Monnaies anciennes 8

As de Titus (césar)

Je vous présente maintenant des pièces de monnaie de l’Empire Romain proprement dit, où les pièces étaient généralement frappées à l’effigie de l’empereur au pouvoir. Je n’ai que très peu de pièces frappées sous la dynastie des Julio-Claudiens (d’Auguste à Néron) parce qu’elles sont plus en demande et donc plus chère, ce qui fait que les miennes ne sont pas en très bon état (mais j’y reviendrais possiblement plus tard). Je passe donc à la dynastie suivante: les Flaviens (Vespasien, Titus et Domitien). Ici, il s’agit de Titus alors qu’il était césar (second et successeur présumé) sous son père Vespasien qui a été empereur du 22 décembre 69 au 23 juin 79 EC.

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Type:

Empire Romain

Époque:

Vespasien (69-79 EC)

Figure: 

Titus (caesar)

Règne: 

24 juin 79 – 13 sept 81

Frappe: 

Rome

Datation: 

1 janvier – 1 juillet 72

Nature: 

As

Métal: Ae (bronze) ? Laiton ?

Qualité: G

Taille: 

26 mm

Poids: 

10.072 g

Avers

     

Inscription:

T CAES VESPASIAN IMP P TR P COS II

Description:

Tête laurée, à droite

Revers

     

Inscription:

AE-QVITAS-AVGVSTI / S.C. [dans le champs]

Description:

Aequitas debout à gauche, tenant une balance et un long sceptre

Notes:

Payé ±$10.75 (1985/11/18)

 

Voir fiche

Réf.: 

C-6, RIC 618, BMC 825d

RIC II: 415

Sear RCV (83): 737

Pour cette pièce, toute l’information pertinente se retrouve dans la nomenclature et la titulature de l’avers qui sont heureusement bien lisible: T[ITVS] CÆS[AR] VESPASIAN[VS] IMP[ERATOR] P[ONTIFEX] TR[IBVNICIÆ] P[OTESTATIS] CO[N]S[VL] II.

Pour la nomenclature il faut faire attention car elle ressemble beaucoup à celle de son père [IMPERATOR TITVS FLAVIVS VESPASIANVS AVGVSTVS]. La subtilité est dans l’ordre où il reçoit ses titres: ils n’ont pas eut les même titre en même temps (la titulature de Vespasien commence avec le IMP) alors l’identification de la pièce se fait par la concordance entre les titres et la datation…

Titus a reçu le titre de caesar lorsque son père est devenu empereur en 69 EC. Puis il reçoit le titre d’Imperator après avoir reconquit Jérusalem en 70. Il reçoit la puissance tribunicienne pour la première fois en 71 (renouvelable le 1er juillet) et le titre de Consul pour la seconde fois en janvier 72. La pièce a été frappée avant qu’il reçoive la puissance tribunicienne pour la seconde fois au début juillet 72, donc elle date entre le 1er janvier et le 1er juillet 72. À noter que le titre de pontifex (“qui fait le pont” en latin — littéralement, puisque les pontifes entretiennent le pont Sublicius à Rome, mais aussi figurativement, car ils sont intermédiaires entre le profane et le sacré) est une fonction religieuse (c’est une une sorte de prêtre et de jurisconsulte).

Le revers illustre une Aequitas, déesse de l’équité (par extension aussi du commerce). Elle tient une balance (symbole de justice) et une hasta pura (lance sans fer ou pointe décernée à un soldat en signe de valeur). L’inscription Aequitas Avgvsti (“équité des empereurs”) fait référence à la vertu (équité, avoir le courage d’être juste) dont font preuve l’empereur et son successeur. Dans le champs, de par et d’autre, on retrouve les initiales S.C. pour Senatus Consulto, “avec la permission du Sénat.”

La dénomination de cette pièce est un As (de “æs” qui veut simplement dire métal non-précieux en latin, c’est-à-dire le cuivre ou le bronze). L’as valait un seizième de denier (en argent), un quart de sesterce (en orichalquelaiton, avec un poids de 25 g), et un demi dupondius (en laiton, environ 12.5 g). L’as était lui généralement frappé en bronze (mais aussi parfois en cuivre ou en laiton) et pesait environ 11 g. Si on ne fait pas attention on peut le confondre parfois avec le dupondius car les deux ont à peu près la même taille (26-28 mm) mais le dupondius est légèrement plus épais et donc plus lourd. Aussi la tête de l’empereur est radiée (portant une couronne radiée) sur le dupondius et laurée (portant une couronne de lauriers) sur l’as. L’as cesse d’être produit sous la dynastie des Antonins (au IIe siècle EC).

C’est une pièce qui n’a pas beaucoup d’intérêt en soi mais qui a une valeur sentimentale pour moi car j’aime bien Titus. Je l’ai étudié à l’université (“Pouvoir et religion sous le principat de Titus”) et son court règne est riche en événements. En effet, avec son père il a construit l’amphithéâtre Flavien (ou Colosseum) sur le site de la domus aurea de Néron et il en organise les très fastes jeux inauguraux en 80. Il mène aussi campagne durant la première guerre judéo-romaine pour mettre fin à la révolte en Judée (il fait le siège de Jérusalem en 70, de Massada, détruit le temple d’Hérode et revient triomphant à Rome avec un riche butin). Finalement, c’est durant son règne en août (ou octobre?) 79 que le Vésuve fait éruption et ensevelie les villes de Pompéi et d’Herculanum. Il a été éduqué à la cour de Claude, auprès de Britannicus, et a suivit le cursus honorum: il est tribun militaire en 57, puis légat de la Legio XV Apollinaris auprès de son père en 67. Durant son principat (caesar), il avait la réputation d’être débauché et cruel, mais tout cela est oublié lorsqu’il devient empereur en 79 et il est perçu par l’Histoire comme un bon administrateur, respectueux des traditions. Il meurt de la peste en septembre 81. C’est ma seule pièce de Titus.

Description en anglais:

Obv: Head of Titus, laureate, right

Rev: Aequitas, draped, standing left, holding scales in right hand and long vertical rod (pertica) or sceptre (hasta pura) in left

Sources: 

Forum Ancient Coins, numismatics, wildwinds, coinproject (Dup), coinproject (As), acsearch

Forum Ancient Coins: Aequitas Augusti, Aequitas, Hasta Pura, Senatus Consulto

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Monnaies anciennes 7

Pièce Grecque impériale de Quadratus

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Type: 

Monnaie provinciale (Grecque Impériale)

Époque: 

Sous le règne de Néron (54-68 EC) et la  gouvernance de Quadratus (50-60 EC)

Frappe: 

Antioche

Datation: 

55-56 EC

Nature: 

AE 18

Métal: AE (bronze)

Qualité: F

Taille: 

19 x 21 mm

Poids: 

5.577 g

Obverse

     

Inscription:

𝝖𝝢𝝩𝝞𝝤𝝬𝝚𝝮𝝢 (par devant)

Description:

Tête de la ville-déesse d’Antioche (Tyche), voilée et couronnée d’une tourelle, à droite

Reverse

     

Inscription:

𝝚𝝥𝝞.𝞙𝞞𝞤𝞐𝝙𝝦𝝖𝝩𝝤𝝪 / 𝝚𝝩.𝝙𝝦 (en exergue)

Description:

Bélier sautant à droite, regardant en arrière, avec une étoile dans un croissant au-dessus

Notes:

Payé ± $10.75 (1985/11/18)

 

Voir fiche

Réf.: 

BMC 20, 160, 70

 

Sear GICV 5187

Je vous présente ici un intéressant exemple de monnaie romaine provinciale — celles des provinces grecques sont connues comme des pièces “grecques impériales.” Cette pièce-ci porte des inscriptions très claires, en grec, qui en facilitent d’autant l’identification et la datation. Sur l’avers on retrouve le nom de la ville d’Antioche (𝝖𝝢𝝩𝝞𝝤𝝬𝝚𝝮𝝢 = Antiochia ad Orontem  / Antioche-sur-l’Oronte), capitale de la province de Syrie, ce qui nous indique le lieu où la pièce a été frappé. Les inscriptions sur le revers nous indiquent qu’elle a été frappé par  G. Ummidius Durmius Quadratus (𝝚𝝥𝝞.𝞙𝞞𝞤𝞐𝝙𝝦𝝖𝝩𝝤𝝪 / Επι κουαδρατου / Epi kouadratou / “sous Qvadratvs”) qui a été légat et gouverneur de Syrie en 51-60 EC, durant le règne de Néron (54-68 EC). En exergue, la pièce comporte également une datation très précise.

David Sear (Sear GICV, p. xxv) nous apprends que “La pratique consistant à placer la date sur les pièces de monnaie n’est devenue courante qu’à l’époque hellénistique. (…) L’essentiel des pièces datées (…) de la série grecque impériale est selon une époque (…). Les chiffres de date sont parfois précédés du mot ETOYΣ qui peut être abrégé en ET (…).” ETOYΣ (έτος) veut simplement dire “année”. Antioche utilisait un système de datation selon l’ère Césarienne. Tom Buijtendorp nous explique que celle-ci “se référait au moment où Antioche a été faite une ville autonome par Jules César après avoir vaincu Pompée lors de la bataille de Pharsale à l’été 48  [fin juin ou début août] avant notre ère.” Dans ce système, chaque lettre grecque se voit assignée une valeur. 

Ainsi 𝝚𝝩.𝝙𝝦 se traduit par “ETOYΣ (année) 104” (où 𝝙 = 4 et 𝝦 = 100). Si l’on fait le calcul (104 + -48 [début de l’ère Césarienne] = 56), cette pièce a donc été frappé en 55 ou 56  EC (l’ère Césarienne ayant commencée au milieu de l’année, en juin ou en août, elle s’étends donc partiellement sur deux ans de calendrier).

Alors que SEAR classe cette pièce simplement dans les petites dénominations (AE 18, i.e. une pièce de métal non-précieux [aes, alliage de cuivre, généralement du bronze] d’environ 18 mm), l’une des sources l’identifie plutôt comme un Trichalkon (valant trois chalques ou 3/8 d’obole). 

Ce qui rend cette pièce fascinante ce n’est pas seulement sa datation précise mais surtout le fait que l’avers semble illustrer un événement astronomique très précis. Une étoile (ou une planète) aurait été occulté par le passage de la lune alors qu’elle transitait dans la constellation du bélier ! L’astronome Michael Molnar est persuadé que cette illustration représente l’occultation de Jupiter dans le Bélier en l’an 6 AEC, un événement astronomique et astrologique qui aurait fort probablement constitué selon lui la fameuse “Étoile de Bethléem” à laquelle la Bible fait référence dans l’Évangile selon Matthieu alors qu’une “étoile” aurait guidé des mages vers le lieu de naissance de Jésus (Bethléem). 

J’ai déjà identifié mes monnaies il y a longtemps et compilé les informations sur mes fameuses fiches, mais je trouve très intéressant (et amusant!) de vérifier ces informations à l’aide de l’internet et surtout de vous les expliquer le plus clairement possible. J’espère un peu vous intéresser non seulement aux monnaies mais surtout à l’histoire de l’antiquité… Comme je l’ai déjà dit, l’étude de chaque pièce est une occasion d’acquérir un nouveau savoir…

Description en anglais:

Obv: 𝝖𝝢𝝩𝝞𝝤𝝬𝝚𝝮𝝢 before veiled and turreted head of city-goddess, r.

Rev: Ram leaping to right, head turned to look back; above, star within crescent

Sources: 

BUIJTENDORP, Tom. “Coin evidence concerning the Caesarean and Actian Eras” on Forum for Ancient Coins.

SEAR, David R. Greek Imperial Coins and their Values; The local Coinages of the Roman Empire. London: Seaby, 1982. 634 p. ISBN 0-900652-59-4. [Sear GICV] [AmazonGoodreads • WorldCat]

CoinArchive, BeastCoins, Roman Provincial Coinage online.

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Monnaies anciennes 6

Denarius Impératorial de Marc Antoine

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Type: 

Impératoriale (Triumvirat)

Époque: 

43-31 AEC

Frappe: 

Officine orientale

Datation: 

Automne 32 – printemps 31 AEC

Nature: 

Denarius légionnaire

Métal: AR (Argent)

Qualité: F

Taille: 

16-17 mm

Poids: 

3.20 g

Obverse

     

Inscription:

ANT AVG / III VIR RPC

Description:

Galère prétorienne, à dr.

Reverse

     

Inscription:

LEG V

Description:

Aigle, à dr., entre deux enseignes

Notes:

Payé 650 FF (±$130)

 

Voir fiche

Réf.: 

RRC 544/18, CRR 1221, 

CRI 354, RSC 32

RCV (83): 343-346; RCV (2004): 414-415

On retrouve ici une autre pièce de monnaie de la République Romaine mais cette fois de l’époque dite “Impératoriale”, c’est-à-dire sous les triumvirats et durant les guerres civiles. Le denier légionnaire était un monnayage de guerre frappée en grande quantité (entre 25 et 35 millions de pièces !) — et contenant souvent un alliage d’argent plus pauvre qu’à l’habitude — pour payer les légions. Dans ce cas particulier, celle de Marc Antoine qui se sont battues à Actium (Grèce) où Octave a vaincu Antoine et Cléopâtre VII en 31 AEC. On croit que l’atelier monétaire était soit établit à Patras (en Achaïe) ou soit voyageait avec l’armée de Marc Antoine en Grèce. Les inscriptions nous montrent un Marc Antoine investit de l’Imperium (pouvoir de commandement) et Triumvir (il s’agit bien sûr du second triumvirat qui incluait Marc Antoine, Lépide et Octave — le premier triumvirat avait inclus César, Crassus et Pompée).

L’inscription Ant(onius) Aug(urus) démontre que Marc Antoine désirait souligner son association avec César qui avait été augure — une sorte de prêtre.

L’inscription Tresvir(i) R(ei) P(ublicae) C(onstituendae) [Triumvir pour la réorganisation de la République] souligne son appartenance légitime au triumvirat, qui avait été constitué par la Lex Titia en 43 pour diriger l’état de façon collégiale.

Sur l’avers, on retrouve la représentation d’une galère romaine, ce qui est fort approprié puisque plusieurs des batailles de la dernière guerre civile de la République romaine, opposant Antoine et Octave, furent des batailles navales.

L’inscription “LEG V” indique que cette pièce a été frappée pour payer la cinquième légion appelée Legio V Alaudae (alouette en gaulois). Cette légion a été créée en Gaule Cisalpine par Jules César en 52 AEC. Son nom fait référence aux ailes d’alouettes qui paraient les casques gaulois. Elle est entrée en action pour la première fois au siège d’Alesia, contre Vercingetorix. Après la mort de César et le début des guerres civiles, la légion prit le parti de Marc Antoine.

Sur le revers, on retrouve la représentation de l’aigle romaine (aquila) qui est l’emblème des légions romaines. C’était un symbole important et très respecté. Cette dernière est flanquée par deux étendards romains (signum manipuli) qui représentaient chacune des unités de la légion (manipule ou, plus tard, centurie) et jouait un rôle important dans l’organisation de la légion. Wikipedia les décrit ainsi: “Il se composait d’un poteau surmonté soit d’une paume ouverte de main humaine, soit d’une tête de lance. La paume ouverte, a-t-on suggéré, était à l’origine un symbole de la manipule (manipulus = “une poignée“), la plus petite unité tactique de l’armée romaine de la mi-République. Les mâts étaient ornés de deux à six disques en argent (dont la signification est incertaine). De plus, le mât serait orné d’une variété de traverses (y compris, en bas, un symbole de croissant de lune et un pompon). Il  porterait également normalement une barre transversale avec des pompons.” 

C’est une pièce relativement commune mais que j’adore de par son association avec Marc Antoine et l’événement particulier de la bataille d’Actium. Elle est superbe et fascinante !

Description en anglais:

Obv: war galley under twelve oars right with triple ram prow and scepter tied with fillet

Rev: aquila (legionary eagle) right between two signa (legionary standards)

Sources: 

“The Legionary Denarius of Mark Antony”, vcoins, vcoins, CoinArchives, coinproject, Wildwinds, acsearch, Imperial Roman NZ, RCV (83): 343-346, RCV (2004): 414-415.

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Monnaies anciennes 5

Denarius républicain de P. CLODIVS

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Type: 

République Romaine

Époque: 

509 – 27 AEC

Frappe: 

Rome

Datation: 

c. 42-41 AEC

Nature: 

Denarius

Métal: AR (Argent)

Qualité: VG / F

Taille: 

18-19 mm

Poids: 

3.794 g

Obverse

     

Inscription:

Aucune

Description:

Tête laurée d’Apollon à droite, une lyre derrière

Reverse

     

Inscription:

À d.: P CLODIVS (descendant), à g.: M. F. (descendant)

Description:

Diane Lucifer debout de face, avec un arc et un carquois sur l’épaule, tenant deux longues torches allumées dans chaque main

Notes:

Payé $45

Voir fiche

 

Réf.: 

RRC 494/23; Syd. CRR 1117

 

RCV(83) 294; RCV(2004) 328

Comme pour les pièces de M. CIPI et de L LVCRETIVS TRIO, celle-ci est également une pièce républicaine cette fois frappée par le magistrat monnayeur (triumvir monétaire — d’où la titulature “M.F.” ?) P CLODIVS qui nous est inconnu sinon qu’il a tenu cet office en 42 AEC (une source le cite comme étant P. Clodius M.f. Turrinus). Comme pour les pièces précédentes, la datation a changée avec les années puisque SEAR date la pièce en 41 AEC dans son édition de 1983, puis en 42 AEC dans les éditions plus récentes.

Description en anglais:

Obv: Laureate head of Apollo, r.; lyre behind

Rev: Diana Lucifera std facing, with bow and quiver over shoulder, holding two long lit torches in each hand. On r., P CLODIVS (downward); on l., M.F. (downward)

Sources: 

En plus des même références citées pour la pièce de M CIPI, j’ai aussi consulté les liens suivants: vcoins, vcoins, MFA Boston, CoinArchive, Littletoncoin.

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Monnaies anciennes 4

Denarius fourré de L. Lucretius Trio

Surprise ! Je vous présente une autre pièce de monnaie romaine cette semaine !

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Type: 

République Romaine

Époque: 

509 – 27 AEC

Frappe: 

Rome

Datation: 

c. 76 AEC

Nature: 

Denarius fourrée

Métal: coeur de bronze (Ae) recouvert d’argent (Ar)

Qualité: G

Taille: 

18 mm

Poids: 

2.837 g

Obverse

     

Inscription:

(Aucune apparente mais devrait comporter un chiffre) 

Description:

Tête de Neptune laurée, à droite (avec un trident derrière la tête, à peine visible)

Reverse

     

Inscription:

L LVCRETI / TRIO (en dessous)

Description:

Génie ailé (Palæmon ?; Cupidon ?), sur un dauphin, à droite

Notes:

Acheté à Londres 5 £ (1986/02/05)

 

Pièce d’argent fourrée, avec noyau apparent sur l’avers; entaille verticale sur revers.

Réf.: 

Syd. CRR: 784; RCC: 390/2; RSC Lucretia 3

Sear RCV (83): 251; Sear RCV (M): 322

Voir fiche originale

Comme l’autre pièce que je vous est présenté plus tôt, il s’agit ici d’une pièce de la république romaine, et donc le nom qui y apparait est celui du magistrat monnayeur (triumvir monétaire). Dans ce cas-ci, c’est Lucius Lucretius (de la gens Lucretii) dont nous connaissons peu de chose sinon qu’il a tenu cet office en 76 AEC. 

Cette pièce est endommagée et une partie des inscriptions est donc illisible. Par contre, en comparant à d’autres pièces similaires, on peut les deviner. Sur l’avers, derrière la tête de Neptune, on peut deviner le manche d’un trident. Aucune inscription n’est apparente mais le champs derrière la tête devrait comporter un chiffre dénotant la valeur de la pièce ou un numéro de contrôle de cette série de frappe. Sur d’autres pièces similaires, on retrouve X, XVI mais aussi des chiffres allant de I à LXXIV (où le L est remplacé par un L ou un T inversé). Sur le revers on peut lire distinctement “LVCRETI” mais on devine à peine le L qui précède, le I qui suit, et le TRIO en dessous. Toutefois, tous les indices sont là pour nous permettre d’identifier et de dater la pièce sans le moindre doute. Par contre, comme pour la pièce précédente, SEAR date la pièce en 74 AEC dans son édition de 1983 (RCV (83): 251) mais l’édition de 2000 (Sear RCV (M)) situe la date en 76 AEC et les autres sources concordent avec cette dernière datation.

Évidemment, la caractéristique la plus visible de cette pièce est le fait qu’elle est fourrée (le terme est le même en anglais). C’est un terme technique qui veut essentiellement dire qu’elle est plaquée. Son flan (le coeur, noyau de la pièce ou son “âme”) est fait d’un métal non-précieux (généralement le bronze mais parfois le cuivre, le fer ou un alliage) recouvert d’or ou d’argent. Toutefois, ce n’est pas toujours l’oeuvre de faussaires car cette technique frauduleuse était déjà pratiquée dans l’antiquité. La technique facile généralement utilisée par les faux-monnayeurs était de couler la pièce directement dans un moule mais les détails de la pièce coulée étaient parfois flous. Dans le cas des pièces fourrées, elles sont pas coulées mais frappées et nécessite généralement des coins authentiques. Cette technique doit donc avoir été pratiquée par des faussaires avec des contacts au sein des ateliers monétaires ou, plus vraisemblablement, par des officiers monétaires qui voulaient “tricher” sur la valeur de la monnaie sans la dévaluer. C’était une pratique relativement commune durant la République et le début de l’Empire. Lorsque l’usure n’a pas révélé la supercherie (comme c’est le cas ici), la meilleure façon d’identifier une pièce fourrée est son poids: cette pièce pèse normalement en moyenne 3.75 g (entre 3.25 et 4.25 g) alors que la mienne n’en pèse que 2.8 g. Par contre, l’usure et la patine de ma pièce indique clairement que c’est une pièce antique et non un faux plus moderne. Je la considère donc comme “authentique”.

En conclusion, c’est une autre pièce digne d’intérêt. En fait, chaque nouvelle pièce est une opportunité d’en apprendre plus sur la Rome antique, sur son système monétaire et même sur la vie quotidienne de ses citoyens. Avoir de l’intérêt pour ce genre de sujet est toujours une source de nouveau savoir. Et c’est justement pour cela que j’ai choisi de vous parler de ma collection.

Sources: 

En plus des même références citées pour la pièce de M CIPI, j’ai aussi consulté les liens suivants: VCoins, VCoins, National Museum of Scotland, Catawiki, Wildwinds, ACsearch, coinArchive, numista, Shanna Schmidt numismatics, Les Dioscures, Ancient coins forum — juste pour n’en citer que quelques uns.

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Monnaies anciennes 3

Denarius de M CIPI

Depuis deux semaines, j’ai commencé à vous présenter ma collection de pièces de monnaies anciennes. Ici, je continue avec un autre bel exemple, une pièce de la République Romaine. À l’époque où je collectionnais ces pièces, dans les années ’80, je les identifiais à l’aide de bouquins de la bibliothèque de l’Université et j’inscrivais toutes les informations sur de petites fiches en cartons. Toutefois, pour vous les présenter, je m’efforce de confirmer l’identification et la datation, cette fois-ci à l’aide de l’internet. C’est encore un peu laborieux mais maintenant on trouve tout de même beaucoup d’information en ligne…

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Type: 

République Romaine

Époque: 

509 – 27 AEC

Frappe: 

Rome

Datation: 

115-114 AEC

Nature: 

AR Denarius

Métal: Argent

Qualité: F/ VF

Taille: 

15 mm

Poids: 

3.888 g

Obverse

     

Inscription:

X – MCIPI MF

Description: 

Tête de Rome casquée à d.

Reverse

     

Inscription:

ROMA (en exergue)

Description: 

Victoire conduisant une bige galopante à droite, tenant les rênes et une branche de palmier; gouvernail au-dessous

Notes:

Payé $8 (1985/12/17)

   

Réf.: 

Sear RCV (M): 166

Pink TM: 29

Syd. CRR: 546; Sear RCV (’83): 184; RRC: 289/1; RSC: Cipia 1

Sous la République Romaine, la monnaie était frappée sous la responsabilité de trois magistrats (les triumvir aere argento auro flando feriundo  [trois hommes en charge de couler et frapper la monnaie (de bronze, d’argent et d’or)] ou triumviri monetales), les triumvir monétaire, eux-même sous la direction des questeurs. Ils faisaient partie du collège des vingt-six magistrats mineurs (vigintisexvirat). Comme il n’y avait pas encore de chef d’état (caesar ou empereur — la cité étant dirigé collégialement par le sénat) c’est le nom (ou le monogramme) de l’un de ces magistrats qui apparaissait sur la monnaie. Comme ceux-ci était nommé annuellement, il est relativement facile de dater les pièces. Ici, il s’agit de M CIPI (famille Cipia) qui a été en poste en 115 – 114 AEC mais dont on ne connait rien. Je crois que la titulature M.F. pourrait référer à son poste (monetales feriundum), à la frappe de la monnaie… 

Dans la première moitié du IIe siècle AEC, le denier d’argent a une valeur de dix as (denarius veut justement dire “dizaine” et aes veut simplement dire “bronze”), d’où le symbole “X” (chiffre romain 10) qui apparait à gauche du champs de l’avers et qui dénote la valeur de la pièce. Dans la deuxième moitié du IIe siècle (vers 140 AEC) et au 1er siècle AEC, le denier sera dévalué à seize as (indiqué par le symbole “XVI” ou “X”) mais, selon PINK, il semble que le symbole “X” a continué à être utilisé pour une certain temps. Il nous apprend aussi que le magistrat principal supervisait la frappe des pièces de bronze et que ses deux collègues s’occupaient des pièces d’argent.

PINK ne fournit aucune datation et SEAR, dans son édition de 1983, date les pièces Cipia à 107 AEC. Par contre, dans l’édition de 2000, la datation est corrigé à 115-114 AEC et toutes les références plus récentes concordent avec lui.

Une belle pièce plutôt intéressante.

Sources:

Titulature et description en anglais:

Obv.: Helmeted head of Roma right; M•CIPI•M•F before, X (mark of value) behind
Rev.: Victory driving galloping biga right, holding reins and palm branch; rudder below, ROMA in exergue

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Ancient coins 2

Athenian Tetradrachm

Last week I started introducing to you my collection of ancient coins. Here I continue with another fine example: the Athenian Tetradrachm also known as the “Athenian owl”. 

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Type: 

Classical Aegean city-states

Era: 

5th century BC

Mint: 

Attica, Athens

Date:

454-404 BC

Nature: 

AR Tetradrachm

Metal: silver

Quality: F

Size: 

24 x 22 mm

Weight: 

17.425 g

Obverse

     

Inscription:

None

Description:

Head of Athena to right, with archaic smile and a frontal almond-shaped eye, wearing earring, and Attic helmet, decorated with three olive leaves and a spiral palmette on the bowl

Reverse

     

Inscription:

AΘE 

Description:

Owl standing to right, head facing, two-leafed olive sprig and crescent to top left, AΘE to right (abbreviation of  ΑΘΗΝΑΙΩΝ [ATHENAION], “of the Athenians”)

Notes:

 Paid $220 US

   

Ref.: 

Google

Wikipedia, CoinWeek

Sear GCV I: 2526 (pp. xi-xii, 235-238). [Goodreads]

This type of coin was struck by most Greek city-states of the Aegean Sea during the classical era (5th & 4th century BC). It is probably one of the best known examples of Greek Coinage because they were produced in large quantity and widely used throughout the Mediterranean. The city-state of Athens dominated the area from its victory over the Persian (in 479 BC) to the end of the Peloponnesian War (in 404 BC) when it was itself defeated by the Spartans. Also a great quantity of coins were struck after Pericles took over and moved the treasury of the Delian league to Athens (in 454 BC). During that period, the Athenian Tetradrachm (i.e. of the value of four drachmae) was the most common coinage and characterized by the head of the goddess Athena on the obverse and a representation of the owl of Athena on the reverse. Funnily, we can still find similar representations on modern greek drachma or even on greek euro coins !

It is definitely one of my favourite coins because it is one of the oldest, it is in a fine condition and I really like the iconic image of the owl, which represents knowledge and wisdom. 

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Monnaie ancienne 1

Denarius de Lucius Verus

Je vous ai déjà parlé de mon intérêt pour les choses anciennes, particulièrement les livres. Toutefois je m’intéresse aussi aux pièces de monnaies, particulièrement la monnaie romaine. Tout cela a commencé lorsque j’étudiais la Rome antique à l’université. Pour la maîtrise, je travaillais sur l’empereur Lucius Verus. Pour ce faire je devais, entre autre, étudier l’iconographie de l’empereur (statuaire, monument, monnaie) qui est un mode important d’expression de la propagande impériale. À force d’étudier les monnaies sur papier, cela donne le goût de les avoir entre les mains. Alors, avec un collègue d’université, on a commencé à les collectionner. Des pièces de nos empereurs d’abord, puis tout ce que l’on pouvait trouver d’intéressant à bon prix… Ce qui fait que j’ai maintenant une petite collection de près de cent-soixante-quinze monnaies…

Récemment, un collègue de travail me parlait de ses pièces anciennes et je lui ait offert de les identifier, ce qui a ravivé ma passion pour les monnaies anciennes. Une passion que j’aimerais maintenant partager avec vous en vous présentant, une à une, au fil des semaines, les pièces les plus intéressantes de ma collection. Voici la première :

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Empereur: 

Lucius Verus

Date vie / règne: 

130-169 / 161-169

Frappe: 

Rome

Datation:

Déc. 167 – Fév. 168

Nature: 

Denier

Métal: Argent Qualité: F
Taille: 

18 mm

Poids: 

3.380 g

Obverse      
Inscription:

L VERVS AVG ARM – PARTH MAX

Description:

Tête lauré, à droite

Reverse      
Inscription:

TR P VII IMP IIII COS III

Description:

Aequitas debout à gauche, tenant une balance et une cornucopia

Notes:      
Réf.: 

RIC III : 578

Sears : 1444

numismatics.org

Celle-ci est définitivement l’une de mes favorites. C’est un denier d’argent de Lucius Verus, co-empereur avec Marcus Aurelius. L’identification est facile grâce à la nomenclature (L VERVS AVG) et la titulature (ARM PARTH MAX d’une part, et TR P VII IMP IIII COS III d’autre part) nous permet une datation assez précise. On y apprend que Verus est le grand vainqueur des Arméniens et des Parthes, qu’il a reçu pour une septième fois (en Déc. 167) le pouvoir tribunaire (Tribunitia Potestas), pour une quatrième fois (en 166) le titre d’Imperator et celui de consul pour une troisième fois (en 167). Comme il reçoit le pouvoir tribunaire une huitième fois en décembre 168 et qu’il est acclamé Imperator une cinquième fois fin 167 ou début 168, on peut dater la pièce entre décembre 167 et février 168. Fascinant, n’est-ce pas?

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RIP John Lewis

March-Lewis-covSadly, Congressman John Lewis died yesterday [BBCCNNGoogle  NYTUSA Today]. He was a hero of the American Civil Right Movement, one of the “Big Six”. In March 1965, he received a severe head injury during the “Bloody Sunday” as he led protesters across the Edmund Pettus Bridge while attempting to march from Selma to Montgomery. Since 1988 he has held a seat at the U.S. House of Representatives for Georgia’s 5th congressional district. He must be remembered for his accomplishments which are even more important in the midst of the Black Lives Matter movement.

I also want to remind everybody that John Lewis (in collaboration with Andrew Aydin and Nate Powell) wrote a biographical comic book retelling his struggle. More than ever it is worth a look…

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Blueberry, Intégrale t.1

Les Chroniques de la Lune noire Intégrale - tome 2“Le 10 mars 2012, Jean Giraud disparaissait. Cet immense auteur, considéré comme le plus grand par plusieurs de ses pairs, a laissé derrière lui une oeuvre considérable dont Blueberry est la véritable pierre angulaire. Les éditions Dargaud lui rendent ainsi un hommage en proposant une réédition de cette saga sous forme d’intégrales qui réuniront les nombreux épisodes dessinés par Giraud et scénarisés par Charlier avec plusieurs documents rares ou inédits. Une façon évidente de redécouvrir ce monument de la bande dessinée apparu dans le magazine en 1963.”

[Texte du site de l’éditeur ; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 17

Ce premier tome de l’Intégrale Blueberry (qui comprend neuf volumes au total) inclue les trois premier album de la série: Fort Navajo (46 pages, prépublié dans Pilote #210-232 [du 31 octobre 1963 au 2 avril 1964] et édité en album en 1965), Tonnerre à l’Ouest (46 pages, prépublié dans Pilote #236-258 [du 30 avril au 1er octobre 1964] et édité en album en 1966) et L’Aigle solitaire (46 pages, prépublié dans Pilote #261-285 [du 22 octobre 1964 au 8 avril 1965] et édité en album en 1967). Ce tome offre également en préface un dossier de douze pages par José-Louis Bocquet qui explique la genèse de la série et qui complète bien les informations présentées dans De Gir à Moebius (commenté précédemment). On y trouve également les sept premières pages du “tapuscrit” original de Jean-Michel Charlier.

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Page 26

Le premier album de cette édition intégrale nous introduit aux lieutenants Mike S. Blueberry et Steve J. Craig. Ce dernier est un fils de général, tout frais sorti de West-Point. Il est inexpérimenté et un peu rigide. À son opposé, Blueberry est un sudiste conquis aux idées de Lincoln, vétéran de la Guerre de Sécession mais exilé à la frontière pour son indiscipline, devenu cynique, joueur, bagarreur et un peu ivrogne. Tous deux se rendent à Fort Navajo pour une nouvelle assignation de poste. En chemin, ils trouvent un ranch qui a été incendié et pillé par les indiens. Les habitants ont tous été tué, sauf le jeune fils de la famille Stanton, Jim, qui a été kidnappé. Alors que la diligence poursuit son chemin vers le fort pour demander des renforts, les deux officiers se lancent à la poursuite des pillards mais tombent dans une ambuscade. Les renforts arrivent juste à temps mais le Major Bascom, commandant en second du fort qui est ambitieux et déteste les indiens, ne perd pas de temps pour rechercher revenge sur une autres troupes d’indiens Apaches. La tricherie répétée des tuniques bleues met fin à une longue période de paix…

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Page 74

Dans Tonnerre à l’Ouest, le commandant Dickson étant mourant suite à une morsure de serpent, Bascom a prit le commandement et, en prétextant des négociations, a capturé les chefs Apache — sauf Cochise qui a réussi à s’enfuir mais qui reviendra sans aucun doute avec sa troupe de guerriers. Grâce à un subterfuge, Blueberry réussi à quitter le fort pour se rendre à Tucson afin de trouver de l’antivenin et rallier du renfort. Toutefois la ville est déjà occupée par les Apaches. Lorsqu’il retourne à Fort Navajo, il n’y trouve que Crowe, le pisteur Métis de la garnison. Le fort a été évacué suite à un assaut terrible durant lequel Bascom a été tué. Blueberry décide de poursuivre les indiens qui ont kidnappé le jeune Stanton. Passé la frontière Mexicaine, il rejoint leur camp et délivre le garçon. 

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Page 122

Dans  L’Aigle solitaire, Blueberry rejoint Fort Quitman au Texas. Il fait son rapport au Colonel Birdling, lui révélant que l’armée a déclanché la guerre sous de faux prétextes en accusant injustement et en attaquant les Apaches. Malheureusement, avec le Nouveau-Mexique et le Texas à feux et à sang, la situation a trop dégénéré pour qu’il soit probable de rétablir la paix facilement. Toutefois, Blueberry profite qu’on l’ait mis en charge d’escorter un convoi d’armes et de munitions vers Camp Bowie, pour essayer d’y rencontrer le Général Crook et le convaincre de négocier la paix. Mais le trajet est long et difficile. Malgré sa grande expérience, les plans de Blueberry sont contrecarré tantôt par le mauvais jugement d’un subordonné alcoolique, tantôt par la traitrise d’un éclaireur indien, et le convoi ne parvient à Camp Bowie que de justesse et avec de lourdes pertes. Blueberry y retrouve Craig. Il fait son rapport au général mais celui-ci ne peut prendre la décision de négocier seul et Craig est envoyé à Washington avec un message pour le président…

Je ne suis pas un amateur de western et j’avoue que je n’aurais jamais lu cet ouvrage s’il n’avait pas été dessiné par Giraud. Et pourtant j’ai trouvé le récit tout à fait captivant. Blueberry n’est pas une série légendaire sans raison. L’excellent scénario de Charlier y est pour beaucoup. Toutefois le style graphique est encore maladroit et l’on voit bien que Giraud a encore de la difficulté avec les couleurs (particulièrement dans la première histoire). Il n’y a rien dans ce style qui évoque ce que Gir ou Moebius sera plusieurs années plus tard et c’est justement ce que j’ai trouvé intéressant avec cette lecture. Le dossier en préface est très utile pour nous aider à remettre ce travail dans le context de l’oeuvre de Giraud et à comprendre son cheminement. 

J’ai donc trouvé cette bande dessinée surprenamment bonne et je n’exclus pas la possibilité de continuer à lire les aventures de Blueberry — que j’aurais dû lire jadis dans Pilote et regrette de ne pas l’avoir fait… Si vous ne connaissez pas Blueberry, même si le genre western vous laisse indifférent, je vous en conjure d’en lire au moins quelques albums…

Blueberry, l’intégrale tome 1, par Jean-Michel Charlier (Scénario) et Jean Giraud (Dessin)). Paris, Dargaud, décembre 2012. 24 x 31.7, 168 pg., 29,99 € / $49.95 Can. ISBN: 9782205071238. Recommandé pour public adolescents (12+). stars-3-0

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

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 © Dargaud 2012

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Cesare (12)

Cesare_12-cov“Le 8 avril 1492, avant l’aube, Lorenzo de Médicis a rendu l’âme. Son successeur, Piero, n’a pas la carrure du grand homme… Incapable de suivre sa politique, il abandonne l’alliance tripartite qui garantissait la stabilité de l’Italie pour se rapprocher de Naples et de la noble famille des Orsini. 

Peu de temps après, l’état de santé du pape s’aggrave soudainement ; le conclave est désormais imminent. Cesare se rend dans la ville de Sienne pour y rencontrer Giovanni Gonzague, dont le frère aîné dirige les armées vénitiennes… En ces temps d’incertitude, les Borgia sauront-ils rallier assez de soutiens pour hisser Rodrigo sur le trône de Pierre ?

Fuyumi Soryo lève le voile sur le destin hors du commun de l’énigmatique Cesare Borgia dans un manga d’une richesse historique rare, tout simplement passionnant.”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Le douzième volume (série en cours) de Cesare: Il creatore che ha distrutto (チェーザレ 破壊の創造者 / Chēzare – Hakai no sōzōsha / lit. “César [Borgia]: le créateur qui détruit”) a été prépublié en feuilleton dans le mensuel de Kōdansha Morning avant d’être compilé en tankōbon (volume) en juin 2019. La version française est parue en janvier 2020 chez Ki-oon. 

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Page 31

Alors que plus de quatre ans s’est écoulé depuis la parution du tome précédant je commençais à croire que Fuyumi Soryo avait abandonné la publication de son manga biographique sur César Borgia, et cela juste au moment où le récit devenait vraiment intéressant (voir les liens plus bas vers mes commentaires des tomes précédents). Mais non, c’est juste que les volumineux tomes sont si chargés de détails tant historiques que graphiques que les délais de production sont de plus en plus long! Jusqu’au tome six les délais de production entre chaque volume étaient en moyenne d’environ six mois. Ces délais doubleront (avec une moyenne de treize mois) pour les tomes sept à dix, puis doubleront encore pour le tome onze (vingt-deux mois!) et doubleront une fois de plus pour le tome douze (quarante-deux mois ! — mais cinquante-deux pour les lecteurs français!!). Dans ce dernier cas, l’auteure a prise une pause de trois ans, sans doute pour se reposer du rythme effréné de la publication mensuelle mais également pour faire des recherches afin de maintenir la rigueur historique de son récit qui entre dans une nouvelle phase.

Il faut dire que cela en valait vraiment l’attente car le dessin du tome douze est vraiment extraordinaire: il est clair, précis et très détaillé. Le récit, quant à lui, progresse de façon intéressante mais plus lentement. J’ai même l’impression que, malgré les deux-cent-vingt-quatre pages, il ne s’y passe pas grand chose. On dirait que, depuis la mort de Lorenzo de Medicis (le 8 avril 1492) et du pape Innocent VIII (le 25 juillet 1492), tout le monde retient son souffle en attendant de voir où les pions du jeu vont tomber…

Piero de Medicis, qui n’a pas la finesse politique de son père, décide d’abandonner l’alliance tripartite avec Naples et Milan pour se concentrer sur une entente plus simple avec seulement Naples. Cela rompt la bonne entente entre les Medicis et les Borgia, ce qui prends une importance cruciale avec le décès du pape Innocent VIII. Si la ville de Milan supportait la candidature du cardinal Rodrigo Borgia à la papauté, Naples (et maintenant Florence) supportait celle de Giuliano della Rovere. Cela met Giovanni de Medicis dans une position embarrassante car il doit beaucoup aux Borgia mais est obligé de suivre les ordres de son frère et voter pour della Rovere (qui était pourtant l’un des instigateurs de la conjuration des Pazzi et du meurtre de son oncle Giuliano)! 

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Pages 60-61

Tous les joueurs avancent leurs pions: pour “sécuriser” Rome Naples envoie son armée (dirigée par le condottiere Virginio Orsini) aux portes de Rome alors que les milanais dépêchent la marine génoise dans le port d’Ostie. Pour sa part, Cesare se rend à Sienne pour rencontrer le jeune Giovanni Gonzague (dont la famille est en charge de l’armée de Venise) afin d’acquérir du support pour son père.  Gonzague l’invite chez lui à Mantoue pour discuter de la situation avec son frère, puis ils retournent à Sienne pour une course de chevaux. À Rome, Angelo est auprès de Giovanni, récemment nommé légat pontifical, pour l’assister dans la lourde tâche qui l’attend: participer au conclave de 1492. Le récit de ce volume est d’ailleurs en grande partie consacré à expliquer le déroulement du conclave ainsi que les complexes intrigues et manoeuvres politiques qui entrent en jeu pour l’élection du pape. Mais après deux scrutins, il n’y a toujours pas de vainqueur…

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Page 176-177

Au risque de me répéter, ce manga offre une grande constance tant dans la qualité du récit que dans son excellence graphique. Il y a de toute évidence une grande recherche pour présenter les personnages et les événements avec véracité mais aussi pour en illustrer la culture (particulièrement les costumes et l’architecture) avec détail et précision. C’est un manga fort agréable à lire car son récit est non seulement captivant par ses intrigues, très divertissant aussi mais surtout intellectuellement stimulant par la richesse de l’information historique qu’il nous offre. Bien sûr, ce genre de récit historique comporte inévitablement beaucoup d’éléments fictifs, car l’auteur doit combler tout les vides, les faits et événements que l’histoire n’a pas retenue, mais l’imagination de Fuyumi Soryo y parvient avec brio. 

Si vous êtes amateur de manga historique, particulièrement intéressé à la renaissance, à l’histoire ecclésiastique et italienne, que vous avez aimé des séries télévisées comme Les Borgias ou Les Médicis: Maîtres de Florence, ce manga est un incontournable que je recommande au plus haut point. C’est une lecture excellent et passionnante. Vivement la suite!

Cesare: Il creatore che ha distrutto, vol. 12 (Dodici), par Fuyumi Soryo (supervision: Motoaki Hara; traduction: Sébastien Ludmann). Paris, Éditions Ki-oon, janvier 2020. 13 x 18 cm, 224 pg., 7,90 € / $14.95 Can. ISBN: 979-10-327-0573-5. Lecture dans le sens japonais (de droite à gauche) et recommandé pour jeunes adultes (14+). stars-4-0

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

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Voir aussi mes commentaires sur les autres volumes:

Cesare_1-cov Cesare_2-cov Cesare_3-cov Cesare_4-cov Cesare_5-cov Cesare_6-cov
Cesare_7_cov Cesare_8-cov Cesare_9-cov Cesare_10-cov Cesare_11-cov Cesare_12-cov

CESARE © 2019 Fuyumi Soryo / Kodansha Ltd. All rights reserved.

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Status report (early July)

The life in the time of the coronavirus continues… 

This is my fifth status report since the beginning of the coronavirus pandemic (the other four were in March, mid-April, the end of April, and in mid-May). It has now been fifteen weeks (or one-hundred and seven days) since it has all begun. It has been forty days since the beginning of the slow re-opening and my return to work (thirteen days since we’ve restart taking the public in the library for a limited offer of service). 

On the domestic side of life, I can say that I feel I have not been doing much in the last month and half… I didn’t do much around the house (it was either too hot or raining). As usual, I probably watch too much television: like rewatching the Ghost in the Shell: Arise series and several movies (also, to fill the time, I started watching again the 2004 series of Battlestar Galactica). However, I have been reading enough to catch up on my tsundoku… (hurray!) and write a little about my readings (dBD #141, La sphère d’Or, Unbeaten tracks in Japan, I’ll never tell, De Gir à Moebius, and several other French comics that I covered in the article “Sherlock Holmes en bande dessinée (2)”).

Weather — The temperature was unusually warm lately (above average) and often quite dry. So much so that the vegetation in the parc often took a yellowish colour. Thankfully, it rained periodically enough to keep everything alive. In the last week or so it has been quite hot and humid. Enough to discourage any sustained outside activities, although we still take our daily walk.

Health — With the confinement (probably because of slightly bigger meal and less activity) I have gained weight. My blood pressure and glucose are also higher (maybe because of an increased stress?). I have also experienced digestive problems, my usual recurring pain at the end of the digestive track as well as some chest and shoulder pain (probably muscular). Overall, I feel in good shape but it could be better. Unfortunately, I know that with age nothing gets better…

Work — All is fine at work. My usual library being still closed for renovation I was assignment to another one. This new place is at a nice location (at walk/bike distance from home) and has a nice team (although, since the people of my library working there are in extra, we perform mostly boring jobs). However, there was one painful incident: a customer refused the answer the covid “questions” and to sanitize his hands upon entrance. As I was insisting (to follow protocol), he became increasingly disagreeable, up to implying that I was doing so because of my ego or because I was racist. I was just trying to do my job. I was putting my health at risk (and the health of my family) in order to give him access to the library and he has shown absolutely no appreciation or gratitude for it. All I ask is some respect. If I was hurt by being called a racist (and I will come back on this subject) what really pissed me off was that my colleagues didn’t show much support when I tried to explain that he refused to follow protocol and insulted me. I don’t know, maybe they just didn’t understand me well: it is hard to express yourself calmly when it’s hot and your are talking through a mask and a face-shield. What happened to “we must absolutely ask ALL the covid questions and not let anyone in that doesn’t answer properly”? And then they told me “you know, we get insulted all the time. You have to get used to it” implying that I was weak to let it get to me. We are supposed to have a policy of not tolerating any disrespect and bullying (no respect, no service) and, yet in the end, that man received the service he came for. If you are tolerating such disrespect OF COURSE people will feel empowered and continue with the same behaviour. It is the wrong attitude. Anyway, that incident bothered me for weeks as I kept thinking about it…

One thing that I spent a lot of time on lately, was shopping for a nice electric bike or scooter. In this epidemic, I want to avoid public transportation (bus & subway) and if my work place for now is at a walking or biking distance, it is quite tiring in the summer heat (and I am closer to sixty than fifty years-old after all). I rented one for a week and I liked it a lot, but when I wanted to purchase one not a single store in the metropolitan area had any in stock. I guess everybody had the same idea at the same time and I was too late. An electric BIKE looks cool (particularly the Banana Boss, the Rad Runner 1, the Maxie Large, or the Paris) but it is quite expensive and a standard bicycle seat is really hard on my backside. Strangely, a scooter is less expensive, as well as being much more confortable and versatile. I’ve been checking several nice models (Écolo, Tao Aquarius, Vienna, Gio Italia, Mignon, UQi Pro, etc.) but now I found a good store and I am just waiting for them to receive some stock later this month… (Search eBike on the blog)

Many important events happened in the second quarter of 2020 ( the end of May, June and the beginning of July) but I don’t want to spend much time on those current events. However, the world stage was dominated by the three great plagues of the era. First, the coronavirus. So far, the world has suffered over 10 million cases of infection resulting in over half a million deaths! We dealt relatively well with it in Canada, but the U.S. in on the verge of total catastrophe as it reopened too soon and they are now seeing an horrible surge in infection (over fifty-thousand new cases each day!). 

The second plague is Trump. I would think that we would get used to it by now but his mishandling of the coronavirus response (no national coordination, not enough test and PPE, not urging confinement, distanciation, and wearing masks, etc.), his constant lying, and his rhetoric encouraging hate-speech and inciting to violence kept making everything worse. Sometimes, I think he just doing it on purpose. If he is not a Putin agent, he is certainly an agent of chaos. He loves it. I can’t wait until November… 

The final plague is racism. Following the death by police abuse of George Floyd and many other subsequent similar baffling incidents, the American urban areas erupted in spontaneous protests against this pervasive institutional racism that literally plagues the U.S. How did we moved from a pandemic to riots in the streets? (Without much social distancing hence the cases surge) We all hoped that it was getting better but I guess we got negligent — the coronavirus confinement and Trump inducement somehow seem to have put salt on the wound — as it now seems worse than ever. It must be dealt with once and for all. With police reform certainly (defunding, demilitarizing, new structure, call it what you want — I always thought we should have several level of policing: the unarmed street or biking cop, the patrol police answering to theft and hold-up, the inspector, the riot police and now we should have a force of psycho-social worker for domestic violence, teenage trouble, neighbour disputes, etc.), but the disease goes further than that. Social reform and massive investments to reduce inequality (in education, in job opening, in housing, etc.) are necessary. With the recent movements like Me-Too and Black Lifes Matter, I feel that the world is effervescent and on the verge of great changes, just like in ’68. However, we will have to be patient. Real change takes time. But now the seed of change, the idea that it is possible, has been planted in people’s minds. It only remains to take care of it and watch it germinate… But the first step toward that change is for American to go vote in November.

Racism has always bothered me. All my life I tried to treat everybody equally, not letting their opinion, behaviour, the size of their nose, the colour of their eyes, hair or skin (pink, brown, “black”, “red” or “yellow”) distract me from the fact that we were all the same. Human beings. I always tried to be tolerant (sometime failing: for a while I became quite intolerant toward religion, but now the only thing I can’t tolerate is intolerance — and stupidity). When I was a teenager I thought that the best way to solve racism was to intermarry and eventually we would all become of the same skin colour (that’s what I did, unfortunately I never had kids — too much trouble!). However, skin colour is just an excuse for racists: in fact they are just afraid of the difference (people thinking, dressing, talking, etc., differently than they are). There are many culture on this world and, if we just learn about them, we see there is no reason to be afraid. We discover that this difference is beautiful, that it is a wealth. Those people usually are against (or ignorant of) science. Science is telling us that, genetically, we are all the same and that there is only one race: the human race. I always wanted to write about this complex and touchy subject (and someday I will). Unfortunately, whatever you say or write will always receive criticism: you didn’t say this, the way you say that is discriminatory, it is not enough, it is too much, etc., so I am waiting to have the right words. However, if you stay silent,  it is worse because they say that you are complicit, that you are encouraging racism by saying nothing. I prefer to show support by my actions: I won’t protest in the street but I’ll always try to be equitable, unbiased, and just. If I see someone being discriminated (racially or otherwise) I will try to defend them. And I’ll stay silent. If I scold you for doing something wrong (like misbehaving in the library or trying to cut the waiting line to enter the bus) and you answer be accusing me of being racist, I’ll stay silent. But just know that calling me a racist is the worst insult that you could give me…

I feel the end of this year will really be difficult… Take care of yourselves and stay safe !

Also, I found time to stay a little acquainted with the affairs of the world and gathered a few notable news & links — which I now share with you (in both french or english, slightly categorized, but in no particular order — note that, to save on coding time, the links will NOT open in a new window), after the jump.

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Sherlock Holmes en bande dessinée (2)

BDs hommages & pastiches

Dans la première partie de cette série d’articles sur les adaptations de Sherlock Holmes en bande dessinée, j’ai traité des adaptations canoniques c’est-à-dire qui racontent fidèlement les récits des romans de Sir Arthur Conan Doyle. Il s’agissait principalement de la série britannique écrite par Ian Edginton et illustrée par Ian Culbard, publiée en anglais chez SelfMadeHero (2009-2011), puis traduite en français chez Akileos (2010-2011).

Dans cette seconde partie je vais traiter des pastiches (parodies) et des hommages à la série de romans du célèbre détective. Ces adaptations sont beaucoup plus nombreuses (et il me faudra sand doute plus qu’un article pour les couvrir). Je commence pour les deux plus importantes, d’abord parce qu’elles sont plus connues mais aussi parce que ce sont des séries de plusieurs volumes.

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(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Baker Street : all you need is Holmes 

BakerStreet-Intégral-covOubliez Léonard de Vinci, Darwin, Einstein… Sherlock Holmes est l’homme le plus intelligent du monde. Ou pas.

[Texte de la couverture arrière]

“Enfin les aventures déjantées du plus célèbre des détectives et de son acolyte médecin en version intégrale. Retrouvez les cinq tomes de la série dans cette édition unique. Des éclats de rire en perspective.

Saviez-vous que le docteur Watson doit une grande partie de sa popularité à une méduse? Que Sherlock Holmes pratique parfois le cambriolage ? Et seriez-vous capable de trouver un rapport entre un diable en boîte, un haltère, un réveil-matin, un cactus et une masse d’armes ? Non ? Eh bien plongez-vous dans les carnets secrets du docteur Watson, miraculeusement exhumés par deux froggies…

[Texte du site de l’éditeur]

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Cette édition intégrale de la série Baker Street compile les cinq volumes de la bande dessinée par Veys et Barral. Le premier volume, Sherlock Holmes n’a peur de rien, inclue cinq histoires courtes: “L’incident sur la Tamise” (6 p.), “Ophiophobie” (7 p.), “Tossing the caber” (8 p.), “Le bois rouge de Pernambouc” (16 p.),  et “Rançon pour une momie” (10 p.). 

Dans le second volume, Sherlock Holmes et le Club des sports dangereux (48 p.), on retrouve une histoire loufoque où le quatuor de détectives imbéciles (Holmes, Watson, Lestrade et son cousin Brodie) doit enquêter tout à la fois sur “Le profa­nateur” (alias Jack le Moustacheur), une tentative de meurtre sur Lestrade, un meurtre à huis clos dans un club bien particulier, une gerbille surexcitée et sur une série de disparitions mystérieuses près du Limehouse !

Dans le troisième volume, Sherlock Holmes et les Hommes du Camellia (48 p.), notre petit groupe doit aidé M. Clipton, un producteur de thé du Ceylan, à retourner dans son pays en six semaines pour la lecture du testament de son oncle afin de pouvoir hériter de la plantation familiale. Toutefois, un compétiteur — un producteur de thé chinois, M. Teawings — fera tout pour les en empêcher!

Le quatrième volume, Sherlock Holmes et l’Ombre du M (52 p.), est la suite directe du précédent. La lecture du testament s’est révélé être un canular, mais lorsque l’oncle de Clipton meurt vraiment d’une crise cardiaque, le testament révisé exige cette fois, pour hériter de la plantation familiale, qu’il retourne en Angleterre et fasse un spectacle de clown devant la reine! Pour contrer Holmes, Teawings engage son ennemi juré, Moriarty! Cette fois l’adversaire est plus coriace alors, pour rendre leur itinéraire moins prévisible, Holmes y introduit un élément de hasard…

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Page 208

Dans le cinquième et dernier volume, Le Cheval qui murmurait à l’oreille de Sherlock Holmes, on retrouve — en plus de l’aventure titre (34 p.) où Holmes, affligé par l’oisivité, tente d’élucider le vol inexplicable de documents sur une base militaire (dont le menu du mess des officiers!) — cinq histoires courtes (une sans titre [4 p.], “Le jour de Watson” [3 p.], “Rendez-vous à Chelsea Bridge” [2 p.], “Coucher de soleil sur l’abattoir” [2 p.] et “Rendez-vous au Strand” [2 p.]) et une dizaine de gags en une seule case. L’édition intégrale se termine avec les couvertures originales des cinq volumes.

Cette bande dessinée respecte bien l’univers victorien créé par Sir Arthur Conan Doyle mais nous présente une version très humoristique et plutôt irrévérencieuse des personnages (dont le visuel est d’ailleurs inspiré par les acteurs Jeremy Brett et David Burke, qui incarnèrent le célèbre duo de détectives dans la série télévisée de Granada).

L’aspect visuel (dessin et mise en page) est bien réussi. Quoi que inégale cette série est agréable à l’oeil. Le récit est bien mené puisqu’il est à la fois captivant et très drôle. Cela n’a évidemment rien à voir avec les véritables aventures de Sherlock Holmes mais, en plus d’en respecter l’esprit, c’est aussi très divertissant et je me suis beaucoup amusé avec cette lecture. C’est une excellent parodie que je recommande chaudement.

Baker Street : all you need is Holmes [Édition Intégrale], par Pierre Veys (scénario) et Nicolas Barral (dessin). Paris: Delcourt, novembre 2017. 266 p., 22.5 x 29.7 cm, 34.95 € / $C 59.95, ISBN 978-2-413-00028-0. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 2017 Éditions Delcourt

Capsules

Les quatre de Baker Street 

t. 1, L’affaire du rideau bleu

Quatre_de_Baker_Street-1-covUne série captivante et romanesque librement inspirée de l’œuvre d’Arthur Conan Doyle ! Trois détectives en herbe pour une enquête digne du maître de Baker Street !

Billy, Charlie et Black Tom sont insé­­p­ara­bles. Et pour cause : impossible de survivre seul dans l’East End londonien, peuplé de faux mendiants, de vrais ruffians et de franches canailles ! Heureusement, les trois amis peuvent compter sur la pro­tection d’un certain Sherlock Holmes, pour lequel ils font parfois office d’espions des rues… Mais lorsque la fiancée de Black Tom est kidnappée sous leurs yeux, nos héros vont devoir mettre au plus vite à profit les leçons de leur mentor pour la retrouver saine et sauve… en s’adjoignant les services d’un quatrième larron pour le moins inattendu. Place aux Quatre de Baker Street, la plus jeune équipe de détectives de l’époque victorienne !

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Cette bande dessinée mets en scène non pas le grand détective lui-même (Holmes et le Dr Watson n’apparaissent que dans les quatre dernières pages!) mais des personnages secondaire: les fameux “Irréguliers” ou “Francs-tireurs” de Baker Street, une troupe d’enfants de la rue qui sont les yeux et les oreilles du détective et qu’il utilise pour des missions de surveillance. Avec le temps, les membres de la troupe ont grandi ou se sont trouvé d’autres activités et il n’en reste plus que trois: Billy (William Fletcher, un jeune garçon bien éduqué), Black Tom (Tommy O’Rourke, Irlandais et l’acrobate du groupe), Charlie (Charlotte, habillée en garçon elle est en réalité une fille, la modératrice du groupe). La quatuor est complété par Watson, le chat de gouttière tigré. Lorsque Sherlock Holmes n’est pas disponible, alors les Quatre de Baker Street mènent l’enquête eux-même! Dans ce premier album, la petite amie de Black Tom est kidnappée et le quatuor devra retracer les coupables, puis s’attaquer au Rideau Bleu, “un bordel chicot du West-End.”

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Page 5

Dans sa préface, Régis Loisel louange le talent de l’artiste: “Sa mise en scène aux cadrages énergiques sert le scénario à merveille, les décors sont précis et généreux et l’ambiance générale est soutenue par des couleurs somptueu­ses.” Si je suis d’accord avec la première partie de son commentaire (les décors et la mise en page sont très adéquats) mon opinion est à l’opposée sur les couleurs: je n’aime guère le dessin un peu trop anguleux à mon goût par moment, les ombrages sur les visages me semblent un peu exagérées et, surtout, le choix d’une palette de couleurs sombres, tout dans le brun et le sépia, me déplait beaucoup. Je comprends que l’artiste voulait sans doute rendre l’atmosphère victorienne (brumeuse, étouffante, ancienne — à moins que cela soit un problème d’impression?) mais je trouve cela très laid. 

Par contre, l’histoire est excellente. Le récit est bien mené, captivant et les personnages sont crédibles et attachants. L’histoire est sérieuse, fidèle à l’esprit des Aventures de Sherlock Holmes. Il s’agit donc d’un digne hommage à Conan Doyle. Dans l’ensemble, malgré les faiblesses du style graphique, c’est une bonne lecture.

Il est intéressant de constater que cette bande dessinée a non seulement été traduite en anglais chez Insight Comics [Goodreads], mais qu’elle a aussi été adapté en animation par les studios Folivari, Canal Plus et Studiocanal [voir la page officielle et le teaser sur Vimeo]. Cela démontre bien l’intérêt et la qualité de la série.

Les quatre de Baker Street t. 1, L’affaire du rideau bleu, par Jean-Blaise Djian & Olivier Legrand (scénario), David Etien (dessin et couleur). Issy-Les-Moulineaux: Vents d’Ouest, janvier 2009. 56 p., 24 x 32 cm, 13.90 € / $C 22.95, ISBN 978-2-7493-0437-3. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© 2009 Vents d’Ouest

Capsules

t. 2, Le dossier Raboukine

Quatre_de_Baker_Street-2-covLes Quatre de Baker Street sont de retour !

Londres, 1890. Billy, l’apprenti détective, Charlie, la petite fille grimée en garçon, et Black Tom le monte-en-l’air sont trois gamins des rues unis par une solide amitié. Accompagnés du matou Watson, ils arpentent les bas-fonds de l’East End, menant enquêtes, filatures et autres missions de confiance pour le compte d’un certain… Sherlock Holmes. Ce nouvel opus voit nos héros se mêler d’une ténébreuse affaire impliquant des révolutionnaires russes exilés à Londres et la police secrète du Tsar… Nos protagonistes vont avoir fort à faire pour déjouer machinations, trahisons et mauvais coups…

Le premier tome de cette série avait fait l’unanimité, grâce au dessin dynamique et étonnant de maîtrise de David Etien et au scénario mené tambour battant de Djian et Legrand. On se replonge avec délectation dans ce second tome, qui nous entraîne dans une nouvelle enquête passionnante et nous fait découvrir un peu plus ces gamins gouailleurs et attachants.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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Page 3

Dans cette aventure, les quatre de Baker Street doivent enquêter sur un complot politique impliquant des révolution­naires Russes. Alors que des prostitués sont à nouveau assassinées dans White­chapel (dont Sally, une amie de Billy), on craint le retour de Jack l’Éventreur. Toutefois, le quatuor découvrira que cette affaire est en fait liée à un complot de la police secrète du Tsar pour discré­diter les révolutionnaires socialistes réfugiés à Londres. Holmes étant absent, il incombe au quatuor de venir en aide à Katia Ivanovna et son compagnon Victor Raboukine!

Avec cet album, le graphisme s’est beaucoup amélioré: le style est un peu plus agréable et les couleurs en tons de brun et sépia moins présentes (quoique inconsistantes puisqu’au début elles semblent servir pour représenter des scènes de nuit, mais celles-ci se retrouvent avec de beaux tons de bleu vers la fin de l’album)… Le récit, toujours aussi captivant et sérieux, est également plus riche et intéressant. Cet album nous offre donc une très bonne lecture.

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T. 8, page 3

Les Quatre de Baker Street est une série très prometteuse qui en est déjà à son huitième album. La série continue donc avec le tome 3: Le Rossignol de Stepney, le t. 4: Les Orphelins de Londres, le t. 5: La Succession Moriarty, le t. 6: L’Homme du Yard, le t. 7: L’Affaire Moran et le t. 8: Les Maîtres de Limehouse. J’ai eut la chance de mettre la main sur un extrait papier des dix premières pages de ce huitième album (paru en octobre 2019) et je dois avouer que cette série a fait beaucoup de chemin et m’apparait excellente (l’amélioration du style graphique est particulièrement frappante). À lire certainement.

Les quatre de Baker Street t. 2, Le dossier Raboukine, par Jean-Blaise Djian & Olivier Legrand (scénario), David Etien (dessin et couleur). Issy-Les-Moulineaux: Vents d’Ouest, avril 2010. 56 p., 24 x 32 cm, 13.90 € / $C 22.95, ISBN 978-2-7493-0519-6. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© 2010 Vents d’Ouest

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Capsules

Unbeaten tracks in Japan

41u2qa+Cp-L“The firsthand account of a British adventuress as she treks though the Japanese outback in 1878, traveling alone among “degenerate” Japanese and “savage” Aino, and recording it all for posterity in this book, a classic of its kind.” [Promotional text]

“Isabella L. Bird’s voyage to Japan in the 1870s reveals a country steeped in ancient customs and a rugged landscape of beautiful, flowing hills and country pathways.

As of the first Western women to author a book about the Japanese islands, Isabella Bird was keen to relay her observations as accurately as she could manage. The isolationist policy of Japan, which forbade any foreigners from travelling inland, had only recently been lifted. Bird was thus able to witness the urban culture of Tokyo and the rural areas surrounding it, together with the large, northerly island of Hokkaido.

The author offers her observations of the architecture and customs of the native Japanese, and later the Ainu minority ethnic group. Northern Japan’s rural culture is revealed as being enormously different from the modern society the world knows today. Modern residents or aficionados of Japan will however recognize many surviving hallmarks, such as the supreme hospitality and generally well-mannered behavior of the locals.

Despite hailing from and exhibiting the values of the condescending culture of Victorian England, Bird manages to relay a good impression of Japan prior to its rapid modernization in the 20th century. Her views reflect their time; although she had a Japanese translator and guide as a companion, she was unable to grasp the social graces of the area, and acutely felt herself an outsider. She does not lapse into despondency however; instead, she by turns indulges in good-natured mockery of Japan’s insular society.”  [Text from the back cover of the Pantianos Classics edition]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

I first learn of Isabella Bird when I started reading the manga series by SASSA Taiga dedicated to her traveling in Japan (see my comments). Isabella Bird was a real British adventuress that traveled around the world to relieve her back pain and melancholy as well as to satisfy her curiosity. She first went to the United States in 1854, then in Australia, Hawaii (called at the time Sandwich Islands), and back to the U.S. in Colorado to see the Rocky Mountains in 1872-73. Five years later she went to Asia, travelling through Japan, China, Korea, Vietnam, Singapore and Malaysia. In 1889, she went to China, Persia, Kurdistan and Turkey. In 1897, she went back to China and Korea to travel up the Yangtze and Han rivers. Her last voyage in 1904, at the age of seventy-two year-old, was to Morocco where she wanted to meet the Berbers. 

It is extraordinary enough for a woman to have been travelling so much almost alone but it is even more interesting that she wrote a lot about it as she published around twenty books describing her journeys. It seems that most of her books are the collection of letters that she wrote to her friends and relatives describing in every details everything she saw during her travelling. 

She went to Japan in 1878 (at the age of forty-seven year-old) with the goal to explore Ezo (Hokkaido) and meet the Ainu — she seems to have an interest in learning about the indigenous people of each country she visited. However, she chose to travel from Tokyo not by the easier sea route but by the more difficult inland road, first to Niigata and then Aomori and Hakodate — hence the title Unbeaten Tracks in Japan. It must have been a very difficult journey. Almost every day she wrote to her sister Henrietta back in England, describing to her the Japanese landscape and its vegetation as well as the culture of its people (their houses, clothings and usages). Her observations are particularly interesting because she describes Japan at a time of change, ten years after the Meiji Restoration, witnessing the last remnants of the samurai culture as well as the beginning of the modernization of Japan. The book collecting all those letters was first published in 1880 and an abridged version was published in 1885.

Now that I have read the original words of Isabella Bird I can better appreciate the manga. We can see that, if the anecdotes and the facts told in the manga seem fairly faithful, the character’s open and understanding attitude toward the Japanese people is not entirely truthful. In the manga, she barely makes any negative comments in her description of the Japanese while in her work, Isabella Bird has the condescending, and even sometimes contemptuous, attitude towards the Japanese that one would expect to find in any British aristocrat of the time. And her translator and guide Ito, which is the key to every scenes in the manga, is hardly mentioned in her book (and when she mentions him it is often to mock him; although, she brings the subject of his previous and unfulfilled contract with the botanist Charles Maries).

She describes the Japanese as busy people, talks about their “miserable physique and the national defects of concave chests and bow legs” (p. 9), or being “so lean, so yellow, yet so pleasant-looking, so wanting in colour and effectiveness” (p. 10). She adds “I never saw people take so much delight in their offspring (p. 56) (…) but it is not good for European children to be much with them, as they corrupt their morals, and teach team to tell lies” (p. 87). However, she finds them polite, civil and honest (p. 75). In the deep country, she finds that people are poor, almost naked and quite dirty. She keeps even harsher words for the Ainu. She calls them “magnificent savages” and “children” (p. 175), “a harmless people without the instinct of progress” (p. 168) characterized by their “apathy and want of intelligence” (p. 173). They are often naked, drink too much sake and the Japanese (including Ito) say that they “are just dogs” (p. 181). She says that “They have no history (…) their houses and persons swarm with vermin, they are sunk in the grossest ignorance, they have no letters or any numbers above a thousand, they are clothed in the bark of trees and the untanned skins of beasts, they worship the bear, the sun, moon, fire, water, and I know not what, they are uncivilisable and altogether irreclaimable savages, yet they are attractive, and in some ways fascinating (…)” (p. 184). So, it is not all bad as she even finds them “charming in many ways” (p. 202) and that they are sometimes “superb-looking men, gentle and extremely courteous” (p. 168).

It is a very interesting book but, unfortunately, the epistolary travelog of Isabella Bird in Japan  is a little laborious to read as it is long and consisting mostly of descriptions. I must admit that I kept falling asleep and could read barely a dozen pages every night. Therefore reading this book was quite an enterprise, but all worth the effort because it offers a unique view on the Meiji’s Japan. It is a good reading but mostly for the Japanese history fanatics as well as for those who read the manga and are curious to learn more about Isabella Bird herself.

Unbeaten tracks in Japan: An account of travels in the interior, including visits to the aborigines of Yezo and the shrines of Nikkô and Isé, by Isabella L. Bird. London: John Murray, 1885. 136 pages. The book is available for free download on Amazon Kindle, Google Books and Gutenberg Project. stars-3-0

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Notable News 2019

If you are bored by your confinement, here are links to over five-hundred-fifty news stories for all taste (well, mostly for mine).

Like I said in my latest “notable news” entry (for the beginning of 2020) I completely skipped over 2019 (my last entry before that was in January). I guess I was a little busy. On the domestic front there is not much to say. I don’t want to look back too much on 2019, since it was a bad year — and, now that we know that 2020 is even worst, why bother? I guess I wrote a lot about it (you can check the blog indexes update). I feel the same for what happened on the world stage (refer to Wikipedia for the events of 2019, from January to December).

However, despite everything, I always stay acquainted with the affairs of the world and collect links to the notable news story of the time. I call it scrap-linking: it’s like scrapbooking but instead of collecting old newspaper articles in files or scrapbooks (like my father used to do), I just collect links to news-story on the internet. Therefore, with this blog entry, I would like to make some sort of a review of the year through those links. Be aware that they are in both French or English, slightly categorized, but in no particular order, and of course, because this is old, some links may have become dead or completely irrelevant, sorry about that — also note that, to save on coding time, the links will NOT open in a new window as usual. I am sharing all this with you >> after the jump.

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Notable News (Winter – Spring 2020)

As you know, I periodically reflect on the latest notable news , both in my life and in the world, and gather links to the stories I found the most interesting during that time (as a kind of press review). My latest entry on that subject was in January of last year. I’ve skipped the notable news for 2019 (I was a little busy — but I’ll come back to that later) but here they are for the first third of 2020 — I can’t believe we are already in 2020. This will be another decade of disappointment and unfulfilled promises. Where are the cyberspace and the body implants we were promised?!

There is not much to say about what happened on the domestic front. It has been quite busy (and exhausting) at work but I think I dealt pretty well with it. The library was undertaking renovation works to install a sorting “robot” for the returns and completely redo our working area and the counter. Preparing for those renovations and organizing a temporary set-up in order to stay functional and open to the public during the works was quite an ordeal. However, we did well and survived. And then we closed because of the epidemic…

The winter was relatively mild, and spring was early but cold. On the subject of health, I was plagued by a litany of problems: first, with all the hard work at the library, I literally broke my back (getting a serious sciatica), then got a bad flu/cold and finally was deeply pained by a kidney stone (I get one about every ten years). However, I am much better now as the calculus has recently passed. Funnily, despite doing lots of physical work around the house and regularly walking around the parc, I still managed to gain a couple of kilos. You know you have attained a certain age when idle conversations tend to focus more on your ailments than on the weather!

I have also been doing satisfactorily well in my reading and writing. I find it quite extraordinary when, after finishing a book in the previous night, I wake up in the morning with almost the entire reading comment in my head! Doing both reading and writing on a regular basis is a good training for the mind and it seems to get easier and easier with time.

The news on the world stage were dominated by the American election (mostly the democrats’ primaries and the stupid antics of the president — nothing really new there) and the coronavirus (COVID-19) pandemic. At first, like everybody, I wasn’t too concerned. It was just something happening in China. Then, when it became clear that it was spreading easily with cases in Korea, California and Iran, I voiced my concerns to my boss, asking her what was the plan in such circumstances (it was late February or early March). I was told that they weren’t told of any plan. There was not even a sanitizer distributor in the entrance of the workplace — which should have been mandatory. When the government started telling people to stay home and we closed to the public (March 13th), I started really worrying because we were still working and using public transportation. I was afraid to bring the virus home (since one of my family members is immunosuppressed and I am myself at risk because of hypertension). I was just about to tell my boss that I couldn’t continue to work when they decided to send us home (March 19th). 

Not being sure how long this forced vacation (with pay!) would last, I decided to make the best of it and catch up on my reading/writing. Although, after a few days of this coronavirus self-isolation, I realized I hadn’t done much. I wanted initially to read a book or watch a movie each day but I didn’t (maybe it was too ambitious?). I did a few things around the house and wrote a couple of blog entries about the current situation and offered suggestions of stuff to do. But I should be doing more. If not I was afraid to wake up at the end of this “staycation” having done nothing. And there was so much to do. I am happy to say that, so far, I am doing well.

With the pandemic in full swing it is hard to think back about other events that marked the beginning of 2020. In January, beside the usual fires and floods or the conflicts in the Middle-East, we can find noteworthy the American airstrike on the Baghdad Airport to assassinate Qasem Soleimani, Prince Harry and Meghan leave the British Royal family, as more cases are reported the Chinese authorities start investigating this unknown pneumonia outbreak that will become the coronavirus pandemic, and the impeachment trial of Trump moves into the Senate.

In February, we see the first deaths of coronavirus outside China (first in the Philippines, then in Hong Kong, Japan, France, Iran, South Korea, Italy, USA, etc.), the Iowa Democratic Party caucuses are a disaster, Trump is acquitted on both articles of impeachment by the Senate, Harvey Weinstein is found guilty, the Dow Jones starts dropping, and there’s a first possible case of communal transmission of the coronavirus in California.

In March, Pete Buttigieg, Amy Klobuchar and Michael Bloomberg drop their presidential candidacy and endorse Joe Biden, Elizabeth Warren also suspends her campaign (without endorsing Biden yet), the coronavirus outbreak is getting bigger and we see the first death in Canada, following an oil-price war between Russia and Saudi Arabia the Dow Jones drop even further, WHO officially declares the Coronavirus outbreak as a pandemic (3/11) prompting some countries or states to follow China’s example in implementing a lockdown (Italy, Spain, California, Canada, New York, India) and several major events (sport, concert, convention, etc) are getting cancelled. WHO announces that there are at least 20 vaccines candidates in development for COVID-19. Meanwhile, Wuhan (capital of the Hubei province) ends its lockdown and starts reopening.

In April, Bernie Sanders suspends his presidential campaign and endorses Biden, the number of confirmed coronavirus cases passes two million worldwide (4/16) as the pandemic keep growing. The mitigation measures are working and so far the hospitals, if very busy and despite the shortage of PPE, are not overwhelmed as it was first feared. Most countries have put financial measures to help their citizens live through the lockdown and are now planning to slowly ease their containment mesures. The main problem remains the insufficient testing and, in the USA, the absence of Federal coordination. Trump, in his self-absorbed usual incompetence, is definitely not up to the task (I just can’t understand why this guy is still in power). If you would rather burn down the country than admit you’re wrong, you’re not only a bad person, you are also pure evil. Anyway, the month is not over yet, so I’ll keep an eye on the current events, however depressing it might be.

Finally, as usual and through all this, I tried to stay acquainted with the affairs of the world and gathered a few notable news & links — which I now share with you (in both french or english, slightly categorized, but in no particular order — note that, to save on coding time, the links will NOT open in a new window), after the jump.

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Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran

MonsieurIbrahim-covA Paris, dans les années soixante, Momo, un garçon de treize ans, se retrouve livré à lui-même. Il a un seul ami, Monsieur Ibrahim, l’épicier arabe et philosophe de la rue Bleue. Celui-ci va lui faire découvrir la vie, les femmes, l’amour et quelques grands principes.

[Texte de la jaquette du DVD]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Monsieur Ibrahim est un vieux film de 2003 réalisé par François Dupeyron, avec Omar Sharif et basé sur un roman de Éric-Émmanuel Schmitt. C’est une histoire simple et méditative où un jeune adolescent juif (joué par Pierre Boulanger), un peu laissé à lui-même par un père dépressif, découvre la vie et prend un peu de maturité grâce au soutien de l’épicier d’en face d’origine turque. Étrangement cela me rappel un peu la BD Le chat du rabbin de Joann Sfar. 

L’histoire, d’abord écrite pour le théâtre, est inspirée de l’enfance à Paris de Bruno Abraham Kremer (et sa relation avec son grand-père), un ami de Éric-Émmanuel Schmitt. On y retrouve aussi plusieurs similitudes avec le roman “La Vie devant soi  de Romain Gary. Schmitt en a réécrit l’histoire en 2001 sous forme d’un court roman qui constitue la deuxième partie de son “Cycle de l’Invisible” où il consacre chacun des huit romans à une croyance différente. Ainsi Schmitt nous fait un peu découvrir le soufisme au travers du personnage d’Ibrahim. L’existence transcende les religions et il faut vivre en se foutant un peu des règles mais tout en restant fidèle à soi-même.

C’est un film lent et un peu morne — mais plutôt beau — et qui montre malheu­­reuse­­ment son âge par la qualité de l’image très moyenne (la version que j’ai vu sur TFO n’était pas restaurée). C’est toutefois un film qui a été apprécié du public (coté 7.3 sur IMDb et 85% / 86% sur Rotten Tomatoes) et qui vaut la peine d’être vu surtout pour la prestation d’Omar Sharif. stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoogleIMDbWikipedia ]

Vous pouvez aussi regarder la bande-annonce sur Youtube:

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Miss Hokusai 2

Miss_Hokusai-2-cov“Elle fumait la pipe et n’avait pas bon caractère. Mais quel talent !Voici le second volume d’une chronique pleine d’humour à la découverte d’une femme libre et d’une artiste : la fille du génial fou de dessin Hokusai, dont elle partagea l’existence excentrique dans le quartier des peintres et des courtisanes à Edo.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Page 7

Miss Hokusai (百日紅 (さるすべり) / Sarusuberi / lit. “Cent Cramoisi” qui est le nom que les Japonais donnent au lilas des Indes) a d’abord été publié en feuilleton entre 1983 et 1987 dans le magazine hebdomadaire Manga Sunday avant d’être compilé en trois volumes par l’éditeur Jitsugyou no Nihonsha en 1987, puis en deux volumes par Chikuma Shobō (format bunko) en 1996. Les deux volumes ont été traduit en espagnol chez Ponent Mon et en français chez Philippe Picquier. Ce manga seinen historique, écrit et illustré par Sugiura Hinako, nous raconte des épisodes de la vie de O-ei, la troisième fille de Hokusai, et de son entourage. Il a été adapté en dessin animé en 2015 par Production I.G. sous la direction de Keiichi Hara. J’ai déjà commenté le premier volume et le dessin animé dans un billet précédent.

Ce deuxième volume nous offre quinze histoires relativement indépendantes les unes des autres. On y voit encore le travail que O-ei fait comme assistante de son père,  Hokusai, le célèbre artiste d’ukiyo-e de l’ère Edo. Toutefois, plusieurs des histoires mettent de l’avant des personnages secondaires, souvent dans des aventures amoureuses qui impliquent des courtisanes. De nombreuses histoires ont aussi une thématique fantastique, évoquant ces histoires de fantômes dont la culture japonaise est friande. 

Malheureusement, la nature anecdotique des histoires et le fait qu’il est difficile de distinguer entre eux les nombreux personnages rend la lecture un peu pénible. Chaque récit est intéressant en soi mais l’ensemble manque d’homogénéité et reste un peu confus. 

Étant plus une historienne qu’artiste, Sugiura Hinako n’avait pas de véritable talent pour le dessin. Le style de ses mangas (fait de lignes simples à l’encre avec du zip-a-tone pour les textures) est donc frustre, plutôt grossier et peu attrayant. La pauvre qualité graphique du manga n’est racheté que par le fait qu’il est inspiré du style traditionnel des ukiyo-e (estampes japonaises) et des kibyōshi (romans illustrés) eux-même et qu’il tente de reproduire très fidèlement les détails architecturaux et vestimentaires de l’époque d’Edo et plus particulièrement de Yoshiwara (le quartier des plaisirs de l’ancien Tokyo). C’est cet aspect historique authentique qui rends le manga intéressant malgré tout.

Donc, laborieux à lire, le deuxième tome est beaucoup moins intéressant et organisé que le premier. Cela reste une lecture intéressante mais seulement pour les amateurs de l’histoire du Japon. La façon la plus agréable d’apprécier ce récit reste encore le dessin animé.

Miss Hokusai, tome 2 par SUGIURA Hinako. Arles: Éditions Philippe Picquier (Coll. Picquier Manga / BD ), août 2019. 346 p., 15 x 22 cm, 19,00 €  / C$ 27.95. ISBN 978-2-8097-1419-7. Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. Pour lectorat adolescent (14+). stars-2-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Masaya Suzuki • Hiroko Suzuki 1996. Tous droits réservés. © Éditions Philippe Picquier 2019 pour la traduction française.

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Capsules

Cézanne et moi

CezanneEtMoi-cov“Ils s’aiment comme on aime à treize ans, ils partagent tout.  Paul est riche. Émile est pauvre. Ils quittent Aix, “montent” à Paris, où ils hantent les mêmes lieux, crachent sur les bourgeois, crèvent de faim puis mangent trop… Aujourd’hui Paul est peintre. Émile est écrivain. La gloire est passée sans regarder Paul. Émile lui a tout : la renommée, l’argent, une femme parfaite. Ils se jugent, s’admirent, s’affrontent. Ils se perdent, se retrouvent, comme un couple qui n’arrive pas à cesser de s’aimer.”

“Découvrez l’amitié tumultueuse méconnue de Cézanne et Zola, icônes du patrimoine français, interprétés avec brio par un duo d’acteurs d’exception Guillaume Gallienne (Guillaume et les garçons à table !) et Guillaume Canet (Jappeloup, Les Petits mouchoirs), tous deux lauréats d’un César du cinéma. Danièle Thompson (Le Code a changé) nous éblouit encore une fois avec ce film qui dépeint si bien la Provence et le Paris du XIXe siècle, et nous transporte au coeur du cercle des impressionnistes !”

[Texte de la jaquette du DVD]

( Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs )

Cézanne et moi est un beau film mais plutôt ennuyeux. C’est difficile d’apprécier un film, d’y trouver du plaisir, quand les deux personnages principaux sont si antipathiques. On n’arrive pas à s’identifier à eux ou à éprouver de la sympathie. Ils avaient peut-être du génie mais l’un manquait de confiance et était prompt aux excès de colère ou de déprime, et l’autre en avait trop et se donnait des airs prétentieux. Ils s’enviaient, n’arrêtaient pas de se voler leurs copines, puis se disputaient. C’était une amitié très colorée, orageuse mais si profonde… C’était la belle époque de la bohème !

Le film a essuyé un dur échec aux “box-office” et auprès de la critique (des ratings de 6.0 sur IMDb et de 54% / 50% sur Rotten Tomatoes) mais pourtant j’ai bien aimé. Évidemment, c’est un film un peu emmerdant mais il offre un bon récit, une belle photographie, une excellent jeu d’acteurs et c’est surtout intéressant pour ses aspects biographiques et historiques. On en apprend beaucoup sur Paul Cézanne et Émile Zola ainsi que sur cette époque de fin de siècle qui fut si riche culturellement (du naturalisme à l’impressionnisme, alors qu’ils côtoient les Manet, Mallarmé, Maupassant, Pissarro, Renoir ou Sisley). Quel contraste avec notre époque à la culture dissonante, où les gens ne croient plus ni à l’art, ni à la science ! Un bon passe temps en attendant la fin du monde… stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoogleIMDbNetflixOfficialWikipedia ]

Vous pouvez aussi regarder la bande-annonce sur Youtube:

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Capsules

Vendredi nature [002.020.094]

Felis sp.

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[ iPhone 8+, Musée de la Civilisation de Québec, 2019/06/26 ]

Chat momifié, Égypte antique [c. 2000+ ans], Natural History Museum of London.

Les Égyptiens momifiaient des chats (que l’on croit élevés pour cette unique fin) afin de les offrir à la déesse Bastet. Ce spécimen, qui est un don de l’Egypt Exploration Society, a été déterré par l’égyptologue anglais William Matthew Flinders Petrie entre 1900 et 1907. Il s’agit ici d’une espèce indéterminée d’un animal du genre Felis, de la famille des Felidae et de l’ordre des Carnivora. (Sources: la fiche signalétique de l’exposition et Wikipedia [FR / EN]).

J’ai pris cette photo en visitant l’exposition “Curiosités du monde naturel” qui se tenait au Musée de la Civilisation de Québec du 16 mai 2019 au 19 janvier 2020. J’en ai déjà parlé dans mes plus récents billets “Vendredi nature” (002.020.017024, 031038045052059066080 et 087). Voir aussi le vidéo memento de ma visite.

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Life at the time of the Corona

Or what to do when you’re stuck at home because of the COVID-19 social distancing mesures. 

There is not much we can do besides sleeping, taking walks in the park (while keeping our distance from other people), reading books, watching TV series or movies, or using the internet to virtually travel elsewhere. We took a little time to gather for you a few suggestions of places where you can find pleasurable distractions. Enjoy !

Reading

All libraries are closed but — if you don’t already have a good book collection at home or a nearby book store — you can always rely on digital books. Beside the obvious commercial options (Amazon, Audible, Barnes & Noble, Kobo), here are a few suggestions to find free digital books:

More precisely, if you want to read free manga online (see also a list on epubor), here a few suggestions:

Movies & music

There are plenty of free music streaming sites on the internet (Spotify, Pandora, Google Play, iHeartRadio, etc.) but personally I use mainly Internet Radio, Stingray, and TuneIn. 

However, beyond the commercial streaming sites (Amazon Prime Video, AppleTV+, Disney+, Hulu, Netflix, etc.), the free movies streaming sites are less well-known. Here are a few suggestions:

Also, if you are interesting in Japan and Japanese culture, I suggest you stream shows from NHK World.

Virtual visits

You can find a lot of places to visit virtually on Google: Art & Culture, but here are a few suggestions:

Museums

Music

Nature

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2020 Antiquarian Book Fair

Today I went to the Westmount Antiquarian Book Fair hosted by Mr. Wilfrid M. de Freitas (web) at the Centre Greene. I already mentioned several time my interest for old books (including posts on the previous book fair, my research to identify a copy of “Natural History”, and the other book fair at Concordia University). Strangely, I was hoping NOT to find anything interesting because I didn’t want to spend too much (and my wife thinks I have already too many books).

Therefore I gave myself very strict purchasing guidelines. I was looking for a 16th or 17th century edition, preferably with vellum or pigskin bindings, in average condition, about a subject related to classical authors (like Cicero, Pliny, Suetonius, etc.) and for a price under two-hundred dollars. I would have probably also considered any 18th century editions with veal or sheepskin bindings, in good condition and about a really interesting historical subject or a 19th century book about one of my current interests (a book by Isabella Bird [because of the manga about her travels in Japan] or a Bradshaw’s guide [because of Michael Portillo’s Great British Railway Journeys BBC documentary series]). But I found and purchased nothing. I am proud of myself!

There was a few interesting books but they were all outside my criteria and quite expensive (certainly over $500 and several even in the thousands, up to $4500 for one!). It really seemed overpriced even despite their good condition. I saw only two books within my budget, at $125 and $150, both at the table of François Côté (from whom I purchased last time). One I had already seen at the previous book fair (Disputationes de argumentis, quibus efficitur Christum prius fuisse, quam in utero Beatae Virginis secundum carnem conciperetur [questionnement théologique sur la Vierge Marie], par Josua Placeus, in-4, 1660, $125) and another one also on an ecclesiastical subject (I already have too many of those!). Maybe I’ll find a great treasure at the next book fair.

Speaking of which: the 37th Montreal Antiquarian Book Fair will be held on September 26-27 (Saturday: 12h00-18h00, Sunday: 11h00-17h00) at Pavillon McCornell of Concordia University (1400 De Maisonneuve Blvd West). It’s organized by the Confrérie de la Librairie Ancienne du Québec (unfortunately the link to both their FB and web page seem dead).

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Le chat du rabbin 9. La reine du Shabbat

le_chat_du_rabbin_9-cov“Le rabbin revient sur un élément ancien, fondateur du principe de départ de la série mythique de Joann Sfar. Le jour de l’enterrement de sa femme, il décide de garder un chat. Le chat. Pour Zlabya. Pour ne pas « être deux ». Des années plus tard, le chat se mit à parler. Un événement hors du commun qui questionna le rabbin sur sa foi, ses croyances, autant qu’il joua un rôle dans le désir de liberté et d’indépendance de la jeune Zlabya. Nous suivons Zlabya dans une aventure située entre le tome 1 et 2.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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Page 9

Le Malka des Lions raconte à des enfants incrédules l’histoire du chat du rabbin. Comme preuve il leur présente la longue tresse coupée de Zlabya, puis raconte l’histoire du jour où, se sentant incomprise, elle avait fugué de la maison et s’est fait passé pour un homme afin de pouvoir sortir avec sa copine Oreillette sans se faire emmerder par les hommes. Une fable féministe où Sfar ne manque pas, comme toujours, d’écorcher la religion (particulièrement la sienne, le judaïsme) au passage. Il discours sur l’absurdité de la religion et sur la névrose du juif, qui étouffe car il se sent pris entre les règles religieuses qui interdisent trop de choses et l’étrange hostilité du monde (l’antisémitisme). Si la situation est oppressante pour le juif Maghrébins, elle l’est d’autant plus pour la femme juive…

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Page 10

J’avais peur que le chat du rabbin n’ait plus rien à dire mais, rassurez-vous, Sfar a plus d’un tour dans son sac. Grâce à un judicieux retour en arrière le félin philosophe retrouve toute sa verve. Il récapitule d’abord l’histoire du chat, et donc l’album est un peu lent à partir, mais dès la page quarante-six c’est le début du véritable récit. J’aime bien l’écriture de Sfar qui aborde des sujets difficiles avec humour. Il y a toujours quelques bon gags dans ses albums. J’adore l’épisode où, tant bien que mal, le rabbin essai de donner son sermon à la synagogue et ses ouailles n’arrêtent pas de l’interrompre: “C’est vrai peut-être que les juifs c’est les meilleurs pour raconter les histoires juives. Mais raconter une histoire juive à des juifs, pardon, mais c’est la croix.” 

J’avais trouvé les derniers albums un peu décevants mais celui-ci nous offre à nouveau un récit fort, intéressant, intriguant et divertissant. Par contre, j’ai toujours des réserves quand au style de Sfar, caractérisé par les planches à six cases (il s’y tient les trois-quart de l’album), son dessin ondulant qui donne aux planches une apparence un peu brouillonne et criarde, de même que le texte des bulles parfois difficile à déchiffrer. Mais, bon, c’est son style: avec le temps on s’y habitue et ce n’est plus une distraction. Ses histoires sont suffisamment enrichissantes et amusantes pour qu’on lui pardonne cet écart.

Comme toujours (et même plus) c’est une excellente lecture. À lire absolument, surtout pour les amateurs de chats et de métaphysique! Et Sfar nous annonce déjà un dixième album intitulé “Retournez chez vous!”

Le chat du rabbin, 9: La Reine de Shabbat, par Joann Sfar. Paris: Dargaud (Coll. Poisson Pilote), octobre 2019. 76 pages. 22.5 x 29.8 cm, 15,00 € / $C 26.95, ISBN 978-2205-07950-0. Pour lectorat adolescent (12 ans et plus). stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat ]

© Dargaud 2019.

Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents:

chat-rabbin-tome-1-bar-mitsva chat-rabbin-2-malka-lions chat-rabbin-3-exode chat-rabbin-4-paradis-terrestre
chat-rabbin-5-jerusalem-d-afrique chat_du_rabbin_6-cov Chat_du_Rabbin-v7-cov ChatDuRabbin08-cov

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Egyptian mummies: Exploring ancient lives

IMG_7086“Egyptian mummies: Exploring ancient lives” is the North American premiere of an exhibition created by the British Museum. Using digital image projections, explanatory videos and over two-hundred objects from ancient Egypt, it “reconstructs the lives of six people who lived along the Nile”. It tells the story of each of those individuals, their beliefs and the diseases they suffered from.

The original British Museum exposition (opened to the public from May to November 2014) was showcasing eight mummies, one-tenth of their Egyptian mummies’ collection. However, for its international tour the exhibition was limited to six mummies. It first opened at the The Powerhouse Museum in Sydney, Australia (from December 2016 to Avril 2017) before moving to Hong Kong in 2017, then Taipei, Taiwan (from November 2017 to February 2018) and it is now at the Museum of Fine Arts in Montreal from September 2019 to March 2020. The next stop will be in Toronto at the Royal Ontario Museum from May to September 2020.

In the early days of Egyptology, the only way to learn about mummies was to unwrap them. 19th century European collectors were even turning this into a social event with lavish “unwrapping parties.” However, the British Museum, with its strong ethics about artifact preservation, always refused to perform any invasive intervention on its mummies and its collection is therefore in excellent condition. Since the 1970s the development of cutting-edge technology, like combining x-ray devices with high-resolution three-dimensional computerized imaging (computerized tomography (CT) scanning) in order to create detailed 3D visualizations of the internal structures, has revealed much more informations that a simple unwrapping would have provided — while still preserving the mummies’ integrity. Combining the resources provided by medical science with those learned from anthropology and archaeology, has allowed the egyptologists to learn a tremendous amount of information about the life and death of ancient Egyptians: not only their culture and way of life, but also their biology, genetics, diet, diseases, burial practices and embalming techniques. This exhibition is illustrating all this through the exemples of six in dividuals (and their mummies) who lived in the Nile valley between 900 BCE and 180 CE.

Apparently the only official catalogue of the exhibition’s international tour was produced by the Powerhouse Museum in Sydney and is now sold out. However, the catalogue from the original British Museum exhibition is still available.

You can visit (and visit again) “Egyptian mummies: Exploring ancient lives” at the Montreal Museum of Fine Arts (1380 Sherbrooke Street West) from September 14, 2019 to March 29, 2020.

It is a superb and fascinating exhibition, rich in informations and artifacts. I enjoyed it greatly and everyone must absolutely see it. When I visited, in early January, the museum was packed (so, PLEASE don’t bring your five or six year-old Kids, as they might not be old enough to understand the complexity of such subject, and don’t bring your crying baby in its giant stroller !!!). stars-4-0

Here’s a teaser of the exhibition (available on Youtube):

More information and pictures after the jump >>

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Boucler la boucle

Ville de Montr-al - Arrondissement de Villeray - Saint-Michel -

Mumbai vue à vol d’oiseau. © Kiran Ambwani

Vendredi 6 décembre à 17h30 avait lieu le vernissage de “Boucler la boucle”, une exposition de photographies par Kiran Ambwani. Celle-ci “propose une version intime du quotidien des habitants des bidonvilles de Mumbai à travers le regard de ses enfants et montre la beauté et leur résilience malgré la pauvreté qui les entoure.”

En contrepartie au projet de Mumbai, Kiran Ambwani a également réalisé un projet de médiation culturelle avec des élèves de sixième année de l’École Barclay de Parc-Extension. Les étudiants ont pu ainsi s’initier à la photographie et aussi découvrir leur quartier sous un oeil nouveau, au travers l’objectif de la caméra.

C’est une exposition très intéressante qui nous montre la perception que les enfants ont de leur environnement. Cela mérite certainement un coup d’oeil (pour une fois que la salle de diffusion de Parc-Ex est bien mise à profit avec une exposition qui offre plus qu’une demi-douzaine de pièces et qui mérite un petit détour!). Malheureusement il n’y avait à peine plus d’une vingtaine de personnes au vernissage…

[ extrait de la présentation de Kiran Ambwani lors du vernissage ]

L’exposition “Boucler la boucle” se tient à la Salle de diffusion de Parc-Extension (Complexe William-Hingston , 421, rue Saint-Roch) du 6 décembre 2019 au 19 janvier 2020. stars-3-5

(Sources: communiqué, culturevsp, Photo Solution, Newswire, Radio Canada International.)

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Capsules

SDL 2019 : Jour 1

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Mercredi, à la découverte du salon

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Plan du salon

Comme toute les années depuis que j’ai l’âge de raison, je suis aller faire mon tour au salon du livre de Montréal mercredi soir. C’était gratuit pour tous alors il y avait foule (mais c’était tout de même beaucoup plus calme que dans l’après-midi). Comme à mon habitude j’ai déambulé dans un sens puis dans l’autre afin de pouvoir jeter un œil sur un maximum de nouveautés. Bien sûr il y trop de beaux livres pour tout voir alors j’ai surtout porté attention aux kiosques des diffuseurs de BDs et de mangas (Interforum, Flammarion, Hachette et La Boîte). Par le passé le salon était surtout composé de rangées de petits kiosques où chaque éditeurs présentait ses produits mais avec le temps, les éditeurs se sont rassemblés dans l’espace des diffuseurs / distributeurs qui devenaient de plus en plus gros chaque années. A un point ou s’était difficile de déambuler dans le salon en suivant le quadrillage des allées car ces gros kiosques obstruaient la circulation. Je dois dire que cette année le plan du salon a grandement été amélioré et la circulation en était grandement facilitée.

[ SDL, mercredi soir, 2019/11/20, vers 17h44 ]
>> Voir l’avertissement concernant les photos/vidéos <<

Comme le mentionne le communiqué de presse, “la mission première du Salon est de promouvoir le livre et le plaisir de la lecture comme biens culturels dans la société québécoise.” La thématique annuelle est “se raconter” et elle se décline autour de la poésie, du conte, des littératures de l’imaginaire, du polar et de sous-thématiques comme l’environnement, la parentalité, la diversité, la technologie, etc. De nombreuses initiatives et évènements étaient organisés dans le cadre du salon. De plus, le salon innovait avec la présence de deux kiosques thématiques: l’un sur un quartier de la ville (St-Michel) et un sur un pays invité (l’Ukraine). Finalement, cette année, les invité(e)s d’honneur étaient Enki Bilal, Fanny Britt, Jean-Paul Daoust, Tristan Demers, Antonine Maillet, Andrée Poulin, Sheila Watt-Cloutier et Webster.

D’abord, je note encore l’absence des bibliothèques de Montréal au salon, qui ratent l’occasion idéale de promouvoir la lecture dans les bibliothèques. La bibliothèque de St-Michel a bien sûr fait quelques animations dans la cadre du “quartier invité” mais les bibliothèques auraient pu faire tellement plus que cela. C’est très décevant…

IMG_6660J’avais deux grands objectifs au salon cette année. D’abord, rencontrer Enki Bilal. Malheureusement, toutes ses apparitions au salon (séances de signature, conférences, etc.) se sont retrouvées en conflit d’horaire avec d’autres engagements et je n’ai pu voir que son espace de signature vide… Très frustrant. 

9782356740748_largeAussi, je désirais mettre la main sur la dernière bande dessinée de Philippe Gauckler, Kébek, t. 1: L’éternité publié aux Éditions Daniel Maghen. Il s’agit d’une adaptation du roman La nuit des Temps de René Barjavel, que j’ai lu et adoré étant ado. J’ai envoyé un courriel à l’éditeur pour connaître qui était leur diffuseur au Québec et si leurs titres seraient présent au salon. Je n’ai reçu aucune réponse, alors j’ai dû faire ma petite enquête… Je suis d’abord allé voir l’un des plus gros diffuseurs de BDs et j’ai demandé s’ils distribuaient les Éditions Daniel Maghen. On me réponds “C’est pas nous mais je crois que c’est Dimedia.” Je vais donc voir Dimedia et on me réponds “C’est plus nous mais je ne me souviens pas qui est le nouveau diffuseur…” (Hum, oui, bien sûr…). J’essai encore deux autres diffuseurs avant de finalement découvrir que c’est Interforum qui distribue les Éditions Daniel Maghen. Malheureusement, le changement de diffuseur s’est fait trop récemment et ils n’ont pas encore reçu de stock. Donc aucun exemplaires au salon. Grosse déception. C’est tout de même étonnant qu’un livre sortie à la fin août en Europe ne soit toujours pas disponible au salon !! Heureusement, on me dit que le Gauckler devrait être disponible en librairie imminemment (en fait, il semble déjà l’être chez Renaud Bray, Archambault). En ligne, il n’est pas disponible chez Amazon.ca mais on le retrouve chez Les Libraires (qui dessert les ventes en ligne des librairies Raffin, Planète BD et Monet; on l’indique disponible depuis le 1er novembre !). À ce prix là ($37.95, mais tout de même pour 88 pages), je vais probablement le lire en bibliothèque

Dans mes déambulations au salon (et en périphérie), j’ai fait quelques découvertes. D’abord La Pastèque a publié un nouveau “Paul” de Michel Rabagliati (le neuvième de la série): Paul à la maison. Aussi, les Éditions Albert René nous offrent un trente-huitième album pour les soixante ans d’Astérix: La fille de Vercingétorix. Pour l’occasion on retrouve également toute une ligne de sous-produits livresques dont les plus intéressants sont: Les citations latines expliquées et Les vérités historiques expliqués (tous les deux chez EPA et écrits par Bernard-Pierre Molin) ainsi que Les banquets d’Astérix par Thibaud Villanova et Nicolas Lobbestael (chez Hachette, collection Gastronogeek). Glénat a sorti un album commémorant ses cinquante ans d’édition. J’ai également remarqué un nouveau roman par Claude R. Blouin (aussi un spécialiste du cinéma japonais) aux Éditions Mots en toile: Irina Hrabal. Je note également la sortie d’un nouveau Chat du Rabbin (#9: La Reine de Shabbat) et d’un nouveau Yoko Tsuno (#29: Anges et Faucons) !

Finalement, côté manga, j’ai découvert deux titres qui méritent notre attention. D’une part, Ki-oon publie une autre adaptation d’un chef d’oeuvre de Lovecraft par Gou Tanabe, c’est fois il s’agit de Dans l’abîme du temps (un seul volume de 368 pages). D’autre part, j’ai découvert chez Bayard Jeunesse une collection qui nous raconte L’Histoire en manga (mes deux sujets favoris!): v.1 Les débuts de l’humanité, v.2 L’antiquité grecque et romaine, v.3 L’Inde et la Chine antiques, v.4 D’Attila à Guillaume le Conquérant, v.5 De l’empire mongol à la Guerre de Cent ans, v.6 La Renaissance et les grandes découvertes, v.7 L’Histoire en Europe de la Reine Elisabeth à Napoléon. J’ai bien hâte de lire tous cela.

J’essaierai de commenter la plupart de ces titres dans les prochaines semaines (ou mois). Je ferai aussi une autre visite au salon samedi pour le lancement du numéro 212 de Solaris au kiosque d’Alire. J’ai l’intention d’y prendre de nombreuses photos et de faire quelques entrevues. Gardez un oeil sur cette page (Watch this space, comme ils disent en anglais!).

Le salon du livre de Montréal s’est donc tenu à la Place Bonaventure du 20 au 25 novembre, 2019. L’année dernière, le salon avait annoncé qu’il déménageait au Palais des Congrès mais, n’ayant pas réussi à obtenir les dates désirées, le SDL est demeuré à la Place Bonaventure pour 2019. Toutefois, il faut dire adieu à la Place Bonaventure, car cette fois c’est bien vrai, le salon aura lieu au Palais des Congrès l’an prochain. La raison de ce déménagement n’est pas très claire (manque d’espace? travaux de rénovations à la Place Bonaventure?), mais, bon, on verra bien de quoi cela a l’air l’an prochain…

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Acquisition au SLAM

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SLAM 2019

Comme je l’ai récemment mentionné, la 36ème édition du Salon du livre ancien de Montréal (SLAM) se tenait ce week-end au Pavillon McConnell de l’Université Concordia. L’événement est organisé par la Confrérie de la Libraries Anciennes du Québec. Je n’ai malheureusement pas pu résister à aller y faire un tour et j’ai acquis deux nouveaux titres pour s’ajouter à celui que j’avais acheté en mars et ainsi accroître ma collection de livres anciens.

Le choix a été difficile car les titres vraiment intéressants étaient trop onéreux pour moi — je recherchais surtout des auteurs classiques ou des sujets d’histoire, de belles reliures mais seulement des éditions datant du XVIe ou XVIIe siècle et avec un budget de moins de deux-cent dollars. J’ai donc dû me résoudre à acquérir des titres traitant de sujets moins intéressants mais tout de même anciens (XVIIe). 

IMG_6391Ce salon était toutefois un vrai régal pour les yeux. Parmi les titres qui ont attisé ma convoitise je peux nommer (sans ordre précis): Johannis secondi opera [l’oeuvre du poète néerlandais Jean Second, aka Jan Everaerts] (in-12?, 1651, $350), Histoire des guerres de Flandre par Guido Bentivoglio (4 vols, in-16?, 1769, $150), Stratagematum satanae, libri octo par Iacopo Aconcio (1652, $650), Mythologie, c’est a dire, Explication des fables par Natale Conti (8vo, énorme bouquin de plus de mille pages!, 1612, $5000 !!!), l’oeuvre de Flavius Joseph [Flavii Josephi viri inter Judaeos clarissimi Opera omnia] (2 vols. In-folio, 1611, $500), Disputationes de argumentis, quibus efficitur Christum prius fuisse, quam in utero Beatae Virginis secundum carnem conciperetur [questionnement théologique sur la Vierge Marie], par Josua Placeus (in-4, 1660, $125), l’oeuvre de Tite-Live en allemand [Romainsche historiën van Titus Livius] (in-folio, 1646, $650), Historia Inquisitionis: Cui subjungitur Liber sententiarum Inquisitionis Thololosanae ab anno Christi MCCCVII ad annum MCCCXXIII [histoire de l’Inquisition, suivi du livre des sentences de l’Inquisition de Toulouse, entre 1307 et 1322], par Philipp van Limborch (in-folio, 1692, $2000 !!), Rerum Romanarum [abrégé de l’histoire romaine], par Lucius Annaeus Florus (1683, $325), et Controversiae viginti quinque super regulam fratrum minorum [un commentaire des controverses sur les vingt-cinq règles de l’ordre des Franciscains], par Francisco Luengo de San Bernardino (1642, $300). Que de trésors! Mais tous trop cher pour mon maigre budget. Je me suis rabattu sur deux petits ouvrages moins intéressants mais pas trop dispendieux…

IMG_6393Histoire de Ferdinand-Alvarez de Tolède (…) Tome Premier, [par Antonio Osorio] À Paris, chez Jean Guignard, 1698. Biographie du troisième duc d’Albe, vice-roi de Naples et gouverneur des Pays.Bas. Ce n’est pas la reliure typique pour un livre du XVIIe (normalement en peau de porc) mais ressemble plus aux reliures cartonnées du XVIIIe. Soit que la reliure a été refaite ou alors, comme ce livre date de la toute fin du XVIIe, l’éditeur avait déjà adopté ce style de reliure… Beau in-12 mais ce n’est que le premier tome. Toutefois, celui-ci je l’ai acquis spécifiquement pour en faire cadeau à mon “neveu”, amateur de curiosités et d’histoire…

IMG_6394Instructio Sacerdotum, ac Poenitentium (…) [Instruction des prêtres sur le repentir], par Francisco de Toledo; Sacramento Ordinis, par Martino Fornario; Tractatus de origine et clausura sanctimonialium, par Andrea Victorello;  Institutio confessariorum, par Martino Fornario. Venetia, Caroli Conzatti, 1667. In-quarto, quatre ouvrages en un. Sujet peu intéressant, en condition plutôt moyenne (gondolé, tâché, trace de mouillures) mais c’est mon premier in-4 (et premier éditeur italien), obtenu à très bon prix.

Ma collection (XVIe et XVIIe s.):

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De g. à d.: Summa Toleti (1667), Svmma Omnivm Conciliorvm et Pontificvm (1633), Lucien (1664), Valere Maxime (1659), Qvinti Horatii Flacci Poemata (1643), Aesopi Fabulae (1593), [Iustiniani] Digestorum sev pandectarum (1581)

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CODEX_TRAVERSÉE DU SILENCE

La salle de diffusion de Parc-Extension (421, rue Saint-Roch) est une fois de plus l’hôte d’une exposition en arts visuels du 5 septembre au 13 octobre. Sous le commissariat de Mariza Rosales Argonza, cette exposition, intitulée Codex_Traversée du Silence est présentée dans le cadre de la 11e édition du Festival LatinArte.  C’est une “prise de parole qui transcende les frontières culturelles et temporelles pour rendre visibles la pluralité et la permanence des voix ancestrales en tant qu’acte conscient afin de percer l’invisibilité“.

C’est une belle “exposition” mais c’est plutôt pauvre puisqu’on n’y retrouve que sept grandes oeuvres par Dinorah Catzalco et deux installations audio-visuelles (par Rodrigo Velasco et Teo Zamudio). Cela vaut quand même la peine d’y jeter un coup d’oeil si vous passez par la bibliothèque de Parc-Extension, qui est juste à côté…

Photos du vernissage, le 5 septembre 2019, on l’on retrouve (dans le désordre) les artistes [Teo Zamudio, Rodrigo Iván Ramírez Velasco et Dinorah Catzalco], la mairesse d’arrondissement [Giuliana Fumagalli], la Conseillère du quartier Parc-Ex [Mary Deros], et les représentants de la salle de diffusion [Martin Hurtubise], du Conseil des Arts de Montréal, et de LatinArte [Mariza Rosales Argonza]. 

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Fête Nationale

Bonne Saint-Jean à tous!

Saint-Jean-Baptiste_et_l'Agneau_de_DieuNe trouvez-vous pas étrange qu’un état qui viens de passer une loi pour forcer la laïcité célèbre l’anniversaire d’un saint catholique comme fête nationale? N’est-ce pas absurde, voir hypocrite? Comprenez-moi bien: j’ai toujours été en faveur de la laïcité mais une laïcité pour tous et pratiquée dans le libre choix.

De toute façon, je crois qu’il est malgré tout plus approprié de se baptiser dans la bière au nom du solstice (fête de la musique, midsummer, etc.) que pour célébrer Saint Jean le baptiste

Vive l’été !

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[ Illustration: “Saint-Jean-Baptiste et l’Agneau de Dieu”, par Liénard de Lachieze (enlumineur français du XVe s.), Missel romain copié en 1492 pour l’évêque de Comminges Jean de Foix, feuillet 252r. (Sources: Wikimedia; BnF – Gallica, ms. latin 16827).]

Cabinets of curiosities

My nephew, Sébastien, has just started a blog (in French) about how he is building and assembling his own cabinet of curiosities. It is very interesting. He is suggesting lots of crafty and thrifty ways to create such cabinet. I particularly like his entry about old books. He is very creative (he is a writer after all) and has a very strong background in science (molecular biology); he really succeeds to combine both aspects with great ingenuity. With this blog he is sharing his passion for the scientific wonders and natural oddities of the past. I am quite impressed. It is fascinating and I recommend to have a look.

My nephew also reminds us that my great friend Mario Tessier, the venerable and learned scholar known as the “Futurible”, had introduced us to the history of the cabinet of curiosities in one of his famous “Carnets” published in Solaris #191 (p. 111-125). It is quite an edifying article that I encourage you to read if you want to push further your knowledge on this subject.

AthenianTetradrachma

Athenian Tetradrachma (5th c. BCE)

I have myself been collecting such curiosities since I am a child. When I settled in my home I placed a glass case in the center of the library room where I gathered a few of those items collected over the years. Unfortunately, for lack of space, it is a small display and most of my collection is still in boxes, spread around the house on top of bookshelves or even (for my most precious items like my Athenian tetradrachma, my Marc Antony or Lucius Verus denarii or my Leo I the Thracian solidus) in a safe. I have already introduced my collection in an entry about old books. However, inspired by my nephew, let me now elaborate a little more about my own cabinet of curiosities.

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Aesope’s Fables [1593]

Of course, most of my collection is articulated around books — mostly old ones. However, as a kid, I started collecting stones, minerals, fossils and coins (very few of those are displayed). At some point, because I was studying the origin of metallurgy in ancient Mesopotamia, I started collecting metal cups (mostly in silver and tin — choose wisely your graal!) and my roman studies prompted me to acquire many greek, roman and byzantine coins. Whenever I can I try to add some antiquities (pseudo or authentic) or pieces of old technology (but those are rare and expensive, so I’ve acquired them so far from family or friends). But I am mostly into old books and metal stuff… Here is the core of my cabinet of curiosities:

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Left side

Top: my collection of cups and (plated) silver plates; note the authentic 4th c. roman terracotta on the left. Bottom: my oldest books (16th-17th c.), some fossils, amethyst and native copper samples, a few coins, more metal cups and some Japanese-style tea cups (on top of a portable Go board).

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My oldest books

Detail of the fossils and old books (Svmma Omnivm Conciliorvm et Pontificvm [1633], Lucien [of Samosata] [1664], Valerius Maximus Factotum ac dictorum memorabilium libri IX [1659], Qvinti Horatii Flacci Poemata [1643], Aesopi Phrygis: Fabulae [1593], and [Iustiniani Augusti] Digestorum sev pandectarum (Pars quarto [liber XX-XXVII]), De Pignoribvs et hypothecis [1581]).

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Right side

More old books (18th-19th c.), metallic gobelets, non-metallic cups (the smallest is in walrus ivory), a pair of small wooden masks of unknown origins (Balinese? Malaysian?), an (half-hidden) incised Malian knife with leather scabbard, some Inuit art, a false skull (an ashtray in pottery) and various mementos.

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On top of the shelves: a metronome, my grandpa’s French horn, an 18th c. tradesman’s balance scale, Chinese art reproductions, fake katanas, an original Rubik’s Cube and an authentic (undated) Chinese ding (ritual bronzes).

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On top of the shelves: a 70s helicopter’s pilot helmet, an (African? Undated) bronze mortar & pestle, a transportable Lumex microscope, an old 1-A Kodak Jr folding camera [1912] and a terrestrial globe (60s or 70s).

I have many more interesting items that I could display. Following my nephew’s example, I will do my best in the future to find clever ways to share them with visitors (and seek to acquire — or make — new ones; although I am far less creative than Sébastien). And you, do you have a cabinet of curiosities?

To be continued?

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