Les Julio-Claudiens (2)

Tiberius (14-37)

Je n’ai pas de pièce de Tiberius proprement dite mais j’ai une pièce grecque impériale que je crois avoir été frappée sous son règne… (Quoique, après vérification, je n’en suis plus si sûr. C’est le problème avec l’identification des pièces anciennes: parfois on ne pourra jamais obtenir une identification et une datation avec certitude. Je vous parle tout de même de Tiberius…)

Tiberius Claudius Nero est né le 16 novembre 42 AEC au sein d’une vieille famille patricienne (la gens Claudia). Il porte le même nom que son père (qui a été questeur et pontif sous César, ainsi que préteur sous le triumvirat) mais sa mère, Livia Drusilla, se remarie peu de temps après sa naissance (en 39 AEC) avec l’empereur Auguste. Il poursuit une carrière militaire selon le cursus honorum (tribun en 25, questeur en 23, préteur en 16, consul en 13, tribun de la plèbe en 6 AEC) et est adopté par Auguste en 4 EC. Lorsque ce dernier meurt, le 19 août 14 EC, il lui succède, à la demande du sénat et après quelques hésitations, le 18 septembre de la même année. Son règne est plutôt paisible: il maintient les frontières et fait une bonne gestion de l’empire. Toutefois, il est considéré par ses contemporains comme un tyran, probablement à cause de tout les complots qui l’ont entouré et parce que durant ses dernières années de règne (31 à 37), possiblement souffrant de paranoïa, il s’est renfermé dans sa villa de Capri.  Il meurt vraisemblablement de maladie le 16 mars 37 et, après que ses deux successeurs désignés (son neveu Germanicus et son fils Drusus II) soient mort dans des circonstances douteuses, il doit se rabattre sur le fils de Germanicus comme successeur, Caius Julius Cæsar Germanicus surnommé Caligula.

La pièce que je vous présente cette semaine est une monnaie romaine provinciale, qu’on appelle généralement grecques impériales. Comme je l’ai déjà expliqué dans le cas de ma magnifique pièce de Quadratus, les pièces grecques impériales se divisent en deux types. Il peut s’agir d’une monnaie frappée dans une province ou une colonie romaine mais qui conserve la dénomination impériale, la titulature et le portrait de l’empereur. Elles peuvent également être des pièces municipales (dites “quasi-autonome”), frappées par des cités grecques qui ont obtenu une permission spéciale de l’empereur. Ces dernières sont généralement en bronze et conservent des attributs locaux: dénominations locales (comme chalques ou oboles), inscriptions en grecs et, à la place de l’empereur, les avers représentent des divinités grecques (tels Zeus, Artemis ou Apollon) et les types de revers offrent une plus grande variété de sujets. Elles ont été émise en grande quantité à partir du premier siècle et pendant une partie considérable du deuxième siècle. Certaines des pièces les plus anciennes sont datées selon l’ère actienne, mais la plupart portent des dates de l’ère césarienne (WROTH, p. lix). 

IMG_8873-8874Ma pièce appartient au second groupe et est une petite dénomination en bronze (AE15) dans un assez bon état (VG/G [very good/good], Ae [bronze], 15 mm, 3.199 g, payé environ $5 le 1985/01/06, caractérisé par un dépôt verdâtre; die-axis: ↑↑). L’avers représente une tête laurée d’Apollon, à gauche, avec une inscription qui est illisible. Le revers illustre une lyre (ou possiblement une kithara) avec une inscription illisible dans le champs gauche (trois ou quatre caractères), un 𝜞 sur le dessus et un 𝜪 dans le champs droit. 

En procédant par comparaison, j’ai trouvé que ce type semble surtout prévalent à Antioche (province de Syrie, Seleucis et Pieria) — mais il n’y est cependant pas exclusif puisqu’on le retrouve dans d’autres cités comme Megara (selon HEAD, p. 329, mais il s’agit de pièces en argent datant du IIIe siècle AEC; il en recense également à Thera, Myrina, Mytilene, etc.). L’inscription de l’avers serait soit ΑΝΤΙΟΧΕΩΝ (Antiocheon / “[émis] par le peuple d’Antioche”) ou ΑΝΤΙΟΧΕΩΝ ΜΗΤΡΟΠΟΛΕⲰϹ (Antiocheon Metropoleus / “[émis] par le peuple de la cité d’Antioche”). L’inscription sur le revers serait ETO ou ETOY (abréviation de ETOYΣ (έτος) / “année”), le 𝜞 serait une marque d’officine (la troisième officine, celles-ci étant numérotées A, B et C) et le 𝜪 daterait la pièce de 21/22 EC (𝜪 = 70; 70 + -48/49 [début de l’ère Césarienne] = 21/22) soit la neuvième année du règne de Tiberius. Toutefois la plupart des exemples de ce genre de pièces (tant dans les références en ligne [Wildwinds, RPC] que bibliographiques [HEAD, p. 657 ou WROTH. p. 163-64]) sont plus tardives, avec des datations comme “ZOP” (177 = 128/29), sous Hadrien. Ce pourrait-il que les premiers et derniers caractères de la date aient été effacé ne laissant que le “O” de visible? Cela ne semble pas le cas. Et si j’ai vu des pièces similaires (Artemis / Lyre; cf. SEAR #5189 et WROTH, p. 161) datant du règne de Néron (𝝙I𝝦 = 114 = 96 EC), je n’ai trouvé aucun exemple de pièce datant de l’époque de Tibère. Malgré tout, si ce n’est pas une certitude, je continue à croire que ma pièce date de cette époque. C’est peut-être une pièce rare?

Une pièce intéressante qui nous fait bien découvrir que l’histoire et la numismatique sont loin d’être des sciences exactes…

Sources: Wikipedia (Tibère / Tiberius, Roman provincial currency), Google, FAC (Greek imperial coins, BMCGC III, shining Apollo, Greek imperial, Aera Caesariana, “Coin evidence concerning the Caesarean and Actian Eras”), Wildwinds (Antioch, example [text]), Classic coin collector, Lyre on coins, vcoins, CoinProject, eBay, CoinArchives, RPC (group, example). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

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Monnaies anciennes 26

Kniphofia triangularis

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0964La tritoma (aussi appelé tisons du diable ou red hot poker” en anglais) est un genre de plante à fleurs de la classe des Liliopsida, de l’ordre des Liliales, et de la famille des Liliaceae selon la classification classique de Cronquist. Toutefois, selon la nouvelle classification phylogénétique (APG III – 2009), ce genre appartient à l’ordre des Asparagales et à la famille des Xanthorrhoeaceae. Originaire d’Afrique, il comprend plus de soixante-dix espèces. Son nom latin de Kniphofia rend hommage à Johann Hieronymus Kniphof, un botaniste allemand du XVIIIe siècle. Il est caractérisé par un épis conique de fleurs de couleurs rouge, orangé ou jaune, souvent bicolores, qui se dresse au-dessus du feuillage. Ses fleurs produisent un nectar abondant qui attire tant les insectes nectarivore (abeilles et papillons) que certains oiseaux (colibris et orioles). Dans ce cas-ci il s’agit de l’espèce Kniphofia triangularis triangularis (mais la fiche signalétique ne précise cependant pas le cultivar). (Source: Wikipedia)

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Image du mer-fleuri [002.021.048]

J’en ai marre de vivre cette vie

J’en ai marre de vivre cette vie
J’en ai marre d’être ce débris
De vivre dans ce trou
Sans un sous
Sans l’un de vous

De cette vie je vais m’éloigner
De cette vie je vais m’esquiver
Je vais filer, décamper
Je vais déguerpir, m’enfuir
De cette vie de suis lassé
Je veux en finir

Mais je dois subir mon sort
Mais je dois attendre la mort
Je suis lassé de vivre
Cette vie complètement ivre
Ivresse de folie
Cette folie de la vie

J’en ai marre de vivre cette vie
J’en ai marre d’être ce débris
De vivre dans ce trou
C’est fini, je sombre, voilà, je suis fou

Biset
1976/02/27

Le poète du dimanche continue à sortir des vers de ses vieilles malles. Ici je n’ai appliqué presqu’aucun changements. Ça ne respecte aucune forme poétique et c’est plutôt médiocre mais cela exprime bien les affres de l’adolescence… J’avais treize ans. C’est cela quand on lit, trop jeune, des poètes comme Nelligan et Beaudelaire. On oubli le cadre et on ne garde que la noirceur…

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Poésie du dimanche [002.021.045]

Brigitte Bardot

BrigitteBardot-cov“Aux quatre coins du monde, dès que l’on évoque le Brigitte Bardot, jaillissent les images de l’icône intemporelle du cinéma français. Beaucoup connaissent aussi son engagement farouche pour la cause animale. Mais qui elle est vraiment? Qui se souvient de son combat douloureux pour l’indépendance de l’Algérie? Qui devine sa fragilité derrière ses amours tumultueuses? Qui comprend son attachement à la France d’en bas et d’avant? La collection “Les Étoiles de l’Histoire” propose un regard inédit et empreint d’humour sur les légendes du Cinéma.”

“BB est une légende. Plus qu’un sex-symbol, Brigitte Bardot aura servi de modèle pour Marianne et incarné la France aux yeux du monde entier. Collectionnant les films comme les amants, l’amour et le désespoir, de Roger Vadim à Gainsbourg, elle incarne l’idéal féminin et la liberté sexuelle nouvelle de toute une époque.”

“En évitant la caricature, Bernard Swysen et Christian Paty manient l’humour à hauteur humaine pour décrire la femme derrière la légende. Ils se consacrent ainsi autant à sa carrière artistique qu’à son engagement pour la cause animale.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

BrigitteBardot-p047

Page 47

Après Chaplin et Monroe, la collection “Les Étoiles de l’Histoire” s’attaque à Brigitte Bardot. L’album s’ouvre sur un avant-propos de Ginette Vincendeau et une préface de Mylène Demongeot pour se conclure avec une filmographie, une discographie, un note sur la Fondation Bardot et une dédicace de la star. Au centre on retrouve six parties: “Une étoile est née; où BB fera ses premiers pas en chaussons” (12 p.) nous raconte sont enfance et son intérêt pour la dance, “Le destin en marche, où BB découvrira le cinéma” (14 p.) nous raconte le début de sa carrière cinématographique, “La naissance d’un mythe, où BB deviendra blonde” (50 p.) nous raconte ses succès de Et Dieu… créa la femme (Roger Vadim, 1956) à L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise (Nina Companez, 1973), “Une nouvelle vie, où BB pourra enfin se consacrer à la cause animale” (32 p.) nous raconte les hauts et les bas de la Fondation BB, “Les liaisons dangereuses, où BB écornera son propre mythe” (8 p.) raconte comment elle s’acoquine avec la droite et ses démêlés judiciaires puis tout se termine dans “Toutes les bêtes sont à aimer, où BB continuera à sa battre pour les animaux” (4 p.).

Une BD sur BB. Cette biographie en images nous présente le style typique de la bande dessinée franco-belge (la ligne claire). Le dessin a une allure réaliste mais avec des visages légèrement caricaturés. C’est drôle et agréable. J’aime donc beaucoup le dessin et le récit biographique est intéressant. On en apprend beaucoup sur BB. Toutefois j’ai été un peu agacé par l’aspect panégyrique du récit qui clairement s’est donné pour objectif de défendre BB face à ses nombreuses critiques (il faut l’avouer sans doute souvent injustifiées), rétablir son image et faire la promotion de sa fondation. C’est tout de même intéressant à lire si vous vous intéressez à la biographie de cette star qui fut tout à la fois détestée et adulée.

Les Étoiles de l’Histoire t.3: Brigitte Bardot, par Bernard Swysen (scénario) et Christian Paty (dessin). Marcinelle: Dupuis (Coll. “Les étoiles de l’Histoire”), mai 2020. 136 pages (120 pl.), 21.8 x 30 cm, 22,00 € / $38.95 Can., ISBN 979-1-0347-4913-3. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Dupuis, 2020.

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Tokyo, amour et libertés

TokyoAmourEtLibertés-covUne histoire d’amour dans le Tokyo d’avant-guerre. Tokyo, 1926. Shinjuku est connu pour son quartier des plaisirs, Hanazono. Ishin, journaliste pour une revue érotique y rencontre Aki, une jeune métisse qui exerce le métier de modèle artistique. Dans une société aux mœurs libérées, leur relation sera pourtant empreinte d’une grande innocence. Cependant, l’ombre de la guerre vient menacer leur idylle…

S’inspirant de l’histoire de ses aïeuls, Kan Takahama nous livre un beau récit où s’entremêlent un érotisme subtil et une sensibilité que nous lui connaissons déjà grâce au Dernier Envol du papillon.

[Texte du site de l’éditeur]

Au quartier des plaisirs de Shinjuku, creuset de liberté où s’épanouit la contre-culture du Japon de l’entre-deux-guerres, Ishin, écrivain érotique en goguette, fait la rencontre d’Aki, une jeune métisse modèle pour des cours de dessin qui va bouleverser sa vie de bohème insouciante.

À travers cette tendre histoire d’amour, Kan TAKAHAMA dresse un portrait criant de vérité du Tokyo des années folles, une ère éphémère de libération et d’exubérance en marge de la militarisation du pays.

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Tokyo, amour et libertés (四谷区花園町 / Yotsuya-ku Hanazonochô / lit. “Arrondissement de Yotsuya, quartier de Hanazono”) est un manga josei par Kan TAKAHAMA publié au Japon chez Takeshobo en novembre 2013. La version française est parue en septembre 2017 chez Glénat.

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Page 3

Le récit débute en novembre 1926 (an 15 de l’ère Taisho) et nous offre les péripéties de Yoshimune “Ishin” Miyake, chroniqueur des quartiers de plaisirs et auteur de romans frivoles, et de Eijiro Aoki, éditeur du magazine “La porte de la sexualité”, qui tentent tant bien que mal de survivre malgré la répression et la censure de l’époque (si l’entre-deux-guerre débute avec une libéralisation de la société, l’ère Showa s’ouvre sur une crise financière qui, en réaction, mènera vers un gouvernement militariste et impérialiste). Le récit se déroule, comme le titre japonais du manga l’indique, dans le quartier des plaisirs de Hanazono de l’arrondissement Yotsuya. Aujourd’hui, le Golden-gai de Hanazono (lit. “quartier doré du jardin fleuri”) fait partie du Shinjuku Golden-gai, un quartier de bars légendaire pour sa vie nocturne et situé entre le quartier des divertissements de Kabukicho et le magnifique sanctuaire de Hanazono. Il est formée de six ruelles étroites dont trois portent le nom de Hanazono (la première [あ か る い 花園 一番 街], la troisième [あ か る い 花園 三 番 街] et la cinquième [あ か る い 花園 五 番 街] rues). C’était autrefois un quartier “red-light” mais, après l’interdiction de la prostitution en 1958, il est resté dédié au divertissement. 

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Page 4

Lors d’un cours de dessin, Eijiro et Ishin font la rencontre de Aki Tominaga, une jeune métisse nippo-espagnole de Bornéo qui sert de modèle nue. Ishin la revoie plus tard et en tombe amoureux. Lorsque Aki est arrêté lors d’une descente de police dans l’atelier de dessin et est accusé de soutien à un mouvement socialiste, Ishin se résout à demander à son oncle — qui est surintendant général de la police ! — de la faire libérer. Toutefois, celui-ci lui apprend que ses deux frères sont mort de la tuberculose et qu’il doit rentrer aussitôt à Kumamoto car il est maintenant le chef de famille. Aki le retrace et le rejoint mais comme il est d’une bonne famille il ne peut pas l’épouser. Lorsque la guerre éclate et qu’il est mobilisé en 1942, Aki s’occupe de sa mère, qui fini par l’accepter. Le reste de l’histoire nous est raconté par leur petite-fille. Ishin n’est pas revenu vivant de la guerre mais Aki était enceinte… et a vécu jusqu’à quatre-vingt-quinze ans. 

Dans la postface, Kan Takahama nous révèle qu’elle s’est un peu inspiré de son grand-oncle (frère ainé de sa grand-mère) Hidesaburo Tominaga pour le personnage de Eijiro — il était véritablement un éditeur de magazines. Ishin, lui, est un peu inspiré par son grand-père, qui s’appelait vraiment Yoshimune Miyake et qui, s’il n’était pas écrivain érotique, était un personnage fascinant qui est mort jeune, laissant sa grand-mère veuve. Leur amour a du être fort car elle ne s’est jamais remarié. C’est la découverte du journal de son grand-père qui l’a amené à créer cette histoire fictive. Ce genre d’histoire d’amour, avec beaucoup de nudité et de sexualité, constitue un thème qui lui semble cher car elle y revient fréquemment: d’abord avec Le Dernier envol du papillon (蝶のみちゆき / Chō no michiyuki) l’année suivante, puis avec la série La lanterne de Nyx (ニュクスの角灯 / Nyukusu no kakutō) et même, quatre ans plus tard, avec l’adaptation du roman de Marguerite Duras, L’amant (que j’ai déjà commenté).

Tokyo, amour et libertés nous offre de très beau dessins. Malgré des expressions faciales parfois drôle, le style est assez réaliste et utilise beaucoup de trames fines pour produire une grande variété de dégradés de gris. Chose amusante, la partie contemporaine du récit (à la toute fin) est réalisé au crayonné, sans doute pour marquer la différence d’époque. Si le récit est empreint d’érotisme, c’est aussi une belle histoire d’amour sur un fonds d’histoire japonaise. Le récit est un peu lent à démarrer mais nous offre en bout du compte une lecture agréable et intéressante, qui nous fait découvrir une période fascinante de l’historie nippone. C’est donc un très bon manga que je recommande chaudement, surtout aux amateurs de mangas historiques et aux fans de Kan Takahama.

Tokyo, amour et libertés par Kan Takahama (Traduction par Yohan Leclerc). Grenoble: Glénat (Coll. Seinen Manga), septembre 2017. 164 pages (158 pl.), , 14.5 x 21 cm, 10,75 € / $20.95 Can., ISBN 978-2-344-02261-0. Pour lectorat adolescent (16+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Kan TAKAHAMA, 2013. © Glénat, 2017 pour l’édition française.

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Les Julio-Claudiens (1)

J’avais sauté par-dessus la dynastie des Julio-Claudiens (d’Auguste à Néron) parce que j’ai très peu de pièces de monnaies de cette époque et qu’elles ne sont pas en très bon état (évidemment c’est la dynastie la plus fameuse alors elles sont plus en demande et donc plus chère) mais j’avais promis d’y revenir plus tard. Et bien, voici le moment…

Octavius-Augustus (27 AEC – 14 EC)

Caius Octavius est né le 23 septembre 63 AEC dans une famille aristocratique de l’ordre équestre qui avait fait sa fortune dans la finance à Velitrae. Mais ce n’est qu’avec son père que la famille des Octavii entre dans l’ordre sénatorial lorsqu’il devient le premier à obtenir une charge publique (questeur, puis préteur en 61 et gouverneur de Macédoine) devenant ainsi un homo novus. Par sa mère, qui était la nièce de Jules César, Octave appartient également à la famille des Iulii puisqu’il était le petit-neveu de César. Sous l’égide de ce dernier, Octave, malgré sa santé fragile, fait l’apprentissage de la vie civique et militaire notamment en Hispanie et à Apollonia d’Illyrie. Lorsque César est assassiné aux ides de mars 44 AEC, son testament fait d’Octave son héritier et fils adoptif. Il prends alors le nom de Caius Julius Caesar Octavianus (Octavien). Toutefois, il est beaucoup trop jeune (il a à peine vingt ans) et inexpérimenté pour espérer prendre le pouvoir. Il lui faudra dix-sept ans d’influences, d’alliances faites et défaites (le second triumvirat), de conflits (avec le sénat ou Marc Antoine), de guerres civiles (contre les Républicains, contre les alliés de Marc Antoine, contre Pompée, contre Marc Antoine) et même de guerres frontalières (contre les Parthes ou en Illyrie) pour y parvenir. 

Après la bataille d’Actium (en septembre 31) et le suicide de Marc Antoine et Cléopâtre (en août 30), Octavianus restaure la république (car il a toujours besoin du support du sénat) et partage le consulat avec Agrippa (en 28 et en 27). Il entreprend de faire le ménage parmi les sénateurs qu’il juge indique de la position et, en plus des titres de Imperator et Caesar Divi Filius (“fils du divin César” — César avait été divinisé en 42) qu’il avait déjà reçu en 30, le sénat lui décerne en 27 AEC les titres de Augustus (“le plus illustre”) et de Princeps (“le premier entre tous”). Il est dorénavant connu sous le nom d’Augustus. Dès lors, son règne est considéré non pas comme une dictature (comme pour Jules César) mais comme un Principat. Il enlève subtilement ses pouvoirs au Sénat mais ce n’est qu’en 23 AEC, alors qu’il obtient la puissance tribunitienne (potestas tribunicia), que l’on peut considérer qu’il a le pouvoir suprême. Il entreprends de profondes réformes politiques, sociales, administratives, et financières, fait construire de nombreux monuments, réorganise l’armée, agrandie (en Afrique, en Orient et en Germanie) et consolide (en Rhétie et Illyrie) les frontières afin d’établir la Pax Romana et de faire du monde romain un véritable empire. Il s’est lui même chargé d’énumérer ses accomplissements dans les Res gestae Divi Augusti (“Actes du divin Auguste”). Il meurt de maladie (quoi que sa troisième épouse, Livia Drusilla, est soupçonnée de l’avoir empoisonné) le 19 août 14 EC et son fils adoptif Tiberius (fils de Livia d’un premier marriage) lui succède. Ce dernier le fera immédiatement déifier. 

J’ai trois pièces de monnaies d’Auguste dans ma collection.

IMG_8868-8871Cet assez bel as d’Auguste (G [good], Ae [bronze], 24 x 25 mm, 10.669 g, payé environ $10 le 1985/11/18; Die-axis: ↑↑) nous offre sur l’avers la tête nue de l’empereur à droite avec l’inscription CAESAR. Le revers ne présente que l’inscription AVGVSTVS dans une couronne de lauriers. Selon Sutherland (RIC I) cette pièce aurait possiblement été frappée à Éphèse vers (ou à partir de) 25 AEC. D’autres sources sont plus vagues et parlent d’officines en Asie Mineure (Éphèse? Pergame?) avec une datation entre 27 et 23 AEC. Elle pourrait avoir été émise pour commémorer des événements locaux (comme la réorganisation des frontières orientales, mais celle-ci s’est déroulée surtout vers 22-20) ou, plus simplement (de par le symbolisme de la corona laureata), les victoires (Actium en 30) et nombreux honneurs (Augustus & Princeps en 27, pouvoir tribunicien en 23) qu’Auguste a reçu. Malheureusement, on ne peut pas être plus précis. Sources: Wikipedia, RIC I: 486, CoinArchives, numismatics, vcoins, FAC (Coronae); Sutherland, C.H.V. “The symbolism of the early aes coinages under Augustus” in Revue Numismatique, Année 1965, #7, pp. 94-109. Voir aussi ma fiche.

IMG_8545-8546Ce très bel as impératorial d’Auguste (F [Fine], Ae [Bronze], 26 mm, 9.942 g, acheté à Paris le 1986/02/07 pour 80 FF [± $16]; Die-axis: ↑↘︎) présente sur l’avers la tête nue de l’empereur à droite avec l’inscription TRIBVNIC[IA] POTEST[AS] • CAESAR AVGVSTVS. Le revers n’offre qu’un large S[ENATVS] • C[ONSVLTO] (“avec la permission du Sénat”) entouré de l’inscription L SVRDINVS III VIR AAA FF. Comme je l’ai déjà expliqué avec les pièces républicaines, à cette époque les pièces étaient encore frappées au nom du (ou des) magistrat monnayeur, qui était appelé triumviri monetales (abrégé III VIR) car ils étaient au nombre de trois. Leur titre était tres viri aere argento auro flando feriundo (abrégé III VIR AAAFF), ce qui signifiait “les trois hommes [chargés de] la préparation et la frappe des pièces de bronze, d’argent et d’or”. Dans ce cas-ci, il s’agit du triumvirat monétaire composé de CN F Piso, C Plotinus Rufus et de Lucius Neavius Surdinus. Sur ce dernier, nous savons seulement qu’il a été consul suffectus en 30, triumvir monetalis en 15 et préteur c. 10 (car une inscription commémore le fait qu’il ait fait refaire le pavé du forum). Cette pièce date définitivement d’après 23 AEC (date où Augustus a reçu la puissance tribunitienne) mais la date où a officié Surdinus varie selon les sources: on la place entre 23 et 9 AEC — Karl Pink la situe en 20 et le RIC en 15 AEC. Les sources récentes semblent toutefois tous s’entendre sur cette dernière date. Sources: Wikipedia, RIC I: 386, Cohen 473, CoinArchives, Numismatics, Numismatics, AncientCoins, acsearch, catawiki, vcoins, Wildwinds, FAC (Augustus, III VIR A A A F F);  Pannekeet, C. The moneyers issues under Augustus; Pink, Karl. The Triumviri Monetales and the structure of the coinage of the Roman Republic. (Numismatic Studies #7). NY, American Numismatic Society, 1952 (page 46). Voir aussi ma fiche.

IMG_8547-8548Ce très beau dupondius (F [Fine], Orichalcum [laiton], 27 mm, 13.222 g, payé $20 et caractérisé par un dépôt brunâtre dans le champs et une grosse cavité sur l’avers, dans le cou; die-axis: ↑↓ or 180º) est une pièce commémorative d’Augustus frappée sous Tiberius, son fils adoptif et successeur. L’avers présente une tête radiée de l’empereur, à gauche, avec l’inscription DIVVS AVGVSTVS PATER (“Divin Auguste, Père [de la Patrie]”). Sur le revers on retrouve simplement un large S[ENATVS] • C[ONSVLTO] (“avec la permission du Sénat”) dans une couronne de chêne. Sutherland (RIC I) date cette pièce entre 22/23 et 26 EC mais cette datation m’amène deux questions: pourquoi émettre un pièce commémorative aussi longtemps après la mort et la déification d’Auguste? et Comment Sutherland justifie cette datation? Je n’ai pas trouvé de réponse à la première question mais, pour la seconde, Sutherland explique dans un article que les experts se sont basé sur la comparaison entre la qualité de la frappe, le style du design des pièces commémoratives (notamment la conception de l’oeil de l’empereur et même la direction de l’axe de frappe [die-axis]) et les pièces de Tibère qui sont, elles, datées. Laffranchi les voit comparables aux émissions de dupondii avec des “Pietas”, “Iustitia” et “Salus”, datées de 23 EC environ alors que Sutherland s’entend avec Sydenham pour les trouver similaires aux pièces datées TR POT XXIIII, soit de 22-23 EC. Sources: Wikipedia, RIC I (Tibère): 79, CoinArchives, numismatics, Wildwinds, FAC (Pater, Divus Augustus Pater, Quercea Corona, die axis); Sutherland, C. H. V. “Divus Augustus Pater: A Study in the aes coinage of Tiberius” in The Numismatic Chronicle and Journal of the Royal Numismatic Society Sixth Series, Vol. 1, No. 3/4 (1941), pp. 97-116. Voir aussi ma fiche.

Aussi intéressantes qu’elles soient, ce sont des pièces bien sobres pour représenter ce personnage plutôt extraordinaire qui fut le premier de tous les empereurs romains… La semaine prochaine je vous propose une pièce grecque impériale (frappe provinciale) qui représente non pas l’empereur mais une divinité grecque et qui aurait été frappé sous Tiberius !

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Monnaies anciennes 25

Eryngium giganteum

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0959Le Panicaut géant (appelé “Miss Willmott’s ghost” en anglais) est une espèce de plante à fleurs vivaces de la classe des Magnoliopsida, de l’ordre des Apiales, de la famille des Apiaceae, et du genre Eryngium — dont on retrouve environ deux-cent-trente espèces. C’est un chardon vivace, quoique de courte durée, qui est originaire du Caucase en Asie occidentale. “Il produit des têtes ramifiées de capitules coniques vert pâle entourés de bractées épineuses en été. Les fleurs deviennent bleues à maturité. Elle meurt généralement après la floraison et est donc normalement cultivé comme une plante bisannuelle.” Son utilité est surtout ornementale mais elle est aussi comestible (tant les racines que les jeunes pousses). Elle fait partie de la flore obsidionale française (typique des lieux ayant subit des séquelles environnemen­tales). Elle est souvent associée au champignon Pleurote du panicaut et est appréciée par de nombreux insectes. Le cultivar le plus connu (illustré ici) est le “Silver Ghost”. Son nom scientifique provient du grec eryggos (“barbe de chèvre”, qui fait allusion à la pilosité de sa racine) et le nom vernaculaire français dérive du latin pane cardus (“pain chardon”, qui fait référence au fait que les racines cuites sont comestibles et que les feuilles matures sont piquantes). Le nom commun anglais fait référence à la jardinière britannique Ellen Willmott, qui gardait toujours des graines sur elle afin de les planter dans les jardins de ses collègues. (Source: Wikipedia)

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Image du mer-fleuri [002.021.041]

Mañana

Mañana, mañana
Tomorrow, morgen, zitra

Le navire surgit de l’espace-temps
Tous ses fulgurants crachant
Des flots de rayons énergétiques
Sur le vaisseau trans-galactique

L’écran de protection tint le coup
Les passagers exécraient contre ces fous
Ces pirates, ces parias, ces forbans
Qui s’attaquaient aux riches navires marchands

La victime put lancer un message sur hyper-onde
Qui parviendrait peut-être trop tard sur un monde
Bételgeuse, Altaïr, Arcturus, Nodus, Capella
Régulus, Rigel, Sirrius, Antarès ou Véga

Peut-être à de nombreuses années-lumières
Dans cet infini et merveilleux univers
Parviendra-t-il enfin à la Planète Mère
Depuis trois millénaire appelée Terre ?

Mais il fut capté par la garde de l’Empereur
Qui passant par là arriva sur l’heure
Faisant fuir le cruel oiseau de proie
Ce qui remplit les passagers de joie

L’Empire Galactique vivra
Nous Terriens avons du cran
Mais comme ce navire surgit du néant
Il n’est pour le moment je le crains
Qu’un songe de demain.
Mañana, mañana…

Biset Lermite
1978/05/08

Ah! L’optimisme de l’adolescence. C’était l’époque où je m’abreuvais de Asimov, Heinlein, Vance, de Fleuve-Noir et de Perry Rhodan. Je lisais une centaine de livres par année et je rêvais d’exploits lyriques dans un avenir sans limites. Encore une fois j’ai fait quelques petits changements (ajustement de métrique, changé un mot ou deux pour éviter les répétitions) mais sinon ce poème est tel que je l’ai écris alors que j’avais presque seize ans…

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Poésie du dimanche [002.021.038]

Les Royaumes Environnants 2

Empire Kouchan

Un peu plus à l’est de l’Empire Parthe (dont j’ai parlé la semaine dernière), se trouve un autre royaume avec lequel l’Empire romain a eut des relations commerciales et diplomatiques : l’Empire Kouchan — dont j’ai quelques pièces de monnaies. Les origines du peuple Kouchan remontent à une tribu indo-européenne Yuezhi (月氏), les Guishuang (貴霜, dont le nom occidentalisé deviendra “Kouchan”), qui vivait dans le bassin du Tarim (l’actuelle province chinoise de Xinjiang) avant d’être déplacé vers l’ouest au IIe siècle AEC — dans le grand jeu de boules des populations humaines — par les Xiongnu. Ils s’installèrent en Bactriane, déplaçant à leur tour vers le sud-est les populations du royaume hellénistique Gréco-Bactriens. Ils unifièrent d’abord sous leur bannière les cinq tribus Yuezhi, puis agrandirent leur territoire vers l’ouest en repoussant les tribus indo-scythes et conquérant le royaume indo-parthe, puis au sud dans la région de Gandhara (Indou Kush). À son apogée, au IIe siècle EC, l’Empire Kouchan s’étendra de la mer Caspienne à la vallée du Gange, et de la mer d’Aral jusqu’à l’embouchure de l’Indus, couvrant les actuels Afghanistan,  Pakistan et le nord de l’Inde. Vers le milieu du IIIe siècle, il sera absorbé par l’Empire perse des Sassanides au nord-ouest et par l’Empire Gupta au sud-est. Au IVe siècle, les derniers vestiges de l’Empire Kouchan formeront le Royaume kidarite.

L’Empire Kouchan était riche tant culturellement que économiquement. En plus de leur culture Tokharienne, ils ont intégré les cultures hellénistiques, indiennes et, dans une certaine mesure, persanes. Pour écrire ils utilisaient à la fois une version légèrement modifiée de l’alphabet grec ainsi que l’alphabet gāndhārī. Comme religion ils ont adopté l’hindouisme (particulièrement le culte de Shiva) et le bouddhisme. Le Gandhara était aussi un centre artistique où florissait l’art gréco-bouddhique. Finalement, l’Empire Kouchan était une plaque tournante de la Route de la soie, qui reliait l’Empire Romain à l’Empire Han. Il reprenait la route terrestre aux limites de  l’Empire Parthe mais aussi faisait la jonction avec la route maritime de l’océan Indien à travers la vallée de l’Indus. Ce commerce a fait grandement prospéré leurs trois grandes capitales administratives: Purushapura (Peshawar), Kapisa (Bagram) et Mathura. Les Kouchans ont aussi entretenu des relations diplomatiques tant avec les romains (les sources romaines mentionnent la visite d’une ambassade de Bactriane sous Trajan et Antonin le Pieux) que les Han (les sources chinoises, comme l’Encyclopédie Guanzi ou le Hou Hanshu, les mentionnent fréquemment).

Qui dit échanges commerciaux dit aussi échanges monétaires, et l’Empire Kouchan a produit une grande quantité de monnaie, surtout en or et en cuivre, avec très peu de pièces en argent. Les pièces de cuivre semblent avoir été frappé dans les ateliers des trois capitales régionales: Begram en Bactriane (où l’on retrouve le plus grosses pièces, faisant entre 12 et 16 g), Peshawar dans le Gandhara (8-10 g) et Mathura dans le nord de l’Inde (4 g). Je vous présente donc trois pièces kouchanes de ma collection. À noter que la chronologie des règnes est parfois controversés et change selon les sources.

Kadphises II (90-100 EC)

Ma première pièce est un beau tetradrachme (VG [very good], Cu [cuivre] / Ae [bronze] ?, 26 mm, 16.0403 g) typique du règne de Vima Kadphisès. L’avers représente le roi debout de face, la tête tournée à gauche, richement vêtu (portant un diadème avec de longs rubans, un grand bonnet, une tunique ouverte au genou et un pantalon bouffant), sacrifiant de la main droite devant un autel enflammé et la main gauche sur la hanche (tenant un sceptre? Le manteau? Sur le pommeau d’une épée?); dans le champs de chaque côté on retrouve un trident-hache à gauche et, à droite, une massue et un tamga (monogramme dynastique). L’inscription en grec bactrien (difficilement lisible) serait ΒΑϹΙΛΕΥϹ BACIΛEWN CWTHP MEΓAC ΟΟΗΜΟ ΚΑΔΦΙϹΗϹ (Basileus Basileuon Soter Megas Ooemo Kadphises / “Roi des rois Vima Kadphises le grand sauveur”). Le revers illustre Shiva (Oesho ?) drapé, debout de face et tenant un trident de la main droite, le bras gauche reposant sur la bosse du taureau Nandi derrière lui, à droite. Dans le champs, à gauche, il y a le symbole bouddhiste du Triratna ou un symbole Nandipada. L’inscription en scripte gāndhārī (illisible ici) reprendrait plus ou moins la titulature de l’avers: MAHARAJASA RAJADIRAJASA SARVALOGA ISVARASA MAHISVARASA VIMA KATHPHISASA TRADARA (Le grand roi, roi des rois, seigneur du monde, le Mahisvara (seigneur de la terre), Vima Kathphisa, le défenseur). Selon le poids de la pièce, elle aurait été frappé à Begram. C’est une intéressante pièce bilingue. Références: Wikipedia (FR/EN), Gardner #12-14 (pp.126-27), FAC.  Voir aussi ma fiche.

Vima Kadphisès (aussi appelé Kadphisès II ou Οοημο Καδφισης en grec bactrien) était le petit-fils de Kujula Kadphisès (30-80), le fils de Vima Takto (80-90) et le père de Kanishka (100/120-140/150). Il a mis en place une réforme monétaire basée sur le bimétallisme or / bronze (quoique, compte tenu de la couleur des pièces, le bronze devait contenir un très fort pourcentage de cuivre). Les pièces de bronze ont été frappées par millions et, comme les pièces d’or romaines et kouchanes ont le même poids (8 g), la très grande quantité de pièces d’or romaines résultant du commerce lucratif avec l’Occident était probablement fondue et refrappée à l’effigie du roi Kouchan. 

Huvishka (140/50-180/190 EC)

Cet assez beau tetradrachme (G [good], Cu [cuivre] / Ae [bronze] ?, 22 x 23 mm, 8.076 g, aux bords rognés possiblement pour se conformer à une réforme monétaire ultérieure) est une pièce de Huvishka. L’avers représente le roi (auréolé?) assis sur un éléphant à droite, tenant un ankuśa (aiguillon d’éléphant) et un sceptre avec l’inscription en grec bactrien (ici illisible) þAO þAONANO OOþKO KOþANO (Shao shaonano Ooishki Koshano / “Roi des rois, Huvishka le Kushan”). Le revers illustre Shiva (Oesho) nu, debout de face, avec seulement deux bras, tenant un trident (ou une lance?) dans la main droite et un autre object dans la gauche (selon les sources ce serait un flacon ou un vase (ou gourdin) avec une peau de lion (ou de cerf) — on retrouve un type similaire sur une pièce d’or de Vima Kadphisès en très bonne condition [troisième et quatrième illustrations]). Dans le champs on retrouve un tamgha (monogramme dynastique) à gauche et un symbol Nandipada à droite avec l’inscription en grec bactrien OKþO (Oesho). Considérant son poids, cette pièce aurait possiblement été frappé dans les ateliers du Gandhara.  Références: Wikipedia (FR/EN), Gardner #160 (p. 155), vcoins, vcoins, vcoins, FAC, CoinIndia, CoinArchives, A rough guide to Kushan history: The Devaluation of Huvishka’s Coinage [illustration de l’avers]. Voir aussi ma fiche.

Cet assez beau tetradrachme (G [good], Cu [cuivre] / Ae [bronze] ?, 22 x 25 mm, 16.023 g, aux bords rognés possiblement pour se conformer à une réforme monétaire ultérieure) est une autre pièce de Huvishka (illustré ici dans une intéressante posture — cette position, dites “du prince”, se retrouve plus tard dans l’art Indo-Oriental). L’avers représente le roi à demi-allongé sur un canapé ou un trône, le corps entier auréolé, la jambe gauche pendante, avec l’inscription en grec bactrien (ici illisible) þAO þAONANO OOþKO KOþANO (Shao shaonano Ooishki Koshano / “Roi des rois, Huvishka le Kushan”). Le revers illustre la divinité lunaire Mao, debout à gauche, avec des croissants lunaires sur les épaules, tenant la main droite en bénédiction et tenant le pommeau de son épée avec la main gauche. Dans le champs on retrouve à gauche un tamgha (monogramme dynastique) et à droite l’inscription en grec bactrien MAO. Considérant le poids de la pièce, elle aurait été frappé à Begram.  Références: Wikipedia (FR/EN), Gardner #176 (p. 157), vcoins, vcoins, vcoins, CoinIndia, A rough guide to Kushan history: The Devaluation of Huvishka’s Coinage [illustration du type]. Voir aussi ma fiche.

Huvishka (Οοηϸκι / “Ooishki” en grec Bactrien) était le fils et le successeur de Kanishka (lui même fils de Vima Kadphisès), qui par ses conquêtes contribua à l’expansion de l’Empire Kouchan. Son règne fut relativement paisible, consistant surtout en une période de consolidation qui formera l’âge d’or de l’Empire. Il vénérait le culte de Shiva mais aurait aussi adopté le bouddhisme mahāyāna. C’est sous son règne que l’on a frappé la plus grande quantité de pièces d’or (presqu’autant que tout les autres monarques combinés) avec une grande variété de types. Toutefois, pour les pièces de bronze, on retrouve que trois types d’avers (le roi assis sur un éléphant, ou allongé sur un canapé (ou trône), ou assis les jambes croisées sur un coussin) conjugés avec une dizaine de types de revers illustrant une divinité debout (Ardoksha, Athsho, Herakles, Mao, Miiro [Mithra], Nana, Oedo, Oesho [Shiva] et Pharro), flanquée d’un symbole dynastique à gauche et du nom de la divinité à droite. On constate également le début d’une influence persane puisque le titre de roi n’est plus ΒΑΣΙΛΕΥΣ (basileus en grec) mais þAO (shah).

Ces pièces nous ouvrent une porte sur tout un autre monde, une riche civilisation. Je dois toutefois avouer que cet aparté sur les royaumes environnants de l’Empire Romain a été particulièrement difficile à rechercher et à écrire. La semaine prochaine, je continue dans ma zone de confort avec un retour sur la dynastie des Julio-Claudiens.

Sources: Wikipedia [Empire Kushan (FR/EN), peuple Kushan, art Kushan (FR/EN), Kushan coinage, Vima Kadphises (FR/EN), Huvishka (FR/EN)],  Google, vcoins, coinweek, CoinArchives, FAC, FAC, Coin Galleries: Huvishka, Coin Galleries: Vima Kadphises, Columbia, Coins of Kushana dynasties (Google: Indian Coins & History), The Crowns on Kanishka’s Bronze Coins, Kushan History, Beast Coins, Encyclopaedia Iranica (Kushan dynasty, Coinage, Huviska), A rough guide to Kushan history, Met Museum of Art.

Bibliographie:

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Monnaies anciennes 24

Centaurea

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0961Les Centaurées (aussi appelé en anglais knapweeds, basketflowers ou Cornflower) sont un genre de plantes herbacées à fleurs (Magnoliophyta ou Angiospermae), de l’ordre des Asterales, de la famille des Asteraceae (aussi appelé les “composées” car leur inflorescence est formé d’un capitule composé de nombreuses fleurs minuscules) et de la sous-famille des Carduoideae. Ce genre comprend plus de cinq cents espèces, la plupart similaires aux chardons et cirses mais avec des feuilles non épineuses. Le nom est inspiré de la mythologie grecque et fait référence à une anecdote où le centaure Chiron se serait soigné avec cette plante médicinale alors qu’Heracles l’aurait blessé d’une de ses flèches. Les centaurées sont très nectarifère et attirent donc beaucoup les insectes, comme les papillons, et les larves de nombreuses espèces de lépidoptères s’en nourrissent. En plus de son usage mellifère et pollenisateur, les agriculteurs s’en servent parfois pour former des bandes à coléoptères afin d’attirer des insectes nuisibles loin des cultures. C’est une plante adventice robuste. Certaines espèces sont toxiques (notamment pour les chevaux) d’autres ont des propriétés médicinales (antioxydant) ou culinaire (bouilli ou pour donner de la saveur à des liqueurs), mais elles sont principalement utilisées comme plantes ornementales. Elles sont caractérisées par leurs fleurs violettes rosées à franges enroulées, auxquels les pétales déchiquetées donnent une apparence de chardon. Dans ce cas-ci, le nom précis de l’espèce n’est pas mentionné mais, selon diverses sources, le cultivar ‘Caramia’ appartiendrait soit à la Centaurea polyphylla, à la Centaurea polycephala ou encore à la Centaurea montana (Centaurée des montagnes ou Mountain Coneflower en anglais). Sources: Wikipedia [FR / EN], divers sites horticoles (dont Jardins Michel Corbeil).

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Image du mer-fleuri [002.021.034]

Dit moi…

Dit moi pourquoi je suis de ce monde
Dit moi pourquoi tout m’est immonde
Dit moi où il faut mettre l’apostrophe
Dit moi… car je finirai en catastrophe

Dit moi où est la fin de l’univers
Dit moi avant la fin de ce vers
Dit moi quand la fin du monde
Dit moi… car je suis dans l’encombre

Dit moi où vais-je mourir
Dit moi pourquoi souffrir
Dit moi pourquoi cette terre
Dit moi pourquoi l’univers

Dit moi pourquoi
Pourquoi je suis là
Et aussi pourquoi toi
Pourquoi tu n’y es pas

Mais j’ai toujours la foi
Si tu ne dit rien parfois
Que tu me diras, moi
Me dira pourquoi…

Biset Lermite
1972

J’ai fait quelques petits changements pour améliorer des rimes très pauvres (répétitions de monde et moi, entre autres) mais dans l’ensemble ce poème est tel que je l’ai écrit à l’âge de dix ans…

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Poésie du dimanche [002.021.031]

Les Frères Karamazov

FreresKaramazovIwashita-covL’exubérant et avide Fiodor Karamazov a été assassiné. La disparition de ce chef plonge le reste de la famille dans un combat de coq. Quel sens donner à l’existence de Dieu ? A ce qui est admissible ou pardonnable ? Et qui est l’assassin ? Les Frères Karamazov, l’un des piliers de l’oeuvre de Dostoïevski, est superbement adapté dans un manga au trait puissant.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

FreresKaramazovIwashita-p038

Page 38

Les Frères Karamazov (カラマーゾフの兄弟 / Karamazov no Kyödai) est l’adaptation en manga du chef d’oeuvre littéraire de Dostoïevski publié en japonais par Kôdansha en juin 2018 (reprenant l’édition de novembre 2010 par Nihon Bungeisha) et traduite en français dans la collection Kuro Savoir de Kurokawa. Celle-ci offre un concept très similaire à la collection Soleil Classique qui traduisait des adaptations de classiques de la littérature publié dans la collection manga de dokuha (まんがで読破) de l’éditeur japonais East Press — dont j’ai déjà parlé. De la même façon, la collection Kuro Savoir traduit en français des titres de la série Manga Academic Bunko (まんが学術文庫) de Kôdansha. La qualité tant des adaptations que du dessin semble meilleurs que ce que produit East Press (ce qui expliquerait peut-être la disparition de la collection Classique de Soleil). Au Japon, Les Frères Karamazov a déjà connu deux autres adaptations en manga: l’une par Yumi OKIKAWA (chez Gentosha Comics) en 2010 et l’autre dans la collection manga de dokuha en 2008.

Je n’ai pas lu l’oeuvre de Dostoïevski car j’ai toujours trouvé que la littérature russe me donnait des migraines. C’est une oeuvre compliquée mais il semble que l’adaptation de Hiromi Iwashita en résume bien les grandes lignes. Fiodor Karamazov est un noble parvenu, avide et débauché qui ne s’entend guère avec ses trois fils: Mitia (un ancien militaire, indépendant et avide, qui courtise la même femme que son père), Ivan (un athée imperturbable et sarcastique) et Aliocha (un moine novice d’une nature naïve et généreuse) — et l’on découvre au cours du récit qu’il y a un quatrième fils, illégitime. Ils représentent les archétypes russes et sont tous torturés par des problèmes d’argent, de coeurs, de conscience ou de jalousie… Lorsque le père est assassiné ils s’accuseront les uns les autres. Le récit développe de nombreuses intrigues et histoires parallèles, tout en explorant des questions philosophiques et existentiels sur l’existence de Dieu, le libre arbitre, et la moralité.

Le récit est complexe et parfois un peu difficile à suivre mais demeure fort intéressant. Le dessin, sans être extrêmement sophistiqué, est clair et précis. C’est une bonne lecture, intéressante et tout de même divertissante. Toutefois, le principal intérêt de ce genre d’ouvrage est de rendre plus accessible une littérature et des concepts qui ne retiendraient jamais l’attention des jeunes lecteurs s’ils n’étaient pas présenté sous une forme plus appétissante et plaisante, comme celle d’un manga. Et Les Frères Karamazov rempli bien cet objectif en nous offrant une agréable introduction à ce classique Russe.

Les Frères Karamazov par Fiodor Dostoïevski et Hiromi Iwashita. Paris: Kurokawa (Coll. Kuro Savoir), janvier 2020. 320 pages, 12.8 x 18.2 cm, 6,80 € / $12.95 Can., ISBN 978-2-368-52877-8. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2018 Hiromi Iwashita. All Rights reserved.

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Les fleurs de la mer Égée, vol. 1

FleursMerEgee-1-covDeux jeunes filles en marge de leur époque embarquent pour le voyage d’une vie ! 

À Ferrare, dans l’Italie du XVe siècle, Lisa ne rêve que de voyager à travers le monde. Alors que les jeunes filles de son âge cherchent un mari et ne pensent qu’à la romance, elle est passionnée par les objets exotiques. Un jour, elle rencontre Olha, une jeune fille de Qirim (Crimée actuelle), qui cherche à se rendre sur l’île de Crète pour y retrouver sa petite soeur. Lisa, bien déterminée à lui venir en aide, se met en tête d’embarquer avec elle. Un voyage plein d’aventures et de découvertes commence alors pour les deux jeunes filles ! 

Une grande découverte culturelle aux dessins somptueux ! Préparez-vous à une aventure inoubliable avec Les Fleurs de la Mer Égée ! Deux héroïnes pétillantes vont traverser le bassin méditerranéen en découvrant ses richesses et son histoire. Lisa, une jeune fille en quête de voyage et Olha qui recherche désespérément sa petite sœur, vont vous faire découvrir des lieux et des cultures d’une richesse incomparable. 

Chaque page regorge d’informations sur l’art, la gastronomie ou encore les coutumes du XVe siècle. Les dessins d’Akame Hinoshita sont de toute beauté et retranscrivent à merveille les splendeurs des villes comme Venise ou encore Split. Lisa et Olha, par leur fraicheur et leur curiosité nous font penser bien évidemment à une autre de nos héroïnes : Arte ! Elles portent le récit sur leurs épaules et on s’émerveille à chaque page avec elles. Les Fleurs de la Mer Égée va vous transporter dans une époque passionnante de l’histoire à travers le regard de deux héroïnes attachantes que vous aller adorer !

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

FleursMerEgee-1-p003

Page 3

Les fleurs de la mer Égée (エーゲ海を渡る花たち / Aege-kai wo Wataru Hana-tachi / Lit. “Fleurs traversant la mer Égée”) a été serialisé dans Comic Meteor et publié en volumes chez Softbank – Flex Comic en 2018. C’est une série complète en trois volumes qui ont été traduit en français chez Komikku Éditions.

Un autre manga historique que j’ai pris au hasard parce que cela me semblait intéressant. L’histoire n’est pas toujours vraisemblable (elle est chanceuse la demoiselle de pouvoir voyager comme ça) mais suffisamment bien écrite pour garder l’attention du lecteur. L’auteur a effectué beaucoup de recherches et présente beaucoup d’information historiques et géographiques qui malheureusement alourdissent parfois un peu le récit. Le début de la renaissance est une période fascinante et, en cet aspect, ce manga me rappel un peu Césare mais avec beaucoup moins d’action. Étrangement, c’est considéré comme un manga seinen alors que j’aurais plutôt crû que c’était un shojo… Le dessin est agréable à l’oeil et bien détaillé, avec parfois une petite touche d’humour lorsque les personnages ont des expressions rigolotes.

C’est intéressant, informatif et cela se lit bien. Une bonne lecture pour passer le temps.

Les fleurs de la mer Égée, vol. 1 par Akame Hinoshita. Paris: Komikku Éditions, février 2020. 170 pg (168 pl.), , 13 x 18 cm, 8,50 € / $15.95 Can., ISBN 978-2-372-87491-5. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWorldCat ]

© Akame Hinoshita 2019. © Komikku Éditions 2020 pour la version française.

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Les Royaumes Environnants 1

L’Empire Romain a accompli son expansion au détriment de peuples dit “barbares” (aux yeux de Romains) qui ont été soit conquis, soit repoussés. Lorsque l’Empire a atteint son expansion maximale il lui a fallut de constantes campagnes militaires pour maintenir ses frontières. Les trois principaux fronts ont été la Bretagne (contre les Pictes), le nord de l’Europe (les provinces de Germanie Inférieure et Supérieure, Rhétie, Norique, Pannonie, Dacie & Mésie où les Romains affrontent une grande variété de tribus germaniques telles les Marcomans, les Quades, les Sarmates, les Alamands, etc.) et le front orientale (principalement contre les Parthes). Avec le temps les frontières se sont plus ou moins stabilisées autour de lignes de fortifications (comme les murs d’Hadrien et d’Antonin en Bretagne) ou des barrières naturelles (comme le fleuve Danube ou le Rhin en Germanie). Et même malgré cela l’Empire a subit un assaut constant de populations qui désiraient reconquérir les territoires perdus ou simplement participer aux richesses de l’Empire. Au IIIe siècle, les frontières sont devenu peu à peu poreuses, permettant à une certaines quantités de migrants de s’assimiler, puis, aux Ve et VIe siècles, elles ont complètement cédé pour permettre à des peuples “barbares” (Goths, Vandales, Huns, Wisigoths, Ostrogoths, Francs, Lombards, etc.) d’envahir et d’occuper l’Empire d’Occident.

La plupart de ces peuples possédaient une civilisation relativement frustre et n’avaient ni écriture, ni système monétaire. Ce n’était toutefois pas le cas des royaumes orientaux, comme les Parthes, qui possédaient déjà une civilisation assez sophistiquée et qui avaient largement bénéficier de l’influence hellénistique suite aux conquêtes d’Alexandre. Je voudrais donc m’attarder un instant sur quelques uns de ces royaumes environnants qui ont été tout à la fois ennemis et partenaires commerciaux de l’Empire.

Empire Parthe 

D’abord, une brève histoire de l’Empire Parthe. Il aurait prit naissance vers 247 AEC lorsque Arsace Ier, le chef des Parni (une tribu scythe d’Asie Centrale [Indo-Européennes], établie entre la mer Caspienne et la mer d’Aral), décide d’agrandir son territoire. Il conquiert d’abord, vers 238 AEC, la province Parthe (Parthie) que le satrape Andragoras venait de déclarer indépendante de l’Empire séleucide et il fonde la dynastie des Arsacides. Profitant de la secession du Royaume gréco-bactrien et du fait que l’Empire séleucide est au prise successivement avec l’Égypte ptolémaïque et la République romaine, l’Empire Parthe, sous Mithridate Ier (171-135 AEC), conquiert éventuellement l’Hyrcanie, la Médie, la Mésopotamie, l’Élymaïde, la Characène et l’Arménie, pour s’étendre de l’est de l’Indus jusqu’à la Syrie. Au travers de nombreux conflits (dont la guerre parthique de Lucius Verus que j’ai déjà mentionné), les empires Parthe et Romain se disputent l’Arménie, la Mésopotamie et l’est de la Syrie. Affaiblie par ses guerres avec Rome et de nombreux conflits internes, l’Empire Parthe est remplacé par celui des Sassanide en 224 EC. Riche d’un mélange de culture hellénistique, iranienne et arménienne, l’Empire Parthe s’est imposé — grâce à la route de la soie — comme une plaque tournante du commerce entre Rome et la Chine des Han. 

Vologese III (110-147)

Mon intérêt pour les pièces de monnaies Parthes m’est venu de mes recherches sur Lucius Verus et le fait qu’il ait mené campagne contre les Parthes en 161-166. J’aurais aimé mettre la main sur une pièce du roi Parthe de cette époque (Vologèse IV, 147-191) mais il semble que la pièce que j’ai acquise en est plutôt une de son prédécesseur, Vologese III (110-147). Fils de Pacorus II, son règne est caractérisé par une série de conflits où il doit d’abord affronter l’usurpateur Osroes Ier puis, après que ce dernier ait violé le traité de Rhandeia avec les Romains, il doit combattre les troupes de Trajan qui envahissent son territoire en représailles. Il doit également répondre à l’expansion de l’Empire Kushan à l’est et à une invasion des Alains au nord. Vologèse IV, fils de l’usurpateur Mithridate V, lui succède en 147.

IMG_8254-8255Ce très très beau drachme (VF [very fine], AR [argent], 18.0 x 18.5 mm, 3.330 g, payé $85 le 1985/05/03) nous offre un avers qui ne comporte aucune inscription mais simplement une représentation du monarque (si je me fie aux détails de l’apparence, qui correspond au type 78 [variante 78.3b] de la classification de Sellwood, ce serait vraisemblablement un portrait de Vologese III — quoique dans certains textes il peut y avoir une possible confusion entre Vologèse III (105-147, qui fut anciennement numéroté II) et Vologèse IV (147-191, qui fut anciennement numéroté III)). Il s’agit d’un buste, regardant à gauche, coiffé d’une tiare carrée (faite de quatre lignes horizontales, surmonté de neuf pointes), avec une longue barbe pointue (composée de six lignes), une coiffure composée de trois niveaux de vagues de cheveux (quatre lignes et deux fois cinq lignes), portant un diadème (avec une boucle double en haut et trois extrémités pendantes), une boucle d’oreille, et un collier (fait de 3 lignes à peine visibles). Le portrait est entouré d’une bordure de points (absente pour la moitié inférieure).  

Le revers est plus compliqué et est typique du début du IIe siècle. Il représente un archer assis à droite sur un trône (mais qui n’est pas illustré) tenant un arc, entouré d’une légende grecque maladroite (composée de sept lignes de texte: deux en haut [une partiellement visible], deux en bas et à gauche [une invisible], et une à droite). Sous le siège de l’archer, il y a un +, et sous l’arc on retrouve un monogramme (numéro 26 selon la classification de Babelon?) qui indique que la pièce a été frappée à l’atelier d’Ecbatane. L’inscription, qui serait commune aux pièces de Vologèse II (78-80), III (110-147) et IV (147-191), se lit ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΒΑΣΙΛΕΩΝ / ΑΡΣΑΚΟΥ ΟΛΑΓΑΣΟΥ / ΔΙΚΑΙΟΥ / ΕΠΙΦΑΝΟΥΣ ΦΙΛΕΛΛΗΝΟΣ (BASILEOS BASILEON ARSAKOU [W]OLAGASOU DIKAIOU EPIFANOUS FILELLINOS) et se traduirait “Roi des rois Arsace, [V]ologèse [Walagaš], juste, glorieux, philhellène [Ami des Grecs]”. 

Aucun élément ne nous permet de dater la pièce avec plus de précision que les dates du règne de Vologèse III (110 à 147 EC) et encore, la confusion sur le nom de celui-ci (Vologèse II? III? IV?) ou même sur la date du règne (soit 110-147 ou 147-191), rends cette identification incertaine. Toutefois, nous sommes sûr qu’il s’agit d’une pièce du IIe siècle.

C’est intéressant comment une simple pièce de monnaie peut nous amenez à découvrir toute une civilisation ancienne.

Sources: Wikipedia [Empire Parthe, Monnaie Parthe, Vologèse FR / EN; note: il y a une différence importante entre les deux versions!], Google, Sear GIC 5830/31; BMC 23.186,66/72, BMC 23.217,1; Sellwood 78; MA-Shop, MA-Shop, CoinArchives, CoinsHome, Parthika, Parthika (Types S.73 à 81), FAC (Parthia, Parthian Coins, Doug Smith’s Parthian Silver Drachms), Parthia (Parthian Coins, Identification, Monograms, Inscriptions, Vologases III). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

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Monnaies anciennes 23

Zinnia marylandica

DSC_0932

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0933Le Zinnia du Maryland est une espèce de plante herbacée à fleurs de la classe des Magnoliopsida, de l’ordre des Asterales, de la famille des Asteraceae, de la tribu des Heliantheae (comme les tournesols) et du genre Zinnia (qui regroupe une vingtaine d’espèces qui ont été développées en une centaine de cultivars). Dans ce cas-ci il s’agit du cultivar “Double Zahara Raspberry Ripple”. Les zinnias sont des annuelles caractérisées par leurs feuilles lancéolées et des fleurs à gros capitules qui attirent beaucoup les papillons. C’est une fleur décorative très appréciée à cause de sa grande variété de couleurs et de formes. (Source: Wikipedia [FR/EN], divers sites d’Horticulture)

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Images du mer-fleuri [002.021.027]

Nos Compagnons (Taniguchi)

NosCompagnons-covCe livre réunit les récits de Jirô Taniguchi consacrés aux chiens et aux chats.

C’est la disparition de son chien qui a poussé Jirô Taniguchi à écrire le premier chapitre de cette anthologie, comme une étape logique dans son processus de deuil. Si l’auteur est connu pour ses délicates fresques humaines, Nos Compagnons se penche sur les liens forts unissant le maître et l’animal, unis dans la vie comme dans la mort.”

“C’était juste un chien… Mais ce que nous venions de perdre, c’était beaucoup plus que ça. Et ce qu’il nous avait laissé, c’était encore plus.”

“Dans Nos compagnons, Jirô Taniguchi donne à voir et à ressentir l’indéfectible amitié qui nous lie à nos animaux domestiques. L’attachement, la complicité et la tendresse qui naissent et grandissent au fil de journées rythmées par des petits rituels et des joies simples, puis l’inévitable déchirement de la séparation. Par sa mise en scène du quotidien, tout en retenue et en attention portée à ce qui parait insignifiant de prime abord, Jirô Taniguchi saisit l’essence du lien qui nous unit à ces véritables partenaires de vie.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Cette anthologie thématique posthume reprends des récits déjà publiés dans Terre de rêve (犬を飼う / Inu o kau / lit. “Élever un chien”, publié au Japon en 1991-92 et en français chez Casterman en 2005) et republiés dans Une anthologie (谷口ジロー選集 : 犬を飼うと12の短編 / Taniguchi Jirō Senshū: Inu o kau to 12 no tanpen / lit. “Sélection de Jirō Taniguchi: Élever un chien et 12 histoires courtes” publié au Japon en 2009 et en français chez Casterman en 2010 — que j’ai déjà commenté).

Dans “Avoir un chien” (犬を飼う / Inu o kau / lit. “Élever un chien”; 40 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 25 juin 1991), un jeune couple déménage à la campagne afin d’avoir un chien. Après plus de quatorze ans, celui-ci devient faible pour finalement mourir des suites d’une longue maladie. L’histoire illustre les joies de prendre soin d’un animal mais aussi la douleur que cause sa perte.

 

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Dans “Et maintenant… un chat” (そして…猫を飼う / Soshite… neko o kau / lit. “Et … garder un chat”; 26 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 25 décembre 1991), un an après la disparition de Tam, le jeune couple adopte une chatte persane suite à la recommandation d’une voisine. Ils la nomment Boro (chiffon) et, après une période d’acclimatation mutuelle, elle leur donne une portée de chatons et peut-être le bonheur. Il semble que Taniguchi a effectivement eut un chien qui est mort en 1990, suivi d’une chatte persane nommée Boro!

Dans “Vue du jardin” (庭のながめ / Niwa no nagame / lit. “Vue sur le jardin”; 24 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 10 avril 1992), le même jeune couple découvre toutes les difficultés que représente trouver preneurs pour des chatons. Aussi, ils partent à la recherche du vieux chien aveugle d’une voisine. Il sera retrouvé mais mourra tout de même six mois plus tard, entouré des soins de sa maîtresse. En bout de ligne, le couple ne donnera qu’un chaton, à une petite voisine, et conservera trois chats!

Dans “Quelques jours à trois” (三人の日々 / San’nin no hibi / lit. “Journées à trois”; 28 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 25 septembre 1992), le jeune couple reçoit la visite surprise d’Akiko, une nièce de douze ans, qui a fait une fugue. Son père est décédé cinq ans plus tôt et sa mère songe à se remarier et cela trouble la jeune fille. Elle passe ainsi la dernière semaine des vacances d’été à mener une vie de famille normale: jouer avec les chats, pic-niquer, se lancer la balle, aller voir un match de baseball, etc., puis retourne chez elle. Dorénavant tout ira pour le mieux.

Dans “Une lignée centenaire” (百年の系譜 / Hyakunen no keifu / lit. “Généalogie de 100 ans”; 36 pages, originalement publié dans Big Comics 1 de Shôgakukan le 12 avril 2009 et publié en français pour la première fois dans Une anthologie), la chienne Hana donne naissance à cinq petit chiots. C’est l’occasion pour Kimiko, la grand-mère, de raconter à sa petite-fille l’histoire de cette longue lignée de bergers allemands, qui failli, une fois pendant la 2e guerre mondiale, être interrompue. La lignée remontait à Günter, un berger allemand qu’un architecte prussien avait donné à son grand-père, un médecin militaire, à la fin de l’époque Meiji (1912). Kimiko avait grandie avec Belle, une chienne de la cinquième génération. Malheureusement, elle fut réquisitionnée par l’armée japonaise en 1943 pour contribuer à l’effort de guerre. Mais, après la guerre, elle ne revint pas. La vie reprit peu à peu son cours normal et la famille ouvrit une petite pension pour survivre dans l’économie difficile de l’après-guerre et Belle fut oubliée… jusqu’à ce que Kimiko entendes parler d’un article de magazine racontant l’histoire d’un soldat américain et de son chien Japonais!

Nos compagnons nous offres de belles histoires touchantes, dessinées dans un style agréable et fluide. Ce recueil nous permet donc de relire Taniguchi qui, malgré sa disparition, reste un des mangaka les plus appréciés en Europe. Une très bonne lecture pour les amateurs de chiens et chats et une excellente occasion de découvrir Taniguchi si vous ne le connaissez pas déjà.

Nos compagnons, par Jirô Taniguchi (Traduction par Patrick Honnoré). Paris: Casterman (Coll. Écriture), octobre 2019. 160 p. (154 pl.), 17 x 24 cm, 16.95 € / $C 32.95. ISBN 978-2-203-19329-1. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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©  1991, 1992, 2009, PAPIER / Jiro TANIGUCHI.

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Le poète du dimanche est de retour. Mais comme mon vieux cerveau engourdi ne peut plus cracher que des tanka et des haïku, je ressort des vieilleries. Cette semaine, en cherchant des vieux papiers dans mes boites, je suis tombé sur un cahier de poésie datant des années ’70. Le plus ancien de ces poèmes date de 1972, alors que je n’avais que dix ans. On y voit que mes goûts pour la SF, la philosophie, le morbide et l’Histoire ne datent pas d’hier. La plupart de ces poèmes de jeunesse sont plutôt moches, mais il y a tout de même quelques perles oubliées que je vais vous présenter dans les prochaines semaines…

Je débute avec cette fable de 1975, évidemment inspirée d’Ésope et de Jean de La Fontaine :

L’archéologue et la momie

Dame momie dans son sarcophage couchée
Gardait un secret qui la rendait folle
Maître archéologue, passant par là, intrigué
Lui dit à peu près ces paroles:

“Bonjour, ma dame momie
Que vous êtes bien conservée et que vous êtes jolie
Sans rien vous cacher, si votre bandage
Se rapporte à votre coffrage
Vous êtes le phénix de toute l’Égypte ancienne !”

À ces mots, la momie en peine
Pour montrer ses ornements d’or
Lui mit sous le nez ses trésors

L’archéologue s’en saisit en disant: “Ma chère soeur
Apprenez que tout bon chercheur
Vit au dépend de celui qui détient les secrets
Cette leçon vaut bien un peu d’or, et c’est bien fait !”

Dame momie, pleurant des larmes de numides
Décida, mais un peu tard, qu’elle vivrait dans une pyramide

Biset Lermite
1975/04/03

Je trouve cette fable plutôt amusante. J’ai toutefois fait quelques modifications: j’ai changé “resta figé” par “intrigué”, j’ai remplacé “ornage” (qui n’existe pas) par “coffrage” et l’ai interverti avec “bandage” et j’ai choisi de mettre “larmes de numides” au lieu de “larmes humides” qui fait un peu enfantin (quoi que “larmes de numides” ne veut rien dire non plus mais cela semble moins bête). À l’époque je signais mes poèmes “Biset Lermite” — qui sonnait comme “Bernard-l’hermite” et évoquait l’image d’un pigeon des plus communs et solitaire. C’est bien sûr inspiré de la fable de La FontaineLe Corbeau et le Renard” (elle même volée à Ésope et à Phèdre). C’est pas génial mais c’est tout même pas trop mal pour un gamin de presque treize ans…

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Poésie du dimanche [002.021.024]

Isabella Bird 6

IsabellaBird-6-covIto s’est enfin décidé à révéler à Isabella qu’il était lié par un précédent contrat. Pour lui, la route s’arrêtera au port d’Akita ! Sans ses multiples talents, c’est tout le périple qui pourrait être compromis… Le jeune homme en est conscient : taraudé par la culpabilité, il a bien du mal à se reposer.

Pourtant, son employeuse ne semble pas affectée outre mesure… On dirait au contraire qu’elle a retrouvé son entrain ! Après tout, les deux voyageurs ont encore du chemin à parcourir avant d’arriver à destination… Qui sait ce que l’avenir leur réserve ?

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le septième, est paru au Japon en août 2020 et en France en décembre 2020.

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Dans le premier chapitre de ce sixième volume, Ito est surpris de l’enthousiasme de Miss Bird même après qu’il lui ait annoncé qu’il devra quitté l’expédition lorsqu’ils arriveront à Akita. À la ville-étape de Innai, ils rencontrent un jeune docteur japonais, Kobayashi, qui étudie la médecine occidentale et s’est donné pour mission de guérir le Béribéri. Cette maladie cause une paralysie des jambes et on la croit contagieuse, mais le Dr. Kobayashi croit qu’elle est en fait due à une déficience alimentaire liée à la consommation de riz blanc et la traite en prescrivant une diète de mugimeshi (un mélange de blé et de riz complet).

Lorsqu’ils arrivent à l’étape suivante, Yuzawa, un incendie fait rage. C’est l’occasion pour Miss Bird d’apprendre comment les pompiers japonais travaillent. Les maisons sont démolies pour éviter que l’incendie se propage et, comme elles sont construite très légèrement, elles sont rapidement rebâties par la suite. Miss Bird s’étonne également de l’incroyable résilience des habitants qui acceptent le drame comme une chose parfaitement naturelle.

Le lendemain (19 juillet de l’an 11 de l’ère Meiji [1878]), Miss Bird trouve des papiers dans la rivière. Il s’agit d’un registre comptable qu’un commerçant aura probablement jeté à la rivière pour le protéger des flammes. Elle est surprise par la résistance du papier, alors ils font un détour par le hameau de Jumonji pour visiter un atelier de fabrication de papier “kamisuki.” L’écorce d’un mûrier “kozo” est pilonnée pour faire une pâte à laquelle on ajoute une glue tirée d’un hortensia “noriutsugi”. La pâte est ensuite coulée dans une sorte de tamis “sukisu” pour être séchée au soleil. Le résultat est un papier extrêmement résistant. 

Sur la route d’Ushu, Ito et Miss Bird rencontre un homme qui a un malaise. Ils le ramènent à la maison dont il est le serviteur dans le village de Rokugo. La maîtresse de la maison, Yuki, leur apprend que son époux vient de mourir mais les invite quand même à partager son hospitalité. Malgré le drame, Yuki est très forte et sourit pour cacher son chagrin. Miss Bird assiste au rituel du lavement du corps (yukan), puis on rase le crâne du défunt, et l’habille d’un yukata couvert d’idéogrammes—des sutras qui aideront le défunt à voyager dans l’autre monde. Ensuite c’est la cérémonie de fermeture du cercueil, que l’on fait passer sous une arche de roseaux, puis c’est la mise en terre. Yuki leur parle un peut de son époux. Plus tard, Ito tente de convaincre Miss Bird de remettre le voyage vers Ezo à plus tard, lorsque la température sera plus clémente, mais elle lui dit que c’est impossible. Cette expédition est son ultime aventure car elle a l’intention de se marier à son retour en Angleterre!

Sans trop savoir pourquoi, le dessin m’apparaît légèrement différent, mais toujours aussi détaillé et agréable. Le dessinateur semble prendre de l’expérience. Malgré cela, ce volume ne me semble pas aussi bon que les précédents. C’est peut être que l’originalité du récit s’estompe un peu plus avec chaque nouveau volume. Ou alors c’est le fait que le récit m’apparait un peu artificiel et pédagogique. Il est moins anecdotique que les volumes précédent, chacun des chapitres se concentrant plutôt sur quatre grands thèmes (le Béribéri, les pompiers, le papier japonais et les rituels funéraires). Je remarque également qu’il n’y a aucune scène où Miss Bird écrit à sa soeur, ce qui serait peut être la façon de l’auteur de montrer que cette partie du récit est originale et non pas inspirée de l’oeuvre de Miss Bird. En effet, j’ai lu le récit original de Bird et je ne me souviens pas d’y avoir vu aucune des anecdotes racontées dans ce volume. Avec une histoire principalement fictive, l’auteur en profite pour ajouter sa propre description du Japon de cette époque mais il le fait d’une façon peut-être un peu trop didactique…

Ceci dit, cela reste une très bonne lecture et un sujet fascinant pour tout amateur de mangas historiques et d’histoire japonaise. 

Isabella Bird, femme exploratrice T06 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), septembre 2020. 224 pg (206 pl.), , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0664-0. Pour lectorat jeune (7+). stars-3-5

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© 2018 Taiga Sassa. All Rights reserved.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

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Les femmes romaines (6)

Theodora

J’ai plusieurs pièces byzantines, généralement en piètre état, et celle-ci est donc probablement l’une des rares dont je vais vous parler. Considérant l’état de la pièce, son identification est incertaine. Quoi qu’il en soit c’est une occasion pour moi de parler d’une femme qui n’a pas seulement été l’épouse d’un empereur mais qui a véritablement régner sur Constantinople. 

Bien sûr, lorsque l’on parle de l’impératrice Theodora, il faut faire attention de ne pas la confondre avec la demi-douzaine d’impératrices byzantines qui ont porté le même nom, dont la plus célèbre est sans aucun doute l’épouse et co-imperatrice de Justinien (527-548) — mais il y a aussi, entre autres, l’épouse de Constance 1er (293-306) et l’épouse de Théophile (830-842). Dans ce cas-ci il s’agirait d’une pièce de l’impératrice Théodora Porphyrogénète, qui fut la dernière descendante de la dynastie macédonienne à régner sur le trône de Constantinople.

Theodora III Porphyrogenita (Θεοδώρα Πορφυρογενίτη) est la plus jeune des trois filles de l’empereur Constantin VIII: Eudoxie (qui prend le voile jeune après avoir souffert de la petite vérole), Zoé (née vers 978) et Théodora (née vers 980). Pour assurer sa succession, son père marie d’abord Zoé à un vieux sénateur, Romain III Argyre, avec qui elle est co-impératrice de novembre 1028 à avril 1034. Zoé, jalouse de sa soeur Théodora (qui était, dit-on, plus belle et plus intelligente), l’accuse de comploter contre elle et l’exile au monastère de Petrion. À la mort de son époux, Zoé se remarie à Michel IV (avec qui elle continue de régner de avril 1034 à décembre 1041). Lorsque celui-ci décède à son tour, elle adopte son neveu, Michel V (décembre 1041 à avril 1042), mais celui-ci l’exile pour prendre le pouvoir seul. Toutefois, une révolte populaire le force à fuir et le peuple réclame le retour de Théodora pour qu’elle partage le pouvoir avec Zoé. La bonne entente ne durera cependant que trois mois. Zoé se marie pour une troisième fois à Constantin IX, avec qui les deux soeurs partagent le pouvoir de juin 1042 à juin 1050. 

À la mort de Zoé, Théodora retourne au couvent et Constantin IX règne seul jusqu’à sa mort en janvier 1055. Théodora revient alors à Constantinople où elle peut enfin régner sans avoir à partager le trône. Elle tient les rênes du pouvoir d’une main ferme: elle préside le sénat, fait une purge parmi les hauts fonctionnaires et le commandement militaire (les remplaçant par ses propres eunuques), contrôle les excès des nobles et s’ingère même dans le choix des évêques — ce qui lui attire de nombreux ennemis. Ne s’étant jamais marié, elle n’a aucun successeur désigné lorsqu’elle meure de troubles intestinaux (possiblement d’une appendicite) en août 1056, à l’âge de soixante-seize ans. Ses conseillers mettent sur le trône Michel VI, un vieux fonctionnaire et ancien ministre des finances militaires. Après un bref règne et des troubles civils, Isaac Ier prends le pouvoir, signalant le début de la dynastie des Comnène. Théodora aura été une impératrice intelligente et forte dont le règne tumultueux a malheureusement eut des répercussions néfastes, puisque sa politique étrangère causa non seulement le schisme de 1054 mais aussi créa des tensions avec le Califat fatimide qui bloqua alors l’accès des pèlerins aux Saint-Sépulcre.

IMG_8739-8744L’aspect caractéristique et aisément reconnaissable de ce nummus (aussi appelé follis) de qualité plutôt passable (Fair, Ae, 30 x 32 mm, 9.164 g, payé environ $5 le 1985/01/06, flan mince et possiblement refrappé) c’est son revers qui nous offre l’inscription IC-XC / NI-KA divisée par les quatre angles d’une croix ornée de bijoux (ou du moins c’est ce que suggère le motif granulé). Sur l’avers aucune inscription n’est visible mais on y retrouve une figure du Christ, dont on voit le trois-quart du corps, debout de face, la main droite levée en une bénédiction, et la main gauche tenant les Évangiles. Si l’on consulte le Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the British Museum (IBC) les seules pièces similaires sont attribuées à Théodora et datées entre le 11 janvier 1055 et le 31 août 1056.

Dans la description de l’avers, le IBC (vol. 2, # 6 à 16, pp. 507-508) ajoute qu’il y a une auréole derrière la tête du Christ (qui forme une croix avec des points), qu’il porte une tunique et un manteau, que les Évangiles sont aussi décorés de points et qu’il y a une inscription: +EMMA NOVHL (translitération grecque de l’hébreux Emmanuel [עמנואל / Εμμανουήλ] qui signifit “Dieu [est] avec nous”) avec IC – XC dans le champs de part et d’autre. Ce Chrisme (ou Christogramme) est le même que l’on retrouve sur le revers et constitue un monogramme formé des première lettres grecques du nom du Christ (IC = ΙΗϹΟΥϹ / IESOYS / Jesus et XC = ΧΡΙϹΤΟϹ / KRISTOS / Christ). Sur le revers, il s’y ajoute le mot Nika pour former l’inscription “Jésus-Christ est victorieux”.

Étrangement, la plupart des sources sur l’internet (voir plus bas) semblent attribuer ce type de revers à Michel IV (ce qui est à peu près de la même époque que Theodora, en fait quelques années plus tôt, soit 1034-1041). Pourtant, les pièces de cette époque comportent surtout des avers montrant juste le torse du Christ (la moitié du corps) et des revers avec beaucoup plus de texte (du genre “IS-XS / BASILE / BASILE” ou “+INSYS / XRISTYS / BASILEY / BASILE”, ce qui veut dire à peu près “Jésus Christ Roi des rois” — voir IBC v.2, pl. LVIII pour exemples). Il y aurait-il eut de nouvelles découvertes depuis la parution du IBC au début du siècle dernier? C’est possible. Toutefois, le IBC mentionne que plusieurs de ces pièces sont refrappées (overstruck) sur des pièces plus anciennes, ce qui pourrait expliquer la confusion… Quoiqu’il en soit, il serait sans doute plus sage de considérer cette pièce comme anonyme…

Sources: Wikipedia, Google, IBC v.2: 6-16, FAC (Byzantine Coins of the Macedonian Dynasty), CoinArchives, CoinArchives, CoinArchives, acsearch, Numista, CoinTalk. Voir aussi ma fiche.

Ceci conclu cette sous-série de billets sur les femmes vue à travers mes monnaies romaines. Évidemment, la vie d’une impératrice devait être bien différente de la vie d’une femme ordinaire romaine. Comme la société romaine est de nature patriarcale, on s’attendrait à ce que la femme n’y ait aucun pouvoir. En effet, par la loi, elle est toujours dépendante soit de son père, soit de son époux, et son rôle est surtout de gérer le domaine familiale (l’entretient, l’approvisionnement, les esclaves, etc.), de tisser et d’avoir des enfants. Toutefois, la matrone romaine était tout de même assez libre. Elle pouvait témoigner devant un tribunal, recevoir un héritage, posséder et gérer une entreprise, divorcer, confier ses enfants à des nourrices et éducateurs, s’adonner à de nombreux loisirs (aller aux thermes, flâner sur le forum, participer à des débats, aller au théâtre, assister aux jeux du cirque ou à des courses de chars), etc. Et, si elle ne pouvait pas occuper de fonctions politiques ou militaires, elle pouvait exercer une grande influence et même participer à des conspirations! Rome avait même une journée consacré aux matrones, les Matronalia, qui était célébré au printemps (aux Calendes de mars [1er du mois], car c’est le mois de la fertilité). Ce serait d’ailleurs l’origine de la fête des mères (maintenant généralement fêté en mai). 

Sources: Wikipedia [FR / EN], Google, National Géographic, Revue des Deux Mondes.

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Monnaies anciennes 22

Anchusa officinalis

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0907La Buglosse officinale (aussi appelé common bugloss ou alkanet en anglais) est une espèce de plante herbacée à fleurs de la classe des Magnoliopsida (sous-classe des Asteridae), de l’ordre des Lamiales, de la famille des Boraginaceae, et du genre Anchusa (qui regroupe environ trente-cinq espèces de Buglosses). Le nom Buglosse vient du grec (βούγλωσσον / Bouglosson / “langue de boeuf”) et fait référence à la forme de ses feuilles. Elle est caractérisée par ses fleurs bleue saphir, composées de cinq sépales et de cinq pétales, qui sont groupées en plusieurs cymes axillaires radialement symétriques. Elle est utilisée dans les jardins de rocaille. C’est également une plante mellifère qui produit beaucoup de nectar (dans le top dix des plantes les plus productives, selon des données du Royaume Unis) et attire donc les pollinisateurs (oiseaux et insectes). (Source: Wikipedia)

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Images du mer-fleuri [002.021.020]