Monnaies anciennes 64

Les Constantiniens (3)

Constantinus II (317-340) (5)

Nous concluons le survol des pièces de monnaie de  Flavius Claudius Constantinus Iunior (généralement appelé Constantinus II — vous trouverez sa notice biographique dans la première entrée sur cet empereur) avec, cette fois, trois spécimens d’un type de revers représentant deux soldats entourant des étendards avec l’inscription Gloria Exercitus (“à la gloire de l’armée”). Ces pièces sont très similaires dans leurs portraits et dans leurs inscriptions mais ont été frappé par des ateliers différents.

IMG_1209-1217La première pièce est un assez beau follis réduit / nummus (G [Good], AE3, AE / BI [Bronze / Billon], 17 mm, 2 g, patine brun foncé avec trace de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste du césar lauré (ou diadèmé?), drapé et cuirassé à droite avec l’inscription latine  CONSTANTINVS IVN[IOR] NOB[ILISSIMVS] C[AESAR] (“Constantin le Jeune, Très Noble César”). Le revers illustre deux soldats casqués et cuirassés, dos à dos mais se regardant l’un l’autre, tenant une lance (spiculum) renversée dans la main droite et la main gauche reposant sur un bouclier, entourants deux étendards (vexillum), avec l’inscription latine GLOR-IA EXERC-ITVS (“à la gloire de l’armée”) et un SMH? ou SMN? en exergue (marque d’une officine incertaine [B = Beta? S = Zeta?] soit de l’atelier de Heraclea [Sacra Moneta Heraklea] ou de Nicomedia [Sacra Moneta Nicomedia] — quoi que pour ma part cela m’apparait être plus un SMNS, soit la sixième officine de Nicomedia, car la barre du “N” m’apparait bien diagonale [voir la comparaison ci-bas] et qu’il n’y avait pas d’officine “S” à Heraclea pour ce type).

Selon le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, pp. 539-40, 594, 598 & pp. 557, 633), cette pièce aurait été frappée par la sixième officine de l’atelier de Nicomédie en 330-335 EC. Ce serait une pièce rare (r2 = sept à dix pièces connues à l’époque de la rédaction du répertoire).

IMG_1190-1197La seconde pièce est un très beau follis réduit / nummus (F [Fine], AE3, AE / BI [Bronze / Billon], 17.5 mm, 2.795 g, payé environ $5, patine grisâtre et vert foncé; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste du césar lauré et cuirassé à droite avec l’inscription latine  CONSTANTINVS IVN[IOR] NOB[ILISSIMVS] C[AESAR] (“Constantin le Jeune, Très Noble César”). Le revers illustre deux soldats casqués et cuirassés, dos à dos mais se regardant l’un l’autre, tenant une lance (spiculum) renversée dans la main droite et la main gauche reposant sur un bouclier, entourants deux étendards (vexillum), avec l’inscription latine GLOR-IA EXERC-ITVS (“à la gloire de l’armée”) et un SMKS en exergue (marque de la sixième officine [S = Zeta] de l’atelier de Cyzicus [Sacra Moneta Kyzici]; le point serait une marque de séquence).

Selon le RIC (op. cit., pp. 639-642, 656), cette pièce aurait été frappée par la sixième officine de l’atelier de Cyzique en 332-333 ou 335 EC (les  sources en ligne plus récentes donnent une tranche plus large en la datant de 330 à 335). Ce serait une pièce rare (r3 = quatre à six pièces connues à l’époque de la rédaction du répertoire).

IMG_1179-1182La troisième pièce est un beau follis réduit / nummus (VG [Very Good], AE3-4, AE / BI [Bronze / Billon], 16 x 14 mm, 2 g, payé environ $6 le 1987/07/16, patine verte; die-axis: ↑↓). L’avers nous offre un buste du césar lauré (ou diadèmé?), drapé et cuirassé à droite avec l’inscription latine CONSTANTINVS IVN[IOR] NOB[ILISSIMVS] C[AESAR] (“Constantin le Jeune, Très Noble César”). Le revers illustre deux soldats casqués et cuirassés, dos à dos mais se regardant l’un l’autre, tenant une lance (spiculum) renversée dans la main droite et la main gauche reposant sur un bouclier, entourants deux étendards (vexillum), avec l’inscription latine GLORI-A EXER-CITVS (“à la gloire de l’armée”) et un * SLG en exergue (marque de la seconde officine [S = Secvndus] de l’atelier de Lugdunum [LG]; l’étoile serait une marque de séquence).

Selon le RIC (op. cit., p. 121, 139), cette pièce aurait été frappée par la seconde officine de l’atelier de Lugdunum (Lyon) en 333-334 EC (quoi que les  sources en ligne plus récentes donnent une tranche plus large en la datant de 330 à 335). Ce serait une pièce rare (r3 = quatre à six pièces connues à l’époque de la rédaction du répertoire).

Sources: Wikipedia (Constantinus II [FR/EN], vexillum [FR/EN]), FAC (Constantinus II, Gloria Exercitus, military ensigns, spiculum, vexillum), ERIC (Constantinus II); RIC v. VII, Nicomedia: 189; Cyzicus: 97; Lugdunum: 263; online ref. pièce 1: Google, numismatics (Heraclea, Nicomedia), vcoins, WildWinds (Hereclea: text, image; Nicomedia: text, image);  online ref. pièce 2: Google, acsearch, catawiki, numismatics, WildWinds (text, image S, image Γ, image Δ, image E);  online ref. pièce 3: Google, acsearch, coinsha, MA-shops, numismatics, WildWinds (text, image), yorkcoins. Voir aussi mes fiches (Nicomedia, Cyzicus, Lugdunum).

Comme je l’ai mentionné précédemment, la fidélité des armées était cruciale pour maintenir la stabilité de l’Empire et la propagande impériale utilisait des pièces de monnaie comme ce type de revers représentant deux soldats entourant des étendards avec l’inscription Gloria Exercitus (“à la gloire de l’armée”) pour “flatter” l’égo des troupes et ainsi s’assurer qu’elles étaient satisfaite de leur condition afin qu’elles ne cherchent pas à renverser le pouvoir établit. Je conclus avec ce tableau récapitulatif de mes pièces de Constantinus II:

Recap-ConstinusIunior

La semaine prochaine nous nous attaquons au règne de Flavius Julius Constans, un autre fils du Grand Constantinus, dont j’ai trois pièces et que je traiterai probablement en deux parties (il est également possible que cette chronique “saute” une ou deux semaines pour que je me consacre à faire du rattrapage dans mes commentaires de lecture… On verra…).

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.314]

Symphyotrichum novae-angliae  

[ iPhone 11/13 Pro, mon jardin, 2021/09/24, 10/01 & 10/08]
[ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/10/15]

J’ai déjà discuté de cette plante l’an dernier mais en voici quelques photographies supplémentaires.

L’aster de Nouvelle-Angleterre (aussi appelé New England aster ou Michaelmas daisy en anglais) est une plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à la sous-classe des Asteridae, à l’ordre des Asterales, à la famille des Asteraceae (ou Compositae, i.e. dont l’inflorescences est composée d’une multitude de petites fleurs, qui comprend  près de deux mille genres répartis en plus de trente mille espèces comme les pissenlits, les marguerites ou les tournesols) et au genre Symphyotrichum (eh oui! Avec la nouvelle taxonomie elle n’est plus considérée comme une aster !).

Cette plante peut atteindre de trente à cent-cinquante centimètre de hauteur et former un buisson de soixante à quatre-vingt-dix centimètre de large constitué de plusieurs tiges dressées, non ramifiées, émergeant d’un seul point. Elle est caractérisée par des feuilles non dentées et lancéolées, ainsi que par une inflorescence constituée par un disque central composé de minuscules fleurons jaunes, entouré par jusqu’à une centaine de fleurons ligulés mauves ou d’un violet profond (parfois même roses ou blancs). La floraison se fait entre août et novembre. Son nectar est apprécié par de nombreux insectes mais tous particulièrement par le bourdon. C’est une plante surtout décorative mais qui a aussi une variété d’usages médicinales. Son nom origine du grec (soit de ἀστήρ / astḗr / étoile — en référence à sa forme; ou de σύμφυσις / sýmphysis / “grandir ensemble” et θρίξ / thríks / “poil” — en référence au fait que le poils du pappus sont disposés en un anneau basal cohérent) et du latin (“de nouvelle-angleterre”). (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Monnaies anciennes 63

Les Constantiniens (3)

Constantinus II (317-340) (4)

Nous continuons le survol de mes pièces de monnaie de Flavius Claudius Constantinus Iunior (généralement appelé Constantinus II) — vous trouverez la notice biographique de Constantinus II dans la première entrée sur cet empereur.  Cette semaine, je vous présente trois spécimens du type de revers Providentiae Caesarum avec une place forte. Malgré la similitude du type ces pièces sont assez distinctes puisqu’elles ont été frappé dans trois ateliers différents: le portrait de l’empereur n’est pas le même pour la première pièce et il y a des variations dans l’illustration de la place forte (le nombre de tourelles, de niveaux, la présence d’étoile ou de point, etc.).

IMG_1158-1169La première pièce est un assez beau follis / nummus réduit (AE3, AE [Bronze], 17 mm, 2.9 g, patine gris foncé avec égratignures; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste du jeune césar lauré et drapé à gauche, portant un globe et un sceptre dans la main droite, et une mappa dans la main gauche, avec l’inscription latine D[OMINVS] N[OSTER] FL[AVIVS] CL[AVDIVS] CONSTANTINVS NOB[ILISSIMVS] C[AESAR] (“Notre Seigneur Flavius Claudius Constantinus, Très Noble César”). Le revers illustre une place forte constituée de cinq niveaux, avec une ouverture sans porte (haute de deux niveaux et demi), surmontée de trois tourelles, avec l’inscription latine PROVIDEN-TIAE CAESS[ARVM] (le double “S” dénotant un pluriel, “la Providence [ou prévoyance] des Césars”), un SMHE en exergue (marque de la cinquième officine [Epsilon = 5] de l’atelier d’Héraclée [SMH = Sacra Moneta Heraklea]) et deux points (:) superposés dans le champs gauche (marque de séquence?).

Selon le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, pp. 535, 546), cette pièce aurait été frappée par la cinquième officine de l’atelier d’Héraclée en 318-320 EC. Ce serait une pièce rare (r4 = deux à trois pièces connues).

IMG_1138-1141La deuxième pièce est un très beau  follis / nummus réduit (AE3, AE [Bronze], 18 x 19 mm, 3.387 g, payé environ $5, une incrustation beige/rougeâtre rend la lecture difficile; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste du césar lauré, drapé et cuirassé à gauche, avec l’inscription latine CONSTANTINVS IVN[IOR] NOB[ILISSIMVS] C[AESAR] (“Constantin le Jeune, Très Noble César”). Le revers illustre une place forte constituée de neuf à onze niveaux (dix?), avec une ouverture sans porte (haute de cinq niveaux), surmontée de deux tourelles entourant une étoile, avec l’inscription latine PROVIDEN-TIAE CAESS[ARVM] (le double “S” dénotant un pluriel, “la Providence [ou prévoyance] des Césars”) et un SMANTΔ en exergue (marque de la quatrième officine [Delta = 4] de l’atelier de Antioche [SMANT = Sacra Moneta ANTioch]).

Selon le RIC (op. cit., p. 688), cette pièce aurait été frappée par la quatrième officine de l’atelier de Antioche en 325-326 EC. Ce serait une pièce rare (r2 = sept à dix pièces connues).

IMG_1149-1153La troisième pièce est un beau follis / nummus réduit (AE3, AE [Bronze], 18 x 19 mm, 3.022 g, payé environ $6 le 1985/06/16, patine vert foncé avec des dépôts de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers nous offre un buste du césar lauré, drapé et cuirassé à gauche, avec l’inscription latine CONSTANTINVS IVN[IOR] NOB[ILISSIMVS] C[AESAR] (“Constantin le Jeune, Très Noble César”). Le revers illustre une place forte constituée d’un nombre inconnu de niveaux (impossible de les distinguer), avec une ouverture sans porte, surmontée de deux tourelles entourant une étoile, avec l’inscription latine PROVIDEN-TIAE CAESS[ARVM] (le double “S” dénotant un pluriel, “la Providence [ou prévoyance] des Césars”) et un SMTSΔ en exergue (marque de la quatrième officine [Delta = 4] de l’atelier de Thessalonique [SMTS = Sacra Moneta TheSsalonica]).

Selon le RIC (op. cit., p. 519), cette pièce aurait été frappée par la quatrième officine de l’atelier de Thessalonique en 326-328 EC. Ce serait une pièce plutôt commune (c3 = plus de quarante et une pièces connues).

Sources: Wikipedia (Constantinus II [FR/EN]), FAC (Constantinus II, Antioch, camp gates, Heraclea, mappa, Providentia, scepter, Thessalonica), ERIC (Constantinus II); RIC vol. VII Heraclea #37, Antioch #65, Thessalonica #157; online ref. pièce 1: CoinArchives (MHTE, ), ConstantineTheGreatCoins (image), WildWinds (text, image); online ref. pièce 2: acsearch, acsearch, CoinArchives, NumisBids, Numismatics, vcoins, WildWinds (text, image); online ref. pièce 3: CoinArchives, numismatics, WildWinds (text1, image1; text2, image2). Voir aussi mes fiches (Heraclea, Antioche, Thessalonique).

Comme je l’ai expliqué précédemment, le type de revers représentant une place forte (“camp gate”) avec l’inscription Providentia(e) est utilisé par la propagande impériale pour rassurer le peuple en exprimant l’idée qu’il n’y a rien à craindre d’une possible invasion barbare car l’empereur et ses césars sont vigilants et que les frontières sont bien gardées. Ces “places fortes” ne représentent pas toujours nécessairement les portes d’un camp romain mais aussi parfois une tour de guet, une forteresse ou même la porte d’entrée d’une ville (FAC). Les deux ou trois tourelles représentées seraient en fait des signaux lumineux utilisant une sorte de brasero où l’on allume un feu pour signaler l’approche d’un ennemi. L’étoile au milieu de deux tourelles pourrait donc représenter trois tourelles dont celle du milieu est allumée. 

La semaine prochaine nous concluons le survol des pièces de monnaie de Constantinus II avec, cette fois, trois spécimens d’un type de revers représentant deux soldats entourant des étendards avec l’inscription Gloria Exercitus (“à la gloire de l’armée”).

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.307]

Tanacetum vulgare 

[ iPhone 6/13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2015/07/24 & 2021/10/30]
[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2019/08/20 ]

J’ai déjà illustré cette plante à deux reprises (en mai 2016 et en novembre 2019) mais je n’en ai pas beaucoup parlé — d’autant plus que je commence à manquer de sujets pour mes entrées botaniques. Toutefois, c’est une plante qui est très présente dans le parc et donc qui mérite un peu d’attention.

La Tanaisie commune (appelée Tansy en anglais) est une plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à la sous-classe des Asteridae, à l’ordre des Asterales, à la famille des Asteraceae (ou Compositae, i.e. dont l’inflorescences est composée d’une multitude de petites fleurs, qui comprend  près de deux mille genres répartis en plus de trente mille espèces comme les pissenlits, les marguerites ou les tournesols) et au genre Tanacetum (qui inclut entre soixante-dix et cent-soixante espèces selon la source, comme la Grande camomille — dont j’ai récemment parlé). Elle pousse en tiges érigées pouvant atteindre un mètre de hauteur (entre cinquante et cent-cinquante centimètres) et est caractérisée par des feuilles pennatilobées alternes (de dix à quinze centimètres de long) ainsi que par des inflorescences jaune composées de fleurons identiques regroupés en corymbe de capitules, disposées en ombelles et ayant la forme de boutons. La floraison se fait entre juillet et septembre.

C’est une plante ornementale et odorante. Connue depuis l’antiquité, elle est mentionnée au Moyen-Âge dans le Capitulare de Villis et le Liber cure cocorum. Elle est surtout utilisée pour son huile essentielle (composée principalement de trans-thuyone, de camphre et trans-chrysanthényle) qui a des propriétés insectifuge et vermifuge. Malgré qu’à forte dose elle soit toxique (et même psychoactive !), elle a des usages médicinaux (tonique amère, abortif, antioxydant) ou culinaires (comme épices ou aromate). (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Samedi nature [002.021.303]

Dryobates pubescens

[ iPhone 13 Pro, VSP, 2021/10/30 ]

Samedi en allant faire mon devoir de citoyen par anticipation je suis tombé par hasard sur ce magnifique spécimen de Pic mineur femelle (ou female downy woodpecker en anglais). J’ai déjà partagé quelques photos de cette espèce (les 2020/04/24 et 2020/05/08) mais cet individu n’était vraiment pas gêné par la présence humaine et s’est laissé approché et photographié sans problème (sans compter que la qualité du zoom de ma “caméra” s’est améliorée depuis). 

Cet animal vertébré appartient à la classe des aves (oiseaux), à l’ordre des Piciformes, à la famille des Picidae (les pics, qui comprend une trentaine de genres où se répartissent plus de deux cent espèces), et au genre Dryobates (qui comprend cinq espèces mais aussi de nombreuses sous-espèces). C’est la plus petite espèce de pics en Amérique du Nord. Son nom scientifique signifie “marcheur des bois couvert de duvet” (du grec δρυο / dryós / “boisé” et βάτης / bátēs / “marcheur” et du latin pubescens). Il existe sept sous-espèces de Dryobates pubescens en Amérique du Nord et au Québec on retrouve la sous-espèce medianus. Le pic mineur est pratiquement identique au Pic chevelu (Leuconotopicus villosus ou hairy woodpecker en anglais —qui appartient pourtant à un genre différent, les Leuconotopicus, ce qui constitue un intéressant exemple d’évolution convergente) mais ce dernier est un peu plus gros (il fait 250 mm de longueur avec une envergure d’aile de 380 mm et un poids de 40 à 95 g alors que le Pic mineur fait 160 mm de longueur avec une envergure de 280 mm et pèse entre 20 et 33 g). De plus, le Pic mineur a des taches noires sur ses rectrices blanches et son bec est plus court que sa tête (alors que le Pic chevelu a un bec presqu’aussi long que la tête). (Sources: Wikipedia)

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Monnaies anciennes 62

Les Constantiniens (3)

Constantinus II (317-340) (3)

Nous continuons le survol de mes pièces de monnaie de Flavius Claudius Constantinus Iunior (généralement appelé Constantinus II) — vous trouverez la notice biographique de Constantinus II dans la première entrée sur cet empereur.  Cette semaine, je vous présente deux autres spécimens du type “Votis” dans une couronne, cette fois-ci il s’agit d’un Votis Decennalibus (VOT X). Comme la semaine dernière, ce sont des pièces très similaires (follis réduit [AE3]) avec le même type de revers et les même inscriptions mais dans ce cas-ci elles se distinguent un peu plus en deux façon: l’une des pièces présente un portrait vers la gauche et elles ont toutes deux été frappées par des ateliers différents, à des dates différentes. 

IMG_1096-1102La première pièce, un peu moins bien conservée (F [Fine]), est peu plus oblongue (17 x 19 mm, 3.023 g, payé environ $6 le 1985/04/14; die-axis: ↑↑). Son avers offre une tête du césar lauré à droite avec l’inscription latine CONSTANTINVS IVN[IOR] NOB[ILISSIMVS] C[AESAR] (Constantinus le Jeune, très noble césar). Le revers illustrent un VOT[IS] • X (Votis Decennalibus), sur deux lignes séparées d’un point, inscrit au centre d’une couronne de laurier (ornée sur le dessus d’une boucle faite d’un cercle avec un point au milieu), avec l’inscription latine CAESARVM NOSTRORVM (“Voeux pour le dixième [anniversaire de règne] de Nos Césars”), et un BSIS suivie d’un pictogramme représentant une percée / levé  de soleil (sunburst / rising sun) en exergue (marque de la seconde officine [B = Bêta] de l’atelier de Siscia [SIS] — le pictogramme constitue probablement une marque de séquence).

D’après le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, p. 446), cette pièce aurait été frappée par la deuxième officine de l’atelier de Siscia en 321-324 EC.

IMG_1111-1115La seconde pièce est plus ronde mais elle est très très belle (VF [Very Fine], 18 mm, 2.987 g, payé environ $7, patine avec dépôt verdâtre; die-axis: ↑↓). L’avers nous offre un buste du césar lauré, drapé et cuirassé à gauche, suivie de la même nomenclature que la première pièce. Le revers illustre aussi une couronne inscrite d’un VOT[IS] • X avec la même inscription mais cette fois avec un TSBVI en exergue (marque de la deuxième officine [B = Bêta] de l’atelier de Thessalonique [TS] — le chiffre romain “VI” serait possiblement une marque de séquence ou une datation qui fait référence au sixième Consulat de Constantinus en 320 [et qui ne reçoit son septième consulat qu’en 326]).

 D’après le RIC (op.cit., p. 513), cette pièce aurait été frappée par la deuxième officine de l’atelier de Thessalonique en 324 EC.

Sources: Wikipedia (Constantinus II [FR/EN]), FAC (Constantinus II,Caesarvm Nostrorvm,laurel wreath, Siscia, vota, wreath), ERIC (Constantinus II); RIC v. 7: Siscia #182Thessalonica # 128; Online réf. pour la pièce 1: Google, acsearch, CoinArchives, CoinProject, numismatics, r5coins, vcoins, WildWinds (text, image); Online réf. pour la pièce 2: Google, acsearch, CoinArchives, CoinProject, numismatics, r5coins, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi mes fiches (Siscia, Thessalonica).

Bibliographie:

J’ai deux observations sur cette paire de follis réduit. Premièrement, ces pièces présentent des Votis Decennalibus (voeux pour le dixième anniversaire de règne) alors que Constantinus II n’était césar en 321 que depuis cinq ans! Comme je l’ai déjà mentionné, ces voeux font originalement référence à une coutume de vœux publics pour le bien être de l’empereur, accompagnés de sacrifices et exprimés lors d’anniversaires importants. Ils étaient soit faits ou entrepris au début de la période décennale (suscepta) soit accomplis à la fin de la période (soluta). Il était donc fréquent de voir ces souhaits anticipés pour une période beaucoup plus longue que celle accomplie. Dans ce cas-ci, dès que le Votis quinquennalibus (VOT. V) est accompli, on s’empresse de faire des voeux pour la santé des jeunes césars, en anticipation, pour les cinq années à venir, soit des Votis Decennalibus (VOT. X).

“Les mots suscepta et soluta qu’on rencontre souvent à la suite du mot decennalia se rapportent, l’un au commencement, l’autre à la fin de la période décennale, c’est-à-dire au moment où les voeux sont formés (suscepta), et du moment où ils sont accomplis (soluta). La couronne de laurier qui figure sur les médailles frappées en souvenir de ces fêtes, est celle qu’on offrait à l’empereur”. (Daremberg & Saglio, Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines. Paris: Hachette, 1877‑1919. Tome 2.1, p.33-34)

Deuxièmement, on remarque que les portraits de Constantinus II sur ces pièces présentent des yeux plus grands que nature. C’est un style qui apparait sous le règne de Constantinus et qui est particulièrement apparent sur la tête de son fameux colosse préservé au Palazzo dei Conservatori du Musée Capitolin de Rome. Ce style est supposé représenter une abstraction, exprimant un regard tourné vers l’éternité et la transcendance de la nature divine de l’empereur. On retrouve une représentation similaire sur certaines pièces de monnaie de Constantinus où les yeux plus grands que nature de l’empereur regardent vers le haut, contemplant le ciel (ce sont les “yeux au ciel” [eyes to heaven] ou les “yeux vers dieu” [eyes to god] qui expriment la piété chrétienne de l’empereur). Ces yeux plus grand que nature se retrouve aussi dans la statuaire des fils de Constantinus. Malheureusement il existe peu de représentations lapidaires de Constantinus II qui n’a été empereur que trois ans (l’illustration sur la page française de Wikipedia de Constantinus II est en fait une tête de Constantius II, qui est le fils de Constantinus a avoir régné le plus longtemps, soit vingt-quatre ans). Cela n’a donc, bien sûr, rien à avoir avec le fameux style du dessin animé japonais (qui par ailleurs avait été introduit par Osamu Tezuka, qui l’avait lui-même emprunté à Walt Disney et Max Fleischer 😉 ).

La semaine prochaine nous continuons mon survol des pièces de monnaie de Constantinus II avec, cette fois, trois spécimens du type de revers avec Providentiae Caesarum et la représentation d’une place forte.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Pictorial chronicles [002.021.301]

Bouquet de fin octobre

[ iPhone 13 Pro, 2021/10/22 ]

Avant que le parc ne soit complètement tondu et que nous commencions à préparer notre jardin pour l’hiver, il restait tout de même encore assez de belles fleurs pour faire un somptueux bouquet d’octobre… De quoi raviver encore pour quelques jours nos souvenirs d’un été déjà lointain et de tenir à distance l’anticipation d’un long et rigoureux hiver… Oh floraison des jours dorés puisses-tu préserver éternellement dans nos pensées (et dans nos coeurs) la joie et la chaleur de l’ensoleillement estival !

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Images du mer-fleuri [002.021.300]

Malva sylvestris 

[ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/10/30]

J’ai déjà parlé de cette fleur en janvier dernier (et même il y a quelques années) mais j’y reviens très brièvement pour signaler mon étonnement d’en voir des spécimens dans le parc qui sont encore splendides aussi tardivement dans la saison. Il faut dire que cette année j’ai noté plusieurs espèces (Achillée, Chicorée, Cosmos, Violette, etc.) qui se sont mises à fleurir à nouveau en octobre! C’est sans doute due au redoux que nous avons connu fin septembre et début octobre qui a étrangement créé de la confusion chez Mère Nature, lui laissant peut-être croire à un second printemps…

La Grande Mauve (aussi appelé Mauve sylvestre et Common / Tall Mallow en anglais) est une plante herbacée bisannuelle qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à l’ordre des Malvales, à la famille des Malvaceae (qui inclus plus de quatre-cent genres divisés en quatre mille espèces très diverses; on y retrouve des genres comme les Abelmoschus [dont le gombo ou okra], les Alcea [dont la Rose trémière], les Althaea [dont la Guimauve], les Durio [dont le durian], les Gossypium [dont le cottonier], les Hibiscus, les Theobroma [dont le cacao], les Tilia [dont le Tilleul] et même les Adansonia [qui comporte huit espèces de Baobab !]), et au genre Malva (qui comprend une soixantaine d’espèces).

La plante est caractérisée par une tige dressée pouvant atteindre de trente à cent-vingt centimètres et par des feuilles crénelées, d’un vert profond, qui sont presque rondes à la base et quintilobées en pointes vers la partie supérieure. Elle fleurit de mai à septembre et offre de belles et grandes fleurs rose-pourpres (de deux ou trois centimètres de diamètre) formées de cinq pétales séparés, échancrés sur le bout et marqués de stries foncés. Elles donnent un fruit sec (schizocarpe) en forme de meule de fromage qui continent des des akènes. Le nom provient du grec (μαλάχη / malákhē / “mou ou amollir”) et fait allusion soit au limbe mou de la plante ou à ses propriétés émollientes. C’est une plante ornementale mais qui est comestible dans sa totalité. Elle peut être consommé “crue en salade, cuite en soupe, en farce ou en ragoût. Elle est riche en sels minéraux, vitamines A, B1, B2 et C, en protéines complètes, en fer et en calcium”. Elle a également un usage médicinal de par ses propriétés anti-inflammatoires. Originaire d’Europe de l’Ouest elle est considérée en Amérique du Nord comme une espèce envahissante. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Monnaies anciennes 61

Les Constantiniens (3)

Constantinus II (317-340) (2)

Cette semaine je vous présente deux nouvelles pièces de monnaie de Flavius Claudius Constantinus Iunior (généralement appelé Constantinus II). Vous trouverez la notice biographique de cet empereur dans mon entrée de la semaine dernière. Ces deux pièces sont pratiquement identique: le flan de la première est légèrement plus grand (18 x 20 mm avec un poids de 2.884 comparé à 17.5 x 18.5 mm avec un poids de 2.765 pour la seconde) et a subit un peu plus d’usure (F [Fine], Très Beau) que le seconde (qui est très très belle [VF / Very Fine] mais dont le revers comporte une importante dépression dans le côté droit du flan). Il s’agit de deux follis réduit (AE3, de fréquence assez commune [C1 = 22 à 30 pièces connues], payé environ $6 le 1985/04/14; die-axis: ↑↑) qui présentent exactement le même type, avec les même nomenclature et titulature mais qui, si elles ont été frappé à la même officine, ne l’ont pas été avec les même coins car elles ont de légères différences dans leur conception: au niveau de l’épaule droite du portrait du césar sur l’avers et de l’espacement du lettrage sur le revers (la lettre qui se retrouve juste au-dessus de la boucle décorative de la couronne est le “M” de CAESARVM pour la première pièce et le “N” de NOSTRORVM pour la seconde).

L’avers de chacune des pièces présente un buste du césar lauré, drapé et cuirassé à droite avec l’inscription latine CONSTANTINVS IVN[IOR] NOB[ILISSIMVS] C[AESAR] (“Constantinus le Jeune, très noble César”). Les deux revers illustrent un VOT[IS] V (Votis quinquennalibus) sur deux lignes (avec possiblement un point entre les deux lignes, ce qui apparait plus évident sur la première pièce) inscrit au centre d’une couronne de laurier (ornée sur le dessus d’une boucle faite d’un cercle avec un point au milieu), avec l’inscription latine CAESARVM NOSTRORVM (“Voeux pour le cinquième [anniversaire de règne] de Nos Césars”), et un R S en exergue (marque de la seconde officine [S = Secundus] de l’atelier de Rome [R = Roma]).

D’après le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, p. 321), cette pièce aurait été frappée par la deuxième officine de l’atelier de Rome en 321.

On se rappel que Constantinus Junior avait été fait césar en mars 317, en même temps que son frère Crispus et que Licinius II — ce qui explique le pluriels dans l’inscription (“Nos Césars”). Cinq ans plus tard, en 321, on célébrait donc le cinquième anniversaire de cette nomination. On note également le portrait juvénile du césar (qui est pourtant illustré beaucoup plus vieux que son âge puisqu’à cette époque il n’a environ que cinq ou six ans!).

Sources: Wikipedia (Constantinus II [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus II, Caesarvm Nostrorvm,  laurel wreath, vota, wreath), ERIC (Constantinus II); RIC v. VII: 236; BeastCoins, CataWiki, CoinArchives, numismatics, numista, r5coins, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi mes fiches (pièce #1, pièce #2).

 

La semaine prochaine nous continuons mon survol des pièces de monnaie de Constantinus II avec, cette fois, deux types de VOT X similaires mais frappés à deux ateliers différents.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.293]

Elaeagnus angustifolia 

[ iPhone 11/13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/06/12 & 10/17]

Cela fait quelques années déjà que j’ai remarqué dans le parc, près du point de vue situé au bout de la rue Paul-Boutet (et en-dessous), quelques arbres d’un vert tendre presque blanchâtre, voir argenté. Je me suis dit “on dirait presque des oliviers” mais je croyais notre climat trop froid pour ce genre d’arbres. Eh bien, non, il s’agit bel et bien d’une variété d’olivier.

L’olivier de Bohême (appelé “Russian Olive” en anglais) est une espèce d’arbuste qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à la sous-classe (clade) des Rosidées, à l’ordre des Rosales, à la famille des Elaeagnaceae (divisé en trois genres où se répartissent une soixantaine d’espèces) et au genre Elaeagnus. C’est un arbuste qui croit rapidement pour atteindre une hauteur moyenne de sept mètres (de deux à douze mètres) et qui est caractérisé par des feuilles lancéolées, alternes et caduques, au pétiole court, d’un vert profond sur le dessus et argenté sur le dessous, et mesurant de quatre à huit centimètres de long sur environ deux centimètres de large. La floraison se fait de mai à juillet et offre de petites fleurs odorantes jaunes d’environ un centimètre, formées d’un calice à quatre lobe (sépales) sans pétales, protégeant quatre étamines et un pistil. Elles poussent sous l’aisselle des feuilles, soit isolées ou par grappes de deux ou trois fleurs, et sont mellifères — ce qui veut dire qu’elles attirent les insectes pollinisateurs comme les abeilles. Le fruit jaune, qui mesure un ou deux centimètres de long, a l’apparence d’une drupe (comme la cerise ou l’olive) mais est en fait un akène enveloppé d’une hypanthe charnue. Les fruits sont comestibles, sucrés mais avec une texture farineuse, et sont parfois utilisés pour faire des conserves.

Le nom scientifique dérive du grec ἐλαίαγνος / elaíagnos (composé de ἐλαία / elaia / “olive” et de ἁγνός / hagnós / “pure”, “chaste”, “sacré”) et de l’épithète latin qui signifie avoir “des feuilles étroites”. Quand aux noms vernaculaires ils font tous référence soit au fait que le fruit ressemble à celui de l’olivier (qui appartient pourtant à une famille différente, les Oleaceae) soit que la feuille s’apparente à celle du saule (de la famille des Salicaceae). Cet arbuste a avant tout un usage ornemental (à cause de son beau feuillage et de ses fleurs odorantes) mais il est aussi utilisé comme séparation (haie) ou écran brise-vent. Il joue également un rôle dans l’alimentation humaine: ses fleurs mellifères peuvent servir à la production de miel et ses fruits (parfois appelé “datte de Trébizonde“ ou “olive perse”), riches en lycopène, sont comestibles — pouvant être consommés séchés ou en marmelade. Il y aurait même un usage médicinal car, en Iran, une concoction faite de lait et du fruit séché pulvérisé est parfois utilisée pour traiter la polyarthrite rhumatoïde et les douleurs articulaires (arthrose). Originaire d’Europe de l’Est, il a été introduit en Amérique du Nord à la fin du XIXe siècle où il est considéré comme une espèce envahissante à cause de sa croissance rapide et de sa capacité d’adaptation en sol pauvre (car une symbiose avec des bactéries dans son système racinaire lui permet de fixer l’azote atmosphérique). (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Monnaies anciennes 60

Les Constantiniens (3)

Constantinus II (317-340) (1)

Flavius Claudius Constantinus Iunior est né à l’été 316 à Arelate (Arles). Il est le second fils de Constantinus (le premier avec sa deuxième épouse, Fausta). En mars 317 (à peine âgé d’un an) il est fait César par son père et reçoit le titre de Nobilissimus Caesar (“le plus noble des Césars”) et est même consul en 321! Dès l’âge de sept ans (322-23) il participe aux côtés de son père à la campagne militaire contre les Sarmates. En 324, il est envoyé à Augusta Treverorum pour défendre la frontière du Rhin à la place de son frère aîné Crispus (qui a été rappelé aux côtés de Constantinus pour sa deuxième campagne contre Licinius). En 331, il reçoit le titre de Alamannicus suite à une victoire contre les Francs et les Alamans. En 332, il se joint à son père sur la frontière du Danube pour une campagne contre les Wisigoths Tervinges et reçoit les titres de Sarmaticus et de Germanicus maximus. En 335, Constantinus divise les responsabilités administratives et militaires de l’Empire entre ses trois fils et ses deux neveux: Constantinus Junior reçoit la responsabilité de superviser la Gaule, la Bretagne et l’Hispanie; Constans reçoit l’Italie, l’Afrique et la Pannonie; Constantius Junior l’Asie Mineure, la Syrie et l’Égypte; Flavius Dalmatius (petit-fils de Constantius) la Macédoine et la Thrace; et son frère Flavius Hannibalianus est nommé monarque des nations pontiques.

Constantinus avait probablement l’intention d’assurer sa dynastie avec la création d’une nouvelle tétrarchie. Toutefois, à sa mort le 22 mai 337, Constantinus Junior (qui est maintenant l’aîné puisque Crispus est mort dix ans plus tôt) tente de faire valoir son droit de primogéniture en se déclarant empereur mais ses frères n’en entendent pas ainsi et tous trois se proclament Augustes. Ils sécurisent leur position en éliminant les oncles et cousins de la famille, puis se rencontrent le 9 septembre 337 à Sirmium (ou Viminacium) pour se partager l’Empire (en se divisant les parts de leur cousins). Toutefois, Constantinus Junior est insatisfait que son frère cadet (qui est sous sa tutelle) ait reçu l’Italie, l’Afrique et l’Illyrie. Il réclame l’Afrique à Constans mais, lorsque ce dernier devient majeur en 339, le conflit éclate ouvertement entre les deux frères. Constantinus Junior sera tué lors d’une embuscade à Aquilée en avril 340. L’Empire se retrouvera alors divisé non seulement par une nouvelle querelle de succession mais aussi théologique: Constans (en Occident) supporte le christianisme nicéen alors que son frère Constantius II (en Orient) supporte le christianisme arien !

J’ai onze pièces de monnaies de Constantinus Iunior que je vais vous présenter en quatre ou cinq parties.

IMG_0995-1005La première de ces pièces est un très beau follis réduit (AE3, 19 x 19.5 mm, 3.359 g, payé environ $6 le 1985/04/14; die-axis: ↑↓). L’avers nous montre un buste du jeune césar lauré, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine CONSTANTINVS IVN[IOR] NOB[ILISSIMVS] C[AESAR] (Constantinus le jeune très noble césar). Le revers illustre deux Victoires ailées debout face à face, tenant un bouclier inscrit VOT – P R sur deux lignes (VOTa Populi Romani = “Voeux du Peuple Romain”), surmonté d’un croissant et d’un point (comme les descriptions ne mentionnent pas ce détail il fait probablement partie de la décoration du bouclier), au dessus d’un autel (ara) inscrit d’un “I” (marque de séquence?), avec l’inscription latine VICT[ORIAE] • LAETAE PRINC[IPIVM] PERP[ETVA] (“[Pour une] Joyeuse victoire au Prince éternel”) et un [•]BSIS• en exergue (marque de la deuxième officine [Bêta] de l’atelier de SIScia).

D’après le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, pp. 416-418, 434-435), cette pièce aurait été frappée par la deuxième officine de l’atelier de Siscia en 319 EC.

C’est un type de revers que l’on avait pas vu jusqu’à maintenant mais qui ne fait que reprendre des thèmes bien connu: la victoire et les bons souhaits du peuple envers le prince ou l’empereur. Dans ce cas-ci, comme le prince n’est à peine âgé que de trois ans, on imagine que c’est une façon de lui souhaiter une vie longue et prospère. On note également que c’est une pièce rare [r5 = unique! Plus maintenant… 😉 ]; j’ai d’ailleurs eut de la difficulté à en trouver des exemples dans les sources en ligne. Ce type se retrouve surtout chez Constantinus, Crispus et les deux Licinius. Dans le cas de Constantinus Junior, il est aussi associé avec une titulature plus longue (NOB CAES) et une inscription qui présente VICTORIAE écrit tout au long mais dans ce cas-là la marque d’atelier ne comporte qu’un seul point (ASIS•) [RIC, VII, 80]. Une variante inclue aussi une césure dans la nomenclature (CONSTANT-INVS) et la marque d’atelier a une étoile au lieu du point (ASIS*) [RIC, VII, 99]. Finalement, un autre variante (ASIS•, datant de 319-20; RIC, VII, 107-108) ne semble avoir été frappé que par les troisième (𝛤 [gamma] avec un NOB CAES) et la quatrième (𝛥 [delta] avec NOB C) officines. Dans tous les cas ce sont des pièces considérées rares (r3-r5 = une à six pièces connues — par l’auteur du RIC, au moment où il a été publié dans les années soixante).

Sources: Wikipedia (Constantinus II [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus II, ara, Siscia, VICT. LAETAE PRINC. PERP., Victoria), ERIC (Constantinus II); RIC v. VII: 91; BeastCoins, CoinProject, Numismatics, WildWinds (RIC 91: text1, image1; RIC 99: text2, image2, RIC 99var: text3, image3). Voir aussi ma fiche.

Je voudrais souligner que la semaine dernière je n’étais pas très satisfait de la qualité des photographies prises avec le nouvel iPhone 13 Pro car l’appareil semblait avoir de la difficulté à faire le focus et le résultat me semblait un peu flou… (Étrangement je n’ai pas rencontré ce problème lors de la prise de photo macro de fleurs — une question de différence d’éclairage peut-être entre lumière naturelle et artificielle ?). Je constate cette semaine que si on lui donne le temps de bien établir son focus (parfois en jouant un peu avec l’éclairage) l’appareil réussit à faire un bon focus et le résultat est beaucoup plus satisfaisant. Je suppose qu’avec l’expérimentation je vais réussir à établir l’éclairage et la distance optimale pour prendre de meilleurs clichés de monnaie…

Sur une note plus personnelle, suite à de nombreux problèmes de santé (notamment de terribles migraines), au deuil de l’un de mes chats et au fait que je change d’emploi (ce qui chambarde complètement mon horaire et ma routine), je vais devoir réduire considérablement le contenu de mes chroniques sur le blogue pour les semaines à venir afin de pouvoir me concentrer sur l’apprentissage de mes nouvelles tâches, rattraper mon retard sur mes commentaires de lectures et ré-équilibrer un peu mes chakras. Je ne devrais présenter qu’une ou deux pièces de monnaie à la fois… On verra comment les choses vont par la suite.

La semaine prochaine je vous présente donc deux autres pièces de monnaie de Constantinus Junior.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.286]

Fraxinus americana 

[ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/10/09]

Il n’y a pas que l’érable (Acer saccharum, Acer rubrum), le lierre (Parthenocissus quinquefolia, Parthenocissus tricuspidata) ou le vinaigrier (Rhus glabra, Rhus typhina) qui offrent de belles couleurs rouges à l’automne dans le parc. J’y ai également observé cet arbre qui déployait un panache flamboyant. Je me suis demandé ce que c’était et, après quelques recherches, j’ai découvert avec surprise qu’il s’agissait d’un Frêne blanc (appelé en anglais “white ash”). C’est la même variété d’arbre que j’ai devant ma maison et il ne donne jamais de telle couleurs! Évidemment, il s’agit d’un cultivar différent: le ‘Autumn Purple’.

Comme c’est le cas de la plupart des fleurs que je vous présente (Surprenant n’est-ce pas?), cet arbre  fait partie de la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), de la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), et de la sous-classe des Asteridae (ou Compositae). Toutefois, la parenté s’arrête ici car cette plante ligneuse appartient à l’ordre des Scrophulariales (qui regroupe douze familles; dans la classification APG c’est l’ordre des Lamiales), à la famille des Oleaceae (qui inclut près d’une trentaine de genres où se répartissent neuf-cent espèces comme l’olivier, le jasmin ou le lilas) et au genre Fraxinus (qui regroupe une soixantaine d’espèces).

Les frênes sont caractérisés par une écorce rugueuse, des feuilles composées pennées, et des fruits produits en grappes de samares simples. C’est une espèce dioïques, c’est-à-dire monosexué, et chaque arbre est soit mâles (staminées), soit femelles (pistillées). Il peut atteindre de dix à vingt mètre de haut, vivre près de deux-cent-cinquante ans, et servir d’écosystèmes à de nombreux organismes. Il est d’ailleurs très vulnérable à l’agrile du frêne. Comme c’est un bois dur et dense  il est prisé en parquèterie, en ébénisterie, ainsi que pour fabriquer des manches d’outils, des battes de baseball, des arcs et même certains instruments de musique. Toutefois, dans des conditions extérieures humides, il pourrit rapidement. Son feuillage a été utilisé pour faire des tisanes et des boissons. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Monnaies anciennes 59

Les Constantiniens (2)

Crispus (317-326)

Flavius Julius Crispus est né vers 299-305 EC. Il est le fils aîné de Constantinus et de sa première épouse (ou concubine), Minervina. Celle-ci sera répudiée en 307 afin que Constantinus puisse marier la fille de Maximianus, Fausta, consolidant ainsi leur alliance. Il reçoit une éducation chrétienne par le célèbre rhéteur Lactantius. Très jeune il accompagne son père sur les champs de batailles et développera ainsi une grande connaissance et habilité militaire. Il sera fait César à l’âge de quinze ans soit en octobre 316 ou en mars 317, en même temps que son frère Constantinus Iunior (né en 316 de Fausta). Il reçoit également le titre de Prince de la Jeunesse, et est Consul trois fois (en 318, 321 et 324). Il est alors envoyé à Augusta Treverorum d’où il supervise, avec le préfet du prétoire Bassus, la défense de la frontière du Rhin jusqu’en 323 et remporte des victoires contre des envahisseurs Alamans (318) et Francs (319). En mars 321 (ou janvier 322), il retourne à Sirmium où il épouse une certaine Helena qui lui donnera un fils l’année suivante. Avec le début de la seconde guerre civile contre Licinius, il rejoint les troupes de Constantinus et dirigera la flotte romaine lors des batailles navales de l’Hellespont. En juillet 324, alors que Constantinus fait le siège de Byzance, Crispus affronte la flotte de Licinius, plus de deux fois supérieure en nombre. Toutefois, la manœuvrabilité d’une flotte plus compacte joua à son avantage et it réussit à mettre l’amiral Abantus en déroute. Celui-ci regroupa ses forces, permettant aussi à Crispus d’obtenir du renfort de la mer Égée, et les deux flottes s’affrontèrent à nouveau le lendemain près de Gallipoli. Cette fois-ci une tempête aida Crispus à anéantir complètement la flotte de Licinius, permettant à Constantinus de passer en Asie Mineure et de vaincre Licinius définitivement à la bataille de Chrysopolis en septembre 324. 

Étrangement, il est le seul fils de Constantinus à n’avoir jamais été Auguste (empereur) car il est mort dans des circonstances mystérieuses quelques années plus tard. En effet, à la fin de l’été ou à l’automne 326, Constantinus fait exécuter à Pula (en Istrie), à quelques mois d’intervalle, Licinius II (le jeune fils de Licinius et neveu de Constantinus), son fils Crispus et sa propre épouse Fausta! Il n’est pas clair si il y a un lien entre ces trois assassinats car les sources contemporaines n’en disent rien. Selon des sources plus tardives (Zosimus et Zonaras), Crispus aurait été accusé d’adultère par sa belle-mère, Fausta, après qu’il ait refusé ses avances. Il est toutefois aussi possible que Crispus ait comploté contre son père ou que Constantinus ait simplement été jaloux de la popularité de son fils… Quoiqu’il en soit, Crispus et toute sa famille se sont vu imposé la damnatio memoriae (en fait les romains parlaient plutôt de abolitio nominis) et disparurent de l’Histoire à jamais…

Je n’ai que deux pièces de monnaie de Crispus.

IMG_0886-0896La première est un beau follis réduit (AE3, VG [Very Good], AE [Bronze], 18 mm, 3.047 g, payé environ $7, dépôt vert pâle; die-axis: ↑↓). L’avers nous montre un buste du césar lauré et drapé à gauche avec un globe et un sceptre dans la main gauche et une mappa dans la main droite, avec l’inscription latine D[OMINVS] N[OSTER] FL[AVIVS] IVL[IVS] CRISPVS NOB[ILISSIMVS] CAES[AR] (“Notre Seigneur Flavius Julius Crispus Très Noble César”). Le revers illustre une place forte (constituée de six niveaux et d’une grande ouverture [sur trois niveaux?] qui n’a pas de porte) surmontée de trois tourelles, avec l’inscription latine PROVIDEN-TIAE CAESS[ARVM] (le double “S” équivaut à un duorum implicite; “[Dédié] à la prévoyance des deux césars“), un SMH𝚪 en exergue (marque de la troisième officine [gamma] de l’atelier d’Héraclée [Sacra Moneta Heraklea]) et un point (•) dans le champs droit.

D’après le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, p. 534-536, 546), cette pièce aurait été frappée par la troisième officine de l’atelier d’Héraclée vers 318-320 EC.

On note que c’est une pièce rare (r2 = sept à dix pièces connues avec ce type). Je remarque également que ce type illustre une place forte (“camp gate”) avec trois tourelles. On se souvient que la semaine dernière j’ai présenté une pièce de Constantinus qui illustrait une place forte surmonté de deux tourelles entourant une étoile. Les spécialistes ont beaucoup spéculé sur la signification de ces tourelles et on semble maintenant s’entendre sur le fait qu’elles représentent des signaux lumineux utilisant une sorte de brasero où l’on allume un feu pour signaler l’approche d’un ennemi. L’étoile au milieu de deux tourelles pourrait donc représenter trois tourelles dont celle du milieu est allumée. La représentation que nous avons ici illustre donc trois tourelles tous feux éteint. Comme je l’ai expliqué la semaine dernière, cette représentation, conjointement avec l’inscription Providentia, exprime l’idée qu’il n’y a rien à craindre d’une possible invasion barbare car l’empereur et ses césars sont vigilants et que les frontières sont bien gardées.

Sources: Wikipedia (Crispus [FR/EN]), Google, FAC (Crispus, Conspiracy Theory, Heraclea, mappa, scepter), ERIC (Crispus); RIC v. VII: 30; Sear RCV (1983): 3823; CoinTalk, FAC, WildWinds (description erronée: image 1, image 2). Voir aussi ma fiche.

IMG_0899-0908La deuxième pièce est un beau follis réduit (AE3, VG [Very Good], AE [Bronze], 18 x 19 mm, 3.362 g, payé environ $6 le 1985/04/14, patine grisâtre, flan craqué à 30º; die-axis: ↑↓). L’avers nous montre un buste du césar casqué et cuirassé à gauche, avec l’inscription latine CRISPVS – NOBIL[ISSIMVS] C[AESAR] (“Crispus Très Noble César”). Le revers illustre un autel (cippus) inscrit d’un VOT-IS XX (Votis Vicennalibus = “Voeux pour le vingtième [anniversaire de règne]”) sur trois lignes, surmonté d’un globe céleste et de trois étoiles (❋❋❋), avec l’inscription latine BEATA TRA-NQVILLITAS (“Tranquillité bénie ou heureuse”), avec un PLON en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de LONdinium) et les lettres P / A dans le champs de part de d’autre (une marque de séquence?).

Selon le RIC (op. cit., pp. 96, 110), cette pièce aurait été frappée par la première et unique officine de l’atelier de Londinium (Londres) en 321.

Sur la Beata Tranquillitas, le RIC (op. cit., pp. 20-42) nous apprend que ce type de revers était très prolifique, qu’il était associé à une grande variété de portrait d’avers (où l’aspect militaire était dominant) et que, due à de grandes similitudes, cette émission des ateliers de Londinium, Lugdunum et Augusta Treverorum a certainement été coordonnée par un seul officier monétaire. Il ajoute que le type de la Beata Tranquillitas, loin d’être une simple abstraction philosophique, était l’expression de l’espoir que les campagnes de Crispus contre les Alamans (en 318) et de Constantinus contre les Sarmates (à l’été 322) préserveraient la paix et l’ordre sur la frontière du Rhin.

Sources: Wikipedia (Crispus [FR/EN]), Google, FAC (Crispus, Beata Tranquillitas, cippus, Conspiracy Theory, Votis XX), ERIC (Crispus); RIC v. VII: 211; CoinArchives, CoinProject, vcoins, WildWinds (text1, image1; text2, image2). Voir aussi ma fiche.

Ces deux pièces de Crispus nous offrent des types de revers qui ne font que reprendre les revers de son père, Constantinus. Le motif de la place forte était très présent sous Constantinus. De même, le VOTIS XX sur la deuxième pièce ne peut en aucun cas faire référence à Crispus (qui n’est alors césar que depuis trois ans [317]), même d’une façon anticipée, et doit donc être interprété comme des voeux pour le vingtième anniversaire de règne de son père, Constantinus. Ces deux types — place forte + Providentia et Beata Tranquillitas [paix sous les cieux étoilés = “il est minuit bonne gens et il n’y a rien a signaler“ ? 😉 ] — font partie de la propagande impériale qui vise à rassurer le peuple sur la sécurité des frontières.

Je note que dans les deux cas, le portrait de l’avers est à gauche alors que la grande majorité des portraits sur les monnaies sont généralement à droite. J’ignore ce que cette différence peut signifier et si cela a de l’importance. Cela mériterait sans doute d’être étudié… Toutefois, le caractère militaire de ces pièces (la place forte, le portrait casqué) nous présente le césar clairement comme un guerrier et il était, après tout, un militaire expérimenté, talentueux et, de surcroit, aimé du peuple. Est-ce pour cette raison qu’il a été perçu par son père comme une possible menace et que Constantinus a éliminé son propre fils? On ne peut que spéculer et c’est pourquoi plusieurs théories de conspirations ont prit naissance sur ce sujet.

La semaine prochaine nous aborderons un autre fils de Constantinus, Constantinus II, dont j’ai une douzaine de pièces et que je traiterai en plusieurs parties.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.279]

Bellum falsi solis: Heliopsis contra helianthus !

Lorsque je vous ai parlé des Hélianthes l’an dernier, j’ai mentionné qu’il y avait deux espèces dans le parc qui étaient très similaires aux tournesols. J’aimerais y revenir brièvement et profiter de l’occasion pour parader un peu les nouvelles capacités du iPhone 13 Pro (excellente qualité de photo et macro).

[ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/10/1 ]

Le premier exemple est la Heliopsis helianthoides (Héliopsis faux-hélianthe aussi appelé en anglais “Oxeye Sunflower” ou “False Sunflower”). Tout comme les hélianthes, cette plante herbacée vivace fait partie de la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), de la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), de l’ordre des Asterales et de la famille des Asteraceae (les fleurs “composées”) mais elle appartient à un genre différent, les Heliopsis (qui inclus environ dix-huit espèces). Originaire d’Amérique du Nord, elle est caractérisée par des feuilles dentées de forme ovale ou lancéolée et par des capitules composites coniques formés à la périphérie de fleurons ligulés jaunes de deux à quatre centimètres (les “pétales”, qui persistent contrairement à ceux du tournesol qui flétrissent et tombent) et au centre de fleurons discaux de couleur jaune ou brunâtre. C’est une plante rhizomateuse qui peut atteindre de quarante à cent-cinquante centimètres de hauteur. Le nom, provenant du grec (helios / soleil et opsis / apparence), signifie d’une part “qui a l’apparence du soleil” et d’autre part (helianthoides) similaire à l’hélianthe. C’est une belle plante ornementale qui attire aussi les papillons. 

[ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/10/4 ]

L’Helianthus tuberosus (Topinambour, qui est aussi appelé en anglaisJerusalem artichoke” ou “wild sunflower”), quand à elle, est du même genre que le tournesol, helianthus (où l’on retrouve vingt-quatre espèces et, bien sûr, plusieurs hybrides). Cette plante herbacée vivace peut atteindre de deux à trois mètres de hauteur et est caractérisé par des feuilles lancéolées, dentées et alternes (de dix à vingt-cinq centimètres de long), des capitules plats de cinq à dix centimètres de diamètre formés de dix à vingt fleurons ligulés jaunes (pétales, qui sont plus long que pour l’Héliopsis) en périphérie et de plus d’une soixantaine de fleurons tubuleux jaune-brun au centre, ainsi que par ses rhizomes tubérisés qui ressemblent un peu au gingembre. Elle s’apparente à plusieurs autres variétés d’hélianthes (avec lesquelles elle peut donc être confondue), particulièrement l’Hélianthi (Helianthus strumosus) et le tournesol vivace (Helianthus laetiflorus).

Originaire d’Amérique du Nord, elle a eut un rôle important dans la culture des autochtones qui l’utilisaient comme fourrage et légume. Samuel de Champlain en a fait la découverte lors de ses voyages (voir les citations plus bas) et il la partagea à Port-Royale avec Marc Lescarbot et Jean de Poutrincourt qui ramenèrent cette “truffe du Canada” en Europe après l’échec de la colonie en 1607. Son nom scientifique signifie “fleur de soleil” tubéreuse (du grec hêlios / soleil et anthos / fleur) en référence à ses grandes fleurs jaunes qui évoquent l’astre solaire. Ses noms communs origine tous d’une méprise: le nom français de “Topinambour” résulte d’une association erroné avec la tribu brésilienne des Tupinambas et le nom anglais de “Jerusalem Artichoke” provient de la déformation de girasole, le nom italien du tournesol. 

C’est une belle plante ornementale mais qui est aussi cultivée pour ses tubercules comestibles. Ceux-ci peuvent être consommé cru, fermenté ou cuit et leur saveur s’apparente à l’artichaut. Comme la patate, ils peuvent être pilé ou moulu en farine mais au lieu de l’amidon elles contiennent de l’inuline (un glucide polysaccharides qui n’affecte pas la glycémie mais peu provoquer des flatulences!) et sont riches en vitamines et minéraux. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

“Nous vinsmes mouiller l’ancre jusques à Saincte Croix, distante de Québec de quinze lieues; c’est une poincte basse, qui va en haulsant des deux costez. Le pays est beau & uny, & les terres meilleures qu’en lieu que j’eusse veu, avec quantité de bois, mais fort peu de sapins & cyprès. Il s’y trouve en quantité des vignes, poires, noysettes, cerises, groiselles rouges & vertes, & de certaines petites racines de la grosseur d’une petite noix ressemblant au goust comme truffes, qui sont très-bonnes rôties & bouillies. Toute ceste terre est noire, sans aucuns rochers, sinon qu’il y a grande quantité d’ardoise; elle est fort tendre, & si elle estoit bien cultivée, elle seroit de bon rapport.” [23 juin 1603] — Des sauvages ou Voyages de Samuel Champlain (1603), livre premier, chap. VI (p. 26).

“Le lendemain nous fusmes voir leur habitation avec nos armes, & fismes environ une lieue le long de la coste. Devant que d’arriver à leurs cabannes, nous entrasmes dans un champ semé de bled d’Inde, à la façon que nous avons dit cy-dessus. Il estoit en fleur, & avoit de haut 5 pieds & demy, & d’autre moins advancé, qu’ils sement plus tard. Nous veismes aussi force feves de Bresil, & des citrouilles de plusieurs grosseurs, bonnes à manger; du petum & des racines qu’ils cultivent, lesquelles ont le goust d’artichaut. Les bois sont remplis de chesnes, noyers, & de très beaux cyprés, qui sont rougeastres, & ont fort bonne odeur. Il y avoit aussi plusieurs champs qui n’estoient point cultivez, d’autant qu’ils laissent reposer les terres; & quand ils y veulent semer, ils mettent le feu dans les herbes, & puis labourent avec leurs besches de bois. Leurs cabannes sont rondes, couvertes de grosses nattes faites de roseaux, & par en haut il y a au milieu environ un pied & demy de descouvert, par où fort la fumée du feu qu’ils y font.“ [21 juillet 1605] — Les Voyages du sieur de Champlain (1613), livre premier, chap. VIII (p. 66).

Les extraits cités proviennent de Oeuvre de Champlain, vol. 1 (présenté par G.-É. Giguère). Montreal: Éditions du Jour, 1973. Le texte est également disponible en ligne sur le Project Gutenberg.

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Monnaies anciennes 58

Les Constantiniens (1)

Constantinus (310-337 EC) (3)

Depuis déjà longtemps le centre de l’Empire n’est plus à Rome car les tétrarques siégeaient chacun dans leurs capitales régionales (Augusta Treverorum à l’ouest, Mediolanum en Italie, Sirmium en Pannonie et Nicomédie à l’est). Celles-ci étaient généralement situé près des frontières afin de pouvoir réagir rapidement en cas d’invasion barbares. Constantinus désire se distinguer en établissant une nouvelle capitale impériale. Il hésite d’abord entre Ilion et Sardica, puis, après sa victoire sur Licinius, il porte son choix sur Byzance, une cité grecque situé à l’entrée du Bosphore et capitale de la Thrace. Cela lui permet de re-centrer sa capitale sur un empire qui s’est beaucoup étendu à l’Est, de rester proche de Nicomédie, où il a grandit à la cour de Diocletianus, de façon à se réclamer de la légitimité du lieu, et surtout de se rapprocher des frontières du Danube et de l’Euphrate, là où les risques d’invasions sont maintenant les plus grands, tout en restant à une bonne distance des conflits afin de ne pas nuire à la prospérité de la cité. Il nomme cette nouvelle capitale, qui ne sera inaugurée officiellement qu’en mai 330, Constantinopolis (la cité de Constantinus).

Maintenant qu’il est l’unique empereur, Constantinus doit s’efforcer de consolider son pouvoir. Il établit d’abord sa succession dynastique. Il avait déjà nommé ses fils Crispus et Constantinus II Césars en 317, et fera de même avec ses fils Constantius II en 324, Constans en 333, puis avec ses neveux Flavius Dalmatius et Flavius Hannibalianus en 335. Avec une imposante campagne de construction, il s’attache à bâtir sa nouvelle capitale à l’image de Rome en édifiant un Grand Palais, un Capitol, un forum, un sénat, un hippodrome, une église et quatorze quartiers d’habitation qui logeront une population atteignant le cent mille. Comme durant la tétrarchie l’administration était divisée entre les capitales régionales, Constantinus doit maintenant centraliser toute la bureaucratie. Il la chapeaute par le consistoire sacré, dirigé par un questeur. Il complète ces changements avec des réformes militaires, législatives et économiques (il crée une nouvelle monnaie d’or, le solidus, pour remplacer l’aureus dévalué). Finalement, si Diocletianus avait donné au pouvoir impérial une nature plus religieuse, Constantinus le pousse encore plus loin vers la théocratie. Toutefois, pour pouvoir utiliser le christianisme comme élément centralisateur, il doit d’abord l’organiser et en maintenir l’unité. C’est pourquoi il organise un premier concile oecuménique à Nicée en mai 325.

Dès 333, les Perses Sassanides tentent à nouveau d’annexer l’Arménie. En 337, la guerre est finalement déclarée mais, alors qu’il se prépare à partir en campagne militaire, Constantinus meurt subitement le 22 mai près de Nicomédie. Ses fils Constantinus II, Constantius II  et Constans se déclarent tous Augustes et se partagent l’Empire, non sans conflits. Constantius II en sortira vainqueur et reprendra l’oeuvre de son père, jetant ainsi les bases de ce qui deviendra rapidement l’Empire Byzantin.

Pour conclure le règne de Constantinus, je vous présente trois autres pièces de monnaie dont deux “Providentiae”.

IMG_0716-8291La première pièce est un beau follis réduit (AE3, VG [Very Good], AE [Bronze], 18 x 19 mm, 2.890 g, payé environ $6 le 1985/04/14; die-axis: ↑↓). L’avers nous montre une tête de l’empereur laurée à droite, avec l’inscription latine CONSTAN-TINVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une place forte (constituée de six niveaux et d’une grande ouverture [sur trois niveaux et demi] qui n’a pas de porte) surmontée de deux tourelles (ou  soldats?) entourants une étoile (❋), avec l’inscription latine PROVIDEN-TIAE AVGG[VSTORVM] (le double “G” équivaut à un duorum implicite; “[Dédié] à la prévoyance des deux empereurs“), et un SMTS𝞒 en exergue (marque de la troisième officine [Gamma] de l’atelier de Thessalonique [Sacra Moneta TheSsalonica]) et un point (•) dans le champs droit.

Selon le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, p. 497, 518), cette pièce aurait été frappé par la troisième officine de l’atelier de Thessalonique vers 326-328.

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, camp gates), ERIC (Constantinus); RIC v. 7: 153; acsearch, CoinTalk, R5coins, TAC, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

IMG_0763-0768La seconde pièce est un beau follis réduit (AE3, VG [Very Good], AE [Bronze], 19 mm, 2.406 g, payé environ $5 ; die-axis: ↑↑). L’avers nous montre une buste de l’empereur diademmé (de forme carrée), cuirassé et drapé à droite, avec l’inscription CONSTANTI-NVS MAX[IMVS] AVG[VSTVS] (maximus est le superlatif de magnus (grand); “Constantinus le plus grand des Augustes”). Le revers illustre une place forte (constituée de sept niveaux et d’une grande ouverture [sur quatre niveaux et demi] qui n’a pas de porte) surmontée de deux tourelles entourants une étoile (❋), avec l’inscription latine PROVIDEN-TIAE AVGG[VSTORVM] (le double “G” équivaut à un duorum implicite; “[Dédié] à la prévoyance des deux empereurs“), et un SMKS en exergue (marque de la sixième officine [zeta] de l’atelier de Cyzique [Sacra Moneta Kyzici]).

Selon le RIC (op. cit., v. VII, p. 653), cette pièce aurait été frappé par la sixième officine de l’atelier de Cyzique vers 329-330.

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus), ERIC (Constantinus); RIC v. 7: 60; Catawiki, CGBFR, NBD, Numista, WildWinds (text 1, image 1; text 2, image 2). Voir aussi ma fiche.

IMG_8746-8748La troisième et dernière pièce est un assez beau follis réduit commémoratif (AE3/4, G [Good], AE [Bronze], 15 x 16 mm, 1.241 g, payé environ $6 le 1985/06/16, patine verdâtre et dépôt de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers nous montre la tête de l’empereur voilée à droite, avec l’inscription latine D[I]V[VS] CONSTANTI-NVS P[A]T[ER] AVGG[VSTORVM] (“Divin Constantinus Père des Augustes”). Le revers illustre l’empereur voilé conduisant un quadrige au galop, à droite, tendant le bras vers la Main de Dieu (manus dei) qui descend du ciel vers lui, avec une marque d’atelier peu lisible en exergue (quatre ou cinq lettres suivi d’un point: SMALB• pour Alexandrie ?, SMKB• pour Cyzique ?, ou  SMNB• pour Nicomédie ?).

Selon le RIC (Kent, J.P.C.; Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VIII: The Family of Constantine I (337-364). London: Spink & Son, 1981, pp. 472, 491, 540), les seules émissions commémoratives qui correspondent à la description et à la marque d’atelier (quatre ou cinq lettres suivie d’un point [SM??B•]) ont été faite à Alexandrie, Cyzique ou Nicomédie, et toutes entre le 9 septembre 337 et le printemps 340.

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, denomination, DV Constantinus, quadriga, ), ERIC (Constantinus); RIC v. VIII: Nicomedia 25, Cyzicus 19, Alexandria 22; acsearch, AncientResource, CoinArchives, CoinTalk, CoinTalk, Numismatics, Numista (SMKA, SMALB). Voir aussi ma fiche.

 

On remarque que toutes les pièces de monnaie présentée ici ont été frappé en Orient, ce qui n’est pas surprenant puisque Constantinus y a maintenant établi sa capitale.

On note également que, bien que traditionnellement appelés portes de camp (“camp gates”), le type de revers illustrant une place forte ne représente pas nécessairement toujours les portes d’un camp romain mais aussi parfois une tour de guet, une forteresse ou même la porte d’entrée d’une ville (FAC). Aussi, les tourelles (parfois décrite comme des soldats faisant le guet) qui surmontent la place forte seraient en fait une sorte de balise de signalisation, utilisant des bûchers pour envoyer des messages lumineux. Allumer des feux pour signaler l’approche de l’ennemi était une pratique déjà en utilisation par les Grecs. Avec ce type de revers, la propagande impériale utilise le symbole de la place fortifiée conjointement avec l’inscription Providentiae Avgg pour transmettre un message rassurant affirmant que l’empire est maintenant à l’abris des invasions (TAC). Ce type de revers est très fréquent au IVe siècle.

La pièce commémorative de Constantinus représente la déification et l’ascension au ciel de l’empereur. La Manus Dei, cette main de Dieu tendue pour l’accueillir, est fort probablement la toute première représentation de la divinité judéo-chrétienne sur une pièce de monnaie. Constantinus est représenté voilé car, dans la religion romaine, le prêtre ou l’officiant porte le voile pour marquer la nature sacrée de l’acte, comme lorsque l’on procède à un sacrifice pour les dieux. L’Empereur est représenté voilé car sa déification est un moment sacré.

La semaine prochaine nous nous attardons sur l’un des fils de Constantinus, Crispus, qui a été César entre 317 et 326 EC.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.272]

Monarda fistulosa 

[ iPhone 11 Pro, Parc Frédéric-Back, 2019/07/17 & 2021/07/16]

La Monarde sauvage (appelée Wild Bergamot ou “bee balm” en anglais) est une plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à l’ordre des Lamiales, à la famille des Lamiaceae (regroupant environ six mille espèces divisées en plus de deux cent genres, incluant plusieurs espèces d’herbes aromatiques comme la menthe, le romarin, la sauge, l’origan, le thym ou la lavande) et au genre Monarda (qui comprend seize espèces). Elle pousse en plusieurs branches dressées d’une hauteur d’environ un mètre et se répand par ses racines (rhizomes) ce qui fait qu’elle forme généralement des bosquets touffus. Elle est caractérisée par des feuilles lancéolées et dentées (longues de deux à huit centimètres) et des belles fleurs (d’une couleur variant entre le rose et la lavande, parfois blanche) qui poussent en grappes compactes et solitaires à l’extrémité de chaque branche (une grappe de quatre centimètres de long peut contenir de vingt à cinquante fleurs!). La floraison se fait de juin à septembre. Son nom fait référence, d’une part, au botaniste espagnol Nicolás Monardes et, d’autre part, à ses fleurs tubulaires et creuses (fistulosus / “en forme de tuyau, creux, poreux”).

La monarde est une plante ornementale appréciée pour ses charmantes fleurs. C’est aussi une plante mellifère qui attire les pollinisateurs (surtout les bourdons mais aussi abeilles, colibris et lépidoptères) et est l’hôte de plusieurs espèces de chenilles ou larves de papillons (Lintneria eremitus, Pyrausta orphisalis, Pyrausta signatalis, Xenotemna pallorana). Elle est également considérée comme une plante médicinale par de nombreuses tribus autochtones d’Amériques (Menominee, Ojibwés, Onneiouts, Pieds-Noirs, Winnebagos) qui l’utilisent en tisane ou en cataplasme pour traiter le rhume, les infections ou les flatulences. Finalement, c’est une plante aromatique utilisé pour son huile essentielle (composée principalement de p-cymène, carvacrol et de thymol). (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

Pour ma part, comme j’ai prise cette photographie dans un parc urbain, j’appellerais cette fleur une monarde urbaine (en hommage à Silverberg). 😉

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Monnaies anciennes 57

Les Constantiniens (1)

Constantinus (310-337 EC) (2)

Comme je l’ai mentionné la semaine dernière, à partir d’octobre 312 il ne reste plus que deux co-empereurs: Licinius en Orient et Constantinus en Occident. Pendant environ quatre ans, ce partage du pouvoir se maintient sans trop d difficultés mais une une méfiance mutuelle croissante mène à l’inévitable conflit. À deux reprises, la guerre civile éclate et les deux co-empereurs s’affrontent. En fait il n’y a grand chose à dire de plus sur ces événements que ce qui a déjà été dit dans mes entrées sur Licinius (partie 1 et partie 2) alors je tenterai d’être bref.

Après sa victoire sur Maxentius à Rome, Constantinus est entré (adventus) dans la cité en triomphe. Il reçoit du sénat le titre de “Plus grand des Augustes”. Dans les années qui suivent, il s’attache à améliorer son image à l’aide d’une importante campagne de propagande et de construction publiques, mais surtout à consolider son armée afin de s’assurer de sa supériorité sur son adversaire. En avril 313, il rencontre Licinius à Mediolanum (Milan) pour consolider leur alliance par le mariage de ce dernier à Constantia, la demi-soeur de Constantinus. Ils proclament conjointement l’Édit de Milan qui accorde la liberté de culte à toute religion (y compris le christianisme). Toutefois, Licinius doit retourner précipitamment en Orient car il reçoit la nouvelle que Maximinus Daza a capturé Byzance et fait le siège de Héraclée. Licinius le rejoint à Andrinople et le vainc à la bataille de Tzirallum. 

Il ne faudra que deux ans pour que cette alliance se désagrège alors que Constantinus accuse Licinius d’être derrière une tentative d’assassinat. Les armées des deux Augustes s’affrontent d’abord à la bataille de Cibalae en octobre 316, où Constantinus met Licinius en déroute, puis à nouveau en décembre à la bataille de Mardia. Faute de victoire décisive on se résout à négocier en janvier 317 et parvient à un accord en mars où Licinius doit concéder la Pannonie et la Macédoine. En échange, le fils de Licinius (Licinius II) est fait César conjointement avec ceux de Constantinus (Crispus et Constantinus II). La paix revient sur l’Empire pour un autre six ans. Pendant ce temps, Constantinus s’est établit à Sirmium (en Pannonie) pour défendre la frontière du Danube contre les Goths et les Sarmates (en 322-323).

Dès 320, la rumeur que Licinius ait répudié l’Édit de Milan et soit retourné à des pratiques païennes crée des tensions entre les Augustes qui culminent en un nouveau conflit. C’est un affront à Constantinus qui s’est érigé en défenseur du christianisme. Un incident frontalier en 323, servira de prétexte au conflit qui se déclinera en une série d’affrontements: la bataille d’Andrinople en juillet 324, puis les batailles navales de l’Hellespont et finalement la bataille de Chrysopolis en septembre 324. Coup sur coup, son infériorité numérique compensée par la ferveur de ses troupes, Constantinus en sort vainqueur. À Nicomédie, Licinius se rend car Constantinus a promis à sa demi-soeur qu’il serait épargné. Il est exilé à Thessalonique mais sera néanmoins exécuté quelques mois plus tard. Constantinus est enfin le seul maître de l’Empire. (À suivre…)

Cette semaine je vous présente cinq autres pièces de monnaie de Constantinus qui offrent toutes différents types de “VOT XX” (que j’ai déjà discuté dans la première partie de mon exposé sur Licinius).

IMG_0699-0707La première de ces pièces est un très beau follis réduit (F [Fine], AE [Bronze], 17 x 19 mm, 2.561 g, payé environ $6 le 1985/04/14; die-axis: ↑↑). L’avers nous montre un buste de l’empereur casqué et cuirassé à droite, avec l’inscription latine CONST-ANTINVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre un étendard inscrit d’un VOT[IS] XX (sur deux lignes, signifiant Votis Vicennalibus / “Voeux pour le vingtième [anniversaire de règne]” — le texte n’est pas clair sur la photo mais demeure très lisible sous certains angles), planté entre deux captifs assis et ligotés, avec l’inscription latine VIRTVS – EXERCIT[VS] (“la valeur / le courage de l’armée”), avec un S T en exergue (marque de la deuxième officine [S = Secundus] de l’atelier de Ticinium [T]).

Selon le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, p. 356, 376), cette pièce aurait été frappé par la deuxième officine de l’atelier de Ticinium (Pavie) vers 319-320.

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, Exercitus, standard, vexillum, Virtus, Virtus Exercit, vota, VOT XX), ERIC (Constantinus); RIC v. 7: 114; CataWiki, CoinArchives, CoinArchives, r5coins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

IMG_0688-0695La deuxième pièce est un beau follis réduit très similaire au premier (VG [Very Good], AE [Bronze], 18 x 19 mm, 2.623 g, payé environ $6 le 1985/04/14; die-axis: ↑↓). L’avers nous montre un buste de l’empereur casqué et cuirassé à droite, avec l’inscription latine CONSTAN-TINVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre un étendard inscrit d’un VOT[IS] XX (sur deux lignes, signifiant Votis Vicennalibus / “Voeux pour le vingtième [anniversaire de règne]”), planté entre deux captifs assis et ligotés, avec l’inscription latine VIRTVS – EXERCIT[VS] (“la valeur / le courage de l’armée”), avec un PLG en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Lugdunum [LG]) et A / S (marque de séquence) dans le champs de part et d’autre.

Selon le RIC (op. cit., v. vii, p. 129), cette pièce aurait été frappé par la première officine de l’atelier de Lugdunum (Lyon) vers 320.

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, Exercitus, standard, vexillum, Virtus, Virtus Exercit, vota, VOT XX), ERIC (Constantinus); RIC v. 7: 107; CoinArchives, CoinProject. Voir aussi ma fiche.

IMG_8288-8289La troisième pièce est un très beau follis réduit (F [Fine], AE [Bronze], 19.5 x 20 mm, 2.543 g, payé environ $6 le 1985/04/14; die-axis: ↑↑). L’avers nous montre un buste de l’empereur casqué et cuirassé à droite, avec l’inscription latine CONSTA-NTINVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre un autel (Ara ou Cippus) sur lequel repose un globe céleste surmonté de trois étoiles (❋❋❋), engravé VOT-IS-XX (sur trois lignes, signifiant Votis Vicennalibus / “Voeux pour le vingtième [anniversaire de règne]”), avec l’inscription latine BEATA TRAN-QVILLITAS (“Tranquillité bénie ou heureuse”), avec S T R en exergue (marque de la deuxième officine [S = Secundus] de l’atelier de Augusta Treverorum [TR]).

Selon le RIC (op. cit., v. vii, pp. 143, 157-159, 190), cette pièce aurait été frappé par la deuxième officine de l’atelier de Augusta Treverorum (Trèves) vers 321.

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, Ara, Beata Tranquillitas, Cippus, vota, VOT XX), ERIC (Constantinus); RIC v. 7: 303; acsearch, CoinArchives, CoinArchives, CoinTalk, WildWinds (S [text, image], var [text, image]). Voir aussi ma fiche.

IMG_0742-0747La quatrième pièce est un très beau follis réduit (F [Fine], AE [Bronze], 18.5 x 19.5 mm, 2.087 g, payé environ $6 le 1985/04/14; die-axis: ↑↑). L’avers nous montre une tête de l’empereur laurée à droite, avec l’inscription latine CONSTAN-TINVS AVG[VSTVS].  Le revers illustre un VOT[IS] •  XX (Votis Vicennalibus = “Voeux pour le vingtième [anniversaire de règne]…”) sur deux ligne au centre d’une couronne de laurier, avec l’inscription latine D[OMINO] N[OSTRI] CONSTANTINI MAX[IMO] AVG[VSTI] (“…de Notre Seigneur Constantinus le Grand Auguste”), avec un R P en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Rome [R]).

Selon le RIC (op. cit., v. vii, pp. 289-290, 320-321), cette pièce aurait été frappé par la première officine de l’atelier de Rome vers 321.

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, Dominus, laurel wreath, vota, VOT XX), ERIC (Constantinus);  RIC v. 7: 232 / 237; acsearch, Catawiki, CoinProject, FAC, vcoins,  WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

IMG_0751-0755La cinquième pièce est un très très beau follis réduit (VF [Very Fine], AE [Bronze], 18.5 x 19 mm, 3.129 g, payé environ $6 le 1985/04/14; die-axis: ↑↓). L’avers nous montre une tête de l’empereur laurée à droite, avec l’inscription latine CONSTAN-TINVS AVG[VSTVS].  Le revers illustre un VOT[IS] •  XX (Votis Vicennalibus = “Voeux pour le vingtième [anniversaire de règne]…”) sur deux ligne au centre d’une couronne de laurier (décorée d’une étoile dans le haut), avec l’inscription latine D[OMINO] N[OSTRI] CONSTANTINI MAX[IMO] AVG[VSTI] (“…de Notre Seigneur Constantinus le Grand Auguste”), avec un TSEVI en exergue (marque de la cinquième officine [E = Epsilon] de l’atelier de Thessalonique [TS]; “VI” pourrait être une marque de séquence ou une référence au VIe Consulat de Constantinus en 320).

Selon le RIC (op. cit., v. vii, pp. 481, 495-496, 513), cette pièce aurait été frappé par la cinquième officine de l’atelier de Thessalonique vers 324.

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, Dominus, laurel wreath, vota, VOT XX), ERIC (Constantinus);  RIC v. 7: 123; acsearch, CGBFR, CoinArchives, CoinProject, CoinTalk, sixbid, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

 

Encore une fois, on remarque que les pièces de monnaie présentées ici sont surtout frappées en Occident, puisque durant cette période Constantinus était encore cantonné dans la partie ouest de l’Empire. Les pièces frappées à Rome et à Thessalonique démontrent bien que, depuis sa victoire contre Maxentius en octobre 312, il a reprit le contrôle de la ville éternelle et qu’il a étendu son territoire plus à l’Est (notamment en Macédoine) après sa victoire contre Licinius lors de la première guerre civile en 317.

Aussi, le fait que les trois premières pièces représentent l’empereur avec des attributs beaucoup plus militaires (casqué et cuirassé au lieu d’être simplement lauré ou radié et drapé) est sans doute une référence soit à sa victoire contre Licinius quelques années auparavant, soit aux tensions renouvelées qui l’obligent à se maintenir sur le pied de guerre. Ce sont également des pièces qui flattent l’égo des troupes en ventant leur mérite (Virtus Exercitus) ou qui promettent la paix (Beata Tranquillitas).

Il est intéressant de pouvoir comparer des exemplaires d’un type de revers frappé à deux ateliers différents, comme pour le type avec un étendard entouré de captifs frappé à Ticinium et à Lugdunum. C’est le cas aussi pour les deux dernières pièces qui sont deux exemplaires du même type de “VOT XX” dans une couronne frappé à  Rome et à Thessalonique. Ce type représente le pendant pour Constantinus des deux “VOT XX” dans une couronne que je vous ai présenté dans la deuxième partie de mon entrée sur Licinius. Car les types de revers n’étaient pas seulement partagés par plusieurs ateliers mais aussi par les différents Augustes et Césars, afin de maintenir une uniformité dans la monnaie. Finalement, nous remarquons que le titre de “Constantin Le Grand” (Constantinus Maximus), que l’on retrouve souvent dans les sources, prend également son origine à cette époque. 

La semaine prochaine nous concluons le règne de Constantinus et nous pencherons sur ses accomplissements avec trois autres pièces de monnaie.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Impatiens balfourii 

[ iPhone 11 Pro, VSP, 2021/09/17 ]

J’ai récemment découvert cette plante dans mon jardin. Elle y était par hasard… Par curiosité nous l’avons laissé poussé et je ne le regrette pas du tout puisqu’elle offre de très charmantes fleurs qui s’apparentent un peu aux orchidées.

Il s’agit de la Balsamine de Balfour (appelé en anglais “Balfour’s touch-me-not”, “Poor man’s orchid” ou encore “Kashmir balsam”). C’est une plante herbacée annuelle qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à l’ordre des Geraniales (ou Ericales en classification APG), à la famille des Balsaminaceae (qui comprend entre six cent et mille espèces réparties en deux ou quatre genres selon la classification) et au genre Impatiens (qui regroupe la presque totalité des espèces de cette famille puisque le genre Hydrocera n’en inclut qu’une seule). Originaire de l’Himalaya elle est caractérisée par un tige glabre qui se divise en plusieurs rameaux (atteignant 15 à 120 cm de haut), des feuilles alternes, ovales, pointues et dentées (d’environ quatre centimètres de large), et de petites fleurs roses ou lavandes (de 2 cm) qui poussent en grappes de quatre à huit fleurs au dessus des dernières feuilles. La fleur est composée d’un sépale blanc en forme de casque, de deux pétales inférieurs roses avec une touche de jaune à la base et d’un petit éperon. La floraison se fait de juillet à septembre. La dissémination s’effectue lorsque le fruit mûr, en forme de capsule ( de 20 mm), éclate spontanément (déhiscence explosive) et propulse les graines sur une distance d’une dizaine de centimètres à plusieurs mètres. 

La nom de Balsamine provient d’un fait que certaines espèces (comme l’Impatiens balsamina) étaient utilisées pour faire des baumes afin de soigner les blessures. Le nom latin Impatiens (impatient, incapable d’attendre) fait référence à la dissémination explosive de la plante. Le nom de l’espèce rend hommage au botaniste écossais Isaac Bayley Balfour. C’est une plante ornementale cultivée pour ses belles fleurs mais elle se retrouve aussi à l’état sauvage et plusieurs États américains la considère comme une plante envahissante. Elle attire les insectes pollinisateurs comme le bourdon mais aussi les colibris. Les feuilles des Balsamines (aussi appelé en anglais jewelweed, touch-me-not, ou busy lizzie) nourrissent plusieurs espèces d’insectes (dont des lépidoptères et des coléoptères comme le scarabée japonais) mais sont toxiques pour d’autres espèces. Malgré cela les Balsamines, dont certaines espèces contiennent des composés anti-inflammatoires et/ou fongicides, sont utilisées en herboristerie pour traiter les piqûres d’insectes et les dermatites causées par certaines plantes (ortie, herbe à puce, sumacs). Elles sont une composantes de produits comme Preparation H ou des élixirs floraux de Bach. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Monnaies anciennes 56

Les Constantiniens (1)

Avec Constantinus  s’ouvre la dynastie des Constantiniens. J’ai déjà amplement parlé des actions de Constantinus durant la tétrarchie (voir mes entrées sur Diocletianus, Maximianus, et Licinius — partie 1 et partie 2). Je tenterai donc d’être bref. Comme j’ai une douzaine de pièces de monnaie de Constantinus, je vais les répartir sur au moins trois entrées traitant d’abord de la période où il était tétrarque, puis celle des guerres civiles avec Licinius et enfin celle où il règne seul sur l’Empire annonçant le début de l’époque byzantine.

Constantinus (310-337 EC) (1)

Flavius Valerius Aurelius Constantinus est né le 27 février c271-277 à Naissus en Mésie. Sa famille était originaire de la Dacie aurélienne. Il est le fils de Helena, la première épouse ou concubine de Constantius qui était d’origine grecque très modeste (servante dans une auberge ou même, peut-être, prostituée). Toutefois lorsque son père est nommé préfet du prétoire en Gaule par Maximianus en 288 ou 289, il doit la répudier pour épouser la fille de ce dernier, Théodora. En mars 293, Constantius accède à la tétrarchie en devenant le César de Maximianus et reste en Gaules pour y écraser une révolte. Pendant ce temps, Constantinus est élevé à la cours de Diocletianus (comme otage?) et il suit l’exemple de son père en poursuivant une carrière militaire. Il sert dans l’armée dans les campagnes sur le Danube (en 296) et en Orient (297-99), obtenant divers postes de tribuns. En 303, il est de retour à Nicomédie et est témoin des persécution de Diocletianus contre les Chrétiens. Le 1er mai 305, Diocletianus et Maximianus abdiquent le pouvoir en faveur de leur Césars, Constantius et Galerius. Les nouveaux Augustes se choisissent alors des Césars: Severus et Maximinus Daza. Un choix qui ne fera pas l’unanimité, car il ignore les fils de Constantius (Constantinus) et de Maximianus (Maxentius), ce qui déstabilisera la tétrarchie et causera une série de conflits qui dureront presque deux décennies. Constantinus, ne se sentant pas en sécurité à la cour de Galerius à Nicomédie, va rejoindre son père à Bononia (Boulogne) à l’été 305. De là ils traversent en Bretagne où ils font campagne contre les Pictes durant l’été et l’automne. Cependant, Constantius tombe malade et meurt le 25 juillet 306 à Eboracum (York). Les troupes acclament alors Constantinus comme Auguste. Afin d’éviter un conflit, puisque la position d’Auguste devrait revenir Severus, Galerius propose en compromis que Constantinus devienne plutôt le césar de ce dernier. Constantinus accepte cette décision qui, par le fait même, donne légitimité à son pouvoir. 

Constantinus se retrouve en contrôle de tout le territoire à l’ouest de la frontière Rhénane: la Bretagne, la Gaule et l’Hispanie. Il conclut sa campagne en Bretagne, puis va s’établir à sa capitale régionale de Augusta Treverorum (Trèves). En réaction, avec l’appui de son père, Maxentius se déclare Auguste (usurpateur) en octobre 306 et occupe Rome. Galerius refuse de le reconnaitre et envoi Severus pour le ramener à l’ordre mais celui-ci est capturé et tué. Constantinus accepte une alliance avec Maximianus, consolidée par un mariage avec sa fille Fausta, mais il garde néanmoins ses distances du conflit prétextant une invasion de Germains sur le Rhin. En novembre 308, Galerius tente de mettre fin à la discorde avec la conférence de Carnuntum mais sans grand succès. Il y est toutefois décidé que Severus serait remplacé par Licinius et que Constantinus demeurerait son César. Mais la tétrarchie ne tarde pas à dégénérer en guerres civiles: en 310, alors que Constantinus est occupé à repousser une invasion de Francs, Maximianus le déclare mort et tente d’usurper son pouvoir. Constantinus revient du front par voie fluviale jusqu’à Lugdunum (Lyon) et poursuit Maximianus jusqu’à Massilia (Marseille) où il le vainc. Maximianus est contraint de se suicider en juillet 310. À cette époque, Galerius est trop malade pour se préoccuper des querelles entre tétrarques. Sa dernière action sera de proclamer l’Édit de Sardique en avril 311, mettant fin aux persécutions contre les Chrétiens. Il meurt dans son palais de Felix Romuliana le 5 mai 311. Le pouvoir se partage donc entre Maximinus Daza et Licinius en Orient et Constantinus en Occident. 

L’usurpateur Maxentius, désirant venger son père, profite de ce moment pour se mobiliser contre Constantinus. Craignant que Maxentius ne s’allie avec Licinius, Constantinus le devance et offre à Licinius de marier sa soeur Constantia. Choqué de cette alliance, Maximinus Daza s’allie à son tour à Maxentius. Licinius le vaincra plus tard (en avril 313) à la bataille de Tzirallum et il mourra quelques mois plus tard. Au printemps 312, Constantinus traverse les Alpes pour affronter Maxentius à Augusta Taurinorum (Turin). Maxentius s’échappe et se réfugie à Rome où Constantinus l’affrontera en octobre lors de la bataille du pont Milvius. Malgré un sérieux désavantage numérique, les troupes de Constantinus marche sur l’ennemi en portant un étendard (labarum) orné d’un étrange signe: un chi (X) traversé d’un Rho (P) pour former le monogramme du Christ (se sont les deux premières lettres grecques de ΧΡΙΣΤΟΣ / Christos). Constantinus avait eut une vision (ou un songe?) de ce signe avec la mention In Hoc Signo Vinces (“Par ce signe tu vaincra”). Grâce à une judicieuse charge de cavalerie, Constantinus brise la ligne de défense de Maxentius qui, vaincu, se noie dans le Tibre. Le 29 octobre 312, Constantinus entre en vainqueur dans Rome. Il ne reste plus que deux candidats au pouvoir suprême: Licinius en Orient et Constantinus en Occident. Pendant quelques années cet équilibre de pouvoir se maintient mais une méfiance mutuelle croissante mène à l’inévitable conflit en 316. (À suivre!)

Aujourd’hui je vous présente chronologiquement cinq pièces de monnaie de Constantinus. Ce sont toutes des pièces qui ont le même type de Sol Invicto.

IMG_8282-8283La première pièce est un très très beau Follis (VF [Very Fine], AE [Bronze], 22 mm, 3.927 g, payé environ $6 le 1985/06/16, patine verte; die-axis: ↑↓). L’avers nous offre un buste de l’empereur lauré, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] CONSTANTINVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS]. Le revers illustre un Sol radié debout à gauche, nu sauf pour une chlamyde à travers l’épaule gauche, tenant un globe dans la main gauche et levant la main droite, avec l’inscription latine SOLI INVIC-TO COMITI (“[Dédié] au compagnon (ministre?) du Soleil Invaincu”), avec un PLG en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Lugdunum [LG]) et un F / T (marque de séquence?) dans le champs de part et d’autre.

Selon le RIC (Sutherland, C.H.V.; Ed. By Sutherland C.H.V. & Carson, R.A.G. The Roman Imperial Coinage, vol. VI: From Diocletian Reform (294) to the death of Maximinus (313). London: Spink & Son, 1967, pp. 240, 265), cette pièce aurait été frappé par la première officine de l’atelier de Lugdunum (Lyons) vers 309-310 EC. 

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, Lugdunum, Soli Invicto Comiti), ERIC (Constantinus); RIC v. 6: 309-310; acsearch, CoinArchives, CoinTalk, Numismatics, Numista, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

IMG_0651-0656La seconde pièce est un très beau Follis (F [Fine], AE [Bronze], 22 x 23 mm, 4.129 g, payé environ $5 le 1985/01/06, patine vert foncé-bleuâtre; die-axis: ↑↓). L’avers nous offre un buste de l’empereur lauré et cuirassé à droite, avec l’inscription latine  IMP[ERATOR] CONSTANTINVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS]. Le revers illustre un Sol radié debout à gauche, nu sauf pour une chlamyde à travers l’épaule gauche, tenant un globe dans la main gauche et levant la main droite, avec l’inscription latine SOLI INVIC-TO COMITI (“[Dédié] au compagnon (ministre?) du Soleil Invaincu”), avec un PLN en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Londinium [LN]) et un T / F (marque de séquence?) dans le champs de part et d’autre.

Selon le RIC (op. cit., v. vi, pp. 119-120, 133), cette pièce aurait été frappé par la première officine de l’atelier de Londinium (Londres) vers le milieu de 310 EC.

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, Soli Invicto Comiti), ERIC (Constantinus); RIC v. 6: 121a; acsearch, BM, catawiki, CoinArchives, FAC, numista, vcoins, WildWinds (text, image), yorkcoins. Voir aussi ma fiche.

IMG_0667-0676La troisième pièce est un très beau Follis (F [Fine], AE [Bronze], 21 x 22 mm, 4.033 g, payé environ $5 le 1985/06/16, patine brune, flan un peu tordu avec quelques taches de vert-de-gris et une importante incrustation rougeâtre sur le revers; die-axis: ↑↗︎). L’avers nous offre un buste de l’empereur lauré, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] CONSTANTINVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre un Sol radié debout à gauche, nu sauf pour une chlamyde à travers l’épaule gauche, tenant un globe dans la main gauche et levant la main droite, avec l’inscription latine SOLI INVIC-TO COMITI (“[Dédié] au compagnon (ministre?) du Soleil Invaincu”), avec un PLG en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Lugdunum [LG]) et un S / F (marque de séquence?) dans le champs de part et d’autre.

Selon le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, pp. 117-118, 122), cette pièce aurait été frappé par la première officine de l’atelier de Lugdunum (Lyons) vers 313-314 EC.

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, Soli Invicto Comiti), ERIC (Constantinus); RIC v. 7: 3; acsearch, CoinArchives, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

IMG_0813-0816La quatrième pièce est un beau Follis (VG [Very Good], AE, 22 mm, 4.009 g, payé environ $7, patine brun foncé avec vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers nous montre un buste de l’empereur lauré, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] CONSTANTINVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS]. Le revers illustre un Sol radié debout à gauche, nu sauf pour une chlamyde à travers l’épaule gauche, tenant un globe dans la main gauche et levant la main droite, avec l’inscription latine SOLI INV-I-CTO COMITI (“[Dédié] au compagnon (ministre?) du Soleil Invaincu”), avec un PLG en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Lugdunum [LG]) et un F / T (marque de séquence? Possiblement T / F) dans le champs de part et d’autre.

Cette pièce est très difficile à dater car la césure “INV-I-CTO” semble très rare à l’atelier de Lugdunum (et pourtant je vois assez clairement le PLG en exergue). Cette césure est plus fréquente pour d’autres ateliers (comme Aquilée, Arelate, Londinium, Ostie ou Rome). Même la marque de séquence est incertaine. S’il s’agit de F/T, comme je l’ai d’abord cru, alors la pièce daterait de 309-310 comme pour la première pièce ci-haut (RIC  v. 6, #310) mais il ne semble pas y avoir de mention de cette césure à cette époque. La marque de séquence pourrait également être T/F (puisque cette césure semble présente à Lugdunum à cette époque mais pas pour le type spécifique de cette pièce) et la datation serait alors de 314-315 (RIC v. 7, 16 [p. 123]). 

Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, Soli Invicto Comiti), ERIC (Constantinus); RIC v. 7: 16 ?; acsearch, CoinArchives, CoinTalk. Voir aussi ma fiche.

IMG_0730-0733La cinquième pièce est beau Follis (VG [Very Good], AE, 18 x 18.5 mm, 2 g, payé environ $6 le 1987/07/16, patine vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers nous offre un buste de l’empereur lauré et cuirassé à droite, avec l’inscription latine CONSTANTINVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS].  Le revers illustre un Sol radié debout à gauche, nu sauf pour une chlamyde à travers l’épaule gauche, tenant un globe dans la main gauche et levant la main droite, avec l’inscription latine SOLI INVIC-TO COMITI (“[Dédié] au compagnon (ministre?) du Soleil Invaincu”), avec un BTR en exergue (marque de la seconde officine [B = Beta] de l’atelier de Treveris [TR]) et un T / F (marque de séquence?) dans le champs de part et d’autre.

Selon le RIC (op. cit., v. vii, pp. 149-152, 172-173), cette pièce aurait été frappé par la seconde officine de l’atelier de Augusta Treverorum (Treveris ou Trèves) en 316 EC.

Je me suis souvent demandé ce que pouvait bien signifier les marques de séquences mais je n’ai pas encore trouvé de réponse satisfaisante. J’ai l’hypothèse que cela pourrait être les initiales des officiers en charges des ateliers, comme c’était le cas sous la République. Quelqu’un a aussi proposé que le T / F soit une abréviation pour Temporum Felicitas (“Temps de bonheur/prospérité”) mais j’en doute car cela n’expliquerait pas les autres marques de séquence comme A/S, S/F ou F/T. Je vais donc continuer à chercher et je trouverai bien un auteur (peut être quelque part dans le RIC) qui donne une explication.

 Sources: Wikipedia (Constantinus [FR/EN]), Google, FAC (Constantinus, Soli Invicto Comiti), ERIC (Constantinus); RIC v. 7: 105; CoinArchives, CoinArchives, Numista, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

On remarque d’abord que toutes les pièces présentées aujourd’hui ont été frappé en Occident, ce qui est normal puisque Constantinus a toujours été le tétrarque (César) Herculéen qui était en charge de la partie ouest de l’Empire, avec sa capitale régionale situé à Augusta Treverorum (Trèves) près de la frontière du Rhin. Il peut donc sembler étrange que, dès qu’il a été seul au pouvoir, il ait déplacé sa capital en Orient, à Byzance (renommée Constantinople pour l’occasion). Il y a trois raison pour cela: d’une part l’Empire s’était beaucoup étendu à l’Est donc déplacer la capitale à Byzance permettait de la re-centrer sur l’Empire. Byzance était également très proche de Nicomédie, la capitale régionale de l’Orient où il avait grandit à la cour de Diocletianus, et s’établir a proximité était une façon de se réclamer de la légitimité du lieu. Finalement, il était toujours plus prudent d’installer le gros de ses troupes près de l’endroit où se retrouvait la plus grande menace et Byzance le rapprochait de la frontière du Danube et de la Mésopotamie.

Il peut également paraître bizarre qu’un empereur très associé au christianisme ait frappé autant de pièces de monnaie à l’effigie du dieu solaire païen Sol Invictus. Toutefois, il ne faut pas oublier qu’avant de se convertir au christianisme, Constantinus était un fervent adepte du “Soleil Invaincu”. Comme toute les religion orientale, ce culte solaire était très populaire auprès des soldats. En 274, après sa victoire sur Zenobia, Aurelianus en fait le culte principal de l’Empire, dans l’espoir que cela ait un effet unificateur sur les cultures très diversifiées de l’Empire, et lui dédit un temple à Rome sur le Champ de Mars où l’on célèbre le “Jour de naissance du Soleil“ (Dies Natalis Solis) le 25 décembre. Il était donc normal que Constantinus, en tant que soldat, en soit un adepte et, qui plus est, qu’il l’utilise dans sa propagande pour accroître la fidélité de ses troupes. Toutefois, avec le IVe siècle, une autre religion orientale rivalise avec la popularité de Sol Invictus: le christianisme. Si la propagande veut bien nous faire croire que Constantinus s’y soit converti à cause d’une vision qui lui promettait la victoire, il est beaucoup plus probable qu’il l’ai adopté pour des raisons politiques et stratégiques: le christianisme était devenu plus populaire et un meilleur instrument pour fidéliser l’armée. Plus tard, en mars 321, il instaurera le “jour du soleil” (dies Solis, i.e. dimanche) comme un jour de repos obligatoire — poussant encore plus loin ce syncrétisme qui a réunit plusieurs éléments des deux cultes.

La semaine prochaine nous continuons notre survol du règne de Constantinus avec cinq autres pièces de monnaie. (Désolé si cette publication a été mise en ligne tardivement mais depuis la mi-mai des migraines récurrentes et un récent mal de dos me rendent le travail difficile…)

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.258]

Linaria vulgaris 

[ iPhone 11 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/09/10 ]

J’ai déjà illustré cette fleur il y a quelques année, mais j’aimerais en reparler puisque je vous ai présenté la semaine dernière le Lotus corniculatus (a.k.a. “eggs and bacon”) et qu’ensemble ces deux fleurs constituent ce que j’appel le “petit-déjeuner floral”. Elles sont d’ailleurs très similaire et il faut prendre garde à ne pas les confondre.

La Linaire commune  (appelé en anglais “common toadflax ou “butter-and-eggs“) est une plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à la sous-classe des Asteridae, à l’ordre des Scrophulariales (ou Lamiales selon la classification phylogénétique APG), à la famille des Scrophulariaceae (ou Plantaginaceae selon APG III, qui regroupe près de deux milles espèces réparties en une soixantaine de genres) et au genre Linaria (qui regroupe environ cent-cinquante espèces). Il existe principalement une vingtaine d’espèces de linaires.

La linaire commune atteint entre quinze et quatre-vingt-dix centimètre de hauteur et est caractérisé par de nombreuses tiges non ramifiées et des feuilles alternes très fine (deux à six cm de long par un à cinq mm de large), d’une couleur bleu-vert glauque, et qui ressemblent à celles du lin (d’où le nom). Les fleurs, qui poussent en grappes au sommet des tiges, sont deux à trois cm de long et sont constituées de deux lèvres closes jaunes avec une tache orange et d’un long éperon. Elle fleurit entre juin et octobre. Elle sert de nourriture à de nombreux insectes (surtout des papillons de nuit) et n’est pollinisée que par de grosses abeilles et des bourdons, car sa corolle fermée n’est accessible qu’avec une certaine force.

C’est une plante rudérale et une mauvaise herbe mais qui peut être utilisée comme fleurs décoratives. Malgré une légère toxicité pour l’humain et le bétail (due à la présence de glycoside cyanogénétique), elle est utilisée en médecine traditionnelle (par l’infusion des feuilles) entre autres pour ses propriétés diurétiques et antipyrétiques. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Monnaies anciennes 55

Les tétrarchies (6)

Licinius II (317-324 EC) 

Valerius Licinianus Licinius Junior (dit Licinius II) est né en juillet ou août 315 possiblement à Nicomédie. Son père est l’empereur romain Licinius et sa mère est Flavia Julia Constantia, la demi-soeur de Constantinus (elle est né du second mariage de Constantius Chlorus avec Flavia Maximiana Theodora). À peine âgé de deux ans, il est nommé césar, en même temps que ses cousins Crispus (âgé de dix-sept ans) et Constantinus II (âgé de sept mois!), le 1er mars 317. Il est nommé Consul une première fois avec son oncle Constantinus en 319, puis une seconde fois avec son père en 321. En mars, il célèbre également ses quinqennalia (cinq ans de règne en tant que césar). Toutefois, la même année, Constantinus nomme ses deux fils (Crispus et Constantinus II) comme co-consuls pour l’Occident ce qui fait que l’Empire aura exceptionnellement quatre consuls au lieu de deux — ce qui contribue à exacerber les tensions en les co-empereurs. Ceux-ci s’étaient déjà affronté dans une première guerre civile en 316 (période que Licinius II passe en sureté auprès de sa mère à Sirmium) mais 321 marque la rupture définitive entre Licinius et Constantinus. 

Après une série d’affrontements, Licinius est vaincu par Constantinus le 18 septembre 324. Constantia intercède auprès de son frère pour que son époux et son fils soient épargnés. Licinius II perd alors son titre de césar et Licinius se retire à Thessalonique. Cependant, craignant sans doute qu’il ne devienne l’inspiration d’une rébellion, Constantinus fait exécuter Licinius au printemps 325. Il a probablement hésité à faire assassiner son neveux mais il fait tout de même exécuter Licinius II l’année suivante à Pola (en 326). Ce n’est pas clair si les deux événements sont liés mais, la même année à Pola, Constantinus fait également exécuter son propre fils, Crispus (né de sa première épouse, Minervina) car il aurait été accusé d’adultère avec sa belle-mère (Fausta, seconde épouse de Constantinus). C’est du moins ce qui disent Zosimus et Zonaras, mais il est bien possible que Crispus ait comploté contre son père ou que Constantinus ait simplement été jaloux de la popularité de son fils… Cela démontre bien le peu de scrupule que Constantinus avait de se débarrasser de la compétition. Il n’a pas pris le risque d’attendre que Licinius II prenne la toge virile et devienne une menace potentielle. Licinius II n’avait que onze ans lors de son décès mais aura tout de même été césar pendant sept ans.

IMG_0593-0597J’ai deux pièces de monnaie de Licinius II. La première est un assez beau follis réduit (AE3, G [Good], AE [Bronze], 17 mm, 2.503 g, payé environ $7, patine verdâtre avec traces de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers offre un buste du (très) jeune césar lauré et drapé à gauche, portant un globe et un sceptre dans la main gauche et une mappa dans la main droite, avec l’inscription latine D[OMINVS] N[OSTER] VAL[ERIVS] LICIN[IANVS] LICINIVS NOB[ILISSIMVS] C[AESAR] (“Notre Seigneur Valerius Licinianus Licinius Très Noble César”). Le revers illustre Jupiter debout à gauche, nu sauf une chlamyde à travers l’épaule gauche, tenant une petite victoire dans la main droite et un long sceptre dans la gauche, avec l’inscription latine IOVI CONSER-VATORI CAESS[ARVM] (“À Jupiter Protecteur des Césars” — le double “S” dénote un pluriel), un SMK en exergue (Sacra Moneta Kyzici, marque presqu’illisible de l’atelier de Cyzique) ainsi qu’une couronne et une lettre grecque (marque d’officine illisible, possiblement un “A” [alpha] ou un “𝞒” [gamma] mais cela pourrait en fait être n’importe laquelle des huit officines) dans le champs de part et d’autre.

Selon le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, p. 644), cette pièce aurait été frappée à Cyzique (dans une officine indéterminée) vers 317-320 EC. Elle ne fait que reprendre un type fréquent chez son père (voir mon entrée précédente).

Sources: Wikipedia (Licinius II [FR/EN], mappa), Google, FAC (Licinius II, Iovi Conservatori, Jupiter, mappa, Victory), ERIC (Licinius II); RIC v. 7: 11; CoinArchives, CoinProject, Numista, WildWinds (text, images A, B, 𝞒, 𝞓, E, S, Z, H). Voir aussi ma fiche.

IMG_0610-0618La deuxième pièce est un beau follis réduit (AE3, VG [Very Good], AE [Bronze], 18 x 19 mm, 2.916 g, payé environ $6 le 1985/04/14, caractérisé par une patine brune et une important rognure à 135º qui donne une forme plutôt ovale à la pièce; die-axis: ↑↓). L’avers présente une tête du jeune césar laurée à droite, avec l’inscription latine LICINIVSNOB[ILISSIMVS] CAES[AR] (“Licinius Très Noble César”). Le revers illustre un VOT[A] • V (Vota quinquennalibus) sur deux ligne dans une couronne, avec l’inscription latine CAESARVM NOSTRORVM (“Voeux pour le cinquième [anniversaire de règne] de nos césars”) et un QA en exergue (marque de la quatrième officine [Q = Quartus] de l’atelier de Arelate [A]).

Selon le RIC (op. cit., pp. 230, 259), cette pièce aurait été frappée par la quatrième officine de l’atelier de Arelate (Arles) en 321 EC. Elle correspond à la série de type “VOT XX” de son père (que j’ai déjà expliqué dans une entrée précédente). Toutefois, après la frappe de ce type, plusieurs ateliers Occidentaux comme Arelate, sous le contrôle de Constantinus, cesseront d’émettre des pièces au noms de Licinius et de son fils, démontrant bien la fracture entre les deux co-empereurs en 321.

Sources: Wikipedia (Licinius II [FR/EN]), Google, FAC (Licinius II), ERIC (Licinius II); RIC v. 7: 231; Sear RCV (1983): 3714; acsearch, CGB, CoinArchives, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Les pièces de monnaie de Licinius II ne nous apprennent pas grand chose sur son bref règne car elles ne font que reprendre des types de pièces de Licinius. Elle sont toutefois utiles pour confirmer la chronologie des événements du règne de son père.

La semaine prochaine nous abordons la dynastie des Constantiniens, qui marque une époque fondamentale de l’histoire de l’Empire Romain avec le début de l’Empire Byzantin. Je vous présenterai donc un premier groupe de pièces de monnaie de Constantinus, dont j’ai une douzaine de pièces.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.251]

Lotus corniculatus 

[ iPhone 11 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/07/16 ]

Le Lotier corniculé (aussi appelé “pied de poule” ou “bird’s-foot trefoil” et “eggs and bacon” en anglais) est une plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à la sous-classe des Rosidae, à l’ordre des Fabales, à la famille des Fabaceae (ou légumineuses, une famille qui compte plus de sept cent genres et près de vingt-mille espèces comme le soja, les haricots, les pois, les fèves, ou les trèfles) et au genre Lotus (qui comprend une centaine d’espèces). C’est une plante basse (5 à 20 cm) caractérisé par une longue racine pivotante, des feuilles alternes “composées de trois folioles obovales”, des fleurs jaunes vif (devenant parfois orangé marqué de rouge) et ses fruits qui forment des gousses oblongues de deux ou trois centimètres pouvant contenir jusqu’à une vingtaine de graines. Les fleurs, longues d’environ un centimètre, poussent sur de longs pédoncules disposées en ombelle par groupe de quatre à huit. Elles sont composées d’un pétale supérieur droit et large et de deux pétales latéraux plus petits qui cachent le pistil et les étamines. Le nom du genre provient du grec (λωτός / lōtos / désignant de nombreuses espèces de plantes) et celui de l’espèce provient du latin (Corniculatus = “Corniculé, cornu” en référence à la forme des gousses)

Le lotier corniculé est considéré comme une plante envahissante mais qui trouve tout de même de très nombreuses utilisations. C’est d’abord une plante ornementale car ses fleurs sont assez attrayantes et offrent une floraison prolongée (de mai à septembre). Elle est appréciée par plusieurs espèces de papillons (dont les chenilles se nourrissent des feuilles) ainsi que par les abeilles et bourdons (car ses fleurs sont mellifères). C’est aussi surtout une plante fourragère qui est également utilisé pour son pouvoir structurant sur le sol et sa biomasse (engrais vert). Malgré le fait qu’elle soit toxique à forte dose (due au cyanure d’hydrogène qu’elle contient) ses fleurs séchées en tisanes peuvent avoir une utilisation médicinale grâce à des effets calmant ou somnifère. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Monnaies anciennes 54

Les tétrarchies (5)

Avant de poursuivre avec la seconde partie de la vie de Licinius, je tiens à souligner que je me consacre à cette chronique sur la vie des empereurs romains à travers les pièces de monnaie de ma collection depuis maintenant une année ! J’ai débuté en vous présentant une belle pièce de Lucius Verus (un denarius datant de 167-168) le 3 septembre 2020 et j’ai poursuivi (avec un superbe tétradrachme athénien) dans un ordre plus ou moins chronologique, avec quelques apartés sur les femmes romaines, les royaumes environnants, puis un retour sur les Julio-Claudiens, jusqu’à la fin de la crise du IIIe siècle et l’avénement des tétrarchies. La riche dynastie des Constantiniens, mes horribles pièces byzantines et diverses autres monnaies m’offriront probablement assez de matériel pour continuer une autre année… Peu m’importe qu’on me lise tant que je me garde l’esprit actif et que je m’amuse à approfondir (et à partager) mon savoir — cet immense puits de connaissances largement inutiles qu’est mon esprit ! Alors beatus natalis omnibus amatoribus antiquis denarios !

Licinius (308-324 EC)  (2)

Après que Caius Valerius Licinianus Licinius ait vaincu Maximinus et purgé toute trace de son entourage en 313, la tétrarchie n’est plus qu’un souvenir. L’empire est maintenant dirigé par seulement deux empereurs: Licinius en Orient et Constantinus en Occident. Pendant une brève période où se maintient l’équilibre des pouvoirs, Licinius (qui s’est établit à Nicomédie) fait campagne contre les Perses Sassanides et les Goths et, à l’été 315, son épouse Constantia lui donne un fils, Valerius Licinianus Licinius Iunior. Toutefois, la méfiance de l’un envers l’autre étant croissante, l’inévitable conflit fini par éclater: Constantinus, accusant Licinius d’héberger l’auteur d’un complot, marche contre son co-empereur en 316, prends Siscia (capitale de la Pannonie) puis le défait à la bataille de Cibalae. Licinius doit fuir à Sardique (en Thrace) où il nomme Valens, l’un de ses généraux, co-empereur. Après des négociations infructueuses, les deux armées s’affrontent à nouveau en décembre 316 à la bataille de Mardia. Faute d’une victoire décisive, les négociations reprennent en janvier 317 et, après un accord en mars, Licinius doit concéder une partie de son territoire et faire exécuter Valens. En échange, il est nommé co-consul avec Constantinus et son fils, Licinius II, est nommé Nobilissimus Caesar avec les fils de Constantinus, Crispus et Constantinus II. 

Cette trêve précaire dure environ six ans, période durant laquelle Licinius est occupé à défendre ses frontières (notamment contre un invasion de Sarmates en 318). Dès 320, la tension monte alors que Constantinus accuse Licinius de renouer avec la religion traditionnelle (dont le culte jupitérien) et la persécution des chrétiens. Le conflit éclate à nouveau en 323 lorsque des troupes de Constantinus, à la poursuite de pillards Goths, pénètrent en Mésie supérieure, un territoire sous le contrôle de Licinius. Constantinus marche à nouveau contre Licinius qu’il affronte en une série de batailles. Après avoir été défait à Andrinople en juillet 324, Licinius se réfugie à Byzance. Il nomme Martinianus, l’un de ses hauts fonctionnaires, son co-empereur et l’envoi à Lampsaque pour tenter, sans succès, d’intercepter Constantinus. Pendant que son père fait le siège de la ville, Crispus attaque la flotte largement supérieure de Licinius, sous le commandement de l’Amiral Abantus, et l’anéantit en deux batailles navales qui se déroulèrent dans l’Hellespont (Dardanelles). Voyant le vent tourner, Licinius abandonne Byzance pour traverser en Bythinie, à Chalcédoine, où il rejoint les troupes de Martinianus et des auxiliaires wisigoths, et affronte l’armée de Constantinus le 18 septembre 324 lors de la bataille de Chrysopolis. L’armée de Constantinus, menée par son étendard chrétien, le labarum, amorce un assaut frontal massif et massacre les troupes de Licinius. Celui-ci s’enfuit à Nicomédie mais il concède la défaite dès le lendemain, après que Constantia ait négocié pour que les vies de son époux et de son fils soient épargnées. Ils seront exilés à Thessalonique mais, dès le printemps suivant (325), Constantinus les fera exécuter et leur imposera une damnatio memoriae. Licinius n’aura régné sur l’Empire Romain qu’une quinzaine d’année. Avec lui, la guerre civile de la tétrarchie prends fin et Constantinus règne alors seul sur l’Empire.

Je vous présente ici trois autres pièces de monnaie de Licinius.

IMG_0549-0561La première de ces pièces est une belle petite dénomination (Half-centenionalis, Follis Réduit ou AE3, VG [Very Good], AE [bronze], 18 x 18.5 mm, 2.295 g, payé environ $6 le 1985/04/14, patine brun foncé avec quelques traces vert foncé; die-axis: ↑↓). L’avers présente une tête de l’empereur laurée à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] LICI-NIVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre un VOT[IS] •  XX (Votis Vicennalibus = “Voeux pour le vingtième [anniversaire de règne]…”) sur deux ligne au centre d’une couronne de laurier, avec l’inscription latine D[OMINI] N[OSTRI] LICINI INVICT[I] AVG[VSTI] (“…de Notre Seigneur Licinius invincible Auguste”) et un TT (marque de la troisième officine [T = Tertius] de Ticinium [T]) en exergue.

D’après le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, p. 380), cette pièce a été frappé par la troisième officine de l’atelier de Ticinium (Pavie) en 320-321 EC.

Sources: Wikipedia (Licinius [FR/EN]), Google, FAC (Licinius, Dominus, laurel wreath, Ticinium, vota, VOT XX), ERIC (Licinius); RIC v. 7: 146; acsearch, coinproject, numista, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

IMG_0566-0571La deuxième pièce est une très belle petite dénomination très similaire à la pièce précédente (Half-centenionalis, Follis Réduit ou AE3, F [Fine], AE [Bronze], 17.5 x 18 mm, 2.154 g, payé environ $6 le 1985/04/14, caractérisé par une patine brune et une légère fêlure à 30° sur l’avers; die-axis: ↑↑). L’avers offre une tête de l’empereur laurée à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] LICI-NIVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre un VOT[IS] •  XX (Votis Vicennalibus = “Voeux pour le vingtième [anniversaire de règne]…”) sur deux ligne au centre d’une couronne de laurier, avec l’inscription latine DOMINI • N[OSTRI] • LICINI AVG[VSTI] (“…de Notre Seigneur Licinius Auguste”) et un • AQ S • (marque de la seconde officine [S = Secundus] de l’atelier de Aquileia [AQ]) en exergue.

D’après le RIC (op. cit., p. 404), cette pièce a été frappé par la seconde officine de l’atelier de Aquileia en 321. 

Sources: Wikipedia (Licinius [FR/EN]), Google, FAC (Licinius, Aquilea, denomination, Dominus, laurel wreath, vota, VOT XX), ERIC (Licinius); RIC v. 7: 86; acsearch, augustuscoins, coinproject, coinscalkinsc, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

IMG_0577-0587La troisième et dernière pièce est une assez belle petite dénomination (AE3, G [Good], AE [Bronze], 17 mm, 2 g, caractérisé par un dépôt jaunâtre sur l’avers; die-axis: ↑↑). L’avers offre un buste de l’empereur radié, drapé et cuirassé à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AIVS] VAL[ERIVS] LICIN[IANVS] LICINIVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS]. Le revers illustre un Jupiter debout de face, la tête tournée à gauche, nu sauf une chlamyde à travers l’épaule gauche, tenant une petite victoire sur un globe dans la main droite et un long sceptre dans la gauche, un aigle avec une couronne dans le bec et un captif attaché à ses pieds de part de d’autre, avec l’inscription latine (illisible) IOVI CONS-ERVATORI (“[Dédié] à Jupiter le Protecteur”), un SMANT? (marque de l’atelier d’Antioche [SMANT = Sacra Moneta ANTiochia] avec une marque d’officine illisible) en exergue et un X / II 𝛍  (marque de valeur nominale) sur deux lignes dans le champs droit.

D’après le RIC (op. cit., p. 682), cette pièce a été frappé à l’atelier d’Antioche en 321-23. Malheureusement la marque de l’officine est illisible (cela pourrait donc être n’importe laquelle parmi les huit officines qui ont frappé ce type). Les caractères dans le champs droit serait une marque de la valeur nominale de la pièce. J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un X au dessus d’un Pi  et d’un Gamma — et certaines source en ligne l’indiquait comme “X / II Mu” — mais, toujours selon le RIC (op. cit., p. 12-13), il s’agirait plutôt d’un X au-dessus d’un II pour faire X II (12) suivi d’un symbole représentant un semis (demi) pour totaliser 12 1/2. Cela serait l’indication de la dévaluation du follis (le follis réduit). 

Sources: Wikipedia (Licinius [FR/EN]), Google, FAC (Licinius, Antioch, Iovi Conservatori), ERIC (Licinius); RIC v. 7: 35; acsearch, CoinArchives, Numista, WildWinds (text B, image B, image 𝜟, image 𝜠,  image 𝜢). Voir aussi ma fiche.

Ces trois pièces de monnaie nous permettent les réflexions suivantes sur le règne de Licinius:

Une des caractéristiques des pièces présentées cette semaine est le type de revers avec un “VOT XX“ que j’ai déjà discuté la semaine dernière. Toutefois, selon le RIC (op. cit., p. 390), la similitude des deux “VOT XX” frappées à Aquileia et Ticinium pourrait être due au fait que “le type de Ticinium ait été apporté à Aquilée lors de la réorganisation des ateliers monétaires de 320-21 dans le but d’augmenter la production des monnaies en Europe de l’Est”.

Avec ces pièces, nous voyons apparaître une nouvelle titulature: le Dominus Noster (DN). Au IVe siècle la titulature des empereurs tombe souvent dans le superlatif (Nobilissimus Caesar, par exemple, qui signifie “le plus noble des césars”) et l’usage du DN (Dominus Noster = “Notre Seigneur”) tombe probablement dans cette pratique et reflète la réforme de Diocletianus où, avec la tétrarchie, l’Empereur acquiert une nature quasi-divine qui le place bien au-dessus de ses sujets au point où on doit lui vouer un culte (et c’est d’ailleurs pour cette raison que cette période est appelée le “Dominat”, en opposition au “Principat” qui avait caractérisé l’Empire jusqu’alors). Toutefois, elle n’est utilisé qu’après la retraite de Diocletianus et de Maximianus (s’approchant sans doute des types de divinisation comme les DIVO et CONSACRATIO). Les chrétiens utiliseront d’ailleurs aussi ce titre pour qualifier Jésus Christ. Au début, son utilisation est plutôt occasionnelle mais, dès 320, sous Licinius et Constantinus, elle devient beaucoup plus fréquente et tend à remplacer le IMP (Imperator); toutefois, sous Julianus II et Jovianus, elle deviendra la norme. (d’après Augustus Coins, CoinTalk)

La troisième et dernière pièce nous révèle deux choses. D’une part, elle confirme ce que les sources littéraires (comme Eusebius) avaient déjà mentionné (et que Constantinus avait pris à prétexte pour agir contre lui): Licinius semble bien avoir effectué un retour au paganisme en renouant avec la religion romaine traditionnelle  et, comme l’indique cette pièce, particulièrement le culte jovien. L’accusation de Constantinus ne prends donc pas source uniquement dans sa propre propagande. Licinius ne s’est peut-être jamais convertit comme Constantinus mais s’est simplement montré favorable au chrétiens par support pour son épouse Constantia et Constantinus. Cela ne prouve pas non plus qu’il ait repris les persécutions (quoi que c’est ce que Constantinus lui reprochait). Il peut simplement avoir invoqué la protection du dieu jovien (son protecteur, car il est toujours l’Auguste Jovien) par superstition et pour rassurer ses troupes dont il dépendait plus que jamais alors que le conflit avec Constantinus devenait de plus en plus imminent.

D’autre part, cette même pièce démontre bien la dévaluation du follis. Cela reste un sujet controversé et sur lequel les spécialistes ne s’entendent pas. Le RIC dit en effet (RIC, op. cit., pp. 8-9) que “Peu de problèmes monétaires ont causé plus de controverse que ceux concernant la monnaie de bronze du IVe siècle. (…) Constantin ne créa aucune nouvelle monnaie de bronze; sa pièce de bronze était le follis tétrarchique dont le poids diminuait progressivement. (…) il est clair que la monnaie de bronze du IVe siècle était non fiduciaire, c’est-à-dire que la valeur des pièces était déterminée par leur valeur métallique.” Dès 320, dans la partie de l’Empire contrôlé par Licinius, on remarque une réduction de la production de folles et une diminution du nombres d’officines (de 37 à 22) des différents ateliers monétaires. C’est à ce même moment que plusieurs de ateliers monétaires (Antioche, Cyzique, Héraclée, Nicomédie) utilisent sur leurs pièces cette marque de valeur nominale (12 1/2). Elle ne sera plus utilisée par la suite mais il est claire que le follis a maintenant une valeur réduite. On ignore le nom que les romains donnaient à ces petites dénominations et c’est pourquoi les numismates modernes utilisent une nomenclature basée sur la taille de la pièce: par exemple, la dénomination la plus commune, AE3, correspond aux pièces de bronze de 17 à 21 mm; la AE2 correspond à 20 -26 mm et la AE1 correspond à 26-30 mm.

Finalement, il est a noter que toutes les pièces que j’ai mentionné cette semaine sont considérées comme rares. Selon le système du RIC, elles sont classées entre R1 et R3, c’est-à-dire qu’il existe entre quatre et douze pièces connues de ces types (évidement c’était le cas lors de la compilation du répertoire dans les années soixante mais d’autres pièces ont sûrement été découvertes depuis).

La semaine prochaine nous abordons le bref règne de Licinius II dont j’ai deux pièces.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.244]

Conium maculatum 

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[ Canon PowerShot S5 IS, Jardin botanique, 2013/06/18]

IMG_3904La Grande ciguë (appelé hemlock en anglais) est une espèce de plante qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae), la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), l’ordre des Apiales, à la famille des Apiaceae (ou Umbelliferae qui inclus plus de trois milles espèces telles la carotte, le  céleri, le  cerfeuil, la coriandre, le  fenouil, le panais, le persil, etc.) et au genre Conium. C’est une plante herbacée bisannuelle qui fleurie la seconde année et qui est caractérisée par une longue tige (un à trois mètres) cylindrique, glabre, très ramifiée, d’une texture cireuse et tachetées de rouge-pourpre surtout dans le bas. Ses feuilles sont alternes et divisées (pennatiséquées trois à cinq fois) en une forme triangulaire. À l’extrémité des tiges dressées on retrouve de petites fleurs blanches qui poussent sur de long pédoncules et qui sont regroupées en ombelles. Elle a une odeur désagréable (surtout quand on froisse ses feuilles) qui rappelle l’urine de chat ou de souris. Son nom provient du latin conium (dérivé du grec κώνος / kónos / “cône” ou possiblement de κώνειος / koneios / ”tourner, tourbillonner” en référence à la sensation de vertige que peut causer son ingestion) et maculatum (signifiant “maculé, moucheté, taché”).

Au moyen-âge on lui attribuait des propriétés occultes mais dès l’antiquité elle était surtout connue  pour sa très haute toxicité. Même à très petite dose (150–300 mg), les alcaloïdes qu’elle contient (surtout la conine mais aussi du méthyl-éthyl-coniine, de la pseudoconhydrine, de la conhydrine et de la pipéridine) interfèrent avec le système nerveux périphérique causant la mort par paralysie respiratoire (avec des troubles digestifs, des céphalées, de la perte de sensation et de force musculaire, des convulsions, de l’insuffisance rénale, et une paralysie ascendante). Il faut donc faire bien attention de ne pas la confondre avec des plantes de la même famille (comme le persil, le panais et la carotte). Les Athéniens l’utilisaient pour exécuter leurs condamnés, l’exemple le plus connu étant Socrate. Toutefois, pour obtenir une mort paisible, telle que Platon la décrit à la fin de son Phédon, les grecs y ajoutaient probablement d’autre drogues comme la datura et l’opium. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles et hellénistes)

LXVI. – À ces mots, Criton fit signe à son esclave, qui se tenait près de lui. L’esclave sortit et, après être resté un bon moment, rentra avec celui qui devait donner le poison, qu’il portait tout broyé dans une coupe. En voyant cet homme, Socrate dit : « Eh bien, mon brave, comme tu es au courant de ces choses, dis- moi ce que j’ai à faire. – Pas autre chose, répondit-il, que de te promener, quand tu auras bu, jusqu’à ce que tu sentes tes jambes s’alourdir, et alors de te coucher ; le poison agira ainsi de lui-même. » En même temps il lui tendit la coupe. Socrate la prit avec une sérénité parfaite, Échécrate, sans trembler, sans changer de couleur ni de visage; mais regardant l’homme en dessous de ce regard de taureau qui lui était habituel : « Que dirais-tu, demanda-t-il, si je versais un peu de ce breuvage en libation à quelque dieu ? Est-ce permis ou non ? – Nous n’en broyons, Socrate, dit l’homme, que juste ce qu’il en faut boire. – J’entends, dit-il. Mais on peut du moins et l’on doit même prier les dieux pour qu’ils favorisent le passage de ce monde à l’autre ; c’est ce que je leur demande moi-même et puissent-ils m’exaucer ! » Tout en disant cela, il portait la coupe à ses lèvres, et il la vida jusqu’à la dernière goutte avec une aisance et un calme parfaits. 

Jusque-là nous avions eu presque tous assez de force pour retenir nos larmes ; mais en le voyant boire, et quand il eut bu, nous n’en fûmes plus les maîtres. Moi-même, j’eus beau me contraindre; mes larmes s’échappèrent à flots ; alors je me voilai la tête et je pleurai sur moi-même ; car ce n’était pas son malheur, mais le mien que je déplorais, en songeant de quel ami j’étais privé. Avant moi déjà, Criton n’avait pu contenir ses larmes et il s’était levé de sa place. Pour Apollodore, qui déjà auparavant n’avait pas un instant cessé de pleurer, il se mit alors à hurler et ses pleurs et ses plaintes fendirent le cœur à tous les assistants, excepté Socrate lui-même. « Que faites-vous là, s’écria- t-il, étranges amis ? Si j’ai renvoyé les femmes, c’était surtout pour éviter ces lamentations déplacées ; car j’ai toujours entendu dire qu’il fallait mourir sur des paroles de bon augure. Soyez donc calmes et fermes. » En entendant ces reproches, nous rougîmes et nous retînmes de pleurer. 

Quant à lui, après avoir marché, il dit que ses jambes s’alourdissaient et il se coucha sur le dos, comme l’homme le lui avait recommandé. Celui qui lui avait donné le poison, le tâtant de la main, examinait de temps à autre ses pieds et ses jambes ; ensuite, lui ayant fortement pincé le pied, il lui demanda s’il sentait quelque chose. Socrate répondit que non. Il lui pinça ensuite le bas des jambes et, portant les mains plus haut, il nous faisait voir ainsi que le corps se glaçait et se raidissait. Et le touchant encore, il déclara que, quand le froid aurait gagné le cœur, Socrate s’en irait. Déjà la région du bas-ventre était à peu près refroidie, lorsque, levant son voile, car il s’était voilé la tête, Socrate dit, et ce fut sa dernière parole : « Criton, nous devons un coq à Asclèpios ; payez-le, ne l’oubliez pas. – Oui, ce sera fait, dit Criton, mais vois si tu as quelque autre chose à nous dire. » À cette question il ne répondit plus ; mais quelques instants après il eut un sursaut. L’homme le découvrit : il avait les yeux fixes. En voyant cela, Criton lui ferma la bouche et les yeux. 

LXVII. – Telle fut la fin de notre ami, Échécrate, d’un homme qui, nous pouvons le dire, fut, parmi les hommes de ce temps que nous avons connus, le meilleur et aussi le plus sage et le plus juste.” 

[Platon, Phaedon, trad. Émile Chambry, La Bibliothèque Électronique de Québec, vol. 4, ver. 1.01. Pour une traduction anglaise voir Plato’s Phaedo, translated by F.J. Church, NY: The Liberal Arts Press, 1951 sur bard.edu]

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Monnaies anciennes 53

Les tétrarchies (5)

Licinius (308-324 EC)  (1)

Valerius Licinianus Licinius est né en Mésie vers 265 dans une famille de paysans Dace. Il a fait une carrière militaire où il a rapidement gravit les échelons jusqu’à devenir général sous Galerius (dont il était un proche ou une ami d’enfance). Il participe à la campagne contre les Perses Sassanides en 298, négocie avec Maxentius en 307 puis se voit confié l’armée d’Orient. Après la conférence de Carnuntum, le 11 novembre 208, il accède à la tétrarchie alors qu’il est nommé l’Auguste Herculéen (Occident) avec Constantinus comme César. Il commande l’armée des Balkans (dans les provinces d’Illyrie, de Thrace et de Pannonie) et fait campagne contre les Sarmates en 310. À la mort de Galerius, en mai 311, débute une longue lutte de pouvoir pour le contrôle de l’Empire entre Maximinus, Constantinus, Licinius et l’usurpateur Maxentius (fils de Maximianus). Alors que Maxentius renforce sa position en Italie, Licinius et Maximinus s’entendent pour se partager les provinces orientales. Toutefois, afin d’avoir les mains libres pour affronter Maxentius, Constantinus fait une entente avec Licinius où celui-ci accepte de rester neutre dans le conflit — ce qui pousse Maximinus à s’allier avec Maxentius. Ce dernier sera cependant défait par Constantinus à la bataille du pont Milvius le 28 octobre 312. Pour sceller leur entente, en mars 313, Licinius épouse Constantia, la demi-soeur de Constantinus, qui lui donne un fils en juillet 315 (Licinius Junior). En avril 313, les deux empereurs promulguent conjointement l’Édit de Milan qui confirme et complète l’édit de tolérance religieuse décrété par Galerius en 311, accordant la liberté de culte à toutes les religions et, donc, aussi aux chrétiens. Au même moment, Maximinus décide d’attaquer Licinius. Il assiège et prends Byzance, puis Héraclée. Les deux armées s’affrontent à la bataille de Tzirallum le 30 avril 313 et c’est Licinius qui en sort vainqueur. Il ne reste alors plus que deux opposants, Licinius et Constantinus, qui se partagent l’Empire et s’affronteront à deux reprises. [La suite la semaine prochaine]

J’ai cinq pièces de monnaie de Licinius (et deux de son fils, Licinius II). Aujourd’hui je vous en présente deux.

 

IMG_0531-0535La première est une très belle pièce de petite dénomination (Follis ou AE3 ?, VF/F [Very Fine/Fine], AE [Bronze], 19 mm, 2.825 g, payé environ $5 le 1985/06/16, patine verdâtre; die-axis:  ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur lauré, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] LICINIVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS]. Le revers illustre un Sol radié debout à droite, regardant à gauche, nu sauf une chlamyde à travers l’épaule gauche, tenant un globe dans la main gauche et levant la main droite, avec l’inscription latine SOLI IN-VI-CTO COMITI (“[Dédié] au compagnon (ministre?) du Soleil Invaincu”), un PARL (marque de la première officine [P = primus] de l’atelier de Arelate [ARL]) en exergue et les lettres SF (marques de séquence des frappes) dans le champs de part et d’autre.

Selon le RIC (Bruun P.M., Ed. by Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. VII: Constantine and Licinius (313-337). London: Spink & Son, 1966, p. 239), cette pièce a été frappé par la première officine de l’atelier de Arelate (Arles) en 315-316. Elle exprime probablement l’intérêt marqué de Licinius pour le culte solaire.

Sources: Wikipedia (Licinius [FR/EN], Sol [FR/EN], Sol Invictus [FR/EN]), Google, FAC (Licinius, Sol, Sol Invicto, Comiti, Sol Invicto Comiti), ERIC (Licinius); RIC v. 7: 67; CGBFR, CoinArchives, numista, Licinius, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

IMG_0540-0544La seconde pièce est une très belle petite dénomination (Follis ou AE3?, F [Fine], AE/BI [Bronze argenturé / Billon], 18 mm, 3.1145 g, payé environ $10, argenture encore apparente mais avec d’important dépôts rougeâtre et verdâtre sur la partie inférieure de l’avers; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur casqué et cuirassé à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] LI-CINIVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre deux captifs ligotés et assis au pied d’un étendard (vexillum) inscrit d’un VOT[IS] XX (Votis Vicennalibus = “Voeux pour le vingtième [anniversaire de règne]”), avec l’inscription latine VIRTVS EXERCIT[VS] (“la valeur / le courage de l’armée”), et un PT en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Ticinium [T]).

Selon le RIC (op. cit., p. 377), cette pièce a été frappé par la première officine de l’atelier de Ticinium (Pavie) en 319-320. En plus d’offrir les vœux décennaux, cette pièce représente encore une fois une exemple où la propagande impériale encense la valeur de l’armée (et flatte son égo) afin de s’assurer de sa loyauté. 

Sources: Wikipedia (Licinius [FR/EN], Vexillum [FR/EN]), Google, FAC (Licinius, Exercitus, standard, vexillum, Virtus, Virtus Exercit, vota, VOT XX), ERIC (Licinius); RIC v. 7: 116; Sear RCV (1983): 3708; acsearch (01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10), WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Ces deux pièces de Licinius mettent en lumière autant d’aspects de la société du Bas-Empire Romain. 

Le premier aspect est religieux. Les romains pratiquaient un polythéisme très large où se superposaient le culte traditionnel des ancêtres et des génies locaux (les Lares — un vestige de croyances animistes primitives — dont Maximinus était fervent), une version romanisée des dieux olympiens et toute une collection de diverses religions orientales (cultes à mystère, mithraïsme, Sol Invictus, Judaïsme, Christianisme, etc.). Ces dernières étaient particulièrement populaire parmi l’armée, surtout auprès des soldats qui avaient voyagé en Orient. C’était sans doute le cas de Licinius. La plupart de ces religions, polythéistes, ne s’opposaient à être pratiquer auprès d’autres cultes et reconnaissaient le culte Impérial. Toutefois, les religions monothéiste (comme le Judaïsme et le Christianisme) ne voyaient pas d’un très bon oeil le fait d’intégrer le panthéon romain ce qui posa problème au Bas-Empire alors que la base du pouvoir impériale reposait sur la nature quasi-divine de l’empereur. S’y opposer ou le refus d’y participer s’apparentait à la rébellion ou à la trahison et c’est pourquoi le Christianisme était persécuté — pour des raisons essentiellement politiques. Toutefois, la popularité croissante des religions orientales a amené le pouvoir à prendre éventuellement une position plus tolérante, d’où la proclamation de l’Édit de Milan. La génération de Licinius sera probablement la dernière à pratiquer un culte solaire comme Sol Invictus (dont la grande fête, le Dies Natalis Solis [“Jour de naissance du Soleil”], se célébrait au solstice d’hiver, c’est-à-dire le 25 décembre!) car sous Constantinus le Christianisme sera non seulement toléré mais deviendra la religion officielle de l’Empire! [Voir RIC, op. cit., pp. 48-50]

La deuxième pièce, où un étendard offre des voeux pour le vingtième anniversaire du règne de Licinius, nous introduit à l’idée des “voeux public”. “Il était d’usage à Rome de faire des “vœux publics” aux calendes de janvier, quand les consuls étaient élus, pour la sûreté de l’Empire, et deux jours avant les nones du même mois pour la conservation des empereurs. D’autres “voeux” étaient prononcés lors d’événements spéciaux ou à certains moments périodiques. (…) Les “vœux décennaux” datent du règne d’Augustus (…). Ces vœux décennaux ont été tenus très régulièrement par les successeurs d’Augustus, et sont mentionnés pour la première fois sur les monnaies d’Antoninus Pius.” Plus tard, ils furent célébrés à cinq ans d’intervalle. Ils étaient soit entrepris (vota suscepta), soit accomplis (vota soluta) et parfois même anticipés.[d’après “Vota” in Stevens S.W., Smith C.R. & Madden F.W., Dictionary Of Roman Coins. London: Bell & Sons, 1889. Voir aussi le RIC, op.cit., pp. 56-61.]

La semaine prochaine je continue à vous présenter des pièces de Licinius (pour m’alléger la tâche j’ai décidé de ne présenter que deux ou trois pièces à la fois)…

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