Le bain

“Oscar habite depuis peu au Japon avec ses parents. Aujourd’hui, document.write(“”); pour la première fois, sa maman et lui vont au bain japonais avec leur ami Motoyuki. Oscar n’est pas très rassuré: d’abord, il faut dire au revoir à maman qui part toute seule du côté des dames, et ensuite, dans les vestiaires, il faut se mettre tout nu devant tout le monde. Mais ce qu’il découvre ensuite est plutôt amusant: avant d’entrer dans l’eau, on se lave sur un banc jusqu’entre les orteils et on se rince en se versant une bassine sur la tête. Si le premier bain est beaucoup trop chaud, et le deuxième beaucoup trop froid, le bain rouge, qui sent si bon, est tout à fait du goût d’Oscar, et le jaccuzi aussi, avec ses bulles qui chatouillent. Mais tout ça donne terriblement envie de faire pipi. Oscar part bravement à la recherche des toilettes. Heureusement, le magnifique samouraï qui orne son peignoir lui donne du courage… Un album vivant et drôle, riche en détails — complété par un lexique illustré –, dans lequel le lecteur peut à la fois frémir et s’étonner avec Oscar, et découvrir ce qu’est un « yukata », des « geta » et, même, qui est Hokusaï…” [ Texte du site de l’éditeur ]
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Ce merveilleux album pour enfant offre de belles illustrations à l’aquarelle et est un excellent moyen d’initier de jeunes lecteurs à un aspect central de la culture japonaise: les bains publics. En treize illustrations de deux pages chacune, cet album nous raconte la première visite d’un jeune occidental aux bains publics japonais, présentant ainsi les différentes étapes, facettes ou coutumes de cette institution nippone: apparence extérieure, casier à chaussures, caisse & choix de yukata, séparation des sexes, nudité, salle de détente, on se lave avant d’entrer dans les bains, choix de bain froid, chaud ou parfumé, disposition des lieux, jaccuzi en bois, sauna & massage, salon de thé, etc. Le texte est court et simple, mais est complété par un lexique illustré. C’est agréable et facile à lire. J’adore!

Les bains (tant intérieurs [ sent? ] et extérieurs [ onsen ]) sont un élément tellement important de la culture japonaise qu’ils apparaissent souvent dans la littérature et le cinéma, ou même dans les anime et manga, que ce soit comme simple décor ou un aspect central du récit. C’est le cas dans le singulier Art du bain japonais ou dans Love Hina, NieA_7, Thermae Romae, ou Le Voyage de Chihiro (pour n’en nommer que quelques uns). Cet album réussi à bien les expliquer aux enfants.

Le bain, par Pascale Bougeault (texte et illustrations). Paris, l’école des loisirs, 2006. 29,8 x 26,6 x 0,8 cm, 32 pg., 12,70 € / $19.25 Can. ISBN: 978-2-2110-8571-7. Recommandé pour les enfants (5-7 ans).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Le Bain © 2006, l’école des loisirs, Paris.

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Mimes des courtisanes

En septembre dernier, document.write(“”); j’avais envie de lire du Lucien de Samosate (un peu nostalgique du temps de mes études en histoire romaine) et ne voulait surtout pas abimer ma merveilleuse édition de l’oeuvre complète de Lucien datant de 1664 (Amsterdam, chez Jean de Ravestein, traduction de N. Perrot) — sans compter que la lecture en vieux français finit par être pénible à la longue. Je me suis donc commandé quelques ouvrages en bibliothèques publiques. Je n’ai fini par ne lire que celui-ci. Toutefois, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que la bibliothèque d’Outremont (Robert-Bourassa) possédait dans sa réserve (et prêtait!) cette édition ancienne de 1927 encore en excellente condition!
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Lucien de Samosate (120-180) est un rhéteur et satiriste du 2e siècle. Originaire de la province romaine de Syrie (plus précisément, vous l’aurez deviné, de la ville de Samosate), il écrivait en grec. Il est connu, entre autre, pour avoir inventé la forme du dialogue humoristique et avoir contribué à développer l’esprit critique.

Dans Mimes des courtisanes, principalement connu sous le titre Dialogues de courtisanes, Lucien décrit, en une quinzaine de petits dialogues, les moeurs des courtisanes (c’est-à-dire des prostituées) et expose leurs défauts et artifices, d’une façon qui s’inspire de Ménandre et des anciens Comiques.

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Philippe Renault nous dit: “Les Dialogues de courtisanes énumèrent avec cocasserie divers types humains : la prostituée cupide, la jeune courtisane encore niaise, le « Don Juan », le jeune homme impatient mal surveillé par son précepteur, l’amant crotté, bref, tout une galerie de portraits peinte de manière très pittoresque”.

Les Dialogues de courtisanes comprend les dialogues de Glycère et Thaïs; Myrtium, Pamphile et Doris; Philinna et sa mère; Mélitta et Bacchis; Clonarium et Lééna; Crobyle et Corinne; Musarium et sa mère; Ampélis et Chrysis; Dorcas, Pannychis, Prilostrate, Polémon; Chélidonium et Drosé; Tryphéna et Charmide; Ioessa, Pythias et Lysias; Léonthicus, Chénidas et Hymnis; Dorion et Myrtale; Cochlis et Parthénis. Le premier de ces dialogues est le plus court:

GLYCÈRE. Ce soldat, Thaïs, cet Acharnien, qui entretenait autrefois Abrotonum, et qui fut ensuite mon amant, cet homme toujours habillé de pourpre et vêtu d’une chlamyde, le connais-tu ou bien l’as-tu oublié ?

THAÏS. Non, ma petite. Glycère. Je le connais bien. Il faisait ripaille avec nous, l’année dernière, le jour de la fête des Granges. Mais quoi ? Tu voulais, ce me semble, en dire quelque chose.

GLYCÈRE. Gorgone, cette coquine, que je croyais mon amie, l’a enjôlé et me l’a soufflé.

THAÏS. Ainsi, il n’est plus avec toi. Il a pris Gorgone pour maîtresse.

GLYCÈRE. Hélas ! oui, Thaïs, et cela me fait beaucoup de peine.

THAÏS. C’est un vilain trait, Glycère, mais tu devais t’y attendre. Nous avons l’habitude de nous jouer de pareils tours, nous les courtisanes. Il ne faut donc pas t’en affliger ni en vouloir à Gorgone. Abrotonum ne t’en a pas voulu, quand il l’a quittée jadis, et vous étiez amies.

Mais ce qui m’étonne c’est ce qu’il trouve de beau à Gorgone, ce soldat-là, à moins d’être aveugle et de ne pas voir qu’elle n’a presque plus de cheveux, et que ce qu’il en reste est fort éloigné du front. Ses lèvres sont pâles, livides comme celles d’un mort, son cou maigre, ses veines grosses, son nez long. Une seule chose, c’est qu’elle est grande et bien faite, et elle a un sourire tout à fait engageant.

GLYCÈRE. Tu crois donc, Thaïs, que l’Acharnien l’aime pour sa beauté ? Tu ne sais pas qu’elle est fille de la magicienne Chrysarium ? C’est une femme versée dans les charmes thessaliens. Elle fait descendre la lune sur la terre. Elle aura tout affolé cet homme, en lui faisant boire quelque philtre, et maintenant elle le gruge.

THAÏS. Eh bien, toi, Glycérette, tu en grugeras quelque autre. Dis bonjour à celui-là.

(Cette traduction par Eugène Talbot provient d’une édition de l’oeuvre complète de Lucien datant de 1912 et publiée chez Hachette)

Mimes des courtisanes est une édition rare et recherchée. Toutefois la traduction de Pierre Louys est controversée car il ne traduit pas très fidèlement et tend plutôt à adapter le texte assez librement. Ce n’est pas la plus connue des oeuvres de Lucien et elle est assez brève. C’est toutefois une lecture aisé et plutôt agréable.

J’aimerais bien lire plus de ses oeuvres, mais malheureusement ce n’est pas un auteur facile à trouver (ni en librairies, ni en bibliothèques). Toutefois, la majeur partie du corpus de Lucien est disponible en format ebook gratuit (sur iTunes store en anglais: vol. 1, vol. 2 et vol. 3) ou pas très cher, mais comme ceux-ci sont le résultat de scan rapide où la mise en page n’a pas été corrigée, la lecture en est un peu ennuyante et laborieuse. Le texte du Dialogues des courtisanes est cependant disponible en ligne, en français, sur le site de Philippe Remacle et al., “L’antiquité grecque et latine du moyen âge.” En fait, l’oeuvre entière de Lucien y est disponible en français. Ce genre de site est très utile pour les étudiants en études anciennes mais lire en ligne n’est pas toujours pratique (on peut certes le lire sur une tablette mais il faut avoir le wi-fi à porté de la main).

Parmi les textes les plus connu de Lucien on retrouve les Dialogues des dieux, les Dialogues des morts, Histoire véritable (une histoire de science-fiction traitant de voyage dans la lune et qui inspira sans doute les États et empires de la Lune de Cyrano de Bergerac) et, sans doute mon favori, Lucius ou l’âne (ce texte fut probablement le modèle d’Apulée pour l’Âne d’or ou Les métamorphoses [un roman de l’antiquité tout aussi significatif que le Satiricon de Pétrone], ou tout au moins a eut une source commune au texte d’Apulée, un contemporain numide; toutefois certains semblent croire que le texte attribué à Lucien serait plutôt un pastiche byzantin).

Mimes des courtisanes par Lucien [de Samosate]; [traduction de] Pierre Louys; avec quelques inédits. Paris, Montaigne, 1927. 180 p.

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

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Bibliovores

Today, document.write(“”); Overdue Media announced on their Unshelved web site the coming release of the tenth Unshelved compilation, titled Bibliovores.
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Unshelved is a web comic that tells the daily misadventures of Dewey and his co-workers at an American dysfunctional library. Most of the time, it’s quite hilarious (particularly if you KNOW a little about the library world). This compilation picks up where the
previous one left off.

It will includes previously unpublished comics strips and six month worth of color strips. It’s published in the same compact format than the previous two compilations, and will ship in early July for $11.95 US. For now you can order it directly from Overdue Media web site (but it should eventually be also available on Amazon).

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Thermae Romae

“Lucius Modestus, document.write(“”); architecte romain en panne d’inspiration, découvre un passage à travers le temps qui le fait émerger au XXIe siècle, dans un bain japonais !!! Entre stupeur et émerveillement, Lucius parviendra-t-il à mettre à profit cette fantastique découverte pour relancer sa carrière ?” [ Texte du site de l’éditeur ]
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Ce manga est une comédie fantastique (fantasque?) un peu loufoque et même parfois grossière. Ce ne serait qu’un manga moyen (bon parce qu’hilarant, mais sans plus) si ce n’était des prémices plutôt ingénieux de cette histoire. Toutefois, pour moi personnellement, ce manga est particulièrement intéressant et amusant car il allie mes plus grands amours: le Japon et la Rome Antique, l’histoire et le manga! Qui plus est, il met en scène des personnages historiques qui me sont chers: l’empereur
Hadrien, son successeur désigné Aelius Caesar, le jeune Lucius (fils d’Aelius et futur co-empereur Lucius Verus), le jeune Marcus (futur empereur Marc-Aurèle) et Antonin (Sénateur, futur empereur et père adoptif de Lucius et Marcus).

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Ici je dois avouer avoir passé un peu plus d’une demi-douzaine d’années à étudier l’histoire romaine à l’université. Je me suis intéressé à des sujets comme les loisirs à Rome, leurs possible rôle dans la démoralisation romaine et les éventuelles conséquences sur le déclin de l’empire. J’ai consacré mes thèses de maîtrise et de doctorat à la vita veri, la vie du co-empereur Lucius Verus au sein de l’Histoire Auguste, un corpus de biographies d’empereurs du IIe et IIIe siècle, vraisemblablement écrit au IVe siècle (je suggère de lire aussi la vita hadriani et la vita aeli pour plus d’information sur la période historique où se déroule ce manga). Sur ce genre de sujet je doit m’efforcer d’être bref car je pourrais sans doute en parler pendant des heures. Mais, bon, vous voyez pourquoi je trouve ce manga particulièrement intéressant et amusant.

Thermae Romae (les thermes, ou bains, romains en latin) n’est évidemment pas qu’une simple comédie. L’histoire est bien écrite et supportée par une recherche sérieuse du détail. Les dessins (particulièrement les visages et les arrières-plans) sont dans un style réaliste, ce qui est plutôt rare pour un manga (surtout pour une comédie). Chacun des chapitres est suivi de commentaires et de notes explicatives par l’auteur. Ce manga, en plus d’être un divertissement agréable, nous offre beaucoup d’information tant sur la culture japonaise que romaine (qui, étrangement, semblent comporter de nombreux points communs).


Thermae Romae, vol. 1, par Mari Yamazaki. Paris, Casterman (Coll. Sakka), Mars 2012. 13.2 x 18.0 x 1.4 cm, 186 pg., 7,95 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-2030-4909-3. Sens de lecture original japonais. Recommandé pour jeune adulte (14+).

“Les aventures thermales de Lucius se poursuivent sur les chapeaux de roue. Si l’humour est toujours aussi présent (un orgueilleux citoyen romain pris pour un dieu japonais de la fertilité suite à un malentendu, puis enfermé dans l’enclos aux crocodiles d’un parc d’attractions, ou encore terrifié mais excité par sa première glissade sur un tobogan aquatique) notre architecte semble être de plus en plus dépassé par les événements : devenir un proche de l’empereur, s’est s’attirer l’inimitié de gens puissants. Lucius va-t-il se retourver au centre d’un complot politique ?” [Texte du site de l’éditeur]

Thermae Romae (????????), écrit et illustré par Mari Yamazaki, a d’abord été prépublié par Enterbrain dans leur magazine mensuel de manga seinen Comic Beam (entre février 2008 et avril 2013) avant d’être compilé en six volumes (le premier est paru en novembre 2009 et le dernier paraîtra en juin 2013). La traduction française est publié par Casterman (Collection Sakka) depuis mars 2012 et les cinq premiers volumes sont déjà parus. La traduction anglaise est publiée par Yen Press (deux volumes de parus jusqu’à maintenant). Il a été honoré à deux reprises en 2010: le Prix Manga Taisho et le Prix culturel Osamu Tezuka pour une histoire courte.

Le second volume s’ouvre sur quatre planches en couleurs. Lucius Quintus Modestus est dévasté par la demande de divorce de Livia, sa femme. Il n’aurait peut-être pas dû passer trois ans à Jérusalem pour aider Hadrien. Son ami, le sculpteur Marcus, le réfère à une prêtresse dont les potions doivent surcharger sa virilité et il tente ainsi de regagner les faveurs de sa femmme. Mais celle-ci, croyant les rumeurs qu’il était l’amant d’Hadrien, s’est remarié et est enceinte! Il s’efforce donc de continuer son travail et doit trouver une façon d’expliquer à des barbares comment se comporter aux thermes (cela me rappelle d’ailleurs un album pour enfants que j’ai vu à la bibliothèque — mais cela est une autre histoire).

L’histoire suit son cours mais je dois avouer qu’après deux volumes les voyages dans le temps répétitifs de Lucius pour combler ses besoins d’innovation deviennent rapidement lassant. Heureusement l’auteur introduit quelques éléments nouveaux pour agrémenter le récit (la femme de Lucius ou les soldats d’origine barbare qui reçoivent la citoyenneté en remerciement de leurs service). Je trouve aussi intéressant qu’elle tente d’introduire un semblant d’intrigue politique, particulièrement en abordant la question de la succession d’Hadrien.


Thermae Romae, vol. 2, par Mari Yamazaki. Paris, Casterman (Coll. Sakka), Mars 2012. 13.2 x 18.1 x 1.8 cm, 202 pg., 7,95 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-2030-4910-9. Sens de lecture original japonais. Recommandé pour jeune adulte (14+).

“L’aventure spatio-temporelle continue pour notre cher architecte Lucius. Pris au piège par des sénateurs véreux, il retourne la situation à son avantage avec brio grâce à sa foi en la grandeur des Thermes ! Reconnu maintenant comme le nouvel architecte de l’Empire, les commandes affluent de tous côtés et c’est une nouvelle fois dans le Japon contemporain qu’il puise son inspiration et innove en construisant ici une ville thermale, là une baignoire individuelle en bois et là-bas des bains totalement divins !“ [ Texte du site de l’éditeur ]

Il est amusant de constater que Mari Yamazaki ne se destinait pas à une carrière de mangaka. Née à Tokyo en 1967, elle passe son enfance à Sapporo où sa mère, musicienne, est membre de l’orchestre symphonique. Après avoir voyagé en Europe, elle s’installe à Florence à dix-sept ans pour y étudier la peinture à l’École des Beaux-Arts. Après une décade passée en Italie, souvent dans des conditions difficiles, elle revient au Japon. Elle subvient à ses besoins par toutes sortes de petits travaux (animatrice télé, reporter, professeur d’italien à l’université, etc.). En 1997, uniquement dans l’espoir de remporter une bourse, elle participe à un concours organisé par Kodansha dans le but de recruter des dessinateurs débutants. C’est ainsi que commença sa carrière de mangaka. Après son mariage à un professeur de littérature comparée italien, elle voyage avec lui, au gré de son travail, en Égypte, en Syrie, au Portugal pour finalement s’établir à Chicago.

En s’inspirant surtout de ce quelle aime (l’Italie, l’histoire) et de son expérience personnelle (sa famille, ses voyages, son travail d’artiste) elle a publié depuis 2001 plus d’une douzaine de manga: M?retsu! Italia Kazoku (2006), Sore de wa Sassoku Buon Appetito! (2007), Rumi to Maya to Sono Sh?hen (2008, 2 vol.), Italia Kazoku F?rinkazan (2008), Sekai no Hate de mo Manga Egaku (2009, 2013; 3 vol.), Arabia Neko no Gorumu (2010, 2 vol.), Sweet Home Chicago (2010, 2013; 2 vol.), Jakomo Fosukari (2011), etc. Son manga le plus populaire est sans conteste Thermae Romae. Un seul autre titre a, jusqu’à maintenant, été traduit en français: Pil (Casterman, Coll. Écritures, avril 2013). Son plus récent ouvrage est une version illustrée de la biographie de Steve Jobs par Walter Isaacson prépubliée dans Kiss, un magazine josei bimensuel publié par Kodansha (extrait du manga).

Il est a noter que la biographie de Yamazaki publiée dans les volumes de Thermae Romae (et sur le site de Casterman) comporte une erreur importante: son mari n’est pas le potier italien rencontré à la gare de Bruxelles et qui l’invite à venir étudier en Italie en 1984 mais le petit-fils de celui-ci. On omet aussi de mentionner que le père de son fils n’est pas le petit-fils du potier mais un poète italien rencontré lors de son premier voyage en Italie (même la biographie sur wikipedia se trompe sur ce sujet; l’information a été confirmé sur le site officiel de Mari Yamazaki).

Dans le troisième volume de Thermae Romae, Lucius Modestus doit d’abord déjouer un complot que le sénat ourdit contre sa personne (j’aime bien l’idée que les brigands soit les descendants des survivants de l’éruption du Vésuve en 79), trouver un façon de garder Aelius bien au chaud lors de sa campagne en Pannonie et, finalement, reçoit d’un affranchi la commande pour construire des bains tape-à-l’oeil. La rencontre avec un jeune architecte japonais qui doit faire face à une demande similaire l’inspirera. Yamazaki réussi à éviter l’essoufflement de son récit en amenant Lucius à découvrir un peu plus de la culture japonaise. En comparant le deux cultures, elle suscite une réflexion sur l’expérience de découvrir une culture différente (ce qu’elle a elle même vécu en voyageant en Europe) et sur la perception que l’Occident a de la culture nippone.


Thermae Romae, vol. 3, par Mari Yamazaki. Paris, Casterman (Coll. Sakka), Juin 2012. 13.0 x 17.9 x 1.5 cm, 194 pg., 7,95 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-2030-5082-2. Sens de lecture original japonais. Recommandé pour jeune adulte (14+).

“Rome est au plus mal. Aelius Caesar, le successeur annoncé d’Hadrien, vient de rendre son dernier soupir… Et pour couronner le tout, Lucius se retrouve une nouvelle fois transporté dans le temps pile au moment où l’empereur lui confie une mission capitale pour le maintien de la Pax Romana ! À son arrivée, stupéfaction ! Lucius, croit voir la déesse de la lune en personne se dresser devant lui ! Qui est cette jeune femme et pourquoi sera-t-elle un atout fondamental pour Lucius ? Notre architecte n’est pas au bout de ses surprises, d’autant qu’il semble désormais « coincé » chez les visages plats… De quoi faire pléthore de découvertes !” [ Texte du site de l’éditeur ]

Le succès de Thermae Romae est sans aucun doute lié aux prémices ingénieux de l’histoire, son humour et à sa capacité de nous faire découvrir la culture romaine tout en suscitant une réflexion sur celle du Japon moderne. Je crois toutefois qu’une bonne part de ce succès est également due au style réaliste du manga. Cela, bien sûr, tient au fait que Yamazaki a reçu une formation artistique classique. Son style plus réaliste est parfait pour dépeindre tant les détails de la Rome antique (architecture, statuaire) que les visages occidentaux des romains et se démarque ainsi du style stéréotypé que l’on rencontre habituellement dans le manga.

Avec le quatrième volume, le manga prends une direction différente qui brise le cycle des aller-retours temporels de Lucius et donne un nouveau souffle au récit. Suite au décès d’Aelius, Lucius se voit confier une mission capitale pour assurer la succession d’Hadrien: la rénovation des bains de Baïes en Campanie. Mais en pleine conversation avec Hadrien, il disparait à nouveau et se retrouve cette fois coincé au Japon. Il fait la rencontre de la brillante Satsuki Odate, une geisha de station thermale très éduquée qui s’intéresse à la Rome antique et sait parler latin! Le fait d’avoir une interprète va permettre à Lucius de découvrir encore plus d’aspects de la culture japonaise moderne (dont l’électricité). Il fait également la rencontre avec la jument Hanako. Autant de raisons qui rendent son retour difficile!

Thermae Romae, vol. 4, par Mari Yamazaki. Paris, Casterman (Coll. Sakka), Octobre 2012. 13.4 x 18.2 x 1.7 cm, 194 pg., 7,95 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-2030-6040-1. Sens de lecture original japonais. Recommandé pour jeune adulte (14+).


“Grâce à la jolie Satsuki, Lucius continue d’approfondir ses connaissances des stations thermales japonaises, l’occasion pour les deux tourtereaux de passer du temps ensemble. Entre deux leçons particulières, Lucius se frottera à la pègre locale et fera la connaissance du grand-père de Satsuki qui lui fera découvrir la médecine traditionnelle japonaise. De retour à Rome pour un bref instant, Lucius apprend que l’état de santé de l’empereur Hadrien s’est encore dégradé, au point que celui-ci a perdu tout espoir. Hélas, Lucius ne contrôle pas ses voyages spatio-temporels et le voila à nouveau arraché à la Rome antique ! Quand pourra-t-il venir au chevet d’Hadrien pour le faire bénéficier de ses découvertes médicales ?” [ Texte du site de l’éditeur ]

Dans le cinquième volume il est moins question de bains romains que de différents petits aspects de la culture romaine: comment on montait à cheval, les massages thérapeutiques, l’importance de restaurer les anciennes constructions au lieu de les reconstruire (les vieux bâtiments personnifient le passé, la culture et prennent de la valeur, une certaine patine, avec le temps) ou le fait que le suicide n’était pas un tabou dans l’antiquité. Le récit se diversifie, donc, et la relation entre Lucius et Satsuki s’étoffe. La présentation du voyage dans le temps et l’espace (qui demeure toujours inexpliqué) se raffine: lorsqu’il disparait en pleine conversation avec Marcus dans les bains de Baïes, son corps devient transparent avant de s’effacer. Son attachement à la jeune femme, à la station thermale d’It?, sa volonté de la protégé des “brigands” de yakusa, l’empêche de rester à son époque afin de restaurer la station thermale de Baïes et de voir à la santé d’Hadrien. Il lui reste certainement quelques choses à faire ou a apprendre au Japon… Le volume se termine sur un suspense et nous fait languir pour le prochain et dernier tome! Un très bon manga!

Thermae Romae, vol. 5, par Mari Yamazaki. Paris, Casterman (Coll. Sakka), Janvier 2013. 13.4 x 18.2 x 1.6 cm, 194 pg., 7,95 € / $13.95 Can. ISBN: 978-2-2030-6206-1. Sens de lecture original japonais. Recommandé pour jeune adulte (14+).


Le volume six, qui doit sortir très bientôt au Japon, paraîtra sans doute en français d’ici la fin de l’été 2013 (Amazon l’annonce pour juillet). Je le commenterai sans doute à ce moment-là.

Thermae Romae a été adapté en une courte série d’animation (six épisodes d’une quinzaine de minutes chacun) ainsi qu’en un film long-métrage que nous commenterons dans un billet séparé (en anglais).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Thermae Romae © 2009-2013 Mari Yamazaki. © Casterman 2012-2013 pour la présente édition française.

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Les vacances de Jésus et Bouddha !

Alors que je regardais l’émission Imagine-nation sur NHK World mardi dernier (le 21 mai, document.write(“”); vers l’heure du souper) j’ai fait la découverte d’un nouveau manga présenté par l’émission. Il s’agit de Sei Onii-san (??????? / Saint Young Men) dont le titre français est Les vacances de Jésus et Bouddha. L’auteur est Hikaru NAKAMURA. Ce n’est rien de bien récent (huit volumes parus au Japon depuis janvier 2008 et cinq volumes déjà disponibles en français chez Kurokawa depuis mars 2011 — le vol. 5 étant parus en mars 2013) mais ça a l’air tellement drôle que je crois que ça vaut la peine d’y jeter un coup d’oeil. Je me suis donc réservé le premier volume à la bibliothèque municipale.
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Sur le site de l’éditeur français on décrit l’histoire comme suit: “Après avoir oeuvré au bonheur de l’humanité pendant 2000 ans, les deux amis décident de prendre quelques vacances en louant un petit appartement sur Terre. Ils vont découvrir un mode de vie bien éloigné du paradis et vous offrir un regard inédit sur notre quotidien. Vous apprendrez ce que ressent Jésus quand on le prend pour Johnny Depp, ou ce que pense Bouddha de ces statues à son effigie, qui ont tant de succès dans les magazines de décoration.” Ça me rappelle vaguement les prémices du Satirycon de Pétrone. Pas super original mais sûrement hilarant.

Hikaru NAKAMURA est une jeune mangaka qui ne semble avoir publié qu’un seul autre manga: ?????? ? ???? (Arakawa Under the Bridge) une comédie romantique prépublié dans Young Gangan, compilée en treize volumes (jusqu’à maintenant) et qui a été adapté au cinéma. Si Sei Onii-san est de retour dans l’actualité nippone c’est qu’un film d’animation vient tout juste de sortir dans les salles japonaises (scénario de Rika NEZU et réalisation de Noriko TAKAO). En voici la bande-annonce sur Youtube:


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Je suis vivant et vous êtes morts

“Tout commence avec le souvenir d’un cordon de lampe qui n’existe pas. La plupart des gens se disent « c’est bizarre » et passent outre. Pas Philip K. Dick. Pour lui, document.write(“”); c’est le début d’un doute incessant : sommes-nous vraiment réels ? Vivants ou bien morts ? L’existence de l’écrivain sera guidée par ces retournements, tour à tour époux modèle, grand psychotique, fervent catholique, junkie…”
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“Emmanuel Carrère est né en 1957 à Paris. Prix Renaudot 2011 pour Limonov, il est également l’auteur de La Moustache, La Classe de neige (prix Femina 1995), L’Adversaire, Un roman russe et D’autres vies que la mienne.”

«L’écriture d’Emmanuel Carrère est extraordinairement hypnotique tout en paraissant simple. Il possède cet art de rendre intéressant, vital, symbolique chaque destin qu’il décide de raconter.»

[ Texte de la couverture arrière ]

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La première fois que j’ai eu Je suis vivant et vous êtes morts entre les mains, alors que je le préparais pour le mettre en circulation à la bibliothèque, je n’en ai pas pensé grand chose. Je connaissais Emmanuel Carrère de nom (ayant beaucoup entendu parlé de Limonov par exemple) mais je n’avais jamais lu (ou même été tenté de lire) un de ses livres. Toutefois, je feuillette toujours les livres qui me passent entre les mains: par nécessité d’abord (pour avoir les information nécessaire pour bien catégoriser le livre et l’identifier avec le pictogramme adéquat), par curiosité souvent, mais surtout pour me familiariser avec la collection afin de pouvoir bien servir la clientèle (cela m’a souvent été utile). Je croyais que c’était un roman, alors j’ai été extrêmement surpris de découvrir qu’il s’agissait en fait d’une livre traitant de Philip K. Dick (sans conteste l’un de mes auteurs favoris). En fait, c’est une biographie romancée de Dick, ce qui n’est, après tout, pas si surprenant que cela puisque Carrère a plusieurs fois touché au genre biographique (Werner Herzog, L’Adversaire, D’autres vies que la mienne, Limonov). J’ai d’abord cru que c’était un livre récent, puisqu’il m’arrivait avec les nouveautés, mais en fait c’est la réédition en format poche d’un livre paru en 1993! Malgré tout, j’ai tout de suite su que je devais absolument lire ce livre.

Le récit que Carrère fait de la vie de Dick est fascinant. Si j’ai d’abord trouvé son style plutôt agaçant, je me suis toutefois rapidement habitué aux interventions de l’auteur dans son récit et aux différents artifices qu’il utilise pour y donner vie. Son style fluide nous emporte rapidement. Carrère nous dit que, pour préparer son ouvrage, il a lu beaucoup de livres, attachant beaucoup d’importance aux biographies de PKD (principalement Divine Invasion: The Life of Philip K. Dick par Lawrence Sutin et The Search for Philip K. Dick par Anne R Dick). Il a également rencontré et interviewé plusieurs proches de Dick. Toutefois sa principale source a été l’oeuvre de Dick elle-même.

Carrère décrit et explique plusieurs nouvelles et romans de PKD à travers lesquels il nous fait découvrir le cheminement existentiel de l’auteur qui a été tour à tour intello, bohème, bourgeois, artiste, hippy, junky et mystique. Ces différentes étapes ont été ponctué par une succession d’épouses ou de compagnes: Jeanette l’amatrice de musique classique rencontrée dans la boutique de disques où travaillait PKD (1948), Kleo la gauchiste rebelle (1950), Anne (1959) qui lui donne une fille (Laura Archer née en 1960) et qui souffrait d’instabilité psychologique, Nancy la mondaine (1964) qui lui donne une seconde fille (Isa) et Tessa la timide croyante avec qui il s’installe à Fullerton (1972) et qui lui donne un fils (Christopher né en 1973). Il décrit également la série d’événements ou de visions qui jalonnent sa vie et le marquent profondément: la mort de sa sœur jumelle un peu plus d’un mois après leur naissance, son père portant un masque à gas de la 1ère guerre mondiale, un visage dans le ciel, le cambriolage de sa maison de Berkley, une livreuse de pharmacie portant un pendantif en forme de poisson qui provoqua ce que PKD appela son “anamnèse”, etc.

Ainsi Carrère remet l’oeuvre dans le contexte de la vie de PKD, et vice-versa, tentant d’expliquer ce qui l’avait amené à écrire tel livre ou ce que telle histoire exprimait de la vie de PKD ou de son état d’esprit à une époque donnée. C’est durant sa relation avec Anne, qui l’encourage beaucoup à écrire, que PKD commence à produire ses oeuvres les plus significatives: The Man in the High Castle (Le Maître du Haut Château, publié en 1962), Clans of the Alphane Moon (Les Clans de la Lune alphane, paru en 1964), The Three Stigmata of Palmer Eldritch (Le Dieu venu du Centaure, publié en 1965). PKD soutient un rythme effréné d’écriture grâce à l’utilisation d’amphétamines (aka “speed”) mais ceux-ci auront un effet dévastateur sur sa santé. Durant son mariage avec Nancy, il écrit, entre autres, Do Androids Dream of Electric Sheep? (aka Blade Runner, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, publié en 1968), Ubik (1969) et Flow my Tears, the Policeman Said (Le prisme du néant, écrit en 1970 mais publié en 1974) dont le titre est inspiré d’une pièce ce John Dowland, luthiste anglais du XVIe siècle que PKD appréciait beaucoup.

Il avait souvent eut des périodes de dépression mais, lorsque Nancy le quitte, il sombre à son plus bas. Il se drogue beaucoup, partage sa maison avec un groupe de junkies, et, en 1971, le cambriolage de sa maison exacerbera sa nature paranoïaque. Sous prétexte d’une convention de science-fiction, il tente de refaire sa vie en s’installant à Vancouver mais il se sent isolé plus que jamais et tente de se suicider. Après un passage de trois semaines dans une maison de désintoxication (X-Kalay), il revient en Californie et s’installe à Fullerton. Ces expériences lui inspireront A Scanner Darkly (Substance mort, écrit en 1973 mais publié en 1977).

PKD avait souvent réfléchit à la religion, particulièrement au travers de ses longues discussions théologiques avec l’évêque James A. Pike (évêque épiscopalien du diocèse de Californie, rencontré à l’automne 1965 par l’entremise d’une amie, dont la foi vacilla suite aux révélations des manuscrits de la mer morte qui suggéraient que le Jésus historique n’aurait été qu’un simple prédicateur Essénien (apparemment, ceux-ci mangeaient un pain et buvaient un bouillon fait à partir d’un champignon hallucinogène, en une sorte de cérémonie antérieure à la communion!), il introduisit PKD à la Gnose et, par cela, eut une grande influence sur lui; il est également l’inspiration du personnage de Timothy Archer dans The Transmigration of Timothy Archer). Il eut aussi quelques expériences pseudo-religieuses (comme la vision d’un visage dans le ciel, qu’un prêtre attribua à Satan) sans doute causées par les effets secondaires des nombreuses drogues qu’il consommait. Mais rien de cela n’était comparable au mysticisme profond qu’il éprouva à partir de 1974 (possiblement déclenché par sa tentative de suicide, son séjour à X-Kalay, la chute de Nixon (son ennemi juré!), le sevrage de la drogue ou sa fameuse anamnèse). Obsédé, il passa de nombreux mois, sinon des années, à spéculer sur son expérience religieuse, définissant sa gnose dickienne dans de volumineux carnets de notes qu’il appelait son Exégèse. Ses cinq derniers romans (la “trilogie divine”) en sont fortement empreint: d’abord Radio Free Albemuth (une première tentative d’exprimer son expérience, écrit en 1976 mais publié de façon posthume en 1985), puis VALIS (SIVA, 1980), The Divine Invasion (L’Invasion divine, 1981) et The Transmigration of Timothy Archer (La Transmigration de Timothy Archer, 1982), puis finalement The Owl in Daylight (jamais complété, il y travaillait au moment de sa mort, le 2 mars 1982, suite à un AVC et à une crise cardiaque).

La biographie que nous présente Carrère nous permet de mieux comprendre qui était PKD, ainsi que son oeuvre. Dans le fond, PKD est une sorte de philosophe moderne qui questionne sans cesse tant sa propre identité que la véritable nature de la réalité et qui s’est façonné une conception de l’univers influencée par ses expériences avec une vaste pharmacopée (source de son instabilité psychologique, de sa paranoïa, de sa schizophrénie — quoique, apparemment, les drogues dures n’y ont pas joué de rôle significatif, à part pour une brève période de sa vie, contrairement à l’image qu’on a eut de lui particulièrement en Europe) et par ses croyances gnostiques. Mais dans quelle mesure tout ce que nous raconte Carrère est réel? Quelle part en est spéculation ou invention ? En effet, certains anecdotes ou détails nous semble douteux car trop précis. Après tout l’ouvrage est décrit comme une biographie “romancée.” Comme beaucoup d’auteurs, PKD a sans doute puisé dans ses propres expériences pour étoffer ses récits, mais j’ai l’impression que Carrère a parfois comblé les vides dans la vie de son sujet en tirant la matière directement de l’oeuvre de PKD sans se soucier si l’anecdote était véridique ou fictif. Cela expliquerait sans doute pourquoi, comme certains en ont fait la juste remarque, que Je suis vivant et vous êtes morts “se lit comme un roman de Dick”.

En lisant Je suis vivant et vous êtes morts, je ne pouvais pas m’empêcher de penser à deux autres documents traitant de la vie de PKD qui me sont tombé dans les mains ces dernières années. L’un est un documentaire video un peu minable (mais qui offre tout de même quelques information intéressantes) qui regroupe des interviews de proches de PKD: The gospel according to Philip K. Dick (Amazon, IMDb, NYT). L’autre est un film (réalisé par Matthew Wilder, avec Bill Pullman) que j’ai vu au Festival des Films du Monde en 2008, Your Name Here, qui offre un douteux et bouffon hommage à la vie de PKD, possiblement inspiré par la fascination qu’il avait pour la chanteuse Linda Ronstadt (IMDb, Polly Staffle).

En lisant tout ceci je me rend compte que PKD a exercé sur moi une plus grande influence que je ne le croyait. Certes, ma fascination pour cet auteur provient d’abord d’une certaine affinité commune (j’ai eu mon lot d’expériences personnelles dickiennes, incluant une certaine paranoïa, un alter-ego androïde du nom de Flip Cody (sans doute lui même influencé par la participation à de nombreux jeux de rôle), un intérêt académique pour les religions, des voix intérieures (ou de la poésie?) criants “Libera me” ou “Let me out of here!” (tout cela sans le moindre usage de drogue!), etc.) mais il m’apparait que beaucoup de ces choses que j’ai ressenti ou rêvé me viennent probablement des livres de PKD que j’ai lu, oublié et que mon subconscient a intégré. Fascinant!

Finalement, Je suis vivant et vous êtes morts m’a fait découvrir des facettes de PKD que je n’avais jamais imaginé. D’une part, j’ignorais que ses oeuvres contenaient autant d’éléments autobiographiques. C’est troublant. D’autre part, je ne pensait pas que l’aspect religieux y avait eu autant d’importance et d’influence. Mmmm… Tout cela me donne le goût de relire les livres de PKD (mais cette fois non pas en traduction mais dans la version originale). Quoiqu’il en soit, si vous n’êtes pas familier avec PKD, Je suis vivant et vous êtes morts vous le fera découvrir (mais gare aux “spoilers”). Et si vous êtes déjà un amateur, il vous le fera vraiment découvrir!

Outre l’oeuvre de PKD elle même, plusieurs ouvrages ont été écrit à son sujet. À part les Divine Invasions: A Life of Philip K. Dick par Lawrence Sutin et The Search for Philip K. Dick par Anne R Dick (déjà mentionné plus haut), voici quelques suggestions de lectures que je peux vous (et me) faire (tous les liens sont vers Amazon.com): Tessa B. Dick: My Life on the Edge of Reality par Tessa B. Dick, Philip K. Dick: Remembering Firebright par Tessa B. Dick, Philip K. Dick and Philosophy: Do Androids Have Kindred Spirits? par D. E. Wittkower et, bien sûr, The Exegesis of Philip K. Dick par Philip K. Dick, Pamela Jackson & Jonathan Lethem. La version anglaise de Je suis vivant et vous êtes morts (I Am Alive and You Are Dead: A Journey into the Mind of Philip K. Dick par Emmanuel Carrère) mérite également d’être mentionnée (ne serait-ce que pour nos lecteurs anglophones).

Je suis vivant et vous êtes morts, par Emmanuel Carrère. Paris, Éditions du Seuil (Coll. Points, #258), 2012. 11 x 18 x 1.8 cm, 416 pg., 7,70 € / $14.95 Can. ISBN: 978-2-7578-3072-7.

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Je suis vivant et vous êtes morts © Emmanuel Carrère et les Éditions du Seuil, 1993.

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Solde de livres des ABM


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Ne manquez pas cette semaine le
solde annuel de livres des Amis de la bibliothèque de Montréal qui a lieu du 27 avril au 5 mai, document.write(“”); de 13 h à 19 h, à l’Aréna Étienne-Desmarteau (3430, rue de Bellechase, Montréal) ! Plus de 90,000 livres et revues à petits prix ($0.50 pour revues, $1-$2 pour les livres) ! Quand les bibliothèques de Montréal font le ménage de leur livres, on s’arrange pour trouver à ces livres-là de toutes nouvelles familles qui en prendront soin. Venez faire votre part tout en contribuant à financer les activités dans les bibliothèques.

Tant qu’à être dans les annonces, n’oubliez pas de consulter la nouvelle section “Bibliothèque Numérique” du réseau des bibliothèques de la Ville de Montréal…

References Manga

Cela faisait un bon bout de temps qu’il n’y avait pas eut de livres de référence sur le manga de publié (à part la pléthore de livres sur comment dessiner dans le style manga!). Toutefois, document.write(“”); je viens de prendre connaissance de la publication récente de deux de ces références. Je ferai tout mon possible pour les commenter dès que je les aurai trouvé (le réseau des bibliothèques de la Ville de Montréal devrait en faire l’acquisition bientôt) et consulté. Cela s’ajoutera à ma série de commentaires que j’avais intitulé “Anime & Manga Reference Desk” (ainsi qu’à la liste “Essential anime & manga references” que je n’ai malheureusement pas mise à jour depuis longtemps) et que j’avais publié dans Protoculture Addicts (je planifie d’ailleurs de reprendre ici, en français, cette série de commentaires bibliographiques).
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La première de ces réréfences nous viens des éditions Kazé (qui avaient publié les deux éditions du Guide Phénix) sous la supervision de Sébastien Kimbergt (journaliste du magazine Animeland). Intitulé Le Meilleur du Manga: Édition 2013 (Les conseils des pros pour s’y retrouver dans la masse !), ce guide a pour objectif d’orienter le lecteur et de l’aider à choisir les meilleurs manga à travers la très grande quantité de titres disponibles. Pour ce faire, le guide a compilé les top 5 d’une centaine de professionnels du livre et du divertissement, tirant leur sélection parmi les 550 titres publiés en France entre septembre 2011 et août 2012, afin de produire un top 20 des ouvrages les plus populaires et unanimement célébrés. On y trouvera également “des guides de lecture thématiques, des trucs et astuces pour choisir une nouvelle série à lire, mais également des articles de fond, des infos amusantes et deux interviews de mangakas : Rei TOMA, l’auteure de l’Arcane de L’Aube et Kaoru MORI l’auteure de Bride Stories”. L’ouvrage de 192 pages, qui se vend pour 7,95€ ($13.95 Cdn), est disponible dans les librairies depuis le 23 janvier 2013, en France, et depuis mars au Québec. (Source: Animeland)

La seconde référence est un peu moins récente. Manga: Les 120 incontournables; La mangathèque idéale, écrit par Olivier Richard et publié par 12 Bis, nous offre une sélection subjective de 120 titres de manga jugés incontournables, présenté alphabétiquement, divisé selon les catégories d’âges habituelles (shônen, seinen, shôjô et josei). Chacune des notices, en plus des information bibliographiques, offre un résumé de l’histoire et un commentaire critique. Animeland nous apprend également que l’ouvrage ne comporte AUCUNE illustration. Parus en novembre 2012, l’ouvrage (10×15 cm, ISBN : 978-2-35648-451-2) de 300 pages se vend pour 9.90 € ($17.95 Cdn) et est disponible au Québec depuis janvier 2013.

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Hitler de Shigeru Mizuki

“Mizuki pose une question aujourd’hui encore sans réponse : qui était Hitler ? Pour résoudre cet effrayant mystère, document.write(“”); il convoque les avatars du Führer : l’étudiant famélique, le caporal bavarois, l’agitateur politique, le chancelier du Reich, le chef de guerre. De la synthèse de ces images multiples et contradictoires naît un personnage rusé et naïf, cabotin et cruel, inquiétant et ridicule, silhouette dérisoire qui rit, sifflote, enrage, pleure et répète : «Mon empire durera mille ans.»”
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“Son expression se concentre dans ses moustaches et surtout un regard, tour à tour hypnotique comme celui de Mabuse ou mouillé comme celui d’un chien battu. Pour décor, le mangaka use de photos d’archives, qui soulignent la froide réalité de la tragédie mais aussi créent l’ambiance expressionniste et angoissante d’une Allemagne hantée, où rôde la Mort montée sur son cheval pâle.”

“Claire et didactique, cette biographie déroule les étapes d’une catastrophe implacable, rythmée par le bruit des bottes. Si elle reproduit parfois la légende hitlérienne, noire ou dorée, elle évite de diaboliser son sujet, qui demeure humain, trop humain. Terré dans son bunker, l’artiste frustré meurt dans l’écroulement de son oeuvre, le Reich de mille ans. Il n’est plus qu’un cadavre anonyme parmi des millions d’autres. Le charnier de l’Histoire engloutit les victimes et leurs bourreaux. Et les ruines de Berlin évoquent celles de Hiroshima ou Nagasaki. La folie de Hitler est celle d’un homme, de tous les hommes”. [ Texte du rabat intérieur de couverture ]

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Shigeru Mizuki est un de ces mangaka de la vieille génération (comme les Shôtarô Ishimori, Sampei Shirato, Yoshihiro Tatsumi, Osamu Tezuka, Kazuo Umezu) qui racontent des histoires relativement simple dans un style plutôt grossier et parfois caricatural. Né en 1922, il démontra tôt un talent artistique prometteur mais la 2e guerre mondiale ne lui donna pas la chance de faire carrière. Conscrit en 1943, il se retrouve en Papouasie-Nouvelle-Guinée où il vit l’horreur (malade, il survit de peu au massacre de son unité) et est grièvement blessé lors d’un bombardement allié à Rabaul en 1944. Amputé du bras gauche, il réapprend à dessiné de la main droite et, entre autres petits boulots variés, travaille comme artiste et conteur de kami-shibai (récit agrémenté de cartons illustrés qui est présenté par un conteur de rue). Il en vient aux manga sur le tard, avec la publication de Rocket Man en 1957. Il publie d’abord surtout pour le marché du Kashibonya (livres en locations à bas prix) puis joint le magazine Garo à ses débuts en 1964. Mizuki est “avant tout un créateur d’histoires de fantômes” (Frederik Schodt, Manga! Manga!, p. 15) et est surtout connu pour sa série d’histoire de Kitaro (Hakaba Kitaro [Kitaro du cimetière] et Ge ge ge no Kitaro [Kitaro le repoussant] sérialisés dans la magazine hebdomadaire Shônen de 1965 à 1969) ainsi que de nombreux autres récits d’horreur et d’épouvante inspirés des yokai (monstres) du folklore traditionnel japonais. Écrivait-il ce genre d’histoires parce qu’il était hanté par toutes ces morts dont il fut le témoins durant la guerre?

Avec les années ’70 il est finalement prêt à aborder directement un autre genre d’horreur: celle qu’il a vécut durant la guerre. En 1971, il prépublie Gekiga Hitler (??????? / Hitler: une biographie) dans le magazine hebdomadaire seinen Manga Sunday des éditions Jitsugyô no Nihonsha (qui le compilera ensuite en un seul volume en 1972). Cet ouvrage est pour lui une sorte de “projet pédagogique qui vise à lutter contre la propagande [c’est à dire la vision révisionniste des nationalistes japonais, nostalgiques du militarisme impérial] et l’ignorance” (Hitler, introduction, p. 8). C’est à la fois une introspection personnelle, où il cherche à comprendre ce qui lui est arrivé pendant la guerre, et une façon d’offrir à ses lecteurs des éléments de réflexion sur un sujet que la plupart des gens préfèreraient garder sous silence. En 1973, il poursuit cette recherche avec la publication de Sôin Gyokusai Seyo (Onward Towards Our Noble Deaths / Opération Mort), un “récit antimilitariste qui dénonce le sacrifice aveugle et vain” (Thierry Groensteen, L’Univers des mangas, p. 109) des soldats et directement basé sur sa propre expérience en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Opération Mort lui ayant donné un goût pour l’autobiographie, il publie donc Nonnonb? to ore (lit. “Mémé et moi” / NonNonBâ) en 1977. Il y fait un retour sur son enfance et explique comment il a découvert, à travers les récits d’une vieille femme, tout le “bestiaire” surnaturel traditionnel des japonais. Il poursuit en 1988 avec Comic Showa-Shi, une histoire du Japon en manga traitant de l’ère Showa (1926-1989) en huit volumes. Finalement, en 2006, il débute une nouvelle série où il s’attaque à une véritable autobiographie: Mizuki Shigeru Den (La vie de Mizuki). Son style et ses récits humains, exprimant un profond respect pour toute forme de vie, font de lui “l’un des précurseur du mouvement gekiga des années ’60, qui visait à introduire un dessin plus réaliste” (Jason Thompson, Manga: The complete guide, p. 123). Sur le mouvement gekiga, je vous réfère à mon commentaire sur A Drifting Life par Yoshihiro Tatsumi (en anglais; pour d’autres références en anglais vous pouvez consulter la notice d’ANN sur Mizuki ainsi que l’épisode CVI de “Jason Thompson’s House of 1000 Manga” consacré à Mizuki).


Shigeru Mizuki fait partie de ces auteurs dont l’étrange style mi-réaliste, mi-caricatural et les récits plus propices à la réflexion qu’au divertissement rendent plutôt impopulaire en occident. Ces auteurs (dont Shin’ichi Abe, Seiichi Hayashi, Susumu Katsumata, Shôhei Kusunoki, Imiri Sakabashira, Oji Suzuki, Yoshihiro Tatsumi — plusieurs sont d’ailleurs passé par le magazine Garo) seraient probablement restés de parfait inconnus si ce n’est du travail de quelques éditeurs qui n’hésitent pas à prendre des risques pour nous les faire connaître. Du côté anglophone on peut citer Drawn & Quarterly, un éditeur montréalais qui a publié plusieurs titres de Mizuki et de Tatsumi. Du côté français, il y a l’incontournable Éditions Cornélius (leur site étant en flash il n’y a malheureusement pas de lien direct vers leur catalogue, mais ils ont publié une dizaine de titres de Mizuki: NonNonBâ (2006), 3, rue des Mystères vol. 1-2 (2006-09), Kitaro vol. 1-10 (2007-11), Opération Mort (2008), Micmac aux enfers (2010), Mon copain le kappa (2010), Kappa et compagnie (2010), La mort, kappa et moi (2011), Hitler (2011) et Vie de Mizuki vol. 1 (2012)).

Sur Hitler de Shigeru Mizuki, il est difficile d’en rajouter sur ce que dit le texte du rabat intérieur de couverture (cité en début d’article). Une biographie d’Adolf Hitler demeure encore aujourd’hui un sujet très sensible, rarement abordé en bande-dessinée (cela nous rappel bien sûr le Maus d’Art Spiegelman ou L’Histoire des 3 Adolf d’Osamu Tezuka; il existe également une adaptation de Mein Kampf en manga, que je n’ai pas encore lu mais que j’aimerais bien éventuellement commenter). Mizuki nous présente le personnage d’une façon très objective mais désamorce la possible controverse en lui donnant une apparence caricatural. Le style de Mizuki offre d’ailleurs un “contraste entre des personnages sommaires et des décors minutieux” (Thierry Groensteen, L’Univers des mangas, p. 47), contraste frappant qu’il accentue en reproduisant des photos d’époque pour illustrer ses arrières-plans (contraste que Paul Gravett note comme étant l’une des caractéristiques du gekiga; Manga: Sixty Years of Japanese Comics, ch. 04, p. 49).

Le récit d’Hitler est intéressant, facile à lire. Ce n’est certes pas une biographie exhaustive et il ne résous pas tout à fait le débat sur qui était vraiment Hitler (un monstre? un fou? un homme ordinaire qui a fait ce qu’il croyait nécessaire? C’est au lecteur d’en juger). Toutefois, ce que nous offre ici Mizuki (un auteur maintes fois récompensé — entre autres à Angoulème pour NonNonBâ en 2007 et pour Opération Mort en 2009), c’est une leçon d’histoire excellente et toujours pertinente qu’un manga a plus de chance de transmettre à la jeune génération (tout au moins celle des années ’70, à qui ce manga était destiné) qu’un cours magistral. À lire certainement.

Hitler, par Shigeru MIZUKI. Paris, Éditions Cornélius (Coll. Pierre), 2011. 17 x 24 x 3 cm, 296 pg., 25,50 € / $47.50 Can. Sens de lecture japonais. ISBN: 978-2-36081-022-2. Recommandé pour jeune adulte (16+).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Hitler © Shigeru Mizuki / Mizuki Productions. All rights reserved. Édition française © Cornélius 2011.

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La maison en petits cubes

Cette semaine j’ai découvert un superbe album illustré pour enfant qui m’a, document.write(“”); par le suite, mener vers de nouvelles révélations. Je vous en fait ici une brève introduction afin que vous puissiez le découvrir à votre tour. Comme vous voyez j’ai des lectures des plus éclectiques…
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“Dans une ville entièrement immergée, un vieux monsieur résiste encore et toujours à la montée du niveau de la mer. Chaque fois que l’eau atteint son plancher, il est obligé de bâtir une nouvelle maison par-dessus la précédente, si bien qu’au fil du temps son logis a fini par ressembler à une immense pile de petits cubes. Un jour, alors qu’il s’est encore une fois lancé dans la construction d’une nouvelle demeure, ses outils tombent tout au fond de l’eau. Il enfile sa combinaison pour aller les repêcher, et au fur et à mesure qu’il descend à travers ses anciennes maisons, de lointains souvenirs lui reviennent en mémoire…”

“Découvrez le sublime livre créé par les auteurs du film La maison en petits cubes, récompensé dans les festivals du monde entier, notamment par le prestigieux Oscar du meilleur court-métrage d’animation”. [ Texte de la couverture arrière et du site de l’éditeur ]
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La maison en petits cubes (?????? / Tsumiki no Ie) a été publié au Japon en 2008 par Hakusensha. Il a été traduit en français en mars 2012 par nobi nobi!, un éditeur de livres Jeunesse spécialisée sur le Japon. Cet album illustré est l’adaptation en livre d’un court-métrage d’animation. KATÔ Kunio (qui était le réalisateur et le directeur artistique de l’animation) a illustré le livre et HIRATA Kenya (scénariste et dessinateur pour les arrières-plans) en a écrit l’histoire. Le livre n’est pas une simple transposition de l’histoire mais plutôt un complément car les créateurs ont cherché avec le livre a pousser plus loin le récit qui est entièrement redessiné. Il y a donc quelques différences (dans l’animation, c’est sa pipe qu’il échappe à l’eau alors que dans le livre ce sont ses outils qui coulent par le fonds) mais le propos reste le même.

Les dessins faits à l’aquarelle, dominés par les tons jaunes et ocres pour la surface et aigue-marine pour l’eau, sont vraiment superbes. Ce conte tout en douceurs se veut peut-être une sorte de leçon écologique simple (puisqu’il fait allusion à la monté du niveau de l’océan), une parabole sur la persistance (devant le flot de l’adversité, il faut continuer et sans cesse se rebâtir), mais surtout une allégorie sur la mémoire, fluide et floue, souvent engloutie par le quotidien, et qu’il faut entretenir et chérir autant que possible pour la préserver. Un livre d’une grande richesse poétique qui me rappelle un peu Taniguchi (mais cela est sans doute due à une sensibilité toute japonaise qui leur est commune). Un beau conte pour les petits et pour les grands.

La maison en petits cubes, par HIRATA Kenya (texte) et KATÔ Kunio (illustration). Maisons-Laffitte, nobi nobi! (Hors Collection), 2012. 21,5 x 28,3 cm, 48 pg. couleurs, 14,95 € / $19.95 Can. ISBN: 978-2-918857-12-9. Recommandé pour enfants de 2 à 7 ans.

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Chose amusante, à travers ce livre, je retrouve mes intérêts à la fois pour le Japon, le manga, l’animation et le cinéma japonais.

Ainsi, ce livre m’a aussi fait découvrir la maison d’édition nobi nobi! (dont le nom [????], une onomatopée japonaise, signifie “être à l’aise” ou “se sentir bien” et fait référence à l’atmosphère propice à l’épanouissement que procure une bonne et riche lecture). Sa vocation, inusité dans le milieu de l’édition française, est de faire découvrir la culture japonaise par la “traduction d’albums illustrés japonais ou la création d’albums originaux inspirés par le Japon”.

Elle a été créé par deux passionnés du Japon, Pierre-Alain Dufour et Olivier Pacciani, qui ont tous deux travaillé auparavant pour une maison d’édition de manga. J’ai constaté au cours des ans que le Japon produit effectivement des livres pour enfants qui sont d’une grande beauté et sensibilité et qui sont donc un choix logique pour une maison d’édition qui désire publier des ouvrages de qualité qui offrent “des histoires intelligentes au graphisme étudié.”

Ce livre m’a également fait découvrir le court métrage d’animation qu’est aussi La maison en petits cubes et qui a inspiré le livre. D’une durée de seulement douze minutes, cette animation a été produite en 2008 par Robot Communication et animé par le studio Oh Production, sous la direction de KATÔ Kunio, avec un scénario et des arrières-plans de HIRATA Kenya ainsi qu’une musique de KONDO Kenji. Contrairement au livre, où les illustrations sont accompagnées d’un texte, le récit de l’animation ne se fait que par l’image, la musique et les effets sonores.

Robot Communication a été créé en 1986 principalement en tant qu’agence de production pour des commerciaux télévisés et comme une firme de conception graphique. Elle a depuis étendu ses activités à la production de films, d’animation et de contenu pour le web et les téléphones mobiles. Elle est connue pour avoir produit plusieurs des films que j’ai apprécié, entre autres Space Travelers, Always: Sunset on Third Street ’64, Odoru Dai Sousasen the Final (“Dancing Detectives”) et Space Battleship Yamato.

La version animé de La maison en petits cubes a été récompensée par le prix du meilleur court métrage d’animation au Festival international du film d’animation d’Annecy de 2008, par le Prix Hiroshima et Prix de l’Audience du Festival international du film d’animation d’Hiroshima de 2008 ainsi que par l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation en 2009. Elle est largement disponible pour visionnement sur l’internet:

Tsumiki No Ie from lennie small on Vimeo.
Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

La maison en petits cubes © ROBOT 2008.

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Sakuran

Sakuran-cov“Vendue à une maison close dès son plus jeune âge, Tomeki, est une petite fille rebelle qui n’a qu’un désir : s’enfuir du quartier des plaisirs et surtout ne jamais devenir une prostituée. Mais avec le temps elle finit par se prendre au jeu et va vouloir atteindre le titre d’oiran, le plus haut rang des courtisanes. Elle fait ses débuts dans le métier sous le nom de Kiyoha, et très vite révèle un véritable don pour l’art de l’amour. Un simple regard lui suffit pour que tous les hommes soient à ses pieds…

Sakuran vous fait découvrir la société très codée et hiérarchisée des courtisanes japonaises, trop souvent confondues avec les geishas. Avec ses règles strictes et ses principes ancestraux, le monde des prostituées de l’ère Edo vous dévoile tous ses secrets, des plus élégants aux plus cruels… Cynique et sulfureux à l’instar de son héroïne, ce manga nous dépeint une fois de plus une femme au caractère bien trempé, comme sait si bien les mettre en scène Moyoco Anno. Ce manga a été adapté au cinéma par la réalisatrice Mika Ninagawa.” [ Texte de la couverture arrière ]

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Jirô Taniguchi, Une Anthologie

L.10EBBN001312.N001_ANTHtanig_JAQ_FR“Proposé dans une édition cartonnée luxueuse déjà utilisée pour Quartier Lointain et Le Journal de mon père du même Jirô Taniguchi, ce volume rassemble deux titres du maître japonais précédemment publiés chez Casterman : Terre de rêves, préalablement paru dans la collection Ecritures en 2005, recueil de cinq récits courts centrés sur la vie quotidienne, et L’Homme de la toundra, initialement paru l’année suivante sous le label Sakka, autre recueil d’histoires courtes d’inspiration plus naturaliste. Deux autres histoires [“La lune finissante” et “Une lignée centenaire”], inédites en français, viennent compléter cette anthologie de 504 pages.”

[ Texte du site de l’éditeur; voir aussi le texte de la couverture arrière ]

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Furari

“Furari pourrait se traduire par «au hasard», document.write(“”); «au gré du vent»…
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”Tout comme dans L’Homme qui marche, mais avec pour cadre un Japon ancien aujourd’hui disparu, Jirô Taniguchi entraîne son lecteur dans les longues et tranquilles déambulations d’un cinquantenaire dont le nom n’est pas donné mais que tout Japonais devine être Tadataka Inô, célèbre géomètre et cartographe qui, au début du XIXe siècle, établit la première carte du Japon en utilisant des techniques et instruments de mesure modernes. Au hasard de ses intuitions et de son inextinguible curiosité, cet attachant et pittoresque personnage nous initie à la découverte des différents quartiers d’Edo, l’ancien Tôkyô, et de ses mille petits plaisirs. Retiré du monde des affaires mais fidèle à ses réflexes, il arpente, mesure, prend des notes, dessine, tout en laissant libre cours à son goût pour la poésie et à son inépuisable capacité d’émerveillement.

“Jirô Taniguchi, comme il l’a fait dans Au temps de Botchan avec le célèbre écrivain Sôseki, se glisse dans la tête et le coeur d’un personnage historique, nous faisant ainsi appréhender un regard japonais sur le monde qui touche à l’universel.” [ Texte du site de l’éditeur ]

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Furari (????) a été sérialisé au Japon dans le magazine Morning de Kôdansha, puis publié en un volume en 2011 avant d’être traduit en français par Casterman en février 2012. Jir? Taniguchi nous avait déjà introduit à ses récits déambulatoires avec les promenades scéniques de L’Homme qui marche (1995), Le Promeneur (2006) ou Les Années douces (2010-2011), les promenades gastronomiques du Gourmet solitaire (2005), les promenades alpines dans K (2006) et Le Sommet des dieux (2004) ou même encore les promenades dans les tréfonds de la mémoire dans Le Journal de mon père (1999) et Quartier lointain (2002). Cette fois, avec une maîtrise sans pareil du récit et du dessin, il nous entraine dans la pittoresque Édo, la Tokyo du XIXe siècle. Le personnage principal en arpente (littéralement puisqu’il mesure les distances en comptant ses pas) les rues et la campagne environnante, et, au hasard des rencontres, il s’émerveille de la nature qui l’entoure et des gens avec qui il converse. On voit ici deux autres thèmes chers à Taniguchi que sont la nature et les animaux ainsi que les relations avec les personnes (dans ce cas-ci tout particulièrement la relation avec Eï, sa compagne). Ce personnage anonyme (mais que l’on sait fortement inspiré de Tadataka In?, géomètre et cartographe qui fut le premier à établir une carte moderne du Japon) déambule ainsi de façon insouciante alors qu’il observe, mesure, annote et dessine. Sa riche imagination l’amène même parfois à visualiser ce que serait le paysage du point de vue d’un oiseau ou d’un insecte!

Ce manga seinen n’offre pas de véritable récit mais plutôt quinze petites tranches (de dix à seize pages chacune) dans la vie de ce géomètre retraité [attention: si vous n’avez jamais lu ce livre la présentation de chaque épisode pourrait dans certains cas vous gâcher la surprise!]:

Dans “Le Milan” le hasard de ses pas l’amène au pont Yanagi et sur sa route il commente la venue prochaine des fleurs de cerisiers, les risques d’incendies dans Edo, observe un dessinateur au sable et un milan qui vole la prise d’un pêcheur, puis se demande de quoi Edo aurait l’air vue du ciel.

Dans “Les Cerisiers” il va admirer les cerisiers sur la colline de Ueno avec Eï, sa compagne, commente sur la foule, boit du saké, fait de la poésie et tente de se mettre “dans la peau” d’un cerisier!

Dans “La Tortue” ses pas l’amènent dans le sanctuaire Hachiman, très animé, où il achète une tortue pour la relâcher dans la rivière (une bonne action) et, s’imaginant à la place de la tortue, observe des femmes aux champs.

Dans “Le Chat” il découvre un chat errant sur la galerie de sa demeure et s’imagine la vie insouciante du chat parcourant la ville par les toits, observant l’animation de la rue ou une femme nue prenant son bain.

Dans “Les Étoiles” il se promène dans Edo la nuit, observe les étoiles et fait la rencontre du poète Issa Kobayashi.

Dans “La Baleine” il se rend à Shinagawa avec sa compagne pour ramasser des palourdes sur la plage mais y trouve une poulpe et un pêcheur lui raconte que, deux ans plus tôt, une baleine s’échoua sur la plage.

Dans “La Pluie” il sort prendre ses mesures sous la pluie, observe des enfants jouer dans l’eau, commente sur le fait que le quartier Motomachi est construit sur un terrain gagné sur la mer (et donc mal drainé) et sur une épidémie de béribéri qui sévit alors à Edo, puis est inspiré par la chaise roulante d’un handicapé pour créer un nouvel instrument de mesure plus précis.

Dans “Les Lucioles”, la foule nuisant à ses mesures, il fait quelques détours et rencontre un peintre (qui n’est pas nommé mais qu’un Japonais cultivé pourrait peut-être reconnaître) avec lequel il échange quelques vers et observe des lucioles la nuit venue.

Dans “L’Éléphant” Eï se plaint qu’il part souvent sans prévenir, comme un chat, alors il l’invite à aller manger des sobas; sur la route ils rencontrent les traces d’un éléphant et il s’imagine voyageant sur le dos de cet énorme animal.

Dans “L’Orage”, après une visite à l’observatoire de Kuramaé où il est décidé qu’afin d’établir la mesure d’un degré il faudrait calculer la distance entre Edo et Ezochi (Hokkaido), il se fait prendre par l’orage sur le chemin du retour et est presque frappé par la foudre; alors qu’il récupère dans un izakaya, il rencontre un conteur (qui n’est encore une fois pas nommé mais un érudit saurait sans doute de qui il s’agit) qui lui raconte une histoire de chien.

Dans “La Libellule” le hasard de ses pas l’amène près de la résidences des Matsudaira à Unemegahara, passé le pont de Kyôbashi; il observe des libellules rouges, puis se repose dans un restaurant pour un peu de saké et un repas (ce qui rappelle beaucoup Le Gourmet solitaire!) où il réaffirme sa détermination à obtenir les autorisations officielles pour voyager à Ezochi; finalement, s’imaginant être une libellule, il aperçoit le plan d’Edo vu des airs.

Dans “La Lune” il voyage en barque sur la rivière avec Eï par une nuit de pleine lune. Ils admirent Edo la nuit, la beauté du paysage, observe le passage d’oies sauvages et il raconte la légende du lapin dans la lune. Quelle sérénité: “Se laisser ainsi aller, sentir le vent, regarder la lune… Je suis vraiment comblé” dit-il. Puis ils croisent le poète Issa.

Dans “Le Cheval” il remarque que le calcul de ses pas est devenu plus précis et commence à planifier son voyage à Ezochi. La vue d’un cheval lui rappel qu’une cariole permettrait de transporter plus de matériels. Il apprend que le bakufu a autorisé l’expédition et accordé un budget de vingt ryô (il devra défrayer le reste, dont les frais d’appareillage).

Dans “Les Fourmis” le promeneur et Eï vont sur le mont Hachiman pour observer le Mont Fuji au loin. Il annonce à Eï son prochain départ pour Ezochi et observe une colonne de fourmis dans l’herbe (bien sûr, il s’imagines minuscule à leur côté!). Eï décides de l’accompagné dans son expédition.

Dans “La Neige” le promeneur et Eï marchent sous la neige, admirent le paysage et discutent de l’expédition. Ils s’arrête dans un restaurant. Il avoue: “Ces doux paysages Japonais… Cette topographie naturelle, je veux l’enregistrer minutieusement sur des cartes pour les générations à venir.” Il ajoute: “Pas d’impatience. Prendre le temps qu’il faut. Et avancer, toujours avancer. Si on marche, on arrive toujours…”

J’ai déjà amplement traité de la qualité des récits intimistes et du style claire et précis de Taniguchi et il me semble inutile d’en rajouter. Par contre cette thématique de la déambulation, si chère à Taniguchi, pourrait sembler redondante et répétitive à la longue, mais pourtant chaque ouvrage m’apparait unique dans ses caractéristiques. Ils n’ont en commun que le fait que chacun est presqu’une méditation contemplative sur la beauté poétique et le calme de notre environnement, qu’il soit urbain ou rural. Et ici, dans son plus récent opus, Taniguchi excelle tout particulièrement. Je trouve toutefois ennuyeux que certaines pages qui semblent avoir été en couleur dans l’édition originale japonaise (comme c’est souvent le cas au Japon pour les début de chapitre par exemple) n’aient été publié qu’en noir et blanc dans l’édition française de Casterman.

Furari est un ouvrage très enrichissant qui offre une réflexion philosophique sur notre rythme de vie, ainsi que de nombreuses anecdotes (parfois expliqués par des notes en bas de page) sur l’histoire et la culture du Japon. À lire absolument!

Furari, par Jiro TANIGUCHI. Paris, Casterman (Coll. Écritures), 2012. 17.4 x 24.1 x 1.8 cm, 212 pg., 16,00 € / $28.95 Can. Sens de lecture occidental. ISBN: 978-2-203-04891-1. Recommandé pour jeune adulte (14+).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Furari © Jiro TANIGUCHI, 2011; © CASTERMAN, 2012 pour la traduction française.

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Enemigo

“Après avoir connu la dictature et la guerre civile, document.write(“”); le Nacencio, État d’Amérique latine, s’engage sur la voie de la modernisation. Afin de transformer la jungle du sud du pays en terres arables, les autorités font appel à la société japonaise de bâtiment Seshimo. Lorsque Yûji Seshimo, son jeune et brillant président, se rend sur place, il est kidnappé par des mercenaires qui demandent l’arrêt immédiat des travaux… Manoeuvre du lobby du blé américain afin de contrer un concurrent potentiel ? Baroud d’honneur des derniers partisans de la dictature ? Opération commando des forces révolutionnaires? Complot des membres du conseil d’administration de Seshimo hostiles au trop jeune patron ?”
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“C’est à Ken’ichi, le frère de Yûj, qu’il revient de démêler l’écheveau. Accompagné de Gloria, la secrétaire de son frère, cet ancien du Vietnam, aujourd’hui détective privé aux Etats-Unis, s’enfonce dans la jungle du Nacencio où l’attendent trahisons, courses-poursuites, guet-apens et autres réjouissances !” [ Texte du rabat intérieur de couverture ]

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Enemigo (?????) est d’abord sérialisé dans le magazine d’Akita Shoten Play Comic entre décembre 1984 et avril 1985 avant d’être publié en un volume au Japon en 1985 par Futabasha [voir couverture ci-contre] (et réédité par Kobunsha en 2007 avec le sous-titre “The director’s cut edition”). Il sera publié en France, dans la collection Sakka de Casterman, à la fin juin 2012. Conçu et dessiné par Jiro TANIGUCHI, ce manga seinen a été écrit par M.A.T., qui serait (selon la postface de Taniguchi) un ”groupe d’action scenaristique” dont l’identité demeure toujours un mystère même de nos jours. Le titre Enemigo veut dire ennemi en espagnol, ce qui permet à l’auteur de faire dire au protagoniste le clin d’oeil “adios enemigo” au lieu du traditionnel “adios amigo.”

Enemigo fait partie des “oeuvres de jeunesse” de Taniguchi et, par conséquent, n’a donc rien à voir avec le style plus raffiné et les récits introspectifs qui ont fait sa renommé en Europe. À ses débuts il s’intéressait surtout à des histoires d’action et son style n’est pas encore parfaitement défini. Pour plus de détails sur la mise en contexte de ce manga dans l’ensemble de l’oeuvre de Taniguchi, je vous réfère à mon commentaire précédant qui porte sur Garôden, un manga datant de 1990. 

[ Planches 8 à 10, ici présentées de gauche à droite : ]

Taniguchi nous dit dans la postface que les récits d’aventure-action étaient à l’époque forts populaires en littérature mais pratiquement absents dans le manga et c’est pour remédier à cette lacune qu’il entreprit Enemigo. Il s’est inspiré du roman noir américain qui met en scène un héros dur au coeur tendre et qui ne manque pas de repartie. Il a tenté de donner un angle socio-politique au récit mais tout en restant authentique aux “codes traditionnels du genre (une belle commanditaire, des armes à feu, des morts, l’amitié, l’amour, la trahison, la séparation finale).” Évidemment les exigences du genre (les détectives-privés ne foisonnent pas au Japon) l’ont amené à situer l’histoire à l’étranger (en Amérique du Sud et à New York) et comme Taniguchi s’intéressait déjà (et en subissait l’influence) à la bande-dessinée européenne, la critique de l’époque a reproché à Enemigo d’être trop occidental. On y reconnait aussi une grande influence du cinéma d’action américain (style Rambo). [Page 16, ci-contre]

[ Planches 25 et 36-37, encore une fois présentées ici de gauche à droite : ]

Enemigo est, jusqu’à maintenant (avec Le chien Blanco), le titre le plus ancien de Taniguchi à avoir été traduit. Et, on a beau parler d’une oeuvre de jeunesse, il est évident que, dans les années ’80, Taniguchi possède déjà une grande maîtrise de son art. Ainsi, malgré qu’elle soit antérieure à Garôden, je trouve l’histoire d’Enemigo beaucoup plus intéressante, quoique certains diront sûrement qu’il s’agit d’un polar peu originale et plutôt stéréotypée, mais n’était-ce pas ce que recherchait Taniguchi? Il sait inculqué au récit une forte tension, y ajoutant beaucoup de violence (et même une scène de sexe! Là on est vraiment loin de ses récits contemplatifs des années ’90!), et réussit sans mal à conserver l’attention du lecteur. Ce n’est certes pas parfait mais que demander de plus? Même son dessin m’apparait plus détaillé, quoiqu’il est encore chargé de plusieurs “lignes de vitesse” et d’effets sonore, mais quand même moins que pour Garôden. [Page 56, ci-contre]

[ Planches 99, 146 et 160, toujours présentées de gauche à droite : ]

On reconnait d’ailleurs déjà dans Enemigo plusieurs éléments précurseurs qui feront la force des oeuvres récentes de Taniguchi: le récit se déroule plutôt lentement (et ce malgré que ce soit une histoire d’action), le héros est pensif et solitaire, on y retrouve aussi un certain soucis du détail (particulièrement dans les paysages d’arrière-plan) ainsi qu’un intérêt pour la nature et les animaux (la jungle et le chien Little John qui est en quelque sorte le second du héros et que Taniguchi avait expressément demandé aux scénaristes d’inclure dans le récit).

[ Finalement, les Planches 178-79, présentées de gauche à droite : ]

C’est un livre plus soigné où l’on retrouve une douzaine de planches couleurs et un important dossier de quarante-trois pages qui comporte une galerie d’illustrations (cinq en couleurs et plusieurs sketch), une postface et un interview de Taniguchi ainsi que des commentaires par Katsuya Terada (Blood: The Last Vampire, Saiyukiden), Nicolas Finet (DicoManga), Vittorio Giardino (Les Enquêtes de Sam Pezzo), François Schuiten (Les Cités obscures), et Baru (L’Autoroute du soleil).

Pour conclure, Enemigo est certes un thriller noir plutôt typique mais c’est tout de même un très bon gekiga et je le recommande chaudement.

Enemigo, par Jiro TANIGUCHI (dessin) & M.A.T. (texte). Paris, Sakka (Casterman), 2012. 15 x 21 x 2.3 cm, 312 pgs,. 13,95 € / $24.95 Can. Sens de lecture original. ISBN: 978-2-203-03011-4. Recommandé pour jeune adulte (14+).
Enemigo © Jiro TANIGUCHI / M.A.T., 2007; © CASTERMAN, 2012 pour la traduction française.

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Garôden

Garoden_couv“C’est l’histoire d’une quête d’absolu. D’absolu dans le combat. La quête de Tanba a peut-être commencé pour savoir qui était le plus fort, mais quand le récit de Taniguchi et Yumemakura commence, on est déjà loin de ça.”

“Tanba s’est formé dans les principes du Karaté, mais a découvert – à ses dépens – que les lutteurs professionnels (le catch), n’étaient pas tous des comédiens, que parmi eux se trouvaient de vrais bêtes de combat cheminant comme lui sur la voie du combat à mains nues. Il a donc développé une technique hybride, avec des percussions au poing ou au pied, et des immobilisations.”

“Tanba a perdu un seul combat dans sa vie, contre un jeune catcheur inconnu : Kajiwara. À la suite de quoi il a passé trois ans à comprendre pourquoi il avait perdu et à se perfectionner pour se dépasser. Mais Kajiwara n’est pas resté le même non plus, il est maintenant une star du catch professionnel. Quand il revient au Japon après une carrière internationale, cela fait six ans que Tanba l’attend. Pas pour prendre sa revanche, non, un mot aussi vulgaire n’appartient pas au vocabulaire des affamés d’absolu.”

[ Texte du rabat intérieur de couverture ]

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Clodji au Salon du livre 2012

Vendredi j’ai visité le Salon du livre de Montréal en long et en large (mais ce fut tout de même une visite éclaire, document.write(“”); en un peu plus d’une heure) et tout ce que j’en ai gardé est une sensation de profond écoeurement.
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Premièrement, il faut être pas mal masochiste pour visiter le salon après avoir passé une dure et très longue journée à travailler en bibliothèques (une de ces journées d’enfer qui vous font reconsidérer votre plan de carrière; ce n’est pas tout d’accomplir avec le sourire la pléthore des tâches variés qu’on vous attribut, mais le faire dans la cacophonie de petits morveux dissipés et irrespectueux qui hurlent et courent partout, c’est très exigeant).

Finalement, la présence de tous ces livres m’a laissé abasourdi, écrasé par une surcharge visuelle et intellectuelle. Il me semble que ce n’était pas comme cela quand je visitais le salon étant jeune. J’en conserve un souvenir d’émerveillement et d’admiration devant tout cet accomplissement littéraire. Des fois je me demande si il n’y a pas trop de livres publiés de nos jours. On en est venu à publier n’importe quoi et n’importe qui de sorte que tous les grands auteurs et ouvrages importants sont noyés dans la masse de ces titres insignifiants et médiocres. C’est cela sans doute la démocratisation de la littérature…

Et c’est probablement encore pire avec l’édition électronique, dont on faisait grand cas encore une fois cette année au salon. Est-ce vraiment une bonne chose que monsieur et madame tout le monde (et n’oublions surtout pas toutou) puissent raconter leur petite histoire et partager anecdotes et recettes savoureuses? Heureusement que les éditeurs ne publient qu’une fraction infime des manuscrits qu’ils recoivent!

Enfin, peut-être que l’édition a toujours été comme cela et, alors que les années passent, l’ivraie s’envole et qu’il ne reste plus dans notre souvenir que les perles et les classiques. C’est vrai, après tout il y a la loi de Sturgeon qui affirme que quatre-vingt dix pour cent de tout est de la merde! Peut-être, mais pour l’instant je ne vois qu’un gâteau visuellement trop riche, qui me reste sur l’estomac. La forêt de livres cache la littérature et je me sens dépassé, anesthésié, gourd et désensibilisé. Et au milieu de tout cela, la télévision, en directe, qui se se bat pour prendre à vos enfants le peu d’attention qu’ils peuvent donner. Les mots, il en reste si peu, auront-ils encore toujours un sens pour ces enfants turbulants, en constant état d’excitation comme de quelconques atomes, agités par les ondes de leurs écrans cathodiques?

J’ai tout de même apercu quelques livres beaux (sur la géographie ou l’art) ou amusants (comme ces compilations de Naruto grand format, immitant les magazines manga japonais hebdomadaires). Mais trop c’est trop. Et je reviens bredouille, mon épuisette vide, sans même la moindre suggestion d’achat pour Noël. Quelle tristesse.

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Bibliography

Warning!

This blog was hit by a couple of catastrophes in 2017 that broke many image links and introduced malicious lines of code that have now been neutralized but are still  disfiguring many older entries of the blog.

Please bear with us while we are undergoing the  long process of repairing the blog! The most important part of this blog is still there — the words to read and the ideas to share — but the aesthetic of the presentation has unfortunately suffered.

Thank you for your understanding and support!

— clodjee  

After reading my bio/bibliography in the DALIAF, it reminded me that I published more than just fiction (or a few sci-fi short stories). So I decided to gather my own bibliography, a list as exhaustive as I could of all the major texts I’ve written. Here it is, right after the jump:
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Le DALIAF

“Le fantastique, la science-fiction et la fantasy composent ce qu’il est dorénavant convenu d’appeler les littératures de l’imaginaire. En Amérique française, et plus particulièrement au Québec, leur apparition se confond avec le début de la littérature canadienne francophone puisque le premier texte recensé, « La Tour de Trafalgar », de Georges Boucher de Boucherville, est une nouvelle de fantastique parue en 1835. Cent soixante-treize ans plus tard, en 2008, année du quatre centième anniversaire de la fondation de Québec, plus de mille sept cents hommes et femmes ont contribué à l’élaboration du corpus des littératures de l’imaginaire en Amérique française. (…) Le [DALIAF] a pour objectif de démontrer l’importance de ce corpus littéraire – principalement québécois”. (Extrait du texte de couverture arrière)

J’ai déjà présenté le DALIAF dans un billet de novembre 2011 lorsque sa parution a finalement été annoncé mais, maintenant qu’il est disponible et que — m’en étant procuré un examplaire — j’ai pu amplement le consulter, je peux me permettre de le commenter brièvement.

Daliaf-P_p370

DALIAF, p. 370

Dans son introduction, Claude Janelle justifit d’abord le titre de son ouvrage: pourquoi est-ce un dictionnaire, quels genres d’auteurs ont été considéré, pourquoi en Amérique française, puis il définit le trois genre littéraire qu’il considère comme littératures de l’imaginaire (intéressantes définitions où entre en ligne de compte le fait que l’histoire se déroule dans notre monde ou pas, avec des éléments rationnelle ou pas, et qu’il y ait une rupture de la normalité ou pas).

Janelle termine en expliquant la structure de son ouvrage qui se lit en trois niveau. Le premier niveau est bibliographique: pour chacun des auteurs on donne la liste chronologique des oeuvres (romans, nouvelles, contes, recueils, etc.) publiés en Amérique du nord de 1835 à 2008 et appartenant aux littératures de l’imaginaire, includant traductions et rééditions. Le deuxième niveau est biographique: pour plus de quatre-vingts pour cent des quelques mille sept cents auteurs on retrouve une brève notice biographique qui remet l’auteur en contexte. Plusieurs de ces notices incluent une photographie de l’auteur (parfois en couleur). Puis, le troisième et dernier niveau est appréciatif puisqu’il offre, pour la plupart des textes, une liste de références critiques renvoyant à des ouvrages spécialisés (DOLQ, ASFFQ), journaux ou magazines littéraires. Cela permet de connaitre quelle a été la réception critique de chaque texte.

Finalement, afin de mettre en lumière les auteurs les plus significatifs et distinguer les écrivains professionnels et réputés des “auteurs du dimanche, des étudiants en création littéraire” ou des “écrivaillons sans prétention” Janelle nous offre, après chacune des sections alphabétiques, une série de cinquante-six profils littéraires (incluant Jean-Pierre April, Aude, Honoré Beaugrand, Natasha Beaulieu, Michel Bélil, Sylvie Bérard, Alain Bergeron, Bertand Bergeron, Claude Bolduc, Guy Bouchard, Jacques Brossard, André Carpentier, Roch Carrier, Joël Champetier, Pierre Chatillon, Denis Côté, Emmanuel Desrosiers, Jean Dion, Frédérick Durand, Louis Fréchette, Maurice Gagnon, Éric Gauthier, Jean-Marc Gouanvic, Agnès Guitard, Jean-Charles Harvey, Anne Hébert, Alexandre Huot, Pierre Lacroix, Michèle Laframboise, Alexandra Larochelle, Jacques Lazure, Pamphyle LeMay, Michel J. Lévesque, Suzanne Martel, Edouard-Zotique Massicotte, Claude Mathieu, Yves Meynard, Hugues Morin, Stanley Péan, Gilles Pellerin, Francine Pelletier, Bryan Perro, Jean Pettigrew, Anne Robillard, Esther Rochon, Patrick Sénécal, Daniel Sernine, Jean-François Somcynsky, Norbert Spehner, Joseph-Charles Taché, Jules-Paul Tardivel, Marie-Josée Thériault, Yves Thériault, Michel Tremblay, Jean-Louis Trudel, et Élisabeth Vonarburg — désolé pour cette longue énumération mais le choix des auteurs peut être significatif pour certains).

Du premier coup d’oeil il est évident que le DALIAF est un ouvrage important et significatif. La compilation de l’information offerte par ce dictionnaire représente un travail immense et de longue haleine, et nous sommes extrèmement reconnaissant à Claude Janelle pour y avoir consacré plusieurs décennies. Il va de soi qu’un ouvrage d’une telle importance, malgré tout les efforts de perfection et de minutie pour les détails, ne sera jamais dépourvu d’erreurs, d’omissions ou même de coquilles (dans mon cas il omet ma nouvelle “profession” d’aide-bibliothécaire [depuis 2008] ainsi que la publication d’un texte intitulé “Enfer” dans Erreur Boréal [1987, pp. 9-10], un numéro spécial de Pilône; Ce genre de choses est inévitable et je suis malheureusement sûr que mon cas n’est pas unique) mais ce qui compte vraiment c’est l’immense somme d’information sur la production littéraire québécoise dans le domaine de l’imaginaire. Comme je l’ai déjà dit, le DALIAF est un outil de référence essentiel pour tout bibliothécaire, étudiant en littérature, intervenant de l’édition ou simplement amateur extrème du livre québécois (c’est aussi un bel exercice de “pétage de bretelles” pour les petits “écrivaillons sans prétention” comme moi!).

Toutefois, la taille (plus de cinq-cent pages), la qualité (un grand format en couleur avec couverture caisse, i.e. couverture cartonnée et reliure cousue) et le tirage peu élevé (ce qui est malheureusement le cas pour ce genre de dictionnaire plutôt académique qui suscite peu d’intérêt du grand public) d’une telle publication oblige à un prix de vente exorbitant (79,95 $ !). De plus, ces même facteurs rendent toute réédition improbable. Donc, si vous êtes le moindrement intéressé à acquérir le DALIAF, ne tardez pas trop car il est fort possible que toute réédition et mise à jour se fasse uniquement en format électronique. Quoiqu’il en soit le DALIAF est un incontournable — si vous pouvez vous le payer ou, sinon, vous pouvez toujours le consulter en bibliothèques.

Le DALIAF: Dictionnaire des auteurs des littératures de l’imaginaire en Amérique française par Claude Janelle. Québec, Éditions Alire, 2011, 535 pgs. Couleur, 17.5 x 25.5 cm. Édition papier: 79,95 $, ISBN: 978-2-89615-074-8; Édition électronique (PDF): 49,99 $, ISBN: 978-2-89615-479-1. Feuilleter un extrait. stars-4-0

[ AmazonRenaud-BrayArchambaultNelliganBANQWorldCat ]

Le DALIAF: Dictionnaire des auteurs des littératures de l’imaginaire en Amérique française © 2011 Éditions Alire Inc. & Claude Janelle.

A New “Unshelved” compilation!

I just read this morning on the Unshelved website that their ninth and latest comic strip compilation is finally out! (if you are wondering what’s Unshelved you can check the “About” page of the website or read my previous comments on this hillarious comic strip).
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You can read the latest daily misadventures of a dysfunctional library’s staff in Too Much Information. Published in the same smaller format than
Large Print, document.write(“”); the previous book, it “contains eighteen months of daily strips and never-published-on-the-web Conference Tips, plus selected author commentary and a foreword by Babymouse author Jennifer Holm”. The books ship in February but can be already ordered from the website’s store (it’s not yet listed on Amazon). It’s a must-read if you work (or spend lots of time) in a library! Check after the jump for a page sample of the book.

Clodjee au Salon: les découvertes

Toutes les années, document.write(“”); profitant de la Journée des Professionnels, j’aime bien faire mon tour au Salon du Livre de Montréal. Histoire de conserver un bon aperçu de l’industrie du livre au Québec. C’était très pertinent quand je travaillais dans l’édition et ce l’est toujours maintenant que je travaille en bibliothèques.
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Je me souviens que, dans ma jeunesse, j’avais l’habitude de passer une journée entière au salon, déambulant inlassablement dans les allés, en
cardo puis en decumanus, de cette cité livresque, à la recherche des derniers trésors. Malheureusement je n’ai plus la même endurance, ni la patience, et après trois heures j’en ai vite fait le tour. Il me semble que je ne vois plus rien. Il y a tellement de livres et de kiosques que nous sommes vite saturés.

Ne pouvant donc plus systématiquement tout inspecter, je laisse donc les découvertes se faire là où le destin porte mon regard (c’est une sorte de lèche-vitrine karmique). Et, bien sûr, je vais à l’essentiel: visitant les principaux gros distributeurs de manga et de Bédés pour voir les nouveautés, ainsi que mon éditeur de paralittérature favori (le seul, l’unique): les éditions Alire. De plus, depuis que je travaille en bibliothèques, je tend à m’attarder irrésistiblement, un peu, sur la littérature jeunesse. Heureusement le vendredi est une journée relativement tranquille (comparé au samedi), quoiqu’on a déjà de la difficulté à déambuler librement et que la ligne d’attente pour la séance de signature de Kathy Reichs était énorme (mais on m’a assuré que c’était bien pire le samedi).


Voici donc les découvertes qui ont attiré mon attention cette année au Salon du Livre de Montréal:

J’ai d’abord remarqué une plus grande présence du livre numérique: quelques éditeurs annonçaient leur catalogue numérique ou donnaient même des ateliers sur l’utilisation d’une tablette de lecture et Archambault avait encore un gros kiosque (en collaboration avec l’ANEL) pour promouvoir sa boutique virtuelle (anciennement jelis.ca). On y distribuait le dépliant “Le livre numérique simplifié en 7 questions” et incitait les propriétaires de tablettes de lecture à télécharger leur application Mes Livres / My Books (disponible sur iOS mais aussi Android).

J’ai aussi jeté un bref coup-d’oeil au magazine québécois Entre les Lignes (similaire à l’européen Lire) mais il n’existe pas pour l’instant de version électronique et un peu moins de $30 pour un abonnement annuel (4 numéros) c’est un peu cher pour mon budget de petit employé municipal! Heureusement, c’est disponible en bibliothèques.

Du côté nouveautés, j’ai découvert que Dargaud avait réédité Monster, l’intriguant manga de Naoki Urasawa, dans la collection Big Kana en une version intégrale deluxe (partiellement disponible en bibliothèques). J’ai aussi été tenté d’acheter le tout dernier Rabagliati, Paul au Parc (mais j’ai plutôt décidé d’attendre pour le lire en bibliothèques, où, chose surprenante, il est d’ailleurs déjà disponible!). Il y avait, bien sûr, les plus récents titres d’Alire: Malphas 1. Le Cas des casiers carnassiers de Patrick Sénécal, Odyssées chimériques de Claude Lalumière (un des rares recueils de nouvelles publiés chez Alire), et Montréel de Éric Gauthier (pour plus de titres voir leur catalogue 2011 ou visiter votre bibliothèque). Malheureusement, le DALIAF n’était pas présent au Salon, étant encore sous presses (mais il sera lancé à la fin du mois et sera donc bientôt disponible; voir l’entrée Épanouissement du DALIAF).

J’en ai également profité pour ramasser la brochure Guide des livres d’ici pour les jeunes 2011-2012 préparée par Communication-Jeunesse (la sélection annuelle des titres jeunesses est également disponible en ligne). Je me disais que ça pourrait toujours être utile…

Épanouissement du DALIAF

Après des décennies de travail acharné, document.write(“”); le mythique Dictionnaire des auteurs des littératures de l’imaginaire en Amérique française (ou “DALIAF” pour les intimes) est finalement sous presse! Cela faisait si longtemps qu’on en parlait qu’on se demandait s’il finirait par éclore. C’est compréhensible: toutes les années de nouveaux auteurs sont publiés mais à un moment donné il faut mettre un point final à l’ouvrage. Nul doute que cette attente en valait la peine!
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Compilé par
Claude Janelle (à qui l’on doit aussi L’Année de la science-fiction et du fantastique québécois, Le XIXe siècle fantastique en Amérique française et La Décennie charnière) et publié par les Éditions Alire (le principal éditeur de paralittérature au Québec, qui est mieux connu pour les romans d’horreur de Patrick Sénécal ou les thrillers des Jean-Jacques Pelletier mais n’en est toutefois pas à la publication de son premier essai), le DALIAF recense la production des littératures de l’imaginaire (c’est-à-dire science-fiction, fantastique et fantasy) produite, entre 1835 et 2008 inclusivement, en Amérique du Nord francophone (mais principalement au Québec) et s’attarde particulièrement aux plus de mille sept cents hommes et femmes qui en sont les créateurs.

Le DALIAF est un ouvrage à la fois bibliographique, biographique et critique. Fort de 535 pages, il est publié en quadrichromie dans un grand format couverture caisse (couverture cartonnée et reliure cousue). Il coûtera 79,95 $ pour la version papier (978-2-89615-074-8) et 49,99 $ pour la version électronique (format pdf, 978-2-89615-479-1). Lancé à la fin du mois de novembre (manquant de justesse le Salon du Livre!?), il sera disponible chez Alire en décembre et en librairies dès janvier 2012. Quoique dispendieux (mais volumineux et en couleur!), c’est un outil de référence essentiel pour tout bibliothécaire, étudiant en littérature, intervenant de l’édition ou simplement amateur extrème du livre québécois. Vous pouvez en avoir un aperçu (en feuilletant un extrait) sur le site de l’Entrepôt numérique ANEL-De Marque.

Et bien sûr, ayant publié quelques nouvelles comme auteur et quelques fanzines ou anthologies comme éditeur, on peut me trouver dans les pages du DALIAF. J’ai bien hâte de voir ça.

(voir aussi mon commentaire détaillé)

Julia & Roem: la BD

“Après le « coup de sang » environnemental dont Animal’z relatait l’impact tragique et dévastateur, document.write(“”); la planète s’apaise et se recompose, les survivants réapprennent à s’organiser. Dans cette géographie chamboulée, des déserts ont surgi. Et c’est au cœur de l’un d’entre eux, bien improbablement situé à l’emplacement de la mer Baltique, que l’on suit la trace d’un ex aumônier militaire énigmatique, installé au volant d’une Ferrari électrique lancée à plein régime. Trois personnages vont croiser sa route : deux jeunes hommes qu’il sauve in extremis de la mort par déshydratation, et un rapace blessé par balle, dont il répare l’aile cassée…” (Présentation sur le site de l’éditeur)
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Publié en mai 2011 (mais disponible seulement depuis juin au Québec), Julia & Roem raconte l’histoire de Howard George Lawrence, un aumônier multiconfessionnel, qui traverse un désert (Gobi? mer Baltique? Nulle part et partout à la fois) au volant de sa Ferrari électrique. Le monde a été bouleversé par une apocalypse climatique et chacun essaies de survivre comme il peut dans ce monde où tout les repères connus ont disparuent. Sur sa route vascillante il croise Merkt et Roem et les sauve d’une mortelle déshydratation grâce à un de ses mystérieux gadgets militaires. Plus loin sur la route, ils entendent un coup de feu, puis trouvent un rapace blessé (un milan sacré qu’ils nommeront Jojo), que Lawrence soigne. Puis ils appercoivent la pointe d’un grand hotel, réémergeant d’une nappe de pétrole, perdu dans le désert d’une géographie fluide. C’est là qu’ils rencontreront les derniers acteurs de ce drame que le destin semble voué à leur faire rejouer. Réfugiés dans l’hotel, ils y trouvent Julia, son père, sa nouvelle femme Helda, le beau-fils Tybb, et le mercenaire Kyle Fabian Parrish.

Ma première impression a été que Julia & Roem offrait un style et une histoire plutôt similaire aux dernières oeuvres de Bilal. Mais je me suis vite rendu compte que cette nouvelle BD se déroulait dans le même univers qu’Animal’z. D’où la similitude. Mais Julia & Roem est une oeuvre indépendante qui ne nécessite pas la lecture du précédant opus. Cette fois-ci, Bilal nous présente une variation sur Roméo et Juliette (bien sûr: Roem est Roméo, Julia = Juliette, H.G. Lawrence = le frère Laurent, Merkt = Mercutio, Tybb = Tybalt et Kyle F. Parrish = Pâris) où il explore les thématiques des relations humaines et, surtout, de l’amour. Mais Roem et Julia sauront-ils échapper au destin que leur avait initialement attribué Shakespeare?

Voyons ce qu’en dit Bilal (sur Dailymotion):

(Voir aussi une video où Bilal parle de la création de Julia & Roem et une interview sur France Info Culture)

Julia & Roem présente une histoire plus sobre et plus accessible, ainsi qu’un style beaucoup plus sombre et flou que ses ouvrages précédents. Pourtant il utilise une technique (crayon de bois) et une palette de couleurs (noir, blanc, bleu et rouge) beaucoup plus simples. C’est très beau mais cela me donne l’impression de dessins inachevés. Dans l’ensemble, cette bande-dessinée nous offre une petite lecture rapide mais qui laisse un petit arrière goût d’insatisfaction. On aimerait toujours en voir plus… (surtout après avoir payé $32.95! Quoique vous pouvez aussi l’emprunter à votre bibliothèque de quartier) Mais c’est quand même du Bilal, alors c’est une lecture incontournable.

Julia & Roem, par Enki Bilal. Casterman, 2011. Couleur, 31.1 x 24.2 cm, 80 pgs. 18.00 € / $32.95 Can. Recommandé pour adolescents (12+). ISBN: 9782203033085.
Julia & Roem © Casterman 2011 • Enki Bilal.

(Voir aussi le commentaire sur l’application iPad de Julia & Roem)

The Walking Dead

WalkingDead_TV-PosterI don’t really know what made me want to watch The Walking Dead TV series. I never was a big fan of horror and even less of zombies movies, finding them rather ridiculous and disgusting. Being amused by the idea of a feature-quality TV series about zombies, I guess I took notice of the web punditocracy announcing it as something worth watching and there was probably nothing else on TV that night… The fact is that, after watching the first episode, I was intrigued enough to follow the entire first season (six episodes).

WalkingDead_TV-ImageI admit that I have always been a sucker for a good post-apocalyptic story (with or without zombies). What makes this TV series interesting is its excellent production quality, particularly the quite realistic CGI and make-up of the zombies. Despite the subject, it is not at all an horror story (unexpectedly I didn’t get a single nightmare after watching this, although I quickly realized that it was not a good idea to eat any meal while watching!) as it is rather about survival and how humans react and behave in extreme conditions. The writing is nothing exceptional but it is good enough to warrant excellent ratings, nomination for several awards and to be renewed for at least another thirteen-episode season. stars-3-0

[ Wikipedia / IMDb / Official ]

Here’s the TV series’ trailer from YouTube:

WALKING DEAD 01  - C1C4.inddHowever, at some point, I discovered that the TV series was based on an american comic book and, as always, I wanted to compare the TV adaptation with the original story. Even if it was available in electronic format on iPhones & iPads (it even has its own app!) through comiXology (the first issue is available for free), I must admit that I read the french edition instead since it was the only version available at my local library (all for free!). The Walking Dead is published by Image Comics as a monthly b&w comics. It is written by Robert Kirkman and illustrated by Tony Moore (issue #1-6) and Charlie Adlard (since issue #7). Started in 2003, it includes so far 79 issues compiled in 13 trade paperback volumes (containing 6 issues each), 6 hardcover volumes (containing 12 issues each), 3 Omnibus editions (containing 24 issues each) and one compendium edition (containing 48 issues). The french edition (12 volumes so far) is the equivalent of the trade paperbacks. In 2010 it has received the Eisner Award for best continuing series.

WalkingDead-Comics01p17

Vol. 1, page 17

On the website, the story is described as follow: “An epidemic of apocalyptic proportions has swept the globe, causing the dead to rise and feed on the living. In a matter of months, society has crumbled: There is no government, no grocery stores, no mail delivery, no cable TV. Rick Grimes finds himself one of the few survivors in this terrifying future. A couple months ago he was a small town cop who had never fired a shot and only ever saw one dead body. Separated from his family, he must now sort through all the death and confusion to try and find his wife and son. In a world ruled by the dead, we are forced to finally begin living.”

WalkingDead-Comics01p24

Vol. 1, page 24

The black and white art is very precise, neet and enjoyable. Action scenes are always clear and easy to understand. Strangely, because it’s in black and white, it feels much less gory than the TV series. Nevertheless the story is quite violent and people die by the handful in every volume (and that’s not counting the enormous amount of zombies that get sliced down). However what sets the story apart and makes it interesting is not this violence (although I am sure many read the comics for that reason), but the human side of the storytelling: the characters’ will of survival, their relationships, the depth of their emotions, particularly their fear, angst and even madness. So far I’ve read eleven of the trade paperbacks and I can’t wait to read more. It is really well written.

After going through the original story, I am quite surprised to find how pale the TV series is in comparison with the comics. The latter has a much stronger storytelling and is much more innovative. Actually, they don’t have much in common beside the original concept, the name of the characters and the events set in the first volume of the comics. At the end of the first volume, one of the main character dies and from there, so far, the story is completely different than what I’ve seen in the TV series. It might be easier (as in less challenging to the mind) to simply sit in a couch and watch a TV series, but the comic book is much more interesting and enjoyable. If you don’t mind too much the zombies and like post-cataclysmic survival stories, I strongly recommand the Walking Dead comics. stars-4-0

[ Amazon / Wikipedia / Biblio ]

The Walking Dead © Robert Kirkman. TV series © 2010 American Movie Classics Company LLC. All rights reserved.

Bonjour Tristesse

Durant le congé des Fêtes j’ai visionné le film Sagan de Diane Kurys, document.write(“”); dont je possédais le dvd depuis un certain temps déjà et que j’étais curieux de voir. Je ne connaissais que peu de choses de Francoise Sagan et je me disais que le film serait sans doute une bonne initiation… Déjà, la pochette nous dit: “Françoise a tout juste 18 ans quand elle écrit les premières lignes de Bonjour Tristesse, un roman dont le succès fulgurant suffira à lancer le mythe de “La Sagan”. Un mythe fait de formules brillantes, d’amours affranchies et de scandales tapageurs, derrière lesquels se cache une femme, que l’on qualifie d’anticonformiste pour ne pas la dire libre. Libre d’écrire, d’aimer, et de se détruire…”
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Le film est plutôt bien. C’est divertissant et j’ai appris beaucoup de choses sur Sagan. Toutefois, j’ignore dans quelle mesure ce récit est réellement fidèle à la vie du célèbre écrivain. J’ai lu quelques part que des noms et des événements avaient été changé pour des fins de dramatisation, ce qui est inévitable dans toute adaptation cinématographique, même quand il s’agit d’une adapation biographique. Par contre, l’actrice Sylvie Testud est exceptionnelle dans le rôle de Sagan. Même la ressemblance physique est frappante.

Toutefois, je ne peux m’empêcher de penser que, malgré l’importante oeuvre qu’elle a laissé derrière elle, la vie de Sagan est une vie perdue, gaspillée. Elle l’a vécut à fond, un peu à l’image de la Cécile de Bonjour Tristesse, aimant passionément tant hommes que femmes, se perdant dans des dépenses folles, l’alcool et la drogue. Comme beaucoup d’artiste bohème (Piaf par example), elle a finit sa vie pratiquement seule, ruinée et malade. Quelle tristesse…

SAGAN. France, 2008, 117 min.; Dir.: Diane Kurys; Scr.: Diane Kurys, Claire Lemaréchal, Martine Moriconi; Phot.: Michel Abramowicz; Ed.: Sylvie Gadmer; Art Dir.: Maxime Rebière; Set Decor.: Alexandra Lassen; Cost. Des.: Nathalie du Roscoat; Music: Armand Amar; Cast: Sylvie Testud (Francoise Quoirez dite Sagan), Pierre Palmade (Jacques Chazot), Jeanne Balibar (Peggy Roche), Arielle Dombasle (Astrid), Lionel Abelanski (Bernard Frank), Guillaume Gallienne (Jacques Quoirez), Denis Podalydès (Guy Schoeller), Margot Abascal (Florence Malraux), Samuel Labarthe (René Julliard). Rated PG / 14+. Site officiel: sagan-lefilm.com.

Mais je ne me suis pas arrêté là et j’ai décidé de poursuivre l’expérience “Sagan” (car j’aime découvrir les choses d’une façon thématique) avec le visionnement de l’adaptation cinématographique de Bonjour Tristesse, son oeuvre la plus connue. Le film en soi est très bon, comme peuvent l’être la plupart des films de cette époque, mais malheureuse-ment, comme je n’avais pas encore lu le roman au moment du visionnement, je ne pouvais pas le comparer au récit original. Et c’est peut être tant mieux car je préfère toujours juger un film sur ses propres mérites.

Vivant avec un père séducteur, Cécile mène un vie morne malgré qu’elle soit pleine de mondanités et de flirts. Elle serait sans doute heureuse si ce n’était du souvenir douloureux, remplis de tristesse et de remors, d’un été idyllique passé avec son père sur la Côte d’Azur et qui se termina dans le drame. Tout le préambule du film est en noir et blanc mais passe rapidement à la couleur lorsqu’un flashback nous amène dans les souvenirs de Cécile. C’est une très belle histoire, racontée avec brio et une technique visuelle d’une exceptionelle qualité. Au delà d’un bon récit, ce drame psychologique nous offre une intéressante réflection sur la moralité et la maturité. A voir absolument. Malheureusement, il semble que ce film soit assez difficile à trouver: il ne semble plus disponible qu’en usagé et la bibliothèque ne l’a qu’en format VHS. Il est toutefois disponible sur Amazon.com video on demand et le iTunes Store mais ce serait sans doute un titre mûr pour une sortie en format Blu-Ray.

Bonjour Tristesse. USA, 1958, 94 min.; Dir.: Otto Preminger; Scr.: Arthur Laurents (d’après le roman de Francoise Sagan); Phot.: George Perinal; Ed.: Helga Cranston; Art Dir.: Ray Simm; Set Decor.: Roger Furse; Cost. Des.: Hope Bryce, May Walding; Music: Georges Auric; Cast: Deborah Kerr (Anne Larson), David Niven (Raymond), Jean Seberg (Cecile), Mylène Demongeot (Elsa), Goeffrey Horne (Philippe), Juliette Gréco (herself). Rated NR (Suggéré pour 14+).
Extrait du film sur YouTube:

Après avoir vu un film aussi charmant j’étais encore plus curieux d’en lire le récit original. Chanceux que je suis, j’ai trouvé parmi les trésors de mon sous-sol une édition toute jaunie de Bonjour Tristesse (Julliard, 1957; la couverture nous précise que la réimpression a déjà atteint le 700e mille). A cette époque les romans français avaient des couvertures vraiment ennuyantes, par contre j’aime bien l’illustration de couverture de cette édition anglaise (ci-contre) qui représente bien l’esprit du livre. Celui-ci est bien sûr disponible en bibliothèques en de multiple éditions françaises.

La couverture arrière nous dit: “Un homme de quarante ans, charmant, léger, aux aventures faciles et nombreuses, et sa fille de dix-sept ans, Cécile, forment un couple inséparable de camarades. Ils vivent dans la plus grande liberté, une amoralité parfaite, une insouciance totale, jusqu’au jour où, plus dangereuse que toutes les habituelles « passantes », une femme survient… Belle, envoûtante, un peu mystérieuse, Anne, qui fut la meilleure amie de la mère de Cécile, va vouloir enchaîner l’homme volage et préserver la jeune fille d’une dépravation certaine. Devant cette menace, Cécile, avec un machiavélisme à la fois innocent et pervers, provoque la rupture, la catastrophe… Le danger est écarté, mais un nouveau visage hantera désormais l’adolescente : celui de la tristesse. Écrit par une jeune fille de dix-huit ans, ce roman, poétique et ensorcelant, révèle un talent exceptionel.”

L’ouvrage débute ainsi: “Sur ce sentiment inconnu dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse.” Contraitement au film, le récit original est plutôt linéaire et n’a pas de véritable flashback — quoique la narration se fait au passé. À part cela, il n’y a guère de différences: Cécile a dix-sept ans (et non dix-huit), son jeune amant se nomme plutôt Cyril (au lieu de Philippe) et leur relation est plus poussée (évidemment un film américain des années ’50 ne pouvait pas montrer de sexualité). C’est assez bien écrit (quoique je trouve que le style de Sagan manque un peu de fluidité) et se prête bien à la narration que l’on retrouve dans le film. C’est charmant et c’est court (cent-quatre-vingt-huit pages). La grande popularité de ce roman ne tient pas tant à sa qualité littéraire, qui n’a absolument rien d’exceptionelle, mais plutôt au jeune âge de l’auteur et au sujet qui, pour l’époque, était choquant. Le Vatican avait d’ailleurs condamné l’ouvrage dont les personnages ignoraient complètement la moralité, et, sans le mettre à l’index, tentait d’en dissuader la lecture “comme un poison qui doit être éloigné des lèvres de la jeunesse.” Cela n’en demeure pas moins un ouvrage important de la littérature française.

Sagan © 2009 Équinoxe Films. Tous droits réservés. Bonjour Tristesse © 1954 by René Julliard, Paris.

Un p’tit tour au salon

Mercredi dernier (11/17) je suis allé faire un petit tour au Salon du Livre de Montreal. Je n’ai parlé à personne que je connaissais. Au kiosque d’Alire, document.write(“”); il y avait bien Louise et Jean mais ils étaient occupé à discuter avec quelqu’un. Lors d’un second passage j’y ai aussi vu Jean-Jacques, également prit dans une conversation. Je n’ai vu ni Pascale, qui devait probablement arriver plus tard dans la semaine, ni Francine, qui n’avait de séances de signatures que le samedi. Chez Prologue (?), j’ai aussi entrevue Michèle Laframboise qui signait des livres et parlait à un des directeurs de Médiapaul. C’est tout. J’ai aussi croisé quelques célébrités sans importance (pour moi).
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J’ai fait un tour rapide comme j’ai toujours eu l’habitude de le faire, quadrillant le salon dans tout ses sens (cardo et decumanus, respectivement les axes nord-sud et est-ouest des cités romaines). Heureusement, le premier jour à l’heure du souper, il y a moins de monde et on peut se déplacer plus aisément. Il ne m’a donc fallut qu’une heure et demi, alors qu’auparavant je restais deux ou trois heures. Il y a tellement de livres maintenant que ça ne vaut plus vraiment la peine de regarder systématiquement chaque kiosque avec attention. Les découvertes se font par chance, au hasard d’où se pose le regard. C’est ce que j’appelle du lèche-vitrine karmique. Mais je n’ai pas vu grand chose d’excitant.

Le 33e Salon du Livre de Montreal avait pour thème le “livre ouvert sur le XXIe siècle.” Pour plus de détails sur le salon vous pouvez voir mes récentes revues de presse (du 11/14 et 11/24) ou la couverture qu’en a fait Cyberpresse. Malheureusement, comme je travaille le vendredi je n’ai pas pu allé à la Journée des Professionnels comme par les années passées; il y avait quelques atelier et table ronde auxquels j’aurais aimé assisté (mais de toute façon je n’y aurais probablement pas appris grand chose de nouveau…).

Le salon est un événement strictement francophone mais j’ai tout de même eu l’heureuse surprise d’y voir un petit kiosque pour la librairie (et éditeur) Drawn & Quarterly. J’ai admiré leur beaux livres et j’en ai profité pour me plaindre à une stagière du marketing qu’on avait pas répondu à mes demandes de copies de presse! (je lui ai laissé ma carte mais, bien sûr, personne ne m’a contacté).

Au kiosque de la librairie Planète BD (Hachette) j’ai découvert avec surprise que Glénat avait une collection intitulée Glénat Québec. Faut croire que je ne suis plus beaucoup au courant des nouveautés (trop d’éditeur! trop de titres!)…

La Presse et Le Devoir avaient des kiosques offrant des rabais pour leur abonnement. Celui pour Le Devoir était deux fois plus cher! La Presse était à $1.99 par semaine: j’ai hésité un moment mais c’est encore trop cher pour un quotidien qui n’offre même pas une pleine page de “funnies”. Je suis surpris qu’il n’offrait pas de rabais juste pour leur édition numérique.

La Bibliothèque et Archives Nationale avait, comme tout les ans, un kiosque. Je suis par ailleurs encore décu que le Réseau des Bibliothèques de Montréal n’en ai pas. C’est pourtant le lieu idéal pour faire de la promotion. On sait bien, un kiosque c’est dispendieux et la ville préfère faire des économies de bout de chandelles…

Finalement, avec une thématique comme “livre ouvert sur le XXIe siècle” il fallait s’attendre à un kiosque dédié au livre numérique. Il y avait des vendeurs de Sony qui faisaient la promotion des plus récents modèles de Reader, ainsi que des représentants de l’Association Nationale des Éditeurs de livres et de De Marque, la firme qui a développé avec l’ANEL une plateforme de distribution pour les livres numériques québécois et canadiens-français. Lancée en août 2009, l’Entrepôt numérique offre maintenant 3,504 publications de 66 éditeurs afin d’en faciliter la promotion et la commercialisation par la vente en ligne (8601 publications vendues à ce jour) et le “feuilletage” d’extraits (392,458). Le contenu de l’Entrepôt peut être visualisé par le grand public grâce à un site “vitrine” (dont j’ai découvert l’existence au salon). Des représentants de deux des librairies en ligne offrant le contenu de l’Entrepôt, jelis.ca et livresquebecois.com, étaient également présent. J’y ai ramassé deux dépliants fort intéressants et instructifs: «Diffuser vos livres dans l’univers numérique» (PDF, 839 Ko), qui explique la plateforme aux éditeurs et libraires, et «À la découverte du livre numérique» (PDF, 3,5 Mo), un cahier spécial de l’École branchée. J’ai discuté avec une représentante de l’ANEL, mais je ne crois pas qu’ils soient le moindrement intéressé à tenir des publications en anglais (pourtant le “livre québécois”, ça inclus théoriquement des éditeurs québécois anglophones, non? Too bad, je vais donc continuer à faire affaire avec les américains!).

Somme toute, ce fut une visite brève mais agréable. C’est toujours intéressant de pouvoir jeter un oeil sur les nouveautés et d’avoir l’opportunité de découvrir de nouveaux trésors.

Unshelved #8: Large Print

Unshelved makes me appreciate those busy librarians of my school days even more. They were my best friends no matter where I went, document.write(“”); and I worshipped them. Seeing what they had to deal with only notches up my love for them! —Tamora Pierce”
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“What do you get when you mix adults, teenagers, children, babies, seniors, professionals, parents, teachers, students, homeschoolers, and the homeless? That very funniest of places, your local public library, home of the hugely popular Web comic Unshelved.” [texts from the back cover]

Everything in this comic is eerily familiar: it tells the daily life of the staff from a dysfunctional library. Large Print is the eighth yearly compilation of Unshelved, a daily online comic strip originally published on the Unshelved website from February 16, 2009 to April 26, 2010, and ALA CogNotes newspapers in June 2009 and January 2010 (CogNotes is the daily paper of the American Library Association Midwinter Meeting and ALA Annual Conference, where the famous Unshelved “Conference Tips” are published). I have already reviewed the previous volumes in the blog entries “Unshelved” and “Unshelved #7: Reader’s Advisory”. You can also find more information in the Wikipedia entry, the Official Unshelved Facebook page or the Unshelved Readers Facebook group.

This volume is noticeably more hillarious than the previous one. Everyone will laugh at the funny and often absurd situations happening in the Mallville public library. I am probably laughing even harder because I recognize myself a lot in there, since I experienced first-hand many of those situations. It’s written by a real-life librarian and it shows. Of course, the art is a little crude and cartoony, but —as I often say— it’s the story that counts.

This volume has something new: it has a few comments from the writers underneath the strips. It’s interesting to read and I would have liked to have more of those. Also, this time the book is in a smaller format and in b&w only. However, since part of the book deals with how the library is coping with the recession, I think this downsizing is befitting the story. Large Print is compiling 313 daily strips (mostly in their original publishing order), 16 “Library Tips”, and 9 ALA “Conference Tips”. Unfortunately, the color “Book Club” pages (where the authors illustrate book recommendations) are absent and I am quite disappointed with this (however you can still read them online). But I guess it was necessary if they wanted the book to be only in b&w. All in all, Large Print offers a good laugh, particularly if you have ever spent some time in a public library. Highly recommended.

One of my favourite strips (from 2009/10/26):
My top 25 strips (in the order they appear in the book): 2009/03/02, 2009/03/07, 2009/03/25, 2009/04/01, 2009/04/13, 2009/05/02, 2009/05/12, 2009/06/09, 2009/06/06, 2009/07/17, 2009/07/22, 2009/08/05, 2009/10/26, 2009/10/17, 2009/10/06, 2009/10/08, 2009/10/19, 2009/12/08, 2009/12/29, 2009/12/31, 2010/03/03, 2010/03/22, 2010/04/01, 2010/04/22, and 2010/04/20.

Unshelved Vol. 8: Large Print, by Gene Ambaum and Bill Barnes. Seattle, Overdue Media, 2010. 21.8 x 17 cm, 128 pgs., $11.95 US / $14.95 CDN. ISBN-13: 978-09740353-7-6.

Unshelved: Large Print © 2009 & 2010 Overdue Media LLC. All rights reserved.

P.S.: I pre-ordered this book via amazon.ca in january 2010. It was due to be released in mid-July, but it was only delivered in mid-September even if it had been available through the publisher’s web site since july… Go figure! It is also disappointing that this book is not available at all through my local libraries network (where I work)!

Le Journal de mon père

“Contrairement à l’impression suggérée par son titre, document.write(“”); Le Journal de mon père n’est pas un récit autobiographique. Jirô Taniguchi a simplement “planté” son scénario à Tottori, sa ville natale, où il a tant de repères et de souvenirs. Le héros de cette histoire s’appelle Yoichi Yamashita et travaille à Tokyo dans une agence de design. Apprenant la mort de son père, il revient après une très longue absence à Tottori, la ville qui l’a vu grandir. Au cours d’une veillée funèbre très arrosée, le passé des années 50 et 60 ressurgit : l’incendie qui a ravagé la ville et la maison familiale, le dur labeur pour la reconstruction, le divorce de ses parents, ses souffrances d’enfant… Lors de cette veillée, chaque membre de la famille apporte un éclairage nouveau sur la personnalité de ce père que Yoichi tenait jusque-là pour responsable du désastre familial. Le fils réalise finalement, mais trop tard, qu’il a sans doute été le seul responsable de leur douloureuse incompréhension.” [Texte de présentation sur le site de l’éditeur]
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Le Journal de mon père est l’un des premier Taniguchi que j’ai lu (après le premier volume de Au temps de Botchan et La montagne magique) et j’ai été tellement impressionné que j’en suis resté bouche-bée et ai oublié d’en écrire le commentaire. Je corrige donc ici cette négligence.

Le Journal de mon père (??? / Chichi no koyomi) a originellement été publié au Japon par Shogakukan en 1994. En France, il a d’abord été publié par Casterman en trois volumes (Vol. 1: Le grand incendie, Vol. 2: La séparation, Vol. 3: L’apaisement) en 1999-2000, puis en un seul volume à couverture souple en 2004 et finalement en une édition cartonnée en 2007. La troisième oeuvre de Taniguchi a être traduite en français après L’Homme qui marche et Le Chien Blanco, Le Journal de mon père fut son premier succès en France et demeure encore aujourd’hui l’un de ses manga les plus connus en Europe. Taniguchi y raconte l’histoire de Yoichi qui, à l’occasion de la mort de son père, retourne dans son village natal pour la première fois en quinze ans. Il avait peu à peu cessé de voir son père, jugeant ce dernier responsable du départ de sa mère, et il éprouvait envers lui beaucoup de ressentiment. Au travers des discussions de la veillée funèbre, il redécouvre un père qu’il ne connaissait finalement pas beaucoup et en vient à regretter de ne pas l’avoir mieux connu de son vivant.

Le Journal de mon père ressemble étrangement à Quartier lointain (écrit quatre ans plus tard, en 1998), mais sans les éléments fantastiques ou surnaturels—qu’il réussisse à raconter une telle histoire en l’ancrant dans le quotidien démontre bien le talent extraordinaire de Taniguchi. On y retrouve toutes ses thématiques fétiches, particulièrement celles de la réminiscence, de la nostalgie et de la vie quotidienne. Il y a aussi le thème de la famille car son sujet quasi-Oedipien nous rappelle que l’on doit chérir ses proches pendant qu’il en est encore temps. On retrouve également le thème de la nature (dans les scènes buccoliques de la campagne Japonaise) ainsi que l’aspect animalier (dans l’affection du personnage principal pour son chien). Le plus surprenant c’est sans doute de découvrir—sous une forme inusité je l’admet—la thématique déambulatoire qui lui est si chère. Toutefois, dans ce cas-ci, Taniguchi nous offre une promenade à travers les souvenirs de Yoichi. Ce sera un voyage qui aura un effet transformateur profond sur le personnage—et peut-être aussi sur le lecteur.

C’est une oeuvre introspective très émouvante qui est bien mise en lumière par une excellente narration et par le style clair et précis de Taniguchi. C’est un superbe exemple de son talent d’artiste qui est particulièrement mis en valeur par l’édition cartonné (qui en profite également pour corriger quelques erreurs de disposition de cases présentent dans les éditions précédantes). Le Journal de mon père est sans conteste l’un des plus grands chef-d’oeuvres de Taniguchi.

Le journal de mon père par Jir? TANIGUCHI. Casterman (Coll. Écritures), 2007. B&W, 17.3 x 24 cm, 274 pgs (dont 4 en couleur). 19.00 € / $36.95 Can. Recommandé pour adolescents (14+). ISBN: 978-2-203-00338-5.

[ AmazonRenaud-Bray BiblioWorldCat ]

Chichi no koyomi (Le journal de mon père) © 1995 by Jiro Taniguchi. All rights reserved. © Casterman, 2007 pour la traduction française.

Références: notice encyclopédique de ANN, bibliographie et notice Wikipedia.

A Drifting Life

An epic memoir from a manga master — Over four decades ago, document.write(“”); Yoshihiro Tatsumi expended the horizons of comics storytelling by using the visual language of manga to tell gritty, literary stories about the private lives of everyday people. He has been called “the grandfather of Japanese alternative comics” and has influenced generations of cartoonists around the world. Now the visionary creator of The Push Man and Other Stories and Good-Bye has turned his incisive, unflinching gaze upon himself. Over ten years in the making, A Drifting Life is Tatsumi’s most ambitious, personal, and heart-felt work: an autobiographical bildungsroman in comics form. Using his life-long obsession with comics as a framework, Tatsumi weaves a complex story that encompasses family dynamics, Japanese culture and history, first love, the intricacies of the manga industry, and most importantly, what it means to be an artist. Alternately humorous, enlighting, and haunting, this is the masterful summation of a fascinating life and an historic career.” [Text from the back-cover]
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Yoshihiro TATSUMI [?? ????] was born in 1935 in Tenn?ji-ku, Osaka. Inspired by the work of Osamu TEZUKA and Noboru ÔSHIRO, he starts drawing manga in junior high school and has his first works (simple 4-panel and postcard manga) published in 1949. His first full-length story, Kodomojima (Children’s Island), is published by Tsurushobô in 1954. He becomes part of a group of artists based in the Kansai region publishing mostly for the kashibon’ya market (libraries specialized in renting hardcover books—many publishers, like Hinomaru bunko, produced their books and anthologies exclusively for that market). He then starts to be regularly published in manga compilation (contributing to anthologies like Kage [Shadow] or Machi [City]) and constantly experiments with his storytelling. His stylistic research culminate with the publication of Kuroi Fubuki (Black Snowstorm) in 1956.

Tatsumi (and the group of artists he associated with: Takao SAITÔ, Masaaki SATÔ, Masahiko MATSUMOTO among others) was writing action-oriented stories that were darker than the typical manga, and therefore, aimed at an older, more mature readership. His stories were about people’s everyday life and were using realistic themes that were more in sync with the socio-political problems of the time. In order to express such a complex storytelling he was using artistic techniques inspired by cinema (he was a big movie fan). That allowed for more expressive stories, as the narrative was better paced and the action flowing more naturally through the panels. In order to distinguish his style from the more comical and childish manga that was usual at the time, Tatsumi gave it the name “gekiga” (drama pictures). His group of artist was known as the “gekiga workshop.”

A Drifting Life (????, Gekiga Hyouryuu / A Drifting life in gekiga) was originally published in 2008 by Seirin Kogeisha. In this manga, Tatsumi is recounting how he got inspired by his brother, despite their sibling rivalry, to become a manga artist, how he met and exchanged with Osamu Tezuka and how he becomes the mangaka he is today. It is an autobiographical story but he changed his name to “Hiroshi Katsumi” (and also altered a few other characters’ name) in order to distance himself from the story (and hopefully avoid getting in trouble with his friends appearing in it!). We learned how he got involved with the pay-library market and created the gekiga workshop—which was quite successful until the late 50s and early 60s. At that time, Japan started to experience a postwar economic hyperdrive and, as people had a bigger disposable income, they were buying more than renting their manga. The pay libraries slowly faded away in favor of competing magazine publishers. Manga magazines grew in number, became much thicker and were published more frequently (often weekly instead of monthly).

A Drifting Life is a great book for many reasons. I’ll give you three of them. First, it is simply a good read as it tells a compelling human story. Second, if you are interested in Japanese culture, this manga offers some insights on ordinary people’s daily life and chronicles many events of Japan history during the 50s & 60s. Finally, and foremost, it provides an essential account of the history of manga. Of course, some might consider Tatsumi’s artwork a little crude and cartoony (the same can be said of Tezuka’s work), but there’s so much strength in the storytelling that you don’t really notice. What you do notice is the size of the book (840 pages! 2 inches thick!) which makes it a little difficult to manipulate and read, but not enough to deter from its captivating story (and, on the positive side, it can help develop your forearms!). Therefore, if you are seriously into manga, A Drifting Life is a must. If you are not convinced, you should know that it has just won two Eisner awards: for the Best U.S. Edition of International Material (Asia category) and for the Best Reality-Based Work of the year.

A Drifting Life, story & art by Yoshihiro TATSUMI (edited by Adrian Tomine, translated by Taro Nettleton). Montreal, Drawn & Quarterly, 2009. Paperback, 840 pages, 6.125 x 8.25 in. (22.1 x 16.5 cm), b/w. ISBN: 9781897299746. $29.95 US / $36.95 CDN. Recommended for teenagers (14+). See a preview of the first chapter (from the NYT) and of pages 53-59 (on the publisher’s website).
A Drifting Life © 2009 by Yoshihiro Tatsumi. © 2009 by Drawn & Quarterly for this english edition. All Rights Reserved.

More Yoshihiro TATSUMI books are available in translation. In English: Good-Bye and other stories (Catalan, 1988), The Push Man and other stories (D&Q, 2005), Abandon the Old in Tokyo (D&Q, 2006), Good-Bye (D&Q, 2008), Black Blizzard (D&Q, 2010); In French: Hiroshima (Artefact, 1983), Coups d’éclat (Vertige, 2003), Les larmes de le bête (Vertige, 2004), Good bye (Vertige, 2005), L’enfer (Cornélius, 2008).

Further readings: Yoshihiro TATSUMI official website, “Manifesto of a Comic-Book Rebel“ in New York Times (2009/04/14), review in Anime News Network (2009/07/04), and an interview in About.com: Manga.

Note: I am rather disappointed that Drawn & Quarterly did not even deign to answer my request for a review copy. Fortunately, Montreal (besides snobby publishers) has a great network of public libraries (free books!).

Colocs en stock

“Les albums de Tintin furent très tôt traduits (à partir de 1952) dans la plupart des langues du monde. Ainsi, document.write(“”); par l’entremise de ces traductions, Tintin est devenu un personnage réellement universel, connu de la Chine à l’Islande, de la Slovénie à la Thaïlande. Outil d’apprentissage ou d’immersion, l’album de Tintin peut, au fil des langues, devenir également une source de plaisir esthétique et visuel. Le lotus bleu en chinois ou Tintin au Tibet en tibétain raviront les amateurs et rendent justice à la portée universelle du génie d’Hergé.” [texte de présentation sur le site de l’éditeur — pour le texte de couverture arrière, voir l’image ci-bas]
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Colocs en stock c’est la version québécoise de Coke en stock. Un peu avant sa parution, j’en ai lu la nouvelle avec incrédulité mais n’y ai pas porté trop d’attention (ayant d’autre chat à reviouer). Il y a quelques semaines, quand un collègue de la bibliothèque où je travaille me l’a mis entre les mains, je me suis dit que je devrais bien le lire, ne serait-ce que par curiosité… Alors: Traduire Tintin en plusieurs langues ça fait du sens pour accroitre la diffusion de ce qui est un icône de la BD. Le traduire en dialecte m’apparait toutefois comme une entreprise futile puisque les gens du Québec peuvent très bien lire et comprendre la version française traditionnelle. A la rigueur j’aurais vu une version localisée qui s’en tient à adapter les choses qui sont typiquement européennes et que les québécois peuvent difficilement comprendre (dans le genre changer “loterie du San Theodoros” par “6/49”, faute d’un meilleur exemple), mais tout traduire en joual? Non, vraiment pas nécessaire. C’est une curiosité, un exercice amusant; sans plus.

La meilleur c’est d’entendre (ou de lire) le serviteur de l’émir s’exclamer “je l’sais-tu, moé ?” C’est pas si pire de mettre ce genre d’expressions dans la bouche du capitaine Haddock (une chance qu’y continue à dire “mille milliards de mille sabords!”) mais de voir un journaliste cultivé comme Tintin dire des choses comme “Toé, si j’te pogne!” il me semble que ça “fite” pas pantoutte avec le personnage… Une grande déception: pas un seul sacre de tout l’album. I’me semble qu’Haddock aurait bien pu lâcher un tabarnak quec’part (oups! c’est contagieux, ce language). C’est tout de même drôle à lire (ou re-lire).

Pour vous donner une idée, voici la première page de Colocs en stock et celle de Coke en stock:

Puis les pages 2 et 3 de Colocs en stock:

Finalement, la page 4 de Colocs en stock et celle de Coke en stock:

Je ne suis d’ailleurs pas le seul à avoir un avis mitigé sur cet album comme en font foi ces critiques du Devoir (2008/11/20), de La Presse (2009/10/21) et Radio-Canada (2009/10/16). On trouve également sur Canoë un mini-interview avec Yves Laberge.

Colocs en stock par Hergé (adaptation par Yves Laberge). Casterman, 2009. Couleur, 22.6 x 30.4 cm, 64 pgs. 9.95 € / $19.95 Can. Recommandé pour tous? (7+). ISBN: 978-2-203-02655-1.
Colocs en stock © Casterman, 2009.

Sky Hawk

“Hikosaburô et Manzô, document.write(“”); deux samouraïs exilés aux Etats-Unis depuis la restauration de Meiji (1868), vivent de leur chasse sur le territoire des Indiens Crow.”
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“Un jour, Hikosaburô porte secours à une Indienne, Running Deer, poursuivie par des chasseurs de prime. Ils sont sauvés in extremis par un groupe de guerriers Oglagla conduits par Crazy Horse. Le chef indien, fasciné par la technique de combat des deux samouraïs, les invite à rejoindre son campement pour enseigner le ju-jitsu à ses hommes. Une profonde amitié va alors naître entre eux.”

“Devenus Sky Hawk et Winds Wolf, les deux samouraïs vont lutter aux côtés des Indiens contre les hommes blancs venus à la conquête de l’Ouest. La bataille pour sauver leur terre sacrée des Black Hills s’annonce terrible, mais ces valeureux guerriers sont bien décidés à lutter jusqu’au bout.”

“Avec SKY HAWK, Jirô Taniguchi nous livre un western fascinant où bushidô japonais et code d’honneur indien se retrouvent autour des mêmes valeurs. Les décors du far-west américain et le style épuré de l’auteur servent à merveille l’histoire d’une amitié improbable.” [Texte de présentation du rabat de couverture ainsi que du site de l’éditeur]

Sky Hawk (??? / Ten no taka / lit. “Faucon Céleste”) a été publié au Japon par Futabasha en 2002 et en France par Casterman (collection Sakka) en 2009. Taniguchi démontre une fois de plus sa polyvalence par le fait qu’il est à l’aise avec une grande diversité de genres. Il poursuit son rapprochement avec la BD franco-belge en s’attaquant cette fois au western, un genre typiquement occidental. Dans la préface de l’ouvrage, Jean “Moebius” Giraud se targue d’ailleurs que le western survit maintenant plus dans la BD franco-belge que dans le cinéma Hollywoodien. Et Taniguchi, dans la postface, avoue encore une fois avoir grandement été influencé et stimulé par cette BD européenne, particulièrement—dans le cas de Sky Hawk—par les “séries de western telles que Mac Coy [Gourmelen & Palacios], Blueberry [Charlier & Giraud], Comanche [Herman & Greg], Jonathan Cartland [Harlé & Blanc-Dumont]”. Il a bien sûr également été inspiré par le western hollywoodien (des films comme Little Big Man, Jeremiah Johnson, Un homme nommé cheval, Danse avec les Loups ou Le Derniers des Mohicans). Il précise qu’il voulait faire du western depuis longtemps mais qu’il cherchait une façon d’introduire le genre d’une manière qui serait appréciée par le public japonais. C’est alors qu’il eut l’idée de mettre en scène des personnages Japonais.

Sky Hawk semble bien loin de l’humanisme et des déambulations introspectives du Journal de mon père ou Quartier Lointain. On y retrouve pourtant une des thématiques chères à Taniguchi: les vastes étendues de nature sauvage. En effet, Sky Hawk allie avec dextérité l’action et le naturalisme de Blanco à la violence et au récit historique de Kaze no Sho. Sur une toile de fond historique rigoureusement recherchée, Taniguchi superpose l’histoire de deux ronins exilés dans l’ouest américain. Si ces deux personnages sont eux fictifs, la présence de Japonais en Amérique à cette époque est un fait établi (il nous le précise dans la postface: “j’ai appris qu’en 1869 une quarantaine de Japonais du clan Aizu, ayant perdu la guerre de Boshin, avaient emprunté le bateau à vapeur China, partant de Yokohama pour se rendre à San Francisco”). Pour ancré l’authenticité du récit il le parsème de faits et de personnages historiques, le faisant culminer avec la bataille de Little Big Horn où Custer sera défait et tué.

Sky Hawk est une bonne occasion pour Taniguchi de dessiner ces grands espaces naturels et sauvages qu’il aime tant, mais aussi de tracer un parallèle entre les cultures nippone et amérindienne qui, toutes deux basées sur des croyances animistes, vouent un grand respect à la nature. La comparaison pourrait bien même être poussée au niveau politique: les deux samurai ont fuit le Japon après avoir été défait par les forces qui favorisaient l’influence européenne et se retrouvent en Amérique à lutter contre ces même européens qui veulent envahir l’ouest et détruire la culture amérindienne. On peut possiblement y voir une critique voilée de l’expension de l’influence américaine qui piétine injustement toutes les cultures par où elle passe, mais c’est par contre certainement un avertissement où Taniguchi nous rappelle que la destruction de la nature—illustrée ici par les bisons—a aussi des effets dévastateurs sur les cultures humaines.

Le style de Taniguchi s’est grandement amélioré depuis Blanco (1985) et Kaze no Sho (1992). La preuve en est ses superbes illustrations de début de chapitres. Il a maintenant une excellente maitrise du récit d’action, tout en conservant son style clair et précis. Sky Hawk est du pur Taniguchi à son meilleur. Malgré que ce soit un récit d’action, il nous entraine dans une marche à travers l’Ouest sauvage américain et suscite une sorte d’introspection sur la destruction du magnifique, mais fragile, équilibre de la nature (à laquelle l’homme appartient) et qui se fait souvent pour des raisons bassement égoïstes et politiques. A lire absolument.

Sky Hawk par Jir? TANIGUCHI. Casterman (Coll. Sakka), 2009. B&W, 15 x 21 cm, 288 pgs (dont 8 en couleur). 12.50 € / $26.95 Can. Recommandé pour adolescents (14+). ISBN: 978-2-203-02617-9.
Ten no Taka (Sky Hawk) © Jiro Taniguchi, 2002. © Casterman, 2009 pour la traduction française.

Références: notice bibliographique et notice Wikipedia.