Les Futurs de Liu Cixin #9-10

La Terre transpercée (Liu Cixin 9)

LaTerreTranspercee-cov

“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour imaginer les possibles futurs de l’humanité.”

“Un physicien est tiré de force d’un sommeil cryogénique par un tribunal populaire qui le condamne à mort ! Stupéfait, Shen Huabei enfile combinaison et scaphandre, comme ses ravisseurs le lui intiment, et saute dans le vide d’un gouffre souterrain. Durant son interminable chute, ses juges instruisent le procès et lui révèlent l’ampleur de la catastrophe qui met également son fils en cause…“ [Texte du site de l’éditeur]

“Le découverte d’un nouveau matériau solide, fruit du désarmement nucléaire généralisé, permet la construction d’un projet pharaonique. Mais son exploitation se révèle risquée, Shen Huabei et son fils en font l’étrange expérience.” [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité) et cinq (La perfection du cercle) ainsi que les sixième (Proies et Prédateurs), septième (L’Attraction de la foudre) et huitième (Brouillage intégral) tomes. Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois.

Page 3

Cet album adapte la nouvelle 地球大炮 (“Dìqiú dàpào” / lit. “Le canon de la Terre”; titre anglais: “The Longest Fall” / “La chute la plus longue”) publié en 2003 dans le périodique chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World).  

Le Dr. Shen Huabei et son fils Yuan ont l’étrange idée de creuser un tunnel de bord en bord de la Terre, au travers du noyau terrestre, pour faciliter le transport. C’est évidement une idée farfelue et impossible, jusqu’à ce que la destruction de l’arsenal nucléaire permette la création d’un nouveau matériau ultra-résistant. Après de nombreux revers le tunnel est complété mais son utilisation est abandonné après qu’un accident ait causé la mort d’un millier d’ouvriers. Des proches des victimes qui cherchent vengeance poussent Shen Huabei dans le tunnel. Durant son interminable chute libre, il réalise que le tunnel pourrait avoir une autre utilisation qui bénéficierait grandement à l’Humanité !

C’est une très belle histoire mais malheureusement les nombreux flash-back et saut dans le temps rendent la narration confuse. Ce volume démontre encore une fois que Liú Cíxīn aime bien les récit qui se déroule sur une longue durée et qui sont à la limite du possible — dans ce cas-ci, si un tunnel entre la Chine et l’Amérique du Sud est présenté comme scientifiquement possible, l’ampleur du projet est plutôt inimaginable. Le style graphique de Wu Qingsong, à mi-chemin entre le comic américain et le manga, est très beau. Cette bande dessinée nous offre donc une lecture intrigante et agréable. Elle constitue une porte qui facilite l’accès à l’univers imaginaire de Liu Cixin.

La Terre Transpercée (Les Futurs de Liu Cixin, #9), par Wu Qingsong (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), février 2023. 93 pages, 21.5 x 29.8 cm, 21.90 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03807-8. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Capsules

L’ère des anges (Liu Cixin 10)

“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour imaginer les possibles futurs de l’humanité.”

“Un scientifique africain décide de reprendre le destin de son pays en main. Malgré leurs moyens financiers ou technologiques, les pays développés ne parviennent pas à sortir son pays de la famine. Les fabuleuses ressources de l’Afrique finissent toujours par pervertir l’aide étrangère. Le brillant Dr Ita veut s’affranchir d’un système devenu pernicieux, grâce à une solution génétique contestée.“ [Texte du site de l’éditeur]

“Lassé des guerres civiles larvées qui minent son pays et des soi-disant coopérations économiques qui le maintiennent dans la pauvreté, un généticien africain décide de reprendre le destin de son pays en mains par des moyens très contestés.” [Texte de la couverture arrière]

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Cet album adapte la nouvelle 天使时代 (“Tiānshǐ shídài” / lit. “L’âge des anges”; titre anglais: “The Angel Era”) publié en 2002 dans le périodique chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World).  Cette BD nous raconte l’histoire du Dr. Ita qui — lassé du cycle de chaos et de famine qui, sous l’influence du colonialisme des nations développées, maintient sans cesse l’Afrique dans la pauvreté — consacre sa vie à trouver une solution génétique au problème. Si l’amélioration des cultures agricoles demeure une solution insuffisante pourquoi ne pas alors modifier le corps humain pour que son système digestif lui permette d’élargir de manière significative son régime alimentaire ? Toutefois cela transgresse le tabou interdisant les modifications génétiques sur l’humain, controlé par le Comité Bioéthique des Nations Unis (dominé, évidemment, par les nations développées). Le Dr Ita est jugé comme un criminel et son pays, la Xambie, est bombardé sans relâche par les Américains, tant qu’il ne se rendra pas, lui et les milliers d’humains qui ont ainsi été modifié… Toutefois, pour défendre son pays, le Dr Ita a également créé une nouvelle race de guerriers…

Une autre histoire typique de Liu Cixin qui tente de démontrer que la science peut résoudre beaucoup de problèmes si on lui en donne la chance. Il pose également des questions d’un grand intérêt — comme à qui bénéficie vraiment les interdits et les limites qu’on impose à la science ? C’est un autre récit qui se déroule sur une longue durée et que Cixin, pour bien marquer son argument, pousse encore aux limites du vraisemblable. Le style graphique de Ma Yi, qui s’apparente aux comics américains, est assez bien. Le récit est plus fluide que le précédant et nous offre une lecture fascinante et agréable. J’ai bien aimé.

L’ère des anges (Les Futurs de Liu Cixin, #10), par Sylvain Runberg (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin) & Ma Yi (dessin et couleurs). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), mars 2023. 82 pages, 21.8 x 29.8 cm, 19.99 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-41303-808-5. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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Revue de ‘zines [002.023.185]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #242 (Avril-Juin 2023)

AL-242Ce numéro nous offre des dossiers sur Rintarô, le seigneur de l’anime (portrait, entretien, Utopiales, entretien avec Frédéric Temps [Programmateur ciné aux Utopiales] et retour sur les six oeuvres majeures de Rintarô: Captain Harlock [1978], Adieu Galaxy Express [1979, 1981], Harmagedon [1983], L’Épée de Kamui [1985], Métropolis [2001] et Yona, la légende de l’oiseau-sans-aile [2009]), Makoto Shinkai (Suzume, portrait, proximité à distance, réalisme magique) et Angoulême 2023 (Entretien avec Junji Itô, exposition Junji Itô, Paroles de Ryôishi Ikegami, Rencontre avec Akane Torikai et commentaires sur le festival).

Dans “On a Vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Romantic Killer, Raven of the Inner Palace, Jojo’s Bizarre Adventure: Stone Ocean saison finale, Spy x Family part 2, La voie du tablier saison 2, Mobile Suit Gundam: The Witch from Mercury saison 1, Avalonia: L’étrange voyage, Maurice le chat fabuleux, The Bad Batch saison 2, Pinocchio de Guillermo del Toro, Le Chat Potté 2: la dernière quête, Moi quand je me transforme en Slime le film: Scarlet Bond.

Dans “On a Lu” on nous introduit à quelques bons mangas comme Paraiso (Suehiro Maruo chez Casterman), Hitomoji: Stress Mortel (Motoro Mase chez Crunchyroll), Du mouvement de la Terre (Uoto chez Ki-oon), Mibu Gishi Den (Jiro Asada & Takumi Nagayasu chez Mangetsu), Ikkyu (Hisashi Sakaguchi chez Revival), Gourmet Détective (Akiko Higashimura chez Delcourt/Tonkam), Amour Placebo (Akane Torikai chez Akata), Excuse me dentist: it’s touching me! (Sho Yamazaki chez Soleil), Let’s Play (webtoon par Leanne M. Krecic chez Kotoon), Terukan Boys (Yû Nakahara chez Doki-Doki), Isekai Anime Studio (Kakuchoshi chez Doki-Doki), Kujo l’implacable (Shôhei Manabe chez Kana), Gannibal (Masaaki Ninomiya chez Meian), Le Ciel pour conquête (Yudori chez Delcourt).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Musique (Au coeur de la tournée de Joe Hisaishi, AniSong: le feu d’artifice musical de l’année), Entretiens (Masaaki Ninomiya, Yasuhiro Yoshiura, Shinya Ohira, Yudori),  Figure de Pro (Sylvain Dos Santos), Séance Studio (Ghibli), Trouvaille (The Three-body Problem), Exposition (Versailles no Bara), Hommage (Leiji Matsumoto, Claudio Biern Boyd), et Humeur (2023, l’année Miyazaki?).

À lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

Capsules

dBD #169 (Déc.-Janvier 2022-23)

dBD-169Dans le cahier actualités on mentionne la publication en coffret cartonné de Dans la tête de Sherlock Holme, L’Affaire du ticket scandaleux t.1 & t.2 chez Ankama. On retrouve également un article sur les conférences données par Benoit Peeters au Collège de France dans le cadre de la chaire de Création artistique consacré à la bande dessinée. Un autre article nous présente le prix Töpffer 2022 de la bande dessinée.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Jean-Pierre Gibrat au sujet de Mattéo – Sixième époque (2 septembre 1939 – 3 juin 1940) chez Futuropolis. Les entrevues se poursuivent avec Jean-Claude Servais (sur Bellem aux Éditions Dupuis), Xavier Dorison & Timothée Montaigne (sur 1629, ou l’effrayante histoire des naufragés du Jakarta. L’Apothicaire du diable, T.1 chez Glénat), Arthur de Pins (sur Zobillénium T.6 chez Dupuis), Tibur Oger (sur Indians chez Grand Angle), Marion Fayolle (sur La maison nue chez Magnani), et Franck Thilliez (sur La brigade des cauchemars T.6: Ariane chez Jungle).

Comme spécial de fin d’année, dBD nous présente ses coups de coeur de beaux livres composés d’entrevues avec François Schuiten (sur L’Archiviste, avec Benoit Peeters, chez Casterman), Ralph Meyer (sur Undertaker, l’art de Ralph Meyer chez Dargaud), Arnaud Le Gouëfflec & Dominique Bertail (sur l’intégrale de Mondo Reverso chez Fluide Glacial), Léonie Bischoff (sur Anaïs Nin sur la mer des mensonges chez Casterman), ainsi que Gwen de Bonneval & Hervé Tanquerelle (sur l’intégrale de Racontars arctiques, d’après Jørn Riel, chez Sarbacane). 

Dans le Cahier Critique je note surtout Le coeur et le devoir t.1 par Himawari Nishino & Tanaka chez Doki-Doki (Bien; “évite la plupart des errances du shojo (…) sans être un chef d’oeuvre, ce récit se révèle captivant”), Fool Night t.3 par Kasumi Yasuda chez Glénat (Super; “graphisme élégant et fin (…) parvient à faire mouche, alors même que l’idée de départ semblait un peu bancale. Une excellente surprise”), Adabana t.3 par Non chez Kana (Super; “excellent thriller”), Critique de la raison pure par Emmanuel Kant & Variety Artworks chez Soleil Manga (Super; “synthétise en 192 pages les écrits du maître (…) un Kant pour les nuls”).

Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Histoire courtes (Junji Ito chez Delcourt/Tonkam), MMA: Mixed Martial Artists t.1 (Hiroki Endô chez Pika), The Far East Incident t.1 (Aguri Ohue chez Vega), La petite amie de Minami (Sungiku Uchida chez IMHO), Les Saisons d’Ohgishima t.1 (Kan Takahama chez Glénat), Happy Land (Shingo Honda chez Omaké), The Chilling Dead t.1 (Shuji Takeya chez Nobi Nobi), et Tokyo Aliens t.1 (Osaka Naoe chez Kana).

Un numéro double (130 pages) qui offre une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #170 (Février 2023)

dBD-170Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Paraiso, un recueil de cinq histoires courtes par Suehiro Maruo chez Casterman ainsi que la réédition de deux autres titres du même auteur, L’Enfer en bouteille et L’Île panorama. Je remarque également la parution d’une compilation Hägar Dünor 1977-1978 par Dik Browne chez Urban Comics (246 pages!). On retrouve également un article de quatre pages sur la 50e édition du Festival International de la bande dessinée d’Angoulême.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Arnaud Nebbache sur Brancusi contre États-Unis chez Dargaud. Les entrevues se poursuivent avec Robin Recht (sur Thorgal Saga T.1: Adieu Aaricia chez Le Lombard), Irène Frachon & Éric Giacometti (sur Mediator, un crime chimiquement pur chez Delcourt), Yann Damezin (sur Majnoun et Leïli, chants d’outre-tombe chez La Boîte à Bulles), Hérald Hajar (chef décorateur sur l’adaptation au cinéma par Yann Samuell de la BD de Régis Hautière et Hardoc, La Guerre des Lulus chez Casterman), Florian Pigé & Étienne Gerin (sur Speedball chez Sarbacane), Pierre Maurel (sur Michel T.5 chez L’Employé du Moi et L’Arme à Gauche chez Glénat), ainsi que Max de Radiguès & Hugo Piette (sur Eddie & Noé T.1: Plus chaud que le climat ! chez Sarbacane).

Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Sakura Wars (Ikku Masa & Ohki Hiroi chez Mana Books), Death Note: Original Soundtrack vol. 1 (Hideki Taiuchi & Yoshihisa Hirano chez Kana Music), Gourmet Détective T.1 (Akiko Higashimura chez Delcourt), Raspoutine Le Patriote (Takashi Nagasaki, Masaru Satô & Junji Ito chez Delcourt), Terukan Boys (Yû Nakahara chez Doki Doki), Le chat noir (Hideshi Hino chez IMHO), Blame 0 Deluxe (Tsutomu Nihei chez Glénat) et Elle (QTa Minami d’après Delphine de Vigan chez Pika).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

Métal Hurlant N°5: Métavers : Les émotions synthétiques (Novembre 2022)

MH-5J’avais lu que ce “revival” trimestriel de Métal Hurlant était une compilation de près de trois-cent pages de BDs et d’articles “Vintage” des bonnes années du magazine qui a profondément marqué la BD française. Et bien, j’étais dans l’erreur car le magazine publie également des numéros de “Création” qui regroupent autour d’un thème contemporain des histoires courtes par des auteurs et artistes internationaux. Le magazine alterne les numéros “Vintage” et de “Création” à raison de quatre numéros par année. J’espérais re-lire des chef-d’oeuvre de BD des années ’70 et ’80 mais le numéro que j’ai choisi au hasard à cause de sa belle couverture de Bilal s’est révélé en fait être un numéro de “Création” — toutefois je ne le regrette pas car ce fut une très bonne lecture tout à fait à la hauteur du magazine culte (voir mythique) original. Je vais définitivement en lire d’autres numéros…

Je ne rentrerai pas trop dans les détails mais ce numéro regroupe vingt-trois histoires courtes inédites et sept articles sur le thème du Métavers, du virtuel et des émotions synthétiques. Il parait que nous vivrions dans une simulation ce qui nous offre une large panoplie de possibilités d’histoires plutôt Dickiennes. J’ai parcouru les articles un peu en diagonale mais par contre j’ai lu avidement les BDs. Les styles très variés étaient rarement de mon goût mais les récits étaient pas mal tous très bons. Définitivement à lire.

On y retrouve donc Bionumérique (une histoire de Otto Maddox avec des illustrations plutôt weird par une A.I.), Alters (Mark Waid & Jean-Michel Ponzio), Aquarium (Léo Quiévreux), Black Box (Nikola Pisarev), Les lois de la physique (Matthew Sheean), Univers Expansé (Richard Guérineau), Êtes-vous sûre de vouloir me quitter (Lisa Blumen), La douche éternelle (Lewis Trondheim), Fractales (Laurent Siefer), Download (Arnaud Le Gouëfflec & Krzysztof Novak), La faille (Thierry Martin), La fleur d’Olène (Aurélie Crop), Longue vie au métayers libre! (Otto Maddox & Tim Bos), Game changer (Lane Milburn), Le nouveau (Antoine Dodé), Sofia (Edo Brenes), Méta-métempsychose (Cantsin), Soldats de lumière (Simon Roy), Tsubame (Facundo Nehuén Lopez), Teddy (Yann Bécu & Sagar), La dernière refugiée (Tim Adam & Alexis Vitrebert) et Luv (Jim Bishop & Seera).

Une belle découverte. stars-3-5

Pour plus d’Infos: [ Goodreads • Humanos ]

Capsules

Solaris #223 (Été 2022)

Solaris-223Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre (dites de l’imaginaire, spéculative ou “paralittérature”) au Québec et parfois d’ailleurs. Celle-ci s’ouvre à nous en trois volets: le volet fiction comprend quelques nouvelles qui nous offrent l’occasion de se divertir tout en échantillonnant ses différentes saveurs actuelles. Le volet documentaire nous offre des articles pour découvrir et mieux comprendre ses différents aspects. Finalement, le volet critique se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent les parutions hors-Québec.

Dans le volet fiction ce numéro nous offre quatre courts récits:

  • “La Vie secrète des carapacées” par Geneviève Blouin, un excellent texte, lauréat du Prix Solaris 2022, qui nous présente un monde où une partie des humains vivent dans des coquilles comme les colimaçons… jusqu’à ce que l’évolution se mette en marche… stars-4-0
  • “Un amoureux imaginaire” par Orson Scott Card, où une adolescente fait semblant de parler à son petit copain sur son téléphone cellulaire pour épater ses amies. Mais comment réagir lorsqu’une voix lui répond réellement? stars-3-5
  • “Comme un parfum d’encens” par Ketty Steward, où un couple de jeunes blancs adopte un enfant noir qui se révèle… possédé. stars-3-0
  • “Taches” par Claude Bolduc, où se conclue le récit débuté dans le numéro précédent. La santé de Jean-Pierre est négativement affecté par un vieil appareil photo digital qu’il a trouvé dans les poubelles. De quelle malédiction serait-il la victime ? stars-3-0

Le volet documentaire offre un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui s’intéresse cette fois aux “Cités miniatures ou le monde comme oeuvre d’art”. Le Futurible retrace pour nous l’histoire de ce désir de recréer le monde en miniatures, de l’idée de la maquette aux LEGOs, et l’influence que cela a eut sur le cinéma et la littérature. stars-3-5

Pour finir, le volet critique nous offre seize pages de commentaires couvrant seize titres (pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne).

Solaris, qui se veut “l’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire”, nous offre comme toujours un numéro très riche qui demeure un incontournable pour tout amateur de genre. stars-3-5

Capsules

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Brouillage Intégral (Liu Cixin 8)

BrouillageIntegral-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour imaginer les possibles futurs de l’humanité.

Une Troisième Guerre mondiale oppose les membres de l’OTAN à la Russie, un conflit interminable, tactique, technologique et sanglant. Pour gagner du temps en attendant un rassemblement de troupes, le général Levchenko décide d’agir sur le brouillage des transmissions. Les rayonnements solaires, qui influencent la propagation des ondes de surface, pourraient changer l’issue des combats…“

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

BrouillageIntegral-p004

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J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité) et cinq (La perfection du cercle) ainsi que les sixième (Proies et Prédateurs) et septième (L’Attraction de la foudre) tomes. Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois.

Cet album adapte la nouvelle 全频带阻塞干扰 (“Quán píndài zǔsè gānrǎo” / lit. “brouillage pleine bande”) publié en 2001 dans le périodique chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World).  Liu Cixin nous propose encore une fois un sujet d’actualité: une guerre entre l’OTAN et la Russie. Les deux nations font appel au brouillage électronique pour rendre inopérant les communications et les équipements de détection de l’ennemi mais la technologie russe est moins efficace. Afin d’avoir l’avantage, il créeront un brouillage intégral en utilisant un phénomène naturel. 

Le sujet de cette histoire est plutôt intéressant puisqu’il nous introduit à la science derrière la guerre du XXIe siècle mais le dessin est très moyen et le récit un peu confus ce qui rend la lecture de cet album un peu ennuyant. C’est donc la moins bonne adaptation de la série. À lire par curiosité ou simplement pour avoir lu tout les albums de la série.

Brouillage intégral (Les Futurs de Liu Cixin, #8), par Marko Stojanovic (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin), Milorad Vicanovic-Maza (illustrations) et Desimir Miljic-Desko (couleur). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), janvier 2023. 108 pages, 21.7 x 29.8 cm, 21.90 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-41303810-8. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-2-0

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Là où naissent les histoires

LaOuNaissentLesHistoires-cov“Les Delphes, des créatures possédant le talent de raconter des histoires, sont chargés d’écrire les sitcoms qui cartonnent sur toutes les chaînes de Point Central. Malheureusement la substance qui nourrit leur créativité se fait rare… Il est urgent pour eux d’obtenir l’aide de Galaxity afin qu’un autre gisement soit exploité. Celui-ci se situe dans un coin perdu sur la Terre du XXe siècle ! Le service spatio-temporel terrien est sur le coup… Mais leurs meilleurs agents sont redevenus enfants. Pas facile de travailler avec un duo d’ados et interdiction pour eux de louper les cours de danse et de judo !”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

 

LaOuNaissentLesHistoires-p003

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Valérian et Laureline ont trouvé refuge sur la Terre du XXIe siècle, loin des technocrates de Galaxity, mais ils sont redevenu enfants, sous la garde de Monsieur Albert. L’Agence Spatio-Temporelle fait néanmoins encore appel à eux pour superviser une transaction d’une grande importance pour la stabilité de la galaxie: approvisionner une race d’auteurs de sitcoms avec des nodules métalloïdes de Boroflium découvert sur Terre dans le Caucase post-soviétique afin d’assurer leur créativité et, par extension, la sérénité populaire. Mais plusieurs groupes convoitent les nodules… Les deux adolescents français en “excursion” dans l’Europe de l’Est vont user de leur intuition pour aider leur tonton dans sa tâche…

Cet album semble avoir été classé dans la série ”Valérian, vu par…” mais comme le récit présente une suite logique au dernier album “officiel”, qu’il est écrit par Pierre Christin et que le style de Virginie Augustin s’approche beaucoup de celui du défunt Jean-Claude Mézières je crois qu’il pourrait très bien prendre sa place dans le cannon des aventures de Valérian et Laureline. D’ailleurs, l’album lui-même — contrairement aux deux autres “hommages”, Shingouzlooz Inc par Wilfrid Lupano & Mathieu Lauffray et L’Armure du Jakolass par Manu Larcenet — ne fait aucune mention de la collection “Valérian, vu par…”

Cet album nous offre un très beau récit de science-fiction, plein d’humour, qui s’insère fort bien dans la série. De plus, le superbe style de dessin de Virginie Augustin qui, comme je l’ai déjà dit s’apparente beaucoup à celui de Mézières, rends la lecture d’autant plus agréable. C’est non seulement une belle aventure de Valérian et Laureline, mais c’est aussi un excellent album qui plaira sans aucun doute tant aux fans nostalgique de la série qu’aux non initiés. À lire.

Là où naissent les histoires (Valérian, vu par…), par Pierre Christin (Scénario) et Virginie Augustin (Dessin). Paris: Dargaud, septembre 2022. 56 pages, 22.5 x 29.8 cm, 13,50€ / $25.95 Can, ISBN 978-2-205-08997-4. Pour un lectorat tous publics (7+). stars-4-0

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© Dargaud 2022

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Revue de ‘zines [002.023.120]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #241 (Janvier-Mars 2023)

Al241Ce numéro nous offre un dossier sur Cyberpunk Edgerunners (du jeu video à l’anime, entretiens avec Bartosz Sztybor [scénariste et producteur] et Sebastien Kalemba [dir. créatif], le cyberpunk dans le manga [Akira, Appleseed, A.D. Police, Cyber Blue, Ghost in the shell, Gunnm, Silent Möbius, etc.], et Top 10 des adaptations de jeu videos). On retrouve également deux dossiers sur le Wit Studio (entretien avec George Wada, exposition consacrée au 10e anniversaire) et le Cartoon Forum (feedback, entretien avec Bonnie Lener [Millimages] ainsi qu’avec les fondateurs du Studio Superprod:  Jérémie Fajner et Clément Calvet).

Dans “On a Vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Chainsaw Man, Call of the night, Bastard!! Heavy Metal DF, Gambling School Twin, Tokyo Mew Mew New, Made in Abyss, Detective Conan Zéro, Buzz l’Éclair, Wendell & Wild, I’m quitting heroing, Ernest et Célestine, Eden, Berserk The Golden Age Arc, La Revanche des Humanoïdes, Shin Ultraman.

Dans “On a Lu” on nous introduit à quelques bons mangas comme The Last Man (Tasuya Egawa chez Black Box), Witch Watch (Kenta Shinohara chez Soleil), Le Monstre d’Einstein (Ryu Miyanaga chez Sakka), Yasha (Akimi Yoshida chez Panini), Trillion Game (Riichiro Inagaki & Ryoichi Ikegami chez Glénat), Coffee Moon (Mochito Bota chez Doki Doki), La Grande Traversée (Haruko Kumota chez Le Lézard Noir), Mon mari dort dans le congélateur (Misaki Yazuki & Hyaku Takara chez Akata), Les Amants sacrifiés (Masasumi Kakizaki chez Ki-oon), Valse à 3 soeurs (Melome Machita chez Sakka), Vlad Draculea (Akiya Ohkubo chez Soleil), La Désastreuse Histoire des Jumeaux Stevenson (Yuu Morikawa chez Delcourt/Tonkam), Meurtre dans le décagone (Yukito Ayatsuji & Hiro Kiyohara chez Pika), Derrière le ciel gris (Sugaru Maki & loundraw chez Delcourt/Tonkam), Le Prince Alchimiste (S. Kosugi chez Doki Doki), et Ton visage au clair de lune (Mika Yamamori chez Pika).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Takao Matsumoto, Jean Barbaud, Makoto Ojiro), Hommage (Kazuki Takahashi, Christophe Izard), PupliRédactionnel (La Chaîne Mangas), Figure de Pro (Sébastien Onomo), Séance Studio (TMS), Trouvaille (Pantheon), Expo + Musique (Expo Ai Yazawa, portrait en musique), et Focus (L’odyssée Kamen Rider, Docteur Pixar et Mister Disney).

À lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

dBD #167 (Octobre 2022)

dBD-167Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Métal Hurlant #4 qui compile des BD vintages tirées de numéros originalement parus en 1976 ~ 1979 et qui abordent le thème de “L’homme est bien petit” (chez Les Humanoïdes Associés) et une adaptation BD des Animaux Dénaturés de Vercors par Hélène Bruller (petite-fille de l’auteur) et Joseph Falzon (chez Albin Michel).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Jean-Michel Dupont et Mezzo au sujet de leur biographie de Jimi Hendrix, Kiss the Sky t.1, chez Glénat.  Les entrevues se poursuivent avec Diane Kurys (sur l’adaptation BD de son film Diabolo menthe, avec Cathy Karsenty, chez Dargaud), Philippe Xavier (sur Le Serpent et le Coyote, avec Matz, chez Le Lombard), Marguerite Abouet et Clément Oubrerie (sur le retour de Aya de Yopougon t.7 chez Gallimard), Nicolas Dumontheuil (sur L’Impudence des chiens, avec Aurélien Ducoudray, chez Delcourt), Nadja (sur Les Dieux de l’Olympe t.1: Aphrodite, chez Dupuis), Laurent Queyssi et Iriol Roig (sur Mundus chez Éditions 404) ainsi qu’avec Xavier Fourquemin et Régis Hautière (sur Révolutionnaires ! t.1: Les princes misère, chez Le Lombard).

Dans le Cahier Critique je note surtout Samurai non grata, un nouveau polar inédit de Jirô Taniguchi (sur un scénario de Toshihiko Yahagi) chez Pika (Bien; “rassemble quatre enquêtes indépendantes, publiées au tournant des années 1980 (…). Les intrigues (…) manquent de consistance pour faire de ce titre un incontournable (…). Réserver donc aux inconditionnels du maître japonais.”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Trillion Game (par Ryoichi Ikegami et Riichirô Inagaki chez Glénat), Witch Watch (par Kenta Shinohara chez Soleil), La Vengeance du souffre-douleur (par Chikara Kimizuka et Yen Hioka chez Soleil), La Désastreuse Histoire des jumeaux Stevenson (par Yuu Morikawa chez Delcourt/Tonkam), et Your Evil Past (par Takashi Sano chez Pika) — je passe sous silence les titres manfra ou manhwa.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

dBD #168 (Novembre 2022)

dBD-168Dans le cahier actualités on mentionne la parution de L’Incroyable histoire de l’Église (par Olivier Bobineau et Pascal Magnat chez Les Arènes BD), Gestes et Bandes Dessinées (un collectif sur l’interprétation du geste en BD chez Presse Universitaires de Rennes sous la direction de Frédéric Chauvaud et Denis Mellier) et La Bande Dessinée en France à la Belle Époque 1880-1914 (par Thierry Groensteen chez Les Impressions Nouvelles).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Tardi sur la dernière aventure d’Adèle Blanc-Sec: T. 10, Le Bébé des Buttes-Chaumont chez Casterman. Les entrevues se poursuivent avec Ersin Karabulut (sur Journal Inquiet d’Isanbul chez Dargaud), Blutch (sur La Mer à Boire chez 2024), Salva Rubio (sur Le Premier Dumas t.1: Le Dragon noir, avec Ruben del Rincon, chez Glénat), Terry Moore (sur Serial chez Delcourt), Gaët’s et Julien Monier (sur RIP, t.5: Fanette, mal dans la peau des autres, chez Petit À Petit), Marcelino Truong (sur 40 hommes et 12 fusils, chez Denoël Graphic), et Mathieu Sapin (sur Pas de baiser pour maman, chez Rue de Sèves).

Dans le Cahier Critique je note Saint Seiya, Time Odyssey par Jérôme Alquié & Arnaud Dollen chez Kana (“scénario et planches (…) validés par Masami Kurumada, l’auteur du manga original (…) n’est ni une suite ni un préquel [mais] (…) une histoire parallèle”), Coffee Moon t.1 par Mochito Bota chez Doki-Doki (Bien; “pas d’une originalité déconcertante (…) dispose d’un potentiel indéniable”), et Fleurs de Pierre t.1 par Hisashi Sakaguchi chez Revival (Bien; “possède d’indéniables qualités graphiques (…) personnages forts et poignants”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Bofuri: Je suis pas venu ici pour souffrir alors j’ai tout mis en défense t.1 (par Jirô Oimoto d’après le light novel de Yuumikan, chez Mana Books), Nos mots comme des bulles t.1 (par Dai Satou et Imo Oono chez Delcourt/Moonlight), Call of the Night t.1 (par Kotoyama chez Kurokawa), Sanctuary Perfect Edition (par Ryoichi Ikegami et Sho Fumimura chez Glénat), Animal Crossing New Horizons t.1 (par Kokonasu Rumba chez Soleil), et NieR: Automata, Operation Pearl Harbor t.1 (par Megumu Soramichi et Yoko Taro chez Kurokawa) — j’ignore les auteurs thaïlandais ou coréens.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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Les futurs de Liu Cixin #7: L’attraction de la foudre

AttractionDeLaFoudre-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays; 15 voyages quantiques à la croisée de dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour y découvrir les futurs de l’humanité.

Chen est fasciné par la foudre globulaire depuis une expérience traumatisante vécue dans l’enfance. Doctorant en modélisations mathématiques, il est poussé par son université vers l’armée qui allie ressources financières et capacités d’expérimentation. Chen se retrouve ainsi à tenter de capturer et analyser ces boules d’énergie brute, alors que les tensions internationales s’intensifient.“

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes 4. Nourrir l’Humanité et 5. La perfection du cercle ainsi que le sixième tome, Proies et Prédateurs. Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois.

 

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Page 11

L’attraction de la foudre (Les Futurs de Liu Cixin, #7) est l’adaptation en bande dessinée du roman de science-fiction 球状闪电 (Qiúzhuàng shǎndiàn / lit. “foudre en boule”) par par Liu Cixin paru en Chine en 2014 et traduit en français chez Actes Sud en 2019. Ce volume nous raconte la vie de Chen Kun qui prends un tour inattendu le jour de ses quatorze ans alors que ses parents sont tués par une boule de foudre qui est entrée dans leur appartement. Fasciné par ce phénomène, il y consacre ses études universitaires. Lors d’un stage dans un centre de recherche localisé au sommet du mont Taishan, il fait la rencontre de Lin Yuan — une fille de général obsédée par l’armement militaire — qui étudie elle aussi la foudre mais pour en faire une arme. Alors que la tension internationale monte avec l’intervention de navires de la “Coalition Démocratique” en mer de Chine (constituant “une escalade intolérable et un signe d’agression évident”), il est “invité” par le Ministère des Armées à rejoindre le groupe de recherche “Nouveaux Concepts” dirigé par Lin. Ils tenteront d’étudier et de capturer de la foudre globulaire afin d’en faire une arme. Ils découvrent que le phénomène n’est pas créé par la foudre mais qu’il est préexistant et que la foudre ne fait que le rendre visible. Chen théorise que la foudre globulaire est en fait un électron géant qui constitue un macro-atome formant un univers macroscopique ! Après de nombreux échecs et alors que la guerre semble imminente, Lin refuse d’entendre les mises en garde de ses collègues contre les dangers de l’expérience et fait l’essai d’une arme si terrible qu’elle changera à jamais la géopolitique mondiale…

 

L’attraction de la foudre est un récit de hard SF, avec des échos étrangement d’actualité, typique de l’œuvre de Liu Cixin. Le dessin est très bien alors que le récit demeure fort intéressant et relativement vraisemblable. Comme elle adapte non pas une nouvelle mais un roman il en résulte une BD volumineuse qui nous offre une longue et agréable lecture et qui reste divertissante malgré la complexité de ses aspects scientifiques. Elle plaira sans aucun doute aux amateurs de hard SF et de l’oeuvre de Liu Cixin.

L’attraction de la foudre (Les Futurs de Liu Cixin, #7), par Thierry Robin (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin et illustration), Yang Fei (assistant au décors) et Cyril Saint-Blancat (couleur). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), novembre 2022. 272 pages, 21.9 x 29.8 cm, 34.95 € / $59.95 Can, ISBN 978-2-413-03809-2. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© 2022 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2022 Éditions Delcourt pour la présente édition.

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Sa majesté des chats

SaMajesteDesChats-cov“Humains, votre salut dépendra de la communication avec les animaux…

Bastet, Pythagore, et leur communauté de chats et d’humains se sont retranchés sur l’Île de la cité, à Paris. Assiégés par les rats et leur inquiétant chef, Tamerlan, les félins doivent chercher de l’aide. Mais les animaux ne sont pas tous dépourvus des défauts humains, et la menace plane sur les chats…

Une interprétation visuelle ultra-contemporaine du second volume de la trilogie best-seller !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Sa majesté des chats est une bande dessinée scénarisée par Pog et illustrée par Naïs Quin qui adapte le second tome de la trilogie du cycle des chats par Bernard Werber. C’est une histoire d’anticipation post-cataclysmique présenté du point de vue des chats et dont le titre fait un clin d’oeil à Demain les chiens (City) de Clifford D. Simak. J’ai déjà commenté le premie tome.

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Page 8

Bastet, Pythagore, Nathalie et leur communauté de survivants trouve refuge sur l’Île de la cité mais ils sont rapidement assiégé par l’armée de rats de l’ignoble Tamerlan. Ils fuient en ballon pour tenter de trouver des renforts. Ils trouvent d’abord une communauté de chats qui leur refuse de l’aide, puis sont recueilli par la communauté humaine du Campus d’Orsay de l’Université Paris-Sud. Ce lieu est le gardien de la connaissance (l’ESRA: l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu) et le berceau du projet “Troisième Oeil” où Pythagore a reçu son savoir. Bastet demande elle aussi a recevoir ce “Troisième Oeil”, une interface USB qui lui permet d’acquérir de la connaissance et de communiquer. Ils apprennent que l’université de New York aurait mis au point un raticide efficace. Le campus est malheureusement détruit lors d’une attaque par un groupe d’humains hostiles qui vole le clé USB contenant l’ESRA. Roman, leur nouvel allié, réussi à la récupérer mais ils sont capturés par une communauté d’animaux de laboratoires et d’élevage qui veut se venger des humains et leur tient un procès. L’éloquence de Pythagore et Bastet les tire du danger mais ils reviennent trop tard à l’Île de la cité qui a été dévasté par les rats… Après un arrêt au Louvres pour récupérer les quelques survivants, le groupe se rends au Havre pour y entreprendre un nouveau périple, cette fois transatlantique!

 

Une charmante bande dessinée au style un peu brouillon mais qui offre un excellent récit d’aventure et de survie. Nous y retrouvons les aspects les plus sombres de l’humain, qui se reflètent aussi chez les animaux, mais toujours avec une note d’espoir. C’est une lecture agréable, captivante et distrayante qui plaira sans aucun doute aux amateurs de chats et de récits post-cataclysmiques!

Sa majesté des chats, par POG (adaptation & dialogues), Naïs Quin (dessin & couleur) et Bernard Werber (récit original). Paris: Albin Michel, octobre 2022. 128 pages, 20.3 x 22.2 cm, 18,90 € / $C 29.95, ISBN 978-2-226-46769-0, Pour lectorat adolescent (14+). Extraits disponibles. stars-3-5

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© Werber, Pog, Quin. © Éditions Albin Michel BD 2022.

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Les futurs de Liu Cixin #6: Proies et Prédateurs

ProiesEtPrédateurs-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays; 15 voyages quantiques à la croisée de dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour y découvrir les futurs de l’humanité.

Un surprenant émissaire informe l’ONU que des extraterrestres sont en route sur leur planète-vaisseau en forme de tore, le Dévoreur. Ceinturant notre planète, ils en absorberont la moindre ressource, puis la recracheront comme on le fait d’un noyau. Notre fin est inéluctable : leur supériorité technologique ne laisse aucun doute. Un soldat met en oeuvre tous les moyens imaginables pour riposter.“

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD de nouvelles de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes 4. Nourrir l’Humanité et 5. La perfection du cercle. Le sixième tome, Proies et Prédateurs, adapte en bande dessinée 吞食者 (Tūnshí zhě / lit. “Le Dévoreur”) qui est une nouvelle de science-fiction par Liu Cixin publiée en 2002 dans le magazine chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “Le monde de la Science Fiction”). 

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P. 3

Dans le désert Éthiopien une expédition découvre une tombe contenant des restes humains et de dinosaures, ce qui démontre que dans des temps très anciens non seulement les dinosaures et les humains se sont côtoyés mais que les dinosaures avaient développé une civilisation avancée! Plus tard, un objet non-identifié est détecté alors qu’il approche à grande vitesse de la Terre. L’unité des troupes de défense spatiale de l’U.N., dirigée par le colonel Dongfang Zhiyan, est dépêchée pour l’intercepter. L’objet s’avère être un cristal contenant une intelligence artificielle (qui a l’apparence d’un personnage de “maid anime”!) venu alerter la Terre de l’arrivée prochaine du Dévoreur! Ce dernier est un vaisseau gigantesque qui parcours la galaxie en absorbant des planètes entières pour en extirper les ressources. Plus tard, un petit vaisseau spatial attaque New-York et atterrit aux Nations Unis. Il en sort un tyrannosaure en armure nommé Grandes-Dents qui parle la langue des humains. Il annonce que le grand empire dévoreur va engloutir la Terre et transformer l’humanité en bétail. Même si on négocie la survie de quelques millier d’humains pour repeupler ce qui restera de la planète après le départ du Dévoreur, l’Humanité fomente un plan secret de contre-attaque qui utilisera la lune comme projectile. Malheureusement le plan échoue et le Dévoreur n’est pas détruit. Le récit culmine avec un duel entre Grandes-Dents et un Dongfang Zhiyan en armure mécanisée! Toutefois, l’histoire se termine sur une note d’espoir car le Dévoreur a dû quitter le système solaire avant d’avoir complètement absorbé la Terre laissant entrevoir que la vie (et l’humanité) y prospérera à nouveau…

 

Liu Cixin semble beaucoup aimer les récits qui s’étirent sur une longue durée et où l’humanité doit, afin de faire face à une invasion, déployer une grande ingéniosité qui l’amène à mouvoir des corps céleste. Cela est vraiment une thématique récurrente chez lui. Si le concept de la race guerrière de sauriens n’a rien d’original, j’aime bien l’idée du tyrannosaure fier et honorable qui pousse son adversaire à ses limites afin d’obtenir un défi suffisent pour le divertir de l’ennui d’une vie trop longue… C’est un récit plein d’humour et d’ironie malgré son sérieux. Le dessin, même s’il n’est pas trop soigné, est plutôt agréable et représente bien tant l’action que le flux narratif du récit. Proies et prédateurs nous offre donc une histoire divertissante et agréable à lire. Cela plaira sans aucun doute à tout amateur de Liu Cixin et de science-fiction épique (ce qui est étrange car Cixin est plus connu pour ses récits de hard SF).

Proies et Prédateurs (Les Futurs de Liu Cixin, #6), par Jd Morvan (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin), Yang Weilin (dessin) et Hiroyuki Ooshima (couleur). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), octobre 2022. 108 pages, 21.7 x 29.8 cm, 21.90 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03015-7. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2022 Éditions Delcourt pour la présente édition.

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Le clan des Otori: le Silence du rossignol t.3

LeClanDesOtori-3-cov“Passions, sacrifices, luttes à mort… Le final éclatant du Silence du rossignol, premier cycle du Clan des Otori.

Alors que Takeo s’apprêtait à tuer sire Iida, chef du clan Tohan, il est fait prisonnier par la Tribu. Son père adoptif, Sire Otori, est désormais condamné, seul aux mains d’ennemis trop puissants. Quant à Kaede, sentant la mort roder autour d’elle et de ceux qui lui sont proches, elle sombre peu à peu dans la mélancolie… Takeo devra-t-il renoncer à son nom? Les deux amoureux parviendront-ils à joindre leur destin par delà les coups du sort?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Le Silence du rossignol est une bande dessinée qui adapte la série de romans de fantasy historique Tales of the Otori par Lian Hearn. J’ai déjà commenté le premier et le second tome, et ce troisème volet conclue le premier cycle du récit.

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T.3, p. 8

Avant même qu’il puisse accomplir sa mission d’assassiner le chef du Clan Tohan, Iida Sadamu, Takeo est enlevé par Kenji. La Tribu, cette caste ancienne qui possède des pouvoirs surnaturels à laquelle Takeo appartient, ne désire plus supporter les Otori et veut mettre Takeo en lieu sûr où il pourra achever sa formation de kikuta. Tout bascule alors que Dame Maruyama et Orori Shigeru trouvent la mort. Takeo n’a pas vraiment le choix: il met ses affaires en ordre et dit adieu à celle qui aime, Kaede, pour se plier à la volonté de la Tribu…

Le Silence du rossignol offre un très beau récit qui se lit bien malgré la complexité de ses intrigues. Il est intéressant de voir les parallèles entre cette fantasy et l’époque des seigneurs de la guerre (Sengoku-jidai) du Japon féodal d’où s’est inspiré l’auteur. L’adaptation en BD est une bonne façon de découvrir l’oeuvre de  Lian Hearn. Par contre, je n’aime guère le style brouillon et angulaire du dessin mais on s’y habitue vite et on finit par l’apprécier. C’est donc une bonne lecture qui plaira aux amateurs de culture Japonaise.

Le Clan des Otori : Le Silence du rossignol, t. 3, par Stéphane Melchior (texte, d’après l’oeuvre de Lian Hearn) et Benjamin Bachelier (dessin). Paris: Gallimard BD, octobre 2022. 96 pages, 23.7 x 31.7 cm, 17.80 € / $C 22.99, ISBN 978-2-07-512342-6. Pour lectorat adolescent (12+). Extraits disponibles stars-3-5

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© Liam Hearn, 2002. © Gallimard 2022 pour la présente édition.

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La nuit des temps (De Metter)

NuitDesTemps-DeMetter-cov“À la veille d’un conflit mondial, dans les profondeurs de l’Antartique, une expédition scientifique internationale découvre un couple cryogénisé, survivant d’une civilisation disparue il y a 900 000 ans. L’héritage de cette population miraculeusement tirée de son sommeil pourrait être le salut de notre monde, fragile entre amours et trahisons…

Les Expéditions Polaires françaises enregistrent le signal d’un émetteur sous la glace de l’Antarctique… L’expédition internationale découvre les ruines d’une civilisation disparue depuis 900 000 ans et les scientifiques du monde entier affluent vers le site pour aider à explorer et comprendre. Ils découvrent un objet ovoïde en or de trois mètres de diamètre dans lequel se trouvent en état de biostase un homme et une femme dont les têtes sont recouvertes de casques d’or. Simon, médecin de l’expédition, décide de procéder au réveil des corps en commençant par celui de la femme, le corps de l’homme montrant des traces de brûlures sur le torse…

La Nuit des temps est un roman pacifiste et assez anarchisant. Russes et Américains, renvoyés dos à dos, travaillent malgré tout ensemble, à l’image de l’effort de dépassement des oppositions nationales, assez répandu dans le milieu des sciences de l’époque. Les savants court-circuitent les décisions des gouvernants. Notre civilisation paraît barbare face au raffinement et à la sagesse des savants des temps anciens, leur savoir immense risquant d’être perdu par la bêtise humaine. ”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai été fortement impressionné par la lecture du roman La nuit des temps lorsque j’étais adolescent (voir mon commentaire). Puis j’ai découvert que René Barjavel s’était fortement inspiré du roman de l’australien Erle Cox, alors je l’ai lu aussi. Et quelle ne fut pas ma joie de découvrir qu’un artiste que j’admirais beaucoup, Philippe Gauckler, avait adapté ce(s) roman(s) en bande dessinée: Kébek t.1: L’Éternité et t.2: Adamante. Le dessin est superbe mais il s’agit bien d’une “adaptation” puisqu’il déplace le récit dans le nord du Québec et le place dans un contexte socio-politique futur fictif. Il serait plus juste de dire que la bande dessinée est “inspirée” du roman de Barjavel. Finalement, je découvre récemment qu’un autre artiste a adapté le roman graphiquement. Je ne pouvais évidemment pas résister à la tentation de lire cette nouvelle interprétation par Christian de Metter et de vous en partager mes impressions. Toutefois, comme j’ai déjà amplement parlé du le récit de Barjavel alors je ne m’attarderai pas trop sur l’histoire…

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Page 16

Cette bande dessinée est presque l’opposée de celle de Gauckler. Le style de dessin de De Metter, en couleur directe à l’aquarelle dans des tons plutôt glauques, ne m’enthousiasme pas vraiment. Je trouve que cela fait un peu brouillon (stars-2-0). Par contre, si quelques aspects du récit sont éclipsés ou peu développés, cette bande dessinée est une excellente adaptation du roman (stars-4-0). Le récit reste très proche de l’histoire originale et la visualisation du monde de Gondawa que fait De Metter correspond bien à l’image que je m’en faisait à la (re)lecture du roman. Toutefois, pour rendre son récit plus pertinent auprès de son lectorat, De Metter n’a pas vraiment eut le choix, lui non plus, de l’adapter en le situant dans le contexte socio-politique actuel. Barjavel situe son roman à l’époque où il a été écrit c’est-à-dire dans un contexte de guerre froide tendue, de menace nucléaire et de la révolution sociale de Mai ’68 dans le monde et particulièrement en France. Il était donc tout à fait naturel de transposer le récit dans le contexte actuel de nouvelle guerre froide (exacerbé par le conflit russo-ukrainien) et de crise climatique. Mais ce n’est qu’un tout petit aspect du récit qui n’apparaît vraiment que dans les dernières pages (tant du roman que de la bande dessinée).

Dans l’ensemble, cette adaptation graphique du roman de Barjavel offre une bonne lecture, divertissante et intelligente, qui plaira sans aucun doute tant aux amateurs nostalgiques de Barjavel qu’à ceux qui apprécient la science-fiction à son meilleure.

La nuit des temps, par Christian De Metter (d’après le roman de René Barjavel). Paris: Éditions Philéas, décembre 2021. 184 pages (170 planches), 21.5 x 28 cm, 25.00 € / $45.95 Can, ISBN 978-2-491-46713-5. Pour un lectorat adolescent (14+, nudité, violence). stars-3-0

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Roman © Presses de la Cité. Adaptation © 2021, Éditions Philéas.

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Revue de ‘zines [002.023.008]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage perpétuel sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Capsules

Animeland #239 (Juil.-Sept. 2022)

AL-239Ce numéro nous offre deux dossiers sur L’Attaque des Titans (Retour sur le manga, Evangelion et L’Attaque des Titans, L’être et le géant, L’Escalade métaphorique des armes, La question politique, Et demain?) et Angoulême (Un cluster d’émotions, Exposition Fujimoto, Exposition Mizuki, Inu-Oh, Entretien avec Masaaki Yuasa, Portrait de Taiyô Matsumoto).

Ce numéro nous offre aussi une série d’Entretiens avec Benjamin Maizak (de Koyohan), Guillaume Le Gros (d’Adult Swim) et Luke (CEO de Piccoma). On retrouve également des Reportages sur Crayon Shin-chan et Cartoon Movie 2022.

Dans “On a vu !” on nous présente plusieurs animations notoires: Ao Ashi, Dance Dance Danseur, Police in a Pod, Archipel, L’Enfant du mois de Kamiari, Ma famille afghane, The Witcher: Le cauchemar du loup, Love of Kill, Ma Favorite War, Bubble, Adam by Eve: A life in animation, Thermae Romae Novae, et De l’autre côté du ciel.

Dans “Ça ferait un bon anime !” on nous introduit à quelques bons mangas comme Look Back (par Tatsuki Fujimoto chez Kazé), Wandance (par Coffee chez Noeve Grafx), Bambi Remodeled (par Atsushi Kaneko chez IMHO), On l’a fait (par Mineyuki Kaneshiro & Hikaru Araki chez Noeve Grafx), Miroirs (par Kaiu Shirai & Poussa Demizu chez Kazé), Old Knight Bard Loen (par Shien Bis & Morio Kikuishi chez Noeve Grafx), Nous irons manger du crabe (par Gino0808 chez Noeve Grafx), Millenium Darling (par Midori Iwasawa chez naBan), Chat de Yakuza (par Riddle Kamimura chez Doki Doki), et 300 jours avec toi (par Masaki Kirimoto & Kôhei Nagashii chez Doki Doki)

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Partenariat (Noeve x Animeland), Fermez les Yeux (Comment choisir la musique des anime?), Jeux Vidéo (Elden Ring), Séance Studio (Tôei Animation), Figure de Pro (Noureddine Widad), Trouvaille (Junk Head), Hommage (Fujiko A. Fujio, Jean-Claude Balard), On a lu (Hommage à Illumination) et Humeur.

À lire pour tous fans d’anime. stars-3-0

Capsules

Animeland #240 (Oct.-Déc. 2022)

AL-240Ce numéro nous offre des dossiers sur les trente ans de Sailor Moon (le manga, l’anime, l’expo Sailor Moon Museum, un portrait de la créatrice Naoko Takeuchi et un bilan), sur Annecy 2022 (“On a vu”: Interdit aux chiens et aux Italiens [entrevue avec Alain Ughetto], Le Petit Nicolas, Nayola, Goodbye DonGlees!, My Love Affair With Marriage, Saules Aveugles Femme Endormie, Le Pharaon le sauvage et la Princesse [portrait de Michel Ocelot], Unicorn Wars [entretien avec Alberto Vasquez], Garden of Remembrance [entretien avec Naoko Yamada], panels Sony Pictures et Netflix) et sur Japan Expo 2022 (Conférences animateurs et AnimeLand, Crunchyroll, Animation Digital Network [ADN], Entretiens avec le studio Mappa, Kotteri!, Mika Kobayashi, Yusuke Kozaki et Yuka Nagate).

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires comme One Piece: Red, Magical Doremi, L’Enfant et le Maudit, Spy x Family, Tomodachi Game, Love Death & Robot S3, Trese entre deux mondes, The Sandman, Vampire in the Garden, Les Monstres des mers, Mobile Suit Gundam: Hathaway, Dragon Ball Super: Super Hero, et Summer Ghost [entretien avec loundraw]

Dans “On a lu” on nous introduit à quelques bons mangas comme Zingnize (Warainaku, chez Shiba), Dandadan (Yukinobu Tatsu, chez Crunchyroll), La Déesse de 3000 ans (Fumitaka Katô, chez Michel Lafon), Contes merveilleux du Printemps (Monday Recover, chez Mahô), Histoires courtes de Koyoharu Gotouge (chez Panini), Moi Tsushima (Opû no Kyôdai, chez Le Lézard Noir), Boire pour fuir ma solitude (Kabi Nagata, chez Pika) et Les Promeneuses de l’apocalypse (Sakae Saito, chez Doki Doki).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Focus (remasterisation de Ranma 1/2), Il Était une Pub (Call to Action, webtoon), Expo + Entretien (Masakazu Katsura), Jeux Vidéo (Xenoblade Chronicles 3, The Quarry), Trouvaille (Mad Dog), Séance Studio (Gainax), et Humeur.

À lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

Capsules

dBD #166 (Septembre 2022)

dBD-166Dans le cahier actualités on mentionne une adaptation BD de Le Meilleur des Mondes (par Fred Fordham & Aldous Huxley chez Philéas), Oenologix: Tout savoir sur le vin en bande dessinée (par François Bachelot & Vincent Burgeon chez Dunod Graphic), que les Éditions Akata (dirigées par Bruno Pham et Sylvie Chang) ont choisi le groupe Albin Michel et les éditions Leducs comme partenaires, et que l’anthologie anime Memories par Katsuhiro Otomo, Koji Morimoto & Tensai Okamura sort enfin en salles en France. 

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Alex W. Inker et Thibault Vermot au sujet de Colorado Train (d’après le roman éponyme de Thibault Vermot, chez Sarbacane). Les entrevues se poursuivent avec Quentin Zuttion (sur Toutes les princesses meurent après minuit, chez Le Lombard), Pierre-Henry Gomont (sur Slava t.1, chez Dargaud), Alison Bechdel (sur Le secret de la force surhumaine, chez Denoël Graphic), Jim Bishop (sur Lettres perdues et Mon ami Pierrot chez Glénat), Sylvain Tronchet (sur Très chers élus, 40 ans de financement politique, avec Élodie Guéguen & Erwann Terrier, chez Delcourt/La Revue Dessinée) et Tim Probert (sur Lightfall t.2: L’Ombre et l’oiseau, chez Gallimard).

Dans le Cahier Critique je note Trillion Game t.1 par Riichiro Inagaki & Ryoichi Ikegami chez Glénat (Bien; “(…) sans être médiocre (…) un peu poussif (…) personnages (…) déjantés, procédé ultra osé. (…) un peu fades et prévisibles.”) et Corto Maltese t.16: Nocturnes Berlinois par Juan Diaz Canales & Ruben Pellejero chez Casterman (Super; “le scénario élevé, la riche palette de couleurs et les nombreuses planches aux dessins réussis (…) rendent tout de même un bel hommage [à Hugo Pratt] tout en affirmant la personnalité des auteurs. (…) jolie reprise”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: From the Red fog (par Mosae Nohara chez Panini), Du-Ran-Ki (par Studio Gaga & Kentaro Miura chez Glénat), Dead flag t.1 (par Holico & Jun Nishikawa chez Soleil), SinoAlice t.1 (par Takuto Aoki, Himiko & Jino chez Kurokawa), Dynamic Heroes (par Gô Nagai & Kazuhiro Ochi chez Isan) et Arena t.1 (par Le Chef Otaku & Clarity chez Véga/Dupuis).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.stars-3-5

Capsules

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Astérix #39 – Astérix et le griffon

AsterixEtLeGriffon-cov“Astérix, Obélix et Idéfix sont de retour pour une 39e aventure. Accompagnés du plus célèbre des druides, ils s’apprêtent à partir pour un long voyage en quête d’une créature étrange et terrifiante. Mi-aigle, mi-lion, énigmatique à souhait, le Griffon sera l’objet de ce grand voyage ! Toujours réalisée par le talentueux duo formé par Jean-Yves Ferri au scénario et Didier Conrad au dessin, nul doute que cette nouvelle aventure proposera une quête épique et semée d’embûches à nos héros à la recherche de cet animal fantastique ! Le duo, toujours à pied d’oeuvre pour imaginer de nouvelles aventures, s’inscrit dans le fabuleux univers créé par René Goscinny et Albert Uderzo.”

“Un totem de Griffon planté dans un paysage enneigé, sauvage et apparemment désertique, Astérix aux aguets sur son cheval affichant lui-même un regard inquiet, Idéfix dans tous ses états, appelé par un Obélix troublé… Par Toutatis, où sont donc nos héros ?!?

Promesse d’aventure aux confins du Monde Connu, au pays des Sarmates, l’illustration de la couverture laisse augurer d’un Western transposé dans le grand froid… Didier Conrad, auteur du dessin, nous en dit plus : « C’est un Eastern ! Vous retrouverez dans l’album tous les codes classiques du Western : de grands espaces, des héros venus de loin aider des innocents, des « sauvages » qui subissent l’arrivée conquérante d’une armée… mais à l’Est ! »”

[Texte promo et du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Les voyages d’Astérix. © Éditions Albert-René

Au delà des frontières de l’Empire Romain c’est le Barbaricum, le territoire des barbares. Astérix, Obélix, Idéfix et Panoramix s’y aventurent en plein hiver pour aider un ami chaman du druide, Cékankondine. Les troupes de César ont envahi le territoire Sarmate à la recherche de leur animal sacré, le griffon, que César aimerait exhiber au cirque. Car le géographe Terrinconus lui assure que le grand explorateur grec Trodéxès de Collagène y en a vu. La nièce de Cékankondine, l’amazone Kalachnikovna, est prise en otage par les romains. Après moult péripéties, l’expédition des romains est déjouée. Le géographe cherchait plutôt de l’or et le fameux griffon n’est en fait qu’un cératopsidé (un styracosaure) prisonnier d’un lac gelé. César doit se contenter d’une girafe et le périple des gaulois se termine avec un banquet.

AsterixEtLeGriffon-p023

Page 23

Bon, il faut se rendre à l’évidence: Goscinny et Uderzo sont bel et bien morts et leur héritiers ne sont pas à la hauteur. Toutefois, cet album n’est pas si pire et semble offrir un légère amélioration par rapport aux précédents. On y trouve quelques bon gags (à par les habituels noms humoristiques j’ai bien aimé la yourte nature du chaman ou la livraison gratuite d’amazone). Le dessin est excellent et le récit est plutôt intéressant. J’aime bien l’idée de faire voyager nos héros au-delà de l’Empire jusque dans les steppes pontiques où l’on retrouve les Sarmates et les Scythes. Et il est bien vrai que les romains croyaient à l’existence d’un bestiaire aussi fabuleux qu’improbable (César mentionne dans la Guerre des Gaules l’existence de licornes en Germanie et Pline l’Ancien mentionne plusieurs créatures du même genre dans son Histoire Naturelle). Malheureusement, l’action du récit est un peu platte et je trouve irritant le fait d’attribuer aux peuples du passé nos propres excès de rectitude politique. Cela reste une bonne lecture assez divertissante.

Astérix #39: Astérix et le griffon, écrit par Jean-Yves Ferri et illustré par Didier Conrad. Vannes: Éditions Albert René, octobre 2021. 48 p., 22.8 x 29.4 cm.  ISBN 978-2-86497-349-2. 10.50 € / $14.95 Can. stars-3-0

Voir aussi mes commentaires sur les volumes précédents.

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© 2021 Les Éditions Albert René / Goscinny – Uderzo.

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Les futurs de Liu Cixin #4-5

Quinze récits de Liu Cixin adaptés en BD par des auteurs de tous pays. Quinze voyages d’un espace-temps où croisent les dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, tissant les possibles devenirs de l’humanité.

Les Futurs de Liu Cixin réunit quinze nouvelles, adaptées en bande dessinée, du plus grand écrivain contemporain [chinois] de science-fiction. Son oeuvre, qui explore les devenirs possibles de notre civilisation en conjuguant des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, a été couronnée d’innombrables prix (dont le prestigieux Hugo Award [en 2015]) et s’est vendue à des millions d’exemplaires dans le monde entier. Sa nouvelle “The Wandering Earth” (La Terre Vagabonde) a fait l’objet d’une adaptation cinématographique qui a battu tous les records, et une ambitieuse série télévisée tirée de sa trilogie Le problème à trois corps est en cours de production.

4. Nourrir l’Humanité

NourrirlHumanite-cov“Treize des plus riches personnalités du monde engagent un tueur à gages pour éliminer trois personnes parmi les plus pauvres. Hua Tang accepte le contrat mais s’interroge sur leur dangerosité. Est-ce lié aux étranges distributions populaires de sacs remplis de millions ? Ou bien aux extraterrestres qui se font appeler les Dieux et survolent inlassablement notre Terre depuis cinq ans ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Nourrir l’Humanité (Les Futurs de Liu Cixin, #4), par Sylvain Runberg (scénario, d’après une nouvelle de Liu Cixin) et Miki Montllò (dessin et couleur). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), juin 2022. 126 pages, 21.7 x 29.8 cm, 21.90 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03801-6. Pour un lectorat adolescent (12+). 

5. La Perfection du Cercle

PerfectionDuCercle-cov“227 avant JC, époque des Royaumes combattants. Ying Zheng, roi de la dynastie Qin, veut unifier la Chine. S’il prouve qu’il connaît le langage du Ciel et en comprend les desseins, il les mènera tous vers un avenir meilleur. Grâce à un tout nouveau mode de calcul de données à grande échelle, le savant Jing Ke va lui enseigner ce langage qui réside dans la forme la plus parfaite au monde, le cercle.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La Perfection du Cercle (Les Futurs de Liu Cixin, #5), par Xavier Besse (d’après une nouvelle de Liu Cixin). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), août 2022. 74 pages, 21.8 x 30 cm, 17.95 € / $29.95 Can, ISBN 978-2-413-03806-1. Pour un lectorat adolescent (12+). 

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD de nouvelles de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin”. L’édition française se fait dans un ordre légèrement différent et à ce qui semble être un rythme effréné (à peu près un album par mois!): 1. Terre Vagabonde (mars 2022, par Christophe Bec, Stefano Raffaele et Marcelo Maiolo), 2. Pour que respire le désert (mai 2022, par Valérie Mangin, Steven Dupré et Cyril Saint-Blancat), 3. Les trois lois du monde (mai 2022, par Xiaoyu Zhang et Pan Zhiming), 4. Nourrir l’Humanité (juin 2022, par Sylvain Runberg et Miki Montllò) et 5. La perfection du cercle (août 2022, par Xavier Besse). La série se poursuit ensuite avec les titres suivants: 6. Proies et Prédateurs (octobre 2022, par Jd Morvan, Yang Weilin et Hiroyuki Ooshima), 7. L’Attraction de la foudre (novembre 2022, un imposant album de 272 pages! Par Thierry Robin et Cyril Saint-Blancat), 8. Brouillage intégral (janvier 2023, par Marko Stojanovic, Maza et Desko), 9. La Terre transpercée (février 2023, par Wu Qingsong), 10. L’Ère des anges (mars 2023, par Sylvain Runberg et Ma Yi), 11. Au-delà des montagnes (avril 2023, par Eduard Torrents et Ruben Pellejero), 12. Le calcul du papillon (par Dan Panosian), 13. L’Humanité invisible (par Liu Wei), 14. L’Océan des rêves (par Rodolfo Santullo et JOK), et 15. Les Migrants du temps (par Sylvain Runberg et Serge Pellé). 

Cette série est un impressionnant projet d’envergure internationale puisqu’il mets en oeuvre trente-deux auteurs et artistes venus de onze pays (Chine, France, États-Unis, Argentine, Uruguay, Espagne, Belgique, Japon, Serbie, Italie et Bosnie Herzégovine) et sera publié dans au moins huit pays. Il a été conçu par le fondateur de la maison d’édition chinoise FT Culture, Li Yun (qui détient les droits internationaux sur les nouvelles de Liu Cixin), en collaboration avec la française Corinne Bertrand, qui a dirigé et édité la série. 

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Nourrir l’Humanité, p. 3

Nourrir l’Humanité (赡养人类 / Shànyǎng rénlèi / litt. “Soutenir les êtres humains” — le titre anglais est The Wages of Humanity) est adapté d’une nouvelle du même titre de Liu Cixin publiée en 2005 dans le périodique chinois 科幻世界 (Kehuan shijie / litt. “Le monde de [la] science-fiction“ ou Science Fiction World). C’est le récit de Hua Tang, tueur à gage professionnel, qui reçoit le contrat d’éliminer trois personnes très pauvres: un artiste démuni, un musicien de rue et une jeune femme qui ramasse les déchets dans une décharge. Il s’interroge sur les raisons d’une telle commande et découvre que des envahisseurs venant coloniser la Terre ont offert de payer en compensation un salaire à tous les Humains, équivalent au revenu de la personne la plus pauvre. Pour ne pas trop diminuer leur train de vie, les plus riches décident de partager leur fortune avec le reste de la population en donnant à chacun un million de dollars. Toutefois, trois individu parmi les plus pauvres refusent l’argent, mettant ainsi en péril le revenu des riches. Le récit est entrecoupé de flashbacks qui raconte la jeunesse de Hua Tang, montrant comment il est devenu assassin. En parallèle, nous suivons l’histoire d’une autre Terre. Une civilisation très avancée, qui se fait appeler les “Dieux”, a créé trois planètes similaires à la Terre habitées par des Humains. Sur l’une d’entre elles, un riche industriel est devenu, à force d’acquisitions, l’unique propriétaire de la planète qu’il transforme en jardin personnel où tout est automatisé par une intelligence artificielle. Il règne sur une cour d’Humains cyber-augmentés et la plèbe d’Humains inférieurs est reléguée sous terre et vit dans des conditions difficiles due à la pénurie de ressources (ils doivent payer même l’oxygène qu’il respire). Lorsqu’ils osent demander une meilleure condition de vie, le propriétaire les expulse dans l’espace et leur disant de venir coloniser notre Terre… 

Le récit est bien mené, fluide malgré sa complexité, et présente d’intéressants éléments socio-politiques qui font une sorte de mise en garde sur des possibles avenirs dystopiques de notre planète. Le dessin est excellent, agréable et contribue bien à la fluidité du récit. Chose intéressante, cette histoire contient plusieurs éléments précurseurs ou similaires au roman Le problème à trois corps (d’abord paru en feuilletons en 2006 dans Science Fiction World — et dont j’ai déjà commenté le premier volume). C’est donc une excellente lecture. stars-4-0

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La perfection du cercle, p. 5

La Perfection du Cercle (圆 / Yuán / Litt. “Rond” — le titre anglais est The Circle) est adapté d’une nouvelle du même titre de Liu Cixin publiée d’abord en anglais en 2014 dans l’anthologie de “hard” science-fiction Carbide Tipped Pens: Seventeen Tales of Hard Science Fiction compilée par Ben Bova et Eric Choi et publiée par Tor Books (où l’on retrouve d’ailleurs la nouvelle “Snows of yesteryear” par Jean-Louis Trudel!). Il s’agit ici non pas de science-fiction mais d’une uchronie se déroulant au IIIe siècle AEC, à la toute fin de l’époque chinoise des Royaumes Combattants, alors que la dynastie Qin a finalement unifié les différents royaumes. Après avoir tenté d’assassiner le roi Ying Zheng (le futur empereur Qin Shi Huangdi) avec une épée dissimulée dans une carte enroulée, le mathématicien Jing Ke (qui dans ce récit survit à sa tentative) le convainc qu’il peut déchiffrer les mystères de l’univers grâce à la perfection du cercle. En effet, “le ratio entre la circonférence du cercle et son diamètre est une série de chiffres qui commence par 3.1415926 [pi] et continue à l’infini sans jamais se répéter.” Si l’on calcul ce ratio jusqu’à au moins cent mille décimales, la série de chiffres, une fois traduite en formes et en images, contiendra un message dévoilant le plus profond mystère de l’univers! Pour effectuer le calcul, il crée un véritable calculateur en utilisant les trois millions de soldats de l’armée de l’empereur, regroupé par équipes de trois (une sorte de transistor humain formé de deux entrées et une sortie), chacun portant un drapeau blanc (représentant le 0) et un drapeau noir (représentant le 1) pour former un opérateur  de fonction logique appelé “porte”. Malheureusement, la calcul est interrompu à mi-chemin car l’empereur est devenu mentalement instable à cause de la potion de mercure qui devait le rendre immortel, ce qui suscite un complot de la part de la Reine-Mère et du faux eunuque Lao Ai ainsi que des révoltes qui menèrent à l’exécution du roi et de son mathématicien…

Le récit est un peu moins intéressant que le précédant mais demeure tout de même fascinant par sa complexité et le processus mathématique  astucieux qu’il présente. Le dessin est encore une fois excellent. Le récit reprend également une idée présentée dans le premier volume du roman Le Problème à trois corps. Comme il s’agit d’une uchronie, on peut se demander sur laquelle des trois Terres se déroule cette fresque historique… Cela demeure divertissant et une très bonne lecture. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © Éditions Delcourt pour la présente édition.

 

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Revue de ‘zines [002.022.346]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage perpétuel sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #238 (avril-juin 2022)

Ce numéro nous offre un dossier sur Arcane qui traite de la stratégie de Riot Games, offre une analyse de la série télé, une visite du studio d’animation 3D Fortiche Production, un entretien avec Pascal Charrue (co-réalisateur de l’animation avec Arnaud Delord). On élargie ensuite le sujet avec un article sur les jeux adaptés en anime (Pokémon, Sonic X, Dragon Quest, Fatal Fury, Final Fantasy, Street Fighter, Darkstalkers, Castlevania, Lapins Crétins) et sur l’animation française pour adultes (Le Roi et l’Oiseau, La Planète Sauvage, Les maîtres du temps, Gandahar, Parfum de l’invisible, Corto Maltese, Persépolis, Le Chat du Rabbin, Le Sommet des Dieux, etc.) et on termine en s’intéressant à l’avenir des adaptations de jeux vidéos.

Ce numéro nous offre également une série d’Entretiens avec Masahi Ando (réalisateur du Roi Cerf), Pierre Périfel (réalisateur chez Dreamworks), Isabelle Volpé (actrice de doublage), Shiro Kuroi (mangaka), Romain Regnier (fondateur de la plate-forme de manga numérique mangas.io), Nakaba Suzuki (auteur de Seven Deadly Sins), Fédoua Lamodière (traductrice de manga) et Yann Labasque (directeur des programmes jeunesse de TF1).  

On retrouve également des Reportages (Focus) sur l’Heroic Fantasy dans l’animation Japonaise (Weathering Continent, Berserk, Guin Saga, Vision of Escafowne, Chroniques de la guerre de Lodoss, Les 12 Royaumes, etc.), Japan Expo Sud 2022 et sur Mark Millar (scénariste de comics).

Dans “On a vu !” on nous présente plusieurs animations notoires: Jojo’s Bizarre Adventure: Stone Ocean, My Dress-Up Darling, Demon Slayer S2, L’Attaque des Titans Saison Finale partie 2, Pil, Le Requiem du Roi des Roses, Super Crooks, Faraway Paladin, Notre jeunesse en orbite, My Hero Academia World Heroes’ Mission, Le Cuphead Show!, Les Bad Guys, et Alerte Rouge.

Dans “Ça ferait un bon anime !” on nous introduit à quelques bons mangas comme Love Fragrance (par Kintetsu Yamada chez Kana), Criminelles fiançailles (par Asuka Konishi chez Pika), Pour le pire (Taro Nogizaka chez Glénat), Lone Wolf & Cub (par Kazuo Koike & Goseki Kojima chez Panini), La danse du Soleil et de la Lune (par Daruma Matsura chez Ki-oon), Manchuria Opium Squad (par Tsukasa Monma & Shikako chez Vega-Dupuis), Irene (par Ideki Arai chez Black Box), Dai Dark (par Q Hayashida chez Soleil), Flow (par Yuki Urushibara chez Kana), Saturn Return (par Akane Torikai chez Akata), Kowloon Generic Romance (par Jun Mayuzuki chez Kana), The Devil of the gods (par Tsukasa Saimura & Kozo Takahashi chez Glénat), Goodnight I Love You (par John Tarachine chez Akata), Les Affamés (par Kunitaro Tomoyasu chez Akata), Qin Opéra (par Li Zhiwu & Men Xiaoyan chez Patayo), Android Type One (par Yashima chez Omaké), Sakamoto Days (par Yuto Suzuki chez Glénat), et Banana Sioule (par Michaël Sanlaville chez Glénat).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Portrait de (Masahi Ando), Fermez les Yeux (de la K-Pop dans les anime), Séance Studio (Shin-Ei Animation), Figure de Pro (Mounia Aram), Trouvaille (Pui Pui Molcar), Hommage (Franck Olivier, Marie-Noëlle Neveu, Keiko Nobumoto), Il Était une Pub (Yatta, Acura!), On a lu (Mamoru Oshii: rencontre(s)), et Humeur.

À lire pour tous fans d’anime.

 

dBD #165 (juillet-août 2022)

Dans le cahier actualités on mentionne le second volume de l’intégrale Le Génie des Alpages par F’murr chez Dargaud et la parution des deux premiers volumes de Dandadan par Yukinobu Tatsu chez Crunchyroll (anciennement Kazé, qui a été racheté par la plate-forme américaine).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Gilbert Shelton (sur Freak Brothers et le volume deux de l’intégrale Zap Comix chez Stara).  Les entrevues se poursuivent avec Hyung-rae Kim (sur la firme coréenne Kakao Piccoma et l’arrivé en France de sa plate-forme webtoon), Fabcaro (sur son exposition à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême, avec des commentaires de Gilles Rochier, Jean-Philippe Garçon, et Fabrice Erre), Christian Rossi (sur Chevauchées chez Éditions I), Benoît Sokal & François Schuiten (sur Aquarica, chez Rue de Sèvres), Mirion Malle (sur C’est comme ça que je disparais et Adieu triste amour, chez La Ville Brûle), Giulio Macaione (sur Sirocco, chez Ankama), Miguel Vila (sur Padovaland, chez Presque Lune), Sansuke Yamada (sur Sengo T.7/7, chez Casterman), Hervé Richez (sur les vingt ans de la collection Grand Angle des éditions Bamboo), Alex Nikolavitch (sur L’Ange du prolétariat, une vie de Youri Gagarine, avec Félix Ruiz, chez 21g) ainsi que Anaïs Halard & Bastien Quignon (sur Sacha et Tomcrouz T.4: Cambriolage sur le Nil, chez Soleil, coll. Métamorphose). Ce numéro double (130 pages) dense et varié nous offre également un article sur l’oeuvre de Neal Adams disparu en avril dernier.

Dans le Cahier Critique je note La Fille à la moto par Oji Suzuki chez Atrabile (Bien; “Les histoires d’Oji Suzuki ne décrivent pas un Japon idylliques (…) mais plutôt celui des bas-fonds (…). Cela permet de réfléchir sur cette autre facette du Pays du Soleil Levant”), et Les Promeneuses de l’Apocalypse t.1 par Sakae Saito, chez Doki-Doki (Bien; “récit post-apocalyptique relativement convenu”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Ce printemps rémanent (par Shiki Kawabata chez Akata), Bambi Remodeled (par Atsushi Kaneko chez IMHO), Planetès Perfect Collection (par Makoto Yukimura chez Panini), Code Name Sailor V Eternal Edition (par Naoko Takeuchi chez Pika), Nakogahara: Stray Cat Samurai (par Hiroyuki Takei chez Pika), Nina du royaume aux étoiles (par Rikachi chez Kazoku/Michel Lafon), Shark Panic (par Tsukasa Saimura chez Omaké), The Brave Wish Revenging t.1 (par Manimani Ononata & Akira Sakamoto chez Delcourt), Back From Hell t.1 (par Yuki Karaku & Shotaro Kunitomo chez Soleil), Neon Genesis Evangelion Perfect Edition t.1 (par Yoshiyuki Sadamoto chez Glénat) et The Druid of Seoul Station (par Sungho Mon, Livebear & Seul Woo Jin chez Delcourt/Kbooks).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD.

Solaris #222 (Printemps 2022)

Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre (dites de l’imaginaire, spéculative ou “paralittérature”) au Québec et parfois d’ailleurs. Celle-ci s’ouvre à nous en trois volets: le volet fiction comprend quelques nouvelles qui nous offrent l’occasion de se divertir tout en échantillonnant ses différentes saveurs actuelles. Le volet documentaire nous offre des articles pour découvrir et mieux comprendre ses différents aspects. Finalement, le volet critique se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste.

Dans le volet fiction ce numéro nous offre quatre courts récits:

  • “Atamishkatun” par Josée Bérubé. Mathieu passe l’été au chalet de ses parents qui se sont suicidés. Il est un peu perdu et cherche à se recentrer. Il ressentira l’appel mystique de la forêt mais surtout du lac Atamishkatun, qui le mettront à l’épreuve mais lui donneront une raison de poursuivre… Beau récit de lieux qui nous semblent familiers…
  • “Une fille, enflammée de vie” par Claude Lalumière. Dans un monde de flamme une fille enfante des générations de créatures qu’elle façonne à son gré pour peupler son monde, avec l’aide de Feu son compagnon un peu trop insistant dont elle finira par se libérer. Un intéressant mythe de création ou une allégorie sur la violence conjugale ?
  • “Étoiles rouges, étoiles blanches” par Gaël Marchand. Dans une Moscou future, ouverte et cosmopolite, une assistante-réalisatrice pour un studio de cinéma se retrouve, par un concours de circonstance, à appliquer comme cosmonaute à l’Agence Spatiale de l’Union des Républiques…
  • “Taches” (première partie) par Claude Bolduc. Un photographe découvre dans les poubelles une vieille caméra digitale. Il l’utilise pour prendre quelques clichés mais se rend compte que certaines images comportent des taches. De plus l’appareil semble avoir des propriétés étranges…

Le volet documentaire offre un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui s’intéresse cette fois aux encyclopédies. Il en trace un historique (fort bien documenté) et nous parle de la place qu’elles occupent en littérature et au cinéma. Fascinant, comme toujours. Et dans la chronique “Le DALIAF présente…”, qui se veut une sorte de mise à jour du Dictionnaire des Auteurs de Littératures de l’Imaginaire en Amérique Française, Claude Janelle nous présente l’utopie La Québécie par la mystérieuse auteure Francine Lachance. Pour finir, le volet critique nous offre un impressionnant trente-huit pages de commentaires couvrant vingt-trois titres! (pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne)

Solaris, qui se veut “l’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire”, nous offre comme toujours un numéro très riche qui demeure un incontournable pour tout amateur du genre.

 

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Yoko Tsuno #30: Les Gémeaux de Saturne

YokoTsuno-30-cov“Khâny emmène Yoko sur Saturne pour explorer un morceau de comète qui semble contenir eau et oxygène et qui a envoyé un énigmatique message d’alerte : « Sauvez Rya. » Dans la crevasse d’où provient le SOS, les deux amies découvrent l’épave d’un « vaisseau surgelé » à l’intérieur duquel se trouve Rya, une petite créature — biologique mais génétiquement modifiée — profondément endormie et enfermée dans un sarcophage de survie. Avec Tôpy, son frère synthétique qui veille sur elle, ce sont les « gémeaux de Saturne » ! Et ils ont de lourds secrets à révéler à Yoko…

Roger Leloup a pris l’habitude d’alterner histoires dans l’espace et histoires « terrestres ». Que ce soit sur Terre ou sur Saturne, ses histoires sont toujours passionnantes et empreintes d’humanisme.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Cette série de bande dessinée centrée sur le personnage de Yoko Tsuno (une belle ingénieur japonaise) et créée par l’artiste belge Roger Leloup est d’abord paru en une série d’histoires courtes en collaboration avec Maurice Tillieux dans le Journal de Spirou en 1970 et 1971. Dès mai 1971, Leloup poursuit, en solo, toujours dans Spirou, avec des histoires complètes. Un peu plus de cinquante ans plus tard, à quatre-vingt-huit ans, Roger Leloup nous présente le trentième récit de son héroïne.

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T. 30, p. 4

Yoko reçoit de Khâny un nouveau vaisseau en cadeau et se fait amener en balade vers Saturne, où l’équipage explore une comète et découvre un vaisseau naufragé. À bord il y a Rya (une petite vinéene génétiquement modifiée), son compagnon Tôpy (mi-biologique, mi-synthétique) et leur robot Kyps. L’équipage doit affronté du plasma intelligent qui tente de prendre le contrôle de Yoko, des complots vinéens (dont je n’ai pas trop compris la nature car il y a beaucoup de tensions et de conflits entre cette pléthore de personnages) et, bien sûr, Yoko ne peut résister à rescaper des créatures menacées pour les ajouter à sa ménagerie d’orphelins… 

Cet album est une grosse déception. Dans le volume précédant Leloup promettait pour le suivant une aventure où Yoko allait faire face à un dilemme devant des humains robotisés. Cela avait l’air excitant. Si on retrouve un peu de cette thématique dans cet album, le récit est trop confus pour fournir la moindre excitation. Encore une fois Leloup tente de faire entrer un récit de quatre-vingt-seize pages dans un album de quarante-huit! Il prend trop de raccourcis, le récit manque de fluidité, les textes et les dialogues sont pauvres, ce qui fait que le lecteur a de la difficulté à suivre l’histoire. Pire, le dessin est devenu parfois imprécis, surtout les visages des personnages secondaires — toutefois les décors demeurent encore très bien (ils sont probablement le domaine d’assistants?). Cela pose la question: Leloup deviendrait-il sénile? Serait-il temps, comme pour d’autre séries, de passer le flambeau à des créateurs plus jeunes?

Yoko Tsuno est une BD qui a marqué beaucoup ma jeunesse mais qui malheureusement ne m’apporte plus aucun plaisir… C’est vraiment dommage. À chaque nouvel album j’espère toujours que cela va s’améliorer mais, hélas!, cela empire. Serait-ce une allégorie de la vieillesse: le personnage reste jeune mais c’est la structure même du récit qui reflète la décrépitude du créateur? À lire mais à vos risques…

Yoko Tsuno 30: Les gémeaux de saturne, scénario et dessin par Roger Leloup (mise en couleur par Studio Léonardo). Paris: Dupuis, mai 2022. 48 pages, 21.8 x 30 cm, 11.90 € / C$17.95 , ISBN: 979-1-0347-5428-1. Recommandé pour public jeune (9+). stars-2-0

Voir mes commentaires sur des tomes précédents.

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 © Dupuis, 2022.

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Revue de ‘zines [002.022.308]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage perpétuel sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #237 (Janvier – Mars 2022 )

AL-237Ce numéro de 144 pages nous offre un dossier sur le film Belle de Mamoru Hosoda: on le commente, on l’analyse, on trace un portrait du réalisateur, suivi d’un entretien avec lui, avec un focus sur les grands thèmes de son oeuvre, pour finir sur des entretiens avec Yuichiro Saito (producteur) et Louane (la voix française de Belle).

On retrouve également des Reportages sur l’exposition Capcom vs. les personnages de Tezuka qui s’est tenu dans le Parco Factory du quartier d’Ikebukuro à Tokyo, sur Cartoon Forum (un marché qui réunie studios de production et acheteurs) et sur l’adaptation live du manga Les Gouttes de Dieu en une mini-série télé de huit épisodes (réalisateur: Oded Ruskin).

Dans “On a vu !” on nous présente plusieurs animations notoires: Komi ne peut pas communiquer, Ranking of Kiangs, Lupin III Part 6, Sakugan, The Heike Story, Fena Princesse Pirate, Night Head 2041, White Snake, Platinum End, Encanto, Les Lapins Crétins Invasion: Objectif Mars, Scooby-doo! Et Courage le chien froussard, Mortal Kombat Legends: Battle of the Realms.

Dans “Ça ferait un bon anime !” on nous introduit à quelques bons mangas comme Denjin N, Zombie from now on, Veil, Just not married, Léviathan, Spirit Seekers, Goodnight World, Boys of the Dead, Sous le ciel de Tokyo…, Chacun ses goûts, Golden Sheep, Kingdom of Knowledge, True Beauty, Je ne suis pas née dans le bon corps.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Focus Arcane (Quand les débuts de la légende s’animent, Fortiche Prod), Fermez les Yeux (Cécile Corbel), Jeux Vidéo (Demon Slayer, Metroid Dread), Séance Studio (Studio Pierrot), Figure de Pro (Anne de Galard et Éric Garnet), Crowdfunding (Étienne Farrenq, Thomas Bardet), Trouvaille (Blindsight), Hommage (Claude Lombard), Il Était une Pub (Travel Oregon) et Humeur.

À lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

dBD #164 (Juin 2022)

dBD-264Dans le cahier actualités on mentionne la parution chez Gallimard de l’essai par Timothy Snyder De la tyrannie: vingt leçons du XXe siècle illustré par Nora Krug, mais surtout le 70e anniversaire du personnage de Guy Lefranc, un journaliste téméraire créé par Jacques Martin pour le journal Tintin comme une sorte de pendant contemporain au Gallo-Romain Alix et que Casterman célèbre avec un nouvel album (Le Scandale Arès, par Jacques Martin, Régric & Roger Seiter), un livre sur les voitures dans les aventures de Lefranc (Les Voitures de Lefranc par Xavier Chimits) et deux expositions dans la ville de Molsheim (Bas-Rhin).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Émile Bravo au sujet de la quatrième et dernière partie de L’Espoir malgré tout qui, avec Le Journal d’un ingénu, reprend le personnage de Spirou (créé par Rob-Vel et reprit notamment par Franquin), mais cette fois pour un public adulte, pour former un diptyque de trois-cent pages (publié chez Dupuis). Les entrevues se poursuivent avec Joseph Callioni (sur Venera, aux Éditions Atrabile), Anne Simon (sur L’Institut des benjamines, aux Éditions Misma), Alicia Jaraba Abellán (sur Celle qui parle, aux Éditions Grand Angle), Maël Nonet (sur la collaboration de sa maison d’Édition et le festival HellFest fondé par Benjamin Barbaud, pour la création de l’album Hellfest Metal Vortex par Jorge Bernstein, Fabrice Hodecent & Pixel Vengeur, chez Éd. Rouquemoute), Juan Manuel Tumburus (sur Les Yeux perdus, avec Diego Agrimbau, aux Éditions Dargaud) ainsi qu’avec Yan Le Gat et Pierre Fouillet (sur le troisième et dernier volet de Allons z’enfants, aux Éditions Sarbacane). 

Dans le Cahier Critique je note Le Prince Alchimiste T.1 par Tsukiyo Rui & S. Kosugi chez Doki-Doki (Super!; “plaisant, rythmé et suffisamment intriguant (…); détourne en partie les codes de la fantasy, pour mieux les réinterpréter et en offrant des développements scénaristiques prometteurs.”), Nourrir L’Humanité par Sylvain Runberg & Miki Montllò, d’après Liu Cixin chez Delcourt (Super !; “un thriller fantastique (…) l’écrivain de SF chinois propose sa propre variation sur le moyen d’en finir avec la pauvreté”), et Violence Action T.1 par Shin Sawada & Renji Asai chez Pika (Super!; “ce premier tome (…) brille par son ironie communicative”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés de ce genre: une édition remise à jour du Mille ans de mangas de Brigitte Koyama-Richard chez Flammarion, Isekai Gourmet T.1: Magical Table Cloth par Tomohiro Shimomura & Sato Tsukishima chez Soleil, Heterogenia Linguistico T.1 par Salt Seno chez Nobi-Nobi, Heaven’s Design Team par Tsuta Suzuki & Tarako chez Pika, Cruella: Période Noire, Blanche et Rouge par Hachi Ishie chez Nobi Nobi/Disney, Dress of Illusional Monster T.1 par Takashi Wada chez Soleil, Josée, le Tigre et les Poissons T.1 par Seiko Tanabe & Nao Emoto chez Delcourt/Moonlight, The Elusive Samurai T.1-2 par Yusei Matsui chez Kana, et Primal Gods in Ancient Times T.1 par Kenji Tsurubushi chez Vega/Dupuis. On en profite pour signaler le décès de Motoo Abiko qui composait, avec Hiroshi Fujimoto, le duo derrière Fujiko Fujio (Ninja Hattori-kun, Q-Taro, Doraemon).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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Bug, vol. 3

Bug-3-cov“Troisième volet de la saga planétaire d’Enki Bilal.

Alors que le grand Bug planétaire a rendu impossible l’accès aux données numériques, l’hypermnésique Kameron Obb est la proie de toutes les convoitises. Traqué à travers le monde par des instances gouvernementales autant que par des groupuscules contestataires, il réussit à communiquer avec sa fille, elle-même kidnappée par de mystérieux ravisseurs… Mais quelle est la véritable nature du Bug ? Est-ce seulement une catastrophe technologique ou bien la conséquence d’une véritable attaque contre l’Humanité ?

Dans ce troisième épisode, Enki Bilal se régale dans la mise en scène de nombreuses femmes puissantes, avec une suite de rebondissements et de séquences spectaculaires ponctué de réflexions satiriques aussi inattendues que réjouissantes…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Bug-3-p43

Vol 3, p. 43

Le récit se poursuit… (voir mes commentaires des premiers et second volumes). 2042. Que se passerait-il si toute la technologie qui contrôle notre monde, nos villes, nos vies, notre corps même (par des implants), cessait subitement de fonctionner? Alors que la planète est plongée dans le chaos, Kameron Obb (seul survivant d’une expédition vers Mars) lui semble le récipiendaire de TOUTES les mémoires électroniques du monde. Cela en fait un homme recherché et convoité. Prisonnier d’un groupe Néo-Marxiste-Féministe, il est kidnappé cette fois par la tsarine de la Nouvelle Russie Sibérienne. Tous veulent qu’il rétablisse leur système électronique… Une nébulosité bleue approche de l’orbite terrestre… Pendant ce temps, sa fille Gemma, sauvée par Junia, la compagne de fortune de Obb, retourne à Paris pour tenter de sauver le monde du chaos. Junia tente de libérer Obb d’une haute tour au large de Barcelone, mais il n’y est plus et elle est capturé par les Néo-Marxiste. Obb s’évade de Sibérie à bord d’un chasseur Sukhoi-77 pour rejoindre Gemma et sauver la présidente française de ses implants. Puis il va libérer Junia. Un nouveau groupuscule entre en jeu, le STALLER (STAline-hitLER, des néo-fascistes). Ils ont capturé le millionaire Awden Marxoe (le patron de Obb) qui semble en possession d’une information capitale sur le Bug. Pour la première fois, Obb est contacté par l’Entité Bleue… Quelle sont les véritables intentions de cette entité? Aurait-il été manipulé par une force malveillante? Deux courants bleus semblent lutter en lui. Il perd le contrôle du Sukhoi et il se retrouve avec Junia sur une plage de Lampedusa en Libye. Il a de la fièvre, tombe dans le coma. Il se réveil amnésique! 

Bilal demeure encore et toujours un incontournable. Surtout à cause de son superbe dessin. Un style qui mélange brillamment crayonné et peinture, tons sombres et vifs, détails et flous. Dans cette nouvelle série (en cinq tomes), Bilal critique notre sur-dépendance de la technologie et se moque grandement de la radicalisation idéologique du XXIe siècle. Le récit est bien mené, captivant mais semble piétiner un peu. Toutefois, ce tome se termine sur un point tournant et le prochaine volume nous apportera sans doute des réponses. Vivement la suite!

Bug, livre 3, par Enki Bilal. Bruxelles: Casterman, mars 2022. 82 pages, 19.1 x 26.9 cm, 18,00 € (ePub/PDF: 12,99 €) / $34.60 Can. ISBN 978-2-203-20228-3. Pour lectorat jeune adulte (14+). stars-3-0

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© Casterman 2022

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Suite Française: Tempête en Juin

SuiteFrancaise-cov“Une décennie après le triomphe mondial de Suite française, roman miraculeusement réchappé de l’oubli, prix Renaudot 2004, Emmanuel Moynot s’empare du premier volet du diptyque, Tempête en juin. Sous sa plume acérée, le classique d’Irène Némirovsky trouve sa dimension visuelle. Comme dans un film de Renoir ou d’Altman, les personnages, les trajectoires, les destinées se heurtent et s’emmêlent sur les routes de l’Exode de juin 1940, traçant le portrait de ces heures noires où il a semblé que la donne sociale, morale, nationale se rebattait intégralement. Les figures inoubliables qui peuplent les pages de Némirovsky prennent corps. On retrouve comme si on les avait toujours connus le banquier Corbin, le gentil couple Michaud, la tribu des Péricand, l’infortuné abbé Philippe, la frivole Arlette Corail, le sinistre Corte et sa maîtresse écervelée, tous les autres, les perdants, les affreux, les purs et les morts de cette débâcle française. Et l’on découvre au passage que l’auteur de David Golder – dont on connait la passion pour la narration cinématographique – aurait fait une grande scénariste.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Suite à l’invasion de la Pologne, le Royaume-Unie et la France déclarent la guerre à l’Allemagne nazie le 3 septembre 1939 mais ce n’est que le 10 mai 1940, après ce qu’on a appelé une “drôle de guerre”, que les Allemands se lancent à la conquête de l’ouest en une “guerre-éclair”: ils traversent les Ardennes au Luxembourg et en Belgique, font une percée à Sedan, si rapidement que c’est la débâcle chez les alliés. Les Britanniques, acculés à Dunkerque, doivent évacuer dès le 26 mai. La bataille de France se transforme en une “étrange défaite” alors que les Allemands marchent dans Paris le 14 juin et que la France doit accepter un humiliant Armistice signé le 22 juin 1940. Sous le gouvernement de Pétain, puis celui de Laval (Régime de Vichy), la France est alors divisée par une ligne de démarcation entre une “Zone Occupée” au nord et une “Zone Libre” au sud. C’est dans ce contexte que se déroule le récit…

La nouvelle de la débâcle de Dunkerque et de l’approche allemande pousse de nombreux Parisiens à l’exode vers le sud afin de fuir les combats et l’inévitable occupation. Nous suivons ainsi une vingtaine de personages qui tentent de fuir Paris puis, pour la plupart, qui y reviennent lorsqu’ils apprennent que la ville a été épargnée de la destruction. Le récit trace un intéressant portrait de la société française de l’époque mais le fait de constamment alterner d’un groupe de personnages à l’autre rend le tout un peu confus. Toutefois, avec son style sombre mais réaliste — un dessin un peu brouillon et en tons de gris, très populaire ces temps-ci mais qui m’agace beaucoup — Moynot (surtout connu pour avoir reprit Nestor Burma après Tardi) fait un excellent travail pour illustrer les petits drames de chacun exacerbés par la guerre. C’est une intéressante bande-dessinée pour l’amateur d’histoire que je suis, avec un bon récit (mais sans plus). Toutefois, ce qui rend ce titre fascinant c’est l’oeuvre dans laquelle il s’inscrit.

Irène Némirovsky est une émigrée Ukrainienne qui s’installe à Paris au début du siècle. Elle y entreprend une carrière littéraire (en publiant une quinzaine de courts romans dont David Golder est le plus connu). En juin 1940, comme beaucoup de français, elle fuit Paris avec son mari Michel Epstein et leur deux filles pour s’installler à Issy-l’Évêque (dans le Morvan) qui se retrouvera en territoire occupé après l’armistice. Elle continue d’écrire, débutant entre autre un projet de cinq romans s’inspirant de ce qu’elle a vécu et observé au cours de l’exode de juin et de l’occupation allemande. Elle termine la première partie, Tempête en juin (traitant de l’exode), en avril 1941. Puis la seconde partie, Dolce (racontant l’idylle d’une jeune française avec un officier allemand mélomane), est complétée en juin 1942. Elle planifie trois autres romans, Captivité, Batailles et La Paix, qui formeront son magnum opus et qui, pour l’instant, lui permettent pour le moins d’endurer le stress de l’occupation en se gardant l’esprit occupé. Elle n’aura cependant jamais l’occasion de terminer son oeuvre car elle est dénoncé comme juive puis arrêté le 13 juillet 1942. Elle est d’abord envoyé au camps de Pithiviers, puis elle prend le convoi no 6 pour Auschwitz-Birkenau le 17 juillet, où elle meurt du typhus le 19 août. Ce n’est que durant les années cinquante que le manuscrit des deux romans est redécouvert dans une malle par ses filles, Denise et Élisabeth. Après avoir donné les archives de leur mère à l’IMEC au début des années ’90, Élisabeth décide de retranscrire le manuscrit qui n’est publié qu’après de nombreuses tergiversations en 2004 sous le titre Suite Française. L’ouvrage connait une grand succès et est traduit dans de nombreuses langues. Il reçoit également le prix Renaudot.

Le roman reçoit de nombreuses adaptations: il inspire un Concerto de chambre d’Aulis Sallinen en 2005, puis la deuxième partie est adapté avec le film de Saul Dibb en 2014, la première partie est retranscrite en bande-dessinée par Emmanuel Moynot en 2015, puis le récit est joué au théâtre en 2018 et 2019. Le roman a également fortement inspiré l’excellente série télévisée de France 3 Un Village Français qui a été diffusé en sept saisons entre juin 2009 et novembre 2017. Je n’ai malheureusement pas lu le roman (je l’ai juste feuilleté en lisant des passages ici et là) mais tant l’adaptation BD que cinématographique semblent assez respectueuse. Ils peuvent donc servir de raccourcis pour prendre connaissance de l’oeuvre de Némirovsky.

Suite Française: Tempête en Juin, par Emmanuel Moynot (d’après le roman d’Irène Némirovsky; mise au gris de Chantal Quillec). Paris: Denoël (Coll. Denoël Graphic), janvier 2015. 224 pages, 16.0 x 23.0 cm, 23,50 € / $42.95, ISBN 978-2-207-11817-7. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© 2015 Éditions Denoël.

SuiteFrancaise-movieSuite française: France / UK / Belgique, 2015, 107 min.; Dir./Scr.: Saul Dibb; Phot.: Eduard Grau; Ed.: Chris Dickens; Mus.: Rael Jones; Cast.: Michelle Williams (Lucile), Matthias Schoenaerts (Bruno), Kristin Scott Thomas (Madame Angellier), Margot Robbie (Céline), Sam Riley (Benoît), Ruth Wilson (Madeleine), Tom Schilling (Kurt), Lambert Wilson (Vicomte de Montmort), Harriet Walter (Vicomtesse de Montmort), et Alexandra Maria Lara (Léa).

Ce film est basé sur le même roman qui a inspiré la série télé Un Village Français. Une jeune française établie une relation romantique avec un officier allemand qui occupe le village de Bessier. Il écrit une pièce musicale qu’il lui laisse lorsqu’il repart pour le front. C’est un très bon film avec d’excellent acteurs et une bonne cinématographie. stars-3-5

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SuiteFrancaiseRoman-covSuite française, par Irène Némirovsky (préface de Myriam Anissimov). Paris: Gallimard (Coll. Folio #4346), mars 2006. 576 pages, 10.8 x 17.8 cm, 10,60 € / $19.95, ISBN 978-2-07-033676-0. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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Revue de ‘zines [002.022.177]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage perpétuel sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

dBD #161 (mars 2022)

dBD-161Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Métal Hurlant #2 (1975-1984): Le Nouveau Visage de l’imaginaire qui réédite des pages qui ont fait la gloire du titre et De Blueberry à L’Incal: lire Giraud/Moebius par Jean-Clet Martin (chez Les Impressions nouvelles) qui propose une réflexion intéressante à travers de deux créations emblématiques du dessinateur. On y trouve également un hommage (par Pierre Christin!) à Jean-Claude Mézières, qui est décédé le 23 janvier dernier (ainsi qu’une BD-caricature de Christophe Blain) et un article sur la création d’une collection BD aux éditions Rivages (Payot) intitulée Virages Graphiques.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Asaf Hanuka au sujet de Je suis toujours vivant (avec Roberto Saviano, chez Gallimard-Steinkis). Les entrevues se poursuivent avec le scénariste Pat Mills (sur La Grande Guerre de Charlie, La Bataille de la Somme, Édition Intégrale, avec Joe Colquhoun chez Delirium, et Be Pure! Be Vigilant! Behave! 2000 AD & Judge Dredd: The Secret History, chez Millsverse Books), David Sala (sur Le poids des héros chez Casterman), Gérard Mordillat & Sébastien Gnaedig (sur Ulysse Nobody chez Futuropolis), Teresa Radice & Stefano Turconi (sur La Terre, le ciel, les corbeaux chez Glénat/Treize Étrange), Agnès Naudin (sur Enfances perdues: Premières enquêtes (avec Jean-Claude Bartoll & Éric Nosal, chez Robinson), Célina Salvador & Moïse Dissous (sur les dix ans des Éditions Steinkis) et Théa Rojzman & Steve Baker (sur Billie Bang Bang t.1 chez Le Lombard).

Dans le Cahier Critique je note Shadow Life par Ann Xu & Hiromi Goto chez Ankama (Super!; un manga sur le sort du troisième âge et les camps d’internement canadiens pour Japonais durant la Seconde Guerre Mondiale). Il y a également une double-page consacrée aux nouveautés mangas où je remarque un nouveau Leiji Matsumoto (V2 Panzer chez Kana) et découvre que la Collection Classique de Soleil Manga n’est finalement pas morte puisqu’on y publie trois nouveaux titres du studio Variety Artwork: L’Iliade et l’Odyssée d’Homère, La Divine Comédie de Dante et Ulysse de James Joyce!!

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #162 (avril 2022)

dBD-162À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Werner Goelen dit Griffo (sur Iruene, avec Rodolphe, chez Daniel Maghen). Les entrevues se poursuivent avec François Desagnat & Jean-Paul Rouve (sur l’adaptation cinématographique de la BD Zaï Zaï Zaï Zaï), Pierre Christin & Jean-Michel Arroyo (sur Pigalle, 1950 chez Dupuis/Aire Libre), RUN (sur la collection Label 619, qui vient de s’associer avec Rue de Sèvres), Pierre Tranchant / Pica (sur la réédition de Bastos et Zakousky, avec François Corteggiani chez Glénat), Louise Laborie (sur Morgane Fox chez Sarbacane), et l’autrice sud-coréenne Bokyoung Yun / YunBo (sur Seizième Printemps chez Delcourt).

On y trouve également un dossier d’enquête sur la BD & la Politique par Philippe Peter, incluant une entrevue avec Gérard Davet & Fabrice Lhomme (sur L’Obsession du pouvoir chez Delcourt). Puis un article de Cathia Engelbach sur les vingt ans des Éditions Flblb, qui se consacre surtout au roman-photo, incluant un entretien avec Julie Chapallaz (sur La déflagration des buissons chez Flblb).

Dans le Cahier Critique je note Criminelles Fiançailles t.1 de Asuka Konishi chez Pika (Super!) et Appare Ranman t.1 par Apperracing & Ahndongshik chez Doki-Doki (Super!; “Intéressant mélange entre deux genre très proches, le steampunk et le dieselpunk”). On nous introduit aussi les nouveautés mangas: Sakamoto Days t.1 & 2 (Yuto Suzuki, chez Glénat), Bizarre Adventure (Hirohiko Araki, chez Delcourt/Tonkam), A Couple of Cuckoos t.1 (Miki Yoshikawa, chez Pika), Kiruru Kill Me t.1 & 2 (Yasuhiro Kano, chez Kurokawa), BEM 1 (Mosae Nohara, chez Panini), Excuse me, Dentist, It’s Touching Me! (Sho Yamazaki, chez Soleil), Dimensional Mercenary (Kim Jae-Hwan & Gmho, chez Delcourt/Kbooks), Ningyo (Mato & Mr Tan, chez Glénat), Enfants des Abysses t.1 (Eruthoth, chez H2T), Our Green Birdcage t.1 (Chia Teshima, chez Soleil), Hello, Hello and Hello t.1 (Aya Hazuki & Teruya, chez Moonlight) et Ghost Girl t.1 (Ikeda Akihisa, chez Delcourt/Tonkam).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

dBD #163 (mai 2022)

dBD-163Dans le cahier actualités je note une autre adaptation de l’Épopée de Gilgamesh en BD: Gilgamesh par Taranzano, Didier Poli, Clothilde Bruneau et Luc Ferry dont le t.3: La Quête de l’immortalité vient de paraître chez Glénat (Coll. La Sagesse des mythes). On souligne également la sortie en vidéo chez Wild Side de l’adaptation en animation par Patrick Imbert du manga Le Sommet des dieux de Taniguchi qui a remporté le César du meilleur film d’animation 2022 (voir mes commentaires sur le manga et l’animation). Finalement on retrouve une intéressante entrevue avec Sylvain Runberg sur les trois adaptations BD qu’il a réalisé pour la collection “Les Futurs de Liu Cixin” chez Delcourt: Nourrir l’Humanité (paru en juin 2022), L’Ère des anges et Les Migrants du temps (tous deux à paraître en 2023). Quatre titres sont déjà disponible dans cette collection: La Terre vagabonde (The Wandering Earth) par Christophe Bec & Stefano Raffaele, Pour que respire le désert (Yuanyuan’s Bubbles) par Valérie Mangin & Steven Dupré, Les Trois Lois du monde (The Village Teacher) par Zhang Xiaoyu et Nourrir l’humanité (The Wages of Humanity) par Sylvain Runberg & Miki Montillo. Trois autres titres restent à paraître en 2022: La Perfection du cercle (par Xavier Besse, en août), Proies et Prédateurs (par Jd Morvan & Yang Weilin, en octobre) et L’Attraction de la foudre (par Thierry Robin, en novembre) — j’ai déjà commenté l’édition anglaise de quelques uns de ces titres.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Joann Sfar à l’occasion des vingt ans du Chat du rabbin et de la parution chez Dargaud de quatre intégrales. Les entrevues se poursuivent avec Marcello Quintanilha (sur Écoute, jolie Marcia chez Ça et Là), Vincent Brugeas, Ronan Toulhoat & Yoann Guillo (sur Cosaques t.1, chez Le Lombard), Jaume Pallardo (sur La mort rose, chez La Cafetière), Séverine Vidal (sur Naduah avec Vincent Sorel chez Glénat, et George Sand, fille du siècle avec Kim Consigny chez Delcourt), le journaliste Daniel Couvreur (sur Le Faux Soir avec Denis Lapière & Christian Durieux chez Futuropolis) et Fred Duval (sur Cinq Avril t.1 avec Michel Bussi & Noë Monin chez Dupuis). On y trouve également un article sur les soixante ans de Spider-Man.

Dans le Cahier Critique je note d’abord Bug t.3 d’Enki Bilal chez Casterman (Super!; “Bilal poursuit le développement de sa nouvelle grande saga (…). Bilal s’éclate à mettre en scène une chasse à l’homme (…) scènes d’action formant dès lors un pendant spectaculaire à la réflexion plus profonde (…) qui est distillé tout au long du récit. (…) un certain lyrisme (…) l’auteur, qui n’a jamais été aussi bon (…) est toutefois parvenu à épurer sa pensée (…). Saga prévu en cinq volumes.”). Il y a aussi Blissful Land t.2 par Ichimon Izumi chez Nobi-Nobi (Super!). On nous présente finalement, sur deux pages, les récentes parutions de manga: Adabana t.1 par Non & Dei Tezuka chez Kana, 86, Eighty Six t.1 par Asato Asato & Motoki Yoshihara chez Delcourt/Tonkam, Le livre des sorcières t.2 par Ebishi Maki chez Glénat, Le chat qui rendait l’homme heureux t.3 par Umi Sakurai chez Soleil, L’oiseau d’or de Kainis t.1 par Kazuki Hata chez Glénat, L’Extraordinaire apothicaire t.1 par Yuka Tachibana, Asuka Fuji & Yasuyuki Syuri chez Delcourt/Tonkam, Une sacrée mamie par Yoshichi Shimada & Saburo Ishikawa chez Delcourt/Tonkam, Star Wars: La haute république, un équilibre fragile t.1 par Shina Shinya, Justina Ireland & Mizuki Sakakibara et Star Wars: Étoiles perdues t.1 par Yusaku Komiyama d’après Claudia Grey chez Nobi-Nobi. On y ajoute Le guide du Geek-trotteur au Japon par Marie Carbonnier & Anne Chein chez Glénat.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

Capsules

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Le chat du rabbin 11. La Bible pour les chats

ChatDuRabbin-11-cov“Le Chat tombe par hasard sur le numéro de téléphone de Dieu. Persuadé d’être le nouvel Elie, il s’en va prêcher la bonne parole à qui veut bien l’entendre (et l’écouter) en délivrant une interprétation toute personnelle des saints textes. La discussion entre le Chat et le Rabbin, et bien sûr, Zlabya est passionnante, instructive, et bien entendu, hilarante et tendre.”

 

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

ChatDuRabbin-11-p005Le chat trouve un bout de papier avec le numéro de téléphone de “D…” Cela ne peut être que “Dieu.” Elysée 613. Il veut en discuter avec Zlabya mais celle-ci est préoccupée car la soeur de sa meilleur amie, Knidelette, a une grossesse difficile et risque de perdre l’enfant. Le chat entreprend donc d’expliquer son interprétation de la Torah, plus précisément l’histoire du prophète Élie. Le message de celui-ci, qui aurait été un chat, est “qu’il faut croire en dieu parce qu’il fait des miracles. Or dans la vraie vie, les miracles, y en a pas.” Le rabbin argumente que c’est l’inverse. Comme preuve il raconte l’histoire du sacrifice d’Isaac. Puis il explique la fin de l’histoire d’Élie. “C’est dans le silence que réside Dieu.” Pour avoir le dernier mot, le chat cherche un téléphone pour faire le numéro. Il se fait donner un rendez-vous dans une ruelle. Là il rencontre le prophète Élie qui lui dit, qu’en fait, le numéro c’est celui du plombier! L’histoire se termine bien, avec la naissance du bébé, sa circoncision et une anecdote sur Abraham… C’est le rabbin qui a le dernier mot!                                                                                            

Avec son style brouillon et ondulant, ses couleurs criardes et ses planches à six cases, Sfar pointe avec beaucoup d’humour les contradictions du judaïsme et nous fait réfléchir sur la Torah. C’est une très belle histoire qui nous éduque, nous divertit et nous amuse. Une très bonne lecture, donc, que je recommande mais surtout aux amateurs de chats et de métaphysique! 

Cette fois-ci aucune annonce en fin d’album du prochain titre… Par contre, avec ce onzième tome, le chat du rabbin a déjà vingt ans, que Dargaud célèbre avec la sortie d’une série d’intégral qui compilent plusieurs tomes. 

Le chat du rabbin, 11: La Bible pour les chats, par Joann Sfar. Paris: Dargaud (Coll. Poisson Pilote), novembre 2021. 80 pages, 22.5 x 29.8 cm, 15,00€ / $C 27.95, ISBN 978-2-2205-8911-0. Pour lectorat de tout âge (8+). stars-3-5

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Voir aussi mes commentaires sur les autres volumes du Chat du Rabbin.

© Dargaud 2021.

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Le clan des Otori t.2

ClandesOtori2-cov“L’adaptation en bande dessinée du roman de Lian Hearn. 

Takeo, sauvé du massacre des siens par Otori Shigeru, est maintenant au coeur des luttes entre les seigneurs de la guerre. Kaede, otage des Tohan, est promise à sire Otori pour sceller une réconciliation politique. Pièges, trahisons, combats sanglants… Takeo et Kaede doivent parer les coups mortels pour accomplir leur destin.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

ClandesOtori2-p008

T. 2, Page 8


Maintenant que le cadre de l’histoire est en place et que les personnages nous ont été présenté (voir mon commentaire sur le premier tome), le récit peut vraiment se mettre en mouvement. Kaede, otage des Tohan promise à Otori Shigeru (officiellement pour établir une alliance mais en fait pour l’attirer dans un piège), prends la route de Tsuwano. Shizuka, sa servante, a en fait été placé à ses côtés par Araï pour la protéger et lui apprendre le maniement des armes. Elles arrivent à Tsuwano une semaine avant les Otori et cette période est utilisée pour son entrainement. Lors des présentations officielles des futurs époux, elle est un peu déçu par sire Otori mais elle est irrésistiblement attiré par Takeo. L’attraction est mutuelle… Ils reprennent tous ensemble la route vers Yamagata pour une halte avant la destination finale: Inuyama. Les entrainements continuent et, pour Takeo, il s’agit d’aiguiser ses sens dans l’art de la Tribu. Mais sa compassion d’Invisible l’amène à prendre des risques. Arrivé à Inuyama, ils rencontrent le maître des lieux, sire Iida — leur ennemi! La nuit venu, Takeo se prépare à accomplir sa mission mais, avec la complicité de Kenji, la Tribu s’empare de lui avant qu’il ne puisse agir!

Le récit est un noeud d’intrigues et de complots mais qui se déroule avec brio et fluidité ce qui le rend captivant. On continue à en apprendre beaucoup sur chacun des principaux personnages. Le dessin, toujours dans un style brouillon et angulaire, m’agace encore un peu mais on s’y habitue vite et on finit même par le trouver charmant. J’aime bien la palette de couleurs. C’est une bonne lecture qui, en plus de nous divertir agréablement, nous introduit en douceur à l’univers créé par Lian Hearn. 

Le clan des Otori : Le silence du rossignol, t. 2, par Stéphane Melchior (texte, d’après l’oeuvre de Lian Hearn) et Benjamin Bachelier (dessin). Paris: Gallimard BD, octobre 2021. 80 pages, 23.7 x 31.7 cm, 17.80 € / $C 22.99, ISBN 9782075123389. Pour lectorat adolescent (12+). Extraits disponibles. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Liam Hearn, 2002. © Gallimard 2021 pour la présente édition.

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Revue de ‘zines [002.022.080]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

dBD #159 (Décembre 2021 – Janvier 2022)

dBD-159Dans le cahier actualités, je remarque un documentaire sur les chats en BD (Chats en cases: Entre Histoire de la BD et Histoire de l’Animal par Philippe Delisle aux Éditions Karthala) et un sur Jacques Martin (Alix) qui aurait eut cent ans (Jacques Martin: le voyageur du temps par Patrick Gaumer chez Casterman). On trouve encore une pleine page de nouveautés mangas: One Piece t.100 (par Eiichiro Oda, chez Glénat), Les architecte de Babel (par Akira Ashimo, chez Glénat), Kirby Fantasy T.1: Gloutonnerie à Dreamland (par Ibuki Takeuchi, chez Soleil), Is it love? Blue Swan Hospital: À Coeur Ouvert (par Rossela Sergi, chez H2T), Alice in Borderland Retry T1 (par Haro Aso, chez Delcourt/Tonkam), Mermaid Saga T1: Mermaid Forest (par Rumiko Takahashi, chez Glénat), One-Punch Man: Le Guide Officiel (par Yusuke Murata & One, chez Kurokawa), Un Assassin à New York (par Jinpachi Mori & Jiro Taniguchi, chez Pika), Mars Red (par Kemuri Karakara, chez Panini) et Hellbound T1: L’Enfer (par Yeon Sangho & Choi Gyuseok) [ndlr: ils ont une définition plutôt large de ce qui compte comme manga chez dBD!].

On y trouve également un article qui fait le bilan de la BD en France pour la décennie 2010-2020. La diminution des ventes de BD Franco-Belge et les mutations du marché affectent grandement les conditions de vie et de travail de auteurs et artistes, se traduisant par leur paupérisation croissante ce qui exige un plus grand effort pour obtenir la reconnaissance et la revalorisation de leur métier. La relation entre l’éditeur et l’auteur doit changer (avec par exemple un contract-type) ou alors les auteurs doivent s’orienter vers l’autoédition et le financement participatif.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Dominique Grange et Jacques Tardi un sujet de Élise et les Nouveaux Partisans chez Delcourt.  Les entrevues se poursuivent avec Christophe Blain (sur Le Monde sans fin, avec Jancovici, chez Dargaud), Wilfrid Lupano (sur La Bibliomule de Cordoue, avec Léonard Chemineau, chez Dargaud), Cyril Lieron et Benoit Dahan (sur Dans la tête de Sherlock Holes t.2: L’Affaire du ticket scandaleux, chez Ankama), Pascal Rabaté (sur Sous les galets, la plage, chez Rue de Sèvres), Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg (sur Sousbrouillard chez Dargaud, Le Don de Rachel et Enferme-moi si tu peux chez Casterman), Ugo Bienvenu (sur Total, chez Denoël Graphic), Timothé Le Boucher (sur 47 Cordes: 1ere partie, chez Glénat), Lucas Méthé (sur Scènes de la vie de Papa Maman Fiston, Maman amoureuse de tous les enfants, Papa Maman Fiston, chez Actes Sud BD), Olivier Ledroit (sur Le Troisième Oeil Acte 1: La Ville Lumière, chez Glénat), Pascal Croci (sur Anorexie, chez Éditions Paquet), ainsi que Corbeyran et David De Thuin (sur Zélie & Compagnie: Einstein et les Robots, chez Des Ronds dans l’O). On retrouvèrent également un article sur Street Cop (par Art Spiegelman et Robert Coover, chez Flammarion).

Dans le Cahier Critique je note Astérix et le Griffon par Conrad & Ferri d’après Uderzo & Goscinny (Top!; “leur meilleur album”) et Goldorak par Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac & Guillo chez Kana (Top!; “fan art ultime (…) une véritable pépite, qui rend hommage au modèle, tout en proposant un récit original, palpitant, formidablement écrit, et brillamment mis en images”).  [ndlr: ils en beurrent épais chez dBD!]

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

dBD #160 (Février 2022)

dBD-160Dans le cahier actualités, je remarque la parution de deux nouvelles intégrales de classiques de la BD Franco-Belge: Tif et Tondu, nouvelle intégrale t.5 (par Maurice Rosy & Will) et Lucky Luke, nouvelle intégrale t.4 (par Goscinny & Morris) tous deux chez Dupuis. On note également la parution de Les Pharaons d’Alexandrie, une BD historique par Rafael Moralès (chez Glénat) qui compile le trois volumes de la série Hotep, une autre adaptation BD de La nuit des temps de René Barjavel par Christian de Metter (chez Philéas), le premier tome de l’intégrale de Lone Wolf & Cub par Goseki Kojima et Kazuo Koike chez Panini, Demain les Oiseaux par Osamu Tezuka chez Delcourt/Tonkam, et Les trésors cachés de la BD érotique par Bernard Joubert chez Revival. Avec “Le territoire des Mangas” on trouve finalement un deux pages de nouveautés mangas: Mon Coloc’ est une Gameuse t.1 (par Renjuro Kindaichi, chez Delcourt/Tonkam), Le Livre des sorcières v.1 (par Ebishi Maki, chez Glénat), Oshi no Ko t.1-2 (par Aka Akasaka & Mengo Yokoyari, chez Kurokawa), Crush of a Lifetime (par Jeon Ha-lim & Kim Yeonwoo, chez Kbooks Verytoon), Le Secret des Écailles Bleues t.1 (par Yoko Komori, chez Delcourt), Pilote Sacrifié t.1 (par Shoji Kokami & Naoki Azuma, chez Delcourt/Tonkam) et Sans Préambule (par Akane Torikai, chez Akata).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec François Boucq et Nicolas Juncker sur Un Général, Des Généraux chez Le Lombard. Les entrevues se poursuivent avec Yves Bigot (sur son roman Katrijn chez Encre de Nuit), Anlor (sur Ladies with guns, avec Olivier Bocquet, chez Dargaud), avec Patrick Gaumer (sur Jacques Martin: Le voyageur du temps chez Casterman) — cette entrevue est complétée par un article sur l’expansion de l’univers d’Alix avec deux nouvelles séries: Alix Senator (le dernier paru étant t.12: Le Disque d’Osiris chez Casterman) et Alix Origines (t.1: L’Enfance d’un Gaulois et t.2 Le Peuple de feu), Tony Sandoval (sur Volage, Chronique des Enfers, avec Stephen Desberg, chez Daniel Maghen), Bruno Bessadi (sur L’Ogre Lion t.1: Le Lion barbare, chez Drakoo), Vincent Turhan (sur Les étoiles s’éteignent à l’aube, d’après Richard Waganese, chez Sarbacane), Marc Pichelin (sur les trente ans de l’éditeur Les Requins Marteaux) et Dav (sur Sous les arbres t.4: Le Premier printemps, chez La Gouttière).

Dans le Cahier Critique je note Blue World t.1 par Yukinobu Hoshino, chez Pika (Super!; suite de “Blue Hole”, “hommage appuyé à Voyage au Centre de la Terre, de Jules Verne (…) va beaucoup plus loin dans l’explication scientifique”), De nous il ne restera que des cendres par Akira Kasugai chez Kana (Super!; “personnage non-binaire (…) l’action est également au rendez-vous de cette série en quatre tomes qui, sans casser la baraque, tente et parvient à renouveler un genre largement éculé”), Opérations dans le Pacifique par Seiho Takizawa chez Paquet (Super!; “recueil d’histoires courtes qui (…) décrit le quotidien des pilotes de l’aéronavale nippone (…) à la fois précis, rythmé, poignant et toujours d’une justesse épatante”) et Manchuria Opium Squad t.1 par Monma & Shikako chez Dupuis/Vega (Super!; “évoque cette période mal connue è travers un point de vue original, celui d’un paysan situé tout en bas de l’échelle”). 

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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Cамовар C-19 (2021)

Samovar-c19Selon la tradition Yves Meynard sort un numéro de Samovar annuellement pour le congrès Boréal. Comme ces dernières années le congrès a été virtuel, alors le Samovar se distribue aussi de façon digitale (en format PDF). Le titre est un clin d’oeil au fanzine que j’ai publié avec Philippe Gauthier et auquel Yves s’est éventuellement joint en avril 1988 (#11-12): самиздат (Samizdat, 1986-1993). Le sous-titre du fanzine est “Science • Thé • Fiction”, un clin d’oeil génial à la fonctionnalité véritable du samovar. Le fanzine nous offre une collection de calembours, jeux de mots, fausses nouvelles, critiques bidons, photos hilarantes et autres “inside jokes” tournant autour des membres (auteurs, éditeurs, amateurs) du milieu de la science-fiction (principalement SFQ, SFCF ou même SFFFEOEF). Humour, donc, pour les gens du milieu… stars-3-0

Capsules

Solaris #221 (Hiver 2022)

Solaris-221Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre (dites de l’imaginaire, spéculative ou “paralittérature”) au Québec et parfois d’ailleurs. Celle-ci s’ouvre à nous en trois volets: le volet fiction comprend quelques nouvelles qui nous offrent l’occasion de se divertir tout en échantillonnant ses différentes saveurs actuelles. Le volet documentaire nous offre des articles pour découvrir et mieux comprendre ses différents aspects. Finalement, le volet critique se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste.

Dans le volet fiction ce numéro nous offre six courts récits:

  • “Les Yeuses de Noire-Épine” par Anne Wattel. Lauréat du Prix Joël-Champetier 2022 (s’adressant aux auteurs non canadiens), ce texte est décrit par les membre du jury comme “une exploration audacieuse des limites du langage, des structures narratives et de l’imaginaire mythique.” Personnellement, je trouve que c’est écrit par quelqu’un qui aime trop les mots. C’est beau, poétique, certes, mais pas vraiment divertissant — pénible même… stars-2-0
  • “Focus” par Gautier Langevin. Un jeune garçon rencontre une conseillère en orientation bien particulière. Ce texte, décrit par Jean Pettigrew dans la présentation du numéro comme “anxiogène, bien que toute en nuances et subtilités”, me semble bien intriguant… stars-3-0
  • “S∅ciété” par Alain Ducharme. Décrit par la présentation comme “un texte déjanté qui nous rapelle que le future ne sera pas de tout repos” c’est une histoire cyberpunk où AJA et Joya tente de retracer la cyber-identité de leur ami Tom-Tom kidnappé par des serveurs en quête d’émotions… stars-3-5
  • “Point amphidromique” par Ariane Gélinas et Loïc Henry. Ce récit “nous propose un double parcours qui culmine avec une rencontre fantastique, qui souligne d’une certaine façon la symbiose littéraire pan-Atlantique à la naissance de ce texte.” Au milieu de l’océan, une porte s’ouvre permettant la rencontre de deux-monde… stars-3-0
  • “Rivière-Morte” par Michel Lamontagne. “Une vignette fantastique toute en finesse.” stars-2-5
  • “L’Art de la création” par Frédéric Parrot. “Un texte avec une forte charge émotive et qui propose une réflexion peu commune sur ce qu’est (ou pourrait être) la réalité.” Par la méditation Zoé réussit a affecter la trame du temps et son environnement (à la Matrix?). Et si la réalité était en fait une simulation? stars-3-0

Le volet documentaire offre un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui s’intéresse cette fois aux “Tours de Babel modernes: visions, constructions, anticipations” s’attardant sur l’histoire du gratte-ciel et sa place dans la littérature. On retrouve également une nouvelle chronique, “Le DALIAF présente…”, qui se veut une sorte de mise à jour du Dictionnaire des Auteurs de Littératures de l’Imaginaire en Amérique Française, introduisant cette fois Rodolphe Lasnes et son roman Pinsonia (1500-2011). Pour finir, le volet critique nous offre un impressionnant trente-deux pages de commentaires couvrant vingt-et-un titres! (pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne)

Solaris, qui se veut “l’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire”, nous offre comme toujours un numéro très riche qui demeure un incontournable pour tout amateur… stars-3-5

Capsules

 

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Revue de ‘zines [002.022.057]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #236 (Octobre-Décembre 2021) 

Animeland-236Ce numéro de 144 pages nous offre deux dossiers: un sur Demon Slayer (présentation de l’oeuvre, Qui est qui?, l’art de Koyaharu Gotouge, l’art de l’anime, analyse de la mythologie, un succès mondial, entretien avec Haruo Sotozaki et Akira Matshima) et un sur le Festival d’Annecy (ambiance festive en petit comité, panorama du cinéma d’animation africain, panorama des régions exposantes à Annecy, ainsi qu’une présentation des titres notoires présents au festival: Jiang Ziya: The Legend of Deification, Flee (Cristal du long Métrage), La Traversée, Gyoko no Nikuko-chan, Rotzbub (Snotty Boy)).

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Batman: The Long Halloween, Nos mots comme des bulles, Satoshi Kon l’illusionniste, Jeune dragon cherche appartement ou donjon, Joran: The princess of snow and blood, Le Dragon Génie, Le Sommet des dieux, Même les souris vont au paradis, Sonny Boy, Le Roi Cerf, What if…?, Otherside Picnic, et Godzilla: l’origine de l’invasion.

Dans “Ça ferait un bon anime” on nous introduit à quelques bons mangas comme Autour d’elles (Akata), Analog Drop (Akata), Les liens du sang (Ki-oon), Mon bourreau de père est enfin mort (Meian), Le lien du destin (Komikku), Sensor (Mangetsu), Teenage Renaissance (Akata), 50 nuances de gras (Doki Doki), Le Couvent des damnés (Glénat), Search and Destroy (Delcourt/Tonkam), Summer of lave (Lézard Noir), et Dans la prison (Lézard Noir).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Shingo Natsume, Kazuo Nakazawa, Jean-Charles Osterero et Patrick Imbert), Focus (Star Wars Vision, Coin lecture: Anime Architecture), Fermez les Yeux (Hommage au compositeur Shunsuke Kikuchi), Jeu vidéo (les trailers de l’E3), Séance Studio (Studio 4’C), Figure de Pro (Aton Soumache), Trouvaille (Trese), Hommage (Masami Suda, Interstella 5555), Il était une Pub (Taco Bell), Pourquoi (…le terme manga doit encore être nuancé ?), Crowdfunding (Nazca Éditions), et Humeur.

L’incontournable magazine francophone de l’anime nous offre encore un numéro très riche en information. À lire pour tous les amateurs d’anime… stars-3-5

Capsules

dBD #158 (Novembre 2021)

dBD-158Dans le cahier actualités, on nous parle de trois adaptations cinématographiques de BD: l’animation Le sommet des dieux réalisé par Patrick Imbert d’après le manga de Jiro Taniguchi, Le trésor du petit Nicolas réalisée par Julien Rappeneau d’après Gosciny et Sempé ainsi que Les Olympiades réalisé par Jacques Audiard d’après Les Intrus de Adrian Tomine. Je note également la parution du 3e tome de Ad Romam: Le camp du Légionnaire (par Allali, Bertorello, Espinoza & Stoffel chez Plein Vent). Finalement, on nous présente une pleine page de nouveautés mangas: Lone Wolf & Cub Édition Prestige t.1 (par Kazuo Koike & Goseki Kojima chez Panini), Suidoken III Complete Edition (par Aki Shimizu chez Soleil), Mon Coloc’ est une gameuse (par Renjuro Kindaichi chez Delcourt/Tonkam), Room (par 61chi, chez Éditions H) et Kaiju No 8 t.1 (par Naoya Matsumoto chez Kazé).

On retrouve aussi un article qui trace le bilan de la BD en France dans la décennie 2010-2020. Statistiquement, en chiffre de vente, on note la “santé insolente” de la BD en comparaison au déclin constant de l’ensemble du marché du livre. Toutefois, cette hausse est surtout portée par le manga (+59% en volume, +72% en valeur, 42.5% de ventes totales de BD — hausse de tous les sous-genres de mangas sauf le shojo), mais aussi par la BD jeunesse (+58%) et les comics (+127.7% due à l’impact de Walking Dead et des films de Marvel et DC). La BD de genre (i.e la BD Franco-Belge traditionnelle) est en baisse de 9.2% ! On retrouve aussi un article sur les dix ans de la collection BD Kids (fruit de la collaboration des Éditions Bayard et Milan).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Cosey sur le dénouement de la série Jonathan avec le t. 17: La Piste de Yéshé (chez Le Lombard) et le livre d’art À l’heure où les Dieux dorment encore (chez Daniel Maghen).  Les entrevues se poursuivent avec Philippe Francq (sur Largo Winch t.23: La frontière de la nuit, avec Éric Giacometti chez Dupuis), Sara Colaone (sur Georgia O’Keeffe, amazone de l’art moderne, avec Luca de Santis chez Éditions Steinkis), Jean Van Hamme (sur Blake et Mortimer t.28: Le Dernier Espadon (avec Teun Berserik & Peter van Dongen chez Éditions Blake & Mortimer), Riad Sattouf (sur Le Jeune Acteur 1: aventure de Vincent Lacoste au cinéma chez Éditions Les Livres du Futur), Olivia Ruiz (sur La Commode aux tiroirs de couleurs (avec Winoc, Amélie Causse & Véronique Grisseaux chez Éditions JC Lattès/Grand Angle et basé sur le roman éponyme de Olivia Ruiz) ainsi que Amélie Fléchais et Jonathan Garnier (sur Bergères guerrières T.4 (chez Glénat).

Dans le Cahier Critique (section “Ça vaut le détour”) je note Saisi par la nuit de Yoshiharu Tsuge chez Cornélius (rassemble “douze récit parus entre 1975 et 1981. Le contenu est inégal, mais (…) impose le respect général, aussi bien par l’originalité de ses sujets qu’en terme de narration”) et deux titres mineurs de Osamu Tezuka: Debout l’Humanité et Avaler la Terre chez Flblb (“oeuvres (…) assez savoureuses (…) impossible à résumer (…) des passages franchement marrants et d’autres carrément sordides“).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

Solaris #220 (Automne 2021)

Comme toujours, Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre au Québec et ailleurs. Celle-ci  s’ouvre à nous en trois volets. Le volet fiction comprend cinq nouvelles qui nous permettent d’échantillonner les différentes saveurs de la littérature de genre actuelle. 

  • “Le Matin, les arbres et leurs cadeaux“ par Jean-Louis Trudel. La présentation du numéro, par Pascal Raud, nous indique que ce récit “nous entraîne en sol chilien à la suite d’Anghia Chaudhry, une envoyée de la Mère des Arbres chargée du recouvrement de sommes impayées.“ Mais le voyage de Chaudhry à aussi un objectif très personnel… “Une nouvelle dans la veine solarpunk, un genre qui présente un futur où l’humanité a trouvé certains moyens pour contrecarrer, entre autres, les changements climatiques.” C’est un bon récit où l’action est bien rythmée et l’univers décrit est vraiment très intéressant mais malheureusement parfois un peu difficile à suivre. stars-3-0
  • “L’Artisan du déluge“ par Dave Côté. Le protagoniste de ce récit, Aurel, est aveugle. Il “a besoin de la réalité augmentée pour voir, travailler, enfin vivre tout simplement. Lorsqu’un hacker vide son compte bancaire et détruit son interface RA, Aurel fait appel à une amie pour lui reconstruire une interface à partir d’une vieille RA rudimentaire presque gratuite.” Évidemment il y a une malfonction… Encore une fois un concept super intéressant et un texte bien écrit. J’ai bien aimé. stars-3-5
  • “L’Autre Trame du temps“ par Hugues Lictevout. Dans cette histoire “au lieu de prendre des vacances avec sa femme et ses enfants dans une Zone Atemporelle, Louise, une flic du temps, attend son indic en Australie en 1998. Celui-ci prétend avoir des informations qui pourraient bien faire douter Louise…” Si l’on peut manipuler le temps comment savoir quelle version de l’Histoire est la “bonne”? Très bon texte, sur un sujet fascinant. stars-3-5
  • “Le Carrousel“ par Orson Scott Card. Dans ce récit “les morts ne restent pas morts bien longtemps. Cyril s’aperçoit vite que sa relation avec son épouse ressuscitée ne sera plus du tout la même. Un texte fantastique intimiste, traduit par Pierre-Alexandre Sicart.” Dans un monde où les morts nous reviennent mais dépourvu d’émotions, le monde est surpeuplé et cela crée une étrange vie de couple qui trouble le protagoniste jusqu’à ce qu’un tour de carrousel lui permette de rencontrer Dieu… Intéressant concept et superbement écrit. stars-4-0
  • “Les Cosmos invisibles“ par Mario Tessier. Ce récit nous invite “à prendre le café et écouter un «explorateur du multivers, un prospecteur de l’ensemble des mondes possibles» nous narrer des univers fabuleux, étranges, renversants.” Un bon texte qui a malheureusement trop de descriptions et pas assez d’action. Toutefois, il explique très bien la plus récente théorie sur la création de l’univers et offre une parfaite introduction à l’article du Futurible qui suit… stars-3-0

Solaris-220Le volet documentaire n’offre qu’un seul article, un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier, qui nous parle des “Cartes de Tendre, ou la géographie imaginaire.” Il nous explique ce qu’est la géographie imaginaire dans toute ses différentes incarnations, en trace un historique et nous décrit son utilisation dans la littérature. C’est comme toujours passionnant et superbement documenté. Je dois avouer que ce genre d’article est la raison principale pour laquelle je lis Solaris… stars-4-0

Finalement, le volet critique (23 p.) se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne.

“L’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire” nous offre un numéro très riche avec, cette fois, une sélection particulièrement intéressante de fictions. C’est donc une lecture incontournable pour tout amateur de littératures spéculatives qui cherche à se divertir et à en apprendre plus sur le sujet… stars-3-5

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Kebek 2: Adamante

“Un récit de science-fiction situé dans la province de Eeyou Istchee Baie-James, région des Monts Otish, au Québec. Roy, gravement brûlé à la fin du tome 1, guérit de ses blessures à une vitesse que les médecins ne peuvent expliquer. La découverte de la femme à l’intérieur du sarcophage a enflammé les réseaux sociaux et le monde entier suit cette découverte humaine et scientifique. Qui est-elle, d’où vient-elle et surtout de quelle époque ? Les fresques murales découvertes à proximité de la sphère dateraient de 400.000 ans, bien avant homo-sapiens. Et pourtant la sphère semble issue d’une technologie encore inaccessible à la science actuelle. «Elle» est vivante, et va bientôt pouvoir répondre à ces questions…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Page 11

Pour en savoir plus sur le début de l’histoire, voir mon commentaire sur le premier tome. Roy récupère très vite des blessures infligé par le feu bleu et continue son récit des événements à l’avocat qui enquête sur la situation. L’annonce que le sarcophage de diamant noir contenait une femme — et qu’elle est vivante! — bouleverse la planète au point de générer des désordres sociaux qui atteignent la révolte armée dans certains endroit. La météo et les barrages routiers leur ayant coupé la route de l’aéroport, le convoi qui amène Roy se réfugie à la prison de Bordeaux. “Elle” est vivante mais faible. Elle s’appelle Adamante. Le liquide de le sphère lui permet de restaurer — la technologie de sa civilisation semble d’ailleurs beaucoup utiliser cette “eau morphogénique interfaciale”. Elle a apprise notre langue très rapidement et se raconte en images. Elle est humaine mais d’un temps lointain. Un cataclysme cosmique menaçait la planète et la sphère était une sorte de capsule temporelle qui devait préserver le savoir de la civilisation ainsi qu’un mâle et une femelle humaine pour pouvoir tout recommencer. Mais son récit est interrompu par l’arrivé des militaires qui se saisissent d’Adamante. 

Roy, avec l’aide d’une coalition d’autochtones et d’employés de la mine, bloque l’avion cargo militaire qui emportait Adamante mais dans les combats Roy est gravement blessé d’une flèche en pleine poitrine (un incident de “friendly fire”). Il est sauvé par Adamante grâce à sa technologie et à une transfusion de son sang. Mais à son réveille, elle a disparue. Il la cherche près du site de la sphère noire, mais celle-ci s’est transformé en une forêt de cristaux qui contamine tout autour d’elle. Roy trouve Adamante sans vie près de l’entrée de la grotte. Télépathiquement elle lui dit qu’elle sera toujours en lui… Dans les grottes les scientifiques détectent l’émission d’un puissant rayonnement électromagnétique qui supprimes la couleur rouge (c’est pour ça que tout est bleu!) et la sphère pulse comme si elle était vivante. Le processus de métamorphose de la matière s’accélère et la contamination croît sans cesse. Les militaires ont découvert une contamination similaire quand ils ont ouvert le deuxième sarcophage. Ils en concluent que la sphère ne peut apporter rien de bon et décide de détruire la zone contaminée avec des bombes nucléaires! Roy a à peine une minute pour fuir le plus loin possible mais l’explosion le laisse congelé et transpercé de glaçons! Il passe deux mois dans le coma mais la transfusion d’Adamante a transformé sa nature et, contre tout bon sens, il survit. 

Roy et l’avocat quitte Bordeaux pour l’aéroport de Mirabel pour prendre un vol qui les ramène dans le nord. Pendant le vol Roy rêves aux souvenirs d’Adamante. Le récit de celle-ci semble avoir tracé un portrait de sa civilisation plus beau que la réalité: il semble y avoir eut des guerres car les sphères noires sont attaquées par une armées en scaphandres noires, les Krankens, qui réussissent à faire pénétrer une de leur arme (un bâton-venin) dans la sphère juste avant qu’elle se referme. Cela a contaminé sa programmation (c’est pour ça que la sphère ne s’est jamais réactivée, du moins pas avant d’être découverte par les mineurs) ainsi que le compagnon mâle d’Adamante. Arrivé à la base de Polarion, sur Bakon Island dans l’archipel arctique, Roy apprend que le second sarcophage a émis un intense rayonnement qui a tué ou “altéré” ceux qui l’on ouvert. Il découvre alors que l’occupant du sarcophage est son sosie avec qui il partage une sorte de singularité génétique et… le coeur d’Adamante!

[ fin du spoiler, euh, je veux dire divulgacheur ]

Le graphisme de cette BD est tout simplement superbe mais le récit est un peu décevant — surtout la fin… qui m’apparait un peu précipitée. Beaucoup de détails de l’histoire restent non résolu ou inexpliqués  (par exemple: la transformation de la sphère est-elle un processus de terraformation programmé ou simplement le résultat de la contamination par les Krankens?). Il aurait sans doute fallu un troisième tome pour permettre à l’histoire de se développer un peu plus (comme nous montrer un peu plus du quotidien d’Adamante à son époque, son histoire d’amour, comme le faisait Barjavel dans le roman). Par moment, le récit est aussi un peu confus et il est difficile de distinguer ce qui fait partie du flashback narratif et ce qui est le récit principal (la présence de l’avocat aide sur ce point).

La BD remplie tout de même sa promesse d’adapter (librement et en la ré-actualisant) l’histoire de La nuit des temps de Barjavel (en y ajoutant des éléments de La sphère d’or de Cox— comme le fait que les intentions de la sphère ne sont pas nécessairement bienveillantes). L’adaptation est d’ailleurs excellente et l’on peut aisément avoir une idée de tout les détails non expliqués si on a lu les histoires originales (cela nous permet de “lire entre les lignes” en quelque sorte). Malgré ses quelques faiblesses, cette BD est donc très belle, plutôt divertissante et agréable à lire. C’est donc, somme toute, une excellent lecture que je ne peux que recommander (comme la plupart des ouvrages de Philippe Gauckler). 

Kebek: t. 2: Adamante, par Philippe Gauckler. Paris: Ed. Daniel Maghen, avril 2021. 96 pages. 25 x 33 cm. 19.00 € / $C 39.95. ISBN 978-2-35674-084-7. Pour lectorat adolescent (14+). 

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© DM

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Revue de ‘zines [002.022.023]

Revue de ‘zines

Oula!, ma dernière chroniques remonte a de nombreux mois déjà. Il me faut donc faire un peu de rattrapage considérant qu’il y a toujours un flot constant de magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #235 (Janvier-Mars 2021)

Animeland-235Une autre volumineux numéro (144 pages) qui, dans le contexte des jeux olympiques de Tokyo, nous offre un dossier sur la thématique du sport: Pop culture et J.O., lieux emblématiques des J.O., anime de sport (Slam Dunk, Jeanne et Serge, Ippo le Challenger, Touch: Le batte de la victoire, Yuri! On Ice), le sport à la Japonaise (Sumo: Hinomaru Sumo, Judo: Yawara!, Kendo: Kenshin le Vagabond, Kyûdô: Tsurune, Karuta: Chihayafuru), Captain Tsubasa, handisports dans l’anime et le manga (NHK Paralympic Programme, The Breakers, Running Girl, Real), Expo Sport x Manga à Lausanne, les sports WTF (Metal Fighter Miku, Gunnm), autres anime de sport (Sport Billy, Les fous du volant, Foot 2 Rue), les sites de J.O. à Tokyo, sportifs fans de mangas, etc.

Dans “Ça ferait un bon anime” on nous introduit à quelques bons mangas comme Blue Lock, Comet Girl, La Gameuse et son chat, Dédale, Insomniaques, The Elf and the Hunter, L’Homme qui au Nobunaga, Le Tigre des neiges, Les Carnets de l’apothicaire, Les Racailles de l’autre monde, Death Note: Short Stories, et Quand sonne la tempête.

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Demon Slayers Le Train de l’infini, Ex-Arm, Détective Conan The Silent Bullet, Kemono Incidents, La Voie du tablier, My Hero Academia S5, Love Death + Robots v. 2, Ride Your Wave, Invincible, To Your Eternity, Les Mitchell contre les machines, D’Artagnan et les trois mousquetaires, Luca, Spirit: l’Indomptable, et Yasuke.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Bounthavy Suvilay, Kazuki Mukaitoge, Shouta Umehara), Focus (Bilan du marché manga 2), Fermez les Yeux (Tout pour la musique), Hommage (Kintaro Miura, Yasuo Otsuka, Osamu Kobayashi, Shunsuke Kikuchi), Séance Studio (Science Saru), Jeu vidéo (Nier Replicant, Resident Evil VIllage, Scarlet Nexus), l’animation dans la Pub (Wizz pour Head & Shoulders), Figure de Pro (Nathalie Altamann), Pourquoi (tant de différence dans les traductions de titres?), Trouvaille (Shadowz), et Humeur.

L’incontournable magazine francophone de l’anime nous offre encore un numéro très riche en information pour prouver à tous qu’il est toujours pertinent. À lire pour tous les amateurs d’anime… stars-3-5

Capsules

Animeland  HS Studio Ghibli  (Juillet-Septembre 2021)

Animeland-HS-ghibliCe volumineux (144 pages) numéro Hors-Série est entièrement dédié au Studio Ghibli. Un dossier nous présente d’abord les 28 visages et facettes de Ghibli: Ghibli avant Ghibli, fonctionnement atypique, Musée, Parc, Donguri: les magasins officiels, Portraits (Hayao Miyazaki, Isao Takahata, Toshio Suzuki, Goro Miyazaki, Joe Hisaishi, Hiromasa Yonebayashi), Hommage (Michiyo Yasuda, Yazuo Ôtsuka, Yushifumi Kondo), et les autres talents de Ghibli.

Dans le segment Focus on aborde les tapisserie d’Aubusson, l’analyse des spécificités, l’importance de la musique, les femmes chez Ghibli et Ghibli au Musée Art Ludique. On retrouve également une série d’entretiens avec Toshio Suzuki, Goro Miyazaki, Philippe Vallotti et Steve Alpert. Finalement, avec Ghibli par l’écran, on présente en une ou deux pages chacune des productions du Studio Ghibli (en vingt-six topos). Le numéro se conclut avec une bonne bibliographie sur le sujet…

Si vous voulez tout savoir sur le Studio Ghibli ce numéro vous sera indispensable ! C’est la ressource ultime. stars-4-0

Capsules

dBD #156 (Juillet-Août 2021)

dBD-156Dans le cahier actualités, je remarque Moebius métamorphe aux Humanos qui compile de nombreux textes et recherches de Daniel Pizzoli, Florent Chastel et Claude Ecken qui avaient été précédemment inclus dans des anthologies. On retrouve également L’art de Mézières par Mézières et Quillien chez Dargaud. Finalement, on nous présente en deux pages les nouveautés mangas, dont je ne retiendrais que Le chat qui rendait l’homme heureux (Umi Sakurai chez Soleil).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Sylvain Vallée au sujet de Tananarive (avec Mark Eacersall chez Glénat). Les entrevues se poursuivent avec Dominique Bertail (sur Cahiers Madeleine), Jean Dufaux et Jacques Terpant (sur Un roi sans divertissement chez Futuropolis),  Marc Lévy (sur L’Agence des invisibles 1 chez Philéas), Gaétan Nocq (sur Les Grands Cerfs chez Daniel Maghen) et Jean-Michel Dalot et Johan Pilet (sur Ninn t.5: Magic City chez Éditions Kennes).

Dans le Cahier Critique je note Bob Morane t.1: Les  100 Démons de l’Ombre Jaune par Corbeyran, Christophe Bec et Paolo Grella chez Delcourt (Bien), I’m standing on a million lives t.1 par Naoki Yamakawa & Nao chez Pika (Bien), Elle et son chat par Makoto Shinkai & Tsubasa Yamaguchi chez Pika Seinen (Super!), L’Attaque des Titans t.34 [final] par Hajime Isayama chez Pika (Super!), Tetsu & Doberman t.3 par Tsutomu Ohno chez Doki-Doki (Super!), Lonely Worlds t.2 par Iwatobineko chez Ki-oon (Super!), et Undead Unluck t.1 par Yoshifumi Tozuka chez Kana (Super!).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #157 (Octobre 2021)

dBD-157Dans le cahier actualités, je remarque le retour du magazine mythique Métal Hurlant grâce à une campagne de crowdfunding. Le premier numéro est consacré au thème du futur: cinquante intervenants traiterons du sujet à leur façon. Un numéro sur deux sera consacré à la réédition de BD publiées dans les anciens numéros. Cette réincarnation du magazine est trimestrielle et comporte 288 pages couleurs. Wow! On nous présente également une pleine page de nouveautés mangas: One Piece t.99 (Eiichiro Oda, chez Glénat), Coffrets Attaque des Titans (Hajime Isayama, chez Pika), Yakuza Réincarnation t.1 (Hiroki Miyashita, chez Kazé), Yokai Manga (Wilson & Takita d’après Hearn, chez Graf Zeppelin), The Vampire and the Rose (Noriko Asaka, chez Soleil) et My Capricorn Friend (Otsuishi & Masaru Miyokawa, chez Moonlight).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Xavier Dorison, Denis Bajram, Alexis Sentenac, Brice Cossu et Yoann Guillo sur leur interprétation de Goldorak (chez Kana). Les entrevues se poursuivent avec Nicolas de Crécy (sur Villa Transit t. 3 chez Gallimard), Florent Ruppert  et Jérôme Mulot (sur La Part merveilleuse t.1: Les Mains d’Orsay chez Dargaud), Léo Heitz (sur Satchmo chez Jungle-Ramdam), Catel Muller et José-Louis Bocquet (sur Alice Guy chez Casterman), Alex Baladi (sur Revanche chez The Hoochie Coochie), Noah Van Sciver (sur Fante Bukowski, l’oeuvre complète chez L’Employé du Moi) et Konami Kanata (sur Les chaventures de Taï et Mamie Sue t.3 chez nobi nobi!). On retrouve également un hommage à Raoul Cauvin (père des Tuniques Bleues, de Sammy et de Pierre Tombal) décédé en août 2021.

Dans le Cahier Critique je note Mars Red t. 1 de Kemuri Karakara chez Panini (Bien; “adapté d’une pièce de théâtre de Bun-O Fujisawa (…) revisite le thème du vampire dans le contexte de l’ère Taishô”), Un Assassin à New York de Jinpachi Môri et Jiro Taniguchi chez Pika Graphic (Top!; “un très beau livre qui rappelle (…) que Taniguchi (…) avait de multiple cordes à son arc”), ainsi que  Elle et son chat de Makoto Shinkai et Tsubasa Yamaguchi chez Pike Seinen (Super!; “un récit intimiste, touchant et délicat, à l’humeur souvent morose et cafardeuse (…), une jolie histoire donc aussi, au dessin fin et expressif”).

Comme toujours dBD constitue une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

Capsules

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Le chat du rabbin #10: Rentrez chez vous!

ChatDuRabbin-10-cov“Zlabya et son père, le rabbin, mais aussi le rabbin du rabbin, aidés et interrompus par le Chat, bien sûr, racontent. Ils disent, à travers leurs voyages au Proche Orient de 1870 à 1973, leur quête d’une Terre Promise, d’un endroit où ne pas être en danger. Ils racontent un destin français, celui d’une famille ballotée par l’histoire, le racisme, la volonté de trouver sa place, d’Alger à Nice, en passant par Jérusalem ou la Galilée.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

ChatDuRabbin-10-p009

Page 9

Sur le bord de la mer, au début de l’année, le rabbin, sa famille et ses ouailles, font la cérémonie du Tashlih, où ils secouent les pans de leur vêtement comme pour en chasser le mal. Le chat commente que ”Croire en Dieu, c’est accepter de faire des trucs ridicules en son nom.” Le rabbin acquiesce que c’est absurde et ridicule… mais il est interrompu par des hommes sur la plage qui leur crient “Sales juifs. Retournez chez vous!” S’ensuit une échauffourée dans la mer… Suite à cet événement, le mari de Zlabya veut déménager en Israel. Alors le rabbin du rabbin raconte que quand il était petit il est allé à Jérusalem et ce ne fut pas une bonne expérience. Même Zlabya raconte que quand elle a fait une fugue elle s’est retrouvé dans un kibboutz en Galilée mais elle en est revenue. Le rabbin aussi a essayé d’aller en Israel pour accomplir le souhait d’une ouaille qui voulait y être enterré mais les anglais limitaient l’immigration (même des morts) alors il l’a enterré en Égypte! Mais le mari de Zlabya veut toujours y aller. Et il ira… quand ils seront vieux, en 1973. Zlabya est vieille et grosse (et le chat toujours vivant!!). Mais les gens le prennent pour un arabe et Zlabya ne peut pas supporter la climatisation. Alors ils trouveront le terre promise à… Nice! En fait, l’histoire des Juifs c’est l’histoire du monde… et de la famille de Joann Sfar.

Le style de Sfar m’agace toujours avec ses planches à six cases, son dessin brouillon et ondulant, ou ses couleurs criardes, mais c’est Sfar et on finit toujours tout même par trouver ça beau. C’est un long album avec un récit fort et riche qui diverti, amuse même, et fait réfléchir sur le racisme. Une très bonne lecture que je recommande — surtout pour les amateurs d’histoire, de chats et de métaphysique! Et comme toujours, dans le bas de la dernière page, Sfar nous annonce que le prochain album s’intitulera “Alleluia dans l’autobus!” En fait le tome 11, paru en novembre 2021, s’intitule La Bible pour les chats…

Le chat du rabbin. 10, Rentrez chez vous!, par Joann Sfar. Paris: Dargaud (Coll. Poisson Pilote), octobre 2020. 96 pages, 22.5 x 29.5 cm, 16,00€ / $C 27.95, ISBN 978-2205-08003-2. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© Dargaud 2020.

Voir aussi mes commentaires sur les autres volumes du Chat du Rabbin.

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Le clan des Otori #1

ClanDesOtori-1-cov“Guerre, amour, spiritualité et art incontesté du récit: une fresque puissante au cœur d’un Japon médiéval fantastique sublime. 

Le Silence du Rossignol vous entraîne dans une quête épique, au cœur d’un Japon féodal où se côtoient poésie délicate et terrible violence. Vengeance, traîtrise, honneur et loyauté, beauté, amour fou… Derrière les visages impassibles et les codes immuables se cachent des cœurs passionnés et des sentiments farouches.

L’adaptation en bande dessinée du roman de Lian Hearn.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Je n’ai malheureusement pas encore lu le roman original de Lian Hearn (Tales of the Otori — qui se décline en cinq volumes: Across the Nightingale Floor (2002), Grass for His Pillow (2003), Brilliance of the Moon (2004), The Harsh Cry of the Heron (2006), Heaven’s Net is Wide (2007), plus les prequels Shikanoko (4 vol., 2017) et Children of the Otori (2 vol., 2020)). C’est cependant sur ma liste de lecture (quoi que lire l’adaptation BD pourrait représenter la voie paresseuse…). J’ai toujours cru qu’il s’agissait d’un roman historique mais c’est en fait un récit de fantasy historique qui se déroule dans un Japon féodal imaginaire.

ClanDesOtori-1-p15

T. 1, Page 15

Le Japon de la seconde moitié du XVIe siècle est en proie d’une guerre civile qui oppose trois clans: les Tohan à l’Est (dirigé par Iida Sadamu), les Seishuu à l’Ouest (dirigé par Dame Maruyama) et les Otori au centre. Ces derniers ne possèdent plus que le Nord car, après la défaite de la bataille de Yaegahara, le Sud a été cédé aux Noguchi, vassaux des Tohan. On retrouve également les “Invisibles” (un groupe de pacifistes [des chrétiens] qui se cache dans les montagnes et est persécuté par les Tohan) et la “Tribu” (une caste de ninja aux pouvoirs surnaturels). Lorsque son village est incendié par le seigneur Tohan, Tomasu est recueilli par Otori Shigeru qui l’adopte et le renomme Takeo. Peu à peu celui-ci se découvre des “talents” spéciaux qui le révèle comme une membre de la Tribu. Shirakawa Kaede est une otage des Noguchi que Iida Sadamu désire marier à Shigeru pour établir une alliance entre les Otori et les Tohan. En fait, ce mariage n’est qu’un prétexte où se croiserons des complots d’assassination. Lorsque Takeo et Kaede se rencontrent, ils tombent amoureux…

C’est un récit complexe où l’on voit se développer les destins de Takeo et Kaede au travers diverses machinations politiques. C’est bien écrit et captivant. Toutefois, le dessin appartient à cette tendance récente qui offre un style brouillon et angulaire (comme Johann Sfar) que je déteste. Mais, bon, c’est un genre et on s’y habitue à la longue. L’adaptation m’apparait excellente et dans l’ensemble l’ouvrage nous offre une bonne et agréable lecture. C’est une intéressante façon de découvrir l’univers créé par Lian Hearn. Un deuxième tome est paru en octobre 2021.

Le clan des Otori #1: Le silence du rossignol, par Stéphane Melchior (texte, d’après l’oeuvre de Lian Hearn) et Benjamin Bachelier (dessin). Paris: Gallimard BD, mars 2021. 96 pages, 23.7 x 31,7 cm, 17.80 € / $C 22.99, ISBN 978-2-07-512334-1. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© Liam Hearn, 2002. © Gallimard 2021 pour la présente édition.

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Histoire de la Science Fiction en BD

HistoireDeLaSFenBD-cov“Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la science-fiction ! Découvrez la première bande dessinée documentaire retraçant l’histoire de la science-fiction, narrée par un spécialiste du genre. Plus qu’un simple historique, il s’agit d’une véritable réflexion autour du genre, un panorama riche en anecdotes et en surprises. Qui a écrit le premier récit de science-fiction ? Comment est née la science-fiction américaine ? Quels livres faut-il lire pour tout savoir sur la conquête spatiale ? Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?”

“Aujourd’hui, la science-fiction est présente partout, plus seulement en littérature, mais aussi au cinéma, dans les jeux vidéo et même dans la vie quotidienne. Qui a inventé le mot science-fiction ? Et le mot robot ? Qui sont les grands auteurs du genre ? Quels livres indispensables faut-il avoir lus ? Un spécialiste répond à toutes les questions dans ce livre de référence, raconté en bande dessinée. Tout apprenti lecteur pourra désormais s’y retrouver dans la jungle des créateurs visionnaires qui, d’Asimov à Zelazny, ont compté dans l’histoire de la science-fiction. Préface de Pierre Bordage.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

La bande dessinée peut aisément devenir un medium éducatif. J’ai déjà mentionné par exemple qu’au Japon il y avait une tradition de manga éducatif pour enseigner l’histoire entre autre (ceux-ci sont rarement traduit mais Bayard à tout même publié la série L’Histoire en Manga). On retrouve aussi beaucoup de biographies en BD, comme celle de P.K. Dick ou de Brigitte Bardot. Alors pourquoi pas une BD sur l’histoire de la science fiction ? On nous présente ici les origines de la SF (Homère? Lucien de Samosate? Cyrano de Bergerac? Thomas More? Swift? Shelley?), les classiques (Jules Vernes, H.G. Wells), l’importance des magazines Pulps dans le développement du genre, les débuts de la SF française et du merveilleux scientifique (Flammarion, Rosny Ainé, Barjavel, etc.), l’Âge d’Or de la SF américaines (Asimov, Heinlein, van Vogt, Sturgeon, Vance, Blish, Bradbury, Brackett, Leiber, Anderson, Simak, Pohl, Sheckley…), l’Angleterre et la New Wave (Moorcock, Stapledon, Huxley, Orwell, Clarke, Tolkien…), l’Alternative Américaine (Matheson, Vonnegut, Dick, Herbert, Silverberg, Ellison…), la SF américaine féminine (Merril, Moore, Le Guin, Russ, Sargent…), le Cyberpunk (Gibson, Dozois, Vinge…), la SF française moderne (Wul, Moebius, Druillet, Verlanger, Brussolo, Wintrebert, Léourier…) et la SF d’ailleurs (Kepler, Lang, Lem, Tolstoï, Strougatski, Salgari, Aldani, McDonald, Marin, Garcia Marquez, Tezuka, Komatsu, Sansal…).

Ce n’est certes pas exhaustif mais l’ouvrage couvre BEAUCOUP de terrain. C’est tout de même assez bien illustré mais surtout très bien écrit car on utilise toutes sortes de petits trucs très astucieux pour garder captivant un sujet qui, on ne s’en cache pas, pourrait être un peu aride et ennuyeux par moment. On nous transporte dans l’espace et dans le temps, ressuscite des auteurs pour qu’ils nous parlent d’eux même, de leur collègues, ou pour qu’ils argumentent entre eux, et le tout est entre-coupé d’encarts informatifs et de suggestions de lectures. Je ne me suis pas ennuyé un seul instant et, ma foi, j’en redemandais. L’ouvrage aurait pu s’étendre en discutant des sous-genres, des thématiques, parler de plus d’auteurs, introduire plus de titre, etc., mais bon, ce n’est pas une encyclopédie mais une introduction alors il faut bien se restreindre! 

C’est le parfait ouvrage pour introduire la science fiction (tant littéraire que médiatisée) à un lecteur qui n’en a jamais lu et, si vous êtes déjà un amateur du genre, vous vous rappellerez nostalgiquement des lectures passées et même découvrirez des nouveaux auteurs ou titres que vous ignoriez jusqu’alors! C’est une lecture agréable et très instructive. Donc un ouvrage essentiel pour toute personne qui s’intéresse de près ou de loin aux littératures de l’imaginaire…

Histoire de… en bande dessinée: La Science Fiction, par Xavier Dollo & Djibril Morissette-Phan. Los Angeles: Éditions Critic / Les Humanoïdes Associés, novembre 2020. 216 pages, 19,8 x 26,7 cm, 22,00 € / $C 37.95, ISBN 9782731676006. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-4-0

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© 2020 Humanoids, Inc.

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Demain les chats

DemainLesChats-cov“Après la guerre et l’épidémie, qui des chats ou des rats gagnera le pouvoir et le savoir des humains ?

À Montmartre vivent deux chats extraordinaires. Bastet, la narratrice qui souhaite mieux communiquer et comprendre les humains. Pythagore, chat de laboratoire qui peut se brancher sur Internet grâce à une prise USB greffée au sommet de son crâne. Ces deux-là se rencontrent et se découvrent alors que le monde des humains s’embrase.

Les chats doivent se préparer à prendre la relève de la civilisation humaine… et éviter que l’effrayant Cambyse ne mène les rats à la conquête du monde.

Après le succès de Demain les chats de Bernard Werber, Bastet et Pythagore s’incarnent en bande dessinée pour gagner la guerre contre la barbarie.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Bastet fait la connaissance de son nouveau voisin, Pythagore: un ancien chat de laboratoire devenu intelligent qui peut s’interfacer avec l’internet et ainsi en apprendre beaucoup sur les humains. Bastet a toujours été intéressé à la communication inter-espèces mais ne semble pas avoir beaucoup de succès avec sa “servante”, Nathalie. À travers leurs points de vues, nous voyons la situation en France dégénéré de terrorisme (avec une référence à l’attentat contre Charlie Hebdo) à guerre civile, puis une grave épidémie finit d’anéantir la civilisation. La ville de Paris semble maintenant sous le contrôle des rats. Seule une petite poignée d’humains semble avoir survécu mais, avec l’aide de Pythagore et de Bastet, ils s’organisent et assemblent une armée de chats qui tentera de sauvegarder la civilisation humaine…

Demain les chats est une bande dessinée scénarisée par Pog et illustrée par Naïs Quin qui adapte le roman de Bernard Werber. Je n’ai pas lu le roman mais cela me semble assez fidèle à l’histoire originale. C’est définitivement un clin d’oeil à Demain les chiens (City) de Clifford D. Simak où un robot et des chiens parlants veillent sur une civilisation post-humaine.

Le dessin me rappel un peu le style un peu brouillon de Joann Sfar mais en plus agréable à l’oeil. Ce n’est certes pas mon style préféré mais on s’y habitue rapidement et cela demeure un support très efficace à la narration. C’est une belle histoire de survie qui, même si elle fait allusion aux aspects les plus sombres de l’humain, offre tout même un peu d’optimisme à la fin. C’est donc un excellent récit post-cataclysmique que je ne peux que recommender.

Demain les chats, par POG (adaptation & dialogues), Naïs Quin (dessin & couleur) et Bernard Werber (récit original). Paris: Albin Michel, avril 2021. 144 pages, 20 x 28 cm, 18,90 € / $C 29.95, ISBN 978-2-226-44930-6, Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© Werber, Pog, Quin. © Éditions Albin Michel 2021.

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Salon du livre 2021

SLM_affiche-separee-24x36_03Cette année le Salon du livre de Montréal se tenait en ligne entre le 13 et le 28 novembre et sur place, au Palais des Congrès, du 25 au 28 novembre. 

C’est un premier salon du livre dans la (presque) post-pandémie. Cela demande beaucoup plus d’organisation: vérifier le passeport vaccinal, exiger le port de masque, favoriser l’achat de billet en ligne que l’on peut simplement scanner sur son téléphone intelligent, etc. La vente de billets pour des tranches horaires spécifiques permet de mieux contrôler le nombre de visiteurs. J’avais peur qu’il y ait une foule monstre de gens qui avaient hâte de participer à une activité culturelle après le confinement mais non c’est même mieux que les salons passés. Il y a donc peut être des leçons à tirer de cette expérience.

Vues d’ensemble du salon

Je n’ai  quand même pas pris de chance: J’ai  acheté mon billet en ligne quelques jours d’avance (moins cher que sur place) et j’avais mon passeport vaccinal dans l’appli VaxiCode (hélas je crois que la dernière mise à jour de mon téléphone a effacer l’information car mes informations n’y étaient plus ! Heureusement j’avais une photo dans mon téléphone de la version papier du passeport). 

Autre première, le salon a déménagé au Palais des congrès. En fait, ce déménagement devait avoir lieu l’an dernier mais la pandémie a fait que le salon avait été annulé alors c’est donc cette année que le salon inaugure son nouvel emplacement. Je ne sais pas si c’est à cause de ce nouveau lieu ou si pandémie oblige (en fait il parait que la vaccination covid prends beaucoup de place dans le Palais des Congrès alors le salon utilise ce qui reste) mais cette année le salon est beaucoup plus petit que par le passé. Et au lieu d’être carré, il prends la forme d’un long rectangle (voir le plan). Il y a moins d’éditeurs et les kiosques de chacun sont plus petit (il n’y a plus d’énormes espaces pour les distributeurs et Alire, par exemple, n’a que deux espaces au lieu des quatre habituels). Mais bon c’est mieux que rien… Ce sera sans doute mieux l’année prochaine.

SDL-2021-Plan

Autre première, pour la première fois en dix ans je n’ai pas obtenu de laisser-passer de média. J’ai dû payer mon entrée! Mais bon je ne suis plus éditeur de magazine, je ne travaille même plus en bibliothèque et je ne suis qu’un tout petit poisson dans le vaste océan de l’information nuagique et, même si le blogue s’est beaucoup amélioré ces dernières années, je comprends que je doive laisser ma place aux plus gros joueurs (on m’a dit que c’était à cause de la pandémie qu’ils devaient réduire les accès média — la pandémie a le dos large ! Ça ne fait pas moins de monde si je viens de toute façon; ça fait juste plus d’argent dans les poches du salon…). Mais bon il faut bien faire sa part…

Pour ce qui est du salon lui-même je crois qu’il prouve la résilience du milieu de l’édition. Il y a malgré tout plus de titres que le regard peut en voir. Cette grande variété est une bonne chose — quoiqu’il semble que  tout un chacun qui le veut peut écrire et publier un livre sans qu’il y ait de restriction sur la qualité du produit… Malgré cette pléthore je n’ai malheureusement pas vu de nouveautés excitantes cette année. Ça ne veut pas dire qu’il n’y en pas: elles peuvent avoir échappé à mon regard ou alors les éditeurs et distributeurs n’amènent au salon que les gros vendeurs et non pas les titres qui mériteraient d’être découvert (mais voilà que je me répète d’années en années).

J’ai tout de même noté quelques titres qui méritent d’être mentionnés: 

Je suis d’abord passé au kiosque des Éditions Alire où des auteurs comme Maxime Houde, Richard Ste-Marie et Jonathan Reynolds (voir l’entrevue-capsule réalisée avec lui au Salon du Livre de 2019) signaient leurs oeuvres et où l’on pouvait trouver les romans de ma frangine Catherine Sylvestre (voir l’entrevue-capsule réalisée avec elle au Salon du Livre 2018). Leur catalogue de parutions 2021-2022 est maintenant disponible et leur plus récent titres sont l’étude Les Années d’éclosion (1970-1978) sous la direction de Claude Janelle, le recueil Criminelles par Ariane Gélinas et Maureen Martineau,  Les étages ultérieurs par Éric Gauthier,  Il y aura des morts par Patrick Sénécal,  Stigmates par Richard Ste-Marie, L’Empire bleu sang par Vic Verdier, et les oeuvres de deux auteurs autochtones: Les meurtres du Red Power par Thomas King et L’automne de la disgrâce par Wayne Arthurson.

Je note également l’éditeur scolaire Chenelière qui offre des façons innovatrices d’utiliser la BD et la littérature jeunesse dans l’enseignement (La BD au primaire, La BD au secondaire, Lire et apprécier les romans en classe, ou encore Demain, j’enseigne avec la littérature jeunesse), l’éditeur de BD québécoise de haute qualité Moelle Graphik, la tendance aux omnibus avec les intégrales du Guide du Mauvais Père (par Guy Delisle chez Shampooing) et de l’Ostie d’chat (par Zviane et Iris chez Shampooing également), le dernier Guy Delisle (Chroniques de Jeunesse — voir mon commentaire) chez Pow Pow, la superbe collection d’adaptations de Lovecraft par Gou Tanabe chez Ki-oon (voir mes commentaires), et quelques BD de chez Gallimard et Futuropolis (dont l’adaptation du Clan des Otori).

Finalement, on retrouve un SEUL kiosque dédié à la littérature anglophone du Québec, Get Lit ! (tenu par la librairie Paragraphe), où j’ai vu la traduction du dernier Delisle (Factory Summer chez Drawn & Quarterly). C’est bien dommage qu’on y accorde si peu de place. Aussi, si il n’y avait de thème général au salon cette année, il y en avait peut-être un non-officiel car j’ai trouvé beaucoup des livre sur l’environnement et les Premières Nations, dont ce kiosque dédié à la littérature autochtone. 

Malgré sa petite taille, ce fut un bon salon du livre. Beaucoup des exposants à qui j’ai parlé l’on trouvé épuisant, plus qu’à l’habitude (dû à l’aspect plus compacte et au port du masque, sans doute). J’aurais aimé y voir plus de nouveautés (et pas seulement les meilleurs vendeurs) et peut-être même une petite section dédiée au livre ancien. Il y a toujours de la place pour s’améliorer. À l’an prochain !

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