Monnaies anciennes 101

Pièce canadienne moderne (2)

Post-confédération: One Cent

Pour ce qui est des pièces canadiennes modernes nous pourrions nous étendre sur le sujet pendant longtemps avec les pièces de un cent, de cinq cents, de dix cents, de vint-cinq cents, de cinquante cents et le dollars qui ont tous beaucoup varié de design et de portrait au cours des années. J’y reviendrais peut-être un jour mais pour cette fois je ne vais m’attarder que sur la pièce de un cent.

Comme je ne collectionne pas ces pièces pour leur valeur numismatique (nécessitant une qualité fleur de coin [Proof] ou pour le moins splendide [Mint / uncirculated]), mais bien pour leur intérêt historique, je me soucis peu de l’état de conservation dans lequel elles sont. L’état de mes pièces est donc assez variable mais, à part certaines des pièces plus anciennes, elles sont en général dans l’ordre du Très Beau (Fine) ou du Très Très Beau (Very Fine). En fait, pour moi, l’intérêt d’une pièce vient du fait qu’elle ait circulé, passant entre des milliers de mains et se trimbalant dans d’innombrables poches.

Une histoire de gros sous…

Après avoir été obligé d’utiliser des jetons pendant près d’une cinquantaine d’années — faute d’avoir assez de pièces de petites dénominations — la Province du Canada décide de frapper sa propre monnaie en 1858. Pour simplifier les choses (il faut le dire le système monétaire Britannique était plutôt compliqué) on adopte d’emblée la décimalisation. En s’inspirant de ce qu’a fait son voisin du sud, les États-Unis, la devise canadienne devient donc le “dollar” et sa plus petite dénomination (un centième de dollar) est le “cent” — qui remplace le “sou” du Bas-Canada. Comme le sou valait un demi-penny on a décidé de donner au cent le même format que ce dernier (en fait trois millimètres plus petit avec un diamètre de vingt-cinq millimètres). Anecdote amusante: comme le dollar vaut une couronne britannique (soit un quart de livre sterling ou cinq shilling ou soixante pence [le pluriel de penny]) une pièce de vingt-cinq cents vaut donc quinze pence (ou trente demi-penny) d’où le fait qu’on parle encore parfois de trente sous pour désigner le vingt-cinq cents! Comme les premières pièces d’un cent étaient beaucoup plus grosses que celle que nous utilisons de nos jours (et depuis 1920), elles sont appelées Gros Sous (Large Penny) pour les distinguer.

La Province du Canada n’est toutefois toujours pas en mesure de produire sa monnaie localement. La frappe est donc encore effectuée par la Royal Mint de Londres (sans marque de frappe) et l’atelier de la Heaton Mint à Birmingham (indiqué par un petit “H” sur le revers, sous la date). Comme la production est maintenant mécanisée on retrouve, contrairement aux pièces plus anciennes, une très grande uniformité dans la taille et le poids des pièces. Les seules éléments qui changent sont les portraits des monarques et leur titulatures, ainsi que de menu détails dans le dessin (la grosseur du feuillage, la forme de tel chiffre ou telle lettre, etc. — je ne m’attarderais pas sur ces derniers, sauf les plus significatifs, car ils sont trop nombreux. Ainsi le gros sou a connu au fil des ans cinq variations importantes dans son type.

Gros sou (Large penny)

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1858 – 1859: VICTORIA

IMG_2786-2789En 1858 et 1859, la Province du Canada frappe en très grande quantité un premier gros sou conçu par le graveur Leonard C. Wyon (G [Good], Ae [Bronze composé de 95% de Cu, 4% Sn et 1% Zn], 25 mm, 4.5 g, axe: ↑↑). L’avers présente une tête (jeune et idéalisée) de la reine Victoria, à gauche, portant une couronne de laurier, avec l’inscription latine (encadrée par deux cercles de pointillés) VICTORIA DEI GRATIA REGINA. (“Victoria, reine par la grâce de dieu, Canada”). Le revers illustre, encadré par deux cercles de pointillés, un motif serpentin de seize feuilles d’érable enroulées autour d’une vigne, avec une inscription centrale en anglais qui indique la valeur de la dénomination (One Cent) et la date (1859). Je ne possède malheureusement pas de spécimen de la pièce frappée en 1858.

L’émission massive de pièces de un cent (dix millions!) , alors que les jetons de cuivre circulaient encore abondamment, a fait que le marché a été rapidement saturé et qu’il a fallut près de dix ans pour tout écouler. C’est pourquoi il n’y a eut aucune pièces de un cent de produit entre 1859 et 1876. Aussi, à cette époque, les six colonies de l’Amérique du Nord Britannique (le Canada-Unis, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l’Ile-du-Prince-Edouard, la Colombie-Britannique et Terre-Neuve ) étaient en pleine négociation pour établir une éventuelle unification et l’on savait que si ce projet aboutissait il faudrait réorganiser les différentes émissions monétaires de chacune des colonies — une raison de plus pour suspendre la frappe. Une petite note historique: Cette union était rendue nécessaire par la menace américaine qui s’intensifia suite à la Guerre Civile, une demande pour une plus grande souveraineté et une économie de marché qui, divisé, peinait à faire face à la concurrence américaine. Après trois conférences de négociations à Charlottetown et Québec en 1864, puis à Londres en 1866, une entente est finalement signée et entérinée par la reine Victoria en 1867, sous la forme de l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique, qui dissout l’Acte d’Union pour former les provinces de l’Ontario et du Québec, en y adjoignant la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick, pour constituer une nouvelle fédération (c’est une erreur de parler de confédération) sous le nom de Dominion du Canada — les autres provinces s’ajouteront plus tard: le Manitoba en 1870, la Colombie-Britannique en 1871, l’Île-du-Prince-Edouard en 1873, l’Alberta et la Saskatchewan en 1905 et finalement Terre-Neuve en 1949.

1876 – 1901: VICTORIA

Non seulement le Dominion du Canada continue d’utiliser les pièces frappé sous la Province du Canada, mais il en conserve le même type quand il commence à frapper ses propres pièces en 1876… à quelques différences près. La pièce est toujours produite en Angleterre dans le même format, avec le même titre métallique mais on accroit son poids d’environ un gramme (Ae [Bronze composé de 95% de Cu, 4% Sn et 1% Zn], 25 mm, 5.6 g, axe: ↑↑). L’avers présente maintenant un portrait plus mature et réaliste de la reine Victoria (visage plus rond), qui porte dorénavant une couronne de diadème, et la titulature reste la même. Le revers reste à peu près inchangé sinon que les feuilles d’érables sont d’abord un peu plus grosses (de 1883 à 1890) puis plus étroites avec des veinures plus profondes (de 1891 à 1901, redessinées par le graveur G. W. DeSaulles). Je pourrais illustrer ici chacune des années de production mais je vais me contenter de ces six exemples.

1902 – 1910:  EDWARDVS VII

IMG_2739-2741En janvier 1901, la reine Victoria décède et son fils Édouard VII lui succède. La pièce de un cent demeure la même mais l’avers est modifié (avec un dessin de G. W. DeSaulles) pour refléter le changement de monarque: il présente maintenant un buste d’Edouard VII, à droite, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine EDWARDVS VII DEI GRATIA REX IMPERATOR – CANADA (“Edouard VII, par la grâce de dieu, roi et empereur – Canada”). Le revers reste inchangé. À partir de 1908, la frappe de monnaie sera finalement effectuée au Canada, avec la création de la Monnaie Royale Canadienne à Ottawa (mais les pièces ne comporte aucune marque de frappe pour les distinguer).

1911: GEORGIVS V (sans “DEI GRA”)

IMG_2758-2760En mai 1910, Edouard VII décède à son tour et est succédé par son fils George V. On en profite cette fois pour mettre à jour l’avers avec le portrait et la titulature du nouveau monarque mais on modifie également le revers. L’avers présente un buste de George V, à gauche, vêtu d’un manteau d’apparat et d’une couronne impériale, avec l’inscription latine GEORGIVS V REX ET IND: IMP: (“George V, roi et empereur des Indes”) — sans doute pour faire place à un titulature plus longue qui souligne que l’Empire Britannique inclus maintenant les Indes on a omis le “Dei Gracia” (“Par la grâce de dieu”). L’illustration du revers reste la même mais l’inscription est changée pour ONE CENT CANADA — 1911 (le “Canada” est déplacé de l’avers au revers et un trait séparateur est ajouté dessous).

1912-1920: GEORGIVS V

Étrangement, l’absence du “Dei Gracia” souleva un tollé de protestations (on criait à la monnaie “sans dieu”). Ainsi, dès l’année suivante on corrigea la titulature qui devint GEORGIVS V DEI GRA: REX ET IND: IMP: (“George V, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Encore plus mystérieux, j’ai trouvé dans ma collection un cent de 1917 d’une couleur argenté matte (similaire au nickel). Je n’ai toutefois trouvé aucune mention d’une telle production dans les sources numismatiques. Un petit rigolo se sera sans doute amusé en faisant des tests de placage au nickel sur un pièce… En 1920, on change également très légèrement le titrage métallique de la pièce d’un cent: la proportion de cuivre est augmenté à 95.5%, celle de l’étain diminuée à 3% et celle du zinc augmenté à 1.5%. Cela est sans doute motivé par un accroissement du coût de certains métaux et annonce la réduction imminente de la taille de la pièce d’un cent.

Petit sou (Small penny)IMG_2783

1920 – 1936: GEORGIVS V

IMG_2770-2772En 1920, même si une grande pièce d’un cent à déjà été produite (quoique en moindre quantité), on frappe une nouvelle pièce mais cette fois plus petite (Ae [Bronze composé de 95.5% de Cu, 3% Sn et 1.5% Zn], 19 mm, 3 g, axe: ↑↑). C’est un changement radical qui a été motivé par l’augmentation du coût des métaux et la nécessité de faire des économie (la pièce ne peut pas coûter plus cher à produire que sa valeur). On en profite également pour ramener le cent canadien aux même proportions que le cent américains. Autre grand changement: on élimine la bordure de pointillé. L’avers reste le même (conception par Sir E.B. MacKennal, seulement en plus petit) mais le revers est complètement redessiné par Fred Lewis et le graveur W.H.J. Blakemore. Il présente maintenant un large CANADA dans le haut, un ONE CENT encadré verticalement par deux séparateur (-•-) et horizontalement par deux feuilles d’érables, avec l’année d’émission dans le bas (ici: 1920). Ce sera la première des très nombreuses variations (plus d’une douzaine!) que connaitra l’apparence du petit cent.

En janvier 1936, George V décède et est succédé par son fils Édouard VIII. Toutefois, en décembre de la même année, avant même qu’on frappe la monnaie canadienne à son effigie, celui-ci abdique (suite à un scandal) en faveur de son frère George VI. En 1937, en attendant que les coins de frappe soit prêt avec l’effigie du nouveau monarque, on frappa une petite quantité de pièces de 1936 mais en ajoutant un petit point sous la date pour distinguer cette émission exceptionnelle. C’est la seule petite pièce de un cent que je n’ai pas car elle extrêmement rare.

1937 – 1947: GEORGIVS VI 

IMG_2773-2774Après l’accession de George VI, pour accélérer la production des nouveaux coins de frappe, l’atelier monétaire de Paris est mis à contribution (Ae [Bronze composé de 95.5% de Cu, 3% Sn et 1.5% Zn], 19 mm, 3 g, axe: ↑↑). L’avers du cent est modifié (portrait et titulature, sur un dessin de T.H. Paget — qui signe d’un petit “HP” dessous la tête) pour refléter le nouveau monarque et on en profite pour finir de moderniser le revers en lui donnant ce qui sera son apparence définitive (dessin et gravure de G.E. Kruger-Gray — signature d’un petit “K•G” dans le champs droit). Et la bordure en pointillé est de retour! L’avers présente une tête nue (sans couronne) de George VI, à gauche, avec l’inscription latine GEORGIVS VI D:G:REX ET IND:IMP: (“George VI, par la grâce de dieu, roi et empereur des Indes”). Le revers illustre maintenant une brindille de deux grandes feuilles d’érable (représentant sans doute les deux peuples fondateurs du pays: les français et les anglais — à cette époque on négligeait encore les autochtones), avec l’inscription en haut 1 CENT (le fait de mettre la valeur en chiffre règle la question du bilinguisme), la date d’émission (ici: 1939) dans le champs gauche et Canada dans le bas. En 1942, on change encore le titrage métallique en diminuant la proportion d’étain à 0.5% et augmentant celle du cuivre à 98%.

Toutefois, en 1947 un nouveau problème se pose aux monnayeurs canadiens: l’Inde a acquise son indépendance et le monarque n’est donc plus l’empereur des Indes! En attendant que de nouveaux coins de frappe soit produit pour 1948, on frappe une pièce de 1947 mais cette fois avec une petite feuille d’érable à la droite de la date. Cette pièce n’est pas rare car elle a été frappé à un peu plus de quarante millions d’exemplaires (j’en ai donc un spécimen, non illustré).

1948 – 1952: GEORGIVS VI (sans le “ET IND IMP”)

IMG_2776-2777Dès que les coins sont prêts on frappe les pièces pour 1948 (Ae [Bronze composé de 98% de Cu, 0.5% Sn et 1.5% Zn], 19 mm, 3 g, axe: ↑↑). Le portrait de l’avers reste le même mais la titulature est maintenant GEORGIVS VI DEI GRATIA REX (“George VI, roi par la grâce de dieu”). Le revers reste inchangé.

1953 – 1964: ELIZABETH II

IMG_2778-2779George VI décède en février 1952 et sa fille Élisabeth II lui succède. L’avers est donc modifié pour refléter ce changement (Ae [Bronze composé de 98% de Cu, 0.5% Sn et 1.5% Zn], 19 mm, 3 g, axe: ↑↑). L’avers présente maintenant un buste lauré d’Élisabeth II (jeune) à droite avec l’inscription latine ELIZABETH II DEI GRATIA REGINA (“Élisabeth II, reine par la grâce de dieu”). L’avers est conçu et gravé par Mary Gillick (avec une légère correction en 1954 par Thomas Shingles). Le reverse reste inchangé.

1965 – 1978: ELIZABETH II

IMG_2780-2781En 1965 débute la première d’une dizaine de variations de types de la pièce d’un cent d’Élisabeth II (pour ne pas prolonger trop cet article je n’illustrerai pas toutes ces variations). Si le revers reste inchangé (à part les pièces commémoratives du centenaire de la “Confédération” en 1967, qui représente un pigeon biset en plein vol, celle du 125e anniversaire du Canada en 1992, où la date est changée pour “1867-1992”, et celle du Jubilé d’Or en 2002 où la date passe du revers à l’avers et devient “1952-2002”) l’avers lui ne cesse de changer pour ajuster le portrait ou la titulature du monarque. L’avers introduit en 1965 (illustré ici; conçu par Arnold Machin et Thomas Shingles) présente un portrait plus mature de la reine avec une tiare de diamants sur la tête, et l’inscription latine ELIZABETH II D• G• REGINA (“Élisabeth II, reine par la grâce de dieu”). Il est a noter que la Monnaie Royale Canadienne ouvre un deuxième atelier à Winnipeg en 1976, où s’effectuera dorénavant la frappe des pièces de circulations. En 1979-1981, le portrait de la reine a été légèrement rapetissé et l’épaisseur de la pièce passe de 1.55 mm à 1.38 mm pour réduire le poids à 2.8 g. En 1982-1989, la pièce, qui jusque là était ronde, prends la forme d’un dodécagone pour faciliter son identification par les personnes malvoyantes (l’épaisseur passe à 1.45 mm et un poids de 2.5 g). En 1990-1996, le portrait de la reine change à nouveau pour le doter d’un collier et d’une couronne de diamants décorée de roses, de trèfles et de chardons (conçu par Dora de Pedry-Hunt et Ago Aarand). En 1997-2003, on revient à une pièce ronde et on abandonne le flan de bronze pour un flan de zinc plaqué de cuivre. En 2003-2012, le portrait est encore changé pour un buste représentant une reine plus âgée, portant un collier mais aucune couronne (conception par Susanna Blunt et Susan Taylor). De 2006 à 2009 on continue à utiliser des flans de zinc plaqués de cuivre (marqué d’un “P” sous le portrait) mais on utilise également (et exclusivement par la suite, marqué du logo de la Monnaie Royale Canadienne sous le portait) des flans d’acier (dit “magnétiques”) plaqués d’une couche de nickel, puis d’une couche de cuivre (portant la composition à 94% d’acier, 4.5% de cuivre et 1.5% de nickel, l’épaisseur reste à 1.45 mm mais le poids passe à 2.35 g). Toutefois, à l’automne 2012, la production du cent canadien cesse et la pièce est peu à peu retirée de la circulation. C’est la fin de la saga du cent canadien…

Sources: Wikipedia (Dollar canadien [FR/EN]), Google, Coins And Canada, Coin-Brothers, CoinsCatalog, numista, Saskatoon Coin Club: One Cent Obverse & One Cent Reverse. (Pas de fiches pour cette fois).

Bibliographie:

Cross, W.K. A Charlton Standard Catalogue: Canadian Coins, vol. 1: Numismatic Issues (69th Edition). Toronto: The Charlton Press, 2015. 356 pages.

La semaine prochaine je vous présente très brièvement les autres dénominations canadiennes (en m’en tenant au spécimen les plus anciens) et, par curiosité, un cent de Terre-Neuve.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.208]

Tulipa Vampire

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions. La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana. C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

La Vampire est une autre tulipe qui appartient à la division “Triomphe” (l’un des groupes les plus important et qui est lui-même l’hybridation des divisions “Simples hâtives” et “Darwin hybrides”). Celle-ci est caractérisée par une apparence plutôt traditionnelle mais elle est très robuste et résiste bien aux intempéries. Ce type de tulipe peut atteindre de vingt-cinq à cinquante centimètres de hauteur et fleurit de la mi à la fin du printemps. Toutefois, elles sont toxiques pour les animaux domestiques et les chevaux, et chez l’humain elles peuvent provoquer un malaise sévère en cas d’ingestion et une réaction cutanée allergique au contact. 

Sa coupe rouge-sang veiné de blanc sur la pointe des pétales — qui prennent ainsi vaguement l’apparence de crocs — a inspiré le nom de cette tulipe. C’est néanmoins une fleur qui adore le soleil et qui gagnera vos coeurs peu importe sa déclinaison: en bordures, en pots ou en fleurs coupées! De quoi ajouter du mordant à vos plate-bandes… (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Monnaies anciennes 100

Pièce canadienne moderne (1)

Pré-confédération: Jetons

Déjà la centième entrée de cette chronique! Elle s’achèvera bientôt mais pas avant que je vous ai présenté mes plus anciennes pièces de l’époque moderne. Ce sont des pièces qui ont pour moi une grande valeur historique et sentimental car elles m’ont été transmise par mon père et que certaines d’entre elles lui ont sans doute été transmise par mon grand-père. Je débute avec des pièces canadiennes. Celles-ci ne sont pas, en fait, des pièces de monnaie mais des jetons et datent d’avant la Confédération.

Un jeton est une pièce métallique qui n’est pas frappée par le gouvernement mais par une entité privée (une compagnie ou une banque) pour servir de monnaie d’échange à des fins commerciales (monnaie de nécessité), de publicité, ou d’identification. Ils ont été utilisés au Canada au début des années 1800 lorsque le gouvernement Britannique ne réussissait pas à fournir un approvisionnement suffisant en monnaie de cuivre pour sa colonie, et pendant plus d’un demi-siècle, ils ont été presque le seul moyen de rendre la monnaie. Au début, on a simplement importé des jetons qui étaient utilisés en Grande-Bretagne. C’était pour la plupart des pièces portant un slogan ou une image populaire (comme celle de Wellington, le héros de la guerre péninsulaire). Il y avait une douzaine ou plus de variétés de la plupart de ces pièces, certaines avec juste une légère différence dans une partie de la conception. Plus tard, les marchands canadiens ont fait fabriquer des jetons localement, puis certaines banques et gouvernements coloniaux locaux sont intervenus et ont émis les leurs.

IMG_2629-2631La première pièce est un beau jeton d’un demi-penny (VG [Very Good], Cu [Cuivre], 28 mm (1 mm d’épaisseur), 8 g, axe: ↑↓). L’avers présente un buste de Arthur Wellesley duc de Wellington en habit militaire (j’omet des détails comme le nombre de couette de cheveux qui dépassent de la couronne de laurier [deux?] mais l’épaulette a sept pompons),  lauré (onze feuilles) à gauche, avec dessous deux brins de laurier croisés (ayant chacun sept feuilles), une bordure pleine, et l’inscription anglaise FIELD MARSHAL WELLINGTON. Le revers illustre Britannia assise à gauche, un bouclier (possiblement orné d’une croix de saint Georges dont le détail a disparu sur cette pièce) sur le côté gauche, tenant dans la main droite un brin d’olivier (composé de cinq feuilles) et un baton (ou une lance?) dans la gauche (au lieu d’un trident comme sur d’autres pièces), avec en exergue (au lieu d’une date) deux petits brins de laurier croisés (composé de cinq feuilles chacun), une bordure de pointillés, et l’inscription anglaise HALF PENNY TOKEN. 

La provenance de ces jetons est incertaine (probablement l’Angleterre, possiblement le Bas Canada). Souvent contre-frappé sur des pièces antérieures, ils ne semblent pas avoir été frappé spécifiquement pour le Canada mais y ont été en circulation dès le début de leur émission, entre 1812 et 1815 (possiblement 1813).

Il est a noter que le descriptif “beau” ou “très beau” en numismatique est un peu un abus de langage car il reste en fait peu de détails clairs sur la pièce, les reliefs étant usés parfois jusqu’à en être lisses. La pièce, même si elle comporte du dommage due aux chocs et des rayures, demeure néanmoins identifiable car les principales lignes du dessin demeurent visibles et les inscriptions lisibles.

Sources: Google, CoinCatalog, numista. Voir aussi ma fiche.

IMG_2643-2649La seconde pièce est aussi un beau jeton d’un demi-penny ou d’un sou (VG [Very Good], Cu [Cuivre], 28 mm (1 mm d’épaisseur), 8 g, axe: ↑↑). L’avers nous montre un habitant debout à droite, vêtu d’un habit traditionnel d’hiver (une tuque bleue, une redingote à capuchon, des mocassins de boeuf, une ceinture [fléchée ?] et un fouet), avec l’inscription française PROVINCE DU BAS CANADA (en haut; le sérif droit du “V” de “Province” semble aligné sur le dessus du “I”) et UN SOU (en bas). Le revers illustre les armoiries de la ville de Montréal inscrites sur le pourtour avec la devise CONCORDIA SALUS (“le salut par la concorde”), dessous, la banderole qui normalement contient la devise, présente plutôt le nom d’une des quatre banques émettrices (que l’usure rend malheureusement illisible dans ce cas-ci), avec les inscriptions anglaises BANK TOKEN (en haut) et 1837 / HALF PENNY. (en bas; une variante de ce type ne comporte pas le point après “PENNY”).

Les armoiries de la ville de Montréal illustrées ici sont celles conçues par Jacques Viger et adopté par le conseil de ville en 1833, illustrant un écu oval coupé par une croix transversale rouge (pour représenter le catholicisme et/ou l’Angleterre?) dont les cantons sont ornés (dans le sens des aiguilles d’une montre) d’une rose (celle des Lancaster pour représenter les anglais), d’un trèfle (pour les irlandais), d’un castor (pour les canadiens-français), et d’un chardon (pour les écossais).

En 1837 (ou, selon certain, l’année suivante), les quatre principales banques du Bas Canada (la Banque de Montréal, la Banque du Peuple, la City Bank et la Banque de Québec) émettent conjointement des jetons d’un penny et d’un demi-penny — toutefois il est incertain si ce fut avec ou sans le consentement du gouvernement. Comme l’avers représente un habitant en costume d’hiver, cette pièce est connue sous le nom soit de “Jeton habitant” ou de jeton “Papineau” parce que Louis-Joseph Papineau, qui a mené la rébellion des Patriote cette année-là, semble avoir été associé à ce type d’habit. Si il s’agit d’une pièce canadienne, elle aurait tout de même été frappée par Soho Mint (Boulton & Watt) en Angleterre et conçue par le graveur John Shaw.

Sources: Google, CoinsAndCanada, CoinsCatalog, numiscanada, numista. Voir aussi ma fiche.

IMG_2652-2662La troisième, et dernière, pièce est un très très beau penny (VF [Very Fine], Cu [Cuivre], 33 mm (2 mm d’épaisseur), 15 g, axe: ↑↓). L’avers représente saint George (à cheval, vêtu d’un casque à cimier, une épée dans la main droite), à droite, terrassant le dragon (piétiné par son cheval), entouré de l’inscription anglaise (encadré par deux fleurons) ❀ BANK OF UPPER CANADA ❀ (en haut) et 1857 (en bas). Le revers illustre une partie des armoiries du Haut Canada (une épée croisée avec une ancre emmêler de cordage et un calumet de paix debout, le tout enfilant une couronne d’olivier et étant surmonté de la couronne royale) au dessus de deux cornes d’abondances croisées, et un drapeau Britannique plié en triangle dans le haut du champs droit, avec l’inscription anglaise (en haut, entouré de trois fleurons)  BANKTOKEN ❀ et ONE • PENNY (en bas; il existe une variante sans le point).

Suite aux rébellions de 1837-38 (qui eurent lieu tant au Haut-Canada qu’au Bas Canada) et au rapport Durham déposé en 1839, les colonies du Bas et du Haut-Canada (aujourd’hui le Québec et l’Ontario) sont fusionnées en 1840-41 pour former le Canada-Uni ou la “Province du Canada”.  L’adoption subséquente du “Rebellion Losses Bill” en 1849 provoque la colère de loyalistes anglais et durant ces émeutes les édifices législatifs de Montréal sont incendiés. Le siège du gouvernement et la capitale de la province est donc déplacé à Toronto et le privilège de frapper des pièces de cuivre (les jetons), qui appartenait jusqu’alors à la Banque de Montréal, passe maintenant à la Banque du Haut-Canada, devenu le banquier officiel du gouvernement. La banque produit de la “monnaie” entre 1850 et 1857 mais la frappe comme telle est encore faite en Angleterre soit par la Royal Mint à Londres ou par la Heaton’s Mint à Birmingham (les deux productions peuvent être distinguées par le fait que la première utilise une “frappe médaille” [à 12h ou ↑↑] et que la seconde utilise une “frappe monnaie” [à 6h ou ↑↓]). La production cesse après 1857 car on considérait introduire la décimalisation dans la monnaie canadienne (ce qui ne fut accompli dans le Royaume-Unis qu’en 1971!). L’organisation du monnayage changera aussi avec la Confédération en 1867…

Ce superbe jeton du Haut Canada fut frappé en 1857 (par la Heaton’s Mint). Il a été conçu par la graveur John Pinches d’après les dessins que Benedetto Pistrucci avait réalisé pour des pièces britanniques. Elle est surnommée la “pièce de St. George” (ou même parfois “Dragonslayer”). C’est une pièce qui est considérée relativement rare.

Dans le cas du descriptif “très très beau” il est à noter que si toutes les parties du dessin sont claires, elles ne sont toutefois pas tout à fait nettes. On retrouve également des signes distincts d’usure sur les parties les plus hautes de la surface.

Sources: Google,  CoinsAndCanada, CoinsCatalog, numista, SaskatoonCoinClub. Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

La semaine prochaine je vous présente une série de sous noirs (One Cent) datant d’après la Confédération et émis sous trois monarques britanniques différents.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.201]

Xerochrysum bracteatum

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2022/07/01 ]

L’immortelle à bractées (appelé en anglais Strawflower et ムギワラギク [Mugiwaragiku] en japonais) est une espèce de plante herbacée vivace qui appartient à la classe des Equisetopsida, à l’ordre des Asterales, à la famille des Asteraceae, à la sous-famille des Asteroideae, à la tribu des Gnaphalieae et au genre Xerochrysum (qui comprend une douzaine d’espèces, toutes natives de l’Australie). Le nom du genre provient du grec (ξηρός / xeros / “sec” et χρυσός / chrysos / “doré“) alors que celui de l’espèce provient du latin et signifie simplement bractées — dans les deux cas une référence à ce que les gens méprennent souvent pour des pétales mais qui sont en fait des feuilles colorées.

Cette plante est caractérisée par une tige dressée (de vingt à quatre-vingt centimètres de haut), portant des feuilles lancéolées (de deux à dix cm de long par deux cm de large) et se terminant au sommet par une inflorescence. Cette-ci est constitué d’un capitule de trois à sept centimètres de diamètre, composé d’un disque centrale contenant un grand nombre de petits fleurons jaunes ou blanc dorés (ceux en périphérie sont femelle alors que ceux du centre sont bisexués), entourés un involucre de bractées (des rangées de petites feuilles rigides qui ont la consistance du papier et qui, repliés, protègent les fleurons avant la floraison qui se produit du printemps à l’automne). Elle est cultivé comme plante ornementale et a été développée en de nombreux cultivars. Ici il s’agit des cultivars “Monstrosum Fireball“ et “Copper Red“. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Image du chat-medi [002.022.197]

Réfugié dans la jungle / Jungle refugee

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[ iPhone 13 Pro, hortus meus, 2022/07/16 ]

Un petit chaton gris (abandonné? négligé? perdu?) a trouvé refuge dans la diversité de mon jardin… ❖ A little gray kitten (abandoned? neglected? lost?) found refuge in the diversity of my garden… ❖ Un gattino grigio (abbandonato? trascurato? smarrito?) ha trovato rifugio nella diversità del mio giardino… ❖ 小さな灰色の子猫(捨てられた?無視された?失われた?)が私の庭の多様性に避難所を見つけました…

Monnaies anciennes 99

Pièce de la Renaissance (1):

Maximilien de Bethune

IMG_2365-2370Cette pièce de monnaie de la Renaissance est un très beau double tournois (F [Fine], Cu [Cuivre], 20 mm [0.79 po], 3.0873 g, payé environ $6 [30 FF], caractérisé par une patine brune tâchée de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers présente, dans un cercle, un buste barbu à droite de Maximilien de Béthune, portant une large fraise et un manteau recouvert de mouchetures d’hermine, avec l’inscription française (débutant à 6h avec un fleuron) ❀ • MAXI • D • BETHVNE • P • S • DENRIC • (pour “MAXImilien De BETHUNE Prince Souverain D’hENRIChemont”). Le revers illustre un petit écu d’Henrichemont au centre, entouré dans le champ par huit lys (⚜︎), avec l’inscription française (débutant à 12h par une croix pattée) ✠ • DOVBLE • TOVRNOIS • 1636 • L •.

Le double tournois valait deux deniers tournois (un sixième de sou). À l’origine (du XIIIe au XVIe siècle) il était frappé sur un flan de billon mais par la suite, lorsque sa production se mécanise sous Henri III, on utilise du cuivre pur. C’est une dénomination qui était utilisée non seulement par le royaume de France mais également par de nombreuses principautés qui en parsemaient encore le territoires. Elle fut abandonné sous Louis XIV alors qu’elle est supplantée par le liard (qui vaut trois deniers tournois ou un quart de sou). Le “L” à la fin de l’inscription du revers est une marque de graveur, pour Jean Levrat qui fut maître de la Monnaie à Henrichmont en 1636-1637. Il semble que cette pièce ait été frappée avec deux types: l’un avec trois lys (type 1) et un avec huit lys (type 2). Il existe également sept variantes de la titulature de l’avers (noté de “a” à “g”) ainsi que deux de l’inscription du revers (présence d’un point () [1] ou pas [2] à la fin). Dans ce cas-ci il s’agit de la variante “d1” — qui serait la deuxième variante la plus fréquente (représentant environ le quart des pièces répertoriées).

Évidemment, j’exagère un peu quand je dis que c’est une pièce de la Renaissance puisque la Renaissance Française, qui a débuté vers le milieu ou la fin du XVe siècle, s’est terminé au début du XVIIe siècle. Cette pièce s’inscrit donc plus dans la période de l’Ancien Régime (et le début de l’ère moderne qui se situe entre l’âge des grandes découvertes et la révolution française). La pièce présente d’ailleurs déjà toutes les caractéristiques des pièces de monnaie modernes: un avers avec le portrait et la titulature du pouvoir émetteur et un revers qui indique sa valeur et une datation précise. Ce double tournois a donc été frappé sous l’autorité de Maximilien de Béthune, dans sa principauté de Henrichmont, en l’an 1636. 

Maximilien de Béthune, duc de Sully (parfois simplement appelé Sully), est d’ailleurs une figure bien connue de l’Histoire française. Il est né le 13 décembre 1559 à Rosny-sur-Seine dans une famille calviniste descendant des comtes d’Artois. Il a été le compagnon d’armes de Henri III de Navarre (Henri IV de France), puis son conseillé et finalement Ministre des Finances (de 1598 à 1611). En plus de ses charges (Surintendant des fortifications) et de ses titres militaires (Grand maître de l’artillerie, maréchal de France), il cumule de nombreux titres, entre autres, ceux de Pair de France, marquis de Rosny, duc de Sully, et prince souverain d’Henrichemont et de Boisbelle. Il possède déjà de nombreuses propriétés mais agrandit aussi son duché (dont le siège est à Sully-sur-Loire, en Orléanais) par l’acquisition de nouveaux territoires dans la province de Berry pour se créer un véritable fief. Ainsi, en août 1605, il acquiert du duc de Nevers, Charles de Gonzague, la seigneurie souveraine de Boisbelle pour y construire une ville nouvelle qu’il dédiera à son roi et nommera Henrichemont. Si le développement de la ville ne se déroule pas comme il espérait, elle comporte néanmoins déjà un atelier monétaire qui produira des monnaies entre 1635 et 1656. Après l’assassinat de son roi en 1610 et un désaccord avec la régente, Marie de Médicis, il abandonne ses fonctions pour vivre dans son domaine, loin de la cour. Il meurt au château de Villebon le 22 décembre 1641 et est enterré à Nogent-le-Rotrou (ses cendres seront rapatriées à Sully-sur-Loire en 1999). Étant donné que cette pièce de monnaie a été frappé par une principauté (et non par le royaume), on peut encore la considérer comme une monnaie féodale.

Sources: Wikipedia (Maximilien de Béthune [FR/EN], Double tournois, Principauté souveraine de Boisbelle, Henrichemont [FR/EN]), Google, CGB, Numista (type 1, type 2). Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine, pour terminer cette chronique sur la monnaie ancienne, je vais commencer à vous présenter des pièces de monnaie modernes du Canada et d’Europe (moderne mais tout de même du XVIIIe et XIXe siècle). Toutefois, elles ont pour moi une valeur très personnelle car je ne les ai pas acquise mais j’en ai hérité. Ce sont des pièces qui appartenaient à la collection de mon père (et probablement aussi de mon grand-père).

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.194]

Tulipa Dynasty

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions. La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana. C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

Cette tulipe appartient à la division “Triomphe” (l’un des groupes les plus important et qui est lui-même l’hybridation des divisions “Simples hâtives” et “Darwin hybrides”) qui est caractérisée par une apparence plutôt traditionnelle mais qui est très robuste et résiste bien aux intempéries. Ce type de tulipe peut atteindre de vingt-cinq à cinquante centimètres de hauteur et fleurit de la mi à la fin du printemps. Toutefois, elles sont toxiques pour les animaux domestiques et les chevaux, et chez l’humain elles peuvent provoquer un malaise sévère en cas d’ingestion et une réaction cutanée allergique au contact. 

DSC_2555La tulipe “Dynasty” est l’archétype même du genre tulipa. Elle est caractérisée par de larges fleurs d’un beau rose (qui s’approfondit avec la maturation) marqué d’une flamme ivoire tirant sur le jaune. Ses couleurs lumineuses et sa durabilité en font l’une des préférées du public et des jardiniers que ce soit en plate-bandes, en bordures, en pots ou en fleurs coupées. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Monnaies anciennes 98

Pièce médiévale (1)

Saint-Martin de Tours

IMG_2356-2361Cette pièce médiévale est un bon exemple de monnaie féodale. C’est un très beau denier (F [Fine], Bi [Billon roux — alliage de Cu, Zn et moins de 20% d’Ag], 18 mm [0.71 po], 0.9466 g, payé environ $6 [30 FF], caractérisé par un flan très mince et une patine brunâtre tâchée de vert-de-gris (preuve d’une part importante de cuivre dans l’alliage); die-axis: ↑←). L’avers illustre un Châtel (château) tournois (formé de deux tours avec des boules), surmonté d’une croix, avec l’inscription latine S[an]C[tv]S MARTINVS (“Saint Martin”). Le revers présente une grande croix pattée avec l’inscription latine ✠ TVRONVS CIVI[s] (“Cité de Tours”).

Martinus Turonensis meurt à Candes le 11 novembre 397 et est enterré à Tours où il sera adoré comme Saint. En 470, l’évêque Perpétuus fait construire une grande basilique sur l’emplacement du tombeau. C’est là que, en 508, Clovis reçoit les pouvoirs consulaire de l’empereur d’Orient Anastase Ier et qu’il célèbre son triomphe sur les Wisigoths. Une abbaye y est établie vers le milieu du VIe siècle mais, suite aux réformes de Pépin le Bref qui imposaient la règle de saint Benoît à tous les monastères, la communauté des clercs devient une “collégiale” de chanoines en 817. A cette époque le pouvoir est divisé en petites comtés. Dès le Xe siècle, Tours est l’une des première cité à frapper monnaie mais le denier tournois sera rapidement imité (on retrouve donc le denier provinois en Champagne, le denier angevin en Anjou, le denier tolosain à Toulouse, etc.). Toutefois, au début du XIIIe siècle (1204), Philippe Auguste se saisit de la région et dès lors la monnaie portera sur l’avers sa titulature: PHILLIPVS REX.

Ce denier tournois a donc été frappé à Tours entre le Xe siècle et la fin du XIIe siècle (mais il est plus probable qu’il a été frappé durant le XIIe siècle).

Sources: Wikipedia (Martin de Tours, Basilique Saint-Martin de Tours, denier tournois), Google, CGB, Numista, numismatics. Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine je vous présente une pièce de monnaie de la Renaissance.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.187]

Rosa Peace

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2022/07/01 ]

DSC_2812Les rosiers (ou églantiers) appartiennent à un genre (Rosa) de plantes à fleurs de la classe des Magnoliopsida, de la sous-classe des Rosidae, de l’ordre des Rosales et de la famille des Rosaceae. Il en existe plus d’une centaine d’espèces qui se divisent en sous-genres, en sections et en groupes (selon leurs caractéristiques: grimpant, remontant, la forme de la fleur, etc.) et qui ont produits sans doute le plus grand nombre d’hybrides et de cultivars du monde végétal! Ainsi, des groupes de cultivars comme les hybrides de thé (caractérisé par leurs grandes fleurs) ont été créé par le croisement de Rosa ×odorata × rosier Bourbon.

Ce  cultivar a été créé en 1935 par le rosiériste français Francis Meilland et est le résultat d’un complexe croisement [[(‘George Dickson’ × ‘Souvenir de Claudius Pernet’) × (‘Joanna Hill’ × ‘Charles P. Kilham’)] × ‘Margaret Mc Gredy]. Il la nomme “Madame Antoine Meilland” en l’honneur de sa mère (Claudia Dubreuil, elle même fille de rosiériste) et l’envoi à d’autres rosiéristes pour qu’elle soit homologuée. Toutefois, les communications étant lentes durant la guerre, une entreprise américaine la nomma “Peace” car elle avait été présenté à American Rose Society le jour même de la chute de Berlin aux mains des alliés (29 avril 1945). 

C’est une variété d’hybride de thé tétraploïde qui forme un arbuste vigoureux et résistant pouvant atteindre jusqu’à quatre-vingt-dix centimètres de hauteur, avec un feuillage vert vif et de une à trois fleurs doubles (d’une quarantaine de pétales) par tiges qui s’ouvrent grande (une quinzaine de centimètres environ), en coupe. La couleur varie beaucoup selon les conditions du sol (généralement d’un jaune ou crème, ourlé de carmin) et la floraison persiste d’avril à octobre. C’est une variété célèbre, très prisée et primée, qui peut être utilisée en jardin, en pots, et en bouquets de fleurs coupées, et qui a servie de base pour créer de nombreux autres hybrides. (Sources: Wikipedia [FR/EN] et divers sites horticoles).

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Monnaies anciennes 97

Pièce mystère (6) / Royaume environnant (5)

Pièce islamique moghol?

IMG_2352-2355Cette pièce-ci est vraiment la première qui me laisse complètement confondu et qui ne se retrouve pas dans mon champs d’expertise. C’est une assez belle pièce (G [Good], Cu/Ae [Cuivre/Bronze], 14 mm, ±4 g, prix et date d’achat inconnu, caractérisée par une patine verte avec quelques tâches jaunâtre et rougeâtre; die-axis: ↑?) par contre je n’ai aucune idée de la provenance, de la dénomination ou de l’époque à laquelle elle appartient. Je ne saurais même pas dire quel côté est l’avers et lequel est le revers, ou dans quel sens elle doit être vue/lue! Donc toute tentative d’attribution sera pure spéculation (et cette entrée sera donc très brève)… 

Je ne me suis jamais soucié jusqu’à maintenant de faire une fiche pour cette pièce. J’ai juste écris une petite note qui indiquait que mon attribution initiale était une pièce islamique (ce qui était peut-être l’attribution qui est venu avec la pièce lors de l’achat? Je ne me souviens d’ailleurs plus où, ni quand, je l’ai acquise, vu qu’il n’y a pas de fiche…) mais je n’en suis plus si sûr. Quoi que le fait qu’il n’y ait aucune représentation et seulement du texte pourrait porter en ce sens. Ce n’est certainement pas du chinois. Possiblement de l’arabique mais je soupçonne qu’il s’agit plus d’une langue d’un royaume indo-grec quelconque (Empire moghol?). La pièce semble d’une facture ancienne mais pourrait dater de n’importe quand entre le VIIIe et le XVIIe siècle… Quoiqu’il en soit toutes mes recherches par comparaison pictographique ou par mot-clé se sont révélées infructueuses. Je n’ai rien trouvé de vraiment similaire…

Si jamais quelqu’un a une idée ou une piste de recherche j’apprécirais si vous pouviez me contacter (ou laisser un commentaire). Merci…

Sources: Google: Islamic bronze coins, Numista: pièces moghol. Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine je vous présente une autre pièce médiévale mais cette fois européenne. Cette chronique approche de sa conclusion car j’ai présenté pas mal toutes les pièces de ma collection de monnaies anciennes. Je compte y mettre fin soit avec la centième entrée ou soit pour son deuxième anniversaire (cent-sixième entrée?). Il me reste toute de même encore quelques pièces intéressantes à vous présenter!

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.180]

Tulipa Flaming Flag

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions. La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana. C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

Cette tulipe appartient à la division “Triomphe” (qui est elle-même l’hybridation des divisions “Simples hâtives” et “Darwin hybrides”) ou “Rembrandt” qui ont une apparence plutôt traditionnelle mais sont très robuste et résistent bien aux intempéries. Elle est caractérisée par des pétales blancs striés de riches flammes lavandes ou violettes. Chaque fleur est unique avec un motif distinct. La floraison débute vers le début ou la mi-printemps et est durable. De dix à quinze centimètres de haut, elles vont égayer n’importe quel jardin qu’elles soient en bordures, en pots ou en bouquet dans un vase de fleurs coupées. Toutefois, elles sont toxiques pour les animaux domestiques et les chevaux, et peuvent provoquer un malaise sévère en cas d’ingestion et une réaction cutanée allergique au contact. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Monnaies anciennes 96

Pièce républicaine (4)

IMG_2333-2349De prime abord cette pièce semble être un semis républicain anonyme dans un état assez beau (semis, G [Good], Cu/Ae [Cuivre/Bronze], 17 x 19 mm [±0.7 po], 4.565 g, payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisée par une patine brune avec quelques tâches vertes; die-axis: ↑↙︎). L’avers présente une tête de Saturne laurée et barbue à droite, avec un large “S” derrière. Le revers illustre la proue (prora en latin; parfois armée d’un rostre) d’un navire (généralement une galère) à droite avec un large “S” au dessus. C’est une pièce assez typique et commune de la république romaine qui a été frappée dès le IIIe siècle AEC, un peu avant le début de la deuxième guerre punique (218-202 AEC), et jusqu’au Ier siècle AEC. 

Le “S” est une marque de valeur pour le semis (un demi as, qui devait peser environ quatre gramme et demi de cuivre). Il est dit “anonyme” car il ne comporte pas d’inscription qui nomme le magistrat responsable de la frappe monétaire (quoique certaines de ces pièces comporte l’inscription “ROMA” sous le navire, ce qui n’est pas le cas ici).  Saturne est une divinité fondatrice de Rome, patron entre autre de la richesse (son temple sur le forum abritait le trésor public), il n’est donc pas surprenant qu’il soit représenté sur les premières monnaies de la république. Le revers illustre le moment où, après avoir perdu un combat contre son fils Jupiter, Saturne quitte sa terre natale en bateau et arrive au Latium pour fonder une nouvelle civilisation qui verra l’âge d’or de l’humanité. 

Toutefois, le style un peu grossier du portrait de Saturne nous laisse croire qu’il s’agit probablement d’une imitation. Certains domaines privés d’Italie on frappé de ces imitations et, comme il n’y avait pas de magistrat pour s’assurer de l’uniformité, on retrouve une grande variété de styles. Toutefois, ces imitations — tolérées par l’état car celui-ci avait cessé momentanément au 1er siècle AEC de produire de la monnaie de bronze à cause de l’instabilité politique — étaient d’assez bonne qualité. Cela ne semble pas être le cas ici alors il s’agit possiblement d’une imitation “barbare” provenant d’Hispanie (Espagne). Les peuples “celtibères” (des Ibères qui ont adopté la culture celtique et qui occupaient le nord de la péninsule ibérique, le sud étant habité par des Ibères et des colonies puniques) sont reconnu pour avoir produit beaucoup de ces imitations de monnaie romaine.

Il est à noter que si le revers illustre la proue d’un navire et un large “S”, son apparence diffère considérablement des représentations que l’on retrouve communément sur ce type de pièces. Le navire comporte un mat (et possiblement une voile), on y voit ce qui semble être un ou deux passagers, et il y a deux barres verticales à l’extrême gauche dont la signification m’échappe. Je n’ai trouvé aucune représentation comparable dans toutes les références que j’ai consulté… Donc, aucune identification et datation précise n’est possible. Tout ce que l’on peut dire c’est qu’il s’agit probablement d’une variation d’imitation celtibère d’un semis républicain anonyme, frappé en Ibérie vers le 1er siècle AEC.

Sources: Wikipedia (Saturne [FR/EN], semis [FR/EN], Ancient Iberian coinage), FAC (Saturnus, semis, galley); Sear RCV (1983): 116; Réf. en ligne: semis anonyme: Google, acsearch, FAC, vcoins, WildWinds (Syd 143a/Sear 766, Crawford 56[3]: text, image); imitations: acsearch, BM, CoinArchives, CoinTalk, colleconline, eBay, FAC, vcoins. Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine nous quittons définitivement le domaine des pièces de monnaie romaine (et même de l’antiquité) pour entrer dans la période médiévale. Je vous présente une pièce de monnaie mystère mais qui appartient aussi à un royaume environnant…

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.173]

Coreopsis lanceolata

[ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2022/06/05 ]

Le Coréopsis lancéolé (appelé “Oeil de jeune fille” ou lance-leaved coreopsis en anglais et オオキンケイギク [Ōkinkeigiku] en japonais) est une espèce de plante herbacée vivace appartenant à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae i.e.à deux cotylédons), à la sous-classe des Asteridae, à l’ordre des Asterales, à la famille des Asteraceae (ou Compositae car leur inflorescence est “composée” de multiples fleurs minuscules appelées capitules) et au genre Coreopsis (ou tickseed en anglais, qui compte près d’une centaine d’espèces dont celle-ci est la plus courante). Le nom du genre provient du grec κορις (Koris / “punaise”) et ὄψις (Opsis / “vue”) en référence à la forme de son fruit sec (d’où le nom anglais de “tickseed”) alors que le nom de l’espèce dérive du latin et signifie “en forme de lance” — en référence à la forme des feuilles.

Cette plante est indigène de l’Amérique du Nord mais a été introduite au Québec. Elle est constituée d’une souche rhizomateuse d’où se dresse des tiges ramifiées qui forment un buisson d’environ soixante centimètres de hauteur. Elle est caractérisée par des feuilles basales caduques et opposées, généralement poilues, étroites et lancéolées qui mesurent de cinq à quinze centimètre de long. Les fleurs, généralement d’un jaune éclatant (mais parfois bicolore jaune et rouge), sont des capitules formés à la fois de deux séries distinctes de huit fleurons ligulés avec une terminaison dentés et de minuscules fleurons discaux. Le fruit est un akène. Elle bénéficie d’une floraison prolongée qui s’étend de la fin du printemps jusqu’à l’automne. Elle est surtout une plante décorative, utilisé pour créer des prés fleuris (car elle attire les insectes pollinisateurs et les papillons) ou produire des fleurs coupés. Ici, il s’agit possiblement du cultivar “Goldfink”. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Monnaies anciennes 95

Les royaumes environnants (4)

Pièce Séleucide (2)

Antiochos IX (113-95) SeleucideMa seconde pièce Séleucide est une assez belle dénomination de type “B” (AE18, G [Good], Ae [Bronze], 18 mm [0.7 po], 3.836 g, payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisée par une patine noire avec des concrétions vertes, jaunes ou rougeâtres, une frappe décentrée sur l’avers, ainsi qu’un flan plutôt mince (1.5-2 mm), trapézoïdal et possiblement grugé (le revers est plus petit que l’avers de deux ou trois millimètres!); die-axis: ↑↑). L’avers présente le buste d’un personnage masculin lauré à droite avec aucune inscription et une bordure en pointillé (qui met évidence la frappe décentrée). Le revers illustre une divinité féminine ailée, debout de trois-quart à gauche, la main droite tendue (sans doute pour présenter un object) et le bras gauche replié sur la taille soutenant un pan de vêtement, avec une large inscription verticale dans le champs gauche et une inscription verticale partielle qui disparait dans le rebord droit de la pièce — dans les deux cas les inscriptions sont illisibles. 

La représentation masculine de l’avers pourrait être le portrait d’un monarque ou d’une divinité. Pour ce qui est du revers, la divinité féminine ailée la plus commune sur les pièces de monnaie est une Victoire. Comme cette pièce-ci a été acheté dans un lot qui contenait surtout des pièces séleucides et qu’elle en porte toutes les caractéristiques, il suffit de la comparer aux pièces séleucides pour trouver des représentations similaires et ensuite d’en confirmer la description et la datation avec les ouvrages académiques.

Les recherches (tant par comparaison d’images que par mots clés) révèlent que ce type (une portrait mâle en avers et une Niké ailée avec inscriptions verticales sur le revers) se retrouve semble-t-il uniquement sous le règne de Antiochos IX. L’avers représenterait un buste lauré et ailé d’Éros à droite (sur ma pièce on ne distingue pas ses ailes qui se perdent dans le bord décentré). Le revers illustrerait une Niké avançant à gauche, tenant une couronne de laurier dans la main droite, retenant sa robe de la main gauche, entouré de l’inscription grecque verticale ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΑΝΤΙΟΧΟΥ (à droite) et ΦΙΛΟΠΑΤΟΡΟΣ (à gauche) [Basileos Antiochou Philopatoros / “Roi Antiochus Philopator”], avec une datation en chiffres grecques verticale dans le champs gauche, sous la couronne (par exemple “ΑΣ” = 201 SE = 112/111 AEC). Sur ma pièce on devine la fin de l’inscription de droite (possiblement un “ΑΝΤΙ” mais ce n’est pas clair si c’est une abréviation ou si le reste de l’inscription se perd dans le rebord grugé de la pièce; le “ΒΑΣΙΛΕΩΣ” semble totalement absent) et l’on distingue un peu “ΦΙΛΟΠΑΤ” sur la gauche (encore une fois: est-ce une abréviation ou est-ce que le reste se perd dans la bordure grugée?). On peut également deviner deux lettres grecques superposées dessous la couronne (tenue par le bras qui traverse le “ΦΙΛΟΠΑΤ”) qui constitue probablement la datation mais que nous ne pouvons malheureusement pas lire. Il faut donc se contenter des années de règne de Antiochos IX pour datation. Cette pièce a donc probablement été frappé dans un atelier indéterminé de Phénicie entre les années 114/113 et 96/95 AEC.

J’ai déjà expliqué le contexte historique de cette pièce dans l’entrée précédente (#94). Antiochos IX est le fils de Antiochos VII et de Cléopâtre Théa. À la mort de son père en 129 AEC, il est trop jeune pour lui succéder alors sa mère l’envoi à Cyzique où il grandit (d’où son surnom de Cyzicenus, “le Cyzicène”). Le trône retourne donc à son oncle Démétrios II, puis à son demi-frère Antiochos VIII en 125 AEC (après qu’il ait réglé son compte à l’usurpateur Alexandre II). Considérant sans doute que sa mère (Cléopâtre Théa) avait trahie son père (Démetrius II) lorsqu’elle épousa son beau-frère (Antiochos VII) pendant que son époux était captif des Parthes, il la fait assassiner. Dès qu’il est âgé d’une vingtaine d’années (vers 114 AEC), Antiochos IX conteste le pouvoir de son demi-frère. Pour consolider son alliance avec les Ptolémées d’Égypte, il épouse la reine Cléopâtre IV. Le conflit dure presque vingt ans alors que chacun des demi-frères règne sur une partie de la Syrie: Antiochos VIII sur la région côtière (Antioche et Damas) et Antiochos IX sur la région intérieure (la Cœlé-Syrie, y compris la Phénicie). Ils font assassiner leurs épouses respectives. Cette pièce commémore donc l’une des victoires de Antiochos IX contre son demi-frère (possiblement lorsqu’il capture et fait exécuter Cléopâtre Tryphaena en 111 AEC).

Lorsque Antiochos VIII meurt dans une révolte en 96 AEC, Antiochos IX règne enfin sur toute la Syrie mais pas pour longtemps puisqu’il est défait l’année suivante par son neveu Séleucos VI… Cette querelle familiale affaiblira beaucoup la dynastie séleucide qui ne durera encore qu’une trentaine d’année avant que Pompée ne fasse de la Syrie une province romaine

Sources: Wikipedia (Séleucide [FR/EN], Dynastie Séleucide [FR/EN], Seleucid coinage, Antiochos IX [FR/EN]), FAC (Seleukid kingdom, Seleukid Era); BMC v.4: #27-29; S-GCV: 7173; Réf. en ligne: Google, acsearch, BM, cerberuscoins, CoinTalk, FAC (GY57102), nobleromancoins, numismatics, vcoins, vcoins, WildWinds Hoover 1254 (text, image). Voir aussi ma fiche (recto, verso).

Bibliogaphie: 

La semaine prochaine nous nous arrêtons à nouveau sur ce qui semble être une pièce de la république romaine.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.166]

Tulipa Washington

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions. La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana. C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

Cette tulipe appartient à la division “Triomphe” (qui est elle-même l’hybridation des divisions “Simples hâtives” et “Darwin hybrides”) qui est caractérisée par une apparence plutôt traditionnelle mais qui est très robuste et résiste bien aux intempéries. Elle fleurie entre le milieu et la fin du printemps. Le cultivar “Washington” présente de grandes fleurs sur de hautes tiges dans le style “flamboyant” car ses pétales sont d’un jaune éclatant striés au centre par une “flamme” d’un rouge vif. De plus, la fleur dure longtemps et constitue donc une excellente fleur coupée. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Monnaies anciennes 94

Les royaumes environnants (4)

Pièce Séleucide (1)

IMG_8541b-8542bMa première pièce Séleucide est une assez belle dénomination de type “C” (AE15, G [Good], Ae [Bronze], 14 x 15 mm [0.6 po], 5.363 g, payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisé par une patine noire avec des concrétions de vert-de-gris et un flan assez épais (2-3 mm) trapézoïdal (le revers est plus petit que l’avers d’un bon millimètre);  die-axis: ↑➚). L’avers présente une tête de lion de Némée à droite, sans aucune inscription. Le revers illustre une massue, debout à droite, avec une inscription verticale sur plusieurs lignes malheureusement illisible. Dans les deux cas il s’agit d’une iconographie liée au demi-dieu grec Heraclès (Hercule): tuer le lion de Némée a été le premier de ses douze travaux et la massue taillée dans le tronc d’un olivier sauvage est l’un de ses attributs.

Les recherches (tant par comparaison d’images que par mots clés) ont démontré que cette combinaison de types (tête de lion/massue) n’est associée qu’au règne du roi séleucide de Syrie Antiochos VII. Normalement, ce genre de pièce était frappé à Antioche et comportait l’inscription grecque ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΑΝΤΙΟΧΟY EYEPΓETOY [Basileus Antíochou Evergetou / Roi Antiochos Évergète (“Le Bienfaisant”)] avec un monogramme identifiant l’atelier et une datation en chiffres grecques (trois lettres) exprimée en années de l’ère séleucide (par exemple: ZOP = 177 ES = 136/135 AEC). Malheureusement, comme l’inscription est illisible, nous ne pouvons êtes certain ni de l’atelier, ni de la datation. Dans ce dernier cas, nous devons nous contenter des années de règne du roi. Cette pièce a donc probablement été frappée à Antioche durant le règne du roi séleucide de Syrie Antiochos VII, c’est-à-dire entre 138 et 129 AEC (cependant le BMC ne recense que trois dates: ΔOP [174 SE = 139/8 AEC], EOP [175 SE = 138/7 AEC] et ZOP [177 ES = 136/135 AEC]).

Comme je l’ai déjà mentionné, à la mort d’Alexandre le Grand (en 323 AEC) ses généraux se sont partagés son empire et ont fondé plusieurs dynasties royales. Séleucos s’est d’abord vu accordé la satrapie de  Babylonie mais il conquiert rapidement le territoire de ses voisins et se proclame roi (vers 305 AEC) d’un empire oriental qui s’étend de la Babylonie à la Syrie (l’équivalent actuel de l’Iran et de l’Irak), initiant ainsi la dynastie Séleucide — dont Antiochos VII est le quinzième monarque. Fils cadet du roi Démétrios Ier Sôter et de Laodicé V, Antiochos grandit à Sidé (d’où son surnom de Sidètès). Lorsque son frère Démétrios II est fait prisonnier par les Parthes du roi Mithridate en 139, il accède au trône et épouse sa belle-soeur Cléopâtre Théa (fille de Ptolémée VI). Il écrase l’usurpateur Diodote Tryphon et conquiert la Judée. Il est un bon administrateur et apprécié du peuple (ce qui lui vaut sans doute le patronyme de Évergète [“Le Bienfaisant”]). Malheureusement, la situation est moins bonne sur la frontière orientale où les Parthes font des incursions. Les négociations avec le roi Phraatès II échouent et Antiochos VII meurt au combat en 129. Démétrios II, libéré dans les négociations, lui succède.

Sources: Wikipedia (Séleucide [FR/EN], Dynastie Séleucide [FR/EN], Antiochos VII [FR/EN], Lion de Némée [FR/EN], Seleucid coinage), FAC (Seleukid kingdom, Antiochus VII, Seleukid Era); BMC v.4: #64-68; Réf. en ligne: Google, CNG, CoinArchives, CoinProject, CoinTalk, eBay, numismatics, vcoins, WildWinds (BMC 64var: text, image). Voir aussi ma fiche (recto / verso).

Bibliogaphie: 

La semaine prochaine je vous présente une deuxième pièce séleucide.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.159]

Tulipa Merlot

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Ce cultivar de tulipe du type “fleur de lys” offre une fleur d’un rouge-bordeaux intense en forme de flûte avec des pétales pointus qui rappel une coupe de… merlot. Elle fleurie de la fin avril au début mai. ❖ This “lily-flowered” type of tulip cultivar offers an intense burgundy-red flower in the shape of a flute with pointed petals reminiscent of a glass of… Merlot. It flowers from late April to early May.

Monnaies anciennes 93

Les royaumes environnants (3)

Pièce Ptolémaïque

IMG_2205-2220Cette pièce ptolémaïque est une Hemiobole ou TriChalkon dans un état de conservation relativement médiocre (AE18, P [Poor], Ae [Bronze], 17 x 18 mm [0.7 po], 3.110 g [48 grs], payé environ $5 le 1985/01/06, caractérisé par une patine vert foncé et une marque de poinçon au centre du flan des deux côté;  die-axis: ↑↑). Tant l’avers que le revers présente un portrait mais l’un des côtés offre une inscription grecque qui est heureusement assez lisible: ΒΑΣΙΛΕΩΣ – ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ (Basileos Ptolemaioy / roi Ptolémée) — ce qui confirme qu’il s’agit bien d’une pièce ptolémaïque. Au départ je n’étais même pas sûr de quel côté était le revers. On pourrait présumer que l’inscription est une titulature et qu’elle se situe sur l’avers mais après comparaison c’est en fait le contraire… Étant donné l’état de la pièce, nous ne possédons que de deux indices pour l’identifier: le fait qu’elle comporte une double portrait et l’inscription du revers. Certaines pièces romaines grecques impériales comportent un double portrait mais si c’était le cas l’inscription serait différente. Ici, l’inscription indique clairement que c’est une pièce qui est associée à la dynastie ptolémaïque. Le problème est que dans cette dynastie tous les rois ont porté le même nom (Ptolémée) et qu’il y en a eut une quinzaine!

Deux éléments vont nous aider dans notre identification. Premièrement, j’ai découvert un troisième indice: le poinçon au centre du flan. J’avais initialement assumé qu’il s’agissait soit d’une contre-marque postérieure à la frappe ou un trou fait pour transformer la pièces en pendentif et qui a été comblé par la corrosion par la suite. Ce serait en fait une marque intentionnelle faite soit sur le flan avant la frappe ou qui a été créé au moment de la frappe. Selon P. Vassiliou et al. (voir bibliographie ci-bas), cette cavité de poinçon apparait systématiquement sur toutes les pièces ptolémaïques après la réforme monétaire de Ptolémée II vers 260 AEC.

Deuxièmement, la très grande majorité des revers frappés par les Ptolémées illustrait un ou deux aigle(s). D’après le guide des types et dénominations du “PtolemAE Project” les seules pièces ptolémaïques qui comportent un portrait tant sur l’avers que le revers seraient celle du type avec un portrait de Ptolémée I sur l’avers et une tête de la Libye sur le revers, frappé à Cyrène (Κυρήνη / Kurḗnē, ville de Cyrénaïque [Libye]) sous Ptolémée III et IV. Si l’on se fit à la dénomination (AE18) les types le plus proche serait Sv 856 (Obv/Rev) et Sv 872 (Obv/Rev).  Ce même type a aussi été utilisé sous Ptolémée VIII (Sv 1658 – Obv/Rev) et IX (Sv 1725 – Obv/Rev). Cyrène a été une cité satellite du royaume lagide (le roi était nommé par le satrape d’Égypte, Ptolémée I) dès 321 AEC et ce n’est qu’après la révolte de Magas, en 250 AEC, que le Cyrénaïque fut complètement absorbé par le royaume ptolémaïque. 

En conclusion, cette pièce présente donc sur l’avers une tête de Ptolémée I, à droite, coiffée d’un diadème (et portant possiblement une égide autour du cou). Le revers illustre un buste de femme (fort probablement une représentation de la Lybie), à droite, coiffée du bandeau (taenia) ou d’un diadème, [les cheveux en longues boucles à l’arrière de la tête, avec une cornucopia sous le menton] et l’inscription grecque ΒΑΣΙΛΕΩΣ – ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ (Basileos Ptolemaioy / roi Ptolémée). Elle aurait été frappé à Cyrène par un monarque de la dynastie ptolémaïque vers 246-180 AEC— c’est-à-dire probablement sous les règnes de Ptolémée III (246-222 AEC), Ptolémée IV (222-204 AEC) ou Ptolémée V (204-180 AEC), et possiblement sous les règnes de Ptolémée II (283-246), Ptolémée VIII (170-163 AEC) ou Ptolémée IX (116-107 AEC).

Pour remettre cette pièce dans son riche contexte historique, il faut se rappeler (comme je l’ai mentionné dans les pièces grecques) que Alexandre le Grand, roi de Macédoine, a conquit un vaste territoire qu’il ne pouvait gouverner par lui-même. Il a donc confié l’administration de chaque province (satrapie) à ses généraux. Après sa mort (en 323 AEC) ses successeurs se partagent les territoires de son empire selon l’accord de Babylone: Antipater (et son fils Cassandre) conserve la Macédoine et la Grèce, Ptolémée reçoit l’Égypte, Antigone obtient la Phrygie, la Lycie et la Pamphylie, Lysimaque prends la Thrace, Léonnatos règne sur la Phrygie hellespontique,  Peithon sur la Médie, Peucestas sur la Perside, Asandros sur la Carie, Atropatès conserve la Médie, Néoptolème prends l’Arménie, et Eumène de Cardia reçoit la Cappadoce. Séleucos est d’abord simplement nommé chef de cavalerie (hipparque) mais une nouvelle répartition des territoires lui accorde finalement la Babylonie. Évidemment, l’ambition et la jalousie causa une dispute sur le partage des territoires (322-281 AEC) et ce qui en résulta fut, à l’aube de l’Époque hellénistique, la création de trois grandes dynasties: les Antigonides (fondée par Antigone le Borgne), les Lagides (ou ptolémaïques, fondée par Ptolémée I) et les Séleucides (fondée par Séleucos). Les descendants de Ptolémée règneront sur l’Égypte et le Cyrénaïque pendant deux siècles et demi. La dynastie prendra fin en 30 AEC avec Cléopâtre VII (qui co-règna d’abord avec son frère Ptolémée XIV, puis avec son fils Ptolémée XV (Césarion)) alors que la satrapie d’Égypte est finalement absorbée par la République Romaine…

Sources: Wikipedia (Royaume lagide / ptolémaïque [FR/EN], Dynastie lagide [FR/EN], Cyrène [FR/EN]), FAC (Ptolemaic Kingdom); BMC v.7: #87, 96-99 (Ptolémée V); Svoronos: Sv 856 (pl. XXXIV, 7), Sv 871 (pl. XXXIV, 33-34), Sv 872 (pl. XXXIV, 35-37), Sv 873 (pl. XXXIV, 38), Sv 1658 (pl. LXIII, 5), Sv 1725 (pl. LXIII, 10). Réf. en ligne: Google, acsearch, FAC (Sv 871), FAC (Sv 871), FAC (Ptolemy V), FAC (Sv 871), Hearst, MRB, numismatics, WildWinds: Ptolemy II, Sv 856 (text, image), WildWinds: Ptolemy IV, Sv 873 (text1, image1 / text2, image2), WildWinds: Ptolemy V, BMC 76 (text, image), WildWinds: Ptolemy IX, Sv 1725 (text, image). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie: 

La semaine prochaine nous continuons la présentation de pièces de monnaie des royaumes environnants l’Empire Romain avec une pièce Séleucide.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.152]

Quid est? / Qu’est-ce que c’est?

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Aubrieta x cultorum

Lorsque je me promène dans le parc (ou ailleurs dans la nature) et que je prends des photos de plantes, d’oiseaux ou d’insectes, j’aime bien savoir ce que c’est. Prendre une photo pour moi est une occasion d’accroître mon savoir. Il y a plein de gens qui prennent des photos et les mettent sur leur blog ou leur FB sans se donner la peine de les identifier et si cela offre une belle photo qui nous fait tous admirer les merveilles de la nature, je trouve cela tout à fait inutile si je ne peux pas identifier le sujet de la photo. Au jardin botanique c’est plutôt facile puisque la plupart des plantes sont présentées avec une fiche signalétique. Au festival de la tulipe d’Ottawa c’est un peu plus compliqué car il n’y a rien qui ressemble plus à une tulipe qu’une autre tulipe et que si le festival identifie le contenu d’un parterre il n’offre aucune aide pour associer chaque nom au cultivar qu’il représente (une image sur la fiche signalétique serait fort utile — quoi que cette année le festival offre une carte interactive des plates-bandes qui fait cette association). Toutefois, dans un parc nature, nous sommes tous laissé à nous même. Et même si j’ai déjà identifié une plante dans le passé, comme j’ai une très mauvaise mémoire, c’est toujours à recommencer…

J’ai d’abord essayé des applications d’identification de plante mais, malheureuse­ment, les applications gratuites ont un taux de réussite très bas quand il s’agit d’identifier une plante. J’ai alors vite abandonné et me disant qu’il valait mieux de simplement prendre un bon cliché de la plante et que je l’identifierais plus tard. Pour ce faire j’ai longtemps utilisé de bon vieux livres de botaniques mais cela demandait de longues heures à feuilleter des références à la recherche de photos similaires à la plante que je voulais identifier. Puis j’ai découvert Google Images, qui est un engin de recherche par image. Il suffit de “glisser/déposer” (“drag & drop”) une image dans la plage de recherche et Google vous suggère une identification. Encore une fois le taux de succès de ces suggestions est plutôt bas (par exemple, la plante ci-dessous est identifiée comme étant possiblement du jasmin !) mais Google fournit aussi une sélection d’images visuellement similaire que l’on peut parcourir et notre cerveau peut alors les analyser plus efficacement que l’intelligence artificielle de Google. Cela demande encore beaucoup de temps mais le fait d’avoir des suggestions de départ réduit de beaucoup le temps de recherche. Toutefois, j’ai récemment découvert une application encore plus facile et efficace.

[ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2022/05/30 ]

Ce que j’admire chez Apple c’est leur volonté de sans cesse améliorer leurs applications, souvent en y ajoutant des fonctionnalités qui n’étaient auparavant offertes que par de tiers parties. Je me promenais récemment dans le Parc Frédéric-Back et j’y ai vu un arbre avec une superbe floraison très odorante. Je me souvenais vaguement d’avoir déjà identifié cette espèce mais la mémoire me faisait défaut (et, pour une fois, mon épouse n’a pas pu m’aider — pour ce qui est de plantes elle est d’habitude une excellente ressource). J’ai tenté alors de voir si je ne pouvais pas directement, sur place, fournir l’image de l’application “Photos” à “Google Images” pour l’identifier. 

En tâtonnant sur mon iPhone, j’ai remarqué deux étranges logos: une feuille dans un cercle blanc qui apparaissait au centre de l’image et un “i” dans un cercle avec un scintillement apparaissant dans les icônes de menu au bas de l’écran (j’ai par la suite découvert que ces icônes apparaissaient aussi dans l’app “Photos” de mon MacBook Pro). Cliquer sur l’un ou l’autre de ces icônes appel la fonctionnalité “Recherche Visuelle” qui utilise les connaissances de Siri (“Siri Knowledge”) pour identifier les différents éléments qui apparaissent dans les photos (sites touristiques, œuvres d’art, plantes, fleurs, animaux, etc. — fonctionnalité disponible uniquement dans certaines régions pour l’instant. J’ai ainsi découvert par hasard, à mon grand étonnement, que Apple avait amélioré son appli “Photos” dans sa dernière mise à jour (MacOS 12 Monterey / iOS 15 et iPadOS 15) en lui donnant une fonctionnalité similaire (mais O combien supérieure!) à Google Images: nous pouvons maintenant interagir avec nos photos non seulement en identifiant le contenu (“Recherche visuelle” [Visual Look Up]) mais aussi avec le texte présent dans les photos (“Texte en direct” [Live Text] qui permet de copier/coller le texte, le rechercher, le traduire, le partager, activer une adresse web ou un numéro de téléphone, etc.!!). C’est vraiment incroyable car, jusqu’à maintenant, les essais que j’ai effectué ont démontré un taux de réussite très élevé dans les identifications de plantes. Bon, ce n’est pas parfait (il y a parfois des erreurs où l’application donnera une mauvaise identification, ou une identification trop générique — une rose sera simplement un rose, une tulipe simplement un tulipe, mais au moins le genre est identifié correctement même si l’espèce ou le cultivar exacte n’est pas précisé) mais c’est un outil qui me sera dorénavant extrêmement utile.

Ainsi, Siri a correctement identifié cet arbre comme étant un Robinia pseudoacacia (robinier faux-acacia ou “black locust” en anglais). La technologie ne cessera donc jamais de m’émerveiller. Je me promène maintenant en pleine nature, mon iPhone à la main non seulement pour prendre de charmantes images mais aussi comme instrument scientifique, tel un “tricorder” de Star Trek! Où tous cela nous mènera?

NonSequitur-20220505

[ Non Sequitur by Wiley Miller, 2022/05/05 ]

“Génèse 2.0 : Selon la légende, quelqu’un a dit : « Alexa… rend le monde entier meilleur ». Puis, pour faire court, nous avons été redémarré”.

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Monnaies anciennes 92

Pièce grecque (6)

IMG_2075-2088Ma sixième pièce de monnaie grecque est une assez belle obole de bronze (AE23, G [Good], AE [Bronze], 20 x 23 mm [0.9 po], 6.079 g [93.8 grs], payé environ $5 le 1985/01/06, caractérisée par une patine verte avec quelques concrétions rougeâtres; die-axis: ↑↓). L’avers représente une tête d’Artémis, à droite, portant un bandeau (taenia), avec possiblement un arc et un carquois par-dessus l’épaule. Le revers illustre une lyre avec l’inscription grecque verticale PHΓI-NΩN (Ῥήγιον / Rhegion pour la cité grecque de Rhegium) dans le champs de part et d’autre.

Les sources (voir plus bas) s’entendent sur le fait que cette pièce a été frappé à Rhegium entre 270 et 203 AEC (quoique certain la date de 260-218 AEC).

Rhegium est une cité de la Grande-Grèce situé à l’extrémité ouest de la Calabre (région que les romains appelait Bruttium, d’après le peuple qui y habitait: les Bruttii). Elle occupait une position stratégique sur le détroit de Messine, juste en face de la ville du même nom, en Sicile. Fondée vers 730 AEC, elle a été l’une des premières colonies grecques en Italie. C’était une cité importante surtout pour le commerce maritime. Elle a longtemps été une allié d’Athènes (particulièrement durant la Guerre du Péloponèse (431-404 AEC), qui opposait Athènes à Sparte, Corinthe et Syracuse). Durant la troisième Guerre gréco-puniques (opposant les Cathaginois et Syracuse pour le contrôle de la Sicile en 398-393 AEC) elle est tombé sous le contrôle de Syracuse. Elle s’est allié à la République Romaine en 282, peu de temps avant la guerre de Pyrrhus. Le romains se sont par la suite emparé de la cité et ont restauré son indépendance en 271 AEC. Elle conserva alors ses coutumes et sa langue grecques ainsi que le droit de frapper monnaie. Toutefois, après la deuxième guerre punique (218-202 AEC) elle fut définitivement absorbée par la République Romaine.

Sources: Wikipedia (Artémis [FR/EN], Lyre [FR/EN], Rhegium [FR/EN]), FAC (Artemis, Bruttium, Lyre); Head B.V., H.N.: pp. 75-77, 91-92, 95; Poole R.S., BMCG v.1: Italy: p. 380. Réf. en ligne: Google, acsearch, eBay, Thirion, WildWinds (SNG ANS 729 (text, image), 729ff (text, image), 731 (text, image)). Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine nous reprenons la présentation de pièces de monnaie des royaumes environnants l’Empire Romain avec une pièce ptolémaïque.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.145]

Retour au jardin

Après deux ans d’absence due à la pandémie de COVID, nous sommes finalement retourné au Jardin botanique. Équipé de nos cartes Opus et Accès-Montreal, ainsi que d’un pic-nic, nous avons d’abord affronté le transport en commun (le port du masque n’étant plus obligatoire — sauf des certains endroits comme les hôpitaux et le transport en commun — plusieurs personnes défi la règle et ne le porte plus dans l’autobus et le métro). Au jardin botanique nous sommes accueillis par une allée bordée de plates-bandes de tulipes. Je grimace: après le festival d’Ottawa j’ai assez vu de tulipes pour toute l’année! Nous prenons à gauche vers la section des plantes utiles (vivaces, nourricières, médicinales, etc.), et les lilas. Car le mois de mai est le mois des lilas — quoique nous commençons à être tard dans la saison des lilas…

Nous passons la guérite d’entrée en montrant nos cartes accès-montréal qui nous permettent l’accès gratuit aux jardins extérieurs. Nous traversons le jardin des plantes vivaces qui pour l’instant offre surtout de petites fleurs couvre-sol. Nous passons rapidement les jardins nourriciers et des nouveautés qui sont encore en préparation (Il me semble que quand nous visitions le jardin en mai par les années passées ces jardins étaient déjà planté, il y aurait donc du retard cette année) nous rendre au jardin des lilas () qui sont encore en fleurs (quoique certains commencent à être un peu fanés). Nous nous étendons quelques instant à l’ombre d’un lilas, juste pour apprécier la tranquillité du lieu: le chant des oiseaux, un ciel bleu azur troublé que par la trainé blanche d’un avion de ligne, et une température parfaite autour de vingt degré. 

Nous nous rendons ensuite aux étangs surtout pour y observer le monde animal: des bernaches (Branta canadensis), des carouges à épaulettes (Agelaius phoeniceus; le mâle se fait entendre mais seule la femelle est visible), une libellule (il en existe une cinquantaine d’espèces au Québec mais je crois qu’il s’agit ici de Macromia illinoiensis), et des tortues peintes (Chrysemys picta). Nous traversons ensuite le jardin des Premières-Nations pour nous rendre au jardin Japonais. Je ne vois que deux carpes koï dans l’étang (carpe diem semble-t-elle me dire!). Dans la salle Toyota du Pavillon Japonais on retrouve la même exposition sur la culture japonaise qu’il y a deux ans. La salle Nomura offre une exposition sur la vaisselle japonaise avec des thèmes décoratifs basés sur la nature. Nous revenons ensuite vers l’entrée en prenant le temps de contempler ce qui me semble un cerisier en fleur (Prunus serrulata ?), puis nous passons au travers le jardin aquatique et la roseraie encore dénudée de fleurs (il faudra revenir en juin). Finalement, nous faisons un dernier arrêt sur la terrasse du restaurant du jardin pour manger une petite collation (un sandwich et un biscuit) avant d’aller reprendre le métro et l’autobus…

Ce fut une belle journée d’excursion mais tout de même un peu épuisante (on a marché un bon douze milles pas). Toutefois, il faudra essayer de revenir plusieurs fois au cours de l’été pour apprécié les différentes floraisons…

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Un samedi nature [002.022.141]

A Groundhog’s family
Une famille de marmotte

[ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2022/05/23 ]

While walking on the park we were privileged to observed a family of groundhog (a mother and three pups) in their intimate moments. ♦ En nous promenant dans le parc nous avons eu le privilège d’observer une famille de marmottes (une mère et ses trois petits) dans leurs moments intimes.

Monnaies anciennes 91

Pièce grecque (5)

IMG_8543-8544Ma cinquième pièce de monnaie grecque est un beau drachme (5 lirai / AE20, VG [Very Good], AE [Bronze], 20 mm [0.79 po], 6.196 g [95.6 grs], payé environ $10 le 1985/05/03, caractérisée par une patine verte due à une légère concrétion de vert-de-gris; die-axis: ↑↙︎). L’avers représente une tête de Poséidon à gauche portant un bandeau (taenia). Le revers illustre un trident avec des volutes marines entre les branches, entouré de deux dauphins (la tête en bas), avec l’inscription IEΡΩ-NOΣ (Hieronos, qui est le nom d’un tyran de la cité de Syracuse en Sicile entre 275 et 215 AEC) et ΘΦ (thêta & phi — marques d’atelier, de séquence ou datation?) en dessous de part et d’autre du manche. 

La comparaison iconographique et la recherche par mots-clés (confirmées par les sources — voir ci-bas) nous apprends que ce drachme a été frappé à Syracuse (en Sicile) durant le règne de Hieron II. Malheureusement, il n’est pas possible de dater cette pièce plus précisément que les dates de règne du monarque, soit entre 275 et 215 AEC.

Toutefois, Hieron II se révèle un personnage fort intéressant qui se situe dans le contexte des suites de la guerre de Pyrrhus (280-275 AEC).  La jeune République Romaine, alors en pleine expansion, attaque la ville de Tarente. Celle-ci fait appel au soutien du roi d’Épire, Pyrrhus, qui y voit l’occasion d’étendre sa domination sur la Grande-Grèce. Après deux grandes (mais coûteuses) victoires contre les Romains à Héraclée (280), puis à Ausculum (279), il en profite pour tenter de chasser les Carthaginois de Sicile mais, si il réussit à “délivrer” Syracuse, il rencontre une forte résistance et, après une défaite navale à Messine, décide de retourner en Italie. Il reprend les hostilités contre les Romains mais est défait à Beneventum (275). Il abandonne donc ses projets de conquête et retourne à Épire.

Après le départ de Pyrrhus, les syracusains nomment Hieron (un des officiers de Pyrrhus) général des armées. Ayant eut du succès contre les Mamertins, des mercenaires campaniens qui attaquaient la ville, il est nommé basileus (roi) par le peuple. Il règne sur la cité pendant une soixantaine d’année, qui furent une période de grande prospérité. Il développe une importante force navale, fortifie la forteresse d’Euryale et renforce les défenses de la ville grâce aux machines de guerre de l’ingénieux Archimède. En 263, il signe un traité avec les Romains qu’il honorera jusqu’à sa mort en 215. Toutefois, durant la deuxième guerre punique, son petit-fils Hieronymus, qui lui succède, rompt le traité avec les Romains ce qui amène le siège de Syracuse (en 212), l’assassinat d’Archimède et l’annexion de la cité par la République Romaine…

Sources: Wikipedia (Hieron II [FR/EN]), FAC (Syracuse); Réf. en ligne: Google, acsearch, ACT, catawiki, CoinTalk, CoinTalk, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

Les pièces de monnaie c’est un peu comme les gens: quand on apprend à les connaître il n’y en pas une qui n’a pas une histoire à raconter…

La semaine prochaine je vous présente une sixième et dernière pièce de monnaie grecque.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.138]

Festival de la tulipe d’Ottawa

OTF-logoAprès deux ans d’absence à cause de la pandémie de COVID, le Festival Canadien des Tulipes d’Ottawa est de retour. Je ne pouvais donc pas manquer cet événement car c’était pour moi l’occasion de regarnir ma réserve de photographies de fleurs… J’avais planifié de m’y rendre le lundi seize mai mais, comme les météorologues annonçaient de la pluie pour dimanche et lundi, j’ai décidé de devancer ma visite au samedi quatorze mai. Le festival avait officiellement débuté la veille mais les cérémonies d’ouverture n’avaient lieu que le samedi matin. Je m’attendais donc à ce qu’il y ait foule. Je ne me suis pas trompé là-dessus. Cependant, ce que j’avais oublié de tenir compte, c’est la canicule: ce jour là il faisait trente degrés à l’ombre !

OTF22-map

Parc des Commissaires

Nous sommes entré dans Ottawa vers midi. Après un bref arrêt dans un Mcdo pour manger notre lunch (nous nous étions préparé des sandwich) avec un café, nous nous sommes dirigé vers le Parc des Commissaires et le Lac Dawe. Il y avait une longue file d’attente pour le stationnement payant, alors nous somme aller du côté Est du lac. On s’est trouvé du stationnement sans trop de difficulté sur Kippewa Drive et sommes entré dans le parc par l’avenue Charles-Jackson. Nous nous sommes alors dirigé vers l’Ouest. Un table d’information distribuait une carte (qui n’est malheureusement pas disponible en ligne et qui n’indique pas les emplacements des plates-bandes de fleurs). Elle ne nous a pas été d’une grande utilité. J’ai navigué mon parcours du parc surtout avec Google Map et j’ai par la suite découvert une carte interactive du jardin qui indique les emplacements des plates-bandes et leur contenu (ce qui est assez utile pour aider à identifier les cultivars de tulipes que je photographiais). 

OTF22-InteractiveMap

Carte interactive

La première plate-bande que nous avons rencontré est la numéro sept, qui présentait des tulipes El Niño, Hugs and Kisses, et Bleu Aimable. C’est le cultivar El Niño qui ressortait le plus avec ses pétales multicolores en forme de lys (en pointe) avec des dégradés passant du rose au jaune mais surtout d’orange. Un peu plus loin nous avons rencontré la plate-bande six qui, selon la carte interactive, offrait des tulipes Salmon Dynasty, Match, Graceland mais la signalisation sur place indiquait aussi la présence de tulipes Pleasure (qui, selon l’internet, est blanche à la base avec un dégradé de jaune crémeux clair et un soupçon de rose) et Arctic Lips (que je n’ai pu identifier mais j’imagine qu’elle est blanche). On y retrouvait également des tulipes d’un jaune vif et uniforme qui ne correspondait à aucun des cultivars répertoriés pour cette plate-bande. Une plate-bande qui avait une allure un peu dégarnie par endroit… Ici c’est la Salmon Dynasty qui se distinguait le plus avec ses dégradés de jaune, rose pastel qui passe à l’orange et au rouge. Après avoir passé une série de plates-bandes qui n’offrait aucune tulipes (le festival semble avoir beaucoup moins de plates-bandes cette année) nous passons à la section suivante…

Après avoir passé la statue “Man with Two Hats” (par l’artiste hollandais Henk Visch et qui, avec sa statue jumelle à Apeldoorn, commémore le rôle crucial joué par les soldats canadiens dans la libération des Pays-Bas pendant la Seconde Guerre mondiale) où plus tôt le matin avaient eut lieu la cérémonie d’ouverture du festival, nous arrivons à la plate-bande numéro cinq. On y retrouve les flamboyants cultivars de tulipes Banja Luka, Washington, World’s Favourite, et Fire Wings. Quelques pas plus loin, de l’autre côté du chemin, nous trouvons la plate-bande quatre qui présente quelques rangés de Diamond Jubilee (blanche avec une fine bordure rouge), beaucoup de tulipes Kelly (rouge et blanche) avec quelques Delta Graffiti (tulipe classique rose/pourpre) de dispersées parmi elles. Un peu plus loin, du côté droit de la route, il y a la plate-bande trois avec ses tulipes Flaming Agrass (en avant-plan, en deux tons de jaune), Dynasty (en arrière-plan, rose avec une touche jaune/orange), et, tout au fonds, Flaming Flag (caractérisé par ses pétales blancs avec des flammes lavande). Suit la plate-bande deux avec son mélange de Queensday et Pink star (en avant-plan), de Akebono et Double Shirley en arrière-plan, et de Affaire et Beauty Trend (au fond). Finalement, près de l’entrée du Parc des Commissaires nous trouvons la superbe plate-bande numéro un qui présente une première ligne de Muscari latifolium (“jacinthes à grappes” dans la famille des Asparagaceae), suivie de rangées de Salmon Prince ou de Purple Prince (selon l’emplacement), ainsi que de Ruby Prince (au fond) avec, ici et là, des Candy Prince, Flair, Foxtrot, et Silk Road.

Délaissant les tulipes pour quelques instants nous avons passé le pavillon du lac Dawe pour nous assoir sur la pelouse (près de la marina et en face du bâtiment du HMCS Carleton), à l’ombre, pour se reposer un peu. Là, nous avons pu observer une ancre de bateau, une réplique de canon du XVIIIe siècle, le lac Dawe, un gros chien noir qui se rafraichissait dans le lac, un lilas, et un pommetier. Après avoir appliqué de la crème solaire, nous avons repris le chemin en sens inverse, retournant vers l’Est, en longeant le lac sur la promenade des lumières noires. Nous avons ensuite traversé la Promenade Queen Elizabeth pour nous diriger vers le centre du parc.

Au coeur du parc nous avons passé le rond-point qui contient la plate-bande numéro huit, composée seulement de tulipes Canada 150 et Vampire. Nous avons rapidement passé les plates-bandes neuf, composée de tulipes Mariette (rose), Merlot (rouge vin) et Elegant Lady (jaune et rose pastel), puis l’énorme plate-bande dix (contenant les tulipes Green Power, Yellow Madonna, Queensday, Veronique Sanson, Avocado, Secret Perfume, Foxtrot, Cranberry Thistle, Attila Graffiti, Hemisphere, Pink Star, Dream Touch, et Stability !) et la plate-bande onze (Promiss et Antoinette). Nous tentions de rejoindre l’extrémité sud-est du parc où, cette année, semblaient se trouver la majorité des plates-bandes (numéro quinze à vingt-six) mais le temps passait (il était près de 15h30 et il fallait penser au chemin de retour) et la canicule m’avait complètement épuisé. Le plus loin que nous avons réussis à nous rendre est un peu avant la plate-bande quatorze (jonquilles Mount Hood, Princess Irene, Pretty Princess), en passant en trombe près des plates-bandes douze (Big Love et jonquilles Mount Hood) et treize (Akebono, Black Hero, Dream Touch, Dutch Dancer, Dazzling Sensation, Uncle Tom, Ice Cream, et Marilyn).

Somme toute ce fut une belle journée même si il y avait foule, que la chaleur était accablante et que le jardin n’était pas à son meilleur (moins de plates-bandes que par le passé, quelques tulipes fanées par la chaleur ou d’autres n’ayant pas encore fleurit). Là, j’ai vu assez de tulipes pour le reste de l’année ! Dans les prochaines semaines je vous montrerai mes plus beaux clichés de tulipes…

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Monnaies anciennes 90

Pièce grecque (4)

IMG_1950-1957Ma quatrième pièce de monnaie grecque est une très petite dénomination de bronze (AE12, G [Good], AE [Bronze], 12 mm [0.47 po], 1.665 g [25.7 grs], payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisée par une patine bronze recouverte d’une légère concrétion de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers représente une tête d’Athena (ou du monarque?) à droite coiffée d’un casque corinthien à crête (parfois orné d’une corne de taureau?). Le revers illustre la proue d’une galère à droite, entourée en haut de l’inscription “BA” (dont je ne suis pas sûr de la signification; peut-être Basileus Asia [roi d’Asie] ou simplement basileus [roi]?), à droite d’un labrys (hache à double tranchant ou bipenne, symbole de pouvoir — sur ma pièce, si l’on se fie au rebord pointillé du revers, il ne semble pas y avoir de place à droite pour un symbole mais par contre il y aurait de l’espace à gauche où l’on distingue une forme qui est peut-être un labrys) et d’un monogramme en-dessous (sur ma pièce on ne le distingue pas bien mais, si l’on compare aux pièces similaires, ce serait un “AP” ligaturé qui est le monogramme d’un monarque, Démétrios Poliorcète (Δημήτριος ὁ Πολιορκητής / “Demetrios le preneur de ville”), qui a régné sur une partie de l’Asie Mineure (306-301 AEC) et sur la Macédoine (294-288 AEC).

Ce type de pièce, combinant une tête d’Athéna et une proue de navire surmonté d’un “BA”, ne semble être associé qu’à Démétrios 1er. Toutefois, les pièces recensées ont une format plus grand (avec un diamètre de 14 à 16 mm) que la mienne (qui fait à peine 12 mm). Cette pièce se situe dans le contexte historique de la guerre des Diadoques — les généraux d’Alexandre le Grand, qui lui succédèrent, se sont partagé son Empire selon l’accord de Babylone et ont formé plusieurs dynasties dont les principales furent les Lagides (Ptolémée), les Séleucides (Séleucos) et les Antigonides (fondée par Antigone le Borgne, père de Démétrios). Antigone et son fils tentent de se tailler une place dans le monde méditérannéen en s’opposant à leur rivaux que sont Ptolémée, Séleucos, Cassandre et Lysimaque. Après un début mitigé (une première victoire à Gabiène en 316, puis une défaite à Gaza en 312), une victoire navale décisive contre Ptolémée à Salamine de Chypre en 306 leur permet de s’imposer en Asie, où ils se proclament roi, initiant l’époque des monarchies hellénistiques. Après le siège de Rhodes en 305, ils étendent leur conquêtes vers le Péloponnèse et, malgré la défaite d’Ipsos en 301 (où meurt Antigone), Démétrios se saisit du trône macédonien. Il commet toutefois l’erreur de se retourner contre son allié Pyrrhus, qui se ligue avec les autres Diadoques contre Démétrios. Il perd la Macédoine (en 388) et, après une tentative de siège à Athènes, décide de regrouper ses forces en Asie Mineure où il finit par être vaincu par Séleucos en 385 puis par mourrir de maladie à Apamée (en 283). 

Cette pièce aurait donc été frappé par Démétrios en 306 AEC (ou dans les années subséquentes, soit 306-288 AEC — Karagiorgis propose 300-295 AEC) pour célébrer sa victoire navale contre Ptolémée à Salamine. La pièce aurait peut être été frappée à Salamine même (ou du moins dans un atelier d’Asie Mineure, comme Tarse en Cilicie). Fait intéressant, Démétrios aurait aussi, possiblement, pour célébrer cette même bataille, fait ériger une statue à Samothrace représentant une Victoire (Niké) sur la proue d’un navire (la célèbre “Victoire de Samothrace” qui réside maintenant au Musée du Louvre à Paris).

Sources: FAC (Demetrius, Labrys); Sear 6775, Newell 20, SNG Cop 1185cf; Réf. en ligne: Google, CoinArchives, CoinTalk, CoinWeek, ebay, numismatics, vcoins, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

La semaine prochaine je vous présente une cinquième pièce de monnaie grecque.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.131]

Éclosions 2

[ iPhone 13 Pro, VSP, 2022/05/09-16 ]

La semaine prochaine je commence à vous présenter les tulipes du Festival de tulipes d’Ottawa…

Next week I’ll start showing you the tulipes from the Ottawa Tulip Festival…