessinée l’Épopée de Gilgamesh, la plus vieille histoire d’aventure à nous être parvenue — plus vieux que Le dit du Genji [premier roman datant du XIe siècle de notre ère] ou que Les Mille et Une Nuits [contes aux source indo-persanes datant des IIIe-VIIe siècles mais compilés dans le monde musulman du IXe siècle], plus vieux que la Bible [l’Ancien Testament aurait été écrit entre le VIIIe et le IIe siècle avant notre ère (AEC)], au moins 1,500 ans plus vieux que les récits Homériques [une tradition orale du XIIe siècle mais écrite au VIIIe siècle AEC], ou possiblement même plus vieux que les épopées sanskrites indo-européennes qui auraient inspiré ces derniers (Mahabharata et Ramayana — tradition orale du XXIe siècle AEC mais transcrite au IVe siècle AEC). L’Épopée aurait été composé en sumérien vers la fin du IIIe millénaire (XXIIe-XXIe siècle AEC) mais n’a eut une forme écrite que vers les XVIIIe-XVIIe siècle AEC. La version définitive et la plus complète de l’Épopée a été retrouvé à Ninive et est écrite sur douze tablettes d’argile en akkadien cunéiforme et date du VIIe siècle AEC.

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Page 12

Le récit se présente comme suit. Tablette I: Gilgamesh est le roi de la cité d’Uruk. C’est un despote arrogant qui oppresse son peuple, à un tel point que les dieux décident de lui créer un rival, Enkidu, l’homme sauvage. Tablette II: Gilgamesh lui envoie une courtisane pour le civiliser. Leur duel se solde par un respect mutuel, et c’est le début d’une longue “bromance” (amitié virile). Tablettes III-V: Ensemble, ils vont terrasser le géant Humbaba, dans la Forêt de Cèdre (Liban?). Tablette VI: La déesse Ishtar (Inanna) tente de séduire Gilgamesh mais celui-ci l’éconduit. Elle se plaint à son père, Anu, qui envoie le Taureau céleste pour dévaster Uruk, mais Gilgamesh et Enkidu le tue, redoublant l’affront. Tablettes VII-VIII: Pour se venger, les dieux font mourir Enkidu de maladie. Tablette IX-X: Inconsolable, Gilgamesh erre dans le désert à la recherche de son ancêtre Uta-napishti pour l’interroger sur le sens de la mort et de la vie. Après avoir rencontré les hommes-scorpions, la tavernière Siduri, et finalement le batelier Ur-Shanabi, qui l’emporte au-delà de l’océan de la mort, il arrive au bout du monde. Tablette XI: Uta-napishti lui raconte comment il a survécut au déluge et est devenu immortel. Il avertit Gilgamesh qu’il n’aura jamais l’immortalité mais lui indique néanmoins comment obtenir une plante qui redonne la jeunesse — toutefois Gilgamesh se la fait voler par un serpent. Il revient à Uruk bredouille mais plus sage. Tablette XII (fragment probablement ajouté ultérieurement): Gilgamesh échappe ses instruments de pouvoir dans les Enfers et Enkidu décide de les lui rapporter mais s’y retrouve prisonnier. Gilgamesh obtient de revoir brièvement son compagnon qui lui raconte son expérience aux Enfers.

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Gilgamesh a été adapté et illustré par Jens Harder, un artiste allemand qui a entreprit déjà plusieurs récit historiques ou journalistiques (Leviathan, La Cité de dieu, Alpha… directions, Beta… civilisations vol. 1, Cités: Lieux vides, rues passantes — presque tous primés et publiés en français chez Actes Sud – L’An 2). Comme il nous le fait remarquer dans sa postface, c’est une histoire qui a beaucoup influencé les mythes (Herakles) et les récits épiques subséquents (la Bible, le cycle troyen, les Milles et Une Nuits, etc.) et qui a encore des échos même aujourd’hui. Il souligne d’ailleurs les dimensions politiques de l’Épopée, qui est d’abord ancrée dans des faits géo-économiques réels (la nécessité d’abattre des cèdres pour répondre à la pénurie de bois en Mésopotamie et de se protéger du risque constant d’inondations (déluges), puisque le territoire est situé entre deux grands fleuves: le Tigre et l’Euphrate). Puis il y a un aspect socio-politique, où le peuple oppressé par un tyran implore les dieux, qui l’envoient dans une quête de gloire qui finira par l’assagir (étrangement, le fait que celui-ci soit arrogant, vaniteux, débauché — il invoque le droit de cuissage — braillard et reconnu pour avoir construit un mur de protection autour de la ville évoque une similitude amusante avec le quarante-cinquième président américain, l’héroïsme en moins!).

Le concept de cette BD est superbe. Elle nous offre un intéressant récit qui est très fidèle au texte original de l’Épopée. Toutefois, comme tout texte ancien, c’est plutôt formel et donc un peu laborieux à lire. Et l’auteur a du faire certains choix, narratifs d’abord (comme de ne pas inclure dans son adaptation la mort de Gilgamesh, qui n’apparait que dans la version Sumérienne de l’Épopée) et aussi visuels. En effet, l’adaptation est aussi un peu difficile à lire du point de vue graphique, car Harder ne suit pas la forme traditionnelle de la bande dessinée mais s’inspire plutôt de l’art mésopotamien. Il représente l’action en bichromie et aussi comme si c’était une fresque bidimentionnelle (les personnages étant vus exclusivement de face ou de profil!), faisant toutefois quelques concessions à la perspective afin de rendre le sujet visuellement compréhensible. C’est tout de même beau (dans son genre) et visuellement fascinant.

Somme toute c’est très intéressant si vous êtes curieux de connaître l’Épopée de Gilgamesh et surtout si vous êtes amateur d’Histoire. 

Gilgamesh, par Jens Harder (traduit de l’allemand par Stéphanie Lux). Mouthiers-sur-Boëme: Actes Sud – L’An 2, janvier 2018. 144 pages, cartonné, 19,5 x 30,5 cm, 19,80 € / $C 43.95, ISBN 978-2-330-09248-1. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Jens Harder, 2018 pour le texte et les dessins. © Actes Sud 2018 pour la traduction française.

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Miss Hokusai

MissHokusai-1-covMiss Hokusai tenait de son père son talent et son obstination. C’était une femme libre qui fumait la pipe, buvait du saké et fréquentait les maisons de plaisir pour croquer les belles femmes sur le vif. Autour d’elle et de Hokusai se déploie la chronique fantasque d’une vie de bohème au début du XIXe siècle, où se côtoient peintres, poètes, courtisanes et acteurs du kabuki.

Sugiura Hinako (1958-2005) est une mangaka et une historienne spécialisée dans la vie et les coutumes du Japon de l’ère Edo. Elle travaillait beaucoup pour le cinéma et son manga a été adapté en film en 2015.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Miss Hokusai (百日紅 (さるすべり) / Sarusuberi / lit. “Cent Cramoisi” qui est le nom que les Japonais donnent au Lagerstroemia [lilas des Indes ou crape myrtle en anglais] un groupe d’espèces d’arbres et arbustes indigènes du sous-continent indien) a d’abord été publié en feuilleton entre 1983 et 1987 dans le magazine hebdomadaire Manga Sunday avant d’être compilé en trois volumes par l’éditeur Jitsugyou no Nihonsha en 1987, puis en deux volumes par Chikuma Shobō (format bunko) en 1996. Il a été traduit en espagnol chez Ponent Mon et en français chez Philippe Picquier. Ce manga seinen historique, écrit et illustré par Sugiura Hinako, nous raconte des épisodes de la vie de Hokusai, le célèbre artiste d’ukiyo-e de l’ère Edo, et de O-ei, sa troisième fille qui l’assiste dans son travail. Il a été adapté en dessin animé en 2015 par Production I.G. sous la direction de Keiichi Hara.

Ce qui rend l’oeuvre de Sugiura Hinako intéressante, c’est qu’elle est probablement la seule mangaka a s’être autant inspiré de la tradition japonaise tant pour ses sujets que pour son style de dessins. Née dans une famille de fabriquant de kimonos, elle a grandit avec un grand sens de la tradition. Alors qu’elle devient de plus en plus fascinée par le Japon féodal, elle abandonne des études universitaire en arts graphiques et designs pour étudier avec Shisei Inagaki, écrivain et spécialiste de l’époque d’Edo, et être assistante pour la mangaka Murasaki Yamada.

Elle fait ses débuts en 1980 dans le magazine Garo, consacré au manga expérimental, et dès ce moment elle s’établit comme chroniqueuse de la vie quotidienne du vieux Tokyo (Edo), et particulièrement du quartier des plaisirs de Yoshiwara, en portant une telle attention aux détails (les coutumes, les vêtements, etc.) qu’elle redonne littéralement vie au passé. De plus, elle innove en poussant l’authenticité jusqu’à adopter un style graphique qui, quoique un peu frustre, s’inspire beaucoup—et même parfois imite carrément—les traditions artistiques de l’époque Edo comme l’ukiyo-e (estampes japonaises) et le kibyōshi (romans illustrés qui sont en quelques sortes l’ancêtre des mangas). Comme nous le dit Frederik L. Schodt dans Dreamland Japan (p. 139), sa principale concession à la modernité est d’adapter le language, car les Japonais d’aujourd’hui ne sauraient lire la langue de l’époque sans dictionnaire!

Malheureusement, insatisfaite de la qualité artistique de son travail et peu disposée à s’imposer le rythme de travail de la publication commerciale du manga, elle prends sa retraite en 1993 pour se consacrer à la recherche et à faire mieux connaître l’époque Edo (en étant consultante pour les média et en écrivant des ouvrages sur le sujet). Elle meurt du cancer de la gorge en 2005. Elle est récipiendaire du Nihon Mangaka Kyōkai Shō (Prix de l’Association des auteurs de bande dessinée japonais) en 1984 pour Gassoh (合葬 / “Enterrement commun”, qui a été adapté au cinéma par Tatsuo Kobayashi) et du Bungeishunjū Manga Shō (prix Bungei shunjū) en 1988 pour Fūryū Edo Suzume (風流江戸雀 / “Élégance du moineau d’Edo”). Le seule autre manga de Sugiura à avoir été traduit en français est Oreillers de laque (二つ枕 / Futatsu makura / Lit. “Deux oreillers”) qui est disponible en deux tomes (1. Du vent sur les fleurs et 2. Promis, c’est promis) aux Éditions Philippe Picquier — ceux-ci offrent d’ailleurs une intéressante collection de manga alternatif ou qui adaptent des classiques de la littérature (voir mes commentaires sur Je suis un chat et La porte).

Si le titre occidental du manga est “Miss Hokusai” et que la présence de O-ei fait le lien entre les différents anecdotes, celui-ci n’est pas à proprement parler l’histoire de la fille de Hokusai comme ce titre le suggère, mais fait plutôt le récit des dernières années de la vie du célèbre artiste et de son entourage (principalement O-ei, Ikeda Zenjirô [qui prendra le nom d’artiste Keisai Eisen] et Kuninao Utagawa, mais aussi Iwakubo Hatsugorô [aka Totoya Hokkei], Kawamura Kotome [seconde épouse de Hokusai et mère de O-Ei], Inoué Masa [aka Hokumei, disciple de Hokusai], et Takachirô [jeune frère d’O-ei et deuxième fils de Hokusai]). Avec ce manga Sugiura nous présente en quelques sorte une vision féministe de l’époque Edo, en faisant ressortir le rôle central que O-ei jouait pour Hokusai (dont elle était un peu la gérante), le fait qu’elle entreprend une carrière qui lui est propre (mais qui n’aura jamais la renommé de son père) et en levant un peu le voile sur la vie quotidienne des geisha de Yoshiwara. Le manga est cependant trop anecdotique pour constituer un bon récit biographique sur Hokusai — sur ce sujet le manga de Shotaro Ishinomori constitue probablement une meilleure lecture (voir mon commentaire sur cet ouvrage).

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Miss Hokusai: le dessin animé

D’une certaine façon l’adaptation animée est plus intéressante que le manga car elle organise un peu mieux le récit anecdotique du manga, le restreint un peu plus autour du travail de O-ei et offre un superbe style graphique qui n’a plus rien a voir avec les dessins frustre de Sugiura. Le dessin animé mérite définitivement d’être vu. Toutefois, si le manga est fascinant pour son aspect historique authentique, le plaisir de la lecture en est un peu tempéré par le style graphique plutôt grossier et peu attrayant — quoique les allusions au style des ukiyo-e sont tout à fait charmantes. C’est donc à lire mais surtout pour les amateurs d’histoire nippone. Je réserve néanmoins mon jugement final tant que je n’ai pas lu le tome deux (d’abord annoncé pour avril 2019, il paraîtra en août 2019…)

Miss Hokusai, tome 1 par SUGIURA Hinako. Arles: Éditions Philippe Picquier (Coll. Picquier Manga / BD ), février 2019. 360 p., 15 x 22 cm, 19,00 €  / C$ 27.95. ISBN 978-2-8097-1392-3. Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Masaya Suzuki • Hiroko Suzuki 1996. Tous droits réservés. © Éditions Philippe Picquier 2019 pour la traduction française.

Dreamland-JapanSources sur Sugiura Hinako: Manga-Update, Wikipedia et surtout Dreamland Japan: Writings On Modern Manga, par Frederik L. Schodt. Berkeley: Stone Bridge Press, 1996. 360 pages (pp. 136-140), 6 x 9”, U$ 29.95 / $C 44.95, ISBN: 9781933330952. Cet ouvrage est presqu’aussi essentiel que son Manga! Manga! The World of Japanese Comics. stars-4-0 [ AmazonGoodreadsGoogle booksWikipediaWorldCat ]

Miss_Hokusai_Blu-Ray_DVD_CoverMiss Hokusai (百日紅 / Sarusuberi / Lit. “crape myrtle”): Japan, 2015, 90 min.; Dir.: Keiichi Hara; Scr.: Miho Maruo; Char. Des.: Yoshimi Itazu; Art Dir.: Hiroshi Ohno; Anim. Dir.: Yoshimi Itazu; Mus.: Harumi Fuki, Yo Tsuji; Prod.: Production I.G; Jap. Voice Cast: Anne Watanabe (Oei), Yutaka Matsushige (Hokusai), Gaku Hamada (Zenjiro Ikeda), Kengo Kora (Kuninao Utagawa), Jun Miho (Koto), Miyu Irino (Kagema). Rated PG-13. Intéressante histoire et surtout superbe animation! stars-4-0 [ ANN / Gkids Official website / IMdB / Stream on Demand ]

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