Ad Astra VI

AdAstra-v06-covMalgré les réserves d’Aemilus, Varron reste fidèle à son plan. Il lance son immense armée contre les troupes carthaginoises, persuadé d’avoir identifié la stratégie de l’ennemi : profiter du terrain pour prendre l’adversaire au piège.

Mais rien ne se passe comme prévu et, dès le début des combats, la cavalerie romaine se fait décimer ! Tandis qu’Aemilius, blessé, cherche à préserver Scipion du carnage, le second consul prend lâchement la fuite. Si l’infanterie de Rome domine encore, la bataille ne fait que commencer…

Bravoure, complots et stratégie… Plongez au cœur des batailles qui opposèrent les légendaires Hannibal et Scipion !” (Texte de la couverture arrière)

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO (dont c’est le premier titre) qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa Rome et Carthage. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française paraît chez Ki-oon.

AdAstra-v06-p21Le sixième volume est entièrement consacré à la bataille de Cannae et à ses suites immédiates. Encore une fois, les romains sont victimes de la brillante stratégie d’Hannibal. Toutes les batailles précédentes n’ont servi qu’à convaincre les romains qu’ils commençaient à comprendre sa stratégie afin qu’il puisse à nouveau les surprendre. Il commence par rassurer ses alliés gaulois en affirmant qu’ils vaincront malgré leur infériorité numérique (80,000 romains contre 50,000 alliés Carthaginois) et de lourdes pertes mais que cela en vaut la peine pour se venger du joug romains et pour l’honneur de la Gaule! Après avoir feint la retraite, les Carthaginois encerclent les romains et les massacrent. Minucius et Aemilius sont tué par Giscon. Scipion, qui avait reçu l’ordre de rester en retrait avec la cavalerie, décide de mobiliser les 10,000 hommes restés au camp en renfort mais ceux-ci refusent. Leur dernier ordre était de garder leur position et, Aemilius étant mort et Varron ayant “retraité” (fuit), il n’y a plus de généraux pour donner de nouveaux ordres.

Les pertes romaines sont lourdes: 60,000 morts (dix fois plus que les Carthaginois!) et 10,000 prisonniers (dont Rome refusera de racheter la liberté)! Maharbal est d’avis que les Carthaginois devraient profiter de la victoire et marcher sur Rome mais Hannibal refuse, ne voulant pas prendre de front un ville défendu par une muraille. Maharbal réponds “Tu sais vaincre, Hannibal, mais tu ne sais pas profiter de la victoire!” Par dépit, il massacre les villages environnants (Caius qui a survécu à la bataille mais a perdu un oeil, en est témoin). Hannibal envoi son frère Magon à Carthage pour réclamer des renforts. À Rome, Fabius reprends le pouvoir et envoi les soldats survivants en Sicile, sous le commandement de Marcellus. Scipion décide de suivre le cursus honorum et de briguer office pour éventuellement devenir consul même si la tâche se révèle ardue (“Per aspera ad astra” d’où le titre du manga). Il défit Marcellus pour obtenir son soutien à l’édilité mais celui-ci le punis. Lorsque Marcellus est rappelé en Italie pour défendre la Campanie contre Hannibal, Scipion demande à l’accompagner…

Ad Astra est un manga très bien dessiné — le style en est clair et précis. Le récit est fluide, intéressant et très instructif pour ceux qui s’intéresse à l’histoire et à la civilisation romaine. Cependant, malgré que le récit laisse de côté de nombreux détails historiques (si l’on compare à Tite-Live), ce manga s’étire sur treize volumes. Nous n’en sommes donc qu’à la moitié de l’histoire! Cela reste quand même, avec Pline, le manga historique idéal pour les amateurs d’histoire romaine.

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. VI, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, juin 2015. 210 pages, 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 978-2-35592-829-1. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

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Isabella Bird 4

IsabellaBird_4-cov“Des choses se trament à Tokyo… Le botaniste Charles Maries souhaite récupérer son interprète, et malheureusement le contrat qu’il a établi avec Ito est toujours valable. Les Parkes ont beau lui mettre des bâtons dans les roues, le chasseur de plantes est prêt à tout pour parvenir à ses fins ! 

Inconsciente de la menace qui plane sur son expédition, Isabella Bird a quant à elle atteint Niigata, première grande étape de son voyage. L’aventurière se prépare maintenant à partir vers le nord, pour ce qui devrait être la partie la plus éprouvante du périple…

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, Femme Exploratrice est un récit passionnant sur les rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

(Texte de la couverture arrière)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

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5 juillet 1878, Ito—l’interprète et guide de Isabella—se remémore sa rencontre avec le botaniste Charles Maries et les abus qu’il a subit sous son service. Le 12 juillet, ils quittent Niigata et, après avoir traversé le fleuve Shinano, prennent la longue route d’Echigo qui les mène vers Yamagata, puis Akita et, ultimememnt, à Aomori. Faute de chevaux, ils continuent la route à dos de vaches… Ils rencontrent un groupe de “bokka” (des femmes portant des marchandises sur leur dos). L’une d’elles, O-yu, est intéressée à apprendre l’écriture. Le 15 juillet, ils arrivent à Yamagata. Ils visitent l’hôpital local et Isabella est surprise (et un peu choquée) de voir les locaux habillés à l’occidental. La ville interdit même les habits traditionnels dans un effort d’entrer dans la modernité et d’obtenir la reconnaissance de l’Occident. Le dos d’Isabella la fait souffrir. 

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À l’étape de Tateoka, ils rencontrent un vieux couple d’aveugles, lui est anma (masseur) et elle est azusa-miko (nécromancienne qui utilise une sorte d’arc pour appeler les esprits). Isabella est surprise que Ito, qui normalement  abhorre les superstitions, croit au chamanisme. Ito reçoit une lettre de sa mère, auprès de laquelle Maries s’est plaint de son ingratitude. Il joint une note à la lettre enjoignant Ito de revenir à son service sous peine d’être poursuivi en justice. Il lui offre une augmentation et l’averti qu’Isabella souffre d’une maladie qui ronge ses vertèbres et que le voyage pourrait lui être fatal! Et cette mise en garde est confirmée par les prédictions de la voyante… Il ne sait que faire et se sent dans une impasse. Le dernier chapitre raconte une anecdote de la vie de Fanny Parkes, l’exubérante épouse du ministre plénipotentiaire britannique Harry Parkes.

Au fur et à mesure que le récit avance, ce manga s’épanoui sous nos yeux. L’histoire est non seulement captivante mais elle est riche en détails tant géographiques, botaniques que ethniques sur la culture Japonaise de l’ère Meiji. On y discute entre autre l’épineuse question du développement d’un pays: est-ce que modernisation devrait nécessairement vouloir dire occidentalisation? La tentation est grande de chercher à imiter pour plaire et ainsi évider la condescendance et le mépris des impérialistes du genre de Charles Maries. Le style graphique est encore un peu inégal mais demeure généralement très riche, détaillé et précis. C’est même superbe par moment. C’est donc un excellent manga historique que je recommande chaudement.

Isabella Bird, femme exploratrice T04 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), août 2018. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0305-2. Pour lectorat jeune (7+). stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2017 Taiga Sassa. All Rights reserved.

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Détour

DetourLes week-ends se déroulent rarement comme prévu. Je planifiais de faire de menus travaux, de la comptabilité, de lire et commenter des mangas (surtout Isabella Bird et Moriarty) et je me retrouve finalement à lire (relire?) des vieilles BDs de Moebius, à regarder des animés sur Netflix (Gundam Unicorn !) et à rechercher une nouvelle adaptation animée d’un vieux manga shōjo des années ’70 par nulle autre que Waki Yamato (Haikara-san ga tōru) et dont je parlerai sans doute amplement dans un futur proche…

Encore un coup de nostalgie. Cela faisait un bout de temps que j’avais pas regardé d’animés… C’est bon. Ça fait du bien. Et sur Netflix, qui plus est (quoiqu’on y retrouve rien de bien nouveau puisque Gundam Unicorn date déjà de 2010). Et ce n’est pas fini puisque Netflix a annoncé plusieurs titres d’animés à venir (dont Evangelion en juin, Saint Seiya plus tard dans l’été et Ghost In The Shell Stand Alone Complex en 2020 !!!). Ce n’est vraiment plus de la culture populaire (geeky stuff) mais cela commence à faire partie de la culture courante (mainstream)…

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Je suis un chat

Je-suis-un-chat“Le célèbre roman de Sôseki devient un manga. Célèbre et désopilant. Vue par l’œil ironique d’un chat doté de remarquables talents d’observation et d’analyse, voici la vie d’un professeur d’anglais et de son entourage au début du vingtième siècle, lorsque le Japon est secoué par l’essor des valeurs mercantiles venues d’Occident.

Le professeur Kushami, double de l’auteur, sa famille, ses visiteurs, l’étudiant amoureux, le tireur de pousse-pousse, le riche industriel, la maîtresse de koto, sans oublier les chats, l’univers fantaisiste et débridé du roman est parfaitement restitué, avec toute sa richesse et sa profondeur.”

(D’après le site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière)

Je suis un chat (吾輩は猫である / Wagahai wa, neko de aru / lit. “Moi qui suis un chat”) est l’adaptation en manga d’un classique de la littérature japonaise par le romancier Sôseki. Le roman avait d’abord été publié en feuilletons dans la revue littéraire Hototogisu entre 1905 et 1906. 

9782809711905_pgKushami est professeur de littérature anglaise à l’ère Meiji et tout un monde orbite autour de lui: ses étudiants (Meitei, Kangetsu), ses amis, sa famille, ses voisins. Le témoin de cette vie quotidienne est un chat sans nom, qui prends ici la place d’un narrateur omniscient. Il s’agit d’un récit satirique, qui parodie la classe moyenne japonaise ayant adopté tant bien que mal les coutumes de l’occident et qui se prends des airs arrogants. Une bonne partie de l’intrigue se déroule autour des spéculations sur le possible marriage de Kangetsu avec Tomiko, la fille des Kaneda — un riche marchand. Malheureusement, l’histoire finit mal pour le chat…

Le récit est très amusant et assez proche de l’oeuvre originale. Par contre, le style graphique est plutôt décevant: il est très simple (épuré, voir primitif) mais il fait tout de même le travail et illustre bien le récit. C’est une excellente façon de faire connaître cet oeuvre de Natsume Sōseki — dont le personnage est un peu l’alter ego de Sōseki qui était lui aussi professeur de littérature anglaise.

Je suis un chat, par Cobato Tirol (Traduction par Patrick Honnoré). Arles: Éditions Philippe Picquier, août 2016. 208 pages, 14,50€ / C$ 26.95, ISBN-13 : 978-2-8097-1190-5. Pour lectorat de tout âge. stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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© Tirol Cobato / Home She, 2010. © Éditions Philippe Picquier 2016 pour la traduction française.

A noter que l’on retrouve d’autre mangas aux Éditions Philippe Picquier:

Miss Hokusai Tome 1, par SUGIURA Hinako.
Dix Nuits Dix Rêves, par KONDÔ Yôko (D’après le roman de Sôseki).
La porte,  par INOUE Daisuke (d’après le roman de Sôseki).

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Capsules

On the frontier

9782505069812_cg“Avec ses histoires « tranches de vie », qui vous feront voyager de la douce innocence de l’enfance aux désillusions de la vieillesse avec des personnages hauts en couleur, ce titre émouvant se doit de finir entre vos mains. Un recueil d’histoires courtes poignantes, remplies d’émotions et de poésie.”

On the frontier (辺境で 伊図透作品集 / Henkyo de – izu toru sakuhin-shu / lit. “At the frontier: Izu Toru Work Collection”) est un recueil rassemblant huit courtes premières oeuvres de Tôru Izu pré-publié entre 2007 et 2015 dans différents magazines. Il a été publié en 2016 chez Enterbrain (éditeur de Comic Beam). C’est le cinquième manga de Tôru Izu à être publié au Japon (après Mitsubachi no Kiss [ミツバチのキス / lit. “Kiss of the Killer Bee”, Futabasha, 2 vol., 2008], Onsa no Hibiki [おんさのひびき / lit. “Echo of the ancient time”, Futabasha, 3 vol., 2009], Ace [エイス, Kodansha, 3 vol., 2012], et Juuza no Uruna [銃座のウルナ / lit. “Urna of the gun turret”, Enterbrain, 6 vol. +, 2015]) mais le premier à être traduit en français.

Screen Shot 2019-02-24 at 19.39.22Dans “Steel Blue” (Steel Blue, 30 pages), une jeune étudiante en arts graphique, Kako Amakasu, choisie de faire une sculpture comme projet de fin d’étude au lieu d’un dessin comme ses collègues. Elle prends comme matériaux un rail de chemin de fer et des boulons qu’elle soude ensemble. Malgré les difficultés et son inexpérience avec la technique, elle est assez satisfaite du résultat même s’il laisse les professeurs un peu perplexes. Pré-publié chez Futabasha dans le magazine Manga Action (Avril 2008). Lauréat du 5e prix de Manga Action récompensant les débutants. C’est mon histoire favorite du lot. stars-4-0

 

Dans “Lace tes chaussures!” (靴ひもを結べ!/ Kutsu himo o musube!, 30 pages), on retrouve une Kanako Amakasu plus jeune (en dernière année de secondaire, juste avant d’entrer au collège) qui s’inquiète de sa carrière et du fait qu’être une femme est limitatif. Elle trouve les garçon idiots. Pourtant, elle se lie d’amitié avec Eto et Sakai qui aiment jouer à chat perché sur les hauteurs. Elle admire leur insouciance mais les incite tout de même à penser à leur avenir… Cette histoire a été pré-publié dans Manga Action (Septembre 2008) et constitue la première apparition (sous des noms différents) des personnages de sa série Onsa no Hibiki. stars-3-0

Dans “Lace tes chaussures! Épisode hivernal” (靴ひもを結べ!・冬 / Kutsu himo o musube! Fuyu, 24 pages), Kô Mizuura (qui que n’a que quatre orteilles aux pieds) vit à l’orphelinat “La maison de Hibikigaoka” avec Satomi, Daisuke, et Takashi. Il a un petit boulot de distributeur de journaux mais n’aime pas le faire en hiver car il a froid au pieds. Il est amateur de chaussures et admire les bottes d’une serveuse de café mais ne croit pas pouvoir se les payer. Pré-publié dans Gekkan Comic Beam (septembre 2015). stars-3-0

Dans “On the frontier” (辺境で / Henkyō de, 42 pages), des hommes travaillent dure à la construction d’un chemin de fer dans un pays désertique mais froid qui n’est pas nommé (possiblement en Amérique du Sud?). Il s’agit d’une dictature où la guérilla fait rage. Les accidents de construction ne sont pas rares et souvent ils sont mortels. Un jeune se joint à l’équipe. C’est en fait un journaliste incognito mais il est découvert et exécuté… Toutefois, le contre-maître voit à le venger. Pré-publié dans Big Comic Spirits Casual (mai 2007) et lauréat du 59e prix Shinjin Komikku Taishô de Shōgakukan (débutant, catégorie seinen). J’aime bien. stars-3-5

Dans “”Laisse-moi” (ほっとけ / Hottoke, 16 pages), Mako s’inquiète pour Junki qui est dehors tard le soir à jouer seul car ses parents travaillent et ne sont jamais là. Elle s’inquiète aussi pour Eto que personne n’a vue depuis plusieurs jours. Elle trouve une excuse pour passer voir Junki, pensant qu’il s’ennui mais il s’amuse dans son imaginaire… Dans “Cerisier” (さくら / Sakura, 11 pages), des policiers visionnent une video où un jeune garçon se fait battre par un sadique. S’agit-il d’Eto? Dans “La pierre d’Union Soviétique” (ソ連の石 / Soren no ishi, 27 pages), Mako croise Eto dans le train. Il est plus sale et défraîchi qu’à l’habitude. Ils parlent de leur avenir. Eto lui remet une pierre qu’il dit avoir trouvé en Union Soviétique où il serait allé plusieurs fois comme passager clandestin. Il veut voyager autour du monde et découvrir les merveilles qui se font à l’étranger. Elle boude car elle ne veut pas qu’il reparte sans lui dire à elle et à Junki. Ces trois récits ont été publié à compte d’auteur (doujinshi?) dans le recueil Récits qui ont débordé puis sombré (あふれてしずんだお話たち / Afurete shizunda ohanashi-tachi, publié en décembre 2014 chez l’éditeur クリーク・アンド・リバー社 / Kurīku Ando ribā-sha / lit. “Ruisseau et rivière”). Le second est pratiquement incompréhensible et le plus intéressant du lot est le troisième. stars-2-5

Dans “Sans titre” (No Title, 40 pages), un gamin qui aime se balader sur les trains clandestinement et dit vouloir faire le tour du monde sans payer (Eto?) passe du temps avec les cheminots. Le vieux Duka lui montre les rudiment du métier. Mais celui est mis à la retraite et met fin à ses jours. Le jeune continue à se tenir avec le cheminots et McLintock s’occupe de lui un peu. C’est une histoire que Izu a créée avant de devenir mangaka. stars-3-0

Le style graphique de Tôru Izu, qui me semble influencé par celui de Leiji Matsumoto, est assez uniforme tout au long du volume. Par contre, les différentes histoires courtes sont de qualité et d’intérêt assez variable. Dans l’ensemble, le récit manque parfois de fluidité à un point où, dans certaine occasions, on se demande un peu ce qui se passe dans l’histoire. On the frontier demeure une bonne lecture et j’aimerais bien voir la traduction d’autres titres de cet auteur (comme Onsa no Hibiki, dont plusieurs histoires de ce livre semblent être la genèse, ou Juuza no Uruna qui a déjà été traduit en espagnol). La collection “Made In” de Kana semble offrir de nombreux auteurs peu connus mais intéressants et qui méritent probablement un coup d’oeil…

On the frontier : Recueil d’histoires courtes, par Tôru Izu (traduction par Pascale Simon). Bruxelles: Kana (Coll. Made In), mars 2018. 240 p., 14.8 x 21.0 cm, 15,00 € / $C 26.95. ISBN 978-2-5050-6981-2. Manga seinen pour public jeune adulte (14+). Un extrait est disponible sur le site de l’éditeur. Aussi disponible en format électronique sur iTunes. (Voir couverture arrière) stars-3-0

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© 2016 IZU Toru. All rights reserved. Édition française © Kana (Dargaud-Lombard s.a.) 2018.

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Animeland #224

224-coverLa nostalgie n’aura jamais autant été d’actualité ! Cowboy Bebop, une des plus grandes séries animées, fête ses 20 ans cette année ! Retrouvez dans le magazine un dossier spécial consacré à ses créateurs, interviewés pour l’occasion.

Retrouvez aussi notre dossier éco, cette fois consacré aux fan-arts (et à leur business !), un dossier anime dédié à Monogatari, la rubrique pop-corn et ses reviews de films (Flavor of Youth, My Hero Academia: Two Heroes, Bungo Stray Dogs: Dead Apple…), les chroniques anime et manga, la suite de notre dossier manga consacré à L’Attaque des Titans, la review du jeu vidéo Octopath, notre rubrique Portrait de voix…

J’avais planifié de commenter AnimeLand régulièrement mais je me suis retrouvé assez occupé (et la bibliothèque où je le lis ne le reçoit pas toujours de façon très assidue — si j’avais un service de presse comme dans le bon vieux temps cela serait tellement plus simple!). Alors quand un nouveau numéro paraissait, je retournais simplement celui qui trainait sur le coin de mon bureau sans l’avoir commenté. J’ai donc passé quatre numéros sans les commenter. Toutefois, quand j’ai vu ce numéro “Double” (148 pages au lieu de 116, et dans un format légèrement plus grand) je me suis dis qu’il fallait absolument que j’en parle. Alors voilà…

D’abord, il faut rappeler que AnimeLand est sans conteste le meilleur magazine d’information (en dehors du Japon, bien sûr) sur l’anime et le manga (qui sont couvert en part égale, avec un peu d’espace consacré au cinéma, aux jeux vidéos et à la paraphernalia, i.e. figurines, modèles réduits, etc.). Que ce soit tant pour ses informations (voir leur fil de nouvelle sur le site internet: anime et manga), leur dossiers, interviews ou critiques, ce magazine demeure une lecture incontournable pour tout les fans qui se respecte.

Dans ce numéro (pour les détails voir le sommaire du numéro sur le site du magazine) j’ai été tout particulièrement intéressé à la sélection de séries télé de la rédaction (je note Holmes of Kyoto, une série de 12 épisodes sur Crunchyroll où le personnage et son assistante font des enquêtes) ainsi que sa sélection de mangas récents (je note La fille du temple aux chats [Makoto Ojiro, Soleil], Les montagnes hallucinées [Gô Tanabe adaptant H.P. Lovecraft!, Ki-oon], Le vieil homme et son chat [Nekkomaki, Casterman] et la réédition de La vie de Bouddha [Osamu Tezuka, Delcourt/Tonkam]), un article de huit pages sur la saga Monogatari, une série d’articles et d’interview qui célèbrent les 20 ans de Cowboy Bepop, un article sur Visions d’Escaflowne, un très intéressant article sur la dernière étape de production d’une animation: le compositing, un petit article sur Noise — le plus récent manga de Tetsuya Tsutsui chez Ki-oon, un article sur le mangaka Kenji Tsuruta (Spirit of Wonder, Emanon, L’Île errante), et un article sur Le signe des rêves de Naoki Urasawa.

Il y a tant de choses à découvrir dans un seul numéro d’AnimeLand! C’est beaucoup de petits sujets (une ou deux pages) ce qui me donne l’impression que les articles sont toujours trop courts… J’aimerais bien de temps en temps voir de véritable articles de fond avec analyse, présentation des personnages, synopsis des épisodes, interview avec le directeur, etc.

Dans un magazine comme AnimeLand, quand on a soif de découverte, même les publicités peuvent être une source d’information. J’ai ainsi appris qu’AnimeLand, en partenariat avec les éditions Ynnis, sortait le livre 100 Films d’animation japonais, un répertoire des films les plus marquants et qui constituera sans aucun doute une des rares références en français sur ce genre (208 pages, 29,90 €, paru en Octobre). Avec le même partenariat, le magazine a aussi annoncé la parution de Quiz Animeland, un jeu questionnaire qui permettra au amateurs de tester leurs connaissances manga et anime en 500 questions, divisées en cinq rubriques: manga, film, anime, classique et expert (14,95 €, novembre 2018). 

Je crois qu’AnimeLand a bien compris qu’une publication périodique ne peut être que marginalement profitable et que pour survivre il faut multiplier le plus possible les publications parallèles (c’est ce que j’avais l’intention de faire avec PA…). Depuis longtemps déjà, l’équipe du magazine produit de nombreux numéros spéciaux (AnimeLand X-Tra) et Hors-Série (dont le plus récent, dédié au mangas, passe en revue l’année 2018 en mangas) — que ma bibliothèque ne reçoit malheureusement pas! Depuis quelques années, ils ont aussi produits de nombreux livres (consacrés aux studios Disney ou Ghibli, au 30ème anniversaire du Club Dorothée ou au centenaire de l’animation Japonaise (que j’ai déjà commenté), ou encore à la culture japonaise (son quotidien, ses “stars”). Ces ouvrages ne sont toutefois pas toujours facile à trouver outre atlantique (encore une fois, des services de presse seraient appréciés!)…

Finalement, on ne s’ennui jamais avec AnimeLand. Et je suis impatient de voir le prochain numéro dédié à Gunnm (Battle Angel Alita) et Mirai, Ma Petite Soeur.

AnimeLand #224 — Octobre/Novembre 2018 [Collectif dirigé par Émilie Jollois et Christopher Macdonald]. Paris, AM Media Network, septembre 2018. 148 p. 12.00 € / C$18.40. ISSN 1148-0807. Lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Pour plus d’information vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

[ Amazon — Biblio — Goodreads — Wikipedia — WorldCat ]

Voir aussi mes commentaires sur des numéros précédents:

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Errances d’Emanon

image-1533042376“À bord du Sun Flower, Emanon a confié son étrange histoire à un étudiant qui lui rappelait son époux défunt. Mais cette traversée en bateau n’était qu’une infime partie du voyage de la jeune femme à la mémoire de trois milliards d’années : pour elle, une vie ne dure qu’un instant !

Cette passagère du temps poursuit inlassablement sa route, toujours prête pour de nouvelles rencontres. À la recherche d’un mystérieux trésor enfoui ou d’un frère perdu de vue, retrouvez-la dans ses errances…

Emanon est un des personnages les plus fascinants de la science-fiction contemporaine japonaise. Le dessinateur Kenji Tsuruta, tombé amoureux du concept imaginé par l’écrivain Shinji Kajio, donne un visage aussi vivant que mélancolique à cette incarnation féminine du passé, du présent et du futur de l’humanité. Que l’on croie ou non à son histoire, impossible d’oublier Emanon. Et elle non plus ne vous oubliera jamais…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

ATTENTION: Peut contenir des traces de “divulgâcheur” [spoilers]! Les personnes allergiques à toutes discussions d’une intrigue avant d’en avoir eux-même pris connaissance sont vivement conseillées de prendre les précautions nécessaires pour leur sécurité et devraient éviter de lire plus loin! 

Errances d’Emanon (さすらいエマノン / Sasurai Emanon) est le second tome d’un manga seinen publié au Japon en 2010. La série a été prépublié dans le magazine Comic Ryu et compilé en volumes chez Tokuma Shoten. Ce manga peut se lire indépendamment du premier volume, Souvenirs d’Emanon, que nous avons déjà commenté en septembre 2018. L’histoire est basée sur une série de romans de science-fiction par Shinji KAJIO (aussi publiés par Tokuma Shoten), débutée avec une nouvelle en 1983, qui met en scène le personnage de “Emanon” (“no name” en anglais [sans nom] épelé à l’envers), une mystérieuse jeune femme qui a l’étrange pouvoir de se souvenir des vies des tous les individus de sa ligne ancestrale maternelle depuis l’apparition du premier organisme unicellulaire, il y a trois millions d’année!

Ce volume contient deux récits. Le premier, illustré totalement en couleurs, se déroule à une date indéterminée (mais selon les informations fourni on peut calculer que c’est en 1968). Emanon est de passage dans un village pour récupérer un contenant de graines qu’elle y avait caché. Ce sont les semences d’une fleur jaune appelé “Rikaho” qui est en voie de disparition et dont le nectar constitue la nourriture unique d’une variété de scarabées. Ceux-ci produisent des bactéries qui sont capable d’immuniser contre un virus mortel dont certains singes de la jungle sont porteurs (Ebola?). Elle pense que ce serait peut-être là sa raison d’être. Elle confie le reste des graines à Atsushi, un jeune garçon du village dont elle a fait la rencontre, en lui disant qu’elle reviendrait plus tard les chercher. Dans le dernier chapitre, elle revient au village dans un futur indéterminé pour récupérer les graines et le village est englouti sous plusieurs mètres d’eau… Dans ce récit elle croise également une amie, Hikari, qui semble avoir connaissance de l’avenir (une voyageuse temporelle?). Emanon lui mentionne qu’elle a récemment revue son frère…

Le deuxième récit est illustré en noir et blanc et se situe en 1967. Emanon débarque du traversier Sun Flower (où se déroulait le récit du volume précédent) et est à la recherche de son frère. Depuis la nuit des temps ses ancêtres n’ont donné naissance qu’à une seule et unique fille à qui la mémoire ancestrale se transmettait, transformant après quelques années la mère en une coquille vide, amnésique. Or, la mère d’Emanon a donné naissance à des jumeaux, un garçon et une fille. Quant elle a été assez autonome, Emanon a abandonné son frère au “Jardin du Bonheur”, un centre social d’aide à l’enfance où il a été mis en adoption, et elle a placé sa mère dans l’hôpital d’une ville voisine. Takuma a lui aussi quelques pouvoirs (dont la pyrokinésie) puisqu’ils ont été capable de se retrouver sans effort (il peut sentir la présence lointaine d’Emanon comme un point lumineux dans son champs de vision). Son existence a donc aussi sa raison d’être, mais laquelle? Toutefois, Takuma est choqué par les révélations d’Émanon et ressent de la haine envers celle qui l’a abandonné… Ils ne se reverront que trente ans plus tard…

PlancheA_343663Le style de Kenji Tsuruta est plutôt classique car les ombrages et les textures sont fait au trait d’encre (il utilise très peu de trames) ce qui donne un résultat précis et détaillé, qui est assez agréable à l’oeil. La section couleur est colorée à l’aquarelle par dessus l’encrage, ce qui parait encore plus beau. Le récit de Shinji Kajio est assez simple malgré les nombreux changements d’époques. L’histoire est fascinante et captivante. On aimerait bien en savoir plus sur Emanon mais le récit se développe très lentement, avec par moment très peu de dialogue. C’est un auteur qui semble bien aimer la science-fiction (Emanon lit Hauser’s Memory de Siodmak et cite Ray Bradbury) et dont j’aimerais bien lire d’autres de ses oeuvres. Il n’est malheureusement pas traduit (comme c’est le cas de la plupart de la SF japonaise). Plusieurs de ses nouvelles ont cependant été traduite en anglais dans la série d’anthologie Speculative Japan publié chez Kurodahan Press.

Dans l’ensemble, Errances d’Emanon est une très bonne lecture. J’aime bien ce personnage mystérieux et ce lent récit où l’on se demande toujours où il nous mènera. Malheureusement, Ki-oon n’a pas encore annoncé de date de parution pour les volumes trois et quatre. Par contre, Dark Horse publiera le premier volume en anglais, Memories of Emanon, dès mai 2019!

Errances d’Emanon, par Shinji KAJIO (scénario) et Kenji TSURUTA (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Latitudes), septembre 2018. 208 pages (64 en couleurs), 17 x 24 cm, 15,00 € / $28.95 Can. ISBN 979-10-327-0315-1. Pour un lectorat adolescent (16 ans et plus; contiens de la nudité). stars-3-5

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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SASURAI EMANON © Shinji Kajio, Kenji Tsuruta 2012 / TOKUMA SHOTEN PUBLISHING CO., LTD

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Logo-ErrancesEmanon

Découverte: Mangas de chats

Les chats ont toujours été populaires en bande dessinée. On a qu’a penser à Garfield ou Le chat du rabbin. C’est toutefois encore plus vrai au Japon où l’on retrouve une quantité phénoménale de manga qui ont des chats comme protagonistes ou comme sujet principal. Plusieurs listes de titres plus ou moins exhaustives sont déjà disponibles pour les amateurs (Anime Planet, Barnes & Noble, Goodreads, Manga-newsManga Updates, etc.) mais je me permet toute de même d’y ajouter la mienne (tous ces titres sont disponibles dans le réseau des bibliothèques de Montréal):

Certains autres titres sont traduits mais pas encore disponibles dans les bibliothèques de Montréal:

  • Biki & Maru (TARASAWA Michi) Black Box Editions
  • Cyborg Kurochan (Yokouchi Naoki) Pika (épuisé?)
  • Kanojo to Kanojo no Neko / She and her cat (Makoto Shinkai) Kodansha
  • Neko Atsume: Kitty Collector Haiku — Seasons of the Kitty (Hit-Point) Viz Media
  • Nekogahara: Stray cat samurai (Hiroyuki Takei) Kodansha
  • Neko Ramen (Kenji Sonishi) TokyoPop
  • Nyankees (OKADA Atsushi) Doki Doki
  • Street Fighting Cats (SP Nakatema) Doki Doki

Et quelques autres titres qui ne sont pas encore traduits mais qui me semblent intéressants…

  • Cha! Chu! Cho! (Ei Mihara)
  • Deka Neko Hiyori (Emi Hashimoto)
  • Kyou no Nyakotan (Minori Kashiwa)
  • My Roommate is a Cat / Dōkyonin wa Hiza, Tokidoki, Atama no Ue (Tsunami Minatsuki / Asu Futatsuya) Flex
  • Neko no Machi no Ko (Satoshi Morie)
  • Walking Cat (KITAOKA Tomo) Futabasha [ウォーキング・キャット]

J’ai déjà lu Les chats du Louvre, Je suis un chat, Félin pour l’autre!, Manga Chat, Le vieil Homme et son Chat, Le journal des chats de Junji Ito et What’s Michael?, mais je vais essayer d’en lire encore plus dans l’avenir (Choubi-Choubi, Miaou! et Plum me semblent de bon candidats). Cette liste n’est toutefois que la pointe de l’iceberg! (Je vais essayer de la mettre à jour avec de nouvelles découvertes).

Et vous, quels sont vos manga de chats préférés?

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Mujirushi: Le Signe des rêves 2

signe-des-reves-2-covLe récit, débuté dans le premier volume, se poursuit. [Attention: SPOILER] Kasumi et son naïf de père Takashi ont un plan pour voler La Dentellière de Vermeer au Louvre: distribuer des masques de la présidente américaine Duncan (une sorte de mélange entre Trump et Hilary) dans le cadre d’un faux exercice d’évacuation et profiter de la confusion pour cacher le tableau dans les combles du musée. L’escroc Iyami, ce prétentieux personnage aux dents saillantes, espère profiter de la disparition du tableau pour vendre son faux à haut prix… Le pompier Michel tente de les en empêcher mais de toute façon Takashi ne réussi pas à saisir le tableau et le plan échoue… Toutefois, l’incident est perçu comme  une manifestation éclair anti-Duncan et, comme un scandale impliquant la président éclate au même moment, les masques de la présidente reviennent populaire et l’usine de Takashi suffit à peine à répondre à la demande. Sa femme revient et sa fortune est retrouvée!

signe-des-reves-2-bcovEntremêlé au récit principale on retrouve trois autres histoires: celle de l’inspecteur japonais à la poursuite d’un trafiquant de tableaux volés qui fait erreur sur la personne; deux journalistes qui “suivent” la présidente Duncan et révèlent le scandale; et finalement l’histoire de Kyôko, une japonaise qui a vécu à Paris et s’est occupé de Michel quand il était jeune. Finalement, l’histoire qui lie Kyôko et Iyami n’a rien de mystique et, si elle est un peu rocambolesque, elle est même plutôt décevante tellement qu’elle est banale. 

signe-des-reves-2-plancheLe manga nous offre quatre planches en couleurs et se conclue avec les fiches signalétiques de deux des oeuvres du Louvre représentées dans le récit (La Dentellière de Vermeer et la statue égyptienne du couple Sementaouy et Rouiay), une postface de Naoki Urasawa (qui explique la genèse du manga) et la présentation du personnage de Iyami. C’est sans doute cette dernière qui est la plus intéressante car elle donne une nouvelle optique au récit. On y explique que Iyami est en fait un personnage très populaire du manga Osomatsu-kun par Fujio Akatsuka. Le récit est donc rempli d’inside jokes que seul les gens familier avec cet aspect de la culture japonaise peuvent comprendre  et apprécier. Cela m’avait échappé…

Si le dessin de Naoki Urasawa semble un peu ordinaire, il est très efficace à exprimer l’action et l’émotion des personnages. Et, si la conclusion de l’histoire est un peu décevante, le récit est bien mené et captivant. Le signe des rêve demeure donc une bonne lecture. C’est du Urasawa, après tout!

Mujirushi: Le Signe des rêves 2, par Naoki Urasawa. Paris: Futuropolis / Louvre Éditions, octobre 2018. 136 pages, 19.5 x 26.5 cm, 20,00 €  / $39.95 Can. ISBN 978-2-7548-2581-8. Sens de lecture original (de droite à gauche). Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

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© 2018 Urasawa Naoki • N Wood Studio / Futuropolis • Musée du Louvre Éditions.

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Mujirushi: Le Signe des rêves 1

signe-des-reves-1-futuropolisKamoda Takashi est un japonais crédule et malchanceux qui se fait constamment embarquer dans des magouilles où il se fait exploiter financièrement. Acculé à la faillite, sa femme le quitte. Mais un corbeau lui apporte un message d’espoir… mais ce n’est que pour se faire embarquer dans une autre magouille par un japonais francophile et mystérieux. Il se retrouve à Paris en compagnie de sa fille Kasumi avec mission de voler La Dentellière de Vermeer au Louvre! Kasumi raconte tout à Michel, un pompier parisien qui parle japonais et qui semble lié à leur mission par un mystérieux destin…

planchea_341960Le dessin d’Urasawa, sans être désagréable, est tout de même assez ordinaire. Par contre son récit — souvent empreint de fantastique — est toujours captivant. Si ses personnages sont peu crédible (l’éternel “looser” pathétique et l’amateur d’art manipulateur aux dents géantes), sa description des salles du Louvre est plutôt charmante. Dans l’ensemble c’est un très bon manga mais la première partie se termine abruptement sur un suspense. La suite au deuxième volume!

Cette série est intéressante pour deux raisons: d’abord il s’agit d’une oeuvre de Naoki Urasawa qui a produit de très bon manga sur une base très consistante (Yawara!, Master Keaton, Monster, 20th Century Boys, Pluto, Billy Bat). Deuxièmement, elle fait partie de la série de BD sur le Louvre publié conjointement par Futuropolis et Louvre Éditions (dont nous avons déjà commenté Les Gardiens du Louvre et  Les chats du Louvre). Le Signe des rêves vaut donc la peine d’être lu — mais je réserve mon jugement définitif en attendant d’avoir lu la suite.

Mujirushi: Le Signe des rêves 1, par Naoki Urasawa. Paris: Futuropolis / Louvre Éditions, août 2018. 144 pages, 19.5 x 26.5 cm, 20,00 €  / $39.95 Can. ISBN 978-2-7548-2577-1. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 2018 Futuropolis / Urasawa Naoki.

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20 Years of Protoculture

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This article was first published in Protoculture Addicts #94 (Nov.-Dec. 2007): 21-27. It was celebrating the 20th anniversary of the magazine. For this version, I have added a few details and corrections, and I have omitted some illustrations (but added some new ones), as well as removed the sidebars (Uh?! for episodes 1-6, Top Uh?!, Where are they now) and the articles’ index that were part of the original article.

It might be hard to believe, but this magazine has been in publication for twenty years. I, myself, am amazed by this fact. Twenty years already? It didn’t feel that long. But, yeah, I’ve spent nearly half my life working on Protoculture Addicts, and I don’t regret a single moment of it. Like any anniversary, it makes me nostalgic (well, the fact that I am listening to soundtracks from Macross, Mospeada and Robotech while writing this certainly add to this feeling). It makes me think of the good ol’ years, of friends that I have not seen in a long time. But there’s no time for melancholy— anniversaries need to be celebrated! In the past, when I wanted to do a special issue, I usually added more colour. 

Unfortunately, I cannot do that now since we are already full-colour and we are still not big enough to add goodies like a free DVD. However, I quickly realized that the best way to celebrate the magazine was to tell you its story. I am sure that, once you know a little more about where it’s coming from, you’ll better appreciate the magazine. After all, it started like an episode of Comic Party or Doujin Work—a crazy idea in the mind of a bunch of idle college kids. So please, gather around, be quiet (gee, I feel like Uncle Carl when he was telling one of his anecdotes), and listen to this very special anime story… 

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Un commentaire déplacé

Les bibliothèques de Montréal sont rendu folles ! Faire passer de la section adultes à la section enfants des titres de manga comme Nausicaa ou Bride Stories ! Ça n’a aucun sens.

Nausicaa07Nausicaa offre une histoire mystico-politique vraiment trop complexe (que j’ai moi-même eu de la difficulté à suivre!), des thèmes matures (religion, guerre), de la violence, un graphisme plutôt chargé pour être vraiment compris et apprécié par des enfants. D’ailleurs, les spécialistes le considère comme un manga seinen. Bon, je comprend que l’éditeur français, Glénat, classe lui-même ce manga dans sa collection “Univers Kids” (Kodomo?) [quoi que l’éditeur américain, Viz, le classe comme “Teen”] et que l’anime était “ben cute” mais quand même!

BrideStories10Quant à Bride Stories on y retrouve des thèmes matures et de la nudité ! C’est un manga considéré seinen (donc généralement pour les jeunes hommes de 15 à 30 ans), même par l’éditeur, Ki-oon, quoique certains spécialistes le classe pour 14 ans et plus! Il y a-t-il quelqu’un du réseau des bibliothèques, un bibliothécaire par exemple, qui va se décider à regarder la définition de seinen dans le dictionnaire ?!

Un compromis acceptable aurait été au moins de les mettre dans la section ados… mais qui suis-je pour m’en plaindre. Je n’ai fait que publier un magazine sur la culture populaire japonaise (animé & manga) pendant une vingtaine d’années… Je n’y connaît donc rien en comparaison de bibliothécaires qui viennent de sortir, tout verts, de l’université! Bande d’ignares!

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Isabella Bird: Femme Exploratrice, vol. 3

IsabellaBird-v3-cov“Le Japon du XIXe siècle hors des sentiers battus !”

“Pour rejoindre Niigata, première étape de son périple, Isabella Bird a choisi une voie secondaire, rarement empruntée par les voyageurs étrangers. Au fur et à mesure que l’intrépide exploratrice s’enfonce dans la campagne japonaise, l’agitation des grandes villes et la splendeur des sites historiques s’effacent devant la misère du monde rural… Aux divers chocs culturels s’ajoutent des conditions de voyage de plus en plus difficiles, si bien qu’Ito lui-même a du mal à faire face à cet aspect de son pays qu’il ignorait. Mais l’aventurière refuse de se laisser abattre, et c’est sans fléchir qu’elle s’engage sur le dernier tronçon de la route d’Aizu !”

“Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre d deux monde; dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, un nouveau talent prometteur !”

[ Texte de la couverture arrière ]

Je continue la lecture de cette série dont j’ai déjà commenté le deux premiers volumes.

IsabellaBird-v3p010Juin 1878. L’exploratrice britannique Isabella Bird et son guide japonais Tsurukichi Ito continuent leur chemin sur la route d’Aizu en direction de l’île d’Ezo (Hokkaido). La route est difficile et les villages qu’ils rencontrent sont plongés dans une pauvreté si grande qu’elle surprend même Ito. Pourtant les villageois semblent travaillants et déterminés. Le palefrenier engagé pour prendre soin des chevaux leur explique que la région a été dévastée par la guerre de Boshin. L’armée de l’ouest, menée par les clans de Satsuma et de Chōshū, y a écrasé l’armée de l’est. Les paysans ont été enrôlés de force dans l’armée, beaucoup sont morts, les villages ont été pillés et brûlés. Dix ans plus tard la région n’a toujours pas récupéré. 

IsabellaBird-v3p020À Tsugawa (Aga), l’expédition fait des emplettes, Ito se bourre de friandises et prépare un repas gastronomique pour Isabella. Elle en profite pour commenter (à sa soeur, à qui elle écrit) que la gastronomie japonaise, par la propreté des ses instruments, “la parcimonie et la précision de chaque geste, la délicatesse de la présentation, l’incroyable variété des mets, absolument tout, est imprégné d’une beauté particulière”. Le lendemain, ils prennent une barque pour un voyage mouvementé sur le fleuve Agano jusqu’à Niigata, où Isabella passe quelques temps chez les Fyson. 

Pendant ce temps à Tokyo, un botaniste nommé Charles Maries rencontre le consul général Harry Parkes et James Hepburn car il désir poursuivre en justice Isabella parce qu’elle lui aurait volé son guide, Ito, qui était toujours sous contrat avec lui. Maries considère que son travail pour découvrir de nouvelles plantes est beaucoup plus important que les pérégrinations sans conséquences d’une simple voyageuse. Parkes objecte qu’au contraire l’intelligence sur la géographie et les moeurs des habitants de régions reculées fournit par les aventuriers est indispensable au développement de la diplomatie et des échanges commerciaux de l’Empire Britannique! Il lui refuse donc son support.

Isabella Bird est un autre manga historique au récit passionnant et instructif, mais aussi plein d’humour. La fluidité de l’action est assez bonne. Et, si le dessin est loin d’être parfait (parfois les proportions ou les expressions des personnages sont bizarres), il demeure très agréable à l’oeil et surtout bien détaillé pour donner une très bonne expérience de lecture. À travers le récit divertissant des aventures d’Isabella Bird, nous découvrons deux cultures assez opposées: celles de l’Angleterre Victorienne et celle du Japon de la restauration Meiji. C’est un sujet très intéressant et je recommande donc chaudement ce manga.

Isabella Bird, femme exploratrice T03 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), avril 2018. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0248-2. Pour lectorat jeune (7+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWikipediaWorldCat — Youtube ]

© 2016 Taiga Sassa. All Rights reserved.

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Capsules

Pline vol. 6: Carthage La Grande

pline-v6-cov“Dans le tome précédent : Au terme d’une traversée mouvementée, Pline, Euclès et Félix, flanqués de deux nouveaux compagnons, débarquent à Stromboli. Les uns exultent de se rapprocher de leur terre natale, d’autres se réjouissent simplement de fouler à nouveau la terre ferme… Les plus clairvoyants sentent planer le danger.”

“L’Histoire a retenu son nom. Mais que savons-nous du plus grand savant de l’Antiquité ?”

“Après une traversée mouvementée, Pline et sa suite débarquent enfin sur la côte africaine. Carthage et son animation, puis le désert et ses dangers, s’offrent au regard du naturaliste pendant qu’à Rome, les intrigues politiques et l’instabilité de Néron annoncent de funestes événements.”

Pline et ses compagnons arrivent enfin dans le port affluent de Carthage. Il y rencontre son ami Vespasien, qui attend de prendre officiellement le poste de gouverneur de la province d’Afrique. On apprend que le jeune garçon que Pline à recueillit est d’origine Phénicienne. L’expédition se lance  alors dans la désert en direction d’Alexandrie!

Pendant ce temps à Rome, Poppée donne naissance à une fille, qui ne survit malheureusement pas longtemps. Néron retrouve l’esclave Plautina qu’il abuse pour oublié que ses responsabilités le rendent misérable. Et Tigellin complote afin de faire d’une pierre deux coups — à la fois contre les chrétiens et pour la spéculation immobilière — d’une façon qui changera le visage de Rome à jamais…

Extraits des pages 5 à 9

Ce fascinant manga historique nous offre un récit à la fois instructif et captivant. Le graphisme de Mari Yamazaki et Tori Miki est plutôt détaillé (de plus en plus avec chaque nouveau volume) et fort agréable à l’oeil. Ce manga est très recommandé particulièrement si la Rome antique vous intéresse. J’attend avec impatience le volume 7 qui devrait paraître en janvier 2019!

Pline, vol. 6: Carthage La Grande, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), juin 2018. 200 pg, 13.3 x 18.2 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-203-15361-5. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

Pour en apprendre plus sur ce titre vous pouvez consulter les sites suivants:

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Pline © 2017 Mari Yamazaki, Tori Miki • 2018 Casterman pour la traduction française.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

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Capsules

Souvenirs d’Emanon

Souvenirs_Emanon-cov“1967, dans le sud du Japon. Loin des événements qui agitent le monde, un étudiant prend le chemin du retour après un voyage d’errance. Une longue nuit en ferry s’annonce. Alors qu’il cherche à oublier une énième déception amoureuse en se plongeant dans ses romans de SF, une intrigante jeune femme s’installe à ses côtés.

 Fumant cigarette sur cigarette, elle a pour unique bagage un sac à dos marqué des initiales “E. N.” Son nom ? Emanon, ou “no name” lu à l’envers… Elle aussi voyage seule et sans but apparent. D’abord peu bavarde, les yeux dans le vague, elle se rapproche du jeune homme, car il lui rappelle un ancien amour… datant de plusieurs siècles !

 Au fil de la conversation, elle lui dévoile son secret : sous ses airs d’étudiante, elle cache une âme vieille de trois milliards d’années ! Ses souvenirs remontent au plus profond des âges, avant même l’apparition de l’humanité. Son récit dépasse toutes les histoires de SF. Cette nuit en compagnie d’Emanon va bouleverser à jamais la vision du monde du jeune voyageur…

 Emanon est un des personnages les plus fascinants de la science-fiction contemporaine japonaise. Le dessinateur Kenji Tsuruta, tombé amoureux du concept imaginé par l’écrivain Shinji Kajio, donne un visage aussi vivant que mélancolique à cette incarnation féminine du passé, du présent et du futur de l’humanité. Que l’on croie ou non à son histoire, impossible d’oublier Emanon. Et elle non plus ne vous oubliera jamais…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Souvenirs d’Emanon (おもいでエマノン / Omoide Emanon) est un manga seinen qui a été prépublié dans le magazine Comic Ryu et compilé en volumes chez Tokuma Shoten à partir de 2008. La série comporte trois autre manga publié en 2012, 2013 et 2018. Le premier volume à été traduit en français chez Ki-oon (dans leur collection grand format, Latitudes) en janvier 2018 et la version française du deuxième volume, Errances d’Emanon (ISBN : 979-10-327-0315-1), y est déjà disponible en Europe depuis le début septembre 2018. L’histoire est basée sur une série de romans de science-fiction par Shinji KAJIO (aussi publiés par Tokuma Shoten), débutée avec une nouvelle en 1983, qui met en scène le personnage de “Emanon”, une mystérieuse jeune femme dont la mémoire remonte au début de la vie sur Terre, il y a trois millions d’année (et dont le nom, en anglais, signifie “no name” [sans nom] épelé à l’envers).

Le dessin de Kenji Tsuruta (Spirit of Wonder, Forget-me-Not) est plutôt classique et est à la fois clair, précis et détaillé. Le récit de Shinji Kajio, quant à lui, est plutôt simple (l’histoire se déroule principalement durant l’après-midi et la soirée du 24 février 1967) et est essentiellement narratif (sans vraiment d’action). 

Souvenirs_Emanon-p038Un jeune étudiant bohème rentre chez lui après un voyage et, durant le périple de dix-sept heure du traversier qui l’amène sur l’île de Kyushu, il fait le rencontre d’une jeune fille mystérieuse. Elle dit s’appeler “Emanon” et, voyant qu’il est grand amateur de science-fiction, elle lui confesse qu’elle a l’étrange pouvoir de se souvenir des vies des tous les individus de sa ligne ancestrale directe depuis l’apparition du premier organisme unicellulaire! Toute cette mémoire lui pèse lourd et elle se demande pourquoi elle a ce pouvoir et dans quel but? Autour de quelques bières, à la cantine du traversier, ils discutent et spéculent sur les implications d’un tel pouvoir. Puis elle rit et avoue lui avoir raconté une histoire pour savoir ce qu’il en pensait, puisqu’il est fervent de SF. Ils discutent toute la soirée et, au matin, lorsque le traversier accoste au port, elle a disparu. Il la cherche partout mais en vain. Treize ans plus tard, il l’aperçoit sur le quai d’une gare accompagnée d’une enfant. Il l’approche mais elle ne se souvient pas de lui. Toutefois, la fillette lui dit: “C’est moi, Emanon. C’est gentil de te souvenir de moi!” Le pouvoir ne peut résider que dans un seul individu par génération, et lorsqu’un enfant nait, le parent oubli tout des vies précédentes! Il la revoit encore plus tard, alors qu’il est un vieillard…

Souvenirs d’Emanon nous offre donc une intriguante histoire agréablement illustrée par Tsuruta. Un bon moment de lecture que je recommande sans hésitation.

Souvenirs d’Emanon, par Shinji KAJIO (scénario) et Kenji TSURUTA (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Latitudes), janvier 2018. 180 pages, 17 x 24 cm, 15,00 € / $28.95 Can. ISBN 979-10-327-0226-0. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). Un trailer et un extrait de 28 pages sont disponibles sur le site de l’éditeurstars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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OMOIDE EMANON © Shinji Kajio, Kenji Tsuruta / TOKUMA SHOTEN PUBLISHING CO., LTD

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Souvenirs Emanon-Logo

Suggestion list of adult manga

At the library where I work we have a small to medium size collection of manga but only in French (very few in English). That’s to be expected since one of the mandates of our library is to foster the learning of French among the city’s (or the province’s) new-comer population. However, since the population we are serving is in majority anglophone, one of the librarians thought that it would be nice to develop a little more our nearly inexistant English manga collection. I am offering a few suggestions…

Most of the manga publishers target their releases toward kids and teenagers (kodomo, shōnen, shōjo) and just a few publishers put out manga really aimed at adults (seinen, josei, gekiga) — and I am not talking here about manga of sensual or erotic nature (LadiComi, yaoi, yuri, etc.).

The more traditional manga are translated and distributed by publishers like:

while the more serious and alternative titles (and unfortunately often less popular) comes from publishers like:

For this list, I avoided titles that we already had in our collection in French and — considering that we already had a few gekiga in French, that seinen or josei are also often targeted at teenagers, and that I think we should support local publishers like Drawn & Quarterly — I tried instead to favour more classical or serious manga (hence a selection of mostly gekiga, including mangaka in the likes of Shigeru Mizuki, Yoshihiro Tatsumi, Osamu Tezuka, or the more recent Jiro Taniguchi). I am indicating in the list if a title is already available in the Montreal Libraries’s network (even if it is only in French or only in one library).

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The Ghost in the Shell 1.5: [Human Error Processer]

GitS-1-5-hummanErrorProcesser-cov“La section 9 est sur les dents ! Il faut dire que les enquêtes s’enchaînent pour la section d’élite et que Kusanagi et Batou n’ont guère le temps de chômer…”

“Découvrez enfin dans sa version perfect ce volume phare de la saga, qui vous éclairera sur la vie quotidienne de la section 9, ses difficultés et ses tensions. Un tome qui conclut à merveille le triptyque de The Ghost in the Shell Perfect Edition.”

[ Texte du site de l’éditeur ]

ATTENTION: Peut contenir des traces de divulgâcheur (i.e. “spoilers”)! Les personnes allergiques à toutes discussions d’une intrigue avant d’en avoir elle-même prit connaissance sont vivement conseillées de prendre les précautions nécessaires pour leur sécurité et ne devraient poursuivre la lecture qu’avec circonspection.

La description ci-haut (qui provient du site de Glénat) est totalement erronée! C’est bien la première fois que je vois ça: un éditeur qui ne connait pas son produit ou qui s’en fout! Le Major Kusanagi fait certes une brève apparition mais elle ne fait plus partie de la section 9! Quant à éclairer la vie quotidienne de la section 9, pas vraiment: on y apprends quelques détails nouveaux sur son fonctionnement mais sans plus. Par contre, il est vrai que l’histoire se concentre sur le travail journalier d’enquête de cette force militaro-policière qu’est la section 9.

Si Ghost in the Shell (攻殻機動隊 / Kōkaku kidōtai / lit. “Police anti-émeute blindée mobile”) est mon manga préféré, étrangement, je n’en ai jamais vraiment parlé dans ce blogue (à part brièvement lorsque j’ai commenté le film en live-action et l’animation). Je me dois donc d’abord de donner un aperçu de l’oeuvre en général.

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Nos yeux fermés

NosYeuxFermés-covOuvrez les yeux sur les petits bonheurs de la vie !

La vie n’est pas tendre avec Chihaya… Et elle le lui rend bien. Le bonheur ? Elle ne connaît pas. Son père alcoolique, sa mère partie, elle enchaîne les petits boulots pour pouvoir joindre les deux bouts. Un jour, son pied heurte accidentellement la canne d’Ichitarô, un non-voyant. À partir de cet instant, ce jeune homme à la joie de vivre communicative va tout faire pour entrer dans la vie de Chihaya et lui faire voir le monde autrement.

Dans ce conte moderne touchant, Akira Sasô nous invite à voir le monde autrement qu’avec nos yeux, un vrai hymne à la tolérance, à l’acceptation des autres et de leurs différences, mais aussi un hymne à la vie, dans ce qu’elle a de plus simple et de plus beau. Les personnages s’animent sous le crayon de l’auteur, qui dépeint avec simplicité la vie quotidienne d’un trait doux qui invite à la réflexion et au calme.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

J’ai découvert cette collection, “Conte Moderne” chez Pika Graphic, quand j’ai lu Un Simple Monde de Mari Yamazaki. J’ai remarqué que la collection offrait trois autres titres Japonais: Nos Yeux Fermés de Akira Sasô (avril 2017), Une douce odeur de café de Yamakawa Naoto (février 2018) et Sunny Sunny Ann! de Yamamoto Miki (mai 2018). Comme le style graphique des deux plus récents ouvrages m’apparaîssait plus alternatif, j’ai préféré me lancé d’abord dans le titre plus classique de Akira Sasô… Nos yeux fermés (花に問ひたまへ / Hana ni Tohitama e / lit. “De temps en temps demander à la fleur”) est un manga seinen qui a été prépublié dans le magazine Gekkan Action (Futabasha) avant d’être compilé en volume en 2015.

NosYeuxFermés-p004Nos yeux fermés est un très bon manga qui met en scène Chihaya, une jeune fille malheureuse et amère qui n’a que peu d’égard pour son entourage… Jusqu’à ce qu’elle rencontre Ichitarô, un jeune homme aveugle plein d’optimisme et d’énergie positive qui semble être contagieuse. Mais tout n’est pas rose dans la vie du jeune homme, marqué par un traumatisme d’enfance qui refera soudainement surface lorsque le fils du riche amant de sa mère défunte tentera d’exproprier le restaurant de sa tante. La relation entre Chihaya et Ichitarô leur sera mutuellement bénéfique—leur faisant découvrir le monde sous un jour nouveau, prouvant qu’un sourire et l’entraîde résout bien des problèmes—avant de fleurir en un sentiment qui va au-delà de l’amitié…

C’est un très beau récit, qui se lit bien. Il nous apprend que la cécité n’est pas nécessairement un handicap car on peut voir tout aussi bien (ou encore mieux) avec le coeur. Le style graphique de Sasô est très simple et propre (trait de plume mince et zip-a-tone) mais demeure assez agréable à l’oeil. C’est donc une bonne et agréable lecture.

Nos yeux fermés, par Akira Sasô. Paris: Pika Édition (Coll. Pika Graphic, série “Conte Moderne”), avril 2017. 272 pages, 17.2 x 24.2 cm, 16,00 € / $26.95 Can. ISBN 978-2-8116-3463-6. Pour un lectorat adolescent (15 ans et plus). stars-3-0

Pour en savoir plus vous pouvez consulter les sites suivants:

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HANA NI TOHITAMAE © AKIRA SASO 2014 / FUTABASHA PUBLISHERS LTD. © 2017 Pika Édition pour la version française.

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Giacomo Foscari 1

GiacomoFoscari-covUne rencontre subtile entre deux cultures

Giacomo Foscari est un témoin sensible de l’évolution de deux sociétés chahutées au cours du XXe siècle : en Italie, pendant son enfance, il assiste à la montée du fascisme. Quelques années plus tard, il se retrouve jeune professeur au cœur du Tokyo intellectuel des années 1960, en pleines tensions d’émancipation de la jeunesse. C’est via son parcours et ses rencontres hautes en couleurs que Mari Yamazaki nous invite à voyager dans l’histoire, entre cultures japonaise et romaine. 

[ Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière ]

Un autre manga de Yamazaki qui m’avait échappé lors de sa parution! Giacomo Foscari (ジャコモ・フォスカリ / Jakomo Fosukari) est un manga josei serialisé dans le magazine Office You (Shueisha) en 2011 et qui a été compilé en volume en septembre 2012. La traduction française est parue chez Rue de Sèvre un an plus tard.

GiacomoFoscari-p073

Page 73

Grâce à des flash-backs, Yamazaki établit assez vite le personnage de Foscari qui a grandi à Venise dans un milieu bourgeois et cultivé. En observant le bel Andrea, un camarade de classe plutôt voyou, il réalise qu’il n’est pas donné à tous de grandir dans un milieu favorisé et que certain individu sont peut-être encore sous la protection des vieux dieux romains, comme Mercure, le dieu des voleurs. Quelques années plus tard, l’approche de la guerre et la monté du fascisme rend la situation difficile pour sa famille. Il visite le Japon en 1960, invité par Owada, un collègue universitaire, et décide d’y rester. La “culture chrétienne” qui a profondément transformée l’Italie le rendait mal à l’aise et il se sent beaucoup mieux “dans ce Japon sans contraintes religieuses“ qui lui rappelle beaucoup le polythéisme du monde romain antique. Il est témoin de la tourmente étudiante qui frappe les universités japonaises à l’instigation de la nouvelle gauche et du syndicat étudiant Zengakuren. Le gros du récit se déroule en 1966, alors qu’il enseigne l’histoire gréco-romaine à l’Université de Tokyo. Par l’entremise de sa logeuse—la veuve de son collègue Owada—ainsi que ses amis Yoshio Kishiba et l’excentrique Mitsuharu Tabé, il découvre la culture japonaise. Dans un café qu’il fréquente avec Kishiba, il fait la rencontre de Shusuke Koba, un jeune serveur qui lui rappelle Andrea. Il est fasciné par le jeune homme mais aussi par la jeune femme qu’il fréquente (sa petite amie? sa soeur?). 

Après Thermae Romae, Yamazaki continue avec ce manga sa recherche pour établir des parallèles entre la culture nippone et la civilisation romaine. Elle avait déjà établi le bain public comme point commun et, cette fois, elle traite de la similarité religieuse (à Rome il s’agissait de polythéisme teinté d’animisme alors qu’au Japon on retrouve un animisme frôlant le polythéisme—sans parler de la relation syncrétique entre le Shinto et le Bouddhisme!) ou de vénération de la nature. La sensibilité du récit et l’ambiance introspective qui invite à la réminescence du passé me rappelle beaucoup l’oeuvre de Jirō Taniguchi. Ce n’est peut-être pas surprenant puisque Taniguchi et Yamazaki sont sans doute les deux mangaka le plus influencés par l’art et la culture occidentale. 

À l’opposé de ses oeuvres plus importantes (comme Thermae Romae ou Pline), le style que Yamazaki utilise ici est plutôt simple, sans beaucoup de détails ou d’arrière-plans, comme c’est le cas dans la plupart de ses one-shots (PIL, Un simple monde). Il n’en reste pas moins élégant et laisse ainsi plus de place au texte. Toutefois, comme la majeure partie du récit sert à établir le contexte et les personnages, on sent que l’histoire va vraiment démarrer avec le tome suivant. Malheureusement, le volume deux n’est jamais paru. Yamazaki en a suspendu la production (Temporairement? Définitivement?) pour se consacrer à d’autres projets (Pline, entre autres). Elle a promis à quelques reprises de s’attaquer à la suite (en 2014, puis en 2017) et on espère bien qu’elle tiendra promesse. Car Giacomo Foscari est fort intéressant à lire tant par son récit touchant que par son sujet captivant pour les historiens: l’intersection de deux cultures que tout semble séparer mais où l’on retrouve des similarités intrigantes. 

Giacomo Foscari, livre 1: Mercure, par Mari Yamazaki. Paris: Rue de Sèvre, septembre 2013. 192 pages, 15.2 x 21.5 cm, 12,50 € / $21.95 Can. ISBN 978-2-36981-007-0. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-0

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Giacomo Foscari © Mari Yamazaki / Shueisha Creative Inc., 2012. © Rue de Sèvre, Paris, 2013 pour la traduction française.

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Pline, vol. 5

Pline-v5-covDans le tome précédent : A Rome, la folie croissante de Néron semble laisser toute latitude à Poppée. De son côté, Pline, après le tremblement de terre qui a ravagé Pompéi, fait la connaissance d’un mystérieux voyageur revenu de lointaines contrées.

Plus que jamais assoiffé de connaissance, Pline comprend que les écrits de ses contemporains ou des auteurs du passé ne lui suffiront pas. L’heure du départ a sonné, cap vers l’Afrique !

Pline-v5p019Pline écoute les récits de Larcius (fils d’un négociant en vin de Pompéi qui a beaucoup voyagé) et cela lui donne l’appétit de faire ses propres voyages de découvertes. Pline, Euclès et Félix raccompagnent donc Larcius à Pompéi afin de voir comment la situation y a évolué. La reconstruction de la ville se fait de façon inégale, au gré des besoins de la politique et des moyens financiers des habitants. Ils retrouvent l’ingénieure Mirabela et font la rencontre de Aselina Eumachia, une riche et influente commerçante de la laine. Sur l’un de ses bateau, à Naples, ils prennent la mer sur la Mare Nostrum en direction de l’Afrique!

Après une tempête, ils rencontrent l’épave d’un navire attaqué par des pirates. Le seul survivant est un enfant très doué pour la navigation et son corbeau. Les vents ont fait dériver leur navire vers les Iles Éoliennes. Ils font escale à Strongyle pour attendre que se calment les vents et charger un cargaison d’obsidienne mais l’équipage les abandonne sur l’île! Le Stromboli choisit ce moment pour faire éruption et Pline désir observer le phénomène en détail et de près. Il constate que les volcans forment une ligne du sud vers le nord, de l’Etna au Vésuve en passant par Vulcano et Stromboli. Il remarque aussi que l’éruption du Stromboli est différente de celle de l’Etna qu’il a observé précédemment…

Avec ce cinquième volume, il me semble que l’action commence vraiment alors que Pline décide de se lancer dans l’aventure. Il est surtout amusant de constater que le destin de Pline est décidément marqué par les volcans: l’Etna, puis le Vésuve, et maintenant le Stromboli! Réussiront-ils tous à survivre à cette éruption et s’échapper de cette île volcanique? C’est ce que nous saurons dans le volume six, qui vient tout juste de paraître en Europe!

Ce manga historique demeure tout aussi fascinant. Le récit est bien mené et capte notre attention alors que Mari Yamazaki et  Tori Miki nous font découvrir de nombreux aspects de la société romaine: géographie, politique, architecture, commerce, etc., sans oublier quelques anecdotes d’histoire naturelle! Le travail des deux artistes nous offre un graphisme toujours aussi beau et détaillé, et qui gagne même en assurance. Un très bon manga historique qui s’avère une lecture à la fois agréable et instructive. Vivement recommandé!

Pline, vol. 5: Sous les vents d’Éole, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), Jan. 2018. 200 pg, 13.4 x 18 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-2031-5359-2. Pour lectorat adolescent (14+). Voir couverture arrière. stars-3-5

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Pline © 2015-2016 Mari Yamazaki, Tori Miki. © 2017 Casterman pour la traduction française.

Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

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Capsules

Ad Astra, vol. 4-5

“Bravoure, complots et stratégie… Plongez au coeur des batailles qui opposèrent les légendaires Hannibal et Scipion !”

AdAstra-v04-cov“Fabius parvient à attirer Hannibal près de Capoue, dans la plaine de Campanie, où les troupes romaines l’attendent de pied ferme. Hélas, son plan est réduit à néant lorsque son maître de cavalerie, lassé par sa stratégie d’usure, contrevient à ses ordres : grâce à une nouvelle ruse, les Carthaginois réussissent à briser l’encerclement romain.”

“Le dictateur perd donc la confiance du sénat et voit ses pouvoirs transférés à Minucius, qui contre toute attente vient de l’emporter sur un détachement ennemi ! Enivré par sa victoire, le guerrier se lance à la poursuite d’Hannibal à la tête de deux légions, mais se retrouve bien vite en difficulté… Et si tout cela faisait partie du plan du monstre de Carthage ?” [Texte de la couverture arrière]

Ad Astra: Scipion l’Africain & Hannibal Barca (アド・アストラ -スキピオとハンニバル- / Ad Astra – Scipio to Hannibal) est un manga seinen historique par Mihachi KAGANO (dont c’est le premier titre) qui raconte les faits saillants de la deuxième guerre punique qui opposa Rome et Carthage. Il a été prépublié dans le magazine Ultra Jump (entre mars 2011 et février 2018), puis compilé en treize volumes chez Shūeisha. La version française paraît chez Ki-oon. J’en ai déjà commenté les trois premiers volumes.

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page 153

Dans le volume quatre, avec maintenant le support du Sénat, Minucius décide d’attaquer avec tous ses hommes les troupes d’Hannibal qui semblent prendre position sur une colline. Mais c’est évidemment une embuscade et des soldats carthaginois sortent de derrière chaque rocher ou crevasse, alors que les frondeurs bombardent les romains du haut de la colline. Trop fier, Minucius refuse de sonner la retraite. Il est blessé par Giscon en combat singulier. Il y aurait laissé la vie si Hannibal n’avait pas retraité à l’arrivée des renforts de Fabius, que Scipion avait convaincu d’intervenir. De retour à Rome, Scipion sauve sa jeune fiancée Aemilia qui est prise à partie par la foule car son père, Aemilius, se présente au Consulat en même temps que Varron.

AdAstra-v05-cov“À Gerunium, Minucius paie au prix fort son entêtement : ses troupes sont décimées, et lui-même n’échappe à la mort que de justesse grâce à l’intervention de Fabius ! Ultime humiliation pour le guerrier, son combat contre Giscon lui coûte deux doigts de la main droite.”

“Mais sa dictature, tout comme celle de Fabius, touche à sa fin. Après une campagne acharnée, c’est Varron qui est nommé consul, aux côtés d’Aemilius ! Et le nouveau chef des armées compte bien écraser l’ennemi par le nombre. C’est donc 86 000 soldats qu’il envoie contre Hannibal dans la plaine de Cannes, théâtre d’une des plus grandes batailles de l’histoire…” [Texte de la couverture arrière]

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page 13

Dans le cinquième volume, Varron est élu premier Consul et promet de lancer une armée de quatre-vingt-six-mille hommes contre Hannibal. Fabius compte sur Aemilius, élu second Consul, pour tempérer l’audace de Varron. Les deux armées convergent vers la plaine de Cannes pour ce qui deviendra l’une des batailles majeures et décisive de la guerre. Malgré son infériorité numérique (seulement cinquante-mille hommes), Hannibal profite de son avantage tactique et attaque en premier. Grâce à sa fine stratégie il réussi à prendre l’armée romaine en tenaille!

Ad Astra est le manga parfait pour les amateurs d’histoire et de la Rome Antique. Il nous donne une vue intéressante de la politique et des stratégies militaires de l’époque, tout en nous donnant un récit captivant des intrigues et des sentiments qui opposent et rattachent les personnages.

Le style graphique de Kagano est clair et précis, souvent très détaillé, et même si il dépeint bien les scènes d’action et de combat, il me semble toutefois que le dessin est statique et manque un peu de vie.

Un manga très beau et passionnant, mais qui étire le récit un peu trop. Cependant, j’ai quand même hâte de lire la suite: plus que huit volumes (si l’on compte le treizième et dernier tome qui paraîtra en France en novembre 2018) avant d’en découvrir le dénouement!

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. 4, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon,  décembre 2014. 178 pages, 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 978-2-35592-752-2. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-0

Ad Astra: Scipion L’Africain & Hannibal Barca Vol. 5, par Mihachi KAGANO. Paris: Ki-oon, mars 2015. 178 pages, 13 x 18 cm, 7,90 € / $16.98 Can. ISBN 978-2-35592-797-3. Pour un lectorat adolescent (14 ans et plus). stars-3-0

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Ad Astra Publius Cornelius Scipio Africanus Major & Hannibal Barca © 2011 by Mihachi Kagano / SHUEISHA Inc.

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Isabella Bird: Femme Exploratrice, vol. 1-2

IsabellaBird-v1-cov“À la fin du XIXe siècle, le Japon s’ouvre au monde et s’occidentalise à marche forcée. Mais le pays reste un vrai mystère pour la plupart des Européens, ce qui en fait une destination de choix pour la célèbre exploratrice anglaise Isabella Bird ! Malgré son jeune âge, elle est déjà connue pour ses écrits sur les terres les plus sauvages. Isabella ne choisit jamais les chemins les plus faciles et, cette fois encore, elle étonne son entourage par son objectif incongru : Ezo, le territoire des Aïnous, une terre encore quasi inexplorée aux confins de l’archipel… Le voyage s’annonce long et difficile, mais rien n’arrête la pétillante jeune femme !

Accompagnée de son guide-interprète, le stoïque M. Ito, la jeune femme parcourt un pays en plein bouleversement. Dans ses lettres quotidiennes à sa sœur, elle narre avec sincérité et force détails la suite de chocs culturels qu’elle expérimente. Elle veut tout voir, tout essayer, quitte à endurer chaleur, fatigue, maladie ainsi que les sarcasmes de ses pairs !

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

[ Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière ]

Comme je l’ai déjà mentionné lorsque j’ai introduit ce manga, Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji. Ce manga historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta de Enterbrain. Jusqu’à maintenant il a été compilé en quatre volumes (le dernier en date étant paru en novembre 2017). La version française est publiée par Ki-oon et trois volumes sont paru jusqu’à maintenant (le quatrième devrait paraître en août 2018).

L’auteur, dont c’est le premier manga publié, a basé son récit sur l’ouvrage Unbeaten Tracks in Japan (1880) qui rassemble la correspondance d’Isabella Bird avec sa soeur Henrietta durant son périple au Japon.

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Les chats du Louvre, vol. 1-2

“Avec Amer béton, ou, plus récemment la série Sunny, Matsumoto a développé un univers poétique et onirique très personnel. Avec Les Chats du Louvre, il nous invite à découvrir les véritables habitants du musée qui veillent sur ce lieu et ses oeuvres depuis l’origine, de drôles de chats qui changent d’apparence la nuit…”

ChatsDuLouvre-v01-cov“Lors d’une de ses visites guidées, Cécile aperçoit dans les allées du musée du Louvre un petit chaton blanc qui semble écouter ses commentaires. Quand elle en parle à son collègue, celui-ci ne la croit pas. Monsieur Marcel est gardien de nuit depuis des années. Sa famille travaille au Louvre depuis des générations. Ce soir, il forme Patrick, une jeune recrue. Très vite, il s’éloigne du circuit habituel pour emprunter le chemin des combles. Là haut, Patrick découvre des chats. Marcel vient les nourrir et explique à son jeune collègue que ces chats ont toujours habité au Louvre. Ils étaient là déjà à l’époque où le Louvre n’était qu’un château. Une fois les gardiens partis, les chats se mettent à parler. Il y a Barbe-bleue, Myosotis, Dent-de-scie, et le petit chat blanc, c’est Flocon. On raconte qu’il est spécial, ce serait un « passe-tableau »… mais qu’est-ce qu’un passe-tableau ?”

[ Texte du site de l’éditeur ]

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Un simple monde

UN_SIMPLE_MONDE (Pika Graphic)_JKT_a_6.indd“Mari Yamazaki est l’une des auteurs japonais de bande dessinée qui a le plus voyagé dans sa vie. Que ce soit en Italie, en Syrie ou au Brésil en passant par les îles Tuvalu, l’auteure de la célèbre série Thermæ Romæ s’imprègne de l’ambiance qui l’entoure et croque la vie quotidienne des habitants. Dans Un Simple Monde, elle capte avec justesse et sensibilité des bribes d’histoires où il est question de l’attachement à son pays, à sa famille, à sa culture… Des histoires toutes singulières mais qui touchent à l’universel et nous rendent le monde si proche.”

[ Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière ]

Un simple monde (地球恋愛 / Chikyû Renai / lit. “Affaire d’amour avec la terre”) est un manga josei par Mari Yamazaki (Thermae Romae, PIL, Pline). Il a été prépublié dans le magazine Kiss+ en 2010-11 puis compilé chez l’éditeur Kôdansha en août 2011. Il s’agit d’un recueil de six histoires courtes (vingt-six pages chacune) qui s’enchaînent (en faisant subtilement référence au récit précédent) et nous présentent des histoires d’amour de couples d’âge mûr tout autour du globe (Italie, Tuvalu, Danemark, Brésil, Syrie, États-Unis). Ces tranches de vie traitent non seulement de l’affection pour un être cher mais aussi de l’amour envers sa culture ou sa terre natale. Yamazaki a elle-même beaucoup voyagé (Florence, Lisbonne, Chicago, Venise, etc.) et semble prendre plaisir à observer le comportement humain.

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Venise

venise-taniguchi-castermanLa Sérénissime sublimée par Jirô Taniguchi.

Un homme arpente Venise hors des sentiers touristiques, sur les traces de son histoire familiale. Il se surprend parfois à flâner, se perd le long des canaux, s’arrête pour observer. A mesure que les brumes du passé se dissipent, c’est une nouvelle cartographie de la Sérénissime qui se dessine : contemplative et intrigante, majestueuse et intime.

(Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière)

J’ai fait la découverte en janvier (dans les pages du Animeland #219) de cette autre oeuvre éblouissante de beauté par le contemplatif Taniguchi. Originalement publié en anglais par Louis Vuitton (mai 2014) dans sa collection “Travel Book”, Venise est maintenant offert en français par Casterman.

Après le décès de sa mère, un homme découvre dans ses affaires une boîte en laque qui contient des cartes postales dessinées à la main et de vieilles photographies de Venise. Cela semble être des photos de ses grands-parents avec sa mère, enfant. Il se rends donc à Venise, sur les traces de son passé. Il flâne dans les rues, dans les échoppes, visite les site touristiques, des restaurants. Il semble que son grand-père était artiste-peintre et serait l’auteur des cartes postales. Il découvre son nom dans le livre d’or d’un vieil hôtel: Tsuguo Oribe. À l’aide des cartes postales, il suit sa piste. Il découvre de ses peintures dans un petit bistro, puis grâce aux indices donnés par la patron du bar, il retrouve l’appartement où il a habité. Des oeuvres de l’artiste y sont encore accrochés…

Taniguchi nous fait découvrir Venise à travers ce superbe bouquin illustré à l’aquarelle, présenté dans un format à l’italienne. C’est une sorte de mélange entre un carnet de voyage, le Promeneur et le Gourmet  Solitaire avec un texte minimaliste. Il y a vraiment très peu de texte: soixante-douze phrases, soit environ six-cent-soixante-quinze mots! C’est un peu décevant. Par contre, ici ce sont les images qui parlent. C’est graphiquement très beau et, d’une certaine façon, plutôt poétique. À voir, pour les amateur de Taniguchi (et de Venise).

 

Venise, par Jirô Taniguchi. Paris: Casterman, novembre 2017. 120 pages, 19.1 x 28.2 cm, 20,00 € / $36.95 Can. ISBN 9782203136908. Pour lectorat de tout âge (7+). Extraits disponible sur le site de l’éditeur. stars-3-0

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Découverte: Isabella Bird, Femme exploratrice

IsabellaBird-extrait-cov“À la fin du XIXe siècle, le Japon s’ouvre au monde et s’occidentalise à marche forcée. Mais le pays reste un vrai mystère pour la plupart des Européens, ce qui en fait une destination de choix pour la célèbre exploratrice anglaise Isabella Bird ! Malgré son jeune âge, elle est déjà connue pour ses écrits sur les terres les plus sauvages. Isabella ne choisit jamais les chemins les plus faciles et, cette fois encore, elle étonne son entourage par son objectif incongru : Ezo, le territoire des Aïnous, une terre encore quasi inexplorée aux confins de l’archipel… Le voyage s’annonce long et difficile, mais rien n’arrête la pétillante jeune femme !

Accompagnée de son guide-interprète, le stoïque M. Ito, la jeune femme parcourt un pays en plein bouleversement. Dans ses lettres quotidiennes à sa sœur, elle narre avec sincérité et force détails la suite de chocs culturels qu’elle expérimente. Elle veut tout voir, tout essayer, quitte à endurer chaleur, fatigue, maladie ainsi que les sarcasmes de ses pairs !

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

[Texte du site de l’éditeur]

Un des volumes de Reine d’Égypte que j’ai lu récemment comportait en cadeau un extrait de 42 pages (aussi disponible sur le site de l’éditeur). Cela m’a mis l’eau à la bouche alors je compte bien me procurer les premiers volumes afin de commenter cette série plus avant. En attendant, voici mes premières impressions.

IsabellaBird-LogoIsabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) est sérialiszée depuis 2013 dans le magazine Harta de Enterbrain. La série est en cours avec 4 volumes parus au Japon, trois étant traduit en français jusqu’à maintenant (vol. 1: octobre 2017, vol. 2: décembre 2017, vol. 3: avril 2018). C’est le premier manga de l’auteur, Taiga SASSA. L’histoire est basée sur la correspondance de la célèbre exploratrice Isabella Bird avec sa soeur Henrietta (publié en Angleterre sous le titre Unbeaten Tracks in Japan, 1880).

C’est donc un manga historique et un travelogue sur le japon du 19e s. (ère Meiji) qui débute en 1878 alors que l’exploratrice arrive au Japon, un pays dont elle ne connait rien et dont elle espère visiter un des coins les plus reculer: l’île d’Ezo (Hokkaido) pour y rencontrer des Hainou. Elle sera accompagnée d’un jeune guide-interprète du nom de Tsurukichi Ito. Nous découvrons avec elle la culture japonaise.

Cela me semble très prometteur. Le style graphique rappelle beaucoup celui de Emma, un manga historique et une chronique sociale sur l’Angleterre victorienne par Kaoru Mori. J’ai bien hâte de lire les aventures d’Isabelle Bird.

Isabella Bird, femme exploratrice T01 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), octobre 2017. 240 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0166-9. Pour lectorat jeune (7+).

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© 2015 Taiga Sassa KADOKAWA CORPORATION

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Reine d’Égypte Vol. 2-3

“L’Égypte ancienne revisitée à travers les yeux d’Hatchepsout, la première grande reine de l’histoire de l’humanité ! Reine d’Égypte n’est pas seulement un régal pour les yeux, c’est aussi une fresque historique minutieusement documentée sur le combat d’une femme trop libre pour son époque. Son charisme, son intelligence et sa volonté sans faille sont ses meilleurs atouts, mais suffiront-ils à provoquer une révolution au pays des dieux ?” [Texte du site de l’éditeur]

Reine_d_Égypte-v02-cov“Parti en campagne à la frontière du royaume de Koush, Thoutmosis Ier reçoit une blessure fatale! Ivre de vengeance, son fils fait exécuter les prisonniers ennemis de la manière la plus sanglante qui soit et néglige ses devoirs de pharaon… Hatchepsout, qui tente de prendre en main les affaires de l’empire, se rend plus que jamais compte de son impuissance.

Mais sa rencontre avec Senmout, le nouveau scribe, va tout changer : devenu son allié, l’homme lui jure de la servir avec loyauté. À ses côtés, la jeune reine part inspecter le chantier de Karnak, sans savoir qu’à la cour des intrigues se tissent…”

[Texte de la couverture arrière]

Dans le second volume, en l’absence de Thoutmosis II, Chepsout s’immisce un peu plus dans les affaires d’état: elle assiste à des audiences, visite des chantiers, fait libérer les prisonniers du Wawat, etc. Sa relation avec le scribe Senmout devient plus familière. Pendant ce temps, Sothis la favorite du harem (qui entretient également une relation avec Snerseth, le grand prêtre d’Amon) n’hésite pas à causer la mort d’une rivale enceinte. Lorsque Chepsout l’apprend elle la fait punir. Senmout avoue son amour à Chepsout mais leur rapprochement attire les soupçons et celui-ci doit fuir la capitale. Son demi-frère Senmèn est nommé scribe à sa place. Chepsout prie son défunt père et est encore plus déterminé à devenir son véritable successeur afin d’amener la paix dans le royaume.

Le récit se développe au fur et à mesure que les intrigues de cours s’intensifient. L’exécution tant de la trame narrative que du dessin reste satisfaisante, assez pour nous offrir une très bonne et agréable lecture. Un bon exemple de manga historique.

Reine d’Égypte, vol. 2, par Chie INUDOH. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), juin 2017. 216 pg, 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can. ISBN 979-10-327-0126-3. Lectorat jeune adulte (16+ / nudité). stars-3-5

Reine_d_Égypte-v03-cov“Le harem de Thoutmosis est le théâtre de macabres machinations : Sothis, la favorite, entend bien conserver son rang, quitte à assassiner toute femme portant l’enfant de pharaon ! Lorsque Chepsout découvre la vérité, elle fait emprisonner la coupable, sans se douter que le châtiment est loin d’être suffisant…

Les conséquences ne se font pas attendre : de folles rumeurs commencent à courir sur les relations entretenues par la reine et son scribe, condamnant Senmout à l’exil. Désormais dotée du seul appui d’Hapouseneb, la jeune femme parviendra-t-elle à reprendre la main.”

[Texte de la couverture arrière]

Dans ce troisième volume, la chance de Chepsout tourne en sa défaveur. En développant une route commerciale au sud avec le Wawat, la frontière du nord est affaiblie et le royaume du Mitanni en profite pour attaquer. Chepsout, qui a retrouvé Sothis destituée et enceinte, la prends sous sa protection à la condition qu’elle puisse adopter l’enfant. Satré, sa nourrice et confidente s’y oppose vivement et est chassé du palais. Lorsqu’il apprend la naissance de l’enfant Thoutmosis s’en empare déjouant les plans de Chepsout. Pendant ce temps, Senmout (sous le pseudonyme de User) est le scribe de l’architecte Inéni.

Pour faire la paix avec les Mitanniens, Chepsout négocie une alliance en mariant le jeune prince Wadi à sa soeur Néfer. Mais elle est trahi par Satré qui raconte l’alliance secrète à Thoutmosis qui l’annule et décide plutôt de prendre lui-même Néfer comme seconde épouse. Pour épargner sa jeune soeur, Chepsout n’a pas d’autre choix que d’offrir à Thoutmosis de lui donner un héritier! Peu de temps avant la naissance de celui-ci, Thoutmosis tombe gravement malade. Avec un peu d’aide de Chepsout, il finit par mourir. Le fils de Sothis, prince Djehouty, devient alors Thoutmosis III sous la régence d’Hatchepsout!

Reine d’Égypte nous offre une vision un peu simpliste de l’histoire d’Hatchepsout mais avec une tournure décidément féministe, ce qui lui donne un ton plutôt actuel. Les intrigues se succèdent pour rendre le récit de plus en plus intéressant. De plus, le style graphique du manga semble s’améliorer un peu, gagnant en fluidité et précision. Et chaque nouveau volume nous offre plus de pages que le précédent! Reine d’Égypte demeure donc toujours aussi bon et agréable à lire.

Un quatrième volume devrait paraître en mai 2018!

Reine d’Égypte, vol. 3, par Chie INUDOH. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), octobre 2017. 224 pg, 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can. ISBN 979-10-327-0137-9. Lectorat jeune adulte (16+ / violence & nudité). stars-3-5

Voir mon commentaire sur le premier volume.

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© 2016-2017 Chie Inudoh.

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Reine d’Égypte Vol. 1

Reine_d_Égypte-v01-cov“C’est le début d’une nouvelle ère dans l’Égypte des pharaons : le mariage de la jeune Hatchepsout et de son demi-frère Séthi fait de ce dernier l’héritier légitime du trône, sous le nom de Thoutmosis II. Représentants des dieux sur terre, ils resplendissent sous leurs parures et forment à première vue un couple parfait. Seulement, sous ses airs d’épouse idéale, Hatchepsout cache une colère profonde… Elle ne veut pas être simple reine, mais plutôt devenir pharaon elle-même, comme son guerrier de père ! Enfant, elle ne cessait d’humilier Séthi au combat à l’épée, et elle est imbattable au tir à l’arc. Pourquoi ne serait-elle pas digne d’accéder au rang suprême, juste parce qu’elle est née femme ? Pour Hatchepsout commence alors un combat pour s’affranchir des conventions ancestrales d’une des plus grandes civilisations du monde !

L’Égypte ancienne revisitée à travers les yeux d’Hatchepsout, la première grande reine de l’histoire de l’humanité ! Reine d’Égypte n’est pas seulement un régal pour les yeux, c’est aussi une fresque historique minutieusement documentée sur le combat d’une femme trop libre pour son époque. Son charisme, son intelligence et sa volonté sans faille sont ses meilleurs atouts, mais suffiront-ils à provoquer une révolution au pays des dieux ?”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

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Pline, vol. 4

Pline-v4-covÀ peine arrivé à Pompéi, Pline et ses compagnons sont témoins d’un grave tremblement de terre (62~63 A.D.). De nombreux édifices s’écroulent. Euclès est blessé par la chute d’une pierre. Felix est lui aussi blessé alors qu’il va récupérer les instruments d’un médecin dans les décombres de sa maison. L’eau coule à nouveau dans les canalisations. C’est le chaos en ville. Heureusement, l’auberge où ils se sont installé est intacte mais ils décident qu’il serait néanmoins plus prudent de quitter la ville. Ils quittent durant la nuit pour éviter que des marchands sans scrupules ne saisissent leur montures.

À Rome, Poppée est contrariée par le fait que la reconstruction en Campanie suite au tremblement de terre risque de retarder les célébrations de son marriage avec Néron et de la naissance de leur enfant. Elle rage contre Burrus qui lui raconte toutes les rumeurs qui courent contre elle et que le peuple favorise encore Octavie, la première épouse de Néron. Elle complote pour faire empoisonner Burrus et tente de convaincre Néron qu’Octavie complote contre lui.

Installé dans une villa de Stabies, Pline fait des recherches dans des rouleaux d’auteurs comme Diodore de Sicile, Strabon ou Silius Italicus qui démontrent que le Vésuve est bel et bien un volcan et risquerait donc de s’embraser à tout moment! Il reçoit une dépêche de Rome qui lui annonce que Burrus est mort d’une cause inconnue et que Octavie a été exécuté!

À Rome, on apporte à Néron la tête d’Octavie. Tigellin succède à Burrus. Sénèque garde Pline informé de ce qui se passe à Rome. Le divorce entre Néron et Octavie est publiquement annoncé et, douze jours plus tard, il célèbre ses noces avec Poppée. Sénèque recommande à Pline de ne pas revenir à Rome pendant quelques temps. Pline peste contre la corruption et la stupidité des humains. Il implore le Vésuve de lui offrir une belle éruption! Felix est témoin d’un chrétien qui prêche dans une taverne et qui se fait expulser. Une querelle de juif,  commente un client. Il ajoute que le prix à payer pour la gloire de l’empire est de “voir des gens d’autres contrées s’établir par ici en apportant leurs querelles avec eux…”

Une statuette d’envoûtement est retrouvé sous le lit de Poppée. Une comète apparait dans le ciel. Poppée tente par tout les moyens de briser la malédiction. Pendant ce temps, Pline disserte sur les superstitions…

Avec ce quatrième volume on voit un retour des intrigues à la cour de Néron, qui avaient été assez absente du volume précédent. Cela démontre bien comme la politique de l’époque pouvait être impitoyable. Les auteurs nous introduisent à d’autres éléments de la vie quotidienne sous l’empire ainsi que des “extraits” de l’Histoire Naturelle de Pline, notamment sur les spectres (lémures), la morale et la superstition, ainsi qu’un remède contre la calvitie! Un beau et instructif manga historique. À lire.

Pline, vol. 4: La colère du Vésuve, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), septembre 2017. 200 pg, 13 x 18 cm, 8,45 € ($15.95 Cnd), ISBN: 978-2-203-12160-7. stars-3-0

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Pline © 2015-2016 Mari Yamazaki, Tori Miki. © 2017 Casterman pour la traduction française.

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Pline, vol. 3

Pline-v3-covDans ce troisième volume, Pline va rendre visite à Sénèque. Burrus, le préfet du prétoire, vient les rejoindre car il est inquiet de la façon dont Néron mène les affaires d’état. Il dilapide les ressources sans compter, ne s’intéresse ni à la politique, ni au pouvoir. Il est violent et se laisse facilement manipuler par Poppée. Burrus cherche quelqu’un pour guider et contenir Néron mais Sénèque refuse. Burrus suggère aussi à Pline de quitter Rome avant qu’il ne soit convoqué par l’empereur…

Euclès va rendre une visite au lupanar dans l’espoir de voir Plautina mais elle n’y est plus. Sur le chemin du retour il a la vision d’un unicornus (Monoceros en grec, une créature mythique) mais il s’est probablement fait battre par des truands quoiqu’il n’en garde aucun souvenir. Il se rend à une rencontre secrète où prêche un chrétien et y rencontre Plautina. Celle-ci disparait à nouveau après que le lupanar soit incendié.

Pline recoit la visite de sa soeur Marcella et de son mari Lucius. Avec ce dernier, Pline visite le marché aux esclaves à la recherche d’une nourrice et d’une préceptrice pour leur enfant Gaius.  Pline et Felix quittent Rome pour la Campanie mais Euclès décide de rester. Il les rejoins toutefois un peu plus tard après avoir réfléchi un peu. En chemin, ils apprennent que l’approvisionnement d’eau d’Herculanum est coupé; ils se baignent dans une source d’eau chaude; ils rencontrent un troupeau de mouton asphyxié par des vapeurs délétères, etc. Autant de mauvais présages…

Le récit de Pline est plutôt lent mais cela permet aux auteurs d’y introduire plusieurs éléments de la vie quotidienne dans l’Empire Romain. On saute d’un personnage à l’autre (Pline, Euclès, Néron, etc.) ce qui donne parfois l’impression que le récit est moins fluide qu’il le pourrait et même anecdotique. En effet, les auteurs en profite pour intégrer au récit des éléments de l’Histoire Naturelle de Pline alors qu’on nous décrit licornes, manticores, éléphants, calmars et poulpes géantes, ou encore des “bouches des enfers” d’où s’échappe des gas volcaniques.

De volume en volume l’esthétisme graphique de Mari Yamazaki et Tori Miki ne cesse de s’améliorer alors qu’ils s’habituent à leur travail de collaboration pour fournir des planches de plus en plus riches et détaillées. C’est très agréable à l’oeil et à lire. Comme la plupart des manga historique, Pline s’avère assez éducatif car bien sûr il nous en apprend sur l’histoire de cette période, sur le naturaliste qu’était Pline et son oeuvre mais nous fait aussi réfléchir sur notre propre nature et celle du savoir, ainsi que notre relation avec ce qui nous entoure. Lorsque Euclès demeure à Rome pour réfléchir un peu sur ce qu’il veut faire, il a une conversation avec Anna, la préceptrice grecque. Elle lui dit que tant un individu qu’une société ne peut avoir d’aspirations sans le savoir et l’instruction.  “Il n’y a pas pires menace qui puissent peser sur une société que l’ignorance et l’inculture.” C’est sans doute le plus beau message de ce manga. À lire absolument!

Pline, vol. 3: Les griffes de Poppée, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), juin 2017. 200 pg, 13 x 18 cm, 8,45 € ($15.95 Cnd), ISBN: 978-2-203-13244-3. stars-3-5

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Pline © 2015-2016 Mari Yamazaki, Tori Miki. © 2017 Casterman pour la traduction française.

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