Revue de zines… [002.020.305]

Un survol de quelques zines en tous genres… J’en épluche le contenu pour vous.

Animeland #231 (Juillet-Août 2020)

Animeland-231Avec ce numéro Animeland termine sa transformation en mook avec l’adoption d’un format légèrement plus petit (19.2 x 27 cm) et nous offre un super-dossier sur Ghost in the shell (quarante-deux pages)! On remarque en premier lieu des changements au niveau de la rédaction: jusqu’au début de 2019 Émilie Jollois était directrice de publication avec Christopher Macdonald comme Rédacteur en chef, puis Cédric Littardi la remplace avec Steve Naumann comme directeur éditorial. Avec ce numéro, Christopher Macdonald n’est plus mentionné et on retrouve deux directeurs éditorial: Sébastien Post (pour Ynnis) et Sébastien Célimon (pour Animeland). AM Media Network en est toujours l’éditeur et Anime News Network y est toujours un actionnaire mais la relation semble en être maintenant plus une de collaboration et d’entre-aide…

Le dossier de couverture commence avec un portrait du créateur de Ghost in the Shell, Masamune Shirow, puis on en décrit l’univers, les personnages, et les différents titres (série TV, OVA, films) avant d’aborder la plus récente série: GitS SAC_2045. On en fait le portrait des réalisateurs (Kenji Kamiyama et Shinji Aramaki), on poursuit sur des portraits et entrevues avec le producteur (Taiki Sakurai) et la conceptrice russe (character design, Ilya Kuvshinov). Finalement on traite de la musique, de la fascination de Shirow pour les armes et puis des figurines consacrées à la série.

En plus de la une, le numéro est divisé en cinq grandes sections: “On a vu” introduit quelques animation notoires (Altered Carbon: REsleeved, Sing Yesterday for me, Gleipnir, Appare-Ranman,  BNA, Tower of God, Carole & Tuesday S2, La famille Willoughby), un dossier (20 pages) sur comment l’industrie de l’animation s’en tire (ou pas) face au confinement de la COVID-19, et “Focus” qui met en lumière divers sujet d’actualité (l’animation Ailleurs de Gints Zilbqlodis, la plateforme de BD numérique Webtoon, l’anime Castlevania, et le festival virtuel de Annecy 2020). Après un dernier dossier (22 pages) qui fait le tour des plateformes de Video À Demandes (VÀD ou streaming) d’anime en France (Crunchyroll, ADN, Wakanim, Netflix, Amazon Prime, Okoo, France 4, Disney+), le numéro se conclut sur une série de chroniques (Jeu vidéo, Trouvaille, Musiques et Humeur).

Le format et la présentation sont agréables et aérés. Le contenu est varié et riche mais (comme je l’ai souvent dit) parfois un peu vague. J’apprécierais plus d’informations détaillées comme une fiche en encart qui donne toutes les informations de production sur un titre. Finalement, grave erreur, pas un mot sur les mangas dans ce numéros ! WTF?! L’industrie du manga est très liée à celle de l’anime et en est pour moi INDISSOCIABLE. Cette absence est impardonnable et sera corrigée j’espère dans les prochains numéros. (Je sais il s’agit ici d’ANIMEland mais je m’attend tout de même à une balance 50/50 ou tout au moins 60/40 entre les deux sujets). Finalement, l’ultime question demeure: ces changements réussiront-ils à permettre au magazine de survivre en ces temps difficiles ? (Le temps nous le dira… Pour l’instant je dois attendre que le numéro 232, qui vient tout juste de paraître, traverse l’Atlantique…)

Intéressant mais aussi un peu décevant. stars-3-0

dBD #144 (Juillet 2020)

dBD-144À la une ce numéro dBD nous offre une entrevue avec Jim, qui nous parle de sa série Une nuit à Rome à l’occasion de la sortie du tome quatre (chez Grand Angle). Le numéro se poursuit sur des entrevues avec Joël Alessandra (Les Voyages d’Ibn Battûta, avec Akalay, chez Dupuis, coll. Aire Libre), Romain Hugault (Pin-up Wings, t. 5 chez Paquet Coll. Cockpit), Zep (sur sa série Titeuf et la participation à une campagne Covid-19), Pascal Pierrey (rédacteur en chef de Picsou de 1990 à 2020) et James & Daniel Clarke (Kariba, chez Glénat).

On retrouve également des articles sur le dessinateur des petits Mickey Floyd Gottfredson, sur l’éditeur de manga Pika à l’occasion de son vingtième anniversaire, et sur l’intersection entre disques et BD (“Les disques d’aventures”). L’article sur Pika Éditions est tout particulièrement intéressant. Fondée en janvier 2000, cette maison d’édition spécialisée dans le manga s’adapte sans cesse pour rester compétitive: en 2007 elle intègre le groupe Hachette, puis adopte le Digital first (publiant ses titres d’abord en ligne), en 2015 elle se lance dans le “Simultrad” (parution de chapitre traduit en français en même temps que la version japonaise), en 2016 elle lance la collection Pika Graphik pour les titres plus sérieux, puis acquiert Nobi Nobi pour avoir une collection jeunesse, en 2018 elle y ajoute le “manfra” (manga de création française!). Ce qui fait qu’elle est maintenant le 2e éditeur de manga en France (avec 1800 titres, 64 séries en cours, 350 nouveautés par an et 40 millions d’exemplaires vendus au total) !

Dans le Cahier Critique je note La couleur tombée du ciel par Gou Tanabe chez Ki-oon (Super: “toujours le même soin apporté à la fabrication du livre (…) le trait sombre et détaillé de l’auteur japonais fait une nouvelle fois mouche, plongeant le lecteur dans l’émoi et la crainte”), Anonyme ! t. 1 par Kimizuka & Hioka chez Soleil/Manga (Super: ”une série qui se révèle plus fine qu’il n’y paraît“), Peuple Invisible par Shohei Kusunoki chez Cornélius (Super: “recueil de récits courts (…) paru dans le fameux magazine Garo entre 1970 et 1972. (…) Le résultat est surprenant, plein d’emphase pour un petit peuple souterrain, dont les tranches de vie questionnent en permanence la validité de leur propre existence. (…) excellent raconteur et très bon dialoguiste.”), Orient – Samurai Quest t. 1 par Shinobu Ohtaka chez Pika (Bien: “Si ce premier tome est globalement maîtrisé, il se révèle en revanche assez répétitif”) et Ad Romam t.1 & t.2 un collectif aux Éditions du Rocher (Bien: “Avec cette trame fantastico-historique, la série peut présenter de façon didactique et plutôt vivante l’histoire antique (…). Le tout est de bonne facture (…) malgré les dessins assez maladroits (…).”).

Comme toujours, dBD nous offre une lecture riche en informations et en découvertes… stars-4-0

dBD #145 (Août 2020)

dBD-145Un numéro spécial Été qui nous offre simplement les coups de coeur de la rentrée (neuf albums tout public et trois albums jeunesse) — mais pas d’actualités ou de Cahier Critique. Pour chaque titre, on retrouve une entrevue avec l’/les auteur(s) et un bref extrait d’environ trois à cinq pages. 

Du côté tout public on retrouve Radium Girls par Cy chez Glénat (Coll. Karma), Tanz ! Par Maurane Mazars chez Le Lombard, Les croix de bois par JD Morvan & Percio (d’après Dorgelès) chez Albin Michel, Mademoiselle J t.2 par Yves Sente & Laurent Verron chez Dupuis, Stern t.4: Tout n’est qu’illusion par Frédéric & Julien Maffre chez Dargaud, L’Alcazar par Simon Lamouret chez Sarbacane, Journaux troublés par Sébastien Perez & Marco Mazzoni chez Soleil (Coll. Métamorphose), Les frères Rubinstein t.1 par Luc Brunschwig, Leroux & Chevallier chez Delcourt, ainsi que Terre t.1 par Christophe Dubois & Rodolphe chez Daniel Maghen.

Du côté jeunesse on retrouve Le roi des oiseaux par Alexander Utkin chez Gallimard, L’Homme qui courait après sa chance par Pozla chez Delcourt et Les géants t.1: Erin par Lylian, Paul Drouin & Lorien Aureyre chez Glénat.

Rien de bien excitant dans ce numéro. stars-3-0

Nouveau Magazine Littéraire #29 (Mai 2020)

lnml-298Je ne lis pratiquement jamais de magazine sur la littérature générale mais ce Spécial Science-Fiction par Le Nouveau Magazine Littéraire (récemment racheté par son concurrent Lire) me semblait intéressant. En effet, outre les habituelles chroniques (Idées, Portrait, Critiques essais et fiction) que j’ai a peine survolées, ce numéro offre deux dossiers qui vont bien ensemble: un sur “Où est le progrès ?” et un autre sur la Science-Fiction.

Le dossier de couverture (vingt pages) se demande si notre société / civilisation fait encore des progrès (d’un point de vue littéraire, philosophique, économique et, bien sûr, scientifique). Doit-on remettre en cause la notion de progrès? Intéressante question. Les articles nous propose, évidemment, plusieurs suggestions de lecture pour poursuivre la réflexion…

Le dossier SF (en trente-deux pages) nous propose un dizaine d’articles. Dans “Prenez les issues de secours!”, Alexis Brocas nous présente différents scénarios où les auteurs de SF traitent de la survie de l’Humanité. Selon René Barjavel, dans La Faim du Tigre, cela se résume à une alternative: soit l’autodestruction apocalyptique, soit la fuite dans les étoiles…

Dans “Avis de réapparitions”, le magazine fait un retour sur les oeuvres fondamentales de trois auteurs dont on fête le centenaire: Frank Herbert (Dune), Isaac Asimov (Les Robots, Fondation, La Fin de l’Éternité) et Ray Bradbury (Fahrenheit 451, Chroniques Martiennes).

Dans “Narrés au décollage” on explore deux thèmes essentiels du genre: les voyages interstellaires et la terraformation de planètes. Dans la même ligne, “Panorama: Huit Planètes” nous présente les voyages galactiques au travers de huit monde différents: Luna (de Ian McDonald), L’archipel du rêve (de Christopher Priest), Trantor (dans Fondation de Isaac Asimov), Omale (de Laurent Genefort), Hypérion (de Dan Simmons), Trisolaris (dans Le Problème à Trois corps de Liu Cixin), Oasis (dans Le Livre des choses étranges de Michel Faber) et Vermillon Sands (de J.G. Ballard).

Dans ”Do you speak globish?”, Frédéric Landragin offre une réflexion sur les différentes manières dont la littérature de SF approche le problème principal du premier contact: l’aspect linguistique.

Dans “La main sur le tracker”, Marie Fouquet compare la surveillance accrue de l’état (drone, application de traçage, reconnaissance faciale) au temps de la crise COVID non pas avec le classique 1984 d’Orwell mais avec Les Furtifs d’Alain Damasio.

Dans “Ils nous l’avaient bien dit !”, Jean-François Paillard présente une SF, non pas postapocalyptique, mais celle qui annonce les lendemains qui chantent, les mondes meilleurs. Au delà du classique Meilleurs des Mondes (Aldous Huxley), il cite Ecotopia (Ernest Callenbach), Les dépossédés (Ursula Le Guin), Simon Du Fleuve 1: Le Clan des centaures (Claude Auclair), Après le monde (Antoinette Rychner), Gandahar (Jean-Pierre Andrevon), Semiosis (Sue Burke) ou Sa majesté des clones (Jean-Pierre Hubert).

Dans ”Galaxies africaines”, Hubert Prolongeau nos introduit à l’afrofuturisme avec des titres comme Nova (Samuel R. Delany), Kirinyaga (Mike Resnick), Qui a peur de la mort ? (Nnedi Okorafor), La Trilogie de l’héritage (Nora Keita Jemisin), L’Incivilité des fantômes (Rivers Solomon) et Rouge Impératrice (Léonora Miano).

Dans “L’invention de nouveaux genres”, Sandrine Samii nous parle de la SF déclinée au féminin qui s’interroge sur la sexualité: La Main gauche de la nuit (Ursula K. LeGuin), La Servante écarlate (Margaret Atwood), Chronique du pays des Mères (Élisabeth Vonarburg), Dawn (Octavia Butler) et Libère-toi Cyborg! (Ian Larue).

Dans “Humains, plus trop humains”, Alexis Brocas nous parle de notre extinction avec des romans apocalyptiques comme Je suis une légende (Richard Matheson), Le Fléau (Stephen King), La Route (Cormac McCarthy), Un Cantique pour Leibowitz (Walter M. Miller), Niourk (Stefan Wul), ou même World War Z (Max Brooks).

Un dossier SF ne serait pas complet sans un article sur les adaptations cinématographiques, ce que nous offre Hervé Aubron avec “Au cinéma, l’odyssée de l’impasse”. Le tout se termine sur une bibliographie qui nous suggère une sélection d’auteurs cultes: Philip K. Dick (Le dieu venu du centaure), Robert A. Heinlein (Étoiles, garde à vous!), Robert Silverberg (Les profondeurs de la Terrre), Jack Vance (Cycle de Tschaï), William Gibson (Neuromancien), A.E. Van Vogt (Le cycle du Non-A), Stefan Wul (Niourk), Stanislas Lem (Solaris), Ursula K. LeGuin (La main gauche de la nuit), Ayerdale (Mytale), Dan Simmons (Hypérion), Ann Leckie (La justice de l’ancillaire) et Pierre Bordage (Les guerriers du silence). On y ajoute aussi un essai: L’autre-mental: Figures de. l’anthropologue en écrivain de science-fiction (Pierre Déléage). stars-3-5

Solaris #214 (Printemps 2020)

Solaris-214Ce numéro spécial de Solaris est consacré aux Univers de Joël Champetier. Cinq ans après le décès de ce talentueux écrivain québécois, dix auteurs revisitent ses univers en nous offrant des textes qui s’inspirent et se situent dans l’oeuvre de Joël.

  • “Le passeur de livres” par Geniève Blouin se situe dans l’univers du Mystère des Sylvaneaux
  • “Comment le shiba aux pattes silencieuses décida l’avenir du monde” par Philippe-Aubert Côté se situe dans l’univers de “Visite au comptoir dénébolien” originalement publié dans Sourires
  • “Petite Poule rousse” par Jonathan Reynolds se situe dans l’univers de La Peau Blanche
  • “Celui qui crie” par Ariane Gélinas se situe dans l’univers de La mémoire du lac
  • “La mémoire du papillon” par Pascal Raud se situe dans l’univers de L’aile du papillon
  • “La mort au fond du monde” par Sébastien Chartrand se situe dans l’univers de La mer au fond du monde
  • “L’Amour en l’absence” par Jean-Louis Trudel se situe dans l’univers de La taupe et le dragon
  • “La voie du maître” par Éric Gauthier se situe dans l’univers des Sources de la magie 
  • “Le Rouge” par Élisabeth Vonarburg se situe dans l’univers de “Poisson-soluble” originalement publié dans Solaris #59
  • “Concerto pour extraterrestres ou mathématiciens” par Hugues Morin et Joël Champetier se situe dans l’univers de “Luckenbach, les mathématiques, et les autres dangers de Montréal” originalement publié dans Solaris #100

Le numéro se termine avec un autre épisode des “Carnets du Futurible”, par Mario Tessier: “Joël Champetier et la science dans ses oeuvres de fiction”. Le Futurible nous présente d’abord une courte biographie de l’auteur, puis commente quatre nouvelles (“Survie sur Mars” in ASFFQ 1987, “Coeur de fer” in Solaris 93, “Dieu, un, zéro” in ASFFQ 1990 et “Luckenbach, les mathématiques, et les autres dangers de Montréal” in Solaris 100) et deux romans (La Mer au fond du monde et La Taupe et le dragon) qui comportent des références explicites à la science.

Un fascinant numéro de Solaris qui se veut en quelques sortes un compagnon pour Tous mes univers, un recueil qui offre l’intégrale des nouvelles de Joël Champetier (trente-deux textes, 570 pages!, publié chez Alire), incluant même un inédit: le premier chapitre du roman inachevé Le Carrousel martien. stars-4-0

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Revue de zines… [002.020.209]

Un survol de quelques zines en tous genres… J’en épluche le contenu pour vous.

Animeland #230 (Avril-Juin 2020)

Animeland-230Après des délais de parution, des problèmes de distribution et finalement la COVID-19, je commençais à craindre pour la santé d’Animeland… Mais non, le magazine français de l’anime et du manga nous reviens avec une nouvelle formule qui tiens plus du mook que du magazine. C’est un superbe numéro de 144 pages, plein à craquer de dossiers richement illustrés et d’information de toutes sortes (mais il n’y a plus de section sur les actualités car il est beaucoup plus pertinent et opportun de les retrouver sur le site internet). Ce que AL aurait toujours dû être…

À la une on retrouve un énorme dossier de cinquante pages (!) sur City Hunter : la série télé, les épisodes essentiels, les films, OVAs et dérivés, la musique, portraits du créateur (Tsukasa Hojo) et de son personnage (Ryô Saeba), un article sur Family Compo (un autre manga de Hojo) et finalement des interviews avec Kenji Kodama (réalisateur de l’anime), Akira Kamiya (voix japonaise de Ryô Saeba), Vincent Ropion (voix française de Ryô Saeba), Momoko Suzuki (interprète des chansons de l’anime) ainsi que Philippe et Pierre Lacheau (scénariste et réalisateur de l’adaptation cinématographique Nicky Larson et le Parfum de Cupidon).

Le numéro se poursuit avec une trentaine de pages d’interviews avec Rumiko Takahashi (12 p.), Yukito Kishiro (6 p.), Hisashi Eguchi (6 p.), Makoto Aizawa (3 p., sur Quand la neige m’appelle chez ChattoChatto),  Di Nianmiao (4 p., sur UltraMarine Magmell chez Ototo), Hiroki Goto (2 p., sur Jump: L’âge d’or du manga chez Kurokawa), et Olivier Cuvellier (3 p.)

Puis on retrouve une section de chroniques sur l’anime (12 p.: fiches sur les parutions récentes, liste des titres de la saison d’Hiver 2020 et des parutions à venir), sur les films (6 p.), sur les mangas (16 p., articles sur Chainsaw Man, Lovecraft et le manga, Kôji Seo, ainsi que des fiches sur les parutions récentes et la liste des titres à venir — où je note que le tout dernier Mari Yamazaki, Olympia Kyklos, devait paraitre chez Casterman en juin!), et sur les “goodies” (12 p.).

Un très beau numéro, riche en informations. À lire absolument pour les amateurs d’anime et de manga. stars-4-0

Voir aussi mes commentaires sur les numéros précédents: #228-229, #227, #226, #225, #224, #217-218-219, #216, #214-215, #209.

Capsules

dBD #142 (Avril 2020)

dBD-142Dans les actualités de ce numéro on retrouve un article sur Claire Bretécher (décédée en février), sur la reprise de la série (par Van Liemt et Zidrou) et une exposition à la cité du livre d’Aix-en-Provence de Ric Hochet, et sur la nouvelle collection manga “Moonlight” de Delcourt/Tonkam qui offre trois titres: Parasites amoureux (Miaki / Hotate), Le prix du reste de ma vie (Miaki / Tagushi) et Derrière le ciel gris (Miaki / Loundraw). On mentionne également la nouvelle collection KuroTsume consacrée aux “mangas” français et le décès de André Chéret, créateur de Rahan.

À la une, on retrouve un interview avec Mathieu Lauffrey (Raven, t.1 Nemesis chez Dargaud). S’enchaîne ensuite des interviews avec Alcante, Laurent-Frédéric Bollée et Denis Rodier (La bombe chez Glénat), avec Fabien Toulmé (sur L’Odyssée d’Hakim t.3 De la Macédoine à la France, chez Delcourt), avec Cécile Becq (sur l’intéressant Ama, Le souffle des femmes en collaboration avec Franck Manguin, chez Sarbacane) et avec Dugomier (sur Les Omnicients t.1 Phénomènes, chez Le Lombard). On retrouve aussi des articles sur les adaptations BD de Boris Vian (à l’occasion du centenaire de sa naissance), sur travaux préparatoires de Brüno pour L’Homme qui tue Chris Kyle (en collaboration avec Fabien Nury, chez Dargaud), et sur le scénariste Hubert (qui s’est suicidé en février).

Dans le Cahier Critique je note seulement deux mangas: Un monde formidable par Inio Asano chez Kana (Top!, des histoires courtes plutôt noire qui “propose une image déprimante du Japon”) et Shibuya Hell t.1 par Hiroumi Aoi chez Pika (Bien, “une fois accepté le ridicule de la situation, ce survival-horror (…) est plutôt rondement mené, notamment grâce à un dessin des plus expressifs”).

Une fenêtre sur l’univers complexe de la bande dessinée… stars-3-0

Capsules

dBD #143 (Mai-Juin 2020)

dBD-143À cause du confinement dû au COVID-19, dBD à sauté son numéro de Mai mais nous offre à la place un numéro double (128 pages au lieu de 96) pour Mai-Juin. À la une on retrouve d’abord une série d’articles-hommages (30 pages) sur les grands disparus de l’année : Juan Gimènez, Albert Uderzo, André Chéret, René Follet, et François Dermaut. Dans l’actualité, je note note un article sur la création d’une nouvelle collection de manga, Life, dans le cadre de Big Kana, qui se consacrera au lectorat mûrissant des jeunes adultes (20 à 30 ans) et dont les premiers titres sont d’abord Just Not Married par Kinoko Higurashi (en mai), First Job, New Life! par Yoko Nemu (en juillet), Cigarette and Cherry par Daishiro Kawakami (en septembre), et au second semestre, Corps solitaire par Haru Haruno (en octobre), Chacun ses goût par Machita (en novembre), et & -And par Mari Okazaki (en décembre — c’est quoi tout ces titre en anglais!!).

Le numéro se poursuit sur des interviews avec Zanzim (sur Peau d’homme, en collaboration avec Hubert, chez Glénat), avec Zabus & Hippolyte (sur Incroyable! chez Dargaud), avec Dimitri Armand et Tristan Roulot (sur Le convoyeur t.1 Nymphe, chez Le Lombard), avec Alex W. Inker (sur Un travail comme un autre, d’après le roman de Virginia Reeves, chez Sarbacane), avec Laurent Lerner (sur les éditions Delirium), et avec Dawid (sur SuperS t.5 avec Frédéric Maupomé et À l’unisson avec Delphine Cuveele, tous deux chez La Gouttière). On note également un article sur les chansons de bande dessinées.

Dans le Cahier Critique je remarque Hero Skill t.1 par Akagishi, Eguchi & Masa chez Delcourt/Tonkam (Bien, “prometteur”), San Antonio t.2 par Michaël Sanlaville chez Casterman (Bien, “atmosphères foldingues (…), coquin àa souhait, violent juste ce qu’il faut, rigolo comme pas deux”), Chainsaw Man t.1 par Tatsuki Fujimoto chez Kazé (Super, “si le scénario est pour l’instant assez léger, le traitement graphique est lui époustouflant”) et Néo Parasite par Hitoshi Iwaaki chez Glénat (Super, le commentaire de lecture ne correspond pas du tout à ce qu’est ce bouquin: il commente la réédition de Parasite alors que Néo Parasite est une anthologie d’histoires courtes qui rendent hommage à l’univers créé par Hitoshi Iwaaki !). Dans la section jeunesse, je note deux manga: Jizo par Mr Tan & Mato chez Glénat (Top! “Un ouvrage magnifique, dont la poésie n’a d’égale que la puissance évocatrice”) et Snack World t.1 par Sho.T chez Nobi-Nobi (Bien, “adapté d’un jeu vidéo à succès (…) agacé par les références répétitives aux smartphones (…), le dessin est lui d’un très haut niveau”).

Informatif et essentiel pour se tenir à jour sur la pléthore de parutions en BD. stars-3-5

Voir aussi mes commentaires sur les numéros précédents: #141, #140, #138-139, #136-137, #135, #133-134, #132, #130, #121, et #115.

Capsules

Solaris #212 (Vol. 45, #2 / Automne 2019)

Solaris-212Comme je l’ai déjà dit, Solaris est un périodique québécois de science-fiction et de fantastique qui nous offre en deux volets (fiction / documentaire et critique) une fenêtre privilégiée sur la SF&F francophone et plus particulièrement la SFFQ. Elle se réclame d’être “l’Anthologie permanente des littératures de l’imaginaire”. C’est un outil indispensable à tout amateur de SF et de fantastique. (Les citations descriptives proviennent de la présentation par Jean Pettigrew).

Dans le volet fiction de ce numéro, on retrouve cinq textes : “Manifeste 2113” par Frédéric Parrot (où le lecteur doit “prendre une terrible décision qui engagera l’avenir de la race humaine”), “Le Vieillard, l’enfant et la cuillère pensante” par Denis Roditi (où l’auteur “explore les confins extrêmes de l’éthique”), “Mémoire vive” par Étienne-Janosik Desforges (“une étonnante histoire dans laquelle les horreurs de la première Grande Guerre, le fantastique et la science-fiction s’entremêlent dans une intrigue à glacer le sang”), “Écho perdu” par Geneviève Blouin (où l’auteure “raconte (…) l’improbable rencontre de deux femmes que tout — mais vraiment tout ! — sépare…”) et “Eau et Diamant” par Derek Künsken (“un fascinant voyage dans un futur habité-contrôlé-maîtrisé par les IAs et la culture chinoise”).

Dans le volet documentaire on retrouve deux articles : Albert Robida : de la satire de la science à la science-fiction” par Julien Chauffour (où on “analyse (…) l’oeuvre de ce dessinateur humoriste et écrivain de grand talent, hélas un peu oublié bien qu’il eut été une figure tout aussi importante que Jules Verne en son temps”) et  “Les Carnets du Futurible : À nous l’infini, ou les visages de la philosophie cosmiste” par Mario Tessier (“qui souligne dignement le cinquantième anniversaire du premier pas de l’Homme sur la Lune”).

Dans le volet critique nous retrouvons les habituels “Littéranautes” (pour les ouvrages locaux) et “Lectures” (pour les ouvrages étrangers) — vous pouvez vous référer au sommaire en ligne pour la liste des titres commentés.

Une bonne et informative lecture. stars-3-0

Voir aussi mes commentaires sur les numéros précédents: #213 et #198.

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Capsules

Pline, vol. 8

Le goût de la ciguë

Pline_8-covL’Histoire a retenu son nom. Mais que savons nous du plus grand savant de l’Antiquité ?

“Pline découvre les merveilles d’Alexandrie : son phare, sa bibliothèque… mais une lettre de Sénèque le pousse à reprendre ses voyages. Un nouveau périple qui le fera tomber nez à nez avec le minotaure, ainsi que le colosse de Rhodes ! Néron, quant à lui, est toujours sous le choc suite à l’incendie de Rome. Livré à lui-même, il va devoir se résigner à faire appel à Pline…

[texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Pline (titre original: プリニウス / Plinius ) est une biographie du naturaliste romain Pline l’Ancien par Mari Yamazaki (Thermae Romae) et Miki Tori. Prépublié au Japon par Shinchôsa dans le périodique Shinchô 45 et dans la magazine littéraire Shinchô depuis le chapitre 54, ce manga seinen est traduit en français chez Casterman (Collection Sakka) et en est maintenant au huitième volume. Le neuvième tome devrait paraître en octobre 2020.

Cette série de manga continue de nous raconter deux récits qui s’entremèlent: d’une part, le voyage de Pline autour de la Méditerranée afin de receuillir toutes sortes d’informations pour l’écriture de son Histoire Naturelle, et d’autre part la vie politique à Rome sous Néron.

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Page 32

À Rome on ressent encore les répercussion de la conspiration de Pison pour assassiner l’empereur et du grand incendie qui a complètement détruit trois quartiers de la ville. Poppée, qui est enceinte, cherche à défendre la réputation de l’empereur (qui est blâmé pour l’incendie) et enquête sur les causes du sinistre. Elle découvre que c’est Tigellin qui a provoqué l’incendie et, par l’intermédiaire du juif Lévite, a utilisé des conspirateurs chrétiens pour répendre le feu en leur faisant croire que c’était sous les ordres de l’empereur et que celui-ci favoriserait leur secte en échange. Peu de temps plus tard, Poppée meurt empoisonnée — mais c’est encore Néron, qui l’avait frappé dans un geste de colère, qui est blâmé pour sa mort… Éperdu de chagrin, Néron cherche l’oubli dans la construction de son nouveau palais, la Domus Aurea. Son obsession ruine la ville mais Tigellin profite de la situation pour faire d’une pierre deux coups: il continue à tourner le peuple contre l’empereur en finançant les travaux grâce à la confiscation des biens de nobles qu’il a préalablement accusé d’avoir supporté la conspiration de Pison… Vespasien est de retour à Rome mais Néron lui demande de l’accompagner en Grèce où il entend participer aux jeux olympiques. Néron cherche à faire revenir Pline à Rome pour qu’il organize la bibliothèque de son palais.

À peine arrivé à Alexandrie, Pline apprends que Sénèque, qui était accusé d’avoir comploté contre Néron, s’est donné la mort avec une infusion de ciguë (imitant ainsi Socrate, mais Tacite raconte qu’il s’était aussi ouvert les veines). Il visite la fameuse bibliothèque d’Alexandrie (dont rien n’a été conservé mais les auteurs se sont inspiré de la bibliothèque de Celsus à Éphèse pour en établir le visuel), puis se rends en Crète et finalement à Rhodes.

Extraits des pages 5 à 9

Dans ce volume on retrouve plusieurs des Sept Merveilles du monde antique: la pyramide de Gizeh, la phare d’Alexandrie et le colosse de Rhodes. Étant donné que le voyage que Pline et ses compagnons font en Afrique et en Grèce relève de la pure fiction, les auteurs laissent libre cours à leur imagination et ajoutent au récit des éléments fantastiques. Ainsi ils mélangent le mythe du Minotaure à celui du géant de bronze Talos pour créer un automate monstrueux mi-humain, mi-taureau que Félix et Euclès doivent affronter dans le dédales du palais en ruine de Cnossos. Le monstre a sans doute été créé par cet inventeur mécanicien originaire de Rhodes (qui n’est d’ailleurs pas nommé) à qui Pline viens rendre visite en Crète et qui lui montre la machine d’Hypérion. Celle-ci a d’ailleurs réellement existé: c’est la machine d’Anticythère, découverte dans une épave romaine sur les côtes d’une île près de la Crète.

Pline est un excellent manga dont le récit est à la fois captivant et instructif. Tout en suivant les péripéties des personnages, nous découvrons non seulement les intrigues politiques à la cour de Néron, mais aussi plusieurs aspects de la vie quotidienne sous l’empire romain. La sujet est fort bien documenté et la narration est fluide et agréable. Toutefois, plus que tout, c’est le dessin précis et détaillé de Mari Yamazaki et Tori Miki qui donne à ce manga sa superbe qualité artistique. Beau et intéressant, Pline offre une lecture passionnante pour tout amateur de manga historique et de la Rome antique. Vivement recommandé!

Pline, vol. 8: Le goût de la ciguë, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), octobre 2019. 200 pg (180 planches), 13.2 x 18 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-203-18382-7. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. stars-4-0

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldcat ]

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

Pline_1-cov Pline-2-cov Pline-v3-cov Pline-v4-cov Pline-v5-cov pline-v6-cov pline-v7-cov

Pline © 2019 Mari Yamazaki, Tori Miki • 2019 Casterman pour la traduction française.

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Capsules

L’Histoire en manga (6)

La renaissance et les grandes découvertes

Histoire_en_manga-6-cov“Une collection pour découvrir l’histoire en image. Des expéditions de Christophe Colomb au tour du monde de Magellan… De la chute de l’Empire bysantin à la fondation de la dynastie Qing… De Michel-Ange à Léonard de Vinci, ce manga raconte l’histoire du monde pendant… la renaissance et les grandes découvertes !”

[Texte de la couverture arrière]

“Au sommaire de ce tome, une période riche traitée sous ses multiples aspects avec toujours 5 chapitres mangas et 30 pages documentaires.

– L’essor de l’Empire ottoman : La formation de l’Empire ottoman; Bajazet 1er et la bataille de Nicopolis ; Tamerlan et Mehmed II la chute de l’Empire byzantin; Soliman le Magnifique et le siège de Vienne ; L’essor de l’Empire moghol.

– La Renaissance et trois grands maîtres de la peinture : Florence et la Renaissance; Léonard de Vinci ; Le David de Michel-Ange ; La rivalité entre Léonard de Vinci et Michel-Ange; Raphaël et Michel-Ange; Léonard de Vinci et la mort de Raphaël.

– Luther et la Réforme : Léon X et la vente d’indulgences; Les 95 thèses de Luther; Luther devant la diète de Worms; La diète de Spire et les protestants; Jean Calvin; La fondation de l’Église d’Angleterre.

– Christophe Colomb et les grandes découvertes : Le Portugal ouvre une nouvelle route maritime; La découverte du cap de Bonne-Espérance; Christophe Colomb et Isabelle la Catholique; Christophe Colomb et la découverte de l’Amérique; Les voyages de Vasco de Gama et de Magellan; Cortés et Pizarro.

– La Chine sous le règne des dynasties Ming et Qing : La révolte des Turbans rouges; La fondation de la dynastie Ming; Le règne de Ming Yongle; Le missionnaire jésuite Matteo Ricci; La fondation de la dynastie Qing; L’empereur Kangxi et le missionnaire jésuite Giuseppe Castiglione.“

[Texte du site de l’éditeur ]

Cette série de manga éducatif (Gakushū manga) se poursuit avec ce sixième volume qui était originalement intitulé Gakken Manga — Nouveau Manga d’apprentissage de l’Histoire du Monde, 6: La Renaissance et l’âge de la découverte  [ 学研まんが NEW世界の歴史 6 学習まんが 6 ルネサンスと大航海時代 / Gakken manga nyū sekai no rekishi – gakushū manga 6kan runesansu to daikōkaijidai ].

Après avoir vu des séries télévisées comme Les Borgias ou Les Médicis: Maîtres de Florence et avoir lu l’excellent manga de Fuyumi Soryo, Cesare, j’ai trouvé pertinent de lire ce manga documentaire traitant d’une autre période historique qui m’intéresse beaucoup: la Renaissance.

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Page 72-73

L’artiste a encore changé (Shirotsumekusa est de toute évidence un pseudonyme ou le nom d’un groupe d’artistes puisque シロツメクサ veut simplement dire “Trèfle Blanc”) et pour le mieux puisque le dessin est très bon (particulièrement le travail des dégradés couleurs, bien sûr réalisé à l’ordinateur) et agréable à l’oeil. Comme tout les ouvrages de cette série la narration et le découpage du récit est conçu pour son effet dramatique afin de préserver l’intérêt du lecteur malgré le sujet un peu trop académique. Le principal défaut de ce genre d’ouvrage réside dans le fait que c’est un récit très condensé où on ne présente que les faits saillants d’une histoire pourtant riche en détails. 

C’est néanmoins un bon manga éducatif qui peut servir à introduire le lecteur (jeune ou adulte) à l’histoire du monde d’une façon intéressante et divertissante.

L’Histoire en Manga: T. 6, La renaissance et les grandes découvertes, par Shirotsumekusa (dessin) et Hidehisa Nanbô (texte) (Traduction par Aurélien Estager, Aude Boyer et Yohan Leclerc). Montrouge: Bayard Jeunesse, juin 2019. 192 pages, 16 x 23.5 cm, 12,90 € / $C 24.95. ISBN 979-1-0363-0865-9. Pour lectorat adolescent (12+ ans). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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Voir mes commentaire sur les volumes précédents:

Histoire_en_manga-1-cov HistoireEnManga-2

© Gakken 2016. © Bayard Édition, 2019 pour la traduction française.

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Capsules

RIP John Lewis

March-Lewis-covSadly, Congressman John Lewis died yesterday [BBCCNNGoogle  NYTUSA Today]. He was a hero of the American Civil Right Movement, one of the “Big Six”. In March 1965, he received a severe head injury during the “Bloody Sunday” as he led protesters across the Edmund Pettus Bridge while attempting to march from Selma to Montgomery. Since 1988 he has held a seat at the U.S. House of Representatives for Georgia’s 5th congressional district. He must be remembered for his accomplishments which are even more important in the midst of the Black Lives Matter movement.

I also want to remind everybody that John Lewis (in collaboration with Andrew Aydin and Nate Powell) wrote a biographical comic book retelling his struggle. More than ever it is worth a look…

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Sherlock Holmes en bande dessinée (2)

BDs hommages & pastiches

Dans la première partie de cette série d’articles sur les adaptations de Sherlock Holmes en bande dessinée, j’ai traité des adaptations canoniques c’est-à-dire qui racontent fidèlement les récits des romans de Sir Arthur Conan Doyle. Il s’agissait principalement de la série britannique écrite par Ian Edginton et illustrée par Ian Culbard, publiée en anglais chez SelfMadeHero (2009-2011), puis traduite en français chez Akileos (2010-2011).

Dans cette seconde partie je vais traiter des pastiches (parodies) et des hommages à la série de romans du célèbre détective. Ces adaptations sont beaucoup plus nombreuses (et il me faudra sand doute plus qu’un article pour les couvrir). Je commence pour les deux plus importantes, d’abord parce qu’elles sont plus connues mais aussi parce que ce sont des séries de plusieurs volumes.

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(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Baker Street : all you need is Holmes 

BakerStreet-Intégral-covOubliez Léonard de Vinci, Darwin, Einstein… Sherlock Holmes est l’homme le plus intelligent du monde. Ou pas.

[Texte de la couverture arrière]

“Enfin les aventures déjantées du plus célèbre des détectives et de son acolyte médecin en version intégrale. Retrouvez les cinq tomes de la série dans cette édition unique. Des éclats de rire en perspective.

Saviez-vous que le docteur Watson doit une grande partie de sa popularité à une méduse? Que Sherlock Holmes pratique parfois le cambriolage ? Et seriez-vous capable de trouver un rapport entre un diable en boîte, un haltère, un réveil-matin, un cactus et une masse d’armes ? Non ? Eh bien plongez-vous dans les carnets secrets du docteur Watson, miraculeusement exhumés par deux froggies…

[Texte du site de l’éditeur]

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Page 3

Cette édition intégrale de la série Baker Street compile les cinq volumes de la bande dessinée par Veys et Barral. Le premier volume, Sherlock Holmes n’a peur de rien, inclue cinq histoires courtes: “L’incident sur la Tamise” (6 p.), “Ophiophobie” (7 p.), “Tossing the caber” (8 p.), “Le bois rouge de Pernambouc” (16 p.),  et “Rançon pour une momie” (10 p.). 

Dans le second volume, Sherlock Holmes et le Club des sports dangereux (48 p.), on retrouve une histoire loufoque où le quatuor de détectives imbéciles (Holmes, Watson, Lestrade et son cousin Brodie) doit enquêter tout à la fois sur “Le profa­nateur” (alias Jack le Moustacheur), une tentative de meurtre sur Lestrade, un meurtre à huis clos dans un club bien particulier, une gerbille surexcitée et sur une série de disparitions mystérieuses près du Limehouse !

Dans le troisième volume, Sherlock Holmes et les Hommes du Camellia (48 p.), notre petit groupe doit aidé M. Clipton, un producteur de thé du Ceylan, à retourner dans son pays en six semaines pour la lecture du testament de son oncle afin de pouvoir hériter de la plantation familiale. Toutefois, un compétiteur — un producteur de thé chinois, M. Teawings — fera tout pour les en empêcher!

Le quatrième volume, Sherlock Holmes et l’Ombre du M (52 p.), est la suite directe du précédent. La lecture du testament s’est révélé être un canular, mais lorsque l’oncle de Clipton meurt vraiment d’une crise cardiaque, le testament révisé exige cette fois, pour hériter de la plantation familiale, qu’il retourne en Angleterre et fasse un spectacle de clown devant la reine! Pour contrer Holmes, Teawings engage son ennemi juré, Moriarty! Cette fois l’adversaire est plus coriace alors, pour rendre leur itinéraire moins prévisible, Holmes y introduit un élément de hasard…

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Page 208

Dans le cinquième et dernier volume, Le Cheval qui murmurait à l’oreille de Sherlock Holmes, on retrouve — en plus de l’aventure titre (34 p.) où Holmes, affligé par l’oisivité, tente d’élucider le vol inexplicable de documents sur une base militaire (dont le menu du mess des officiers!) — cinq histoires courtes (une sans titre [4 p.], “Le jour de Watson” [3 p.], “Rendez-vous à Chelsea Bridge” [2 p.], “Coucher de soleil sur l’abattoir” [2 p.] et “Rendez-vous au Strand” [2 p.]) et une dizaine de gags en une seule case. L’édition intégrale se termine avec les couvertures originales des cinq volumes.

Cette bande dessinée respecte bien l’univers victorien créé par Sir Arthur Conan Doyle mais nous présente une version très humoristique et plutôt irrévérencieuse des personnages (dont le visuel est d’ailleurs inspiré par les acteurs Jeremy Brett et David Burke, qui incarnèrent le célèbre duo de détectives dans la série télévisée de Granada).

L’aspect visuel (dessin et mise en page) est bien réussi. Quoi que inégale cette série est agréable à l’oeil. Le récit est bien mené puisqu’il est à la fois captivant et très drôle. Cela n’a évidemment rien à voir avec les véritables aventures de Sherlock Holmes mais, en plus d’en respecter l’esprit, c’est aussi très divertissant et je me suis beaucoup amusé avec cette lecture. C’est une excellent parodie que je recommande chaudement.

Baker Street : all you need is Holmes [Édition Intégrale], par Pierre Veys (scénario) et Nicolas Barral (dessin). Paris: Delcourt, novembre 2017. 266 p., 22.5 x 29.7 cm, 34.95 € / $C 59.95, ISBN 978-2-413-00028-0. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© 2017 Éditions Delcourt

Capsules

Les quatre de Baker Street 

t. 1, L’affaire du rideau bleu

Quatre_de_Baker_Street-1-covUne série captivante et romanesque librement inspirée de l’œuvre d’Arthur Conan Doyle ! Trois détectives en herbe pour une enquête digne du maître de Baker Street !

Billy, Charlie et Black Tom sont insé­­p­ara­bles. Et pour cause : impossible de survivre seul dans l’East End londonien, peuplé de faux mendiants, de vrais ruffians et de franches canailles ! Heureusement, les trois amis peuvent compter sur la pro­tection d’un certain Sherlock Holmes, pour lequel ils font parfois office d’espions des rues… Mais lorsque la fiancée de Black Tom est kidnappée sous leurs yeux, nos héros vont devoir mettre au plus vite à profit les leçons de leur mentor pour la retrouver saine et sauve… en s’adjoignant les services d’un quatrième larron pour le moins inattendu. Place aux Quatre de Baker Street, la plus jeune équipe de détectives de l’époque victorienne !

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Cette bande dessinée mets en scène non pas le grand détective lui-même (Holmes et le Dr Watson n’apparaissent que dans les quatre dernières pages!) mais des personnages secondaire: les fameux “Irréguliers” ou “Francs-tireurs” de Baker Street, une troupe d’enfants de la rue qui sont les yeux et les oreilles du détective et qu’il utilise pour des missions de surveillance. Avec le temps, les membres de la troupe ont grandi ou se sont trouvé d’autres activités et il n’en reste plus que trois: Billy (William Fletcher, un jeune garçon bien éduqué), Black Tom (Tommy O’Rourke, Irlandais et l’acrobate du groupe), Charlie (Charlotte, habillée en garçon elle est en réalité une fille, la modératrice du groupe). La quatuor est complété par Watson, le chat de gouttière tigré. Lorsque Sherlock Holmes n’est pas disponible, alors les Quatre de Baker Street mènent l’enquête eux-même! Dans ce premier album, la petite amie de Black Tom est kidnappée et le quatuor devra retracer les coupables, puis s’attaquer au Rideau Bleu, “un bordel chicot du West-End.”

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Page 5

Dans sa préface, Régis Loisel louange le talent de l’artiste: “Sa mise en scène aux cadrages énergiques sert le scénario à merveille, les décors sont précis et généreux et l’ambiance générale est soutenue par des couleurs somptueu­ses.” Si je suis d’accord avec la première partie de son commentaire (les décors et la mise en page sont très adéquats) mon opinion est à l’opposée sur les couleurs: je n’aime guère le dessin un peu trop anguleux à mon goût par moment, les ombrages sur les visages me semblent un peu exagérées et, surtout, le choix d’une palette de couleurs sombres, tout dans le brun et le sépia, me déplait beaucoup. Je comprends que l’artiste voulait sans doute rendre l’atmosphère victorienne (brumeuse, étouffante, ancienne — à moins que cela soit un problème d’impression?) mais je trouve cela très laid. 

Par contre, l’histoire est excellente. Le récit est bien mené, captivant et les personnages sont crédibles et attachants. L’histoire est sérieuse, fidèle à l’esprit des Aventures de Sherlock Holmes. Il s’agit donc d’un digne hommage à Conan Doyle. Dans l’ensemble, malgré les faiblesses du style graphique, c’est une bonne lecture.

Il est intéressant de constater que cette bande dessinée a non seulement été traduite en anglais chez Insight Comics [Goodreads], mais qu’elle a aussi été adapté en animation par les studios Folivari, Canal Plus et Studiocanal [voir la page officielle et le teaser sur Vimeo]. Cela démontre bien l’intérêt et la qualité de la série.

Les quatre de Baker Street t. 1, L’affaire du rideau bleu, par Jean-Blaise Djian & Olivier Legrand (scénario), David Etien (dessin et couleur). Issy-Les-Moulineaux: Vents d’Ouest, janvier 2009. 56 p., 24 x 32 cm, 13.90 € / $C 22.95, ISBN 978-2-7493-0437-3. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© 2009 Vents d’Ouest

Capsules

t. 2, Le dossier Raboukine

Quatre_de_Baker_Street-2-covLes Quatre de Baker Street sont de retour !

Londres, 1890. Billy, l’apprenti détective, Charlie, la petite fille grimée en garçon, et Black Tom le monte-en-l’air sont trois gamins des rues unis par une solide amitié. Accompagnés du matou Watson, ils arpentent les bas-fonds de l’East End, menant enquêtes, filatures et autres missions de confiance pour le compte d’un certain… Sherlock Holmes. Ce nouvel opus voit nos héros se mêler d’une ténébreuse affaire impliquant des révolutionnaires russes exilés à Londres et la police secrète du Tsar… Nos protagonistes vont avoir fort à faire pour déjouer machinations, trahisons et mauvais coups…

Le premier tome de cette série avait fait l’unanimité, grâce au dessin dynamique et étonnant de maîtrise de David Etien et au scénario mené tambour battant de Djian et Legrand. On se replonge avec délectation dans ce second tome, qui nous entraîne dans une nouvelle enquête passionnante et nous fait découvrir un peu plus ces gamins gouailleurs et attachants.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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Page 3

Dans cette aventure, les quatre de Baker Street doivent enquêter sur un complot politique impliquant des révolution­naires Russes. Alors que des prostitués sont à nouveau assassinées dans White­chapel (dont Sally, une amie de Billy), on craint le retour de Jack l’Éventreur. Toutefois, le quatuor découvrira que cette affaire est en fait liée à un complot de la police secrète du Tsar pour discré­diter les révolutionnaires socialistes réfugiés à Londres. Holmes étant absent, il incombe au quatuor de venir en aide à Katia Ivanovna et son compagnon Victor Raboukine!

Avec cet album, le graphisme s’est beaucoup amélioré: le style est un peu plus agréable et les couleurs en tons de brun et sépia moins présentes (quoique inconsistantes puisqu’au début elles semblent servir pour représenter des scènes de nuit, mais celles-ci se retrouvent avec de beaux tons de bleu vers la fin de l’album)… Le récit, toujours aussi captivant et sérieux, est également plus riche et intéressant. Cet album nous offre donc une très bonne lecture.

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T. 8, page 3

Les Quatre de Baker Street est une série très prometteuse qui en est déjà à son huitième album. La série continue donc avec le tome 3: Le Rossignol de Stepney, le t. 4: Les Orphelins de Londres, le t. 5: La Succession Moriarty, le t. 6: L’Homme du Yard, le t. 7: L’Affaire Moran et le t. 8: Les Maîtres de Limehouse. J’ai eut la chance de mettre la main sur un extrait papier des dix premières pages de ce huitième album (paru en octobre 2019) et je dois avouer que cette série a fait beaucoup de chemin et m’apparait excellente (l’amélioration du style graphique est particulièrement frappante). À lire certainement.

Les quatre de Baker Street t. 2, Le dossier Raboukine, par Jean-Blaise Djian & Olivier Legrand (scénario), David Etien (dessin et couleur). Issy-Les-Moulineaux: Vents d’Ouest, avril 2010. 56 p., 24 x 32 cm, 13.90 € / $C 22.95, ISBN 978-2-7493-0519-6. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© 2010 Vents d’Ouest

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Capsules

I’ll never tell (Catherine McKenzie)

ill-never-tell-9781501178634_xlgFrom Catherine McKenzie, the instant bestselling author of The Good Liar, comes a riveting domestic suspense in the vein of Liane Moriarty that sees five siblings forced to confront a tragedy they thought was buried long ago.

What happened to Amanda Holmes?

After the sudden death of their parents, the MacAllister children return to the run-down summer camp where they spent their childhood. The four sisters and their elder brother haven’t all been together at Camp Macaw in over twenty years—ever since a tragic and mysterious accident.

Over the course of the Labour Day weekend, the siblings must determine what to do with the property, now worth millions. But a stunning condition of their father’s will compels them to face their past—and come to a decision that threatens to tear them apart forever.

A sharp and engrossing novel of suspense, I’ll Never Tell reveals what happens when the secrets and lies that hold a family together are finally exposed.

[Text from the publisher’s website; see also the back cover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

I’ll never tell is a whodunit novel in the style of Agatha Christie. A family is reunited in a summer camp after season for the reading of their parents’ will as they both died in a train accident. But a clause put by their father forces them to resolve an unsolved murder perpetrated by one of them twenty years ago in this same camp. Over the years miscommunication had brought its lot of painful imbroglio and misunderstanding. With the final reveal (and some twists) the web of lies and secrets culminates in drama to finally bring resolution and closure to the family.

It is a mystery novel — a thriller ? — and a touchy-feely chick-lit story altogether, full of thoughts on the meaning of relationships: between parents and children, between siblings and between couples (happy or unhappy and of all gender orientation). Catherine McKenzie [ BiblioFBGoodreadsGoogleWeb ] is certainly skilled at developing the psychology — and often the darker aspects — of her characters. In this ninth novel, she uses again a narration at the first person done through multiple point of views… including the one of the victim ! (I guess it is her style; but at least this time [I previously commented on her novel Hidden] she puts the name of the narrator in the head of each chapter).

I’ll never tell is well written as the storytelling is fluid and compelling. More importantly, the plot remaining believable despite its several twists and turns, it is quite enjoyable. Therefore it constitutes a very good read that — once you get familiar with the characters and settings — you can barely put down until the end. Catherine McKenzie is a local writer worth our attention. I will certainly read another of her books (she has published ten so far and most of them have even been translated in French). Her latest novel, You can’t catch me, just came out and Paramount Television Studios has already acquired its rights for a TV series. They also had previously acquired the right for I’ll never tell. 

I’ll never tell, by Catherine McKenzie. Toronto: Simon & Schuster, June 2019. 384 pages, 14 x 21.5 in, $C 22.00. ISBN 978-1-5011-7863-4. For young adult (16+). stars-3-5

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© 2019 by Catherine McKenzie

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Capsules

Revue de zines [02.020.161]

dBD #141 (mars 2020)

dBD-141Dans les “actualités” (tout étant relatif puisque c’est le numéro de mars), je note que Casterman réédite en un seul gros volume de 440 pages Les années douces, un excellent manga où Jiro Taniguchi adapte le roman de Hiromi Kawakami. Aussi Delcourt-Tonkam republie en “Perfect Edition” les dix volumes de Maison Ikkoku par Rumiko Takahashi (qui a reçu le Grand Prix d’Angoulême l’an dernier).

À la une de ce numéro on retrouve un dossier sur Les Indes fourbes par Alain Ayroles et Juanjo Guarnido (Delcourt). On nous présente même un deuxième dossier, encore plus intéressant, sur les adaptations littéraire en BD où on nous introduit, entre autre, à Dracula (de Bram Stoker par Georges Bess chez Glénat), J’irai cracher sur vos tombes (de Boris Vian par Jormorvan, Ortiz, Yen et Macutay chez Glénat), Les morts ont tous la même peau (de Boris Vian par Morvan, Erramouspe et Vargas chez Glénat), Le vagabond des étoiles (de Jack London par Riff Reb’s chez Noctambule), L’Amant (de Marguerite Duras par Kan Takahama chez Rue de Sèvres), Karoo (de Steve Tesich par Bézian chez Delcourt), et Couleurs de l’incendie (de Pierre Lemaitre par Christian de Metter chez Rue de Sèvres).

Le numéro se poursuit avec des interviews de Jean-Marc Lainé (sur Fredric, William et l’Amazone, par J.-M. Lainé et Thierry Olivier, chez Comix Buro), les frères Gaëtan et Paul Brizzi (sur L’Écume des jours chez Futuropolis), de Inio Asano (sur Errance et Anthology, tous deux chez Kana), ainsi que de Michel Rabagliati (sur Paul à la maison chez La Pastèque). On note également des articles sur Ville Nouvelle de Lukasz Wojciechowski chez Çà et Là et sur Hilda et le roi de la montagne par Luke Pearson chez Casterman.

Dans le cahier critique je remarque Birdmen t.2 par Yellow Tanabe chez Vega (Super), Ashman par Yukito Kishiro chez Glénat (Super, One-shot à l’encage puissant réalisé juste après la série Gunnm, à ne pas manquer), Why nobody remembers my world t.1 par Sazane & Akira chez Doki-Doki (Super, “si le principe du monde parallèle n’est pas nouveau, ce premier tome se révèle néanmoins solide, bien raconté et efficacement mis en image”), Drifting Dragons t.1 par Taku Kuwabara chez Pika (Bien, “traitement graphique à la richesse époustouflante, inspiré par la fantasy et le steampunk. Dommage que les chapitres se révèlent rapidement répétitifs“), Ragnafall t.1 par Marujirushi & Shizuha chez Kurotsume (Bien, “quête initiatique sans grande originalité mais efficace”),  et Le marais par Yoshiharu Tsuge chez Cornélius (Super, “ce recueil est une porte d’entrée inestimable dans l’oeuvre de Tsuge”).

Un numéro informatif mais sans plus… stars-3-0

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Capsules

Ghost in the Shell: Arise

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

GITS Arise 1: Ghost Pain

GITS-Arise-1“World War IV is over, but a bomb has gone off in Newport City, killing a major arms dealer who may have ties with the mysterious 501 Organization.” [Text from Netflix, see also the Japanese trailer]

In the first episode (June 2013, 58 min.), we discover the Major when she is still in the military. As she comes back to Japan, she must do an investigation on the possible corruption of her deceased superior officer as well as on his murder. She discover that she is much more involved that she would have thought. In the course of her investi­­gation, she encounters Aramaki, who offers her a job as consultant. This episode, as well as the whole series, offer us the origin story of the Major and the Section 9. It is quite an interesting story and the animation is pretty good (not as much as the movies, of course).

GITS Arise 2: Ghost Whisperers

GITS-Arise-2“Freed of her responsibilities for the 501 Organization, Motoko must now learn how to take orders from Aramaki.” [Text from Netflix, see also the Japanese trailer]

In the second episode (November 2013, 56 min.), we find again a story where the military are being scapegoated and seek revenge for it — but they are actually being manipulated. The Major is told to assemble a team but it might be hard to chose the members… As always, it is a nice cyberpunk story with great animation.

GITS Arise 3: Ghost Tears

GITS-Arise-3“As Motoko and Batou attempt to thwart a mysterious terrorist group, Togusa tracks the killer of a man with a prosthetic leg made by Mermaid’s Leg.” [Text from Netflix, see also the Japanese trailer]

In the third episode (June 2014, 58 min.), the Major has assembled a team composed of her recent “adversaries”, but they are still just a bunch of mercenaries working for Section 9. And she is still missing a member to fit with Aramaki’s requirement. This a story of foreign terrorists using technology to move their ideology forward. The Logicoma (a bigger and less advanced version of the Tachicoma) are interacting more with the team. The theme of artificial intelligence is, as always, omnipresent.

This series (and this episode in particular) shows us a more personal side of the Major as she has a boyfriend. She is shown as being more vulnerable as she is getting often infected by viruses. Both in episodes one and three, she gets personally involved with the subject of her investigation. Also, having a personal relationship is a weakness that enemies can exploit. I guess, with time, she will learn from her mistake and become the more hardened, distant and cold Motoko that we know in the rest of the franchise. Your real enemy is often closer than you might think… This is a really interesting story with good animation. It is certainly a must-see for all Ghost in the Shell fans.

Strangely, this OVA series has five episodes but Netflix has been  streaming only three of them — go figure why. The two other episodes are “Ghost Stands Alone” (September 2014, see Japanese trailer) and “Pyrophoric Cult” (August 2015, see Japanese trailer). The series was also adapted into a TV series (titled GITS: Arise – Alternative Architecture) and completed by a movie (GITS: Arise – The New Movie, which concludes the plot of episode 5) and a manga (GITS: Arise ~Sleepless Eye~ which was published in Monthly Young Magazine between April 2013 and June 2016, was compiled in seven volumes and tells how Batou and the Major met during the civil war).

I suspect the series was titled “Arise” because it is about the origin story of both the Major and Section 9. All in all, it is a good cyberpunk story, compelling storytelling, full of socio-political background typical of the rest of the franchise. It is well worth watching if you are either an anime fan or a cyberpunk aficionado.

Data File

Ghost in the Shell: Arise (攻殻機動隊 ARISE / Kōkaku Kidōtai Araizu / Mobile Armored Riot Police: Arise): Japan, 2013-2015, OVA anime, 5 x 50 min.; Dir. / Char. Des.: Kazuchika Kise; Scr.: Tow Ubukata; Music: Cornelius; Studio: Production I.G. Cast: Maaya Sakamoto / Elizabeth Maxwell (Major Motoko Kusanagi), Ikyuu Jyuku / John Swasey (Aramaki), Kenichiro Matsuda / Christopher Sabat (Batou), Yoji Ueda / Jason Douglas (Paz), Tarusuke Shingaki / Alex Organ (Togusa), Takuro Nakakuni / Marcus Stimac (Saito), Mayumi Asano / Mary Elizabeth McGlynn (Kurutsu), Atsushi Miyauchi / Brian Mathis (Mamuro), Masahiro Mamiya / Chris Rager (Ibachi), Kenji Nojima / Eric Vale (Tsumugi), Takanori Hoshino / David Wald (Raizo), Miyuki Sawashiro / Jad Saxton (Logicoma).stars-3-0

For more information you can consult the following web sites:

[ AmazonANNGoogleIMDbNetflixOfficialWikipedia ]

Also, you can check the official trailer on Youtube:

© 士郎正宗・Production I.G / 講談社・「攻殻機動隊ARISE」製作委員会

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Capsules

Book Club

BookClub-dvd“Diane (Diane Keaton) is recently widowed after 40 years of marriage. Vivian (Jane Fonda) enjoys her men with no strings attached. Sharon (Candice Bergen) is still working through a decades-old divorce. Carol’s (Mary Steenburgen) marriage is in a slump after 35 years. Four lifelong friends’ lives are turned upside down to hilarious ends when their book club tackles the infamous Fifty Shades of Grey. From discovering new romance to rekindling old flames, they inspire each other to make their next chapter the best chapter.”

[Text of the DVD cover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

Four friends of a certain age are meeting regularly for their book club. As they feel they are stuck in their life, they will find the courage to go beyond their confort zone and try new experiences after reading Fifty Shades of Grey ! It is the proof that books can change your life !

Like most rom-com the story is very simple, but quite funny and mostly dialogue-based. The acting is excellent (which is to be expected considering its strong cast), the storytelling is well knit — although it doesn’t offer many surprises. It was very successful at the box office (making about seven times its initial budget) despite very average ratings from the critics (6.1 on IMDb, 54% / 52% on Rotten Tomatoes and 53% on Metacritic). All in all, it is very entertaining. It’s a good movie to forget all your troubles for a moment. stars-3-0

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AmazonBiblioGoogleIMDbNetflixWikipedia ]

Also, you can check the official trailer on Youtube:

[ Traduire ]

Capsules

Colette

colette_poster“After marrying a successful Parisian writer known commonly as “Willy” (Dominic West), Sidonie-Gabrielle Colette (Keira Knightley) is trans­­planted from her childhood home in rural France to the intellectual and artistic splendor of Paris. Soon after, Willy convinces Colette to ghostwrite for him. She pens a semi-auto­­­biographical novel about a witty and brazen country girl named Claudine, sparking a bestseller and a cultural sensation. After its success, Colette and Willy become the talk of Paris and their adventures inspire additional Claudine novels. Colette’s fight over creative ownership and gender roles drives her to overcome societal constraints, revolutionizing literature, fashion and sexual expression.”

[Text of the DVD cover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

It takes the British to produced an interesting bio-pic about the iconic French writer Colette! The movie is very simply made (the budget must have been small) but the sets are very nice and authentic (it was filmed in Budapest). The acting is also quite superb particularly for Keira Knightley. Like all biographical work it is certainly dramatized but it seems quite faithful to the highlight of Colette’s life. The movie focuses mainly on the period when Sidonie-Gabrielle Colette (played by Knightley) was married to Henry Gauthier-Villars (aka “Willy”, played by Dominic West), the writing of the Claudine novels and her lesbian affairs, first with American socialite Georgie Raoul-Duval (played by Eleanor Tomlinson, of Poldark fame — although her attempt at an American accent is rather disappointing) and then with the aristocrat Mathilde de Morny (aka “Missy”, played by Denise Gough) — which could be considered the French Gentleman Jack. The movie ends as she separates from Willy, after his Claudine betrayal, and finally starts her prolific solo career as a writer.

Colette offers a very good cinematic experience: it is beautiful, interesting and entertaining all at once and it makes you discover who Colette really was if, like me, you don’t know much about French literature. The movie seems to have gone relatively unnoticed (small box-office of  $14.6 millions) despite a rather good critical reception (ratings of 6.7 on IMDb, 87% / 70% on Rotten Tomatoes and of 74 % on Metacritic). However, it is definitely worth watching (and it is currently streaming on Netflix). stars-3-5

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Capsules

Steve Jobs

71wjwLLNYXL._AC_SL1500_“Witness the founder of Apple like never before. Steve Jobs paints an intimate portrait of the brilliant man at the epicentre of the digital revolution, backstage in the final minutes before three iconic products launches. Directed by Academy Award winner Danny Boyle (Slumdog Millionaire), written by Academy Award winner Aaron Sorkin (The Social Network) and starring Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen and Jeff Daniels.”

[Text of the DVD cover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

This bio-pic is telling us the life of Steve Jobs [played by Michael Fassbender] and his relationships with the people close to him (his daughter Lisa, Joanna Hoffman [Kate Winslet], John Sculley [Jeff Daniels], Andy Hertzfeld [Michael Stuhlbarg], Steve Wozniak [Seth Rogen], and Chrisann Brennan [Katherine Waterston]) through only three specific events: the launch of the MacIntosh (in 1984), the launch of the Next (1988) and the launch of the iMac (1998).

It is an interesting movie, cleverly written and superbly acted. However, because it is compressing all the story into those three events, it ends up overly dramatized. Also, if it expresses well the spirit and mentality of Jobs (without caring whether Fassbender looks like him or not), it is doubtful that the plots elements of the movie really happened the way it is depicted. At first, I was annoyed by this but, after all, it is based on Walter Isaacson’s biography and received the blessing of Wozniak, so it most have some sort of accuracy. I think it explains well the genesis of Apple and its very innovative products. If it barely broke-even at the box-office, it was very well received by the critics (with ratings of 7.2 on IMDb, 86% / 73% on Rotten Tomatoes and 82% on Metacritic). All in all, I think it is an interesting, well-made and entertaining movie. It’s worth seeing. stars-3-5

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Capsules

The Trip to Spain

TripToSpain-cov“After jaunts through northern England and Italy, Academy Award®-nominee* Steve Coogan (Philomena) and Rob Brydon (Cinderella) embark on another deliciously deadpan culinary road trip. This time around, the guys head to Spain to sample the best of the country’s gastronomic offerings in between rounds of their hilariously off-the-cuff banter. Over plates of pintxos and paella, the pair exchange barbs and their patented celebrity impressions, as well as more serious reflections on what it means to settle into middle age. As always, the locales are breathtaking, the cuisine to die for, and the humor delightfully devilish.”

[Text from the DVD cover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

Michael Winterbottom continues the cinematographic adaptation of his TV series The Trip (first season in 2010 was set in England). After the movie The Trip to Italy (2014) our travellers now goes to Spain (in 2017 — and in 2020 they also went to Greece!). Two comedians (Steve Coogan and Rob Brydon) reunite for a trip to Spain (Cantabria, the Basque region, Aragon, Rioja, Castile-La Mancha and Andalusia), where one is writing restaurant reviews and the other a book about their trip that mirror a journey he took  when he was younger and was inspired by the book As I Walked Out One Midsummer Morning by Laurie Lee. This movie offers more of the same: we get similar improvisations, jokes, voice imitations and movies references than previously. However, it is also a great occasion to showcase the nice Spanish food, landscapes and historic sites. It was well-liked by the critics (ratings of 6.6 on IMDb, 83% / 64% on Rotten Tomatoes, and 66% on Metacritic), but personally I found it beautiful but only mildly amusing. stars-2-5

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Capsules

The empire of corpses vol. 1

EmpireOfOCrpses-1-covVoici le récit des héritiers du Dr. Frankenstein…

À la fin du XIXe siècle, une technologie révolutionnaire permettant de réinsuffler la vie se répand dans le monde entier. John Watson, jeune étudiant en médecine, est contraint d’entrer au service de la couronne britannique pour échapper aux travaux forcés. Il part alors pour la lointaine Asie dans l’espoir de redonner l’âme et la parole à son ami… Volume 1/3

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 50

The empire of corpses (屍者の帝国 / Shisha no Teikoku / lit. “l’empire des cadavres”) a d’abord été publié sous la forme d’un roman (Kei Itoh étant décédé avant de l’avoir fini, l’ouvrage a été complété par son ami Enjo Toh et publié en août 2012 chez Kawade Shobo Shinsha). Ce light novel a été publié en français chez Pika Roman (496 pages, 14.95 €, ISBN 9782376320173). L’histoire a ensuite été adapté en un long métrage d’animation sous la direction de Ryoutarou Makihara (octobre 2015), puis en manga par Tomoyuki Hino. Le manga a été publié en feuilleton dans Young Dragon Age (Kadokawa) entre octobre 2015 et octobre 2016, puis publié en trois volumes (en février, juin et novembre 2016) chez Fujimi Shobo (Kadokawa). Il a été traduit en français chez Pika Édition.

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Page 17

J’ai lu ce manga sur la recommendation de mon neveu et je ne le regrette aucunement. Pourtant le récit n’est pas particulièrement bien mené et, si le dessin est plutôt agréable, la mise en page manque un peu de fluidité. Ce serait donc un manga plutôt moyen si ce n’était de sa prémisse vraiment géniale.

Les récits historiques vont souvent utiliser des personnages ayant existé, des célébrités, afin de donner un peu de véracité à l’histoire. Dans ce cas-ci, le récit innove en utilisant des personnages fictifs célèbres. Il s’agit d’un récit historique alternatif (uchronie) du genre steampunk — il se déroule à l’époque victorienne mais avec une technologie plus avancées qu’il ne devrait, avec principalement l’utilisation d’androïde et de programmation informatique. 

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Page 60

Le protagoniste est le Docteur Watson [personnage créé par Sir Arthur Conan Doyle pour ses romans de Sherlock Holmes] qui, accompagné de son fidèle ami et serviteur Vendredi [nommé d’après un personnage de Daniel Defoe dans Robinson Crusoé], se rends en Afghanistan (au service de l’Empire et sur les ordres de “M” [directeur de MI6 dans James Bond de Ian Fleming] et de van Helsing [chasseur de vampires dans Dracula de Bram Stoker]) sur les traces de la créature de Victor Frankenstein [personnages du roman de Mary Shelley]. Il est également accompagné de Frederick Burnaby [agent de renseignement britannique réel] et de Nikolaï Krassotkine [personnage des Frères Karamazov par Fiodor Dostoïevski] — et parfois aidé par l’agente de Pinkerton Hadaly [personnage de L’Ève Future par Auguste de Villiers de L’Isle-Adam] et de Ulysses S. Grant [président américain réel] — il recherche d’abord et avant tout le journal de Victor Frankenstein qui serait entre les mains de Alexeï, l’un des Frères Karamazov !

Frankenstein a inventé les “nécromates” [de necros — “mort” en grec — et automate], des morts ressuscités que l’on peut programmer avec l’ajout d’une prise au cerveau et d’un nécrogiciel pour en faire une main d’oeuvre docile et bon marché. Mais le plus grand secret de Victor Frankenstein a disparu avec lui: comment leur donner le libre-arbitre et une âme ! Karamazov a également découvert une nouvelle technique pour faire des nécromates encore plus puissants. Cette technique dangereuse attise la convoitise de toutes les grandes puissances…

Malheureusement, je n’ai que le premier tome d’une série de trois et ne peut donc pas découvrir le dénouement de cette histoire captivante et fascinante. Toutefois, l’histoire ayant également été adaptée en anime, le visionnement de celle-ci me semble donc la suite logique. Je vais voir

The empire of corpses n’est pas vraiment une histoire de zombies — mais presque. C’est une superbe histoire sur de beaux dessins de Tomoyuki Hino et, même si le récit laisse un peu à désirer, c’est un bon manga, à lire absolument surtout pour les fans de steampunk.

The empire of corpses, vol. 1 par Project Itoh & Toh EnJoe (Scénario) and Tomoyuki Hino (Dessin). Vanves: Pika Édition (Coll. Pika Seinen), novembre 2018. 160 p., 13 x 18 cm, 7,50 € / C$ 12.95. ISBN 978-2-8116-3905-1. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© Tomoyuki Hino 2016. La traduction française est © 2018 Pike Édition.

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Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran

MonsieurIbrahim-covA Paris, dans les années soixante, Momo, un garçon de treize ans, se retrouve livré à lui-même. Il a un seul ami, Monsieur Ibrahim, l’épicier arabe et philosophe de la rue Bleue. Celui-ci va lui faire découvrir la vie, les femmes, l’amour et quelques grands principes.

[Texte de la jaquette du DVD]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Monsieur Ibrahim est un vieux film de 2003 réalisé par François Dupeyron, avec Omar Sharif et basé sur un roman de Éric-Émmanuel Schmitt. C’est une histoire simple et méditative où un jeune adolescent juif (joué par Pierre Boulanger), un peu laissé à lui-même par un père dépressif, découvre la vie et prend un peu de maturité grâce au soutien de l’épicier d’en face d’origine turque. Étrangement cela me rappel un peu la BD Le chat du rabbin de Joann Sfar. 

L’histoire, d’abord écrite pour le théâtre, est inspirée de l’enfance à Paris de Bruno Abraham Kremer (et sa relation avec son grand-père), un ami de Éric-Émmanuel Schmitt. On y retrouve aussi plusieurs similitudes avec le roman “La Vie devant soi  de Romain Gary. Schmitt en a réécrit l’histoire en 2001 sous forme d’un court roman qui constitue la deuxième partie de son “Cycle de l’Invisible” où il consacre chacun des huit romans à une croyance différente. Ainsi Schmitt nous fait un peu découvrir le soufisme au travers du personnage d’Ibrahim. L’existence transcende les religions et il faut vivre en se foutant un peu des règles mais tout en restant fidèle à soi-même.

C’est un film lent et un peu morne — mais plutôt beau — et qui montre malheu­­reuse­­ment son âge par la qualité de l’image très moyenne (la version que j’ai vu sur TFO n’était pas restaurée). C’est toutefois un film qui a été apprécié du public (coté 7.3 sur IMDb et 85% / 86% sur Rotten Tomatoes) et qui vaut la peine d’être vu surtout pour la prestation d’Omar Sharif. stars-3-0

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The Garden of Words

GardenOfWords-dvd-cov“When Takao, a young high school student who dreams of becoming a shoe designer, decides to skip school one day in favour of sketching in a rainy garden, he has no idea how much his life will change when he encounters Yukino. Older, but perhaps not as much wiser, she seems adrift in the world. Despite the difference in their ages, they strike up an unusual relationship that unexpectedly continues and evolves, without planning, with random meetings that always occur in the same garden on each rainy day. But the rainy season is coming to a close, and there are so many things still left unsaid and undone between them. Will there be time left for Takao to put his feelings into actions and words? Between the raindrops, between the calms in the storm, what will blossom in the garden of words?”

[Text from the dvd cover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

In an ode to the rain, Makoto Shinkai is offering us an exquisitely beautiful anime telling the story of the infatuation of a teenager for a woman nearly twice his age. Together, somehow, they will find a way — in their innocent and platonic relationship — to heal each other of their sentiments of alienation and doubt that is plaguing them. At the beginning of his life, he is uncertain of the path to follow. She is a young teacher bullied by her students to the point of having health problems. 

They are brought together in a park by the rain and by poetry. In the beginning, Yukari recite a Waka / Tanka from Man’yōshū (Book 11, verse 2,513): “A faint clap of thunder / Clouded skies /  Perhaps rain comes / If so, will you stay here with me?” Later, finally understanding was she said, Takao respond with the following verse (Book 11, verse 2,514): “A faint clap of thunder / Even if rain comes not / I will stay here / Together with you”…

It is impossible not to like a Makoto Shinkai movie. Beside a storytelling that is cute, nostalgic, thoughtful and poetic, we finds nice music and, above all, superb CG animation. The background art is so realistic that, in contrast, the standard animation of the character seems a little odd. It is a short movie but all the more excellent. Highly recommended.

The anime was adapted into a manga (illustrated by Midori Motohashi) serialized in Monthly Afternoon (June-December 2013) and published in Japan as a single volume by Kodansha, in English by Vertical (Oct. 2014, 220 pages, $12.95, ISBN 978-1-939130-83-9) and in French by Kazé (Déc. 2014, 208 pages, ISBN 978-2-82031-879-4). It was also adapted into a light novel serialized in Da Vinci (September 2013 – April 2014) and published in Japan by Media Factory (Kadokawa Shoten) and in France by Kazé (2014, 380 pages, ISBN 978-2-82031-880-0).

The Garden of Words (言の葉の庭 / Kotonoha no Niwa), Japan, 2013, 46 mins; Dir./Scr./Ed.: Makoto Shinkai; Char. Des.: Kenichi Tsuchiya; Art dir.: Hiroshi Takiguchi; Studio: CoMix Wave Films; Prod.: Noritaka Kawaguchi; Cast: Kana Hanazawa / Maggie Flecknoe (Yukari Yukino), Miyu Irino / Blake Shepard (Takao Akizuki), Fumi Hirano / Shelley Calene-Black (Takao’s mother), Takeshi Maeda / Crash Buist (Shōta, Takao’s brother), Yuka Terasaki / Brittney Karbowski (Rika, Shōta’s girlfriend), Suguru Inoue / Mike Yager (Matsumoto), Megumi Han / Allison Sumrall (Satō), Mikako Komatsu / Hilary Haag (Aizawa). Available on bilingual Dvd/Blu-Ray from Sentai Filmworks and currently streaming on Netflix. stars-4-0

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Capsules

Crazy Rich Asians

CrazyRichAsians-dvd-cov“Crazy Rich Asians follows native New Yorker Rachel Chu (Constance Wu) as she accompanies her longtime boyfriend, Nick Young (Henry Golding), to his best friend’s wedding in Singapore and meets Nick’s family for the first time. It soon becomes clear that the only thing crazier than love is family.  [Text from the DVD cover]

(…) Rachel is unprepared to learn that Nick has neglected to mention a few key details about his life. It turns out that he is not only the scion of one of the country’s wealthiest families but also one of its most sought-after bachelors. Being on Nick’s arm puts a target on Rachel’s back, with jealous socialites and, worse, Nick’s own disapproving mother (Michelle Yeoh) taking aim. And it soon becomes clear that while money can’t buy love, it can definitely complicate things.  [Text from the official website]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

This Rom com, based on the best-seller by Kevin Kwan, is a very funny — but still touching — movie about how unhealthily rich some Chinese have become and how some of them like to rub it in your face! It also has all the romantic imbroglio very typical of the genre.

The storytelling is fluid, it has a great cast (Constance Wu, Henry Golding, Gemma Chan, Lisa Lu, Awkwafina, Ken Jeong, Sonoya Mizuno and Michelle Yeoh), and a superb photography (mostly showcasing the landscapes of the city-state Singapore and of Malaysia). It is a real festival of colours. It is very entertaining and, above all, very beautiful! 

Despite being a rare Hollywood movie with an all-Asian cast (and directed by Jon M. Chu, a dance-loving chinese-american), it was criticized for selecting bi-racial actors or actors from other Asian origins to portray Chineses or for not including actors from non-Chinese Singaporean ethnic groups (like from Malay or Indian origins). Who cares? It was a great box office success (earning eight time its budget) and received favourable reviews (ratings of 6.9 on IMDb, 91% / 76% on Rotten Tomatoes and 74% on Metacritic). For my part, I greatly enjoyed it. It is a must see. stars-3-5

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Capsules

The Chaperone

TheChaperone-dvd-covSociety matron Norma Carlisle (Elizabeth McGovern) volunteers to accompany future Jazz Age star and free spirit Louise Brooks (Haley Lu Richardson) for a summer in New York. But why does she want to go? It’s a story full of surprises — about who these women really are, and who they eventually become. Written by Julian Fellowes and based on the beloved novel by Laura Moriarty.

[Promotional text]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

In the mid-1920s, Wichita resident and apparently meek housewife Norma Carlisle agrees to chaperones a fifteen year-old Louise Brooks to New York City, where she will study dance at the famous Denishawn school. Brooks, free from her overbearing parents, wants to experiment and explore, while Carlisle appears austere. However, they will finds common grounds as they both have their secrets and wounds to heal. It appears that Carlisle has her own agenda in going to NYC as she also seeks freedom…

I found this movie nearly boring, as it lacks excitement. It is a little drab and bland. The acting also shows little spark and emotion. The most interesting part of the movie is its biographical aspects. I learned a lot about Louise Brooks who will move from dancer (first with the Denishawn school troupe and later as a chorus girl with the Ziegfeld Follies) to actress (first in Hollywood with Paramount mostly for silent movies from 1925 to 1929, then in Europe in 1929-30, and back in Hollywood with talkies from 1931-38). She was the quintessential flapper. After falling into oblivion and hardship, her movies were rediscovered in the mid-50s and she reinvented herself with a writing career.

The Chaperone was less appreciated by the critics (with very average ratings of 44% on Rotten Tomatoes and 48% on Metacritic) than by the audience (6.5 on IMDb and 80% on Rotten Tomatoes). I think it is just a curiosity mostly for the fans of Downton Abbey’s Julian Fellows and Elizabeth McGovern. stars-2-5

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Capsules

Miss Hokusai 2

Miss_Hokusai-2-cov“Elle fumait la pipe et n’avait pas bon caractère. Mais quel talent !Voici le second volume d’une chronique pleine d’humour à la découverte d’une femme libre et d’une artiste : la fille du génial fou de dessin Hokusai, dont elle partagea l’existence excentrique dans le quartier des peintres et des courtisanes à Edo.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Page 7

Miss Hokusai (百日紅 (さるすべり) / Sarusuberi / lit. “Cent Cramoisi” qui est le nom que les Japonais donnent au lilas des Indes) a d’abord été publié en feuilleton entre 1983 et 1987 dans le magazine hebdomadaire Manga Sunday avant d’être compilé en trois volumes par l’éditeur Jitsugyou no Nihonsha en 1987, puis en deux volumes par Chikuma Shobō (format bunko) en 1996. Les deux volumes ont été traduit en espagnol chez Ponent Mon et en français chez Philippe Picquier. Ce manga seinen historique, écrit et illustré par Sugiura Hinako, nous raconte des épisodes de la vie de O-ei, la troisième fille de Hokusai, et de son entourage. Il a été adapté en dessin animé en 2015 par Production I.G. sous la direction de Keiichi Hara. J’ai déjà commenté le premier volume et le dessin animé dans un billet précédent.

Ce deuxième volume nous offre quinze histoires relativement indépendantes les unes des autres. On y voit encore le travail que O-ei fait comme assistante de son père,  Hokusai, le célèbre artiste d’ukiyo-e de l’ère Edo. Toutefois, plusieurs des histoires mettent de l’avant des personnages secondaires, souvent dans des aventures amoureuses qui impliquent des courtisanes. De nombreuses histoires ont aussi une thématique fantastique, évoquant ces histoires de fantômes dont la culture japonaise est friande. 

Malheureusement, la nature anecdotique des histoires et le fait qu’il est difficile de distinguer entre eux les nombreux personnages rend la lecture un peu pénible. Chaque récit est intéressant en soi mais l’ensemble manque d’homogénéité et reste un peu confus. 

Étant plus une historienne qu’artiste, Sugiura Hinako n’avait pas de véritable talent pour le dessin. Le style de ses mangas (fait de lignes simples à l’encre avec du zip-a-tone pour les textures) est donc frustre, plutôt grossier et peu attrayant. La pauvre qualité graphique du manga n’est racheté que par le fait qu’il est inspiré du style traditionnel des ukiyo-e (estampes japonaises) et des kibyōshi (romans illustrés) eux-même et qu’il tente de reproduire très fidèlement les détails architecturaux et vestimentaires de l’époque d’Edo et plus particulièrement de Yoshiwara (le quartier des plaisirs de l’ancien Tokyo). C’est cet aspect historique authentique qui rends le manga intéressant malgré tout.

Donc, laborieux à lire, le deuxième tome est beaucoup moins intéressant et organisé que le premier. Cela reste une lecture intéressante mais seulement pour les amateurs de l’histoire du Japon. La façon la plus agréable d’apprécier ce récit reste encore le dessin animé.

Miss Hokusai, tome 2 par SUGIURA Hinako. Arles: Éditions Philippe Picquier (Coll. Picquier Manga / BD ), août 2019. 346 p., 15 x 22 cm, 19,00 €  / C$ 27.95. ISBN 978-2-8097-1419-7. Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. Pour lectorat adolescent (14+). stars-2-5

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© Masaya Suzuki • Hiroko Suzuki 1996. Tous droits réservés. © Éditions Philippe Picquier 2019 pour la traduction française.

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Alpha

Alpha-dvd-covAlpha is an epic adventure set in the last Ice Age. While on his first hunt with his tribe’s most elite group, a young man is injured and left for dead. Awakening to find himself broken and alone, he must learn to survive and navigate the harsh and unforgiving wilderness. Reluctantly taming a lone wolf abandoned by its pack, the pair learns to rely on each other and become unlikely allies, enduring countless dangers and overwhelming odds in order to find their way home before the deadly winter arrives.” [Promotional text]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

This is an interesting action movie which is not only entertaining but can also be educational. Through its storytelling it tries to teach us two concepts: first, how our distant ancestors were living and also how the domestication of the wolf might have happened. It is a nice movie with a beautiful photography (and lots of CGI!) and a very simple story: boy gets hurt and left for dead, boy make friend with a companion of misfortune, and boy tries to survive and come back home. Unfortunately some scenes lack realism and are rather unbelievable. 

The movie did well at the box-office (doubling the production cost) and was relatively well received by the critics (with ratings of 6.7 on IMDb and of 80% / 71% on Rotten Tomatoes). It was slightly less appreciated by the audience and what might have hurt it was probably that the viewers had to suffer not only through the “fake” language spoken by the protagonist and his family (we have no idea what kind of language those people were really using) but also the necessary subtitles (the American audience tends to dislike having to “read” a movie).

The people portrayed in this movie are “the solutreans” (which was originally supposed to be the title of the movie). They were early modern humans (Homo sapiens also called “Cro-Magnon”) living in Europe during the Upper Paleolithic (c. 20,000 years ago) and using a sophisticated flint tool-makingindustry”. The movie certainly took some artistic license but it looks rather accurate to me.

The movie is quite loveable and entertaining but, personally, it is above all this effort to depict a prehistoric culture that made it interesting. It is worth seeing, mostly for dog lovers and if you are curious about the solutreans. stars-3-0

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Capsules

Cézanne et moi

CezanneEtMoi-cov“Ils s’aiment comme on aime à treize ans, ils partagent tout.  Paul est riche. Émile est pauvre. Ils quittent Aix, “montent” à Paris, où ils hantent les mêmes lieux, crachent sur les bourgeois, crèvent de faim puis mangent trop… Aujourd’hui Paul est peintre. Émile est écrivain. La gloire est passée sans regarder Paul. Émile lui a tout : la renommée, l’argent, une femme parfaite. Ils se jugent, s’admirent, s’affrontent. Ils se perdent, se retrouvent, comme un couple qui n’arrive pas à cesser de s’aimer.”

“Découvrez l’amitié tumultueuse méconnue de Cézanne et Zola, icônes du patrimoine français, interprétés avec brio par un duo d’acteurs d’exception Guillaume Gallienne (Guillaume et les garçons à table !) et Guillaume Canet (Jappeloup, Les Petits mouchoirs), tous deux lauréats d’un César du cinéma. Danièle Thompson (Le Code a changé) nous éblouit encore une fois avec ce film qui dépeint si bien la Provence et le Paris du XIXe siècle, et nous transporte au coeur du cercle des impressionnistes !”

[Texte de la jaquette du DVD]

( Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs )

Cézanne et moi est un beau film mais plutôt ennuyeux. C’est difficile d’apprécier un film, d’y trouver du plaisir, quand les deux personnages principaux sont si antipathiques. On n’arrive pas à s’identifier à eux ou à éprouver de la sympathie. Ils avaient peut-être du génie mais l’un manquait de confiance et était prompt aux excès de colère ou de déprime, et l’autre en avait trop et se donnait des airs prétentieux. Ils s’enviaient, n’arrêtaient pas de se voler leurs copines, puis se disputaient. C’était une amitié très colorée, orageuse mais si profonde… C’était la belle époque de la bohème !

Le film a essuyé un dur échec aux “box-office” et auprès de la critique (des ratings de 6.0 sur IMDb et de 54% / 50% sur Rotten Tomatoes) mais pourtant j’ai bien aimé. Évidemment, c’est un film un peu emmerdant mais il offre un bon récit, une belle photographie, une excellent jeu d’acteurs et c’est surtout intéressant pour ses aspects biographiques et historiques. On en apprend beaucoup sur Paul Cézanne et Émile Zola ainsi que sur cette époque de fin de siècle qui fut si riche culturellement (du naturalisme à l’impressionnisme, alors qu’ils côtoient les Manet, Mallarmé, Maupassant, Pissarro, Renoir ou Sisley). Quel contraste avec notre époque à la culture dissonante, où les gens ne croient plus ni à l’art, ni à la science ! Un bon passe temps en attendant la fin du monde… stars-3-5

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Félin pour l’autre ! Vol. 1

Felin_pour_l_autre-1-covUne comédie délirante et pleine d’action sur les fous des chats !

Kensuke Fuji vit un drame… Il adore les chats, mais ces derniers ne le calculent pas ! Ses sœurs y étant allergiques, le lycéen n’a jamais eu la chance d’avoir un matou à la maison, et il n’a pas vraiment le mode d’emploi pour leur plaire…

Sa vie bascule le jour où disparaît Tamako, une charmante chatte de gouttière qu’il croisait tous les matins. Parti à sa recherche, Kensuke va faire la rencontre de Jin Nekoya, un “maître-chat”, qui comprend parfaitement le langage félin. Désormais, le lycéen fera tout pour devenir le disciple de Jin, quitte à accepter les défis les plus improbables, et enfin se faire aimer des chats ! Tout ça sous le regard halluciné de Yamada, une copine de lycée…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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Page 14

Les histoires de chats constituent un thème plutôt fréquent dans les mangas. J’ai d’ailleurs tenté d’en établir une liste (pas très exhaustive mais c’est un début; je me suis pour l’instant surtout concentré sur les titres disponibles en français — je viens tout juste de la mettre à jour). Étant moi-même un amateur de chats, je me suis promis d’en lire le plus possible. J’en ai déjà commenté plusieurs… En voici un autre…

Félin pour l’autre ! (ねこったけ! / Neko tta ke! / lit. “Juste les chats”) a d’abord été prépublié dans le magazine Shōnen Sunday Super entre mars 2016 et avril 2018 avant d’être compilé en six volumes par Shōgakukan. Il été traduit en français chez Doki Doki (une collection de Bamboo Édition).

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Félin pour l’autre ! est un manga shōnen mais au lieu des combats habituels le protagoniste entreprend une quête pour mieux comprendre les chats et découvrir comment se faire aimer d’eux. On y retrouve donc plusieurs éléments de la thématique nekketsu (naïveté, aspect initiatique, série de défis, etc.) qui constitue généralement la base des mangas shōnen typiques. Notre “héros”, Kensuke Fuji, découvre peu à peu la “voie du chat” (le byôkendô) en suivant les enseignements du “maître des chats” (un certain Nekoya Jin) qui lui lance différents défis pour le mener à franchir chaque fois une nouvelle étape. À travers le récit, l’auteur en profite pour donner aux lecteurs des conseils pour comprendre et apprécier ces adorables félins. 

Ce manga nous offre un bon récit avec un graphisme plutôt traditionnel qui suit le style shônen mais avec des touches plus charmantes et détaillées dans ce qui a trait aux chats. Ce manga est donc une agréable et amusante lecture, qui se lit vite et bien (d’autant plus que c’est une courte série de seulement six volumes), en plus d’être un peu éducatif. Un bon manga à lire pour se dé-stresser en temps d’apocalypse viral!

Félin pour l’autre ! vol. 1, par Nadatani Wataru (Traduction par Julien Pouly). Charnay-Lès-Mâcon: Doki Doki (Bamboo), mars 2019. 168 pages, 11 x 17.5 cm, 6,95 € / $C 12.95. ISBN 978-2-81896-755-3. Pour lectorat jeune (7+ ans). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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Nekottake! © 2016 Wataru Nadatani. Édition française © 2019 Bamboo Édition.

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GITS: Stand Alone Complex Official Log, Vol. 1

GITS-SAC-Official-Log-1This superb book is an Official Guide to the Stand Alone Complex TV series and offers an in-depth analysis of the background story as well as the production development. It features an introduction to the Ghost In The Shell’s world (manga, movies, video games, etc.), character profiles and designs, mechanical designs, synopses and background notes for the first 19 episodes, interviews with the creative staff and an essay on the science of Ghost In The Shell. It also includes an exclusive 90-min. DVD with never-before-seen footage, a documentary on the digital animation techniques used for the series and more interviews with the staff and cast.

This type of high-quality art book usually comes in a larger format, but if the 6 x 8.5 inches size is more practical it also means fewer and smaller illustrations presented in a more cramped layout. Still, the Official Log is quite useful when it comes to better understanding the complex story of the Ghost In The Shell TV series. It is a must-have for all serious anime fans!  

Ghost in the Shell: Stand Alone Complex Official Log, Vol. 1 (by collective; editor, Robert Place Napton). [Cypress, CA] : Bandai / Manga Entertainment / Production I.G., October 2005. 148 pages (64 in colour) [DVD: Cat.# 25180, Subtitled, 90 min.]; Limited Edition (only 15,000 copy released), $49.98 US, rated 13+, ISBN: 1-59409-571-X. stars-4-0

Review originally published in PA #87 : 63 (December 2005 / January 2006). There is also a second volume but I haven’t seen it and therefore cannot comment on it. The book is old but seems to still be available online.

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Ghost In The Shell (manga)

I’ll continue on the thematic of Ghost in the shell for a little while… I dug out those two reviews of the original GITS manga respectively published in PA #83: 20 (March-April 2005) and PA #84: 20 (June-July 2005) — however I have relativized the original rating. Note that I had already (briefly) reviewed those manga along with the live-action movie and that I have also reviewed The Ghost in the Shell Perfect Edition, tome 1.5 : [ Human Error Processer ] on this blog.

Ghost In The Shell

Ghost_in_the_shell-1-covA totally superb book! This second edition offers the original Japanese size (5.75” x 8.25” which is a smaller, more convenient size than the original English edition, but still easy to read contrary to the 4” x 6” of Lone Wolf & Cub) and some extra pages that were originally cut because they were too racy (hence the 18+ rating and the parental advisory for explicit content). It is a nice thick book, with glossy paper, that has a good feel when held. Shirow’s artwork might be of variable quality, varying from the beautiful colour illustrations to the sketchy SD characters, but his story is solid and profound (although a little too technical by moments). Most of this first volume offers the framework for the first movie (with some variations and more details), but you can also find a few ideas that were used for the Stand Alone Complex TV series, and the sixth chapter is the basis for the story of the second movie. A classic and a must. 

Ghost in the shell (攻殻機動隊 / Kōkaku Kidōtai / Mobile Armored Riot Police) by Masamune Shirow (translated by Frederik L Schodt and Toren Smith). Milwaukie, OR: Dark Horse Manga, October 2004. 368 pg. $24.95 US / $33.99 Can. ISBN 1-59307-228-7. For adult readership (18+). See the back cover. stars-3-5

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Ghost In The Shell #2: Man-Machine Interface

Ghost_in_the_shell-2-covLike the first volume, this one is really a superb book. Even more than the first, since there is three time more colour pages, the designs are much nicer and the art is more detailed (particularly in the colour pages – however, a problem in the reproduction of the screen-tone sometimes creates an annoying shimmering effect in the B&W art). It is a more mature work. The story is more serious and complex, to the point that it becomes difficult to follow and understand. That’s the major drawback of the book. Motoko has merged with the Puppet Master and swims freely in the virtual sea of information. She has moved to the private sector and works as the head of security for Poseidon Industrial. Her new nature allows her to move from one artificial body to another, which is quite convenient in her line of work, but makes the story even more confusing. On top of that you have Shirow’s philosophical reflection on life, intelligence and existence. Besides the main character, the story of this book has not much to do with the first part. The art is sublime and the story challenging. A must. 

Ghost In The Shell #2: Man-Machine Interface, by Masamune Shirow (translated by Frederik L Schodt and Toren Smith). Milwaukie, OR: Dark Horse Manga, January 2005. 312 pages (mostly in colour, with 106 in B&W), flipped, $24.95 US / $32.00 Can, ISBN 978-1-59307-204-9. For adult readership (18+, Lots of nudity & Violence). See the back cover. stars-4-0

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L’Histoire en Manga (2)

T. 2, L’antiquité grecque et romaine

Histoire_en_manga-2-covL’Histoire en Manga: Une collection pour découvrir toute l’Histoire en image.

“De la guerre de Troie racontée par Homère à l’émergence de la démocratie athénienne, des conquêtes d’Alexandre le Grand à la naissance de la culture grecque, du règne de César à la naissance du christianisme, ce manga raconte… l’antiquité grecque et romaine.”

“170 pages de bandes dessinées pour plonger avec plaisir dans l’Histoire… avec en + … des pages explicatives pour chaque chapitre, un cahier documentaire en fin d’ouvrage pour restituer les évènements dans leur contexte, des frises chronologiques, et des cartes…”

[Texte de la couverture arrière; voir aussi le site de l’éditeur ]

Après un premier volume qui nous introduisait à la préhistoire et au moyen-orient ancien, cette série de manga éducatif (Gakushū manga) se poursuit avec l’antiquité grecque et romaine. Ce second volume était originalement intitulé Gakken Manga — Nouvelle Histoire du Monde, 2: Le monde grec, romain et méditerranéen  [ 学研まんが NEW世界の歴史  2 ギリシア・ローマと地中海世界 / Gakken Manga nyū Sekai no Rekishi 2: Girishia, rōma to Chichūkai sekai ].

L’artiste a changé et on note une amélioration dans la qualité du dessin. La narration et le découpage du récit est conçu pour son effet dramatique afin de préserver l’intérêt du lecteur malgré le sujet un peu trop académique. Cette fois, je n’ai pas noté de fautes orthographiques ou factuelles (ce qu’il ne veut pas dire qu’il n’y en a pas). Toutefois, le principal défaut de l’ouvrage réside dans le fait que l’on tente de raconter plus de trois-mille ans d’histoire en moins de deux-cent pages. On y présente donc que les faits saillants d’une histoire pourtant riche en détails. Périclès est traité en à peine deux pages! Trente-six pages pour César et la République romaine (avec quelques pages consacrées à Cléopâtre — qui faisait d’ailleurs la couverture de l’édition japonaise) et à peine vingt-cinq pages pour l’Empire romain qui n’est d’ailleurs présenté qu’à travers l’histoire du Christianisme… Un cours éclair donc.

C’est néanmoins un bon manga éducatif qui peut servir à introduire le lecteur (jeune ou adulte) à l’histoire du monde d’une façon intéressante et divertissante.

L’Histoire en Manga: T. 2, L’antiquité grecque et romaine, par Fûta Kanta (dessin) et Hidehisa Nanbô (texte) (Traduction par Aurélien Estager). Montrouge: Bayard Jeunesse, septembre 2017. 192 pages, 16 x 23.5 cm, 12,90 € / $C 24.95. ISBN 978-2-7470-8391-1. Pour lectorat adolescent (11+ ans). stars-3-0

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© Gakken Plus 2016. © Bayard Édition, 2017 pour la traduction française.

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L’Histoire en Manga (1)

T. 1, Les débuts de l’humanité

Histoire_en_manga-1-cov“L’éditeur scolaire japonais GAKKEN propose une collection de 12 tomes racontant l’histoire du monde. Dessins typiques du manga, couleurs saturées, scénario avec personnages servent à illustrer les grands épisodes de l’histoire.

Dans ce premier tome on découvre les débuts de l’humanité; le big bang, puis la Préhistoire et l’Antiquité égyptienne. Des pages chronologiques encadrent l’ouvrage. Un cahier de 32 pages documentaires richement illustrées vient étoffer les informations distillées dans les épisodes, ainsi que de nombreux compléments regroupés en fin de chapitre.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

J’ai déjà mentionné dans un billet (”Educational Manga“) que les mangas, en plus d’être très divertissants, pouvaient avoir une grande valeur éducative. Au-delà des adaptations de grands classiques littéraires et des nombreux mangas historiques, il existe au Japon plusieurs séries de manga qui ont pour but d’introduire auprès d’un public jeune l’histoire du Japon ou du monde d’une manière pédagogique, voir même encyclopédique. Il s’agit des Gakushū manga ou manga d’apprentissage. 

Je n’aurait jamais cru pouvoir lire ce genre de manga en traduction. Et pourtant, en novembre dernier, en périphérie du Salon du Livre de Montréal, j’ai découvert chez Bayard Jeunesse une collection qui nous raconte L’Histoire en manga (mes deux sujets favoris!). La collection comporte (pour l’instant) huit volumes: v.1 Les débuts de l’humanité, v.2 L’antiquité grecque et romaine, v.3 L’Inde et la Chine antiques, v.4 D’Attila à Guillaume le Conquérant, v.5 De l’empire mongol à la Guerre de Cent ans, v.6 La Renaissance et les grandes découvertes, v.7 L’Histoire en Europe de la Reine Elisabeth à Napoléon (incluant la révolution industrielle), v.8 De la conquête de l’Amérique à la Commune de Paris. L’édition originale japonaise comporte douze volumes (il en resterait donc quatre à paraître).

Le premier volume, originalement intitulé Gakken Manga — Nouvelle Histoire du Monde, Volume 1: Les Temps préhistoriques et l’Orient ancien [ 学研まんが NEW世界の歴史  第1卷 先史時代と古代オリエント / Gakken Manga nyū Sekai no Rekishi 1Kan: Senshi Jidai to Kodai Oriento], nous introduit à l’histoire des débuts de l’Humanité, de la préhistoire au moyen-orient ancient. Le récit utilise comme prétexte trois collégiens turbulents qui se font coller en punition un exposé sur les débuts de l’humanité qu’ils réalisent grâce à l’aide de leur professeur de physique.

Évidemment, dans ce genre de manga documentaire, la qualité graphique n’est pas vraiment une priorité alors le dessin est plutôt moyen — mais il est en couleurs. Aussi, compte tenu de l’ampleur du sujet, on nous raconte tout cela en accéléré (moins de deux cents pages pour couvrir quelques millions d’années d’histoire!). Et bien sûr on retrouve plusieurs fautes d’orthographes et quelques erreurs factuelles (ou de frappe? Possiblement due à la traduction ou au lettreur?). Par exemple, on place la révolution agricole à “59 000 ans avant notre ère” alors que l’on voulait probablement dire 9500 ans… Mais dans l’ensemble c’est assez juste et c’est complété par un dossier qui reprend l’information couverte par le manga sous forme de texte.

Même si ce genre de manga s’adresse surtout à un public jeune (onze ans et plus), cela reste intéressant pour tout âge. Au Japon, ces mangas sont souvent utilisé comme des manuels scolaires alors pourquoi n’en ferions-nous pas autant ici? Cela reste une bonne lecture relativement divertissante et assez éducative. C’est sans aucun doute l’ouvrage idéal pour intéresser un jeune lecteur à l’histoire du monde.

L’Histoire en Manga: T. 1, Les débuts de l’humanité, par Hirofumi Katô (dessin) et Hidehisa Nanbô (texte) (Traduction par Aurélien Estager). Montrouge: Bayard Jeunesse, septembre 2017. 192 pages, 16 x 23.5 cm, 12,90 € / $C 24.95. ISBN 978-2-7470-8390-4. Pour lectorat adolescent (11+ ans). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Gakken Plus 2016. © Bayard Édition, 2017 pour la traduction française.

Vous pouvez aussi voir sur Youtube la bande annonce de la série (en japonais):

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Hidden by Catherine McKenzie

y648While walking home from work one evening, Jeff Manning is struck by a car and killed. Not one but two women fall to pieces at the news: his wife, Claire, and his co-worker Tish. Reeling from her loss, Claire must comfort her grieving son and contend with funeral arrangements, well-meaning family members and the arrival of Jeff’s estranged brother — her ex-boyfriend — Tim.

With Tish’s co-workers in the dark about her connection to Jeff outside the workplace, she volunteers to attend the funeral on the company’s behalf, but only she knows the true risk of inserting herself into the wreckage of Jeff’s life. Told through the three voices of Jeff, Tish and Claire, Hidden explores the complexity of relationships, our personal choices and the responsibilities we have to the ones we love.

[Text from the publisher’s website; see also the back cover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

My wife is a member of the Montreal’s Sherlock Holmes fan club, called The Bimetallic Question. Every year in January they are holding a formal dinner to celebrate his birthday. They always have a special guest speaker to talk about his/her work and share thoughts about a Sherlockian topic. It is usually a local writer or a Gazette columnist. Last year it was Montreal mystery writer Christopher Huang (I read and commented his book A Gentleman’s murder on this blog). This year on January 18th, being available, I decided to come with my wife to this “Master’s Birthday” dinner to meet this colourful crowd I was hearing so much about but mostly to listen to the guest speaker, writer Catherine McKenzie [ BiblioFBGoodreadsGoogleWeb ]. 

Born and raised in Montreal, she studied law at McGill University and now practices litigation in a boutique law firm. She has published nearly a dozen books: Spin (2009), Arranged (May 2012), Forgotten (October 2012), Hidden (2013), Spun (2014), Smoke (2015), Fractured (2016), The murder game (written in 2007 but only published in 2016 under the pen name Julie Apple — and used as plot device in Fractured), The good liar (2018), and — her latest  I’ll never tell (2019). Her next book (coming in June 2020) will be You Can’t Catch Me. She has also co-written First Street, a serialized audiobook, and published short stories in a couple of anthologies (J.T. Ellison’s A Thousand doors; J. McFetridge & J. Filippi’s Montreal Noir).

A brief sample of McKenzie presentation

I chose to read Hidden by chance, selecting it among the titles available at the library (as I couldn’t get her latest title on time to start reading it before her guest appearance at the dinner). Because McKenzie was invited to speak at the club dinner, I assumed that she was a mystery or crime writer, but Hidden is neither. McKenzie started her career writing Women’s fiction (sometimes called Chick-lit). With Hidden (and later with Fractured and The good liar) she moved into Psychological fiction with a slight touch of a thriller. Although her characters often move in the legal world (law firms and courts), she starts putting elements of crime fiction into her writing only with I’ll never tell and You can’t catch me.

Hidden is very well written. It offers a compelling story about grief and adultery that knows how to keep the interest of the reader. Her characters sound quite true, so when the storytelling builds up with tension you really feel for them. She even manage a little twist at the end. I enjoyed reading this novel but couldn’t avoid being annoyed by the narration at the first person, done by three different characters — including the guy who died at the beginning of the novel! That’s rather unusual. I would have preferred that she put the name of the narrating character in the title of each chapter (I’ve seen this in other books). That way it would not have taken me a few pages into each new chapter before figuring out who the narrator was this time…

I also noticed that she “lied” in her presentation at the club. When asked if she based her characters on herself she said categorically “no”, arguing that when editors say “write about what you know“ it is a misconception that authors write about themselves. In the contrary, my experience in the literary world tells me that writers (consciously or not) always put a part of themselves into some of their characters. McKenzie characters are often working in the legal world so she clearly uses part of “what she knows” (her own experience as a woman, as a mother, as a lawyer) to create the setting of her fictions. In Hidden (p. 303), Jeff accused Tish of having lied about her golf handicap but she answers that she told him about her bad putting when they first met, adding “I have perfect recall of conversations.” McKenzie used this exact sentence, verbatim, during her presentation as she was explaining that she was sometimes using in her books real conversations she had had or had heard. I rest my case.

Hidden was a very good reading. I enjoyed it greatly. It’s nice sometimes to read a simple book about the complex life of everyday people. I’ll certainly try to read more of Catherine McKenzie’s work.

Hidden, by Catherine McKenzie. Toronto: HarperCollins, June 2013. 360 pages, 14 x 21.5 in, $C 19.99. ISBN 978-1-44341-190-5. For young adult (16+). stars-3-5

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© 2013 by Catherine McKenzie

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Mortal Engines

Mortal-Engines-2018-movie-posterVisionary filmmaker Peter Jackson presents a startling new adventure unlike any you’ve seen before. Hundreds of years after our civilisation was destroyed, a new world has emerged. A mysterious young woman named Hester Shaw leads a band of outcasts in the fight to stop London — now a giant predator city on wheels — from devouring everything in its path.

[Promo text from the dvd sleeve]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

In an improbable but quite beautiful steampunk future, cities made themselves mobile in order to gather more ressources and survive the man-made apocalypse. Not much of the technology displayed seems realistic. I doubt that putting the city of London on wheels would be physically possible as the mechanical parts of the engine would crumble under its own weight… Despite the very simple and unoriginal story (young rebels, full of love and thirsty for vengeance, trying to defeat evil and power hungry madmen) the superb background settings and great special effects make this movie very entertaining. Unfortunately, it seems that it was not enough for the audience as it failed at the box office and received low ratings from the critics (6.1 on IMDb, 27% / 49% on Rotten Tomatoes). Interesting facts, the movie is directed by Christian Rivers but has the marks of Peter Jackson all over it (as one of the script writers and producers, sfx by Weta). It is also based on a series of YA novels written by Philip Reeve.

Some critic called it a “steampunk Star Wars”. I see it more as an allegory alluding to western societies which consume (in both meaning of eating and destroying) everything in their path, as opposed to more peaceful and nature-friendly eastern societies. Mortal engines is an intriguing movie that will feed your imagination and provide great entertainment. It’s certainly worth seeing. stars-3-5

To learn more about this title you can consult the following web sites:

[ AmazonBiblioGoogleIMDbOfficialWikipedia ]

Also, you can check the official trailer on Youtube:

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Revue de ‘zines [002.020.053]

Je continue de passer en revue pour vous quelques périodiques intéressants, cette fois-ci consacrés à la bande dessinée et aux littératures de l’imaginaire…

dBD #140 (Février 2020)

5e257a90-2f24-4934-8b5f-65e23624b36eÀ la une de ce numéro on retrouve une interview avec Blutch & Robber au sujet de leur album de Tif et Tondu Mais où est Kiki ainsi que le roman illustré L’Antiquaire sauvage (tous deux chez Dupuis). Cela se poursuit avec des interviews de Lewis Trondheim (sur son exposition au Musée de la cité internationale de la bande dessinée et de l’image à Angoulême jusqu’au 10 mai), avec Homs sur le tome 4 de Shi (sur un scénario de Zidrou, chez Dargaud), avec Frank Le Gall sur l’album Mary Jane (co-réalisé avec Damien Cuvillier, chez Futuropolis), Théodore Poussin: Cahiers t.5, Art Satoe 1/3 (chez Dupuis) et La Cantina (aux Éditions Alma), avec Néjib sur Swan t.2: Le chanteur espagnol (chez Gallimard), avec Carlos Hernandez sur  Le rêve de Dali (chez 21g), avec Elsa Brants sur l’oeuvre de Rumiko Takahashi (qui présidera cette année le festival d’Angoulême) et avec Jean-David Morvan sur l’album jeunesse Irena t.5 (chez Glénat). On note également un article sur la fin de Walking Dead (T. 33, Épilogue, par Robert Kirkman & Charlie Adlard, chez Delcourt).

Dans le cahier critique je remarque le tout dernier Naoki Urasawa, Asadora ! t.1 chez Kana (Top! “Urasawa démontre une nouvelle fois toutes ses qualités d’écriture et de mise en scène dans un premier volume qui s’annonce très prometteur”) ainsi que les deux premiers tomes de Jujutsu Kaisen, par Gege Akutami chez Ki-oon (Super, un shonen supernaturel par “un jeune mangaka qui publie son premier récit en France (…) c’est bien écrit et dialogué, les personnages secondaires sont intéressants et la mise en scène nerveuse à souhait”).

Un numéro informatif mais qui n’offre rien de trop excitant… stars-3-0

Capsules

Solaris #213 (Hiver 2020 / v. 45, #3)

Solaris213_C1-253x400J’ai déjà introduit Solaris, un périodique québécois de science-fiction et de fantastique, alors que je commentais son numéro 198 et j’ai, plus récemment, fait une entrevue-capsule avec le coordonateur de la revue, Jonathan Reynolds. Je regrette toutefois de ne pas en avoir parlé plus souvent, car elle nous offre en deux volets une fenêtre privilégiée sur la SF&F francophone (dont la SFFQ). D’une part, grâce aux courtes nouvelles qui y sont publiées, nous pouvons nous tenir à jour sur ce qui s’écrit dans le genre des littératures de l’imaginaire et aussi découvrir de nouveaux auteurs. D’autre part, grâce à ses articles et commentaires de lectures, nous obtenons une assistance précieuse pour comprendre la mécanique des genres et choisir les titres les plus intéressants à lire. C’est un outil indispensable à tout amateur de SF et de fantastique, d’autant plus qui n’y a plus beaucoup de périodiques francophones sur ces sujets (au Québec: Brins d’éternité, en France: principalement Bifrost, Galaxies, ReS Futurae [Sources: Ent’revues, nooSFere, Skop]).

Dans le volet fiction, ce numéro nous offre d’abord six histoires courtes:

  • “Chasseuse de soleil”, par Chloé Jo Bertrand. Ce texte est le lauréat du Prix Joël-Champetier 2019, décerné à un auteur francophone non-canadien. Dans un futur affligé par un hiver nucléaire qui a recouvert la planète d’une couche nuageuse, une jeune femme parcours l’Europe à la recherche du soleil. C’est un super beau récit, bien écrit et captivant. stars-4-0
  • “Monstresse”, par Sylvain Lamur. Une femme enceinte à bord d’un vaisseau spatial fait des cauchemars… C’est bien écrit mais j’ai pas trop compris ce qui se passait… stars-2-0
  • “Parler aux murs”, par Geneviève Blouin. Dans la vague des télé-réalités de rénovation et du mouvement KonMari, on trouve ici un petit récit humoristique où une thérapeute immobilier “parle” aux habitations (et non à leurs occupants) pour améliorer leur bien-être. Amusant sujet et intéressante narration. stars-3-0
  • “Nouvelle Représentation”, par Frédéric Parrot. Les Baïlorms sont une forme d’amibe/céphalopode télépathe en mission de reconnaissance sur Terre. Comme couverture, ils dansent au théâtre  Ludoscole pour le plaisir des humains qui ne se doutent de rien. Mais la représentation tourne mal… Intéressante scènette mais la fin demeure un peu obscure. stars-2-5
  • “Une table vide…”, par Michèle Laframboise. Une petite bande dessinée de deux pages rendant hommage à Joël Champetier, un “auteur accueillant et sympa (…) avec toujours un bon mot pour nous redonner courage.” stars-3-0
  • “Une nouvelle fantastique”, par Hugues Morin. Un homme tente de ressusciter son meilleurs ami mort de la leucémie… Très beau texte en hommage à Joël Champetier (le titre de chaque chapitre fait référence à une oeuvre de Joël). L’écriture est une bonne façon d’affronter le deuil en exprimant nos souhaits et regrets… stars-3-5

Dans le volet documentaire, on retrouve les incontournables Carnets du Futurible (par Mario Tessier) qui abordent cette fois le sujet de “la transmission sans-fil ou la radio en science et en fiction“. En bon historien, le Futurible commence par nous parler de l’invention de la TSF ou de la radio, puis il développe en expliquant comment celle-ci a été anticipée, puis utilisée en fictions, et surtout quelle a été l’importance et les conséquences des développements subséquents: télévision, radar, télécommande, téléphonie cellulaire, bluetooth, wi-fi, RFID, CB, baladodiffusion, radiodrame, radioastronomie, etc. Et, en bon bibliothécaire, le tout est très bien documenté. Tout à fait fascinant ! stars-4-0

Le volet documentaire se poursuit avec les commentaires de lectures (critiques) qui se divisent en deux segments: l’un consacré aux ouvrages publiés au Québec (“Les Littéranautes”) et l’autre aux ouvrages publiés ailleurs (“Lectures”). Sur la trentaine ouvrages commentés (voir le sommaire en ligne pour la liste), je remarque surtout Oshima (Serge Lamothe, Alto), GEIST: Les héritiers de Nikola Tesla (Sébastien Chartrand, Alire), Pierre-de-vie (Jo Walton, Lunes d’encre), Trois Hourras pour Lady Evangéline (Jean-Claude Dunyach, L’Atalante), Or et Nuit (Mathieu Rivero, Les Moutons électriques), Le Temps de la haine (Rosa Montero, Métailié), et The Empire of Corpses (Project Ito & Toh Enjoe, Pika Roman, à ne pas confondre avec la version manga).

Comme je l’ai mentionné par le passé, je trouve dommage que les commentaires de lectures ne soient pas accompagnés d’un système de pointage (rating) numérique ou étoilé qui permettrait aux lecteurs d’avoir une idée immédiate et précise de ce que le critique pense de l’ouvrage qu’il commente. C’est une façon succincte pour le commentateur de résumer son évaluation comparative de l’intérêt (le sujet), de la qualité (technique d’écriture) et de la performance (divertissant ou non) du texte critiqué. C’est sans doute une politique éditorial raisonnée mais je suis en désaccord…

Solaris se présente dans un intéressant format de poche qui offre un contenu hybride entre une revue et une anthologie (Solaris se proclame d’ailleurs comme étant “l’anthologie permanente des littératures de l’imaginaire”). Personnellement, je n’aime pas trop lire des nouvelles (histoires courtes) car quand on viens à peine de se familiariser avec les personnages, le sujet et le monde où le récit se déroule, c’est déjà fini… Par contre, je comprend bien l’importance de ce format pour les auteurs (débutants ou pros) qui veulent fourbir leur talent ou expérimenter avec un genre ou des idées. Il faut bien que ces textes là soient publiés quelques parts et c’est pourquoi des revues comme Solaris sont essentielles à la bonne santé d’une littérature, quelle qu’elle soit. Toutefois, moi, je préfère lire Solaris pour ses articles et commentaires de lectures. En ce sens, la revue joue un rôle tout aussi essentiel d’aide au lecteur.

Comme toute revue, le contenu est plutôt inégal d’un numéro à l’autre. Dans ce cas-ci je suis un peu déçu car on ne retrouve que deux très bon ou excellent textes et un seul article (quoique le Futurible est toujours constant dans son excellence) — et rien sur le cinéma ou la BD. C’est la dure réalité économique des revues papiers qui sont limités par l’espace du contenu ou leur périodicité. Toutefois, ce numéro reste une très bonne lecture: divertissante, intéressante, enrichissante et qui offre quelques découvertes aux lecteurs avides de littératures de l’imaginaire… À lire absolument si vous en êtes.

Solaris #213, collectif édité par Jean Pettigrew et coordonné par Jonathan Reynolds. Lévis: Publications bénévoles des littératures de l’imaginaire du Québec, janvier 2020 (trimestriel: Hiver). 162 pages, $C 13.95, ISSN 0709-8863. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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Shaft

Shaft-2019-movie-posterJJ, aka John Shaft Jr (Usher), may be a cyber security expert with a degree from MIT, but to uncover the truth behind his best friend’s untimely death, he needs an education only his dad can provide. Absent throughout JJ’s youth, the legendary lock-and-loaded John Shaft (Jackson) agrees to help his progeny navigate Harlem’s heroin-infested underbelly. And while JJ’s own FBI analyst’s badge may clash with his dad’s trademark leather coat, there’s no denying family. Besides, Shaft’s got an agenda of his own, and a score to settle that’s professional and personal.

[Promotional text from the Dvd sleeve]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

JJ Shaft (Jessie T. Usher) is an FBI analyst. When his childhood friend Karim dies in strange circumstances, he decides to investigate despite his boss opposition. He has no choice but to ask the help of his estranged father, former NYPD detective and private investigator John Shaft (Samuel L. Jackson) — which greatly displeased his mother (Regina Hall). With the extra help of his girlfriend (Alexandra Shipp) and his grand-pa, John Shaft, Sr. (Richard Roundtree), they will attempt to solve the murder and avenge Karim’s death…

This is a funny movie with a high (very high) count of bullets and profanities. It offers a thin and rather unoriginal story wrapped in a series of very entertaining and quite violent action sequences. It is a sort of hommage to a classic blaxploitation legend (four previous movies — three in the 70s with Richard Roundtree [1971, 1972 and 1973] and a 2000 remake with Samuel L. Jackson — and a TV series). That’s it. The movie was not profitable and was scorched by the critics (32% on Rotten Tomatoes) but the viewers seem to have liked it (rated 6.4 on IMDb and audience score of 94% on Rotten Tomatoes). Brainless comedy or outdated reboot, I found it entertaining. Check it out and be the judge — but watch it at your own risk, motherf**ker. stars-3-0

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