Découvertes de l’été [002.024.181]

Nouveautés mangas

De quoi réjouir le cœur des amateurs de vieux manga (comme moi qui se plaignait souvent que les éditeurs français laissent inexploité une véritable mine d’excellent shōjo paru dans les années ’70 et ’80), car on a ce printemps annoncé la parution de plusieurs titres intéressants. En effet, profitant de la présence de Moto Hagio au festival d’Angoulême, Akata a annoncé la parution de deux nouveaux titres de la mangaka dans sa collection Héritage (Source: Animeland).

Akata a d’abord annoncé la réédition de l’œuvre emblématique de Moto Hagio, Le Cœur de Thomas (トーマの心臓 / Tōma no shinzō), qui avait déjà été publié chez Kazé en 2012 — voir mon commentaire. L’ouvrage devrait inclure des pages couleur ainsi que deux courts récits qui font suite à l’histoire principale: Hômonsha et Kohan kite. À paraitre en 2025.

En janvier 2025, Akata publiera également 10 Billion Days and 100 Billion Nights, un manga shōnen de Moto Hagio adaptant le roman classique SF de Ryū Mitsuse (百億の昼と千億の夜 / Hyakuoku no Hiru to Sen’oku no Yoru / lit. “Dix milliards de jours et cent milliards de nuits”). Le manga a été prépublié dans le magazine Weekly Shônen Champion entre 1977 et 1978 avant d’être compilé en deux volumes chez Akita Shoten. Il raconte l’histoire du philosophe grec Platon qui, à la recherche de l’Atlantide, entreprend un périple spatio-temporel !

Encore plus extraordinaire, Panini a annoncé pour novembre 2024 la publication du manga Asaki Yumemishi – Genji Monogatari de Waki Yamato (あさきゆめみし – 源氏物語 / lit. “Faisant de rêves vains – Le Dit du Genji“) qui adapte le roman très ancien de Murasaki Shikibu. Il est d’abord paru en prépublication dans le magazine Mimi entre 1979 et 1993 avant d’être compilé en treize volumes chez Kōdansha. Il y a eu une édition “shinsōban” de sept volumes en 2001 qui a ensuite été révisée en 2021 en une édition commémorative de la collection Kodansha Kiss (célébrant le 30e anniversaire de la collection et les 55 ans de carrière de l’artiste). C’est cette dernière réédition qui sera traduite et publiée par Panini. (Source: Nautiljon).

Finalement, Pika Graphic a annoncé la parution d’un nouveau one-shot inédit de Jirô Taniguchi en juin (donc déjà paru en France). Il s’agit du récit “noir” Rude Boy (ルード・ボーイ) dessiné par Taniguchi sur un scénario de Marley Caribu. Il a d’abord été prépublié dans le magazine Play Comic en 1984 avant d’être compilé en un seul volume chez Akita Shoten.

… et anime

J’ai aussi découvert des nouveautés intéressantes du côté des anime. 

En effet, le studio Science Saru a annoncé pour 2026 une nouvelle animation basée sur Ghost in the Shell, le manga de Masamune Shirow paru chez Kōdansha en 1989. Très peu de détails sont connus pour l’instant. (Source: Nautiljon)

On annonce également une nouvelle animation basée sur le manga Ranma 1/2 de Rumiko Takahashi paru chez Shogakukan en 1987. Les détails seront dévoilés en juillet. (Source: Animeland / ANN).

Finalement, le nouveau film de La Rose de Versailles, basé sur le fameux manga de Riyoko Ikeda, qui avait été annoncé il y a un peu plus d’un an, a reçu une date de sortie et une bande-annonce. Produit par le Studio MAPPA, le film sera réalisé par Ai Yoshimura, avec un scénario de Tomoko Konparu, des character designs de Mariko Oka, une musique de Hiroyuki Sawano et Kohta Yamamoto, ainsi que les voix de Miyuki Sawashiro (Oscar), Aya Hirano (Marie Antoinette), Toshiyuki Toyonaga (André) et Kazuki Katô (Fersen). Le film sortira l’année prochaine (mise à jour: le 31 janvier 2025). (Source: Animeland).

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Innocent vol. 1

Innocent-1-covL’incroyable histoire du bourreau de la Révolution française.

Le XVIIIe siècle est le siècle des Lumières et de la Révolution française sur lequel repose notre société actuelle. Acteur et témoin privilégié de cette période mouvementée, Charles-Henri Sanson, exécuteur des hautes œuvres de Paris, nous entraîne au long de sa cruelle existence dans une grande fresque historique.

Suite à la paralysie de son père, Charles-Henri prend sa succession et devient bourreau officiel. Il enchaîne les exécutions, met à mort les figures les plus importantes de la révolution comme Danton et Robespierre et torture les condamnés à mort. Seul problème : être bourreau le dégoûte. De ce paradoxe va naître une personnalité trouble et fascinante qu’Innocent se propose d’explorer.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

Innocent-1-p021

Vol. 1, p. 21

Innocent (イノサン / Inosan) est un manga seinen par Shin’ichi Sakamoto qui a d’abord été prépublié au Japon dans le périodique Weekly Young Jump entre janvier 2013 et mai 2015 avant d’être compilé en neuf volumes chez Shūeisha en 2013-2015. Il a été traduit en anglais chez Dark Horse en 2023-2024 (trois volumes omnibus) et en français chez Delcourt en 2015 (neuf volumes). Il raconte l’histoire romancée d’une famille de bourreaux, particulièrement Charles-Henri Sanson de la quatrième génération, qui a été exécuteur des “hautes œuvres” à Paris durant la Révolution française et la Première République, faisant tomber près de trois mille têtes, dont celle de Louis XVI.

Malgré qu’elle nous offre un récit plutôt bizarre et lugubre, c’est une lecture intéressante, car il s’agit d’un manga historique qui semble bien documenté. Toutefois le récit est très inégal et manque de fluidité. De gros plans excessifs et un enchaînement déficient entre les cases rendent souvent difficile la compréhension d’une scène. Cependant, ce qui accroît de beaucoup l’intérêt de ce titre est la qualité exceptionnelle du dessin. L’auteur porte une grande attention au détail, produisant ainsi un superbe style très réaliste. Il travaille à l’ordinateur et intègre parfois quelques photos dans les cases. L’épisode 8 du documentaire Manben Neo par Naoki Urasawa démontre bien le grand talent de cet artiste. Un manga à lire par curiosité, si l’Histoire vous intéresse.

Innocent, vol. 1, par Shin’ichi Sakamoto. Paris: Delcourt (Coll. Seinen), mars 2015. 208 pages, 13 x 18 cm, 8.50 € / 14.95 $Can, ISBN 978-2-7560-7003-2. Pour un lectorat jeune adulte (16+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2013 Shin’ichi Sakamoto. All rights reserved. © 2015 Éditions Delcourt pour l’édition française.

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Yawara #15

yawara-15-cov“L’œuvre incontournable d’un narrateur hors pair. L’auteur de Monster, Pluto, et Asadora! vous entraîne dans le quotidien ordinaire d’une judoka extraordinaire !”

“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

Yawara! (やわら!) est une œuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été prépubliée entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. Il y a eu une réédition en format Kanzenban (“collector edition”) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est publiée en français chez Big Kana. Il y a seize volumes de parus jusqu’à maintenant (les deux suivants paraîtront en juillet et octobre 2024). J’ai déjà commenté les premier, second, troisième, quatrième, cinquième, sixième, les septième et huitième, les neuvième, dixième, onzième, douzième, treizième ainsi que le quatorzième volumes.  

Pour une série relativement frivole, ce quinzième volume nous offre une surprise avec deux sérieux rebondissements (si vous ne voulez pas en savoir plus, ARRÊTEZ DE LIRE ce paragraphe immédiatement !). Malgré tous ses efforts, Hanazono perd de justesse le tournoi Shôjiki de judo universitaire masculin pour la région du Kantô. Toutefois, Fujiko le considère comme son champion et ils deviennent définitivement un couple. Saut dans le temps: Fujiko remporte le tournoi international de judo féminin de Fukuoka dans la catégorie des moins de 61 kg et Yawara fait de même pour les moins de 48 kg. Toutefois, peu de temps après, Fujiko doit abandonner sa carrière d’athlète, car elle est enceinte. Fujiko et Hanazono se marient. Autre saut dans le temps: Cela fait maintenant un an que Yawara travaille à Tsurukame Travel tout en s’entraînant et elle a hâte aux jeux de Barcelone où elle pourra enfin affronter son amie Jody. Après une tournée d’entraînement en Europe, Sayaka Honami est de retour à Tokyo et elle met de nouveau Yawara au défi de l’affronter au championnat par catégories (étape éliminatoire pour les Olympiques)! Toutefois, coup de théâtre, Yawara découvre par hasard que son père, Kojirô, est l’entraîneur de Sayaka ! Yawara est troublée par le fait, qu’à l’âge de cinq ans, elle a vaincu son père lors d’un entraînement et que celui ait par la suite disparu pour perfectionner son judo. Elle se sent responsable d’avoir brisé sa famille et croit qu’il est devenu le coach de sa rivale pour la vaincre. Elle refuse donc d’humilier une seconde fois son père en battant Sayaka et déclare forfait au championnat national. Elle déçoit beaucoup de gens par son absence à Barcelone…

Yawara est en général un manga assez bon, car c’est à la fois un shonen (par son récit sportif) et un shojo (du fait que c’est une comédie romantique). Il mélange en effet avec brio une histoire captivante remplie d’action sportive avec des personnages attachants, mais troublés par de cocasses imbroglios (amoureux ou autres) et cible ainsi un lectorat beaucoup plus large. Le style de Urasawa est plutôt classique et simple, mais est aussi assez beau et très efficace dans son expression de la narration. Toutefois, ce volume, en nous offrant des rebondissements inattendus et un récit beaucoup plus mature que les précédents, devient très intéressant.  C’est donc une excellente lecture qui est non seulement agréable, mais aussi plutôt amusante. Chaudement recommandé.

Yawara t. 15, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), janvier 2024. 322 pages, B&W (8 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8661-1. Sens de lecture originale. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-4-0

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Lire aussi mes commentaires sur les volumes précédents.

© 2014 Naoki Urasawa. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2024 pour l’édition française.  

Blue Hole t.1

BlueHole-1-covLe chef-d’oeuvre d’un des maîtres japonais de la science-fiction. Au large des Comores, le spécimen d’un poisson disparu depuis 65 millions d’années est capturé… Une expédition scientifique se monte alors et part étudier le phénomène à l’origine de son apparition : un étrange “trou bleu” dont parlent les autochtones. Tout juste trouvée, cette faille dans l’océan aspire les chercheurs et les entraîne en pleine ère du Crétacé, lorsque la Terre regorgeait de reptiles terrestres et marins. Face aux dinosaures les plus hostiles, la survie devient la priorité, mais les objectifs de certains vont attirer le danger sur le groupe et l’écosystème de ce monde encore pur…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

BlueHole-1-p279Blue Hole (ブルーホール / Burū Hōru) est un manga de science-fiction par Yukinobu Hoshino qui a d’abord été prépublié dans Mr. Magazine en 1991-1992 avant d’être compilé en deux tomes chez Kodansha en août 1992 et février 1993. Il a été re-publié dans un format de poche (bunko) en janvier 1996 et mars 2002. Il a également été traduit en chinois et en français (d’abord chez Casterman en janvier 1996 puis chez Pika en juin 2021).

Un groupe de scientifiques qui étudie un mystérieux “trou bleu” dans l’océan Indien (principalement la comorienne Maïa Nagiri, le Dr Hawk, la journaliste Julie Carlyle, le chercheur Alf, le caporal Hood, et le capitaine Voss), est aspiré par un tourbillon et se retrouve de l’autre côté d’une faille temporelle en pleine ère du Crétacé. Ils doivent survivre à une faune et un environnement hostile, peuplé de dinosaures, en espérant une mission de secours. Mais souvent le pire enemi de l’homme, reste l’homme lui-même…

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T.1, pp. 6-7

J’ai déjà lu l’édition de Casterman, dans les années ’90, sous le titre Le Trou bleu, mais je ne crois pas l’avoir commenté. C’était une édition dans un format plus petit (15 x 21 cm), publié dans le sens de lecture occidental avec une traduction de Sylvie Siffointe, une division des volumes différentes et sur un papier de moindre qualité (maintenant jaunie). J’en garde tout de même un très bon souvenirs. Toutefois, cette édition-ci semble de meilleure qualité. À la relecture, j’apprécie encore plus le superbe style précis et détaillé de Hoshino et surtout sa thématique écologique en arrière plan du récit d’aventure. Dès les années ’90 il présentait des préoccupations environnementales dans son récit! Étrangement, même aujourd’hui, les chercheurs tentent de régler les problèmes environnementaux avec des solutions extravagantes (comme le Dr Hawk qui veut siphonner l’air pur du Crétacé et y rejeter les polluants) alors qu’une panoplie de solutions simples suffirait sans doute à prendre soin de notre environnement. Une bonne et agréable lecture.

Blue Hole T.01, par Yukinobu Hoshino (Traduit par Aurélien Estager). Vanves: Pika Édition (Coll. Pika Graphic), juin 2021. 304 pages, 17 x 24 cm, 9.99 € / 32.95 $Can, ISBN 978-2-8116-5173-2. Pour un lectorat adolescent (14+), sens de lecture original japonais. stars-3-0

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© 2012 Yukinobu Hoshino. All rights reserved. © 2021 Pika “edition pour la version française.

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Blue Period #14

BluePeriod-14-cov“Durant les vacances d’été, Yatora est convié à suivre Momoyo et Hachiro dans leur ville natale, Hiroshima. Accompagnés de Yotasuke et de Yakumo, ils se rendent à la maison familiale de Momoyo pour travailler sur les oeuvres qu’ils vont présenter à des concours. Yatora va alors découvrir que c’est là que ses trois camarades se sont rencontrés et qu’ils ont été poussés par une quatrième personne, aujourd’hui décédée, à emprunter le chemin de l’art…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Blue period (ブルーピリオド / Burū Piriodo) est un manga seinen sur l’art écrit et illustré par Tsubasa Yamaguchi qui est sérialisé depuis juin 2017 dans Monthly Afternoon et a été compilé jusqu’à maintenant en quinze volumes chez Kōdansha. La version anglaise est publiée aux USA par Kodansha (quatorze volumes de disponibles) et la version française est publiée chez Pika. Il a remporté plusieurs prix en 2020 (le Manga Taishō et le Kōdansha manga shō; nominé aussi pour le Tezuka Osamu bunka shō) et a été adapté en une série télévisée d’animation en 2021 (douze épisodes animé par le studio Seven Arcs sous la direction de Koji Masunari et Katsuya Asano, sur un scénario de Reiko Yoshida; diffusée sur MBS, TBS, AT-X et sur Netflix). J’ai déjà commenté les trois premiers volumes, les trois suivants, les volumes sept et huit, ainsi que les volumes neuf, dix (en anglais), onze / douze et treize.

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Vol. 14, pp. 4-5

Ce quatorzième volume se concentre surtout sur le passé de Yakumo Murai et comment Yakumo, Momoyo et Kenji ont rencontré Sanada. 

Malgré le style graphique plutôt moyen et le fait que le récit piétine un peu, ce manga reste une lecture intéressante et agréable qui traite des angoisses d’un jeune adulte qui cherche sa place dans le monde de l’art. Un manga plutôt moyen, à lire si le monde de l’art vous intéresse.

Blue period vol. 14 par Tsubasa Yamaguchi (traduction par Nathalie Lejeune). Vanves: Pika (Coll. Seinen), février 2024. 192 pages, 13.5 x 18.3 cm, 7 € 70 /  $22.95 Can, ISBN 978-2-8116-8478-5, Pour lectorat adolescent (12+). stars-2-5

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© 2023 Tsubasa Yamaguchi. All rights reserved.

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Revue de ‘zines [002.024.154]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

Animeland #245 (Janvier-Mars 2024)

AL-245Ce numéro nous offre un dossier consacré au Studio Ghibli: son historique, son fonctionnement, Yasuo Ôtsuka (mentor de Miyazaki et Takahata), l’éditeur Tokuma Shoten (support financier), Ghibli et la France, Ghiblothèque, collaborations, Influences, l’équipe, entrevues avec Takeshi Honda (animateur), Akihiko Yamashita (directeur d’animation), Hiroshi Shimizu (animateur), David Encinas (animateur), Le garçon et le héron, et Le voyage de Shuna.

Dans “Wishlist” on commente pèle-mêle une profusion de parutions de mangas, animés et produits dérivés: je remarque surtout, en manga, Anthologie de l’Humain (Moto Hagio chez Glénat), Les Chroniques de la Guerre de Lodoss: La Dame de Falis (Akihiro Yamada & Ryô Mizuno, chez Pika, coll. Masterpiece), Colette: Mémoire d’une maison close (Moyoco Anno, chez Pika), et Les enfants de la baleine (Abi Umeda, chez Glénat); en livre, La Révolution Garo: 1945-2002 (par Claude Leblanc, chez IMHO); en anime, Pluto (produit par Masao Maruyama, dirigé par Masayuki Kojima, diffusé sur Netflix); et en produits dérivés, la bande sonore des meilleurs succès de l’anime Nana (en vinyle, avec Anna Tsuchiya et Olivia Lufkin, chez Microids Records).

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Jeu video (Cliff Hanger), Japon (Rakugo, Hita dans la préfecture de Oita), Doublage (Ghibli), Secret Files (Arion vs Gundam), et Humeur.

Plus que jamais, avec la nouvelle formule augmentée, c’est un périodique (un ouvrage!) à lire pour tous fans d’anime. stars-4-0

Capsules

dBD #179 (Déc. 2023-Janv. 2024)

dBD-179Dans le cahier actualités on mentionne la parution d’un coffret édition anniversaire limitée de L’Attaque des Titans t.34 (Hajime Isayama, chez Pika), de Rose à l’île (par Michel Rabagliati, chez La Pastèque) et d’un artbook bilingue consacré à Arzak (Moebius, chez Éditions Moebius Production). Je note également que le Prix Töppfer 2023 a été attribué à l’artiste israélienne Rufu Modan.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Posy Simmonds (sur l’exposition qui lui est consacrée à la Bibliothèque Publique d’Information, Place Georges-Pompidou, et sur True Love: Une romance graphique (chez Denoël Graphic). Les entrevues se poursuivent avec la chanteuse La Grande Sophie, Vincent Henry (sur les vingt ans de La Boîte à Bulles), Fabien Toulmé (sur Inoubliables, chez Dupuis), Audrey Alwett & Chrisstopher Arleston (sur Le grimoire d’Élfie t.4: Le trésor de la tricomancienne, chez Drakoo), Sergio Garcia Sanchez (sur Le ciel dans la tête, chez Denoël Graphic, et Chassé-croisé au Val Doré, chez Dupuis), ainsi qu’avec William & Christophe Cazenove (sur Les sisters t.18: Tu veux ma photo ?, chez Bamboo).

Côté manga, on retrouve un article sur Osamu Tezuka (Dororo, Kirihito, L’Histoire des trois Adolf, Barbara, Demain les oiseaux, MW, La vie de Bouddha, tous chez Delcourt/Tonkam). “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Treize nuits de vengeance t.1 (Kazuo Kamimura, chez Kana), La concierge du grand magasin (Tsuchika Nishimura, chez Lézard Noir), The Big Wall (Kunihiko Yokomizo & Yoji Kamata, chez Paulsen), What did you eat yesterday? (Fumi Yoshinaga, chez Soleil), Mon voeu le plus sincère t.1 (Kiri, chez Kotoon), Humanimals t.1 (Takahiro Kato, chez Pika), Colette: Mémoires d’une maison close (Moyocco Anno, chez Pika).

Dans le Cahier Critique je note Great Trailers t.2 par Akira Miyagawa chez Casterman (Super!; “série postapocaliptique ambitieuse (…) allie action, combats épiques, décors dévastés et méchâmes aux designs léchés”), Sur la colline où poussent encore ces fleurs… t.1-2 par Matsuse chez Doki-Doki (Super!; “drame poignant, où le destin d’un amour tragique se mêle intimement et subtilement à celui d’un empire au bord de l’effondrement”), Yokohama Station Fable t.1 par Yuba Isukari & Gobe Shinkawa (d’après le light novel de Tatsuyuki Tanaka), chez Delcourt/Tonkam (Super!; “dystopiques (…) histoire magistralement dessinée”), Suburban Hell par Tarô Kanafuro chez IMHO (Bien; “recueil de sept histoires qualifiées de hardcore horror par son auteur”).

Ce numéro se conclut avec des extraits de trois à huit pages de cinq albums à paraître en 2024: Vingt-Décembre: Chroniques de l’abolition (Appollo & Tehém, chez Dargaud), Oken: Combats et rêveries d’un poète taïwanais (par Shih-Hung Wu, d’après Yang Mu, chez Le Lombard), À mourrir entre les bras de ma nourrice (par Mark Eacersall, Henri Scala & Raphaël Pavard, chez Glénat), Les derniers jours de Robert Johnson (par Frantz Duchazeau, chez Sarbacane) et Pippin le bon à rien (par Chrigel Farner & Tim Krohn, chez Mosquito).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

Capsules

dBD #180 (Février 2024)

dBD-180Dans le cahier actualités on retrouve un article sur le nouveau label “Combo” de Dargaud. 

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec les journalistes d’investigation Daniel Couvreur (Le Soir) et Jérôme Dupuis (Le Monde) sur l’affaire des planches volées à la Fondation Jacobs. S’y ajoute une entrevue avec Claude de Saint-Vincent, président du Studio Jacobs. Les entrevues se poursuivent avec l’artiste québécois Delaf (Marc Delafontaine, sur l’excellente reprise de Gaston Lagaffe avec le numéro 22: Le retour de Lagaffe chez Dupuis), Corentin Rouge (sur Thorgal Saga: Wendigo, avec Fred Duval, chez le Lombard), Maud Bénézit (sur J’y vais mais j’ai peur: Journal d’une navigatrice, avecClarisse Crémer, chez Delcourt), et Steven Dupré (sur Les piliers de la Terre T.1, d’après Ken Follet, avec Alcante et Fernandez, chez Glénat).

Côté manga,  Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Monsieur Méchant va détruire la terre (après ses congés) T.1 (Yuu Morikawa, chez Nobi Nobi), Die Wergelder T.1 (Hiroaki Samura chez Pika), Lady Diana: La princesse bien-aimée au destin tragique (Sonoko Azuma & Natsuko Wada, chez Soleil), Skeleton Double T.1 (Tokaku Kondo, chez Kurokawa), Rugger T.1 (Kenji Sonishi & Toshiaki Hirose, chez L’Aqueduc bleu), Cross of the cross T.1 (Shiryu Nakatake, chez Delcourt/Tonkam) et Le fils de Taïwan (Zhou Jia-Xin & Yu Rei-Yun,chez Kana).

Dans le Cahier Critique je note Contes du caniveau par Tadao Tsuge chez Cornélius (Super!; “Plus qu’une simple filiation dans la BD [il est le frère de Yoshiharu Tsuge], Tadao Tsuge est une expérience brutale à partager entre amis les jours de marasme”), Tokyo Mystery Café T.1 par Atelier Sentô chez Dupuis (Super!; “Plus proche d’une BD franco-belge que du manga traditionnel, l’engin peut aussi être vu comme un outil de découverte de Tokyo en parallèle de l’histoire racontée”), et Chasse au cadavre T.2 par Hosui Yamazaki chez Casterman (Super!; “spécialiste des séries horrifiques (…) mais avec un récit qui crée immédiatement un profond décalage entre des personnages d’une douce naïveté et une affaire pour le moins glauque”). 

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

 Métal Hurlant N°9 (novembre 2023)

MH-9Ce numéro regroupe 24 courts récits et 10 articles (que je n’ai parcourue qu’en diagonale) sur le thème du futur: “Utopies, dystopies ? Le futur, c’est mieux après”. Comme pour les numéros que j’ai commenté précédemment, la plupart des styles (extrêmement variés) des artistes n’étaient pas toujours de mon goût mais j’ai trouvé que tous ces courts récits étaient intéressants et méritaient d’être lu. J’ai mis en caractères gras les titres les plus intéressants graphiquement…

Ce numéro nous présente donc les récits suivants: “Enfer Perdu” (Romain Brun, 8 p.), “La maison de thé aux trois cordes” (Richard et Rachel Marazano, 10 p.), “Futurette” (Olivier Vatine, 9 p.), “Frère de sang” (Thierry Martin, 15 p.), “Love is like oxygen” (Jerry Frissen / Jorg de Vos, 6 p.), “La perle” (Brouette Hurlante, B&W, 4 p.), “Lupus Fruitio” (Thomas Bidault, 9 p.), “Les déclassés de l’espace” (Benjamin Fogel / Damien Cuvillier, 13 p. ), “Rimbelt: Le porteur de mauvaises nouvelles” (Simeon van den Ende / Sim Bos, 6 p.), “Mouvement Perpétuel” (Tim Adam / Julien Perron, 8 p.), “Hot Ground” (Shof & Shobo / Shof, 11 p.), “Nouvelle Espèce” (Nikola Pisarev, 11 p.), “Poubelle-Dorado” (Simon Hureau, 9 p.), “Demain le futur” (Richard Guérineau, 9 p.), “2138, L’âge adulte” (Étienne. Appert, 9 p.), “Un bonheur sans cesse renouvelé” (Pixel Vengeur, 4 p.), “Un monde plus lisse” (Corbeyran & Rurik Sallé / Nicolas Bègue, 9 p.), “Snow (silent noise of winter)” (Christian Durieux, 7 p.), “Everyday is like Wendy” (Valentin Ramon, 5 p.), “Parlement Solaire” (Facundo Nehuén Lopez, 7 p.), “Signal faible” (Thomas Mourier / Yoann Kavege, 9 p.), “Un ciel couvert de rouge” (Toru Terada, 9 p.), “Mecalove” (Lolita Couturier, 9 p.), et “Top IA” (Alex Ristorcelli, 15 p.).

Une belle découverte quand même. stars-3-0

Pour plus d’Infos: [ GoodreadsHumanosNelliganWikipedia ]

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Yawara #14

Yawara-14-cov“L’œuvre incontournable d’un narrateur hors pair. L’auteur de Monster, Pluto, et Asadora! vous entraîne dans le quotidien ordinaire d’une judoka extraordinaire !”

“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

Yawara! (やわら!) est une œuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publiée entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. Il y a eu une réédition en format Kanzenban (“collector edition”) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est actuellement publiée en français chez Big Kana. Il y a seize volumes de parus jusqu’à maintenant (les deux suivants paraîtront en juillet et octobre 2024). J’ai déjà commenté les premier, second, troisième, quatrième, cinquième, sixième, les septième et huitième, les neuvième, dixième, onzième, douzième ainsi que le treizième volumes.  

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v. 14, p. 4

Yawara remporte le combat contre sa meilleure ami Fujiko Itô et devient championne nationale de judo féminin. Tout le récit de ce volume tourne autour d’un imbroglio entre Fujiko et son petit ami Hanazono. Fujiko ne pratique le judo que depuis peu, mais a beaucoup progressé grâce à l’entraînement de maître Inokuma. Hanazono a honte de son niveau et refuse de voir Fujiko temps qu’il n’aura pas amélioré sa technique de judo. Quand Yawara découvre la situation, elle décide de s’impliquer en entraînant Hanazono elle-même (ce qui plait beaucoup à Jigorô car cela est aussi un bon entraînement pour Yawara)… Hanazono doit participer au tournoi Shôjiki de judo universitaire masculin pour la région du Kantô et promet de remporter tous ses matchs! Seulement alors, il pourra la revoir. Mais réussira-t-il?

C’est comme toujours un assez bon manga qui est à la fois un shonen (par son récit sportif) et un shojo (du fait que c’est une comédie romantique). Le récit est fort bien écrit car il mélange savamment une histoire captivante remplie d’action sportive avec des personnages attachants, mais troublés par de cocasses imbroglios (amoureux ou autres). Le style de Urasawa est plutôt classique et simple, mais est aussi assez beau et très efficace dans son expression de la narration. C’est donc une très bonne lecture qui est agréable et amusante. Chaudement recommandé.

Yawara t. 14, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), octobre 2023. 322 pages, B&W (14 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 9782505086604. Sens de lecture originale. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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Lire aussi mes commentaires sur les volumes précédents.

© 2014 Naoki Urasawa. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2023 pour l’édition française.  

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Table ronde: Protoculture Addicts: Initier la vague anime et manga

Voici la vidéo (durée 65 min.) de la table ronde qui s’est tenu le vendredi 24 mai (15h00 – 16h00) à Montreal CoWork, dans le cadre du  3e colloque du groupe de recherche “Au-delà des 2 solitudes” : “Expansions: traductions et internationalisation de la bande dessinée produite au Canada” (en collaboration avec le 13e Festival BD de Montréal). Intitulée “Protoculture Addicts: Initier la vague anime et manga”, elle traite du rôle de précurseur qu’a eu le fanzine dans la culture populaire. Elle est animée par la sociologue et autrice Valérie Harvey (de l’Université du Québec en Outaouais) et les participants sont Bounthavy Suvilay (Maîtresse de conférence à l’Université de Lille, journaliste freelance, rédactrice chez AnimeLand, autrice chez Bragelonne et Ynnis) et  Claude J. Pelletier (blogueur et co-fondateur de Protoculture Addicts). La vidéo est également disponible sur Vimeo.

Ce fut une discussion très intéressante et stimulante. Cela m’a rappelé beaucoup de souvenirs ! J’ignorais que le magazine avait généré autant d’intérêt dans le milieu académique. C’est vrai qu’il y a un regain d’intérêt pour les fanzines… Étant donné qu’on m’a fait remarquer qu’il n’y a plus beaucoup d’information de disponible sur le magazine, car la page internet qui lui était consacrée n’est plus en ligne, j’ai décidé de mettre sur mon blogue une partie des informations sur les anciens numéros de Protoculture Addicts et de Samizdat (liste des numéros, table des matières, index, quelques articles, etc., mais je ne vais PAS en faire la vente, car c’est trop compliqué). Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais ce sera un nouveau projet pour moi dans les prochains mois… N’hésitez pas à laisser des commentaires…

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Olympia Kyklos #6

OlympiaKyklos-6-covAprès Thermæ Romæ, la nouvelle comédie de Mari Yamazaki !

Démétrios cherche un moyen de redonner vie à sa cité natale, plongée dans la misère après l’organisation hasardeuse d’olympiades qui ont tourné au fiasco. Sa rencontre avec le Kabuki dans le Japon contemporain pourrait-elle lui donner les outils pour faire face à l’absurdité de l’existence ? Cette fois encore, le jeune athlète et peintre sur céramiques trouvera-t-il des réponses dans cette nouvelle forme d’expression de soi ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Olympia kyklos (オリンピア・キュクロス / lit. “Cercles Olympiques”) est un manga seinen par Mari Yamazaki qui a été sérialisé au Japon dans le magazine bimensuel Grand Jump entre mars 2018 et juillet 2022 avant d’être compilé en sept volumes chez Shueisha. Il a été traduit en français chez Casterman. C’est une comédie du style de Thermae Romae (voir aussi mon commentaire sur cette série), mais qui se situe cette fois dans l’antiquité grecque et traite de sujets autour du thème des jeux olympiques. Le manga a sans aucun doute été créé en anticipation des Jeux olympiques de Tokyo de 2020 (mais qui furent reportés à l’année suivante à cause de la pandémie de Covid-19). J’ai déjà commenté les trois premiers volumes ainsi que les quatrième et cinquième tomes.

Le village de Démétrios vit maintenant dans la misère depuis qu’il s’est endetté en essayant d’organiser ses propres jeux olympiques.  Il se remémore qu’il a été lui même orphelin et pauvre, alors il veut faire tout ce qu’il peut pour aider, mais quoi? La performance kabuki de Shôta lui a rappelé une leçon de son enfance: l’absurdité et la colère alimentent le désir de survivre! Il retrouve son vieux maître, devenu esclave dans les ruches du village voisin, et fait la rencontre de l’aède Achaïos qui accepte de l’aider à créer une pièce de théâtre qui ravivera l’espoir de son village. Pour les aider, Zeus utilise sa foudre pour les transporter dans un live house de “Tokyopolis” où ils découvrent le pouvoir enchanteur de… la musique moderne grâce à l’auteur-compositeur Saizô (qui est aussi helléniste). Ils découvrent également le bouddhisme (un moine leur parle du roi grec Ménandre qui suivait les enseignements de Bouddha) et le cinéma (en visionnant Les Sept Samouraïs de Kurosawa!). Ils apprennent à chanter et à jouer de la guitare et retournent au village de Tritonia pour le sauver avec une chanson!

Cette série de manga, qui brille par le superbe style détaillé et précis de Mari Yamazaki, nous offre encore une fois une lecture agréable qui s’avère non seulement divertissante de par ses mises en situation humoristique, mais introduit également les lecteurs à différents aspects de la culture japonaise. Dans ce volume, Yamazaki critique particulièrement la tenue de méga-jeux olympiques qui coûtent une fortune aux villes organisatrices et qui ont perdu l’esprit sportif d’origine au détriment de considérations plus politiques. C’est un très bon manga que je recommande fortement. La série se termine avec le prochain volume.

Olympia Kyklos, vol. 6, par Mari Yamazaki (traduit par Wladimir Labaere & Ryoko Sekiguchi). Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), février 2024. 192 pages, 13.1 x 17.9 cm, 8,45 € / $C 15.95, ISBN 978-2-203-24015-5. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

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© 2018 Mari Yamazaki. All Right Reserved.

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2001 Nights Stories Vol. 1-2

La galaxie n’était que le début… 

Après avoir surmonté une guerre nucléaire totale, l’humanité découvre un morceau de météorite géante aux abords d’une base lunaire. C’est le début d’une ruée vers de nouvelles ressources naturelles et d’un merveilleux voyage dans l’immensité de l’univers. Depuis les planètes du système solaire jusqu’aux galaxies les plus éloignées, vous croiserez les vestiges d’antiques civilisations extraterrestres, découvrirez des systèmes d’évolution distincts de l’homme et rencontrerez ceux que l’on nomme les “semailles d’étoiles”…

Après une première édition en coffret limité, 2001 Nights Stories s’offre un nouvel écrin. Ses deux volumes en version cartonnée deluxe constituent un objet d’exception, tandis que posters et pages couleurs accompagnent cette œuvre monument, pour le plus grand plaisir des adeptes de science-fiction et des esthètes du roman graphique.” [Texte du site de l’éditeur]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgâcheurs)

2001NightsStories-extrait12001 Nights stories (2001夜物語 / Nisenichi Ya Monogatari / lit. “Histoires des 2001 nuits”) est un manga seinen par Yokinobu HOSHINO qui a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine mensuel Super Action entre juin 1984 et juin 1986 avant d’être compilé en trois volumes chez Futabasha en 1985-86. Il a été réédité à de nombreuses reprises dont l’édition “Comic Book SIGNAL” (原型版 / Genkei-ban / lit. “version prototype”) en deux volumes chez Kobunsha en septembre et octobre 2007, qui reprenait le format original de la publication en magazine, et qui est l’édition utilisée pour la traduction française de Glénat. Le titre fait à la fois allusion aux contes des Mille et une nuits et au film 2001, L’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (basé sur le roman de Arthur C. Clarke).

Le manga regroupe vingt-deux courts récits de science-fiction qui peuvent se lire indépendamment, mais qui, ensemble, forment une saga racontant la conquête de l’espace interstellaire par l’humanité. Les sept premiers récits constituent un hommage au film de Kubrick alors que Hoshino réinterprète des scènes clés à sa façon. En voici la liste des chapitres: Vol. 1: Première nuit: Le Grand ancêtre; 2e nuit: Lumière cendrée; 3e: La mer de la fertilité; 4e: Maelström III; 5e: Le voyageur du lointain; 6e: La porte des étoiles; 7e: Les orphelins des étoiles; 8e: L’étoile du diable; 9e: La piste des étoiles; 10e: Voyage au-delà du lendemain:  partie 1: Je suis une fusée; partie 2: Un présent de la Terre. Vol. 2: Onzième nuit: Un monde pétrifié —  Expédition A: La cité; Expédition B: Le dernier rivage; Expédition C: Rencontre avec Méduse; 12e: Un vaisseau étranger; 13e: La planète symbiose; 14e: La Dernière évolution; 15e: Colonie; 16e: Time enough for love; 17e: Hier, les oiseaux; 18e: L’odyssée de l’étoile verte; Dernière nuit: Chants de la Terre lointaine.

Le récit est clairement inspiré par la science-fiction américaine des années ’50 et ’60. Comme ce sont des histoires courtes, cela ne laisse pas beaucoup de place au développement des personnages et ceux-ci apparaissent donc plutôt unidimensionnels. Toutefois, l’ensemble du récit nous offre une saga captivante qui s’interroge, non sans une certaine forme de poésie et de romantisme, sur les mystères inconnus que recèle l’univers. L’exploration spatiale n’est pas une aventure facile et elle est donc source de drame. Le récit suscite de l’émotion et de la réflexion sur la nature de l’homme et de sa place dans l’univers. Cependant, ce qui rend cet ouvrage assez exceptionnel c’est la qualité de son graphisme. C’est très beau et l’on ne peut qu’admirer le dessin soigné, précis et réaliste. Hoshino est un artiste de grand talent comme le démontre l’épisode du documentaire “Manben” qui lui est consacré.  À cause de son grand réalisme, ce manga pourrait être considéré comme de la hard SF même si le récit ne donne pas beaucoup de détails scientifiques. À lire absolument pour tout amateur de science-fiction et de manga.

2001 Nights Stories (Version d’origine) vol. 1-2, par Yokinobu HOSHINO. Grenoble: Glénat, Octobre 2023. 354 & 436 pages, 21.8 x 30.8 cm, 32.00 € / $54.95 Can, ISBN 978-2-344-05700-1 & 978-2-344-05724-7. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-4-0

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© Yokinobu HOSHINO, 2007. © Glénat 2023 pour la traduction française.

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Colloque sur la culture et la BD

3eColloque

AuDelaDes2SolitudesUn petit mot juste pour vous informer que je vais participer au 3e colloque du groupe de recherche “Au-delà des 2 solitudes” qui se tiendra à Montréal les 23 et 24 mai, 2024. Cette année, le thème du colloque est  “Expansions: traductions et internationalisation de la bande dessinée produite au Canada”. 

Organisé en collaboration avec le 13e Festival BD de Montréal (FBDM), qui a lieu du 24 au 26 mai 2024, ce colloque est l’œuvre du groupe de recherche “Au-delà des 2 solitudes” dont le projet consiste à étudier et promouvoir le dialogue entre les diverses communautés canadiennes (francophone, anglophone et autochtone) dans le monde des comics et des BD.

La table ronde à laquelle je participe se tiendra à Montreal CoWork (4338, rue Saint-Denis, local 200) le vendredi 24 mai à 15h00. Intitulée “Protoculture Addicts: Initier la vague anime et manga”, elle traitera du rôle de précurseur qu’a eu le fanzine / magazine. Elle sera animée par la sociologue et autrice Valérie Harvey (de l’Université du Québec en Outaouais) et les participants seront Bounthavy Suvilay (journaliste freelance, rédactrice chez AnimeLand, auteur chez Bragelonne et Ynnis) et moi-même, Claude J. Pelletier (blogueur, éditeur et co-fondateur de Protoculture Addicts). Venez nous voir en grand nombre!

FBDM-2024

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Anime and manga on NHK World

If you are a fan of anime and manga there is two documentary TV series on NHK World Japan that will definitely interest you.

The first one is “Anime Manga Explosion” for which there is still a few episodes available on Video On Demand:

The second series is Manben: Behind the scenes of manga with Urasawa Naoki which also has a few episodes available on Video On Demand:

I have already talked about this second series on the blog (“Urasawa Naoki no Manben”). There was an interesting fan site that was offering all the episodes in VOD but it is unfortunately no longer available. However, the episodes can be found on Youtube (Season 1, Season 2, Season 3, Season 4, Season 5: Neo episodes 1-13 ).  You can also find more information on its wikipedia (jp) page or on the official web site.

List of episodes (Neo series):

  1. Chiba Tetsuya (Ashita no Joe [Wikipedia]) aired October 01 , 2020
  2. Nao Iwamoto (Yesterday: Yes a DayThe Seven Knights of the Marronnier Kingdom [Manga Updates]) aired October 08 , 2020
  3. Sugimura Shinichi (All NudeCigarette Anthology [Manga Updates]) aired October 15 , 2020
  4. Yukinobu Hoshino (2001 Nights [Wikipedia]) aired October 22 2020, avail. in VOD
  5. Daijiro Morohoshi (Yōkai Hunter, Saiyū Yōenden [Wikipedia]) aired November 12, 2020
  6. Keiko Nishi (Sanban-chō Hagiwara-ya no Bijin, Love Song [Wikipedia]) aired November 19, 2020
  7. Fuyumi Soryo (Boyfriend, MARS, ES, Cesare, Marie Antoinette [Wikipedia]) aired December 10, 2020, avail. in VOD
  8. Shinichi Sakamoto (The Climber, Innocent, Innocent Rouge [Wikipedia]) aired December 17, 2020
  9. Yushikazu Yasuhiko (Arion, Venus Wars, Joan, M.S. Gundam: The Origin [Wikipedia]) — See my comment
  10. Haruko Kashiwagi (Hanazono Merry go Round (Initiation), Onimushi (Rivage) [ANN]) aired June 16, 2021
  11. Shuzo Oshimi (Blood on the Tracks, Okaeri Arisu [Wikipedia]) aired June 23, 2021
  12. Wataru Watanabe (Yowamushi Pedal [manga Updates]) aired March 2nd, 2022, avail in VOD
  13. Yasuko Aoike (From Eroica with Love [Wikipedia]) aired March 9th, 2022
  14. Hideki Arai (The World is mine, Kiichi [Wikipedia]) aired in March 16, 2022
  15. Osamu Tezuka (Astroboy, Black Jack, Buddha [Wikipedia]) aired February 4th 2023, avail. in VOD. Another Osamu Tezuka Special aired February 17, 2023.
  16. Minase Ai (Hachimitsu ni Hatsukoi, Koi Furu Colorful [Manga Updates]) aired February 11, 2023, avail. in VOD
  17. Katsuya Terada (The Monkey King [Wikipedia]) aired February 18, 2023
  18. Kazuhiko Shimamoto (Honō no Tenkōsei [Wikipedia]) aired February 25, 2023
  19. Shigeru Mizuki (GeGeGe no Kitaro [Wikipedia]), aired March 18th 2024

Update (2024/06/02): Another documentary series is Anime Sanctuaries presenting real-life locations on which anime are based. One episode available in VOD covers Akihabara (location for Love Live!) and another one, airing June 4th, covers Kamiichi in Toyama (location for Wolf Children).

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Fleurs de pierre, vol. 3

FleursDePierre-3-cov“Les résistants s’entredéchirent pour des raisons ethniques et politiques. C’est le début de la guerre civile. Les Allemands passent à l’offensive militaire. Fi retourne dans la résidence de Meisner, et tente de l’assassiner. Krilo et son groupe rejoignent le quartier général des Partisans à Bihać. Krilo y découvre le tribunal du peuple, qui condamne un homme à mort, et se voit confronté à l’arbitraire de la justice des Partisans.

Fidèles à leur politique de redécouverte d’œuvres majeures du patrimoine de la bande dessinée mondiale, les éditions Revival ont décidé de reprendre l’aventure éditoriale de Fleurs de pierre en publiant l’intégrale des aventures de Krilo en 5 volumes entre octobre 2022 et juin 2025.” [Texte du site de l’éditeur]

La guerre se poursuit en Yougoslavie, tandis que les nazis développent leurs funestes projets. En face, la résistance se déchire. Oustachis, Tchetniks, Partisans, communistes… tous ne sont pas d’accord sur la stratégie à adopter face aux Allemands. La guerre civile est proche. Bientôt, elle va embraser les Balkans. Pendant ce temps, Krilo prend de l’importance au sein des Partisans. Son frère Ivan joue toujours double jeu. Fi, la jeune fille que le nazi Meisner a prise sous son aile, est un petit pion sur un échiquier géant. La grande histoire continue d’imprégner les trajectoires intimes des protagonistes de Fleurs de pierre, chef-d’œuvre absolu de Hisashi Sakaguchi. [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgacheurs)

Fleurs de pierre (石の花 / Ishi no Hana) est un manga seinen par Hisashi Sakaguchi qui nous offre, chose rare, un drame historique prenant place en Yougoslavie durant la Deuxième Guerre mondiale. Il a été d’abord publié en feuilletons dans Comic Tom entre mars 1983 et août 1986 avant d’être compilé en six volumes chez Ushio Shuppansha (1984-1986). Une édition française complète, avec une nouvelle traduction par Ilan Nguyen et présentant des planches renumérisées, est publiée aux Éditions Revival depuis octobre 2022 dans un grand format qui offre le sens de lecture original. J’ai déjà commenté le premier et le second volume.

Ce récit historique nous présente l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale vue à travers les complots et les querelles qui divisent les différentes factions de la résistance yougoslave. Cela en fait une lecture complexe, mais aussi riche pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de cette période. Le style de Sakaguchi est relativement classique, mais ses traits d’encrage simple, mais réaliste expriment parfaitement l’action et les sentiments des personnages. C’est un récit violent, parfois dur, beau aussi, et qui demeure très d’actualité. Une bonne lecture pour raviver la mémoire collective.

Fleurs de pierre, vol. 3, par Hisashi Sakaguchi. Paris: Édition Revival, novembre 2023. 280 pages, 21 x 28 cm, 29 € / $49.95 Can, ISBN 979-10-96-119-77-6. Pour un lectorat jeune adulte (16+). stars-3-0

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© Hisashi Sakaguchi 2021. © Revival 2023 pour l’édition française.

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Le Voyage de Shuna

VoyageDeShuna-cov“Shuna, prince d’une contrée pauvre, regarde, impuissant, ses sujets souffrir de la faim et se tuer à la tâche. Comment faire pousser les céréales que leur terre, stérile, leur refuse ? Un beau jour, un voyageur évoque une graine dorée miraculeuse, qui fait onduler les plaines en longues vagues fertiles. Elle proviendrait d’un pays lointain, à l’ouest, peuplé d’esprits hostiles à l’homme – dont nul n’est jamais revenu.

En dépit des soupirs des anciens et des larmes de son père, Shuna se lance vers cet Eldorado sur son fidèle yakkuru, dans l’espoir d’y trouver de quoi sauver son peuple. En chemin, il libère une jeune esclave, Thea, et sa petite sœur, retenues prisonnières par des trafiquants d’hommes. Poursuivi par leurs ennemis, Shuna confie les deux filles à son yakkuru, qui file avec elles vers le Nord tandis qu’il continue seul, à pied, vers l’ouest. Quand il atteint enfin la terre des êtres divins, ce qu’il y voit le changera à jamais.

Thea reverra-t-elle Shuna ? Et le jeune prince au cœur d’or ramènera-t-il la précieuse céréale ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possibles divulgacheurs)

VoyageDeShuna-p013

P. 13

Le Voyage de Shuna (シュナの旅 / Shuna no Tabi) est un manga shōnen par Hayao Miyazaki qui est d’abord paru en feuilleton dans le magazine Animage en 1982 avant d’être publié en un seul volume dans un petit format (Bunko) de la collection AM Juju chez Tokuma Shoten en juin 1983. Il est surprenant qu’il soit resté inédit hors Japon pendant quarante ans avant d’être publié en anglais chez First Second en 2022 et en français chez Sarbacane en 2023.  Il ne s’agit pas d’un manga à proprement parler, mais plutôt d’un conte, une histoire illustrée (emonogatari) composée de larges panneaux à l’aquarelle appuyés par un texte narratif très concis. Le récit est inspiré d’un conte folklorique tibétain (Zhi Jia, Jianbing Sun) dont le titre japonais est 犬になった王子, チペットの民話 (Inu ni natta ōji, chipetto no minwa / “Le prince qui s’est transformé en chien, un conte populaire tibétain”), mais dont le titre original serait 「青稞(チンコウ)種子的来歴」 (“Histoire des graines de Chinkou”). Toutefois, la genèse du Voyage de Shuna a grandement été marquée par deux productions sur lesquelles Miyazaki travaillait à la même époque: le récit est influencé par le Cycle de Terremer d’Ursula K. Le Guin (mais Miyazaki n’en obtiendra les droits qu’une vingtaine d’années plus tard et le film Gedo senki sera réalisé par son fils Gorō) alors que l’aspect visuel offre beaucoup d’éléments communs au monde de Nausicaä de la Vallée du Vent (dont le manga paraîtra dans Animage entre février 1982 et mars 1994, avec une adaptation animée sortie en mars 1984).

Prince d’une vallée venteuse et froide dont le sol stérile ne fournit qu’une maigre moisson d’Hiwabé suffisant à peine pour que le peuple survive pauvrement, Shuna fait un jour la rencontre d’un homme qui lui parle, avant de mourir, d’une contrée lointaine, à l’ouest, où pousse une céréale qui donne de grosses graines dorées (sans doute de l’orge). Curieux, il enfourche son yakkuru et s’élance en quête de cette contrée fertile. Il rencontre d’abord un désert corrompu, puis une tribu cannibale, des villages abandonnés avant de parvenir à une large ville fortifiée où le principal commerce semble être le trafic d’esclaves. Les étals de marchands offrent également une grande quantité de graines dorées, mais elles ont été écossées et ne peuvent donc pas servir à faire des semis. Après avoir sauvé de la captivité deux jeunes esclaves, Thea et sa sœur, il fuit à l’ouest jusqu’à ce qu’il rencontre le territoire des Êtres Divins. Les deux jeunes filles décident alors de chercher refuge vers le nord alors que Shuna s’enfonce dans l’inconnu. Il réussira à voler une poignée de graines fertiles, mais au terrible prix de sa raison. Thea le retrouve errant, en loques, muet, l’esprit vidé. Elle le soigne pendant une année et tente de faire pousser les graines pour les démultiplier. Il finit par redevenir lui-même et, ayant obtenue une bonne récolte de graines, par prendre le chemin de sa vallée natale.

Malgré les ressemblances avec certains autres ouvrages de Miyazaki, l’allégorie prométhéenne qu’il nous propose ici est essentiellement sociopolitique. Il ne faut pas oublier que Miyazaki a été communiste et il décrie/t donc dans ce récit l’exploitation de la masse ouvrière qui, dénaturée et réduite à une forme d’esclave, se tue à la tâche en échange d’une nourriture stérile. Ainsi Shuna libère Thea de l’esclavage et redonne à son peuple sa liberté et son indépendance alimentaire. Ses autres récits similaires, comme Nausicäa ou Princesse Mononoke, ont une connotation moins politique et beaucoup plus écologique. Malgré cette allégorie qui imprègne le récit, cela reste un beau conte qui est très intéressant et agréable à lire. Toutefois, ce qui donne toute son excellence à l’ouvrage est sans aucun doute les sublimes illustrations à l’aquarelle de Miyazaki qui sont souvent pleine page ou même double page. Juste pour cela, c’est un ouvrage qu’il faut absolument lire et chérir. C’est tellement beau que j’ai lu tant la version anglaise que française. stars-5-0

Le Voyage de Shuna, par Hayao Miyazaki (traduction par Léopold Dahan). Paris: Sarbacane, novembre 2023. 160 pages, 16 × 22,7 cm, 25 € / $48.95 Can, ISBN 9791040804444. Pour un lectorat jeune (7+).

Shuna’s Journey, by Hayao Miyazaki (translation by Alex Dudok de Wit). New York: First Second (imprint of Roaring Brook Press / Holtzbrinck Publishing), November 2022. 160 pages, 16.25 x 22.25 cm, $27.99 US / $36.99 Can, ISBN 978-1-250-84652-5. For a readership of all age (7+).

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© 1983 Studio Ghibli. All right reserved. © 2023 Éditions Sarbacane pour l’édition française. ©2022 by Alex Dudok de Wit for the English translation.

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Yawara #13

Yawara-13-cov“L’oeuvre incontournable d’un narrateur hors pair. L’auteur de Monster, Pluto, et Asadora! vous entraîne dans le quotidien ordinaire d’une judoka extraordinaire !”

“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. Il y a eut une réédition en format Kanzenban (“collector edition”) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publiée en français chez Big Kana. Il y a quinze volumes de paru jusqu’à maintenant (les deux suivants paraîtront en avril et juillet 2024). J’ai déjà commenté les premier, second, troisième, quatrième, cinquième, sixième, les septième et huitième, les neuvième, dixième, onzième ainsi que douzième volumes.  

Yawara-13-p004

Vol. 13, p. 4

Un treizième volume sur vingt et l’histoire semble progresser plutôt lentement. Yawara commence à travailler à l’agence de voyage Tsurukame et rapidement réussi à faciliter un gros contrat qui pourrait rapporter à la firme 20 milliards de yens (environ 15 millions d’Euros). Le problème c’est que le client veut absolument que Yawara soit présente pour le voyage qui tombe en plein pendant le championnat national de judo au Budôkan où ses adversaires seraient Fujiko et Sayaka Honami ! Elle se rapproche de Shinnosuke et lui demande conseil mais celui-ci se retrouve en conflit d’intérêt puisqu’il vient d’être nommé à la tête de l’agence de voyage Honami principal rival de Tsurukame Travel ! Comment Yawara pourra-t-elle se sortir d’une situation aussi délicate ?

C’est comme toujours un assez bon manga qui est à la fois un shonen (par son récit sportif) et un shojo (du fait que c’est une comédie romantique). Le récit est fort bien écrit car il mélange savamment une histoire captivante rempli d’action avec des personnages attachants mais troublés par de cocasses imbroglio (amoureux ou autres). Le style de Urasawa est plutôt classique et simple mais est aussi assez beau et très efficace dans son expression de la narration. C’est donc une bonne lecture qui est agréable et amusante. Chaudement recommandé.

Yawara t. 13, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), juillet 2023. 322 pages, B&W (16 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8659-8. Sens de lecture originale. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

© 2014 Naoki Urasawa. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2023 pour l’édition française.  

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Les Saisons d’Ohgishima 3

SaisonsdOhgishima-3-cov“1868, Nagasaki, à la veille de la révolution de Meiji. Pris dans la tourmente qui agite leur pays, Tamao, Sakunosuke, Victor, Ganji, Kei, Momotoshi et Kojiro doivent tous faire face aux changements inexorables qui se profilent au rythme des saisons.

Après Le Dernier Envol du papillon et La Lanterne de Nyx, découvrez la dernière partie de la “trilogie de Nagasaki”, par Kan Takahama — lauréate du 24e Grand Prix Osamu Tezuka en 2020.” 

[Texte du site de l’éditeur et du rabat intérieur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

SaisonsdOhgishima-3-p009

Vol. 3, p 9

Les saisons d’Ohgishima (扇島歳時記 / Oogishima Saijiki / lit. “Registres saisonniers d’Ohgishima”) est un manga seinen par Kan Takahama qui a d’abord été prépublié dans les périodiques Torch et Comic Ran en 2019-2022 avant d’être compilé en volumes chez Leed Publishing (série complète de quatre tomes) en 2020-22. Il a été traduit en français chez Glénat en octobre 2022 (avec un deuxième tome paru en février 2023, un troisième en octobre 2023 et le dernier tome en avril 2024). Takahama est une mangaka au style particulier et qui est très populaire en France. Son sujet de prédilection est les relations amoureuses complexes et difficiles, mais elle s’est également intéressé au manga seinen historique, en particulier avec sa “Trilogie de Nagasaki” qui se déroule un peu avant et au tout début de l’ère Meiji (et dont j’ai déjà commenté les deux premières parties: Le Dernier envol du papillon et La lanterne de Nyx, ainsi que les premier et second volumes des Saisons d’Ohgishima).

Devant un futur incertain provoqué par la guerre civile et l’instauration d’un nouveau gouvernement à Nagasaki, les différents personnages du récit sont appréhensifs mais la vie suit son cours. L’unité de Kojiro suit un nouvel entraînement pour apprendre les techniques militaires occidentales mais il décide de se joindre aux combats qui font rage dans le nord. Momotoshi veut se lancer en affaires pour se faire valoir auprès de sa mère. Victor voudrait émanciper Tamao mais son père s’y oppose. Ganji souffre d’être secrètement un Kirishitan alors que ses camarades qui vivent leur foi ouvertement sont condamné à l’exil. Tamao commence à recevoir son éducation de courtisane

Les saisons d’Ohgishima est un très beau manga malgré le style un peu particulier de Kan Takahama (quoiqu’il s’améliore d’année en année — ou alors on apprends plus à l’apprécier). Les personnages sont attachants et il est captivant de suivre leurs activités quotidiennes. Il nous offre une agréable lecture qui est à la fois divertissante et instructive puisque ce manga nous fait découvrir une période mouvementé qui constitue sans aucun doute l’époque la plus intéressante de toute l’histoire japonaise. Il ne reste plus qu’un tome, déjà paru au Japon et qui paraîtra au début d’avril en France. J’ai bien hâte de voir comment cela va se terminer… À lire absolument surtout si vous êtes un fan de Takahama ou que l’histoire du Japon vous intéresse.

Kan Takahama s’est déjà lancé dans de nouveaux projets. Après avoir participé au collectif Découvrir Tokyo en manga (publié en 2020 chez Petit à Petit), elle adapte en manga le roman Une rose seule de Muriel Barbery (薔薇が咲くとき / Bara ga Saku Toki / Lit. “Quand les roses fleurissent”, sérialisé dans Torch et Ginza Mag en 2023 et qui sera publié simultanément chez Leed au Japon et chez un éditeur français en 2024). De plus, la trilogie de Nagasaki l’ayant amené à faire beaucoup de recherches sur les Kirishitan, elle débute un nouveau manga qui raconte l’histoire de Akira Tominaga, un acheteur d’or d’Amakusa qui entreprend une quête pour retrouver les trésors cachés des Kakure Kirishitan (獅子と牡丹 / Shishi to Botan / lit. “Le lion et la pivoine”, couramment en prépublication dans Torch). Vivement la parution (inévitable) en français!

Les saisons d’Ohgishima t.3,  par Kan Takahama (traduction par Yohan Leclerc). Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen, Roman Graphique), octobre 2023. 224 pages, 14.9 x 21.2 cm, 10.95 € / $18.95 Can, ISBN 978-2-344-05729-2. Pour un lectorat jeune adulte (16+). Extraits disponibles. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Kan Takahama. © 2023 Éditions Glénat pour la traduction française.

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Confidences d’une prostituée

ConfidencesDuneProstituée-cov“Naomi, ancienne femme de plaisir, en a vu passer des hommes… Aussi, aujourd’hui, quand la nuit tombe, elle aime conter les histoires de ses anciennes camarades d’infortunes. Dans un Japon en proie aux doutes et aux crises, en plein changements, suivez les vies tragiques de prostituées qui, trop souvent, ont été dupées par les hommes…

Chef d’œuvre caché de Takao Saitô, Confidences d’une prostituée est l’une de ses oeuvres les plus personnelles, qu’il a dessiné 1972, pour l’éditeur Kodansha. A travers elle, il rend hommage aux femmes qu’il rencontrait quand, à dix-huit ans, il a dû travailler dans le salon de coiffure de son père, qui se situait juste en face du « nouveau district d’Imazoto », quartier chaud d’Osaka. De ses propres mots, cette oeuvre est pour lui, comme une sobre « déclaration d’amour » adressée à ces femmes. A travers les différents récits qu’il nous propose, on découvre un Japon en proie à de nombreuses difficultés. Cynique, sans aucun doute, ce titre permet pourtant de découvrir une facette plus humaine du travail de son auteur. [Texte du site de l’éditeur]

Nuit après nuit, une femme conte dans l’intimité de son foyer le quotidien de prostituées d’une époque désormais révolue. Du nom de Naomi, cette ancienne dame de compagnie a été témoin de mille et une histoires, des plus tragiques aux plus cocasses, toutes teintées d’une lancinante mélancolie. Au fil de ses récits, elle dévoile les espoirs et les secrets de celles qui aspiraient à vivre avec dignité dans un Japon pris dans un tourbillon de changements.

Avec une sensibilité et une douceur extraordinaires, Takao Saitô livre à travers Confidences d’une prostituée une « sobre déclaration d’amour » aux femmes des quartiers des plaisirs. Publiée en 1972, cette œuvre résolument personnelle révèle un aspect jusque-là inédit de son immense bibliographie.“ [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Confidences d’une prostituée (娼婦ナオミ夜話 / Shōfu Naomi Yobanashi / lit. “Discussion nocturne avec la prostituée Naomi”) est un gekiga (quoiqu’on peut aussi le considéré comme un manga seinen) par Takao Saitô qui a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine hebdomadaire Gendai entre mars et décembre 1972 avant d’être compilé en un volume chez Kôdansha en 1973. Il a été republié chez Leed en septembre 1986 et en avril 2016 dans la collection Big Comics Special de Shôgakukan. Il a été publié en français dans la collection Héritage de Akata en octobre 2023. Takao Saitô est surtout connu pour ses mangas réalistes noirs d’action, particulièrement Golgo 13 (qui est considéré comme le manga le plus long). Ce manga intimiste et sensible a donc une place exceptionnelle dans son oeuvre.

L’histoire se déroule dans les années ’60 ou 70. À travers dix courts récits, la vieille dame Naomi, ancienne prostituée du faubourg Sawashima (à ne pas confondre avec Shinmachi, le quartier où les courtisanes (geishas) divertissaient la classe supérieure de la société), dans le quartier des plaisirs d’Osaka, raconte à divers interlocuteurs ce qu’était la vie des prostituées à la fin de l’ère Taishô, dans les années ’20, et au début de l’ère Showa (jusqu’à ce que la prostitution soit abolie au Japon en 1956).

Confidences d’une prostituée nous offre un récit dur et tragique mais aussi très humain et sensible. En recueillant ces histoires entendues dans le salon de coiffure de son père et en les transmettant au travers d’un manga, Takao Saitô préserve ainsi un témoignage précieux de la petite histoire du Japon d’avant-guerre. Ce propos fort intéressant est assez bien illustré par le style réaliste de Saitô qui s’apparente aux mangas dramatique pour adultes (gekiga, littéralement “dessins dramatiques“) traitant de sujets plus sombre et sérieux et  caractérisé par un style angulaire et cinématique, fait de hachures sombres et des lignes granuleuses. Un très bon manga qui mérite d’être lu surtout si l’histoire et la culture japonaise vous intéresse.

Confidences d’une prostituée, par Takao Saitô. Rancon: Akata (Coll. Héritage), octobre 2023. 340 pages, 14.7 x 21.0 cm, 16.99 € / 31,95 $ Can, ISBN 978-2-38212-248-8. Pour un lectorat jeune adulte (16+, sexe, nudité). Sens de lecture japonais (de droite à gauche). Extraits disponibles. stars-3-5

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© Takao Saitô, 2016. © S.A.S. Akata, 2023 pour l’édition française. All rights reserved.

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Revue de ‘zines [002.024.063]

Revue de ‘zines

Je continue mon perpétuel rattrapage sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures… (Faute de temps et d’énergie j’ai limité ou omis les hyperliens. Si vous voulez en savoir plus sur un auteur, un titre ou un sujet vous pouvez consulter par vous-même soit Google ou Wikipedia!)

Animeland #244 (Oct.-Déc. 2023)

AL-244Le magazine change encore une fois de formule. Ce numéro nous offre surtout des dossiers sur Akira (l’exposition, entrevue avec Toshiyuki Inoue (animateur), le film, le manga, portrait de Katsuhiro Otomo, entrevues avec Satoshi Takabatake (assistant) et Steve Oliff (coloriste), ses influences, traduction en France, produits dérivés), le cyberpunk (décodage d’un genre, entrevue avec Hiroyuki Ochi (Armitage III), les 8 apôtres: Masamune Shirow, A.D. Police/Bubblegum Crisis, Cyber City Oedo 808, Gunnm, Armitage III, Tsutomu Nihei Cyber-Biopunk, Eden, Project.hack/GU), La science-fiction made in France (de la Planète Sauvage à Mars Express) et Hommage à Buichi Terasawa (Cobra, Goku, Takeru, Gundragon).

Dans “Wishlist” on commente pèle-mêle une profusion de parutions de mangas, animés et produits dérivés: je remarque surtout, en manga, 2001 Nights Stories (Yukinobu Hoshino chez Glénat), Arion (Yasuhiro Yoshikazu chez naBan), L’Habitant de l’infini (Hiroaki Samura chez Sakka), Mars (Fuyumi Soryo chez Panini), en vidéo, Gunbuster (All The Anime), Lupin III: Le Secret de Mamo (naBan), Orguss (Crunchyroll), et le livre Anime, Guide de l’animation japonaise: Les Pionniers de l’anime (1958-1969) par Andrea Baricordi chez Ynnis qui semble être une version française remaniée et abrégée du collectif italien (Baricordi, De Giovanni, Pietroni, Rossi & Tunesi) Anime: Guida al cinema d’animazione Giapponese dont j’avais moi-même publié une traduction anglaise en décembre 2000 [AmazonANN].

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Jeu Vidéo (Snatcher), Japon (Le harcèlement scolaire au Japon: ijime et hikkikomori), Parlons VF (Peut-on réparer un doublage raté?) et Humeur.

À lire pour tous fans d’anime. stars-4-0

Capsules

dBD #177   (Octobre 2023)

dBD-177Dans le cahier actualités on mentionne le Coffret Candy Flurry par Nippon Takegushi et Santa Mitarashi regroupant trois volumes de comédie confiserie chez Soleil, La revanche des bibliothécaires regroupant des comic strips du dessinateur de presse écossais Tom Gauld chez 2024, et Les carnets de l’Apothicaire, Enquêtes à la cour vol. 1 et 2 par Natsu Hyuga et Minori Kurata chez Mana.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Juanjo Guarnido (sur Blacksad T.7: Alors, tout tombe, seconde partie, avec Canales chez Dargaud). Les entrevues se poursuivent avec Jean-Luc Fromental (sur les vingt ans de Denoël Graphic), Philippe Richelle & Jean-Michel Beuriot (Amours fragiles T.9 chez Casterman), Lou Lubie (sur Comme un oiseau dans un bocal; Portrait de surdoué chez Delcourt), Brian & Mary M. Talbot (Grandville T.3: Bête noire chez Delirium) ainsi que Séverine Gauthier & Jérémie Almanza (sur Les Royaumes muets chez Oxymore, coll. Métamorphose).

Côté manga, on retrouve un article sur Tatsuki Fujimoto (Fire Punch, Chainsaw Man, Anthologies 17-21 et 22-26, Adieu Eri, Look Back) et “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Shadow Ring T.1 (Kaiji Nakagawa, chez Ki-oon), Le bateau-usine T.1 (Shinjiro & Shigemitsu Harada, chez Dupuis-Véga), Marriage Toxin (Mizuki Yoda & Joumyaku, chez Crunchyroll), Yokai Wars T.1 (Misakix Yumisaki, chez Mana), Blue Giant Explorer T.1 (Shinichi Ishizuka, chez Glénat), L’Habitant de l’infini: Bakumatsu T.1 (Ksiji Nakagawa & Ryu Suenobu, chez Casterman), Mynoghra: Annonciateur de l’apocalypse T.1 (Fehu Kazuno & Yasaiko Midorihana, chez Delcourt/Tonkam), et The summer Hikaru died (Mokumokuren, chez Pika).

Dans le Cahier Critique je note Le gros chat et la sorcière grincheuse T.1 par Hiro Kashiwaba, chez Doki-Doki (Super!; “dessin riche, élégant et léché”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #178   (Novembre 2023)

dBD-178Dans le cahier actualités on mentionne la parution de 2001 Nights Stories un manga par Yokinobu Hoshino qui regroupe dix-neuf récits de SF (2 vols, chez Glénat), du numéro de Métal Hurlant Hors-Série #1 consacré à Ah! Nana (l’anthologie de BD produite uniquement par des femmes comme Chantal Montellier, Florence Cestac ou Nicole Claveloux), et Litchi Hikari Club Collaboration par Usamaru Furuya et Yama Wayama (une bible composée d’histoires courtes et d’illustrations, chez IMHO).

À la une de ce numéro on retrouve un dossier sur Hayao Miyazaki et son oeuvre (à l’occasion de la sortie en salle du film Le Garçon et le Héron et de la parution chez Sarbacane du manga Voyage de Shuna). Côté manga on retrouve également un article sur Crying Freeman par Kazuo Koike et Ryoichi Ikegami (chez Glénat). Dans “Ça vaut le détour“ on mentionne la parution de Tokyo Élégie par Mizumaru Anzai chez IMHO. Finalement, “Le Territoire des Mangas” nous présente sur deux pages les nouveautés du genre : Isekai Munchkin T.1 (par Yuu Shimizu & Makoto Aogiri chez Delcourt/Tonkam), La Théorie du K.O.: Bienvenue à Bajara (par Mathieu Reynès chez Véga), Magical Cheat: Sorcière dans un autre monde (par Aloha Cachou & Shin Haruhara chez Soleil), The World of Summoning T.1 (par Yuuki Kodama chez Pika), Gene Bride T.1 (par Hitomi Takano chez Glénat), Star Wars Rebels T.1 (par Mitsuru Aoki chez Nobi Nobi) et Miss Hoshino mène l’enquête! T.1 (par Natsumi Ito chez Piccoma Europe).

On retrouve également des entrevues avec Laurent-Frédéric Bollée (sur la parution de quatre albums: Les Illuminés, avec Dytar chez Delcourt, Lapérouse 64, avec Le roux et Bizzarri chez Glénat, Il m’a volé ma vie, avec DiBattista chez Glénat et Lady S t.16, avec Aymond chez Dupuis), Guillaume Musso & Miles Hyman (sur La Vie secret des écrivains chez Calmann-Lévy Graphic), Étienne  Davodeau (sur Loire chez Futuropolis), Alessandro Tota (sur L’Illusion magnifique t.1 chez Gallimard) et Nob (sur Une journée au Louvre, chez Delcourt-Le Louvre).

Dans le Cahier Critique je note Une aventure de Blake et Mortimer à New York: L’art de la guerre par Bocquet,  Fromental et Floc’h chez Dargaud (Top!) et Les évaporés par Isao Moutte chez Sarbacane (Super).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

Capsules

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Claudine

Claudine-covThe classic LGBT+ story by the creative master of Rose of Versailles! Born as “Claudine” in a female-assigned body that doesn’t reflect the man inside, this heart-wrenching story follows Claudine through life, pain, and the love of several women. Master shoujo mangaka Riyoko Ikeda explores gender and sexuality in early twentieth century France in this powerful tale about identity, culture, and self-acceptance.” 

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

Claudine (クローディーヌ…! / Kurōdīnu…!) is a shōjo manga by Riyoko Ikeda that was first serialized in the weekly magazine Margaret (#4/5 & 6, January 1978) before being compiled in a single volume by Shueisha in May 1978. It was reprinted by Fairbell Comics in 2006. An English version was published by Seven Seas in 2018. It is one of the only two works by Ikeda to have been translated in English (with The Rose of Versailles which was published by Udon Entertainment).  It is a minor work by Ikeda (which is mostly known for historical saga like Versailles no bara [1972, 14 vol.], Orpheus no Mado [1975, 18 vol.], Jotei Ecatherina [1982, 5 vol.], Eikou no Napoleon – Eroica [1986, 14 vol.], or Porando Hishi Ten no Hate Made [1990, 3 vol.]) but is remarkable in the fact that it’s one the earliest manga about transgender identity.

Claudine was born as a female in an aristocratic French family in the early 20th century. As early as eight year-old, he identifies a a boy, so his parents make him see a psychiatrist (which is the narrator of the story). He develops relationships with several women (a servant, a librarian, a dancer) but it never works out and two of them even had affairs with his father or brother. Such stories can only end in despair and tragedy.

Claudine offers a provocative subject, a compelling story but is mostly interesting because of Ikeda’s beautiful and innovative shōjo style of drawing. What makes it even more precious is the fact that it is one of her rare works to be available in translation. A must read if you are a fan of shōjo manga or of Riyoko Ikeda.

Claudine by Riyoko Ikeda, Los Angeles: Seven Seas Entertainment, June 2018. 104 pages, 5.75 x 8.25 in., $13.99 US / $16.99 Can. ISBN 978-1-626928-91-6. For Teen readership (13+). Reads from right to left. stars-4-0

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© Ikeda Riyoko Production, 1978. All rights reserved.

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Très cher frère…

“Drame humain sensible, passionné et élégant, Très cher frère… est l’un des chefs-d’œuvre de Riyoko Ikeda. Cette série à l’esthétisme léché, écrite à la suite de La Rose de Versailles, nous entraîne dans un monde dominé par les violentes passions de jeunes filles en quête d’amour et de reconnaissance.

Misonoo Nanako fait son entrée à la prestigieuse école pour filles Seiran. Elle est admise, contre tout attente, dans un cercle privé réunissant les filles les plus belles et les plus riches du lycée. Ce club très fermé est dirigé par l’une des plus irréprochables élèves de l’établissement : Ichinomiya Fukiko, dite Mlle Miya. Nanako, tiraillée entre ses camarades qui la jalousent et l’ambiance idyllique qui règne au club, est bouleversée, mais elle trouve du réconfort en écrivant à un étudiant qu’elle a rencontré quelques mois auparavant et qu’elle considère comme le grand frère qu’elle n’a jamais eu.”  [Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Très cher frère… (おにいさまへ… / Oniisama e…) est un manga shōjo par Riyoko Ikeda qui a d’abord été publié en feuilletons dans le périodique hebdomadaire Margaret (#12 à 39, 1974) avant d’être compilé en trois volumes chez Shueisha en août 1975. Il a été re-publié en deux volumes chez Chuokoron Shinsha en 1994 et 2002, puis en un seul volume chez Fairbell en 2006. C’est cette dernière édition qui a été publiée en français chez Asuka en 2009 et Kazé en 2013. Il a également été adapté en une version animée de trente-neuf épisodes produite par Tezuka Productions sous la direction de Osamu Dezaki (disponible en version sous-titrée anglaise sur RetroCrush). C’est l’un des deux seuls titres de Riyoko Ikeda (avec La Rose de Versailles) a avoir été traduit en français.

Ce manga nous raconte l’histoire de Nanako Misonoo, une adolescente de seize ans qui entre au lycée (école secondaire) prestigieux de Seiran. Contre toute attente elle est choisie comme membre de la Sororité, un club social conçu pour divertir et promouvoir l’élite de l’école (inspiré par les Sorority des universités américaines). Cela lui attire la jalousie et la haine des autres étudiantes qui ne la considèrent pas qualifiée. Elle se retrouve prise au centre d’un écheveau de relations affectives complexes où l’on retrouve surtout son amie d’enfance Tomoko, l’obsessive Mariko, les “Trois Magnifiques“ (la présidente de la Sororité Fukiko [aka Miya-sama] et les androgynes Kaoru [aka Prince Kaoru, sportive et maladive] et Rei [aka Saint-Just, la rebelle hantée et toxicomane], ainsi que les garçons Henmi et son meilleur ami Takashi. Nanako réussi à faire face à tous les potins et drames de la vie étudiante grâce à la correspondance qu’elle entretient avec Henmi, un jeune universitaire et professeur suppléant qu’elle a rencontré dans un cours du soir et qu’elle considère comme son “grand frère“. Malgré tout le drame qui entoure Nanako, le récit semble se diriger vers une fin heureuse… Toutefois, à la dernière page, le manga se termine sur une note tragique ! [Le récit de l’animé a été modifié afin d’offrir une fin véritablement heureuse]

Très cher frère… est donc un drame romantique qui traite avec brio de nombreux sujets difficiles, comme la cruauté inhérente des jeunes collégiennes, la fluidité des genres, le féminisme, les amours interdits, le divorce, le cancer, la disparité entre les classes sociales, l’intimidation, le suicide, le tout enrobé dans l’anxiété naturelle de l’adolescence !  Le récit, très poétique à sa façon, est propulsé par une narration majestueusement adepte qui prends tous son sens en étant soutenu et illustré merveilleusement par le style superbe et innovateur de Ikeda. 

J’ai déjà beaucoup parlé de la place importante du Groupe de  l’an 24 dans le manga lors de mon commentaire sur Le coeur de Thomas par Moto Hagio. De plus, la “Postface” du manga (pp. 462-63), par Josselin Moneyron (directeur éditorial de Kazé Manga en 2013), nous introduit très brièvement au Groupe de l’an 24 (notamment composé de Moto Hagio et Riyoko Ikeda) qui a redéfinit tous les codes du manga shōjo moderne. “À partir d’un style visuel qui rappelle le dessin de mode, elles construisent des planches à la mise en page éclatée, bien plus expressionniste  et symboliste que réaliste. (…) Les décors disparaissent pour laisser la place à des représentations des émotions ressenties qui bordent à l’abstraction. (…) Ikeda met en scène un monde d’âmes torturées, d’amours ambiguës, d’où transpire sa vision libertaire de l’existence. (…) elle représente ici une élite en pleine déliquescence, enfermée dans une univers “laid et froid“, et glorifie les personnages qui, en marge de ce modèle dominant et malgré leurs violentes névroses, essaient de vivres libres, d’aimer en paix.“ Écrit en 1975, juste après la parution de La Rose de Versailles, Très cher frère… apparait dans l’oeuvre de Ikeda comme le pendant féminin au Coeur de Thomas de Moto Hagio (publié à la même époque) qui présentait une intrigue romantique similaire mais se déroulant dans un pensionnat pour jeunes garçons. 

Très cher frère… est définitivement un chef d’oeuvre classique à lire absolument pour tout amateurs de manga shōjo. Malheureusement, ce titre est maintenant épuisé. On peut certes trouver des copies usagés sur eBay (à 140€ !) ou sur Amazon (à $347.33 !) mais c’est un peu cher pour mon budget. Toutefois, grâce à la magie du prêt entre bibliothèque (car la copie de la BANQ a été perdue), j’ai pu mettre la main sur une copie de la Bibliothèque Municipale de Lyon. Il reste à souhaiter que ce manga sera reprit par un nouvel éditeur pour le rendre accessible à une nouvelle génération de lecteurs. L’éditeur le plus probable pour une telle réédition serait sans aucun doute Akata, qui vient d’ailleurs d’annoncer au Festival d’Angoulême la publication de plusieurs manga dans sa Collection Héritage, notamment Le Coeur de Thomas (un manga shōjo par Moto Hagio à paraître en 2025) et 10 Billion Days and 100 Billion Nights (un manga shônen par Moto Hagio à paraître en janvier 2025).

Très cher frère…, par Riyoko Ikeda. Paris: Asuka Éditions, septembre 2009. 486 pages, ISBN 978-2-84965-626-6. Pour un lectorat adolescent (14+). Sens de lecture original (de droite à gauche).

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© Riyoko Ikeda, 2006. All rights reserved.

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Bōken Shōnen – Rêves d’enfance

BoukenShounen-cov“Dans nos rêves d’enfance, tout était possible. On était invincibles. Maintenant qu’on a grandi, cet esprit d’aventure doit bien exister encore, quelque part au fond de nous. 

À travers ces sept petits bijoux tendres et un peu étranges, découvrez l’étendue du talent de Mitsuru Adachi, peintre virtuose de la jeunesse sur laquelle il jette ici un regard en arrière empreint de nostalgie.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Bōken Shōnen: Rêves d’enfance (冒险少年 / Bôken shônen / lit. “garçon aventureux”) est un manga seinen par Mitsuru Adachi qui a été prépublié irrégulièrement dans Big Comic Spirits entre octobre 1998 et avril 2005, puis compilé en un volume chez Shôgakukan en 2006. Adachi est un mangaka surtout connu pour ses récits sportifs, notamment sur le baseball (Touch, H2).

Ce manga nous offre sept courts récits (“Derrière la porte” [扉のむこう / Tobira no mukou / lit. “Au-delà de la porte”, publié le 20/10/1998], “Le sentier perdu” [迷い道 / Mayoi michi / lit. “Chemin perdu”, 20/03/2000], “Le héros” [ヒーロー, 05/03/2001], “Home run sous un ciel bleu” [空色アーチ / Sorairo āchi / lit. “arche bleu ciel”, 05/07/2002], “Le message” [送信 / Sōshin / lit. “Envoyer”, 05/06/2003], “L’Escalier du temps” [時の階段 / Toki no kaidan, 05/06/2004], et “Le carnet de croquis” [スケッチブック / Suketchibukku, 20/04/2005]) qui racontent tous des histoires où un adulte se remémore avec nostalgie des moments de son enfance. Il se conclut sur un essai (“T’as pas bientôt fini?!”) par Buronson qui nous parle de l’auteur.

Cette anthologie présente des histoires assez mignonnes qui sont racontées avec brio de façon très concise (démontrant que Adachi maîtrise bien l’art de l’ellipse narrative) et illustrées dans un style classique charmant. Malgré que les récits soient un peu répétitifs, cela constitue un beau manga et une très bonne lecture.

Bōken Shōnen – Rêves d’enfance, par Mitsuru Adachi (Traduit par Yohan Leclerc). Vanves: nobi nobi ! (Coll. Genki), février 2023. 232 pages, 15 x 20.7 cm, 12.50 € / 20,95 $, ISBN 978-2-37349-844-8. Pour un lectorat adolescent (12+). Dans le sens de lecture japonais. Extraits disponibles. stars-3-5

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© 2014 Mitsuru Adachi. All rights reserved. © 2023 Pika Éditions / Nobi Nobi ! pour l’édition française.

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Cesare #13

Cesare-v13-cov“Sa sainteté Innocent VIII n’est plus. Le 6 août 1492 marque le début du conclave : 23 cardinaux accompagnés de clercs et de secrétaires s’enferment dans la chapelle Sixtine pour élire le nouveau pape. Deux scrutins passent sans qu’un candidat se démarque des autres, Carafa, Borgia et Michiel se disputant la tête des suffrages…. 

Au côté de Giovanni de Médicis, Angelo est aux premières loges pour assister à l’ascension des Borgia. Comment Rodrigo parviendra-t-il à convaincre ses pairs de le placer sur le trône de saint Pierre ? 

Fuyumi Soryo lève une dernière fois le voile sur le destin hors du commun de ceux qui ont marqué la Renaissance italienne dans un manga d’une richesse historique rare, tout simplement passionnant..”

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Cesare: Il creatore che ha distrutto (チェーザレ 破壊の創造者 / Chēzare – Hakai no sōzōsha / lit. “César [Borgia]: le créateur qui détruit”) est un manga biographique par Fuyumi Soryo qui a été prépublié en feuilleton dans le mensuel Morning entre mars 2005 et novembre 2021 avant d’être compilé en tankōbon (volumes) chez Kōdansha en janvier 2022. J’ai déjà commenté les volumes précédents. 

Le conclave de 1492 bat son plein. Après trois tours de scrutin il n’y a toujours pas de vainqueur. Toutefois, grâce à un brillant stratagème élaboré par Cesare, son père, Rodrigo Borgia, accède au trône de Saint-Pierre sous le nom de Alexandre VI. Son frère Piero de Médicis, qui a succédé à Lorenzo, ayant prit parti pour le camp de Naples, Giovanni doit quitter Rome. Il renvoi Angelo auprès de Cesare (qui garde un oeil vigilant sur Rome depuis Spolète) afin de réparer et renforcer l’amitié entre les familles Borgia et de Médicis…

Près de quatre ans après la parution du tome précédent, Fuyumi Soryo nous offre finalement la conclusion de ce manga biographique consacré à la jeunesse de Cesare Borgia. Même si le récit est sans aucun doute fortement romancé, l’histoire est très bien documentée. Elle nous fait découvrir non seulement les personnages et les évènements qui ont marqués les débuts de la Renaissance Italienne mais aussi illustre de nombreux éléments de la culture de l’époque, comme les costumes et l’architecture. Tout au long du récit, l’ouvrage a su conserver une qualité graphique qui étonne de par son dessin clair, précis et très détaillé. C’est donc un excellent manga qui est non seulement divertissant et très agréable lire de par ses intrigues politiques captivantes mais aussi très stimulant de par la richesse de l’information historique qu’il nous offre. C’est un manga incontournable que je recommande fortement, surtout aux amateurs de manga historiques et particulièrement si l’histoire ecclésiastique et italienne vous intéresse.

Cesare: Il creatore che ha distrutto, vol. 13 (Tredici), par Fuyumi Soryo (supervision: Motoaki Hara; traduction: Sébastien Ludmann). Paris, Éditions Ki-oon, Octobre 2023. 13 x 18 cm, 220 pg., 7,95 € / $14.95 Can. ISBN: 979-10-327-1369-3. Lecture dans le sens japonais (de droite à gauche) et recommandé pour jeunes adultes (14+). stars-4-0

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CESARE © 2022 Fuyumi Soryo. All rights reserved.

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Léviathan vol. 1-3

Monstre ou humain… qui sommeille au cœur des ténèbres ? Au fin fond de la galaxie, le Léviathan, un immense vaisseau spatial, flotte à la dérive. Quand des pilleurs d’épaves s’y introduisent, ils découvrent le journal intime d’un collégien, Kazuma, relatant les événements qui ont eu lieu dans les entrailles du navire… À sa lecture, l’évidence s’impose : un survivant de la catastrophe se cache quelque part dans le dédale des ruines !

Des années plus tôt, le jeune Kazuma est en plein voyage scolaire vers la Terre. La fête tourne court quand des explosions d’origine inconnue détruisent une partie de la coque du vaisseau ! Voilà les passagers immobilisés au milieu de nulle part… L’adolescent et sa camarade Futaba surprennent alors une conversation entre leur professeur et un robot de maintenance : les réserves d’oxygène sont insuffisantes pour tenir jusqu’à l’arrivée des secours… Le seul espoir de survie est un caisson de cryogénisation niché au cœur du géant de métal. Or, il ne peut contenir qu’une personne… Malheureusement pour les élèves, l’enseignant comprend vite qu’il a été entendu. C’est le début d’une lutte sanglante pour préserver le secret !

Dans un décor angoissant dépeint avec une minutie extrême, Léviathan nous emporte dans un voyage au bout de l’enfer. Comment garder son humanité dans l’étendue glacée de l’espace ?“ [Texte du site de l’éditeur; voir aussi les couvertures arrières des t.1, t.2 et t.3]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Léviathan (リヴァイアサン / Ribaiasan) est un manga seinen écrit et dessiné par Shiro Kuroi qui a d’abord été prépublié dès janvier 2021 dans le magazine français Ki-oon Mag avant d’être repris en août 2022 sur le magazine de prépublication digitale Shônen Jump+ (lien vers le site) et puis compilé en trois volumes chez Ki-oon et Shûeisha. Shiro Kuroi (dont le nom, 黒井白, est de toute évidence un pseudonyme puisqu’il signifie “noir et blanc“!) a débuté en publiant des dōjinshi (fanzines de manga amateur) avant que sa popularité en France lui permette d’être publié professionnellement au Japon (voir son site officiel). 

Un groupe de pilleurs d’épave à la recherche de trésors s’introduit dans un paquebot interstellaire à la dérive. Ils y découvrent le journal d’un étudiant de la colonie d’Alpha Centauri qui participait à un voyage scolaire vers la Terre et qui décrit toute l’horreur qu’ont connu les passagers après que le vaisseau ait été gravement endommagé par des météorites. À travers la lecture du journal, les pilleurs revivent la détresse des jeunes qui réalisent qu’aucun signal de secours n’a pu être envoyé, qu’il ne reste assez d’oxygène à bord que pour quarante-huit heures et que le vaisseau ne comporte qu’une seule capsule de survie! Débute alors un combat sanglant pour la survie de chacun d’où il ne peut rester qu’un seul vainqueur! Toutefois, lorsqu’ils réussissent à accéder aux enregistrements des caméras de sécurité, les pilleurs découvrent que le journal du jeune Kazuma ne dit pas toute la vérité et que l’un d’entre eux en connait beaucoup plus sur ce qui s’est passé à bord du vaisseau…

Léviathan nous offre un récit captivant qui, dans une atmosphère oppressante à la Alien, semble s’inspirer de mangas comme L’école emportée (漂流教室 / Hyōryū Kyōshitsu / lit. “classe à la dérive“), Battle Royale (バトル・ロワイアル) ou encore du roman Lord of the Flies. C’est une excellente histoire qui maintient la tension et le suspense jusqu’à la fin. Ce qui rend l’ouvrage encore plus intéressant c’est le superbe style réaliste et détaillé de l’auteur (dont certains designs semblent s’inspirer d’Akira ou de Ghost in the shell). Malheureusement, le manga comporte également quelques maladresses: il y a quelques lacunes dans le récit (qu’est-il arrivé aux autres passagers du paquebot?) et le graphisme est parfois un peu bizarre (notamment les expressions faciales des personnages). De plus le récit est d’une violence extrême — ce qui n’est guère surprenant lorsque l’on traite des instincts les plus sombres de l’être humain. Cela demeure tout de même une très bonne lecture.

Léviathan vol. 1-3, par Shiro Kuroi. Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), janvier 2022 + septembre 2022 + juin 2023. 196 + 180 + 180 pages, 15 x 21 cm, 9,95 € / $18.95 Can, ISBN 979-10-327-1006-7 + 979-10-327-1175-0 + 979-10-327-1361-7. Pour un lectorat jeune adulte (14+). stars-3-5

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© 2022-2023 Shiro Kuroi.

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Blue Period #13

BluePeriod-13-cov“Grâce à sa rencontre avec Kirio Fuji, la présidente du collectif d’artistes No Marks, Yatora sent un vent nouveau souffler sur son approche de l’art. Malgré son admiration pour ce personnage charismatique, le jeune homme ne sait pas réellement à qui il a affaire et est encore hésitant sur la façon dont il doit la fréquenter. Cependant, son influence lui permettra peut-être de casser le mur qui l’empêchait d’avancer…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Blue period (ブルーピリオド / Burū Piriodo) est un manga seinen sur l’art écrit et illustré par Tsubasa Yamaguchi qui est sérialisé depuis juin 2017 dans Monthly Afternoon et a été compilé jusqu’à maintenant en quinze volumes chez Kōdansha. La version anglaise est publiée aux USA par Kodansha (treize volumes de disponibles) et la version française est publiée chez Pika (treize tomes de disponibles et le quatorze est à paraître en février 2024). Il a remporté plusieurs prix en 2020 (le Manga Taishō et le Kōdansha manga shō; nominé aussi pour le Tezuka Osamu bunka shō) et a été adapté en une série télévisée d’animation en 2021 (douze épisodes animé par le studio Seven Arcs sous la direction de Koji Masunari et Katsuya Asano, sur un scénario de Reiko Yoshida; diffusée sur MBS, TBS, AT-X et sur Netflix). J’ai déjà commenté les trois premiers volumes, les trois suivants, les volumes sept et huit, ainsi que les volumes neuf, dix (en anglais), onze et douze.

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vol. 13, pp. 46-47

Malgré l’opinion négative que son entourage a du collectif No Marks, Yatora est très satisfait d’y avoir passé du temps car cela lui a redonné confiance et lui permet de produire avec succès le dernier projet du premier semestre de sa deuxième année à l’Université. Pour les vacances d’été le groupe décide d’aller chez Momoyo à Hiroshima car ses parents ont un hangar qui sert d’atelier et chacun pourra y produire une oeuvre à présenter à un concours. En chemin, ils s’arrêtent sur la bord de la route pour dormir mais finissent par visiter une maison hantée!

Malgré le style graphique plutôt moyen et le fait que le récit piétine un peu, ce manga reste une lecture intéressante et agréable qui traite des angoisses d’un jeune adulte qui cherche sa place dans le monde de l’art.

Blue period vol. 13 par Tsubasa Yamaguchi (traduction par Nathalie Lejeune). Vanves: Pika (Coll. Seinen), juin 2023. 192 pages, 13.0 x 18.1 cm, 7 € 70 /  $16.99 Can, ISBN 978-2-8116-8137-1, Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© 2022 Tsubasa Yamaguchi. All rights reserved.

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Samurai non grata

SamuraiNonGrata-cov“En Europe, en France, à Paris notamment, les vies de trois personnes s’entrecroisent au gré d’affaires et d’enquêtes. Yoshiaki Hongo, tout d’abord, polyglotte, fils d’un banquier japonais qui a beaucoup voyagé, qui travaille comme “passeur” ou “marchand de biens”. Narcissique, il aime la musculation, il aime sculpter son corps, ce qui contraste avec son manque d’endurance lorsqu’il est dans un lit avec une femme. Rintarô Norimizu, ex-membre de la force de défense japonaise, ex-soldat de la légion étrangère, combattant au Tchad, mercenaire en Lybie, et qui aujourd’hui vend ses services aux plus offrants. Et enfin, Fuchi, vietnamienne d’origine chinoise, mannequin pour les magazines de mode, qui a fui Saigon en hélicoptère à l’âge de cinq ans, et qui aime user de ses charmes, pour arriver à ses fins. À travers quatre enquêtes indépendantes, on suit les mésaventures de ces personnages atypiques, parfois opposés et parfois destinés à s’associer.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 12

Samurai Non Grata (サムライ・ノングラータ / Samurai non gurāta / en latin lit. “samouraï qui n’est pas bienvenu”) est un manga seinen écrit par Toshihiro Yahagi et illustré par Jirō Taniguchi qui a été publié en feuilleton dans la magazine Goro en 1990-1991 avant d’être compilé en deux volumes chez Shôgakukan en août et octobre 1991 (ré-édité en un volume chez Free Style en octobre 2009 et en juin 2022 — c’est cette édition qui a été traduite en français chez Pika Graphic en novembre 2022). 

Ce volumineux manga nous offre quatre histoires (“Samurai non grata” [144 p.], “Les 25 heures du Mans” [56 p.], “Les 8%” [130 p.] et “Cent yens de solitude” [119 p.]) qui racontent les mésaventures d’un commerçant qui sert d’intermédiaire dans des affaires louches, de son ami ancien mercenaire qui est le gérant de son appartement parisien et d’une modèle vietnamienne qui croise leur chemin de temps en temps. On y retrouve beaucoup d’action mais la complexité du récit et la narration confuse rend la lecture plutôt pénible. Heureusement, il y a le superbe dessin de Taniguchi, dans un style clair et précis, qui sauve un peu la situation et rend la lecture du manga un peu plus agréable. À lire seulement pour les amateurs de Taniguchi…

Samurai non grata, par Toshihiro Yahagi (scénario) et Jirō Taniguchi (dessin). Vanves: Pika Éditions (Coll. Pika Graphic), novembre 2022. 456 pages, 17.0 x 24.0 cm, 22.00 € / $37.95 Can, ISBN 978-2-8116-6305-6. Pour un lectorat adolescent (14+). Extrait disponible. stars-2-5

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© PAPIER / Jiro Taniguchi, Toshihiro Yahagi, 2009. © 2022 Pika Éditions pour l’édition française.

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Isabella Bird #10

IsabellaBird-10-covLe Japon du XIXe siècle hors des sentiers battus ! Après un trajet mouvementé durant lequel ils ont dû faire face à de nombreux imprévus, Isabella et Ito ont finalement réussi à rallier l’île d’Ezo et la ville de Hakodate. Accueillie par le Dr Hepburn et le consul britannique, l’exploratrice s’apprête à embarquer pour la dernière étape de son voyage, qui devrait la mener au hameau aïnou de Biratori.

C’est malheureusement sans compter la présence sur place de Charles Maries, le précédent employeur d’Ito. Le chasseur de plantes semble prêt à tout pour reprendre le jeune homme à son service… que l’intéressé le veuille ou non ! Le temps des adieux est-il venu pour Isabella et son guide-interprète ?

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan. Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le dixième, est paru au Japon en février 2023. J’ai commenté tous  les volumes précédents.

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vol. 10, pp. 38-39

 

Le récit de ce volume se divise en trois partie. D’abord, le Dr James Hepburn et Richard Eusden (consul Britannique en poste à Hakodate) tentent d’aider Isabella Bird à négocier une entente avec Charles Maries sur l’emploi du guide-interprète Itō Tsurukichi. Toutefois Maries est intraitable et refuse de laisser son employé servir de guide à Bird pour le reste de son expédition à Ezo (Hokkaidō). Plus tard Bird rends visite à Maries sur la ferme expérimentale de Nanae où il est consultant et lui fait une contre-proposition qu’il accepte finalement. Par la suite, alors qu’elle fait les préparatifs pour son expédition avec Ito, Isabella fait la rencontre de Henry Siebold (fils de Philipp Siebold) qui lui raconte les premiers contacts peu reluisant entre l’Occident et les Aïnous et qui s’apprête lui-même à se rendre à Biratori, la devançant de peu! Finalement, la troisième partie du récit nous raconte l’expédition de Charles Maries à Ezo l’année précédente, où il fait la découverte dans les monts Hakkoda du fameux sapin Morobi, plus touffu et plus résistant, qu’il nomme Abies Mariesi.

Ce manga nous fait le récit très romancé de l’expédition d’Isabella Bird à Hokkaidō, nous offrant une fenêtre intéressante sur le Japon de l’ère Meiji. Si le récit est un peu inégal, la qualité du dessin, précis et détaillé, est notable. L’ouvrage nous offre donc une lecture à la fois agréable, distrayante mais aussi très instructive. Un manga indispensable surtout pour les amateurs d’histoire et de culture Japonaise. 

Isabella Bird, femme exploratrice T.10 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), août 2023. 224 pg, , 13 x 18 cm, 7,95 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-1352-5. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© Taiga Sassa 2023.

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Eroica

Eroica-1-covRécemment mon épouse a fait l’acquisition de quatre volumes (#10-13) de Eroica dans un bazar du Centre Culturel Japonais. C’est un ouvrage que je désirais voir depuis longtemps. Ah ! Que je voudrais que ma compréhension du Japonais soit meilleure ! Je me lamente depuis des décennies qu’il y a tout un trésor de manga shōjo publiés dans les années ’70 et ’80 qui n’a jamais été traduit. Et Eroica en fait partie… Certains éditeurs, comme Akata avec sa collection Héritages, ont commencé à traduire quelques titres mais ils ne paraissent qu’au compte goûte…

Ce que je comprends mal c’est que Eroica, qui est considéré comme l’un des chefs-d’oeuvre de Riyoko Ikeda et qui est également la suite directe de La Rose de Versailles — puisque certains de ses personnages s’y retrouvent (dont Rosalie ou Alain et même Oscar qui y fait quelques apparition dans des flash-back) — n’ait jamais été publié par Kana, l’éditeur de la version française de La Rose de Versailles. J’imagine que le fait qu’il s’agisse d’une saga de quatorze volumes et que l’ouvrage ne soit pas reconnu pour son exactitude historique, car la série romance fortement le règne de Napoléon, y soit pour quelques choses. Mais ce qui m’étonne encore plus c’est le fait qu’il n’y ait pas eut une seule traduction amateure sur l’internet (les fameuses scantrad,  ou “scanlation” en anglais, où le manga est numérisé et le texte japonais remplacé par une traduction amateure). Il y a bien eut une traduction italienne publiée chez Magic Press vers 2009-10 mais elle ne semble plus disponible… Il ne me reste plus qu’à implorer humblement Kana (ou tout autre éditeur français — où même anglais) de considérer entreprendre la traduction et la publication de ce chef-d’oeuvre au graphisme sublime.

Eroïca: La gloire de Napoléon (栄光のナポレオン – エロイカ / Eikou no Napoleon – Eroica) est un manga shōjo historique par Riyoko Ikeda qui a été publié en feuilletons dans le magazine féminin mensuel “Fujinkōron” avant d’être compilé en quatorze volumes chez Chūōkōron-shinsha entre 1986 et 1995. Cette série constitue en quelques sorte la suite de La Rose de Versailles (qui est l’un des deux seuls titres d’Ikeda, avec Très cher frère…, a avoir été traduit en français). Elle raconte l’histoire de l’empire Napoléonien à travers des événements comme la Convention Thermidorienne, les campagnes d’Italie, d’Égypte et de Russie ainsi que le Coup d’État du 18 Brumaire. Le titre de la série fait référence à la Symphonie no 3 en mi bémol majeur (Opus 55, dites “Eroica”) de Ludwig van Beethoven qui avait été originalement dédiée à Napoléon Bonaparte. Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants: ANNBaka-UpdatesGoodreadsGoogle • Wikipedia [EN / JP].

Pour bien vous démontrer tout l’intérêt et la beauté de ce titre, je vous en propose ici quelques extraits (volume 10, chapitre 7) dont j’ai moi-même (bien maladroitement) fait la scantrad-uction… (Remerciements à Google Translate, Apple Translate et à mon épouse Miyako pour leur précieuse aide).

© 1992 Riyoko Ikeda / Chūōkōron-shinsha.

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L’Étranger

Etranger-cov“Étranger à la société, étranger à sa propre vie, Meursault est indifférent à tout. La mort de sa mère, une demande en mariage, la défense d’un voisin proxénète… rien ne l’atteint. Pas même l’impardonnable, le meurtre qu’il commet, sur une plage, sans raison autre qu’un soleil écrasant et une chaleur étouffante. Un acte qui l’entraîne dans les méandres de la justice, pour un procès hors norme.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

L’Étranger (異邦人 / Kotokunibito) est un manga seinen par Ryota Kurumado qui adapte sous forme graphique le fameux roman absurde d’Albert Camus — qui a déjà eut une adaptation similaire par Jacques Ferrandez publiée chez Gallimard. Né en 1989, Kurumado est un jeune mangaka qui s’était déjà fait connaître en 2020 avec l’adaptation d’une autre oeuvre de Camus, La Peste (ペスト, 4 volumes aussi publiés chez Michel Lafon). Avant cela, il n’avait publié que deux récits: Freude (フロイデ, sérialisé dans Monthly Morning Two en 2015 et compilé chez Kodansha en un volume) et My Wife is a BL Manga Artist (嫁はBL漫画家, sérialisé dans B Bunch en 2019 et compilé chez Shinchosha en deux volumes).

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Page 1

Meursault semble détaché de tout et avance dans l’existence sans but précis, en titubant comme un mort-vivant, au gré des circonstances. Sa mère meurt, il renoue avec une vieille flamme, se lie d’amitié avec un voisin violent, tout cela comme s’il n’était qu’un spectateur dans une pièce de théâtre absurde… Jusqu’au jour où, sans trop savoir pourquoi, il ramasse un pistolet et crible de balles l’arabe qui vient de poignarder son ami. Sa seule excuse: “le soleil était aveuglant et la chaleur m’écrasait.” Peu de temps avant son exécution, il pêtes les plombs devant le prêtre qui tente de le convertir: ”Je vais mourrir. Rien n’a d’importance. Cette vie est absurde. Vous vivez comme un mort… et ça vous regarde. Je vous interdis de prier pour moi!” Malgré cela il sent qu’il a été heureux… Un étrange roman qui se lit au rythme de l’Afrique du nord et que j’ai lu au début des années ’80 dans le cadre d’un cours de philo. 

L’adaptation de Kurumado me semble bonne, quoiqu’il abrège un peu le récit original. Elle respecte très bien l’esprit de l’oeuvre. Toutefois, son style de dessin minimaliste est plutôt médiocre et enfantin. Cela me rappel beaucoup le style des collectifs Variety Art Works ou Team Banmikas qui se spécialisaient justement dans l’adaptation de classiques de la littérature. J’imagine qu’un dessin plus grossier distrait moins le lecteur et lui permet de se concentrer sur le texte… Ce n’est certes pas la meilleurs adaptation du genre mais cela reste une intéressante introduction à l’œuvre de Camus. À lire par curiosité.

L’étranger, par Albert Camus et Ryota Kurumado. Neuilly-sur-Seine: Michel Lafon (Coll. Kazoku), Juin 2023. 304 pages, 15 x 21.4 cm, 14.95 € / $21.95 CAN, ISBN 978-2-7499-5235-2. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-2-5

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© Éditions Michel Lafon, 2023

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Yawara #12

Yawara-12-cov“L’oeuvre incontournable d’un narrateur hors pair. L’auteur de Monster, Pluto, et Asadora! vous entraîne dans le quotidien ordinaire d’une judoka extraordinaire !”

“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. Il y a eut une réédition en format Kanzenban (“collector edition”) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publiée en français chez Big Kana. Il y a quatorze volumes de paru jusqu’à maintenant (les deux suivants paraîtront en janvier et avril 2024). J’ai déjà commenté le premier, le second, le troisième, le quatrième, le cinquième, le sixième, les septième et huitième, le neuvième, le dixième ainsi que le onzième volume.  

Yawara-12-extr1Matsuda, dont l’avion s’est posé à Zagreb au lieu de Belgrade, arrive juste à temps grâce à un chauffeur de taxi yougoslave fan de Yawara. Celle-ci, qui jusqu’alors manquait d’entrain, retrouve son enthousiasme et sa combativité lorsqu’elle l’aperçoit dans la foule de supporters. Aurait-elle des sentiments pour Matsuda? Yawara remporte donc la compétition mondiale de judo féminin, catégorie des moins de 48 kg, contre la soviétique Khrushcheva avec un ippon-seoi-nage décisif. De retour au Japon, les filles du club de l’Université de Mitsuba décide d’organiser un tournoi d’adieu et Jigorô accepte de laisser Yawara travailler à l’agence de voyage Tsurukame si (et seulement si) elles remportent ce tournoi. Bien sûr, le grand-père (qui a plus d’un tour dans son sac) n’a pas oublié son projet de faire entrer Yawara à l’Université de Sakai. Non seulement il leur choisi comme adversaire l’équipe de L’Université de la Seine, l’une des meilleures équipes française, mais il les fait s’affronter dans un match aux points, ce qui désavantage fortement l’équipe de Mitsuba. Les filles seront-elles à la hauteur ? Et Sayaka, de retour d’un long entrainement, lance un nouveau défi à Yawara !

C’est comme toujours un très bon manga qui est à la fois un shonen (un récit sportif) et un shojo (une comédie romantique). Le récit est fort bien écrit car il mélange savamment une histoire captivante rempli d’action avec des personnages attachants mais troublés par de cocasses imbroglio amoureux. Le style de Urasawa est simple mais efficace car le dessin exprime parfaitement la narration. C’est donc une très bonne lecture qui est agréable et amusante.

Yawara t. 12, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), avril 2023. 322 pages, B&W (20 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.50 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8658-1. Sens de lecture originale. Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

© 2014 Naoki Urasawa. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2023 pour l’édition française.  

 

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Fleurs de pierre, vol. 2

FleursDePierre-2-cov“La paix n’est plus qu’un lointain souvenir. Tout comme l’enfance et l’innocence de Krilo, dont il a été dérobé. La réalité de la nature s’impose à lui, celle de la survie du plus fort. Ses actions de résistant vont le mettre à l’épreuve pendant que Fi semble perdre l’esprit devant les horreurs de la guerre. Quant à Ivan… sa mission se poursuit. Mais pour quel camp, exactement ?

Fidèles à leur politique de redécouverte d’œuvres majeures du patrimoine de la bande dessinée mondiale, les éditions Revival ont décidé de reprendre l’aventure éditoriale de Fleurs de pierre en publiant l’intégrale des aventures de Krilo en 5 volumes entre octobre 2022 et juin 2025.

Le 1er volume a été récompensé du prix du patrimoine lors de l’édition 2023 du festival international de la bande dessinée d’Angoulême”.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Fleurs de pierre (石の花 / Ishi no Hana) est un manga seinen par Hisashi Sakaguchi qui nous offre, chose rare, un drame historique prenant place en Yougoslavie durant la deuxième guerre mondiale. Il a été d’abord publié en feuilletons dans Comic Tom entre mars 1983 et août 1986 avant d’être compilé en six volumes chez Ushio Shuppansha (1984-1986). Une édition française complète, avec une nouvelle traduction par Ilan Nguyen et présentant des planches renumérisées, est publiée aux Éditions Revival depuis octobre 2022 dans un grand format qui offre le sens de lecture original. J’ai déjà commenté le premie volume.

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Vol. 2, p. 79

Krilo s’est joint à un groupe de résistants mais ils ont la vie dure et sont témoins des pires horreurs. Les actions d’un traitre coûtera très cher à son groupe. À bout de vivres et de munitions, ils décident de se joindre aux partisans du front de libération du peuple Yougoslave dirigé par Tito. Krilo s’inquiète pour son frère Ivan qu’il croit être un traître. Fi tente de s’échapper mais est frappé par une voiture et devient aveugle. Nous suivons aussi plusieurs autres personnages qui tentent de survivre aux terribles conditions que l’occupation nazi leur impose. En temps de guerre les circonstances ne s’avèrent jamais être tout à fait noir et blanc…

Ce manga nous offre un très beau récit sur les horreurs de la guerre ce qui en fait un ouvrage toujours d’actualité. Le style de Sakaguchi est certes très classique mais ses traits d’encrage plutôt simple mais réaliste expriment parfaitement l’action et les sentiments des personnages. Toutefois, le récit dans ce volume progresse plutôt lentement. C’est néanmoins un bonne lecture qui mérite notre attention.

Fleurs de pierre, vol. 2, par Hisashi Sakaguchi. Paris: Édition Revival, juin 2023. 280 pages, 21 x 28 cm, 29 € / $49.95 Can, ISBN 979-10-96119-69-1. Pour un lectorat jeune adulte (16+). stars-3-0

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© Hisashi Sakaguchi 2021. © Revival 2023 pour l’édition française.

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