Les fleurs de la mer Égée, vol. 1

FleursMerEgee-1-covDeux jeunes filles en marge de leur époque embarquent pour le voyage d’une vie ! 

À Ferrare, dans l’Italie du XVe siècle, Lisa ne rêve que de voyager à travers le monde. Alors que les jeunes filles de son âge cherchent un mari et ne pensent qu’à la romance, elle est passionnée par les objets exotiques. Un jour, elle rencontre Olha, une jeune fille de Qirim (Crimée actuelle), qui cherche à se rendre sur l’île de Crète pour y retrouver sa petite soeur. Lisa, bien déterminée à lui venir en aide, se met en tête d’embarquer avec elle. Un voyage plein d’aventures et de découvertes commence alors pour les deux jeunes filles ! 

Une grande découverte culturelle aux dessins somptueux ! Préparez-vous à une aventure inoubliable avec Les Fleurs de la Mer Égée ! Deux héroïnes pétillantes vont traverser le bassin méditerranéen en découvrant ses richesses et son histoire. Lisa, une jeune fille en quête de voyage et Olha qui recherche désespérément sa petite sœur, vont vous faire découvrir des lieux et des cultures d’une richesse incomparable. 

Chaque page regorge d’informations sur l’art, la gastronomie ou encore les coutumes du XVe siècle. Les dessins d’Akame Hinoshita sont de toute beauté et retranscrivent à merveille les splendeurs des villes comme Venise ou encore Split. Lisa et Olha, par leur fraicheur et leur curiosité nous font penser bien évidemment à une autre de nos héroïnes : Arte ! Elles portent le récit sur leurs épaules et on s’émerveille à chaque page avec elles. Les Fleurs de la Mer Égée va vous transporter dans une époque passionnante de l’histoire à travers le regard de deux héroïnes attachantes que vous aller adorer !

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

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Les fleurs de la mer Égée (エーゲ海を渡る花たち / Aege-kai wo Wataru Hana-tachi / Lit. “Fleurs traversant la mer Égée”) a été serialisé dans Comic Meteor et publié en volumes chez Softbank – Flex Comic en 2018. C’est une série complète en trois volumes qui ont été traduit en français chez Komikku Éditions.

Un autre manga historique que j’ai pris au hasard parce que cela me semblait intéressant. L’histoire n’est pas toujours vraisemblable (elle est chanceuse la demoiselle de pouvoir voyager comme ça) mais suffisamment bien écrite pour garder l’attention du lecteur. L’auteur a effectué beaucoup de recherches et présente beaucoup d’information historiques et géographiques qui malheureusement alourdissent parfois un peu le récit. Le début de la renaissance est une période fascinante et, en cet aspect, ce manga me rappel un peu Césare mais avec beaucoup moins d’action. Étrangement, c’est considéré comme un manga seinen alors que j’aurais plutôt crû que c’était un shojo… Le dessin est agréable à l’oeil et bien détaillé, avec parfois une petite touche d’humour lorsque les personnages ont des expressions rigolotes.

C’est intéressant, informatif et cela se lit bien. Une bonne lecture pour passer le temps.

Les fleurs de la mer Égée, vol. 1 par Akame Hinoshita. Paris: Komikku Éditions, février 2020. 170 pg (168 pl.), , 13 x 18 cm, 8,50 € / $15.95 Can., ISBN 978-2-372-87491-5. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

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© Akame Hinoshita 2019. © Komikku Éditions 2020 pour la version française.

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Monnaies anciennes 23

Les Royaumes Environnants 1

L’Empire Romain a accompli son expansion au détriment de peuples dit “barbares” (aux yeux de Romains) qui ont été soit conquis, soit repoussés. Lorsque l’Empire a atteint son expansion maximale il lui a fallut de constantes campagnes militaires pour maintenir ses frontières. Les trois principaux fronts ont été la Bretagne (contre les Pictes), le nord de l’Europe (les provinces de Germanie Inférieure et Supérieure, Rhétie, Norique, Pannonie, Dacie & Mésie où les Romains affrontent une grande variété de tribus germaniques telles les Marcomans, les Quades, les Sarmates, les Alamands, etc.) et le front orientale (principalement contre les Parthes). Avec le temps les frontières se sont plus ou moins stabilisées autour de lignes de fortifications (comme les murs d’Hadrien et d’Antonin en Bretagne) ou des barrières naturelles (comme le fleuve Danube ou le Rhin en Germanie). Et même malgré cela l’Empire a subit un assaut constant de populations qui désiraient reconquérir les territoires perdus ou simplement participer aux richesses de l’Empire. Au IIIe siècle, les frontières sont devenu peu à peu poreuses, permettant à une certaines quantités de migrants de s’assimiler, puis, aux Ve et VIe siècles, elles ont complètement cédé pour permettre à des peuples “barbares” (Goths, Vandales, Huns, Wisigoths, Ostrogoths, Francs, Lombards, etc.) d’envahir et d’occuper l’Empire d’Occident.

La plupart de ces peuples possédaient une civilisation relativement frustre et n’avaient ni écriture, ni système monétaire. Ce n’était toutefois pas le cas des royaumes orientaux, comme les Parthes, qui possédaient déjà une civilisation assez sophistiquée et qui avaient largement bénéficier de l’influence hellénistique suite aux conquêtes d’Alexandre. Je voudrais donc m’attarder un instant sur quelques uns de ces royaumes environnants qui ont été tout à la fois ennemis et partenaires commerciaux de l’Empire.

Empire Parthe 

D’abord, une brève histoire de l’Empire Parthe. Il aurait prit naissance vers 247 AEC lorsque Arsace Ier, le chef des Parni (une tribu scythe d’Asie Centrale [Indo-Européennes], établie entre la mer Caspienne et la mer d’Aral), décide d’agrandir son territoire. Il conquiert d’abord, vers 238 AEC, la province Parthe (Parthie) que le satrape Andragoras venait de déclarer indépendante de l’Empire séleucide et il fonde la dynastie des Arsacides. Profitant de la secession du Royaume gréco-bactrien et du fait que l’Empire séleucide est au prise successivement avec l’Égypte ptolémaïque et la République romaine, l’Empire Parthe, sous Mithridate Ier (171-135 AEC), conquiert éventuellement l’Hyrcanie, la Médie, la Mésopotamie, l’Élymaïde, la Characène et l’Arménie, pour s’étendre de l’est de l’Indus jusqu’à la Syrie. Au travers de nombreux conflits (dont la guerre parthique de Lucius Verus que j’ai déjà mentionné), les empires Parthe et Romain se disputent l’Arménie, la Mésopotamie et l’est de la Syrie. Affaiblie par ses guerres avec Rome et de nombreux conflits internes, l’Empire Parthe est remplacé par celui des Sassanide en 224 EC. Riche d’un mélange de culture hellénistique, iranienne et arménienne, l’Empire Parthe s’est imposé — grâce à la route de la soie — comme une plaque tournante du commerce entre Rome et la Chine des Han. 

Vologese III (110-147)

Mon intérêt pour les pièces de monnaies Parthes m’est venu de mes recherches sur Lucius Verus et le fait qu’il ait mené campagne contre les Parthes en 161-166. J’aurais aimé mettre la main sur une pièce du roi Parthe de cette époque (Vologèse IV, 147-191) mais il semble que la pièce que j’ai acquise en est plutôt une de son prédécesseur, Vologese III (110-147). Fils de Pacorus II, son règne est caractérisé par une série de conflits où il doit d’abord affronter l’usurpateur Osroes Ier puis, après que ce dernier ait violé le traité de Rhandeia avec les Romains, il doit combattre les troupes de Trajan qui envahissent son territoire en représailles. Il doit également répondre à l’expansion de l’Empire Kushan à l’est et à une invasion des Alains au nord. Vologèse IV, fils de l’usurpateur Mithridate V, lui succède en 147.

IMG_8254-8255Ce très très beau drachme (VF [very fine], AR [argent], 18.0 x 18.5 mm, 3.330 g, payé $85 le 1985/05/03) nous offre un avers qui ne comporte aucune inscription mais simplement une représentation du monarque (si je me fie aux détails de l’apparence, qui correspond au type 78 [variante 78.3b] de la classification de Sellwood, ce serait vraisemblablement un portrait de Vologese III — quoique dans certains textes il peut y avoir une possible confusion entre Vologèse III (105-147, qui fut anciennement numéroté II) et Vologèse IV (147-191, qui fut anciennement numéroté III)). Il s’agit d’un buste, regardant à gauche, coiffé d’une tiare carrée (faite de quatre lignes horizontales, surmonté de neuf pointes), avec une longue barbe pointue (composée de six lignes), une coiffure composée de trois niveaux de vagues de cheveux (quatre lignes et deux fois cinq lignes), portant un diadème (avec une boucle double en haut et trois extrémités pendantes), une boucle d’oreille, et un collier (fait de 3 lignes à peine visibles). Le portrait est entouré d’une bordure de points (absente pour la moitié inférieure).  

Le revers est plus compliqué et est typique du début du IIe siècle. Il représente un archer assis à droite sur un trône (mais qui n’est pas illustré) tenant un arc, entouré d’une légende grecque maladroite (composée de sept lignes de texte: deux en haut [une partiellement visible], deux en bas et à gauche [une invisible], et une à droite). Sous le siège de l’archer, il y a un +, et sous l’arc on retrouve un monogramme (numéro 26 selon la classification de Babelon?) qui indique que la pièce a été frappée à l’atelier d’Ecbatane. L’inscription, qui serait commune aux pièces de Vologèse II (78-80), III (110-147) et IV (147-191), se lit ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΒΑΣΙΛΕΩΝ / ΑΡΣΑΚΟΥ ΟΛΑΓΑΣΟΥ / ΔΙΚΑΙΟΥ / ΕΠΙΦΑΝΟΥΣ ΦΙΛΕΛΛΗΝΟΣ (BASILEOS BASILEON ARSAKOU [W]OLAGASOU DIKAIOU EPIFANOUS FILELLINOS) et se traduirait “Roi des rois Arsace, [V]ologèse [Walagaš], juste, glorieux, philhellène [Ami des Grecs]”. 

Aucun élément ne nous permet de dater la pièce avec plus de précision que les dates du règne de Vologèse III (110 à 147 EC) et encore, la confusion sur le nom de celui-ci (Vologèse II? III? IV?) ou même sur la date du règne (soit 110-147 ou 147-191), rends cette identification incertaine. Toutefois, nous sommes sûr qu’il s’agit d’une pièce du IIe siècle.

C’est intéressant comment une simple pièce de monnaie peut nous amenez à découvrir toute une civilisation ancienne.

Sources: Wikipedia [Empire Parthe, Monnaie Parthe, Vologèse FR / EN; note: il y a une différence importante entre les deux versions!], Google, Sear GIC 5830/31; BMC 23.186,66/72, BMC 23.217,1; Sellwood 78; MA-Shop, MA-Shop, CoinArchives, CoinsHome, Parthika, Parthika (Types S.73 à 81), FAC (Parthia, Parthian Coins, Doug Smith’s Parthian Silver Drachms), Parthia (Parthian Coins, Identification, Monograms, Inscriptions, Vologases III). Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

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Images du mer-fleuri [002.021.027]

Zinnia marylandica

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0933Le Zinnia du Maryland est une espèce de plante herbacée à fleurs de la classe des Magnoliopsida, de l’ordre des Asterales, de la famille des Asteraceae, de la tribu des Heliantheae (comme les tournesols) et du genre Zinnia (qui regroupe une vingtaine d’espèces qui ont été développées en une centaine de cultivars). Dans ce cas-ci il s’agit du cultivar “Double Zahara Raspberry Ripple”. Les zinnias sont des annuelles caractérisées par leurs feuilles lancéolées et des fleurs à gros capitules qui attirent beaucoup les papillons. C’est une fleur décorative très appréciée à cause de sa grande variété de couleurs et de formes. (Source: Wikipedia [FR/EN], divers sites d’Horticulture)

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Nos Compagnons (Taniguchi)

NosCompagnons-covCe livre réunit les récits de Jirô Taniguchi consacrés aux chiens et aux chats.

C’est la disparition de son chien qui a poussé Jirô Taniguchi à écrire le premier chapitre de cette anthologie, comme une étape logique dans son processus de deuil. Si l’auteur est connu pour ses délicates fresques humaines, Nos Compagnons se penche sur les liens forts unissant le maître et l’animal, unis dans la vie comme dans la mort.”

“C’était juste un chien… Mais ce que nous venions de perdre, c’était beaucoup plus que ça. Et ce qu’il nous avait laissé, c’était encore plus.”

“Dans Nos compagnons, Jirô Taniguchi donne à voir et à ressentir l’indéfectible amitié qui nous lie à nos animaux domestiques. L’attachement, la complicité et la tendresse qui naissent et grandissent au fil de journées rythmées par des petits rituels et des joies simples, puis l’inévitable déchirement de la séparation. Par sa mise en scène du quotidien, tout en retenue et en attention portée à ce qui parait insignifiant de prime abord, Jirô Taniguchi saisit l’essence du lien qui nous unit à ces véritables partenaires de vie.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Cette anthologie thématique posthume reprends des récits déjà publiés dans Terre de rêve (犬を飼う / Inu o kau / lit. “Élever un chien”, publié au Japon en 1991-92 et en français chez Casterman en 2005) et republiés dans Une anthologie (谷口ジロー選集 : 犬を飼うと12の短編 / Taniguchi Jirō Senshū: Inu o kau to 12 no tanpen / lit. “Sélection de Jirō Taniguchi: Élever un chien et 12 histoires courtes” publié au Japon en 2009 et en français chez Casterman en 2010 — que j’ai déjà commenté).

Dans “Avoir un chien” (犬を飼う / Inu o kau / lit. “Élever un chien”; 40 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 25 juin 1991), un jeune couple déménage à la campagne afin d’avoir un chien. Après plus de quatorze ans, celui-ci devient faible pour finalement mourir des suites d’une longue maladie. L’histoire illustre les joies de prendre soin d’un animal mais aussi la douleur que cause sa perte.

 

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Dans “Et maintenant… un chat” (そして…猫を飼う / Soshite… neko o kau / lit. “Et … garder un chat”; 26 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 25 décembre 1991), un an après la disparition de Tam, le jeune couple adopte une chatte persane suite à la recommandation d’une voisine. Ils la nomment Boro (chiffon) et, après une période d’acclimatation mutuelle, elle leur donne une portée de chatons et peut-être le bonheur. Il semble que Taniguchi a effectivement eut un chien qui est mort en 1990, suivi d’une chatte persane nommée Boro!

Dans “Vue du jardin” (庭のながめ / Niwa no nagame / lit. “Vue sur le jardin”; 24 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 10 avril 1992), le même jeune couple découvre toutes les difficultés que représente trouver preneurs pour des chatons. Aussi, ils partent à la recherche du vieux chien aveugle d’une voisine. Il sera retrouvé mais mourra tout de même six mois plus tard, entouré des soins de sa maîtresse. En bout de ligne, le couple ne donnera qu’un chaton, à une petite voisine, et conservera trois chats!

Dans “Quelques jours à trois” (三人の日々 / San’nin no hibi / lit. “Journées à trois”; 28 pages, originalement publié dans le bimensuel Big Comics de Shôgakukan le 25 septembre 1992), le jeune couple reçoit la visite surprise d’Akiko, une nièce de douze ans, qui a fait une fugue. Son père est décédé cinq ans plus tôt et sa mère songe à se remarier et cela trouble la jeune fille. Elle passe ainsi la dernière semaine des vacances d’été à mener une vie de famille normale: jouer avec les chats, pic-niquer, se lancer la balle, aller voir un match de baseball, etc., puis retourne chez elle. Dorénavant tout ira pour le mieux.

Dans “Une lignée centenaire” (百年の系譜 / Hyakunen no keifu / lit. “Généalogie de 100 ans”; 36 pages, originalement publié dans Big Comics 1 de Shôgakukan le 12 avril 2009 et publié en français pour la première fois dans Une anthologie), la chienne Hana donne naissance à cinq petit chiots. C’est l’occasion pour Kimiko, la grand-mère, de raconter à sa petite-fille l’histoire de cette longue lignée de bergers allemands, qui failli, une fois pendant la 2e guerre mondiale, être interrompue. La lignée remontait à Günter, un berger allemand qu’un architecte prussien avait donné à son grand-père, un médecin militaire, à la fin de l’époque Meiji (1912). Kimiko avait grandie avec Belle, une chienne de la cinquième génération. Malheureusement, elle fut réquisitionnée par l’armée japonaise en 1943 pour contribuer à l’effort de guerre. Mais, après la guerre, elle ne revint pas. La vie reprit peu à peu son cours normal et la famille ouvrit une petite pension pour survivre dans l’économie difficile de l’après-guerre et Belle fut oubliée… jusqu’à ce que Kimiko entendes parler d’un article de magazine racontant l’histoire d’un soldat américain et de son chien Japonais!

Nos compagnons nous offres de belles histoires touchantes, dessinées dans un style agréable et fluide. Ce recueil nous permet donc de relire Taniguchi qui, malgré sa disparition, reste un des mangaka les plus appréciés en Europe. Une très bonne lecture pour les amateurs de chiens et chats et une excellente occasion de découvrir Taniguchi si vous ne le connaissez pas déjà.

Nos compagnons, par Jirô Taniguchi (Traduction par Patrick Honnoré). Paris: Casterman (Coll. Écriture), octobre 2019. 160 p. (154 pl.), 17 x 24 cm, 16.95 € / $C 32.95. ISBN 978-2-203-19329-1. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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©  1991, 1992, 2009, PAPIER / Jiro TANIGUCHI.

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Poésie du dimanche [002.021.024]

Le poète du dimanche est de retour. Mais comme mon vieux cerveau engourdi ne peut plus cracher que des tanka et des haïku, je ressort des vieilleries. Cette semaine, en cherchant des vieux papiers dans mes boites, je suis tombé sur un cahier de poésie datant des années ’70. Le plus ancien de ces poèmes date de 1972, alors que je n’avais que dix ans. On y voit que mes goûts pour la SF, la philosophie, le morbide et l’Histoire ne datent pas d’hier. La plupart de ces poèmes de jeunesse sont plutôt moches, mais il y a tout de même quelques perles oubliées que je vais vous présenter dans les prochaines semaines…

Je débute avec cette fable de 1975, évidemment inspirée d’Ésope et de Jean de La Fontaine :

L’archéologue et la momie

Dame momie dans son sarcophage couchée
Gardait un secret qui la rendait folle
Maître archéologue, passant par là, intrigué
Lui dit à peu près ces paroles:

“Bonjour, ma dame momie
Que vous êtes bien conservée et que vous êtes jolie
Sans rien vous cacher, si votre bandage
Se rapporte à votre coffrage
Vous êtes le phénix de toute l’Égypte ancienne !”

À ces mots, la momie en peine
Pour montrer ses ornements d’or
Lui mit sous le nez ses trésors

L’archéologue s’en saisit en disant: “Ma chère soeur
Apprenez que tout bon chercheur
Vit au dépend de celui qui détient les secrets
Cette leçon vaut bien un peu d’or, et c’est bien fait !”

Dame momie, pleurant des larmes de numides
Décida, mais un peu tard, qu’elle vivrait dans une pyramide

Biset Lermite
1975/04/03

Je trouve cette fable plutôt amusante. J’ai toutefois fait quelques modifications: j’ai changé “resta figé” par “intrigué”, j’ai remplacé “ornage” (qui n’existe pas) par “coffrage” et l’ai interverti avec “bandage” et j’ai choisi de mettre “larmes de numides” au lieu de “larmes humides” qui fait un peu enfantin (quoi que “larmes de numides” ne veut rien dire non plus mais cela semble moins bête). À l’époque je signais mes poèmes “Biset Lermite” — qui sonnait comme “Bernard-l’hermite” et évoquait l’image d’un pigeon des plus communs et solitaire. C’est bien sûr inspiré de la fable de La FontaineLe Corbeau et le Renard” (elle même volée à Ésope et à Phèdre). C’est pas génial mais c’est tout même pas trop mal pour un gamin de presque treize ans…

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Isabella Bird 6

IsabellaBird-6-covIto s’est enfin décidé à révéler à Isabella qu’il était lié par un précédent contrat. Pour lui, la route s’arrêtera au port d’Akita ! Sans ses multiples talents, c’est tout le périple qui pourrait être compromis… Le jeune homme en est conscient : taraudé par la culpabilité, il a bien du mal à se reposer.

Pourtant, son employeuse ne semble pas affectée outre mesure… On dirait au contraire qu’elle a retrouvé son entrain ! Après tout, les deux voyageurs ont encore du chemin à parcourir avant d’arriver à destination… Qui sait ce que l’avenir leur réserve ?

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !

[Texte de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan.

Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le septième, est paru au Japon en août 2020 et en France en décembre 2020.

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Dans le premier chapitre de ce sixième volume, Ito est surpris de l’enthousiasme de Miss Bird même après qu’il lui ait annoncé qu’il devra quitté l’expédition lorsqu’ils arriveront à Akita. À la ville-étape de Innai, ils rencontrent un jeune docteur japonais, Kobayashi, qui étudie la médecine occidentale et s’est donné pour mission de guérir le Béribéri. Cette maladie cause une paralysie des jambes et on la croit contagieuse, mais le Dr. Kobayashi croit qu’elle est en fait due à une déficience alimentaire liée à la consommation de riz blanc et la traite en prescrivant une diète de mugimeshi (un mélange de blé et de riz complet).

Lorsqu’ils arrivent à l’étape suivante, Yuzawa, un incendie fait rage. C’est l’occasion pour Miss Bird d’apprendre comment les pompiers japonais travaillent. Les maisons sont démolies pour éviter que l’incendie se propage et, comme elles sont construite très légèrement, elles sont rapidement rebâties par la suite. Miss Bird s’étonne également de l’incroyable résilience des habitants qui acceptent le drame comme une chose parfaitement naturelle.

Le lendemain (19 juillet de l’an 11 de l’ère Meiji [1878]), Miss Bird trouve des papiers dans la rivière. Il s’agit d’un registre comptable qu’un commerçant aura probablement jeté à la rivière pour le protéger des flammes. Elle est surprise par la résistance du papier, alors ils font un détour par le hameau de Jumonji pour visiter un atelier de fabrication de papier “kamisuki.” L’écorce d’un mûrier “kozo” est pilonnée pour faire une pâte à laquelle on ajoute une glue tirée d’un hortensia “noriutsugi”. La pâte est ensuite coulée dans une sorte de tamis “sukisu” pour être séchée au soleil. Le résultat est un papier extrêmement résistant. 

Sur la route d’Ushu, Ito et Miss Bird rencontre un homme qui a un malaise. Ils le ramènent à la maison dont il est le serviteur dans le village de Rokugo. La maîtresse de la maison, Yuki, leur apprend que son époux vient de mourir mais les invite quand même à partager son hospitalité. Malgré le drame, Yuki est très forte et sourit pour cacher son chagrin. Miss Bird assiste au rituel du lavement du corps (yukan), puis on rase le crâne du défunt, et l’habille d’un yukata couvert d’idéogrammes—des sutras qui aideront le défunt à voyager dans l’autre monde. Ensuite c’est la cérémonie de fermeture du cercueil, que l’on fait passer sous une arche de roseaux, puis c’est la mise en terre. Yuki leur parle un peut de son époux. Plus tard, Ito tente de convaincre Miss Bird de remettre le voyage vers Ezo à plus tard, lorsque la température sera plus clémente, mais elle lui dit que c’est impossible. Cette expédition est son ultime aventure car elle a l’intention de se marier à son retour en Angleterre!

Sans trop savoir pourquoi, le dessin m’apparaît légèrement différent, mais toujours aussi détaillé et agréable. Le dessinateur semble prendre de l’expérience. Malgré cela, ce volume ne me semble pas aussi bon que les précédents. C’est peut être que l’originalité du récit s’estompe un peu plus avec chaque nouveau volume. Ou alors c’est le fait que le récit m’apparait un peu artificiel et pédagogique. Il est moins anecdotique que les volumes précédent, chacun des chapitres se concentrant plutôt sur quatre grands thèmes (le Béribéri, les pompiers, le papier japonais et les rituels funéraires). Je remarque également qu’il n’y a aucune scène où Miss Bird écrit à sa soeur, ce qui serait peut être la façon de l’auteur de montrer que cette partie du récit est originale et non pas inspirée de l’oeuvre de Miss Bird. En effet, j’ai lu le récit original de Bird et je ne me souviens pas d’y avoir vu aucune des anecdotes racontées dans ce volume. Avec une histoire principalement fictive, l’auteur en profite pour ajouter sa propre description du Japon de cette époque mais il le fait d’une façon peut-être un peu trop didactique…

Ceci dit, cela reste une très bonne lecture et un sujet fascinant pour tout amateur de mangas historiques et d’histoire japonaise. 

Isabella Bird, femme exploratrice T06 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), septembre 2020. 224 pg (206 pl.), , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-0664-0. Pour lectorat jeune (7+). stars-3-5

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Voir mes commentaires sur les volumes précédents:

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Monnaies anciennes 22

Les femmes romaines (6)

Theodora

J’ai plusieurs pièces byzantines, généralement en piètre état, et celle-ci est donc probablement l’une des rares dont je vais vous parler. Considérant l’état de la pièce, son identification est incertaine. Quoi qu’il en soit c’est une occasion pour moi de parler d’une femme qui n’a pas seulement été l’épouse d’un empereur mais qui a véritablement régner sur Constantinople. 

Bien sûr, lorsque l’on parle de l’impératrice Theodora, il faut faire attention de ne pas la confondre avec la demi-douzaine d’impératrices byzantines qui ont porté le même nom, dont la plus célèbre est sans aucun doute l’épouse et co-imperatrice de Justinien (527-548) — mais il y a aussi, entre autres, l’épouse de Constance 1er (293-306) et l’épouse de Théophile (830-842). Dans ce cas-ci il s’agirait d’une pièce de l’impératrice Théodora Porphyrogénète, qui fut la dernière descendante de la dynastie macédonienne à régner sur le trône de Constantinople.

Theodora III Porphyrogenita (Θεοδώρα Πορφυρογενίτη) est la plus jeune des trois filles de l’empereur Constantin VIII: Eudoxie (qui prend le voile jeune après avoir souffert de la petite vérole), Zoé (née vers 978) et Théodora (née vers 980). Pour assurer sa succession, son père marie d’abord Zoé à un vieux sénateur, Romain III Argyre, avec qui elle est co-impératrice de novembre 1028 à avril 1034. Zoé, jalouse de sa soeur Théodora (qui était, dit-on, plus belle et plus intelligente), l’accuse de comploter contre elle et l’exile au monastère de Petrion. À la mort de son époux, Zoé se remarie à Michel IV (avec qui elle continue de régner de avril 1034 à décembre 1041). Lorsque celui-ci décède à son tour, elle adopte son neveu, Michel V (décembre 1041 à avril 1042), mais celui-ci l’exile pour prendre le pouvoir seul. Toutefois, une révolte populaire le force à fuir et le peuple réclame le retour de Théodora pour qu’elle partage le pouvoir avec Zoé. La bonne entente ne durera cependant que trois mois. Zoé se marie pour une troisième fois à Constantin IX, avec qui les deux soeurs partagent le pouvoir de juin 1042 à juin 1050. 

À la mort de Zoé, Théodora retourne au couvent et Constantin IX règne seul jusqu’à sa mort en janvier 1055. Théodora revient alors à Constantinople où elle peut enfin régner sans avoir à partager le trône. Elle tient les rênes du pouvoir d’une main ferme: elle préside le sénat, fait une purge parmi les hauts fonctionnaires et le commandement militaire (les remplaçant par ses propres eunuques), contrôle les excès des nobles et s’ingère même dans le choix des évêques — ce qui lui attire de nombreux ennemis. Ne s’étant jamais marié, elle n’a aucun successeur désigné lorsqu’elle meure de troubles intestinaux (possiblement d’une appendicite) en août 1056, à l’âge de soixante-seize ans. Ses conseillers mettent sur le trône Michel VI, un vieux fonctionnaire et ancien ministre des finances militaires. Après un bref règne et des troubles civils, Isaac Ier prends le pouvoir, signalant le début de la dynastie des Comnène. Théodora aura été une impératrice intelligente et forte dont le règne tumultueux a malheureusement eut des répercussions néfastes, puisque sa politique étrangère causa non seulement le schisme de 1054 mais aussi créa des tensions avec le Califat fatimide qui bloqua alors l’accès des pèlerins aux Saint-Sépulcre.

IMG_8739-8744L’aspect caractéristique et aisément reconnaissable de ce nummus (aussi appelé follis) de qualité plutôt passable (Fair, Ae, 30 x 32 mm, 9.164 g, payé environ $5 le 1985/01/06, flan mince et possiblement refrappé) c’est son revers qui nous offre l’inscription IC-XC / NI-KA divisée par les quatre angles d’une croix ornée de bijoux (ou du moins c’est ce que suggère le motif granulé). Sur l’avers aucune inscription n’est visible mais on y retrouve une figure du Christ, dont on voit le trois-quart du corps, debout de face, la main droite levée en une bénédiction, et la main gauche tenant les Évangiles. Si l’on consulte le Catalogue of the Imperial Byzantine Coins in the British Museum (IBC) les seules pièces similaires sont attribuées à Théodora et datées entre le 11 janvier 1055 et le 31 août 1056.

Dans la description de l’avers, le IBC (vol. 2, # 6 à 16, pp. 507-508) ajoute qu’il y a une auréole derrière la tête du Christ (qui forme une croix avec des points), qu’il porte une tunique et un manteau, que les Évangiles sont aussi décorés de points et qu’il y a une inscription: +EMMA NOVHL (translitération grecque de l’hébreux Emmanuel [עמנואל / Εμμανουήλ] qui signifit “Dieu [est] avec nous”) avec IC – XC dans le champs de part et d’autre. Ce Chrisme (ou Christogramme) est le même que l’on retrouve sur le revers et constitue un monogramme formé des première lettres grecques du nom du Christ (IC = ΙΗϹΟΥϹ / IESOYS / Jesus et XC = ΧΡΙϹΤΟϹ / KRISTOS / Christ). Sur le revers, il s’y ajoute le mot Nika pour former l’inscription “Jésus-Christ est victorieux”.

Étrangement, la plupart des sources sur l’internet (voir plus bas) semblent attribuer ce type de revers à Michel IV (ce qui est à peu près de la même époque que Theodora, en fait quelques années plus tôt, soit 1034-1041). Pourtant, les pièces de cette époque comportent surtout des avers montrant juste le torse du Christ (la moitié du corps) et des revers avec beaucoup plus de texte (du genre “IS-XS / BASILE / BASILE” ou “+INSYS / XRISTYS / BASILEY / BASILE”, ce qui veut dire à peu près “Jésus Christ Roi des rois” — voir IBC v.2, pl. LVIII pour exemples). Il y aurait-il eut de nouvelles découvertes depuis la parution du IBC au début du siècle dernier? C’est possible. Toutefois, le IBC mentionne que plusieurs de ces pièces sont refrappées (overstruck) sur des pièces plus anciennes, ce qui pourrait expliquer la confusion… Quoiqu’il en soit, il serait sans doute plus sage de considérer cette pièce comme anonyme…

Sources: Wikipedia, Google, IBC v.2: 6-16, FAC (Byzantine Coins of the Macedonian Dynasty), CoinArchives, CoinArchives, CoinArchives, acsearch, Numista, CoinTalk. Voir aussi ma fiche.

Ceci conclu cette sous-série de billets sur les femmes vue à travers mes monnaies romaines. Évidemment, la vie d’une impératrice devait être bien différente de la vie d’une femme ordinaire romaine. Comme la société romaine est de nature patriarcale, on s’attendrait à ce que la femme n’y ait aucun pouvoir. En effet, par la loi, elle est toujours dépendante soit de son père, soit de son époux, et son rôle est surtout de gérer le domaine familiale (l’entretient, l’approvisionnement, les esclaves, etc.), de tisser et d’avoir des enfants. Toutefois, la matrone romaine était tout de même assez libre. Elle pouvait témoigner devant un tribunal, recevoir un héritage, posséder et gérer une entreprise, divorcer, confier ses enfants à des nourrices et éducateurs, s’adonner à de nombreux loisirs (aller aux thermes, flâner sur le forum, participer à des débats, aller au théâtre, assister aux jeux du cirque ou à des courses de chars), etc. Et, si elle ne pouvait pas occuper de fonctions politiques ou militaires, elle pouvait exercer une grande influence et même participer à des conspirations! Rome avait même une journée consacré aux matrones, les Matronalia, qui était célébré au printemps (aux Calendes de mars [1er du mois], car c’est le mois de la fertilité). Ce serait d’ailleurs l’origine de la fête des mères (maintenant généralement fêté en mai). 

Sources: Wikipedia [FR / EN], Google, National Géographic, Revue des Deux Mondes.

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Images du mer-fleuri [002.021.020]

Anchusa officinalis

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0907La Buglosse officinale (aussi appelé common bugloss ou alkanet en anglais) est une espèce de plante herbacée à fleurs de la classe des Magnoliopsida (sous-classe des Asteridae), de l’ordre des Lamiales, de la famille des Boraginaceae, et du genre Anchusa (qui regroupe environ trente-cinq espèces de Buglosses). Le nom Buglosse vient du grec (βούγλωσσον / Bouglosson / “langue de boeuf”) et fait référence à la forme de ses feuilles. Elle est caractérisée par ses fleurs bleue saphir, composées de cinq sépales et de cinq pétales, qui sont groupées en plusieurs cymes axillaires radialement symétriques. Elle est utilisée dans les jardins de rocaille. C’est également une plante mellifère qui produit beaucoup de nectar (dans le top dix des plantes les plus productives, selon des données du Royaume Unis) et attire donc les pollinisateurs (oiseaux et insectes). (Source: Wikipedia)

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cogitationes me

I. Le savoir sur le bout des doigts

Je me sert maintenant beaucoup de l’internet pour identifier (ou vérifier l’identification) de mes monnaies anciennes ainsi que pour des tas d’autres choses (comme des applications de traduction). C’est fou ce qu’on trouve sur l’internet de nos jours. Par, exemple, des scans complets de vieux livres de référence! Si j’avais eut accès à autant de documentations quand je travaillais sur ma thèse, les choses auraient sûrement été plus faciles (cela m’aurait peut-être évité d’aller passer un mois en Europe pour faire la tournée des bibliothèques universitaires afin de rassembler ma bibliographie et de faire des photocopies…).

Tout ce savoir à porté de la main et pourtant on retrouve toujours autant (sinon plus) d’idiots dans le monde. Comme quoi qu’il est insuffisant d’avoir accès au savoir, encore faut-il connaître comment chercher ce que l’on a besoin, avoir la capacité de l’interpréter et en avoir la volonté. Il n’y a pas pire Humain que celui qui refuse d’apprendre, car cette capacité à apprendre (accumuler et retransmettre le savoir) est ce qui nous distingue vraiment de l’animal. Le refus de l’amélioration de soi nous rabaisse donc au niveau de la bête.

[002.021.016]

(Inspiré du COMMENTARIORUM QUOS IPSE SIBI SCRIPSIT de Marcus Aurelius — oui, je sais, le vrai titre en était Τὰ εἰς ἑαυτόν parce qu’en homme éduqué il écrivait en grec, ce qui m’est impossible)

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Monnaies anciennes 21

Les femmes romaines (5)

Salonina

Salonina, dont j’ai trois antoniniani, était l’épouse de Gallienus, empereur romain du IIIe siècle qui a régné durant la période dite des “trente tyrans”, entre octobre 253 et septembre 268 EC. À la mort de son père et coempereur, Valérianus, aux mains des Perses, il devient seul empereur en 260 EC. Il hérite d’un empire assaillit de tout côtés par des envahisseurs (Perses et Alamands) mais surtout divisé par des rébellions et de nombreuses tentatives d’usurpations — principalement par Postume, qui créa l’Empire des Gaules au nord-ouest, et Odénat, qui fonda avec son épouse Zénobie le Royaume de Palmyre en Orient. Ce qui rend Gallienus intéressant c’est qu’il a été un empereur hellénisant et humaniste, adepte du néoplatonisme et tolérant envers le christianisme — ce qui a facilité son avancement. Il a également fait des réformes militaires où le commandement des armées a été confié à des Magister equitum, des officiers expérimentés d’origine illyrienne ou pannonienne. Il a été assassiné alors qu’il affrontait l’usurpateur Auréolus à  Mediolanum en septembre 268. Claudius Gothicus, l’un de ses maîtres de cavalerie illyriens, lui succède pour mettre fin à l’anarchie militaire — débutant ainsi l’époque des empereurs illyriens. J’ai de nombreuses pièces de monnaies de Gallienus, Postumus ainsi que de Claudius Gothicus et ses successeurs, alors j’y reviendrai bientôt. 

D’origine Bithynienne (selon l’Historia Augusta), Julia Cornelia Salonina épouse probablement Gallienus en 243 et est faite Augusta au début du règne de son beau-père, Valerianus, en 253. L’Histoire (par les monnaies et les inscriptions lapidaires) ne retient le nom que de seulement deux de ses enfants, Valerianus II et Saloninus (qui ont été associé au pouvoir mais sont mort jeunes), toutefois des allusions à sa grande fécondité et des monnaies illustrants plusieurs jeunes enfants semblent indiquer une plus large progéniture. Aucune source ne mentionne d’anecdote négative à son égard et elle semble avoir été aimé du peuple (comme l’indique une inscription sur un arc dédié à Gallien à Rome, la qualifiant de “très sainte Augusta Salonina”, SALONINAE SANCTISSIMAE AVG); elle aurait été une bonne épouse, très proche de Gallienus (des monnaies font l’éloge de la “concorde des augustes”, CONCORDIA AVGVSTORVM), participant même au pouvoir (puisque près de 10% du monnayage du règne lui fut consacré). Elle aurait visité les thermes de Berthemont-les-Bains, dans les Alpes-Maritimes, pour s’y soigner en 261 (cet événement est illustré dans la bande dessinée Ad Roman que j’ai récemment commenté) et y aurait professé la liberté de culte, se montrant particulièrement clémente envers les Chrétiens. Elle a probablement été exécuté avec l’entourage de Gallienus, après le décès de ce dernier en 268, dans une purge ordonnée par le sénat.

IMG_8753-8757Ce beau antoninianus (VG/G, billon/Ae, 19 mm, 1.740 g, payé $US 5.00 le 1985/04/14, caractérisé par des taches vertes d’oxyde de cuivre) nous offre sur l’avers un buste de Salonina, drapé et diadémé à droite, reposant sur un croissant, avec l’inscription SALONINA AVG[VSTA]. Le revers nous présente une Pietas debout à gauche, la main droite levée et tenant une boite à parfums dans la main gauche, avec l’inscription PIETAS AVG[VSTI] (“piété de l’auguste”) — aucune marque d’officine (lettre “P” pour Rome ou lettre “P” à d. avec “II” à g. pour Siscia) ne peut être distingué dans le champs droit ou gauche (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas). Le type du revers représente la piété et la dévotion de l’impératrice envers les dieux et sa famille. Rien ne permet de dater précisément cette pièce (c. 260-268). 

Sources: Wikipedia, RIC 5a: 22 (p. 193), Sear RCV (1983): 2942, C 77, vcoins, Wildwind (text, image), numismatics, Gallienus & family, ERIC, FAC (Salonina, Pietas). Voir aussi ma fiche.

IMG_8760-8764Cet assez beau antoninianus (G/P, billon/Ae, 20 mm, 2.781 g, payé $US 5.00 le 1985/04/14, flanc vaguement triangulaire du à l’usure, traces d’oxyde de cuivre) nous offre sur l’avers un buste de Salonina, drapé et diadémé à droite, reposant sur un croissant, avec l’inscription SALONINA AVG[VSTA]. Le revers nous présente l’empereur (Valerianus ou Gallienus), à gauche, recevant une victoire de Rome, à droite, assise vers la gauche, une couronne (ou étoile?) dans le champs au-dessus, avec l’inscription ROMAE AETERNAE (Rome éternelle”). Il existe plusieurs variantes de cette pièce frappée en Asie (soit à Antioche ou à Samosate) durant le règne conjoint de Valerianus et Gallienus (253-260). Le revers commémore sans doute une victoire militaire, probablement contre les Perses Sassanides de Shapur Ier (puisque la pièce a été frappée en Asie). Certaines sources (dont le RIC) la date de 255-56 et d’autre de 258-60 (selon la variante). 

Sources: Wikipedia, RIC 5a: 67 (p. 115), C 103, vcoins, CoinArchives, numiscmatics, ma-shops, Wildwinds (text, image), Wildwinds (text, image), acsearch, acsearch, acsearch,  ERIC, FAC (Salonina, Romae Aeternae). Voir aussi ma fiche.

IMG_8765-8768Cet antoninianus dans un état passable (G/Fair, Ae argenturé, 19 mm, 1.961 g, payé $US 15.00 le 1985/04/14, caractérisée par une couleur grisâtre et un aspect rugueux) nous offre sur l’avers un buste de Salonina, drapé et diadémé à droite, reposant sur un croissant, avec l’inscription SALONINA AVG[VSTA]. Le revers nous présente une Vénus debout à gauche, tenant un casque (ou une pomme?) dans la main droite, un long sceptre dans la main gauche et avec un bouclier à ses pieds. L’inscription est VENVS VICTRIX (“Vénus victorieuse”). Aucune marque d’officine (comme la lettre “H” ou les chiffres “IV” ou ”VI”) ne peut être distingué dans le champs droit (le RIC indique bien une variante sans marque). Le type du revers fait référence à la légende du jugement de Pâris et de la fameuse “pomme de la discorde” et est sans doute une allusion à la beauté de Salonina. Il existe plusieurs variantes de cette pièce frappée à Rome et rien ne permet de la dater précisément, mais le RIC l’indique comme une pièce frappée sous le règne seul de Gallienus (c. 260-268). 

Toutefois, l’instabilité politique et le coût économique des constantes campagnes militaires ayant amené une importante dévaluation monétaire, les dénominations traditionnelles du IIe siècle disparaissent complètement et les antoniniani, d’abord frappé en billon (avec à peine 10% d’argent) au début du règne de Gallienus, ne sont plus à la fin de son règne que des pièces de cuivre argenturées (trempées dans l’argent ou plaquées). L’état de cette pièce (où le noyau de cuivre apparait sous l’argenture) semble indiquer une période tardive du règne de Gallienus (c. 267-68).

Sources: Wikipedia, RIC 5a: 31 (p. 194), Sear RCV (1983): 2947, C 129, vcoins, Wildwinds (text, image), Wildwinds (text, image), Numista, Numista, numismatics, Gallienus & family, ERIC, FAC (Salonina, VENVS VICTRIX, billon). Voir aussi ma fiche.

Ces trois pièces de monnaie, à travers Salonina, représentent bien l’image de la femme romaine éclairée et forte.

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Images du mer-fleuri [002.021.013]

Malva sylvestris

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[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

DSC_0904La Grande mauve ou Mauve sylvestre (aussi appelé “common mallow” ou “tall mallow” en anglais) est une espèce de plante herbacée à fleurs bisannuelles de l’ordre des Malvales, de la famille des Malvaceae et du genre Malva. Je l’ai déjà illustré par le passé mais sans donner de détails. C’est une plante vivace comestible qui peut être consommée crue en salade ou cuite en soupe et comme légume. C’est également une plante médicinale dont les propriétés anti-inflammatoires peuvent soulager la peau et les muqueuses irritées (pulmonaires, de la gorge, utérines, de la vessie, gastro-intestinales, etc.). Toutefois ces propriétés proviennent du mucilage qui est encore plus prononcé chez sa cousine Althaea officinalis (la Guimauve officinale ou marsh-mallow en anglais — dont la racine a servit originellement a confectionner la confiserie du même nom, qui est maintenant produite avec du sucre, du blanc d’oeufs et de la gélatine). On l’apprécie surtout comme plante ornementale, caractérisée par ses fleurs voyantes d’un mauve-violet vif, avec des veines plus sombres, et sa nature vigoureuse qui fait qu’elle pousse librement dans les prairies, les haies et les champs en jachère. (Source: Wikipedia)

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Mariko Parade

“Bref, ce que je voulais dire, Casanova occidentaux… Faites donc un peu gaffe avec les Japonaises. La gentille fille que vous avez séduite et qui prends soin de votre solitude… Un jour, c’est sûr, elle disparaîtra… Peut-être en souriant, comme ça. Ce sera soudain. Et ça fera mal.

C’est la saison des pluies, les hortensias sont en fleur. Le mangaka français, 42ans, et Mariko, ja jeune japonaise de 24 ans, son modèle, partent trois jours en repérages sur l’île d’Enoshima. Depuis leur rencontre quatre ans plus tôt, Mariko est devenue indispensable au dessinateur, dans son travail comme dans sa vie. Après deux journées, elle révèle qu’elle a décidé de quitter le Japon pour quelques années…”

[Texte du volet intérieur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Un dessinateur de bande dessinée français et sa jeune modèle japonaise se rendent sur l’île d’Enoshima pour une séance de photos et faire des sketches. C’est l’occasion de réminiscer sur leur relation amoureuse. Toutefois, la jeune femme lui annonce qu’elle le quitte pour aller étudier à l’étranger…

Comme elle nous l’apprend dans sa préface, en 2002, Kan Takahama publie des histoires dans la revue alternative Garo et se demande si elle doit continuer dans le manga alternatif ou faire plus dans le commercial. Le concept de “Nouvelle Manga” lancé par Frédéric Boilet l’intrigue et elle invite donc le dessinateur à la rencontrer au Café des Relations Humaines. Ils discutent toute la nuit de décident de collaborer ensemble. Boilet, déjà connu pour L’Épinard de Yukiko, pensait déjà rassembler en un album les illustrations et histoires courtes semi-biographiques inspirées par sa modèle japonaise. Ils ont donc l’idée de créer ensemble une histoire complète qui relira ensemble “tous éléments, un peu comme dans les Mickey Parade d’autrefois.” C’est ainsi que Mariko Parade est né.

Mariko Parade (まり子パラード) a d’abord été publié au Japon chez Ohta Shuppan, en janvier 2003, puis en France chez Casterman, en septembre de la même année. Les éditions espagnoles et anglaises sont parues en 2004 chez Ponent Mon et Fanfare. L’histoire, qui tourne autour des thèmes de l’amour et du chagrin, est assez intéressante. On distingue aisément le style de chacun des artistes (Takahama a un style plus traditionnel alors que Boilet travaille surtout à partir de modèle et de photographies retouchées). Cela permet au public de l’un des artistes de découvrir l’autre. Pour ma part, je n’avait jamais lu du Boilet.

Frédéric Boilet est considéré par certain comme un mangaka. Toutefois, personnellement, je n’aime pas l’utilisation du terme mangaka pour un auteur non-japonais. Pour moi, si un artiste français dessine une histoire au Japon, dans le style japonais, cela reste toute de même de la bande dessinée. Il est donc un auteur de BD, pas un mangaka. Néanmoins, dans ce cas-ci, comme c’est une  collaboration avec une artiste japonaise, on peut considérer l’ouvrage comme un manga.

Chose amusante, il y a de nombreuses années j’ai reçu plusieurs copies de presse de chez Fanfare / Ponent Mon. Comme j’étais surtout intéressé à leur traduction de Jiro Taniguchi j’ai mis tout le reste des mangas reçu de côté, dans le bas d’une tablette, parce que ce n’était pas le genre de manga que j’aimais lire à cette époque. Je les ai redécouvert ce matin par hasard, alors que je termine ce commentaire, pour me rendre compte que dans le tas il y avait une copie de Mariko Parade ! Maintenant mes goûts en manga sont plus éclectiques et j’en suis fort heureux.

Quoiqu’il en soit, même si le style de Mariko Parade est plutôt inégal, c’est un charmant récit qui se lit bien et qu je recommande aux amateurs de Kan Takahama ou de la “Nouvelle Manga”.

Mariko Parade, par Kan Takahama et Frédéric Boilet. Paris: Casterman (Coll. Écriture), septembre 2003. 188 p., 17 x 24 cm, 13.75 € / $C 27.95. ISBN 2-203-39603-2 (9782203396036). Pour lectorat jeune adulte (16+). 

Mariko Parade, by Kan Takahama and Frédéric Boilet. Wisbeck: Fanfare / Ponent Mon, July 2004. 192 p., 6 1/2 x 9 3/8 in., 10.99 € / $US 17.99. ISBN 9788493340919. For young Adult readership (16+). 

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonBiblioGoodreadsGoogleWorldCat ]

© Takahama / Boilet. © Casterman 2003 pour l’édition française. © 2004 Ponent Mon / Fanfare for the English edition.

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Monnaies anciennes 20

Les femmes romaines (4)

Herennia Etruscilla 

Herennia Etruscilla, dont je n’ai qu’une seule pièce de monnaie, était l’épouse de Trajan Decius (possiblement marié vers 230), qui règna de l’automne 249 à juin 251, pendant l’anarchie militaire qui suivi la dynastie des Sévères. Les sources sont pauvres à cette époque et on connait donc peut de choses d’elle. Elle serait d’une vieille famille sénatoriale italienne (possiblement d’une origine étrusque). Elle reçoit le titre d’Augusta lors de l’accession au pouvoir de son époux en 249. Elle a participé au pouvoir puisqu’elle gérait les affaires de l’Empire durant les campagnes militaires de Decius (et même, plus tard, comme régente d’Hostilianus). Son fils Herennius Etruscus fut très brièvement co-empereur (en mai et juin 251) aux côtés de son père mais tous les deux meurent durant la bataille d’Abrittus, alors qu’ils défendaient la frontière danubienne contre des envahisseurs Goths. Le gouverneur de Mésie, Trebonianus Gallus, est proclamé empereur par les troupes et succède à Decius. Elle leur survit et continue même d’être associé au pouvoir puisque son second fils, Hostilianus qui n’a que treize ans, est fait co-empereur de Trebonianus Gallus et que sa fille aurait possiblement été mariée au fils de Trebonianus, Volusianus. Etruscilla serait peut-être morte de la peste qui a aussi emporté Hostilianus en novembre 251 — quoiqu’il en soit, elle sombre dans l’obscurité après cette date. Elle demeure néanmoins un bon exemple de femmes romaines fortes qui ont joué un rôle politique.

Cet assez beau antoninianus (billon, 20 mm, 3.128 g, acheté à Paris le 1986/02/07 pour 80 FF) nous offre sur l’avers un buste diademé et drapé d’Etruscilla (les cheveux disposés horizontalement en vagues), regardant vers la droite et reposant sur un croissant, avec l’inscription HER[ENNIA] ETRVSCILLA AVG[VSTA]. On distingue un possible point dessous le buste. Sur le revers on retrouve une Pudicitia (représentant la pudeur et la modestie) debout de face, regardant à gauche, levant un voile de son visage avec la main droite et tenant de travers un long sceptre de la main gauche, avec l’inscription PVDICITIA AVG[USTAE]. Rien dans l’inscription, le portrait de l’avers ou le type du revers n’indique une datation précise. On doit donc se contenter de la dater entre 249 et 251 EC.

Les pièces d’Etruscilla comportent deux types de coiffures: le type (a), dont c’est le cas ici, où les cheveux sont disposés horizontalement en vagues (de façon similaire à ses prédécesseurs, Tranquillina (épouse de Gordianus) et Otacilia Severa (épouse de Philippus)), et le type (b) où les cheveux sont lisses et portés à l’arrière de la tête en une tresse. Les spécialistes ne s’entendent pas sur lequel de ces styles serait le plus ancien, mais j’aurais tendance à croire que c’est le type (a)…

Les pièces d’Etruscilla ont été frappé à trois ateliers (officines): Rome, Antioche et, quoique très rare, Mediolanum (Milan). Le type de revers avec Pudicitia aurait été frappé tant à Rome qu’à Antioche mais, si la frappe de Rome semble plus fréquente, la possible présence d’une marque de contrôle (a.k.a. Notae Monetales ou “mint marks”) de l’officine d’Antioche (le point dessous le buste) pourrait suggérer que la pièce ait été frappé à Antioche (quoique le RIC ne référence des Pudicitia frappées à Antioche seulement qu’avec le type de Pudicitia assise).

Cette pièce est le premier exemple d’antoninianus que je vous présente. C’est une dénomination monétaire de l’Empire Romain du IIIe siècle qui a été créé par Caracalla en 215. Il était théoriquement en argent et avait la valeur de deux deniers, mais il a rapidement connu une forte dévaluation alors qu’il était frappé en billon, un alliage moitié-moitié argent et cuivre. Le pourcentage d’argent de l’alliage (aloi ou titre en argent) diminue encore par la suite: sous Decius on estime qu’il était environ de 35% à 40% mais tombe à 10% sous Gallienus (en 260) et même dessous 3% sous Claudius Gothicus (268). Le titre en argent conserve toutefois un pourcentage raisonnable plus longtemps (jusqu’en 265) dans l’Empire des Gaules, qui avait accès à plusieurs mines d’argent.

Sources: Wikipedia, Sear RCV (1983): 2630, RIC IV Part 3: 58b, Sear RCV [M. Ed.]: 9494, C 17, CoinArchives, CoinArchives, CoinProject, Wildwinds, vcoins, vcoins, cointalk, numiscmatics, coincommunity, acsearch, deamoneta, ERIC, FAC (Etruscilla, Antioch officinae, PUDICITIA AVG, Pudicitia). Voir aussi ma fiche.

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Images du mer-fleuri [002.021. 006]

Hypericum perforatum

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

Le Millepertuis officinal (appelé St John’s wort en anglais) est une espèce de plante herbacée vivace à fleurs de l’ordre des Theales, de la famille des Clusiaceae, et du genre Hypericum (qui regroupe environ quatre cents espèce de millepertuis). Il est caractérisé par ses fleurs jaunes à cinq pétales qui possèdent de nombreuses étamines. Ses propriétés médicinales sont connue depuis longue date. Sous la forme d’une huile rouge (macération des fleurs au soleil dans de l’huile d’olive produisant le pigment hypéricine) il a des effets anti-inflammatoires, cicatrisants et analgésiques — mais peut aussi créer une photosensibilisation. Sèchée, il a des propriétés antidepressantes (les anciens l’auraient surnommée le “chasse-démons”). Toutefois, tout comme le pamplemousse ou l’ail, il peut interagir avec de nombreux médicaments (hydrocortisone, anticoagulants, contraceptifs, immunosuppresseurs, etc.) et en diminuer les effets. Il peut aussi accentuer certains problèmes cardiaques (palpitation, arythmie). (Source: Wikipedia)

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Reality check

We are all quite happy to have turned a new page into 2021. However, to be frank, the first half of 2021 will certainly be as bad as 2020. So don’t expect an overnight miracle! It will surely get worse before it gets better… Trump will still be in power until the third week of January and who knows what kind of horrors he can still come up with, we will soon experience a post-holiday jump in the number of COVID-19 cases, the new variants will spread more and more, we will still have to follow the sanitary measures (masks, distanciation, etc.) for a while and the vaccines will not start having any effect on the pandemic until spring, if not early summer. So, please be patient. Our sanity and decency will eventually be restored, hopefully before the end of the year.

[ Traduire ]

Terre errante (Liu Cixin)

TerreErrante-cov“Je n’avais jamais vu la nuit. Je n’avais jamais vu les étoiles. Je n’avais jamais vu le printemps, ni l’automne, ni l’hiver. Je suis né à la fin de l’Ère du freinage. La Terre venait tout juste d’arrêter de tourner.”

Lorsque les astrophysiciens découvrent que la conversion de l’hydrogène en hélium s’est accélérée à l’intérieur du Soleil, ils comprennent que notre étoile est sur le point de se transformer en une géante rouge qui absorbera de manière inéluctable la Terre. Pour contrer cette extinction programmée de l’humanité, les nations se regroupent pour mettre en branle un projet d’une ambition folle : élaborer des moteurs gigantesques afin de transformer la planète bleue en véritable vaisseau spatial et de l’emmener à la recherche d’une nouvelle étoile…

Dans cette novella écrite en 2000, Liu Cixin manifeste déjà tout le talent que l’on retrouvera à l’œuvre dans la trilogie du Problème à trois corps. Disponible sur Netflix sous le titre The Wandering Earth, l’adaptation cinématographique qui en fut tirée en 2019 se hissa au troisième rang du box-office mondial.

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

>> Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs <<

Vers la moitié du vingtième siècle les scientifiques découvrent que le soleil va se transformer beaucoup plus tôt que prévu en géante rouge, ce qui anéantira la Terre. Deux solutions s’opposent: le clan des Vaisseaux (qui propose de construire une armada de vaisseaux pour que l’humanité quitte le système solaire en laissant le Terre derrière elle) et le clan de la Terre (qui propose de transformer la planète en un énorme vaisseau). C’est ce dernier qui l’a emporté. Une coalition planétaire a été créée afin de coordonner les efforts de cette entreprise gigantesque. Il a fallut près de quatre-cent ans pour se préparer: construire douze mille propulseurs géants en Amérique du Nord et en Asie, puis éloigner la Lune de son orbite. L’opération devait se réaliser en cinq étapes. D’abord l’ère du freinage: les propulseurs ont été actionné en angle pour arrêter la rotation de la Terre, ce qui a pris quarante-deux ans. Cela a eut des conséquences dévastatrices puisque la chaleur des propulseurs changea les climats, causant des tempêtes, et l’arrêt de la rotation causa des raz de marée qui força l’humanité à habiter des cités souterraines — de toute façon l’éloignement du soleil transformerait la planète en un désert de glace. 

Puis vain l’ère de la fuite: la Terre ferait une quinzaines d’orbites, de plus en plus elliptiques, puis utiliserait la gravité de Jupiter pour accélérer jusqu’à atteindre la vitesse de libération qui lui permettrait de quitter le système solaire. C’est le moment le plus dangereux de l’opération particulièrement quand la planète passait en périhélie (au plus proche du soleil), lorsqu’elle traversait la ceinture d’astéroïdes, puis devait manœuvrer précisément pour échapper à la gravité de Jupiter. La crainte était surtout que le soleil n’explose avant que la Terre se soit suffisamment éloignée… Puis viendrait la Première ère de l’errance alors que la Terre sortirait du système solaire et accélèrerait pendant cinq-cent ans, atteignant une vitesse de 0.5% de la vitesse de la lumière, pour ensuite voguer en direction de son objectif pendant mille-trois cents ans. Puis ce serait la Seconde ère de l’errance, où la Terre se retournerait pour décélérer pendant cinq cents ans. Finalement, ce serait l’ère néosolaire, lorsque la Terre s’insèrerait dans l’orbite de Proxima Centauri. L’opération durerait une centaine de générations, soit deux mille cinq cents ans… Toutefois, alors que la Terre commençait à peine à accélérer, le soleil n’avait toujours pas explosé et la populace crue avoir été dupée et se révolta. Heureusement, l’explosion se produisit juste à temps pour empêcher l’irréparable…

La narration se fait au travers d’un seul personnage, un jeune chinois né à la fin de l’ère du freinage et qui est donc déjà assez âgé à la fin du récit alors que débute l’ère de l’errance. Le récit est fluide et captivant, les explications scientifiques étant claires mais suffisamment simple pour ne pas embêter le lecteur. Toutefois, c’est le genre de récit qui demande un sérieux effort de suspension de l’incrédulité car, si tout cela est scientifiquement possible, c’est tout de même assez invraisemblable… La seule chose qui m’a réellement agacé dans cette histoire c’est que, si l’auteur prend la peine d’expliquer que les propulseurs sont “nourrit” des rochers extraits des montagnes environnantes et que les humains se réfugient dans des cités souterraines, il n’explique aucunement ce qui est fait pour préserver la faune et la flore afin de repeupler la planète à la fin de son errance. C’est une grosse lacune.

Terre errante (流浪地球 / liúlàng dìqiú — originalement publié en mai 2019 dans le magazine Monde de la Science Fiction [科幻世界]) nous offre une courte lecture (c’est une novella) qui se lit fort bien. C’est aussi un excellent exemple de la littérature de science-fiction chinoise — quoique Liu Cixin reste encore l’un des rares auteurs chinois de SF a être traduit en anglais et en français [sur ce sujet voir La Presse, Slate, Res Futurae, Open Edition, Le petit journal]. Terre errante a reçu un “Galaxy”( prix chinois de la SF) en 2000. Liu Cixin a reçu le prix Hugo du meilleur roman en 2015, pour Le Problème à trois corps.

Terre errante, par Liu Cixin (traduction par Gwennaël GAFFRIC). Arles: Actes Sud, janvier 2020. 80 p., 10 x 19 cm, 9.00 € / $C 10.99. ISBN 978-2-330-13053-4. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Liu Cixin (Ltd), 2000. © Actes Sud / FT Culture (Pékin) Co. & Chongqing Publishing & Media Co., Ltd, 2020 pour la traduction française.

WanderingEarth-movieCe court roman a également été adapté en un film chinois à grand déploiement que je me dois de mentionner ici. Malheureusement, le film s’est surtout inspiré de l’idée de base (à cause de l’explosion imminente du soleil, la Terre est transformée en vaisseau spatial) et offre un récit très différent de la novella. Ce n’est pas le même narrateur et l’aspect dramatique du récit tourne autour du fait que les scientifiques se sont trompé et que le Terre est capturée par la gravité de Jupiter, la mettant sur une trajectoire de collision destructrice. Les effets de la gravité causent l’arrêt des propulseurs et le jeune héros malgré lui doit aider un groupe disparate de militaires et de scientifiques à les repartir. Ce sera toutefois insuffisant et seulement un acte désespéré tout à fait invraisemblable sauvera la planète ! Sans être bien original, cela reste un film très divertissant mais qui est intéressant surtout parce qu’il démontre tout le progrès que le cinéma chinois a accompli ces dernières années.

The Wandering Earth (流浪地球 / liúlàng dìqiú / Terre errante): Chine, 2019, 125 min.; Dir.: Frant Gwo; Scr.: Gong Ge’er, Yan Dongxu, Frant Gwo, Ye Junce, Yang Zhixue, Wu Yi et Ye Ruchang; Phot.: Michael Liu; Ed.: Cheung Ka-fai; Mus.: Roc Chen, Liu Tao; Prod.: Gong Ge’er; Cast: Wu Jing, Qu Chuxiao, Li Guangjie, Ng Man-tat, Zhao Jinmai. Disponible sur Netflix. stars-2-5

[ GoogleIMDbRotten TomatoesWikipediaYoutube ]

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Monnaies anciennes 19

Les femmes romaines (3)

Crispina

Crispina, dont je n’ai qu’une seule pièce, était la femme de Commodus. Bruttia Crispina est née en 164 EC d’une famille d’aristocrates d’origine italienne qui a toujours été proche du pouvoir. Son père, le sénateur Gaius Bruttius Praesens, a été proconsul d’Afrique (166-167) et a accompagné Marcus Aurelius dans sa seconde expédition militaire germanique contre les Marcomans et les Sarmates (176-179). Alors qu’elle n’a que treize ans, en 177, elle épouse Commodus lorsque celui-ci est fait co-empereur par Marcus et reçoit aussi le titre d’Augusta. On la décrit comme une femme “gracieuse et sensible” mais qui ne semble pas s’être impliquée politiquement. Certains types de revers de pièces de monnaie (Fecunditas et Juno Lucina) laissent croire qu’elle aurait pu être enceinte mais les textes ne mentionnent aucune progéniture (l’enfant serait peut être mort-né?). Cette union stérile serait possiblement la raison qu’elle fut accusée d’adultère et exilée à Capri en 188, où Commodus la fera assassiner quelques années plus tard, en 191, comme il l’avait fait pour sa soeur Lucilla (étrangement, le ERIC et le RIC place sa mort en 183, alors que d’autre sources la date en 193 ?!).

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Ce beau sesterce (Ae, 31-32 mm, 23.791 g, payé $35 le 1985/12/17, caractérisé par une fêlure) nous offre un buste de Crispina drapée à droite (chevelure nattée sur le front et rassemblée en chignon à l’arrière de la tête) avec l’inscription CRISPINA AVG[VSTA] – IMP[ERATORI] COMMODI AVG[VSTI] (Crispine Augusta femme de l’empereur Commode). Sur le revers on retrouve une Salus assise à gauche, nourrissant un serpent lové autour d’un autel à gauche avec une patère tenue de la main droite, le coude gauche appuyé sur le dossier, avec comme inscription simplement SALVS et, vraisemblablement, un S[ENATUS] C[ONSULTO] (“avec la permission du Sénat”) en exergue (quoique illisible sur cette pièce, mais il y aurait de la place). La représentation d’une Salus (déesse de la santé) pourrait invoquer un souhait de prompt rétablissement, possiblement suite à une fausse couche… Rien sur la pièce ne semble indiquer une possible datation (l’intervalle maximale serait 177-188) mais la plupart des sources semblent dater ce genre de pièces en 180-182/3… Sources: Wikipedia, Sear RCV (1983): 1589, Sear RCV [4th ed.]: 1686, RIC III 672b, CoinArchives, CoinArchives, Wildwinds (text, image), vcoins, cointalk, numismatics, Catawiki, CGB, British Museum, coinproject, POP, Wien Kunsthistorische Museum, FAC (Crispina, Salus). Voir aussi ma fiche.

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Pictorial chronicles [002.020.366]

Collines glacées

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[ iPhone 11 Pro, Parc Frédéric-Back, 2020/12/31 ]

Si vous allez prendre une marche dans le parc Frédéric-Back, sortez vos crampons ! Apparemment, encore cette année, ils ont confié l’entretien des sentiers à la même équipe qui fait aussi l’entretien des patinoires !

Disons qu’ils sont TRÈS parcimonieux sur l’épandage d’abrasifs…

J’ai dû écourter ma marche de santé car ça devenait trop dangereux. Je voulais tout de même pas finir 2020 à l’hôpital ! Bonne année à tous !

Voici quelques images du parc ces dernières semaines:

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Images du mer-fleuri [002.020.365]

Trifolium pratense

[ iPhone 8+, Parc Frédéric-Back, 2018/06/10 ]

[Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

Le trèfle rouge (aussi appelé trèfle des prés ou red clover en anglais) est une espèce de plante herbacée à fleurs de la classe des Magnoliopsida, de la sous-classe des Rosidae, de l’ordre des Fabales, de la famille des Fabaceae (les légumineuses) et du genre Trifolium. Il ne doit pas être confondu avec le Trifolium rubens (trèfle rougeâtre ou queue de renard) qui est parfois aussi appelé trèfle rouge, ni avec le Trifolium incarnatum (Trèfle incarnat / crimson clover dont j’ai récemment parlé) ou même avec le Trifolium hybridum (trèfle hybride / alsike clover). Il est utilisé comme plante fourragère (en pâturage ou en ensilage, car il est très digestible quoique météorisant), mellifère, comestible (feuilles crues en salades ou cuites comme légume, les graines peuvent faire de la farine) ou même médicinale (la présence de phytoestrogènes peut aider à traiter la ménopause, en infusion elle peut traiter les diarrhées, la toux et les éruptions cutanées). (Source: Wikipedia).

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La librairie de tous les possibles

LibrairieDeTousLesPossibles-cov“Tout un tas de clients fréquentent la « Librairie de tous les possibles », où l’on trouve tout autant les livres dont on rêve que des accessoires de lecture rêvés, ou encore des livres sur des métiers incroyables liés au livre.

Un livre pour tous les amoureux du livre, qu’ils soient jeunes ou plus vieux : Yoshitake propose de petites histoires pour répondre à chaque demande de client. Des histoires tour à tour drôles, poétiques ou plus sensibles.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

La librairie de tous les possibles (あるかしら書店 / Arukashira shoten / lit. “La librairie “Je me demande si vous avez ceci ””) par Shinsuke Yoshitake est plus un album pour enfant qu’un manga. Il a été publié aux éditions Poplar (ポプラ社 / Popurasha) en juin 2017. Il également été traduit en anglais chez Chronicle Books sous le titre I Wonder Bookstore (December 2019, ISBN 9781452176512, $US 16.95).

LibrairieDeTousLesPossibles-p002-003Avec des dessins simples, Yoshitake nous raconte une trentaine d’histoires fantaisistes de deux ou trois pages chacune sur un libraire qui peut vous offrir tous les titres imaginables. Il se spécialise surtout sur les livres sur les livres. Un client entre dans la librairie et lui demande “Avez-vous un livre sur tel sujet”. Il disparait alors dans l’arrière-boutique et en revient avec une pile d’ouvrages à proposer. 

LibrairieDeTousLesPossibles-p004-005La table des matières est très astucieuse car c’est le dessin d’une étagère de livres. Elle se divise en sept sections: Livres un peu rares (L’arbre des écrivains, Les Albums-surprises du monde entier, Les livres à lire à deux, Le livre au clair de Lune), Accessoires de Lecture (Le robot assistant de lecture, L’appareil à couverture), Métiers de l’Édition (Le Biblio-Enquêteur, L’École des libraires de choc, L’art de bien présenter les livres, L’art d’emballer les livres, Le chien bouquiniste, Le spécialiste de l’adieu aux livres), Livres en fête (Les fêtes des livres, Le mariage en lecture, La lecture créative, Le tour du monde en lecture), Lieux célèbres pour leur livres (Le village où il pleut des livres, L’herbe aux livres, La bibliothèque d’outre-tombe, La bibliothèque sous l’eau), Livres sur les livres (Pourquoi les livres sont rectangulaires, Comment fabrique-t-on les livres?, La dixième vie des livres, Les amoureux des livres, Le livre à feuilleter lentement, Un livre rien qu’à soi, Comme des livres) et Livres sur les bibliothèques ou les librairies (Bibli-biblio Bibliothèque, C’est quoi une librairie?, Et si c’était un best-seller?).

Comme je travaille avec les livres, je n’ai pas pu m’empêcher de le feuilleté quand celui-ci m’est tombé entre les mains. Je l’ai trouvé super mignon et amusant. Je suis sûr que vous l’aimerez aussi. Et vous quel genre de livres voudriez-vous lire?

La librairie de tous les possibles, par Shinsuke Yoshitake. Toulouse: Éditions Milan, septembre 2018. 104 p., 15 x 21 cm, 13.90 € / $C 24.95. ISBN 978-2-4080-0625-9. Pour lectorat jeune (10+). stars-4-0

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© Yoshitake Shinsuke 2017

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Histoires courtes d’Aoi Makino

HistoiresCourtes-covSi l’adolescence est l’une des plus belles périodes de la vie, elle est aussi source de bien des souffrances…

Au travers de petites histoires courtes sur la vie d’adolescentes, Aoi Makino nous plonge dans leurs quotidien, leurs tracas, mais aussi leurs joies et leurs émotions. Tour à tour mélancoliques, engagées ou discrètes, chacune de ces héroïnes vivent des moments qui marqueront par la suite leur prochaine vie d’adulte.

Depuis ce jour, je n’ai cessé de te filmer. Chaque jour… chaque jour… Jusqu’à ce que tu disparaisses.

À travers sa caméra, Minami apprend pour la première fois à aimer quelqu’un. Mais cette personne dissimule un lourd secret…  (Rec – le jour des larmes -)

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Histoires courtes (たったひとりの君へ―牧野あおい作品集― / Tatta Hitori no Kimi e makino aoi sakuhin-shū / lit. “À un seul toi — Oeuvre de Aoi Makino”) est un manga shōjo par Aoi Makino prépublié dans le magazine mensuel Ribon et compilé en un seul volume chez Shueisha en novembre 2018. La version française est parue chez Soleil Manga. Aoi Makino est une mangaka relativement nouvelle mais qui commence à être connu grâce à des titres comme Sekai no hate – The end of the world (セカイの果て) chez Panini et Sayonara Mini skirt (さよならミニスカート) chez Soleil et publié en anglais chez Viz sous le titre Not Your Idol.

Ce manga est une anthologie qui nous offre quatre histoires courtes.

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Page 14

“REC — Le jour des larmes —” (REC-君が泣いた日- / Rec – Kimi ga naita hi / lit. “REC-Le jour où tu as pleuré”) est une histoire de 142 pages prépubliée dans Ribon entre décembre 2010 et mars 2011. Un jeune acteur de cinéma décide quitter sa carrière pour revenir à l’école pour retrouver une vie normale d’adolescent. Autour d’un chat abandonné, il se lie d’amitié avec une jeune fille que ses camarades jugent froide et cruelle (elle n’a jamais pleuré) mais qui est simplement misanthrope, ayant de la difficulté à s’ouvrir aux autres. Elle filme tout le temps en vidéo, mais jamais les humains — sauf lui. L’idole est poursuivi par les paparazzi qui veulent découvrir la vrai raison qui l’a poussé à mettre fin à sa carrière. Ils trouvent le réconfort l’un auprès de l’autre…

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Page 145

“Les malheurs de l’uniforme” (制服なんて好きじゃない。/ Seifuku nante suki janai / Lit. “Je n’aime pas les uniformes”) est une histoire de 48 pages prépubliée en avril 2018 dans Ribon. Rinka débute le collège, ce qui veut dire une nouvelle école, un nouvel uniforme, de nouveaux camarades. Elle a peur de se retrouver seule. Toutefois, elle découvre que son amie d’enfance Izumi, avec qui elle a passé tout le primaire, est au même collège. Toutefois ils se retrouvent dans des classes et des clubs d’activités différents: Izumi a choisi le club de danse et devient très populaire, alors que Rinka a choisi le club de photographie. Une rivalité inattendue se développe et elle en vient à détester ce nouvel uniforme. La réconciliation est-elle possible?

“Fin de cycle” (最終ループ / Saishū rūpu / lit. “Boucle finale”) est une histoire de 80 pages prépubliée en août 2010 dans Ribon Special Lemon spécial Été. Sa grande soeur demande à Miki de séduire Riku, le commis de la bibliothèque, pour se venger de lui mais Miki en tombe amoureux. Riku est rongé par le remord des choses mal qui a fait dans son passé. Miki est victime d’intimidation à l’école.  Les destins de ces trois personnes sont liés: vont-elles se blesser mutuellement? Une histoire sur le pardon…

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Page 273

“HAL” (HAL-ハルー / Haru) est une histoire de 50 pages prépubliée en novembre 2009 dans Ribon Fantasy numéro spécial. Shizuku a l’habitude d’être première de classe mais une nouvelle venue à l’école la déclasse. Alors qu’elle commence à avoir de la haine pour sa rivale, un dieu de la mort lui apparait et lui offre trois souhait qui lui permettrait de faire disparaître les gens qu’elle veut. Succombera-t-elle à ses pulsion ? En comprendra-t-elle les conséquences? Une variante shōjo sur Death Note.

Ce manga nous offre des histoires un peu clichées mais tout de même agréable à lire. Le style de dessin est du shōjo typique et donc plutôt charmant. Pour un livre choisi au hasard (pcq c’était un one-shot volumineux) pour passer le temps, j’ai été bien diverti et je n’ai donc pas été déçu. Une lecture facile et amusante qui plaira surtout aux jeunes filles dans le groupe d’âge ciblé.

Histoires Courtes, par Aoi Makino. Paris: Soleil Manga, mars 2020. 336 p., 11.9 x 17.6 x 2.2 cm, 8.99 € / $C 14.95. ISBN 978-2-302-08187-1. Pour lectorat jeune adolescent (12+) — quoiqu’au Japon le public cible est plus les 8-12 ans. stars-3-0

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© 2018 by Aoi Makino. Version française © 2020 Éditions Soleil.

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Carnet de bord de l’absurde

Je poursuis ce voyage d’une durée indéterminée, et toujours plus profondément, au coeur de l’absurde humain. 002.020.355 AIHC (Ab imperium hominum condita — aka GST, Galactic Standard Time).

Comme vous le savez tous, je travaille dans un “dépôt culturel” (aka le Centre de Préservation et de Diffusion de la Culture Humaine w23/h8 — CPDCH w23/h8). Malgré une formation supérieure, j’y suis un simple commis et, donc, je manipule surtout les ouvrages dans touts les formats (drives quantiques, cartes livrels, capsules mémorielles, rouleaux et quelques antiques disques optiques et blocs séquentiels). Diffuser et préserver l’information, certes, mais aussi classer et reclasser les supports, parfois réorganiser ou déménager des sections entières. C’est un travail plutôt physique — même si le commis est techniquement considéré comme un fonctionnaire impérial, c’est en fait plus un travail d’ouvrier. Pourquoi ne pas engager des androïdes tant qu’à y être… Quoiqu’il y a déjà un robot qui travaille au département des retours (quand il n’est pas en panne, bien sûr). J’imagine que la main d’oeuvre humaine est plus fiable que les robots et revient moins cher que les andros…

Toutefois, si l’aspect physique est une chose, ce n’est rien comparé à l’épuisement mental ou psychologique que cet environnement de travail impose. Ce n’est pas tant la lourde responsabilité de protéger et de servir le savoir humain, mais plutôt toute l’absurdité du processus. Surtout quand on est une personne qui suit des principes de logiques plutôt strictes. Les gens ne me croient jamais quand j’essai de leur expliquer cet état des choses. Il faut croire que des siècles de bureaucratie insensible nous ont endormi face à l’évidence. Par exemple, si l’Autorité me demande de replacer les SSD (Super-Solid Disc) pour les tout-petits qui avaient été mis en réserve pour des travaux de rénovations, je les replace — mais seulement après avoir pris la peine de faire approuver la disposition de la collection par un technicien (car avoir trop d’initiative n’est pas encouragé). Toutefois, j’apprend par la suite qu’un autre technicien avait déjà préparé un plan de disposition sans le communiquer dans la hiérarchie et je dois donc replacer cette section encore une fois selon le nouveau plan ! 

Ce genre d’erreur et de miscommunication est fréquent et ce ne serait pas vraiment grave si le plan avait été élaboré avec soins en analysant tout ses aspects. Malheureusement sa conception avait été hâtive et déficiente, causant des failles logiques tellement évidentes que c’en était absurde. En effet, ce plan allait à l’encontre de la disposition des collections dans tout le reste du dépôt ! Il est d’usage que les documents en langues romanes soient toujours classés avant les documents en langues germaniques occidentales et les documents de fiction toujours classés avant les documentaires. Ce n’était évidemment pas le cas de ce plan, qui disposait tout dans l’ordre inverse ! N’avait-on pas convenu que nous profiterions des travaux pour réorganiser plus logiquement la disposition des collections ? De plus, le plan était spatialement inadéquat car il prévoyait plus de place pour une section qui en demandait moins, et moins de place pour une section qui en aurait nécessité plus. J’ai donc dû faire des ajustements au plan de toute façon. Brava !

Ce n’est malheureusement pas la première fois que ce genre d’erreur se produit. Et lors d’une récente réassignation, j’ai pu constater que c’est même pire dans d’autre dépôts. Il n’y a donc aucune surprise dans ce fait. Le plan respecte bien la tradition d’illogisme des dépôts et de l’Urbanité. Pas de surprise, mais je ressens toujours la même indignation qui se refuse à mourir malgré les affronts répétés. Il s’agit de cette même usuelle inefficacité et indifférence bureaucratique (pour ne pas dire crasse incompétence) qui a épuisé la planète et nous a forcé à commencer à se préparer à transiter vers d’autres systèmes stellaires. Mais, bon, à ce train là, on devrait pouvoir envoyer du monde au-delà de l’orbite de Jupiter d’ici un siècle ou deux !

Suis-je le seul à remarquer ces défaillances? Et si oui, cela signifie-t-il que tout le reste de mes collègues soient des idiots? Ou est-ce parce que je suis un génie? Je ne me sens pas prêt à accepter ni l’une, ni l’autre de ces affirmations… Pour l’instant, je ne peux qu’exécuter les ordres, comme le petit drone que l’on veut que je sois. Mais j’insiste pour faire connaître mon mécontentement face à cette décision — même si, bien sûr, je n’ai pas vraiment voix au chapitre. Mais ne me suis-je jamais gêné pour faire connaître une opinion?

À suivre ?

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Quelques lectures à venir

J’ai récemment fait la découverte de quelques titres que je vais m’empresser de me procurer à la bibliothèque afin de les lire (et possiblement commenter) le plus rapidement possible.

Kebek-2-covD’abord, j’ai découvert que le tome deux de Kébek par Philippe Gauckler allait finalement paraître le 14 janvier 2021. J’ai déjà commenté le premier tome et j’ignore si l’histoire se terminera avec le deuxième ou si elle nécessitera un troisième (ce qui aiderait à ne pas trop précipiter le récit). Le titre de ce deuxième tome sera “Adamante” mais aucun descriptif n’est disponible pour l’instant. J’espère qu’il ne tardera pas trop à traverser l’Atlantique car j’ai très hâte de le lire…

Kebek: t. 2: Adamante, par Philippe Gauckler. Ed. Daniel Maghen, 96 pages. 19,00 € / $C 39.95. ISBN 978-2-35674-084-7. À paraître le 14 janvier 2021. [ Google ]

Je viens à peine de finalement mettre la main sur le volume six de Isabella Bird que je découvre que le sept est déjà paru en Europe depuis le début décembre ! Celui-là va certainement prendre quelques mois avant de nous parvenir…

J’attend également avec impatience le Pline #9: L’Opium d’Andromaque, qui est paru fin Octobre, et qui devrait atteindre nos rivages d’ici la mi-janvier (selon Les Libraires) — en espérant qu’il n’y ai pas trop de délais avant qu’il soit disponible en bibliothèque…

J’aimerais bien aussi lire le Cesare #13. L’auteur avait fait une longue pause en 2014 et avait reprit la production en 2018 pour le volume 12 (paru en France en janvier 2020 et déjà commenté). Fuyumi Soryo a par la suite remit le manga sur pause à nouveau… et aurait reprit le travail à l’automne 2019 mais le volume treize n’est toujours pas paru…

Bambi-covJ’ai récemment découvert que l’histoire originale de Bambi a été republiée avec des illustrations du célèbre dessinateur de livre pour enfants Benjamin Lacombe. Considéré comme un conte pour enfant (9 à 12 ans) à cause du film de Disney ce livre est actuellement un roman animalier pour adulte écrit par Félix Salten, un auteur autrichien, en 1923 mais qui “fut interdit et brûlé par les nazis qui y décelaient “une allégorie politique sur le traitement des juifs en Europe”. Les éléments symboliques sont nombreux tout en restant discrets (…)” [Paris-Match #3733, p. 33]. Je suis donc curieux de revisiter cette histoire…

Bambi, par Félix Salten, illustré par Benjamin Lacombe. Paris: Albin Michel, novembre 2020. 176 pgs. 22.7 x 30.7 cm, 29.90 € / $C 44.95. ISBN 9782226450210. [ AmazonGoogleBeDethèqueGoodreadsWorldCat ]

Les superbes adaptions de Lovecraft par Gou Watanabe se poursuivent chez Ki-oon avec L’Appel de Cthulhu (qui est paru en Septembre, cette fois avec une couverture rouge). Je l’ai réservé à la bibliothèque et m’y attèlerai dès que je le reçois ! Mais cela ne s’arrête pas là, puisque Ki-oon annonce déjà Celui qui hantait les ténèbres pour mars 2021 (avec une couverture verte) !

J’attend toujours aussi Olympia Kyklos par Mari Yamazaki (Casterman, vol. 1/4, 15,95 $, 200 pages, ISBN 9782203202986) qui devait paraître en juin 2020 mais qui semble avoir été retardé à cause de la COVID et paraîtra plutôt en mars 2021. C’est une comédie du style de Thermae Romae mais avec des grecs. [ MangaNewsGoogleAmazon ]

Même si j’ai été plutôt déçu par le premier volume de Ad Romam (commenté récemment), j’ai tout de même l’intention de lire le tome deux que j’ai déjà réservé à la bibliothèque… Par simple curiosité…

J’ai déjà sur ma table de chevet Aliss de Patrick Sénécal / Jerk Dion publié chez Alire (en collaboration avec Studio Lounak). Mais cela m’apparait un peu heavy donc je vais probablement attendre un peu avoir de le lire…

J’ai aussi réservé pour ma femme à la bibliothèque la BD biographique Les Étoiles de l’Histoire t.3: Brigitte Bardot (Dupuis, mai 2020, 136 pages, ISBN 9791034749133, 12+). Comme BB était l’une des idoles de mon adolescence (je me demande bien pourquoi) je vais probablement en profiter pour la lire aussi…

Voici encore quelques titres que j’ai l’intention de lire dans les prochains mois (dès que disponibles):

DernierEnvolDuPapillon-COvEt j’en passe… Il y a plusieurs titre en cours / en attente de lecture sur ma table de chevet (Justine par Laurence Durrell, La lanterne de Nyx vol. 1-2 par Kan Takahama, Le dernier envol du papillon aussi par Kan Takahama, The Hound and other stories par Gou Tanabe chez Dark Horse ainsi que plusieurs périodiques — Solaris, dBD, Animeland) et plusieurs autres déjà lus qui attendent d’être commenté (Histoires Courtes d’Aoi Makino, Les frères Karamazov chez Kuro-Savoir, Les fleurs de la Mer Égée par Akame Hinoshita, Isabella Bird #6, Mariko Parade par Boilet et Takahama, Terre Errante par Liu Cixin — tiens, un roman!, La librairie de tous les possibles par Shinsuke Yoshitake, Tokyo, amour et libertés par Kan Takahama, et Nos compagnons par Jiro Taniguchi).

Cela me fera beaucoup de lectures et beaucoup de pain sur la planche! Il va me falloir essayer de regarder moins de télé, ce qui sera sans doute difficile car beaucoup de nouvelles séries intéressantes devraient se pointer en 2021. Sur ce sujet d’ailleurs j’ai aussi découvert que l’une de mes série anime fétiche, Kimagure Orange Road, est maintenant disponible sur RetroCrush ! J’ai aussi débuté le visionnement de la cinquième saison de la sublime série The Expense ainsi que de la nouvelle série Raised by Wolves — dont le sujet est une guerre de religion entre les Athées et les adeptes de Mithra qui se poursuit sur une planète désolée après que les derniers survivants de l’humanité y ait trouvé refuge. Pour épargner la sensibilité des croyants, il semble que le récit ait été placé dans le futur d’un monde alternatif où le culte de Mithra a prédominé sur les autres (dans NOTRE réalité il a éventuellement été absorbé par le culte de Sol Invictus au IIIe siècle avant d’être définitivement supplanté par le christianisme au IVe siècle mais a en quelque sorte survécu à travers le manichéisme et le zoroastrisme). 

Aussi Doctor Who (série 13) devrait reprendre le 1er janvier, A Discovery of Witches (S2) le 9 janvier, Real Time with Bill Maher (S19) le 15 janvier, Batwoman (S2) le 17 janvier, Euphoria (spécial #2) le 24 janvier, For All mankind (S2) le 19 février, When calls the Heart le 21 février, The Walking Dead (S10) le 28 février, sans compter le film Dune annoncé pour le 1er octobre, The Mandalorian (S3) pour le 25 décembre, un quatrième film de The Matrix (pour décembre également) ou encore les séries télé de Foundation, Lords of the rings, McMafia (S2), His Dark Materials (S3), Gentleman Jack (S2), Star Trek Discovery (S4), Outlander (S6), Westworld (S4), Call the Midwife (S10), Lost in Space (S3), The Morning Show (S2), Carnival Row (S2), Emily in Paris (S2), Star Trek: Picard (S2), un remake de Shōgun (!) et les multiples spin-off de Star Wars qui n’ont pas encore de dates annoncées! Wow! Où vais-je trouver le temps de lire ?

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Cat-urday’s video [002.020.361]

Wrapped Gift

Last Friday I notice in the afternoon that someone had left a wrapped dead mouse on the top of the backyard stairs. I thought it was a subtle message from one of my beloved neighbours and I lamented against those crazy people who cannot even afford a dead horse’s head. I decided to check the Nest camera in order to identify the culprit. To my great surprise, I discovered that the deed was done at 2PM sharp by none other than Felix — the alley cat that I took in the garage for the winter and that I let out a couple of hours every day when he gets too antsy. It seems that he had found one of those glue traps with a dead mouse on it (apparently some paper towel flew in the wind and got stuck on it too) and decided it would make a perfect gift for us !

It is not the first time that a cat brings us a dead mouse. I guess that this behaviour goes back to the time when humans first started to interact with cats in the Neolithic. They were never really domesticated, but probably slowly became tame by contact with humans through a commensal relationship (a form of symbiosis). With the agricultural revolution, mass producing food meant that human had to create food storage (primarily granary) that inevitably attracted vermine (mostly rats and mice). The presence of vermine in turn attracted small predators like cats who started hanging around human settlements. Humans probably started to “reward” the cats (with food and confort) for getting rid of the vermine and with time this synanthropic relation became mutualistic and the behaviour became instinctive. The cat, in order to prove that he is earning his keep, brings the dead prey as proof, hence the “gift” — which is rarely wrapped.

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Monnaies anciennes 18

Les femmes romaines (2)

Lucilla

Je suis particulièrement attaché à Lucilla, dont j’ai deux pièces, car elle était non seulement la fille de Marcus Aurelius et Faustina Minor (et donc la soeur de Commodus, contre qui elle complota) mais elle était aussi l’épouse de Lucius Verus, à qui elle donna trois enfants.

Annia Aurelia Galeria Lucilla est née le 7 mars 149 et grandit à la cour d’Antoninus Pius. En 161, son père la fiance à son coempereur, Lucius, qu’elle épouse à Éphèse en 164. Elle reçoit alors le titre d’Augusta. Les époux ne passeront pas beaucoup de temps ensemble. Elle reste auprès de Verus à Antioche la première année, où elle accouche d’une  fille, Aurelia Lucilla, en 165, puis retourne à Rome alors que Verus reste en Asie Mineure pour superviser la campagne contre les Parthes puis se rend sur le front Danubien pour une campagne contre les Marcomans. Elle est considérée comme ayant été “une matrone respectable et influente”. Après la mort de Verus en 169, Marcus arrange un second mariage avec le général Tiberius Claudius Pompeianus Quintianus qui est deux fois plus âgée qu’elle et issue d’une famille syrienne modeste de rang équestre. Elle lui donnera deux fils. Dès 172, elle le suit sur le front Danubien et est donc au chevet de son père à Vindobona lorsqu’il décède en mars 180. Étant l’aîné, elle espérait qu’elle et son mari succéderait à Marcus, mais c’est plutôt Commodus qui devient empereur. En 182, elle participe à un complot pour assassiner son frère et prendre le pouvoir. Ayant échoué, elle est exilée à Capri, où son frère la fait aussitôt exécuter… Cela démontre bien que les femmes romaines n’étaient pas exclues des jeux de pouvoir et des manoeuvres politiques…

IMG_8727-8729Ce beau sesterce (AE, 30 mm, 25.7022 g) présente sur l’avers un buste de Lucilla,  les cheveux ondulés et attachés en un chignon bas à l’arrière de la tête, drapée à droite avec l’inscription LVCILLAE AVG[VSTAE] ANTONINI AVG[VSTI] F[ILIA] (“Pour Lucilla Augusta fille de l’Auguste Antoninus“). Sur le revers on retrouve une Vénus debout à gauche, tenant une pomme dans la main droite et un sceptre dans la gauche, avec l’inscription VE-NVS et un S[ENATUS] C[ONSULTO] (“avec la permission du Sénat”) dans le champ de part et d’autre. Cette représentation exprime probablement un thème de fertilité (puisqu’elle a donné à Verus trois enfants) — quoique la pomme fait allusion à la légende du jugement de Pâris et de la fameuse “pomme de la discorde” alors que le sceptre est un attribut d’autorité. Comme Lucilla a reçu le titre d’Augusta qu’à son marriage en 164 et qu’il est peu probable qu’on ait frappé monnaie à son nom après qu’elle eut cessé d’avoir un statut d’impératrice en 169, cette pièce a certainement été frappé entre ces dates. Par contre, certaines sources réduisent cet intervalle à 164-166. Sources: Wikipedia, RIC III 1763, CoinArchives, CoinArchives, Numismatics, acsearch, Wildwinds, CoinTalk, CoinProject, DeaMoneta, FAC, MAShops, FAC (Lucilla, Venus, Apple). Voir aussi ma fiche.

IMG_8731-8733Cet as (Ae, 24 mm, 10.091 g, payé $8 le 1985/12/17), d’une qualité passable (ou même médiocre), nous offre un buste de Lucilla à droite avec l’inscription LVCILLA – AVGVSTA. Le revers représente une Hilaritas debout de face, regardant à droite, tenant une longue feuille de palmier dans la main droite et une corne d’abondance dans la gauche, avec l’inscription HILARITAS et un S[ENATUS] C[ONSULTO] (“avec la permission du Sénat”) dans le champ de part et d’autre. L’inscription est illisible mais la longue palme est assez typique pour identifier le sujet représenté sans le moindre doute. Hilaritas est une vertus, la personnification divine et allégorique de l’allégresse qui, dans ce cas-ci, exprime probablement la joie suscitée par le mariage de Lucius et Lucilla ou la naissance d’un enfant. Les branches de verdure (une longue palme) étaient signe de réjouissance et la cornucopia un signe d’abondance. Cela me rappel, sans y être vraiment lié, la fête romaine de Hilaria, qui était célébré le 25 mars (trois jours après l’équinoxe du printemps), en l’honneur de de Cybèle (la Magna Mater) et d’Attis — cette festivité carnavalesque serait possiblement à l’origine du “poisson d’avril”. Pour les même raison que la pièce ci-dessus, celle-ci aurait été frappée entre 164 et 169 (quoique la même source suggère que les pièces avec l’inscription “Lucilla Augusta” auraient probablement été frappé plus tardivement, soit en 166-169). Sources: Wikipedia, RIC III 1741, Wildwinds (text, image), acsearch, ACsearch, acsearch, British Museum, Numismatics, FAC, FAC (Hilaritas, Palm, Hilaritas), Hilaria. Voir aussi ma fiche.

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