Übel Blatt (1)

“La légende raconte que pour lutter contre une terrifiante armée des ténèbres, document.write(“”); l’empereur missionna 14 vaillants guerriers à qui il confia 14 lances sacrées. 3 d’entre eux, “les glorieux guerriers sans retour”, périrent au combat. 4 autres, surnommés “les lances de la trahison”, furent exécutés par leurs compagnons pour félonie. Les 7 derniers accomplirent leur mission et furent accueillis en héros à leur retour.”
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“Mais 20 ans plus tard, des rebelles baptisés eux aussi “les lances de la trahison” défient de nouveau l’autorité de l’empire…”

“Sombre, vénéneux, épique… Découvrez Übel Blatt, une incroyable saga de dark fantasy !”

[ Texte du site de l’éditeur ]

“Privé de la juste reconnaissance de ses faits d’armes, celui à qui l’on donne le surnom infamant de “Lance de la Trahison” continue son périple après avoir changé d’identité et d’apparence…”

“La quête de vengeance mène Köinzell à Rielde Velem, ville dirigée par le “monastère”, un groupe religieux rongé par la corruption et qui multiplie les exécutions publiques.”

[ Texte de la couverture arrière ]

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Il y a quelques semaines sur NHK World, je suis tombé sur une émission de Imagine-Nation qui introduisait le manga Übel Blatt de Etorouji Shiono. Je n’en avais jamais entendu parlé mais le style me paraissait intéressant alors je me suis réservé le premier volume à la bibliothèque. Je me suis toutefois aperçu par la suite qu’il y avait un volume zéro qui introduit probablement le personnage principal et ses origines (quoique le premier volume en fait un bon résumé et je n’ai donc pas l’impression d’avoir manqué quelque chose).

Übel Blatt (???????? / lit. “journal du mal” en allemand, mais l’auteur voulait probablement dire “épée maléfique”) est un manga seinen de dark fantasy écrit et illustré par le jeune artiste Etorouji Shiono. Il a été prépublié en feuilleton dès 2005 dans le magazine Young Gangan et, depuis 2011, dans Big Gangan (tous deux publiés par Square Enix). La série comporte jusqu’à maintenant quatorze volumes qui ont presque tous été traduit en français par les Éditions Ki-oon (le volume 14 devrait paraître en décembre 2013). Il a été primé au Japan Expo de 2008 pour le meilleurs manga seinen. Un interview avec l’auteur est disponible sur Youtube, et le site de l’éditeur français offre aussi un extrait d’une vingtaine de pages du volume zéro. Ki-oon a aussi produit quelques “bande-annonces” pour le manga (l’une sur DailyMotion et une autre, plus longue, sur Youtube):

Vingt ans plus tôt, alors que les fiefs de Szaalanden sont menacés d’invasion par le royaume maléfique de Wischtech, quatorze de leur meilleurs jeunes guerriers reçoivent la mission d’y mettre fin. Trois mourront, quatre trahiront et seront exécutés, sept vaincront et deviendront des héros. Tel est la légende mais la vérité est toute autre: les quatre véritable héros ont vaincu l’ennemi pour être ensuite lâchement assassiné par leur sept confrères qui leur volèrent ainsi la gloire.

Le personnage principal, Köinzell, est en fait Ascheriit, l’un des quatres véritable héros, qui a survécu à une mort certaine en mangeant une elfe lunaire et qui s’est lui-même lentement transformé en demi-elfe par la suite. Il détient des habilités exceptionnelles en combat mais son corps d’elfe est fragile, quoiqu’il puise une grande force dans la lune. L’origine de Köinzell n’est pas expliquée dans le premier volume, mais je suppose qu’elle l’a été dans le volume zéro.

Alors qu’il arrive à la ville frontière de Rielde Velem pour pénétrer clandestinement dans le territoire des fiefs de Szaalanden, Köinzell fait la rencontre de ceux qui deviendront ses premiers compagnons: Vido, Peepi et Altea. Ils doivent d’abord affronter les moines du monastère, puis les créatures Wischtech des catacombes, avant de pouvoir “passer de l’autre côté” et rejoindre le camps des Sept Héros. Car Köinzell ne désire qu’une chose: se venger de ceux qui sont les véritables traitres!

Übel Blatt est une histoire d’héroïc fantasy sombre assez typique comme on l’a vu maintes fois en manga (voir Berserk ou Claymore par exemple): pleine de jeunes filles en détresses légèrement vêtu ou d’héroïnes à la poitrine opulente (pour justifier un peu de nudité), de grandioses combats d’épée en grande éclaboussures de sang, de techno-magie, de monstres “maléfiques” hideux, de trahisons, de courage, de sacrifices, avec un beau héros elfique adolescent! C’est tout de même bien écrit et intéressant (pour autant que je puisse juger avec un seul volume). Toutefois, ce qui a initialement attiré mon attention c’est surtout la qualité du dessin, qui est très détaillé, sombre, assez dynamique mais demeure quand même compréhensible. Le design des personnages et des créatures est attrayant. L’ensemble — le style riche et épique, une histoire captivante et prometteuse — fonctionne assez bien pour créer une lecture agréable, qui nous en fait désirer plus. Intéressant.

Übel Blatt, vol. 1, par Etorouji SHIONO (traduction: Ryoko Akiyama). Paris, Éditions Ki-oon, juillet 2007 (réimprimé en avril 2011). 13,0 x 18,0 cm, 226 pg., 7,65 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-915513-68-4. Lecture dans le sens japonais (de droite à gauche) et recommandé pour jeunes adultes (16+ due à du gore, de la nudité et de la violence).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Übel Blatt © 205 Etorouji Shiono / Square Enix. Édition française © 2007 Ki-oon.

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Les Vacances de Jésus et Bouddha (2)

Jésus revient, document.write(“”); Jésus révient avec Bouddha !“
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“Si vous aussi, quand vous allez chez votre libraire, vous demandez « Vous n’auriez pas ce manga avec Jésus et Bouddha ? », ne craignez rien, vous n’êtes pas seul ! Tout le monde sait maintenant qu’ils prennent des vacances dans la banlieue de Tôkyô. Bouddha compte toujours le moindre sou, tandis que Jésus met son blog à jour aussi vite que sa connexion le lui permet. Découvrez vous aussi cette nouvelle divine comédie !”

[ Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière ]

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J’ai déjà pas mal tout dis ce que je pensais de cette série dans mon commentaire du premier volume. Dans le second volume, Jésus et Bouddha continue leurs vacances sur terre, dans la banlieue de Tokyo. Au chapitre 9, Holy birthday, Jésus & bouddha célèbre la noël et bouddha tente de faire une surprise à Jésus pour son anniversaire mais la propriétaire de l’immeuble casse leur party. Au chapitre 10, Auto-sanctification, ils passent le jour de l’an au temple et à jouer à des jeux de société. Au chapitre 11, Hospital fever, Bouddha tombe malade après avoir médité trois heures en manches courtes dans la neige et Jésus tente de montrer qu’il est responsable en s’occupant de lui. (ci-contre, page 56) Au chapitre 12, Un prince trop bien portant, Bouddha a pris du poids durant les fêtes et le duo décide de faire de l’exercice. Au chapitre 13, Le parc le plus proche du paradis, le duo passe un bel après-midi au parc. Au chapitre 14, Pèlerinage, Bouddha amène Jésus à la terre sainte des geeks, Akihabara, où Jésus espère qu’ils achèteront un nouvel ordinateur mais Bouddha, lui, désire magasiner un autocuiseur de riz! Finalement, au chapitre 15 (Coupe, ablutions et un peu de vin), Jésus et Bouddha se coupent les cheveux mutuellement et vont ensuite au bain public où Jésus, rigolant trop suite à une de ses blagues nulles, transforme l’eau du bain en vin!

Page 12 (à gauche) et page 63 (à droite)

Bon, Les vacances de Jésus et Bouddha c’est un manga très hilarant et original au début mais on s’en lasse rapidement. Et je dois dire que j’en ai beaucoup arraché à essayer de lire les textes qui sont souvent un peu trop petits pour mes vieux yeux (il me faudrait une deuxième paire de lunettes ou une loupe!). Au point où je me trouvais des excuses pour ne pas lire (j’ai donc pris du retard dans mes lectures). J’aurais beaucoup plus apprécié ce manga s’il avait été publié dans un format un peu plus grand et avec un meilleur lettrage. Enfin, c’est tout de même rigolo et je le recommande mais, moi, j’ai abandonné l’idée de lire le volume trois et les suivants…

Les vacances de Jésus et Bouddha, vol. 2, par Hikaru Nakamura (traduction: Étienne Robert). Paris, Kurokawa, septembre 2011. 12,8 x 18,2 x 1,2 cm, 128 pg., 6,70 € / $11.95 Can. ISBN: 978-2-351-42588-6. Lecture dans le sens japonais (de droite à gauche) et recommandé pour jeunes adultes (14+).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Saint Oniisan © 2008 Hikaru Nakamura, All Rights Reserved.

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Découverte: Joséphine Impératrice

Lorsque j’ai récemment vu ce manga pour la première fois dans les nouveautés de Manga-Thé, document.write(“”); j’ai tout de suite pensé “Enfin, un de ces vieux manga des années ’70 qu’on a traduit” (voir le billet “Une mine de manga inexploitée”) mais en fait c’est un manga récent. Toutefois, c’est ce qui s’en rapproche le plus: l’artiste, Yumiko Igarashi, fait partie de la même génération que les Moto Hagio ou Riyoko Ikeda (elle ne fait techniquement pas partie du Groupe de l’an 24 mais presque) et c’est une fresque historique dans ce qui semble un pur style Sh?jo. J’ai donc bien hâte d’y jeter un coup d’oeil.
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“Une impératrice de charme au coeur d’or. XVIIIe siècle sur l’île de la Martinique, la jeune Rose Tascher de la Pagerie grandit entourée d’une famille aimante. Jeune fille issue de la noblesse, elle vit librement et simplement, bien loin des conventions et du faste de la vie parisienne. En 1779, à 16 ans, elle est mariée au vicomte de Beauharnais. Commence alors pour la jeune fille un dur apprentissage de la vie, entre un mari volage qui la délaisse et l’isolement dans un pays qu’elle ne connaît pas, la jeune femme s’endurcit sans jamais se départir de la bonté et de la générosité qui la caractérise. Elle va bientôt reconquérir sa liberté et son indépendance, mais en attendant, les prémices de la Révolution grondent déjà dans Paris…” [texte du site de l’éditeur]

Joséphine Impératrice, écrit par Kaoru Ochiai et illustré par Yumiko Igarashi. Boulogne, Pika Éditions, octobre 2013. 192 pages, 7,50 €, ISBN 978-2-8116-1263-4. Le volume 2 est paru le 30/10/2013 et le volume 3 paraîtra le 19/03/2014. À lire absolument!

Voir des extraits après le saut de page:

Voir d’abord le preview de trente-six pages sur le site de l’éditeur!


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Une mine de manga inexploitée

Je me plains souvent que les éditeurs de manga ne puisent pas assez (ou même du tout) dans la mine d’or que représentent les manga publiés dans les années ’70-’80. Juste en jetant un coup d’oeil dans la collection de manga en Japonais de mon épouse je trouve facilement une dizaine d’excellent manga shōjo ou josei qui n’ont jamais été traduit en français ou en anglais. La plupart de ces titres ont été créé par des membres du fameux “Groupe de l’an 24” (des mangaka nées en Showa 24 [1949], ou à la même époque, incluant par exemple Moto Hagio, Keiko Takemiya, Toshie Kihara, Minori Kimura, Yumiko Ōshima, Nanae Sasaya, Ryōko Yamagishi et même Riyoko Ikeda).

Dans l’après-guerre, les gens n’avaient pas vraiment le goût de lire des histoires introspectives sur le Japon alors on a produit beaucoup de manga historiques qui se situaient principalement en Europe. Cette génération d’artistes a grandement contribué à développer le style riche et élégant du manga shōjo. Bien sûr, le graphisme du manga a beaucoup évolué depuis, mais ces titres demeurent très beaux sans compter qu’ils offrent des histoires intelligentes et captivantes. Je ne vois donc pas pourquoi on ne les traduirait pas afin de les rendre accessible aux lecteurs d’aujourd’hui. En voici quelques exemples:

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Quelques nouvelles en BD

Calvin & Hobbes en livrel

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Presque trente ans après que Bill Watterson eu lancé sa fameuse série Calvin & Hobbes, document.write(“”); trois compilations rassemblant une bonne partie de son oeuvre sont maintenant disponible en format électronique: The Essential Calvin and Hobbes, The Authoritative Calvin and Hobbes, et The Indispensable Calvin and Hobbes. Ces collections se vendent pour $12.99 sur la plupart des sites de livrels comme celui pour le
Kindle d’Amazon, le Nook de Barnes & Noble et, bien sûr, pour l’iBooks d’Apple [ quoique le lien vers l’iBook store ne semble plus fonctionner… 😦 ].

[Sources (en anglais): Cult of Mac, The Verge]

La Pastèque au musée

La BD s’expose au Musée: 15 artistes de La Pastèque inspirés par la collection. Dans le cadre du 15e anniversaire de la maison d’édition La Pastèque, le Musée présente une exposition gratuite et originale mettant en vedette quinze des bédéistes qui ont fait le succès de l’éditeur au fil des ans : La BD s’expose au Musée – 15 artistes de La Pastèque inspirés par la collection. Après une visite au MBAM et des recherches dans sa base de données, Isabelle Arsenault, Pascal Blanchet, Paul Bordeleau, Pascal Colpron, Cyril Doisneau, Patrick Doyon, Jean-Paul Eid, Pascal Girard, Réal Godbout, Janice Nadeau, Michel Rabagliati, Marc Simard, Rémy Simard, Siris et Leif Tande ont chacun choisi une œuvre de la collection dont ils se sont ensuite inspirés pour créer un récit inédit.”

L’exposition se tient du 6 novembre 2013 au 30 mars 2014 au Pavillon Jean-Noël Desmarais (Niveau 3). L’entrée est libre en tout temps.

[Source: MBA]

Hayao Miyazaki de retour sur la planche à dessin!

Hayao Miyazaki avait pourtant annoncé sa retraite, mais deux mois plus tard on le surprend à travailler sur un manga! Je suppose qu’il prenait sa retraite de production d’animation seulement et que, maintenant qu’il du temps à lui, il se remet sur les choses qu’il voulait vraiment produire.

L’émission de télé de la NHK Professional Shigoto no Ry?gi (style de travail professionnel) a montré Miyazaki en train de dessiner un manga de samurai! “Miyazaki a affirmer vouloir dessiner des histoires sur la période des Royaumes combattants du Japon (Sengoku) et autres histoires qui ne peuvent être classifiées”. Cette histoire sera prépublié dans un magazine qui n’a pas encore été identifié [MàJ 12/09: il s’agirait de Model Graphix] et Miyazaki le fait sur une base bénévole, c’est-à-dire qu’il ne désire pas être rémunéré. Le style du manga ressemble beaucoup au style riche et chargé qu’il a utilisé pour son vieux manga de Nausicaä de la vallée du vent.

[Source (en anglais): ANN]

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Animus meminisse horret

Aujourd’hui c’est le jour du souvenir. Le jour des vétérans aux USA. Ici c’est dur de garder un sentiment positif sur cette célébration, document.write(“”); car on se souviens surtout que nos soldats ont été utilisé comme chair à cannon par l’Empire Britannique. Mais même si leur sacrifice a été vain pour la nation, il faut quand même célébrer leur courage et leur brève existence.
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Notre devise est tout de même “Je me souviens”, alors souvenons-nous plutôt des horreurs de la guerre et espérons qu’elles auront un jour une fin. Car pour l’instant la guerre perdure partout sous une forme ou une autre et chaque jour des milliers de vies se terminent abruptement et absurdement. Des vies comme la mienne ou la vôtre, pleine de potentiel, d’affection et de sentiments. Quelle chose cruelle que d’y mettre fin sans véritable raison, sinon d’être au mauvais moment, à la mauvaise place.

Aucun conflit ne devrait justifier ce genre de pertes…

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La fête de la tomate

“Un petit plant tout rabougri était bradé à l’entrée du supermarché. Hana l’a remarqué, document.write(“”); l’a réclamé à son papa, l’a rempoté, arrosé, soigné, et protégé des chenilles. Le jour des grandes vacances, elle l’a emporté avec elle passer l’été chez sa grandmère. Ses parents la désapprouvaient ? Hana a tenu bon. Le typhon souffle ? Le petit plant, enraciné dans le potager, résiste. La nature récompense souvent ceux qui prennent soin d’elle. Au coeur de l’été, Hana pourra bientôt inviter toute sa famille à un festin de tomates cerises !“
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[ Texte du
site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière ]

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«Papa, c’est quoi cette plante ?» (page 2-3)

Au supermarché, Hana convainc son père d’acheter un petit plant de tomate rachitique. Elle le rempote, l’arrose, le protège des chenilles et il grandit. Hana aime s’occuper des plantes, peut-être parce que son nom veut dire “fleur” en japonais. L’été venue, elle se rend chez sa grand-mère et, contre l’avis de ses parents, amène son plant avec elle. Tout de suite grand-mère lui propose de la replanter dans son jardin. Elle grandira mieux en pleine terre mais restera plus petite que les autres plants de tomates car c’est une variété de tomates cerises. Au bout de quelques jours, des fleurs jaunes apparaissent, puis deviennent de petites tomates vertes. Bientôt, elle pourrons être mangées.

Un soir, la météo annonce un terrible typhon, alors Hana et sa grand-mère plantent des piquets pour attacher les plants. Pendant la nuit, Hana est inquiète mais le lendemain le soleil est de retour et les plants, quoique secoués par les vents violents, ont survécu. Deux jours plus tard, Hana cueille et goûte à sa première tomate, toute rouge et chaude de soleil. Quand ses parents viennent la chercher, Hana et grand-mère leur prépare un merveilleux festin avec le fruit du potager: tomates, carottes, concombres, radis, et pommes accompagnés de chrysanthèmes et de sushis. Ils reviendront à la maison avec un carton rempli de tomates, et Hana se demande ce qu’elle fera pousser l’an prochain.

Gauche: “Un matin, catastrophe, Hana s’aperçoit qu’il y a de petits trous dans les feuilles” (pg 5)
Droite: «Est-ce que tu crois que les tomates ont peur, elles aussi ?» (pg 19)

C’est une très belle histoire qui enseigne aux enfants la valeur de la terre et du jardinage. C’est aussi très bien illustré, avec une technique peut-être un peu classique pour ce genre d’album mais qui donne un très beau résultat. Si l’auteur vit maintenant à Paris, elle illustre tout de même des scènes typiques de la vie quotidienne japonaise, telle que le supermarché, la campagne avec ses maisons aux toits de tuiles, les intérieurs japonais avec leur tables basses, les tatamis et les futons, l’utilisation de bambou dans le jardins et la préparation des repas où les fruits et légumes sont sculptés et présentés avec du feuillage et des fleurs. L’album peut donc aussi constituer une introduction è la culture japonaise. J’aime bien.

Le site de l’éditeur comprend également deux vidéos: une introduction du livre par le directeur général de la maison d’édition et une interview avec l’auteur.

La fête de la tomate, écrit et illustré par Satomi Ichikawa. Paris, L’École des loisirs, octobre 2012. 22 x 27.2 x 0,8 cm, 30 pg., 13,20 € / $19.95 Can. ISBN: 978-2-211-21139-0. Recommandé pour les enfants de 5 à 7 ans.

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

La fête de la tomate © 2012, L’École des loisirs, Paris.

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Madame Mo: Les fêtes japonaises

“Yoko, document.write(“”); Norio, Plüq, Rose… tous les personnages de l’univers de Madame Mo nous entraînent dans un voyage culturel à travers le Japon et ses fêtes traditionnelles. Hina Matsuri, la fête des poupées en mars, O-tsukimi, la fête de la lune en septembre, Shichi-go-san, la fête des enfants en novembre… nous les suivons sur une année. Douze petites histoires faites de tranches de vie ou de souvenirs d’enfance nous immergent dans l’ambiance de la fête. Et pour prolonger ces moments joyeux, chaque histoire est accompagnée d’une activité manuelle simple et d’une recette. Un ouvrage riche et atypique pour lire et s’amuser à tous les âges !“
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[ Texte du
site de l’éditeur et de la couverture arrière ]

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Situé dans l’univers de Madame Mo, créé en 2003 par Agnès Lafaye et Pascale Moteki pour illustrer des objets inspirés de la tradition japonaise, ce livre pour enfants nous introduit aux fêtes japonaises. Il y a une fête pour chacun des mois de l’année et chacune nous est présentée à l’aide d’une petite histoire, d’une activité de bricolage et d’une recette. Ainsi, pour janvier, où l’on fête le nouvel an japonais (Oshogatsu), les auteurs nous racontent ce que les personnages font cette journée là, puis nous présente le jeu Fukuwarai (où les joueurs doivent épingler les différentes parties du visage (comme les yeux, les sourcils, le nez et la bouche) sur un dessin de face vierge) et une recette de Oyako don (Omelette au poulet sur bol de riz). Les fêtes pour le reste de l’année sont en février: chasser les mauvais esprits (Setsubun); mars: la fête des poupées (Hina Matsuri); avril: fête des cerisiers en fleur (Hanami); mai: la fête des garçons (Kodomo no Hi); juin: saison des pluies (Tsuyu); juillet: fête des étoiles (Tanabata Matsuri); août: fête des ancêtres (O-Bon); septembre: fête de la lune (O-Tsukimi); octobre: fête du sport dans les écoles (Undokai); novembre: fête des enfants (Shichi-go-san); et décembre: denier jour de l’année (O-Misoka).


Ce n’est pas le genre de livre que l’on lit d’un bout à l’autre mais plutôt une référence que l’on utilise pour introduire la culture japonaise aux enfants en leur lisant une histoire chaque mois et leur présentant des activités thématiques culinaires ou ludiques en relation avec la fête du mois. C’est une très bonne façon de développer la diversité culturelle des jeunes tout en s’amusant. Les illustrations sont simples et très colorés, mais le style des personnages de l’univers de Madame Mo est un peu excentrique (“personnages dotés d’une tête surdimensionnée avec un oeil plus grand que l’autre”). C’est un livre très amusant, riche en idées et en information.

Madame Mo: Les fêtes japonaises; Histoires, recettes et petits bricolages, écrit par Agnès Lafaye et illustré par Pascale Moteki. Arles, Éditions Philippe Picquier, avril 2013. 20 x 26 x 0,9 cm, 104 pg., 16,00 € / $27.95 Can. ISBN: 978-2-8097-0911-7. Recommandé pour les enfants de 7 à 12 ans.

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Madame Mo: Les fêtes japonaises © 2013, Éditions Philippe Picquier.

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La nostalgie heureuse

Tout ce que l’on aime devient une fiction. La première des miennes fut le Japon. À l’âge de cinq ans, document.write(“”); quand on m’en arracha, je commençai à me le raconter. Très vite, les lacunes de mon récit me gênèrent. Que pouvais-je dire du pays que j’avais cru connaître et qui, au fil des années, s’éloignait de mon corps et de ma tête ? (…)“
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“Je n’avais plus mis les pieds au pays du Soleil levant depuis décembre 1996. Nous étions en février 2012. Le départ était fixé au 27 mars. Seize années sans Japon. La même durée qu’entre mes cinq et mes vingt et un ans, qui m’avait fait l’effet d’une traversée du désert. (…) Quand on m’a proposé ce reportage sur les traces de mon enfance japonaise, j’ai accepté pour une raison simple : j’étais persuadée que le projet serait refusé par la chaîne de télévision. J’étais à cette époque à un stade de mon cerveau où je valais moins que rien : personne ne miserait un euro sur moi. (…) En janvier, l’équipe m’avertit que France 5 acceptait. Je tombai des nues. J’allais donc vraiment retourner au Japon. Sidérée, je m’aperçus que cette perspective, à laquelle je n’avais jamais cru, m’enthousiasmait.” [ Extraits des premières pages ]

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J’ai découvert Amélie Nothomb avec le superbe film Stupeur et tremblements d’Alain Corneau (IMdB, bande annonce et extraits sur Youtube). Jusqu’alors, je ne sais pourquoi, j’avais cru qu’elle était une auteur américaine ou britannique, très populaire, qui parlait bien français (un peu comme Kristin Scott Thomas) et qui était un peu dingue. Le film m’avait intrigué parce qu’il traitait du Japon et que je croyais le réalisateur québécois. Après avoir visionné le film (que j’avais emprunté à la bibliothèque) j’étais suffisamment impressionné pour faire quelques recherches et découvrir que non seulement Corneau était français mais encore que le film était basé sur le roman très autobiographique de Nothomb, qui était en fait une auteur belge, quoique plutôt excentrique et névrosée! Comme quoi qu’on ne peut pas toujours être dans l’erreur.

Son père étant diplomate belge en poste au Japon, Amélie Nothomb est née dans l’archipel nippon, plus précisément dans la banlieue de Kobe. Elle y passa les cinq premières années de son existence. Elle fut extrêmement traumatisée lorsque son père fut relocalisé en Chine, puis ailleurs, et qu’elle dû quitter ce Japon tant aimé. Pendant “les années qui ont suivi cet exil, j’ai souffert au-delà du dicible” nous dit-elle. Toutefois, vers le milieu des années ’90, elle décida d’y retourner et se trouva un emploi de traductrice dans une firme Japonaise à Tokyo. C’est là qu’elle vécu l’enfer corporatif nippon, où les salaryman et les ?eru sont cruellement abusé pendant les premières années de leur service, afin de les “briser” et qu’ils deviennent les employés serviles, malléables et robotisés typiques du Japon. Elle survécut en se jetant mentalement dans le paysage urbain tokyoïte et en découvrant l’écriture où elle épanchait ses frustrations. Elle finit par raconter cette expérience dans le roman Stupeur et tremblements (qui fut très mal reçu au Japon), qui éventuellement devint aussi un film. Elle cru qu’elle ne reviendrait jamais au Japon…

J’ai eu vent pour la première fois de La nostalgie heureuse en lisant un article dans Le Monde (et éventuellement un autre dans le Huffington Post) qui annonçait un documentaire de France 5 où l’équipe de télévision suivait Amélie Northomb alors qu’elle effectuait un retour au Japon. Intitulé “Amélie Nothomb, une vie entre deux eaux”, le reportage de cinquante-deux minutes réalisé par Luca Chiari nous montre une Amélie Nothomb qui, au printemps 2012, retrace ses souvenirs d’enfance, retrouve sa nounou Nishio-san, son fiancé Rinri, elle visite le quartier de sa jeunesse à Kobe, son école primaire, le pavillon d’or, une pièce de théâtre Nô, la corporation où elle travailla à Tokyo, et même le village dévasté de Soma près de Fukushima.

Elle se rassure: ses souvenirs, s’ils sont un peu devenu fiction par le processus littéraire, sont néanmoins réels; elle a bel et bien vécu son enfance au Japon. Et surtout, en un rare interview du genre, elle se confie. Elle nous parle de la correspondance qu’elle entretiens avec ses lecteurs, de l’agression sexuelle dont elle a été victime au Bangladesh, de l’anorexie qui l’affligea adolescente, de ses démons intérieures et que “l’écriture est un moyen de me vider de toute la souillure que je contiens.” On découvre un personnage tourmenté né de l’instabilité d’une vie nomade, en proie à une profonde crise d’identité et d’estime de soi, à des angoisses sans fin. Tout “cela a développé un attachement au langage et, par conséquent à la littérature. Le langage était ma seule conscience stable. Le mot c’est vraiment la chose. C’est aussi pour cela que j’ai tellement besoin d’écrire” L’écriture est sa thérapie, la façon d’exprimer sa musique intérieure.

La nostalgie heureuse est le pendant littéraire à ce voyage cathartique. Elle relate le déroulement du tournage, nous fait de nouvelles révélations (entre autre elle développe beaucoup plus sur ses retrouvailles avec Rinri, qui avait refusé de prendre part au reportage télévisé) mais passe plusieurs éléments du reportage sous silence. Elle entr’ouvre encore un peu le voile sur son processus de pensée intérieur, sur ses souffrances personnelles. Elle exprime une profonde nostalgie, dont on ne sais pas trop si elle est traumatique ou heureuse. Et je me demande quelle est la différence entre un roman autobiographique et une simple autobiographie. Cela veut-il dire que le récit est romancé et, si oui, dans quelle mesure?

Je comprend bien pourquoi Amélie Nothomb est une auteur si populaire. On sympathise et on s’identifie un peu à elle. Après tout nous avons tous nos moments sombres, nos craintes et nos démons intérieurs. Une douce folie. Une soif de rédemption par l’écriture passive ou active. Mais je dois toutefois avouer qu’elle est un personnage incroyablement égocentrique. Toutes ses histoires sont autobiographiques à un niveau ou à un autre, et elle fait la couverture de tout ses livres! Par contre, elle a une belle écriture, simple et fluide, qui est empreinte de beaucoup d’images. La nostalgie heureuse est un livre intime, beau et touchant que j’ai lu d’une seule traite en un peu plus d’une heure (c’est assez court, cent-cinquante-deux pages mais en caractère plutôt gros). Je le recommande. Pour ma part, je suis intrigué et aimerais bien en lire plus. Elle a écrit une vingtaine d’autres ouvrages. Trouverais-je le temps?

La nostalgie heureuse, par Amélie Nothomb. Paris, Albin Michel, août 2013. 20 x 13 cm, 162 pg., 16,50 € / $24.95 Can. ISBN: 978-2-226-24968-5.

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

La nostalgie heureuse © Éditions Albin Michel, 2013.

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La Bible (1): L’ancien Testament en manga

“De la création du monde à la mort du Christ, document.write(“”); redécouvrez le texte le plus lu au monde dans une version manga complète et riche. “que la lumière soit…”. Dieu créa le monde par ces simples mots, avant de faire l’homme puis la femme. Ayant prospéré avec le temps, l’humanité oublia à plusieurs reprises la gloire de Dieu et devint orgueilleuse. Alors Dieu décida de détruire les hommes… avant de leur envoyer son fils pour racheter leurs fautes…” [ Résumé de la série sur le site de l’éditeur ]
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De la création du monde à la naissance du Christ… « que la lumière soit… ». Dieu créa le monde par ces simples mots, avant de faire l’homme puis la femme. Ayant prospéré avec le temps, l’humanité oublia ensuite la gloire de Dieu et devint orgueilleuse. Alors Dieu décida de détruire les Hommes… Le texte le plus lu au monde raconté en manga !“ [ Texte de la
couverture arrière ]

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J’ai déjà introduit dans des billets précédents la collection de classiques de la littérature de East Press, Manga de Dokuha, ainsi que le second volume de cette série, La Bible (2): Le nouveau testament (oui, je sais, j’ai lu le second volume en premier mais c’est lui qui était disponible en premier). Je serai donc plutôt bref dans mon commentaire.

La Bible (vol. 1): L’Ancien Testament (??????????? / Manga de Dokuha: Ky?yaku Seisho / littéralement “Lisez en manga: L’Ancien Testament de la Bible”) est un manga seinen publié en novembre 2010 par East Press dans la collection Manga de Dokuha. Peu de détails sont connu sur le studio Variety Art Works qui a fait l’adaptation des textes et le dessin de ce manga qui se veut, comme tout les autres volumes de la collection, une sorte de condensé (style Readers’ Digest) de la Bible pour un public japonais qui n’en connait rien. Il ne s’agit pas ici de propagande religieuse mais simplement d’une introduction au texte originale (“un écrit religieux en même temps qu’un trésor d’histoires très variées qui abondent de détails et de savoirs divers” comme le précise le manga en conclusion), qui offre au lecteur un point de départ qui lui permettra ensuite, si il le désir, “d’aller jusqu’au texte d’origine.” [à droite: page 13, Dieu crée Adam et Eve]

En occident, l’histoire de l’Ancien Testament est relativement bien connue (ne serait-ce que par les nombreux films bibliques qui jouent à la télé chaque année à Pâques ou à Noël). Je me permet néanmoins un petit rappel. L’Ancien Testament est composé de nombreux livres (dont le nombre varie selon les différents canons), divisés en quatre grandes parties: le Pentateuque (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome), les livres historiques (Josué, Juges, Ruth, Samuel, Rois, Chroniques, Esdras, Néhémie, Esther, Tobie, Judith, Maccabées), Poésies et Sagesses (Job, Psaumes, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique des Cantiques, Sagesse de Salomon, Ecclésiastique), et les prophètes (Isaïe, Jérémie, Lamentations, Baruch, Ezéchiel, Daniel, et les Douze). Ce manga s’attarde surtout sur le Pentateuque (la Genèse et l’Exode) et les livres historiques qui racontent l’histoire du peuple d’Israël depuis son entrée en Terre Promise avec Josué jusqu’à l’exil à Babylon. [à gauche: page 19, Caïn et Abel font des offrandes à Dieu]

Le manga se divise en quinze chapitres. Il s’ouvre avec un prologue (p 5-11) qui explique brièvement ce qu’est l’Ancien Testament (un peu comme je viens de le faire), puis enchaîne avec la Génèse (p. 12-17: la création, Adam & Eve). Il poursuit avec Caïn et Abel (p. 18-25), puis l’arche de Noé (p. 26-41), la tour de Babel (p. 42-47), Abraham (p. 48-64), Sodome et Gomorrhe (p. 65-72), Isaac le sacrifié (p.73-82, où Dieu demande à Abraham de sacrifier son fils [image à droite]), Esaü et Jacob (p. 83-89), Joseph en Egypte (p. 90-113) et termine le récit du Pentateuque avec un très long chapitre sur l’Exode (p. 114-237, où Moïse libère son peuple de l’Egypte, reçoit les Dix Commandements et construit l’Arche d’Alliance). Josué (p. 238-257) lui succède et conquiert les territoires allant de Jéricho à Canaan. Puis aux temps des Juges, Gédéon (p. 258-282) poursuit la conquête de la terre promise. Un dernier gros chapitre, Le temps des Rois (p. 283-374), nous raconte brièvement l’histoire de Saul (qui défend et protège Israel), David (qui y apporte la prospérité) et Salomon (qui rend des jugement juste envers son peuple). Le tout se termine avec un prologue (p. 375-382) qui raconte en quelques pages que par la suite le royaume, affaiblit, fut divisé puis conquit par Babylone. Libéré par la conquête Perse, les israélites reprennent foi en leur Dieu qui leur envoie de nombreux prophètes et, finalement, le Messie.

Pages 194-95: Moïse sépare les eaux de la Mer Rouge pour échapper à l’armée du Pharaon

Toute cette histoire est plutôt violente et très répétitive: Dieu choisit un homme pour diriger son peuple, ce chef fait un bon travail jusqu’à ce qu’il tourne le dos à Dieu en commettant quelque péché, le chef disgracié amène la misère sur son peuple qui est conquit, puis libéré, puis le repentir amène un nouvel âge d’or. On rince et on recommence inlassablement. C’est un peu ennuyeux à lire, quoique c’est pas mauvais de se faire rappeler toute cette vieille histoire. Mais, bon, c’est pas ma période préférée. Par contre, j’ai beaucoup plus apprécié ce volume comparativement au second (le Nouveau Testament), dont j’avais trouvé le dessin plutôt moche, car justement le dessin de celui-ci est plutôt bien (bon, on s’entend, c’est tout de même pas un chef-d’oeuvre). Dans l’ensemble, c’est un manga amusant et didactique qui mérite d’être lu si vous êtes curieux ou désirez rafraîchir vos connaissances bibliques (quoique ça reste au niveau de base, la Bible 101 en quelques sortes, et en super accéléré).

La Bible (vol. 1): L’Ancien Testament, par Variety Art Works (traduction: Anne Mallevay). Toulon, Soleil Manga (Coll. Classiques), septembre 2012. 12,8 x 18,2 x 2,7 cm, 224 pg., 8,99 € / $16.95 Can. ISBN: 978-2-30202-242-3. Lecture dans le sens occidental (de droite à gauche) et recommandé pour jeunes adultes (14+).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Manga de Dokuha: Old Testament © Variety Art Works, East Press Co., Ltd. All Rights Reserved. © 2012 MC Productions pour l’édition en langue française.

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Gen d’Hiroshima, vol. 1

“Dans le Japon en guerre contre les États-Unis, document.write(“”); le jeune Gen Nakaoka et sa famille survivent, tant bien que mal, entre la faim et les persécutions dues au pacifisme militant du père, dans une ville curieusement épargnée par les bombardements. Jusqu’au matin du 6 août 1945, lorsque l’enfer nucléaire se déchaîne soudain sur Hiroshima…” [Texte de la couverture arrière]
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“Dans l’univers du manga, Gen d’Hiroshima occupe une place à part, celle d’une oeuvre classique mais mystérieuse, quasi mythique. En effet, trente ans après sa parution au Japon, elle reste largement méconnue du public francophone. Avec ce récit, Keiji Nakazawa ne prétend pas faire un travail d’historien; il prend même quelques libertés comme de faire figurer Einstein en train de fabriquer la bombe. C’est en tant que témoin ayant survécu au feu nucléaire qu’il a créé une oeuvre dont lui-même reconnaît le caractère à 80% autobiographique.”

“Le plus grand respect de l’oeuvre originale a présidé à l’édition de Gen d’Hiroshima, tant dans la première édition qu’en a proposé Vertige Graphic que dans cette édition à format réduit. Ainsi, le sens de lecture japonais a été conservé, afin de garder la conception graphique de l’auteur. Les panneaux ou bandeaux comportant des inscriptions sont restitués tels quels et traduits en note. De même, la forme des bulles originales a été sauvegardée, en dépit des pro­blèmes posés par des bulles verticales dans lesquelles un texte plutôt horizontal doit être inséré. Cette réédition en plus petit format ne nuit nullement à la qualité de l’oeuvre, puisqu’elle se rapproche du format dans lequel Gen a été originellement publié au Japon.”

“Ce premier volume est accompagné de l’intro­duction qu’Art Spiegelman, le célèbre auteur de Maus, avait rédigée pour la version américaine, qui montre bien l’impact considérable de Gen d’Hiroshima lors de sa première parution en Occident.” [ Texte de l’Avant-propos de l’éditeur ]

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Au début d’août, au moment de l’anniversaire du bombardement d’Hiroshima, NHK World a présenté un reportage (dans le cadre de l’émission “Today’s Close-up”) sur Gen d’Hiroshima et son créateur, Keiji Nakazawa (le reportage est disponible dans son intégralité sur Youtube). Cela m’a incité à en lire tout au moins le premier tome (ce que je me promettais depuis longtemps). Il est étrange que ce titre, pourtant considéré comme un classique, n’ait jamais été publié par les grands éditeurs de manga mais par de petits éditeurs ou des éditeurs mainstream qui n’ont pas su en faire la mise en marché proprement — et ce tant en français qu’en anglais. Je possède l’une des premières éditions anglaise du premier tome (New Society Publishing, 1987), mais j’ai préféré en emprunter la version française à la bibliothèque afin de la commenter car je la considère plus intéressante et plus respectueuse de l’original.

Gen d’Hiroshima (?????? / Hadashi no Gen / lit. “Gen aux pieds nus”) voit le jour au Japon lorsque Keiji Nakazawa (qui est déjà un mangaka professionnel depuis 1963) publie Ore wa mita [“Je l’ai vu”, qui sera publiée en anglais par EduComics en janvier 1982], un court récit autobiographique d’une cinquantaine de pages, dans le numéro d’octobre du magazine Monthly Sh?nen Jump. L’histoire est si bien reçu que l’éditeur lui propose d’en faire une série qui sera prépublié en feuilletons dans Weekly Sh?nen Jump (1973-74). Cependant, après avoir été abandonné par Shueisha, son éditeur, c’est Chuokoron-Shinsha qui le publiera en volumes (tank?bon) en 1975 et la prépublication en feuilletons se poursuivra dans divers petits magazines intellos (1975-85, Shimin [Citoyen], Bunka Hy?ron [Critique Culturelle] et Ky?iku Hy?ron [Critique d’Éducation]).

Gen d’Hiroshima a d’abord été traduit en anglais par Project Gen, un groupe d’étudiants pacifistes de Tokyo formé en 1976 (Yukio Aki, Alan Gleason [fondateur du groupe qui fera plus tard, entre autre, des traductions pour Dark Horse, tel que Oh My Goddess!], Ann Gleason, Yuko Kitaura, Katsuhiko Mochizuki, Hiroyo Mori, Masahiro Oshima, Noriko Oshima, Leonard Rifas [fondateur du petit éditeur EduComics], Frederik L. Schodt [auteur d’ouvrages sur les manga et sur Osamu Tezuka, traducteur des romans de Gundam, entre autres], Akiko Sugiura, Toshihide Suzuki). Il est publié pour la première fois en anglais par EduComics (et c’est d’ailleurs le premier manga a avoir été traduit dans une langue européenne [Schodt, Manga! Manga!, p. 238]) mais seulement deux fascicules en format “comics” paraitront (1980-81). Cette publication connait un succès critique fracassant mais cela fut loin d’être une réussite commerciale. EduComics eut un peu plus de succès avec la publication de I Saw It (1982), en y ajoutant de la couleur et des ombrages pour y donner une apparence plus familière au public américain, mais toute la controverse autour du sujet a presque détruit le petit éditeur [Schodt, Dreamland Japan, p. 309]. La publication fut reprise plus tard (1987-88) par New Society Publishing, cette fois en format livre (graphic novel), mais s’arrêta après seulement quatre volumes [Adams, p. 94]. Penguin en publia aussi quelques volumes. L’édition actuelle par Last Gasp (2003-10), qui y ajouta une introduction par Art Spiegelman, est finalement complète (dix volumes, quoique le premier est pour l’instant épuisé).

Pour ce qui est de l’édition française, Gen d’Hiroshima fut d’abord publié par Les Humanoïdes Associés en 1983 (mais seulement un volume de deux-cent pages). Ce fut d’ailleurs le premier manga publié en France. Albin Michel fit également une tentative (un volume titré Mourir pour le Japon) en 1990. C’est finalement Vertige Graphic qui publiera la série au complet (2003-11), à la fois en grand format (17 x 24 cm) et en format poche. Certains tomes de la version poche sont manquants mais on me dit qu’ils seront réimprimés en 2014. Je ne peux malheureusement pas vous donner de lien direct vers le catalogue de Vertige Graphic car leur site est en construction et, pour l’instant, seulement une vingtaine de titres y apparaissent (il en manque encore une bonne centaine, dont Gen d’Hiroshima) mais le site devrait être à jour vers la fin octobre.

Inspiré par Shin Takarajima de Tezuka, Keiji Nakazawa commence à dessiner dès le milieu des années cinquante, vers l’âge de quinze ans. Il déménage à Tokyo en 1961 pour devenir mangaka et se trouve un travail d’assistant. Il publie sa première histoire, Spark 1, dans Sh?nen Gah? en 1963. Il publiera dans d’autres magazines mais sans beaucoup de succès. Ce n’est qu’en 1966, à la mort de sa mère, qu’il revient à Hiroshima et découvre sa vocation. Il est choqué tant par le fait que le US Atomic Bomb Casualty Committee avait réquisitionné le corps de sa mère pour en faire l’autopsie afin d’étudier les effets des radiations [Adams, p. 92], que par la constatation qu’après la crémation il ne restait plus que des cendres de ses os (un effet du césium qui affaiblit la structure osseuse). “Je me sentais comme si ma mère me disait de transmettre au monde entier la vérité sur la bombe” [Gravett, p. 57]. Il confronta donc ses souvenirs et utilisa son travail de mangaka pour décrire l’indicible horreur d’Hiroshima et de ses conséquences.

Nakazawa commence donc à produire des histoires anti-guerres. Il en publiera huit, dont Kuroi ame ni utarete (Sous la pluie noire, 1968), Aru hi totsuzen (Soudain un jour, 80 pages, 1970) et Ore wa mita (Je l’ai vu, 46 pages, 1972). Avec cette dernière, il en vient à un point tournant où, après avoir raconté des histoires de survivants (appelés hibakusha), il nous offre son propre témoignage et décrit comment, à l’âge de six ans, il a survécu au bombardement d’Hiroshima, la perte son père, son frère cadet et de sa soeur dans l’incendie qui suivi, et comment tout cela l’amena à devenir un mangaka anti-guerre [Schodt Manga! Manga! p. 155]. Après avoir écrit des histoires de plus en plus longues, Nakazawa s’attaque maintenant à une série. Avec Hadashi no Gen (1973-85) il reprend sa propre histoire mais en se concentrant seulement sur son enfance. Il modifie le récit, l’étend considérablement (totalisant près de deux mille pages!) et change les noms [Adams p. 90]. Keiji devient alors Gen, qui signifit “racine”. Nakazawa espère ainsi que son récit fera germer chez ses lecteurs une compréhension de la guerre et de ses atrocités, les inspirant à travailler pour la paix. Le manga engendrera également trois long-métrages, un film d’animation et même un opéra.


L’histoire du premier volume de Gen d’Hiroshima est entièrement consacrée à décrire les conditions de vie quotidienne de la population japonaise durant les dernier moments de la guerre: le rationnement et la pénurie de nourriture, la pauvreté et la misère, les entrainements quotidiens (et futile) avec des lances de bambou, la constante propagande et répression militaire, la cruauté des entrainements militaires, le mépris pour la vie des jeunes soldats et l’entêtement dans une guerre sans espoir [Schodt Manga! Manga! p. 75; Thompson p. 21]. La souffrance de la famille de Gen est d’autant plus grande que le père est un artiste ouvertement pacifiste qui s’insurge contre le privilège des riches, l’injustice faite aux coréens et critique le militarisme excessif, ce qui, en temps de guerre, équivaut à la trahison. Ils seront donc ostracisés et persécutés tant par leur voisins que par la police [Schodt Manga! Manga! p. 238]. Je ne doute pas de la véracité de ces dures conditions car ma femme m’a raconté que la famille de son père (heureusement trop jeune pour être conscrit) devait cultiver du riz pour les soldats mais ne pouvait en manger car la population n’avait droit qu’aux patates!

Les volumes subséquents traitent surtout de la souffrance des hibakusha. Les “chanceux” qui ont survécu à l’explosion et aux radiations doivent maintenant faire face à la famine, au désordre social (incluant la monté du crime organisé et les marchés noirs qui en découlent), à l’indifférence de l’occupant américain et, surtout, à la discrimination que leur condition de “contaminés” leur fera subir pour le reste de leur existence [Schodt Manga! Manga! p. 238]. Par la suite, dans l’espoir sans doute d’accroitre la popularité de son oeuvre, Nakazawa consacre un peu plus de temps aux gamineries espiègles des jeunes survivants désoeuvrés. Malgré cela, la représentation réaliste et parfois trop “graphique” de la dureté des conditions des survivants et des effets de la bombe [Schodt Manga! Manga! p. 238], de même que la critique qu’il fait tant du militarisme japonais que des comportements de l’occupant lui vaudront des objections sérieuses venant des deux côtés du Pacifique [Adams p. 92], ce qui nuira beaucoup à la diffusion de son oeuvre. La controverse se poursuit même de nos jours, alors qu’une commission scolaire du sud-ouest du Japon a décidé de retirer le manga des bibliothèques de ses écoles primaires et secondaires à cause de la représentation de la brutalité commise par les troupes japonaises (certains d’ailleurs nient que ces atrocités aient même eu lieu) [ANN, The Asahi Shimbun].


Gen d’Hiroshima est un drame historique, un manga documentaire, qui nous offre une histoire extrêmement émouvante ainsi qu’un message pacifiste puissant et universel [Schodt Manga! Manga! p. 238; Thompson p. 21]. On y retrouve le même style caricatural que chez les autres mangaka de sa génération (Ishinomori, Mizuki, Tatsumi, Tezuka), simple mais très expressif, “stylisant les émotions les plus dramatiques” [Manga Dico p. 372], mais qui n’est pas apprécié de tous puisque certains qualifient son dessin de “médiocre et empesé” [Groensteen p. 112]. Son style narratif est assez fluide. Malgré le sujet, il ne cherche pas a impressionner mais présente simplement les faits, variant les éléments de l’histoire pour conserver l’attention du lecteur. Il évite la dramatisation outrancière en contre-balancant d’une bonne dose d’humour, certaines scènes de bagarres approchant même le burlesque, et sait faire preuve de techniques narratives plus complexes (comme lorsqu’il marque le temps en représentant régulièrement le soleil–symbole impérial japonais–qui emplit la case).

L’édition anglaise de Last Gasp offre une excellente traduction, une bonne qualité d’impression et de papier mais malheureusement les planches ont été inversées afin de présenter l’histoire dans le sens de lecture occidental (de gauche à droite). Pour cette raison, je préfère l’édition française en format de poche de Vertige Graphic, qui nous présente le manga dans sa forme originale. La traduction, par Koshi Miyoshi et Vincent Zouzoulkovsky, est toute aussi bonne (quoique la qualité du papier et de l’impression laisse un peu à désirer). Un seul bémol cependant: pour une raison étrange l’édition française comporte douze pages de moins en fin de volume (j’espère qu’elles se retrouvent au début du volume suivant!).

Nakazawa a conçu Gen d’Hiroshima comme un manga pour enfant (sh?nen), mais la complexité, le sérieux et la dureté du sujet font qu’il est souvent considéré en occident comme un manga seinen, voir un gekiga. Quoiqu’il en soit c’est une lecture incontournable tant par son importance dans l’histoire du manga, que par la valeur didactique de son message pacifiste. Donc, à lire absolument.

Gen d’Hiroshima, vol. 1 (de 10), par Keiji Nakazawa. Paris, Vertige Graphic, 2007. Format poche (13 x 18 x 2 cm), 275 (+ XIII) pg., 9.00 € / $14.95 Can. ISBN: 978-2-8499-9051-3. Sens de lecture Japonais. Recommandé pour adolescents (14+ à cause du language, l’humour grossier, nudité et violence).
Aussi disponible en version anglaise:

Barefoot Gen, vol. 1: A cartoon story of Hiroshima (of 10), story & art by Keiji Nakazawa, San Francisco (CA), Last Gasp, 2003. 286 pages, 5.8 x 8.25 x 0.6 in., B&W, flipped, paperback, $14.95 US, ISBN 978-0-8671-9450-0.

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Pour en savoir plus sur ce titre vous pouvez également consulter les entrés qui lui sont consacrées (en anglais) sur Anime News Network, The Comic Journal (un interview et une nécrologie), Goodreads et Wikipédia. En français, j’ai également trouvé un interview et une biographie bien illustrée.

Autres sources:

  • ADAMS, Jeff. Documentary Graphic Novels and Social Realism. Bern, Peter Lang (Série “Cultural Interactions: Studies in the Relationship between the Arts, vol. 7”), 2008. 214 pg, ISBN 978-3039113620. [cet ouvrage est disponible en partie sur Google Books; voir particulièrement les pages 90-109]
  • FINET, Nicolas et al. Dico Manga: Le Dictionnaire encyclopédique de la bande dessinée japonaise. Paris, Fleurus, 2008. 624 pg, ISBN 978-2-2150-7931-6.
  • GRAVETT, Paul. Manga: Sixty Years of Japanese Comics. New York, Harper Design International, 2004. 176 pg, ISBN 978-1-8566-9391-2.
  • GROENSTEEN, Thierry. L’Univers des mangas. Tournai, Casterman, 1996. 144 pg, ISBN 978-2-2033-2606-4.
  • SCHODT, Frederik L. Dreamland Japan: Writings On Modern Manga. Berkeley, Stone Bridge Press, 1996. 360 pg, ISBN 978-1-8806-5623-5.
  • SCHODT, Frederik L. Manga! Manga! The World of Japanese Comics. Tokyo, Kodansha International, 1983. 260 pg, ISBN 0-87011-752-1.
  • THOMPSON, Jason. Manga: The Complete Guide. New York, Ballantine Books/Del Rey, 2007. 560 pg, ISBN 978-0-345-48590-8.

Finalement, pourquoi ne pas visionner le reportage de NHK World disponible sur Youtube:


Gen d’Hiroshima © 1987 by Keiji Nakazawa. All rights reserved.

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Nouveaux Taniguchi

Ces dernières semaines j’ai découvert en bouquinant que deux nouveaux titres de Jir? Taniguchi étaient paru cette année.
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Trouble is my business avait pourtant été <a href="http://www.kana.fr/actu-manga/trouble-is-my-business, document.write(“”); 1040″ target=”“new””>annoncé par Kana dès octobre de l’an dernier. Il s’agit encore une fois de la publication d’un oeuvre de jeunesse, parue dans les années ’80. Trouble is my business ( ????? / Jiken-ya kagy? / lit. “profession des incidents” ), écrit par Natsuo SEKIKAWA (Au temps de Botchan) et illustré par Jir? Taniguchi, est un manga seinen policier inspiré des films noirs américains. Il a été pré-publié en feuilletons dans plusieurs magazines entre 1979 et 1994 (principalement dans l’hebdomadaire Manga Goraku de Nihon Bungeisha et Manga Gang de Futabasha) avant d’être compilé en volumes d’abord en 1981, dans une édition révisée en 1989 et une édition définitive en 1996. La collection “Made In” de Kana (Dargaud) nous l’offre en six volumes dont les trois premiers sont déjà disponibles (le vol. 1 en février, le vol. 2 en mai et le vol. 3 en août 2013). Le volume quatre paraitra en novembre.

La série est décrite ainsi sur le site de Kana: “Jotaro Fukamachi est un détective privé et a la réputation de fin limier. Plutôt pingre, il se montre souvent intéressé. D’un autre côté, il a des principes auxquels il se tient. Le principal étant de « tenir toujours une promesse ». Du coup, il lui arrive de s’investir dans des affaires qui ne lui rapportent rien. À travers les affaires de disparitions, d’enquêtes de proximité, il fait face aux côtés sombres de l’être humain. Pourtant, il ne perd pas son humour et sa confiance en l’humanité.”

Les enquêtes du limier ( ???? / Ry?ken tantei / lit. “détective de chien de chasse”) est quant à lui un manga récent, originalement publié en 2011-2012. Basé sur le roman de Itsura Inami St Mary no ribbon ( ??????????? / Sento Mer? no ribon / lit. “Ruban de Sainte-Marie”), ce manga est publié en deux volumes dans la collection Sakka de Casterman: Chien d’aveugle (paru en mars) et Pur-sang en cavale (paru en juin).

Le premier volume est décrit comme suit sur le site de Casterman: “Dans une région montagneuse de la province japonaise, Taku Ryûmon vit en reclus dans son immense domaine en compagnie de son fidèle compagnon, le chien Joe. Passionné de chasse, il gagne sa vie en tant que détective privé spécialisé dans la recherche de chiens de chasse perdus ou volés. Toutefois, sa rencontre avec des membres de la mafia l’amènera à traiter un nouveau type d’affaire. Engagé pour retrouver le chien guide d’une jeune fille aveugle, il découvrira l’entrainement et la relation unique qui lie ces chiens et leurs maitres. A l’issue de cette enquête, il aidera une famille démunie à obtenir un précieux chien guide d’aveugle, le beau labrador noir Mary.”

Je commenterai ces volumes dès que j’aurai eu le temps de les lire (et ma pile de manga à lire qui est déjà pas mal haute…)

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Dororo (1)

“Hyakkimaru est né sans bras, document.write(“”); sans jambes, sans yeux, sans oreilles, sans nez… Pas moins de 48 parties de son corps lui ont été ôtées, chacune ayant été emportée par un démon avant sa naissance. Devenu un jeune homme, il se découvre d’étranges pouvoirs, en particulier celui d’attirer toujours vers lui les monstres et démons. Accompagné de Dororo, un petit voleur assez particulier, il part à la recherche d’un endroit où il pourra enfin vivre en paix. Mais son voyage ne sera qu’une suite ininterrompue de luttes contre les pires esprits malfaisants du Japon.”
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Dororo est un manga de samouraï d’un genre plutôt inhabituel.”

[ Texte de la jaquette intérieure de couverture ]

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Dororo (???) est un manga sh?nen écrit et illustré par Osamu Tezuka. Il a d’abord été prépublié en feuilleton dans le Weekly Shonen Sunday de Shogakukan (entre le 27/08/1967 et le 22/07/1968) avant d’être compilé en quatre Tankoubon (volumes). Il a été traduit en français par Delcourt et est maintenant également disponible en anglais chez Vertical.

Ce manga a connu de nombreuses adaptations. Il a d’abord été adapté en une série télé d’animation de 26 épisodes, intitulé Dororo et Hyakkimaru (???????). Produit par Mushi (le studio de Tezuka) sous la direction de Gisaburo Sugii, il a été diffusé sur Fuji TV (le dimanche à 19h30 entre le 06/04/1969 et le 28/09/1969). En Septembre 2004, Sega a aussi produit un jeu vidéo pour PS2 intitulé “Blood Will Tell”. Finalement, le manga a été adapté au cinéma par Toho en 2007 avec Akihiko Shiota à la réalisation, ainsi que Kou Shibasaki (Dororo) et Satoshi Tsumabuki (Hyakkimaru) dans les rôles principaux. C’est une étrange adaptation (l’histoire se déroule dans le futur) qui se voulait la première partie d’une trilogie (la suite n’a jamais été produite) mais qui respecte bien l’esprit du manga (pour plus de détails voir, en anglais, les sites de Anime News Network, AsianWiki et IMdB).

Le père de Hyakkimaru, Daigo Kagemitsu, était un seigneur de guerre de l’époque Sengoku. Un jour, il se rendit à un temple connu comme le “pavillon des enfers” et demanda à y passer la nuit, seul. Afin de devenir le maître du pays tout entier, il promit à chacun des quarante-huit démons du temple (représentés par des statues) une partie de son fils. Ainsi, son fils naquît muet, sourd, aveugle, sans aucun membres. Il lui manquait quarante-huit parties du corps (incluant nez, nombril, cheveux, etc.). Éplorée, la mère due, malgré elle, abandonner à la rivière cet enfant considéré non viable. Il fut toutefois recueilli par une sorte de médecin de campagne un peu sorcier qui en prit soin et, contre toute attente, il survécu. Le médecin lui fabriqua des prothèses qui lui donnèrent une apparence plus humaine et il développa des habilités surnaturelles (télépathie, fort instinct et “sixième sens”) qui lui permirent de se déplacer et de communiquer comme un être humain normal.

Cependant, sa nature surhumaine attirait démons, spectres et fantômes ce qui s’avérait dangereux pour son père adoptif. Il décida donc de quitter sa maison à la recherche d’un lieu mieux adapté à sa nature. Avant son départ, le médecin le dota d’un sabre, caché dans l’un de ses bras artificiels, et le baptisa Hyakkimaru, l’enfant-aux-cent-démons. Une nuit, un esprit lui avoua que s’il pourchassait et tuait les quarante-huit démons qui lui avaient volé son corps il pourrait peut-être un jour redevenir normal. Plus tard il sauva une jeune voleur (peut-être avait-il senti que, comme lui, l’enfant était plus que ce qu’il prétendait) qui devint son compagnon de route et ainsi tous deux sillonnent les campagnes à la recherche de démons.

Dororo a été créé à l’origine pour bénéficier de l’immense popularité des histoires de fantômes et de monstres (dans la tradition de l’oeuvre de Shigeru Mizuki), mais a fini par devenir plus une quête héroïque. Hyakkimaru et Dororo (dont le nom vient du mot japonais pour voleur, “dorobo”) sont tous deux à la recherche de ce qu’ils ont perdu: les parties du corps dispersés de Hyakkimaru et le trésor du père de Dororo. Toutefois, ce manga est bien plus qu’une histoire de samouraï et de voleur sur une mission de pogrom démoniaque. Il s’agit plutôt d’une quête de découverte de soi, sur un fond de lutte de classe (un thème certainement inspiré par l’idéologie de l’époque, notamment le “Zenky?t?”, ou le mouvement de protestation étudiants, entre les années 1965 et 1972, particulièrement dans les universités de Nichidai et Todai à Tokyo). Comme la plupart des manga de Tezuka, celui-ci est très bien écrit. Le récit est captivant et, en dépit de l’aspect cartoonesque des protagonistes, très sérieux–mais jamais dénué d’humour.

Les protagonistes : Daigo Kagemitsu, le docteur, Hyakkimaru et Dororo
Sans être une oeuvre majeure de Tezuka, cette brève série de manga mérite tout de même notre attention. Cela vaut certainement la peine d’être lu.

Dororo, vol. 1 (de 4), par Osamu Tezuka. Paris, Éditions Delcourt (Label Akata, Coll. Fumetsu), avril 2006. 12.7 x 18.0 x 2 cm, 220 pg., 7.99 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-7560-0154-8. Sens de lecture Japonais. Recommandé pour jeunes adolescents (10+).
Aussi disponible en version anglaise chez Vertical:

Dororo, vol. 1 (of 3), écrit et illustré par Osamu Tezuka, New York, Vertical, avril 2008. 312 pages, 6 x 8 in., B&W, unflipped, paperback, $13.95 US ($15.95 CND), rated 16+, ISBN 978-1-934287-16-3. (Vol. 2: 2008/06/24, ISBN 978-1934287170; Vol. 3: 2008/8/26, ISBN 978-1934287187). Il a été réédité en mars 2012 en un énorme volume de 848 pages (U.S. $24.95 / CAN $29.95, ISBN: 978-1-935654-32-2). Gagnant du Eisner Award en 2009.

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Pour en savoir plus sur ce titre vous pouvez également consulter les entrés qui lui sont consacrées (en anglais) sur Anime News Network, Tezuka in English et le site officiel de Tezuka.

Une autre version de cet article a été préalablement publié dans Protoculture Addicts #96 (May/June 2008): 37.

Dororo © 2006 by Tezuka Productions. All rights reserved. © 2006 Guy Delcourt Productions pour l’édition française.

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Kirihito (1)

“Pour découvrir les causes d’une maladie mystérieuse, document.write(“”); la “monmô”, le Dr. Kirihito Osanaï se rend au village de Inugami-sawa, dans une région très retirée du Japon. Il va y faire une découverte incroyable et sera victime d’une monstrueuse machination…”
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“À travers ce drame bouleversant, Osamu Tezuka plonge son scalpel directement dans un des “foyers infectieux” qui rongent notre société contemporaine.”

[ Texte de la jaquette intérieure de couverture ]

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Kirihito (?????? / Kirihito Sanka / lit. “éloge de Kirihito”) est un manga seinen relativement obscure écrit et illustré par Osamu Tezuka. Il a été prépublié en feuilleton dans le magazine Big Comics de Shogakukan entre Avril 1970 et Décembre 1971. Il a été compilé en un nombre de volumes qui varie beaucoup selon l’éditeur (de deux à cinq volumes) mais l’édition complète de l’oeuvre de Tezuka par Kodansha en 1977 le met en quatre volumes.

C’est un manga très complexe qui représente un point tournant important dans l’oeuvre de Tezuka. Il s’agit de sa première histoire de suspense médical (lui-même médecin, Tezuka va perfectionner ce genre pour sa série Black Jack (1973-83) et utilisera également une thématique médicale pour L’arbre au soleil (1981-86), une chronique biographique qui retrace la vie de son arrière-grand-père, Ryoan Tezuka, aussi un médecin). C’est également sa première oeuvre influencée par le gekiga et offrant une forte thématique sociologique. Même son style graphique, qui apparait moins cartoonesque et caricatural qu’à l’habitude, subit l’influence du gekiga, un genre de récit graphique plus sombre, plus dramatique et réaliste, par opposition au manga qui est un genre généralemenet considéré plus léger et comique.

Le jeune docteur Kirihito Osanai étudie une maladie énigmatique qui transforme les humains en créatures d’une apparence quasi canine. Recherchant les causes de cette maladie, qu’il croit d’origine environnementale, il se rend dans un village reculé du Japon où il en devient lui-même victime. Il réussi à en contrôler le développement mais doit aussi faire face à une conspiration orchestrée par son propre patron. Il est fait prisonnier par un cirque chinois, mais réussi à s’échapper. Cependant l’avion qui l’amène de Taiwan aux Pays-Bas est détourné et il se retrouve bloqué au Moyen-Orient.

Préfigurant étrangement son Bouddha (1972-83), Tezuka explore les valeurs morales fondamentales du christianisme en utilisant un personnage qui a une vie de souffrance comme l’a fait Jésus-Christ (et le nom du personnage est un jeu de mot sur le nom du “Christ”, qui se prononce “Kirisuto” en japonais, et peut-être aussi sur “hosanna” qui est une exclamation de louange à Dieu en araméen et en hébreux). Le message humaniste de Tezuka (fait de compassion et de non-violence) commence à prendre forme. Au premier niveau, l’histoire offre un commentaire social sur l’ostracisme et le racisme, l’enseignement de l’acceptation de toutes les différences et le fait que, peu importe la façon dont nous nous regardons, nous sommes tous humains. Pour cela, Tezuka pourrait avoir utilisé une maladie comme la lèpre, mais cela n’aurait pas eu un effet aussi spectaculaire qu’une maladie fictive comme celle de Monmô, ce qui lui permet aussi d’ajouter, à un second niveau, un commentaire moral sur la nature humaine. Il dénonce ainsi les vices humains, démontrant que nous devons constamment nous battre pour rester au-dessus de la bête. Sur le rebond, il critique également la médecine moderne, qui est souvent plus préoccupés par la politique, les récompenses, les subventions et la promotion personnelle des ses chercheurs que de la santé réelle des patients.

Ce manga nous propose une histoire plutôt sérieuse qui se déroule lentement, ce qui ne plaira sans doute pas aux fans de Tezuka habitués à des récits plus légers. C’est toutefois superbement écrit et assez captivant. L’édition française de Delcourt/Akata honore bien cet excellent ouvrage avec une présentation attrayante et respectueuse: bonne traduction, sens de lecture original, répartie sur quatre volumes — contrairement à l’édition anglaise de Vertical qui renverse les planches pour les présenter dans le sens de lecture occidental, en un seul volume énorme et encombrant.

Je n’ai lu que le premier volume mais l’ensemble de la série m’apparait d’un grand intérêt et je m’efforcerai sûrement d’en lire la suite dès que possible. Même si ce n’est pas une oeuvre très connue de Tezuka, j’en recommande la lecture car je crois que c’est un manga important pour comprendre et apprécier la travail du maître.

Kirihito, vol. 1, par Osamu Tezuka. Paris, Éditions Delcourt (Label Akata, Coll. Ginkgo), août 2005. 12.7 x 18.0 x 1.8 cm, 220 pg., 7.99 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-8478-9892-7. Sens de lecture Japonais. Recommandé pour jeunes adultes (16+).
Aussi disponible en version anglaise chez Vertical:

Ode To Kirihito, story & art by Osamu Tezuka, New York, Vertical, 2006. 828 pages, 6 x 8 in., B&W, flipped, paperback, $24.95 US ($37.95 CND), rated 16+, ISBN 1-932234-64-0. (La réédition de 2010 est en deux volumes: Part 1, 978-1-934287-97-2, 480 pages; Part 2, 978-1-934287-98-9, 352 pages; U.S. $14.95 / CAN $18.95 chacun).

Vertical avait mis en ligne un preview (qui est encore disponible) pour les pages 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 61, 62, 63, 64 et 65 de leur édition anglaise.

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Pour en savoir plus sur ce titre vous pouvez également consulter les entrés qui lui sont consacrées (en anglais) sur Anime News Network et Tezuka in English.

Une autre version de cet article a été préalablement publié dans Protoculture Addicts #89 (Fall 2006): 78.

Kirihito Sanka © 2005 by Tezuka Productions. All rights reserved. © 2005 Guy Delcourt Productions pour l’édition française.

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Le Château de l’aurore

“Grand amateur de l’Histoire de son pays, document.write(“”); Tezuka s’est souvent amusé à construire ses récits à partir d’épisodes marquants du passé, comme l’illustre ce Château de l’Aurore étincelant de fantaisie. Les intrigues politiques et le contexte historique font tout le sel de cette chronique palpitante située à l’époque de Hideyoshi Toyotomi (1536-1598), l’un des trois unificateurs du Japon féodal.”
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“Le puissant seigneur Muneharu Matsunoki se lance à la demande du shogun dans la construction d’un château de style «anglais». Malgré l’opposition des habitants, les travaux de l’extravagante bâtisse commencent. Mais le chantier devient le théâtre de mystérieux sabotages et des ombres inquiétantes rôdent bientôt dans le périmètre. Les liens familiaux et les rivalités de clans s’en mêlant, les passions s’exacerbent et la situation devient vite explosive. Déjà, c’est la guerre qui menace…”

“Cette œuvre réalisée au tout début des années 1960 témoigne de ce que les spécialistes japonais désignent comme «l’Âge d’or» d’Osamu Tezuka, période qui le voit s’affranchir de l’influence de Walt Disney et inventer les codes de la bande dessinée japonaise moderne. Le Château de l’Aurore n’est que l’un des nombreux joyaux méconnus dont regorge l’œuvre pléthorique de ce génie du 9e Art.” [ Texte tiré du blogue de l’éditeur ]

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Le Château de l’aurore (???? / Yoake Shiro) est un manga seinen écrit et illustré par celui qui est connu au Japon comme le “dieu du manga,” Osamu Tezuka. Prépubliée en feuilletons dans les magazines de l’éditeur Gakken Chûgaka Ichinen Course et Chûgaka Ninen Course (de septembre 1959 à mars 1961), l’histoire fut finalement compilée en un seul volume en mai 1961 par l’éditeur Suzuki. Il a été réédité en août 1978 par Kodansha, en juin 1997 et décembre 1998 par Sh?gakukan (deux différent formats), puis par Gakken en août 2003. La traduction française est paru chez Cornélius en mars 2008. Il a été nominé pour le prix jeunesse du Festival de bande-dessinée d’Angoulème en 2008.

Il est toujours difficile de parler d’un monument comme Osamu Tezuka (1928-1989). Considéré comme l’un des pères du manga (ou même un “dieu”), il a fortement contribué à établir les règles du genre, il a eut une influence énorme sur la culture japonaise et s’est révélé un mangaka versatile et extrêmement prolifique (il a produit environ sept-cent oeuvres soit plus de 150,000 pages!). Il est quasi impossible de vraiment exprimer l’importance qu’il a eut dans l’histoire du manga. On connait tous bien sûr des titres comme Astro Boy, Le Roi Léo ou Princesse Saphir mais ceux-ci ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan de sa production et cela même si on ne compte que la cinquantaine de titres traduit en français (dont plusieurs sont disponible en bibliothèques).

Ces titres qui nous viennent facilement à l’esprit donnent l’impression qu’il dessinait surtout pour les enfants (et son style simple et souvent caricatural renforce ce sentiment) alors que son oeuvre est pourtant très diversifié tant dans les genres (drame ou comédie, que ce soit fantastique, historique ou science-fiction) que dans les thèmes abordés (nature, technologie, médecine, politique, philosophie, religion, etc.). Il a produit de nombreux manga pour adultes, avec des histoires très sérieuses (ne serait-ce que L’Histoire des 3 Adolf, M.W. ou Kirihito), mais tout au long de son oeuvre (peu importe laquelle) il a toujours conservé la volonté d’être didactique et de promouvoir la connaissance ainsi qu’un profond humanisme (après tout il avait fait ses études en médecine).

Le Château de l’aurore est une oeuvre plutôt mineure de Tezuka. La plupart des ouvrages consacré au maître n’en parle même pas. C’est pourtant une oeuvre charnière mais qui demeure tout de même assez typique. Lorsqu’elle est publiée, Tezuka a trente-et-un ans mais cela fait déjà treize ans qu’il a publié sa première histoire, Maachan no Nikkich? (1946). Entre temps il a principalement produit Shin Takarajima (1947, son premier succès), Metropolis (1949), Le Roi Léo (1950), Captain Atom (1951-52, où Astro fait sa première apparition), Astro Boy (1952-68), Princesse Saphir (1953) et il a débuté les quatre premiers chapitres de Phénix (1954-57). Lorsqu’il débute Le Château de l’aurore (1959-61), il a finalement atteint sa maturité artistique et perfectionné un style qui lui est propre.

Le Château de l’aurore est un récit historique avec une touche de fantasy. C’est-à-dire que le contexte historique est véridique mais les personnages principaux et les lieux sont fictifs. Comme nous l’apprend la postface de la traductrice Nathalie Bougon, Tezuka a choisit de situer son récit dans “l’une des époques les plus fascinantes de l’histoire du Japon”: l’ère de Momoyama (1568-1603). Marquée par trois grands généraux, ce sera une période de transition entre l’ancien Japon féodal (l’époque Sengoku / Muromachi) et l’ère d’Edo. D’abord Nobunaga Oda entreprend l’unification du Japon. À sa mort, Hideyoshi Toyotomi lui succède et continue l’unification qui sera complétée en 1591 par l’alliance avec son adversaire d’antan, Ieyasu Tokugawa. Toutefois, à la mort de Toyotomi en 1598, Tokugawa s’oppose rapidement à la régence de son fils Hideyori et, après la fameuse bataille de Sekigahara en 1600, prend le contrôle du pays tout entier (quoique Hideyori ne sera complètement vaincu qu’en 1615 avec le siège et la destruction du château d’Osaka). Tokugawa instaure le Bakufu en 1603 et ce sera le début du shogunat Tokugawa, qui règnera sur un Japon unifié, pacifié et refermé sur lui-même jusqu’à la restauration Meiji en 1868.

Le récit débute avec un mystérieux personnage qui entre au château du seigneur Muneharu Matsunoki. Le fils du seigneur, Midori-maru, surprend son père en réunion avec celui-ci, qui se révèle être l’architecte Ugetsu-saï. On y apprend que le shogun Toyotomi, inquiet de mouvements de troupes dans le Kanto (possiblement une manigance de Tokugawa), a demandé au seigneur de faire construire en secret un château-fort sur ses terre. Cela devra être le plus beau château du monde, construit dans un style anglais pseudo-élisabethain (un peu comme le château de Disney). Le château doit être secrètement construit en surplomb d’une vallée qui appartient au domaine public et non au seigneur. Une jeune femme, O-tae, y construit une école pour jeune paysans pauvres. Midori-maru tente de la convaincre de quitter mais, lorsqu’il échoue, il fera tout son possible pour l’aider et la protéger.

La supervision de la construction du château est confié au maître d’armes To-no-suké Murasaki, mais les travaux sont constamment perturbés par le sabotages des espions de l’ennemi et des intrigues politiques. De plus, Yayoï–la fille du ministre, secrètement en amour avec Midori-maru–est jalouse de la relation de celui-ci avec O-tae et fera tout pour leur nuire. Lorsque les villageois sont expulsés de leur terres et que la maîtresse d’école est condamné à mort, Midori-maru sauve celle-ci et s’enfuit avec elle. Il se révolte contre son père en s’opposant à la poursuite travaux dont le coût humain est trop élevé. Le ministre est assassiné par un traitre déguisé en oni, mais Midori-maru, déguisé en ouvrier, le confronte et le blesse. Yayoï, avec l’aide de To-no-suké, sur qui elle a maintenant dévolu son affection, cherche désespérément à venger la mort de son père. Lorsqu’elle découvre que le traitre n’est nul autre que To-no-suké, elle se suicide. To-no-suké, rongé par le remort, se repent. Le château est finalement complété mais, à la mort de Toyotomi, le nouveau shogun Tokugawa assiège le château. Midori-maru revient pour aider son père, qui a décidé de saborder le château à l’aide d’explosifs. Mais, piégés, le père et le fils réconciliés meurent dans sa destruction–une fin où Tezuka veut sans aucun doute rappeler la destruction du château d’Osaka et la mort de Hideyori.

Le Château de l’aurore est un oeuvre plutôt typique de Tezuka. Son style y est très simple (trop pour certains) mais assez efficace. S’il commence vraiment à maîtriser son art, ce n’est pas encore parfait au niveau de la narration qui manque un peu de fluidité. Malgré le sérieux apparent du sujet, Tezuka laisse toujours une bonne place à l’humour. Un bon exemple est la scène où Midori-maru affronte To-no-suké, qui lui lance un bâton de dynamite dont il tranche la mèche de son sabre. “Bravo! Je vois que tu maîtrises l’art du sabre!” s’exclame To-no-suké. Midori-maru lui répond, “Et toi l’art du calunar! Je te rappelle que la dynamite n’existe pas à notre époque!”

Cornélius nous offre ici une publication d’excellente qualité (tant au niveau de l’impression que du choix du papier), notamment par la restauration des planches originales (par l’utilisation de différentes éditions ils ont pu ainsi recréer les trames de gris de façon à éviter un effet de moiré embarrassant). Ce n’est certes pas le meilleur manga de Tezuka mais c’est tout de même un ouvrage intéressant. Ce n’est pas une lecture indispensable mais si, comme moi, Tezuka vous intéresse je vous le suggère tout de même.

Extraits des pages 51 et 132
Un extrait de vingt-huit pages (en format PDF) est disponible sur le site de l’éditeur mais, comme ce site est programmé en Flash, il est impossible de vous y rediriger par un simple lien alors vous en trouverez une copie ici.

Le château de l’aurore, par Osamu Tezuka. Paris, Éditions Cornélius (Coll. Paul), mars 2008. 15 x 21 x 2 cm, 160 pg., 15.50 € / $26.95 Can. ISBN: 978-2-9154-9249-1. Sens de lecture Japonais. Recommandé pour jeunes adultes (14+).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Le château de l’aurore © 2008 by Tezuka Productions. All rights reserved. Design & traduction © Cornélius 2008.

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L’âne d’or par Milo Manara

La version érotique d’un classique de la littérature latine, document.write(“”); revu par l’un des maîtres de l’érotisme en bande dessinée.”
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“Cet album propose le récit des péripéties du jeune Lucius, transformé en âne et soumis aux vicissitudes d’une vie d’errance. Brigands, sorcières et patriciennes aux mœurs légères se succèdent au fil de ce conte érotique sans tabous, tour à tour inquiétant et truculent. Inspiré de L’Ane d’Or d’Apulée, ce récit fait partie des œuvres marquantes de Milo Manara, au sommet de son art.” [ Texte du
site de l’éditeur ]

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J’ai déjà mentionné cette adaptation de Milo Manara quand j’ai commenté Les Métamorphoses ou l’âne d’or d’Apulée et je m’étais promis d’y jeter un oeil. Et bien c’est fait.

Milo Manara est un artiste de renom et de grand talent, qui se consacre surtout à la bande-dessinée érotique. Il n’est donc pas surprenant qu’il ait choisi d’illustrer l’oeuvre d’Apulée dont le sujet se prête très bien à l’érotisme. Il n’en est d’ailleurs pas à sa première adaptation (il a auparavant réalisé le Décaméron de Boccace, les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift, Vénus et Salomé de Pierre Louÿs, ou même le Kama-Sutra). L’âne d’or n’est pas exempt d’influences, car certains décors (grosses têtes de statues en arrière-plan) ne sont pas sans rappeler le Satyricon de Fellini, un cinéaste qui l’a d’ailleurs souvent inspiré et avec qui il a parfois collaboré. L’âne d’or a d’abord été publié aux Humanoïdes Associés en 1999. Il a connu une second édition en 2007 sous le titre “Le Métamorphose de Lucius,” puis a été réédité en 2011 sous le titre original.

L’album nous raconte les mésaventures de Lucius qui voyage en Thessalie pour affaires. Arrivé à Hypata, il loge chez l’avare Milon dont la femme Pamphile est réputée magicienne. Il se rend aux bains où il rencontre son ancienne nourrice, Byrrhène, qui l’invite à une fête le lendemain. Il retourne chez Milon pour le repas et, le soir venu, la servante Photis le rejoins dans sa couche pour un accouplement torride (la seule véritable scène de sexe de l’album, qui pour le reste offre surtout beaucoup de nudité). Le lendemain, Lucius se rends à la fête que Byrrhène donne à l’occasion des Lupercales (célébrant la fécondité, bacchus et le dieu des rires). Le banquet dégénère en orgie et Lucius revient complètement ivre. Croyant voir des brigands dans la nuit, il les attaque de son glaive. On l’arrête et le juge pour avoir tué d’innocents citoyens mais finalement tout cela n’est qu’une supercherie pour se moquer de lui. De retour chez Milon, Lucius retrouve Photis qui a reçu une belle fessée, car on croit qu’elle a trahit les secrets de sa maîtresse (ici la raison de la fessé diffère du récit original). Lucius, curieux, espionne la sorcière avec l’aide de Photis. Il la voit s’enduire d’un onguent et se transformer en oiseau de nuit. Il désire faire de même mais se voit plutôt transformé en âne!

Ainsi débutent véritablement les tribulations de Lucius. Photis le cache dans l’écurie et il lui suffira de manger quelques roses fraîches au matin pour faire disparaitre le sortilège. Toutefois, des brigands dévalisent la villa de Milon durant la nuit et l’âne (Lucius) est réquisitionné pour porter le butin. Il s’échappe du repère des brigands avec une de leur captives mais ils sont recapturé. Toutefois, ils sont libéré par l’époux de celle-ci qui s’était secrètement joint au groupe. On le confit aux soins d’un jeune garçon qui se révèle très cruel et torture Lucius. Il s’échappe à nouveau mais se retrouve vendu aux enchères à une secte de Cybèle. Puis devient une bête de somme chez un meunier. Puis est acheté par un couple de patriciens qui le traite fort bien, mais dont la maîtresse s’offre à lui et, ne pouvant refuser, il la prends avec son gros phallus d’âne! (Ici Manara montre tout de même un certaine pudeur: s’il n’hésite pas à montrer le membre viril de Lucius lorsqu’il est avec Photis, les scènes de bestialité, elles, sont savamment cachée par les bulles!) Ayant prouvé sa valeur, il se retrouve à jouer l’époux d’une condamné dans un spectacle du cirque. Mais réalisant qu’ils seront tous deux livrés aux fauves, il s’enfui à nouveau. Il court jusqu’à la mer où il implore la miséricorde de Cerès (Isis). Celle-ci lui apparait et promet sa rédemption. Au matin, il rencontre une procession et le prêtre porte une couronne de roses. Il en mange et redevient enfin un homme!

Le récit de Manara est assez fidèle à l’histoire d’Apulée, non pas tant par son exactitude que par son esprit. En effet, Manara choisit judicieusement les scènes qu’il illustre, ne sélectionnant que celles qui sont le plus propice à son sujet préféré: l’érotisme. Il omet le récit des contes intercalaires (l’histoire de Thelyphron ainsi que celle d’Eros et Psyché) et quelques une des tribulations de Lucius (ou en altère certains événements). Toutes ces omissions et changements rendent le récit un peu saccadé et anecdotique. En fait, l’histoire que Manara nous raconte est une sorte de condensé de lecture (Reader’s digest) érotique!

Manara illustre son récit à l’encre (qu’il utilise aussi pour certaines textures et ombrages), qu’il colore ensuite à l’aquarelle avec une sélection limitée de couleurs qui s’approche presque de la bichromie. En effet, il n’utilise que des gris bleutés ou violet, des tons de brun ou de sépia et surtout la couleur chair, qui, en un merveilleux stratagème, se distingue particulièrement sur ce fond de couleurs délavées et discrètes. Les seules couleurs vives sont utilisées pour représenter un peu de sang (celui des flagellants de Cybèle) ou les dieux (rose et bleu pour Aurore, jaune pour Isis). Manara m’apparait au sommet de son talent et fait preuve d’une grande sensualité, non seulement dans la représentation de belles femmes, mais aussi dans l’illustration de la vie quotidienne à l’époque romaine.

Une très bonne bande-dessinée que je recommande tant pour son adaptation de ce classique de la littérature latine que pour son érotisme.

Extraits: pages 14 et 30; Attention: des scènes de nudité y sont représentées!
Un extrait comprenant les huit premières pages est aussi disponible sur le site de l’éditeur.

L’âne d’or, par Milo Manara. Paris, Les Humanoïdes Associés, janvier 2011. 24 x 32 x 1 cm, 56 pg., 18.99 € / $29.95 Can. ISBN: 978-2-7316-2318-5. Recommandé pour adultes (18+).

Cet album est également disponible en format digital (4.99 € aux Humanos, 5.99 € ou encore 2.49 € en location (10 jours) chez izneo.com).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

L’âne d’or © 2011 Les Humanoïdes Associés S.A.S., Paris.

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Manga de Dokuha

Ma lecture récente de La Bible (2): Le Nouveau Testament m’a fait découvrir la collection Manga de Dokuha (et c’est sans doute la seule bonne chose que m’a apporté la lecture de ce manga).

J’ai souvent entendu parlé de classiques de la littérature adaptés en manga (ça n’a rien de nouveau: Tezuka a adapté Crimes et châtiments de Dostoïevski et le classique japonais Le dit du Genji [Genji monogatari] a aussi connu maintes adaptations). Mais quand il était question de titres comme Das Kapital de Marx ou Mein Kampf d’Hitler, je me disais qu’il fallait vraiment que je lise ça. Ce que j’ignorais c’est que la plupart de ces adaptations manga de grands classiques appartiennent en fait à une seule et même collection! Pour en faire la découverte…

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La Bible (2) : Le Nouveau Testament en manga!

“De la création du monde à la mort du Christ, document.write(“”); redécouvrez le texte le plus lu au monde dans une version manga complète et riche. “que la lumière soit…”. Dieu créa le monde par ces simples mots, avant de faire l’homme puis la femme. Ayant prospéré avec le temps, l’humanité oublia à plusieurs reprises la gloire de Dieu et devint orgueilleuse. Alors Dieu décida de détruire les hommes… avant de leur envoyer son fils pour racheter leurs fautes…” [ Résumé de la série sur le site de l’éditeur ]
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La vie du Christ qui a aidé et sauvé des gens par ses miracles. Une Église de plan international, des croyants à travers le monde entier et un livre sacré… « le Nouveau Testament » raconte la vie du fils de Dieu, Jésus-Christ, aussi appelé le « messie », incarné sur terre pour guider les Hommes vers le royaume de Dieu, mais aussi ses paroles et ses miracles. Un livre qui sert de pivot à l’enseignement du christianisme depuis 2000 ans.“ [ Texte de la
couverture arrière ]

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Ce manga seinen m’est tombé entre les mains à la bibliothèque (étrangement, il n’est disponible que dans une seule bibliothèque alors que le premier volume, lui, n’est disponible que dans une autre!) au moment où je lisait Les vacances de Jésus et Bouddha. Malgré mes réticences à lire ce qui ne pouvait être qu’une montagne d’ineptie, je me suis dis que ce serait un enchaînement amusant. Quelle erreur (horreur)! Mais bon, on retrouve toujours du bon dans tout…

La Bible (vol. 2): Le Nouveau Testament (?????? ???? / Manga de Dokuha: Shin’yaku Seisho) a été publié en novembre 2010 par East Press en tant que numéro 73 (MD073) de leur collection de classiques de la littérature (Manga de Dokuha / “Lisez en manga”–je reviendrai sur cette importante collection dans un prochain billet). Je n’ai trouvé pratiquement aucune information sur le studio Variety Art Works qui adapte et illustre les titres de cette collection (il y a bien un site en japonais, alors j’en saurai peut-être un peu plus quand j’en aurai traduit l’essentiel). [À droite: le baptême de Jésus par Jean le Baptiste, pg. 36]

L’histoire, nous la connaissons déjà tous, est plutôt simple: c’est la vie de Jésus et ce manga la parcourt en accéléré (c’est un peu comme visionner un film en “fast-forward”). Les chapitres se divisent comme suit: “La Bible” (un bref rappel de ce que c’est), “L’Annonciation” (un ange vient dire à Marie qu’elle est enceinte), “Jean le Baptiste” (celui-ci prêche la venue du Messie et baptise Jésus qui part ensuite subir les tentations de Satan dans le désert), “Les débuts du ministère” (Jésus commence à se faire connaitre par de premiers miracles et rassemble ses disciples), “Les Enseignements de Jésus” (il prêche en usant parfois de paraboles mais ça ne marche pas partout et il risque de s’attirer la colère des puissants, comme Jean le Baptiste qui fut exécuté par le roi Hérode), “Les miracles de Jésus” (il voyage, prêche et fait d’autres miracles comme la multiplication des pains, marcher sur l’eau, ressusciter Lazare et il prédit sa propre mort, car le nombre grandissant de ses disciples ennui les prêtres et les pharisiens qui complotent sa perte), “La Passion du Christ” (Jésus se rends à Jérusalem où il chasse les marchands du temple et continue de prêcher alors que des pharisiens tentent de le piéger par des questions; après la dernière cène et un dernier discours à ses douze disciples les plus proche sur le mont des Oliviers, il est trahi par Judas et arrêté; il subit un procès sommaire et est crucifié), “La Résurrection et l’Ascension” (Marie-Madeleine découvre le tombeau vide; Jésus apparait à ses disciples et les enjoins à porter sa parole à travers le monde, puis il monte au ciel) et finalement “Le Nouveau Testament” (contient les actes des apôtres — ayant reçu de l’esprit saint le don de glossolalie, les apôtres prêchent la parole du Christ et baptisent les fidèles; le pharisien Saul de Tarse se convertit et devient Paul, l’un de ses plus fervent apôtres–les épitres et l’Apocalypse). [À gauche: sur la montagne, Jésus prit et confère avec Moïse et Élie, pg. 95]

Jésus ressuscite Lazare, pg 108, et meurt sur la croix, pg 163

Que l’on soit d’accord ou pas avec le texte original, l’adaptation qui en est faite n’est pas si mal. Si j’ai l’impression que cela a été produit sans grands efforts pour faire connaître ce “classique de la littérature” à un public japonais qui n’en connait rien, je dois admettre qu’on y donne tout de même l’essentiel de la doctrine de Jésus, sans plus ni moins, dans sa plus simple expression (en lisant les textes du manga, ça me rappelait étrangement Jésus de Montréal ou le monologue d’Yvon Deschamps sur “Le p’tit Jésus”). Toutefois, j’ai plus à me plaindre du côté artistique: la qualité du dessin est pauvre, plutôt simple et bâclé. Les personnages sont caricaturaux, souvent laids et avec des expressions d’illuminés fous furieux. Pas surprenant que les responsables veulent rester anonymes! Si je suis surpris par l’adaptation, je suis extrêmement déçu par l’illustration du sujet. Ce n’est pas un très bon manga et n’a de l’intérêt que pour les curieux.

La Bible (vol. 2): Le Nouveau Testament, par Variety Art Works (traduction: Anne Mallevay). Paris, Soleil Manga (Coll. Classiques), septembre 2012. 12,8 x 18,2 x 1,6 cm, 192 pg., 6,99 € / $12.95 Can. ISBN: 978-2-3020-2243-0. Lecture dans le sens occidental (de droite à gauche) et recommandé pour jeunes adultes (14+).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Manga de Dokuha: New Testament © Variety Art Works, East Press Co., Ltd. All Rights Reserved. © 2012 MC Productions pour l’édition en langue française.

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Les Vacances de Jésus et Bouddha (1)

La divine colocation de Jésus et Bouddha. Après avoir oeuvré au bonheur de l’humanité pendant 2000 ans, document.write(“”); les deux amis décident de prendre quelques vacances en louant un petit appartement sur Terre. Ils vont découvrir un mode de vie bien éloigné du paradis et vous offrir un regard inédit sur notre quotidien. Vous apprendrez ce que ressent Jésus quand on le prend pour Johnny Depp, ou ce que pense Bouddha de ces statues à son effigie, qui ont tant de succès dans les magazines de décoration.” [ Texte du site de l’éditeur ]
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Sei Onii-san (??????? / Saint Young Men) est prépublié dans le magazine Morning 2 de Kodansha depuis 2007 et a, jusqu’à maintenant, été compilé en huit volumes (entre janvier 2008 et décembre 2012). C’est une comédie pour jeunes adultes (seinen) écrite et illustrée par Hikaru NAKAMURA, une jeune mangaka de vingt-neuf ans qui n’en est qu’à son second manga. Elle avait auparavant publié Arakawa Under the Bridge (?????? ? ????), une comédie romantique prépublié depuis 2004 dans le magazine de Square Enix Young Gangan, compilée en treize volumes et qui a été adapté en une série animée. Saint Young Men a été traduit en français par Kurokawa (cinq volumes de disponibles depuis mars 2011, le plus récent étant paru en mars 2013). En 2009, ce manga s’est classé à la dixième position du palmarès japonais Oricon des meilleurs vendeurs et a également reçu le Prix Culturel Osamu Tezuka pour une histoire courte. Le manga a également été adapté en un long métrage d’animation (une production du studio A-1 Pictures, avec un scénario de Rika NEZU et une réalisation de Noriko TAKAO) qui est sortie dans les salles de cinéma japonaise en mai 2013.


[ Page 54 — C’est en format japonais: Lire les bulles de droite à gauche ! ]
J’ai récemment découvert ce manga et, comme ça m’avait l’air tellement hilarant, je n’ai pas pu résister à l’emprunter à la bibliothèque pour y jeter un coup d’oeil! C’est effectivement très drôle. Siddh?rtha Gautama, dit “L’Éveillé”, et Jésus de Nazareth, le “fils de Dieu”, décident de prendre un repos bien mérité et louent un petit appartement dans le quartier de Tachikawa à Tokyo. Bien sûr, après avoir vécu au Paradis, la vie dans la société moderne Japonaise nécessite une certaine adaptation.

Une bonne partie de l’humour léger que l’on retrouve dans le manga provient de ce contexte très propice à la comédie de situation (sit-com). Cette interaction, pour ne pas dire confrontation, entre le divin et le quotidien trivial est aussi une occasion de ridiculiser certaines moeurs et habitudes de notre mode de vie moderne. De même, d’une façon un peu plus sérieuse, le manga offre une sorte de critique sociale, en utilisant le regard extérieur de nos deux vacanciers (qui, pour cet aspect du récit, auraient pu être n’importe quels jeunes touristes américains ou européens). On peut aussi dire que, par la bande, il permet aux lecteurs occidentaux de découvrir plusieurs aspects de la société nippone.

Ainsi l’auteur joue avec les apparences (Jésus est comparé à Johnny Depp, Bouddha se plaint de sa coiffure qui ressemble à une permanente ou des statues qui le représentent obèse) ou avec leur attributs divins (les stigmates de Jésus saignent et il change l’eau en vin et autres miracles, Bouddha se sort de situations difficiles en utilisant son “Buddha smile” et brille d’une aura de sainteté lorsqu’excité). Chacun se trouve des aspirations: Bouddha, ayant découvert Tezuka, est inspiré et se met à produire un manga plein d’inside joke célestes et Jésus, pour réaliser un vieux rêve, convint Bouddha de former un duo de standing comics!

La représentation de Jésus me semble toutefois plus caricaturale que celle du Bouddha, probablement parce que l’auteur à une meilleurs connaissance de ce dernier. D’ailleurs j’ai aussi l’impression qu’une partie de l’humour généré par Bouddha se perd soit dans la traduction ou dans l’ignorance des traditions bouddhistes inévitable chez la plupart des lecteurs occidentaux.

Si l’humour des Vacances de Jésus et Bouddha est léger et tout à fait anodin, il est toutefois risqué de jouer avec des icônes religieuses. Nos deux anti-héros se voient la proie de nombreuses tentations de la vie moderne (commercialisme, jeunes collégiennes, etc.) et les mettre face à ces dilemmes et indignités irrévérencieuses pourrait en choquer plus d’un chez les extrémistes religieux. L’auteur aurait aussi pu créer un trio de personnages en y ajoutant le Prophète musulman, mais cela aurait représenté un risque trop grand car l’on sait que les fondamentalistes (quels qu’ils soient) ne badinent pas avec l’humour. Si le manga n’a pas généré de tollé, il a tout même essuyer quelques critiques mais, étrangement, jusqu’à maintenant surtout de la part d’organisations bouddhistes conservatrices. L’absence de traduction anglaise explique sans doute pourquoi la droite chrétienne n’a pas encore crié au scandale… Mais au Japon peu de gens se soucient de la religion, les pratiques religieuses étant plus considérées comme des coutumes que l’expression d’une ferveur croyante. On y mélange sans peine shintô et bouddhisme en un syncrétisme insouciant, où les esprits sont toujours présents dans la vie de tout les jours. Pourquoi n’en irait-il pas de même pour le “fils de Dieu”?

Si l’artiste porte beaucoup d’attention aux détails (comme les textes sur les t-shirts des personnages par exemple), son style reste encore un peu brouillon. Mais c’est un trait qui est commun à la plupart des manga d’humour léger. Toutefois, mon reproche principal (et cela vaut pour beaucoup de manga publié ces derniers temps), est l’utilisation d’une typographie minuscule dans les textes exprimant les pensées des personnages, ainsi que pour les notes explicatives. Les éditeurs devraient réaliser qu’il n’y a pas que les jeunes qui lisent les manga, mais aussi des vieux aux yeux fatigués!

Quoiqu’il en soit, j’ai beaucoup rigolé en lisant ce premier tome des Vacances de Jésus et Bouddha et j’ai bien l’intention de lire les volumes suivants. Je vous le recommande donc.


[ Pages 24, à droite, et 55, à gauche ]
Les vacances de Jésus et Bouddha, vol. 1, par Hikaru Nakamura (traduction: Étienne Robert). Paris, Kurokawa, mars 2011. 12,8 x 18,2 x 1,2 cm, 144 pg., 6,70 € / $11.95 Can. ISBN: 978-2-351-42587-9. Lecture dans le sens japonais (de droite à gauche) et recommandé pour jeunes adultes (14+).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Saint Oniisan © 2008 Hikaru Nakamura, All Rights Reserved.

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Le vieux fou de dessin

“Il était une fois au Japon, document.write(“”); au cœur du XIXe siècle… Tojiro, le petit vendeur des rues, rencontre un curieux vieil homme qui passe ses journées à dessiner des lions-dragons, des ponts suspendus, des saules qui pleurent. C’est Hokusai, le vieillard fou de dessin, le plus grand artiste japonais, le maître des estampes, l’inventeur des mangas. Fasciné par le talent du maître, Tojiro devient son ami et son apprenti.” [ Texte du site de l’éditeur; voir couverture arrière ]
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Ma soeur m’a fait cadeau de ce livre il y a plus de dix ans et je n’ai jamais vraiment eu le temps de le lire. Toutefois, comme je viens de lire et commenter un manga traitant d’Hokusai, il me semblait tout à fait opportun d’enchaîner avec ce magnifique album illustré pour enfant qui nous offre aussi, à sa manière, une biographie de ce grand maitre de l’estampe que l’on appelait aussi le “vieux fou de dessin” (ou de la peinture).

François Place est un auteur et illustrateur de grand talent. Il a illustré, depuis 1983, au moins une demi-douzaine de livres, mais dès 1992 il commence à écrire (et illustrer) ses propres livres. Il en a maintenant publier plus d’une dizaine, incluant Les Derniers Géants et l’Atlas des Géographes d’Orbae, qui lui ont valu de nombreux prix. Son style clair, simple mais expressif est fort apprécié tant des jeunes lecteurs que des parents et instituteurs.

Le vieux fou de dessin est d’abord paru en 1997 chez Gallimard dans la collection Folio junior Drôles d’aventures sous la forme d’un roman illustré (en noir et blanc). Il a été réédité en 2001 sous la forme d’un album cartonné, cette fois avec des illustrations couleurs à l’aquarelle, et à nouveau en 2008, avec une couverture souple. Il a également été traduit en anglais chez D. R. Godine en 2003 (traduction par William Rodarmor) sous le titre The Old Man Mad About Drawing. En 1999 François Place a reçu pour ce titre le Prix Chronos de littérature pour la jeunesse.

Au travers des yeux d’un petit vendeur de gateaux de riz devenu apprenti du peintre, et de la relation que ceux-ci développent peu à peu, le lecteur découvre non seulement la vie et l’oeuvre d’Hokusai, mais aussi de très nombreux aspects de la culture Japonaise: la société japonaise telle qu’elle était à Edo au 18e siècle, les techniques de gravure et d’estampe, le kabuki, les samouraïs, les sumos, les temples shintô, etc. C’est un voyage initiatique et formateur tant pour le jeune Tojiro que pour le lecteur, alors qu’ils découvrent ensemble l’importance d’observer en silence et le plaisir d’apprendre. Par les leçons de son vieux maitre, Tojiro apprends à lire, à dessiner, à penser pour lui-même, à apprécier la beauté et l’art. Hokusai lui raconte un peu sa vie et, à travers ces récits, nous découvrons toutes les étapes importantes de la carrière du peintre.

C’est une lecture agréable et très enrichissante, agrémentée de superbes illustrations (on trouve aussi tout au long du texte des reproductions d’oeuvres d’Hokusai). L’ouvrage se termine avec un glossaire très utile. Toutefois la narration manque un peu de fluidité et il est important de préciser que, malgré les affirmations faites par l’éditeur, Hokusai ne fut certainement pas l’inventeur des mangas. À l’origine, “manga” signifiait “dessin dérisoire”, fait dans un but divertissant, des croquis, voir des caricatures, que l’on retrouvait sur les emaki (rouleau manuscrits) dès le 11e siècle. Hokusai n’a donc rien inventé; il n’a fait que contribuer à populariser le terme qui ne prendra son sens actuel de “bande dessinée” japonaise qu’au 20e siècle.

Malgré ces quelques petits irritants, c’est un très bon livre, une oeuvre charmante, que je recommande chaudement.


Le vieux fou de dessin, par François Place. Paris, Gallimard Jeunesse (Coll. Grand format littérature, Série Romans Junior), novembre 2001. 19,5 x 26,3 x 1,2 cm, 96 pg., 16,25 € / $30.95 Can. ISBN: 978-2-0705-4842-2. Recommandé pour les enfants de 9 à 15 ans.

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Le vieux fou de dessin © Éditions Gallimard Jeunesse, 2001, pour le texte et les illustrations.

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Hokusai par Shōtarō Ishinomori

“Quand Tetsuzô prend le nom de Hokusai il a déjà plus de 40 ans. L’auteur de La grande vague de Kanagawa doit tout recommencer pour s’imposer en tant que dessinateur. À travers ses voyages et ses rencontres, document.write(“”); entrez dans la vie trépidante de l’homme qui a émerveillé l’Occident : Hokusai !” [ Texte de la couverture arrière ]
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“L’aventure de Hokusai commence réellement lorsque le personnage a une quarantaine d’année. On découvre un opportuniste qui a souvent changé de nom en fonction des écoles auxquelles il s’affiliait. Mais c’est surtout un « vieux fou de peinture », avide de reconnaissance et voulant toujours dessiner, même au seuil de la mort. La renommé de Hokusai ne s’est pas faite toute seule ! Il a dû ruser pour imposer ce nom illustre, en peignant devant une foule sur un grain de riz ou sur une toile géante… Découvrez l’incroyable parcours de ce peintre dans ce one-shot d’Ishinomori où l’humour rejoint le récit historique.” [ Texte du
site de l’éditeur ]

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Hokusai (??) est un manga seinen de Sh?tar? Ishinomori originalement publié au Japon en février 1987 par Sekai Bunka-sha, puis réédité en 1996 par Futabasha et par Kadokawa Shoten en 2005. Il a été traduit et publié en français dans la collection Sensei (dédié aux grands maîtres du manga) de Kana (Dargaud) en juin 2010 et réédité avec une couverture légèrement différente en août 2011. Aussi incroyable que cela puisse paraître pour une telle oeuvre, il ne semble pas y avoir eut jusqu’à maintenant de traduction anglaise.

Parlons d’abord ici de l’auteur. Sh?tar? Ishinomori est né Onodera Sh?tar?, mais a publié sous le pseudonyme de Ishinomori (d’après sa ville natale dans le district de Tome, préfecture de Miyagi). Comme l’orthographe de son nom [??] était trop souvent prononcé “Ishimori” par erreur il le changea en 1984 [???]. Il est décédé en 1998 à l’âge de soixante ans. Il fait partie de la première génération de mangaka et peut ainsi être considéré comme l’un des grands maîtres du manga. Il a fait ses débuts en 1954 en participant à un concours pour “dépister” des artistes débutants organisé par le magazine Manga Sh?nen. Remarqué par Osamu Tezuka, il devient brièvement son assistant pour Astro Boy et, dès la fin de son secondaire en 1956, il le rejoint à Tokyo dans le fameux Tokiwas? (une sorte de commune de mangaka fondé par Tezuka) où il demeure jusqu’à la fin de 1961. Son premier gros succès a été Cyborg 009 en 1964, prépublié dans le Weekly Shonen King de Kodansha pour être finalement compilé en trente-six volumes et pour lequel il a reçu le prix Kodansha en 1967 (disponible en français chez Glénat, collection Vintage).

Ishinomori est surtout connu pour ses histoires de science-fiction destinées à un jeune public (Cyborg 009 en 1964, Genma Taisen en 1967 ou The Skull Man en 1970) et ses séries télévisées de sentai (super-héros) tokusatsu (effets spéciaux) comme Kamen Rider (1971) et Kikaider (1972). Plusieurs de ces titres sont disponible en anglais chez le fournisseur de digital comics ComiXology. Un autre de ses titres sh?nen, Ry? no Michi (1969, Le Voyage de Ryu), est disponible en français chez Glénat (Coll. Vintage).

Ishinomori a toutefois produit des histoires réalistes plus sérieuses, destinées à un public plus âgé, comme Sabu to Ichi Torimono Hikae (Weekly Sh?nen Sunday: 1966-68 et Big Comic: 1968-72, Prix Sh?gakukan en 1968, traduit en français chez Kana, collection Sensei, en quatre volumes), Kuzuryû (1974, l’histoire d’un vendeur ambulant de médicaments, traduit en français chez Kana, coll. Sensei), Miyamoto Musashi (1974, l’histoire du célèbre ronin, également traduit en français chez Kana, coll. Sensei), Sandarobotchi (Big Comic: 1975-81, une histoire sans beaucoup d’action qui se concentre sur le développement des personnages et la description de la vie quotidienne d’un fabriquant de jouets en bambou qui fait aussi du recouvrement de créances dans le quartier Yoshiwara d’Edo, la Tokyo du 18e siècle) ou Hotel (1984-98, prépublié dans Big Comic, compilé en 25 vols, gagnant du Prix Sh?gakukan en 1988, raconte la vie quotidienne du personnel et des clients d’un hôtel). Hokusai appartient à cette partie de l’oeuvre de Ishinomori mais demeure un ouvrage mineure dont on parle peu.

Ishinomori a également produit quelques ouvrages plus didactiques: Manga Nihon keizai ny?mon (1986, 4 vols., partiellement traduit en anglais par University of California Press sous le titre Japan Inc et en français chez Albin Michel sous le titre Les Secrets de l’économie japonaise en bande dessinée), Kurodaiku (publié dans Business Jump et qui se déroule dans le monde des affaires), ou encore Manga Nihon no Rekishi (une histoire ambitieuse du Japon publiée chez Chuo Kohron depuis 1989 mais qui reste malheureusement inachevée).

Sh?tar? Ishinomori a été un auteur polyvalent tant dans la diversité de ses sujets que de son style et surtout un mangaka très prolifique (il est connu pour avoir dessiné parfois plus de cinq cent pages en un seul mois et produit au-delà de 70,000 pages de manga durant les trente premières années de sa carrière–un exploit rendu possible en partie par la simplicité de son dessin et par l’utilisation d’assistants [Thierry Groensteen, L’univers des mangas, pp. 98-100; Frederik Schodt, Manga! Manga!, p. 139]). Il a eut une grande influence sur le genre (on retrouve parmi les nombreux artistes a avoir été ses assistants des noms comme Go Nagai ou Keiko Takemiya).

Il est malheureux de constater que l’ensemble de l’oeuvre des membres de cette première génération de grands mangaka, à laquelle appartient Ishinomori, a longtemps été ignoré par l’occident, probablement à cause de son style graphique qui, à l’opposé de la profondeur de ses sujets, était perçu comme trop simple (sinon enfantin et parfois caricaturale) pour être prit avec sérieux. Toutefois, ces dernières années, le public occidental (jusqu’à maintenant surtout en France) a finalement commencé à s’intéressé à ces auteurs qui ont définit le genre du manga, surtout grâce au travail d’éditeurs comme Glénat (avec sa collection Vintage) et Kana (avec sa collection Sensei). Dans le monde anglophone le réveille semble un peu plus lent mais des éditeurs indépendants comme drawn and quarterly ou Vertical semblent ouvrir la voie.


Hokusai est un personnage complexe qui est certes difficile à cerner dans le cadre d’un manga mais Sh?tar? Ishinomori réussi très bien à la faire (quoiqu’en près de six-cent pages!). La preuve de cette complexité, comme le dit lui-même Ishinomori dans sa postface, c’est que durant son exceptionnellement longue existence (en effet il était rare à l’époque de vivre jusqu’à quatre-vingt-dix ans), Hokusai a utilisé une cinquantaine de noms (ou variantes de noms) différents, a déménagé plus de quatre-vingt-dix fois et était presque constamment sur la route, à la recherche de nouveaux paysages à mettre sur papier ou d’une façon de se ressourcer. Cette étonnante vitalité a fait de lui un artiste très prolifique (environ 30 000 dessins!), ce qui lui a fait connaître de son vivant la notoriété mais jamais le succès financier et il vivra donc dans la pauvreté.

Ironiquement, comme c’est souvent le cas pour les grands artistes, c’est la postérité qui lui donnera le succès et lui conférera une grande influence sur l’ensemble du monde artistique (tant au Japon que dans le reste du monde, notamment sur les impressionnistes français avec le japonisme). Hokusai nous donnera donc des oeuvres iconiques tels les “Hokusai Manga” (1814-1834, 12 vols., ces carnets de croquis, illustrant la vie quotidienne de l’époque, auraient popularisé le mot “manga” mais il signifit plutôt ici des “esquisse spontanée”), “Le rêve de la femme du pêcheur” (c. 1820, une scène érotique [shunga] où une poulpe caresse une femme, réputée pour être à l’origine du concept de shokushu ou hentai tentaculaire), “La grande vague de Kanagawa” (1831, de la série Fugaku Sanj?rokkei, “Trente-six vues du mont Fuji”), ou encore les “Cent histoires de fantômes” (Hyaku monogatari, 1830-35).

Ishinomori précise toutefois qu’il a tenté d’esquisser une biographie romancée de Hokusai: “j’ai essayé plus ou moins de respecter les étapes de la vie de Hokusai, mais j’ai préféré mettre l’accent sur les zone d’ombres qui la composent” dit-il dans la postface, et il a donc “créé pour cela une sorte de personnage imaginaire.”


Le nom de Katsushika Hokusai (1760-1849), avec ceux de Utamaro et de Hiroshige, est devenu synonyme d’estampes japonaises (Ukiyo-e). Très jeune Hokusai, alors nommé Tetsuz?, s’intéresse à la peinture. Toutefois Ishinomori ouvre son récit non pas avec la naissance d’Hokusai mais avec les derniers moments de celui-ci, puis enchaîne avec l’instant où (en 1799, au seuil de la quarantaine), contemplant la constellation de la Grande Ourse (appellé hokutosei au Japon, où “hoku” signifit “nord”), il décide de changer son nom, maitre S?ri, pour Hokusai afin de “repartir à neuf.” Il a de la difficulté à faire accepter ce nouveau nom et doit réaliser des exploits publiques (comme peindre en 1804 un portrait géant du maitre zen Daruma) pour s’imposer à nouveau sur la scène artistique. Ce n’est qu’à la page soixante-treize qu’Ishinomori utilise un flashback (en fait un cauchemar) pour raconter l’enfance de l’artiste où il travaille comme livreur de livres, puis apprenti dans un atelier de gravure (1775), chez un fabriquant de miroir (son beau-père) et finalement auprès de l’artiste Katsukawa Shunsh? (1778-92) où il prend le nom de Shunr?.

Avec l’aide d’un autre flashback, Ishinomori poursuit son récit de la vie de Hokusai. Sa femme étant partie avec les enfants et renié par l’école Katsukawa, Hokusai connait des temps difficiles. Il reprend alors le nom de l’artiste décédé Tawaraya S?ri (1795-98) et continue sa recherche artistique en étudiant de nombreux styles (kano, Sessh?, la peinture chinoise, la gravure sur cuivre, etc.). Après avoir peint une décennie sous le nom de Hokusai (1799-1810) il n’est toujours pas satisfait de son style. Ayant atteint une grande notoriété, il organise des expositions et accomplit de nouveaux exploits (peindre sur un grain de riz, faire de nouvelles peintures géantes, performer pour le shogun), mais réalise qu’il a cessé de progresser. Il a cinquante ans. Il prends donc le nom de Taito (1811-19) et entreprends de nombreux voyages, observant les paysages de la campagne nippone, les habitations, et surtout les gens, dans leurs gestes de la vie quotidienne, qu’il esquisse sans cesse dans ses fameux “Hokusai Manga.” Il peint parfois sous le pseudonyme de Gaky?jin, c’est-à-dire “vieux fou du dessin!” Ishinomori nous décrit plusieurs anecdotes et mésaventures que Hokusai aurait vécu sur sa route.

Par la suite, le récit de Ishinomori est plus décousu et anecdotique. Dans le chapitre cinq, “Mon ami Hokusai (50 ans),” il raconte la collaboration houleuse entre Hokusai et l’écrivain Bakin. Dans le chapitre six, “Honjo Warigesui (85 ans)” [le titre réfère au quartier où est né Hokusai], alors qu’il est harcelé par le serviteur d’un riche seigneur qui désir lui passer une commande, Hokusai (alors nommé Miuraya Hachiemon) raconte les origines de sa famille et son enfance. Dans le chapitre sept, “Les trente-six vues du mont Fuji (67 ans),” Ishinomori revient sur les voyages de Hokusai avec une anecdote où un mystérieux individu attente à sa vie et l’accuse du meurtre de sa femme. Dans le chapitre huit, “Manji (74 ans),” Hokusai est troublé par de nombreux cauchemars (qui lui inspirent sans doute ses “Cent histoires de fantômes”) et harcelé par son petit-fils Eikichi qui lui réclame de l’argent. Dans le dernier chapitre, “Miroir de la Chine et du Japon (80 ans),” Hokusai passe ses journées à observer la mer et à dessiner inlassablement; il a la vision d’une jeune femme à demi-nue qui sort de la mer. Ishinomori clôt sont ouvrage avec un épilogue où il revient sur les derniers moments de Hokusai en 1849.


Hokusai est un excellent manga. Le dessin est simple mais efficace et s’apparente beaucoup à celui de Tezuka (c’est normal puisqu’il l’admirait et a été son assistant). Bien sûr, les nombreux changements de nom et flashbacks peuvent créer de la confusion chez le lecteur mais on s’habitue vite aux techniques narratives de Ishinomori. Le récit est empreint de beaucoup d’humour et serait un livre accessible à tous si ce n’était des nombreuses frasques amoureuses de Hokusai qui sont autant d’opportunité pour illustrer de la nudité (ce qui est habituel pour les japonais). Un aspect que j’apprécie particulièrement est le fait que Ishinomori introduit beaucoup de reproductions des dessins de Hokusai pour illustrer et jalonner le récit. Finalement, malgré qu’il semble prendre beaucoup de liberté avec la vie de Hokusai, Ishinomori en livre l’essentiel d’une façon agréable qui impressionne probablement plus l’esprit du lecteur que ne le ferait une lecture plus académique. Tout cela en fait une lecture incontournable et je le recommande chaudement.

Hokusai, par Sh?tar? Ishinomori. Bruxelles, Kana (Coll. Sensei), juin 2010. 18,0 x 12,7 x 3,5 cm, 592 pg., 15,00 € / $26.95 Can. ISBN: 978-2-5050-0893-4. Recommandé pour “public averti” (14+ à cause de scènes de nudité).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Hokusai © Shotaro ISHInoMORI / Ishimori Production. All Rights resersed. © Kana (Dargaud-Lombard s.a.) pour la traduction française.

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Moi, Maru, Chat Enrobé

Maru est une star au Japon et pour les internautes du monde entier ! Maru est un chat enrobé (comme l’indique son nom en japonais, document.write(“”); maru : rond). Mais son embonpoint ne l’empêche de faire d’incroyables acrobaties et de prendre les poses les plus improbables qui le rendent attachant et presque… humain. Sa spécialité : se glisser dans les contenants les plus variés, quitte à se contorsionner à l’extrême. Ce livre témoigne de la passion d’un maître pour son chat. Entre adoration et anthropomorphisme, il a filmé son fidèle compagnon d’appartement et a posté ces vidéos sur Youtube. Remportant un vif succès (100 millions de visionnages), il en a fait un livre illustré original et attendrissant. ” [ Texte du site de l’éditeur; voir couverture arrière ]
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“Mugumogu” a d’abord mis un video de son chat, Maru, sur YouTube. Avec plus de 100 millions de visionnements ce fut un grand succès. Puis, il a créé un blog pour son chat où il postait toute sorte de photos de Maru, chroniquant ses exploits et mauvais coups. Finalement, il a prit toutes ces photos et en a fait un livre illustré qui s’est vendus à 30 000 exemplaires au Japon. Ce livre a été traduit en anglais chez Harper Collins et est disponible depuis peu en français. Maru a ainsi acquit le même notoriété que le “Keyboard Cat”, Nora le félin pianiste ou encore “Grumpy Cat”.

C’est un livre de table tout à fait charmant. L’auteur explique un peu l’histoire de ce scottish fold tigré marron à chaussettes et gants blancs, né le 24 mai 2007. Il lui donne la parole et lui fait raconter de nombreux anecdotes sur sa vie de félin, ses lubies, ses coups de coeur. Bon, les textes n’ont pas vraiment d’importance puisque ce sont les photos qui font le charme de ce livre illustré. Ce chat est vraiment mignon. Je suis sûr que vous craquerez pour lui.

Et ça me donne toutes sortes d’idées…

Moi, Maru, Chat Enrobé, par Mugumogu. Paris, Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, octobre 2012. 21,0 x 19,0 x 1,3 cm, 192 pg., 19,90 € / $33.95 Can. ISBN: 978-2-3501-3364-5. Recommandé pour tous.

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

I am Maru © 2009, Tokimeki publishing Co. Ltd. © 2009, Mugumogu, all rights reserved. © Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, 2012 pour l’édition française.

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Le maléfice de l’améthyste

yoko26fr“De retour en Écosse, Yoko et Emilia reçoivent une étrange visite. Un notaire vient leur annoncer que l’arrière-grand-tante d’Emilia lui a légué son cottage… pour la remercier de lui avoir sauvé la vie en 1935 ! Intriguées, les deux amies se rendent sur place pour y trouver le fiancé de l’arrière-grand-tante qui leur explique son histoire. En 1934, il a inventé une machine à remonter le temps et l’a utilisée pour voyager dans le futur afin d’y trouver un médicament contre la tuberculose, mal dont se meurt sa promise. Mais resté coincé au XXIe siècle, il lui a fallu du temps pour réparer sa machine et, trop vieux pour faire le voyage-retour, il demande à Yoko et à Emilia de porter le remède dans le passé. Les deux amies n’ont pas le temps d’hésiter: piégées, elles se retrouvent dans les années 30 où elles auront affaire à des comploteurs russes et une étrange pierre précieuse au pouvoir maléfique.”

[ Texte du site de l’éditeur; voir couverture arrière ]

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Éléments de fantasy chez Apulée

On me reproche parfois de commenter des ouvrages avec retard. Dans ce cas-ci je dois bien battre tout les records puisque ce roman a été écrit et publié pour la première fois il y a près de dix-huit-cent ans! Toutefois son caractère exceptionnel m’empêche de le passer sous silence.
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Les Métamorphoses ou l’Âne d’or (Metamorphoseon / Asinus aureus) a été écrit par Apulée (125-180) au IIe siècle et raconte les tribulations de Lucius. Celui-ci est de bonne condition: il vit avec aisance et le fait qu’il voyage en Thessalie pour affaires en compagnie de son cheval et d’un esclave le démontre bien. Sa trop grande curiosité à l’égard de la magie mettra cependant fin à sa bonne fortune. Il se verra plongé dans une honteuse déchéance lorsque, document.write(“”); transformé en âne, il vivra de multiples mésaventures à la recherche de sa forme originelle. Ce n’est qu’après ces nombreuses aventures, certaines heureuses mais la plupart malheureuses, où il change souvent de propriétaire et échappe sans cesse au trépas, que Lucius redeviendra un homme, non sans avoir subit une profonde transformation.

Les métamorphoses est non seulement un excellent ouvrage qui rend bien compte de l’imaginaire romain mais il se lit avec aisance et est d’une modernité étonnante tant dans la clarté de son action, le réalisme de ses descriptions ou l’absence de fausse pudeur dans ses scènes érotiques (c’est le cas aussi pour le seul autre roman de l’antiquité à nous être parvenu: le Satyricon de Pétrone). Il est toutefois surprenant de constater que l’on retrouve dès l’antiquité, dans ce roman d’Apulée, des thématiques typiques du merveilleux. Roman satirique ou conte fabuleux, Les Métamorphoses est donc une histoire de fantasy avant la lettre.

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La thématique la plus constante dans le roman d’Apulée est celle de la magie (ou sorcellerie) que l’on retrouve plus particulièrement sous ses aspects d’altération (la sorcière se changeant elle-même, ou une autre personne, en animal), d’enchantement ou de divination. Elle concurrence sérieusement la thématique plus classique de l’intervention divine, qui n’apparait d’ailleurs que dans les fables insérées dans le récit. À part ces quelques réminiscences de la mythologie classique, la tradition populaire est nettement dominante. Il faut croire que le folklore des campagnes n’a guère changé en deux-mille ans.

D’autres thématiques typiques de la fantasy sont également présentent, comme celle du “bestiaire” surnaturel. Orcus, un dieu mineur des morts chez les romains (et un célèbre démon dans Dungeons & Dragons) est mentionné une demi-douzaine de fois. Il est question de divers types de fantômes: les lémures (des âmes sans corps), les lares (démons protecteurs), les larves (damnés errants) et les mânes (morts de condition incertaines). On y voit aussi une sorte de loups-garou: les versipelles (des hommes qui peuvent se changer en bêtes à volonté). Et des dragons apparaissent à plusieurs reprises dans le récit: les soeurs de Psyché imaginent son invisible amant comme un reptile monstrueux, la source du Styx où Psyché doit puiser une eau sombre pour Vénus est défendue par des dragons dotés de mâchoires aux dents cruelles et d’une langue à triple fourche (VI, XV, 5: inter genas saevientium dentium et trisulca vibramina draconum), un compagnon de voyage de Lucius est dévoré par le dragon monstrueux qui est le gardien d’un bois, et Lucius, lors de son initiation isiaque, porte une robe ornée de figures de dragons de l’Inde et de griffons hyperboréens.

On rencontre souvent dans le récit des personnages ou des lieux dotés d’attributs fabuleux ou magiques: des gens qui peuvent parler aux plantes, aux animaux ou même aux objets inanimés; des palais somptueux emplis de serviteurs invisibles et où les tables demeurent toujours garnies (le palais de Cupidon); et l’existence de lieux “autres” tels que l’Enfer, le Tartare, l’Olympe, et même le palais de Cupidon est situé dans un “ailleurs” où l’on est transporté par le vent Zéphir (la mythologie semble généralement laisser croire que cet “ailleurs” est géographique — l’Olympe dans le ciel et l’Enfer dans le sol — mais par moment on semble y déceler une notion primitive de plan dimensionnel).

Plus que la thématique, la structure même du récit d’Apulée l’apparente au roman de fantasy. Les Métamorphoses offre un aspect féerique du fait que la narration principale est régulièrement interrompue par le récit de divers contes, fables ou légendes, ce qui n’est pas sans rappeler les Mille et une nuits, écrit au Moyen-âge, ou même Le seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien. Le récit est savamment entrecoupé de ces contes fabuleux: on y retrouve trois histoires racontant les exploits d’un groupe de brigands, trois histoires d’amour (Cupidon et Psyché, Plotina, Charité) et enfin le récit de trois adultères qui se terminent en crimes monstrueux. Le conte de Psyché est particulièrement connu: Vénus, jalouse de Psyché, charge son fils Cupidon (Eros) de l’éliminer mais celui-ci l’amène plutôt dans son palais en lui cachant sa véritable identité (ce conte s’apparente à un autre récit ancien: un jeune prince, changé en dragon par un maléfice, ne pouvait rejoindre sa bien-aimée qu’à la nuit tombante et à condition de lui demeurer invisible et qu’elle en conserve le secret).

De plus, le récit adopte aussi la forme d’une quête: c’est l’histoire typique du héros qui, confronté à une tâche ou à des épreuves, doit surmonter une série d’obstacles, ce qu’il ne réussit qu’après avoir mis à jour les faiblesses qui le rendaient vulnérable. Toutefois, Lucius n’est pas seulement à la recherche du bouquet de roses qui annulera le charme qui l’a transformé: il vit un véritable voyage initiatique et purificateur qui lui gagnera les faveurs de la déesse Isis. Celle-ci non seulement le délivrera de l’enchantement et le prendra sous sa protection divine mais, après lui avoir révélé les mystères de son culte, lui offrira une vie nouvelle au sein de son clergé. Cette transformation et son initiation au culte d’Isis lui offrent le salut éternel. Lucius voit donc son quotidien exploser, il vit des expériences totalement différentes de ce qu’il a connu jusqu’alors, qui le changent profondément et puis le font renaître (On note que les cultes initiatiques ou dit “à mystères” greco-romains avaient plusieurs aspects communs avec le Christianisme). Ce genre de quête initiatique est un élément propre à la fantasy.

Allégorie morale et religieuse sur la souffrance et le salut (quoique pleine d’humour), Les Métamorphoses me rappelle un peu, entre autres romans de fantasy, Le château de Lord Valentin de Robert Silverberg, où un prince déchu et amnésique retrouve son pouvoir (et bien plus) après une sorte de quête initiatique.

Ce roman, donc, non seulement nous instruit agréablement des moeurs et des croyances de la Rome antique, mais encore constitue un étonnant récit de fantasy. C’est une lecture pour les gens curieux. À lire (ou à relire).

Les Métamorphoses ou l’Âne d’or par Apulée. Traduit par Olivier Sers, Paris, Les Belles Lettres (Coll. Classiques en poche, #82), juin 2007. 10,8 x 17,8 cm, 576 pg., 19,30 € / $32.95 CDN. ISBN 978-2-251-79993-3. Edition bilingue (Français et latin).

Ceci n’est pas l’édition que j’ai consulté. Si je ne m’abuse j’ai lu celle de la Collection des Universités de France (dite “Collection Budé”), toujours aux Belles Lettres, en trois volumes (1940-45, multiples rééditions, traduit par P. Vallette, avec texte latin en regard). Mais l’édition ci-haut est plus intéressante et plus récente. Pour une édition plus abordable, je recommande soit celle de Folio Classique, soit l’édition anglaise de Penguin Classics. (Apparemment il en existe aussi une adaptation graphique, aux allures érotiques, par Milo Manara aux Humanoides Associés. C’est à voir!)

Vous pouvez également lire Les Métamorphoses en ligne soit sur le site de Remacle ou celui de la BCS (Bibliotheca Classica Selecta).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Ce billet est une version légèrement corrigée et augmentée d’un article paru dans Samizdat #11-12 (Avril 1988): 11-13.

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Le bain

“Oscar habite depuis peu au Japon avec ses parents. Aujourd’hui, document.write(“”); pour la première fois, sa maman et lui vont au bain japonais avec leur ami Motoyuki. Oscar n’est pas très rassuré: d’abord, il faut dire au revoir à maman qui part toute seule du côté des dames, et ensuite, dans les vestiaires, il faut se mettre tout nu devant tout le monde. Mais ce qu’il découvre ensuite est plutôt amusant: avant d’entrer dans l’eau, on se lave sur un banc jusqu’entre les orteils et on se rince en se versant une bassine sur la tête. Si le premier bain est beaucoup trop chaud, et le deuxième beaucoup trop froid, le bain rouge, qui sent si bon, est tout à fait du goût d’Oscar, et le jaccuzi aussi, avec ses bulles qui chatouillent. Mais tout ça donne terriblement envie de faire pipi. Oscar part bravement à la recherche des toilettes. Heureusement, le magnifique samouraï qui orne son peignoir lui donne du courage… Un album vivant et drôle, riche en détails — complété par un lexique illustré –, dans lequel le lecteur peut à la fois frémir et s’étonner avec Oscar, et découvrir ce qu’est un « yukata », des « geta » et, même, qui est Hokusaï…” [ Texte du site de l’éditeur ]
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Ce merveilleux album pour enfant offre de belles illustrations à l’aquarelle et est un excellent moyen d’initier de jeunes lecteurs à un aspect central de la culture japonaise: les bains publics. En treize illustrations de deux pages chacune, cet album nous raconte la première visite d’un jeune occidental aux bains publics japonais, présentant ainsi les différentes étapes, facettes ou coutumes de cette institution nippone: apparence extérieure, casier à chaussures, caisse & choix de yukata, séparation des sexes, nudité, salle de détente, on se lave avant d’entrer dans les bains, choix de bain froid, chaud ou parfumé, disposition des lieux, jaccuzi en bois, sauna & massage, salon de thé, etc. Le texte est court et simple, mais est complété par un lexique illustré. C’est agréable et facile à lire. J’adore!

Les bains (tant intérieurs [ sent? ] et extérieurs [ onsen ]) sont un élément tellement important de la culture japonaise qu’ils apparaissent souvent dans la littérature et le cinéma, ou même dans les anime et manga, que ce soit comme simple décor ou un aspect central du récit. C’est le cas dans le singulier Art du bain japonais ou dans Love Hina, NieA_7, Thermae Romae, ou Le Voyage de Chihiro (pour n’en nommer que quelques uns). Cet album réussi à bien les expliquer aux enfants.

Le bain, par Pascale Bougeault (texte et illustrations). Paris, l’école des loisirs, 2006. 29,8 x 26,6 x 0,8 cm, 32 pg., 12,70 € / $19.25 Can. ISBN: 978-2-2110-8571-7. Recommandé pour les enfants (5-7 ans).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Le Bain © 2006, l’école des loisirs, Paris.

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Mimes des courtisanes

En septembre dernier, document.write(“”); j’avais envie de lire du Lucien de Samosate (un peu nostalgique du temps de mes études en histoire romaine) et ne voulait surtout pas abimer ma merveilleuse édition de l’oeuvre complète de Lucien datant de 1664 (Amsterdam, chez Jean de Ravestein, traduction de N. Perrot) — sans compter que la lecture en vieux français finit par être pénible à la longue. Je me suis donc commandé quelques ouvrages en bibliothèques publiques. Je n’ai fini par ne lire que celui-ci. Toutefois, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que la bibliothèque d’Outremont (Robert-Bourassa) possédait dans sa réserve (et prêtait!) cette édition ancienne de 1927 encore en excellente condition!
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Lucien de Samosate (120-180) est un rhéteur et satiriste du 2e siècle. Originaire de la province romaine de Syrie (plus précisément, vous l’aurez deviné, de la ville de Samosate), il écrivait en grec. Il est connu, entre autre, pour avoir inventé la forme du dialogue humoristique et avoir contribué à développer l’esprit critique.

Dans Mimes des courtisanes, principalement connu sous le titre Dialogues de courtisanes, Lucien décrit, en une quinzaine de petits dialogues, les moeurs des courtisanes (c’est-à-dire des prostituées) et expose leurs défauts et artifices, d’une façon qui s’inspire de Ménandre et des anciens Comiques.

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Philippe Renault nous dit: “Les Dialogues de courtisanes énumèrent avec cocasserie divers types humains : la prostituée cupide, la jeune courtisane encore niaise, le « Don Juan », le jeune homme impatient mal surveillé par son précepteur, l’amant crotté, bref, tout une galerie de portraits peinte de manière très pittoresque”.

Les Dialogues de courtisanes comprend les dialogues de Glycère et Thaïs; Myrtium, Pamphile et Doris; Philinna et sa mère; Mélitta et Bacchis; Clonarium et Lééna; Crobyle et Corinne; Musarium et sa mère; Ampélis et Chrysis; Dorcas, Pannychis, Prilostrate, Polémon; Chélidonium et Drosé; Tryphéna et Charmide; Ioessa, Pythias et Lysias; Léonthicus, Chénidas et Hymnis; Dorion et Myrtale; Cochlis et Parthénis. Le premier de ces dialogues est le plus court:

GLYCÈRE. Ce soldat, Thaïs, cet Acharnien, qui entretenait autrefois Abrotonum, et qui fut ensuite mon amant, cet homme toujours habillé de pourpre et vêtu d’une chlamyde, le connais-tu ou bien l’as-tu oublié ?

THAÏS. Non, ma petite. Glycère. Je le connais bien. Il faisait ripaille avec nous, l’année dernière, le jour de la fête des Granges. Mais quoi ? Tu voulais, ce me semble, en dire quelque chose.

GLYCÈRE. Gorgone, cette coquine, que je croyais mon amie, l’a enjôlé et me l’a soufflé.

THAÏS. Ainsi, il n’est plus avec toi. Il a pris Gorgone pour maîtresse.

GLYCÈRE. Hélas ! oui, Thaïs, et cela me fait beaucoup de peine.

THAÏS. C’est un vilain trait, Glycère, mais tu devais t’y attendre. Nous avons l’habitude de nous jouer de pareils tours, nous les courtisanes. Il ne faut donc pas t’en affliger ni en vouloir à Gorgone. Abrotonum ne t’en a pas voulu, quand il l’a quittée jadis, et vous étiez amies.

Mais ce qui m’étonne c’est ce qu’il trouve de beau à Gorgone, ce soldat-là, à moins d’être aveugle et de ne pas voir qu’elle n’a presque plus de cheveux, et que ce qu’il en reste est fort éloigné du front. Ses lèvres sont pâles, livides comme celles d’un mort, son cou maigre, ses veines grosses, son nez long. Une seule chose, c’est qu’elle est grande et bien faite, et elle a un sourire tout à fait engageant.

GLYCÈRE. Tu crois donc, Thaïs, que l’Acharnien l’aime pour sa beauté ? Tu ne sais pas qu’elle est fille de la magicienne Chrysarium ? C’est une femme versée dans les charmes thessaliens. Elle fait descendre la lune sur la terre. Elle aura tout affolé cet homme, en lui faisant boire quelque philtre, et maintenant elle le gruge.

THAÏS. Eh bien, toi, Glycérette, tu en grugeras quelque autre. Dis bonjour à celui-là.

(Cette traduction par Eugène Talbot provient d’une édition de l’oeuvre complète de Lucien datant de 1912 et publiée chez Hachette)

Mimes des courtisanes est une édition rare et recherchée. Toutefois la traduction de Pierre Louys est controversée car il ne traduit pas très fidèlement et tend plutôt à adapter le texte assez librement. Ce n’est pas la plus connue des oeuvres de Lucien et elle est assez brève. C’est toutefois une lecture aisé et plutôt agréable.

J’aimerais bien lire plus de ses oeuvres, mais malheureusement ce n’est pas un auteur facile à trouver (ni en librairies, ni en bibliothèques). Toutefois, la majeur partie du corpus de Lucien est disponible en format ebook gratuit (sur iTunes store en anglais: vol. 1, vol. 2 et vol. 3) ou pas très cher, mais comme ceux-ci sont le résultat de scan rapide où la mise en page n’a pas été corrigée, la lecture en est un peu ennuyante et laborieuse. Le texte du Dialogues des courtisanes est cependant disponible en ligne, en français, sur le site de Philippe Remacle et al., “L’antiquité grecque et latine du moyen âge.” En fait, l’oeuvre entière de Lucien y est disponible en français. Ce genre de site est très utile pour les étudiants en études anciennes mais lire en ligne n’est pas toujours pratique (on peut certes le lire sur une tablette mais il faut avoir le wi-fi à porté de la main).

Parmi les textes les plus connu de Lucien on retrouve les Dialogues des dieux, les Dialogues des morts, Histoire véritable (une histoire de science-fiction traitant de voyage dans la lune et qui inspira sans doute les États et empires de la Lune de Cyrano de Bergerac) et, sans doute mon favori, Lucius ou l’âne (ce texte fut probablement le modèle d’Apulée pour l’Âne d’or ou Les métamorphoses [un roman de l’antiquité tout aussi significatif que le Satiricon de Pétrone], ou tout au moins a eut une source commune au texte d’Apulée, un contemporain numide; toutefois certains semblent croire que le texte attribué à Lucien serait plutôt un pastiche byzantin).

Mimes des courtisanes par Lucien [de Samosate]; [traduction de] Pierre Louys; avec quelques inédits. Paris, Montaigne, 1927. 180 p.

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

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Très Importante information syndicale

À l’intention des cols-blancs de la Ville de montréal : On me dit au SFMM que le délais pour envoyer son formulaire de choix sur la formule d’indexation du régime de retraite a été étendu jusqu’au vendredi 31 mai 2013!
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Voir le billet Petite information syndicale pour les détails et liens pertinents.

Thermae Romae

“Lucius Modestus, document.write(“”); architecte romain en panne d’inspiration, découvre un passage à travers le temps qui le fait émerger au XXIe siècle, dans un bain japonais !!! Entre stupeur et émerveillement, Lucius parviendra-t-il à mettre à profit cette fantastique découverte pour relancer sa carrière ?” [ Texte du site de l’éditeur ]
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Ce manga est une comédie fantastique (fantasque?) un peu loufoque et même parfois grossière. Ce ne serait qu’un manga moyen (bon parce qu’hilarant, mais sans plus) si ce n’était des prémices plutôt ingénieux de cette histoire. Toutefois, pour moi personnellement, ce manga est particulièrement intéressant et amusant car il allie mes plus grands amours: le Japon et la Rome Antique, l’histoire et le manga! Qui plus est, il met en scène des personnages historiques qui me sont chers: l’empereur
Hadrien, son successeur désigné Aelius Caesar, le jeune Lucius (fils d’Aelius et futur co-empereur Lucius Verus), le jeune Marcus (futur empereur Marc-Aurèle) et Antonin (Sénateur, futur empereur et père adoptif de Lucius et Marcus).

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Ici je dois avouer avoir passé un peu plus d’une demi-douzaine d’années à étudier l’histoire romaine à l’université. Je me suis intéressé à des sujets comme les loisirs à Rome, leurs possible rôle dans la démoralisation romaine et les éventuelles conséquences sur le déclin de l’empire. J’ai consacré mes thèses de maîtrise et de doctorat à la vita veri, la vie du co-empereur Lucius Verus au sein de l’Histoire Auguste, un corpus de biographies d’empereurs du IIe et IIIe siècle, vraisemblablement écrit au IVe siècle (je suggère de lire aussi la vita hadriani et la vita aeli pour plus d’information sur la période historique où se déroule ce manga). Sur ce genre de sujet je doit m’efforcer d’être bref car je pourrais sans doute en parler pendant des heures. Mais, bon, vous voyez pourquoi je trouve ce manga particulièrement intéressant et amusant.

Thermae Romae (les thermes, ou bains, romains en latin) n’est évidemment pas qu’une simple comédie. L’histoire est bien écrite et supportée par une recherche sérieuse du détail. Les dessins (particulièrement les visages et les arrières-plans) sont dans un style réaliste, ce qui est plutôt rare pour un manga (surtout pour une comédie). Chacun des chapitres est suivi de commentaires et de notes explicatives par l’auteur. Ce manga, en plus d’être un divertissement agréable, nous offre beaucoup d’information tant sur la culture japonaise que romaine (qui, étrangement, semblent comporter de nombreux points communs).


Thermae Romae, vol. 1, par Mari Yamazaki. Paris, Casterman (Coll. Sakka), Mars 2012. 13.2 x 18.0 x 1.4 cm, 186 pg., 7,95 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-2030-4909-3. Sens de lecture original japonais. Recommandé pour jeune adulte (14+).

“Les aventures thermales de Lucius se poursuivent sur les chapeaux de roue. Si l’humour est toujours aussi présent (un orgueilleux citoyen romain pris pour un dieu japonais de la fertilité suite à un malentendu, puis enfermé dans l’enclos aux crocodiles d’un parc d’attractions, ou encore terrifié mais excité par sa première glissade sur un tobogan aquatique) notre architecte semble être de plus en plus dépassé par les événements : devenir un proche de l’empereur, s’est s’attirer l’inimitié de gens puissants. Lucius va-t-il se retourver au centre d’un complot politique ?” [Texte du site de l’éditeur]

Thermae Romae (????????), écrit et illustré par Mari Yamazaki, a d’abord été prépublié par Enterbrain dans leur magazine mensuel de manga seinen Comic Beam (entre février 2008 et avril 2013) avant d’être compilé en six volumes (le premier est paru en novembre 2009 et le dernier paraîtra en juin 2013). La traduction française est publié par Casterman (Collection Sakka) depuis mars 2012 et les cinq premiers volumes sont déjà parus. La traduction anglaise est publiée par Yen Press (deux volumes de parus jusqu’à maintenant). Il a été honoré à deux reprises en 2010: le Prix Manga Taisho et le Prix culturel Osamu Tezuka pour une histoire courte.

Le second volume s’ouvre sur quatre planches en couleurs. Lucius Quintus Modestus est dévasté par la demande de divorce de Livia, sa femme. Il n’aurait peut-être pas dû passer trois ans à Jérusalem pour aider Hadrien. Son ami, le sculpteur Marcus, le réfère à une prêtresse dont les potions doivent surcharger sa virilité et il tente ainsi de regagner les faveurs de sa femmme. Mais celle-ci, croyant les rumeurs qu’il était l’amant d’Hadrien, s’est remarié et est enceinte! Il s’efforce donc de continuer son travail et doit trouver une façon d’expliquer à des barbares comment se comporter aux thermes (cela me rappelle d’ailleurs un album pour enfants que j’ai vu à la bibliothèque — mais cela est une autre histoire).

L’histoire suit son cours mais je dois avouer qu’après deux volumes les voyages dans le temps répétitifs de Lucius pour combler ses besoins d’innovation deviennent rapidement lassant. Heureusement l’auteur introduit quelques éléments nouveaux pour agrémenter le récit (la femme de Lucius ou les soldats d’origine barbare qui reçoivent la citoyenneté en remerciement de leurs service). Je trouve aussi intéressant qu’elle tente d’introduire un semblant d’intrigue politique, particulièrement en abordant la question de la succession d’Hadrien.


Thermae Romae, vol. 2, par Mari Yamazaki. Paris, Casterman (Coll. Sakka), Mars 2012. 13.2 x 18.1 x 1.8 cm, 202 pg., 7,95 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-2030-4910-9. Sens de lecture original japonais. Recommandé pour jeune adulte (14+).

“L’aventure spatio-temporelle continue pour notre cher architecte Lucius. Pris au piège par des sénateurs véreux, il retourne la situation à son avantage avec brio grâce à sa foi en la grandeur des Thermes ! Reconnu maintenant comme le nouvel architecte de l’Empire, les commandes affluent de tous côtés et c’est une nouvelle fois dans le Japon contemporain qu’il puise son inspiration et innove en construisant ici une ville thermale, là une baignoire individuelle en bois et là-bas des bains totalement divins !“ [ Texte du site de l’éditeur ]

Il est amusant de constater que Mari Yamazaki ne se destinait pas à une carrière de mangaka. Née à Tokyo en 1967, elle passe son enfance à Sapporo où sa mère, musicienne, est membre de l’orchestre symphonique. Après avoir voyagé en Europe, elle s’installe à Florence à dix-sept ans pour y étudier la peinture à l’École des Beaux-Arts. Après une décade passée en Italie, souvent dans des conditions difficiles, elle revient au Japon. Elle subvient à ses besoins par toutes sortes de petits travaux (animatrice télé, reporter, professeur d’italien à l’université, etc.). En 1997, uniquement dans l’espoir de remporter une bourse, elle participe à un concours organisé par Kodansha dans le but de recruter des dessinateurs débutants. C’est ainsi que commença sa carrière de mangaka. Après son mariage à un professeur de littérature comparée italien, elle voyage avec lui, au gré de son travail, en Égypte, en Syrie, au Portugal pour finalement s’établir à Chicago.

En s’inspirant surtout de ce quelle aime (l’Italie, l’histoire) et de son expérience personnelle (sa famille, ses voyages, son travail d’artiste) elle a publié depuis 2001 plus d’une douzaine de manga: M?retsu! Italia Kazoku (2006), Sore de wa Sassoku Buon Appetito! (2007), Rumi to Maya to Sono Sh?hen (2008, 2 vol.), Italia Kazoku F?rinkazan (2008), Sekai no Hate de mo Manga Egaku (2009, 2013; 3 vol.), Arabia Neko no Gorumu (2010, 2 vol.), Sweet Home Chicago (2010, 2013; 2 vol.), Jakomo Fosukari (2011), etc. Son manga le plus populaire est sans conteste Thermae Romae. Un seul autre titre a, jusqu’à maintenant, été traduit en français: Pil (Casterman, Coll. Écritures, avril 2013). Son plus récent ouvrage est une version illustrée de la biographie de Steve Jobs par Walter Isaacson prépubliée dans Kiss, un magazine josei bimensuel publié par Kodansha (extrait du manga).

Il est a noter que la biographie de Yamazaki publiée dans les volumes de Thermae Romae (et sur le site de Casterman) comporte une erreur importante: son mari n’est pas le potier italien rencontré à la gare de Bruxelles et qui l’invite à venir étudier en Italie en 1984 mais le petit-fils de celui-ci. On omet aussi de mentionner que le père de son fils n’est pas le petit-fils du potier mais un poète italien rencontré lors de son premier voyage en Italie (même la biographie sur wikipedia se trompe sur ce sujet; l’information a été confirmé sur le site officiel de Mari Yamazaki).

Dans le troisième volume de Thermae Romae, Lucius Modestus doit d’abord déjouer un complot que le sénat ourdit contre sa personne (j’aime bien l’idée que les brigands soit les descendants des survivants de l’éruption du Vésuve en 79), trouver un façon de garder Aelius bien au chaud lors de sa campagne en Pannonie et, finalement, reçoit d’un affranchi la commande pour construire des bains tape-à-l’oeil. La rencontre avec un jeune architecte japonais qui doit faire face à une demande similaire l’inspirera. Yamazaki réussi à éviter l’essoufflement de son récit en amenant Lucius à découvrir un peu plus de la culture japonaise. En comparant le deux cultures, elle suscite une réflexion sur l’expérience de découvrir une culture différente (ce qu’elle a elle même vécu en voyageant en Europe) et sur la perception que l’Occident a de la culture nippone.


Thermae Romae, vol. 3, par Mari Yamazaki. Paris, Casterman (Coll. Sakka), Juin 2012. 13.0 x 17.9 x 1.5 cm, 194 pg., 7,95 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-2030-5082-2. Sens de lecture original japonais. Recommandé pour jeune adulte (14+).

“Rome est au plus mal. Aelius Caesar, le successeur annoncé d’Hadrien, vient de rendre son dernier soupir… Et pour couronner le tout, Lucius se retrouve une nouvelle fois transporté dans le temps pile au moment où l’empereur lui confie une mission capitale pour le maintien de la Pax Romana ! À son arrivée, stupéfaction ! Lucius, croit voir la déesse de la lune en personne se dresser devant lui ! Qui est cette jeune femme et pourquoi sera-t-elle un atout fondamental pour Lucius ? Notre architecte n’est pas au bout de ses surprises, d’autant qu’il semble désormais « coincé » chez les visages plats… De quoi faire pléthore de découvertes !” [ Texte du site de l’éditeur ]

Le succès de Thermae Romae est sans aucun doute lié aux prémices ingénieux de l’histoire, son humour et à sa capacité de nous faire découvrir la culture romaine tout en suscitant une réflexion sur celle du Japon moderne. Je crois toutefois qu’une bonne part de ce succès est également due au style réaliste du manga. Cela, bien sûr, tient au fait que Yamazaki a reçu une formation artistique classique. Son style plus réaliste est parfait pour dépeindre tant les détails de la Rome antique (architecture, statuaire) que les visages occidentaux des romains et se démarque ainsi du style stéréotypé que l’on rencontre habituellement dans le manga.

Avec le quatrième volume, le manga prends une direction différente qui brise le cycle des aller-retours temporels de Lucius et donne un nouveau souffle au récit. Suite au décès d’Aelius, Lucius se voit confier une mission capitale pour assurer la succession d’Hadrien: la rénovation des bains de Baïes en Campanie. Mais en pleine conversation avec Hadrien, il disparait à nouveau et se retrouve cette fois coincé au Japon. Il fait la rencontre de la brillante Satsuki Odate, une geisha de station thermale très éduquée qui s’intéresse à la Rome antique et sait parler latin! Le fait d’avoir une interprète va permettre à Lucius de découvrir encore plus d’aspects de la culture japonaise moderne (dont l’électricité). Il fait également la rencontre avec la jument Hanako. Autant de raisons qui rendent son retour difficile!

Thermae Romae, vol. 4, par Mari Yamazaki. Paris, Casterman (Coll. Sakka), Octobre 2012. 13.4 x 18.2 x 1.7 cm, 194 pg., 7,95 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-2030-6040-1. Sens de lecture original japonais. Recommandé pour jeune adulte (14+).


“Grâce à la jolie Satsuki, Lucius continue d’approfondir ses connaissances des stations thermales japonaises, l’occasion pour les deux tourtereaux de passer du temps ensemble. Entre deux leçons particulières, Lucius se frottera à la pègre locale et fera la connaissance du grand-père de Satsuki qui lui fera découvrir la médecine traditionnelle japonaise. De retour à Rome pour un bref instant, Lucius apprend que l’état de santé de l’empereur Hadrien s’est encore dégradé, au point que celui-ci a perdu tout espoir. Hélas, Lucius ne contrôle pas ses voyages spatio-temporels et le voila à nouveau arraché à la Rome antique ! Quand pourra-t-il venir au chevet d’Hadrien pour le faire bénéficier de ses découvertes médicales ?” [ Texte du site de l’éditeur ]

Dans le cinquième volume il est moins question de bains romains que de différents petits aspects de la culture romaine: comment on montait à cheval, les massages thérapeutiques, l’importance de restaurer les anciennes constructions au lieu de les reconstruire (les vieux bâtiments personnifient le passé, la culture et prennent de la valeur, une certaine patine, avec le temps) ou le fait que le suicide n’était pas un tabou dans l’antiquité. Le récit se diversifie, donc, et la relation entre Lucius et Satsuki s’étoffe. La présentation du voyage dans le temps et l’espace (qui demeure toujours inexpliqué) se raffine: lorsqu’il disparait en pleine conversation avec Marcus dans les bains de Baïes, son corps devient transparent avant de s’effacer. Son attachement à la jeune femme, à la station thermale d’It?, sa volonté de la protégé des “brigands” de yakusa, l’empêche de rester à son époque afin de restaurer la station thermale de Baïes et de voir à la santé d’Hadrien. Il lui reste certainement quelques choses à faire ou a apprendre au Japon… Le volume se termine sur un suspense et nous fait languir pour le prochain et dernier tome! Un très bon manga!

Thermae Romae, vol. 5, par Mari Yamazaki. Paris, Casterman (Coll. Sakka), Janvier 2013. 13.4 x 18.2 x 1.6 cm, 194 pg., 7,95 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-2030-6206-1. Sens de lecture original japonais. Recommandé pour jeune adulte (14+).


Le volume six, qui doit sortir très bientôt au Japon, paraîtra sans doute en français d’ici la fin de l’été 2013 (Amazon l’annonce pour juillet). Je le commenterai sans doute à ce moment-là.

Thermae Romae a été adapté en une courte série d’animation (six épisodes d’une quinzaine de minutes chacun) ainsi qu’en un film long-métrage que nous commenterons dans un billet séparé (en anglais).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Thermae Romae © 2009-2013 Mari Yamazaki. © Casterman 2012-2013 pour la présente édition française.

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Les vacances de Jésus et Bouddha !

Alors que je regardais l’émission Imagine-nation sur NHK World mardi dernier (le 21 mai, document.write(“”); vers l’heure du souper) j’ai fait la découverte d’un nouveau manga présenté par l’émission. Il s’agit de Sei Onii-san (??????? / Saint Young Men) dont le titre français est Les vacances de Jésus et Bouddha. L’auteur est Hikaru NAKAMURA. Ce n’est rien de bien récent (huit volumes parus au Japon depuis janvier 2008 et cinq volumes déjà disponibles en français chez Kurokawa depuis mars 2011 — le vol. 5 étant parus en mars 2013) mais ça a l’air tellement drôle que je crois que ça vaut la peine d’y jeter un coup d’oeil. Je me suis donc réservé le premier volume à la bibliothèque municipale.
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Sur le site de l’éditeur français on décrit l’histoire comme suit: “Après avoir oeuvré au bonheur de l’humanité pendant 2000 ans, les deux amis décident de prendre quelques vacances en louant un petit appartement sur Terre. Ils vont découvrir un mode de vie bien éloigné du paradis et vous offrir un regard inédit sur notre quotidien. Vous apprendrez ce que ressent Jésus quand on le prend pour Johnny Depp, ou ce que pense Bouddha de ces statues à son effigie, qui ont tant de succès dans les magazines de décoration.” Ça me rappelle vaguement les prémices du Satirycon de Pétrone. Pas super original mais sûrement hilarant.

Hikaru NAKAMURA est une jeune mangaka qui ne semble avoir publié qu’un seul autre manga: ?????? ? ???? (Arakawa Under the Bridge) une comédie romantique prépublié dans Young Gangan, compilée en treize volumes (jusqu’à maintenant) et qui a été adapté au cinéma. Si Sei Onii-san est de retour dans l’actualité nippone c’est qu’un film d’animation vient tout juste de sortir dans les salles japonaises (scénario de Rika NEZU et réalisation de Noriko TAKAO). En voici la bande-annonce sur Youtube:


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Importante information syndicale

Je rappelle à tout les cols-blancs de la Ville de Montréal (mais principalement à mes collègues aides-bibliothécaires) que le formulaire de choix sur la formule d’indexation du régime de retraite doit être envoyé et reçu au BRRM avant le 24 mai 2013 et que ce choix est irrévocable!
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Petite information syndicale pour les détails et liens pertinents.

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