Pièce canadienne moderne (3)

Post-confédération: la petite monnaie

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La monnaie de 1912: 5¢, 10¢, 25¢ et 50¢ (plus 1$ de 1939)
Respectivement 15 mm, 18 mm, 23 mm, 29 mm et 36 mm !

Je vous présente ici brièvement les différentes petites dénominations (autre que le un cent que j’ai traité dans l’entrée précédente) de la monnaie Canadienne moderne. Pour chacune d’entre elles, je décrirai d’abord ma pièce la plus ancienne et (pour une comparaison uniforme) une pièce de 1912 (date choisie au hasard selon la disponibilité des pièces). Avant de se joindre à la “Confédération”, la plupart des provinces canadiennes ont frappé leur propre monnaie. J’ai déjà donné des exemples des jetons utilisés au Haut et Bas Canada, et j’ajoute ici celui d’un cent frappé pour Terre-Neuve (c’est le seul spécimen que j’ai des autres provinces, je crois). J’ai très peu d’exemplaires des plus larges dénominations (50¢ et 1$) car apparemment quelqu’un se serait servi dans la collection pour acheter des bonbons… Et je ne mentionne pas le $2 car son introduction (en 1999) est trop récente.

Le cinq cents

La pièce de cinq cents a été frappé en argent de 1858 à 1921, en tombac en 1942-43 puis en acier plaqué de nickel et chrome en 1944-45 [due au rationnement de la 2e guerre mondiale], en nickel de 1922 à 1941 et de 1946 à 1981 (sauf en 1951-54 [guerre de Corée] où il était de nouveau en acier plaqué de nickel et chrome), en cupro-nickel [75% Cu et 25% Ni] de 1982 à 2006 et en acier plaqué cuivre et nickel [94.5% acier, 3.5% Cu et 2% Ni] de 1999 à nos jours. L’avers a bien sûr connu des changement selon le portrait et la titulature du monarque sous lequel la pièce était frappée et mais le revers n’a connu que trois variations principales: 1. 1858-1921: deux branches d’érable croisées, attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale (initialement conçu par Leonard C. Wyon); 2. 1922-1936: deux larges feuilles d’érable de par et d’autre (conçu par W.H.J. Blackmore); et 3. 1937 à nos jours: un castor sur un billot de bois (conçu par George Edward Kruger-Gray). Il y a eut bien sûr des exceptions avec des pièces commémoratives (le “V” de la victoire superposé d’une torche en 1943-45 et 2005, une usine pour le 200e anniversaire du nickel en 1951, un lapin pour le centenaire de la “Confédération” en 1967 et un castor dans un style autochtone, conçu par l’artiste Mi’kmaw Gerald Gloade, pour le 150e anniversaire de la “Confédération” en 2017) et les variations de menus détails (taille et forme du feuillage, des caractères de l’inscription, etc., sur lesquelles je ne m’étendrais pas). Dès 1922 il prend son apparence actuelle: une pièce ronde (sauf entre 1942 et 1952 où il prit la forme d’un dodécagone) de 21.2 mm (4.5 g) avec une bordure de pointillés (sauf en 1922-1936 et 1942-45).

IMG_2798-2799Ma pièce de cinq cents la plus ancienne date de 1893 (G [Good; un flan très mince en argent ternis, plusieurs cavités et égratignures mais relief et inscription bien lisibles], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 15.5 mm, 1.16 g, axe: ↑↓). L’avers présente une tête de Victoria (tournée) à gauche, coiffée d’une couronne de laurier et un chignon, avec l’inscription latine VICTORIA DEI GRATIA REGINA. (“Victoria, reine à la grâce de dieu” — on note le point terminal) et CANADA (en exergue). Le revers illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles à gauche et dix à droite), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur trois lignes) 5 / CENTS / 1893. 

IMG_2804-2807Mon cinq cents de 1912 est assez beau (G- [Good; argent très ternis, une concrétion obscurcie une bonne partie du portrait mais l’inscription demeure bien lisible], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 15.5 mm, 1.17 g, axe: ↑↑). L’avers présente un buste de George V à gauche, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS V DEI GRA: REX ET IND: IMP: (“George V, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur quatre lignes) 5 / CENTS / CANADA / 1912. 

Le dix cents

La pièce de dix cents a été frappé en argent de 1858 à 1968 (92.5 % Ag et 7.5 % Cu, le titrage a diminué au ratio 80/20 en 1920, puis 50/50 en 1967-68), en nickel de 1968 à 1999 (99.9% Ni) et en acier plaqué cuivre et nickel depuis l’an 2000 (92% acier, 5.5% Cu et 2.5% Ni). L’avers a connu les habituelles variations dues aux changements de monarque mais le revers n’a connu que deux variations principales: un dessin très similaire au cinq cents illustrant deux branches d’érable croisées, attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale de 1858 à 1936 et l’emblématique représentation de la goélette de course Bluenose depuis 1937 (conçu par Emanuel Otto Hahn). Il est a noter qu’aucune pièce de dix cents ne furent produites entre 1922 et 1927. Il y a eut encore une fois des émissions commémoratives (un maquereau pour le centenaire de la “Confédération” en 1967 [conception de Alex Colville], trois profil de visages pour l’Année Internationale des bénévoles en 2001 [par Stan Witten], une feuille d’érable stylisée formant “les ailes de la Paix”, conçu par Amy Choi, pour le 150e anniversaire de la “Confédération” en 2017 et un Bluenose toutes voiles dehors conçu par Yves Bérubé, et dont une partie de l’émission était coloré bleue, en 2021 pour le centenaire du Bluenose) et quelques variations de détails sur lesquelles je ne m’étendrais pas.

IMG_2808-2811Ma plus ancienne pièce de dix cents date de la dernière année du règne de Victoria, soit 1901 (G [Good; un flan mince en argent ternis, le revers a connu beaucoup d’usure mais la dénomination et la date restent lisible], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 18 mm, 2.3 g, axe: ↑↓). Très similaire au cinq cents, l’avers présente une tête de Victoria (tournée) à gauche, coiffée d’une couronne de laurier et un chignon, avec l’inscription latine VICTORIA DEI GRACIA REGINA. (“Victoria, reine à la grâce de dieu” — on note le point terminal) et CANADA (en exergue). Le revers illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur trois lignes) 10 / CENTS / 1901. 

IMG_2813-2815Mon dix cents de 1912 est assez beau (G+ [Good; argent ternis], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 18 mm, 2.3 g, axe: ↑↑). Encore une fois, très similaire au cinq cents, l’avers présente un buste de George V à gauche, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS V DEI GRA: REX ET IND: IMP: (“George V, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur quatre lignes) 10 / CENTS / CANADA / 1912. 

Le vingt-cinq cents

La pièce de vingt-cinq cents a été frappé en argent de 1858 à 1968 (92.5 % Ag et 7.5 % Cu, le titrage a diminué au ratio 80/20 en 1920, puis 50/50 en 1967-68), en nickel de 1968 à 1999 (99.9% Ni) et en acier plaqué cuivre et nickel depuis l’an 2000 (94% acier, 3.8% Cu et 2.2% Ni).  L’avers a connu les habituelles variations dues aux changements de monarque mais le revers n’a connu que deux variations principales: d’abord le même concept que les plus petites dénominations, initialement dessiné par Leonard C. Wyon, représentant deux branches d’érable croisées, attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale de 1858 à 1936 et puis l’emblématique image du caribou depuis 1937 (conçu par Emanuel Hahn). Le vingt-cinq cent a connu beaucoup trop d’émissions commémoratives, dont plusieurs séries, pour s’y attarder (mais je mentionnerais le lynx pour le centenaire de la “Confédération” en 1967 [conception de Alex Colville], la Police Montée à cheval pour le centenaire de la GRC en 1973 [par Paul Cederberg], la feuille d’érable frappée d’un coquelicot rouge pour le Jour du Souvenir en 2004 et 2008 [90e anniversaire] conçu par Cosme Saffioti et Stan Witten, la série du 125e anniversaire de la “Confédération” en 1992, celles du Millénaires en 1999 & 2000, et celles des jeux olympiques de Vancouver en 2007-2008) sans compter les multiple variations de détails. À partir de 1967, le vingt-cinq cents est légèrement plus grand (23.88 mm) mais devient aussi un petit peu plus léger (5.05 g avec la composition de nickel en 1968 et 4.4 g avec l’acier plaqué depuis 2000).

IMG_2816-2818Ma plus ancienne pièce de vingt-cinq cents date de 1874 et est dans un bel état de conservation (VG [Very Good], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 23.6 mm, 5.8 g, axe: ↑↓). De façon similaire aux plus petites dénominations, l’avers présente une tête de Victoria à gauche, mais cette fois coiffée d’une couronne et les cheveux sont remontés et attachés à l’arrière avec un ruban, avec l’inscription latine VICTORIA DEI GRACIA REGINA (“Victoria, reine à la grâce de dieu” — on note qu’il n’y a pas de point après la titulature) et CANADA (en exergue). Le revers illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur trois lignes) 25 / CENTS / 1874. On remarque, sous la boucle qui attache les deux branches, la marque d’atelier “H” qui indique que cette pièce a été frappé à la Heaton Mint (petit rappel: avant 1908 la monnaie canadienne est toujours fabriquée en Angleterre, soit à la Royal Mint à Londres, sans marque, soit à la Heaton Mint à Birmingham, avec une marque).

IMG_2821-2823Ma pièce de vingt-cinq cents de 1912 est assez belle (G [Good; usure des reliefs], Ar [Argent; en fait 92.5% Ag et 7.5% Cu], 23.6 mm, 5.8 g, axe: ↑↑). L’avers  présente un buste de George V à gauche, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS V DEI GRA: REX ET IND: IMP: (“George V, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers, redessiné par W.H.J. Blakemore, illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale (légèrement plus grande) entourant l’inscription anglaise (sur quatre lignes) 25 / CENTS / CANADA / 1912.

Le cinquante cents

La pièce de cinquante cents présente des spécifications similaires à celle de vingt-cinq cent mais elle a été introduite un peu plus tard que les autres dénominations. Elle a été frappé en argent de 1870 à 1968 (92.5 % Ag et 7.5 % Cu, mais le titrage a diminué au ratio 80/20 en 1920), en nickel de 1968 à 1999 (99.9% Ni) et en acier plaqué cuivre et nickel depuis l’an 2000 (93.15% acier, 4.75% Cu et 2.1% Ni). L’avers a connu les habituelles variations dues aux changements de monarque mais le revers n’a connu que deux variations principales (avec des variations supplémentaires dans le détail): les traditionnelles branches d’érable croisées (que l’on peut diviser en feuillage victorien et feuillage edouardien), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale de 1870 à 1936 et une représentation des armoiries du Canada (que l’on peu diviser en versions simplifiée [1937-54], révisée [1955-58], modifiée [1959-96] et redessinée) à partir de 1937. Comme toujours il y a eut quelques émissions commémoratives (le loup qui hurle pour le centenaire de la “Confédération” en 1967 [conception de Alex Colville], avec les dates “1867 1992” pour le 125e anniversaire du Canada, avec les dates “1952-2002” pour le Jubilée d’Or de la reine, une feuille d’érable stylisée pour le 150e anniversaire de la “Confédération” en 2017 et les armoiries simplifiés pour leur centenaire en 2021). La pièce de cinquante cents a vue sa taille légèrement réduite en 1968 (passant de 29.72 mm à 27.13 mm, et son poids diminuant à 8.10 g avec la composition de nickel, puis à 6.90 g avec l’acier plaqué).

IMG_2826-2828Mon exemplaire le plus ancien est une belle pièce de 1912 (VG [Very Good], Ar [Argent; un titrage de 92.5% Ag et 7.5% Cu], 29.7 mm (épaisseur de 2 mm), 11.6 g, axe: ↑↑). L’avers présente un buste de George V à gauche, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS V DEI GRA: REX ET IND: IMP: (“George V, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers, redessiné par W.H.J. Blakemore, illustre deux branches d’érable croisées (onze feuilles de chaque côté), attachées à la base par un ruban et surmontées d’une couronne impériale entourant l’inscription anglaise (sur quatre lignes) 50 / CENTS / CANADA / 1912.

Le dollar

La dénomination de un dollar a d’abord été imprimée sur papier. Les premiers billets canadiens sont apparu avec la “Confédération” et les édits du Currency Act et du Dominion Notes Act en 1868 (sous le nom de Dominion of Canada). Jusqu’alors les billets étaient émis par les différentes banques mais après le Uniform Currency Act celles-ci ne pouvaient imprimer que des billets de plus de cinq dollars. Toutefois, les premiers véritables billets canadiens sont apparu avec la création de la Banque du Canada (en 1934) qui a émit ses premiers billets en 1935. Étant donné qu’il existait un dollar-papier, la pièce de monnaie de un dollar a d’abord surtout été une pièce commémorative et cela dès ses débuts en 1935. Ce n’est qu’après le retrait du dollar-papier en 1987 que la pièce de un dollar (“le huard” ou “loonie” en anglais) devient une véritable monnaie de circulation.

Comme toutes les autres pièces le dollar a d’abord été frappé en argent (80% Ag et 20% Cu; 23.33 g, 36 mm) de 1935 à 1967, puis en nickel (99% Ni, 15.62 g, 32.13 mm) de 1968 à 1986, puis en nickel plaqué bronze (91.5% Ni et 8.5% bronze, 7 g, 26.72 mm mais 26.5 mm depuis 1988) de 1987 à 2012, et finalement en acier plaqué de laiton (6.27 g et 26.5 mm) depuis 2012. L’avers a connu les habituelles variations dues aux changements de monarque. Le revers le plus commun représente un voyageur et son compagnon autochtone dans canot remplit de marchandises, avec en arrière-plan une aurore boréale et deux sapins, mais il y a eut de nombreux autres types: l’édifice parlementaire pour la visite royale en 1939, le vaisseau de John Cabot pour l’accession de Terre-Neuve à la “Confédération” en 1949, un totem sur un arrière-plan des Rocheuses pour le centenaire de la Ruée vers l’or et de la Colombie-Britannique en 1958, un fleur de lys avec trèfle, chardon et rose pour le centenaire des conférences de Charlottetown et de Québec en 1964, une bernache du Canada pour le centenaire du Canada en 1967, etc. En 1987, le revers principal devient le huard qui connait lui aussi de très nombreuses variations commémoratives.

IMG_2830-2834Mon exemplaire le plus ancien est une belle pièce de 1939 (VG [Very Good], Ar [Argent; un titrage de 80% Ag et 20% Cu], 36 mm (épaisseur de 2.84 mm), 23.3 g, axe: ↑↑). L’avers (conçu par T.H. Paget) présente une tête nue de George VI, à gauche, avec l’inscription latine GEORGIVS VI D: G: REX ET IND: IMP: (“George VI, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes“). Le revers (conçu par Emanuel Hahn) illustre la partie centrale de l’édifice parlementaire à Ottawa avec, au-dessus, l’inscription latine FIDE SVORVM REGINAT (“Il règne par la foi [de son peuple]”) et, au-dessous (sur trois lignes), CANADA / 1939 / 1 DOLLAR. Cette pièce commémore la visite royale de George VI et de la reine consort Elizabeth en 1939. Elle était disponible par commande à la Banque du Canada et dans les bureaux de poste mais elle a été produite en tellement d’exemplaires (1.36 million) que plus de cent-cinquante mille d’entre eux durent être refondue entre 1939 et 1945…

Le un cent de Terre-Neuve

Terre-Neuve (et Labrador) est resté une colonie Britannique jusqu’en 1949, moment où elle devint membre de la “Confédération” canadienne. En tant que Dominion britannique elle pouvait émettre sa propre monnaie et produisit donc des pièces relativement similaires à celles produites chez ses voisins canadiens (1¢, 5¢, 10¢, 20¢, 25¢ (à partir de 1917), 50¢ et $2). Toutefois, les pièces étaient encore frappées en Angleterre. La pièce de un cent a eut un grand format (25.5 mm, 5.67 g) jusqu’en 1937, lorsqu’ils ont adopté un format plus petit et plus économique à produire (19.05 mm, 3.24 g). Durant la seconde guerre mondiale, pour éviter les risques causés par une traversé de l’Atlantique, les pièces de monnaie étaient frappées par la Monnaie Royale Canadienne et comportait un petit “c” sur le revers comme marque d’atelier.

IMG_2836-2840Ma pièce de un cent de Terre-Neuve est dans un bel état et date de 1943 (VG [Very Good], Ae [Bronze; avec un titrage de 95.5% Cu, 3% Sn et 1.5% Zn], 19.05 mm, 3.24 g, axe: ↑↑). L’avers présente une tête de George VI, à gauche, coiffée d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS VI DEI GRA. REX ET IND. IMP. (“George VI, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers illustre une Sarracénie pourpre en fleur (Sarracenia purpurea), une plante carnivore qui est l’emblème floral de Terre-Neuve, avec l’inscription anglaise • NEWFOUNDLAND • au-dessus, ONE CENT (avec un petit “c” à droite comme marque d’atelier) en bas et 1943 de part et d’autre. 

Sources: Wikipedia (Dollar canadien [FR/EN], Pièces de monnaie canadienne [FR/EN], 5¢ [FR/EN], 10¢ [FR/EN], 25¢ [FR/EN], 50¢ [FR/EN], $1 [FR/EN], $2 [FR/EN], History of the Canadian dollar), Anatomy of a Canadian Coin (Infographics), Evolution of Canadian Coin Physical Specifications, Evolution in obverse and reverse designs of Canadian coins; 5¢ (1893): Google, Coins & Canada, ngcoins, numista; (1912): Google, numista; 10¢ (1901): Google, CoinsCatalog, numista; (1912): Google, numista, CoinBrothers; 25¢ (1874): Google, numista; (1912): Google, coinbrothers, numista, vcoins; 50¢ (1912): Google, CoinArchives, coinbrothers, coinshome, numista; $1 (1939): Google, coinsunlimited, numista;  1¢ TN (1943): Google, coinsunlimited, numista. (Pas de fiches cette fois aussi).

Bibliographie:

  • Cross, W.K. A Charlton Standard Catalogue: Canadian Coins, vol. 1: Numismatic Issues (69th Edition). Toronto: The Charlton Press, 2015. 356 pages. [ AmazonNelliganPublisher ]
  • Taylor, H.C. & James, Summer. The Guide Book of Canadian Coins, Paper Currency and Tokens (Second Edition). Winnipeg: Canadian Numismatic Publishing Institute, MCMLX (1960). 232 pages.

J’ai pris la peine de faire cette série d’articles sur la monnaie ancienne (et certaine plus modernes) car je trouve que ces pièces de monnaie offrent une lesson d’histoire qui mérite d’être partagée. C’est aussi pour moi un intéressant exercice d’écriture descriptive qui me permet (j’espère) de garder l’esprit (enfin, le cerveau) actif et alerte. J’espère que vous avez apprécié. Il ne reste plus que quatre entrées avant la fin de cette chronique.

La semaine prochaine je vous présente quelques pièces de monnaie moderne du Royaume-Unis…

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 102

Tulipa El Niño

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions (Simples hâtives, Double hâtives, Triomphe, Darwin hybrides, Simples tardives, Fleur de lis, Frangées, Viridiflora, Rembrandt, Perroquet, Double tardives, etc.). La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana (tulipe de jardin). C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

La tulipe El Niño appartient à la division “Simples tardives” qui est caractérisé par des fleurs simples en forme de coupe, qui poussent au bout de longues tiges (qui peuvent atteindre de 45 à 75 cm) et dont la floraison est tardive.

Créée par l’éminent horticulteur néerlandais D.W. Lefeber, la tulipe El Niño offre une fleur large dont les pétales se terminent en pointe (ce qui lui donne un peu l’apparence dun lys) avec une impressionnante palette de couleurs “couché de soleil” allant du jaune-or ou même orange au rose saumon avec des accents striés. Cette palette contient des couleurs plus douces lors de la floraison (à la mi ou fin mai) qui s’intensifient à mesure que chaque fleur mûrit. Ces couleurs sont si aléatoires et imprévisibles d’une fleur à l’autre qu’elle a été comparé (et nommé d’après) le phénomène météorologique qui amène des températures plus chaudes en Amérique du Sud et qui aurait des répercussions sur l’ensemble du système atmosphérique planétaire. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Images du mer-fleuri [002.022.215]

Pièce canadienne moderne (2)

Post-confédération: One Cent

Pour ce qui est des pièces canadiennes modernes nous pourrions nous étendre sur le sujet pendant longtemps avec les pièces de un cent, de cinq cents, de dix cents, de vint-cinq cents, de cinquante cents et le dollars qui ont tous beaucoup varié de design et de portrait au cours des années. J’y reviendrais peut-être un jour mais pour cette fois je ne vais m’attarder que sur la pièce de un cent.

Comme je ne collectionne pas ces pièces pour leur valeur numismatique (nécessitant une qualité fleur de coin [Proof] ou pour le moins splendide [Mint / uncirculated]), mais bien pour leur intérêt historique, je me soucis peu de l’état de conservation dans lequel elles sont. L’état de mes pièces est donc assez variable mais, à part certaines des pièces plus anciennes, elles sont en général dans l’ordre du Très Beau (Fine) ou du Très Très Beau (Very Fine). En fait, pour moi, l’intérêt d’une pièce vient du fait qu’elle ait circulé, passant entre des milliers de mains et se trimbalant dans d’innombrables poches.

Une histoire de gros sous…

Après avoir été obligé d’utiliser des jetons pendant près d’une cinquantaine d’années — faute d’avoir assez de pièces de petites dénominations — la Province du Canada décide de frapper sa propre monnaie en 1858. Pour simplifier les choses (il faut le dire le système monétaire Britannique était plutôt compliqué) on adopte d’emblée la décimalisation. En s’inspirant de ce qu’a fait son voisin du sud, les États-Unis, la devise canadienne devient donc le “dollar” et sa plus petite dénomination (un centième de dollar) est le “cent” — qui remplace le “sou” du Bas-Canada. Comme le sou valait un demi-penny on a décidé de donner au cent le même format que ce dernier (en fait trois millimètres plus petit avec un diamètre de vingt-cinq millimètres). Anecdote amusante: comme le dollar vaut une couronne britannique (soit un quart de livre sterling ou cinq shilling ou soixante pence [le pluriel de penny]) une pièce de vingt-cinq cents vaut donc quinze pence (ou trente demi-penny) d’où le fait qu’on parle encore parfois de trente sous pour désigner le vingt-cinq cents! Comme les premières pièces d’un cent étaient beaucoup plus grosses que celle que nous utilisons de nos jours (et depuis 1920), elles sont appelées Gros Sous (Large Penny) pour les distinguer.

La Province du Canada n’est toutefois toujours pas en mesure de produire sa monnaie localement. La frappe est donc encore effectuée par la Royal Mint de Londres (sans marque de frappe) et l’atelier de la Heaton Mint à Birmingham (indiqué par un petit “H” sur le revers, sous la date). Comme la production est maintenant mécanisée on retrouve, contrairement aux pièces plus anciennes, une très grande uniformité dans la taille et le poids des pièces. Les seules éléments qui changent sont les portraits des monarques et leur titulatures, ainsi que de menu détails dans le dessin (la grosseur du feuillage, la forme de tel chiffre ou telle lettre, etc. — je ne m’attarderais pas sur ces derniers, sauf les plus significatifs, car ils sont trop nombreux. Ainsi le gros sou a connu au fil des ans cinq variations importantes dans son type.

Gros sou (Large penny)

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1858 – 1859: VICTORIA

IMG_2786-2789En 1858 et 1859, la Province du Canada frappe en très grande quantité un premier gros sou conçu par le graveur Leonard C. Wyon (G [Good], Ae [Bronze composé de 95% de Cu, 4% Sn et 1% Zn], 25 mm, 4.5 g, axe: ↑↑). L’avers présente une tête (jeune et idéalisée) de la reine Victoria, à gauche, portant une couronne de laurier, avec l’inscription latine (encadrée par deux cercles de pointillés) VICTORIA DEI GRATIA REGINA. (“Victoria, reine par la grâce de dieu, Canada”). Le revers illustre, encadré par deux cercles de pointillés, un motif serpentin de seize feuilles d’érable enroulées autour d’une vigne, avec une inscription centrale en anglais qui indique la valeur de la dénomination (One Cent) et la date (1859). Je ne possède malheureusement pas de spécimen de la pièce frappée en 1858.

L’émission massive de pièces de un cent (dix millions!) , alors que les jetons de cuivre circulaient encore abondamment, a fait que le marché a été rapidement saturé et qu’il a fallut près de dix ans pour tout écouler. C’est pourquoi il n’y a eut aucune pièces de un cent de produit entre 1859 et 1876. Aussi, à cette époque, les six colonies de l’Amérique du Nord Britannique (le Canada-Unis, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l’Ile-du-Prince-Edouard, la Colombie-Britannique et Terre-Neuve ) étaient en pleine négociation pour établir une éventuelle unification et l’on savait que si ce projet aboutissait il faudrait réorganiser les différentes émissions monétaires de chacune des colonies — une raison de plus pour suspendre la frappe. Une petite note historique: Cette union était rendue nécessaire par la menace américaine qui s’intensifia suite à la Guerre Civile, une demande pour une plus grande souveraineté et une économie de marché qui, divisé, peinait à faire face à la concurrence américaine. Après trois conférences de négociations à Charlottetown et Québec en 1864, puis à Londres en 1866, une entente est finalement signée et entérinée par la reine Victoria en 1867, sous la forme de l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique, qui dissout l’Acte d’Union pour former les provinces de l’Ontario et du Québec, en y adjoignant la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, pour constituer une nouvelle fédération (c’est une erreur de parler de confédération) sous le nom de Dominion du Canada — les autres provinces s’ajouteront plus tard: le Manitoba en 1870, la Colombie-Britannique en 1871, l’Île-du-Prince-Edouard en 1873, l’Alberta et la Saskatchewan en 1905 et finalement Terre-Neuve en 1949.

1876 – 1901: VICTORIA

Non seulement le Dominion du Canada continue d’utiliser les pièces frappé sous la Province du Canada, mais il en conserve le même type quand il commence à frapper ses propres pièces en 1876… à quelques différences près. La pièce est toujours produite en Angleterre dans le même format, avec le même titre métallique mais on accroit son poids d’environ un gramme (Ae [Bronze composé de 95% de Cu, 4% Sn et 1% Zn], 25 mm, 5.6 g, axe: ↑↑). L’avers présente maintenant un portrait plus mature et réaliste de la reine Victoria (visage plus rond), qui porte dorénavant une couronne de diadème, et la titulature reste la même. Le revers reste à peu près inchangé sinon que les feuilles d’érables sont d’abord un peu plus grosses (de 1883 à 1890) puis plus étroites avec des veinures plus profondes (de 1891 à 1901, redessinées par le graveur G. W. DeSaulles). Je pourrais illustrer ici chacune des années de production mais je vais me contenter de ces six exemples.

1902 – 1910:  EDWARDVS VII

IMG_2739-2741En janvier 1901, la reine Victoria décède et son fils Édouard VII lui succède. La pièce de un cent demeure la même mais l’avers est modifié (avec un dessin de G. W. DeSaulles) pour refléter le changement de monarque: il présente maintenant un buste d’Edouard VII, à droite, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine EDWARDVS VII DEI GRATIA REX IMPERATOR – CANADA (“Edouard VII, par la grâce de dieu, roi et empereur – Canada”). Le revers reste inchangé. À partir de 1908, la frappe de monnaie sera finalement effectuée au Canada, avec la création de la Monnaie Royale Canadienne à Ottawa (mais les pièces ne comporte aucune marque de frappe pour les distinguer).

1911: GEORGIVS V (sans “DEI GRA”)

IMG_2758-2760En mai 1910, Edouard VII décède à son tour et est succédé par son fils George V. On en profite cette fois pour mettre à jour l’avers avec le portrait et la titulature du nouveau monarque mais on modifie également le revers. L’avers présente un buste de George V, à gauche, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS V REX ET IND: IMP: (“George V, roi et empereur des Indes”) — sans doute pour faire place à un titulature plus longue qui souligne que l’Empire Britannique inclus maintenant les Indes on a omis le “Dei Gracia” (“Par la grâce de dieu”). L’illustration du revers reste la même mais l’inscription est changée pour ONE CENT CANADA — 1911 (le “Canada” est déplacé de l’avers au revers et un trait séparateur est ajouté dessous).

1912-1920: GEORGIVS V

Étrangement, l’absence du “Dei Gracia” souleva un tollé de protestations (on criait à la monnaie “sans dieu”). Ainsi, dès l’année suivante on corrigea la titulature qui devint GEORGIVS V DEI GRA: REX ET IND: IMP: (“George V, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Encore plus mystérieux, j’ai trouvé dans ma collection un cent de 1917 d’une couleur argenté matte (similaire au nickel). Je n’ai toutefois trouvé aucune mention d’une telle production dans les sources numismatiques. Un petit rigolo se sera sans doute amusé en faisant des tests de placage au nickel sur un pièce… En 1920, on change également très légèrement le titrage métallique de la pièce d’un cent: la proportion de cuivre est augmenté à 95.5%, celle de l’étain diminuée à 3% et celle du zinc augmenté à 1.5%. Cela est sans doute motivé par un accroissement du coût de certains métaux et annonce la réduction imminente de la taille de la pièce d’un cent.

Petit sou (Small penny)IMG_2783

1920 – 1936: GEORGIVS V

IMG_2770-2772En 1920, même si une grande pièce d’un cent à déjà été produite (quoique en moindre quantité), on frappe une nouvelle pièce mais cette fois plus petite (Ae [Bronze composé de 95.5% de Cu, 3% Sn et 1.5% Zn], 19 mm, 3 g, axe: ↑↑). C’est un changement radical qui a été motivé par l’augmentation du coût des métaux et la nécessité de faire des économie (la pièce ne peut pas coûter plus cher à produire que sa valeur). On en profite également pour ramener le cent canadien aux même proportions que le cent américains. Autre grand changement: on élimine la bordure de pointillé. L’avers reste le même (conception par Sir E.B. MacKennal, seulement en plus petit) mais le revers est complètement redessiné par Fred Lewis et le graveur W.H.J. Blakemore. Il présente maintenant un large CANADA dans le haut, un ONE CENT encadré verticalement par deux séparateur (-•-) et horizontalement par deux feuilles d’érables, avec l’année d’émission dans le bas (ici: 1920). Ce sera la première des très nombreuses variations (plus d’une douzaine!) que connaitra l’apparence du petit cent.

En janvier 1936, George V décède et est succédé par son fils Édouard VIII. Toutefois, en décembre de la même année, avant même qu’on frappe la monnaie canadienne à son effigie, celui-ci abdique (suite à un scandal) en faveur de son frère George VI. En 1937, en attendant que les coins de frappe soit prêt avec l’effigie du nouveau monarque, on frappa une petite quantité de pièces de 1936 mais en ajoutant un petit point sous la date pour distinguer cette émission exceptionnelle. C’est la seule petite pièce de un cent que je n’ai pas car elle extrêmement rare.

1937 – 1947: GEORGIVS VI 

IMG_2773-2774Après l’accession de George VI, pour accélérer la production des nouveaux coins de frappe, l’atelier monétaire de Paris est mis à contribution (Ae [Bronze composé de 95.5% de Cu, 3% Sn et 1.5% Zn], 19 mm, 3 g, axe: ↑↑). L’avers du cent est modifié (portrait et titulature, sur un dessin de T.H. Paget — qui signe d’un petit “HP” dessous la tête) pour refléter le nouveau monarque et on en profite pour finir de moderniser le revers en lui donnant ce qui sera son apparence définitive (dessin et gravure de G.E. Kruger-Gray — signature d’un petit “K•G” dans le champs droit). Et la bordure en pointillé est de retour! L’avers présente une tête nue (sans couronne) de George VI, à gauche, avec l’inscription latine GEORGIVS VI D:G:REX ET IND:IMP: (“George VI, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers illustre maintenant une brindille de deux grandes feuilles d’érable (représentant sans doute les deux peuples fondateurs du pays: les français et les anglais — à cette époque on négligeait encore les autochtones), avec l’inscription en haut 1 CENT (le fait de mettre la valeur en chiffre règle la question du bilinguisme), la date d’émission (ici: 1939) dans le champs gauche et Canada dans le bas. En 1942, on change encore le titrage métallique en diminuant la proportion d’étain à 0.5% et augmentant celle du cuivre à 98%.

Toutefois, en 1947 un nouveau problème se pose aux monnayeurs canadiens: l’Inde a acquise son indépendance et le monarque n’est donc plus l’empereur des Indes! En attendant que de nouveaux coins de frappe soit produit pour 1948, on frappe une pièce de 1947 mais cette fois avec une petite feuille d’érable à la droite de la date. Cette pièce n’est pas rare car elle a été frappé à un peu plus de quarante millions d’exemplaires (j’en ai donc un spécimen, non illustré).

1948 – 1952: GEORGIVS VI (sans le “ET IND IMP”)

IMG_2776-2777Dès que les coins sont prêts on frappe les pièces pour 1948 (Ae [Bronze composé de 98% de Cu, 0.5% Sn et 1.5% Zn], 19 mm, 3 g, axe: ↑↑). Le portrait de l’avers reste le même mais la titulature est maintenant GEORGIVS VI DEI GRATIA REX (“George VI, roi par la grâce de dieu”). Le revers reste inchangé.

1953 – 1964: ELIZABETH II

IMG_2778-2779George VI décède en février 1952 et sa fille Élisabeth II lui succède. L’avers est donc modifié pour refléter ce changement (Ae [Bronze composé de 98% de Cu, 0.5% Sn et 1.5% Zn], 19 mm, 3 g, axe: ↑↑). L’avers présente maintenant un buste lauré d’Élisabeth II (jeune) à droite avec l’inscription latine ELIZABETH II DEI GRATIA REGINA (“Élisabeth II, reine par la grâce de dieu”). L’avers est conçu et gravé par Mary Gillick (avec une légère correction en 1954 par Thomas Shingles). Le reverse reste inchangé.

1965 – 1978: ELIZABETH II

IMG_2780-2781En 1965 débute la première d’une dizaine de variations de types de la pièce d’un cent d’Élisabeth II (pour ne pas prolonger trop cet article je n’illustrerai pas toutes ces variations). Si le revers reste inchangé (à part les pièces commémoratives du centenaire de la “Confédération” en 1967, qui représente un pigeon biset en plein vol, celle du 125e anniversaire du Canada en 1992, où la date est changée pour “1867-1992”, et celle du Jubilé d’Or en 2002 où la date passe du revers à l’avers et devient “1952-2002”) l’avers lui ne cesse de changer pour ajuster le portrait ou la titulature du monarque. L’avers introduit en 1965 (illustré ici; conçu par Arnold Machin et Thomas Shingles) présente un portrait plus mature de la reine avec une tiare de diamants sur la tête, et l’inscription latine ELIZABETH II D• G• REGINA (“Élisabeth II, reine par la grâce de dieu”). Il est a noter que la Monnaie Royale Canadienne ouvre un deuxième atelier à Winnipeg en 1976, où s’effectuera dorénavant la frappe des pièces de circulations. En 1979-1981, le portrait de la reine a été légèrement rapetissé et l’épaisseur de la pièce passe de 1.55 mm à 1.38 mm pour réduire le poids à 2.8 g. En 1982-1989, la pièce, qui jusque là était ronde, prends la forme d’un dodécagone pour faciliter son identification par les personnes malvoyantes (l’épaisseur passe à 1.45 mm et un poids de 2.5 g). En 1990-1996, le portrait de la reine change à nouveau pour le doter d’un collier et d’une couronne de diamants décorée de roses, de trèfles et de chardons (conçu par Dora de Pedry-Hunt et Ago Aarand). En 1997-2003, on revient à une pièce ronde et on abandonne le flan de bronze pour un flan de zinc plaqué de cuivre. En 2003-2012, le portrait est encore changé pour un buste représentant une reine plus âgée, portant un collier mais aucune couronne (conception par Susanna Blunt et Susan Taylor). De 2006 à 2009 on continue à utiliser des flans de zinc plaqués de cuivre (marqué d’un “P” sous le portrait) mais on utilise également (et exclusivement par la suite, marqué du logo de la Monnaie Royale Canadienne sous le portait) des flans d’acier (dit “magnétiques”) plaqués d’une couche de nickel, puis d’une couche de cuivre (portant la composition à 94% d’acier, 4.5% de cuivre et 1.5% de nickel, l’épaisseur reste à 1.45 mm mais le poids passe à 2.35 g). Toutefois, à l’automne 2012, la production du cent canadien cesse et la pièce est peu à peu retirée de la circulation. C’est la fin de la saga du cent canadien…

Sources: Wikipedia (Dollar canadien [FR/EN]), Google, Coins And Canada, Coin-Brothers, CoinsCatalog, numista, Saskatoon Coin Club: One Cent Obverse & One Cent Reverse. (Pas de fiches pour cette fois).

Bibliographie:

Cross, W.K. A Charlton Standard Catalogue: Canadian Coins, vol. 1: Numismatic Issues (69th Edition). Toronto: The Charlton Press, 2015. 356 pages.

La semaine prochaine je vous présente très brièvement les autres dénominations canadiennes (en m’en tenant au spécimen les plus anciens) et, par curiosité, un cent de Terre-Neuve.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 101

Tulipa Vampire

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions. La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana. C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

La Vampire est une autre tulipe qui appartient à la division “Triomphe” (l’un des groupes les plus important et qui est lui-même l’hybridation des divisions “Simples hâtives” et “Darwin hybrides”). Celle-ci est caractérisée par une apparence plutôt traditionnelle mais elle est très robuste et résiste bien aux intempéries. Ce type de tulipe peut atteindre de vingt-cinq à cinquante centimètres de hauteur et fleurit de la mi à la fin du printemps. Toutefois, elles sont toxiques pour les animaux domestiques et les chevaux, et chez l’humain elles peuvent provoquer un malaise sévère en cas d’ingestion et une réaction cutanée allergique au contact. 

Sa coupe rouge-sang veiné de blanc sur la pointe des pétales — qui prennent ainsi vaguement l’apparence de crocs — a inspiré le nom de cette tulipe. C’est néanmoins une fleur qui adore le soleil et qui gagnera vos coeurs peu importe sa déclinaison: en bordures, en pots ou en fleurs coupées! De quoi ajouter du mordant à vos plate-bandes… (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Images du mer-fleuri [002.022.208]

Yawara! #4

Yawara-4-cov“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…! Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur, voir aussi  la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publié en français chez Big Kana. Il y a neuf volumes de paru jusqu’à maintenant et le dixième est annoncé pour octobre 2022. J’ai déjà commenté le premier, le second et le troisième volumes.  

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Vol. 4, page 4

Pour se qualifier pour les olympiques de Séoul Yawara participe à une série de dix tournois de judo tout en étudiant tard le soir pour se préparer à son examen d’entrée à l’université de Mitsuba. Toutefois, après que Jody ait été blessé durant un match contre une judoka russe un peu vicieuse, elle perd sa motivation. Et ses rivales ne se trouvent pas seulement sur les tatamis du dojo… Son grand-père fait tout pour la forcer à aller à l’Université de Saikai qui l’a accepté d’emblée pour qu’elle intègre leur club de judo. Distraite, elle se blesses même au poignet la veille de son examen! Réussira-t-elle son examen malgré la douleur?

Yarawa! est une comédie romantique de sport qui offre un beau style de manga classique et un récit à la fois captivant et amusant, parsemé de (controversés) clins-d’oeil coquins. C’est donc une lecture agréable et distrayante que je vous recommande (plus que seize volumes à lire!)…

Yawara t. 4, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), avril 2021. 290 pages, B&W (xx pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.00 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8650-5, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2013 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2021 pour l’édition française.  

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Pièce canadienne moderne (1)

Pré-confédération: Jetons

Déjà la centième entrée de cette chronique! Elle s’achèvera bientôt mais pas avant que je vous ai présenté mes plus anciennes pièces de l’époque moderne. Ce sont des pièces qui ont pour moi une grande valeur historique et sentimental car elles m’ont été transmise par mon père et que certaines d’entre elles lui ont sans doute été transmise par mon grand-père. Je débute avec des pièces canadiennes. Celles-ci ne sont pas, en fait, des pièces de monnaie mais des jetons et datent d’avant la Confédération.

Un jeton est une pièce métallique qui n’est pas frappée par le gouvernement mais par une entité privée (une compagnie ou une banque) pour servir de monnaie d’échange à des fins commerciales (monnaie de nécessité), de publicité, ou d’identification. Ils ont été utilisés au Canada au début des années 1800 lorsque le gouvernement Britannique ne réussissait pas à fournir un approvisionnement suffisant en monnaie de cuivre pour sa colonie, et pendant plus d’un demi-siècle, ils ont été presque le seul moyen de rendre la monnaie. Au début, on a simplement importé des jetons qui étaient utilisés en Grande-Bretagne. C’était pour la plupart des pièces portant un slogan ou une image populaire (comme celle de Wellington, le héros de la guerre péninsulaire). Il y avait une douzaine ou plus de variétés de la plupart de ces pièces, certaines avec juste une légère différence dans une partie de la conception. Plus tard, les marchands canadiens ont fait fabriquer des jetons localement, puis certaines banques et gouvernements coloniaux locaux sont intervenus et ont émis les leurs.

IMG_2629-2631La première pièce est un beau jeton d’un demi-penny (VG [Very Good], Cu [Cuivre], 28 mm (1 mm d’épaisseur), 8 g, axe: ↑↓). L’avers présente un buste de Arthur Wellesley duc de Wellington en habit militaire (j’omet des détails comme le nombre de couette de cheveux qui dépassent de la couronne de laurier [deux?] mais l’épaulette a sept pompons),  lauré (onze feuilles) à gauche, avec dessous deux brins de laurier croisés (ayant chacun sept feuilles), une bordure pleine, et l’inscription anglaise FIELD MARSHAL WELLINGTON. Le revers illustre Britannia assise à gauche, un bouclier (possiblement orné d’une croix de saint Georges dont le détail a disparu sur cette pièce) sur le côté gauche, tenant dans la main droite un brin d’olivier (composé de cinq feuilles) et un baton (ou une lance?) dans la gauche (au lieu d’un trident comme sur d’autres pièces), avec en exergue (au lieu d’une date) deux petits brins de laurier croisés (composé de cinq feuilles chacun), une bordure de pointillés, et l’inscription anglaise HALF PENNY TOKEN. 

La provenance de ces jetons est incertaine (probablement l’Angleterre, possiblement le Bas Canada). Souvent contre-frappé sur des pièces antérieures, ils ne semblent pas avoir été frappé spécifiquement pour le Canada mais y ont été en circulation dès le début de leur émission, entre 1812 et 1815 (possiblement 1813).

Il est a noter que le descriptif “beau” ou “très beau” en numismatique est un peu un abus de langage car il reste en fait peu de détails clairs sur la pièce, les reliefs étant usés parfois jusqu’à en être lisses. La pièce, même si elle comporte du dommage due aux chocs et des rayures, demeure néanmoins identifiable car les principales lignes du dessin demeurent visibles et les inscriptions lisibles.

Sources: Google, CoinCatalog, numista. Voir aussi ma fiche.

IMG_2643-2649La seconde pièce est aussi un beau jeton d’un demi-penny ou d’un sou (VG [Very Good], Cu [Cuivre], 28 mm (1 mm d’épaisseur), 8 g, axe: ↑↑). L’avers nous montre un habitant debout à droite, vêtu d’un habit traditionnel d’hiver (une tuque bleue, une redingote à capuchon, des mocassins de boeuf, une ceinture [fléchée ?] et un fouet), avec l’inscription française PROVINCE DU BAS CANADA (en haut; le sérif droit du “V” de “Province” semble aligné sur le dessus du “I”) et UN SOU (en bas). Le revers illustre les armoiries de la ville de Montréal inscrites sur le pourtour avec la devise CONCORDIA SALUS (“le salut par la concorde”), dessous, la banderole qui normalement contient la devise, présente plutôt le nom d’une des quatre banques émettrices (que l’usure rend malheureusement illisible dans ce cas-ci), avec les inscriptions anglaises BANK TOKEN (en haut) et 1837 / HALF PENNY. (en bas; une variante de ce type ne comporte pas le point après “PENNY”).

Les armoiries de la ville de Montréal illustrées ici sont celles conçues par Jacques Viger et adopté par le conseil de ville en 1833, illustrant un écu oval coupé par une croix transversale rouge (pour représenter le catholicisme et/ou l’Angleterre?) dont les cantons sont ornés (dans le sens des aiguilles d’une montre) d’une rose (celle des Lancaster pour représenter les anglais), d’un trèfle (pour les irlandais), d’un castor (pour les canadiens-français), et d’un chardon (pour les écossais).

En 1837 (ou, selon certain, l’année suivante), les quatre principales banques du Bas Canada (la Banque de Montréal, la Banque du Peuple, la City Bank et la Banque de Québec) émettent conjointement des jetons d’un penny et d’un demi-penny — toutefois il est incertain si ce fut avec ou sans le consentement du gouvernement. Comme l’avers représente un habitant en costume d’hiver, cette pièce est connue sous le nom soit de “Jeton habitant” ou de jeton “Papineau” parce que Louis-Joseph Papineau, qui a mené la rébellion des Patriote cette année-là, semble avoir été associé à ce type d’habit. Si il s’agit d’une pièce canadienne, elle aurait tout de même été frappée par Soho Mint (Boulton & Watt) en Angleterre et conçue par le graveur John Shaw.

Sources: Google, CoinsAndCanada, CoinsCatalog, numiscanada, numista. Voir aussi ma fiche.

IMG_2652-2662La troisième, et dernière, pièce est un très très beau penny (VF [Very Fine], Cu [Cuivre], 33 mm (2 mm d’épaisseur), 15 g, axe: ↑↓). L’avers représente saint George (à cheval, vêtu d’un casque à cimier, une épée dans la main droite), à droite, terrassant le dragon (piétiné par son cheval), entouré de l’inscription anglaise (encadré par deux fleurons) ❀ BANK OF UPPER CANADA ❀ (en haut) et 1857 (en bas). Le revers illustre une partie des armoiries du Haut Canada (une épée croisée avec une ancre emmêler de cordage et un calumet de paix debout, le tout enfilant une couronne d’olivier et étant surmonté de la couronne royale) au dessus de deux cornes d’abondances croisées, et un drapeau Britannique plié en triangle dans le haut du champs droit, avec l’inscription anglaise (en haut, entouré de trois fleurons)  BANKTOKEN ❀ et ONE • PENNY (en bas; il existe une variante sans le point).

Suite aux rébellions de 1837-38 (qui eurent lieu tant au Haut-Canada qu’au Bas Canada) et au rapport Durham déposé en 1839, les colonies du Bas et du Haut-Canada (aujourd’hui le Québec et l’Ontario) sont fusionnées en 1840-41 pour former le Canada-Uni ou la “Province du Canada”.  L’adoption subséquente du “Rebellion Losses Bill” en 1849 provoque la colère de loyalistes anglais et durant ces émeutes les édifices législatifs de Montréal sont incendiés. Le siège du gouvernement et la capitale de la province est donc déplacé à Toronto et le privilège de frapper des pièces de cuivre (les jetons), qui appartenait jusqu’alors à la Banque de Montréal, passe maintenant à la Banque du Haut-Canada, devenu le banquier officiel du gouvernement. La banque produit de la “monnaie” entre 1850 et 1857 mais la frappe comme telle est encore faite en Angleterre soit par la Royal Mint à Londres ou par la Heaton’s Mint à Birmingham (les deux productions peuvent être distinguées par le fait que la première utilise une “frappe médaille” [à 12h ou ↑↑] et que la seconde utilise une “frappe monnaie” [à 6h ou ↑↓]). La production cesse après 1857 car on considérait introduire la décimalisation dans la monnaie canadienne (ce qui ne fut accompli dans le Royaume-Unis qu’en 1971!). L’organisation du monnayage changera aussi avec la Confédération en 1867…

Ce superbe jeton du Haut Canada fut frappé en 1857 (par la Heaton’s Mint). Il a été conçu par la graveur John Pinches d’après les dessins que Benedetto Pistrucci avait réalisé pour des pièces britanniques. Elle est surnommée la “pièce de St. George” (ou même parfois “Dragonslayer”). C’est une pièce qui est considérée relativement rare.

Dans le cas du descriptif “très très beau” il est à noter que si toutes les parties du dessin sont claires, elles ne sont toutefois pas tout à fait nettes. On retrouve également des signes distincts d’usure sur les parties les plus hautes de la surface.

Sources: Google,  CoinsAndCanada, CoinsCatalog, numista, SaskatoonCoinClub. Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

La semaine prochaine je vous présente une série de sous noirs (One Cent) datant d’après la Confédération et émis sous trois monarques britanniques différents.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 100

Xerochrysum bracteatum

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2022/07/01 ]

L’immortelle à bractées (appelé en anglais Strawflower et ムギワラギク [Mugiwaragiku] en japonais) est une espèce de plante herbacée vivace qui appartient à la classe des Equisetopsida, à l’ordre des Asterales, à la famille des Asteraceae, à la sous-famille des Asteroideae, à la tribu des Gnaphalieae et au genre Xerochrysum (qui comprend une douzaine d’espèces, toutes natives de l’Australie). Le nom du genre provient du grec (ξηρός / xeros / “sec” et χρυσός / chrysos / “doré“) alors que celui de l’espèce provient du latin et signifie simplement bractées — dans les deux cas une référence à ce que les gens méprennent souvent pour des pétales mais qui sont en fait des feuilles colorées.

Cette plante est caractérisée par une tige dressée (de vingt à quatre-vingt centimètres de haut), portant des feuilles lancéolées (de deux à dix cm de long par deux cm de large) et se terminant au sommet par une inflorescence. Cette-ci est constitué d’un capitule de trois à sept centimètres de diamètre, composé d’un disque centrale contenant un grand nombre de petits fleurons jaunes ou blanc dorés (ceux en périphérie sont femelle alors que ceux du centre sont bisexués), entourés un involucre de bractées (des rangées de petites feuilles rigides qui ont la consistance du papier et qui, repliés, protègent les fleurons avant la floraison qui se produit du printemps à l’automne). Elle est cultivé comme plante ornementale et a été développée en de nombreux cultivars. Ici il s’agit des cultivars “Monstrosum Fireball“ et “Copper Red“. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Images du mer-fleuri [002.022.201]

Isabella Bird #8

IsabellaBird-8-cov“À Akita, Isabella croise à nouveau la route du Dr Kobayashi, que James Hepburn a chargé d’une mission : veiller sur la santé fragile de l’exploratrice ! Elle apprend que sir Harry Parkes a également négocié avec les autorités pour lui apporter l’aide de la police.

Il ne reste qu’un seul obstacle à la découverte d’Ezo : Charles Maries, l’ancien employeur d’Ito, est toujours décidé à récupérer son boy. Mais les deux voyageurs ont réglé leurs différends et sont prêts à tout pour le convaincre d’abandonner… De quoi partir sur de bonnes bases pour finir la traversée de la plus grande île du Japon !

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Vol. 8, page 27

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan. Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le neuvième, est paru au Japon en février 2022.

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Vol. 8, page 44

Forcé de rester à Akita à cause du mauvais temps, Isabella en profite pour continuer de prendre des notes sur les coutumes locales notamment celles du mariage (se noircir les dents, le vol d’épouse) et de l’hygiène personnelle (brossage de dents, manucure, soins capillaire, etc.). Lorsque la pluie cesse enfin ils peuvent reprendre leur route mais les rivières sont gonflées et encombrées de débris ce qui rends leur traversé à guai impossible. Heureusement, ils rencontrent des bateliers courageux qui acceptent de les prendre comme passagers pour un périple dangereux sur le fleuve Yoneshiro de Kiriishi jusqu’à Kotsunagi. Ils évitent la catastrophe de peu… Arriveront-ils dans les délais à Hakodate, où le docteur Hepburn les attends pour soigner Isabella?

Le récit semble s’écarter un peu de l’oeuvre originale en ajoutant des anecdotes culturels intéressants mais demeure toujours aussi agréable à lire. La qualité du dessin, avec son style précis et détaillé, y est sans doute pour beaucoup. C’est un très bon manga qui nous offre une expérience de lecture à la fois distrayante et très instructive. Je le recommande fortement, surtout pour les amateurs d’histoire et de culture Japonaise.

Isabella Bird, femme exploratrice T.8 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), décembre 2021. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-1040-1. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Lire aussi mes commentaires sur les volumes précédents.

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© Taiga Sassa 2021.

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Elle et son chat

ElleEtSonChat-cov“Chobi savoure sa vie de chat auprès de la maîtresse qui l’a recueilli, une jeune femme connaissant à la fois les avantages de l’indépendance et les affres de la solitude.  Les yeux du félin assistent à ce quotidien qui s’écoule lentement, oscillant entre moments chaleureux et moments teintés d’amertume, entre jours de soleil et jours de pluie. 

Dans cette adaptation en manga du court-métrage Elle et son chat , la poésie du réalisateur Makoto Shinkai ( Les Enfants du Temps , your name. ) est littéralement sublimée par le trait délicat de Tsubasa Yamaguchi ( Blue Period ).

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 20

Miyu est une jeune femme qui vit seule en appartement car sa mère se remarie et elle ne veut pas rester avec elle. Après le collège est s’est trouvé un travail mais a de la difficulté à s’adapter au monde des adultes et à communiquer avec les autres. C’est pour cela qu’elle reste célibataire. Elle évite de parler à sa mère et ne réussi même pas à parler de ses problèmes avec Tomoka, une amie d’enfance qu’elle voit de temps en temps… Elle est triste et se sent terriblement seul. Le seul à l’aimer, à percevoir sa détresse et lui offrir un peu de réconfort est Chobi, le jeune chat qu’elle a recueillie. Une histoire d’ambiance raconté du point de vue du chat.

Elle est son chat (彼女と彼女の猫 / Kanojo to Kanojo no Neko / lit. “la jeune fille et le chat de la jeune fille”) est un manga seinen écrit par l’animateur Makoto Shinkai et illustré par Tsubasa Yamaguchi (qui est surtout connu pour son manga Blue Period, que j’ai déjà commenté). Il a été prépublié dans le mensuel Afternoon entre avril à juillet 2016, puis compilé en un tome unique chez Kodensha en août 2016. Il a été traduit en anglais chez Vertical en août 2017, puis en français chez Pika Édition en septembre 2021.

Un charmant manga sur la solitude et la thérapie animale dessiné dans un style assez classique et simple. Le dessin supporte bien le récit mais les personnages sont parfois bizarres et il y manque un petit quelques choses pour que l’on ressente vraiment les émotions du personnage. Ce n’est pas comparable à la beauté et à la poésie du dessin original de Makoto Shinkai (dont la force, il faut l’avouer, est dans les paysages et les arrières-plans; il ne montre d’ailleurs jamais le visage de “Elle”). Cela reste néanmoins une lecture agréable, mais un peu courte…

Ce qui est vraiment notoire dans ce manga c’est qu’il adapte une animation de Makoto Shinkai en noir & blanc d’un peu moins de cinq minutes (on peut d’ailleurs la visionner sur Youtube) et qui a lancé sa carrière d’animateur. Après avoir gradué à l’Université Chūō en littérature, il a travaillé comme animateur et graphiste pour la compagnie de jeu vidéo Nihon Falcom. Après s’être amusé dans ses temps libre à produire deux animations d’une ou deux minutes (囲まれた世界 / The World be Enclosed et 遠い世界 / Other Worlds) il s’est essayé en 1999 à faire une animation de cinq minutes (utilisant After Effects, Illustrator et LightWave), chez lui (avec l’aide de quelques collaborateurs pour la voix de la jeune femme et la musique). Il l’a distribué par lui-même en faisant des copies CD-R qu’il vendait dans les conventions comme Comiket et sur son site web. Ainsi, Elle et son chat a remporté le prix d’animation DoGA CG en 2000. Cela lui a apporté une certaine visibilité et une offre de la compagnie de production CoMix Wave de travailler sur d’autres projets comme The Voices of a Distant Star (ほしのこえ / Hoshi no koe / lit. “Voix d’une étoile lointaine“, 2002, 25 min.), La Tour au-delà des nuages (雲のむこう、約束の場所 / Kumo no mukō, yakusoku no basho / lit. “Au-delà des nuages, l’endroit promis“, 2004, 91 min.), 5 Centimètres par seconde (秒速5センチメートル / Byōsoku Go-Senchimētoru, 2007, 65 min.), Voyage vers Agartha (星を追う子ども / Hoshi o ou kodomo / lit. “L’enfant qui chasse l’étoile”, 2011, 116 min.), The Garden of Words (言の葉の庭 / Koto no ha no niwa / lit. “Jardin des mots”, 2013, 46 min. — voir mon commentaire), Your Name. (君の名は。/ Kimi no na wa. / lit. “Ton nom est”, 2016, 107 min. — voir mon commentaire sur l’anime et le manga), Les Enfants du Temps (天気の子 / Tenki no ko / lit “Vieillir avec toi”, 2019, 112 min. — voir mon commentaire sur le manga), et Suzume no tojimari (すずめの戸締まり / Suzume Locking Up the Doors, qui devrait paraître au Japon le 11 novembre 2022).

Elle et son chat a également fait l’objet d’une novelisation par Makoto Shinkai et Naruki Nagakawa publié au Japon en 2013 chez Kanzen et qui a été traduite en français en 2021 chez Charleston [ AmazonGoodreadsNelliganWorldCat ] et à paraître en anglais en novembre 2022 chez Atria. Une série animée pour la télévision (un antépisode en quatre parties de huit minutes chacune intitulé She and her cat: Everything Flows) a également été diffusé en mars 2016 sur la chaine Tokyo MX au Japon, sur Crunchyroll à l’extérieur de l’Asie et disponible en Blu-Ray chez Diskotek. 

Elle et son chat par Makoto Shinkai (scénario) & Tsubasa Yamaguchi (dessin). Vanves: Pika Édition (Coll. Pika Seinen), septembre 2021. 164 pages, 13.3 x 18.1 cm, 7 € 50 / 12,95 $Can, ISBN 978-2-8116-5778-9. Pour un lectorat adolescent (13+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Makoto Shinkai / CWF • S&HC EF Film Partners / Tsubasa Yamaguchi 2016. All rights reserved.

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Réfugié dans la jungle / Jungle refugee

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[ iPhone 13 Pro, hortus meus, 2022/07/16 ]

Un petit chaton gris (abandonné? négligé? perdu?) a trouvé refuge dans la diversité de mon jardin… ❖ A little gray kitten (abandoned? neglected? lost?) found refuge in the diversity of my garden… ❖ Un gattino grigio (abbandonato? trascurato? smarrito?) ha trovato rifugio nella diversità del mio giardino… ❖ 小さな灰色の子猫(捨てられた?無視された?失われた?)が私の庭の多様性に避難所を見つけました…

Image du chat-medi [002.022.197]

Pièce de la Renaissance (1):

Maximilien de Bethune

IMG_2365-2370Cette pièce de monnaie de la Renaissance est un très beau double tournois (F [Fine], Cu [Cuivre], 20 mm [0.79 po], 3.0873 g, payé environ $6 [30 FF], caractérisé par une patine brune tâchée de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers présente, dans un cercle, un buste barbu à droite de Maximilien de Béthune, portant une large fraise et un manteau recouvert de mouchetures d’hermine, avec l’inscription française (débutant à 6h avec un fleuron) ❀ • MAXI • D • BETHVNE • P • S • DENRIC • (pour “MAXImilien De BETHUNE Prince Souverain D’hENRIChemont”). Le revers illustre un petit écu d’Henrichemont au centre, entouré dans le champ par huit lys (⚜︎), avec l’inscription française (débutant à 12h par une croix pattée) ✠ • DOVBLE • TOVRNOIS • 1636 • L •.

Le double tournois valait deux deniers tournois (un sixième de sou). À l’origine (du XIIIe au XVIe siècle) il était frappé sur un flan de billon mais par la suite, lorsque sa production se mécanise sous Henri III, on utilise du cuivre pur. C’est une dénomination qui était utilisée non seulement par le royaume de France mais également par de nombreuses principautés qui en parsemaient encore le territoires. Elle fut abandonné sous Louis XIV alors qu’elle est supplantée par le liard (qui vaut trois deniers tournois ou un quart de sou). Le “L” à la fin de l’inscription du revers est une marque de graveur, pour Jean Levrat qui fut maître de la Monnaie à Henrichmont en 1636-1637. Il semble que cette pièce ait été frappée avec deux types: l’un avec trois lys (type 1) et un avec huit lys (type 2). Il existe également sept variantes de la titulature de l’avers (noté de “a” à “g”) ainsi que deux de l’inscription du revers (présence d’un point () [1] ou pas [2] à la fin). Dans ce cas-ci il s’agit de la variante “d1” — qui serait la deuxième variante la plus fréquente (représentant environ le quart des pièces répertoriées).

Évidemment, j’exagère un peu quand je dis que c’est une pièce de la Renaissance puisque la Renaissance Française, qui a débuté vers le milieu ou la fin du XVe siècle, s’est terminé au début du XVIIe siècle. Cette pièce s’inscrit donc plus dans la période de l’Ancien Régime (et le début de l’ère moderne qui se situe entre l’âge des grandes découvertes et la révolution française). La pièce présente d’ailleurs déjà toutes les caractéristiques des pièces de monnaie modernes: un avers avec le portrait et la titulature du pouvoir émetteur et un revers qui indique sa valeur et une datation précise. Ce double tournois a donc été frappé sous l’autorité de Maximilien de Béthune, dans sa principauté de Henrichmont, en l’an 1636. 

Maximilien de Béthune, duc de Sully (parfois simplement appelé Sully), est d’ailleurs une figure bien connue de l’Histoire française. Il est né le 13 décembre 1559 à Rosny-sur-Seine dans une famille calviniste descendant des comtes d’Artois. Il a été le compagnon d’armes de Henri III de Navarre (Henri IV de France), puis son conseillé et finalement Ministre des Finances (de 1598 à 1611). En plus de ses charges (Surintendant des fortifications) et de ses titres militaires (Grand maître de l’artillerie, maréchal de France), il cumule de nombreux titres, entre autres, ceux de Pair de France, marquis de Rosny, duc de Sully, et prince souverain d’Henrichemont et de Boisbelle. Il possède déjà de nombreuses propriétés mais agrandit aussi son duché (dont le siège est à Sully-sur-Loire, en Orléanais) par l’acquisition de nouveaux territoires dans la province de Berry pour se créer un véritable fief. Ainsi, en août 1605, il acquiert du duc de Nevers, Charles de Gonzague, la seigneurie souveraine de Boisbelle pour y construire une ville nouvelle qu’il dédiera à son roi et nommera Henrichemont. Si le développement de la ville ne se déroule pas comme il espérait, elle comporte néanmoins déjà un atelier monétaire qui produira des monnaies entre 1635 et 1656. Après l’assassinat de son roi en 1610 et un désaccord avec la régente, Marie de Médicis, il abandonne ses fonctions pour vivre dans son domaine, loin de la cour. Il meurt au château de Villebon le 22 décembre 1641 et est enterré à Nogent-le-Rotrou (ses cendres seront rapatriées à Sully-sur-Loire en 1999). Étant donné que cette pièce de monnaie a été frappé par une principauté (et non par le royaume), on peut encore la considérer comme une monnaie féodale.

Sources: Wikipedia (Maximilien de Béthune [FR/EN], Double tournois, Principauté souveraine de Boisbelle, Henrichemont [FR/EN]), Google, CGB, Numista (type 1, type 2). Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine, pour terminer cette chronique sur la monnaie ancienne, je vais commencer à vous présenter des pièces de monnaie modernes du Canada et d’Europe (moderne mais tout de même du XVIIIe et XIXe siècle). Toutefois, elles ont pour moi une valeur très personnelle car je ne les ai pas acquise mais j’en ai hérité. Ce sont des pièces qui appartenaient à la collection de mon père (et probablement aussi de mon grand-père).

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 99

Tulipa Dynasty

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions. La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana. C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

Cette tulipe appartient à la division “Triomphe” (l’un des groupes les plus important et qui est lui-même l’hybridation des divisions “Simples hâtives” et “Darwin hybrides”) qui est caractérisée par une apparence plutôt traditionnelle mais qui est très robuste et résiste bien aux intempéries. Ce type de tulipe peut atteindre de vingt-cinq à cinquante centimètres de hauteur et fleurit de la mi à la fin du printemps. Toutefois, elles sont toxiques pour les animaux domestiques et les chevaux, et chez l’humain elles peuvent provoquer un malaise sévère en cas d’ingestion et une réaction cutanée allergique au contact. 

DSC_2555La tulipe “Dynasty” est l’archétype même du genre tulipa. Elle est caractérisée par de larges fleurs d’un beau rose (qui s’approfondit avec la maturation) marqué d’une flamme ivoire tirant sur le jaune. Ses couleurs lumineuses et sa durabilité en font l’une des préférées du public et des jardiniers que ce soit en plate-bandes, en bordures, en pots ou en fleurs coupées. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Images du mer-fleuri [002.022.194]

Avaler la terre

AvalerLaTerre-cov“— Tu devrais essayer de voir plus grand !
— Oh, mais je vois très grand… Moi, mon rêve, c’est d’ava­ler la Terre entiè­re…
— Ça ne t’in­té­res­se­rait pas de rencon­trer la plus belle femme du monde plutôt ?
— Les femmes, ça ne me dit rien…
— Elle s’ap­pelle Zéphy­rus et loge à l’hô­tel Ômura. Tu vas te débrouiller pour faire sa connais­san­ce… Pour ça, tu rece­vras trois cent mille yens à une condi­tion toute­fois : décou­vrir qui elle est en réalité.

En 1968, Tezuka imagine une destruc­tion concer­tée du monde, qui commen­ce­rait par l’argent et la morale.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 18

Zephyrus, une belle femme, perd sa fortune et son père bien-aimé par les ruses de son ambitieux mari. Ses sept filles, qui se font appeler Zephyrus comme leur mère, promettent de se venger des hommes et des sociétés civilisées du monde entier qui ont causé la mort de leur mère et ruiné leur vie. Pour ce faire, elles inventent un peau synthétique, le dermoïde Z, qui permet à quiconque qui peut se la payer de prendre n’importe quelle apparence. D’abord utilisé à des fins esthétique, elle devient rapidement un instrument qui permet de réaliser des crimes en toute impunité. Zephyrus elles-même l’utilisent pour se donner une beauté qu’aucun homme (ou presque!) ne peut résister afin de les séduire, les contrôler et, ultimement, les punir. La deuxième phase de leur plan est d’inonder les marchés financiers avec des tonnes d’or qu’elles ont découvert sur une île du Pacifique ayant jadis appartenu à l’Empire de Mu. C’est alors le crash financier, l’or et les devises qui y sont liées étant dévalués jusqu’à ne plus rien valoir, et le monde moderne chavire dans l’avarice, la criminalité et la barbarie! Ce plan aurait été parfait si ce n’est de l’inégalable Seki Gohonmatsu qui demeure insensible au charme des femmes et qui n’aspire qu’à boire de l’alcool en si grande quantité qu’il pourrait en avaler la Terre entière. Cela lui donne courage et force, s’opposant à la conspiration des soeurs Zephyrus ne serait-ce que pour qu’elles le laisse en paix. Cependant, tant la soeur cadette, Milda, que leur mentor, miss Monte Christos, se trouvent ébranlées par l’innocence et l’intégrité de Gohonmatsu et en tombent amoureuses… La fin ne pourra être que tragique…

Avaler la Terre (地球を呑む / Chikyû wo Nomu) est un manga seinen par Osamu Tezuka qui a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Big Comic entre avril 1968 et juillet 1969 avant d’être compilé en deux volumes (tankobon) chez l’éditeur Shogakukan en mai et juin 1977. Il a connu une réédition en un volume (bunkoban) en septembre 1994, puis à nouveau en deux volumes en 2006. Il a été publié en français chez Milan en 2006 (deux volumes) puis en anglais chez Digital Manga en juin 2009 (un volume). Il également été réédité en français en un seul volume chez les Éditions FLBLB.

Osamu Tezuka, au Japon, est considéré comme le dieu du manga car il en a pratiquement inventé le genre. Bien sûr son style de dessin peut paraître vieillot et caricatural avec ses grands yeux et la simplicité de trait — après tout, au début de sa carrière,  il s’est beaucoup inspiré des dessins animés des Studios Fleischer, comme Betty Boop, et surtout de Walt Disney. Et c’est sans doute pour cela que son oeuvre est souvent négligé en Occident. Il a pourtant toujours produit des récits qui, malgré ses personnages caricaturaux et l’humour presque “slapstick”, abordaient des sujets vraiment sérieux. Si l’on regarde au-delà du style, son oeuvre est très intéressante et a toujours un petit aspect moralisateur, voir pédagogique.

C’est le premier récit d’envergure que Tezuka destine à un public plus âgé (jeune adulte, masculin; i.e. “seinen”). Alors que le Japon connait une explosion de prospérité d’après-guerre, Tezuka fait une mise-en-garde en dépeignant avec beaucoup d’ironie une société devenue dépravée à cause des femmes scandaleuses, de l’argent et de la politique corrompue. Évidemment, certains concepts peuvent nous paraître dépassés ou même choquants. Tezuka est, après tout, un homme de son époque: le Japon était alors une société patriarcale où le rôle de la femme est reproductif et décoratif. L’image qu’il donne aussi de la ségrégation raciale aux État-Unis peut paraître exagérée (presqu’hilarant) mais c’est sa façon de la critiquer. 

Le récit m’est apparu plutôt inégal au début mais Tezuka en explique la raison en post-face. La plupart des mangaka de l’époque publiaient des séries où chaque épisode constituait un récit indépendant mais Tezuka (à la demande de son éditeur) s’est distingué en présentant pour la première fois avec Avaler la Terre une histoire avec des épisodes à suivre. Inévitablement, comme le récit s’étire, les lecteurs perdent un peu intérêt et cessaient de suivre. Pour contrer cela, Tezuka à introduit quelques épisodes indépendants au milieu du récit.

Ce genre d’histoire me rappel étrangement la quatrième saison de la série télévisée Westworld… Que ce passerait-il si quelqu’un remplaçait un groupe de politicien ou en prenait le contrôle d’une façon ou d’une autre, comme pour orchestrer un coup d’état et un virage à droite rétrograde, voir autodestructeur? En fait cela a déjà été fait avec le série télé humoristique (hilarante et plutôt originale) BrainDead! Et l’on pourrait croire que ces derniers temps c’est aussi le cas avec l’aile trumpiste du parti républicain… Malgré tout c’est Tezuka qui reste le plus original puisqu’il a imaginé et publié ce manga à la toute fin des années soixante!

Avaler la Terre nous présente un récit de vengeance, doublé d’un complot de fin du monde, qui offre de l’action et du suspens mais aussi beaucoup de sensualité et d’humour. C’est une série ambitieuse que Tezuka considère comme parmi ses oeuvre les plus importantes. Hélas! Ce genre de manga n’attire pas les foules — heureusement qu’il y a des éditeurs qui en reconnaissent l’importance historique et ont le courage d’en faire la traduction — donc un grand merci à FLBLB! Malgré la complexité du récit et le style caricatural, c’est un excellent manga, agréable et intéressant à lire. Une oeuvre de Tezuka mérite toujours d’être lue.

Avaler la terre (Intégrale), par Osamu Tezuka (Traduit du japo­­nais par Jacques Lalloz et Patrick Honnoré). Poitiers: Éditions FLBLB, septembre 2021. 520 pages, 15,5 × 22 cm, 20€ / $36.95, ISBN 978-2-35761-307-2. Pour lectorat adolescent (14+). stars-4-0

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© 2021 by Tezuka Productions. All rights reserved.

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Otium et Lectio

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[ iPhone 13 Pro, domus, 2022/07/10 ]

Aujourd’hui est la journée idéale pour se complaire dans l’oisiveté et la lecture d’un bon manga, confortablement assis sur ma terrasse fleurie et tout en écoutant du enka sur Apple Music… Que la vie peut être douce parfois…

Today is the perfect day to indulge in idleness and read a good manga, comfortably seated on my flowery terrace and while listening to enka on Apple Music… How sweet life can be sometimes…

Oggi è il giorno perfetto per abbandonarsi all’ozio e leggere un bel manga, comodamente seduti sul mio terrazzo fiorito e ascoltando l’enka su Apple Music… Come può essere dolce la vita a volte…

今日は、花の咲くテラスに座って、アップルミュージックでエンカを聴きながら、怠惰にふけり、良い漫画を読むのに最適な日です。

Pictorial chronicles [002.022.191]

Pièce médiévale (1)

Saint-Martin de Tours

IMG_2356-2361Cette pièce médiévale est un bon exemple de monnaie féodale. C’est un très beau denier (F [Fine], Bi [Billon roux — alliage de Cu, Zn et moins de 20% d’Ag], 18 mm [0.71 po], 0.9466 g, payé environ $6 [30 FF], caractérisé par un flan très mince et une patine brunâtre tâchée de vert-de-gris (preuve d’une part importante de cuivre dans l’alliage); die-axis: ↑←). L’avers illustre un Châtel (château) tournois (formé de deux tours avec des boules), surmonté d’une croix, avec l’inscription latine S[an]C[tv]S MARTINVS (“Saint Martin”). Le revers présente une grande croix pattée avec l’inscription latine ✠ TVRONVS CIVI[s] (“Cité de Tours”).

Martinus Turonensis meurt à Candes le 11 novembre 397 et est enterré à Tours où il sera adoré comme Saint. En 470, l’évêque Perpétuus fait construire une grande basilique sur l’emplacement du tombeau. C’est là que, en 508, Clovis reçoit les pouvoirs consulaire de l’empereur d’Orient Anastase Ier et qu’il célèbre son triomphe sur les Wisigoths. Une abbaye y est établie vers le milieu du VIe siècle mais, suite aux réformes de Pépin le Bref qui imposaient la règle de saint Benoît à tous les monastères, la communauté des clercs devient une “collégiale” de chanoines en 817. A cette époque le pouvoir est divisé en petites comtés. Dès le Xe siècle, Tours est l’une des première cité à frapper monnaie mais le denier tournois sera rapidement imité (on retrouve donc le denier provinois en Champagne, le denier angevin en Anjou, le denier tolosain à Toulouse, etc.). Toutefois, au début du XIIIe siècle (1204), Philippe Auguste se saisit de la région et dès lors la monnaie portera sur l’avers sa titulature: PHILLIPVS REX.

Ce denier tournois a donc été frappé à Tours entre le Xe siècle et la fin du XIIe siècle (mais il est plus probable qu’il a été frappé durant le XIIe siècle).

Sources: Wikipedia (Martin de Tours, Basilique Saint-Martin de Tours, denier tournois), Google, CGB, Numista, numismatics. Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine je vous présente une pièce de monnaie de la Renaissance.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 98

Rosa Peace

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2022/07/01 ]

DSC_2812Les rosiers (ou églantiers) appartiennent à un genre (Rosa) de plantes à fleurs de la classe des Magnoliopsida, de la sous-classe des Rosidae, de l’ordre des Rosales et de la famille des Rosaceae. Il en existe plus d’une centaine d’espèces qui se divisent en sous-genres, en sections et en groupes (selon leurs caractéristiques: grimpant, remontant, la forme de la fleur, etc.) et qui ont produits sans doute le plus grand nombre d’hybrides et de cultivars du monde végétal! Ainsi, des groupes de cultivars comme les hybrides de thé (caractérisé par leurs grandes fleurs) ont été créé par le croisement de Rosa ×odorata × rosier Bourbon.

Ce  cultivar a été créé en 1935 par le rosiériste français Francis Meilland et est le résultat d’un complexe croisement [[(‘George Dickson’ × ‘Souvenir de Claudius Pernet’) × (‘Joanna Hill’ × ‘Charles P. Kilham’)] × ‘Margaret Mc Gredy]. Il la nomme “Madame Antoine Meilland” en l’honneur de sa mère (Claudia Dubreuil, elle même fille de rosiériste) et l’envoi à d’autres rosiéristes pour qu’elle soit homologuée. Toutefois, les communications étant lentes durant la guerre, une entreprise américaine la nomma “Peace” car elle avait été présenté à American Rose Society le jour même de la chute de Berlin aux mains des alliés (29 avril 1945). 

C’est une variété d’hybride de thé tétraploïde qui forme un arbuste vigoureux et résistant pouvant atteindre jusqu’à quatre-vingt-dix centimètres de hauteur, avec un feuillage vert vif et de une à trois fleurs doubles (d’une quarantaine de pétales) par tiges qui s’ouvrent grande (une quinzaine de centimètres environ), en coupe. La couleur varie beaucoup selon les conditions du sol (généralement d’un jaune ou crème, ourlé de carmin) et la floraison persiste d’avril à octobre. C’est une variété célèbre, très prisée et primée, qui peut être utilisée en jardin, en pots, et en bouquets de fleurs coupées, et qui a servie de base pour créer de nombreux autres hybrides. (Sources: Wikipedia [FR/EN] et divers sites horticoles).

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Images du mer-fleuri [002.022.187]

Suite Française: Tempête en Juin

SuiteFrancaise-cov“Une décennie après le triomphe mondial de Suite française, roman miraculeusement réchappé de l’oubli, prix Renaudot 2004, Emmanuel Moynot s’empare du premier volet du diptyque, Tempête en juin. Sous sa plume acérée, le classique d’Irène Némirovsky trouve sa dimension visuelle. Comme dans un film de Renoir ou d’Altman, les personnages, les trajectoires, les destinées se heurtent et s’emmêlent sur les routes de l’Exode de juin 1940, traçant le portrait de ces heures noires où il a semblé que la donne sociale, morale, nationale se rebattait intégralement. Les figures inoubliables qui peuplent les pages de Némirovsky prennent corps. On retrouve comme si on les avait toujours connus le banquier Corbin, le gentil couple Michaud, la tribu des Péricand, l’infortuné abbé Philippe, la frivole Arlette Corail, le sinistre Corte et sa maîtresse écervelée, tous les autres, les perdants, les affreux, les purs et les morts de cette débâcle française. Et l’on découvre au passage que l’auteur de David Golder – dont on connait la passion pour la narration cinématographique – aurait fait une grande scénariste.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Suite à l’invasion de la Pologne, le Royaume-Unie et la France déclarent la guerre à l’Allemagne nazie le 3 septembre 1939 mais ce n’est que le 10 mai 1940, après ce qu’on a appelé une “drôle de guerre”, que les Allemands se lancent à la conquête de l’ouest en une “guerre-éclair”: ils traversent les Ardennes au Luxembourg et en Belgique, font une percée à Sedan, si rapidement que c’est la débâcle chez les alliés. Les Britanniques, acculés à Dunkerque, doivent évacuer dès le 26 mai. La bataille de France se transforme en une “étrange défaite” alors que les Allemands marchent dans Paris le 14 juin et que la France doit accepter un humiliant Armistice signé le 22 juin 1940. Sous le gouvernement de Pétain, puis celui de Laval (Régime de Vichy), la France est alors divisée par une ligne de démarcation entre une “Zone Occupée” au nord et une “Zone Libre” au sud. C’est dans ce contexte que se déroule le récit…

La nouvelle de la débâcle de Dunkerque et de l’approche allemande pousse de nombreux Parisiens à l’exode vers le sud afin de fuir les combats et l’inévitable occupation. Nous suivons ainsi une vingtaine de personages qui tentent de fuir Paris puis, pour la plupart, qui y reviennent lorsqu’ils apprennent que la ville a été épargnée de la destruction. Le récit trace un intéressant portrait de la société française de l’époque mais le fait de constamment alterner d’un groupe de personnages à l’autre rend le tout un peu confus. Toutefois, avec son style sombre mais réaliste — un dessin un peu brouillon et en tons de gris, très populaire ces temps-ci mais qui m’agace beaucoup — Moynot (surtout connu pour avoir reprit Nestor Burma après Tardi) fait un excellent travail pour illustrer les petits drames de chacun exacerbés par la guerre. C’est une intéressante bande-dessinée pour l’amateur d’histoire que je suis, avec un bon récit (mais sans plus). Toutefois, ce qui rend ce titre fascinant c’est l’oeuvre dans laquelle il s’inscrit.

Irène Némirovsky est une émigrée Ukrainienne qui s’installe à Paris au début du siècle. Elle y entreprend une carrière littéraire (en publiant une quinzaine de courts romans dont David Golder est le plus connu). En juin 1940, comme beaucoup de français, elle fuit Paris avec son mari Michel Epstein et leur deux filles pour s’installler à Issy-l’Évêque (dans le Morvan) qui se retrouvera en territoire occupé après l’armistice. Elle continue d’écrire, débutant entre autre un projet de cinq romans s’inspirant de ce qu’elle a vécu et observé au cours de l’exode de juin et de l’occupation allemande. Elle termine la première partie, Tempête en juin (traitant de l’exode), en avril 1941. Puis la seconde partie, Dolce (racontant l’idylle d’une jeune française avec un officier allemand mélomane), est complétée en juin 1942. Elle planifie trois autres romans, Captivité, Batailles et La Paix, qui formeront son magnum opus et qui, pour l’instant, lui permettent pour le moins d’endurer le stress de l’occupation en se gardant l’esprit occupé. Elle n’aura cependant jamais l’occasion de terminer son oeuvre car elle est dénoncé comme juive puis arrêté le 13 juillet 1942. Elle est d’abord envoyé au camps de Pithiviers, puis elle prend le convoi no 6 pour Auschwitz-Birkenau le 17 juillet, où elle meurt du typhus le 19 août. Ce n’est que durant les années cinquante que le manuscrit des deux romans est redécouvert dans une malle par ses filles, Denise et Élisabeth. Après avoir donné les archives de leur mère à l’IMEC au début des années ’90, Élisabeth décide de retranscrire le manuscrit qui n’est publié qu’après de nombreuses tergiversations en 2004 sous le titre Suite Française. L’ouvrage connait une grand succès et est traduit dans de nombreuses langues. Il reçoit également le prix Renaudot.

Le roman reçoit de nombreuses adaptations: il inspire un Concerto de chambre d’Aulis Sallinen en 2005, puis la deuxième partie est adapté avec le film de Saul Dibb en 2014, la première partie est retranscrite en bande-dessinée par Emmanuel Moynot en 2015, puis le récit est joué au théâtre en 2018 et 2019. Le roman a également fortement inspiré l’excellente série télévisée de France 3 Un Village Français qui a été diffusé en sept saisons entre juin 2009 et novembre 2017. Je n’ai malheureusement pas lu le roman (je l’ai juste feuilleté en lisant des passages ici et là) mais tant l’adaptation BD que cinématographique semblent assez respectueuse. Ils peuvent donc servir de raccourcis pour prendre connaissance de l’oeuvre de Némirovsky.

Suite Française: Tempête en Juin, par Emmanuel Moynot (d’après le roman d’Irène Némirovsky; mise au gris de Chantal Quillec). Paris: Denoël (Coll. Denoël Graphic), janvier 2015. 224 pages, 16.0 x 23.0 cm, 23,50 € / $42.95, ISBN 978-2-207-11817-7. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2015 Éditions Denoël.

SuiteFrancaise-movieSuite française: France / UK / Belgique, 2015, 107 min.; Dir./Scr.: Saul Dibb; Phot.: Eduard Grau; Ed.: Chris Dickens; Mus.: Rael Jones; Cast.: Michelle Williams (Lucile), Matthias Schoenaerts (Bruno), Kristin Scott Thomas (Madame Angellier), Margot Robbie (Céline), Sam Riley (Benoît), Ruth Wilson (Madeleine), Tom Schilling (Kurt), Lambert Wilson (Vicomte de Montmort), Harriet Walter (Vicomtesse de Montmort), et Alexandra Maria Lara (Léa).

Ce film est basé sur le même roman qui a inspiré la série télé Un Village Français. Une jeune française établie une relation romantique avec un officier allemand qui occupe le village de Bessier. Il écrit une pièce musicale qu’il lui laisse lorsqu’il repart pour le front. C’est un très bon film avec d’excellent acteurs et une bonne cinématographie. stars-3-5

[ AmazonIMDbNetflixYouTubeWikipedia ]

SuiteFrancaiseRoman-covSuite française, par Irène Némirovsky (préface de Myriam Anissimov). Paris: Gallimard (Coll. Folio #4346), mars 2006. 576 pages, 10.8 x 17.8 cm, 10,60 € / $19.95, ISBN 978-2-07-033676-0. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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Pièce mystère (6) / Royaume environnant (5)

Pièce islamique moghol?

IMG_2352-2355Cette pièce-ci est vraiment la première qui me laisse complètement confondu et qui ne se retrouve pas dans mon champs d’expertise. C’est une assez belle pièce (G [Good], Cu/Ae [Cuivre/Bronze], 14 mm, ±4 g, prix et date d’achat inconnu, caractérisée par une patine verte avec quelques tâches jaunâtre et rougeâtre; die-axis: ↑?) par contre je n’ai aucune idée de la provenance, de la dénomination ou de l’époque à laquelle elle appartient. Je ne saurais même pas dire quel côté est l’avers et lequel est le revers, ou dans quel sens elle doit être vue/lue! Donc toute tentative d’attribution sera pure spéculation (et cette entrée sera donc très brève)… 

Je ne me suis jamais soucié jusqu’à maintenant de faire une fiche pour cette pièce. J’ai juste écris une petite note qui indiquait que mon attribution initiale était une pièce islamique (ce qui était peut-être l’attribution qui est venu avec la pièce lors de l’achat? Je ne me souviens d’ailleurs plus où, ni quand, je l’ai acquise, vu qu’il n’y a pas de fiche…) mais je n’en suis plus si sûr. Quoi que le fait qu’il n’y ait aucune représentation et seulement du texte pourrait porter en ce sens. Ce n’est certainement pas du chinois. Possiblement de l’arabique mais je soupçonne qu’il s’agit plus d’une langue d’un royaume indo-grec quelconque (Empire moghol?). La pièce semble d’une facture ancienne mais pourrait dater de n’importe quand entre le VIIIe et le XVIIe siècle… Quoiqu’il en soit toutes mes recherches par comparaison pictographique ou par mot-clé se sont révélées infructueuses. Je n’ai rien trouvé de vraiment similaire…

Si jamais quelqu’un a une idée ou une piste de recherche j’apprécirais si vous pouviez me contacter (ou laisser un commentaire). Merci…

Sources: Google: Islamic bronze coins, Numista: pièces moghol. Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine je vous présente une autre pièce médiévale mais cette fois européenne. Cette chronique approche de sa conclusion car j’ai présenté pas mal toutes les pièces de ma collection de monnaies anciennes. Je compte y mettre fin soit avec la centième entrée ou soit pour son deuxième anniversaire (cent-sixième entrée?). Il me reste toute de même encore quelques pièces intéressantes à vous présenter!

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 97

Tulipa Flaming Flag

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions. La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana. C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

Cette tulipe appartient à la division “Triomphe” (qui est elle-même l’hybridation des divisions “Simples hâtives” et “Darwin hybrides”) ou “Rembrandt” qui ont une apparence plutôt traditionnelle mais sont très robuste et résistent bien aux intempéries. Elle est caractérisée par des pétales blancs striés de riches flammes lavandes ou violettes. Chaque fleur est unique avec un motif distinct. La floraison débute vers le début ou la mi-printemps et est durable. De dix à quinze centimètres de haut, elles vont égayer n’importe quel jardin qu’elles soient en bordures, en pots ou en bouquet dans un vase de fleurs coupées. Toutefois, elles sont toxiques pour les animaux domestiques et les chevaux, et peuvent provoquer un malaise sévère en cas d’ingestion et une réaction cutanée allergique au contact. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Images du mer-fleuri [002.022.180]

Mad about Rad !

I have an electric bike since July 2020. I purchased it to avoid using public transportation during the covid pandemic. It is an Ecolo Lithium from Green Power HQ and I like it a lot. It is convenient and confortable. However, it is a scooter-type electric bike therefore it is very heavy, completely useless if there is a problem with the battery and — because it looks a lot like a scooter — people are giving me hell when I ride in a park or a bicycle path (even though I am allowed because it is a bike). For all those reasons (and others), I decided to change it for a lighter and more flexible alternative. 

ExpandBlack_1_700xI took a long time to consider all the different brands and models (see Monture Alternative). After much tergiversations, I chose to purchase the brand Rad Power Bike because their bike looked cool, they had been on the market for a while and the review were quite good. It is an American company located in Seattle but they have a store in Vancouver and a Canadian web site. I first opted for their RadRunner 1 model but quickly discovered that their model RadExpand 5 had more features for a cheaper price. It is an improved version of the RadMini (without the suspension but with a rear rack included), has about the same frame as the RadCity Step-Thru or the RadRunner 1 but with 7 speeds. It is also one of the lightest and cheapest models of all. It is also foldable so it can easily be transported in a car (to more distant hiking locations or to a repair shop in case of a problem). I was very enthusiastic about it.

However, I quickly became mad at Rad… I placed my order online on March 31, 2022 and the website was indicating that it would ship by April 11th. On that date, my order was still listed as “unfulfilled” but my credit card had already been charged — most online companies charge the purchase only when the product ships. The website was now indicating products shipping by May 31st! So I wrote to Rad Power to inquire about my order. I was told that they were still processing it because they were experiencing a backlog due to computer problems forcing their warehouses to go through a manual labeling process which was causing an extended delay in shipping. However, I was also told my order should be shipping out within one or two weeks (which meant by the end of April at the latest). Unfortunately, the one or two weeks became A FULL MONTH and my order finally shipped only on May 12th… I wish they were more honest in their delivery estimate.

They probably also had supply issues. It is understanding considering that electric bikes are more and more in demand and that spring is probably their busiest time of the year. However, I was sure that by ordering late March I would get my bike in time for the beginning of the biking season (and for my birthday at the end of May). Now, the snow had already melted and it seemed more and more unlikely that I would get the bike on time for my birthday… That was quite frustrating. What might have been adding to the delay was the fact that I also ordered accessories and that I chose to have the bike to be assembled by VeloFix. RadPower ebikes ship in pieces and some assembly is therefore required. In some models, like the RadRunner, they are easy to assemble so we can do it ourselves but, apparently, the RadExpand 5 was requiring “some technical skill” (probably because the derailleur made the threading of the chain more complicated) and the website was recommending to use their “ebike assembly service” (VeloFix). So the ebike would ship not directly to my place but to VeloFix facility in Boisbriand. Which would create more delay. However, I was told that it meant just a few extra days…

The tracking information on Rad Power website told me that the bike shipped on May 12th and arrived at VeloFix in Boisbriand May 16th. I was expecting to receive a call or a email quickly after that but I received nothing. After three days, I managed to find a phone number for their main office in Vancouver (not listed on their website) and I called them. I was told that they had only one truck in the Montreal area (VeloFix doesn’t have a fixed workshop: it is a mobile service and they work out of their minivan) and that, with all the repairs, spring maintenances and delivery for Rad Power, they were VERY busy. They gave me an appointment for… June 10th !!! Seriously? I was really mad but there was nothing I could do about it besides being patient. Fortunately, the Montreal guy called me on May 24th to tell me he had a cancellation and could move my appointment to May 30th. Great, they were doing what they could to provide a quicker service. I guess they were realizing that one shop for the entire Montreal area was not enough — and they were probably receiving lots of complains — because they decided to move a truck from Ottawa to Montreal. On May 26th, I received an email informing me that they had now an additional Mobile Bike Shop operating in Montreal and that they were able to assemble and deliver my e-Bike earlier! They were offering an appointment on the very next day, May 27th, in the beginning of the afternoon. They clearly were going at great effort to catch up on the delay and offer the quickest service possible.

The guy arrived on time. I thought that he would assemble the bike and then deliver it. Surprisingly, the bike was delivered still in its original box and the guy did the assembly in front of me. He had all the space and necessary tools inside the van. First, he put all the pieces together (front wheel, battery, pedals, seat, etc.), installed my accessories (a mirror and a display upgrade), adjusted the derailleur, the brakes, and greased the chain — all while chatting with me. Finally, he adjusted the seat and explained the basic operations of the bike. It all took a little less than an hour and half. 

IMG_2094Since it was a rainy day I didn’t go for a trial ride until later in the afternoon. In the following days, I took more rides and customized what I could on the bike. Like installing the QuadLock iPhone holder and put a basket on the rear rack. Instead of a full milk case (the only one I had was pink!) I installed a collapsible one that I found at Walmart. Little by little I was getting used to the bike and owning it. Adding accessories to make it as confortable as the scooter was. I really enjoy riding it. I am really mad about it. Now, after over one hundred and fifty kilometres, I am ready to start talking about it. I will describe it in more details in a future article…

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VI. Thoughts (of the day) on human rights 

If you make your laws according to your religion and your moral then you are not a democracy. Your are a theocracy and you are no better than the Talibans. The Funding Fathers of the United States wrote the Constitution on the basis of the Separation of Church and State to avoid anything resembling what they wanted to escape — the totalitarianism and domination of a monarchy. If you go this way you are going backward…

Nobody is in favour of abortion. No one want an abortion. It is a solution that you take in last resort when you have exhausted all other possibilities (planned parenthood, contraceptive, adoption, etc.) and you have no other choices. Bad things happen (incest, rape, health issues for the baby, the mother or both) and if the need arise a woman should have the choice. No woman should be forced into a pregnancy that put her physical, mental or economical health in jeopardy. (Democrats and defenders of women’s rights should have better messaging!)

If you take away the right of women to chose what would be next? The same-sex marriage? The mixed-race marriage? The voting right of minorities? According to the extreme right none of those are guaranteed in the American Constitution. They say that life begins at conception (although some scientists say that a human brain is not completely formed until five or six year-old…) and therefore all those frozen embryos must be considered human. If they take full power of the country we could see the day when they force some women (Prisoners? Minorities? Underprivileged?) to carry those frozen embryos to term… Then we would not be far from what is considered science-fiction today (The Handmaid’s Tale anyone?)…

People will defend a right that they want. They will fight harder to defend a right that they had and lost… The Future will always be a struggle. Ours might be a socio-political war!

And now, for something completely different, maybe the worse war crime is for Europa to coward in front of the Russian scarecrow’s nuclear bluff, leaving the Ukrainians alone to stop the tide of his juvenile and dystopic anger ???

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cogitationes me / Thoughts for myself [002.022.178]