Status report [002.023176]

En vacances

Les vacances commencent mal. Le chat est plein de puces, les travaux de peinture extérieur vont être retardé à cause des prévisions de pluie et aujourd’hui nous devons annuler notre visite au jardin botanique à cause de la mauvaise qualité de l’air. La boule orange est de retour dans le ciel… Too bad, ce sera une autre journée de lecture et d’écriture ! 

 

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Homère: L’Iliade & L’Odyssée

Homere-liliadeEtLodysse-covL’adaptation en manga de l‘Iliade et l’Odyssée d’Homère, deux oeuvres basées sur la mythologie de la Grèce Antique et acclamées comme étant les plus grands poèmes épiques grecs.

Il s’agit du temps des légendes, quand les Hommes et les Dieux tissaient ensemble la trame de l’Histoire. Sous le regard de Zeus, le père des Dieux, omniscient et omnipotent, se déclenche la Guerre de Troie qui allait durer dix ans. Bientôt, cette guerre atteint son point culminant avec l’affrontement décisif opposant les héros Achille et Hector…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

L’Iliade & L’Odyssée (ホメロス / イリアス・オデュッセイア) est l’adaptation en manga de deux poèmes épiques que l’aède grec Homère aurait composé au VIIIe siècle AEC. Il a été publié par l’éditeur japonais East Press en octobre 2011 au sein de la fameuse collection Manga de dokuha (まんがで読破 / lit. “lire à travers les mangas”) — le #94 sur 139. Celle-ci a été créé par le collectif “Variety Art Works” dans le but de rendre accessibles au grand public (sous forme d’adaptations en manga) des chefs-d’œuvres de la littérature qui sont rarement lus. Toutefois le groupe Team Banmikas, qui a succédé à Variety Art Works, a résilié le contrat de distribution avec l’éditeur East Press et la collection a cessé de paraître. Cependant certains titres demeurent disponible en format électronique. Les Éditions Soleil ont entrepris de traduire en français, dans leur collection “Classiques”, une vingtaine de ces adaptations comme La Divine comédie de Dante, Ulysse de James Joyce, À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche, Du contrat social de Jean-Jacques Rousseau, Le prince de Machiavel, Le rouge et le noir de Stendhal et, le titre le plus récent paru en juin 2023, le Kamasutra de Vatsyayana. Malheureusement, si ces adaptations constituent une bonne introduction à ces oeuvres classiques, elles sont dessinées dans un style qui est généralement plutôt grossier. J’ai déjà parlé de cette collection et commenté plusieurs de ses titres (Les mots de Bouddha, L’interprétation des rêves, Guerre et Paix, Manifeste du parti communiste, Les misérables, Le Capital, Le rouge et le noir, À la recherche du temps perdu, et même La Bible: ancien et nouveau testament).

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Page 26

Dans L’Iliade, Homère nous fait le récit de la guerre de Troie. L’adaptation s’attarde surtout sur la cause de la guerre (le jugement du mont Ida, l’enlèvement d’Hélène par Pâris), la querelle entre Agamemnon et Achille, le combat entre ce dernier et Hector mais consacre très peu de temps à la conclusion du conflit (avec le fameux stratagème du cheval de Troie). Dans L’Odyssée, il raconte le retour du sagace héros Ulysse qui, après la fin de la guerre, ayant offensé le dieu Poséidon, se perd en mer et met une vingtaine d’année à retrouver son île natale. L’adaptation traite surtout de l’épisode de Charybde, de la quête de Télémaque pour trouver son père, son séjour chez Calypso, le combat contre le cyclope Polyphème et son retour à Ithaque où il fait un sort aux prétendants de sa femme Pénélope qui le croyait mort — ce faisant on passe sous silence, entre autres, les épisodes des Lotophages, d’Éole, de Circé et des Cimmériens).

L’Iliade & L’Odyssée nous offre ce même style plutôt simpliste et grossier auxquels les adaptations de Variety Art Works nous ont habitué. Il nous fait le récit abrégé des principaux événements des épopées homériques ce qui donne une certaine idée des oeuvres mais n’a pas le même intérêt que le texte original intégral. Le manga nous laisse donc sur notre faim et présente une lecture certes amusante mais qui manque une occasion de nous faire vraiment découvrir toute la richesse des oeuvres originales. Cela aurait été beaucoup mieux si l’adaption avait traité les oeuvres séparément en leur consacrant chacune un volume. À lire par curiosité mais sans plus.

L’Iliade & L’Odyssée, par Variety Art Works (d’après les oeuvres d’Homère). Paris: Édition Soleil, décembre 2021. 192 pages, 13 x  18.4 cm, 7€99 / $13.95 Can, ISBN 9782302093331. Pour un lectorat adolescent (12+, violence). stars-2-5

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© Team Banmikas. All rights reserved. © 2021 Éditions Soleil pour la traduction française.

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Brouillage Intégral (Liu Cixin 8)

BrouillageIntegral-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays ; 15 voyages quantiques à la croisée des dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour imaginer les possibles futurs de l’humanité.

Une Troisième Guerre mondiale oppose les membres de l’OTAN à la Russie, un conflit interminable, tactique, technologique et sanglant. Pour gagner du temps en attendant un rassemblement de troupes, le général Levchenko décide d’agir sur le brouillage des transmissions. Les rayonnements solaires, qui influencent la propagation des ondes de surface, pourraient changer l’issue des combats…

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 4

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes quatre (Nourrir l’Humanité) et cinq (La perfection du cercle) ainsi que les sixième (Proies et Prédateurs) et septième (L’Attraction de la foudre) tomes. Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois.

Cet album adapte la nouvelle 全频带阻塞干扰 (“Quán píndài zǔsè gānrǎo” / lit. “brouillage pleine bande”) publié en 2001 dans le périodique chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit “le monde de la science-fiction” ou Science Fiction World).  Liu Cixin nous propose encore une fois un sujet d’actualité: une guerre entre l’OTAN et la Russie. Les deux nations font appel au brouillage électronique pour rendre inopérant les communications et les équipements de détection de l’ennemi mais la technologie russe est moins efficace. Afin d’avoir l’avantage, il créeront un brouillage intégral en utilisant un phénomène naturel. 

Le sujet de cette histoire est plutôt intéressant puisqu’il nous introduit à la science derrière la guerre du XXIe siècle mais le dessin est très moyen et le récit un peu confus ce qui rend la lecture de cet album un peu ennuyant. C’est donc la moins bonne adaptation de la série. À lire par curiosité ou simplement pour avoir lu tout les albums de la série.

Brouillage intégral (Les Futurs de Liu Cixin, #8), par Marko Stojanovic (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin), Milorad Vicanovic-Maza (illustrations) et Desimir Miljic-Desko (couleur). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), janvier 2023. 108 pages, 21.7 x 29.8 cm, 21.90 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-41303810-8. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-2-0

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© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2022 Éditions Delcourt pour la présente édition.

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Là où naissent les histoires

LaOuNaissentLesHistoires-cov“Les Delphes, des créatures possédant le talent de raconter des histoires, sont chargés d’écrire les sitcoms qui cartonnent sur toutes les chaînes de Point Central. Malheureusement la substance qui nourrit leur créativité se fait rare… Il est urgent pour eux d’obtenir l’aide de Galaxity afin qu’un autre gisement soit exploité. Celui-ci se situe dans un coin perdu sur la Terre du XXe siècle ! Le service spatio-temporel terrien est sur le coup… Mais leurs meilleurs agents sont redevenus enfants. Pas facile de travailler avec un duo d’ados et interdiction pour eux de louper les cours de danse et de judo !”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

 

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Page 3

Valérian et Laureline ont trouvé refuge sur la Terre du XXIe siècle, loin des technocrates de Galaxity, mais ils sont redevenu enfants, sous la garde de Monsieur Albert. L’Agence Spatio-Temporelle fait néanmoins encore appel à eux pour superviser une transaction d’une grande importance pour la stabilité de la galaxie: approvisionner une race d’auteurs de sitcoms avec des nodules métalloïdes de Boroflium découvert sur Terre dans le Caucase post-soviétique afin d’assurer leur créativité et, par extension, la sérénité populaire. Mais plusieurs groupes convoitent les nodules… Les deux adolescents français en “excursion” dans l’Europe de l’Est vont user de leur intuition pour aider leur tonton dans sa tâche…

Cet album semble avoir été classé dans la série ”Valérian, vu par…” mais comme le récit présente une suite logique au dernier album “officiel”, qu’il est écrit par Pierre Christin et que le style de Virginie Augustin s’approche beaucoup de celui du défunt Jean-Claude Mézières je crois qu’il pourrait très bien prendre sa place dans le cannon des aventures de Valérian et Laureline. D’ailleurs, l’album lui-même — contrairement aux deux autres “hommages”, Shingouzlooz Inc par Wilfrid Lupano & Mathieu Lauffray et L’Armure du Jakolass par Manu Larcenet — ne fait aucune mention de la collection “Valérian, vu par…”

Cet album nous offre un très beau récit de science-fiction, plein d’humour, qui s’insère fort bien dans la série. De plus, le superbe style de dessin de Virginie Augustin qui, comme je l’ai déjà dit s’apparente beaucoup à celui de Mézières, rends la lecture d’autant plus agréable. C’est non seulement une belle aventure de Valérian et Laureline, mais c’est aussi un excellent album qui plaira sans aucun doute tant aux fans nostalgique de la série qu’aux non initiés. À lire.

Là où naissent les histoires (Valérian, vu par…), par Pierre Christin (Scénario) et Virginie Augustin (Dessin). Paris: Dargaud, septembre 2022. 56 pages, 22.5 x 29.8 cm, 13,50€ / $25.95 Can, ISBN 978-2-205-08997-4. Pour un lectorat tous publics (7+). stars-4-0

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© Dargaud 2022

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Olympia Kyklos vol. 5

OlympiaKyklos-5-covAprès Thermae Romae, la nouvelle comédie sportive de Mari Yamazaki !

Après avoir découvert les frissons du catch dans le Japon d’aujourd’hui et avoir rapporté ce divertissement haut en couleurs dans la Grèce antique afin d’édifier les Athéniens, Démétrios doit quitter la cité en catastrophe : un message alarmant vient d’arriver de Tritonia, son village natal, qui semble en grand péril ! Le jeune peintre sur céramiques saisit ses pinceaux et ses vases et s’élance aussitôt au secours des siens, l’estomac noué par l’angoisse. Que va-t-il trouver à Tritonia ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

OlympiaKyklos-5-p002Olympia kyklos (オリンピア・キュクロス / lit. “Cercles Olympique”) est un manga seinen par Mari Yamazaki qui est sérialisé au Japon dans le magazine bimensuel Grand Jump depuis mars 2018 et a été jusqu’à maintenant compilé en sept volumes chez Shueisha. Il a été traduit en français chez Casterman (six volumes de disponibles). C’est une comédie du style de Thermae Romae (voir aussi mon commentaire sur cette série) mais qui se situe dans l’antiquité grecque cette fois et traite de sujets autour du thème des jeux olympiques. Le manga a sans aucun doute été créé en anticipation des jeux olympiques de Tokyo de 2020 (mais qui furent reportés à l’année suivante à cause de la pandémie de Covid-19). J’ai déjà commenté le trois premiers volumes ainsi que le quatrième.

Avec l’aide de Platon, Démétrios décide d’introduire les Athéniens au catch, qu’il présente comme un mélange de théâtre et de lutte. Il en profite pour vendre ses vases ornés de dessins illustrant les grands moments du spectacle tel que Tezuka lui a enseigné. Toutefois, une missive de Apollonia lui apprends que le patriarche a organiser des jeux au village de Tritonia mais il s’est endetté auprès du village voisin afin de construire un stade et un temple. Les jeux n’ayant pas eut le succès escompté les nouveaux bâtiments restent inachevés et les villageois doivent maintenant payer un tribu au village voisin pour rembourser la dette ! Alors qu’il cherche une façon d’aider son village natal, Zeus transporte Démétrios à nouveau au Japon moderne où il découvre… le kabuki ! 

 

Cette série de manga, avec le superbe style détaillé et précis de Mari Yamazaki, nous offre encore une fois une lecture agréable qui s’avère non seulement divertissante de par ses mises en situation humoristique mais nous fait également réfléchir sur la culture et différents aspects de la société moderne. Un très bon manga que je recommande fortement.

Olympia Kyklos, 5, par Mari Yamazaki. Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), octobre 2022. 200 pages (2 en couleurs), 13.3 x 18.1 cm, 8,45 € / $C 15.95, ISBN 978-2-203-23739-1. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 2018 Mari Yamazaki. All Right Reserved.

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Fleurs de pierre, vol. 1

FleursDePierre-01-cov“Yougoslavie, 1941. Les jours coulent paisiblement, loin des tensions politiques de Belgrade, jusqu’à ce que les troupes nazies envahissent et pillent le pays. Le jeune Krilo voit son village brulé et ses habitants massacrés. Son amie, Fi, est déportée. Il fuit dans la montagne et retrouve d’autres rescapés, qui tentent d’organiser la résistance. À travers le destin de ces enfants, de leurs amis et de leurs ennemis, Sakaguchi raconte un pan de notre histoire où deux visions du monde s’opposent et broient les individus.

Fidèles à leur politique de redécouverte d’œuvres majeures du patrimoine de la bande dessinée mondiale, les éditions Revival ont décidé de reprendre l’aventure éditoriale de Fleurs de pierre en publiant l’intégrale des aventures de Krilo en 5 volumes entre octobre 2022 et juin 2025.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Vol. 1, page 24

Fleurs de pierre (石の花 / Ishi no Hana) est un manga seinen par Hisashi Sakaguchi qui nous offre, chose rare, un drame historique prenant place en Yougoslavie durant la deuxième guerre mondiale. Il a été d’abord publié en feuilletons dans Comic Tom entre mars 1983 et août 1986 avant d’être compilé en six volumes chez Ushio Shuppansha (1984-1986). La série a été rééditée cinq fois au Japon (chez Shinchosha en 1988, Kodansha en 1996 et 2002, Kobunsha en 2008 et Kadokawa en 2022). La plus récente publication, en cinq volumes, comporte une renumérisation complète des planches en haute résolution. Trois volumes ont été traduit en français chez Vents d’Ouest en 1997 mais la publication de la série a été abandonné avant d’être complétée. Une nouvelle édition, cette fois complète, est publiée aux Éditions Revival depuis octobre 2022 avec une nouvelle traduction par Ilan Nguyen et présentant les planches renumérisées en grand format dans le sens de lecture original. En janvier 2023, la série a reçu le prix du patrimoine au 50e festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

Hisashi Sakaguchi fait son apprentissage du manga par l’entremise de l’animation car il commence à travailler très jeune au Studio Mushi de Osamu Tezuka, contribuant à des séries comme Astro Boy, Le Roi Léo, Princesse Saphir ou des films comme Cleopatra. Disparu trop jeune, à l’âge de quarante-neuf ans, il a surtout publié des histoires courtes mais on lui connait trois séries: Fleurs de Pierre (1983), Version (1989) et Ikkyu (1993). C’est un auteur relativement peu connu mais qui a tout de même contribué au développement du manga pour adulte.

 

Fleurs de pierre nous offre un style très classique, voir vieillot, fait de traits d’encrage simples composant un dessin réaliste mais dépouillé qui ne plaira sans doute pas à tous mais qui est très efficace pour exprimer l’action et les sentiments des personnages. Ce manga nous fait le récit captivant d’un jeune garçon qui doit fuir son village et survivre au monde complexe d’un pays non seulement déchiré par les multiples cultures qui le composent mais également par la violence d’un envahisseur sans merci. C’est une oeuvre volumineuse (près de mille quatre cent pages!) et intrigante dont le sujet reste malheureusement d’actualité. C’est une lecture intéressante qui mérite qu’on lui porte un peu d’attention. Je suis bien curieux de lire la suite et de voir quelle direction prendra le récit. 

Fleurs de pierre, vol. 1, par Hisashi Sakaguchi. Paris: Édition Revival, octobre 2022. 304 pages, 21 x 28 cm, 29 € / $49.95 Can, ISBN 979-10-96-119-60-8. Pour un lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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© Hisashi Sakaguchi 2021. © Revival 2022 pour l’édition française.

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Blue Period #10

BluePeriod-10-cov“ART-MAKING. Yatora prepares for the first-year show, where he’ll have to pass an open review from intimidating professors and celebrity guest lecturers. To make matters worse, the self-directed nature of the assignment is more stifling than freeing, and he’s no longer sure: Does he even like art? Why did he ever start? An all-nighter in Shibuya may hold the answer, but Yatora’s not with his usual boys…” 

[Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

Blue Period (ブルーピリオド / Burū Piriodo) is a Seinen manga about painting written and illustrated by Tsubasa Yamaguchi which has been serialized since June 2017 in Monthly Afternoon and has been compiled into thirteen volumes so far by Kōdansha. The English version is published in the USA by Kodansha (twelve volumes available, the next one to be published at the end of May 2023) and the French version is published by Pika (twelve volumes available, the next one to be published mid-June 2023). It won several awards in 2020 (the Manga Taishō and the Kōdansha manga shō; it was also nominated for the Tezuka Osamu bunka shō) and was adapted into an anime television series in 2021 (twelve episodes animated by Seven Arcs studio under the direction of Koji Masunari and Katsuya Asano, from a script by Reiko Yoshida; it aired on MBS, TBS, AT-X and on Netflix). I have already commented (in French) on the first three volumes, the next three, volumes seven and eight as well as volume  nine.

 

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Vol. 10, Page 14

When I started reading this volume I felt that something was odd and different about it but couldn’t figure out what. I was half way through when I realized that it was a softcover book in English while I used to read the French hardcover edition! I’ll probably continue to read this English edition which seems to be available sooner than the French version. In this volume, Yatora has to produce the final assignment of his first year in an art college. This time lots of the story is set around his relationship with Yotasuke. The story offers us the usual trials and angst of young adulte college students, often with a touch of humour, but in the context of learning to produce art.

The style of this manga is rather ordinary but it remains a good read because the characters are endearing and the story is catchy. However, what makes this manga really interesting is that it opens a window to the world and techniques of art in a rather unusual way. Indeed, the author uses the narrative style of shōnen manga by presenting a series of challenges and competitions as the driving force of the story, which has the result of captivating the readers’ attention while teaching them the basics of art. A very good manga but especially if you are an art lover.

Blue Period #10, by Tsubasa Yamaguchi. New York: Kodansha Comics, November 2022. 208 pages, 5 5/8 x 8 1/4 in., $US 12.99 / $16.99 CAN, ISBN 978-1-64651-396-3. For Young Adult readership (16+). stars-3-5

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© 2021 Tsubasa Yamaguchi. All rights reserved. 

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Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #241 (Janvier-Mars 2023)

Al241Ce numéro nous offre un dossier sur Cyberpunk Edgerunners (du jeu video à l’anime, entretiens avec Bartosz Sztybor [scénariste et producteur] et Sebastien Kalemba [dir. créatif], le cyberpunk dans le manga [Akira, Appleseed, A.D. Police, Cyber Blue, Ghost in the shell, Gunnm, Silent Möbius, etc.], et Top 10 des adaptations de jeu videos). On retrouve également deux dossiers sur le Wit Studio (entretien avec George Wada, exposition consacrée au 10e anniversaire) et le Cartoon Forum (feedback, entretien avec Bonnie Lener [Millimages] ainsi qu’avec les fondateurs du Studio Superprod:  Jérémie Fajner et Clément Calvet).

Dans “On a Vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Chainsaw Man, Call of the night, Bastard!! Heavy Metal DF, Gambling School Twin, Tokyo Mew Mew New, Made in Abyss, Detective Conan Zéro, Buzz l’Éclair, Wendell & Wild, I’m quitting heroing, Ernest et Célestine, Eden, Berserk The Golden Age Arc, La Revanche des Humanoïdes, Shin Ultraman.

Dans “On a Lu” on nous introduit à quelques bons mangas comme The Last Man (Tasuya Egawa chez Black Box), Witch Watch (Kenta Shinohara chez Soleil), Le Monstre d’Einstein (Ryu Miyanaga chez Sakka), Yasha (Akimi Yoshida chez Panini), Trillion Game (Riichiro Inagaki & Ryoichi Ikegami chez Glénat), Coffee Moon (Mochito Bota chez Doki Doki), La Grande Traversée (Haruko Kumota chez Le Lézard Noir), Mon mari dort dans le congélateur (Misaki Yazuki & Hyaku Takara chez Akata), Les Amants sacrifiés (Masasumi Kakizaki chez Ki-oon), Valse à 3 soeurs (Melome Machita chez Sakka), Vlad Draculea (Akiya Ohkubo chez Soleil), La Désastreuse Histoire des Jumeaux Stevenson (Yuu Morikawa chez Delcourt/Tonkam), Meurtre dans le décagone (Yukito Ayatsuji & Hiro Kiyohara chez Pika), Derrière le ciel gris (Sugaru Maki & loundraw chez Delcourt/Tonkam), Le Prince Alchimiste (S. Kosugi chez Doki Doki), et Ton visage au clair de lune (Mika Yamamori chez Pika).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Takao Matsumoto, Jean Barbaud, Makoto Ojiro), Hommage (Kazuki Takahashi, Christophe Izard), PupliRédactionnel (La Chaîne Mangas), Figure de Pro (Sébastien Onomo), Séance Studio (TMS), Trouvaille (Pantheon), Expo + Musique (Expo Ai Yazawa, portrait en musique), et Focus (L’odyssée Kamen Rider, Docteur Pixar et Mister Disney).

À lire pour tous fans d’anime. stars-3-5

dBD #167 (Octobre 2022)

dBD-167Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Métal Hurlant #4 qui compile des BD vintages tirées de numéros originalement parus en 1976 ~ 1979 et qui abordent le thème de “L’homme est bien petit” (chez Les Humanoïdes Associés) et une adaptation BD des Animaux Dénaturés de Vercors par Hélène Bruller (petite-fille de l’auteur) et Joseph Falzon (chez Albin Michel).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Jean-Michel Dupont et Mezzo au sujet de leur biographie de Jimi Hendrix, Kiss the Sky t.1, chez Glénat.  Les entrevues se poursuivent avec Diane Kurys (sur l’adaptation BD de son film Diabolo menthe, avec Cathy Karsenty, chez Dargaud), Philippe Xavier (sur Le Serpent et le Coyote, avec Matz, chez Le Lombard), Marguerite Abouet et Clément Oubrerie (sur le retour de Aya de Yopougon t.7 chez Gallimard), Nicolas Dumontheuil (sur L’Impudence des chiens, avec Aurélien Ducoudray, chez Delcourt), Nadja (sur Les Dieux de l’Olympe t.1: Aphrodite, chez Dupuis), Laurent Queyssi et Iriol Roig (sur Mundus chez Éditions 404) ainsi qu’avec Xavier Fourquemin et Régis Hautière (sur Révolutionnaires ! t.1: Les princes misère, chez Le Lombard).

Dans le Cahier Critique je note surtout Samurai non grata, un nouveau polar inédit de Jirô Taniguchi (sur un scénario de Toshihiko Yahagi) chez Pika (Bien; “rassemble quatre enquêtes indépendantes, publiées au tournant des années 1980 (…). Les intrigues (…) manquent de consistance pour faire de ce titre un incontournable (…). Réserver donc aux inconditionnels du maître japonais.”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Trillion Game (par Ryoichi Ikegami et Riichirô Inagaki chez Glénat), Witch Watch (par Kenta Shinohara chez Soleil), La Vengeance du souffre-douleur (par Chikara Kimizuka et Yen Hioka chez Soleil), La Désastreuse Histoire des jumeaux Stevenson (par Yuu Morikawa chez Delcourt/Tonkam), et Your Evil Past (par Takashi Sano chez Pika) — je passe sous silence les titres manfra ou manhwa.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

dBD #168 (Novembre 2022)

dBD-168Dans le cahier actualités on mentionne la parution de L’Incroyable histoire de l’Église (par Olivier Bobineau et Pascal Magnat chez Les Arènes BD), Gestes et Bandes Dessinées (un collectif sur l’interprétation du geste en BD chez Presse Universitaires de Rennes sous la direction de Frédéric Chauvaud et Denis Mellier) et La Bande Dessinée en France à la Belle Époque 1880-1914 (par Thierry Groensteen chez Les Impressions Nouvelles).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Tardi sur la dernière aventure d’Adèle Blanc-Sec: T. 10, Le Bébé des Buttes-Chaumont chez Casterman. Les entrevues se poursuivent avec Ersin Karabulut (sur Journal Inquiet d’Isanbul chez Dargaud), Blutch (sur La Mer à Boire chez 2024), Salva Rubio (sur Le Premier Dumas t.1: Le Dragon noir, avec Ruben del Rincon, chez Glénat), Terry Moore (sur Serial chez Delcourt), Gaët’s et Julien Monier (sur RIP, t.5: Fanette, mal dans la peau des autres, chez Petit À Petit), Marcelino Truong (sur 40 hommes et 12 fusils, chez Denoël Graphic), et Mathieu Sapin (sur Pas de baiser pour maman, chez Rue de Sèves).

Dans le Cahier Critique je note Saint Seiya, Time Odyssey par Jérôme Alquié & Arnaud Dollen chez Kana (“scénario et planches (…) validés par Masami Kurumada, l’auteur du manga original (…) n’est ni une suite ni un préquel [mais] (…) une histoire parallèle”), Coffee Moon t.1 par Mochito Bota chez Doki-Doki (Bien; “pas d’une originalité déconcertante (…) dispose d’un potentiel indéniable”), et Fleurs de Pierre t.1 par Hisashi Sakaguchi chez Revival (Bien; “possède d’indéniables qualités graphiques (…) personnages forts et poignants”). Finalement, avec “Le Territoire des Mangas”, on nous présente sur deux pages les nouveautés du genre: Bofuri: Je suis pas venu ici pour souffrir alors j’ai tout mis en défense t.1 (par Jirô Oimoto d’après le light novel de Yuumikan, chez Mana Books), Nos mots comme des bulles t.1 (par Dai Satou et Imo Oono chez Delcourt/Moonlight), Call of the Night t.1 (par Kotoyama chez Kurokawa), Sanctuary Perfect Edition (par Ryoichi Ikegami et Sho Fumimura chez Glénat), Animal Crossing New Horizons t.1 (par Kokonasu Rumba chez Soleil), et NieR: Automata, Operation Pearl Harbor t.1 (par Megumu Soramichi et Yoko Taro chez Kurokawa) — j’ignore les auteurs thaïlandais ou coréens.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

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Revue de ‘zines [002.023.120]

Les futurs de Liu Cixin #7: L’attraction de la foudre

AttractionDeLaFoudre-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays; 15 voyages quantiques à la croisée de dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour y découvrir les futurs de l’humanité.

Chen est fasciné par la foudre globulaire depuis une expérience traumatisante vécue dans l’enfance. Doctorant en modélisations mathématiques, il est poussé par son université vers l’armée qui allie ressources financières et capacités d’expérimentation. Chen se retrouve ainsi à tenter de capturer et analyser ces boules d’énergie brute, alors que les tensions internationales s’intensifient.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD des récits de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes 4. Nourrir l’Humanité et 5. La perfection du cercle ainsi que le sixième tome, Proies et Prédateurs. Les titres se succèdent au rythme d’environ un par mois.

 

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L’attraction de la foudre (Les Futurs de Liu Cixin, #7) est l’adaptation en bande dessinée du roman de science-fiction 球状闪电 (Qiúzhuàng shǎndiàn / lit. “foudre en boule”) par par Liu Cixin paru en Chine en 2014 et traduit en français chez Actes Sud en 2019. Ce volume nous raconte la vie de Chen Kun qui prends un tour inattendu le jour de ses quatorze ans alors que ses parents sont tués par une boule de foudre qui est entrée dans leur appartement. Fasciné par ce phénomène, il y consacre ses études universitaires. Lors d’un stage dans un centre de recherche localisé au sommet du mont Taishan, il fait la rencontre de Lin Yuan — une fille de général obsédée par l’armement militaire — qui étudie elle aussi la foudre mais pour en faire une arme. Alors que la tension internationale monte avec l’intervention de navires de la “Coalition Démocratique” en mer de Chine (constituant “une escalade intolérable et un signe d’agression évident”), il est “invité” par le Ministère des Armées à rejoindre le groupe de recherche “Nouveaux Concepts” dirigé par Lin. Ils tenteront d’étudier et de capturer de la foudre globulaire afin d’en faire une arme. Ils découvrent que le phénomène n’est pas créé par la foudre mais qu’il est préexistant et que la foudre ne fait que le rendre visible. Chen théorise que la foudre globulaire est en fait un électron géant qui constitue un macro-atome formant un univers macroscopique ! Après de nombreux échecs et alors que la guerre semble imminente, Lin refuse d’entendre les mises en garde de ses collègues contre les dangers de l’expérience et fait l’essai d’une arme si terrible qu’elle changera à jamais la géopolitique mondiale…

 

L’attraction de la foudre est un récit de hard SF, avec des échos étrangement d’actualité, typique de l’œuvre de Liu Cixin. Le dessin est très bien alors que le récit demeure fort intéressant et relativement vraisemblable. Comme elle adapte non pas une nouvelle mais un roman il en résulte une BD volumineuse qui nous offre une longue et agréable lecture et qui reste divertissante malgré la complexité de ses aspects scientifiques. Elle plaira sans aucun doute aux amateurs de hard SF et de l’oeuvre de Liu Cixin.

L’attraction de la foudre (Les Futurs de Liu Cixin, #7), par Thierry Robin (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin et illustration), Yang Fei (assistant au décors) et Cyril Saint-Blancat (couleur). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), novembre 2022. 272 pages, 21.9 x 29.8 cm, 34.95 € / $59.95 Can, ISBN 978-2-413-03809-2. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© 2022 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2022 Éditions Delcourt pour la présente édition.

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Dalea purpurea 

[ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2022/07/08 ]

La dalée violette (appelée purple prairie clover en anglais) est une espèce de plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae i.e.à deux cotylédons), au super-ordre des Rosanae, à l’ordre des Fabales (divisé en trois ou quatre familles), à la famille des Fabaceae (les Légumineuses, qui comprend plus de sept cent genres divisés en près de vingt mille espèces!), à la sous-famille des Faboideae, à la tribu des Amorpheae (qui compte huit genres divisés en deux-cent-quarante espèces), et au genre Dalea (qui regroupe cent-quatre-vingt espèces). Le genre a été nommé ainsi en l’honneur du naturaliste anglais Samuel Dale et l’épithète spécifique latin signifie simplement “violet”. 

Cette plante est caractérisée par une large et profonde racine pivotante, d’où s’érigent plusieurs tiges de vingt à quatre-vingt-dix centimètres de haut, qui portent de courtes feuilles divisées en trois à sept folioles étroites, et se terminent par une inflorescence en forme d’épis pouvant atteindre jusqu’à sept centimètres de long et qui est composée d’une multitudes de petites fleurs violettes. La floraison se fait de juin à août. Le fruit est une gousse qui contient une ou deux graines. 

Originaire des prairies des Grandes Plaines du centre de l’Amérique du Nord, cette plante est utilisée pour la revégétalisation, ainsi que pour prévenir l’érosion et pour fixer l’azote dans le sol. Son nectar et son pollen attirent de nombreuses espèces d’insectes (son principal pollinisateur étant l’abeille plâtrière; elle sert également d’hôte larvaire pour le papillon Zerene cesonia). Elle sert aussi de nourriture à certains mammifères, comme l’Antilope d’Amérique (pronghorn) et peut être inclus dans le fourrage du bétail. Les autochtones d’Amérique en faisaient grand usage: comestibles, les feuilles servaient à faire du thé et étaient utilisées en phytothérapie, les racines pouvaient être mâchées et les tiges utilisées pour fabriquer des balais. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Images du mer-fleuri [002.023.116]

Toujours débranché du monde…

IMG_3761Cela fait maintenant quinze jours que je suis sans internet de Bell Fibe. Il faut croire que ce sont de beaux incompétents pour ne pas être capable de réparer une panne dans des délais raisonnable ou alors Bell se fou vraiment complètement de sa clientèle. Ils pensent avoir localisé la panne dans une boîte de connection optique qui est ouverte aux quatre vents, dans un poteau malheureusement situé sur le terrain d’un vieux monsieur malcommode qui refuse d’honorer le droit de passage à la servitude de Bell. La solution serait pourtant très facile et aurait pu être apportée dès le premier jour: faire venir un camion à nacelle pour que les techniciens puissent travailler sans avoir à entrer dans la cour du monsieur. Toutefois, pour des raisons qui défis la logique, Bell semble avoir plutôt choisi de transférer la question à son département légal (sans doute pour obtenir une injonction de la cour pour forcer le monsieur à donner accès aux techniciens). On me dit qu’on ne déplace pas de camion pour si peu. La clientèle (et je ne suis certainement pas le seul dans le quartier a avoir des problèmes) ce n’est pas assez important pour ça! Et cela ne semble certainement pas être une priorité…

IMG_3759En attendant je me débrouille comme je peux. J’ai installé un étendeur de réseau wi-fi Vilo pour profiter de l’internet de Vidéotron de ma soeur. Je peux recommencer à travailler sur l’ordi. J’ai pu y rebrancher mon routeur téléphonique Primus et je regarde la télé avec l’application de Bell à partir de mon AppleTV (chambre), de mon iPad avec AirPlay (salon) et j’ai acheté un ChromeCast pour pouvoir faire jouer l’application sur la petite télé de la cuisine. Malheureusement je suis limité à cinq appareils que je peux utiliser pour visionner les postes (avec le iPhone, le MacBook Air et le MacBook Pro cela fait six — et juste un à la fois !), plusieurs postes ne fonctionnent uniquement qu’à la maison (c’est pourtant où je suis!) et avec l’internet Fibe de Bell ce qui fait que je n’y ai plus accès (NTV, PBS, Super Channels, TCM et MSNBC — presque tous des postes que d’habitude je regarde régulièrement —comme je ne suis pas sur l’internet Fibe l’app assume que je suis à l’extérieur de la maison). De plus, je dois attendre qu’un enregistrement soit terminé (plus dix minutes) avant de pouvoir le visionner. Par sécurité, j’ai également branché sur ce réseau temporaire deux des cinq caméras de sécurité, mon thermostat et mes deux détecteurs de fumée. Malgré les limitations de la télé, cela fonctionne plutôt bien. La qualité du signal wi-fi et de l’image télé est même meilleure qu’avec Bell!

Cependant je me demande combien de temps tout cela va durer. Des jours ? Des semaines ? Des mois ? Je commence à en avoir marre! On dit souvent que l’on apprécie vraiment les choses que l’on a quand elles nous manquent. C’est vrai. Mais l’inverse est vrai aussi: après un certain temps à se priver de quelques choses on finit par se demander si on en avait vraiment de besoin. Watch out Bell !

Mise à jour: j’ai acheté un deuxième Chromecast Google TV pour mettre sur la télé du salon car cette interface est plus facile à naviguer que l’appli du iPad.

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STATUS REPORT [002.023.112]

Sa majesté des chats

SaMajesteDesChats-covHumains, votre salut dépendra de la communication avec les animaux…

Bastet, Pythagore, et leur communauté de chats et d’humains se sont retranchés sur l’Île de la cité, à Paris. Assiégés par les rats et leur inquiétant chef, Tamerlan, les félins doivent chercher de l’aide. Mais les animaux ne sont pas tous dépourvus des défauts humains, et la menace plane sur les chats…

Une interprétation visuelle ultra-contemporaine du second volume de la trilogie best-seller !

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Sa majesté des chats est une bande dessinée scénarisée par Pog et illustrée par Naïs Quin qui adapte le second tome de la trilogie du cycle des chats par Bernard Werber. C’est une histoire d’anticipation post-cataclysmique présenté du point de vue des chats et dont le titre fait un clin d’oeil à Demain les chiens (City) de Clifford D. Simak. J’ai déjà commenté le premie tome.

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Bastet, Pythagore, Nathalie et leur communauté de survivants trouve refuge sur l’Île de la cité mais ils sont rapidement assiégé par l’armée de rats de l’ignoble Tamerlan. Ils fuient en ballon pour tenter de trouver des renforts. Ils trouvent d’abord une communauté de chats qui leur refuse de l’aide, puis sont recueilli par la communauté humaine du Campus d’Orsay de l’Université Paris-Sud. Ce lieu est le gardien de la connaissance (l’ESRA: l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu) et le berceau du projet “Troisième Oeil” où Pythagore a reçu son savoir. Bastet demande elle aussi a recevoir ce “Troisième Oeil”, une interface USB qui lui permet d’acquérir de la connaissance et de communiquer. Ils apprennent que l’université de New York aurait mis au point un raticide efficace. Le campus est malheureusement détruit lors d’une attaque par un groupe d’humains hostiles qui vole le clé USB contenant l’ESRA. Roman, leur nouvel allié, réussi à la récupérer mais ils sont capturés par une communauté d’animaux de laboratoires et d’élevage qui veut se venger des humains et leur tient un procès. L’éloquence de Pythagore et Bastet les tire du danger mais ils reviennent trop tard à l’Île de la cité qui a été dévasté par les rats… Après un arrêt au Louvres pour récupérer les quelques survivants, le groupe se rends au Havre pour y entreprendre un nouveau périple, cette fois transatlantique!

 

Une charmante bande dessinée au style un peu brouillon mais qui offre un excellent récit d’aventure et de survie. Nous y retrouvons les aspects les plus sombres de l’humain, qui se reflètent aussi chez les animaux, mais toujours avec une note d’espoir. C’est une lecture agréable, captivante et distrayante qui plaira sans aucun doute aux amateurs de chats et de récits post-cataclysmiques!

Sa majesté des chats, par POG (adaptation & dialogues), Naïs Quin (dessin & couleur) et Bernard Werber (récit original). Paris: Albin Michel, octobre 2022. 128 pages, 20.3 x 22.2 cm, 18,90 € / $C 29.95, ISBN 978-2-226-46769-0, Pour lectorat adolescent (14+). Extraits disponibles. stars-3-5

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© Werber, Pog, Quin. © Éditions Albin Michel BD 2022.

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Yawara ! #9

Yawara-9-cov“L’oeuvre incontournable d’un narrateur hors pair. L’auteur de Monster, Pluto, et Asadora! vous entraîne dans le quotidien ordinaire d’une judoka extraordinaire !”

“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publiée en français chez Big Kana. Il y a onze volumes de paru jusqu’à maintenant, les suivants étant annoncé pour fin avril et juillet 2023. J’ai déjà commenté le premier, le second, le troisième, le quatrième, le cinquième, le sixième ainsi que les septième et huitième volumes.  

Yawara-9-p005

vol. 9, p. 5

Pour pouvoir affronter Yawara et le club de Judo de l’Université pour filles de Mitsuba, Sayaka décide de créer son propre club de judo féminin à l’Université du Sacré-Corps. Celui-ci est composé de jeunes bourgeoises qui n’ont aucune expérience en judo mais cela ne concerne pas Sayaka qui compte gagner à elle seule. Et si l’équipe de Yawara est elle aussi composé de ceintures blanches inexpérimentées, elle est entraînée par Jigorô et compte parmi son rang une athlète surprenamment prometteuse, l’ex-ballerine Fujiko. Les deux équipes vont s’affronter à la coupe Hortensia du judo universitaire féminin. Toutefois, les co-équipières de Yawara se révèlent d’un tel niveau qu’elle n’a même pas à combattre et Sayaka se retrouve frustré de son duel avec elle. Cependant, en finale, Yawara se retrouve à affronter seule toute l’équipe championne de l’Université de Tsukushi!  En aura-t-elle la force ?

Ce volume nous offre une bonne dose d’action sportive enrobées d’humour et de quelques scènes coquines pour aguicher le lectorat masculin (le controversé “fan service”). Le dessin est de haute qualité et sait bien rendre les scènes de combats. Yarawa! est  une comédie romantique de sport qui nous offre une lecture à la fois captivante, agréable et distrayante. Vivement la suite! 

Yawara t. 9, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), juillet 2022. 306 pages, B&W (12 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8655-0, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

© 2014 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2022 pour l’édition française.  

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Still cut off from the world

I am still without internet. I has been a little more than a week. It seems that Bell has now identify where the interruption is located on its Fibe Internet network. There is a fiber optic connections box that is open to all winds at the top of a telephone post nearby but it is located on private property and the owner refuses to honour the right of way of the Bell servitude to allow the technicians to do the repair. It is now in the hand of Bell’s legal department. I suppose that they will get a court order to force the owner to honour his obligation. I am therefore expecting a much longer outage…

Up to now I was without any internet which also means no IP phone, no television, no security camera, no connected smoke detectors or thermostat or garage door, etc. All I have now is my cell phone. It is surprising the amount of essential stuff in a house that depends on the internet now a day. I couldn’t do any remote working nor manage the blog. It causes me a tremendous loss of use and even psychological stress. The most frustrating is the fact that Bell seems in no hurry to find solutions… They could have done the repair from the start using a bucket truck (aka cherry picker) but they refused to do so. I will recount the whole ordeal later.

I have purchased and installed a mesh wi-fi extender system that allow me to use my sister wi-fi (she’s living on the upper floor of our duplex and has Vidéotron cable internet). I now have a strong enough wi-fi that allows me to work, watch TV (using the Bell Fibe TV app and Appleplay) and the phone is back (to the great relief of my wife). It is far from perfect but at least I feel I can live again… And spring is really here. It almost feels like summer. It is so good to be back!

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Status Report [002.023.106]

La Chronique de Nuremberg

Suite à ma récente visite au Salon du Livre Ancien de Westmount  je me retrouve donc maintenant le fier propriétaire d’une page d’incunable, c’est-à-dire un livre imprimé en Europe avant 1501, soit à l’aube de l’invention de l’imprimerie à caractère mobile (typographique par opposition à xylographique) par Gutenberg (vers 1450). Il s’agit d’une page tirée de La Chronique de Nuremberg.

Comme les tout premiers livres imprimés ne comportaient pas de page titre, le nom de “Chronique de Nuremberg” lui a été attribué ultérieurement par les spécialistes puisque c’est une “chronique” publiée à “Nuremberg”. Il s’agit d’une chronique universelle qui se veut raconter l’histoire du monde en se basant sur la Bible (et quelques autres sources anciennes et médiévales) et y ajoutant, de façon encyclopédique, des vignettes sur les villes et les personnages importants de l’époque traitée (rois, membres du clergé, penseurs et philosophes). L’ouvrage a connu deux éditions, toutes deux imprimées à Nuremberg par Anton Koberger en 1493. Il a d’abord été écrit en latin par Hartmann Schedel sur une commande des marchands Sebald Schreyer et Sebastian Kammermeister, puis il a ensuite été traduit en allemand par George Alt. L’édition latine, le Liber chronicarum, a été publié en juillet 1493 à environ 1500 exemplaires (dont il ne subsiste que quatre cent) et l’édition allemande, Das buch der Chroniken vnnd geschichten mit figuren vld pildnussen von Anbeginn der welt biss auff dise vnsere Zeyt [“Le livre des chroniques et histoires avec figures et illustrations depuis le commencement du monde jusqu’à nos jours”] ou simplement Die Schedelsche Weltchronik [“Chronique universelle de Schedel”], a été publiée en décembre 1493 à environ mille exemplaires (dont il ne subsiste que trois cent). C’est l’incunable le mieux conservé et le plus étudié (le plus connu et le plus ancien étant La Bible de Gutenberg publiée en 1454).

L’ouvrage est divisé en dix sections: la page titre de l’index, l’index, une préface et sept sections consacrées aux différents âge du monde: de la Genèse au Déluge, jusqu’à la naissance d’Abraham, jusqu’au roi David, jusqu’à l’Exil à Babylone, jusqu’au Christ, jusqu’à l’époque de l’auteur, puis la Fin du Monde avec la venu de l’Antéchrist et finalement le Jugement Dernier. Il se termine sur des descriptions géographiques. L’ensemble est constitué de trois-cent-vingt-six feuillets imprimés pour l’édition latine et de deux-cent-quatre-vingt-dix-sept pour l’édition allemande (quoi que ces quantité peuvent varier d’une édition à l’autre). L’ouvrage est imprimé de préférence sur le format de papier “superregal” (485 X 660 mm) mais l’utilisation de plusieurs fournisseurs de papier et le fait que l’on rognait le papier pour refaire la reliure entraîne une grande variation dans le format du papier.

L’aspect le plus remarquable de cet ouvrage est le fait que c’est le premier livre imprimé (et sans doute le seul de son époque) à comporter un nombre aussi important d’illustrations. L’impression de ce livre a nécessité l’utilisation d’un double procédé: la presse typographique pour le texte et des panneaux de gravure sur bois pour les illustrations. Pour produire celles-ci, l’imprimeur a fait appel à l’atelier local de Michael Wolgemut et de Wilhelm Pleydenwurff (auquel a brièvement travaillé le jeune Albrecht Dürer). La plupart représentent des villes ou des personnages importants mais on retrouve également deux cartes géographiques (l’une représentant le monde selon la second projection de Ptolémée et l’autre l’Allemagne). L’ouvrage contient ainsi près de trois mille illustrations mais comme un millier d’entre elles sont des répétitions (la même image étant utilisée pour illustrer différentes villes ou personnages) il n’y a en fait que mille huit cent neuf illustrations uniques ayant nécessité la création de six cent quarante cinq gravures sur bois. Certains ouvrages contiennent des illustrations qui ont été par la suite rehaussée à la main de couleurs à l’aquarelle. 

La Chronique de Nuremberg peut facilement être consulté et étudié sur l’internet car on y retrouve des versions digitalisées (en jpg ou pdf) tant de la version latine que de la version allemande. Il existe même plusieurs reproductions de l’ouvrage qui peuvent être acquise sur Amazon. Finalement, on retrouve également plusieurs articles sur le sujet (par Adrian Wilson, Ronald Patkus, ou encore sur Wikipedia ou wiki Talk; pour plus de détails voir Google et WorldCat).

Disposition du feuillet CCXXIIII et le même feuillet (R/V) en version latine

Le feuillet que j’ai acquis appartient à l’édition allemande. Il est imprimé sur un papier de chiffon (principalement fait de chiffon de lin traité dans des moulins à papier) de format 315 x 460 mm avec une surface imprimée de 225 x 320 mm. Il n’y a aucune marque en filigrane de visible (pouvant identifier la provenance du papier). Il s’agit du feuillet (“Blat”) CCXXIIII [224] qui appartient à la section qui traite du “Sixième âge du monde” (“Das sechst alter (…) der werlt”) qui va du début de la chrétienté jusqu’à l’époque contemporaine de l’auteur (XVe siècle) et qui s’étend du recto du feuillet LXXXV [95] jusqu’au verso du feuillet CCLVIII [258]. La typographie du texte allemand est en gothique ce qui, en plus de l’utilisation d’abréviation parfois nébuleuse, en rends la lecture difficile. Heureusement, j’en ai trouvé une traduction anglaise.

Nuremberg Chronicle-SlatCCXXIIII

Feuillet CCXXIIII (R)

Le recto du feuillet CCXXIIII comporte un titre en entête (“Anfang der Carrarier herrschung” / “Origine du règne des seigneurs de Carrare”), cinq illustrations et six vignettes consacrées à Marsiglio (Marsilius) de Carrara (seigneur de Padoue), Arnaldus de Novavilla (Arnaud de Villeneuve, médecin et théologien valencien), Petrus Apponus (Pietro d’Abano, médecin et philosophe de Padoue), Dino Del Garbo (médecin florentin), Gentilis Fulginas (Gentile da Foligno, médecin et philosophe de la ville de Foligno) et Matheus Silvaticus (Matthieu Silvaticus, médecin et botaniste de Mantoue). Voir la traduction anglaise du recto.

Nuremberg Chronicle-SlatCCXXIIII-alter

Feuillet CCXXIIII (V)

Le verso du feuillet CCXXIIII comporte en entête une date (“Jar der werlt vi v i vi; Jar cristi i iii i vi” / “Année du monde 6516; An du Christ 1316”), deux illustrations et deux vignettes: l’une consacrées au pape Iohannes der xxii (Jean XXII) et l’autre, après une nouvelle date (“Jar der werlt vi v xxxiiii; Jar cristi i iii xxxv” / “Année du monde 6534; An du Christ 1335”), au pape Benedictus der xii (Benoît XII). Voir la traduction anglaise du verso.

 

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Verglas et incunable

IMG_3726Cette semaine la région de Montréal a subit une petite tempête de verglas (35 mm, ce qui est peu comparé au 125 mm reçu lors de la mythique crise du verglas de janvier 1998) qui a néanmoins causé une véritable hécatombe dans le parc arboricole de la ville ainsi que plusieurs pannes de courant qui ont déranger la routine de nombreux citoyens. Pour ma part, j’ai été chanceux car je n’ai pas été affecté par les pannes de courant. Toutefois, vendredi après-midi mon internet a subitement cessé de fonctionner. À 14h24 tout fonctionnait normalement, puis à 14h25 il n’y avait plus ni internet, ni caméra de sécurité, ni télévision ou même de téléphone. C’est incroyable la quantité de choses qui dépendent de l’internet dans une maison… 

J’ai passé un peu plus de trente minutes à “clavarder” avec un agent du service à la clientèle de Bell Internet Fibe et Télé pour obtenir un rendez-vous avec un technicien seulement dimanche après-midi… J’ai redémarré mon routeur et lancé l’outil de réparation virtuelle mais sans succès. Le modem me donne le message “Error 1202 – No HSI configured” et semble avoir perdu la communication avec le serveur de Bell. Je doute que le problème soit dans mon installation car rien n’a changé entre 14h24 et 14h25. Le problème se situe probablement dans un poteau de Bell, des cables optiques ayant probablement été endommagées, non pas par le verglas, mais plus par les vents forts qui soufflaient cet après-midi là. Étrangement le site de Bell n’indique qu’aucune panne n’a été signalé dans mon secteur et le service de Vidéotron (qui utilise pourtant les même poteaux) était, lui, toujours fonctionnel — heureusement car je peux utiliser le wi-fi de ma soeur qui est branchée sur Vidéotron. Un voisin m’a pourtant dit que plusieurs personnes du voisinage avaient des problèmes avec Bell en ce moment…

Mise à jour: Après la visite de DEUX équipes de techniciens de Bell et six heures d’investigation le problème n’a toujours pas été identifié… Le premier gars a refait tout le filage du poteau à la maison, juste au cas. La deuxième équipe a confirmé que tout semblait règlo entre le poteau et la maison. Le problème est définitivement en amont… Je trouve incroyable qu’un fournisseur de service comme Bell ne soit pas capable d’identifier où se trouve une panne dans son réseau! J’ai rappelé au service technique ET au service à la clientèle mais on ne me redonne un rendez-vous avec un autre technicien que pour jeudi !! À ce moment là cela va faire presqu’une semaine que je suis sans service! Je considère sérieusement changer de fournisseur pour Vidéotron (mais il y a plusieurs de mes postes de télé favoris qu’ils n’ont pas)… J’ai considéré prendre un autre service d’internet temporairement mais aucune compagnie ne peut faire d’installation rapidement… Arggh!

Faute d’internet je ne peux pas vraiment travailler sur l’ordi et faire des recherches alors les entrées de blogues de ce week-end seront retardées (ou reportées à la semaine prochaine)…

wabfnewsmPar contre, je suis allé faire un tour au Salon du Livre Ancien de Westmount qui se tenait samedi de 10h à 17h au Centre Communautaire Greene. Comme je ne veux pas trop dépenser cette année j’ai décidé de resserrer mes critères de sélection et de vraiment m’en tenir à des éditions du XVIIe siècle d’auteurs grecs ou latins en dessous de $300. Malheureusement je n’ai vu aucune éditions du XVIIe avec les reliures originales en vélin (vellum, généralement en peau de porc). Une libraire avait un ouvrage de Dion Cassius avec texte grec et traduction latine en regard mais c’était une édition du XVIIIe siècle. Elle avait également un ouvrage assez grand (sans doute un petit in-folio), hors sujet pour moi mais avec beaucoup de belles gravures. Il était en dehors de mon budget et la reliure avait été refaite en veau mais, comme il avait quelques trous de vers et plusieurs taches, elle m’a dit de lui faire une offre. Toutefois, entre temps, un autre acheteur s’en est emparé. 

IMG_3733Un vendeur que je connais bien avait une édition de 1683 du Rerum Romanorum de Florus  mais la reliure avait également été refaite en veau et il était en dehors de mon budget. Toutefois, ce même vendeur (Wilfrid M. de Freitas) avait encore une page (différente cette fois) tirée de La Chronique de Nuremberg (édition allemande in-folio de 1493, donc un incunable). Cette page avait attiré mon regard dans un salon précédent mais, si elle était au-dessus de mon budget, je m’étais quand même juré d’en faire l’acquisition la fois suivante si je pouvais obtenir un petit rabais du vendeur — ce qui fut le cas. Cette fois-ci, n’ayant pas pu me payer un livre ancien, je me suis contenté d’en acheter une seule page… Mais quelle page!  C’est ma plus ancienne acquisition, la seule du XVe siècle. Jusqu’à maintenant mes ouvrage les plus anciens étaient deux livres du XVIe siècle (un volume du Digeste de Justinien publié en 1581 et les Fables d’Ésope publié en 1594).

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L’Histoire de l’Empereur Akihito

Histoire deEmpereurAkihito-covNaïvement, on aurait tendance à envier celui qui est présenté comme empereur d’un pays comme le Japon. Statut et honneurs, fastes et richesses cachent en vérité une vie d’esclave au service d’une fonction ingrate et d’un peuple en crise permanente. Une vie de chef d’État sans mandat, sans arrêt, de l’enfance jusqu’à la tombe. Qu’est-ce qui poussa ainsi Akihito à devenir le premier empereur japonais à démissionner de sa fonction ? La difficulté de succéder à Hirohito, l’empereur qui a mené le pays à la guerre puis à la défaite, la haine d’une partie du peuple qui reniera le pouvoir du trône du chrysanthème, les concessions et humiliations pour desserrer le blocus des occidentaux et relever son pays, le poids des traditions et des protocoles. De l’abdication de son père à la catastrophe de Fukushima, voici le récit de la vie d’un empereur à qui l’on n’aura jamais accordé d’être un homme.

Évitant l’écueil de la partialité, le propos de Eifuku, factuel mais tourné vers la personne humaine, qui ne pouvait être porté que par un moine bouddhiste, est illustré avec sobriété et élégance par Furuya, artiste majeur au réalisme saisissant.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

L’histoire de l’empereur Akihito (明仁天皇物語 / Akihito ten’nō monogatari) est un manga seinen biographique écrit par Issei Eifuku (Le Samourai Bambou) et dessiné par Usamaru Furuya (Je ne suis pas un homme, Je rêve d’être tué par une lycéenne). Il a été prépubliée en 2019 dans le magazine Shuukan Post (週刊ポスト) avant d’être compilé en un volume chez Shôgakukan. Il a été traduit en français chez l’éditeur belge Véga / Dupuis.

Histoire deEmpereurAkihito-p159

P. 159

 

Issei Eifuku (moine bouddhiste et mangaka !) n’est pas étranger avec les biographies impériales puisqu’il a déjà co-écrit, avec Kazutoshi Handō, le manga Empereur du Japon (昭和天皇物語 / Shōwa Tennō Monogatari) qui présentait en douze volumes la vie et le règne de l’Empereur Hirohito, le père de Akihito, publié en français chez Delcourt/Tonkam et dont j’ai déjà commenté les deux premiers volumes. Ce volume en constitue une postface en quelque sorte. Il nous offre un survol plutôt rapide de la vie et du règne d’Akihito: son enfance durant la guerre, sa rencontre sur un court de tennis avec celle qui deviendra son épouse, ses efforts pour se rapprocher du peuple ainsi que son dévouement envers la constitution japonaise et au pacifisme, puis son abdication. Le résultat est un récit très anecdotique avec peu de dialogues, constitué plutôt des tranches de vie accompagnées d’une narration. Ainsi, pour éviter sans doute de trop romancer le récit, l’ouvrage est construit autour d’extraits de discours ou de correspondance. Toutefois, écrit sous la supervision du palais impérial, l’ouvrage tombe dans l’opposé du récit romancé et s’apparente plus à un exercice de propagande pour mousser l’image de l’Empereur tout en expliquant et justifiant son abdication…

C’est un manga plutôt bien dessiné mais l’aspect anecdotique et politique du récit le rend plus didactique que divertissant. Cela reste néanmoins une lecture intéressante mais surtout pour les amateurs d’histoire du Japon.

L’Histoire de l’Empereur Akihito, par Issei Eifuku (scénario), Usamaru Furuya (dessin) et Hidetaka Shiba (Supervision). Marcinelle: Vega / Dupuis (Coll. Seinen), Décembre 2021. 216 pages (8 en couleurs), 21.0 x 15.0 cm, 11.00 € / $19.95 Can, ISBN 9782379501531. Pour un lectorat jeune (7+). stars-3-0

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© 2019 Issei Eifuku, Usamaru Furuya. All Rights Reserved. © 2021 Éditions Dupuis pour l’édition française.

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Alcea rosea 

[ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2022/07/08 ]

La rose trémière (appelée common hollyhock en anglais ou タチアオイ [立葵 / Tachi aoi] en japonais) est une espèce de plante vivace herbacée qui appartient à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae i.e.à deux cotylédons), à l’ordre des Malvales, à la famille des Malvaceae (qui comprend près de deux-cent-cinquante genres divisés en plus de quatre mille espèces, dont les genres Adansonia [les Baobabs], Althaea [la Guimauve ], Hibiscus, Malva [les Mauves] et Tilia [les Tilleuls]) et au genre Alcea (incluant entre une vingtaine et une centaine d’espèces selon le répertoire). Le nom scientifique désignait en grec (αλκέα / alkea dérivé de αλθεϊν / althein / “guérir”) la mauve et l’épithète spécifique latin fait référence à la rose (ce n’est pas clair s’il s’agit de la fleur ou de la couleur). Le nom vernaculaire proviendrait d’une déformation du nom “rose d’Outremer.”

La plante est caractérisée par une tige dressée poilue pouvant atteindre de deux à trois mètres de haut, portant des feuilles alternes palmatilobées (avec de cinq à sept lobes) et se terminant à son sommet par une inflorescence en forme de grappe spiciforme qui porte de nombreuses fleurs dans une gamme de couleurs assez variée (allant du blanc au rouge foncé, en passant par le rose, le jaune et même l’orange). Les fleurs, formées d’une corolle simple, sont très grandes (une douzaine de centimètres de diamètre). La floraison est de longue durée (pouvant aller de la fin du printemps jusqu’au début de l’automne) et débute au bas de la grappe avec une progression vers le haut. Le fruit est un schizocarpe divisé en quinze à vingt sections qui contiennent des graines (akènes).

Originaire du Sud-ouest de l’Asie, elle a été exporté au Moyen-Orient et en Asie centrale avant d’être ramenée en Europe par les croisées au XIIe ou XIIIe siècle ou par l’expansion ottomane au XVe ou XVIe siècle. Elle aurait par la suite été introduite en Amériques par la colonisation Européenne. C’est une belle plante décorative pour les jardins rustiques car elle attire les colibris et les papillons. Elle est également comestible: les feuilles, fleurs et bourgeons floraux peuvent être consommé crus en salade, en tisane ou cuit comme légume. Similaire à la guimauve officinale, elle a aussi de nombreuses propriétés médicinales qui étaient connu dès l’antiquité pour son action adoucissante, émolliente, expectorante, et diurétique qui calmerait la toux, les douleurs de l’estomac, les yeux irrités, etc. Elle aurait également la capacité d’accumuler les métaux lourds (comme le cadmium) et pourrait donc être utilisé en phytoremédiation. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Images du mer-fleuri [002.023.088]

Les futurs de Liu Cixin #6: Proies et Prédateurs

ProiesEtPrédateurs-cov“15 récits de l’écrivain de SF Liu Cixin adaptées en BD par des auteurs de tous pays; 15 voyages quantiques à la croisée de dimensions scientifiques, géopolitiques et humanistes, pour y découvrir les futurs de l’humanité.

Un surprenant émissaire informe l’ONU que des extraterrestres sont en route sur leur planète-vaisseau en forme de tore, le Dévoreur. Ceinturant notre planète, ils en absorberont la moindre ressource, puis la recracheront comme on le fait d’un noyau. Notre fin est inéluctable : leur supériorité technologique ne laisse aucun doute. Un soldat met en oeuvre tous les moyens imaginables pour riposter.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

J’ai déjà commenté la version anglaise des premiers volumes de cette série d’adaptation en BD de nouvelles de l’excellent auteur de science-fiction chinois Liu Cixin: 1. Sea of Dreams, 2. The Wandering Earth, 3. The Village Teacher, ainsi que 4. YuanYuan’s Bubbles (publiés au USA dans la série “Liu Cixin Graphic Novels” de Talos Press). Pour des raisons pratiques (rapidité de publication et disponibilité) je vais poursuivre ma lecture avec l’édition française qui est publiée (dans un ordre légèrement différent) chez Delcourt sous le titre “Les Futurs de Liu Cixin” et dont j’ai déjà commenté les tomes 4. Nourrir l’Humanité et 5. La perfection du cercle. Le sixième tome, Proies et Prédateurs, adapte en bande dessinée 吞食者 (Tūnshí zhě / lit. “Le Dévoreur”) qui est une nouvelle de science-fiction par Liu Cixin publiée en 2002 dans le magazine chinois 科幻世界 (Kēhuàn shìjiè / lit. “Le monde de la Science Fiction”). 

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Dans le désert Éthiopien une expédition découvre une tombe contenant des restes humains et de dinosaures, ce qui démontre que dans des temps très anciens non seulement les dinosaures et les humains se sont côtoyés mais que les dinosaures avaient développé une civilisation avancée! Plus tard, un objet non-identifié est détecté alors qu’il approche à grande vitesse de la Terre. L’unité des troupes de défense spatiale de l’U.N., dirigée par le colonel Dongfang Zhiyan, est dépêchée pour l’intercepter. L’objet s’avère être un cristal contenant une intelligence artificielle (qui a l’apparence d’un personnage de “maid anime”!) venu alerter la Terre de l’arrivée prochaine du Dévoreur! Ce dernier est un vaisseau gigantesque qui parcours la galaxie en absorbant des planètes entières pour en extirper les ressources. Plus tard, un petit vaisseau spatial attaque New-York et atterrit aux Nations Unis. Il en sort un tyrannosaure en armure nommé Grandes-Dents qui parle la langue des humains. Il annonce que le grand empire dévoreur va engloutir la Terre et transformer l’humanité en bétail. Même si on négocie la survie de quelques millier d’humains pour repeupler ce qui restera de la planète après le départ du Dévoreur, l’Humanité fomente un plan secret de contre-attaque qui utilisera la lune comme projectile. Malheureusement le plan échoue et le Dévoreur n’est pas détruit. Le récit culmine avec un duel entre Grandes-Dents et un Dongfang Zhiyan en armure mécanisée! Toutefois, l’histoire se termine sur une note d’espoir car le Dévoreur a dû quitter le système solaire avant d’avoir complètement absorbé la Terre laissant entrevoir que la vie (et l’humanité) y prospérera à nouveau…

 

Liu Cixin semble beaucoup aimer les récits qui s’étirent sur une longue durée et où l’humanité doit, afin de faire face à une invasion, déployer une grande ingéniosité qui l’amène à mouvoir des corps céleste. Cela est vraiment une thématique récurrente chez lui. Si le concept de la race guerrière de sauriens n’a rien d’original, j’aime bien l’idée du tyrannosaure fier et honorable qui pousse son adversaire à ses limites afin d’obtenir un défi suffisent pour le divertir de l’ennui d’une vie trop longue… C’est un récit plein d’humour et d’ironie malgré son sérieux. Le dessin, même s’il n’est pas trop soigné, est plutôt agréable et représente bien tant l’action que le flux narratif du récit. Proies et prédateurs nous offre donc une histoire divertissante et agréable à lire. Cela plaira sans aucun doute à tout amateur de Liu Cixin et de science-fiction épique (ce qui est étrange car Cixin est plus connu pour ses récits de hard SF).

Proies et Prédateurs (Les Futurs de Liu Cixin, #6), par Jd Morvan (Scénario d’après une nouvelle de Liu Cixin), Yang Weilin (dessin) et Hiroyuki Ooshima (couleur). Paris: Delcourt (Coll. Néopolis), octobre 2022. 108 pages, 21.7 x 29.8 cm, 21.90 € / $36.95 Can, ISBN 978-2-413-03015-7. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© 2021 FT Culture (Beijing) Co., Ltd. All rights reserved. © 2022 Éditions Delcourt pour la présente édition.

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