Arts
Monnaies anciennes 20
Les femmes romaines (4)
Herennia Etruscilla
Herennia Etruscilla, dont je n’ai qu’une seule pièce de monnaie, était l’épouse de Trajan Decius (possiblement marié vers 230), qui règna de l’automne 249 à juin 251, pendant l’anarchie militaire qui suivi la dynastie des Sévères. Les sources sont pauvres à cette époque et on connait donc peut de choses d’elle. Elle serait d’une vieille famille sénatoriale italienne (possiblement d’une origine étrusque). Elle reçoit le titre d’Augusta lors de l’accession au pouvoir de son époux en 249. Elle a participé au pouvoir puisqu’elle gérait les affaires de l’Empire durant les campagnes militaires de Decius (et même, plus tard, comme régente d’Hostilianus). Son fils Herennius Etruscus fut très brièvement co-empereur (en mai et juin 251) aux côtés de son père mais tous les deux meurent durant la bataille d’Abrittus, alors qu’ils défendaient la frontière danubienne contre des envahisseurs Goths. Le gouverneur de Mésie, Trebonianus Gallus, est proclamé empereur par les troupes et succède à Decius. Elle leur survit et continue même d’être associé au pouvoir puisque son second fils, Hostilianus qui n’a que treize ans, est fait co-empereur de Trebonianus Gallus et que sa fille aurait possiblement été mariée au fils de Trebonianus, Volusianus. Etruscilla serait peut-être morte de la peste qui a aussi emporté Hostilianus en novembre 251 — quoiqu’il en soit, elle sombre dans l’obscurité après cette date. Elle demeure néanmoins un bon exemple de femmes romaines fortes qui ont joué un rôle politique.
Cet assez beau antoninianus (billon, 20 mm, 3.128 g, acheté à Paris le 1986/02/07 pour 80 FF) nous offre sur l’avers un buste diademé et drapé d’Etruscilla (les cheveux disposés horizontalement en vagues), regardant vers la droite et reposant sur un croissant, avec l’inscription HER[ENNIA] ETRVSCILLA AVG[VSTA]. On distingue un possible point dessous le buste. Sur le revers on retrouve une Pudicitia (représentant la pudeur et la modestie) debout de face, regardant à gauche, levant un voile de son visage avec la main droite et tenant de travers un long sceptre de la main gauche, avec l’inscription PVDICITIA AVG[USTAE]. Rien dans l’inscription, le portrait de l’avers ou le type du revers n’indique une datation précise. On doit donc se contenter de la dater entre 249 et 251 EC.
Les pièces d’Etruscilla comportent deux types de coiffures: le type (a), dont c’est le cas ici, où les cheveux sont disposés horizontalement en vagues (de façon similaire à ses prédécesseurs, Tranquillina (épouse de Gordianus) et Otacilia Severa (épouse de Philippus)), et le type (b) où les cheveux sont lisses et portés à l’arrière de la tête en une tresse. Les spécialistes ne s’entendent pas sur lequel de ces styles serait le plus ancien, mais j’aurais tendance à croire que c’est le type (a)…
Les pièces d’Etruscilla ont été frappé à trois ateliers (officines): Rome, Antioche et, quoique très rare, Mediolanum (Milan). Le type de revers avec Pudicitia aurait été frappé tant à Rome qu’à Antioche mais, si la frappe de Rome semble plus fréquente, la possible présence d’une marque de contrôle (a.k.a. Notae Monetales ou “mint marks”) de l’officine d’Antioche (le point dessous le buste) pourrait suggérer que la pièce ait été frappé à Antioche (quoique le RIC ne référence des Pudicitia frappées à Antioche seulement qu’avec le type de Pudicitia assise).
Cette pièce est le premier exemple d’antoninianus que je vous présente. C’est une dénomination monétaire de l’Empire Romain du IIIe siècle qui a été créé par Caracalla en 215. Il était théoriquement en argent et avait la valeur de deux deniers, mais il a rapidement connu une forte dévaluation alors qu’il était frappé en billon, un alliage moitié-moitié argent et cuivre. Le pourcentage d’argent de l’alliage (aloi ou titre en argent) diminue encore par la suite: sous Decius on estime qu’il était environ de 35% à 40% mais tombe à 10% sous Gallienus (en 260) et même dessous 3% sous Claudius Gothicus (268). Le titre en argent conserve toutefois un pourcentage raisonnable plus longtemps (jusqu’en 265) dans l’Empire des Gaules, qui avait accès à plusieurs mines d’argent.
Sources: Wikipedia, Sear RCV (1983): 2630, RIC IV Part 3: 58b, Sear RCV [M. Ed.]: 9494, C 17, CoinArchives, CoinArchives, CoinProject, Wildwinds, vcoins, vcoins, cointalk, numiscmatics, coincommunity, acsearch, deamoneta, ERIC, FAC (Etruscilla, Antioch officinae, PUDICITIA AVG, Pudicitia). Voir aussi ma fiche.
[ Translate ]Artistic [w]interlude [002.021.001]
Monnaies anciennes 19
Les femmes romaines (3)
Crispina
Crispina, dont je n’ai qu’une seule pièce, était la femme de Commodus. Bruttia Crispina est née en 164 EC d’une famille d’aristocrates d’origine italienne qui a toujours été proche du pouvoir. Son père, le sénateur Gaius Bruttius Praesens, a été proconsul d’Afrique (166-167) et a accompagné Marcus Aurelius dans sa seconde expédition militaire germanique contre les Marcomans et les Sarmates (176-179). Alors qu’elle n’a que treize ans, en 177, elle épouse Commodus lorsque celui-ci est fait co-empereur par Marcus et reçoit aussi le titre d’Augusta. On la décrit comme une femme “gracieuse et sensible” mais qui ne semble pas s’être impliquée politiquement. Certains types de revers de pièces de monnaie (Fecunditas et Juno Lucina) laissent croire qu’elle aurait pu être enceinte mais les textes ne mentionnent aucune progéniture (l’enfant serait peut être mort-né?). Cette union stérile serait possiblement la raison qu’elle fut accusée d’adultère et exilée à Capri en 188, où Commodus la fera assassiner quelques années plus tard, en 191, comme il l’avait fait pour sa soeur Lucilla (étrangement, le ERIC et le RIC place sa mort en 183, alors que d’autre sources la date en 193 ?!).
Ce beau sesterce (Ae, 31-32 mm, 23.791 g, payé $35 le 1985/12/17, caractérisé par une fêlure) nous offre un buste de Crispina drapée à droite (chevelure nattée sur le front et rassemblée en chignon à l’arrière de la tête) avec l’inscription CRISPINA AVG[VSTA] – IMP[ERATORI] COMMODI AVG[VSTI] (Crispine Augusta femme de l’empereur Commode). Sur le revers on retrouve une Salus assise à gauche, nourrissant un serpent lové autour d’un autel à gauche avec une patère tenue de la main droite, le coude gauche appuyé sur le dossier, avec comme inscription simplement SALVS et, vraisemblablement, un S[ENATUS] C[ONSULTO] (“avec la permission du Sénat”) en exergue (quoique illisible sur cette pièce, mais il y aurait de la place). La représentation d’une Salus (déesse de la santé) pourrait invoquer un souhait de prompt rétablissement, possiblement suite à une fausse couche… Rien sur la pièce ne semble indiquer une possible datation (l’intervalle maximale serait 177-188) mais la plupart des sources semblent dater ce genre de pièces en 180-182/3… Sources: Wikipedia, Sear RCV (1983): 1589, Sear RCV [4th ed.]: 1686, RIC III 672b, CoinArchives, CoinArchives, Wildwinds (text, image), vcoins, cointalk, numismatics, Catawiki, CGB, British Museum, coinproject, POP, Wien Kunsthistorische Museum, FAC (Crispina, Salus). Voir aussi ma fiche.
[ Translate ]Artistic [w]interlude [002.020.360]
Monnaies anciennes 18
Les femmes romaines (2)
Lucilla
Je suis particulièrement attaché à Lucilla, dont j’ai deux pièces, car elle était non seulement la fille de Marcus Aurelius et Faustina Minor (et donc la soeur de Commodus, contre qui elle complota) mais elle était aussi l’épouse de Lucius Verus, à qui elle donna trois enfants.
Annia Aurelia Galeria Lucilla est née le 7 mars 149 et grandit à la cour d’Antoninus Pius. En 161, son père la fiance à son coempereur, Lucius, qu’elle épouse à Éphèse en 164. Elle reçoit alors le titre d’Augusta. Les époux ne passeront pas beaucoup de temps ensemble. Elle reste auprès de Verus à Antioche la première année, où elle accouche d’une fille, Aurelia Lucilla, en 165, puis retourne à Rome alors que Verus reste en Asie Mineure pour superviser la campagne contre les Parthes puis se rend sur le front Danubien pour une campagne contre les Marcomans. Elle est considérée comme ayant été “une matrone respectable et influente”. Après la mort de Verus en 169, Marcus arrange un second mariage avec le général Tiberius Claudius Pompeianus Quintianus qui est deux fois plus âgée qu’elle et issue d’une famille syrienne modeste de rang équestre. Elle lui donnera deux fils. Dès 172, elle le suit sur le front Danubien et est donc au chevet de son père à Vindobona lorsqu’il décède en mars 180. Étant l’aîné, elle espérait qu’elle et son mari succéderait à Marcus, mais c’est plutôt Commodus qui devient empereur. En 182, elle participe à un complot pour assassiner son frère et prendre le pouvoir. Ayant échoué, elle est exilée à Capri, où son frère la fait aussitôt exécuter… Cela démontre bien que les femmes romaines n’étaient pas exclues des jeux de pouvoir et des manoeuvres politiques…
Ce beau sesterce (AE, 30 mm, 25.7022 g) présente sur l’avers un buste de Lucilla, les cheveux ondulés et attachés en un chignon bas à l’arrière de la tête, drapée à droite avec l’inscription LVCILLAE AVG[VSTAE] – ANTONINI AVG[VSTI] F[ILIA] (“Pour Lucilla Augusta fille de l’Auguste Antoninus“). Sur le revers on retrouve une Vénus debout à gauche, tenant une pomme dans la main droite et un sceptre dans la gauche, avec l’inscription VE-NVS et un S[ENATUS] C[ONSULTO] (“avec la permission du Sénat”) dans le champ de part et d’autre. Cette représentation exprime probablement un thème de fertilité (puisqu’elle a donné à Verus trois enfants) — quoique la pomme fait allusion à la légende du jugement de Pâris et de la fameuse “pomme de la discorde” alors que le sceptre est un attribut d’autorité. Comme Lucilla a reçu le titre d’Augusta qu’à son marriage en 164 et qu’il est peu probable qu’on ait frappé monnaie à son nom après qu’elle eut cessé d’avoir un statut d’impératrice en 169, cette pièce a certainement été frappé entre ces dates. Par contre, certaines sources réduisent cet intervalle à 164-166. Sources: Wikipedia, RIC III 1763, CoinArchives, CoinArchives, Numismatics, acsearch, Wildwinds, CoinTalk, CoinProject, DeaMoneta, FAC, MAShops, FAC (Lucilla, Venus, Apple). Voir aussi ma fiche.
Cet as (Ae, 24 mm, 10.091 g, payé $8 le 1985/12/17), d’une qualité passable (ou même médiocre), nous offre un buste de Lucilla à droite avec l’inscription LVCILLA – AVGVSTA. Le revers représente une Hilaritas debout de face, regardant à droite, tenant une longue feuille de palmier dans la main droite et une corne d’abondance dans la gauche, avec l’inscription HILARITAS et un S[ENATUS] C[ONSULTO] (“avec la permission du Sénat”) dans le champ de part et d’autre. L’inscription est illisible mais la longue palme est assez typique pour identifier le sujet représenté sans le moindre doute. Hilaritas est une vertus, la personnification divine et allégorique de l’allégresse qui, dans ce cas-ci, exprime probablement la joie suscitée par le mariage de Lucius et Lucilla ou la naissance d’un enfant. Les branches de verdure (une longue palme) étaient signe de réjouissance et la cornucopia un signe d’abondance. Cela me rappel, sans y être vraiment lié, la fête romaine de Hilaria, qui était célébré le 25 mars (trois jours après l’équinoxe du printemps), en l’honneur de de Cybèle (la Magna Mater) et d’Attis — cette festivité carnavalesque serait possiblement à l’origine du “poisson d’avril”. Pour les même raison que la pièce ci-dessus, celle-ci aurait été frappée entre 164 et 169 (quoique la même source suggère que les pièces avec l’inscription “Lucilla Augusta” auraient probablement été frappé plus tardivement, soit en 166-169). Sources: Wikipedia, RIC III 1741, Wildwinds (text, image), acsearch, ACsearch, acsearch, British Museum, Numismatics, FAC, FAC (Hilaritas, Palm, Hilaritas), Hilaria. Voir aussi ma fiche.
Artistic [w]interlude [002.020.353]
Monnaies anciennes 17
Les femmes romaines (1)
Les monnaies romaines ne représentent pas toujours l’empereur sur l’avers. Parfois il s’agit d’une pièce commémorative de la fondation d’une cité, comme Rome ou Constantinople, ou alors elles vont représenter des membres de la famille impériale, généralement les épouses des empereurs. Dans de très rare cas, on retrouve des monnaies d’impératrices. Dans les prochaines semaines, je vais vous monter une dizaine d’exemples de femmes romaines représentées sur les monnaies de ma collection.
Faustina I
Faustina Maior (c. 100-140 EC) était la nièce de Hadrianus et l’épouse de Antoninus Pius (c. 110~115). On dit d’elle qu’elle était belle et sage, et — comme toute première dame de nos jours — s’est consacrée à des entreprises de charité et d’éducation pour les jeunes filles. Elle meurt en octobre ou novembre 140 et est divinisé par Antoninus. Malgré les ragots, elle devait être une bonne épouse et Antonin devait l’aimer suffisamment pour qu’il obtienne une telle chose du sénat. Il est vrai qu’on le disait très pieux…
Ce très beau denier de Faustine l’Ancienne (AR, 18 mm, 2.756 g, payé $8 le 1985/12/17) illustre bien cette apothéose. Sur l’avers, on retrouve un buste drapé à droite (avec les cheveux en chignon au dessus de la tête et un diadème de perles) avec l’inscription DIVA – FAVSTINA. Le revers illustre une Aeternitas (ou Providentia) debout à gauche, tenant un globe dans la main droite et un voile ondulant dans la gauche, avec l’inscription AETER – NITAS. Cette pièce a été frappée après 140/1 EC (soit dans les années suivant son décès, 140-144, ou pour le dixième anniversaire de sa consécration, c. 150-151). Sources: BMC 373, C 32, RIC III 351, RCV (2002): 4578, RCV (4th Ed.): 1348, CoinArchives, vcoins, Wildwinds, FAC, CoinTalk, acsearch, FAC (Faustina Senior, Diva Faustina, Aeternitas). Voir aussi ma fiche.
Ce beau sesterce de Faustine l’Ancienne (Orichalque [laiton], 31×32 mm, 22.001 g, payé $10.75 le 1985/11/18) continue sur le même thème. Sur l’avers, on retrouve un buste drapé à droite (les cheveux minutieusement ondulés et enroulés en bandes sur la tête et tirés vers l’arrière, avec un chignon sur le dessus) avec l’inscription DIVA – FAVSTINA. Sur le revers il y a une Juno debout à gauche, tenant une patère (pour faire une libation) et un sceptre, avec l’inscription IVNO, puis un S[ENATUS] C[ONSULTO] (avec la permission du Sénat) dans le champ de part et d’autre. Il semble y avoir plusieurs variantes de ce type, la différence résidant dans la césure de l’inscription sur l’avers (DIVA – FAVSTINA versus DIVA FAV – STINA) et la position du “O” de IVNO sur le revers. Cette pièce a été frappée après 140/1 EC (quoique certaines sources la date de 141 et d’autres de 147). Une caractéristique intéressante est que cette pièce comporte sur l’avers un graffito à l’encre de Chine (dans le champs droit, possiblement “1707 / ?? AES”). Sources: RCV (2000): 4629, RCV (4th Ed.): 1365, RIC III 1143, C 210, BMC 1531, Wildwinds, CoinArchives, CoinArchives, Numismatics, Mantis, Numista, DeaMoneta, MA-Shops, FAC, FAC (Faustina Senior, Diva Faustina, Juno). Voir aussi ma fiche.
Note: Ce qui fait qu’une recherche peut devenir très chronophage c’est quand l’on passe des heures juste pour un petit hyperlien explicatif (l’équivalent des notes en bas de page d’antan) par soucis d’exhaustivité. J’avais prévu couvrir ce sujet en un seul billet mais par le temps que j’alloue habituellement à une entrée de cette série je n’avais recherché et décrit seulement deux des dix pièces prévues ! J’ai donc décidé de couvrir séparément chacune des femmes d’empereurs dont cette sous-série de billets fait l’objet. À suivre, donc.
[ Translate ]Pictorial chronicles [002.020.347]
Nouvelles du parc
Cela faisait longtemps qu’il n’y avait pas eut du neuf dans le parc. Évidemment, avec l’approche de l’hiver on y a fait les préparatifs habituels: planter quelques arbres, mettre les balises pour le déneigement et les pistes de ski, etc. Il semble que le secteur Boisé Sud / Jarry Est (la côte bétonnée du Cirque du Soleil) restera fermé pour l’hiver.
J’ai cependant noté quelques nouveautés ces derniers jours. D’abord, la signalisation de l’entrée Legendre a finalement été installé mais en plus simple: un simple “monolithe” de béton au lieu du grillage rempli de cailloux (c’est plus rapide à faire et probablement moins dispendieux). Puis, la clôture de l’entrée Émile-Journault a été réajustée après que le chemin de gravier ait été terminé. Aussi, la clôture délimitant le périmètre du secteur Plaines-Est a été complété. Ce secteur me semble prêt à être ouvert au public, sans doute au printemps. J’ai aussi noté qu’on avait entrepris de mystérieux travaux d’excavation (il me semble que c’est toujours prêt d’une table à pic-nic) pour y ensevelir des dalles de bétons. Je me demande bien pour quoi faire… Quelqu’un a une idée ?
[ iPhone 11 Pro, Parc Frédéric-Back, 2020/12/10 ]
Toutefois, la grosse surprise de ma promenade cette fin de semaine, c’est de constater qu’après trois ans la ville a finalement mise en place de la signalisation pour identifier les pièces d’art public réparties ici et là dans le parc. Trois ans ! Quel manque de respect pour l’artiste, M. Alain-Martin Richard ! Le public pourra enfin savoir que son oeuvre de mémoire s’intitule “Anamnèse 1 + 1”. Pour plus de détails, vous pouvez consulter mon album Flickr consacré à l’oeuvre et vous rendre sur le site de la ville consacré à l’art public (et plus particulièrement à cet oeuvre).
[ iPhone 11 Pro, Parc Frédéric-Back, 2020/12/11 ]
[ Translate ]Artistic [w]interlude [002.020.346]
Monnaies anciennes 16
Commodus
Je continue ma série sur les monnaies anciennes avec cet assez beau sesterce du dernier empereur de la dynastie antonine, Commodus. Son règne marqua le début du déclin de l’empire romain…
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Type: |
Epoque: |
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Empereur: |
Règne: |
180 – 192 EC |
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Frappe: |
Rome |
Datation: |
181 EC |
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Nature: |
Métal: AE (Bronze) |
Qualité: G |
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Taille: |
28 x 29.5 mm |
Poids: |
18.085 g |
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Obverse |
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Inscription: |
M COMMODVS – ANTONINVS AVG |
Description: |
Tête laurée, à d. |
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Reverse |
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Inscription: |
FEL AVG T – R P VI IMP IIII COS III PP / S C (dans le champs) |
Description: |
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Notes: |
Payé $35 (1985/12/17) |
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Réf.: |
C 106 |
Il est malheureusement difficile d’obtenir une lecture précise pour cette pièce. Toutefois, l’inscription de l’avers reste très lisible: M[ARCVS] COMMODVS ANTONINVS AVG[VSTVS]. Commode prend le titre d’Auguste lorsque son père le fait co-empereur le 1er janvier 177 mais il n’ajoute le nom de son père, Marcus, à sa titulature qu’après la mort de celui-ci, le 18 mars 180. Il prend le titre de Pius (absent de cette inscription) en 183. Nous pouvons donc déjà dire que cette pièce date du début de son règne (180-182).
La titulature du revers n’étant qu’en partie lisible, il serait normalement difficile de d’attribuer une date plus précise. Toutefois ce type de pièce (avec cette inscription de l’avers, “Commodus” en premier puis “Antoninus” sans le PIVS à la fin, et une Felicitas debout sur le revers) ne semble avoir connu qu’une seule titulature: FEL[ICITAS] AVG[VSTI] TR[IBUNICIA] P[OTESTE] VI IMP[ERATOR] IIII CO[N]S[VL] III P[ATER] P[ATRIAE] avec un S[ENATUS] C[ONSULTO] (avec la permission du Sénat) dans le champ de part et d’autre. Commode reçoit le titre de Père de la Patrie et est acclamé Imperator une quatrième fois à son accession au pouvoir en 180 (il sera acclamé une cinquième fois en 182). Il est nommé consul pour une troisième fois en janvier 181 (son quatrième consulat sera en 183) et reçoit la puissance tribunicienne pour une sixième fois en décembre 180. Encore une fois c’est cette dernière qui offre la datation la plus précise, entre le 10 décembre 180 et le 9 décembre 181. La pièce doit donc avoir été frappé entre janvier et décembre 181.
La représentation de la déesse Felicitas sur le revers peut faire référence soit à la prospérité de l’Empire (si l’inscription signifie Felicitas Augusta, i.e. l’auguste Félicité) ou simplement souhaiter à l’Empereur beaucoup de chance et de bonheur en ce début de règne (s’il s’agit de Felicitas Augusti, i.e. le bonheur de l’Auguste)…
Né Lucius Aurelius Commodus le 31 août 161, Commode a probablement été élevé à la cour auprès de son père, l’Empereur Marcus Aurelius. Il est associé très jeune au pouvoir, puisque son père le fait caesar dès 166 et Augustus (co-empereur) en 177. La même année il épouse Crispina, issue d’une famille d’aristocrate. À la mort de Marcus, le 17 mars 180, il règne seul sur l’Empire romain. Il conclut rapidement la paix avec les peuples germaniques de la frontière danubienne (Marcomans et Sarmates), puis revient à Rome, qu’il ne quitte presque plus par la suite. Il confie d’abord la gestion de l’Empire à ses subordonnés pour s’adonner à une vie de loisirs dépravées. Ayant été témoin de nombreuses traitrises et conspirations (d’abord la révolte d’Avidius Cassius en 175, puis, en 182, un complot pour l’assassiner ourdi par sa propre soeur, Lucilla) il devient de plus en plus paranoïaque et instable. Il resserre sur lui les rennes du pouvoir, au détriment du sénat, et règne, dit-on, avec cruauté. Il se présente comme la réincarnation du demi-dieu Hercule et aime tellement les jeux du cirque qu’il combat lui-même régulièrement dans l’arène comme gladiateur [ce qui fait d’ailleurs le sujet d’un film de Ridley Scott où Commodus est joué par Joaquin Phoenix]! Il est finalement assassiné le 31 décembre 192, ouvrant la porte à une nouvelle guerre civile où, encore une fois, quatre empereurs se succèderont en une année.
Tout comme son oncle Lucius Verus (avec qui il partage une partie de la nomenclature), Commodus est considéré comme un “mauvais empereur” au même rang que Caligula ou Néron. Pourtant son règne avait bien commencé puisqu’il a reçu l’assentiment du sénat (comme le prouve le S C sur cette pièce de monnaie) mais la méfiance et l’hostilité réciproque entre l’empereur et le sénat n’a cessé de croître tout au long du règne de Commodus, culminant avec des sénateurs impliqués dans les complots et les purges politiques qui s’ensuivirent. À sa mort, il ne sera pas divinisé par le sénat et recevra même la damnatio memoriae. Toutefois, quelques années plus tard, il sera divinisé par Septime Sévère, mais seulement pour plaire au peuple et à l’armée qui appréciaient Commodus et pour légitimer son pouvoir. Cependant, la différence avec Verus est que ses comportements répréhensibles ont été décrit par des sources contemporaines comme Dion Cassius, Hérodien ou Marius Maximus. Même Marcus semble se plaindre de lui dans ses Pensées pour moi-même. Il est donc évident qu’il y a beaucoup de vérité dans ces descriptions. Il ne faut toutefois pas oublier qu’on y retrouve sans doute aussi une bonne part d’exagération, car tous ces historiens étaient issus de la classe sénatoriale qui détenait une haine particulière pour les abus de Commode.
Une lesson que l’on peut retenir de son règne est qu’il est clair qu’une succession par la sélection du meilleur candidat (par adoption) parmi la classe politique (ou même militaire) donne de meilleurs résultats qu’une succession héréditaire où le ou les candidats, souvent immatures, ont grandi à la cour dans un environnement opulent et oisif.
Il est étonnant de voir comment une pièce de métal comme celle-ci peut évoquer le passé et susciter la réflection…
Sources: CoinArchive, Numismatics, Wildwinds, acsearch, FAC (Felicitas, caduceus), Wikipedia, All That’s interesting, ancient(dot)eu, Classical Wisdom.
[ Translate ]Artistic [w]interlude [002.020.339]
Monnaies anciennes 15
Lucius Verus
J’ai débuté cette série de billets sur les monnaies anciennes avec un denier de Lucius Verus, mais je ne me suis pas attardé sur la vie fascinante de cet empereur mineur. J’y reviens donc avec deux sesterces. Il est étrange que je n’ai pas acquis plus de trois pièces de monnaies de cet empereur alors que j’ai consacré neuf ans d’études supérieures à sa biographie (vita veri) incluse dans l’Historia Augusta (un recueil de biographies d’empereurs du IIe et IIIe siècles, probablement écrit au IVe siècle).
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Type: |
Epoque: |
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Empereur: |
Règne: |
161 – 169 EC |
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Frappe: |
Rome |
Datation: |
163 |
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Nature: |
Métal: AE ou Orichalque |
Qualité: F |
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Taille: |
33 mm |
Poids: |
20.862 g |
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Obverse |
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Inscription: |
IMP CAES L AVREL – VERVS AVG |
Description: |
Tête laurée, à d. |
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Reverse |
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Inscription: |
TR POT III COS II / S C (dans le champ) / FORT RED (en exergue) |
Description: |
Fortuna assise, à g., voilée et drapée, tenant à la main d. un gouvernail qui repose sur un globe et une corne d’abondance dans la main g. |
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Notes: |
Acheté $35 (1985/12/17) |
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Réf.: |
S 1448; C 95 |
Ce très beau sesterce peut être aisément daté grâce à ses inscriptions. Sur l’avers la nomenclature est IMP[ERATOR] CAES[AR] L[VCIVS] AVREL[IVS] VERVS AVG[VSTVS] et sur le revers la titulature est TR[IBUNICIA] POT[ESTE] III CO[N]S[VL] II. On y retrouve également un S[ENATUS] C[ONSULTO] dans le champ de part et d’autre, ainsi qu’un FORT[VNAE] RED[VX] en exergue. Lucius est nommé consul pour une deuxième fois en janvier 161 (il ne le sera pour une troisième fois seulement en 167). Il reçoit les titres de césar, Imperator et Auguste lors de son accession au pouvoir le 8 mars 161. Plus précisément, il reçoit la puissance tribunicienne pour la troisième fois le 10 décembre 162 (renouvelable annuellement, donc jusqu’au 9 décembre 163). À la fin de l’année 163, il prends le titre d’Armeniacus et est acclamé Imperator pour une seconde fois (IMP II). Ces deux derniers titres, n’apparaissent pas sur la pièce, qui a donc due être frappé entre décembre 162 et décembre 163.
L’inscription Fortunae Redux (la Fortune qui ramène l’empereur en sécurité) et l’illustration d’une Fortuna assise, ayant en mains un gouvernail et une cornucopia (pour une bonne et prospère gouvernance), représente le fait que la fortune de l’empereur était ferme et stable et fait référence au rituel où les romains rendaient grâce à la déesses Fortuna Redux à l’aide de sacrifices afin de célébrer le retour ou de souhaiter que l’empereur, en voyage dans les provinces, retourne à Rome en toute sécurité. Évidemment, ce type de revers illustre le fait que Lucius Verus fait route vers l’est. Il quitte Rome à l’été 162 pour Brundisium afin de prendre un navire vers Athènes, en Grèce. Il doit toutefois faire une arrêt de quelques jours à Canosa, car il tombe malade (possiblement un léger AVC). De là, il traverse la mer Égée pour l’Asie mineure, et arrive à Antioche en Syrie vers le milieu de 163. Il y établit son camp, à partir duquel il supervisera la reconquête de l’Arménie et la campagne contre les Parthes qui durera jusqu’en 166.
Sources: Numismatics (detailed), CoinProject, Wildwinds (text, image).
Ce beau sesterce (VG, AE ou Orichalque, 29 x 30 mm, 23 g, payé $US 30 le 1986/10/29, caractérisé par un dommage au milieu) est une pièce commémorative de Lucius Verus, décédé d’une crise d’apoplexie (AVC ou ACV?) en janvier 169 à Altinum en Vénétie alors qu’il revenait de Pannonie supérieure après avoir pacifié la frontière Danubienne. La pièce est donc postérieure à cette date.
Sur l’avers on retrouve la tête nue de Verus, regardant à droite, avec l’inscription DIVVS – VERVS (Divin Vérus). Sur le revers l’inscription est CONSECRATIO (Consécration, ou acte de rendre sacré) avec un S[ENATUS] C[ONSULTO] (avec la permission du Sénat) dans le champ de part et d’autre. L’illustration représente un bûcher funéraire (rogus funebris) à quatre étages surmonté d’un quadrige et orné de statues et de guirlandes. Tout comme Antonin l’avait fait pour Hadrien, la piété de Marcus et son affection pour son frère adoptif l’amènent à obtenir du Sénat la consécration et la divinisation de Verus.
Je pourrais disserter pendant des heures sur Lucius Verus mais je vais tout de même essayer de m’en tenir aux grandes lignes de son règne. Il nait Lucius Ceionius Commodus le 15 décembre 130 dans une famille de rang consulaire (les Ceiioni Commodi). En remplacement de son père, Aelius, et à la demande d’Hadrien, il est adopté par Antonin en 138, en même temps que Marcus (sur ce sujet voir mes billets sur les pièces d’ Hadrien, Antonin et Marcus) mais ne reçoit pas le titre de caesar comme Marcus. Il est élevé par la suite dans l’entourage d’Antonin et reçoit une bonne éducation sous le précepteur (grammaticus) Marcus Cornelius Fronto. Contrairement à Marcus, il ne participe pas à l’administration d’Antonin mais poursuit plutôt une carrière sénatorial alors qu’il devient préteur en 153 et consul en 154. Le 8 mars 161, à la mort d’Antonin, le sénat entendait donner le pouvoir seulement à Marcus, mais, à l’insistance de ce dernier et selon le souhait d’Hadrien, Lucius est fait co-empereur. Si, en théorie, les deux empereurs ont un pouvoir égal, le fait que Marcus soit le seul à être Grand Pontife lui donne une plus grande autorité et Lucius agit donc comme une sorte de lieutenant (Caesar). Pour renforcer les liens familiaux des deux frères adoptifs, Lucius est fiancé à la fille de Marcus, Lucilla (qu’il épousera à Éphèse à l’automne 163 ou au début de 164). Lucius abandonne aussi son nom de Commodus (qui sera donné au fils ainé de Marcus, né en août 161) et prends à la place le cognomen de Marcus: Verus.
Dès le début de leur coprincipat, de nombreux peuples transfrontaliers s’agitent et menacent l’intégrité de l’Empire: au milieu de 161 les Parthes envahissent l’Arménie mais on retrouve aussi des transgressions en Bretagne, en Rhétie et en Germanie supérieure. De plus, il y a un vent de rébellion en Syrie. À l’hiver, il est décidé que Lucius, qui est le plus robustes des deux empereurs, prendra le commandement des armées sur le front oriental, contre les Parthes. Il passera donc la majorité de son bref règne à l’extérieur de Rome, en campagnes militaires: en Orient de l’été 162 à 165, et en Pannonie de 168 jusqu’à sa mort en janvier 169.
Toutefois, ce que l’Histoire a le plus retenu de lui c’est sa personnalité. Il est considéré comme ayant été un empereur dissolu. On lui reproche une vie de luxure et de débauches et le compare aux “mauvais empereurs” (Caligula, Néron, Domitien). Par contre, si l’on étudie toutes les mentions de Lucius dans les sources antérieures au IVe siècle, on ne trouve pas vraiment d’évidence du portrait moral négatif que trace l’Histoire Auguste (et les sources subséquentes qui s’en inspirent — certaines d’en elles le confondaient peut-être avec le fils de Marcus, Commode, qui lui succéda). Celle-ci s’avère d’ailleurs être une source peu crédible. En effet, si l’on fait une analyse statistique de la structure syntaxique de la vita veri (ne serait-ce simplement que la moyenne de mots par phrase), on découvre que les chapitres contenant ce portrait moral négatif se distinguent de façon marquée du reste de la biographie. Ces allégations auraient été inventé par l’auteur du corpus biographique afin de soutenir son agenda qui visait à présenter sous une lumière favorable les empereurs d’origine aristocratique qui avaient soutenu le sénat en les opposant aux empereurs d’une nature plus militaire qui en avait réduit le pouvoir.
Si Lucius Verus mérite d’être réhabilité aux yeux de l’Histoire, il est clair qu’il y a aussi une part de vérité dans ces allégations. Lorsqu’il s’occupait de la logistique de la guerre parthique à Antioche, Lucius a eut une maîtresse nommée Panthea (qui est mentionnée par Marcus [Pensées pour moi-même, VIII, 37] et Lucien de Samosathe [Portraits]). Cependant, n’est-il pas normal que tout jeune aristocrate romain élevé dans le luxe de la cour s’adonne aux délices de l’Orient alors qu’il est à Antioche, et qu’il aime faire la fête ou se passionne pour le jeux du cirque et les courses de chars alors qu’il est à Rome ? Fronton, après sa brève maladie en 162, ne l’exorte-t-il pas à la tempérance ? (”Je vous prie et vous supplie, mon Seigneur, de prendre garde, comme il sied à votre éminent caractère, d’être sobre et tempéré et retenu dans tous vos désirs”, Ad Verum Imperator, II, 6). De plus, Marcus semble faire allusion au fait qu’il ait lui-même eut des maîtresses [I, XVII]. Lucius n’était peut-être pas un enfant de coeur mais était probablement loin d’être le monstre de débauches que décrit l’Histoire Auguste. En effet, si c’était le cas il n’aurait pas reçu autant de marques d’affection de Marcus ou de son maître Fronton, et le Sénat n’aurait jamais accepté de le déifier. De plus, malgré ses défauts, il semble toujours s’être acquitté avec diligence des tâches qu’on lui confia.
J’ai donc beaucoup d’affection pour mes trois pièces de monnaie de Lucius Verus (le denier mentionné plus tôt et ces deux sesterces). Non seulement elles évoquent le souvenir de mes années universitaires et de mon mémoire de maîtrise mais aussi elles représentent bien le règne de Lucius Verus: ses voyages en Orient pour faire campagne contre les Parthes et le fait qu’il fut un assez bon co-empereur pour que Marcus se donne la peine de le faire déifier.
Sources: Sear 1463, RIC III 1511, CoinArchive, CoinArchive, Numismatics, acsearch, vcoins, FAC (Consecratio, consecration, Rogus Funebris), Wikipedia, P. Lambrechts (“L’Empereur Lucius Verus; Essai de réhabilitation” in L’antiquité classique, Tome 3, fasc. 1, 1934, pp. 173-201). Voir aussi ma fiche.
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Alcea Rosea, Brown Dog and a Butterfly
Monnaies anciennes 14
Marcus Aurelius
Je n’ai malheureusement qu’une seule pièce de Marcus Aurelius mais c’est un beau sesterce.
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Type: |
Epoque: |
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Empereur: |
Règne: |
161 – 180 EC |
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Frappe: |
Rome |
Datation: |
Mars -Décembre 161 |
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Nature: |
Métal: AE ou Orichalque |
Qualité: VG / F |
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Taille: |
31 mm |
Poids: |
22.451 g |
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Obverse |
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Inscription: |
IMP CAES M AVREL – ANTONINVS AVG PM |
Description: |
Tête laurée, barbue, légèrement drapée sur l’épaule g., à d. |
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Reverse |
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Inscription: |
CONCORD AVGVSTOR TR P XV / S – C (dans le champ) / COS III (en exergue) |
Description: |
M. Aurelius (à g., un rouleau dans la main g.) et L. Verus (à d.) debout, en toges, face à face, se serrant la main d. |
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Notes: |
Payé $45 (1985/05/03) |
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Réf.: |
S 1325; C 45; |
La titulature des inscriptions nous permet une datation assez précise. Sur l’avers on retrouve IMP[ERATOR] CAES[AR] M[ARCVS] AVREL[IVS] – ANTONINVS AVG[VSTVS] P[ONTIFEX] M[AXIMVS]. Le revers ajoute CONCORD[IA] AVGVSTOR[VM] TR[IBUNICIA] P[OTESTE] XV, avec un S[ENATUS] C[ONSULTO] de part et d’autre du champ et un CO[N]S[VL] III en exergue. Marcus a reçu le titre de césar lors de son adoption en 138. Il reçoit la puissance tribunicienne pour la quinzième fois le 10 décembre 160 et son troisième consulat en janvier 161. Les autres titres (Auguste, Imperator et Grand Pontife) lui sont attribués lors de son accession au pouvoir le 8 mars 161. La puissance tribunicienne étant attribuée annuellement le 10 décembre de chaque année, la pièce a donc été frappée entre mars et décembre 161.
La représentation du revers est très intéressante car elle célèbres l’accession des deux co-empereurs, Marcus et Lucius, qui sont illustrés se serrant la main. L’inscription “concorde des augustes” souligne d’ailleurs le fait que cette accession se fait dans l’harmonie et la bonne entente. Elle se fait aussi “avec la permission du sénat” [S-C]. À la mort d’Antonin, le sénat aurait préféré acclamé Marcus comme unique successeur mais, celui-ci hésitant à prendre une telle responsabilité seul (il aurait sans doute aimé continuer ses études philosophiques), il insista pour que l’honneur soit accordé aussi à son frère adoptif, Lucius, en accordance avec le désir d’Hadrien. L’hésitation du sénat était compréhensible puisque c’était la première fois dans l’histoire de Rome que deux empereurs régnaient conjointement, avec les même pouvoirs (quoi que, en théorie, Marcus avait prédominance puisqu’il était le seul à détenir le titre religieux de Grand Pontife).
Il est important de noter que je n’ai trouvé dans les références aucunes autres pièces qui correspondent exactement à ce sesterce. Toutes les variantes présentent sur cette pièce se retrouvent sur d’autre types mais jamais ensemble. Et je suis pas mal sûr de ne pas me tromper: la tête de Marcus est bel et bien laurée car on voit clairement les lauriers qui dépassent sur le dessus de sa tête et les cordons qui l’attachent derrière. On voit aussi clairement un drapé sur son épaule. Les titulatures datées (TR P XV, COS III) sont également sans ambiguïté. Et cette pièce, par son poids et sa taille, est définitivement un sesterce. Pourtant, dans les références, je ne retrouve ce type de pièce qu’avec la tête nue (non laurée), avec un différent revers (où les empereurs sont assis et non debout), avec une autre date (TR P XVI) ou sur un as. Ma pièce serait-elle rare ?
Marcus Aurelius (Marc Aurèle en français) a été un empereur très respectable sur lequel il y aurait énormément de choses à dire. C’est un empereur très éduqué, qui avait un grand intérêt pour la philosophie stoïcienne et qui nous a laissé des textes écrits (son livre Pensées pour moi-même [Τὰ εἰς ἑαυτόν / Ta eis heauton] et une partie de sa correspondance avec son précepteur et professeur d’art oratoire, Marcus Cornelius Fronto). Il est reconnu pour sa grandeur d’âme et s’être appliqué à bien administrer l’Empire. Malheureusement, son règne correspond avec le début du déclin de celui-ci. Trajan ayant étendu les limites de l’Empire au-delà de ce qui était raisonnablement administrable et tant Hadrien que Antonin n’ayant fait qu’en consolider les défenses, il était inévitable que les peuples “barbares” frontaliers finissent par tenter de reprendre les territoires conquis par les romains. La grande majorité du règne de Marcus a donc été consacré à écraser des révoltes et à mener des guerres frontalières, principalement à l’est, contre les Parthes, et au nord contre les tribus germaniques des Marcomans et des Sarmates.
J’ai beaucoup d’admiration pour Marcus Aurelius, particulièrement après avoir lu (et relu) ses Pensées pour moi-même [Biblio • Goodreads • WorldCat]. Sur le front des guerres marcomaniques, se sentant las et fatigué, près de la fin, il a couché sur le papyrus quelques réflexions sur sa vie, sa philosophie, sur la mort. Il en a résulté un ouvrage tout à fait édifiant. Il y dit, entre autre (mais je n’ai pas la citation exacte) qu’il est inutile de s’inquiéter des choses sur lesquelles nous n’avons pas le contrôle. Il faut avancer dans la vie avec un but précis, en se concentrant sur l’essentiel et en restant indifférent au choses qui sont superficielles et sans conséquences réelles. J’ai toujours essayé de l’émuler mais sans grand succès.
Marcus était un homme qui recherchait la simplicité et l’égalité d’âme. Aussi, ses Pensées reflètent parfois une incroyable lucidité. Il était pieu (car il parle des Dieux, de “principe directeur” et de la vertu comme voie du divin) et pourtant il parle de la mort comme “la cessation des représentations qui nous viennent des sens, des impulsions qui nous meuvent avec des cordons, du mouvement de la pensée et du service de la chair” ! [Pensées pour moi-même, Livre VI, Verset XXVIII] Il ne faut pas y voir autre chose que “la dissolution des éléments dont est composé chaque être vivant” [II, XVII]. “La nature (…) donne et reprends tout” [X, XIV].
Les choses matérielles n’ont pour lui que peu de valeur: “Tout est petit, inconsistant, en évanescence!” [VI, XXXVI] Pour se le rappeler il faut les mettre à nu, les “dépouiller de cette fiction qui les rends vénérables”; ainsi, pour lui, l’accouplement n’est que “le frottement d’un boyau et l’éjaculation, avec un certain spasme, d’un peu de morve”. [VI, XIII] (Cela ne l’a pas empêché, avant de se remettre le nez dans les livres, de faire une douzaine d’enfants à sa femme Faustine — dont seulement la moitié survivront jusqu’à l’âge adulte).
Il faut vivre dans le présent [I, XIV]. “Chacun ne vit que le moment présent, et (…) ce moment ne dure qu’un instant” [III, X]. Car tout est évanescence: “toutes ces choses que tu vois seront (…) transformées et ne seront plus” [IV, III]. “Car rien ne vient de rien, comme rien ne retourne à rien” [IV, IV]. “Les choses qui, dans la vie, sont les plus estimées ne sont que vide, pourriture, insignifiance (…)” [V, XXIII].
Comme Socrate (cité par Diogène Laërce dans Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres, Livre II, Socrate, XXXI), il semble vénérer la connaissance et mépriser l’ignorance. “Tous ces défauts sont arrivés à ces hommes par leur ignorance (…)” [II, I]. “Donne-toi le loisir d’apprendre quelque bonne vérité, et cesse de te laisser emporter par le tourbillon” [II, VII]. “Vénère la faculté de te faire une opinion” [III, IX]. “Aie toujours prêts les principes requis pour la connaissance des choses divines et humaines” [III, XIII]. “Qu’est-ce donc qu’une âme instruite et cultivée? C’est celle qui connait le principe et la fin, et la raison qui se répand à travers l’universelle substance (…)” [V, XXXII]. “Celui qui ne sait pas ce qu’est le monde ne sait pas où il est” [VIII, LII].
La vérité n’est pas dans les apparences mais dans les faits. “Ce n’est pas ce qu’il éprouve mais dans ce qu’il accomplit que se trouvent le bien et le mal d’un être raisonnable et social” [IX, XVI]. “Vois ce qu’ils sont lorsqu’ils mangent, dorment, s’accouplent, vont à la selle, etc.” [X, XIX].
Cette pièce de monnaie, la seule que j’ai de Marcus, représente tout cela pour moi — le fait qu’il ait invité son frère adoptif à partager le pouvoir, sa philosophie. C’est pourquoi j’ai pour ce sesterce un fort attachement sentimental.
Sources: Numismatics, CoinArchives, acsearch, vcoins, coinproject (bare head), coinproject (as), Ancient Roman Coins, Wildwinds.
[ Translate ]Monnaies anciennes 13
Antoninus Pius
J’ai quatre pièces de monnaies au nom d’Antoninus Pius: trois as et un denier. Je vous présente d’abord le plus beau des as.
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Type: |
Epoque: |
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Empereur: |
Règne: |
138 – 161 EC |
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Frappe: |
Rome |
Datation: |
142/3-144 EC |
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Nature: |
Métal: AE (bronze) |
Qualité: VF |
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Taille: |
25 x 26 mm |
Poids: |
10.187 g |
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Obverse |
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Inscription: |
ANTONINVS AVG PI – VS PP TRP COS III |
Description: |
Tête barbue, laurée, à d. |
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Reverse |
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Inscription: |
IMPERA – TOR II |
Description: |
Jupiter torse nu, assis sur un throne à g., tenant un éclair dans la main d. et un sceptre dans la g. |
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Notes: |
Payé ± $20 (1985/01/25) |
“crevasse” sur le revers, au-dessus de l’éclair de Jupiter |
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Réf.: |
BMC 1618 |
Ce très bel as d’Antonin le Pieux semble rare car très peu de sources le mentionnent (principalement RIC III: 727; il est absent de Sear (RCV 4th Ed.)). Les inscriptions nous permettent de le dater: ANTONINVS AVG[VSTVS] PIVS P[ATER ] P[ATRIAE] TR[IBVNICIA] P[OTESTATE] CO[N]S[SUL] III sur l’avers et IMPERATOR II sur le revers. À noter que les sources indiquent un S[ENATUS] C[ONSULTO] en exergue sur le revers mais, sur ma pièce, il ne semble pas y avoir assez de place pour une telle inscription (une variante qui semble n’apparaitre que sur l’aureus)! Antonin a reçu la plupart de ces titres (Auguste, Pieux) lors de son accession au pouvoir le 11 juillet 138, puis a été fait Père de la Patrie en 139. La puissance tribunicienne, comme c’est souvent le cas, n’est pas datée (elle a été reçu en février 138, lors de son adoption par Hadrien, et renouvelée annuellement par la suite en décembre). Toutefois, il a reçu le consulat pour la troisième fois en janvier 140 (quoiqu’il a été Consul Designatus III en 139) et ce titre ne fut pas renouvelé avant janvier 145 (il fut aussi Cos. Des. IIII en 144). Il reçoit le titre d’Imperator pour la seconde fois en 142 (quoique Sear, lui, place cette nomination en 143). La pièce aurait donc été frappé entre 142/143 et 144 EC. (Sources: Wikipedia, Numismatics, Numismatics, acsearch, FAC, CoinTalk).
Cet autre as est aussi très beau (F, AE (bronze), 26×27 mm, 8.950 g, payé environ $20 à la même date que le précédent) mais l’inscription du revers est seulement à moitié lisible. Sur l’avers on retrouve une tête barbue de l’empereur, laurée, regardant vers la droite avec l’inscription ANTONINVS – AVG[VSTVS] PIVS P[ATER] P[ATRIAE]. Le revers illustre une Pax (Paix) debout à gauche, tenant une branche d’olivier dans la main droite et une corne d’abondance dans la main gauche, entourée de l’inscription TR[IBUNICIA] POT[ESTATE] – CO[N]S[UL] II avec un S[ENATUS] C[ONSULTO] dans le champs de part et d’autre, et un PAX en exergue. Cela nous permet une datation précise (enfin!) puisqu’il a été consul pour la seconde fois seulement de janvier à décembre 139 (quoique, encore une fois, il a été cos. des. II dès 138). La représentation de la Paix fait sans doute allusion au fait que le règne d’Antonin a été très paisible et prospère. (Sources: RIC III 569a, Wikipedia, Numista, Numismatics, Wildwinds [Text / Pic]). Voir aussi ma fiche.
Si l’on continue dans l’orde descendant de la qualité, cet as est seulement “beau” (VG, AE, 26 mm, 9.085 g, payé $13 le 1985/11/18) car l’inscription de l’avers est à peine lisible. On y retrouve un buste (tête?) de l’empereur, lauré, à droite avec l’inscription ANTONINVS AVG[VSTVS] – PIVS P[ATER] P[ATRIAE] TR[IBVNICIA] P[OTESTE] CO[N]S[VL] IIII — à noter que plusieurs des exemples que j’ai trouvé sur l’internet donne la césure au-dessus de le tête au milieu du “PI – VS”. Sur le revers on peut lire SPQR (Senatus Populusque Romanus) / OPTIMO / PRINCIPI (“[dédié] au meilleur des princes”) / S C (Senatus Consulto) dans une couronne de chêne. Antonin a été consul pour la quatrième et dernière fois en 145, ce qui fait que cette pièce peut dater à partir de cette date jusqu’à la fin de son règne, le 7 mars 161 — quoiqu’une source la date précisément à 147 sans autre explication (toutefois la pièce aurait pu être frappée en l’honneur des decennalia de 148 — qui correspondait aussi au neuf-centième anniversaire de fondation de la ville de Rome; cela fait du sens considérant l’inscription “le sénat et le peuple de Rome dédient cette pièce au meilleurs des princes”). (Sources: Sear RCV [4th ed.]: 1292, Sear RCV [1983]: 1192, RIC III 827a, Wikipedia, CoinArchives, Numismatics, vcoins, Wildwinds, CoinProject). Voir aussi ma fiche.
Finalement, ce denarius est dans un état encore assez beau (G, AR [argent], 18 mm, 3.192 g, acheté à Londres pour 5£ le 1986/02/05), quoique les inscriptions demeurent difficiles à lire et que les bords du flanc sont dentelés par l’usure et qu’il est partiellement recouvert de dépôts brunâtres. Étrangement, cette pièce est la plus intéressante du lot. Sur l’avers on retrouve la tête de l’empereur laurée à droite avec la probable inscription ANTONINUS AVG[VSTVS] PIVS TR[IBVNICIA] P[OTESTE] XXII — la lecture du numéral est incertaine car il pourrait s’agir de XXI ou même de XXIII mais XXII semble être l’occurence la plus fréquente. Sur le revers, l’inscription est TEMPLVM DIV[I] AVG[VSTI] REST[ITVTVM] avec CO[N]S[VL] IIII en exergue. L’inscription “Temple du divin Auguste restauré” commémore la restoration du temple d’Auguste et de Livie par Antonin en 912 AUC (159 EC). Le revers est illustré d’un temple octastyle, contenant deux figures assises (Divus Augustus et Livia), avec un podium de trois marches et surmonté d’un quadrige, d’un fronton au tympan décoré et de Victoires sur les angles. Le quatrième consulat d’Antonin date la pièce de 145 à 161 mais la vingt-deuxième puissance tribunitienne (TR P XXII) précise cette datation à 158-159 EC. (Sources: Sear RCV [1983]: 1142, Sear RCV [4th ed.]: 1292, Seaby RSC v.2: 799a, RIC III 290a, Wikipedia, CoinArchive, acsearch, CoinProject, FAC, numismatics, Catawiki, CoinTalk, BM Collection, Frederic Weber, NAC, Noble Roman Coins, DeaMoneta). Voir aussi ma fiche.
Titus Aurelius Fulvus Boionus Arrius Antoninus est né le 19 septembre 86 dans une famille sénatoriale originaire de Nemausus (Nîmes) en Gaule Narbonnaise. Antonin fait une longue carrière dans la magistrature: questeur, puis préteur, il devient consul en 120, puis proconsul d’Asie (probablement en 134-135). Il a épousé Faustina (en 110~115), nièce de Sabina (femme d’Hadrien) et, ayant gagné les faveurs de ce dernier, il est adopté le 25 février 138. Hadrien en fait son successeur à condition qu’il adopte à son tour et prenne comme successeurs ses favoris Marcus et Lucius. Antonin accède au pouvoir le 11 juillet 138, à l’âge de cinquante-deux ans. À cause de son âge avancé, Hadrien espérait probablement qu’il règne juste assez longtemps pour que Marcus et Lucius deviennent adultes (ils avaient respectivement dix-sept et huit ans) mais Antonin règnera vingt-trois ans! En considération pour sa grande dévotion envers son père adoptif (qu’il fait diviniser par le sénat) et la patrie, il reçoit le titre de “Pius” (Pieux). Son règne a été tellement paisible et sans incidents que l’Histoire n’en a pas retenu grand chose. Il est considéré comme un bon et juste administrateur qui, comme Hadrien, s’est concentré à consolider les frontières de l’Empire (en doublant par exemple la frontière créée par Hadrien en Bretagne avec le mur d’Antonin un peu plus au nord). Toutefois, une paix prolongée signifie aussi la stagnation et cela sera ultimement une des causes du déclin de l’Empire. Il meurt de la fièvre (possiblement dues au paludisme) le 7 mars 161.
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Monnaies anciennes 12
Hadrianus
J’ai trois pièces d’ Hadrien: un as et deux sesterces. Je m’attarderai surtout sur le sesterce de très bonne qualité (F+/VF) et ne mentionnerai que brièvement les deux autres qui ne sont que d’une qualité “bonne” (G), voir passable (Fair).
L’as (bronze, 26 x 28 mm, 9.591 g) nous offre sur l’avers un buste d’Hadrien lauré à droite, l’épaule gauche légèrement drapée, avec l’inscription HADRIANVS – AVGVSTVS. Sur le revers on retrouve une Salus (Santé) drapée, debout à gauche, tenant un sceptre de la main gauche et une patère de la main droite avec laquelle elle nourrit un serpent enroulé autour d’une colonne ou d’un autel. L’inscription est SALVS – AVGVSTI (santé de l’Auguste) avec un S – C (Senatus Consulto) dans le champs et un COS III (consul tertium) en exergue. Hadrien a obtenu le titre d’Auguste à son accession au pouvoir le 11 août 117 et le consulat pour une troisième et dernière fois en janvier 119. La pièce est donc postérieure à ces dates. Les sources consultées en ligne (CoinArchive, Numista) la date soit de 125-126/7 ou 125-128. David R. Sear (Sear RCV (M): 3692) la date plus spécifiquement à 126 EC. Je l’ai acquise pour $10.75 le 1985/11/18. (Autres Réf.: C1367; RIC 678, RIC II.3 828). Voir aussi ma fiche.
Ce sesterce (bronze?, 31 x 32 mm, 23.278 g) nous offre sur l’avers un buste lauré (drapé?) et cuirassé d’Hadrien, à droite, avec la probable inscription HADRIANVS – AVGVSTVS. Le revers est plus lisible et intéressant avec la représentation d’une galère à gauche (au-dessus des vagues, cinq rameurs avec un timonier [hortator] à la poupe sous un abris, devant l’acrostolium, et flanqué d’un enseigne [signum] et d’un étendard [vexillum]; à la proue, un mât et une voile repliée), surmontée de l’inscription FELICITATI AVG[VSTI] (pour le succès ou la bonne fortune de l’Auguste), flanquée de chaque côté de S – C (Senatus Consulto, “avec la permission du Sénat”) et de COS III (consul tertium) P P (Pater Patriae) en exergue. Hadrien ayant reçu le titre de Père de la Patrie seulement en 128, la pièce doit donc être postérieure à cette date. Certaines des sources en lignes (vcoins, vcoins, CoinArchives, acsearch, cointalk, British Museum) datent la pièce de 129-130, d’autres de 132-134/5 car cela correspondrait à la période où Hadrien parcours l’empire (à Athènes et en Asie [Syrie, Égypte] de 129 à 133, en Judée de 133 à 134). Il semble difficile d’établir quelle variante (tête vs buste, drapée ou cuirassée, nombre de rameurs et gréements de la galère) correspond à quelle date. Je l’ai acquise pour environ $5 (1985/01/06). (Autres Réf.: Sear RCV (83): 1013; RIC 706). Voir aussi ma fiche.
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Type: |
Epoque: |
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Empereur: |
Règne: |
117-138 EC |
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Frappe: |
Rome |
Datation: |
128-138 EC |
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Nature: |
Métal: Orichalque |
Qualité: VF/F+ |
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Taille: |
30-31 mm |
Poids: |
29.686 g |
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AVERS |
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Inscription: |
HADRIANVS – AVG COS III PP |
Description: |
Tête laurée, barbue, à droite |
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REVERS |
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Inscription: |
FELICI – TAS AVG / S C (dans le champs) |
Description: |
Felicitas drapée, debout à g., tenant une branche dans la main d. tendue et un long caducée dans la g. |
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Notes: |
Payé $35 (1985/12/17) |
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Réf.: |
RIC II: 750 |
C 620 |
Sear RCV (M): 3595 |
Finalement, ce superbe sesterce nous offre sur l’avers la tête d’Hadrien laurée, regardant à droite, avec l’inscription HADRIANVS – AVG[USTVS] CO[N]S[UL] III P[ATER] P[ATRIAE]. Hadrien a reçu le titre d’Auguste lors de son accession au pouvoir en 117, son troisième consulat en 119 et le titre de Père de la Patrie en 128. La pièce a donc été frappée après cette dernière date.
Sur le revers, on retrouve une représentation de la Felicitas (Félicité), drapée [stola], tenant une branche et un long caducée, avec l’inscription FELICIT – TAS AVG[VSTI] et S[ENATUS] C[ONSULTO] dans le champs de part et d’autre. Ici le Caduceus est un symbole de paix, Felicitas Augusti signifie “pour la bonne fortune de l’empereur [ou l’Auguste]” et Senatus Consulto signifit “avec la permission du sénat”. Le sénat souhaite donc à l’empereur un bon succès dans une entreprise quelconque (par exemple dans ses voyages) ou dans le maintient de la paix de l’Empire.
Les pièces d’Hadrien ne semble jamais comporter de datation très précise. Toutefois, les sources consultées en ligne (CoinArchive, numismatics, numismatics, wildwinds) datent cette pièce soit de 134-138 ou plus précisément de 136 — mais aucunes n’indiquent vraiment quelle est la base pour parvenir à cette datation.
Hadrien est sans aucun doute l’un des empereurs que j’admire le plus. Ce que Trajan fit pour l’expansion du territoire et de l’économie de l’Empire, Hadrien le fit pour les arts et la culture. Il est né à Italica, en Espagne, le 24 janvier 76 EC. Son père meurt lorsqu’il n’a que dix ans et son tuteur devient le cousin-germain de son père, le futur empereur Trajan (dont il épousera la nièce, Sabine, en 100 EC). Il poursuit le cursus honorum en devenant magistrat (en 94), puis tribun militaire (en 95, 96 et 97), questeur (en 100), tribun de la plèbe (en 102), préteur (en 104), consul suffect (en 108) et finalement légat (général d’armée, en 113 durant la campagne contre les Parthes et légat de Syrie en 116). Sur son lit de mort, Trajan le nomme son successeur en l’adoptant légalement et il lui succède le 11 août 117.
Il n’a pas poursuivit la politique expansionniste de son prédécesseur mais a plutôt travaillé à en maintenir l’acquit: en protégeant les frontières (construction de fortifications [limes], dont le célèbre mur d’Hadrien par exemple), en construisant de nombreux monuments (aqueducs, temples, bibliothèques, l’Athenæum, etc.) et en réorganisant l’administration de l’Empire. Il a beaucoup voyagé au travers de l’Empire pour voir aux besoins des différentes provinces et a été un véritable patron pour les arts et les lettres.
À partir de 134, des problèmes de santé le confine à sa villa de Tibur. En 136, il adopte et nomme caesar Lucius Ceionius Commodus (possiblement son fils naturel) qui prend alors le nom de Lucius Ælius Verus. Toutefois, celui-ci meurt de pneumonie en janvier 138. Il aurait aimé adopter et choisir comme successeurs son protégé Marcus Aurelius Antoninus et le fils d’Aelius, Lucius Aurelius Verus, mais ceux-ci sont alors trop jeunes. À la place il adopte comme successeur le vieux consul Aurelius Antoninus, mais à la condition qu’il adopte à son tour Marcus et Lucius pour en faire ses successeurs. Hadrien meurt à la station thermale de Baïes le 10 juillet 138.
Une belle série de pièces de monnaies qui nous font voyager dans l’Empire Romain auprès d’Hadrien…
[ Translate ]Monnaies anciennes 11
Transition vers les Antonins
Nerva (97 EC)
Comme je l’ai mentionné pour la pièce précédente, à la fin de la dynastie des Flaviens, le sénat s’est empressé de nommé comme successeur un vieil empereur inoffensif, Nerva. Malheureusement, son règne fut très bref (du 18 septembre 96 au 27 janvier 98, c’est-à-dire à peine plus d’un an) et peu de monnaies furent donc frappées à son nom. Je n’ai donc qu’une seule pièce de cet empereur, et dans une condition très pauvre. Je tenais toutefois à vous la montrer comme un exemple de pièce à peine lisible et pour avoir l’occasion de parler de cet empereur de transition.
J’ignore comment j’ai identifié cette pièce originalement (mes yeux devaient être meilleurs dans ce temps-là) mais j’ai sans doute procédé par comparaison. L’avers comporte une tête de l’empereur laurée avec (croyez le ou non) l’inscription IMP CAESAR NER-VA AVG III COS. Ce qui a probablement aidé à l’identifier c’est le “III COS” qui est un peu lisible et est une façon inhabituelle d’indiquer que la pièce a été frappée sous le troisième consulat (en 97). Normalement, la titulature aurait due être “COS III”. Sur le revers on retrouve un large S C au centre d’une couronne de laurier (FAC: Laurel wreath) avec, en-dessous, un numéral grec (qui représente probablement le numéro de la frappe dans une série successive). Je crois qu’ici il s’agit d’un beta (𝞫). “S.C.” est l’abréviation de Senatus Consulto (“avec la permission du Sénat”) ce qui met bien l’emphase sur le fait que l’empereur a tout le soutien du sénat.
Il s’agit d’une petite dénomination de bronze (AE22, 22 mm, 7.072 g) caractéristique d’Antioche en Syrie. Je l’ai acquise pour environ $7 dans les années ’80. J’ai trouvé des pièces très similaires sur l’internet (Wildwinds, Vcoins, CoinProject, Provincial Romans, Henzen, acsearch, CoinsHome, MAshops, Iomega Collection) et dans Sear GICV 949. Voir aussi ma fiche (recto & verso).
On connait peu de chose du règne de Nerva mais l’histoire en a gardée une impression positive. Toutefois, l’économie de l’empire n’avait pas encore récupéré des suites de la guerre civile. N’ayant pas le support de l’armée et étant d’un âge avancé, sans descendance, il fut forcé par les militaires à se choisir un successeurs parmi eux afin d’assurer une transition de pouvoir pacifique. Il porta son choix sur un général d’armée d’origine hispanique, Marcus Ulpius Traianus, qu’il adopta selon la loi romaine. Cela complètera la transition vers la dynastie des Antonins, qui est considérée comme l’apogée de l’empire romain.
Denarius de Trajan (103-111)
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Type: |
Époque: |
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Empereur: |
Règne: |
98 – 117 EC |
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Frappe: |
Rome |
Datation: |
103 – 111 EC |
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Nature: |
Métal: AR (Argent) |
Qualité: VG+ |
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Taille: |
17 x 18 mm |
Poids: |
2 g |
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AVERS |
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Inscription: |
IMP TRAIANO AVG GER DAC PM TR P |
Description: |
Buste lauré, partiellement drapé (épaule g.), à d. |
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REVERS |
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Inscription: |
COS V PP SPQR OPTIMO PRINC |
Description: |
Aequitas (Équité) assise à gauche, tenant une balance dans la main d. et une cornucopia dans la g. |
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Notes: |
Payé $35 (1987/09/21) |
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Réf.: |
RIC 119; C 86; |
BMC 288; Strack 145 |
Sear RSC II: 86 |
J’ai quatre pièces de monnaies de Trajan (un as, un dupondius, un sesterce et un denier) mais c’est le denier qui me semble le plus intéressant parce que c’est la pièce avec la plus haute dénomination et qu’elle est en très bon état. Encore une fois, l’identification et la datation de la pièce est assez évidente grâce aux inscriptions qui nous donne une nomenclature et une titulature précise.
Sur l’avers on retrouve IMP[ERATOR] TRAIANO AVG[VSTVS] GER[MANICVS] DAC[ICVS] P[ONTIFEX] M[AXIMVS] TR[IBVNICIAE] P[OTESTATE] et sur le revers CO[N]S[VL] V P[ATER] P[ATRIAE] S[ENATVS] P[OPVLVS] Q[UE] R[OMANVS] OPTIMO PRINC[IPI].
Trajan obtient le titre de Germanicus (vainqueur des Germains) à son adoption en 97 alors qu’il est gouverneur de Germanie Supérieure. Il reçoit la même année la Puissance Tribunicienne (qui est renouvelée annuellement, d’abord en octobre, puis en décembre à partir de 100 EC). À la mort de Nerva, le 27 janvier 98, il devient empereur et prends le titre d’Imperator, d’Auguste, de Père de la Patrie, et de Grand Pontife. Dès 100 (avant le 1er septembre), le Sénat et le peuple de Rome (SPQR) lui décernent le titre d’Optimus Princeps (“le Meilleur des Princes”, en référence au fait que Nerva ait choisi le meilleur candidat pour sa succession — image vertueuse renforcée par la représentation de l’Équité qui accompagne l’inscription). Il reçoit le titre de vainqueur des Daces (Dacicus) en 102. En 103, il est nommé consul pour la cinquième fois (COS V = Consul quintum) — c’est d’ailleurs la seule titulature qui est spécifiquement datée, donc la pièce n’a pas pu être frappée avant cette date. Et comme il est consul pour le sixième fois seulement en 112 et qu’il ne reçoit le titre de vainqueur des Parthes (Parthicus) qu’en 116, la pièce doit être antérieure à ces dates (donc au plus tard en 111). Toutefois, après la conquête de l’Arménie en 114, le sénat lui attribut officiellement le titre d’ Optimus ce qui pourrait possiblement contredire la datation de la pièce, si la nomenclature “TRAIANO” cachait plutôt — derrière la déclinaison différente du nom — l’abréviation TRAIAN[VS] O[PTIMVS]… Possible, mais j’en doute. Aussi, sans raisons évidentes, certaines sources datent ce genre de pièces à 108-109 EC.
Trajan est considéré comme l’un des meilleurs empereurs romains. Bon administrateur et grand militaire, ses conquêtes (notamment en Dacie et les territoires Parthes) ont non seulement considérablement étendu les frontières de l’Empire mais ont aussi renfloué ses coffres, ce qui a permis de payer pour un imposant programme de constructions publiques (aqueducs, routes, thermes, temples, forum, marchés, et monuments — dont la fameuse colonne Trajane). Il institue également une aide alimentaire pour les citoyens les plus pauvres. Il adopte son petit-neveu Publius Aelius Hadrianus qui lui succède lorsqu’il meurt le 8 ou 9 août 117 à Selinus (Turquie) des suites d’un accident vasculaire cérébral (possiblement lié à une crise de paludisme) sur le chemin de retour d’une campagne contre la révolte judéo-parthe.
Une belle pièce de monnaie, plutôt ordinaire, mais qui nous ouvre une porte imaginaire sur le règne de cet empereur extraordinaire que fut Trajan.
Sources: Google, CoinProject, numismatics, CoinArchives, Wildwinds, acsearch, FAC (Optimus)
[ Translate ]Monnaies anciennes 10
Denarius de Domitianus (79)
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Type: |
Epoque: |
Flaviens (69-96 EC) |
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Figure: |
Domitianus (Caesar) |
Règne: |
14 sept. 81 – 18 sept. 96 EC |
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Frappe: |
Rome |
Datation: |
79 EC |
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Nature: |
Métal: AR (argent) |
Qualité: G |
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Taille: |
17 mm |
Poids: |
3.118 g |
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Avers |
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Inscription: |
CAESAR AVG F DOMITIANVS COS VI (à revers) |
Description: |
Tête laurée, à droite |
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Revers |
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Inscription: |
PRINCEPS – IVVENTVTIS |
Description: |
Salus (Santé), drapée, debout à droite, jambes croisées, reposant le bras gauche sur une colonne, tenant un serpent dans la main droite et le nourrissant à partir d’une patère de la main gauche |
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Notes: |
Acheté $35 |
inscription sur l’avers est inversée; usure sur le revers mais qui n’a pas effacée l’inscription |
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Réf.: |
RIC vol. II: 243 |
Cohen vol. 1: 384 |
RSC 384, Sear RCV (83) 774 ? |
Encore une fois on retrouve ici un denier très ordinaire de Domitianus, le troisième et dernier empereur Flaviens. Cette pièce est facilement identifiable et datable grâce à l’inscription qui offre une nomenclature et titulature bien lisible: CAESAR AVG[VSTVS] F[LAVIVS] DOMITIANVS CO[N]S[VL] VI.
Domitien a été consul dix-sept fois mais pour cinq de ces années il a été Consul suffectus (remplaçant ou suppléant — indiqué en gras): en 71, 73, 75, 76, 77, 79, 80, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 88, 90, 92 et 95. Son sixième consulat (COS VI, souligné) a donc été en 79 (de janvier à décembre).
La caractéristique la plus frappante de cette inscription est qu’elle est à revers (de d. à g.), la base du texte étant du côté extérieur de la pièce, ce qui est peu fréquent.
Domitien accède au pouvoir le 14 septembre 81, lorsque son frère Titus décède subitement de la peste. Il a été élevé loin de la cour et de sa famille, et son frère ainé ne partage aucun pouvoir avec lui, ce qui a pu être une source de ressentiment. Son administration de l’Empire semble avoir été bonne et il était aimé tant du peuple que de l’armée. Toutefois, il a régné d’une façon autocratique, souvent avec répression, concentrant le pouvoir entre ses mains au détriment du Sénat — ce qui lui attire la haine des grandes familles patriciennes. Il en résulte quelques complots qui culminent avec son assassinat par des membres de son entourage (garde prétorienne et ministre). Étant donné que les historiens romains (Tacite, Suétone, Dion Cassius) étaient tous soit sénateurs ou patriciens, l’histoire a conservé de lui une image plutôt négative — une brute peu intelligente. À sa mort, le Sénat s’empresse de proclamer la damnatio memoriae (condamnant sa mémoire à l’oubli) et à nommer comme successeur Nerva, un vieux politicien sans enfants qui ne risquait pas d’avoir d’ambition dynastique!
Princeps Juventutis (“Prince de la jeunesse”) était à l’origine le titre du chef de l’Ordre Équestre, mais sous l’Empire, il est devenu simplement un titre honorifique donné aux jeunes princes de la famille impériale considérés comme les héritiers du trône. Sur les monnaies, l’inscription est généralement accompagnée d’une représentation militaire (bannières et lances), parfois de nature équestre. Dans ce cas-ci, il s’agit d’une Salus (“Santé”, l’équivalent de la déesse grecque Hygie, généralement associée à son père, Asclépios, dieu de la médecine et fils d’Apollon). Sa représentation est souvent l’équivalent d’un souhait de prompt rétablissement à une figure politique qui a des problèmes de santé, mais le jeune Domitien est perçu comme ayant une bonne vigueur physique. Il s’agit donc probablement d’un souhait de bonne santé suite au décès de son père Vespasien (le 23 juin 79) et à l’accession de son frère Titus au pouvoir, ou à la suite d’une catastrophe naturelle (comme l’éruption du Vésuve le 24 octobre 79). Ces derniers détails pourraient possiblement nous permettre de dater la pièce à la deuxième moitié — ou même à la fin — de 79.
C’est une pièce de monnaie somme toute banale, mais l’une des deux seules pièces que j’ai de Domitien (l’autre est un as) et qui m’offre une bonne occasion de parler de cet empereur.
Description en anglais:
Obv: Laureate head right
Rev: Salus, draped, standing right, resting left arm on column, holding snake in right hand and feeds it out of patera in left
Sources:
Wildwinds, CoinArchives, Numiscmatics, Vcoins, FAC (Salus), FAC (Princeps Juventutis)
[ Translate ]Monnaies anciennes 9
As de Vespasianus (72-73 EC)
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Type: |
Époque: |
Flaviens (69-96 EC) |
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Empereur: |
Règne: |
69-79 EC |
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Frappe: |
Rome |
Datation: |
72-73 EC |
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Nature: |
As |
Métal: AE (bronze) |
Qualité: G |
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Taille: |
26 mm |
Poids: |
9 g |
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Obverse |
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Inscription: |
IMP CAES VESP AVG PM T P COS IIII CENS |
Description: |
Tête laurée à droite |
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Reverse |
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Inscription: |
S C (dans le champs) |
Description: |
Spes (Espérance) debout à gauche, tenant une fleur dans la main droite, relevant sa robe avec la main gauche |
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Notes: |
Payé $26 (1987/09/21) |
Le “V“ de “VESP“ est frappé d’une marque |
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Réf.: |
RIC 545; C 450 |
Un autre as de la dynastie des Flaviens qui n’a rien de remarquable sinon que c’est une pièce de Vespasien et que l’inscription est bien lisible. Celle-ci nous permet de dater la pièce: IMP[ERATOR] CAES[AR] VESP[ASIANVS] AVG[VSTVS] P[ONTIFEX] M[AXIMVS] T[RIBVNICIAE] P[POTESTATIS] [?] CO[N]S[VL] IIII CENS[OR].
Vespasien est d’origine modeste mais déjà sous Claude il devient légat de légion en Germanie, puis consul (en 51) et proconsul. Sous Néron il est légat de Judée. À la mort de ce dernier, c’est la guerre civile alors que plusieurs légions proclament leurs généraux empereurs. En juillet 69 Vespasien est donc acclamé empereur par ses troupes et reçoit les titres de Imperator, de Augustus ainsi que la puissance tribunicienne (celle-ci sera renouvelée annuellement au 1er juillet). Ayant reçu de nombreux support (dont celui de son frère, préfet de Rome, et de Marcus Antonius Primus), Vespasien prédomine et est nommé empereur par le Sénat en Décembre 69.
L’année suivante, en 70, il impose la paix en Orient avec l’aide de son fils Titus (en écrasant la révolte juive et en envoyant une ambassade auprès des Parthes) et reçoit les titres de Grand Pontife et de Père de la Patrie. Il entreprends de nombreuses réformes et la reconstruction de Rome (partiellement détruite par le Grand Incendie de 64) notamment avec l’amphithéatre Flavien (Colosseum). Pour refaire les finances de l’Empire, épuisées par la guerre civile, il crée de nouveaux impôts (dont la fiscus judaicus) et taxes (dont une sur la collecte d’urine, nécessaire en teinturerie, et qui sera la source des expressions “l’argent n’a pas d’odeur” et “vespasienne”). Ce fut donc un excellent empereur, reconnu pour être traditionaliste mais réformateur, économe mais bâtisseur. À sa mort, en juin 79 (possiblement de dysenterie), il fut divinisé par le sénat et son fils Titus lui succéda.
Toutefois la datation de cette pièce me pose un dilemme due à une contradiction. La titulature de la puissance tribunicienne n’est pas datée mais on suppose qu’il s’agit de la quatrième (TR.P. IIII — le chiffre IIII n’étant peut-être pas répété et donc partagé avec le COS IIII) que Vespasien a reçu en 72 (du 1er juillet 72 au 1er juillet 73). La pièce a été frappée sous son quatrième consulat (COS IIII) normalement reçu pour l’année 72 (de janvier à décembre) mais elle comporte aussi la titulature “CENSOR” qu’il a reçu en 73 (présumément en janvier). Cependant il ne reçoit pas son cinquième consulat avant 74, alors son quatrième consulat se serait-il étendu sur deux ans? Les sources consultés (je n’en ai trouvé que très peu en ligne [RIC II Pt1 (2nd Ed): 596] et D.R. Sear ne mentionne pas cette pièce) la date en 73…
L’image du revers, la déesse Espérance (Spes), se retrouve souvent sur les pièces au début du règne d’un prince, afin d’indiquer “soit les anticipations favorables que le peuple avait de lui, soit les attentes qu’il voulait susciter sur lui-même” (FAC). L’inscription “S.C.” veut simplement dire Senatus Consulto, c’est-à-dire “avec la permission du Sénat.”
Une autre belle pièce, intéressante car elle évoque de grands moments de l’histoire de l’Empire Romain…
Description en anglais:
Obv: Head laureate, r.
Rev: Spes advancing l., holding flower
Sources:
Numismatics, Forum Ancient Coins (Spes)
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Monnaies anciennes 8
As de Titus (césar)
Je vous présente maintenant des pièces de monnaie de l’Empire Romain proprement dit, où les pièces étaient généralement frappées à l’effigie de l’empereur au pouvoir. Je n’ai que très peu de pièces frappées sous la dynastie des Julio-Claudiens (d’Auguste à Néron) parce qu’elles sont plus en demande et donc plus chère, ce qui fait que les miennes ne sont pas en très bon état (mais j’y reviendrais possiblement plus tard). Je passe donc à la dynastie suivante: les Flaviens (Vespasien, Titus et Domitien). Ici, il s’agit de Titus alors qu’il était césar (second et successeur présumé) sous son père Vespasien qui a été empereur du 22 décembre 69 au 23 juin 79 EC.
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Type: |
Empire Romain |
Époque: |
Vespasien (69-79 EC) |
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Figure: |
Titus (caesar) |
Règne: |
24 juin 79 – 13 sept 81 |
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Frappe: |
Rome |
Datation: |
1 janvier – 1 juillet 72 |
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Nature: |
As |
Métal: Ae (bronze) ? Laiton ? |
Qualité: G |
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Taille: |
26 mm |
Poids: |
10.072 g |
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Avers |
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Inscription: |
T CAES VESPASIAN IMP P TR P COS II |
Description: |
Tête laurée, à droite |
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Revers |
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Inscription: |
AE-QVITAS-AVGVSTI / S.C. [dans le champs] |
Description: |
Aequitas debout à gauche, tenant une balance et un long sceptre |
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Notes: |
Payé ±$10.75 (1985/11/18) |
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Réf.: |
C-6, RIC 618, BMC 825d |
RIC II: 415 |
Pour cette pièce, toute l’information pertinente se retrouve dans la nomenclature et la titulature de l’avers qui sont heureusement bien lisible: T[ITVS] CÆS[AR] VESPASIAN[VS] IMP[ERATOR] P[ONTIFEX] TR[IBVNICIÆ] P[OTESTATIS] CO[N]S[VL] II.
Pour la nomenclature il faut faire attention car elle ressemble beaucoup à celle de son père [IMPERATOR TITVS FLAVIVS VESPASIANVS AVGVSTVS]. La subtilité est dans l’ordre où il reçoit ses titres: ils n’ont pas eut les même titre en même temps (la titulature de Vespasien commence avec le IMP) alors l’identification de la pièce se fait par la concordance entre les titres et la datation…
Titus a reçu le titre de caesar lorsque son père est devenu empereur en 69 EC. Puis il reçoit le titre d’Imperator après avoir reconquit Jérusalem en 70. Il reçoit la puissance tribunicienne pour la première fois en 71 (renouvelable le 1er juillet) et le titre de Consul pour la seconde fois en janvier 72. La pièce a été frappée avant qu’il reçoive la puissance tribunicienne pour la seconde fois au début juillet 72, donc elle date entre le 1er janvier et le 1er juillet 72. À noter que le titre de pontifex (“qui fait le pont” en latin — littéralement, puisque les pontifes entretiennent le pont Sublicius à Rome, mais aussi figurativement, car ils sont intermédiaires entre le profane et le sacré) est une fonction religieuse (c’est une une sorte de prêtre et de jurisconsulte).
Le revers illustre une Aequitas, déesse de l’équité (par extension aussi du commerce). Elle tient une balance (symbole de justice) et une hasta pura (lance sans fer ou pointe décernée à un soldat en signe de valeur). L’inscription Aequitas Avgvsti (“équité des empereurs”) fait référence à la vertu (équité, avoir le courage d’être juste) dont font preuve l’empereur et son successeur. Dans le champs, de par et d’autre, on retrouve les initiales S.C. pour Senatus Consulto, “avec la permission du Sénat.”
La dénomination de cette pièce est un As (de “æs” qui veut simplement dire métal non-précieux en latin, c’est-à-dire le cuivre ou le bronze). L’as valait un seizième de denier (en argent), un quart de sesterce (en orichalque / laiton, avec un poids de 25 g), et un demi dupondius (en laiton, environ 12.5 g). L’as était lui généralement frappé en bronze (mais aussi parfois en cuivre ou en laiton) et pesait environ 11 g. Si on ne fait pas attention on peut le confondre parfois avec le dupondius car les deux ont à peu près la même taille (26-28 mm) mais le dupondius est légèrement plus épais et donc plus lourd. Aussi la tête de l’empereur est radiée (portant une couronne radiée) sur le dupondius et laurée (portant une couronne de lauriers) sur l’as. L’as cesse d’être produit sous la dynastie des Antonins (au IIe siècle EC).
C’est une pièce qui n’a pas beaucoup d’intérêt en soi mais qui a une valeur sentimentale pour moi car j’aime bien Titus. Je l’ai étudié à l’université (“Pouvoir et religion sous le principat de Titus”) et son court règne est riche en événements. En effet, avec son père il a construit l’amphithéâtre Flavien (ou Colosseum) sur le site de la domus aurea de Néron et il en organise les très fastes jeux inauguraux en 80. Il mène aussi campagne durant la première guerre judéo-romaine pour mettre fin à la révolte en Judée (il fait le siège de Jérusalem en 70, de Massada, détruit le temple d’Hérode et revient triomphant à Rome avec un riche butin). Finalement, c’est durant son règne en août (ou octobre?) 79 que le Vésuve fait éruption et ensevelie les villes de Pompéi et d’Herculanum. Il a été éduqué à la cour de Claude, auprès de Britannicus, et a suivit le cursus honorum: il est tribun militaire en 57, puis légat de la Legio XV Apollinaris auprès de son père en 67. Durant son principat (caesar), il avait la réputation d’être débauché et cruel, mais tout cela est oublié lorsqu’il devient empereur en 79 et il est perçu par l’Histoire comme un bon administrateur, respectueux des traditions. Il meurt de la peste en septembre 81. C’est ma seule pièce de Titus.
Description en anglais:
Obv: Head of Titus, laureate, right
Rev: Aequitas, draped, standing left, holding scales in right hand and long vertical rod (pertica) or sceptre (hasta pura) in left
Sources:
Forum Ancient Coins, numismatics, wildwinds, coinproject (Dup), coinproject (As), acsearch
Forum Ancient Coins: Aequitas Augusti, Aequitas, Hasta Pura, Senatus Consulto
[ Translate ]Monnaies anciennes 7
Pièce Grecque impériale de Quadratus
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Type: |
Monnaie provinciale (Grecque Impériale) |
Époque: |
Sous le règne de Néron (54-68 EC) et la gouvernance de Quadratus (50-60 EC) |
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Frappe: |
Datation: |
55-56 EC |
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Nature: |
AE 18 |
Métal: AE (bronze) |
Qualité: F |
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Taille: |
19 x 21 mm |
Poids: |
5.577 g |
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Obverse |
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Inscription: |
𝝖𝝢𝝩𝝞𝝤𝝬𝝚𝝮𝝢 (par devant) |
Description: |
Tête de la ville-déesse d’Antioche (Tyche), voilée et couronnée d’une tourelle, à droite |
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Reverse |
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Inscription: |
𝝚𝝥𝝞.𝞙𝞞𝞤𝞐𝝙𝝦𝝖𝝩𝝤𝝪 / 𝝚𝝩.𝝙𝝦 (en exergue) |
Description: |
Bélier sautant à droite, regardant en arrière, avec une étoile dans un croissant au-dessus |
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Notes: |
Payé ± $10.75 (1985/11/18) |
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Réf.: |
BMC 20, 160, 70 |
Je vous présente ici un intéressant exemple de monnaie romaine provinciale — celles des provinces grecques sont connues comme des pièces “grecques impériales.” Cette pièce-ci porte des inscriptions très claires, en grec, qui en facilitent d’autant l’identification et la datation. Sur l’avers on retrouve le nom de la ville d’Antioche (𝝖𝝢𝝩𝝞𝝤𝝬𝝚𝝮𝝢 = Antiochia ad Orontem / Antioche-sur-l’Oronte), capitale de la province de Syrie, ce qui nous indique le lieu où la pièce a été frappé. Les inscriptions sur le revers nous indiquent qu’elle a été frappé par G. Ummidius Durmius Quadratus (𝝚𝝥𝝞.𝞙𝞞𝞤𝞐𝝙𝝦𝝖𝝩𝝤𝝪 / Επι κουαδρατου / Epi kouadratou / “sous Qvadratvs”) qui a été légat et gouverneur de Syrie en 51-60 EC, durant le règne de Néron (54-68 EC). En exergue, la pièce comporte également une datation très précise.
David Sear (Sear GICV, p. xxv) nous apprends que “La pratique consistant à placer la date sur les pièces de monnaie n’est devenue courante qu’à l’époque hellénistique. (…) L’essentiel des pièces datées (…) de la série grecque impériale est selon une époque (…). Les chiffres de date sont parfois précédés du mot ETOYΣ qui peut être abrégé en ET (…).” ETOYΣ (έτος) veut simplement dire “année”. Antioche utilisait un système de datation selon l’ère Césarienne. Tom Buijtendorp nous explique que celle-ci “se référait au moment où Antioche a été faite une ville autonome par Jules César après avoir vaincu Pompée lors de la bataille de Pharsale à l’été 48 [fin juin ou début août] avant notre ère.” Dans ce système, chaque lettre grecque se voit assignée une valeur.
Ainsi 𝝚𝝩.𝝙𝝦 se traduit par “ETOYΣ (année) 104” (où 𝝙 = 4 et 𝝦 = 100). Si l’on fait le calcul (104 + -48 [début de l’ère Césarienne] = 56), cette pièce a donc été frappé en 55 ou 56 EC (l’ère Césarienne ayant commencée au milieu de l’année, en juin ou en août, elle s’étends donc partiellement sur deux ans de calendrier).
Alors que SEAR classe cette pièce simplement dans les petites dénominations (AE 18, i.e. une pièce de métal non-précieux [aes, alliage de cuivre, généralement du bronze] d’environ 18 mm), l’une des sources l’identifie plutôt comme un Trichalkon (valant trois chalques ou 3/8 d’obole).
Ce qui rend cette pièce fascinante ce n’est pas seulement sa datation précise mais surtout le fait que l’avers semble illustrer un événement astronomique très précis. Une étoile (ou une planète) aurait été occulté par le passage de la lune alors qu’elle transitait dans la constellation du bélier ! L’astronome Michael Molnar est persuadé que cette illustration représente l’occultation de Jupiter dans le Bélier en l’an 6 AEC, un événement astronomique et astrologique qui aurait fort probablement constitué selon lui la fameuse “Étoile de Bethléem” à laquelle la Bible fait référence dans l’Évangile selon Matthieu alors qu’une “étoile” aurait guidé des mages vers le lieu de naissance de Jésus (Bethléem).
J’ai déjà identifié mes monnaies il y a longtemps et compilé les informations sur mes fameuses fiches, mais je trouve très intéressant (et amusant!) de vérifier ces informations à l’aide de l’internet et surtout de vous les expliquer le plus clairement possible. J’espère un peu vous intéresser non seulement aux monnaies mais surtout à l’histoire de l’antiquité… Comme je l’ai déjà dit, l’étude de chaque pièce est une occasion d’acquérir un nouveau savoir…
Description en anglais:
Obv: 𝝖𝝢𝝩𝝞𝝤𝝬𝝚𝝮𝝢 before veiled and turreted head of city-goddess, r.
Rev: Ram leaping to right, head turned to look back; above, star within crescent
Sources:
BUIJTENDORP, Tom. “Coin evidence concerning the Caesarean and Actian Eras” on Forum for Ancient Coins.
SEAR, David R. Greek Imperial Coins and their Values; The local Coinages of the Roman Empire. London: Seaby, 1982. 634 p. ISBN 0-900652-59-4. [Sear GICV] [Amazon • Goodreads • WorldCat]
CoinArchive, BeastCoins, Roman Provincial Coinage online.
[ Translate ]Monnaies anciennes 6
Denarius Impératorial de Marc Antoine
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Type: |
Impératoriale (Triumvirat) |
Époque: |
43-31 AEC |
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Frappe: |
Officine orientale |
Datation: |
Automne 32 – printemps 31 AEC |
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Nature: |
Denarius légionnaire |
Métal: AR (Argent) |
Qualité: F |
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Taille: |
16-17 mm |
Poids: |
3.20 g |
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Obverse |
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Inscription: |
ANT AVG / III VIR RPC |
Description: |
Galère prétorienne, à dr. |
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Reverse |
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Inscription: |
LEG V |
Description: |
Aigle, à dr., entre deux enseignes |
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Notes: |
Payé 650 FF (±$130) |
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Réf.: |
RRC 544/18, CRR 1221, |
CRI 354, RSC 32 |
RCV (83): 343-346; RCV (2004): 414-415 |
On retrouve ici une autre pièce de monnaie de la République Romaine mais cette fois de l’époque dite “Impératoriale”, c’est-à-dire sous les triumvirats et durant les guerres civiles. Le denier légionnaire était un monnayage de guerre frappée en grande quantité (entre 25 et 35 millions de pièces !) — et contenant souvent un alliage d’argent plus pauvre qu’à l’habitude — pour payer les légions. Dans ce cas particulier, celle de Marc Antoine qui se sont battues à Actium (Grèce) où Octave a vaincu Antoine et Cléopâtre VII en 31 AEC. On croit que l’atelier monétaire était soit établit à Patras (en Achaïe) ou soit voyageait avec l’armée de Marc Antoine en Grèce. Les inscriptions nous montrent un Marc Antoine investit de l’Imperium (pouvoir de commandement) et Triumvir (il s’agit bien sûr du second triumvirat qui incluait Marc Antoine, Lépide et Octave — le premier triumvirat avait inclus César, Crassus et Pompée).
L’inscription Ant(onius) Aug(urus) démontre que Marc Antoine désirait souligner son association avec César qui avait été augure — une sorte de prêtre.
L’inscription Tresvir(i) R(ei) P(ublicae) C(onstituendae) [Triumvir pour la réorganisation de la République] souligne son appartenance légitime au triumvirat, qui avait été constitué par la Lex Titia en 43 pour diriger l’état de façon collégiale.
Sur l’avers, on retrouve la représentation d’une galère romaine, ce qui est fort approprié puisque plusieurs des batailles de la dernière guerre civile de la République romaine, opposant Antoine et Octave, furent des batailles navales.
L’inscription “LEG V” indique que cette pièce a été frappée pour payer la cinquième légion appelée Legio V Alaudae (alouette en gaulois). Cette légion a été créée en Gaule Cisalpine par Jules César en 52 AEC. Son nom fait référence aux ailes d’alouettes qui paraient les casques gaulois. Elle est entrée en action pour la première fois au siège d’Alesia, contre Vercingetorix. Après la mort de César et le début des guerres civiles, la légion prit le parti de Marc Antoine.
Sur le revers, on retrouve la représentation de l’aigle romaine (aquila) qui est l’emblème des légions romaines. C’était un symbole important et très respecté. Cette dernière est flanquée par deux étendards romains (signum manipuli) qui représentaient chacune des unités de la légion (manipule ou, plus tard, centurie) et jouait un rôle important dans l’organisation de la légion. Wikipedia les décrit ainsi: “Il se composait d’un poteau surmonté soit d’une paume ouverte de main humaine, soit d’une tête de lance. La paume ouverte, a-t-on suggéré, était à l’origine un symbole de la manipule (manipulus = “une poignée“), la plus petite unité tactique de l’armée romaine de la mi-République. Les mâts étaient ornés de deux à six disques en argent (dont la signification est incertaine). De plus, le mât serait orné d’une variété de traverses (y compris, en bas, un symbole de croissant de lune et un pompon). Il porterait également normalement une barre transversale avec des pompons.”
C’est une pièce relativement commune mais que j’adore de par son association avec Marc Antoine et l’événement particulier de la bataille d’Actium. Elle est superbe et fascinante !
Description en anglais:
Obv: war galley under twelve oars right with triple ram prow and scepter tied with fillet
Rev: aquila (legionary eagle) right between two signa (legionary standards)
Sources:
“The Legionary Denarius of Mark Antony”, vcoins, vcoins, CoinArchives, coinproject, Wildwinds, acsearch, Imperial Roman NZ, RCV (83): 343-346, RCV (2004): 414-415.
[ Translate ]Monnaies anciennes 5
Denarius républicain de P. CLODIVS
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Type: |
Époque: |
509 – 27 AEC |
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Frappe: |
Rome |
Datation: |
c. 42-41 AEC |
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Nature: |
Métal: AR (Argent) |
Qualité: VG / F |
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Taille: |
18-19 mm |
Poids: |
3.794 g |
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Obverse |
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Inscription: |
Aucune |
Description: |
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Reverse |
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Inscription: |
À d.: P CLODIVS (descendant), à g.: M. F. (descendant) |
Description: |
Diane Lucifer debout de face, avec un arc et un carquois sur l’épaule, tenant deux longues torches allumées dans chaque main |
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Notes: |
Payé $45 |
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Réf.: |
RRC 494/23; Syd. CRR 1117 |
RCV(83) 294; RCV(2004) 328 |
Comme pour les pièces de M. CIPI et de L LVCRETIVS TRIO, celle-ci est également une pièce républicaine cette fois frappée par le magistrat monnayeur (triumvir monétaire — d’où la titulature “M.F.” ?) P CLODIVS qui nous est inconnu sinon qu’il a tenu cet office en 42 AEC (une source le cite comme étant P. Clodius M.f. Turrinus). Comme pour les pièces précédentes, la datation a changée avec les années puisque SEAR date la pièce en 41 AEC dans son édition de 1983, puis en 42 AEC dans les éditions plus récentes.
Description en anglais:
Obv: Laureate head of Apollo, r.; lyre behind
Rev: Diana Lucifera std facing, with bow and quiver over shoulder, holding two long lit torches in each hand. On r., P CLODIVS (downward); on l., M.F. (downward)
Sources:
En plus des même références citées pour la pièce de M CIPI, j’ai aussi consulté les liens suivants: vcoins, vcoins, MFA Boston, CoinArchive, Littletoncoin.
[ Translate ]Monnaies anciennes 4
Denarius fourré de L. Lucretius Trio
Surprise ! Je vous présente une autre pièce de monnaie romaine cette semaine !
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Type: |
Époque: |
509 – 27 AEC |
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Frappe: |
Rome |
Datation: |
c. 76 AEC |
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Nature: |
Denarius fourrée |
Métal: coeur de bronze (Ae) recouvert d’argent (Ar) |
Qualité: G |
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Taille: |
18 mm |
Poids: |
2.837 g |
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Obverse |
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Inscription: |
(Aucune apparente mais devrait comporter un chiffre) |
Description: |
Tête de Neptune laurée, à droite (avec un trident derrière la tête, à peine visible) |
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Reverse |
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Inscription: |
L LVCRETI / TRIO (en dessous) |
Description: |
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Notes: |
Acheté à Londres 5 £ (1986/02/05) |
Pièce d’argent fourrée, avec noyau apparent sur l’avers; entaille verticale sur revers. |
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Réf.: |
Syd. CRR: 784; RCC: 390/2; RSC Lucretia 3 |
Sear RCV (83): 251; Sear RCV (M): 322 |
Voir fiche originale |
Comme l’autre pièce que je vous est présenté plus tôt, il s’agit ici d’une pièce de la république romaine, et donc le nom qui y apparait est celui du magistrat monnayeur (triumvir monétaire). Dans ce cas-ci, c’est Lucius Lucretius (de la gens Lucretii) dont nous connaissons peu de chose sinon qu’il a tenu cet office en 76 AEC.
Cette pièce est endommagée et une partie des inscriptions est donc illisible. Par contre, en comparant à d’autres pièces similaires, on peut les deviner. Sur l’avers, derrière la tête de Neptune, on peut deviner le manche d’un trident. Aucune inscription n’est apparente mais le champs derrière la tête devrait comporter un chiffre dénotant la valeur de la pièce ou un numéro de contrôle de cette série de frappe. Sur d’autres pièces similaires, on retrouve X, XVI mais aussi des chiffres allant de I à LXXIV (où le L est remplacé par un L ou un T inversé). Sur le revers on peut lire distinctement “LVCRETI” mais on devine à peine le L qui précède, le I qui suit, et le TRIO en dessous. Toutefois, tous les indices sont là pour nous permettre d’identifier et de dater la pièce sans le moindre doute. Par contre, comme pour la pièce précédente, SEAR date la pièce en 74 AEC dans son édition de 1983 (RCV (83): 251) mais l’édition de 2000 (Sear RCV (M)) situe la date en 76 AEC et les autres sources concordent avec cette dernière datation.
Évidemment, la caractéristique la plus visible de cette pièce est le fait qu’elle est fourrée (le terme est le même en anglais). C’est un terme technique qui veut essentiellement dire qu’elle est plaquée. Son flan (le coeur, noyau de la pièce ou son “âme”) est fait d’un métal non-précieux (généralement le bronze mais parfois le cuivre, le fer ou un alliage) recouvert d’or ou d’argent. Toutefois, ce n’est pas toujours l’oeuvre de faussaires car cette technique frauduleuse était déjà pratiquée dans l’antiquité. La technique facile généralement utilisée par les faux-monnayeurs était de couler la pièce directement dans un moule mais les détails de la pièce coulée étaient parfois flous. Dans le cas des pièces fourrées, elles sont pas coulées mais frappées et nécessite généralement des coins authentiques. Cette technique doit donc avoir été pratiquée par des faussaires avec des contacts au sein des ateliers monétaires ou, plus vraisemblablement, par des officiers monétaires qui voulaient “tricher” sur la valeur de la monnaie sans la dévaluer. C’était une pratique relativement commune durant la République et le début de l’Empire. Lorsque l’usure n’a pas révélé la supercherie (comme c’est le cas ici), la meilleure façon d’identifier une pièce fourrée est son poids: cette pièce pèse normalement en moyenne 3.75 g (entre 3.25 et 4.25 g) alors que la mienne n’en pèse que 2.8 g. Par contre, l’usure et la patine de ma pièce indique clairement que c’est une pièce antique et non un faux plus moderne. Je la considère donc comme “authentique”.
En conclusion, c’est une autre pièce digne d’intérêt. En fait, chaque nouvelle pièce est une opportunité d’en apprendre plus sur la Rome antique, sur son système monétaire et même sur la vie quotidienne de ses citoyens. Avoir de l’intérêt pour ce genre de sujet est toujours une source de nouveau savoir. Et c’est justement pour cela que j’ai choisi de vous parler de ma collection.
[ Translate ]Sources:
En plus des même références citées pour la pièce de M CIPI, j’ai aussi consulté les liens suivants: VCoins, VCoins, National Museum of Scotland, Catawiki, Wildwinds, ACsearch, coinArchive, numista, Shanna Schmidt numismatics, Les Dioscures, Ancient coins forum — juste pour n’en citer que quelques uns.
Monnaies anciennes 3
Denarius de M CIPI
Depuis deux semaines, j’ai commencé à vous présenter ma collection de pièces de monnaies anciennes. Ici, je continue avec un autre bel exemple, une pièce de la République Romaine. À l’époque où je collectionnais ces pièces, dans les années ’80, je les identifiais à l’aide de bouquins de la bibliothèque de l’Université et j’inscrivais toutes les informations sur de petites fiches en cartons. Toutefois, pour vous les présenter, je m’efforce de confirmer l’identification et la datation, cette fois-ci à l’aide de l’internet. C’est encore un peu laborieux mais maintenant on trouve tout de même beaucoup d’information en ligne…
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Type: |
Époque: |
509 – 27 AEC |
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Frappe: |
Rome |
Datation: |
115-114 AEC |
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Nature: |
AR Denarius |
Métal: Argent |
Qualité: F/ VF |
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Taille: |
15 mm |
Poids: |
3.888 g |
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Obverse |
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Inscription: |
X – MCIPI MF |
Description: |
Tête de Rome casquée à d. |
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Reverse |
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Inscription: |
ROMA (en exergue) |
Description: |
Victoire conduisant une bige galopante à droite, tenant les rênes et une branche de palmier; gouvernail au-dessous |
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Notes: |
Payé $8 (1985/12/17) |
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Réf.: |
Pink TM: 29 |
Syd. CRR: 546; Sear RCV (’83): 184; RRC: 289/1; RSC: Cipia 1 |
Sous la République Romaine, la monnaie était frappée sous la responsabilité de trois magistrats (les triumvir aere argento auro flando feriundo [trois hommes en charge de couler et frapper la monnaie (de bronze, d’argent et d’or)] ou triumviri monetales), les triumvir monétaire, eux-même sous la direction des questeurs. Ils faisaient partie du collège des vingt-six magistrats mineurs (vigintisexvirat). Comme il n’y avait pas encore de chef d’état (caesar ou empereur — la cité étant dirigé collégialement par le sénat) c’est le nom (ou le monogramme) de l’un de ces magistrats qui apparaissait sur la monnaie. Comme ceux-ci était nommé annuellement, il est relativement facile de dater les pièces. Ici, il s’agit de M CIPI (famille Cipia) qui a été en poste en 115 – 114 AEC mais dont on ne connait rien. Je crois que la titulature M.F. pourrait référer à son poste (monetales feriundum), à la frappe de la monnaie…
Dans la première moitié du IIe siècle AEC, le denier d’argent a une valeur de dix as (denarius veut justement dire “dizaine” et aes veut simplement dire “bronze”), d’où le symbole “X” (chiffre romain 10) qui apparait à gauche du champs de l’avers et qui dénote la valeur de la pièce. Dans la deuxième moitié du IIe siècle (vers 140 AEC) et au 1er siècle AEC, le denier sera dévalué à seize as (indiqué par le symbole “XVI” ou “X”) mais, selon PINK, il semble que le symbole “X” a continué à être utilisé pour une certain temps. Il nous apprend aussi que le magistrat principal supervisait la frappe des pièces de bronze et que ses deux collègues s’occupaient des pièces d’argent.
PINK ne fournit aucune datation et SEAR, dans son édition de 1983, date les pièces Cipia à 107 AEC. Par contre, dans l’édition de 2000, la datation est corrigé à 115-114 AEC et toutes les références plus récentes concordent avec lui.
Une belle pièce plutôt intéressante.
Sources:
- CRAWFORD,M. H. Roman Republican Coinage. 2 vol. (RRC) [Amazon • WorldCat]
- PINK, Karl. The Triumviri Monetales and the structure of the coinage of the Roman Republic. (Numismatic Studies #7). NY, American Numismatic Society, 1952. 78 pages. (Pink TM)
- SEABY, H.A. Roman Silver Coins. 4 vol. (RSC) [Amazon • WorldCat]
- SEAR, David R. Roman Coins and their Values. London, Seaby, 1983. (Sear RCV (83)) [Amazon • WorldCat]
- SEAR, David R. Roman Coins and their Values (Millennium Edition), Vol. 1: The Republic and the Twelve Caesars. London, Spink, 2000. (Sear RCV (M)) [voir image] [Amazon • WorldCat]
- SYDENHAM, E. A. The Coinage of the Roman Republic. (Syd. CRR)[WorldCat]
- Roma Numismatics 2 (02.10.2011): p. 118 (#414) [voir image]
- Roma Numismatics Auction XI: p. 157 #568 [voir image]
- CoinProject
- Google (RSC Cipia)
- Google (Roma MCipiMF)
- CoinArchive
- Wildwinds
- “Denarius”
[ Translate ]Titulature et description en anglais:
Obv.: Helmeted head of Roma right; M•CIPI•M•F before, X (mark of value) behind
Rev.: Victory driving galloping biga right, holding reins and palm branch; rudder below, ROMA in exergue
Ancient coins 2
Athenian Tetradrachm
Last week I started introducing to you my collection of ancient coins. Here I continue with another fine example: the Athenian Tetradrachm also known as the “Athenian owl”.
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Type: |
Classical Aegean city-states |
Era: |
5th century BC |
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Mint: |
Attica, Athens |
Date: |
454-404 BC |
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Nature: |
AR Tetradrachm |
Metal: silver |
Quality: F |
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Size: |
24 x 22 mm |
Weight: |
17.425 g |
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Obverse |
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|
Inscription: |
None |
Description: |
Head of Athena to right, with archaic smile and a frontal almond-shaped eye, wearing earring, and Attic helmet, decorated with three olive leaves and a spiral palmette on the bowl |
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Reverse |
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Inscription: |
AΘE |
Description: |
Owl standing to right, head facing, two-leafed olive sprig and crescent to top left, AΘE to right (abbreviation of ΑΘΗΝΑΙΩΝ [ATHENAION], “of the Athenians”) |
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Notes: |
Paid $220 US |
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Ref.: |
Sear GCV I: 2526 (pp. xi-xii, 235-238). [Goodreads] |
This type of coin was struck by most Greek city-states of the Aegean Sea during the classical era (5th & 4th century BC). It is probably one of the best known examples of Greek Coinage because they were produced in large quantity and widely used throughout the Mediterranean. The city-state of Athens dominated the area from its victory over the Persian (in 479 BC) to the end of the Peloponnesian War (in 404 BC) when it was itself defeated by the Spartans. Also a great quantity of coins were struck after Pericles took over and moved the treasury of the Delian league to Athens (in 454 BC). During that period, the Athenian Tetradrachm (i.e. of the value of four drachmae) was the most common coinage and characterized by the head of the goddess Athena on the obverse and a representation of the owl of Athena on the reverse. Funnily, we can still find similar representations on modern greek drachma or even on greek euro coins !
It is definitely one of my favourite coins because it is one of the oldest, it is in a fine condition and I really like the iconic image of the owl, which represents knowledge and wisdom.
[ Traduire ]Monnaie ancienne 1
Denarius de Lucius Verus
Je vous ai déjà parlé de mon intérêt pour les choses anciennes, particulièrement les livres. Toutefois je m’intéresse aussi aux pièces de monnaies, particulièrement la monnaie romaine. Tout cela a commencé lorsque j’étudiais la Rome antique à l’université. Pour la maîtrise, je travaillais sur l’empereur Lucius Verus. Pour ce faire je devais, entre autre, étudier l’iconographie de l’empereur (statuaire, monument, monnaie) qui est un mode important d’expression de la propagande impériale. À force d’étudier les monnaies sur papier, cela donne le goût de les avoir entre les mains. Alors, avec un collègue d’université, on a commencé à les collectionner. Des pièces de nos empereurs d’abord, puis tout ce que l’on pouvait trouver d’intéressant à bon prix… Ce qui fait que j’ai maintenant une petite collection de près de cent-soixante-quinze monnaies…
Récemment, un collègue de travail me parlait de ses pièces anciennes et je lui ait offert de les identifier, ce qui a ravivé ma passion pour les monnaies anciennes. Une passion que j’aimerais maintenant partager avec vous en vous présentant, une à une, au fil des semaines, les pièces les plus intéressantes de ma collection. Voici la première :
| Empereur: | Date vie / règne: |
130-169 / 161-169 |
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| Frappe: |
Rome |
Datation: |
Déc. 167 – Fév. 168 |
| Nature: | Métal: Argent | Qualité: F | |
| Taille: |
18 mm |
Poids: |
3.380 g |
| Obverse | |||
| Inscription: |
L VERVS AVG ARM – PARTH MAX |
Description: |
Tête lauré, à droite |
| Reverse | |||
| Inscription: |
TR P VII IMP IIII COS III |
Description: |
Aequitas debout à gauche, tenant une balance et une cornucopia |
| Notes: | |||
| Réf.: |
RIC III : 578 |
Sears : 1444 |
Celle-ci est définitivement l’une de mes favorites. C’est un denier d’argent de Lucius Verus, co-empereur avec Marcus Aurelius. L’identification est facile grâce à la nomenclature (L VERVS AVG) et la titulature (ARM PARTH MAX d’une part, et TR P VII IMP IIII COS III d’autre part) nous permet une datation assez précise. On y apprend que Verus est le grand vainqueur des Arméniens et des Parthes, qu’il a reçu pour une septième fois (en Déc. 167) le pouvoir tribunaire (Tribunitia Potestas), pour une quatrième fois (en 166) le titre d’Imperator et celui de consul pour une troisième fois (en 167). Comme il reçoit le pouvoir tribunaire une huitième fois en décembre 168 et qu’il est acclamé Imperator une cinquième fois fin 167 ou début 168, on peut dater la pièce entre décembre 167 et février 168. Fascinant, n’est-ce pas?
[ Translate ]Life at the time of the Corona
Or what to do when you’re stuck at home because of the COVID-19 social distancing mesures.
There is not much we can do besides sleeping, taking walks in the park (while keeping our distance from other people), reading books, watching TV series or movies, or using the internet to virtually travel elsewhere. We took a little time to gather for you a few suggestions of places where you can find pleasurable distractions. Enjoy !
Reading
All libraries are closed but — if you don’t already have a good book collection at home or a nearby book store — you can always rely on digital books. Beside the obvious commercial options (Amazon, Audible, Barnes & Noble, Kobo), here are a few suggestions to find free digital books:
- BAnQ: Ressources numériques
- Bibliothèque numérique de Montréal
- Bibliothèque des Amériques: livres numériques
- Bibliothèque numérique mondiale / World Digital Library
- Gallica: bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France
- Google Books
- ibiblio: The Public’s Library and Digital Archive
- Internet Archive
- Library of Congress Digital Collections
- Open Library
- Project Gutenberg
- Smithsonian Digital Library
- Universal Digital Library
More precisely, if you want to read free manga online (see also a list on epubor), here a few suggestions:
- BookWalker
- ComiXology
- Mangairo
- Mr Comics (upcoming, formerly Manga Rock)
- Shonen Jump free chapter (Viz)
Movies & music
There are plenty of free music streaming sites on the internet (Spotify, Pandora, Google Play, iHeartRadio, etc.) but personally I use mainly Internet Radio, Stingray, and TuneIn.
However, beyond the commercial streaming sites (Amazon Prime Video, AppleTV+, Disney+, Hulu, Netflix, etc.), the free movies streaming sites are less well-known. Here are a few suggestions:
- AcornTV (7-day free trial, 30 with code “FREE30”)
- Apar.tv
- Britbox (7-day free trial)
- Classic Cinema Online
- Crackle
- CrunchyRoll
- Hoopla
- IMDb TV (formerly FreeDrive; not available in Canada)
- Internet Archive
- Kanopy (BAnQ)
- NFB Indigenous Cinema
- ONF / NFB
- Open Culture
- Plex
- PopcornFlix
- Tarkovsky films
- Tou.tv
- Pluto TV
- RetroCrush anime
- Showtime (30-day free trial)
- Shudder (free trial with code “SHUTIN”)
- SnagFilms.com
- Sundance Now (7-day free trial, 30-day free trial with code “SUNDANCENOW30”)
- Tubi
- UMC (not available in Canada; 30-day free trial with code “UMCFREE30”)
- Youtube
Also, if you are interesting in Japan and Japanese culture, I suggest you stream shows from NHK World.
Virtual visits
You can find a lot of places to visit virtually on Google: Art & Culture, but here are a few suggestions:
Museums
- Archaeological Museum, Athens
- British Museum, London
- Dali Museum, Catalonia
- Frida Kahlo Museum, Mexico
- Paul Getty Museum, Los Angeles
- Guggenheim museum
- Louvre museum, Paris
- Metropolitan Museum, New York [Youvisit] [Google]
- Musée d’Orsay, Paris
- Museu de Arte de São Paulo
- Museum of Modern Art (MoMa), New York
- National Gallery of Art, Washington
- National Museum of Anthropology, Mexico City
- National Museum of the United States Air Force
- National Museum of Modern and Contemporary Art, Seoul
- Pergamon Museum, Berlin
- Pinacoteca di Brera, Milan
- Prado Museum, Madrid
- Rijksmuseum, Amsterdam
- Smithsonian National Museum of Natural History, New York
- Smithsonian National Portrait Gallery, Washington D.C.
- State Hermitage Museum, St. Petersburg, Russia
- Tate Gallery, London
- Thyssen-Bornemisza National Museum, Madrid [Rembrandt] [Balenciaga and Spanish paintings]
- Uffizi Gallery, Florence
- Van Gogh Museum, Amsterdam
- Vatican Museum, Rome [360]
- Virtual museums Canada
Music
- Bavarian State Opera
- Berlin’s Philharmonie
- Malmö Live Concert Hall
- Metropolitan Opera House, New York
- Orchestre Symphonique de Montréal (OSM)
- Vienna State Opera
Nature
- Great Wall of China
- National Parks
- San Diego Zoo live streams
- Yellowstone National Park
- Yosemite National Park
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