Le chat qui dort
[ iPhone 13 Pro, Felix domi dormit, 2022/05/07 ]
La troisième pièce de monnaie grecque est malheureusement dans un état assez médiocre. Elle présente toutefois assez de détails pour que l’on ait une bonne idée de ce qu’elle est mais pas assez pour pouvoir faire une attribution précise. C’est donc une pièce qui échappe à l’identification. Malgré tout, il est cependant certain qu’il s’agit ici d’une pièce de monnaie grecque de petite dénomination en bronze (AE17, quatre chalkoi ou un hemiobole) datant du IVe siècle AEC (P [Poor], AE [Bronze], 16 x 17 x 2.5 mm [0.67 po], 5.562 g [85.8 grs], payé environ $7, caractérisée par un flan épais, bombé sur l’avers, avec un relief prononcé mais recouvert d’une épaisse concrétion rougeâtre et un peu de vert-de-gris dans les creux; die-axis: ↑↑).
L’avers présente une tête de Hercule (barbu?) à droite, coiffée d’une peau de lion. Le revers pause un peu plus de difficulté. Si la thématique de l’illustration est claire (les attributs d’Hercule: l’arc et le gourdin) les détails sont rendu flous par la concrétion et la disposition des objets est incertaine. J’y vois deux possibilités. Dans la première, le revers illustre (de gauche à droite) un arc, une massue et un carquois d’où dépasse une flèche avec, à l’extrême droite, une possible inscription à la verticale (HPA? pour Herakleia). Dans la seconde possibilité, le revers illustre (de gauche à droite) un arc et un carquois superposés, une inscription verticale complètement embrouillée par la concrétion (possiblement AΛEΞANΔ[POY] [Alexandre], ou BAΣIΛEΩΣ [Basileos = roi], ou B.A. [pour Basileos Alexandroy, roi Alexandre], ou ΦIΛIΠΠOY [Philipoi], ou encore le nom d’une cité émettrice), une massue et, à l’extrême droite, un pictogramme (éclair, trident) ou une lettre grecque (Delta, Epsilon, etc., comme marque d’atelier).
Dans le premier cas il s’agit de pièces frappées par des cités-états grecques dont le patron est Hercule (Ἡρακλῆς / Herakles) ou dont le nom de la cité est Herakleia ou Heraklea (il est existe plusieurs). Cela a été ma première hypothèse lorsque j’ai acheté la pièce dans les années ’80. Toutefois si le type d’avers avec la tête de Hercule est assez fréquent par contre le type de revers avec la combinaison arc-massue-carquoi l’est beaucoup moins. Et comme la documentation sur les pièces est répartie sur une multitude de volumes j’ai maintenant de la difficulté à confirmer cette hypothèse (il y a surtout très peu de visuel pour comparer les pièces). J’ai tout de même trouvé des pièces similaires émisent par les cités de Heraklea (Lucanie) [CGBM v. 1: p. 234; Head HN: p. 60], Herakleia (Iles d’Illyrie?) [Head HN, p. 268], Herakleia Pontica (Bythinie) [CGBM v. 13: p. 140; Head HN, p. 441], Heraclea Lyncestis (Illyrie/Thessalie) [CGBM v.6: p. 78] et, après avoir consulté les catalogues de plusieurs autres régions, je n’ai trouvé aucune pièce qui correspondait exactement à la mienne. Celle qui s’en rapproche le plus est celle de Herakleia Pontica…
Toutefois, en consultant les sources en ligne (voir ci-bas), je me suis rendu compte que les pièces du type “tête d’Hercule avec peau de lion” avec la combinaison “arc-massue-carquoi” étaient beaucoup plus fréquentes en Macédoine. Ce type semble avoir été très utilisé par les rois de cette région, particulièrement Philippe II (359-336), Alexandre III (336-323) et Philippe III (323-316) — quoique j’en ai trouvé un exemple aussi sous Archelaos I (413-399) [Head HN, p. 194; CGBM v.5: p. 166]. Et, à bien y regarder, cette seconde hypothèse offre une similitude avec ma pièce qui est encore plus grande. Il est malheureux que le manque de détails de la pièce nous empêche de préciser sous quel roi, dans quelle cité ou à quelle époque précise cette pièce a été frappé mais il est excitant de penser qu’elle pourrait très bien avoir été frappé sous le règne d’Alexandre le Grand!
Sources: En ligne: Google, acsearch, akropolis, ancients, BeastCoins, CoinArchives, ELO, hourmo, vcoins, vcoins, wikimedia, WildWinds (Herakleia [Illyria], Herakleia [Lucania], Herakleia Pontika [Bithynia]). Voir aussi ma fiche.
Bibliographie:
Poole R.S. Catalogue of the Greek Coins in the British Museum (CGBM), Vol. 1: Italy (1873): pp. 140, 234.
Gardner P., Head B.V., and Poole R.S. , Catalogue of the Greek Coins in the British Museum (CGBM), Vol. 2: Sicily (1876): index.
Gardner P. and Head B.V., Catalogue of the Greek Coins in the British Museum (CGBM), Vol. 3: The Tauric Chersonese, Sarmatia, Dacia, Moesia, Thrace, &c. (1877), p. 224.
Head, B.V., Catalogue of the Greek Coins in the British Museum (CGBM), Vol. 5: Macedonia, &c. (1879): p. 166.
Gardner P. Catalogue of the Greek Coins in the British Museum (CGBM), Vol. 6: Thessaly to Aetolia (1883): p. 78.
Wroth W., Catalogue of the Greek Coins in the British Museum (CGBM), Vol. 13: Pontus, Paphlagonia, Bithynia, and the Kingdom of Bosporus (1889): p. 140.
Hill G.F., Catalogue of the Greek Coins in the British Museum (CGBM), Vol. 19: Lycia, Pamphylia, and Pisidia (1897): index.
Head B.V. Historia Numorum: A Manual of Greek Numismatics (Oxford: Clarendon Press, 1887): pp. 60, 194-195, 197, 268, 441.
[ Translate ]La semaine prochaine je vous présente une quatrième pièce de monnaie grecque.
Laissons maintenant de côté l’Empire Romain et reculons de quelques siècles en arrière. La civilisation grecque s’est développée en une myriade de cités-états d’abord sur et autour du Péloponnèse, puis dans la mer Égée (incluant la côte anatolienne) et finalement en plusieurs colonies sur le pourtour de la Méditerranée. J’ai déjà parlé de la plus puissante de ces cités-états, Athènes, en vous présentant un superbe tétradrachme de chouette. Avec cette nouvelle série d’articles je vais vous présenter cinq autres de ces cités-états ou colonies.
La première de ces pièces de monnaie grecques est un très très beau Tetras (F/VF [Fine/Very Fine], Ae [Bronze], 13.5 mm [0.5 po], 2.994 g [46.2 grs], rare, patine d’un vert foncé, très bel état de conservation; die-axis: ↑↓). L’avers nous montre une tête de Pallas Athena à gauche, coiffée d’un casque athénien à cimier avec une aile sur le côté. Le revers illustre une chouette debout à gauche, tenant un lézard dans ses serres de la patte droite, avec dans le champs droit l’inscription rétrograde KAMA (pour la cité de Camarina en Sicile) et trois points (•••) en exergue (comme marque de valeur, indiquant une dénomination de trois onkia ou un Tetras).
Entre les VIIIe et VIe siècles, une explosion démographique amène un mouvement de “colonisation” où les Grecs fondent de nouvelles cités-états sur le pourtour du bassin Méditerranéen en commençant par la Grande-Grèce (sud de l’Italie et Sicile). La cité de Camarina a été fondé vers 598 AEC par des colons de Syracuse. Elle a connu de nombreux conflits qui l’on opposé à Syracuse, à Athènes (lors de la Guerre du Péloponnèse, en support à Syracuse durant l’expédition de Sicile de 415-413 AEC) et à Carthage (en 405 AEC) ce qui fait qu’elle a été détruite et reconstruite à de nombreuses reprises.
Le métal de préférence pour les pièces de monnaie grecques a presque toujours été l’argent mais certaines régions d’Italie et de Sicile ne possédaient pas de mines de ce métal et ont donc été parmi les premières régions a frapper leur monnaie en bronze (vers 440-420 AEC). La dénomination sicilienne de base est le onkia. Le tetras vaut trois onkia et le trias vaut quatre onkia. Le litra — l’équivalant de l’obole athénienne (un drachm vaut 6 oboles [5 litra / 60 onkia] et un tetradrachm vaut donc 24 oboles [240 onkia]) — vaut douze onkia. Tetras et trias sont souvent confondu.
Selon les sources (en ligne et académiques — voir ci-bas) cette pièce aurait donc été frappée par la cité grecque de Kamarina vers 420-405 AEC (quoique certains la date plutôt de 415-405 ou même 413-405).
[ Translate ]Sources: Wikipedia (Athena [FR/EN], Camarina [FR/EN], Monnaie grecque antique [FR/EN]), FAC (Greek coins, Greek Coin Denominations, Bibliography, SNG, SNG ANS); Réf. en ligne: Google, FAC, CoinTalk, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.
Bibliographie:
- Head, B.V. (ed. by R.S. Poole). Catalog of Greek Coins in the British Museum – Sicily (London: BM, 1876): p. 40 (#39).
- Head, B.V. Historia Numorum: A Manual of Greek Numismatics (Oxford: Clarendon Press, 1887): pp. 112-113.
- Sylloge Nummorum Graecorum, USA, The Collection of the American Numismatic Society. Part 3: Bruttium – Sicily 1 (Abacaenum-Eryx). (New York, 1975): 1225-7.
La semaine prochaine je vous présente une autre pièce de monnaie grecque.
Je conclu cette série sur les pièces non-identifiées par une cinquième pièce mystère. Je croyais que celle-ci serait la plus facile alors que finalement c’est celle qui m’aura complètement résisté… Après une dizaine d’heures de recherche je n’ai rien trouvé d’équivalent. Cela doit être une pièce rare car le revers, qui est en relativement bon état, illustre une scène assez spécifique.
Une chose est certaine ce n’est pas une pièce byzantine. Avec cette pièce nous sommes revenu plusieurs siècles en arrière car le style général des illustrations suggère une pièce du haut empire (du Ier au IIIe siècle, soit les dynasties Julio-Claudienne, Flavienne, Antonine, ou Sévère). On devine des inscriptions mais elle ne sont pas assez clair pour que l’on puisse savoir si elles sont en latin ou en grec. Dans l’ensemble c’est une pièce assez belle (avers médiocre mais beau revers). Si il s’agit d’une pièce impériale (frappé à Rome) c’est probablement un as (qui pèse normalement entre 10 et 12 g). Si il s’agit d’une pièce provinciale (grecque impériale) alors c’est un assarion. (P/G [Poor/Good], As/Assarion [AE25], Ae/Cu [Bronze/Cuivre], 25 mm, 7.875 g, payé environ $11 le 1985/11/18, caractérisé par de fortes concrétions de vert-de-gris; die-axis: ↑↑).
L’avers ne nous offre pas beaucoup de détails utiles pour l’identification. On peut toutefois distinguer un buste d’empereur probablement lauré et drapé, possiblement barbu?, regardant à droite, mais aucune inscriptions n’est lisible. Le style du portrait suggère que c’est une pièce qui date du haut empire. C’est un personnage qui a une allure noble (Augustus? Hadrianus? Antoninus?), un visage plutôt mince et un nez droit. Cela pourrait même être une impératrice (Faustina? Crispina?). Si c’est une pièce grecque impériale ce n’est pas une pièce quasi-autonome car celles-ci ne présentaient généralement pas de portrait de l’empereur.
Le revers est beaucoup plus informatif. Il illustre un temple distyle (i.e. à deux colonnes; on ne distingue cependant pas le détail du fronton — s’il y en a un) où se tient, de face, une divinité (probablement féminine, soit Aphrodite, Artemis, Astarté, Salus, Tyché ou Vénus), le bras droit levé (tenant soit un sceptre ou une patère pour faire une offrande), le bras gauche replié (pour tenir soit un replis de sa chlamyde, ou une cornucopia), entouré à ses pieds à gauche par un serpent enroulé et à droite par ce qui semble être un oiseau (une oie? un cygne?). L’inscription est illisible sauf pour un A (ou 𝚫? ou 𝚲?) M (ou N?) en exergue, qui pourrait être soit une marque d’atelier (Antioche?) ou plus probablement une datation (année de règne ou ère césaréenne ou actienne — 41? 43? 44? 51? 53? 54?). Les représentations architecturales de temples distyles semblent assez rares sur les monnaies (on préfére illustrer des temples tétrastyles ou octostyles) et elles ses retrouvent surtout sur les pièces grecques impériales.
Je n’ai trouvé que quelques exemples de pièces similaires: une pièce de Valerianus frappée à Adraa (Arabie) représentant Tyché debout à droite dans temple distyle, tenant un sceptre dans la main droite et une corne d’abondance dans la main gauche (BM); un AE36 de Elagabalus frappé à Cidramus (Carie) illustrant un temple distyle contenant une statue d’Aphrodite debout de face, les bras étendus, un serpent enroulé à ses pieds à gauche (Sear D., Greek Imperial Coins and their Value (1982): #3065); un AE31 de Elagabalus frappé à Berytus (Phénicie) illustrant un temple tétrastyle avec une Tyché-Astarté debout de face tenant un stylis et entourée de génies (acsearch); et plusieurs pièces avec des temples mais dont les représentations divines sont différentes (NumisBid, BeastCoins). Réf. en ligne: Google, CoinArchives. Voir aussi ma fiche.
Verdict: Aucune identification possible (pour l’instant).
La semaine prochaine nous continuons notre retour en arrière avec le début d’une nouvelle série qui vous présente cinq pièces grecques.
Voir l’index des articles de cette chronique.
[ Translate ][ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, fin mars – début avril 2022 ]
La neige a fondue dans le parc et il est maintenant beaucoup plus agréable de s’y promener (car durant l’hiver, si les pistes de ski étaient bien entretenues, les sentiers piétonniers étaient eux difficilement praticables). Vers la fin du mois de mars nous avons aperçu les premières outardes (bernaches ou “Canada Geese” ou Branta canadensis) et, une semaine plus tard, on pouvait y voir de nombreux couples se prélassant sur la pelouse. Nous avons compté une trentaine d’individus… Puis, encore une semaine plus tard (presqu’à la mi-avril) nous avons aperçu la première marmotte (Marmota monax / ”groundhog“) de l’année. Les premières fleurs du parc, les tussilages (Tussilago farfara), ont également fait leur apparition et nous avons même constaté que certains arbres fleurissaient déjà. Le feuillage ne devrait pas tarder à suivre…
Dans mon jardin, les premières tiges de jonquilles, qui étaient apparu à la fin de mars, commencent à être un peu plus longues mais, hélas, elles n’ont pas fleuri pour Pâques. Cela prendra encore quelques semaines… Les tulipes et les iris sortent de terre également. Mon pommier à survécu à son deuxième hiver et bourgeonne déjà. J’ai bien hâte que tous cela prenne un peu plus de couleurs…
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Cette quatrième pièce de monnaie byzantine mystère m’a donné beaucoup de difficultés… Cela semble être un assez beau follis qui, de par la thématique chrétienne, est de toute évidence Byzantine (FR/VG [Fair/Very Good], AE [Bronze], 22 mm [0.87 po], 4.798 g [74.04 gr], caractérisé par une frappe décentrée vers la gauche sur l’avers, une patine verdâtre avec un important dépôt de vert-de-gris; die-axis: ↑↖︎). L’avers, d’une qualité passable, ne fait guère de sens: on distingue une croix qui occupe toute la moitié supérieure, avec un “X” à gauche et une plus petite croix en bas à droite. Le revers est plus beau et plus lisible: on distingue une longue croix centrale entouré, dans le champs supérieur, par un “C-T” de par et d’autre et, dans le champs inférieur, d’un “X” (ou IC?) et d’une lettre illisible (une autre “X” ou “XC”?) de part et d’autre.
J’ai concentré ma recherche sur le revers qui était plus facilement reconnaissable. Malheureusement, la longue recherche par comparaison d’images (par style, puis empereur par empereur) a été infructueuse: j’ai commencé à regarder trop bas dans la liste. J’ai bien trouvé plusieurs exemples de folles avec, sur le revers, une croix centrale et des lettres dans chacun des coins (Romanus IV Diogenes (1068-1071) [SB 1866: C-R P-D], Nicephorus Basilacius (1077-1078) [SB 1890: C-B H-B ou C-[B]-N-[B]], Alexius I Comnenus (1081-1118) [SB 1910: C-F-A-D, SB 1931: C-F-AL-D, SB 1932: A-D-K-F]) mais rien ne semblait vraiment correspondre à ma pièce. J’ai poursuivi avec une recherche par mots-clés qui n’a pas donné plus de résultats mais, à force de persévérer, j’ai finalement trouvé une pièce dont le revers correspondait à ma description!
Il s’agit d’un demi-follis de Constant II (Heraclius Constantinus qui a régné en 641-668 EC; il est appelé parfois Constantinus III, Κώνστας en grec, Constant II en français et Constans II en anglais) frappé à Carthage vers 647-659 EC. L’avers présente un buste de l’empereur de face, barbu?, drapé d’un manteau consulaire et portant une couronne (ornée de trois feuilles ou d’une croix?) et, tenant une mappa dans la main droite et un globus cruciger dans la gauche, avec l’inscription (très souvent illisible) DN CONSTANTN, CONSTANTINVS, ou CONSTANT PP. Le revers illustre une longue croix centrale, surmontée d’une étoile, et entourée d’un “C-T” (avec des points en-dessous des lettres? — possiblement l’abréviation de son nom, ConsTantinus, ou une marque d’atelier pour indiquer CarThage) et d’un “X-X” (marque latine de valeur pour 20 nummi) sur deux lignes. Une fois que je sais ce que je cherche, j’en trouve quelques références en ligne, que je confirme avec les références académiques (Wroth W. Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the BM, v. 1, London, 1908 (IBC): pp. 297-298; Hahn, W. Moneta Imperii Byzantini vol. III, Vienna, 1973-81 (MIB): pp. 253, pl. 30; Grierson, P. Catalogue of the Byzantine Coins in the Dumbarton Oaks Collection and in the Whittemore Collection, Vol. 2, Part 2, Washington, D.C., 1968/1993 (DOC 2.2): pp. 412-413, 480-482, pl. XXIX).
Dans ce contexte, le revers devient assez clair. Toutefois, quel sens donner à l’avers? En scrutant bien on se rend compte que la croix dans la partie supérieure est en fait formée, dans une frappe grossière ou embrouillée par une re-frappe (overstruck), par le nez de l’empereur, le bord de la couronne et l’ornement qui la surmonte (trois feuilles ou croix?). Le “X” à gauche est la main qui tient la mappa, et la petite croix à droite est celle qui surmonte l’orbe crucigère. En connaissance de cause, on peut même maintenant distinguer les yeux et le contour du visage, ainsi que les replis du drapé. L’Inscription, dont on peut vaguement deviner la trace, demeure illisible. Parfois, l’identification d’une pièce requière un peu d’imagination…
Verdict: Cette pièce est donc fort probablement un demi-follis de Constant II frappé à Carthage vers 647-659 EC.
[ Translate ]Sources: Wikipedia (Constant II [FR/EN]), FAC (Constans II, Byzantine Coins); IBC 321-332, MIB 198a; DOC 2.2: 144-145; SB (S-BCV): 1059; Réf. online: Google, acsearch, Bertolami, CoinArchive, FAC, MoneteRomane, vcoins, WildWinds (SB 1059: text1 / image1 + text2 / image2, SB 1059var: text / image, SB 1060: text / image). Voir aussi ma fiche.
La semaine prochaine nous tenterons de décrire ou d’identifier une cinquième et dernière pièce mystère!
[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2017/09/10 ]
Verveine est le nom vernaculaire que l’on donne à un groupe de plantes à fleurs de la famille des Verbenaceae [EN / クマツヅラ科 [Kumatsudzuraka]] et qui appartiens à trois genres: Verbena ([EN] où l’on retrouve la verveine officinale et la Verveine de Buenos-Aires — dont j’ai déjà parlé il y a quelques années), Aloysia (où l’on retrouve la Verveine citronelle) et Glandularia ([EN] où l’on retrouve la verveine du Pérou). À noter que dans cette famille j’ai déjà aussi parlé des lantaniers qui appartiennent au genre Lantana. Le nom provient du latin verberare (“frapper”) et désignait dans l’antiquité une plante sacrée ou rituelle que certains prêtres utilisaient pour frapper une personne pour la guérir ou la bénir ou même déclarer la guerre. Pline l’Ancien la mentionne dans son Histoire Naturelle (Liber XXV, cap. LIX).
La verveine des jardins (appelée “Garden verbena” en anglais et dont le nom scientifique est aussi parfois Verbena x hybrida ou même Verbena hortensis) est une plante herbacée qui appartient à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae i.e. “à deux cotylédons”), à la sous-classe des Asteridae, à l’ordre des Lamiales, à la famille des Verbenaceae (les verveines, qui incluent trente-deux genres réparti en huit cents espèces), à la tribu des Verbeneae et au genre Glandularia (parfois appelé “Mock vervains” en anglais). C’est un hybride naturel mais dont on ignore la ligné originelle exacte. Dans ce cas-ci, il s’agit du cultivar “Endurascape Dark Purple”.
C’est une plante ornementale et aromatique qui peut atteindre de vingt à soixante centimètres de hauteur et qui est caractérisée par des tiges ramifiées et dressées qui portent un feuillage caduc vert foncé composé de feuilles lancéolées et dentées. Lors de la floraison, qui dure tout l’été jusqu’à l’automne, l’extrémités des tiges développent une multitude de petites fleurs parfumées regroupées en ombelles denses. Composées de cinq pétales les fleurs sont, selon le cultivar, dans des tons de rose, violet, bleu et même parfois blanc. À maturité, elles laissent place à des fruits secs déhiscents (capsules). Certaines espèces sont également utilisées en herboristerie ainsi qu’en médecine traditionnelle et son huile essentielle est utilisé en parfumerie. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)
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La troisième pièce de monnaie byzantine mystère est un assez beau decanummium (G [Good], 10 nummi, AE [Bronze], 13 x 14 mm [0.512 x 0.551 po], 2.680 g [41.36 gr], caractérisé par une rognure du côté droit, une patine verdâtre avec un important dépôt de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur de face (barbu?), drappé, cuirassé et casqué, avec l’inscription latine D N ERAC… (probablement D[ominvs] N[oster] ERACLIO P[er]P[etvvs] AV[gvstvs] pour “Notre Seigneur Heraclius, Perpétuel Auguste“). Le revers illustre un large “X” (marque de valeur pour 10 nummi, équivalent latin pour “I”) encadré à gauche par un “M” avec un point (•) en haut et en bas, à droite par un “N” avec un point [propbablement en haut et] en bas, une croix (✝︎) au-dessus et une étoile (✻) en-dessous.
C’est une pièce de petite dénomination qui date probablement de peu de temps après la réforme d’Anastasius (la dynastie des Justiniens ou des Héraclides). Durant mes recherches sur internet par comparaison d’images et par mots-clés j’ai rencontré une pièce de Phocas (602-610), un decanummium frappée à Carthage, qui correspond plus ou moins à cette description (Labarum SB 688, DOC 117) mais dont la titulature est “DN FOCAS PERP AVG” et sur le revers les champs g. et d. donnent N/M et non M/N. J’ai également rencontré deux pièces de Heraclius (610-641): l’une est un decanummium aussi frappée à Carthage durant la révolte des Heraclii (608-610) [CoinArchives, WildWinds: text / image, SB 715, DOC 8] mais la titulature dans ce cas-ci est “ERACLIO CONSVLI” (pas de “DN” au début) et encore une fois le revers donne N/M dans le champs de part et d’autre; l’autre pièce est un decanummium frappé à Carthage (WildWinds SB 876 [text / image], DOC 236) avec une titulature qui semble correspondre à celle de ma pièce (DN ERACLIO PP AV) mais le champs du revers présente encore N/M et non M/N de part et d’autre. Ma lecture serait-elle erronée et ce que je prend pour un “M” serait-il un “N”? Cela m’apparait pourtant bien un “M”… Et comme la lettre du champs droit est coupée par la rognure, cela pourrait être tout autant un “M” qu’un “N”. Toutefois, malgré cette différence, cela m’apparait bien être un pièce de Heraclius.
Et qu’en disent les sources académiques? Warwick Wroth (CIB = Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the BM, v. 1: p. 236, #361-363) mentionne le decanummium de Heraclius mais toujours avec le N/M dans le champs du revers (N/M pour “nummus” semble-t-il). Toutefois, Philip Grierson (DOC 2.1 = Catalogue of the Byzantine Coins in the Dumbarton Oaks Collection and in the Whittemore Collection. Vol. 2, Part 1: Phocas and Heraclius 602-641. Washington, D.C., 1968/1993, pp. 43-44, 350-351) mentionne une variante avec M/N !! Cela confirme donc ma lecture du revers et l’attribution de la pièce au règne de Heraclius. Malheureusement, il n’est pas possible de préciser une datation autre que la durée du règne (610-641 EC).
Verdict: Cette pièce est fort probablement un decanummium du règne de Heraclius (610-641 EC) frappé à Carthage.
[ Translate ]Sources: Wikipedia (Heraclius [FR/EN], Nummus); FAC (Byzantine Denominations, Revolt of the Heraclii); SB (Sear-BCV) 876, CIB: 361-363, DOC 2.1: 238; Réf. online: Google, CoinArchives, Labarum (Phocas SB 688), WildWinds SB 715 (text / image), WildWinds SB 876 (text / image). Voir aussi ma fiche.
La semaine prochaine nous tenterons de décrire ou d’identifier une quatrième pièce mystère!
[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2017/07/23 ]
J’ai déjà illustré cette fleur il y a quelques années mais la voici plus en détails… Le Fuchsia (parfois appelés “Lady’s eardrops” en anglais et フクシア [Fukushia] ou ホクシャ [Hokusha] en japonais) est un genre d’arbrisseaux appartenant à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae i.e. “à deux cotylédons”), à la sous-classe des Rosidae, à l’ordre des Myrtales, et à la famille des Onagraceae (qui comprend une vingtaine de genres qui se divisent en plus de six cent espèces). Le genre fuchsia, lui, comprend une centaine d’espèces ainsi qu’une multitude de variétés hybrides et de cultivars. Ce nom lui a été donné par le naturaliste Charles Plumier en l’honneur du botaniste allemand Leonhart Fuchs.
Dans ce cas-ci il s’agit du cultivar “Vera” de la série “Bella”. Celui-ci se présente comme un arbuste caduc, compact, dressé et buissonnant (haut de vingt centimètre à plusieurs mètres), aux feuilles opposées ovales, dentées, vert foncé et qui porte, tout au long de l’été (de juin à octobre), des fleurs formées de quatre sépales horizontaux rose ou rougeâtre et d’une corolle simples de quatre pétales de couleurs violettes. Les fruits sont des baies (de cinq à vingt millimètres) d’un rouge sombre qui sont comestibles mais d’un arrière-goût amère. Les fruits de certaines espèces (comme F. splendens) ont plus de saveurs (citronnée ou poivrée) et peuvent être utilisée pour faire de la confiture. Les fuchsia sont toutefois essentiellement des plantes ornementales. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)
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La seconde pièce de monnaie byzantine mystère est un beau demi-follis (VG [Very Good], 20 nummi, AE [Bronze], 20 mm [0.79 po], 6.232 g [96.2 gr], patine brune avec un important dépôt de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur de face (de trois-quart?), barbu?, cuirassé et casqué (avec une couronne?), portant une lance au-dessus de l’épaule (et un bouclier?), aucune inscription visible mais un “M” dans le champs droit. Le revers illustre un large “K” (marque de valeur pour 20 nummi) entouré d’un “M” dans le champs gauche et d’une croix (✝︎) dans le champs droit.
C’est de toute évidence un pièce qui date d’après la réforme d’Anastasius (où le revers ne comporte qu’une marque de valeur, soit M, K, I ou E). En recherchant longuement sur l’internet par images (sans grand succès) et par mots-clés, je n’ai finalement trouvé qu’une seule pièce qui correspondait à ces caractéristiques: un demi-follis de Constantinus IV. J’ai par la suite validé cette identification en consultant les ressources académiques (Hahn, W. Moneta Imperii Byzantini. (Vienna, 1981): p. 259; Wroth, W. Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the BM, v. 2: p. 318; Bellinger, A.R. & P. Grierson, eds. Catalogue of the Byzantine Coins in the Dumbarton Oaks Collection and in the Whittemore Collection. (Washington D.C., 1966 – 1999). Vol. 2: Part 2: Heraclius Constantine to Theodosius III: pp. 512, 514, 518-519, 541-542; et Classical Numismatic Auctions, 1987/05/01, #206).
Verdict: Cette pièce est donc fort probablement un demi-follis de Constantinus IV frappé à Constantinople vers 674-685 EC (quoique le DOC affirme que l’on peut réduire la datation à 674-681, et que le CNA la date plutôt de 673-674 EC).
[ Translate ]Sources: Wikipedia (Constantinus IV [FR/EN]); Doc (vol. 2, part 2): 37, Mib-87, S-BVC 1181, IBC: 33-38; Réf. online: Google, CoinArchives, vcoins. Voir aussi ma fiche.
La semaine prochaine nous tenterons de décrire ou d’identifier une troisième pièce mystère!
[ iPhone Pro 11/13, hortus meus, 2021/04/14 & 2022/03/26 ]
Avec le passage de l’équinoxe du printemps les journées se réchauffent un peu plus et la nature se réveille de son long sommeil hivernal. Les tiges de jonquilles commencent à percer le sol et se pointent le bout du nez. Bientôt elles donneront au jardin ses premières couleurs, avec un peu de vert, avant d’éclater de leur feu d’artifice floral et d’y ajouter un peu de jaune! Elles annonceront alors l’approche de l’été… Il est à noter que cette année nous accusons un retard de quelques semaines par rapport à l’an dernier où elles s’étaient pointées dès le 19 mars (28 mars en 2020 et 1er avril en 2019) pour fleurir vers le 14 avril 2021. Mais, cette année, elles devraient être fleuries pour Pâques…
La véritable jonquille (appelée “daffodil” en anglais et 水仙 [Suisen] en japonais — qui ne doit pas être confondu avec le Narcisse jaune [Narcissus pseudonarcissus] aussi appelé jonquille dans certaines régions d’Europe) est une plante herbacée bulbeuse qui appartient à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), à la classe des Monocotyledonae (ou Liliopsida), à l’ordre des Asparagales, à la famille des Amaryllidacées (ou Liliaceae, qui regroupe une soixantaine de genres subdivisées en plus de huit-cent espèces) et au genre Narcissus ([EN, スイセン属 / Suisen zoku] qui comprend une trentaine d’espèces de narcisses et de jonquilles mais dont il existe également de nombreux cultivars et hybrides horticoles). Le nom du genre provient du grec νάρκισσος (nárkissos, dérivé de ναρκάω [narkáô] et de νάρκη [nárkê], signifiant “être engourdi”, “torpeur” et faisant référence au propriétés narcotiques de la plante) alors que celui de l’espèce provient du latin juncus (junquillo en espagnol: jonc, tige semblable à un jonc, en référence à la forme de ses feuilles qui s’apparentent à celles des joncs). La jonquille est l’emblême de la fête des grands-mères, du désir (quoique la narcisse, elle, symbolise plutôt l’égoïsme) et de la Société canadienne du cancer. Ma mère adorait cette fleur et elle en achetait chaque année pour Pâques.
Native de la péninsule Ibérique, cette plante vivace est caractérisé par un bulbe ovoïde qui chaque année développe une ou deux pousses (rejet) qui se divisent chacune en une série de feuilles basales longues et étroites (de cinq à quatre-vingt centimètres et qui ressemblent à des tiges de joncs) ainsi qu’une tige creuse qui porte une à trois fleurs jaunes (ou parfois blanches). Le périanthe de la fleur est composé d’un calice de six sépales et d’une corolle de pétales soudés ensemble, entourant six étamines et un pistil. La floraison se fait de mars à juin et, après maturité, la fleur donne un fruit composé d’une capsule trilobée contenant de nombreuses graines.
Toutes les espèces de narcisses sont toxiques car elles contiennent (principalement dans le bulbe mais aussi, à un degré moindre, dans la fleur ou même l’eau où a trempé la fleur coupée) plusieurs variétés d’alcaloïdes (lycorine, galanthamine, narciclasine, pretazettine, etc.). Malgré cela on lui connaît dès l’antiquité de nombreux usages en médecine traditionnelle (contre le cancer, comme analgésique, antiphlogistique, etc., et même contre l’Alzheimer). On en tire également une huile essentielle qui est utilisé en parfumerie, mais son utilisation principale demeure ornementale — dans le jardinage, en horticulture (fleurs en pots) et floriculture (fleurs coupées). (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)
[ Translate ]Il me reste quelques pièces de monnaies byzantines que je n’avais pas préalablement identifiées ou datées. Je vais donc tenter de le faire ou, du moins, de les décrire… Voici donc cette première pièce mystère.
Cette pièce de monnaie byzantine est un assez beau follis (G/VG [Good/Very Good], 40 nummi, AE [Bronze], 25 x 27 mm [0.98 x 1.06 po], 10.811 g [166.84 gr], payé environ $6 le 1985/04/14, grande usure sur l’avers, patine brune, le flan comporte d’importantes rognures; die-axis: ↑↓). ) de l’époque de la dynastie justinienne (518–602).
L’avers nous présente un buste de l’empereur de face, barbu?, couronné ou casqué?, vêtu d’une cuirasse, tenant de la main droite un globe surmonté d’une croix (globus cruciger) et de la main gauche un bouclier. L’inscription est rendue illisible par l’usure et la rognure mais elle semble se terminer par “PP A” (PerPetvvs Avgvstvs = “Perpétuel Auguste”).
Le revers illustre un large “M” (marque de valeur pour 40 nummi), surmonté d’une croix (✝︎) ou d’un tau-rho (⳨), avec en-dessous ce qui semble être un losange mais est probablement un “A” (marque de la première (Alpha) officine; cela pourrait aussi possiblement être un “𝚫”, pour la quatrième (Delta) officine), encadré par un “ANNO” vertical à gauche et un “𝛓 I” sur deux lignes à droite (pour indiquer la septième année de règne), avec un “NIKO” en exergue (marque de l’atelier de Nicomédie).
Les caractéristiques de la pièce (portrait de face, large “M” carré et non arrondi, etc.) m’inclineraient à penser qu’il s’agit d’une pièce soit de Justinianus I (527-565), soit de Mauricius Tiberius (582-602). Toutefois, Justinianus n’a régné seul qu’à partir de sa douzième année ce qui fait qu’il n’a pas émis de pièce de ce genre pour sa septième année de règne. Cela l’exclut donc comme empereur possible pour cette pièce. Il ne nous reste donc comme possibilité que l’empereur Mauricius Tiberius (identification confirmée par Wroth, W. Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the BM, v. 1: p. 140; A.R. Bellinger & P. Grierson, eds.; Catalogue of the Byzantine Coins in the Dumbarton Oaks Collection and in the Whittemore Collection. (Washington D.C., 1966 – 1999). Vol. 1: Anastasius I to Maurice, 491-602 (Bellinger A.R., Washington D.C., 1966/1992), p. 325).
Verdict: Cette pièce de monnaie est donc fort probablement un follis de Mauricius Tiberius frappée par la première officine de l’atelier de Nicomédie en 588-589 EC.
[ Translate ]Sources: Wikipedia (Justinianus [FR/EN], Maurice Tiberius [FR/EN], globus cruciger, monnaie byzantine), FAC (Justinianus, Maurice Tiberius, Byzantine Denominations, globus cruciger, Nicomedia); IBC: 131, DOC 1: 97a; Réf. online pour Justinianus: acsearch, CoinArchives, CoinArchives, WildWinds (text, image); pour Maurice Tiberius: AkropolisCoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.
La semaine prochaine nous tenterons de décrire ou d’identifier une deuxième pièce mystère!
[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2017/07/23 ]
J’ai déjà mentionné cette fleur mais en voici une nouvelle photographie… La lobélie cardinale (appelé “cardinal flower” en anglais et ベニバナサワギキョウ [Benibana sawa gikyou] en japonais — mais elle est aussi appelé Lobelia fulgens [ロベリア・フルゲンス] ou Lobelia splendens [ロベリア・スプレンデンス]) est une plante qui appartient à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae i.e. “à deux cotylédons”, ou les Eudicotyledoneae dans la classification phylogénétique APG III), à la sous-classe des Asteridae, à l’ordre des Asterales, à la famille des Campanulaceae (la famille des campanules [bellflowers] qui comprend environ quatre-vingt-dix genres où se répartissent plus de deux milles espèces) et au genre Lobelia ( [EN] / ミゾカクシ属 [Mizoka kushi zoku], qui comprend plus de trois cent espèces). Le nom du genre honore le botaniste flamand Mathias de l’Obel et celui de l’espèce fait simplement référence à la couleur de la plante (cardinal signifie d’abord “principal” mais par extension il désigne les prélats de l’Église et la couleur de leur vêtement, un rouge vif qui se situe entre le carmin et l’écarlate).
C’est une plante herbacée qui pousse en une tige pouvant atteindre jusqu’à un peu plus d’un mètre de haut, caractérisé par un feuillage alterne (d’une taille maximale de cinq par vingt centimètres les feuilles sont lancéolées et bordées de dentelures) et par une inflorescence qui se présente sous la forme d’un racème érigé (ou grappe, pouvant atteindre jusqu’à soixante-dix centimètre de haut). Les fleurs tubulaires (ayant jusqu’à quatre centimètres de diamètre) sont constituées de cinq lobes qui forment deux lèvres (les deux lobes supérieurs sont dressés alors que les trois lobes inférieurs sont déployés). La plante excrète un liquide “laiteux”. Les différentes espèces offrent une grande variété de couleurs allant du rouge vif (L. cardinalis, L. tupa) au bleu profond (L. siphilitica et L. erinus), mais aussi parfois blanc (L. chinensis, L. boninensis), rose ou violet (L. inflata). Elle pousse le long des ruisseaux, des sources, des marécages et dans les sous-bois. C’est surtout une plante ornementale avec certains usage médicinaux. Elle est considérée toxique à cause de la lobeline qu’elle contient, un alcaloïde similaire à la nicotine. Elle est toutefois appréciée par les abeilles et les colibris. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)
[ Translate ]L’histoire de l’Empire Byzantin n’est pas particulièrement passionnante. Je n’ai d’ailleurs que très peu de pièces de monnaie de cette époque et elle sont tous dans un piètre état de conservation. C’est pourquoi je me permet de passer sous silence la dynastie isaurienne (717-802), celle des Nicéphoriens (802-820), ainsi que la dynastie amorienne (820-867) pour aborder directement (mais brièvement) la dynastie macédonienne (867-1057). Fondée par le macédonien Basileus, elle s’étend sur près de deux siècles, compte une vingtaine d’empereurs et constitue l’apogée de l’Empire Byzantin. Ce haut point de l’Empire est véritablement atteint sous le règne du neuvième empereur macédonien: Basileus II (Βασίλειος [Basileios] en grec et Basile II en français).
Basileios nait vers 958 probablement à Constantinople. Il est le fils de l’empereur Romanos II et de Theophano Anastaso. Son père le fait co-empereur dès l’âge de deux ans et, à sa mort en mars 963, il devient empereur mais sous la régence de sa mère. Toutefois l’armée exige un véritable empereur alors celle-ci épouse Nikephoros II Phokas qui règne alors conjointement avec le jeune Basileos. Quelques années plus tard, en décembre 969, elle se débarrasse de son époux au profit de son amant Iôánnes Tzimiskếs qui adopte les deux fils de Theophano, Basileos II et Kōnstantinos VIII, et les prends comme co-empereurs. Lorsque Ioannes meurt, en janvier 976, il n’a pas de descendance directe et donc l’empire revient à ses deux fils adoptifs. Cette succession est contesté par les généraux Bardas Sklèros et Bardas Phocas et ce n’est qu’après treize ans de guerre civile que Basileos, avec l’aide de Vladimir Sviatoslavitch (le prince rus de Kiev), réussit à s’imposer comme empereur légitime. Il entreprends alors une série de campagnes militaires qui lui permet de reconquérir de nombreux territoires. Il s’attaque donc au califat fatimide pour reprendre la Syrie (995-999), au Caucase pour y acquérir la Géorgie et l’Arménie (1000-1023) mais surtout à l’Empire bulgare pour récupérer une bonne partie du nord de la Grèce et des Balkans (1005-1018) ce qui lui vaut le titre de Bulgaroktonos (“tueur de Bulgares”). Il attaque également le khaganat khazar pour reprendre le contrôle du pourtour de la mer Noire dont la Crimée méridionale. Il s’allie également avec la jeune République de Venise pour défendre l’Italie contre les Sarrasins. C’est en pleine préparation pour reconquérir la Sicile qu’il meurt subitement le 15 décembre 1025. Il aura régné près de cinquante ans et laisse un Empire byzantin plus puissant et plus vaste qu’il ne l’a jamais été depuis Justinianus. Il s’étend de l’Arménie jusqu’à l’Illyrie, et de la Crimée jusqu’au sud de l’Italie. Sa bonne gestion a permis de regarnir les coffres, ses réformes protègent les moins nantis contre les grands propriétaires terriens, et sa politique religieuse à étendue l’influence du christianisme avec la conversion des Rus de Kiev.
Son frère Kōnstantinos VIII (Κωνσταντίνος en grec et Constantin VIII en français) lui succède. Il ne semble pas beaucoup aimer le pouvoir puisqu’il se montre très discret durant le règne de son frère et, une fois à la tête de l’Empire, il en laisse la gouvernance à ses hauts fonctionnaires. Il réussi tout de même à maintenir la stabilité des frontières. Son règne est cependant très court. Il tombe malade et meurt le 11 novembre 1028 sans laisser de successeur mâle.
Je n’ai que deux pièces de monnaie pour cette dernière partie de l’Empire Byzantin. L’une d’entre elles serait un follis anonyme de Basileus II ou de Constantinus VIII dans un état plutôt passable (P/VG [Poor/Very Good], follis anonyme classe A3 (ornement #14? #22? #41?), AE/Cu [Bronze/Cuivre], 22 mm (0.87 po), 5.027 g (77.6 gr), payé environ $5 le 1985/01/06, patine brune avec incrustations de vert-de-gris et flan rogné; die-axis: ↑➘). L’avers nous présente un buste du Christ, barbu, de face, avec une auréole en forme de croix (nimbus cruciger; impossible de déterminer le type d’ornement de l’auréole) derrière la tête, vêtu d’une tunique (colobium) et d’un manteau (pallium), la main droite levée en signe de bénédiction, la gauche tenant l’Évangile (impossible de distinguer le type d’ornement), avec l’inscription (illisible) +EMMA-NOVH𝝠 (translitération grecque de l’hébreux Emmanuel [עמנואל / Εμμανουήλ] qui signifit “Dieu [est] avec nous”) et un IC – XC (monogramme formé des première lettres grecques du nom de Jésus Christ: ΙΗϹΟΥϹ ΧΡΙϹΤΟϹ) dans le champs de part et d’autre. Le revers illustre, sur quatre lignes et en gros caractères, l’inscription grecque +INSYS / XRISTYS / BASILEY / BASILE (“Jésus Christ, Roi des rois”) encadré par un ornement de losanges au centre d’un trait [l’ornement du bas est oblitéré par la rognure du flan].
Cette pièce est un très bel (et intéressant) exemple de follis “anonyme” que l’on frappa à Constantinople à partir du Xe siècle et qui ne comportait ni l’effigie, ni le nom de l’empereur mais plutôt un buste du Christ sur l’avers avec l’inscription “Christ, Roi des rois” sur le revers. Même en l’absence d’une titulature on peut attribuer cette pièce aux règnes de Basileus II ou de Constantinus VIII car il semble que ce type (buste auréolé en avers, revers avec inscription sur quatre lignes, encadrée par des ornements variés, et frappé sur un flan de plus petite taille [poids de 9 à 10 grammes, diamètre maximum de 29 millimètres]) n’ait été frappé qu’à cette époque. Selon ces informations (confirmées par WROTH, W. Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the BM, v. 2: pp. 489 et GRIERSON, Philip. Catalogue of the Byzantine Coins in the Dumbarton Oaks Collection and in the Whittemore Collection: Vol. 3, Part 2: Basil I to Nicephorus III (867-1082). Washington DC: Dumbarton Oaks Research Library & Collections, 1993. pp. 634, 638, 644-45, 648, 655, 658, 668-69) nous pouvons affirmer avec assez de certitude qu’il s’agit d’une pièce de Basileus II ou de Constantinus VIII, frappée à Constantinople (seul atelier restant), mais on ne peut malheureusement la dater avec plus de précision que leurs années de règne, de 976 à 1028 EC. Quoique, s’il s’agit bien d’une classe A3 (au flan plus petit), alors nous pourrions réduire cette datation à la période entre 1023 et 1028 EC.
[ Translate ]Sources: Wikipedia (Basileus II [FR/EN]; Constantinus VIII [FR/EN]); IBC 38-40; DOC 3.2: A2.14.1-4, A2.22, A2.41.1-26; Réf. online: Google, acsearch, CGBFR, CoinArchives, FAC, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.
La dynastie macédonienne se poursuit encore un peu au travers des filles de Constantin VIII. C’est l’époque que l’on appelle des “princes-époux”, où l’empereur tire sa légitimité de son union avec l’une des dernières descendantes de la dynastie. Ainsi, Romain III Argyre (1028-1034) devient empereur par son mariage avec Zoé Porphyrogénète (fille de Constantin VIII). À sa mort, Zoé épouse son amant, qui devient empereur à son tour: Michel IV (1034-1041). Son neveu, Michel V, lui succède brièvement (décembre 1041 – avril 1042). Il tente de se débarrasser de Zoé en l’exilant dans un monastère mais le peuple se révolte et réclame le retour de l’impératrice. Pour respecter la tradition, elle se marie à Constantin IX qui règnera douze ans (1042-1055). À sa mort, Zoé étant elle-même décédée en juin 1050, c’est la jeune soeur de Zoé, Theodora III Porphyrogenita (janvier 1055 – août 1056), qui prend le pouvoir seule. Ma dernière pièce de monnaie byzantine en est justement une de Theodora III, et j’ai discuté de son règne dans le cadre de mon entrée consacrée aux impératrices romaines. Elle est déjà assez âgée lorsqu’elle prend le pouvoir et règne donc un peu moins de deux ans. Comme elle ne laisse aucun descendant on choisi un vieux fonctionnaire pour lui succéder, Michel VI. Après un règne de moins d’un an et quelques troubles civiles, il est remplacé par Isaac I Komnenos, le premier empereur de la dynastie des Comnènes (1057-1059, 1081-1185). Suivrons les Doukas (1059-1081), les Anges (1185-1204), les Lascaris (1204-1261), puis la grande dynastie des Paléologues (1261-1453). L’Empire byzantin prend fin avec le règne de Constantin XI Paléologue (1448-1453) lorsque la ville de Constantinople, assiégée par Mehmet II, est finalement conquise par l’Empire ottoman… L’Empire des Romains était alors définitivement mort. Sic transit gloria mundi…
La semaine prochaine je vais commencer à vous présenter une série de pièces mystères. Il me reste quelques pièces de monnaies byzantines que je n’avais pas préalablement identifiées ou datées. Je vais donc tenter de le faire ou, du moins, de les décrire…
[ iPhone 6, Jardin botanique, 2015/07/05 ]
La dauphinelle élevée (aussi appelée “Pied d’alouette” ou “candle larkspur” en anglais) appartient à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae i.e. “à deux cotylédons”), à l’ordre des Ranunculales, à la famille des Ranunculaceae (qui comprend une cinquantaine de genres dont les principaux sont les Boutons d’or, les Dauphinelles, les Aconits, les Clématites, les Anémones et les Thalictrum) et au genre des Delphinium ([EN] [デルフィニウム属 / Derufiniumu zoku en japonais] qui regroupe plus de trois-cent espèces). Si le nom de famille vient du latin (diminutif de rana signifiant “petite grenouille” en référence au fait que plusieurs espèces sont aquatiques), le nom du genre lui vient du grec (δελφίνιον / delphínion / “dauphin” car, selon le botaniste grec Dioscorides, le bouton floral ressemble au rostre d’un dauphin). Le qualificatif de l’espèce (elatum) signifit simplement “élevé” en latin en référence à sa longue tige dressée.
C’est une plante vivace qui a la forme d’une longue tige (hampe) dressée de un à deux mètres de haut, avec des feuilles basales multilobées, et qui se termine par un racème (grappe) constitué d’une vingtaine à une centaine de fleurs bleues ou violettes. Celles-ci sont composées de cinq sépales pétaloïdes (dont le sépale supérieur se prolonge à l’arrière par un long éperon) et de quatre pétales libres (dont les deux supérieurs se prolongent par un éperon nectarifère vers l’intérieur de l’éperon du sépale supérieur). Le fruit est constitué de follicules (de treize à vingt-cinq millimètres) contenant de multiples graines. Lors de la floraison (de juillet à septembre) elle attire les pollinisateurs (papillons et bourdons) et elle sert de nourriture aux larves de nombreux lépidoptères. Toutefois toutes les parties de la plante sont toxiques pour les humains et le bétail car elle contiennent des alcaloïdes diterpéniques et norditerpéniques (dont la méthyllycaconitine). La Dauphinelle est donc surtout une plante ornementale utilisée pour embellir les jardins ou cultivée pour servir de fleur coupée. Elle peut aussi être utilisée pour créer une encre bleue. Les horticulteurs ont créé de nombreux hybrides et cultivars (dérivant principalement de D. Elatum). Dans ce cas-ci il s’agit du cultivar “Triton Dark Blue”. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)
[ Translate ]Dans la dernière partie de son règne (pour le début du règne voir l’entrée précédente), Heraclius profite de la paix retrouvée pour stabiliser l’Empire en consolidant son pouvoir et surtout en renflouant les finances par des coupures dans les dépenses. L’Empire est affaibli, surtout dans les Balkans. Pourtant la menace viendra encore une fois de l’Orient… L’Empire sassanide est lui aussi affaibli par la longue guerre et des luttes de pouvoirs internes. Il n’offre donc que peu de résistance quand une nouvelle religion unifie les tribus de la péninsule arabique dès 620, puis sous l’impulsion de leur prophète s’élance à la conquête tant du territoire Perse que Byzantin… La première escarmouche avec les byzantins a lieu à Mu’tah en 629. Après la mort de Muhammad en juin 632 l’offensive musulmane prend de l’ampleur sous la direction de ses successeurs (les quatre commandeurs du califat Rashidun) et ils obtiennent une première victoire à Ajnadayn en juillet 634, puis une autre avec la bataille du Yarmouk en août 636. Impressionné par la progression fulgurante des musulmans, Heraclius bat en retraite et la Syrie, puis la Palestine sont conquise en 637. Même Ctésiphon, plus à l’est, tombe (et le reste de l’Empire Sassanide sera conquit avec la bataille de Nahavand en 642). Après une brève trêve, l’avancée musulmane prend la Mésopotamie en 639, puis, suite à la bataille d’Héliopolis en juillet 640, ce sera le tour de l’Égypte… Profondément affecté par ces défaites, Heraclius s’enferme à Constantinople où il meurt le 11 février 641.
Son fils (né de la première épouse, Fabia Eudocia) Heraclius Constantinus (connu comme Constantin III en français) lui succède avec son jeune frère (né de la seconde épouse, Martina) Heraclonas comme co-empereur. Toutefois ils ne survivent à leur père que quelques mois puisque le premier meurt en mai et le second en septembre 641. C’est le fils de Heraclius Constantinus, qui porte le même nom que son père (on le nommera Constans II Heraclius pour le distinguer) qui prend la relève à l’âge de onze ans. Il règne pendant vingt-sept ans. Malgré les pressions slave dans les Balkans et musulmane en Orient, il réussit tant bien que mal à maintenir les frontières de l’Empire Byzantin, qui est maintenant réduit à l’Anatolie, une partie de la Grèce et de l’Italie, ainsi que l’Afrique du Nord (moins l’Égypte). Il profite de cette paix relative pour réorganiser l’administration de l’armée et du territoire, qu’il répartie en nouvelles divisions administratives appelées “thèmes”.
La dynastie des Héraclides [EN] se poursuit en septembre 668 avec son fils Constantinus (Constantin IV) qui règne presque dix-sept ans. Il réussit à contenir les Musulmans (malgré que ceux-ci s’attaquent à Constantinople même en 674-78), les Slaves et même les Bulgares. Il règle la question du monothélisme qui divise encore l’Église avec un troisième concile de Constantinople en 680. Son fils Justinianus (Justinien II) lui succède en septembre 685. Malgré des interruptions par deux usurpateurs (Leontius en 695-97 et Tiberius III en 698-705), son règne dure environ seize ans. Quelques succès militaires contre les musulmans lui permettent de relocaliser des slaves en Asie Mineure. Malheureusement, sa politique fiscale brutale et ses violentes répressions pour contrer l’opposition le rendent impopulaire et il est défait, puis exécuter par l’usurpateur Philippicos en décembre 711. C’est la fin des Héraclides et le début de plusieurs années d’instabilité et de chaos…
Ma deuxième pièce de monnaie d’Héraclius le représente avec son fils Heraclius Constantinus et sa deuxième épouse, Martina. Il s’agit encore malheureusement d’un follis dans un état assez médiocre (P [Poor], 40 nummi, AE [Bronze], 22 x 22.5 mm (.87 x .89 po), 3.625 g (55.9 gr), payé environ $5 le 1985/01/06, patine brune, usure et rognures considérables; die-axis: ↑↑). L’avers nous présente Heraclius entouré de son fils Heraclius Constantinus (à peine visible, à d.) et de Martina (à g.), tous couronnés, vêtus d’une chlamyde et portant un globe crucigère dans la main droite, sans aucune inscription. Le revers illustre un large “M” (marque de valeur indiquant 40 nummi), surmonté d’une petite croix et de “ANNO”, et avec un “A” ou “𝚫” en dessous (marque d’officine: Alpha = 1 ou Delta = 4), flanqué dans le champ gauche par le monogramme de Heraclius (formé d’un “H” et d’un “R” superposé [#b ou #23]; ici illisible) et dans le champs droit par l’année de règne (possiblement X / 𝛓 / II sur trois lignes, pour la 18e année) et avec un “CON” en exergue (marque de l’atelier de Constantinople).
Ces informations (confirmées par WROTH, W. Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the BM, v. 1: pp. xxiv-xxvii, 208; et GRIERSON, Philip. Catalogue of the Byzantine Coins in the Dumbarton Oaks Collection and in the Whittemore Collection: Vol. 2, Part 1: Phocas and Heraclius 602-641. Washington DC: Dumbarton Oaks Research Library & Collections, 1993. pp. 106-110, 226-228, 292-294) nous indiquent que ce follis a été frappée par la première ou la quatrième officine de l’atelier de Constantinople vers 624-629 EC (les années de règne quinze à dix-neuf — car c’est la seule période, dites “Class 4”, où ce type de revers a été frappé avec le “ANNO” sur le dessus — par contre, s’il s’agit bien de la dix-huitième année de règne, alors on pourrait la dater plus précisément en 627-628 EC).
[ Translate ]Sources: Wikipedia (Heraclius [FR/EN], Heraclius Constantinus [FR/EN], Martina [FR/EN]); IBC: 192-193; DOC 2.1: 102a/c; Réf. online: Google, acsearch, acsearch, CGBFR, CoinArchives, CoinProject, CoinTalk, FAC (01, 02, 03), MA-Shops, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.
La semaine prochaine nous faisons un saut jusqu’à la dynastie macédonienne avec une pièce de Basileius II.
[ Nikon D3300 / iPhone 11 Pro, Parc Frédéric-Back, 2019/05/20 & 2021/05/07 ]
Ils sont tellement omniprésent sur les pelouses et dans les champs qu’ils en deviennent presqu’invisible. Ce charmant symbole du printemps qui enchante les enfants est pourtant généralement considéré comme une plante envahissante détestable… Il serait temps de lui redonner ses lettres de noblesse.
Le pissenlit commun ou officinale (appelé “Dandelion” en anglais et セイヨウ タンポポ [Seiyō tanpopo / “tanpopo occidental”] ou ダンデライオン [Danderaion] en japonais) est une plante herbacée vivace appartenant à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae i.e. “à deux cotylédons”), à la sous-classe des Asteridae, à l’ordre des Asterales, à la famille des Asteraceae (ou Compositae car leur inflorescence est “composée” de multiples fleurs minuscules appelées capitules) et à la section Ruderalia du genre Taraxacum (qui comprend plus de mille deux cents espèces et sous-espèces). Les espèces de la section Ruderalia se ressemblent tellement qu’elles sont souvent toutes regroupées sous le nom de Taraxacum officinale. Le nom du genre dérive soit du grec (τάραξις [táraxis / “inflammation de l’oeil”] et ακέομαι [akeomai / “guérir”] car le latex de la plante était renommé pour soigner les irritations oculaires) ou de l’arabe (tarakhshaqūn, désignant une herbe amère). Le nom de la section fait sans doute référence aux plantes rudérales qui poussent dans les espaces laissés en jachère ou abandonnés (du latin rudus: brut, déblais, ruines). Les noms vernaculaires font également références aux attributs de la plante: “pissenlit”(pisse-en-lit) évoque ses vertus diurétiques et “dent-de-lion” la forme dentellée de ses feuilles (dont la déformation “dandelion” a fourni l’étymologie anglaise).
Originaire d’Europe, le pissenlit est caractérisé par une racine charnue pivotante et profonde (jusqu’à cinquante centimètres) qui donne naissance à une rosette de feuilles basales lancéolées, pennatipartites et dentelées, d’où s’élèvent plusieurs tiges glabres et creuses (haute de cinq à trente centimètres), qui contiennent un latex laiteux, et qui se terminent par un capitule plat et jaune de cinq centimètres de diamètre et formé par près de deux-cent fleurons ligulés. À maturité, les fleurons laissent place aux fruits, des akènes à aigrettes (de deux ou trois millimètres de long) qui forment une boule duveteuse et qui seront disséminées par le vent (anémochorie).
Celui que l’on considère comme une “mauvaise herbe” a pourtant de nombreuses utilités. Il est d’abord comestible: le jeune feuillage se mange en salade (attention: les feuilles mature ont un goût amère après que la plante ait fleuri); la racine se mange également crue, bouillie ou poêlée; torréfiée elle peut être un substitut de café; les boutons floraux peuvent être mis en conserve (mariné dans le vinaigre ou salé) ou transformé en confiture (crameillotte); les capitules sont utilisés pour faire du sirop, de la bière et du vin. C’est également une plante mellifère. Comme son attribut d’officinale l’indique, elle est aussi considérée comme une plante médicinale. Riche en vitamines (A, B1, B2, C, D, K), en minéraux (Ca, Mg, P, K, Na, CI, S, Fe, Mn, Cu) et en antioxydants (carotène, flavonoïdes, etc.), on lui reconnait depuis longtemps des vertus thérapeutiques comme diurétique, detoxifiant et pour traiter les maladies du foie (calculs hépatiques), la goutte, les dermatoses, les irritations oculaires, etc. On peut même utiliser son latex pour produire un caoutchouc naturel et les capitules peuvent servir à la production d’une teinture ou d’un colorant jaune. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)
[ Translate ]Heraclius est né vers 575 en Cappadoce dans une famille d’origine arménienne. Son père, Heraclius Major, est officier supérieur dans l’armée de l’empereur Mauricius. Il gravit rapidement les échelons jusqu’à devenir général (magister militum) de l’armée d’Orient, puis d’Arménie (en 595) et finalement gouverneur de l’Afrique (exarque de Carthage) en 600. Heraclius Junior grandit sans doute auprès de son père et acquiert ainsi une bonne expertise militaire. En 602, l’empereur Mauricius est renversé par l’usurpateur Phocas et l’incompétence de celui-ci fait perdre à l’Empire beaucoup de territoire aux mains des Sassanides en Orient, des Lombards en Italie et des Wisigoths en Hispanie. Dégouté par ce règne disgracieux, l’exarchat d’Afrique se révolte contre l’usurpateur en 608. Héraclius l’Ancien et son fils sont nommé consuls. En 610, Heraclius Junior assemble une flotte qu’il lance contre Constantinople. L’usurpateur est facilement défait et exécuter. Heraclius Junior est nommé le nouvel empereur le 5 octobre 610. Son règne de trente ans, et la dynastie des Héraclides, marque un point tournant de l’histoire byzantine alors que l’Empire Romain d’Orient de l’Antiquité devient un véritable Empire Byzantin hellénisé et médiéval. Le latin cède le pas au grec et l’empereur abandonne les titres d’Augustus et d’Imperator pour celui de basileus.
La première préoccupation d’Heracius est de mettre fin à l’avancée des Sassanides. Malheureusement, il a hérité d’un empire désorganisé et pour la première partie de son règne il reste sur la défensive et incapable d’arrêter l’invasion. Les Sassanides occupent déjà l’Arménie, la Cappadoce et une partie de la Syrie mais leur progression se poursuit: ils prennent Antioche et le reste de la Syrie, Damas en 613, Jérusalem en 614 (capturant de saintes reliques comme la Vrai Croix) et l’Égypte en 618. Ils avancent également en Asie Mineure, car dès 615 ils assiègent Chalcédoine (presqu’aux portes de Constantinople, sur l’autre rive du Bosphore), puis ils prennent Nicomédie en 619, et l’île de Rhodes en 623. Même en Occident les ennemies de l’Empire (Lombards et Wisigoths) en profitent pour faire des avancés mais la menace vient surtout des Slaves et des Avars qui traversent les Balkans jusqu’au Péloponnèse et la mer Égée. En effet, les Avars s’allient aux Sassanides pour faire le siège de Constantinople en 626. Alors que tout semble perdu, le vent tourne finalement en faveur des byzantins…
Dès 622, Heraclius se réorganise et opte pour une stratégie plus agressive. Il exploite les divisions au sein de l’ennemi pour briser le siège de Constantinople puis, grâce à une alliance avec les Göktürks, lance en 627 une contre-offensive dans le Caucase où sa connaissance du terrain lui est un avantage. Il avance ensuite en Mésopotamie et obtient une victoire décisive lors de la bataille de Ninive en décembre 627. Encore une fois, c’est la mort du monarque Perse et la venu d’un successeur moins belliqueux qui lui permet de négocier la paix, de réoccuper les provinces perdues et de reprendre possession des précieuses reliques religieuses. De 628 à 633, l’Empire connait quelques années de paix qui vont lui permettre de panser ses blessures et de se reconstruire. Malheureusement, bientôt un nouvel ennemi encore plus formidable va faire son apparition… (À suivre !)
Je n’ai que deux pièces de monnaie de Heraclius. Sur la première, illustrée ici, il est représenté avec son fils Heraclius Constantinus. Il s’agit d’un follis plutôt passable (P/G [Poor / Good], 40 nummi, AE [Bronze], 27 x 30 mm (1.06 x 1.18 po), 12.577 g (194.1 gr), payé environ $5 le 1985/01/06, patine foncée, flan avec d’importantes rognures et probablement refrappé (“overstruck”); die-axis: ↑↓). Malgré une usure considérable on peut distinguer sur l’avers deux figures debout de face: Heraclius (à gauche) et Heraclius Constantinus (à droite, de taille plus petite), chacun vêtu d’une longue robe (chlamyde), portant une couronne surmontée d’une croix et un globe crucigère dans la main droite; une croix entre leurs têtes; avec l’inscription latine présumée dd[omini] NN[ostri] hERACLIVS ET hERA[clivs] CON[stantinvs] (“Nos Seigneurs Heraclius et Heraclius Constantinus” car les deux “d” et “N” indiquent un double pluriel). Le revers illustre un large M (marque de valeur indiquant 40 nummi), surmonté d’une croix (✝︎) et avec un “B” en-dessous (marque d’officine, Bêta = 2); encadré par un “ANNO” (vertical) dans le champs gauche et possiblement un “II II” (sur deux ligne) dans le champs droit (indiquant l’année de règne 4), et un “NIKO” en exergue (marque de l’atelier de Nicomédie).
Ces informations (confirmées par WROTH, W. Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the BM, v. 1: pp. xxiv-xxvii, 216-17 et GRIERSON, Philip. Catalogue of the Byzantine Coins in the Dumbarton Oaks Collection and in the Whittemore Collection: Vol. 2, Part 1: Phocas and Heraclius 602-641. Washington DC: Dumbarton Oaks Research Library & Collections, 1993. pp. 317-319) nous indiquent que ce follis a été frappée par la deuxième officine de l’atelier de Nicomédie. Toutefois, l’année de règne reste incertaine: si je crois y lire “II/II” (pour la 4e année, soit 613-614 EC), il pourrait tout aussi bien s’agir de “II/I” (3e année: 612/613 EC) ou même du pictogramme qui forme une sorte de “G” alongé (pour la 6e année: 615-616 EC). Il est cependant certain qu’elle a été frappée entre 612 et 616 EC.
[ Translate ]Sources: Wikipedia (Heraclius [FR/EN], Heraclius Constantinus [FR/EN]); IBC: 237-43, DOC 2.1: 158-160; Réf. online: Google, CoinArchives, CoinTalk, FAC, MA-Shop, MET, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.
La semaine prochaine je vous présente ma seconde pièce de monnaie de Heraclius où ils est représenté avec son fils Heraclius Constantinus et sa deuxième épouse, Martina.
[ Canon PowerShot S5 IS, Jardin botanique, 2015/05/15 ]
Je vous ai déjà présenté le Fothergilla gardenii il y a quelques années, alors laissez-moi aussi illustrer cette autre espèce de la même famille. Le Fothergilla robuste (ou grand, aussi appelé “large witch alder“ ou encore “mountain witch alder” en anglais) est une plante appartenant à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae i.e. “à deux cotylédons”), la sous-classe des Hamamelididae, l’ordre des Hamamelidales, à la famille des Hamamelidaceae (qui se divise en une vingtaine de genres et environ quatre-vingt espèces) et au genre Fothergilla (qui lui inclut cinq espèces). Le nom du genre honore le médecin Britannique qui introduisit la plante en Angleterre, John Fothergill, et celui de l’espèce signifie simplement “Grand” en latin.
C’est une espèce de petit arbustes à feuilles caduques qui forme un buisson ovoïde pouvant atteindre de un à trois mètres de hauteur. Il est caractérisé par des feuilles ovales et alternes, de six à quinze centimètres de longueur, et légèrement odorante, ainsi que par ses fleurs printanières (apparaissant avant le feuillage), très parfumées, d’une couleur blanc crème, qui poussent en épis érigés et denses de trois à six centimètres et composés non pas de pétales mais uniquement d’étamines. Le feuillage est vert foncé en été, avec le dessous d’un ton glauque, qui tourne à l’orange rougeâtre à l’automne. Pour cette raison ce sont des arbustes ornementaux très appréciés. Originaire des bois et des marécages des monts Allegheny et des régions au sud des Appalaches, c’est une espèce qui résiste bien aux maladies et aux insectes, et c’est pourquoi on la qualifie de “robuste.”
Ici il s’agit d’un spécimen du cultivar hybride Fothergilla × intermedia ‘Mount Airy’ qui a remporté le Prix Mérite du Jardin de la très renommée Royal Horticultural Society. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)
[ Translate ]Le 15 novembre 565 Justinus II (Ἰουστίνος en grec et Justin II en français) succède à son oncle, Justinianus, et règne un peu plus de douze ans. Mentalement instable il mène néanmoins une politique économique austère qui permet de compenser pour les dépenses excessives de son prédécesseurs. Il ne réussit cependant pas à unifier l’Église. Aussi, occupé par le conflit avec les Sassanides en Orient, il néglige l’Occident et perd la plupart des territoires reconquit par Justinianus, permettant ainsi au Royaume wisigoth de se reconstituer et au Royaume lombard de s’établir en Italie. Durant les quatre dernières années de son règne, le pouvoir est véritablement entre le main de son épouse Sophia et du général Tiberius Constantinus (Τιβέριος Β′ Κωνσταντίνος / Tibère II Constantin) qui lui succède d’ailleurs à sa mort le 5 octobre 578. Durant son bref règne d’un peu moins de quatre ans Tiberius est moins actif militairement et favorise plus une diplomatie coûteuse. Il se montre d’ailleurs plus généreux que Justinus II mais au détriment des finances publiques. Il tombe gravement malade mais nomme son successeur avant de mourir le 14 août 582: le général Mauricius (Μαυρίκιος / Maurice).
Celui-ci règnera pendant vingt ans et avec plus de succès. Excellent militaire (on lui doit d’ailleurs un manuel de stratégie militaire, le Strategikon) il mène une politique beaucoup plus aggressive qui lui permet de conclure une paix avantageuse avec les Sassanides et de consolider le limes danubien contre les incursions des Slaves et des Avars dans les Balkans. Il fait de nombreuses réformes (militaires, législatives, restructuration des provinces, etc.) et construit ou restaure de nombreux monuments. Malheureusement, les temps sont difficiles et le peuple est exaspéré par l’austérité qu’exige le financement de la défense des frontières et même l’armée est fatiguée des constantes campagnes militaires et insatisfaite de sa solde. Ceci rend l’empereur très impopulaire au point où l’armée des Balkans se révolte et marche sur Constantinople. L’armée acclame empereur un centurion nommé Phocas. Mauricius se réfugie à Nicomédie mais il est arrêté et exécuté le 23 novembre 602. C’est la fin de la dynastie justinienne.
L’usurpateur Phocas (Φωκάς) règne en tyran pendant un peu plus de sept ans. On le dit ignorant, brutal et très laid. Son règne est un vrai désastre. Ne réussissant pas à établir sa légitimité au sein de la dynastie justinienne son pouvoir est sans cesse contesté mais il se maintient par la répression. La mort de Mauricius, qui entretenait une bonne relation avec le roi Sassanides Khosro II, provoque de nouvelles hostilités entre les deux empires. La frontière danubienne continue d’être assaillie par les Avars et les Slaves mais tiens le coup. Les Lombards gagnent du terrain en Italie et les Wisigoths s’emparent de Sagonte, réduisant l’Espagne byzantine au seul littoral sud-est de la péninsule ibérique. Sa politique religieuse cause des révoltes parmi les juifs d’Antioche et d’Alexandrie. Le coup de grâce sera la révolte de la province d’Afrique, dirigée par Héraclius l’Ancien. Son fils, aussi nommé Heraclius, assemble une flotte qu’il lance contre Constantinople. Phocas est capturé et exécuté le 5 octobre 610. Le pouvoir revient à Heraclius et c’est le début de la dynastie des Héraclides.
De tous ce beau monde je n’ai qu’une seule pièce de monnaie de Phocas: un beau follis (VG [Very Good], 40 nummi, AE [bronze], 28 x 30 mm [1.1 x 1.18 po], 11.886 g [183.4 gr], payé environ $5 le 1985/01/06, patine noire avec un important dépôt de vert-de-gris, une possible image fantôme sur le pourtour du flan laisserait peut être croire à une pièce refrappée (“overstruck”); die-axis: ↑↑). L’avers présente un buste de l’empereur de face, barbu, portant une couronne ornée d’une pendilia (un pendentif de perles montées sur une chaîne d’or) et d’une croix (ou un globus cruciger?), vêtu d’un manteau consulaire (trabea) et tenant une mappa dans la main droite et une croix dans la gauche, avec l’inscription δ m [ou D N ?] FOCA PER AV[G ou ς] (présumément pour D[o]m[invs] [noster] Foca[s] Per[petvvs] Aug[vstvs], soit “Notre Seigneur Phocas, Perpétuel Auguste”). Le revers illustre un large “XXXX”, surmonté de “ANNO”, avec “II II” (sur deux lignes) dans le champs droit et un “NIKOB” en exergue.
Le “XXXX” est une marque de valeur, l’équivalent latin du “M” grec, pour indiquer une valeur de 40 nummi. “ANNO IIII” nous indique l’année de règne (la 4e année de Phocas équivaut à 605-606 EC). “NIKOB” est une marque d’atelier (NIKO pour Nicomédie) suivi d’une marque d’officine (B [Bêta] = 2). Ces informations (confirmées par les références académiques: Wroth, W. Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the BM, v. 1: pp. xxii-xxiii, 171) nous permettent de conclure que ce follis a été frappé par la deuxième officine de l’atelier de Nicomédie durant la quatrième année de règne de Phocas, soit en 605-606 EC.
[ Translate ]Sources: Wikipedia (Phocas [FR/EN], monnaie byzantine, vêtement byzantin), FAC (Phocas, follis, globus cruciger, mappa, Nicomedia, nummus, overstruck, pendilia, trabea); IBC: 72; Sear-BCV: 659; Réf. online: Google, CoinArchives, CoinProject, CoinTalk, FAC, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.
La semaine prochaine nous entamons la dynastie des Héraclides avec une première pièce de monnaie de Heraclius.
La quenouille (aussi appelé roseau à massette en Europe ou broadleaf/common cattail en anglais ou encore ガマ [Gama] en japonais) est une plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (Angiospermae), à la classe des Liliopsida (Monocotyledonae), à l’ordre des Typhales (qui ne comporte que deux familles), à la famille des Typhaceae (qui ne comporte que deux ou trois genres), et au genre Typha ([EN] qui inclut une trentaine d’espèces). Le nom origine du grec τυφά [tyfá] qui est la dénomination que lui attribuait le philosophe et botaniste grec Theóphrastos. Les deux espèces les plus répandues en Amérique du Nord sont les Latifolia (signifiant “à large feuilles” en latin) et les Angustifolia (signifiant “à feuilles étroites”).
On la retrouve dans les milieux humides (fossés, marais, bordures d’eau douce et calme des étangs et des lacs qui ne dépassent pas un mètre de profondeur) des régions tempérées et tropicales. Elle est caractérisée par un rhizome subaquatique, une longue tige unique et non rameuse (de un à trois mètres de haut) qui est entourée d’une touffe de longues feuilles glabres d’un vert glauque (large de deux à quatre centimètres). L’inflorescence se retrouve au bout de la tige et est composé d’un double épis floral. L’épis supérieur, plus étroit et de couleur plus claire, est composé de nombreuses petites fleurs mâles — formées simplement d’une paire d’étamines et de poils blanchâtres — qui se fanent rapidement après avoir libéré le pollen. L’épis inférieur, d’un brun plus foncé, a une forme cylindrique (qui s’apparente à une saucisse ou une quenouille, qui peut atteindre jusqu’à trente centimètre de long et de un à quatre centimètres d’épaisseur) et est formé de nombreuses fleurs femelles minuscules. À maturité, l’épis inférieur se désagrège en un duvet cotonneux qui contient les fruits, de petits akènes plumeux, dispensant ainsi les minuscules graines (de 0,2 millimètre) à tout vents.
La plupart des parties de la plante (rhizome, jeunes pousses, la base des feuilles, la moelle blanche des feuilles, l’inflorescence femelle) sont comestibles soit crues en salade, en conserve, étuvées ou grillées. Le rhizome et son tubercule peut être cuit comme une patate ou servir à faire une farine. Elle a aussi quelques usages en phytothérapie traditionnelle (comme diurétique ou crème pour la peau). C’est vraiment une plante qui a mille et une utilités. Les tiges et les feuilles peuvent servir de matériaux de construction (un peu comme le rotin pour faire des paniers ou des meubles ou comme les roseaux pour faire des toitures) et leur fibres peuvent être utilisées pour faire du papier ou du textile similaire à la jute. On s’en sert également pour produire du biocarburant comme l’éthanol. Le duvet de l’inflorescence femelle peut également servir de rembourrure, d’isolant thermique ou remplacer l’étoupe comme bouche-trou (calfatage) ou allume-feu. Comme plusieurs plantes aquatiques elle contribue à l’oxygénation et à la phytoépuration des eaux, principalement en bioaccumulant les contaminants (des métaux lourds comme le plomb et l’arsenic) dans ses rhizomes et ses feuilles. Toutefois, dans certaines régions elle est considéré comme une plante envahissante. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)
[ Translate ]Flavius Petrus Sabbatius Iustinianus (Φλάβιος Πέτρος Σαββάτιος Ἰουστινιανός en grec et Justinien Ier en français) est né vers 482 à Tauresium (Illyrie) dans une famille d’origine paysanne. Son oncle Justinus, qui est officier dans la garde de l’empereur Anastasius, le fait venir à Constantinople et voit à ce qu’il reçoive une bonne éducation. Il entreprend ensuite une carrière militaire dans la garde palatine (schole palatine) et devient l’un des quarante candidati de la garde personnelle de l’Empereur (mais qui n’a, en fait, qu’un rôle d’apparat). À la mort d’Anastasius en juillet 518, son oncle devient empereur et il sert à ses côtés en tant que conseiller. Il est fait consul en 521, puis César en 525 et finalement Auguste et co-empereur le 1er avril 527. Toutefois, son oncle étant malade et mourant, il devient l’unique empereur dès le 1er août 527. Il est probablement l’empereur byzantin le plus important de toute l’histoire de l’antiquité tardive. Il y en aurait long à dire sur les accomplissements de son règne mais je me dois (d’essayer) d’être bref (je suggère de cliquer sur les liens pour plus de détails).
Justinianus est ambitieux car il rêve d’accomplir la renovatio imperii c’est-à-dire de rétablir l’Empire Romain dans toute sa gloire. Pour ce faire il s’entoure de bon conseillers: son épouse Théodora d’abord, puis les généraux Belisarius, Narses, ou Ioannes Troglita, le juriste Tribonianus, et le préfet du prétoire Flavius Ioannes [Cappadociae ou Orientalis]. Dans sa volonté de réunifier l’Empire et le Christianisme, il pousse encore plus loin l’autoritarisme instauré par Diocletianus en centralisant le pouvoir absolu sur sa personne divine. Ainsi, il abolit le consulat et insiste pour se faire appeler κύριος [Kurios], l’équivalent du latin Dominus, soit “Seigneur” ou “Maitre”. Autant de pouvoir entre les mains d’un homme qui ne fait pas partie de la noblesse romaine dérange beaucoup la vieille aristocratie (on voit cette aversion notamment dans le Anecdota: Arcana Historia de Procopius). Celle-ci n’hésitera pas à utiliser les factions et l’hostilité du peuple face à un lourd fardeau fiscal pour fomenter un soulèvement populaire en 532: la sédition Nika. Grâce à une stratégie qui divise les factions et aux troupes loyalistes, Justinianus survit à cette tentative de révolution et ses représailles seront implacables. Il peut alors se consacrer à consolider les frontières de son Empire.
Il consolide d’abord la frontière orientale et tente de négocier la paix avec les Perses sassanides. Toutefois, les hostilité reprennent en 528 et les Perses menacent d’envahir si un tribut ne leur est pas payé. Les Byzantins refusent et les Perses, sous la direction du roi Kavadh Ier, lancent leur attaque en 530. Après de nombreuses batailles (à Dara, Satala, puis Callinicum) les Perses refusent toujours la paix et s’entêtent à demander un tribut. La situation change à la mort du souverain perse en septembre 531 car son fils, Khosro, est moins belliqueux. En septembre 532, un traité de “Paix Éternelle” est signé, rétablissant le statu quo ante bellum. Justinianus peut alors se concentrer sur ses désirs de reconquêtes territoriales. Il reprends d’abord l’Afrique du Nord aux Vandales (533-534), puis conquiert le Royaume ostrogoth qui occupe l’Italie, l’Illyricum et la Gaule Narbonnaise (535-540). Il réussi même à reprendre une partie de l’Hispanie (la Bétique) aux Wisigoths.
Les accomplissements de Justinianus ne sont pas que militaires. On retient notamment de son règne qu’il est un patron des Arts, tout particulièrement de l’architecture car il fait construire de nombreux monuments (la basilique Sainte-Sophie, la colonne de Justinien, etc.) et restaure les ouvrages de ses prédécesseurs. Il entreprend de nombreuses réformes administratives dont la codification des lois romaines avec le Codex Justinianus et le Corpus juris civilis, où il démontre une volonté de niveler les inégalités sociales. Il réussit ainsi à amener l’Empire Romain à un nouvel apogée mais celui-ci n’est malheureusement pas viable: les conquêtes et les traités de paix ont été extrêmement coûteux et une série de catastrophes naturelles plonge à nouveau l’Empire vers le déclin. Un refroidissement climatique (535-36), puis la peste de Justinien (elle débute en 541 et sévira jusqu’en 592 mais perdure pendant plus de deux siècles !) et finalement de nombreux séismes provoquent un déclin démographique et un appauvrissement de la population. Au même moment, de nouveaux barbares (les Koutrigoures) tentent d’envahirent les Balkans (539-40), les Sassanides reprennent les hostilités (540-561), et les Ostrogoths tentent (sans succès, heureusement) de reprendre l’Italie (541-555). Tout ceci mine la confiance du peuple envers l’empereur et la dernière partie du règne de Justinianus se fera dans un climat de contestation. Il meurt le 15 novembre 565 à l’âge de quatre-vingt-trois ans et après un règne de trente-huit ans! Son fils Justinus Junior lui succède.
Je n’ai qu’une seule pièce de monnaie de Justinianus et c’est un demi-follis assez passable (P/VG [Poor/Very Good], 20 nummi, AE [Bronze], 30 mm [1.18 po], 7.798 g [120.3 gr], payé environ $5 le 1985/01/06, grande usure sur l’avers, patine noire avec incrustations de vert-de-gris, le flan a probablement été grugé car il est plus petit et plus léger que les pièces répertoriées de ce type [1.35 po, 174.2 gr]; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur de face, sans barbe, portant un casque à plume et une cuirasse, tenant de la main droite un globe surmonté d’une croix (globus cruciger) et de la main gauche un bouclier à motif équestre, une croix dans le champs gauche avec l’inscription latine illisible D[ominus] N[oster] IVSTINI-ANVS P[er]P[etvvs] AVG[vstvs] (“Notre Seigneur Justinianus, Perpétuel Auguste”). Le revers illustre un grand “K” (marque de valeur, K = 20 nummi ou un demi-follis) flanqué à gauche d’un ANNO à la verticale et à droite d’un XII à l’horizontal (marque indiquant l’année de règne; Anno XII = 12e année), une croix (✝︎) [ou un ⳨, tau-rho?] au-dessus et un NI en-dessous (marque de l’atelier de Nicomédie).
Même si l’avers comporte une usure importante, nous distinguons suffisamment de détails pour identifier le type (portrait de face avec orbe crucigère) et une petite partie de l’inscription reste lisible (…TINI…) ce qui nous permet de confirmer l’identité de l’empereur titulaire. Heureusement, le revers est en meilleur état et comporte une marque d’atelier ainsi qu’une datation précise. Ceci (et la confirmation par les sources: Sear, D. R. Byzantine Coins and Their Values: pp. 56, 67; Wroth, W. Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the BM, v. 1: pp. 25, 48) nous permet de conclure que ce demi-follis a été frappé à Nicomédie durant la douzième année du règne de Justinianus (538-539 EC).
[ Translate ]Sources: Wikipedia (Justinianus [FR/EN], globus cruciger, monnaie byzantine), FAC (Justinianus, Byzantine Denominations, globus cruciger, Nicomedia); Sear-BCV: #203; IBC: #221; Réf. online: Google, acsearch, CoinArchives, CoinProject, CoinTalk, FAC, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.
La semaine prochaine nous concluons la dynastie des justiniens avec une pièce de monnaie de Phocas.
[ Canon PowerShot S5 IS, Jardin botanique, 2015/07/05 ]
[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2017/07/23 & 2018/06/26 ]
Une autre entrée dédiée aux nénuphars (la dernière, je promet)! Après vous avoir présenter les nénuphars rose il y a deux semaines et les nénuphars jaunes la semaine dernière, je ne pouvais pas passer sous silence les classiques et superbes nénuphars blancs (appelés “European white water lily” en anglais et セイヨウスイレン [Seiyou suiren, lit. “Nénuphar d’Occident”] en japonais). Comme ses cousins, c’est une plante aquatique qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae), à classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à l’ordre des Nymphaeales (EN / スイレン目 [Suiren-me]), à la famille des Nymphaeaceae (EN) et au genre Nymphaea (EN / スイレン属 (Suiren zoku), qui regroupe une trentaine d’espèces). Le nom du genre origine du grec νυμφαία (nymphaia) en référence aux nymphes de la mythologie alors que le nom de l’espèce (alba) signifie simplement “blanc” en latin.
Cette plante herbacée vivace pousse dans les eaux calmes (profonde de trente à cent-cinquante centimètres) et est caractérisée par des rhizomes subaquatiques, de larges feuilles arrondies flottantes (qui peuvent atteindre quinze à trente centimètres de diamètre) et de grandes fleurs solitaires blanches. Le calice de la fleur est composé de quatre sépales, alors que la corolle est formée d’une vingtaine de long pétales qui entourent les très nombreuses étamines pourvues d’anthères jaunes. Après la floraison, qui se déroule de juin à septembre, le fleur s’enfonce sous l’eau et le fruit (un akène) s’y développe, jusqu’à maturité où les graines se libèrent et flottent à la surface, dispersées par hydrochorie.
Ses rhizomes (broyées et mélangées avec du vin) étaient utilisées en phytothérapie traditionnelle comme anaphrodisiaque, antispasmodique et astringent, alors que le reste de la plante (principalement les pétales de la fleur) était utilisé comme sédatif (grâce aux alcaloïdes qu’elle contient). Les rhizomes (longuement bouillies pour éliminer le goût âcre), le fruit (cru) et les graines (bouillies ou grillées) seraient comestibles. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)
[ Translate ]Mes parents (qui sont malheureusement tous deux retournés à la terre depuis quelques années déjà — mon père en 2015 et ma mère en 2017) ont été marié pendant soixante-deux ans ! C’est admirable et un très bel exemple à suivre …
Alors je vous dis d’oubliez le côté commercial de cette fête, qui a été inventé pour faire vendre des fleurs et du chocolat, et contentez-vous d’apprécier l’amour et l’harmonie qui vous entoure. Je vous en souhaite à tous beaucoup en ce jour prochain de la Saint-Valentin.
[Ces photos ont été prises en août 1953 et le 16 mai 2015]
[ Translate ]Flavius Anastasius (Φλάβιος Ἀναστάσιος en grec et généralement appelé Anastase 1er en français) est né à Dyrrachium vers 430 dans une famille noble romaine. Il obtient une place dans l’administration du Grand Palais de Constantinople jusqu’à être promu silentiarius (une sorte de gardien de sécurité qui fait respecter l’ordre et le silence), une position certes dans l’entourage proche de l’empereur mais en tant qu’officier subalterne (décurion) sous les ordres du magister officiorum. À la mort de Zeno, le 9 avril 491, aucun successeur n’a été désigné et le sénat et les officiers militaires ne s’entendent pas sur un candidat — les uns favorisant un romain et les autres un isaurien. La veuve de l’empereur, l’impératrice Ariadnè, exerce donc son influence pour faire nommer Anastasius, qui était perçu comme un vieillard inoffensif (âgé de soixante ans), sans influence, et donc parfait pour une règne de transition. Il est couronné empereur le 11 avril et le 20 mai, pour consolider sa position au sein de la dynastie Leonide, il épouse Ariadnè. Le fait qu’il ait les yeux vairons (l’un bleu, l’autre noir) lui vaut le surnom de dicorus (Δίκορος, “deux-pupilles” en grec).
Son règne est troublé par de nombreux conflits. D’une part, les Isauriens — qui avaient acquis une influence considérable dans l’armée et supportait la candidature de Longinus, le frère de Zeno, comme empereur — se révoltent et Anastasius doit mener un longue campagne (492-497) pour rétablir l’ordre. Il doit également mener un guerre défensive pour contenir les invasions tant à l’est, par les Perses sassanides (502-506), qu’au nord dans les Balkans, par les Bulgares et les Slaves. Pour protéger Constantinople contre ces derniers, il fait construire un long mur qui s’étend de la mer de Marmara à la mer Noire. De plus, les conflits sociaux dues à une importante croissance démographique urbaine, ses politiques économiques et religieuses (officiellement orthodoxe il favorisait néanmoins les monophysites) ont souvent été la source de révoltes, dont le conflit entre les factions des bleus et des verts (en 501, 507 et 512) et la rébellion de Vitalianus en Thrace (513-515). Malgré ces troubles, on retient d’Anastasius qu’il a été un excellent administrateur qui, grâce à des réformes monétaires (498) et administratives ainsi qu’une politique fiscale très économe, a réussi à rétablir les finances de l’Empire laissant à ses successeurs un important surplus budgétaire.
Il meurt (sans doute d’un malaise cardiaque) à Constantinople le 9 juillet 518, à l’âge vénérable de quatre-vingt huit ans, sans laisser de descendance. Son règne aura duré vingt-sept ans! Après de difficiles délibérations, on choisit comme successeur le général Justinus, commandant de la garde impériale, qui est d’origine paysanne, peu éduqué et déjà âgé de soixante-cinq ans. Avec l’aide de son neveu Justinianus (qu’il nomme co-empereur en 527) il réussi durant son règne de neuf ans à maintenir les frontières de l’Empire contre la pression du royaume Ostrogoth et des Perses sassanides. Il rétablit également les relations avec l’Église de Rome mettant ainsi fin au schisme d’Acace. C’est le début de la brillante dynastie justinienne…
Je n’ai qu’une seule pièce de monnaie d’Anastasius et c’est un assez beau follis / nummus (G [Good], AE [Bronze], 40 Nummi, 30 x 31 mm [1.18 x 1.22 inches], 18.477 g [277.2 gr], payé environ $6 le 1985/04/14, caractérisé par une patine cuivré avec quelques dépôts de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur avec diadème, sans barbe, drapé (d’un paludamentum) et cuirassé à droite, avec l’inscription latine D[ominvs] N[oster] ANASTA-SIVS P[er]P[etvvs] AV[gvstvs] (“Notre Seigneur Anastasius, Perpétuel Auguste”). Le revers illustre un grand “M” (marque de valeur = 40 nummi) encadré par deux étoiles à six branches (✱, quoiqu’initialement j’ai cru qu’il s’agissait de ☧ [chi-rho] — comme marques de séquence?), avec une croix (✝︎) au-dessus et un “B” en dessous (marque d’officine, Bêta = 2), ainsi qu’un CON en exergue (marque d’atelier pour CONstantinople).
Cette pièce a donc été frappé par la deuxième officine de l’atelier de Constantinople mais il n’est malheureusement pas possible de la dater avec beaucoup plus de précision que la durée du règne d’Anastasius (du 1er avril 491 au 1er juillet 518 EC). Toutefois, comme c’est une pièce qui date d’après la réforme monétaire de 498 EC, nous pouvons donc la dater de 498 à juillet 518 EC.
[ Translate ]Sources: Wikipedia (Anastasius [FR/EN], monnaie byzantine), FAC (Anastasius, Byzantine Denominations), ERIC (Anastasius); IBC: 20-22; S-BCV: 19. Réf. online: Google, acsearch, CoinArchives (Γ), CoinArchives (B), CoinTalk, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.
Bibliographie:
- Sear, David R. Byzantine Coins and Their Values. London: Spink, 2014 (2nd Ed.: 1987). ISBN 978-0-7134-7740-5. pp. 35, 38.
- Wroth, Warwick. Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the British Museum, vol. 1. London: BM, 1908. pp. xiii-xiv, lxxviii-lxxiv, lxxxiv, lxxxviii, xcii, xcix, civ, 1, 4.
Nous entrons maintenant véritablement dans l’Empire Byzantin. À partir de ce moment les pièces de monnaie sont assez différentes de ce qu’elles étaient dans l’Empire Romain d’Occident, souvent en moins bon état de conservation et donc plus difficile à identifier et à dater. Les références numismatiques changent aussi (les principales sources sont les deux titres mentionnés en bibliographie).
Cette pièce est un bon exemple de la réforme monétaire établit par Anastasius en 498 qui affecta surtout la monnaie de bronze. Il crée de nouvelles dénominations dont la valeur est clairement affichée sur les pièces aux dimensions plus large: la pièce de quarante nummi (ou follis, marquée par le numéral grec “M”), la pièce de vingt nummi (semifollis, marquée par un “K”), la pièce de dix nummi (decanummium, marqué par un “I”) et la pièce de cinq nummi (pentanummium, marquée d’un “ε”). Un solidus d’or valait donc environ 360 folles et un follis équivalait à peu près au prix d’une miche de pain. Évidemment, l’abandon des illustrations allégoriques sur le revers pour une simple représentation de la valeur de la pièce nous donne des pièces à l’apparence plus sobre et d’un intérêt artistique moindre. Aussi, étrangement et sans raison apparente, ces dénominations se retrouvent parfois en deux formats: par exemple on retrouve une série de follis au module large (de 30 à 39 mm) et une série de follis au module plus petit (23 à 27 mm) qui pèse presque la moitié du poids.
La semaine prochaine nous abordons la dynastie justinienne avec l’important empereur byzantin Justinianus.
[ Canon PowerShot S5 IS, Jardin botanique, 2015/07/05 ]
[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2017/07/23 & 2018/06/26 ]
La semaine dernière je vous ai montré des spécimens de nénuphars roses. Cette fois-ci j’aimerais m’attarder sur les nénuphars jaunes. Ils appartiennent à la même famille mais à des genres différents. Tout comme le nénuphar rose le nénuphar jaune (appelé “yellow water-lily” en anglais et セイヨウコウホネ [Seiyou kouhone] en japonais) est une plante aquatique qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae), à classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à l’ordre des Nymphaeales (EN / スイレン目 [Suiren-me]), à la famille des Nymphaeaceae (EN) mais, au lieu du genre Nymphaea [EN / スイレン属 (Suiren zoku)], il appartient plutôt au genre Nuphar ([EN / コウホネ属 (Kōhone zoku)] qui regroupe une dizaine d’espèces). Le nom du genre prends son origine dans l’arabe nīlūfar ou l’égyptien nfr (lys d’eau ou lotus) alors que le nom de l’espèce (lutea) signifie simplement “jaune” en latin.
Le nénuphar jaune partage les même caractéristiques que son cousin rose (racines et rhizomes subaquatiques, feuilles flottantes à la surface) mais se distingue par l’apparence de sa fleur dont les pétales sont beaucoup plus petits que ses quatre à six sépales de couleur jaune vif (qui sont eux-même très courts comparé aux longs et abondants pétales des nénuphars roses ou blancs). Autre singularité, le fruit du nénuphar jaune mûri hors de l’eau, en restant sur sa hampe, alors que celui des Nymphaea mûri sous l’eau après la fermeture de la fleur.
Il semble que dès le début du néolithique cette plante ait été utilisé comme nourriture d’appoint (tubercules bouillis et graines rôties) et même dans la médecine traditionnelle (avec des usages aussi divers que comme anaphrodisiaque, antifongique, anti-inflammatoire, antimicrobien, astringent, hypotenseur, sédatif, vasoconstricteur, etc.). De nos jours elle est surtout cultivée comme plante ornementale mais sa riche biochimie offre des composées qui ont récemment suscité de l’intérêt pour le traitement de maladies comme le cancer ou l’Alzheimer. En plus de composer de charmant jardins aquatiques (surtout en juxtaposition avec des Nymphaea) elle a également la propriété de bioaccumuler des contaminants présents dans l’eau ou dans les sédiments (comme les radionucléides et certains métaux lourds comme le cuivre) en les absorbant et les concentrant dans ses rhizomes et ses feuilles et contribuant ainsi à purifier l’environnement. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)
[ Translate ]Flavius Valerius Leo (en grec Λέων / Leōn; généralement appelé Léon 1er en français) est né en Thrace (ou en Dacie aurélienne) vers 401 dans une famille très modeste. Il fait une brillante carrière militaire durant les règnes de Theodosius II et Marcianus, jusqu’à obtenir le rang de tribun militaire (ou comes rei militaris). Il est le protégé du puissant général Aspar qui le fait nommer empereur à la mort de Marcianus en janvier 457 — ne pouvant prendre le pouvoir lui-même car il était Alain d’origine. Il espérait sans doute en faire un empereur fantoche qu’il pourrait aisément contrôler comme ses prédécesseurs mais Leo s’est révélé est un administrateur compétent et indépendant. Il est le premier empereur byzantin à tenir cour non pas en latin mais en grec (le grec hellénistique [macédonien] qu’on appelait alors le κοινὴ διάλεκτος / koinề diálektos ou langue commune).
Il est officiellement couronné empereur le 7 février 457. Il renforce l’armée en établissant une alliance avec les Isauriens, donnant sa fille Ariadnè en mariage à leur chef Tarasicodissa (qui prit plus tard le nom de Zeno). Il contrecarre ainsi l’influence peu populaire des Germains (et de Aspar) au sein de l’armée. Ceci lui a également permis de contenir les invasions barbares en Orient (malgré quelques incursions par les Ostrogoths de Theodoric ou par les Huns) et aussi d’aider l’Empire d’Occident à reconquérir une partie de son territoire. Il poussera l’ingérence jusqu’à nommer Anthemius empereur d’Occident en 467 et à tenter avec lui en 468 une expédition contre les Vandales de Genséric qui s’avérera très coûteuse et désastreuse. En novembre 473, suite à des problèmes de santé, il assure sa succession en nommant Auguste son petit-fils Leo II (fils de Ariadnè et Zeno, alors âgé que de six ans). Il meurt de dysenterie le 18 janvier 474, à l’âge de soixante-treize ans. Il aura régné dix-sept ans.
En février 474, Leo Junior prends son père comme co-empereur mais ne règne malheureusement qu’une dizaine de mois et décède le 10 novembre 474. Dès lors, Zeno règne seul sur l’Orient jusqu’à son décès en avril 491. Son règne de dix-sept ans est perturbé et même interrompu par plusieurs usurpations (Basiliscus en 475, Marcianus en 479, ainsi que Illus et Léontios en 484) qui sont parfois instiguées par l’Impératrice Verina (veuve de Leo I). Cette époque verra non seulement la chute définitive de l’Empire d’Occident qui passe sous le contrôle d’Odoacre en 476, puis de l’ostrogoth Theodoric en 488, mais également le premier schisme religieux (schisme d’Acace) qui divise les Églises d’Orient et d’Occident (et ce malgré la tentative de conciliation de Zeno avec un Édit d’Union, le Henotikon) encore sur la question de la nature du Christ (divine et humaine pour les chalcédoniens, seulement divine pour les monophysites). Zeno aurait été un joueur de Tabula (l’ancêtre du backgammon). À sa mort, comme il n’a plus de descendance, l’Impératrice Ariadnè favorise le haut-fonctionnaire Anastasius comme successeur.
Je n’ai qu’une seule pièce de Leo mais c’est un superbe solidus, véritablement la pièce maîtresse de ma collection (VF / EF [Very Fine / Extra Fine], Au [or], 21 mm, 4.418 g, payé environ $250 [1200 FF] le 1986/02/12, aucune rognure et en excellente condition sinon que le nez de l’empereur a été un peu écrasé; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur de face, casqué et cuirassé, portant un diadème perlé, une lance (derrière l’épaule, tenue par la main droite levée) et un bouclier (à motif équestre?), avec l’inscription latine D[ominvs] N[oster] LEO PE-RPET[vvs] AVG[vstvs] (“Notre Seigneur Leo, Perpétuel Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée, drapée, debout à gauche tenant de la main droite une longue croix ornée de bijoux, avec l’inscription latine VICTORI-A AVGGG[vstorum] H (“La Victoire des [trois] Augustes”; les trois “G” indique un pluriel triple; suivie d’une marque d’officine [ H (Eta) = huitième officine ]), un CONOB en exergue (Constantinopoli obryzum; marque de l’atelier de Constantinople [CON] suivi d’une marque de titrage attestant à la fois de la pureté de l’or [OB = Obryzum, “Or raffiné” en grec] et d’un poids d’un soixante-douzième de livre [OB = chiffre grec pour 72; Omicron = 70 + Beta = 2]) et une étoile dans le champs droit.
D’après le RIC (The Roman Imperial Coinage, vol. X: The Divided Empire and the Fall of the Western Parts, AD 395-491. Kent, J.P.C., edited by Carson, R.A.G., Kent J.P.C. & Burnett, A.M.. London: Spink & Son Ltd, 1994. Pp. lxiii, lxvi, 100-102, 484-85), cette pièce aurait été frappé par la huitième officine de l’atelier de Constantinople vers 462 ou 466 EC. On note la forme plus angulaire des lettres “C” et “G”, ainsi que le bout de la lance porté par l’empereur en avers qui pointe entre le “P” et le “E” du “RPET” ce qui est caractéristique de la première période de son règne (457 – 468 EC).
[ Translate ]Sources: Wikipedia (Leo [FR/EN]), FAC (Leo I, CONOB, Constantinopolis, Cross, Obryzum, Victoria Avggg, Victory), ERIC (Leo I); RIC v. X: 605 (p. 285); Sear RCV (1983): 4233; Réf. online: Google, acsearch, CoinArchives, CoinProject, FAC, numismatics, numista, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.
Je conclus avec quelques réflexions sur cette pièce. D’abord, le portrait militaire en avers (casqué et cuirassé) veut donner une image forte de l’empereur et le montre capable de maintenir l’ordre. Aussi, l’illustration du revers comporte des éléments qui sont tant païens (la victoire) que chrétiens (la croix, qui représente sans doute la Vraie Croix que la mère de Constantin avait ramené de son pèlerinage en Palestine en 326) ce qui semblerait indiquer que le Christianisme ne domine pas encore tout l’Empire et que la propagande veut faire appel aux éléments païens qui persistent (sans doute ces “barbares” Germains ou les Isauriens qui dominent l’armée). Toutefois, à l’opposé, cela pourrait aussi représenter le triomphe du Christianisme… Je trouve aussi l’inscription CONOB, qui signifie “Constantinople, 1/72 de livre d’or pur”, plutôt intéressante car en seulement cinq lettres elle en dit beaucoup. Finalement, on peut se demander qui étaient ces trois empereurs auxquels fait référence l’inscription Victoria Avggg (le triple “G” indique bien un triple pluriel)? Comme il a un historique d’ingérence dans l’Empire d’Occident, Leo inclut probablement à ses côtés l’empereur d’Occident (soit Libius Severus [461-465], soit Anthemius [467-472] qu’il a lui-même nommé). Mais qui serait le troisième? Comme le RIC (op. cit., p. 485) date cette pièce de 462 ou 466, il est trop tôt pour que ce soit son petit-fils, Leo II, qu’il nomme Auguste seulement en 473. On pourrait sans doute supposer que Leo inclut dans le compte son épouse, l’Impératrice Verina.
La semaine prochaine nous concluons la dynastie Thrace (ou Leonide) avec une pièce de l’empereur Anastasius.
[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]
Je reviens brièvement sur les nénuphars… avec quelques images de nénuphars roses (Pink Water Lily en anglais ou ピンクの睡蓮 [Pinku no suiren] en japonais). Ce que nous appelons communément “nénuphar” (parfois appelé “lys d’eau” ou “Water Lily” en anglais ou 睡蓮 [suiren] en japonais) appartient en fait à plusieurs genres de la famille des Nymphéacées (il ne doit pas être confondu avec le Lotus auquel il ressemble beaucoup et qui, lui, appartient à la famille des Nélumbonacées). Il désigne des plantes aquatiques qui poussent dans les eaux calmes et sont caractérisées par des rhizomes subaquatiques, de larges feuilles arrondies flottantes et de grandes fleurs solitaires blanches, jaunes, rouges ou de nuances intermédiaires (roses, violacées ou pêches). À l’origine il n’existait qu’une seule espèce européenne qui était blanche (Nymphaea alba) mais qui a été croisée au XIXe siècle avec des espèces tropicales pour créer une grande variété colorée d’hybrides et de cultivars (qui furent notamment popularisée par le peintre Monet).
C’est une plante qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae), à classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à l’ordre des Nymphaeales ([EN / スイレン目 (Suiren-me)] qui regroupe cinq familles dont les Nymphaeaceae et les Nelumbonaceae où l’on retrouve les lotus du genre Nelumbo), à la famille des Nymphaeaceae ([EN] qui regroupe une demi-douzaine de genres dont les deux plus importants sont les Nymphaea [une trentaine d’espèces] et les Nuphar [une dizaine d’espèces]), et au genre Nymphaea [EN / スイレン属 (Suirenzoku)]. Si le nom nénuphar origine de l’arabe nīlūfar (lui même emprunté au sanscrit नीलोतपल / nīlōtpala via le persan, ou même à l’égyptien nfr, et fait référence au lotus) le nom latin Nymphea provient lui du grec νυμφαία (nymphaia) et fait référence aux nymphes de la mythologie.
Il est difficile de dire à quelle espèce appartiennent ces nénuphars roses que j’ai photographié puisqu’il en existe une grande variété. Il pourrait s’agir de Nymphaea ‘Sunny Pink’, de Nymphaea marliacea ou de Nymphaea darwin mais j’opterais plus probablement pour les Nymphaea fabiola. Quoiqu’il en soit, elles sont très agréable à regarder (et dégage aussi une plaisante fragrance). C’est d’ailleurs pourquoi le principal usage des nénuphars est décoratif car ils agrémentent bien un jardin aquatique. Ils peuvent fournir un abris à la faune des étangs et des lacs mais aussi l’ombre qu’ils produisent contribue à réduire la croissance des algues. Étant donné qu’ils contiennent de la nupharine (un alcaloïde quinolizidine), les nénuphars sont toxiques (sauf pour les graines et les tubercules de certaines espèces). Toutefois dans certaines cultures les rhizomes, les tubercules et les bourgeons bouillis sont parfois consommés (surtout comme aliment de famine) ou utilisés dans la médecine traditionnelle. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)
Vous noterez que la plupart des photos botaniques que je met en ligne récemment datent d’avant la pandémie. En effet, je n’ai pas mis les pieds ni au jardin botanique ni au festival de la tulipe d’Ottawa depuis plus de deux ans ! Espérons que l’été prochain je pourrais aller ailleurs que dans mon jardin ou le parc Frédéric-Back pour collecter des images. On m’a d’ailleurs suggéré un site intéressant pour les jeunes (et moins jeunes) naturalistes qui désire admirer ou faire identifier leurs clichés: iNaturalist.
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