Monnaies anciennes 96

Pièce républicaine (4)

IMG_2333-2349De prime abord cette pièce semble être un semis républicain anonyme dans un état assez beau (semis, G [Good], Cu/Ae [Cuivre/Bronze], 17 x 19 mm [±0.7 po], 4.565 g, payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisée par une patine brune avec quelques tâches vertes; die-axis: ↑↙︎). L’avers présente une tête de Saturne laurée et barbue à droite, avec un large “S” derrière. Le revers illustre la proue (prora en latin; parfois armée d’un rostre) d’un navire (généralement une galère) à droite avec un large “S” au dessus. C’est une pièce assez typique et commune de la république romaine qui a été frappée dès le IIIe siècle AEC, un peu avant le début de la deuxième guerre punique (218-202 AEC), et jusqu’au Ier siècle AEC. 

Le “S” est une marque de valeur pour le semis (un demi as, qui devait peser environ quatre gramme et demi de cuivre). Il est dit “anonyme” car il ne comporte pas d’inscription qui nomme le magistrat responsable de la frappe monétaire (quoique certaines de ces pièces comporte l’inscription “ROMA” sous le navire, ce qui n’est pas le cas ici).  Saturne est une divinité fondatrice de Rome, patron entre autre de la richesse (son temple sur le forum abritait le trésor public), il n’est donc pas surprenant qu’il soit représenté sur les premières monnaies de la république. Le revers illustre le moment où, après avoir perdu un combat contre son fils Jupiter, Saturne quitte sa terre natale en bateau et arrive au Latium pour fonder une nouvelle civilisation qui verra l’âge d’or de l’humanité. 

Toutefois, le style un peu grossier du portrait de Saturne nous laisse croire qu’il s’agit probablement d’une imitation. Certains domaines privés d’Italie on frappé de ces imitations et, comme il n’y avait pas de magistrat pour s’assurer de l’uniformité, on retrouve une grande variété de styles. Toutefois, ces imitations — tolérées par l’état car celui-ci avait cessé momentanément au 1er siècle AEC de produire de la monnaie de bronze à cause de l’instabilité politique — étaient d’assez bonne qualité. Cela ne semble pas être le cas ici alors il s’agit possiblement d’une imitation “barbare” provenant d’Hispanie (Espagne). Les peuples “celtibères” (des Ibères qui ont adopté la culture celtique et qui occupaient le nord de la péninsule ibérique, le sud étant habité par des Ibères et des colonies puniques) sont reconnu pour avoir produit beaucoup de ces imitations de monnaie romaine.

Il est à noter que si le revers illustre la proue d’un navire et un large “S”, son apparence diffère considérablement des représentations que l’on retrouve communément sur ce type de pièces. Le navire comporte un mat (et possiblement une voile), on y voit ce qui semble être un ou deux passagers, et il y a deux barres verticales à l’extrême gauche dont la signification m’échappe. Je n’ai trouvé aucune représentation comparable dans toutes les références que j’ai consulté… Donc, aucune identification et datation précise n’est possible. Tout ce que l’on peut dire c’est qu’il s’agit probablement d’une variation d’imitation celtibère d’un semis républicain anonyme, frappé en Ibérie vers le 1er siècle AEC.

Sources: Wikipedia (Saturne [FR/EN], semis [FR/EN], Ancient Iberian coinage), FAC (Saturnus, semis, galley); Sear RCV (1983): 116; Réf. en ligne: semis anonyme: Google, acsearch, FAC, vcoins, WildWinds (Syd 143a/Sear 766, Crawford 56[3]: text, image); imitations: acsearch, BM, CoinArchives, CoinTalk, colleconline, eBay, FAC, vcoins. Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine nous quittons définitivement le domaine des pièces de monnaie romaine (et même de l’antiquité) pour entrer dans la période médiévale. Je vous présente une pièce de monnaie mystère mais qui appartient aussi à un royaume environnant…

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 95

Les royaumes environnants (4)

Pièce Séleucide (2)

Antiochos IX (113-95) SeleucideMa seconde pièce Séleucide est une assez belle dénomination de type “B” (AE18, G [Good], Ae [Bronze], 18 mm [0.7 po], 3.836 g, payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisée par une patine noire avec des concrétions vertes, jaunes ou rougeâtres, une frappe décentrée sur l’avers, ainsi qu’un flan plutôt mince (1.5-2 mm), trapézoïdal et possiblement grugé (le revers est plus petit que l’avers de deux ou trois millimètres!); die-axis: ↑↑). L’avers présente le buste d’un personnage masculin lauré à droite avec aucune inscription et une bordure en pointillé (qui met évidence la frappe décentrée). Le revers illustre une divinité féminine ailée, debout de trois-quart à gauche, la main droite tendue (sans doute pour présenter un object) et le bras gauche replié sur la taille soutenant un pan de vêtement, avec une large inscription verticale dans le champs gauche et une inscription verticale partielle qui disparait dans le rebord droit de la pièce — dans les deux cas les inscriptions sont illisibles. 

La représentation masculine de l’avers pourrait être le portrait d’un monarque ou d’une divinité. Pour ce qui est du revers, la divinité féminine ailée la plus commune sur les pièces de monnaie est une Victoire. Comme cette pièce-ci a été acheté dans un lot qui contenait surtout des pièces séleucides et qu’elle en porte toutes les caractéristiques, il suffit de la comparer aux pièces séleucides pour trouver des représentations similaires et ensuite d’en confirmer la description et la datation avec les ouvrages académiques.

Les recherches (tant par comparaison d’images que par mots clés) révèlent que ce type (une portrait mâle en avers et une Niké ailée avec inscriptions verticales sur le revers) se retrouve semble-t-il uniquement sous le règne de Antiochos IX. L’avers représenterait un buste lauré et ailé d’Éros à droite (sur ma pièce on ne distingue pas ses ailes qui se perdent dans le bord décentré). Le revers illustrerait une Niké avançant à gauche, tenant une couronne de laurier dans la main droite, retenant sa robe de la main gauche, entouré de l’inscription grecque verticale ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΑΝΤΙΟΧΟΥ (à droite) et ΦΙΛΟΠΑΤΟΡΟΣ (à gauche) [Basileos Antiochou Philopatoros / “Roi Antiochus Philopator”], avec une datation en chiffres grecques verticale dans le champs gauche, sous la couronne (par exemple “ΑΣ” = 201 SE = 112/111 AEC). Sur ma pièce on devine la fin de l’inscription de droite (possiblement un “ΑΝΤΙ” mais ce n’est pas clair si c’est une abréviation ou si le reste de l’inscription se perd dans le rebord grugé de la pièce; le “ΒΑΣΙΛΕΩΣ” semble totalement absent) et l’on distingue un peu “ΦΙΛΟΠΑΤ” sur la gauche (encore une fois: est-ce une abréviation ou est-ce que le reste se perd dans la bordure grugée?). On peut également deviner deux lettres grecques superposées dessous la couronne (tenue par le bras qui traverse le “ΦΙΛΟΠΑΤ”) qui constitue probablement la datation mais que nous ne pouvons malheureusement pas lire. Il faut donc se contenter des années de règne de Antiochos IX pour datation. Cette pièce a donc probablement été frappé dans un atelier indéterminé de Phénicie entre les années 114/113 et 96/95 AEC.

J’ai déjà expliqué le contexte historique de cette pièce dans l’entrée précédente (#94). Antiochos IX est le fils de Antiochos VII et de Cléopâtre Théa. À la mort de son père en 129 AEC, il est trop jeune pour lui succéder alors sa mère l’envoi à Cyzique où il grandit (d’où son surnom de Cyzicenus, “le Cyzicène”). Le trône retourne donc à son oncle Démétrios II, puis à son demi-frère Antiochos VIII en 125 AEC (après qu’il ait réglé son compte à l’usurpateur Alexandre II). Considérant sans doute que sa mère (Cléopâtre Théa) avait trahie son père (Démetrius II) lorsqu’elle épousa son beau-frère (Antiochos VII) pendant que son époux était captif des Parthes, il la fait assassiner. Dès qu’il est âgé d’une vingtaine d’années (vers 114 AEC), Antiochos IX conteste le pouvoir de son demi-frère. Pour consolider son alliance avec les Ptolémées d’Égypte, il épouse la reine Cléopâtre IV. Le conflit dure presque vingt ans alors que chacun des demi-frères règne sur une partie de la Syrie: Antiochos VIII sur la région côtière (Antioche et Damas) et Antiochos IX sur la région intérieure (la Cœlé-Syrie, y compris la Phénicie). Ils font assassiner leurs épouses respectives. Cette pièce commémore donc l’une des victoires de Antiochos IX contre son demi-frère (possiblement lorsqu’il capture et fait exécuter Cléopâtre Tryphaena en 111 AEC).

Lorsque Antiochos VIII meurt dans une révolte en 96 AEC, Antiochos IX règne enfin sur toute la Syrie mais pas pour longtemps puisqu’il est défait l’année suivante par son neveu Séleucos VI… Cette querelle familiale affaiblira beaucoup la dynastie séleucide qui ne durera encore qu’une trentaine d’année avant que Pompée ne fasse de la Syrie une province romaine

Sources: Wikipedia (Séleucide [FR/EN], Dynastie Séleucide [FR/EN], Seleucid coinage, Antiochos IX [FR/EN]), FAC (Seleukid kingdom, Seleukid Era); BMC v.4: #27-29; S-GCV: 7173; Réf. en ligne: Google, acsearch, BM, cerberuscoins, CoinTalk, FAC (GY57102), nobleromancoins, numismatics, vcoins, vcoins, WildWinds Hoover 1254 (text, image). Voir aussi ma fiche (recto, verso).

Bibliogaphie: 

La semaine prochaine nous nous arrêtons à nouveau sur ce qui semble être une pièce de la république romaine.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 94

Les royaumes environnants (4)

Pièce Séleucide (1)

IMG_8541b-8542bMa première pièce Séleucide est une assez belle dénomination de type “C” (AE15, G [Good], Ae [Bronze], 14 x 15 mm [0.6 po], 5.363 g, payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisé par une patine noire avec des concrétions de vert-de-gris et un flan assez épais (2-3 mm) trapézoïdal (le revers est plus petit que l’avers d’un bon millimètre);  die-axis: ↑➚). L’avers présente une tête de lion de Némée à droite, sans aucune inscription. Le revers illustre une massue, debout à droite, avec une inscription verticale sur plusieurs lignes malheureusement illisible. Dans les deux cas il s’agit d’une iconographie liée au demi-dieu grec Heraclès (Hercule): tuer le lion de Némée a été le premier de ses douze travaux et la massue taillée dans le tronc d’un olivier sauvage est l’un de ses attributs.

Les recherches (tant par comparaison d’images que par mots clés) ont démontré que cette combinaison de types (tête de lion/massue) n’est associée qu’au règne du roi séleucide de Syrie Antiochos VII. Normalement, ce genre de pièce était frappé à Antioche et comportait l’inscription grecque ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΑΝΤΙΟΧΟY EYEPΓETOY [Basileus Antíochou Evergetou / Roi Antiochos Évergète (“Le Bienfaisant”)] avec un monogramme identifiant l’atelier et une datation en chiffres grecques (trois lettres) exprimée en années de l’ère séleucide (par exemple: ZOP = 177 ES = 136/135 AEC). Malheureusement, comme l’inscription est illisible, nous ne pouvons êtes certain ni de l’atelier, ni de la datation. Dans ce dernier cas, nous devons nous contenter des années de règne du roi. Cette pièce a donc probablement été frappée à Antioche durant le règne du roi séleucide de Syrie Antiochos VII, c’est-à-dire entre 138 et 129 AEC (cependant le BMC ne recense que trois dates: ΔOP [174 SE = 139/8 AEC], EOP [175 SE = 138/7 AEC] et ZOP [177 ES = 136/135 AEC]).

Comme je l’ai déjà mentionné, à la mort d’Alexandre le Grand (en 323 AEC) ses généraux se sont partagés son empire et ont fondé plusieurs dynasties royales. Séleucos s’est d’abord vu accordé la satrapie de  Babylonie mais il conquiert rapidement le territoire de ses voisins et se proclame roi (vers 305 AEC) d’un empire oriental qui s’étend de la Babylonie à la Syrie (l’équivalent actuel de l’Iran et de l’Irak), initiant ainsi la dynastie Séleucide — dont Antiochos VII est le quinzième monarque. Fils cadet du roi Démétrios Ier Sôter et de Laodicé V, Antiochos grandit à Sidé (d’où son surnom de Sidètès). Lorsque son frère Démétrios II est fait prisonnier par les Parthes du roi Mithridate en 139, il accède au trône et épouse sa belle-soeur Cléopâtre Théa (fille de Ptolémée VI). Il écrase l’usurpateur Diodote Tryphon et conquiert la Judée. Il est un bon administrateur et apprécié du peuple (ce qui lui vaut sans doute le patronyme de Évergète [“Le Bienfaisant”]). Malheureusement, la situation est moins bonne sur la frontière orientale où les Parthes font des incursions. Les négociations avec le roi Phraatès II échouent et Antiochos VII meurt au combat en 129. Démétrios II, libéré dans les négociations, lui succède.

Sources: Wikipedia (Séleucide [FR/EN], Dynastie Séleucide [FR/EN], Antiochos VII [FR/EN], Lion de Némée [FR/EN], Seleucid coinage), FAC (Seleukid kingdom, Antiochus VII, Seleukid Era); BMC v.4: #64-68; Réf. en ligne: Google, CNG, CoinArchives, CoinProject, CoinTalk, eBay, numismatics, vcoins, WildWinds (BMC 64var: text, image). Voir aussi ma fiche (recto / verso).

Bibliogaphie: 

La semaine prochaine je vous présente une deuxième pièce séleucide.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 93

Les royaumes environnants (3)

Pièce Ptolémaïque

IMG_2205-2220Cette pièce ptolémaïque est une Hemiobole ou TriChalkon dans un état de conservation relativement médiocre (AE18, P [Poor], Ae [Bronze], 17 x 18 mm [0.7 po], 3.110 g [48 grs], payé environ $5 le 1985/01/06, caractérisé par une patine vert foncé et une marque de poinçon au centre du flan des deux côté;  die-axis: ↑↑). Tant l’avers que le revers présente un portrait mais l’un des côtés offre une inscription grecque qui est heureusement assez lisible: ΒΑΣΙΛΕΩΣ – ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ (Basileos Ptolemaioy / roi Ptolémée) — ce qui confirme qu’il s’agit bien d’une pièce ptolémaïque. Au départ je n’étais même pas sûr de quel côté était le revers. On pourrait présumer que l’inscription est une titulature et qu’elle se situe sur l’avers mais après comparaison c’est en fait le contraire… Étant donné l’état de la pièce, nous ne possédons que de deux indices pour l’identifier: le fait qu’elle comporte une double portrait et l’inscription du revers. Certaines pièces romaines grecques impériales comportent un double portrait mais si c’était le cas l’inscription serait différente. Ici, l’inscription indique clairement que c’est une pièce qui est associée à la dynastie ptolémaïque. Le problème est que dans cette dynastie tous les rois ont porté le même nom (Ptolémée) et qu’il y en a eut une quinzaine!

Deux éléments vont nous aider dans notre identification. Premièrement, j’ai découvert un troisième indice: le poinçon au centre du flan. J’avais initialement assumé qu’il s’agissait soit d’une contre-marque postérieure à la frappe ou un trou fait pour transformer la pièces en pendentif et qui a été comblé par la corrosion par la suite. Ce serait en fait une marque intentionnelle faite soit sur le flan avant la frappe ou qui a été créé au moment de la frappe. Selon P. Vassiliou et al. (voir bibliographie ci-bas), cette cavité de poinçon apparait systématiquement sur toutes les pièces ptolémaïques après la réforme monétaire de Ptolémée II vers 260 AEC.

Deuxièmement, la très grande majorité des revers frappés par les Ptolémées illustrait un ou deux aigle(s). D’après le guide des types et dénominations du “PtolemAE Project” les seules pièces ptolémaïques qui comportent un portrait tant sur l’avers que le revers seraient celle du type avec un portrait de Ptolémée I sur l’avers et une tête de la Libye sur le revers, frappé à Cyrène (Κυρήνη / Kurḗnē, ville de Cyrénaïque [Libye]) sous Ptolémée III et IV. Si l’on se fit à la dénomination (AE18) les types le plus proche serait Sv 856 (Obv/Rev) et Sv 872 (Obv/Rev).  Ce même type a aussi été utilisé sous Ptolémée VIII (Sv 1658 – Obv/Rev) et IX (Sv 1725 – Obv/Rev). Cyrène a été une cité satellite du royaume lagide (le roi était nommé par le satrape d’Égypte, Ptolémée I) dès 321 AEC et ce n’est qu’après la révolte de Magas, en 250 AEC, que le Cyrénaïque fut complètement absorbé par le royaume ptolémaïque. 

En conclusion, cette pièce présente donc sur l’avers une tête de Ptolémée I, à droite, coiffée d’un diadème (et portant possiblement une égide autour du cou). Le revers illustre un buste de femme (fort probablement une représentation de la Lybie), à droite, coiffée du bandeau (taenia) ou d’un diadème, [les cheveux en longues boucles à l’arrière de la tête, avec une cornucopia sous le menton] et l’inscription grecque ΒΑΣΙΛΕΩΣ – ΠΤΟΛΕΜΑΙΟΥ (Basileos Ptolemaioy / roi Ptolémée). Elle aurait été frappé à Cyrène par un monarque de la dynastie ptolémaïque vers 246-180 AEC— c’est-à-dire probablement sous les règnes de Ptolémée III (246-222 AEC), Ptolémée IV (222-204 AEC) ou Ptolémée V (204-180 AEC), et possiblement sous les règnes de Ptolémée II (283-246), Ptolémée VIII (170-163 AEC) ou Ptolémée IX (116-107 AEC).

Pour remettre cette pièce dans son riche contexte historique, il faut se rappeler (comme je l’ai mentionné dans les pièces grecques) que Alexandre le Grand, roi de Macédoine, a conquit un vaste territoire qu’il ne pouvait gouverner par lui-même. Il a donc confié l’administration de chaque province (satrapie) à ses généraux. Après sa mort (en 323 AEC) ses successeurs se partagent les territoires de son empire selon l’accord de Babylone: Antipater (et son fils Cassandre) conserve la Macédoine et la Grèce, Ptolémée reçoit l’Égypte, Antigone obtient la Phrygie, la Lycie et la Pamphylie, Lysimaque prends la Thrace, Léonnatos règne sur la Phrygie hellespontique,  Peithon sur la Médie, Peucestas sur la Perside, Asandros sur la Carie, Atropatès conserve la Médie, Néoptolème prends l’Arménie, et Eumène de Cardia reçoit la Cappadoce. Séleucos est d’abord simplement nommé chef de cavalerie (hipparque) mais une nouvelle répartition des territoires lui accorde finalement la Babylonie. Évidemment, l’ambition et la jalousie causa une dispute sur le partage des territoires (322-281 AEC) et ce qui en résulta fut, à l’aube de l’Époque hellénistique, la création de trois grandes dynasties: les Antigonides (fondée par Antigone le Borgne), les Lagides (ou ptolémaïques, fondée par Ptolémée I) et les Séleucides (fondée par Séleucos). Les descendants de Ptolémée règneront sur l’Égypte et le Cyrénaïque pendant deux siècles et demi. La dynastie prendra fin en 30 AEC avec Cléopâtre VII (qui co-règna d’abord avec son frère Ptolémée XIV, puis avec son fils Ptolémée XV (Césarion)) alors que la satrapie d’Égypte est finalement absorbée par la République Romaine…

Sources: Wikipedia (Royaume lagide / ptolémaïque [FR/EN], Dynastie lagide [FR/EN], Cyrène [FR/EN]), FAC (Ptolemaic Kingdom); BMC v.7: #87, 96-99 (Ptolémée V); Svoronos: Sv 856 (pl. XXXIV, 7), Sv 871 (pl. XXXIV, 33-34), Sv 872 (pl. XXXIV, 35-37), Sv 873 (pl. XXXIV, 38), Sv 1658 (pl. LXIII, 5), Sv 1725 (pl. LXIII, 10). Réf. en ligne: Google, acsearch, FAC (Sv 871), FAC (Sv 871), FAC (Ptolemy V), FAC (Sv 871), Hearst, MRB, numismatics, WildWinds: Ptolemy II, Sv 856 (text, image), WildWinds: Ptolemy IV, Sv 873 (text1, image1 / text2, image2), WildWinds: Ptolemy V, BMC 76 (text, image), WildWinds: Ptolemy IX, Sv 1725 (text, image). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie: 

La semaine prochaine nous continuons la présentation de pièces de monnaie des royaumes environnants l’Empire Romain avec une pièce Séleucide.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 92

Pièce grecque (6)

IMG_2075-2088Ma sixième pièce de monnaie grecque est une assez belle obole de bronze (AE23, G [Good], AE [Bronze], 20 x 23 mm [0.9 po], 6.079 g [93.8 grs], payé environ $5 le 1985/01/06, caractérisée par une patine verte avec quelques concrétions rougeâtres; die-axis: ↑↓). L’avers représente une tête d’Artémis, à droite, portant un bandeau (taenia), avec possiblement un arc et un carquois par-dessus l’épaule. Le revers illustre une lyre avec l’inscription grecque verticale PHΓI-NΩN (Ῥήγιον / Rhegion pour la cité grecque de Rhegium) dans le champs de part et d’autre.

Les sources (voir plus bas) s’entendent sur le fait que cette pièce a été frappé à Rhegium entre 270 et 203 AEC (quoique certain la date de 260-218 AEC).

Rhegium est une cité de la Grande-Grèce situé à l’extrémité ouest de la Calabre (région que les romains appelait Bruttium, d’après le peuple qui y habitait: les Bruttii). Elle occupait une position stratégique sur le détroit de Messine, juste en face de la ville du même nom, en Sicile. Fondée vers 730 AEC, elle a été l’une des premières colonies grecques en Italie. C’était une cité importante surtout pour le commerce maritime. Elle a longtemps été une allié d’Athènes (particulièrement durant la Guerre du Péloponèse (431-404 AEC), qui opposait Athènes à Sparte, Corinthe et Syracuse). Durant la troisième Guerre gréco-puniques (opposant les Cathaginois et Syracuse pour le contrôle de la Sicile en 398-393 AEC) elle est tombé sous le contrôle de Syracuse. Elle s’est allié à la République Romaine en 282, peu de temps avant la guerre de Pyrrhus. Le romains se sont par la suite emparé de la cité et ont restauré son indépendance en 271 AEC. Elle conserva alors ses coutumes et sa langue grecques ainsi que le droit de frapper monnaie. Toutefois, après la deuxième guerre punique (218-202 AEC) elle fut définitivement absorbée par la République Romaine.

Sources: Wikipedia (Artémis [FR/EN], Lyre [FR/EN], Rhegium [FR/EN]), FAC (Artemis, Bruttium, Lyre); Head B.V., H.N.: pp. 75-77, 91-92, 95; Poole R.S., BMCG v.1: Italy: p. 380. Réf. en ligne: Google, acsearch, eBay, Thirion, WildWinds (SNG ANS 729 (text, image), 729ff (text, image), 731 (text, image)). Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine nous reprenons la présentation de pièces de monnaie des royaumes environnants l’Empire Romain avec une pièce ptolémaïque.

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Old Books (updated)

Here is an updated list of my old books collection. It is a part of my Cabinet of curiosities.

It was updated for a second time on September 29th, 2025.

15th century

This is a folio from the incunable Das buch der Chroniken vnnd geschichten mit figuren vld pildnussen von Anbeginn der welt biss auff dise vnsere Zeyt [“The Book of Chronicles and Histories With Figures and Illustrations From the Beginning of the World to the Present Day”] also known as Die Schedelsche Weltchronik [“Schedel’s World History”] or simply The Nuremberg Chronicle. It was first written in Latin by Hartmann Schedel on commission from the merchants Sebald Schreyer and Sebastian Kammermeister, and was later translated into German by George Alt. It was published in Nuremberg by Anton Koberger in December 1493.

Feuillet CCXXIIII (R)

The recto of the CCXXIIII leaflet has a heading title (“Anfang der Carrarier herrschung” / “Origin of the reign of the lords of Carrara”), five illustrations and six vignettes dedicated to Marsiglio (Marsilius) of Carrara (lord of Padua), Arnaldus de Villanova (Arnaud de Villeneuve, Valencian doctor and theologian), Petrus Apponus (Pietro d’Abano, doctor and philosopher of Padua), Dino Del Garbo (Florentine physician), Gentilis Fulginas (Gentile da Foligno, physician and philosopher from the city of Foligno) and Matheus Silvaticus (Matthew Silvaticus, physician and botanist from Mantua). See the English translation.

Feuillet CCXXIIII (V)

The verso of the CCXXIIII leaflet has a date (“Jar der werlt vi v i vi; Jar cristi i iii i vi” / “Year of the world 6516; Year of Christ 1316”), two illustrations and two vignettes: one dedicated to Pope Iohannes der xxii (John XXII) and the other, after a new date (“Jar der werlt vi v xxxiiii; Jar cristi i iii xxxv” / “Year of the world 6534; Year of Christ 1335”), to Pope Benedictus der xii (Benedict XII). See the English translation.

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16th – 17th centuries

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old_books-1581_img_0106

[Iustiniani Augusti] Digestorum sev pandectarum (Pars qvarta [liber XX – XXVII]), De Pignoribvs et hypothecis, Cum Priuilegio Regis, Lvgdvni [London], Apud Gulielmu Rouillium, 1581.

My oldest book is volume four (books 20 to 27) of a 1581 latin edition of the Digest or Pandects by the emperor Justinian I which constitute a compendium of Roman laws.

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old_books-1594_img_0105Aesopi Phrygis: Fabulae Elegantissimis iconibus veras animalium speciesad viuum adumbrantibus; Gabriae Graeci Fabellae XLIII ; batrachomyomachia Homeri, hoc est, ranarum et murium pugna. galeomyomachia, hoc est, felium et murium pugna tragoedia graeca. Haec omnia cum latina interpretatione ; accesserunt Auieni antiqui autoris fabulae. Editio postrema, caeteris omnibus castigatior. M D XCIIII [1594]. Apud Ioan[nem] Tornaesium, Typ. Regivm Lvgd[uni] [London].

More interesting is this 1594 illustrated edition of Aesop’s Fables with opposing Greek and Latin texts.

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Old_books-1621_img_1991API𝚺TOTELOY𝚺 𝚷O𝚲ITIK𝛀N BIB.[λία] O.[κτώ]. ARISTOTELIS POLITICORVM LIBRI VIII (Aristotle’s Politics, in eight books). cum perpetua Danielis Heinsii in omnes libros paraphrasi; cedit accuratus rerum index. LVGDVNI BATAVORVM (Leyden, Netherland). Ex Officinâ ELZEVIRIANA. ANNO clↄ Iↄ CXXI. (MDCXXI / Year 1621).

This book is an in octavo (8vo, i.e. about 5.25 x 7.25 inches / 13 x 18 cm), set in contemporary full vellum, yapp edges, handwritten title on the spine (faded in this case). Besides a few stain, annotations and worm holes it is in pretty good shape. It has 1045 pages, plus sixteen introductory pages and a forty pages index (so it is 2.5 inches thick). It is a first Elzevir edition, presenting the Greek and Latin texts in parallel, with a commented synopsis (in Latin) by Daniel Heins for each book. According to the colophon, the typesetting was done by Isaac Elzevir.

[ Abe BooksGoogleMore InfoWorldCat ]

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old_books-1633_img_0103Svmma Omnivm Conciliorvm et Pontificvm, Rothomagi [Rouen], Apud Ioannem de la Mare, M DC XXXIII [1633].

This 1633 latin edition offers a compilation of conciliar and pontifical edicts. Those canonico-legal texts are rather insipid but the thick velum book with a pig-skin cover has quite a nice look.

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old_books-1643_img_0104Qvinti Horatii Flacci Poemata, Amstelod [Amsterdam], Apud Ioa[nnem] Ianssonium, MDCXXXXIII [1643].

A 1643 latin edition of the poems of Horace.

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Old_books-1659_img_4317VALERE MAXIME, A PARIS, CLAVDE BARBIN, dans la grand’ Salle du Palais, du cofté de la Salle Dauphine, au Signe de la Croix. M.DC.LIX. [1659]”

The title of the book (which doesn’t appear on the first page) is “Factotum ac dictorum memorabilium libri IX” [nine books of memorable deeds and sayings]. The binding (pork skin?) includes two volumes (it’s 4.5 cm thick), in the sextodecimo format (in-16, in this case 8 x 12.75 cm) . According to the note from Mr. de Freitas, it’s the second edition in French, translated by Jean Claveret. It is a collections of a thousand historical anecdotes, many lifted from earlier Roman writers, re-drafted by Valerius Maximus as moral and social models. It was written during the reign of Tiberius (around around CE 30 or 31). It is quite interesting…

[ More InfoWikipediaWorldCat ]

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old_books-1664_img_0102Lucien, de la traduction de N. Perrot, Sr. d’Ablancourt, à Amsterdam, chez Jean de Ravestein [Johannes Van Ravesteyn], M D C LXIV [1664].

My favourite old book: a 1664 old-french edition of the works of Lucian of Samosata.

[ WorldCat ]

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Old_books-1667_img_6394Instructio Sacerdotum, ac Poenitentium (…) [Instruction des prêtres sur le repentir], par Francisco de Toledo; Sacramento Ordinis, par Martino Fornario; Tractatus de origine et clausura sanctimonialium, par Andrea Victorello;  Institutio confessariorum, par Martino Fornario. Venetia, Caroli Conzatti, 1667.

In-quarto, four books in one. The subject is of little interest and the book is in rather average condition (some pages are warped, stained, or with traces of wetting) but this is my first in-4 book (and the first from an Italian publisher), acquired at a good price.

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HISTORIAE AUGUSTAE SCRIPTORES VI. AELIUS SPARTIANUS. VULC[acius] GALLICANUS. JULIUS CAPITOLINUS. TREBELL[ius] POLLIO. AELIUS LAMPRIDIUS. FLAVIUS VOPISCUS. Cum integris Notis. ISAACI CASAUBONI, CL[audi] SALMASII & JANI GRUTERI. Cum Indicibus locupletiffimis Rerum ac Verborum. TOMUS I [of 2]. LUGDUNI BATAV[orvm] [Leiden, Netherlands]. Ex Officina HACKIANA [Johannes Hackius], A•MDCLXXI [anno 1671].

This is a small in quarto of 1,144 pages, with a nice vellum binding. This is not one of my oldest books (in fact it is the most recent I have for the 16-17th century period) and I already have an in quarto. However, its very good condition and the fact that it’s about a subject that is quite dear to me, make it one of my most precious books (along with the works of Lucian of Samosata).

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18th – 19th centuries

Old_books-18-19_img_2027

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old_books-1716_img_0108The Apologies of Justin Martyr, Tertullian, and Minutius Felix. In Defence of the Christian Religion with the Commonitory of Vincentius Lirinensis, Converning the Primitive Rule of Faith, Translated from their originals, by William Reeves, In Two Volumes, London, 1716.

More recent but interesting is this English translation of three christian apologistsJustin Martyr, Tertullian, and Minutius Felix.

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old_books-1748_img_0107Histoire de l’Empereur Jovien et traductions de quelques ouvrages de l’Empereur Julien [Les Césars, Misopogon, Lettres, Fable Allegorique], par l’Abbé de la Bleterie [en deux tomes], à Paris, chez Prault fils, M DCC CLVIII [1748].

18th century french history book about the Emperor Jovian with translation of ancient texts by Emperor Julian.

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TRADUCTION DES SATIRES DE PERSE, ET DE JUVÉNAL. Par le Reverend Pere TARTERON, de la Compagnie de JESUS. NOUVELLE EDITION. Augmentée d’Argumens à chaque Satire. A PARIS, De la Compagnie des Libraires. M DCC LII. [1752] AVEC PRIVILEGE DU ROI.

This is an 18th-century bilingual (Latin & French) edition of the Satires of Persius and Juvenal. It is a 400-page (34 of introduction, 255 of text and 10 of table, errata and dedication) duodecimo book (10 x 17 cm) with a period calfskin binding, in fairly good condition (some scratches), sheepskin, decorated spine, 5 raised bands, brown title label, red edges, rubbed corners, filed headcaps, and a detached marbled endpaper. The interior is very beautiful (apart from a few rare stains). The first blank leaf contains a modern ex-libris in pen.

[ More InfoWorldCat]

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old_books-1752_img_0114Sermons du Père de Segaud. Tome Troisième, À Paris, Chez Hippolyte-Louis Guerin, M DCC LII [1752].

A volume of religious texts about Lent from mid-18th century, in French. Uninteresting but still a nice old book.

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old_books-1761_img_0109Histoire de France, depuis l’établissement de la monarchie jusqu’au règne de Louis XIV, par M. l’Abbé Velly [en 30 tomes], À Paris, Chez Desaint & Saillant, M DCC LXI [1761].

A superb collection of books about the history of France, but which doesn’t covers the french revolution since it was published before it happened! A nice set of 30 volumes!

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old_books-1764_img_0112Méditations sur les Vérités Chrétienne et Ecclésiastiques, Anonymes [Joseph Chevassu], [en 6 tomes], À Lyon, Chez Jean-Marie Bruyset, M DCC LXIV [1764].

“Tirées des Epîtres & Évangiles qui se lisent à la sainte Messe tous les dimanches. Pour se disposer à célébrer ou à communier dignement, connoître les devoirs du Sacerdoces, & se mettre en état de faire les Instructions utiles aux Ecclésiastiques & au Peuple, pour touts les jours & les principales fêtes de l’année. Depuis l’avent, jusqu’au premier Dimanche de Carême.”

Extracts of the Bible to prepare oneself (but mostly priests) for the mass’ celebration. Boring religious stuff, but a nice mid-18th century old book set nevertheless.

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old_books-1784_img_0113Méthode pour la direction des âmes dans le tribunal de la pénitence, et pour le bon gouvernement des paroisses. Anonyme [Joseph Pochard], À Besançon, Chez Lepagnez l’aîné, M DCC LXXXIV [1784].

Similar to the previous title, but late-18th century. Two volumes in the in-duodecimo format (in-12: each printed sheet [folio] was folded to give twelve small sheets or twenty-four pages; this very common format was varying according to the size of the original folio, but it was averaging the size of today’s pocket format).

[ WorldCat ]

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old_books-1787_img_0111Les Siècles Chrétiens, ou Histoire du Christianisme. Dans son établissement et ses progrès depuis J.C. jusqu’à nos jours, Anonyme [Gabriel Marin Ducreux], [en cinq tomes], À Paris, chez Gueffier & Moutard, M DCC LXXXVII [1787].

A late-18th century book about the history of Christianity.

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old_books-1817_img_0115Lycée, ou cours de littérature ancienne et moderne, par J. F. Laharpe [Tome quatrième, cinquième et sixième], À Paris, Chez Et. Ledoux et Tenré, 1817.

Three volumes (out of sixteen ?) from an history of ancient and modern literature. I have a lot of those early 19th-century books, but this one has a relatively interesting subject.

[ WorldCat ]

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Old_books-1821_img_2029L’Abeille Française, ou Leçons de Littérature et de Morale, tirées de la célèbre collection de MM. Noël et De La Place, et destinées à l’usuage des écoles franc̦aises dans les États Unis d’Amérique, par J.B.A.M. Deseze. Seconde Édition. Publiée et Imprimée par Joseph Desnoues, Imprimeur, à New York. 1821.

In bad condition and missing its cover but it’s the only old book I have printed in the Americas.

[WorldCat]

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Old_books-1846b_img_4392NATURAL HISTORY; or, a Description of the Earth and of Animated Nature, Compiled from the Works of Buffon, Goldsmith, Cuvier, Shaw, Vaillant, Humbolt, Audubon, &c., A New Edition, Improved and Enlarged. By Richard Cope. Halifax: Printed and Published by William Milner, Cheapside. MDCCCXLVI [1846].

Old_books-1846a_img_4305I found this book in my father’s library. It’s an octavo volume (15 x 24 x 5 cm) of 730 pages, with a cardboard cover, covered with brown cloth and thin leather. Unfortunately it was missing the front page so I had no idea who was the author or when it was published. The only clue was in the colophon: “William Milner, Printer, Cheapside, Halifax”… I then started a long investigation that allowed me to learn more about the book, its author and its publisher (Latest Acquisition , Investigation Update, A Sequel, Final Research). It’s just a mid-ninetieth century book, but it is in good condition and presents an interesting subject. And all the researches I made have endeared it even more to me…

[ CalderdaleGoogleLightcliffe ChurchyardWorldCat ]

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Old_books-1856_img_2028Rome, Lettres d’un Pèlerin, par Edmond Lafond. 2 vol. Paris: Ambroise Bray, Libraire-Éditeur. MDCCCLVI [1856].

The travelogue of a pilgrim in Rome. “A work that rightfully fits into the tradition of the grand tour and offers a series of sometimes curious and unusual observations on Italian customs and habits. The aspect of the artistic descriptions is not negligible. (…) This work has been selected by scholars as being culturally important, and is pat of the knowledge base of civilization as we know it.” Not very old but culturally interesting…

[ Google • WorldCat: Tome 1Tome 2 ]

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old_books-1896_img_0116Journal de la Jeunesse, Paris: Hachette, 1896.

This is the annual compilation (with its characteristic red-binding) for a periodical dedicated to well-off kids between ten and fifteen years-old, published between 1873 and 1914. It offers a mix of educational articles and short stories (Source: Wikipedia). This is the compilation for 1896. Interesting subject and still old enough to be cherished.

[ WorldCat ]

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On the subject of “old books” you can find more information in those articles:

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Monnaies anciennes 91

Pièce grecque (5)

IMG_8543-8544Ma cinquième pièce de monnaie grecque est un beau drachme (5 lirai / AE20, VG [Very Good], AE [Bronze], 20 mm [0.79 po], 6.196 g [95.6 grs], payé environ $10 le 1985/05/03, caractérisée par une patine verte due à une légère concrétion de vert-de-gris; die-axis: ↑↙︎). L’avers représente une tête de Poséidon à gauche portant un bandeau (taenia). Le revers illustre un trident avec des volutes marines entre les branches, entouré de deux dauphins (la tête en bas), avec l’inscription IEΡΩ-NOΣ (Hieronos, qui est le nom d’un tyran de la cité de Syracuse en Sicile entre 275 et 215 AEC) et ΘΦ (thêta & phi — marques d’atelier, de séquence ou datation?) en dessous de part et d’autre du manche. 

La comparaison iconographique et la recherche par mots-clés (confirmées par les sources — voir ci-bas) nous apprends que ce drachme a été frappé à Syracuse (en Sicile) durant le règne de Hieron II. Malheureusement, il n’est pas possible de dater cette pièce plus précisément que les dates de règne du monarque, soit entre 275 et 215 AEC.

Toutefois, Hieron II se révèle un personnage fort intéressant qui se situe dans le contexte des suites de la guerre de Pyrrhus (280-275 AEC).  La jeune République Romaine, alors en pleine expansion, attaque la ville de Tarente. Celle-ci fait appel au soutien du roi d’Épire, Pyrrhus, qui y voit l’occasion d’étendre sa domination sur la Grande-Grèce. Après deux grandes (mais coûteuses) victoires contre les Romains à Héraclée (280), puis à Ausculum (279), il en profite pour tenter de chasser les Carthaginois de Sicile mais, si il réussit à “délivrer” Syracuse, il rencontre une forte résistance et, après une défaite navale à Messine, décide de retourner en Italie. Il reprend les hostilités contre les Romains mais est défait à Beneventum (275). Il abandonne donc ses projets de conquête et retourne à Épire.

Après le départ de Pyrrhus, les syracusains nomment Hieron (un des officiers de Pyrrhus) général des armées. Ayant eut du succès contre les Mamertins, des mercenaires campaniens qui attaquaient la ville, il est nommé basileus (roi) par le peuple. Il règne sur la cité pendant une soixantaine d’année, qui furent une période de grande prospérité. Il développe une importante force navale, fortifie la forteresse d’Euryale et renforce les défenses de la ville grâce aux machines de guerre de l’ingénieux Archimède. En 263, il signe un traité avec les Romains qu’il honorera jusqu’à sa mort en 215. Toutefois, durant la deuxième guerre punique, son petit-fils Hieronymus, qui lui succède, rompt le traité avec les Romains ce qui amène le siège de Syracuse (en 212), l’assassinat d’Archimède et l’annexion de la cité par la République Romaine…

Sources: Wikipedia (Hieron II [FR/EN]), FAC (Syracuse); Réf. en ligne: Google, acsearch, ACT, catawiki, CoinTalk, CoinTalk, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

Les pièces de monnaie c’est un peu comme les gens: quand on apprend à les connaître il n’y en pas une qui n’a pas une histoire à raconter…

La semaine prochaine je vous présente une sixième et dernière pièce de monnaie grecque.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 90

Pièce grecque (4)

IMG_1950-1957Ma quatrième pièce de monnaie grecque est une très petite dénomination de bronze (AE12, G [Good], AE [Bronze], 12 mm [0.47 po], 1.665 g [25.7 grs], payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisée par une patine bronze recouverte d’une légère concrétion de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers représente une tête d’Athena (ou du monarque?) à droite coiffée d’un casque corinthien à crête (parfois orné d’une corne de taureau?). Le revers illustre la proue d’une galère à droite, entourée en haut de l’inscription “BA” (dont je ne suis pas sûr de la signification; peut-être Basileus Asia [roi d’Asie] ou simplement basileus [roi]?), à droite d’un labrys (hache à double tranchant ou bipenne, symbole de pouvoir — sur ma pièce, si l’on se fie au rebord pointillé du revers, il ne semble pas y avoir de place à droite pour un symbole mais par contre il y aurait de l’espace à gauche où l’on distingue une forme qui est peut-être un labrys) et d’un monogramme en-dessous (sur ma pièce on ne le distingue pas bien mais, si l’on compare aux pièces similaires, ce serait un “AP” ligaturé qui est le monogramme d’un monarque, Démétrios Poliorcète (Δημήτριος ὁ Πολιορκητής / “Demetrios le preneur de ville”), qui a régné sur une partie de l’Asie Mineure (306-301 AEC) et sur la Macédoine (294-288 AEC).

Ce type de pièce, combinant une tête d’Athéna et une proue de navire surmonté d’un “BA”, ne semble être associé qu’à Démétrios 1er. Toutefois, les pièces recensées ont une format plus grand (avec un diamètre de 14 à 16 mm) que la mienne (qui fait à peine 12 mm). Cette pièce se situe dans le contexte historique de la guerre des Diadoques — les généraux d’Alexandre le Grand, qui lui succédèrent, se sont partagé son Empire selon l’accord de Babylone et ont formé plusieurs dynasties dont les principales furent les Lagides (Ptolémée), les Séleucides (Séleucos) et les Antigonides (fondée par Antigone le Borgne, père de Démétrios). Antigone et son fils tentent de se tailler une place dans le monde méditérannéen en s’opposant à leur rivaux que sont Ptolémée, Séleucos, Cassandre et Lysimaque. Après un début mitigé (une première victoire à Gabiène en 316, puis une défaite à Gaza en 312), une victoire navale décisive contre Ptolémée à Salamine de Chypre en 306 leur permet de s’imposer en Asie, où ils se proclament roi, initiant l’époque des monarchies hellénistiques. Après le siège de Rhodes en 305, ils étendent leur conquêtes vers le Péloponnèse et, malgré la défaite d’Ipsos en 301 (où meurt Antigone), Démétrios se saisit du trône macédonien. Il commet toutefois l’erreur de se retourner contre son allié Pyrrhus, qui se ligue avec les autres Diadoques contre Démétrios. Il perd la Macédoine (en 388) et, après une tentative de siège à Athènes, décide de regrouper ses forces en Asie Mineure où il finit par être vaincu par Séleucos en 385 puis par mourrir de maladie à Apamée (en 283). 

Cette pièce aurait donc été frappé par Démétrios en 306 AEC (ou dans les années subséquentes, soit 306-288 AEC — Karagiorgis propose 300-295 AEC) pour célébrer sa victoire navale contre Ptolémée à Salamine. La pièce aurait peut être été frappée à Salamine même (ou du moins dans un atelier d’Asie Mineure, comme Tarse en Cilicie). Fait intéressant, Démétrios aurait aussi, possiblement, pour célébrer cette même bataille, fait ériger une statue à Samothrace représentant une Victoire (Niké) sur la proue d’un navire (la célèbre “Victoire de Samothrace” qui réside maintenant au Musée du Louvre à Paris).

Sources: FAC (Demetrius, Labrys); Sear 6775, Newell 20, SNG Cop 1185cf; Réf. en ligne: Google, CoinArchives, CoinTalk, CoinWeek, ebay, numismatics, vcoins, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

La semaine prochaine je vous présente une cinquième pièce de monnaie grecque.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 89

Pièce grecque (3)

IMG_1867La troisième pièce de monnaie grecque est malheureusement dans un état assez médiocre. Elle présente toutefois assez de détails pour que l’on ait une bonne idée de ce qu’elle est mais pas assez pour pouvoir faire une attribution précise. C’est donc une pièce qui échappe à l’identification. Malgré tout, il est cependant certain qu’il s’agit ici d’une pièce de monnaie grecque de petite dénomination en bronze (AE17, quatre chalkoi ou un hemiobole) datant du IVe siècle AEC (P [Poor], AE [Bronze], 16 x 17 x 2.5 mm [0.67 po], 5.562 g [85.8 grs], payé environ $7, caractérisée par un flan épais, bombé sur l’avers, avec un relief prononcé mais recouvert d’une épaisse concrétion rougeâtre et un peu de vert-de-gris dans les creux; die-axis: ↑↑). 

IMG_1852-1857L’avers présente une tête de Hercule (barbu?) à droite, coiffée d’une peau de lion. Le revers pause un peu plus de difficulté. Si la thématique de l’illustration est claire (les attributs d’Hercule: l’arc et le gourdin) les détails sont rendu flous par la concrétion et la disposition des objets est incertaine. J’y vois deux possibilités. Dans la première, le revers illustre (de gauche à droite) un arc, une massue et un carquois d’où dépasse une flèche avec, à l’extrême droite, une possible inscription à la verticale (HPA? pour Herakleia). Dans la seconde possibilité, le revers illustre (de gauche à droite) un arc et un carquois superposés, une inscription verticale complètement embrouillée par la concrétion (possiblement AΛEΞANΔ[POY] [Alexandre], ou BAΣIΛEΩΣ [Basileos = roi], ou B.A. [pour Basileos Alexandroy, roi Alexandre], ou ΦIΛIΠΠOY [Philipoi], ou encore le nom d’une cité émettrice), une massue et, à l’extrême droite, un pictogramme (éclair, trident) ou une lettre grecque (Delta, Epsilon, etc., comme marque d’atelier).

Dans le premier cas il s’agit de pièces frappées par des cités-états grecques dont le patron est Hercule (Ἡρακλῆς / Herakles) ou dont le nom de la cité est Herakleia ou Heraklea (il est existe plusieurs). Cela a été ma première hypothèse lorsque j’ai acheté la pièce dans les années ’80. Toutefois si le type d’avers avec la tête de Hercule est assez fréquent par contre le type de revers avec la combinaison arc-massue-carquoi l’est beaucoup moins. Et comme la documentation sur les pièces est répartie sur une multitude de volumes j’ai maintenant de la difficulté à confirmer cette hypothèse (il y a surtout très peu de visuel pour comparer les pièces). J’ai tout de même trouvé des pièces similaires émisent par les cités de Heraklea (Lucanie) [CGBM v. 1: p. 234; Head HN: p. 60], Herakleia (Iles d’Illyrie?) [Head HN, p. 268], Herakleia Pontica (Bythinie) [CGBM v. 13: p. 140; Head HN, p. 441], Heraclea Lyncestis (Illyrie/Thessalie) [CGBM v.6: p. 78] et, après avoir consulté les catalogues de plusieurs autres régions, je n’ai trouvé aucune pièce qui correspondait exactement à la mienne. Celle qui s’en rapproche le plus est celle de Herakleia Pontica…

Toutefois, en consultant les sources en ligne (voir ci-bas), je me suis rendu compte que les pièces du type “tête d’Hercule avec peau de lion” avec la combinaison “arc-massue-carquoi” étaient beaucoup plus fréquentes en Macédoine. Ce type semble avoir été très utilisé par les rois de cette région, particulièrement Philippe II (359-336), Alexandre III (336-323) et Philippe III (323-316) — quoique j’en ai trouvé un exemple aussi sous Archelaos I (413-399) [Head HN, p. 194; CGBM v.5: p. 166]. Et, à bien y regarder, cette seconde hypothèse offre une similitude avec ma pièce qui est encore plus grande. Il est malheureux que le manque de détails de la pièce nous empêche de préciser sous quel roi, dans quelle cité ou à quelle époque précise cette pièce a été frappé mais il est excitant de penser qu’elle pourrait très bien avoir été frappé sous le règne d’Alexandre le Grand!

Sources: En ligne: Google, acsearch, akropolis, ancients, BeastCoins, CoinArchives, ELO, hourmo, vcoins, vcoins, wikimedia, WildWinds (Herakleia [Illyria], Herakleia [Lucania], Herakleia Pontika [Bithynia]). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

La semaine prochaine je vous présente une quatrième pièce de monnaie grecque.

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Monnaies anciennes 88

Pièce grecque (2)

Laissons maintenant de côté l’Empire Romain et reculons de quelques siècles en arrière. La civilisation grecque s’est développée en une myriade de cités-états d’abord sur et autour du Péloponnèse, puis dans la mer Égée (incluant la côte anatolienne) et finalement en plusieurs colonies sur le pourtour de la Méditerranée. J’ai déjà parlé de la plus puissante de ces cités-états, Athènes, en vous présentant un superbe tétradrachme de chouette. Avec cette nouvelle série d’articles je vais vous présenter cinq autres de ces cités-états ou colonies.

Camarina (413-405) SicileLa première de ces pièces de monnaie grecques est un très très beau Tetras (F/VF [Fine/Very Fine], Ae [Bronze], 13.5 mm [0.5 po], 2.994 g [46.2 grs], rare, patine d’un vert foncé, très bel état de conservation;  die-axis: ↑↓). L’avers nous montre une tête de Pallas Athena à gauche, coiffée d’un casque athénien à cimier avec une aile sur le côté. Le revers illustre une chouette debout à gauche, tenant un lézard dans ses serres de la patte droite, avec dans le champs droit l’inscription rétrograde KAMA (pour la cité de Camarina en Sicile) et trois points (•••) en exergue (comme marque de valeur, indiquant une dénomination de trois onkia ou un Tetras).

Entre les VIIIe et VIe siècles, une explosion démographique amène un mouvement de “colonisation” où les Grecs fondent de nouvelles cités-états sur le pourtour du bassin Méditerranéen en commençant par la Grande-Grèce (sud de l’Italie et Sicile). La cité de Camarina a été fondé vers 598 AEC par des colons de Syracuse. Elle a connu de nombreux conflits qui l’on opposé à Syracuse, à Athènes (lors de la Guerre du Péloponnèse, en support à Syracuse durant l’expédition de Sicile de 415-413 AEC) et à Carthage (en 405 AEC) ce qui fait qu’elle a été détruite et reconstruite à de nombreuses reprises. 

Le métal de préférence pour les pièces de monnaie grecques a presque toujours été l’argent mais certaines régions d’Italie et de Sicile ne possédaient pas de mines de ce métal et ont donc été parmi les premières régions a frapper leur monnaie en bronze (vers 440-420 AEC). La dénomination sicilienne de base est le onkia. Le tetras vaut trois onkia et le trias vaut quatre onkia. Le litra — l’équivalant de l’obole athénienne (un drachm vaut 6 oboles [5 litra / 60 onkia] et un tetradrachm vaut donc 24 oboles [240 onkia]) — vaut douze onkia. Tetras et trias sont souvent confondu.

Selon les sources (en ligne et académiques — voir ci-bas) cette pièce aurait donc été frappée par la cité grecque de Kamarina vers 420-405 AEC (quoique certains la date plutôt de 415-405 ou même 413-405).

Sources: Wikipedia (Athena [FR/EN], Camarina [FR/EN], Monnaie grecque antique [FR/EN]), FAC (Greek coins, Greek Coin Denominations, Bibliography, SNG, SNG ANS); Réf. en ligne: Google, FAC, CoinTalk, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

La semaine prochaine je vous présente une autre pièce de monnaie grecque.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 87

Pièce mystère (5)

Je conclu cette série sur les pièces non-identifiées par une cinquième pièce mystère. Je croyais que celle-ci serait la plus facile alors que finalement c’est celle qui m’aura complètement résisté… Après une dizaine d’heures de recherche je n’ai rien trouvé d’équivalent. Cela doit être une pièce rare car le revers, qui est en relativement bon état, illustre une scène assez spécifique.

IMG_1773-1780Une chose est certaine ce n’est pas une pièce byzantine. Avec cette pièce nous sommes revenu plusieurs siècles en arrière car le style général des illustrations suggère une pièce du haut empire (du Ier au IIIe siècle, soit les dynasties Julio-Claudienne, Flavienne, Antonine, ou Sévère). On devine des inscriptions mais elle ne sont pas assez clair pour que l’on puisse savoir si elles sont en latin ou en grec. Dans l’ensemble c’est une pièce assez belle (avers médiocre mais beau revers). Si il s’agit d’une pièce impériale (frappé à Rome) c’est probablement un as (qui pèse normalement entre 10 et 12 g). Si il s’agit d’une pièce provinciale (grecque impériale) alors c’est un assarion. (P/G [Poor/Good], As/Assarion [AE25], Ae/Cu [Bronze/Cuivre], 25 mm, 7.875 g, payé environ $11 le 1985/11/18, caractérisé par de fortes concrétions de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). 

L’avers ne nous offre pas beaucoup de détails utiles pour l’identification. On peut toutefois distinguer un buste d’empereur probablement lauré et drapé, possiblement barbu?, regardant à droite, mais aucune inscriptions n’est lisible. Le style du portrait suggère que c’est une pièce qui date du haut empire. C’est un personnage qui a une allure noble (Augustus? Hadrianus? Antoninus?), un visage plutôt mince et un nez droit. Cela pourrait même être une impératrice (Faustina? Crispina?). Si c’est une pièce grecque impériale ce n’est pas une pièce quasi-autonome car celles-ci ne présentaient généralement pas de portrait de l’empereur.

Le revers est beaucoup plus informatif. Il illustre un temple distyle (i.e. à deux colonnes; on ne distingue cependant pas le détail du fronton — s’il y en a un) où se tient, de face, une divinité (probablement féminine, soit Aphrodite, Artemis, Astarté, Salus, Tyché ou Vénus), le bras droit levé (tenant soit un sceptre ou une patère pour faire une offrande), le bras gauche replié (pour tenir soit un replis de sa chlamyde, ou une cornucopia), entouré à ses pieds à gauche par un serpent enroulé et à droite par ce qui semble être un oiseau (une oie? un cygne?). L’inscription est illisible sauf pour un A (ou 𝚫? ou 𝚲?) M (ou N?) en exergue, qui pourrait être soit une marque d’atelier (Antioche?) ou plus probablement une datation (année de règne ou ère césaréenne ou actienne — 41? 43? 44? 51? 53? 54?). Les représentations architecturales de temples distyles semblent assez rares sur les monnaies (on préfére illustrer des temples tétrastyles ou octostyles) et elles ses retrouvent surtout sur les pièces grecques impériales.

Je n’ai trouvé que quelques exemples de pièces similaires: une pièce de Valerianus frappée à Adraa (Arabie) représentant Tyché debout à droite dans temple distyle, tenant un sceptre dans la main droite et une corne d’abondance dans la main gauche (BM); un AE36 de Elagabalus frappé à Cidramus (Carie) illustrant un temple distyle contenant une statue d’Aphrodite debout de face, les bras étendus, un serpent enroulé à ses pieds à gauche (Sear D., Greek Imperial Coins and their Value (1982): #3065); un AE31 de Elagabalus frappé à Berytus (Phénicie) illustrant un temple tétrastyle avec une Tyché-Astarté debout de face tenant un stylis et entourée de génies (acsearch); et plusieurs pièces avec des temples mais dont les représentations divines sont différentes (NumisBid, BeastCoins). Réf. en ligne: Google, CoinArchives. Voir aussi ma fiche.

Verdict: Aucune identification possible (pour l’instant).

La semaine prochaine nous continuons notre retour en arrière avec le début d’une nouvelle série qui vous présente cinq pièces grecques.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Monnaies anciennes 86

Pièce mystère (4)

IMG_1660-1667Cette quatrième pièce de monnaie byzantine mystère m’a donné beaucoup de difficultés… Cela semble être un assez beau follis qui, de par la thématique chrétienne, est de toute évidence Byzantine (FR/VG [Fair/Very Good], AE [Bronze], 22 mm [0.87 po], 4.798 g [74.04 gr], caractérisé par une  frappe décentrée vers la gauche sur l’avers, une patine verdâtre avec un important dépôt de vert-de-gris; die-axis: ↑↖︎). L’avers, d’une qualité passable, ne fait guère de sens: on distingue une croix qui occupe toute la moitié supérieure, avec un “X” à gauche et une plus petite croix en bas à droite. Le revers est plus beau et plus lisible: on distingue une longue croix centrale entouré, dans le champs supérieur, par un “C-T” de par et d’autre et, dans le champs inférieur, d’un “X” (ou IC?) et d’une lettre illisible (une autre “X” ou “XC”?) de part et d’autre. 

J’ai concentré ma recherche sur le revers qui était plus facilement reconnaissable. Malheureusement, la longue recherche par comparaison d’images (par style, puis empereur par empereur) a été infructueuse: j’ai commencé à regarder trop bas dans la liste. J’ai bien trouvé plusieurs exemples de folles avec, sur le revers, une croix centrale et des lettres dans chacun des coins (Romanus IV Diogenes (1068-1071) [SB 1866: C-R P-D], Nicephorus Basilacius (1077-1078) [SB 1890: C-B H-B ou C-[B]-N-[B]], Alexius I Comnenus (1081-1118) [SB 1910: C-F-A-D, SB 1931: C-F-AL-D, SB 1932: A-D-K-F]) mais rien ne semblait vraiment correspondre à ma pièce. J’ai poursuivi avec une recherche par mots-clés qui n’a pas donné plus de résultats mais, à force de persévérer, j’ai finalement trouvé une pièce dont le revers correspondait à ma description! 

Il s’agit d’un demi-follis de Constant II (Heraclius Constantinus qui a régné en 641-668 EC; il est appelé parfois Constantinus III, Κώνστας en grec, Constant II en français et Constans II en anglais) frappé à Carthage vers 647-659 EC. L’avers présente un buste de l’empereur de face, barbu?, drapé d’un manteau consulaire et portant une couronne (ornée de trois feuilles ou d’une croix?) et, tenant une mappa dans la main droite et un globus cruciger dans la gauche, avec l’inscription (très souvent illisible) DN CONSTANTN, CONSTANTINVS, ou CONSTANT PP. Le revers illustre une longue croix centrale, surmontée d’une étoile, et entourée d’un “C-T” (avec des points en-dessous des lettres? — possiblement l’abréviation de son nom, ConsTantinus, ou une marque d’atelier pour indiquer CarThage) et d’un “X-X” (marque latine de valeur pour 20 nummi) sur deux lignes. Une fois que je sais ce que je cherche, j’en trouve quelques références en ligne, que je confirme avec les références académiques (Wroth W. Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the BM, v. 1, London, 1908 (IBC): pp. 297-298; Hahn, W. Moneta Imperii Byzantini vol. III, Vienna, 1973-81 (MIB): pp. 253, pl. 30; Grierson, P. Catalogue of the Byzantine Coins in the Dumbarton Oaks Collection and in the Whittemore Collection, Vol. 2, Part 2, Washington, D.C., 1968/1993 (DOC 2.2): pp. 412-413, 480-482, pl. XXIX).

Dans ce contexte, le revers devient assez clair. Toutefois, quel sens donner à l’avers? En scrutant bien on se rend compte que la croix dans la partie supérieure est en fait formée, dans une frappe grossière ou embrouillée par une re-frappe (overstruck), par le nez de l’empereur, le bord de la couronne et l’ornement qui la surmonte (trois feuilles ou croix?). Le “X” à gauche est la main qui tient la mappa, et la petite croix à droite est celle qui surmonte l’orbe crucigère. En connaissance de cause, on peut même maintenant distinguer les yeux et le contour du visage, ainsi que les replis du drapé. L’Inscription, dont on peut vaguement deviner la trace, demeure illisible. Parfois, l’identification d’une pièce requière un peu d’imagination…

Verdict: Cette pièce est donc fort probablement un demi-follis de Constant II frappé à Carthage vers 647-659 EC. 

Sources: Wikipedia (Constant II [FR/EN]), FAC (Constans II, Byzantine Coins); IBC 321-332, MIB 198a; DOC 2.2: 144-145; SB (S-BCV): 1059; Réf. online: Google, acsearch, Bertolami, CoinArchive, FAC, MoneteRomane, vcoins, WildWinds (SB 1059: text1 / image1 + text2 / image2, SB 1059var: text / image, SB 1060: text / image). Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine nous tenterons de décrire ou d’identifier une cinquième et dernière pièce mystère!

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Monnaies anciennes 85

Pièce mystère (3)

IMG_1653-1659La troisième pièce de monnaie byzantine mystère est un assez beau decanummium (G [Good], 10 nummi, AE [Bronze], 13 x 14 mm [0.512 x 0.551 po], 2.680 g [41.36 gr], caractérisé par une  rognure du côté droit, une patine verdâtre avec un important dépôt de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur de face (barbu?), drappé, cuirassé et casqué, avec l’inscription latine D N ERAC… (probablement D[ominvs] N[oster] ERACLIO P[er]P[etvvs] AV[gvstvs] pour “Notre Seigneur Heraclius, Perpétuel Auguste“). Le revers illustre un large “X” (marque de valeur pour 10 nummi, équivalent latin pour “I”) encadré à gauche par un “M” avec un point (•) en haut et en bas, à droite par un “N” avec un point [propbablement en haut et] en bas, une croix (✝︎) au-dessus et une étoile (✻) en-dessous.

C’est une pièce de petite dénomination qui date probablement de peu de temps après la réforme d’Anastasius (la dynastie des Justiniens ou des Héraclides). Durant mes recherches sur internet par comparaison d’images et par mots-clés j’ai rencontré une pièce de Phocas (602-610), un decanummium frappée à Carthage, qui correspond plus ou moins à cette description (Labarum SB 688, DOC 117) mais dont la titulature est “DN FOCAS PERP AVG” et sur le revers les champs g. et d. donnent N/M et non M/N. J’ai également rencontré deux pièces de Heraclius (610-641): l’une est un decanummium aussi frappée à Carthage durant la révolte des Heraclii (608-610) [CoinArchives, WildWinds: text / image, SB 715, DOC 8] mais la titulature dans ce cas-ci est “ERACLIO CONSVLI” (pas de “DN” au début) et encore une fois le revers donne N/M dans le champs de part et d’autre; l’autre pièce est un decanummium frappé à Carthage (WildWinds SB 876 [text / image], DOC 236) avec une titulature qui semble correspondre à celle de ma pièce (DN ERACLIO PP AV) mais le champs du revers présente encore N/M et non M/N de part et d’autre. Ma lecture serait-elle erronée et ce que je prend pour un “M” serait-il un “N”? Cela m’apparait pourtant bien un “M”… Et comme la lettre du champs droit est coupée par la rognure, cela pourrait être tout autant un “M” qu’un “N”. Toutefois, malgré cette différence, cela m’apparait bien être un pièce de Heraclius. 

Et qu’en disent les sources académiques? Warwick Wroth (CIB = Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the BM, v. 1: p. 236, #361-363) mentionne le decanummium de Heraclius mais toujours avec le N/M dans le champs du revers (N/M pour “nummus” semble-t-il). Toutefois, Philip Grierson (DOC 2.1 = Catalogue of the Byzantine Coins in the Dumbarton Oaks Collection and in the Whittemore Collection. Vol. 2, Part 1: Phocas and Heraclius 602-641. Washington, D.C., 1968/1993, pp. 43-44, 350-351) mentionne une variante avec M/N !!  Cela confirme  donc ma lecture du revers et l’attribution de la pièce au règne de Heraclius. Malheureusement, il n’est pas possible de préciser une datation autre que la durée du règne (610-641 EC).

Verdict: Cette pièce est fort probablement un decanummium du règne de Heraclius (610-641 EC) frappé à Carthage.

Sources: Wikipedia (Heraclius [FR/EN], Nummus); FAC (Byzantine Denominations, Revolt of the Heraclii); SB (Sear-BCV) 876, CIB: 361-363, DOC 2.1: 238; Réf. online: Google, CoinArchives, Labarum (Phocas SB 688), WildWinds SB 715 (text / image), WildWinds SB 876 (text / image). Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine nous tenterons de décrire ou d’identifier une quatrième pièce mystère!

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Monnaies anciennes 84

Pièce mystère (2)

IMG_1640-1646La seconde pièce de monnaie byzantine mystère est un beau demi-follis (VG  [Very Good], 20 nummi, AE [Bronze], 20 mm [0.79 po], 6.232 g [96.2 gr], patine brune avec un important dépôt de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur de face (de trois-quart?), barbu?, cuirassé et casqué (avec une couronne?), portant une lance au-dessus de l’épaule (et un bouclier?), aucune inscription visible mais un “M” dans le champs droit. Le revers illustre un large “K” (marque de valeur pour 20 nummi) entouré d’un “M” dans le champs gauche et d’une croix (✝︎) dans le champs droit.

C’est de toute évidence un pièce qui date d’après la réforme d’Anastasius (où le revers ne comporte qu’une marque de valeur, soit M, K, I ou E). En recherchant longuement sur l’internet par images (sans grand succès) et par mots-clés, je n’ai finalement trouvé qu’une seule pièce qui correspondait à ces caractéristiques: un demi-follis de Constantinus IV. J’ai par la suite validé cette identification en consultant les ressources académiques (Hahn, W.  Moneta Imperii Byzantini. (Vienna, 1981): p. 259; Wroth, W. Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the BM, v. 2: p. 318; Bellinger, A.R. & P. Grierson, eds. Catalogue of the Byzantine Coins in the Dumbarton Oaks Collection and in the Whittemore Collection. (Washington D.C., 1966 – 1999). Vol. 2: Part 2:  Heraclius Constantine to Theodosius III: pp. 512, 514, 518-519, 541-542; et Classical Numismatic Auctions, 1987/05/01, #206).

Verdict: Cette pièce est donc fort probablement un demi-follis de Constantinus IV frappé à Constantinople vers 674-685 EC (quoique le DOC affirme que l’on peut réduire la datation à 674-681, et que le CNA la date plutôt de 673-674 EC).

Sources: Wikipedia (Constantinus IV [FR/EN]); Doc (vol. 2, part 2): 37, Mib-87, S-BVC 1181, IBC: 33-38; Réf. online: Google, CoinArchives, vcoins. Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine nous tenterons de décrire ou d’identifier une troisième pièce mystère!

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Monnaies anciennes 83

Pièce mystère (1)

Il me reste quelques pièces de monnaies byzantines que je n’avais pas préalablement identifiées ou datées. Je vais donc tenter de le faire ou, du moins, de les décrire… Voici donc cette première pièce mystère.

IMG_1598-1605Cette pièce de monnaie byzantine est un assez beau follis (G/VG [Good/Very Good], 40 nummi, AE [Bronze], 25 x 27 mm [0.98 x 1.06 po], 10.811 g [166.84 gr], payé environ $6 le 1985/04/14, grande usure sur l’avers, patine brune, le flan comporte d’importantes rognures; die-axis: ↑↓). ) de l’époque de la dynastie justinienne (518–602). 

L’avers nous présente un buste de l’empereur de face, barbu?, couronné ou casqué?, vêtu d’une cuirasse, tenant de la main droite un globe surmonté d’une croix (globus cruciger) et de la main gauche un bouclier. L’inscription est rendue illisible par l’usure et la rognure mais elle semble se terminer par “PP A” (PerPetvvs Avgvstvs = “Perpétuel Auguste”).

Le revers illustre un large “M” (marque de valeur pour 40 nummi), surmonté d’une croix (✝︎) ou d’un tau-rho (⳨), avec en-dessous ce qui semble être un losange mais est probablement un “A” (marque de la première (Alpha) officine; cela pourrait aussi possiblement être un “𝚫”, pour la quatrième (Delta) officine), encadré par un “ANNO” vertical à gauche et un “𝛓 I sur deux lignes à droite (pour indiquer la septième année de règne), avec un “NIKO” en exergue (marque de l’atelier de Nicomédie).

Les caractéristiques de la pièce (portrait de face, large “M” carré et non arrondi, etc.) m’inclineraient à penser qu’il s’agit d’une pièce soit de Justinianus I (527-565), soit de Mauricius Tiberius (582-602). Toutefois, Justinianus n’a régné seul qu’à partir de sa douzième année ce qui fait qu’il n’a pas émis de pièce de ce genre pour sa septième année de règne. Cela l’exclut donc comme empereur possible pour cette pièce. Il ne nous reste donc comme possibilité que l’empereur Mauricius Tiberius (identification confirmée par Wroth, W. Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the BM, v. 1: p. 140; A.R. Bellinger & P. Grierson, eds.; Catalogue of the Byzantine Coins in the Dumbarton Oaks Collection and in the Whittemore Collection. (Washington D.C., 1966 – 1999). Vol. 1: Anastasius I to Maurice, 491-602 (Bellinger A.R., Washington D.C., 1966/1992), p. 325).

Verdict: Cette pièce de monnaie est donc fort probablement un follis de Mauricius Tiberius frappée par la première officine de l’atelier de Nicomédie en 588-589 EC.

Sources: Wikipedia (Justinianus [FR/EN], Maurice Tiberius [FR/EN], globus cruciger, monnaie byzantine), FAC (Justinianus, Maurice Tiberius, Byzantine Denominations, globus cruciger, Nicomedia); IBC: 131, DOC 1: 97a; Réf. online pour Justinianus: acsearch, CoinArchives, CoinArchives, WildWinds (text, image); pour Maurice Tiberius: AkropolisCoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine nous tenterons de décrire ou d’identifier une deuxième pièce mystère!

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