Les chasseurs de dinosaures

ChasseursDeDinosaures-cov“« Si vous désirez chassez le dinosaure, rendez-vous de toute urgence, sans en faire part à personne, à telle adresse… »

Une telle phrase suffirait è faire courir au bout du monde n’importe quel chasseur de fauves invétéré, surtout si ce chasseur s’appelle Frank Reeves et possède tout l’argent nécessaire pour réaliser ses moindre fantaisies.

Et, un soir, un jeune femme éplorée, attendra Bob Morane chez lui, le suppliant de voler au secours de Frank, disparu sans laisser de traces.

Naturellement, Bob ne pourra résister à cet appel. Avec le professeur Clairembart et Bill Ballantine, il partira è la recherche d Frank Reeves. Mais, pour atteindre ces terrains de chasse où errent les monstrueux dinosaures, il lui faudra suivre cette fois une route bien étrange.”

[ Texte de la couverture arrière ]

Pour commémorer la disparition de Henri Vernes, à l’instar de mon neveu, j’ai décidé de relire quelques unes des aventures de Bob Morane. J’en ai donc choisi une au hasard dans ma collection (je ne les ai pas tous mais j’en ai tout de même une cinquantaine — et j’ai dû lire les cent-cinquante premiers volumes sur une collection qui en compte deux-cent-sept). Je suis tombé sur un vieux volume de Marabout Junior, aux pages jaunies et craquantes, publié en 1957: Les chasseurs de dinosaures… Il semble que ce soit l’édition originale, le vingtième volume de la série (et le quatre-vingt-quatorzième de la collection Marabout Junior).

Lorsque Morane et ses compagnons se lancent sur les traces d’un ami disparu et se retrouvent naufragés en plein coeur de la préhistoire, ils doivent affronter tyrannosaures, brontosaures, ptérodactyles et microsaures (vélociraptors?) pour survivre… Comment réussiront-ils donc à se sortir de ce pétrin ?

C’est une série que j’adorais étant adolescent mais je craignais que ce genre de littérature jeunesse d’aventure ait mal vieilli. Et bien non, ça se lit toujours très bien. Le récit est fluide mais l’intrigue est relativement simple et la représentation de la faune et de la flore de l’ère secondaire et du crétacé manque un peu de rigueur — sans compter quelques bourdes atroces comme “La villa des Reeves, à Miami, était une sorte de palais ultra-moderne, avec (…) plage particulière au sable blanc lèché par les eaux bleues de la mer des Caraïbes”! Oups!

Cela reste très divertissant et agréable à lire. stars-3-0

Les chasseurs de dinosaures, par Henri Vernes. Verviers: Éditions Gérard & Co., 1957. 160 p. Pour lectorat adolescent (12+).

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ GoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 1957 by les Éditions Gérard & Co., Verviers.

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Images du mer-fleuri [002.021.216]

Ambrosia artemisiifolia 

IMG_3908[ Canon PowerShot S5 IS, Jardin Botanique, 2013/06/18 ]

IMG_3909La Petite herbe à poux (que l’on appel en Europe Ambroisie à feuilles d’armoise ou “Common ragweed” en anglais) est un espèce de plante herbacée annuelle qui appartient à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae, i.e. “qui germe en deux feuilles”), à la sous-classe des Asteridae, à l’ordre des Asterales, à la famille des Asteraceae (ou Compositae, “fleurs composées”), à la tribu des Heliantheae (la troisième plus grande tribu de la famille des tournesols) et au genre Ambrosia (qui comprend une cinquantaine d’espèces, dont la Grande herbe à poux [Ambrosia trifida ou giant ragweed en anglais], qui sont pour la plupart des plantes envahissantes de nature adventice (“mauvaise herbe”) ou rudérale (qui poussent sur les terrains abandonnés et le long des routes) et qui produisent un pollen très allergène).

Elle est caractérisée par des feuilles dentelées, douces et velues (longues de trois à douze centimètres), de couleur vert foncé, qui sont divisées en pennes et poussent d’abord en opposition mais les “feuilles et rameaux supérieurs sont alternes.“ Les multiples branches peuvent atteindre soixante-dix centimètres (parfois même deux mètres!). La floraison se fait entre juillet et septembre sous la forme de fleurs vertes qui poussent en chandelles, i.e. droite sur le bout des tiges, et dont le petit fruit sec (akène de 2-4 mm, en forme de cône inversé) ne produit qu’une seule graine qui persiste en hiver — étant ainsi très apprécié des oiseaux.

Elle contient un composé chimique (psilostachyin) qui est utilisé en agriculture pour éliminé les mollusques (limaces et escargots). La plante elle-même est aussi parfois utilisée pour la décontamination des sols particulièrement les métaux lourds comme le plomb. Certaines tribus autochtones (Cherokee, Dakota, Delaware,  Iroquois, et Lakota) l’utilisaient aussi dans leur médecine traditionnelle. Le nom provient du grec ambrosia (ἀμβροσία / “immortalité”, “qui appartient au dieux”), la nourriture des dieux qui était réputée rendre immortelle. Le nom latin de l’espèce, artemisiifolia, lui, fait référence au fait que ses feuilles ressemblent à celle de l’Artemisia (le genre auquel appartient l’absinthe et dont le nom évoque la déesse Artemis ou à la reine et botaniste Artemisia II).

Comme elle est très allergène pour l’Humain et est la cause de la rhinite allergique (“Rhume des foins”), il est important de l’éradiquer avant qu’elle ne fleurisse à la mi-juillet. Il y a des municipalités où les propriétaires qui négligent de le faire peuvent se voir infliger une amende (comme à Alma, Dorval, Gatineau, Mont-Saint-Hilaire, Québec, Saint-Hyacinthe, Saint-Jean-sur-Richelieu, et Sainte-Thérèse) mais cela ne semble plus être le cas à Montréal (depuis 1996 [suite à un litige], sauf dans des arrondissements comme Saint-Laurent ou L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève — car l’herbe à poux est une responsabilité des arrondissements). Toutefois, on fait régulièrement des campagnes de sensibilisation pour encourager les gens à lutter contre l’herbe à poux par l’arrachage manuel ou la tonte. Certaines municipalités utilisent également des herbicides (du simple chlorure de sodium aux dicamba, glyphosate, triclopyr, ou metsulfuron — qui peuvent avoir de sérieux effets néfastes sur l’environnement), ou des méthodes thermiques (vapeur, flamme ou infra-rouge — qui ont l’inconvénient d’affecter aussi la végétation environnante). L’idéal pour lutter contre l’herbe à poux est d’opter pour une méthode préventive comme l’implantation d’un couvert végétal compétitif (en plantant des près fleuris, du sarrasin, du pâturin, ou du trèfle).

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[ iPhone 11 Pro, Parc Frédéric-Back, 2021/07/09 ]

Toutefois, je constate que l’herbe à poux est omniprésente dans le Parc Frédéric-Back. J’ai noté qu’il y a eut récemment une campagne d’arrachage mais on n’a enlevé que les plants de grandes tailles et il y a encore de très nombreux petits plants qui risquent eux aussi de fleurir ! C’est “une obligation pour les propriétaires de l’arracher sur leur terrain” mais la ville semble être assez tolérante en ce qui concerne ses propres parcs. Ce qui n’est guère mieux c’est que j’ai constaté, par les années passées, que la gestion du parc a utilisé des méthodes plus facile mais radicales (j’ignore si c’était de l’épandage chimique ou thermique mais cela a laissé de grandes aires avec des plantes “brûlées”, brunies et desséchées — j’espère qu’il ne s’agissait pas d’herbicides car n’est-ce pas interdit à Montréal? Encore une fois, deux poids deux mesures: c’est interdit pour les citoyen mais la ville ne s’en prive pas !) Si l’entreprise horticole qui gère le parc ne suffit pas à la tâche, la ville devrait peut-être faire appel aux citoyens avec un festival d’arrachage où des primes serait offerte pour chaque kilo d’herbe à poux arraché ? Il faut savoir être créatif — même si il est dommage de devoir faire la guerre à la nature à cause de certaines plantes qui se révèlent nuisibles à notre santé…

(Sources: Wikipedia [FR/EN], Google, Info Mtl,  Info Qc, Santé Mtl, thèse de maîtrise de Martin Ghiovany Bourdeau)

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Revue de ‘zines [002.021.215]

Revue de ‘zines

Ces titres sont arrivé trop tard pour être inclus dans ma plus récente chronique. Je m’efforce de me maintenir à jour avec ce flot continue de périodiques et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter ce soucis, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

dBD #155 (Juillet-Août 2021)

dBD-155Dans le cahier actualités, on nous apprend d’abord le décès de Benoît Sokal. On nous fait aussi découvrir un ouvrage sur L’Art du manga par Jean-Samuel Kriegk aux éditions Palette, ainsi qu’une demi-douzaine de nouveautés mangas: Elfen Lied t.1 par Lynn Okamoto chez Delcourt/Tonkam, No Control! Perfect Edition par Lynn Okamoto & Mengo Yokoyari chez Delcourt/Tonkam, Survivor’s Club par Anajiro chez Delcourt/Tonkam, Insomniaques t.1 par Makoto Ojiro chez Soleil Manga, Comet Girl t.1 & t.2 par Yuriko Akase chez Casterman et Angel of Death t.1 par Kudan Naduka & Makoto Sanada chez Éditions Mana.

À la une de ce numéro on retrouve les coups de coeur de la rentrée du magazine qui nous offre des entrevues avec les auteurs et cinq pages d’extraits de leurs ouvrages: Oriol (sur L’Or du temps t.1, en collaboration avec Rodolphe, chez Daniel Maghen), Appollo (sur La Désolation, en collaboration avec Gaultier chez Dargaud), Grégory Panaccione (sur Quelqu’un à qui parler chez Le Lombard), Olivier Jouvray (sur Bob Denard, le dernier mercenaire, en collaboration avec Lilas Cognet, chez Glénat), Vincent Mallié (sur Ténébreuse t.1, en collaboration avec Hubert, chez Dupuis/Aire Libre), Sylvain Bauduret (sur Voltaire & Newton t.1, en collaboration avec Mitch, chez Delcourt), Philippe Pelaez (sur Pinard de guerre t. 1, en collaboration avec Francis Porcel, chez Grand Angle), et Frantz Duchazeau (sur Debout les morts, Fantaisie Macabre, chez Sarbacane). On retrouve également des entrevues avec Nicolas Debon (sur Marathon, chez Dargaud), Laurent Bonneau (sur L’Étreinte, en collaboration avec Jim, chez Grand Angle), Théa Rojzman (sur Grand Silence, en collaboration avec Sandrine Revel, chez Glénat) ainsi qu’avec Alex Fuentes & Damian (sur Perdus dans le futur t.1 chez Dupuis).

Dans le Cahier Critique je note Terrarium t.1 de Yuna Hirasawa chez Glénat (Super; “un très beau récit de science-fiction, servi par un dessin sublime”), Le songe du corbeau par Sentô et Alberto chez Delcourt (Super; “Graphiquement, c’est superbe (…). Un thriller dont on ne sort pas indemne”), Un été à Tsurumaki par Shin’ya Komatsu chez Imho (Top!; “beau (…) mignon (…) rigolo (…) original et surprenant (…) le genre de lecture qui ravit l’oeil et ce qui se cache derrière”), Rock of destruction par Norihiko Kurazono chez Omaké (Super; “À réserver toutefois aux amateurs de séries B”), L’Envol par Kuniko Tsurita chez Atrabile (Top!; collection d’une trentaine d’histoires datant entre 1965 et 1981), Bucket list of the dead t.2 par Haro Aso & Kotaro Takata chez Kana (Top!; “histoire de zombie complètement déjantée (…) à la fois récit de genre et satire sociale”) et Fukuneko t.1 par Mari Matsuzawa chez Nobi-Nobi (Super; “conte sympathique”).

Ce numéro double de l’été (132 pages) nous offre une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

Capsules

Solaris #219 (Été 2021)

Solaris219_Couvert-255x400Comme toujours, Solaris nous offre une fenêtre sur la littérature de genre au Québec et ailleurs. Celle-ci  s’ouvre à nous en trois volets: Le volet fiction comprend cette fois sept nouvelles qui nous permettent d’échantillonner les différentes saveurs de la littérature de genre actuelle. Le volet documentaire n’offre encore une fois qu’un seul article, un autre épisode captivant des “Carnets du Futurible” par Mario Tessier. Finalement, le volet critique (36 p.) se divise en deux parties: “Les littéranautes” qui commentent les parutions locales et les “Lectures” qui commentent le reste — pour la liste des titres commentés voir la table des matières en ligne.

Les sept récits du volet fiction se déclinent tous autour de la thématique du temps et de sa finalité que représente la mort:

  • Dans Le Théorème des quatre douleurs” (21 p.), par Josée Bérubé (lauréate du Prix Solaris 2020), la concierge Ginette raconte à la police ce qu’elle a vu dans le laboratoire de Juliette pour tenter d’élucider la disparition de la scientifique… Amusante histoire, bine construite. stars-3-5
  • Dans Le Vieil Homme et le trou noir” (5 p., texte lauréat du Prix d’écriture sur place de Boréal 2021, catégorie pro), par Hugues Morin, un homme à l’identité fluide tombe dans un trou noir… ou est-ce plutôt dans l’abîme de sa mémoire? stars-3-0
  • Dans L’Offrande sur la pierre tombale“ (2 p., texte lauréat du Prix d’écriture sur place de Boréal 2021, catégorie de la relève), par Martine Bourque, une femme accomplie un rituel pour ressusciter son maître et amant… stars-2-5
  • Dans Ulann” (9 p.), par Andréa Renaud-Simard, les Azanis veillent sur repos des Utes à l’aide de leur pouvoir psychique mais rêvent de quitter le monastère et de retrouver de grands arbres… Bon texte, avec une excellent idée de base mais un peu difficile à suivre… stars-3-0
  • Dans “La Femme, le pilote et le corbeau” (20 p., publié originalement dans Fantasy & Science Fiction [August 1991] et traduit par Pierre-Alexandre Sicart), par Dean Whitlock, un homme vit une expérience carthatique lorsqu’il doit aller répandre les cendres de son ex sur le sommet du Cannon Mountain (White Mountains, New Hampshire) et qu’il a un accident. Très beau récit. stars-4-0
  • Dans “L’Archiviste” (11 p.), par Isabelle Piette, nous rencontrons l’entité que nous percevons comme la mort ou la grande faucheuse (mais qui se voit plutôt comme un archiviste) qui existe depuis toujours pour faciliter le passage de l’énergie psychique des Humains, non pas vers le Paradis ou l’Enfer, mais simplement la retourner à l’univers, de la même façon que la pourriture retourne l’énergie physique à la terre. Mais une rivale plus efficace fait son apparition… Serait-ce à son tour de retourner à l’Univers? Bien écrit et intéressant concept qui me rappel beaucoup les “dieux de la mort” dans Death Note. stars-3-0
  • Dans “Le Passager éternel” (17 p.), par Jean Carlo Lavoie, Arthur Grimshaw (philologue victorien) rencontre un vieil homme dans le train qui lui fait le récit de ses voyages bien extraordinaires… Un étrange appareil lui permet de projeter sa conscience dans le corps d’une personne récemment décédée et cela à n’importe quelle époque de l’Histoire humaine (et peut être même sur d’autres planètes)! Le vieil homme est fatigué de tous ces voyages dans le temps et offre à Grimshaw l’opportunité de prendre la relève… Beau récit qui aurait mérité un peu plus de développement… stars-3-5

Cette fois-ci le Futurible s’attarde sur Le Mouvement perpétuel, en science et en fiction (30 p.). Il nous raconte comment l’obsession des savants pour le Perpetuum mobile et l’énergie éternelle “a permis de développer la science de la thermodynamique et de mieux comprendre différents aspects du magnétisme, de la mécanique et de l’hydraulique.” Il entreprend ensuite de démontrer comment ce concept a influencé et a été utilisé dans les littératures de l’imaginaire, les arts et le cinéma. C’est, comme toujours, un article fascinant et très bien documenté.stars-4-0

En général, je ne lis Solaris que pour ses articles et ses suggestions de lectures, car je trouve que lire des histoires courtes est un peu fastidieux. Toutefois, une fois n’est pas coutume, et je me suis laissé tenté à lire les fictions de ce numéro. Je ne l’ai pas regretté et j’ai passé quelques bons moments de lecture. Encore une fois “l’Anthologie Permanente des Littératures de l’Imaginaire” nous offre un numéro très riche qui demeure un incontournable pour tout amateur de littératures spéculatives qui cherche à se divertir et à en apprendre plus sur le sujet… stars-3-5

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Monnaies anciennes 49

Les tétrarchies (1)

Avec Diocletianus, j’entre dans un territoire qui ne m’est guère familier: le Bas-Empire romain. J’y ai donc beaucoup à apprendre, ce qui rend l’étude des monnaies de cette époque un peu plus complexe mais aussi très stimulante. C’est une période caractérisée par le fait que le Principat (où l’Empereur est le “prince du Sénat”) est remplacé par le Dominat, un régime autocratique où le (ou les) empereur(s) possède(nt) un pouvoir absolu de droit divin qui serait pratiquement royal s’il n’était collégial (il est d’ailleurs inspiré par les monarchies orientales). L’Empire Romain est très vaste et la crise du IIIe siècle a démontré qu’il faisait face à de nombreux périls (révoltes, invasions, épidémies, dévaluation monétaire, instabilité politique, etc.) et que pour maintenir une administration efficace dans de telles conditions il était nécessaire de diviser le pouvoir, comme Valerianus et Gallienus avaient déjà tenté de le faire. La solution romaine à cette difficulté sera la tétrarchie (qui dédouble l’idée du duumvirat, où le pouvoir est divisé entre un Auguste et un César, en établissant un partage de responsabilités territoriales entre deux Augustes et deux Césars).

Diocletianus (284-305 EC)

Caius Aurelius Valerius Diocletianus est né dans une famille modeste à Salona en Dalmatie le 22 décembre 243/5 sous le nom de Diocles (Διοκλῆς). Il fait une carrière militaire et devient commandant de cavalerie sous l’empereur Carus. Il épouse Prisca c. 284. Après la mort de Carus et de son fils cadet, Numerianus, lors d’une campagne contre les Perses, Diocles est acclamé empereur par ses troupes le 20 novembre 284. Il prend alors le nom de Diocletianus et le titre d’Auguste. Toutefois il doit disputer le pouvoir au fils aîné de Carus, Carinus, qu’il vainc à la bataille du Margus en mars ou en juillet 285. Il doit rapidement repousser des invasions de Quades, Marcomans et de Sarmates. Il réalise que la vie d’un empereur tient à peu de chose (il peut mourir au combat ou être assassiné à tout moment) et la mort d’un empereur peut grandement déstabiliser l’Empire. Un duumvirat (ou dyarchie) — qui n’a rien d’exceptionnel puisque dès le IIe siècle Marcus Aurelius et Lucius Verus avaient co-régné — pourrait mettre fin à l’anarchie militaire. Il nomme donc César (puis Auguste l’année suivante) l’un de ses meilleurs officiers, Maximianus, avec qui il partage la gestion du territoire: Diocletianus commande l’armée d’Orient et Maximianus celle de l’Occident. Leur pouvoir, qui n’était initialement qu’une nomination militaire (et à la rigueur politique si elle était entériné par le sénat), est alors légitimé et ancré dans la religion en devenant sacré (un peu comme dans le cas des monarchies de droit divin): Diocletianus prends le titre de Iovius (représentant et protégé de Jupiter) et Maximianus celui de Herculius (représentant et protégé d’Hercule).

Pour définitivement mettre fin à la crise, Diocletianus entreprend une série de réformes militaires, administratives et économiques. Pour pacifier l’Empire il renforce les frontières en multipliant les forts et les remparts (limes), il fragmente les légions pour créer des unités plus petites mais plus nombreuses et mieux entraînées, puis augmente les effectifs en étendant la conscription aux provinces et en y ajoutant des barbares fédérés. De la même façon, comme le démontre la Notitia dignitatum, il décentralise l’administration, ajoute plus de fonctionnaires en favorisant la classe équestre, subdivise les provinces  en plus petits territoires plus facile à gérer et les regroupe en douze diocèses (l’Italie et l’Égypte perdent alors leurs privilèges). Finalement, il réforme le système monétaire (à partir de la fin de 294, il diminue la valeur de l’aureus, puis crée l’argenteus et une nouvelle monnaie de bronze appelé nummus ou follis; l’ancien antoninianus / aurelianus en billon perdure sous une nouvelle forme que l’on qualifie de “radiate post-réforme”), instaure un nouveau régime fiscal (dès 297 l’impôt foncier est étendu à tout l’Empire et il ajoute un impôt per capita), et fixe tant les salaires que le prix des denrées par l’Édit du Maximum (301).

Le système du duumvirat fonctionne bien mais reste néanmoins encore insuffisant pour bien contrôler la vaste étendue de l’Empire. Diocletianus instaure donc la tétrarchie en 293, où chacun des deux co-empereurs se choisit un César parmi ses meilleurs officiers: Diocletianus prends comme second son gendre Galerius (époux de sa fille Valeria) et Maximianus sélectionne Constantius. La gestion du territoire est répartie entre les tétrarques: Diocletianus (basé à Nicomédie) contrôle l’Asie et l’Égypte, Maximianus (de Mediolanum) contrôle l’Italie, l’Afrique et l’Hispanie, Galère (de Sirmium) est responsable de l’Illyrie et de la frontière danubienne, alors que Constantius (à partir de Augusta Treverorum) est chargé de maintenir l’ordre en Bretagne et en Gaule. Pendant vingt ans ce système offre à l’Empire Romain une stabilité qu’il n’avait pas connu depuis longtemps (ombragé peut-être seulement par d’importantes persécutions contre les chrétiens), au point où, le 1er mai 305, les deux Empereurs se permettent d’abdiquer en faveur de leur césars et de prendre une retraite bien méritée. Maximianus s’installe bien malgré lui en Lucanie et Diocletianus se retire dans un vaste palais (maintenant devenu la ville de Split) près de sa ville natale, où il meurt le 3 décembre 311/12.

Toutefois la tétrarchie, un sytème qui privilégie le mérite des candidats au pouvoir et non l’hérédité, rencontre des difficultés dès la première succession: à la mort de Constantius, le 25 juillet 306, le choix des nouveaux césars (Maximinus Daza et Severus) est contesté par les fils respectifs de Maximianus et Constantius (Maxentius et Constantinus). Le 11 novembre 308, Diocletianus est forcé de sortir de sa retraite pour la conférence de Carnuntum afin d’arbitrer la querelle de succession. Il y est décidé que Maxentius, considéré comme usurpateur et qui avait tué Severus au printemps 307, serait remplacé par un général de Galerius, Licinius. Malheureusement ces luttes de pouvoir entre Galerius, Maximinus, Licinius et Constantinus continuent jusqu’en 324 alors que seul Constantinus en sort vainqueur.

J’ai quatre pièces de monnaie de Diocletianus. Je vous les présente, non pas par ordre chronologique, mais par ordre de qualité… 

IMG_0321-0324La première pièce est un très très beau antoninianus (VF [Very Fine], AE / BI [Bronze argenturé / Billon], 21 mm, 4.188 g, payé environ $6 le 1986/06/16, patine brunâtre/verdâtre, avec trace d’argenture et d’oxydation; die-axis: ↑↓). L’avers nous offre un buste de l’empereur radié, cuirassé (et drapé sur l’épaule) à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] DIOCLETIANVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre deux Concordiae, drapées, debout face à face, se serrant la main droite et tenant des cornes d’abondance dans la main gauche, avec l’inscription latine CONCORDIA AVGG[VSTORUM] (“la concorde/harmonie des deux Empereurs”) et la marque d’officine I I en exergue.

J’ai eu beaucoup de difficulté à retracer mon identification initiale de cette pièce et je n’ai trouvé qu’une seule référence en ligne qui la mentionne, ce qui est probablement signe que c’est une pièce rare. Selon le RIC (Webb, P.H., ed. by Mattingly, H. & Sydenham, E.A. Roman Imperial Coinage, Vol. V, Part II, London: Spink & Son, [1927] 1972, pp. 223), cette pièce aurait été frappée à Lugdunum (Lyon) en 294 EC — donc avant la réforme. Toutefois, ma pièce semble être une variante puisque le RIC donne comme titulature “IMP DIOCLETIANVS P AVG” alors que ma pièce ne comporte pas de “P”.

Sources: Wikipedia (Diocletianus [FR/EN], Concordia [FR/EN]), Google, FAC (Diocletianus, Concordia, Concordia Augg, edict on price), ERIC (Diocletianus); RIC v. 5, pt. 2: 17; Numismatics. Voir aussi ma fiche.

IMG_0298-0305La deuxième pièce est un beau aurelianus (VG/F [Very Good/Fine], AE/BI [Bronze argenturé/Billon], 21 x 22 mm, 2.906 g, payé environ $6 le 1985/04/14, patine brune avec traces verdâtre et rougeâtre; die-axis: ↑↑). L’avers nous montre un buste de l’empereur radié, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] C[AIVS] VAL[ERIVS] DIOCLETIANVS P[IVS] AVG[VSTVS]. Le revers illustre les deux empereurs (Diocletianus debout à droite et Maximianus debout à gauche, tenant une lance transversale pointée vers le bas à gauche) face à face, tenant de la main droite un globe surmonté d’une Victoire, avec l’inscription latine VICTORIA AVGG[VSTORVM] (“la victoire des deux empereurs”), et un •XX•I• en exergue (marque de titrage de la réforme d’Aurelianus) ainsi qu’un 𝝘 (gamma, marque de la 3e officine) dans le champs entre les empereurs.

Cette pièce aurait été frappé à l’atelier de Siscia et daterait de 292 EC.

Sources: Wikipedia (Diocletianus [FR/EN]), Google, FAC (Diocletianus, edict on price, Victory), ERIC (Diocletianus); RIC v. V, pt. 2: 278; Sear RCV (1983): 3424; AugustusCoins, CoinProject (01, 02), FAC, Numismatics, WildWinds (text, image), WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

IMG_0308-0315La troisième pièce est un beau antoninianus (F/VG [Fine/Very Good], AE/BI, 21 mm, 3.677 g, payé environ $6 le 1985/06/16, patine verdâtre avec de fort dépôts de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste de l’empereur radié, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] C[AIVS] VAL[ERIVS] DIOCLETIANVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS]. Le revers illustre Jupiter debout à gauche, tenant un foudre (fulmen) de la main droite et un long sceptre dans la gauche, un aigle à ses pieds, avec l’inscription latine IOVI CONSER[VATORI] AVGG[VSTORVM] (“À Jupiter, protecteur des empereurs”), ainsi qu’un SML en exergue (marque l’atelier de Lugdunum) et un A dans le champs droit (marque de la première officine).

Cette pièce aurait été frappé à l’atelier de Lugdunum et daterait de 287-88.

Sources: Wikipedia (Diocletianus [FR/EN], Édit du Maximum [FR/EN], Réforme de Dioclétien [FR/EN], Argenteus [FR/EN], Follis [FR/EN], Post-reform radiate [FR/EN]), Google, FAC (Diocletianus, edict on price, fulmen, Jupiter, sceptre), ERIC (Diocletianus); RIC v. 5, pt. 2: 35; CoinArchives, CoinProject, CoinTalk (Diocletian reform, pre- & post-reform radiate), Numisbids, Numismatics, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

IMG_0333-0339La quatrième et dernière pièce est un assez beau tétradrachme d’Alexandrie (G [Good], Billon (Cu+Zn+Ag) / Potin (Cu+Sn+Pb), 17 x 19 mm, 8.192 g, flan épais, patine brun pâle, payé environ $5 le 1985/01/06; die-axis: ↑↑). L’avers nous montre un buste de l’empereur lauré, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription grecque (illisible) A K ΓOY A ΔIOKΛHTIANOC CЄB (Autocrator Kaisaros ? ?? Aurelios DIOKLETIANOS SEBastos = Imperator Caesar Caius? ?? Aurelius Diocletianus Augustus). Le revers illustre une Athena debout à gauche, tenant une nike et s’appuyant sur un bouclier, avec la datation L Δ (4e année de règne, i.e. 287-288) dans le champs gauche.

Sources: Wikipedia (Diocletianus [FR/EN]), Google, FAC (Diocletianus, edict on price), ERIC (Diocletianus); BMCG v. 15: 2484. acsearch, acsearch, acsearch, CoinArchive, FAC. Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

Ces pièces de monnaie représentent bien la première tétrarchie (son aspect collégial avec le type de la Concordia et la convergence du pouvoir militaire et religieux avec le type du Iovi Conservatori Augustorum) et sa volonté de réorganiser et de pacifier l’Empire (le type de la Victoria) — quoi que la plupart d’entre elles ont été frappé durant le duumvirat et avant la réforme monétaire de Diocletianus. Cette dernière (en créant de nouvelles dénominations et valeurs) rend d’ailleurs la tâche du numismate un peu plus complexe mais toujours aussi intéressante…

Mais ce n’est pas tout, car la semaine prochaine nous nous intéressons au co-empereur de Diocletianus, Maximianus Herculius.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.209]

Cichorium intybus 

[ iPhone 11 Pro, Parc Frédric-Back, 2021/07/02 ]

La Chicorée amère (ou chicorée sauvage, aussi appelée “Common chicory” en anglais) est une espèce de plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae, i.e. “qui germe en deux feuilles”), à la sous-classe des Asteridae, à l’ordre des Asterales, à la famille des Asteraceae (ou Compositae, “fleurs composées”, qui comprend mille-six-cent genres divisés en plus de vingt milles espèces comme le pissenlit, la marguerite et le tournesol), et au genre Cichorium (qui inclut non seulement une dizaine d’espèces, dont la Cichorium endivia [var. crispum et var. latifolium], mais également plusieurs sous-espèces et cultivars).

C’est une plante robuste caractérisée par une racine charnue, une tige unique qui forme de nombreux rameaux rigides et minces, des feuilles basales découpées en lobes (comme celles du pissenlit) et des feuilles intermédiaires lancéolées, mais surtout par de belles petites fleurs bleues ligulées qui forment des capitules et poussent directement sur la tige. Les fleurs se distinguent par leur photonastie (i.e. elles s’ouvrent à l’aube et se referme dès midi lorsque le soleil décline ou par temps nuageux). Toutes les parties de la plante ont un goût amère (à cause des lactucine et intybine qu’elle contient) et produisent un latex blanc.

La chicorée sauvage est surtout utilisée comme plante fourragère (car elle protège contre la météorisation et certains parasites) mais elle a aussi des propriétés médicinales (cholagogue, détoxiquante, légèrement laxative et même possiblement anaphrodisiaque). Cette variété n’est pas vraiment comestible (quoique, comme les feuilles de pissenlits, on peut utiliser les jeunes feuilles crues ou cuites en salades) mais au fil des siècles sa culture a développé de nombreuses sous-espèces et cultigroupes qui ont pris une place importante dans l’alimentation humaine: la chicorée à café (var. sativum, dont la racine séchée et torréfiée constitue un succédané de café), la chicorée de Catalogne (cultivars de la var. foliosum), la chicorée pain de sucre (var. foliosum Hegi f. cylindricum dite ‘Pan di Zucchero’), l’endive (var. foliosum), et le radicchio (de Trévise et de Chioggia, cultivars de la var. foliosum).

Le nom provient du grec kikhorion (κιχώριον, possiblement dérivé de l’égyptien keksher) et signifie en latin “plante de janvier” ou “salade d’hiver”. Elle est mentionnée par le naturaliste romain Plinius (Naturalis Historia, liber XX, cap. 29 et 30), le poète Horatius (Odes 31, ver 15), le gastronome Apicius (De re coquinera), ainsi que par les médecins Celsus (De Medicina) et Galênós (De alimentorum facultatibus, 41; De Simplicium Medicamentorum Temperamentis et Facultatibus; De subtiliante diaeta), et sa culture est même recommandée dans le Capitulare de Villis vel curtis imperii. (Sources: Wikipedia [FR/EN])

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Monnaies anciennes 48

Les empereurs Illyriens (6)

Carinus (283-285 EC)

Marcus Aurelius Carinus est né vers 250 (249 selon certains, 252-53 selon Malalas, Chronographia, XII, 306 seq.) et était le fils aîné de Carus. Sa famille était originaire soit de Narona en Illyricum (Dalmatia), soit de Narbo Martius (Narbonne) dans la province de Gallia narbonensis. Les monnaies et l’épigraphie lui attestent une épouse, Magnia Urbica (qui reçoit les titres d’Augusta et de Mater castrorum [“Mère des camps”]) et un fils, Nigrinianus, mort en bas âge. Son père devient empereur en septembre/décembre 282 alors que Probus est assassiné par des soldats mutins. Peu de temps après, il associe son fils aîné au pouvoir en le nommant caesar et Prince de la jeunesse. En janvier 283, il le fait co-consul et Augustus, et nomme son fils cadet, Numerianus, caesar et princeps juventutis. Les deux fils reçoivent également le titre d’imperator. Carus part alors faire campagne contre les Perses avec Numerianus et confit l’armée d’Occident à Carinus. Toutefois, tout de suite après avoir pris la ville de Ctésiphon en novembre 283, il meurt dans des circonstances étranges (possiblement frappé par la foudre!) et ses deux fils deviennent donc co-empereurs. Pendant que Carinus mène une vie dissolue à Rome (à moins que ce ne soit de la propagande négative créée par ses opposants?), Numerianus ramène vers Rome son armée réticente à continuer les combats contre les Perses. Il meurt (soit à Émese en Syrie, soit à Chalcédoine en Bithynie) dans des circonstances obscures (possiblement assassiné par son beau-père, Arrius Aper) en novembre 284 et l’armée acclame Dioclès, le commandant de la garde impériale, comme nouvel empereur.

Comme Julianus (le corrector de Vénétie) tente d’usurper le pouvoir, Carinus passe d’abord par l’Italie pour écraser cette révolte à Vérone en mai ou juin 285. Ce n’est que par la suite qu’il marche à la rencontre de Diocles (qui a prit le nom de Diocletianus) en Illyrie. Les deux armées s’affrontent à la mi-juillet (ou au printemps?) 285 près de Viminacium en Mésie, lors de la bataille du Margus. Malgré que son armée tienne bien tête à l’usurpateur, Carinus meurt (soit durant la bataille, soit trahit, soit assassiné par un ou des tribun(s) jaloux de l’attention qu’il portait à son/leurs épouse(s)). Il n’aura régné que deux ans et demi et est considéré par les historiens romains comme l’un des pires empereurs. Son armé se rallie alors à Diocletianus qui devient le seul empereur. Son long règne sera le début d’une nouvelle ère pour l’Empire Romain, celle du dominat et des tétrarchies.

IMG_0174-0180Je n’ai qu’une seule pièce de monnaie de Carinus mais c’est un très très beau antoninianus (VF [Very Fine], AE / BI [bronze argenturé / Billon], 21 x 22 mm, 4.115 g, payé environ $6 le 1985/06/16, quelques traces d’argenture et de corrosion; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste de l’empereur radié et cuirassé (possiblement drapé sur l’épaule) à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] M[ARCVS] AVR[ELIVS] CARINVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Équité (Aequitas) debout à gauche, tenant une balance (libra) et une corne d’abondance (cornucopiae), avec l’inscription latine AEQVITAS AVGG[VSTORVM — le double “G” dénotant un pluriel [Duorum Augustorum], soit “l’équité des deux Augustes”] et un “A” (marque de la première officine) dans le champs droit.

Cette pièce représente bien la propagande impériale qui exulte les vertus des empereurs alors que l’Aequitas exprime une idée d’égalité, de justice et de prospérité (par le commerce rendu possible par la stabilité de l’état). Selon le RIC (Webb, P.H., ed. by Mattingly, H. & Sydenham, E.A. Roman Imperial Coinage, Vol. V, Part II, London: Spink & Son, [1927] 1972, pp. 166) et les diverses sources en ligne, ce type avec une Aequitas et la marque d’officine “A” n’a été frappé qu’à Lugdunum (Lyon) — le type frappé à Rome [RIC 5.2: 238] comportait “KAZ” comme marque d’officine. Le RIC n’offre pas de datation mais les sources en ligne proposent tantôt avril 283, tantôt janvier 284 mais plus fréquemment surtout 283-284, ce qui fait du sens puisque l’inscription “Aequitas Augg” implique le co-principat de Carinus et Numerianus qui s’étend de la mort de Carus en novembre 283 à la mort de Numerianus en novembre 284.

Sources: Encycl. Brit. (1911), Wikipedia ( [FR/EN], Aequitas [FR/EN]), Google, FAC (Carinus, Aequitas, AVGG, cornucopiae), ERIC (Carinus); RIC v. 5, pt. 2: 212; Sear RCV (1983): 3362; acsearch, ARC, CoinArchives (01, 02), CoinProject (01, 02, 03, 04, 05), FAC, Numismatics, Numista, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Le troisième siècle est très mal documenté par les auteurs de l’époque qui se contredisent souvent et les sources plus riches, comme l’Historia Augusta, sont malheureusement peu fiables. La causes des événements et leur datation est plutôt flou ce qui ne laisse parfois aux historiens modernes que des hypothèses (qui évoluent et changent au cours des époques et avec les nouvelles découvertes archéologiques). Ce qui fait que, dépendant des sources consultées, les motivations des acteurs et les dates varient grandement. Le pire exemple est la divergence que l’on rencontre entre les versions française et anglaise de Wikipedia! Heureusement l’épigraphie et la numismatique fournissent des ancrages solides qui permettent d’établir une datation plus précise et fiable. Cela explique aussi la grande différence rencontré entre les datations d’ouvrages comme le British Museum Catalogues of Coins ou le Roman Imperial Coinage (écrits à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle) et les sources plus récentes que je consulte en ligne.

La semaine prochaine nous nous intéresserons au règne charnière de Diocletianus dont j’ai quatre pièces de monnaie.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.202]

Allium giganteum 

[ Canon PowerShot S5 IS, Jardin Botanique, 2013/06/18 ]

L’ail ornemental (appelé “Ornamental onion” en anglais) est une dénomination qui, en fait, regroupe de nombreuses espèces et hybrides du genre allium. On y retrouve, entre autres, les A. cristophii (Persian onion), les Allium hollandicum (Dutch garlic), Allium caeruleum (blue globe onion) et les Allium flavum (small yellow onion). Dans ce cas-ci il s’agit du cultivarGlobemaster” de l’espèce Allium giganteum (ail géant ou giant onion en anglais) qui constitue la plus grande variété d’ail ornemental (produisant des “globes” de 15 à 20 cm de diamètre). Comme les autres allium, ce sont de grandes plantes herbacées, vivaces et à bulbes, possédant un feuillage basale gris-vert en forme de lanière, et qui offrent des fleurs étoilées violettes qui forment des grappes globulaires (ombelles) qui poussent l’été au bout de tiges sans feuilles pouvant atteindre 80 cm de hauteur. Il a reçu le “Award of Garden Merit” de la British Royal Horticultural Society. Ces plantes ont un un fort parfum d’oignon ou d’ail mais, attention, elles ne sont pas comestible car elles contiennent du soufre (cystéine, sulfure) et en manger (tant les fleurs, graines, feuilles ou tiges) peut causer des nausées, vomissements ou de la diarrhée. Elles peuvent être particulièrement toxiques pour les animaux domestiques.

Le genre allium fait partie de la division des Magnoliophyta, de la classe des Liliopsida (Monocotyledonae), de l’ordre des Liliales, et de la famille des Liliaceae (ou Alliaceae selon la classification phylogénétique APG) . Il comprend près de neuf-cent espèces dont plusieurs ont pris une place importante dans l’agro-économie humaine, incluant des plantes maraîchères (légumes) comme  l’oignon (Allium cepa), l’échalote (A. cepa L. var. aggregatum), le poireau (A. ampeloprasum), l’oignon vert (ciboule ou A. fistulosum) ou des herbes comme l’ail cultivé (A. sativum) ou sauvage (A. ursinum) et la ciboulette (A. schoenoprasum). Certaines sont considérées comme ayant des propriétés médicinales. Le nom viendrait soit du celtique ( all / “brûlant, âcre”) ou du grec (ἀλέω / aleo / “to avoid”). (Sources: Wikipedia [FR/EN] et divers sites horticoles)

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Monnaies anciennes 47

Les empereurs Illyriens (5)

Probus (276-282 EC)

Marcus Aurelius Probus est né en août 232 à Sirmium (en Pannonie, anciennement partie de l’Illyrie). Il fait une brillante carrière militaire et déjà sous Valerianus il avait un important poste de commandement de légion. Il sert dans les campagnes d’Aurelianus et Tacitus le nomme commandant de l’armée d’Orient (dux orientis) à la fin de 275 ou au début de 276. À la mort de ce dernier, l’armée l’acclame empereur et, après avoir rapidement éliminé Florianus, son successeur, son pouvoir est confirmé par le sénat en septembre 276. Son intention est de complèter la restauration de l’empire débuté par ses prédécesseurs mais il doit d’abord continuer la consolidation des frontières. Durant les deux premières années de son règne (276-277), il se consacre à sécuriser la Gaule envahie par des Germains (des Francs et des Alamans), puis reprend le contrôle des Champs Décumates et réorganise le limes du Rhin. Les deux années suivantes (278-79), il fait campagne en Rhétie (contre les Vandales et les Burgondes) et en Thrace (contre des Sarmates) et il conclut même une trêve avec les Perses. En 280-81, il devra également étouffer quelques révoltes et tentatives d’usurpations (Saturninus, Bonosus et Proculus). Vers la fin de 281, il rentre finalement à Rome où il célèbre un triomphe et donne des jeux. Il semble croire (ou est-ce de la propagande?) que la crise est terminée et que l’Empire est pacifié. Il aurait déclaré “Brevi milites necessarios non habebimos” (“Sous peu, nous n’aurons plus besoin de soldats”)!

Pendant ce temps il poursuit les réformes économiques de Aurelianus, surtout en ce qui a trait à l’agriculture: il autorise la viticulture en Gaule et en Pannonie, donne des terres agricoles à coloniser à des Germains, qu’il enrôle également comme auxiliaires dans l’armée en Gaule belgique et le long du Rhin pour former une sorte de bande tampon contre les invasions. Il entreprend de nombreux travaux de constructions et rénovations sur les infrastructures de l’Empire (édifices publics, voirie, drainage, irrigation, plantation, etc.) et amnistie de nombreux acteurs des tentatives de révoltes et d’usurpations. Il nomme le préfet du prétoire Carus commandant de l’armée d’Occident.

En 282, il part faire campagne contre les Perses afin de reconquérir l’Arménie et la Mésopotamie. Les travaux de réfection des infrastructures avaient été confié à l’armée, pour que les troupes ne soient pas oisives en temps de paix. De passage à Sirmium en septembre ou octobre 282, lors d’une tournée d’inspection des travaux, Probus est pris à parti par des soldats mécontents de cette corvée et il est assassiné ! La nouvelle prends une semaine à parvenir à Rome et Carus lui succède. Il n’aura régné que six ans.

J’ai cinq pièces de monnaie de Probus. Les deux premières sont des “Restitutor Orbis” dont l’avers offre un buste de l’empereur radié, cuirassé et drapé à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] M[ARCVS] AVR[ELIVS] PROBVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS] (L’Empereur Caesar Marcus Aurelius Probus, Pieux, Heureux, Auguste). Le revers illustre une femme (Orbis?) drapée, debout à droite, présentant une couronne de laurier de la main droite à l’empereur debout à gauche, tenant un globe de la main droite et un long sceptre de la main gauche, avec l’inscription latine RESTITVT[OR] O-RBIS (“Restaurateur du monde”). En exergue on retrouve un XX I (la marque de titrage de la réforme monétaire d’Aurelianus). La seule différence entre les deux pièces réside dans la marque d’officine. 

IMG_0184-0190La première pièce est donc un très beau aurelianus (VG / F [Very Good / Fine], AE / BI [Bronze argenté / Billon], 20 mm, 3.871 g, payé environ $6 le 1985/04/14, patine verte avec trace de vert-de-gris; die-axis: ↑↑) qui se distingue par la marque d’officine dans le bas du champs centre: E ∆ (Epsilon Delta = la neuvième officine ?).

 

IMG_0195-0201La deuxième pièce est un très très beau aurelianus (F / VF [Fine / Very Fine], AE / BI [Bronze argenté / Billon], 20.5 x 22 mm, 3.521 g, payé environ $6 le 1985/04/14, patine brunâtre avec encore des traces importantes d’argenture sur le revers; die-axis: ↑↑) qui, cette fois, offre simplement un  B (Beta = seconde officine) dans la bas du champs centre.

Ce type de pièce (avec le Restitutor abrégé en RESTITVT) n’aurait été frappé qu’à Antioche et n’apparait probablement que vers la fin du règne, alors que le succès de l’empereur est apparent (probablement suite à ses victoires contre les Germains), c’est-à-dire vers 280-82 EC.

Sources: Wikipedia (Probus [FR/EN]), Google, FAC (Probus, Orbis, scepter), ERIC (Probus); RIC v. 5, pt. 2: 925; Sear RCV (1983): 3264; CoinArchives (B), Numista, WildWind (B [text, image], E ∆ [text, image]). Voir aussi mes fiches (Epsilon Delta & Beta).

IMG_0207-0214La troisième pièce est un superbe antoninianus (VF/EF [Very Fine / Extra Fine], AE / BI [Bronze argenté / Billon], 22 mm, 3.746 g, payé environ $6 le 1985/06/16, patine grisâtre avec encore des traces d’argenture le long des reliefs; die-axis: ↑↓) qui présente un avers avec un buste de l’empereur radié et cuirassé (drapé sur l’épaule?) à droite, et l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] PROBVS P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Felicitas drapée, debout à droite, tenant un long caduceus (caducée) et une cornucopiae (corne d’abondance), avec l’inscription latine TEMPO-R[VM] FELICI[TAS] (“La Félicité du temps”), et un I en exergue (marque de la première officine).

Cette pièce exprime bien l’optimisme (ou la propagande) de Probus face à l’avenir et aurait été frappé à Lugdunum (Lyon). Si les sources en ligne ne s’entendent pas sur la datation (certaines proposent 277, d’autres 281-82), la majorité la situe à la période II, émission 6, 1ère officine, c’est-à-dire entre 278 et 279 EC.

Sources: Wikipedia (Probus [FR/EN]), Google, FAC (Probus, caduceus, cornucopiae, Felicitas), ERIC (Probus); RIC v. 5, pt. 2:  104; Sear RCV (1983):  3273; AncientCoins, ARC, BeastCoins, calkinsc, catawiki, CGB, CoinProject, CoinTalk, Numismatics, Numista, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

IMG_0215-2019La quatrième pièce est un très beau antoninianus (F/VG [Fine / Very Good], AE / BI  [Bronze argenté / Billon], 21.5 x 23 mm, 3.765 g, payé environ $6 le 1985/06/16, patine brun foncé avec légère traces de vert-de-gris sur le revers; die-axis: ↑↑). L’avers présente un buste de l’empereur radié et cuirassé à droite, avec la brève inscription latine PROBV-S P[IVS] F[ELIX] AVG[VSTVS]. Le revers illustre un trophée militaire (tropæum) entre deux prisonniers, avec l’inscription latine VICTOR-IA GERM[ANICA] (Victoire sur les Germains), et un R A entourant une foudre (fulmen) en exergue (cette inscription n’est pas claire mais on peut tout de même la distinguer suffisamment pour l’identifier).

Le tropæum, un monument destiné à commémorer une victoire militaire, est composé d’une croix de bois à laquelle est accrochée une cuirasse, un casque, des boucliers et des armes (lances, épées, etc.) prisent à l’ennemi vaincu. Sur les monnaies, il est souvent représenté avec deux prisonniers de part et d’autre.

Cette pièce aurait été frappée à la première officine de Rome (R = Rome, A = première officine) durant la 6e émission, ce qui la date en 281 EC — et qui correspond probablement à l’époque de son triomphe à Rome.

Sources: Wikipedia (Probus [FR/EN], foudre, fulmen, tropæum [FR/EN]), Google, FAC (Probus, fulmen, tropæum, Victoria Germ), ERIC (Probus), Roman Emperors; RIC v. 5, pt. 2:  223; Sear RCV (1983): 3275; CoinArchives, CoinTalk, Nomos AG,  Numismatics, vcoins, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

IMG_0233-0242-0227La cinquième et dernière pièce est un assez beau tetradrachme grec impérial d’Alexandrie (VG [Very Good], AE / BI [Bronze (Cu+Sn) avec fort taux de cuivre ? / Potin (Cu+Sn+Pb) ? / Billon (Cu+Zn+Ag)?], 17 mm [épaisseur variant entre 2.5 mm (à 70º) et 4 mm (à 335º)], 7.0864 g, payé environ $5, flan épais à épaisseur variable; exceptionnellement cette pièce a été brossée avec une laine d’acier douce et de l’huile minérale afin de diminuer les concrétions qui obscurcissaient le relief mais il subsiste encore de traces d’oxydation bleu foncé et vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste de l’empereur lauré et drapé à droite avec l’inscription grecque A K M A𝝪𝝦 𝝥𝝦𝝧𝝗𝝧𝝨 𝝨𝝚𝝗 (Autokrator Kaisaros Markos AURelios PROBOS CEBastos = Imperator Caesar Marcus Aurelius Probus Augustus). Le revers illustre un aigle à gauche regardant derrière lui (vers la droite) et tenant une couronne de laurier dans son bec, avec un L E de part et d’autre dans le champs.

L’aigle représente bien sûr le dieu Jupiter, mais aussi la légion romaine (aquila) et, par extension, le pouvoir impérial. Comme je l’ai déjà expliqué pour les pièces de Quadratus et de Aurelianus (selon Sear GICV, p. xxv et le FAC), les pièces grecques impériales (ou provinciales) étaient souvent datées avec l’inscription ETOYΣ (έτος, parfois abrégé “ET” ou “L” à Alexandrie, qui signifie simplement “année”) suivie d’une date qui correspondait soit à une ère locale (Césarienne ou Actienne) ou à l’année de règne de l’empereur (ou du monarque local). Dans ce cas-ci, à Alexandrie (selon une tradition empruntée aux Ptolémés), “L E” correspond à la cinquième année du règne de Probus, soit du 29 août 279 au 28 août 280 EC.

Sources: Wikipedia (Probus [FR/EN]), Google, FAC (Probus, Eagle, Potin), ERIC (Probus); BMCG v. 15: 2428; Sear RCV (1983): 3290; BeastCoins, Calkinsc, CoinArchives, CoinProject, CoinProject, CoinTalk. Voir aussi ma fiche (recto, verso).

Bibliographie:

Probus aura régné brièvement mais il a joué un rôle important en complétant les réformes d’Aurelianus (et permettant l’expansion de la culture de la vigne!). Suite à sa mort, le préfet du prétoire Carus (originaire de Narbo Martius) est acclamé empereur vers la fin 282 (entre septembre et décembre). Les assassins de Probus sont rapidement jugés et exécutés. Il associe ses fils Carinus et Numerianus au pouvoir et confit l’armée d’Occident au premier, puis part en campagne avec le second. Il rétablit d’abord l’ordre dans le nord (contre les Sarmates en Pannonie), puis poursuit la campagne de Probus contre les Perses. Il remporte une victoire en prenant les villes de Séleucie et de Ctésiphon mais meurt aussitôt foudroyé (littéralement) en juillet ou août 283 ! Il n’aura donc régné qu’une seule année. Ses fils lui succèdent et prennent le titre d’Auguste à l’automne mais Numerianus meurt en Thrace l’année suivante (novembre 284). Carinus, lui, règnera encore un an.

La semaine prochaine nous concluons l’époque des empereurs Illyriens (et celle de la crise du IIIe siècle) avec le principat de Carinus.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.195]

Artemisia absinthium 

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[ Canon PowerShot S5 IS, Jardin Botanique, 2013/06/18 ]

IMG_3922L’Absinthe (appelée wormwood en anglais) est un plante à fleurs, vivace, de la division des Angiospermae (Magnoliophyta), de la classe des Dicotyledonae, de la sous-classe des Asteridae, de l’ordre des Asterales, de la famille des Asteraceae (caractérisée par leurs inflorescences composées de petites fleurs réunies en “capitules”) et du genre Artemisia. Elle forme généralement des arbrisseaux de 50 à 120 cm de hauteur, aux feuilles alternes — d’un “gris verdâtre sur le dessus et presque blanches et soyeuses sur le dessous” — et qui donnent vers la fin de l’été (de juillet à septembre) des fleurs “jaunes, tubulaires, réunies en capitules globuleux”. Le nom latin prendrait son origine dans le grec ancien avec d’une part ἀρτεμισία (artemisía — en référence à la déesse grecque Artemis, patronne de la nature sauvage, de la chasse et des accouchements, ou à la Reine Artemisia, épouse et soeur du roi Mausolus d’Halicarnasse) et d’autre part ἀσπίνθιον ou ἀψίνθιον (aspínthion / apsínthion [possiblement dérivé du Perse] — un goût amer, qui désignait également la plante du même nom). J’en ai vu au jardin botanique mais il y en aurait possiblement dans le parc Frédéric-Back car j’y ai vu de quoi de très similaire…

C’est une plante ornementale qui a de très nombreux usages: elle a des propriétés insectifuges et fongicides (elle repousse, entre autres, les piéride du chou, les pucerons et les acariens), médicinales (en tant que vermifuge, désinfectant, contre les nausées, elle facilite aussi la digestion en calmant l’estomac et évacuant la bile, et stimule le flux sanguin dans la région pelvienne — pour traiter les règles douloureuses ou absentes, ou même avoir un effet abortif) mais elle est surtout connue pour son utilisation en tant qu’aromate ajoutée aux spiritueux (principalement la fameuse liqueur d’absinthe), au vin (surtout le Vermouth mais aussi le vin Pelin en Roumanie) ou au thé (au Maroc). Il faut cependant être prudent car la plante contient une substance toxique, la thuyone, qui en quantité excessive (30~60 mg/kg) peut causer “des vomissements, de la diarrhée, des vertiges, des convulsions” et même la mort.

L’alcool d’absinthe est documenté dès l’antiquité (elle est mentionnée par Pythagore, Hippocrate et même dans le De rerum natura de Lucretius) comme ayant des propriétés médicinales, aphrodisiaque et stimulant la création. On retrouve des vins d’absinthe dès le XVIe siècle mais la recette actuelle (l’absinthe distillée avec des herbes comme l’anis vert et le fenouil) n’apparait qu’au XVIIIe siècle. Elle aurait été inventé en 1792 par le Dr Pierre Ordinaire ou par l’herboriste suisse Henriette Henriod dont la recette est acquise en 1797 par le major Dubied et son gendre Henri-Louis Pernod. Elle est commercialisée dès 1805 par la distillerie Pernod, puis sa préparation traditionnelle est popularisée dès 1830 par les soldats revenant d’Algérie: elle est diluée dans un grand verre avec trois à sept fois son volume d’eau (ce qui “trouble” sa couleur verte) en faisant couler l’eau goutte à goutte sur une cube de sucre placé sur une cuillère percée (pelle à absinthe). Elle acquiert de plus en plus de popularité jusqu’à constituer, en 1870, 90 % des apéritifs consommés en France. La “Fée verte” devient la consommation emblématique de la “Belle Époque” parisienne où ses propriétés psychotropes (voir hallucinogènes) et stimulantes sont appréciées des artistes et intellectuels comme Beaudelaire, Verlaine, Rimbaud, Toulouse-Lautrec, et Van Gogh. Toutefois, ses effets neurotoxiques négatifs génèrent un important mouvement d’opposition des ligues anti-alcooliques et elle est interdite en France (et dans de nombreux autres pays) dès 1915 et Pernod se reconvertit dans le pastis… Sa production est heureusement autorisée à nouveau en 1988 mais en règlementant ses taux de thuyone (provenant de l’absinthe), de fenchone (provenant du fenouil) et de pinocamphone (de l’hysope) à respectivement 35 mg/l, 5 mg/l et 10 mg/l, et en utilisant l’appellation “spiritueux aromatisé à la plante d’absinthe”. En 2010, les producteurs peuvent enfin utiliser la dénomination “absinthe“. Il en existe même des producteurs au Québec. Je serais bien curieux d’y goûter… (Sources: Wikipedia)

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Revue de ‘zines [002.021.194]

Revue de ‘zines

Déjà plus d’un mois depuis ma dernière chronique. Ça n’arrête jamais: il y a toujours de nouveaux périodiques et autres ‘zines à lire dans mon champs d’intérêt. J’en épluche donc le contenu pour vous. 

Animeland #234 (avril – juin 2021)

Animeland234Pour faire suite au numéro précédent (sur les 30 ans du magazine), ce volumineux numéro (144 pages) nous offre un dossier sur les 30 ans d’animation et de culture populaire japonaise en France avec des articles qui souligne les dates majeures, les 10 oeuvres clés (Dragon Ball Z, Akira, Lodoss, Evangelion, Ghost in the Shell, Princess Mononoke, Cowboy Bebop, Sakura, Sword Art Online & L’attaque des Titans, Your Name & Les enfants du temps), le grand succès des années 2020 (Jujutsu Kaisen, interview avec Philippin Vercreek), les séries qui ont marché en France mais moins au Japon (Goldorak/Grendizer, Gundam, Lodoss, Princess Sarah, Samourai Pizza Cats, etc.), l’adaptation des médias spécialisés, le bilan du marché manga en 2020, le studio No Border, les Webtoons, l’avenir de l’anime en France, ainsi que des entretiens avec Jean-François Dufour et Thomas Sirley (Japan Expo), Yvan West Laurence (Animeland), Carlo Levy (Dybex), et Cédric Littardi (Éditions Ynnis).

Dans “Ça ferait un bon anime” on nous introduit à quelques bons mangas comme My Broken Mariko, La Guerre des Mondes, The Ride-On King, Dracula, Le Dévoreur de souvenirs, Dans les pas de Nietzsche, Une brève histoire du Robo-sapiens, L’Atelier des sorciers, 20th Century Boys et Des Assassins.

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Batman: Soul of the Dragon, Star Trek: Lower Decks, Noblesse, Heaven’s Design Team, Mushoku Tensei: Jobless Reincarnation, SK8 The Infinity, Wonder-Egg Priority, L’Attaque des Titans: Saison Finale, So I’m a spider, so what?, Beastar saison 2, Millenium Actress, Raya et le dernier dragon.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Toshio Suzuki et Gorô Miyazaki), Focus (Retour sur Dragon Quest: La Quête de Daï, Les mille facettes de Magelis), Fermez les Yeux (la trame sonore de My Hero Academia Heroes Rising), Séance Studio (Bones), Jeu vidéo (Hitman 3), l’animation dans la Pub (Dagoma), Figure de Pro (Claire Paoletti), Pourquoi (Faut-il reconsidérer le rapport 2D/3D pour animateur ?), Trouvaille (Libres!), Hommage (Séparation des Daft Punk), et Humeur.

L’incontournable magazine francophone de l’anime nous offre encore un numéro très riche en information pour prouver à tous qu’il est toujours pertinent. À lire pour tous les amateurs d’anime… stars-4-0

Capsules

dBD #153 (Mai 2021)

dBD153Dans les riches actualités de ce numéro, nous apprenons que TF1 Studio et Daïdaï Films vont adapter la BD Natasha au grand écran sous la direction de Noémi Saglio et que Comment ne rien faire de Guy Delisle reçoit une réédition augmentée chez La Pastèque. Sur deux pages, on nous présente aussi une demi-douzaine de nouveautés manga: La déchéance d’un homme t.1 par Jinji Ito (basé sur le roman de Osamu Dazai) chez Delcourt/Tonkam, Wombs t.1 par Akane Torikai chez Akata, Le siège des exilées t.1 par Akane Torikai chez Akata, Super Mario Manga Adventures t.21 & Yo! C’est moi Wario! t.1 par Nintendo chez Soleil Manga, Alma t.1 par Shinji Mito chez Panini Manga et Bucket List of the Dead par Kotaro Takata & Haro Asô chez Kana.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Dany (sur les quatre intégrale d’Olivier Rameau chez Kennes). Cela se poursuit avec des entrevues de Régis Penet (sur Beethoven chez La Boîte à Bulles), Philippe Geluck (sur Le chat déambule chez Casterman qui est en fait l’album-catalogue d’une exposition de sculptures monumentales sur les Champs-Élysées), Yslaire (sur Mademoiselle Baudelaire chez Dupuis/Aire Libre), Jean-Christophe Menu (sur Couacs au Mont-Vérité chez Dargaud), Anne Nivat (sur Dans la gueule du loup, avec Jean-Marc Thévenet & Horne, chez Marabout), ainsi que Kid Toussaint & Aveline Stokart (sur Elles t.1: La Nouvelle(s) chez Le Lombard). On retrouve également un article sur le scénariste Alain Ayroles (qui vient de publier, avec Étienne Jung, Les chimères de Vénus t.1 chez Rue de Sèvres).

Dans le Cahier Critique je note Demain les chats t.1 par POG & Naïs Quin (d’après le roman de Bernard Werber) chez Albin Michel BD (Bien; “si l’adaptation (…) est plutôt réussi, j’avoue avoir eut du mal avec la proposition graphique (…) qui vire trop souvent à la caricature (…)”), La Ballade de Ran t.1 par Yusuke Osawa chez Doki-Doki (Bien; “bon et solide récit de dark fantasy”), Le Clan des Otori t.1 par Stéphane Melchior & Benjamin Bachelier (d’après la série de romans de Lian Hearn) chez Gallimard (Super; “C’est tour à tour poétique et violent, lumineux et obscur. (…) le dessin épuré et brut (…) fait des merveilles, en ne détournant jamais le lecteur de l’essentiel: la complexité des relations humaines”),et Ragnagna & Moi t.1 par Ken Koyama chez Ki-oon (Super; “histoires courtes qui évoquent avec ironie la période des règles. (…) certains en apprendrons un peu plus sur le quotidien de leur moitié…”).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #154 (Juin 2021)

dBD154Dans le cahier actualités, on nous annonce le manga I’m Standing on a Million Lives par Akinari Nao & Naoki Yamakawa chez Pika. On retrouve également deux articles sur les expositions 40 Bulles de Jazz (qui célèbre le quarantième anniversaire du festival Jazz à Vienne en mariant musique et BD) et Marginalia (à la Villa Sauber de Monaco, qui présente des planches originales de BD en provenance du musée de Grenoble et de deux collectionneurs privés).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Aimée de Jongh (sur Jours de sable chez Dargaud). Les entrevues se poursuivent avec Antonio Altarriba (sur son oeuvre en générale et Moi, Menteur, en collaboration avec Keko, chez Denoël Graphic), Zep (sur Titeuf t.17: La Grande Aventure, chez Glénat), Asaf Hanuka (sur Le Réaliste t.4 et son Intégrale chez Éditions Steinkis), Jean-Louis Gauthrey (sur les trente ans de la maison d’édition Cornélius), Fabien Toulmé (sur Suzette ou le grand amour chez Delcourt/Mirages), Winshluss (sur J’ai tué le soleil chez Gallimard) et Philippe Coudray (sur L’Ours Barnabé t.21 chez La Boîte à Bulles).

Dans le Cahier Critique je note Alma t.2 par Shinji Mito chez Pannini (Super; “un monde post-apocalyptique ravagé par une guerre qui a opposé les humains aux machines. Les décors (…) aussi grandioses que désespérants, tranchent avec la chronique intimiste et poétique de ce survivant livré à lui-même.”), Blue Lock par Nomura Yusuke & Muneyuki Kaneshiro chez Pika (Bien; “une historie pas piquée des vers qui se passe dans le monde du football”), The Fable t.2 par Katsuhisa Minami chez Pika (Super; “seinen à l’ancienne (…) humour décalé et violence controlée (…). Misant plus sur les intrigues entre les personnages que sur l’action, (…) pèche parfois par un découpage sobre et un dessin quelque peu statique.”) et, surtout,  Kebek t.2: Adamante par Philippe Gauckler chez Daniel Maghen (Super; “Pour la fin du diptyque, le récit tourne rapidement à l’anticipation pure et simple. (…) l’histoire prend un tour beaucoup plus intéressant. La palette de cinquante nuances de bleus en couleur directe (…) prend alors toute sa force. À partir du moment où la démesure visuelle s’installe dans les cases, Kebek devient grandiose.”).

Un très bon numéro qui, comme d’habitude, offre beaucoup d’informations pour les amateurs de BDs. stars-3-5

Capsules

Si vous voulez que je parle de votre ‘zine (ou livre ou manga tant qu’à y être) et qu’il n’est pas disponible dans le réseau des bibliothèques de Montréal, envoyez-en moi une copie. Je ne reçois plus beaucoup de services de presse alors il y a de bonne chance que je le mentionne ou le commente. Contactez-moi pour les détails de l’envoi…

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Monnaies anciennes 46

Les empereurs Illyriens (4)

Tacitus (275-276 EC)

Si, grâce à des empereurs comme Claudius Gothicus ou Aurelianus, la situation de l’Empire Romain s’est grandement améliorée, la crise du IIIe siècle n’est pas encore tout à fait terminée puisque l’anarchie militaire perdure et les empereurs se succèdent encore à un rythme accéléré. Après l’assassinat malheureux de Aurelianus, un nouvel empereur Illyrien prends le pouvoir…

Marcus Claudius Tacitus est né vers 200 à Interamna (Terni) en Ombrie dans une riche famille sénatoriale et se disait descendant de l’historien Tacitus. Il a été consul en 273 et était président du sénat. Après l’assassinat inopiné d’Aurelianus, l’armée ne trouve aucun candidats méritoires car les généraux expérimentés comme Probus sont tous en mission sur la frontière. Au bout de quelques mois d’interrègne, en septembre ou décembre 275, c’est au sénat que l’on demande de nommer un successeur et le pouvoir impérial est alors offert à Tacitus, qui est septuagénaire ! Ses premiers actes sont de faire diviniser son prédécesseur, de récompenser l’armée par un donativum, et de redonner certains pouvoirs au sénat. Il nomme Probus commandant de l’armée d’Orient (dux orientis) et Florianus (possiblement son demi-frère maternel) préfet du prétoire ainsi que commandant de l’armée d’Occident.

Au début de 276, il se rend lui-même en Asie Mineure pour repousser une invasion de Goths et de Hérules en Cilicie (possiblement des mercenaires de l’armée de Aurelianus). Après la victoire, il reçoit le titre de Gothicus Maximus, mais doit revenir immédiatement pour répondre à une invasion de Francs et de Alamans en Gaule. En chemin, en juin 276, il meurt à Tyane en Cappadoce soit d’une fièvre (selon Eutrope, Aurelius Victor et l’Historia Augusta), soit assassiné (selon Zozimus). 

IMG_0162-0169Je n’ai qu’une seule pièce de monnaie de Tacitus et c’est un assez beau aurelianus (G [Good], AE / BI [Bronze argenté / Billon], 20.5 mm, 2.104 g, payé environ $6 le 1985/04/14, patine brunâtre avec une importante usure; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre une buste de l’empereur radié, drapé (et possiblement cuirassé) à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] M[ARCVS] CL[AVDIVS] TACITVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Victoire (Victoria) ailée debout de face, la tête tournée à gauche, tenant une couronne de laurier de la main droite et une feuille de palmier de la gauche (contre son épaule), avec l’inscription latine VICT-O-RIA AVG[VSTA] (la victoire de l’empereur) et un XXIA en exergue (marques de titrage de la réforme d’Aurelianus et de la première officine de Rome — cela pourrait possiblement aussi être un “XXIR” — “R” pour Rome).

Cette pièce commémore sans aucun doute la victoire de Tacitus contre les Goths en Asie Mineure. La chronologie du règne de Tacitus est un peu floue. Certaines sources en ligne datent cette pièce de novembre-décembre 275 mais, comme la victoire contre les Goths semble avoir eut lieu au printemps 276, elle daterait probablement plus de mars à juin 276. Ce type de revers n’a été frappé qu’à l’atelier monétaire de Rome, et dans ce cas-ci à la première officine (A). Cette pièce est également le premier exemple que j’ai de la réforme monétaire d’Aurélien, où les nouvelles pièces de monnaie en “argent” (les aureliani) sont marqués d’un “XX I” pour garantir qu’elles contiennent un ratio 20 pour 1 de cuivre et d’argent (en fait elle sont donc en billon).

Sources: Wikipedia (Tacitus [FR/EN]), Google, FAC (Tacitus, Victoria), ERIC (Tacitus); RIC v. 5, pt. 1: 97; acsearch, acsearch,  CGB, CoinArchives,  leunumismatik, numismatics, numismatics, numista, RIC-MOM (3479, 3480), WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

À la mort de Tacitus, Florianus tente, avec l’appui du sénat, de lui succéder mais Probus est proclamé empereur par les troupes d’Orient (en Égypte, Syrie, Palestine et Phénicie) et le défait au bout de trois mois grâce à sa grande expérience militaire. L’armée de Florianus se révolte et l’assassine. Probus prend alors le pouvoir et peut ainsi offrir à l’Empire un petit peu plus de stabilité… car il règnera un gros six ans !

La semaine prochaine nous découvrirons donc le règne de Probus dont j’ai cinq pièces de monnaie forts intéressantes.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.188]

Lavandula angustifolia 

[ iPhone 11 Pro / Nikon D3300, Maison Lavande, 2021/07/01 ]

La Lavande officinale (ou Lavande vraie, appelée true lavender ou English lavender en anglais) est une espèce d’arbrisseaux à fleurs de la classe des Dicotyledonae, de la sous-classe des Asteridae, de l’ordre des Lamiales, de la famille des Lamiaceae et du genre Lavandula. Originaire de la Méditerranée, elle est caractérisée par ses fleurs mauves ou violettes disposées en épis et qui sont très odorantes. Le nom proviendrait du latin lavare (laver, en référence au fait qu’elle servait à parfumée la lessive) ou peut-être aussi livere (bleuâtre, en référence à sa couleur). C’est une plante qui a de nombreux usages: on l’utilise comme plante ornementale dans les jardins, comme herbe aromatique en cuisine mais surtout on en extrait une huile essentielle qui est très utilisée en parfumerie et en cosmétique (pour faire des savons, shampoo, etc.). On lui attribut aussi des propriétés médicinales (sans toutefois qu’il n’y ait de preuves cliniques) analgésique, antidépressives, ou antiseptiques. Il faut cependant être prudent car son huile essentielle est toxique. On lui reconnait plus aisément son utilisation en aromathérapie pour soulager l’anxiété ou l’insomnie ou encore ses propriétés répulsives contre les les mites et les poux. C’est également une plantes mellifères qui est bien appréciée des abeilles. 

Elle est une culture iconique de la Provence mais est aussi cultivée dans de nombreux pays au climat tempéré sec et même au Québec, grâce à des variétés résistantes au gel. J’ai récemment visité les champs de la Maison Lavande, situé à St-Eustache. Cette entreprise a été créé en 2006 par deux journalistes en mal de campagnes. On y cultive de nombreuses variétés: la “Munsted” (développé à Surrey en Angleterre), la “Provence Bleue” (la variété française), la “Hidcote” (une autre lavande anglaise), la “Melissa” (développée en Oregon, caractérisée par ses fleurs blanches et roses), ainsi que les lavandins [variétés hybrides Lavandula × intermedia créé par le croisement entre les espèces L. angustifolia et L. latifolia] “Grosso” et “Fred Boutin”. (Sources: Wikipedia & Maison Lavande)

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Haiku: Anthologie du poème court japonais

Haiku-AnthologieDuPoèmeCourtJaponais-cov“Né il y a trois siècles au Japon, le haiku est la forme poétique la plus courte du monde. Art de l’ellipse et de la suggestion, poème de l’instant révélé, il cherche à éveiller en nous une conscience de la vie comme miracle. De Bashô jusqu’aux poètes contemporains, en passant par Buson, Issa, Shiki et bien d’autres, Haiku est la première anthologie à présenter un panorama complet de ce genre littéraire, en lequel on a pu voir le plus parfait accomplissement de l’esthétique japonaise.

« Pourquoi aimons-nous le haiku ? » interrogent les préfaciers de ce livre. « Sans doute pour l’acquiescement qu’il suscite en nous, entre émerveillement et mystère. Le temps d’un souffle (un haiku, selon la règle, ne doit pas être plus long qu’une respiration), le poème coïncide tout à coup avec notre exacte intimité, provoquant le plus subtil des séismes. Sans doute, aussi, parce qu’il nous déroute, parce qu’il nous sort de notre pli, déchirant une taie sur notre regard, rappelant que la création a lieu à chaque instant. Peut-être, enfin, parce qu’il sait pincer le coeur avec légèreté. Rien de pesant, rien de solennel, rien de convenu. Juste un tressaillement complice. Une savante simplicité. »”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Ce qui rend ce petit recueil de poésie Japonaise intéressant c’est qu’il nous offre un savant mélange de haïkus classiques et modernes, du XVIIe siècle jusqu’au début du XXIe siècle, mais surtout qu’il est accompagné d’une introduction, d’un petit essai historique, de notes, d’une bibliographie et d’un index qui en font un bon ouvrage de référence pour celui ou celle qui s’intéresse à ce qui est probablement la plus courte des toutes les formes poétiques. Car le haïku n’est composé que de 17 syllables (mores) repartis en trois phrases (selon le schéma 5-7-5). Par la juxtaposition de deux images ou idées — séparées par un kireji (切れ字 / “caractère de coupe”) ou césure — il exprime des sentiments liés à l’évanescence des choses et aux saisons (kigo).

On y retrouve environ cinq-cent petits poèmes divisés en quatre saisons (plus un chapitre hors-saison). J’y ai appris que mes haïkus étaient trop bavards. C’est intéressant et agréable à lire. Plutôt relaxant. À lire si les haïkus vous intéressent…

Haiku: Anthologie du poème court japonais, préparé par Corinne Atlan et Zéno Bianu. Paris: Gallimard (Poésie), décembre 2002. 242 pages, 10.5 x 18 cm, 7.50 € / , ISBN 9782070413065. Pour un lectorat adulte. stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Éditions Gallimard, 2002.

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Monnaies anciennes 45

Les empereurs Illyriens (3)

Aurelianus (270-275 EC)

Lucius Domitius Aurelianus est né le 9 septembre 214 (ou 215) à Sirmium en Pannonie (anciennement l’Illyrie). D’origine humble, il a fait une brillante carrière militaire: il commande d’abord une troupe d’auxiliaires, puis sous le règne de Gallienus il combat les Goths à la bataille de Naissus sous le commandement de Claudius, et sous le règne de ce dernier il est promu commandant de la cavalerie d’élite Dalamatienne (equites Dalmatae) puis Maître de cavalerie (magister equitum). Il vainc les Alamani à la bataille du lac Benacus, puis repousse une autre invasions dans les Balkans. À la mort de Claudius en janvier 270, son frère Quintillus est nommé empereur par le sénat mais en mai les légions acclament plutôt empereur leur général, Aurelianus. 

Il semble que dès le début de son règne Aurelianus s’est donné pour objectif de restaurer la grandeur de l’Empire. En 270-71, il écrase rapidement les nombreux usurpateurs qui contestent son pouvoir, puis repousse les envahisseurs germains du nord de l’Italie (bataille de Fanum Fortunae) et des Balkans — recevant ainsi les titres de Germanicus et Gothicus Maximus. Il abandonne la province de Dacie, qui est trop difficile à défendre, et relocalise les populations en Mésie. Aussi, sachant maintenant Rome vulnérable, il fait entourer la ville d’une fortification. Après avoir consolidé sa position, la priorité suivante est de réunifier l’Empire qui s’était scindé en trois à la suite d’une série de crises internes et d’invasions qui se succédèrent après la mort de Severus Alexander, entre 235 et 268. En 272, il s’attaque d’abord à reconquérir l’Empire palmyrénien. Après avoir défait la reine Zenobia et son fils Wahballat, acquérant le titre de Restitutor Orientis, Aurelianus se tourne vers l’ouest en 273 pour reconquérir l’Empire des Gaules alors sous l’autorité de Tetricus qu’il capture à la bataille de Châlons au printemps 274. Il recevra un triomphe à Rome (où il parade les captifs qu’il a gracié: Zenobia, Tetricus et leurs fils respectifs) ainsi que le titre de Restitutor Orbis (“Restaurateur du monde”).

Aurelianus savait bien qu’il aurait été inutile de rapiécer l’Empire si il ne corrigeait pas les causes même de la crise. Il entreprit donc une série de réformes administratives, religieuses et économiques: il a fait reconstruire des infrastructures vétustes, donne un rôle officiel au culte solaire de Sol Invictus (initiant une tendance vers le syncrétisme monothéiste), améliore la distribution alimentaire, organise les corporations de métiers, fixe le prix des denrées essentielles, combat la corruption des fonctionnaires et dans les ateliers monétaires, mais surtout établit une réforme monétaire en créant l’aurelianus, une pièce de bronze argenté ou de billon avec un meilleur aloi que l’antoninianus (5% d’argent) — réforme rendu possible par l’apport de métaux précieux généré par sa campagne en Orient et la reconquête des mines d’Hispanie et de Bretagne. Il aurait probablement accompli encore plus s’il n’avait été assassiné par des officiers qui craignaient la sévérité de sa discipline alors qu’il se rendait en Orient pour faire une nouvelle campagne militaire contre les Perses. Il meurt à Caenophrurium (en Thrace) en septembre 275. Il semble que son épouse, Ulpia Severina, assura l’interrègne pendant quelques mois en attendant que le sénat nomme Tacitus comme successeur.

J’ai trois pièces de monnaie d’Aurelianus.

IMG_0090-0097La première de ces pièces est un très très beau antoninianus (VF [Very Fine], AE / BI [Bronze / Billon]?, 20 x 21.5 mm, 2.055 g, payé environ $5 le 1985/04/14, patine brunâtre avec de légers dépôts de vert-de-gris et le flan est brisé en deux parties [17 x 20 mm et 4.5 x 14 mm]; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste de l’empereur radié et cuirassé à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] AVRELIANVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une femme (Oriens? Pax?) drapée, debout à droite, présentant une couronne de laurier de la main droite à l’empereur lauré, en habit militaire, debout à gauche, tendant la main droite et tenant une lance (hasta) de la main gauche, avec l’inscription latine RESTITVT[OR] ORIE-NTIS (“Restaurateur de l’Orient”) avec un P en exergue (marque de la 1ère officine [Primus / Premier] de l’atelier de Mediolanum — j’avoue qu’elle est à peine visible et que ce pourrait être aussi bien un S [Secundus / Second], ou même un *S, *T ou *Q [Secundus / Second, Tertius / Troisième, Quartus / Quatrième, pour l’atelier de Siscia] mais selon moi cela ressemble plus à un “P”).

Cette pièce commémore sûrement la victoire de Aurelianus sur Zenobia, reine de l’Empire Palmyrénien (avec ses victoires à Immae et Émèse), et sur l’usurpateur Firmus en Égypte, ce qui lui a permis de réunifier (restaurer) l’Orient à l’Empire Romain et d’acquérir le titre de Restitutor Orientis. Elle date donc probablement de 273-74 (quoi qu’une source en ligne mentionne plutôt 271-272).

Sources: Wikipedia (Aurelianus [FR/EN]), Google, FAC (Aurelianus, Restitutor Orientis, Oriens), ERIC (Aurelianus); RIC v. 5, pt 1: 140; WildWinds (text, image), CoinArchives, CoinArchives, CoinProject (1, 2, 3), vcoins, numista, numismatics, Wikimoneda, CoinTalk. Voir aussi ma fiche.

IMG_0100-0110La deuxième pièce est un assez beau tetradrachme d’Alexandrie (G / VG [Good/Very Good], AE / CU / BI [Bronze / Cuivre /  Billon]?, 22 mm, 8.987 g, payé environ $12, flan épais avec patine rougeâtre et trace de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste de l’empereur lauré et cuirassé à droite, avec l’inscription grecque Α Κ Λ ΔΟΜ ΑΥΡΗΛΙΑΝΟC CΕΒ (Autokratos Kaisar Lucios DOMitios AURELIANOS CEBastos = IMP[ERATOR] C[AESAR] L[VCIVS] DOM[ITIVS] AVRELIANVS AVG[VSTVS]). Le revers illustre un aigle debout à gauche (les ailes fermées), la tête retournée vers la droite, une couronne de laurier dans le bec, avec une étoile dans le champs gauche et l’inscription grecque ΕΤΟΥϹ (année) et E (5) de part et d’autre. 

Comme je l’ai déjà expliqué dans le cas de la pièce de Quadratus (selon Sear GICV, p. xxv et le FAC), les pièces grecques impériales (ou provinciales) étaient souvent datées avec l’inscription ETOYΣ (έτος, parfois abrégé ET. ou L à Alexandrie, qui signifie simplement “année”) suivie d’une date qui correspondait soit à une ère locale (Césarienne ou Actienne) ou à l’année de règne de l’empereur (ou du monarque local). Dans ce cas-ci, à Alexandrie, ΕΤΟΥϹ E correspond à la cinquième année du règne de Aurelianus, soit du 29 août 273 au 28 août 274.

L’aigle est un symbole qui revient souvent dans l’Histoire. Ici, il représente Jupiter, la légion romaine (aquila) et, par extension, le pouvoir impérial.  Il existe plusieurs variations sur la position de l’aigle (ailes ouvertes, fermées, avec une palmes en travers de l’épaule, entre deux étendards, debout à droite et debout à gauche sur une foudre) et ce type semble avoir été frappé durant toute la durée du règne d’Aurelianus (A = 1, B = 2, Γ = 3, ∆ = 4 — quoi que apparemment certaines pièces auraient été daté rétroactivement) mais semble avoir été plus fréquent les deux dernières années (E = 5, S = 6).  Cette recrudescence de la frappe d’Alexandrie les deux dernières années exprime encore une fois le fait que Aurelianus a reprit le contrôle de l’Orient peu de temps auparavant. Toutefois, il n’a pas eut le temps de rétablir le monnayage provinciale puisque durant son règne seulement trois régions frapperont des pièces grecques impériales: les ateliers de Pamphylie, de Pisidie et d’Égypte (Alexandrie).

Sources: Wikipedia (Aurelianus [FR/EN]), Google, FAC (Aurelianus, Eagle), ERIC (Aurelianus); Sear GICV (1982): 4751, BMCG v. 15: 2359 (Alexandria and the nomes, R.S. Poole, 1892); CoinArchives, CoinProject, CoinProject, numista, FAC. Voir aussi ma fiche.

IMG_0120-0113La dernière pièce est un intéressant et assez beau antoninianus (G [Good], AE / BI [Bronze / Billon], 20 mm, 2.648 g, payé 30 £ le 1985/04/14, patine bronze avec de petites tâches de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers nous montre un buste de l’empereur Aurelianus radié et cuirassé à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] AVRELIANVS AVG[VSTVS] et un A (ou possiblement un ∆ ou H) en exergue (marque de la première [ou quatrième, ou huitième] officine). Le revers illustre un buste de Vabalathus lauré (avec possible diadème) et drapé à droite avec l’inscription latine VABALATHVS VCR IM DR (ce qui signifie probablement Vir Clarissimus Rex Imperator Dux Romanorum / “Homme (de rang sénatorial) très illustre, roi, chef de l’armée, duc sous [l’autorité de] Rome”).

Avec ce genre de pièce il est difficile de dire quel côté est l’avers et lequel est le revers. En fait, ici, il s’agirait non pas d’une pièce de Aurelianus mais bien une pièce frappé par Vabalathus (ou Wahballat — qui, en 270, succède à son père, Odeinath, à l’âge de onze ans et règne sur le royaume de Palmyre sous l’autorité de sa mère, Zenobia). Alors qu’ils accèdent au pouvoir et tentent d’affirmer et d’agrandir leur empire (avec la conquête de l’Égypte et d’une partie l’Asie Mineure), Vabalathus et Zenobia veulent démontrer qu’ils reconnaissent toujours l’autorité de l’Empire Romain, qu’ils s’y soumettent (pour l’instant) et désirent la paix. C’est sans aucun doute pourquoi ils ont émis cette pièce conjointe où Vabalathus apparait comme un subordonné (Aurelianus est radié alors que Vabalathus est seulement lauré). Cette pièce a été frappé à Antioche entre nov.-déc. 271 et mars 272. 

Vabalathus se montrera rapidement plus ambitieux et frappera des monnaies où il est radié et se déclare Augustus. Toutefois, Aurelianus ne peut pas tolérer cette tentative d’usurpation et dès la fin de 271 marche sur l’Orient pour reconquérir l’Égypte et Palmyre à l’été 272. Une seconde révolte l’amènera à complètement détruire Palmyre au printemps 273.

Sources: Wikipedia (Aurelianus [FR/EN], Vabalathus [FR/EN]), Google, FAC (Aurelianus, Vabalathus), ERIC (Aurelianus, Vabalathus); RIC v.5, pt. 1: 381, Sear RCV (1983): 3192; acsearch, CoinArchives, CoinArchives, CoinArchives, CoinProject (01, 02, 03, 04),  FAC, FAC, FAC, FAC, FAC, RIC-MOM, vcoins, WildWinds (text, image), WildWinds;  R. Bland, “The Coinage of Vabalathus and Zenobia from Antioch and Alexandria” in The Numismatic Chronicle Vol. 171 (2011), pp. 133-186. Voir aussi ma fiche.

J’ai précédemment beaucoup parlé de l’Empire des Gaules mais ces trois pièces démontrent qu’avant tout Aurelianus a désiré reconquérir et resoumettre l’Orient au pouvoir de Rome pour ainsi restaurer l’Empire Romain dans toute sa gloire. Toutefois, malgré tous les efforts d’Aurelianus, l’anarchie militaire perdure. La semaine prochaine nous traiteront de son successeur, Tacitus.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.181]

Papaver 

[ Canon PowerShot S5 IS, Jardin botanique, 2013/06/18 ]

J’ai déjà présenté une photo du Pavot oriental. Comme ces images ont été prise au même moment et à proximité, j’en déduis donc qu’il s’agit probablement de la même espèce (Papaver orientale) ou d’une espèce similaire (comme le coquelicot, i.e. Papaver rhoeas). Dans tout les cas il s’agit du genre Papaver, un genre de plantes  qui appartient à la classe des Equisetopsida (angiospermes de la sous-classe des Magnoliidae), de l’ordre des renonculales, et de la famille des Papaveraceae. Ce genre comprend une cinquantaine d’espèces dont les plus connues sont le coquelicot et le pavot à opium (Papaver somniferum). C’est une plante herbacée caractérisée par des feuilles pennées ou bipennée, de grandes fleurs souvent solitaires, à quatre pétales, et très colorées. Le fruit est une grande capsule (fruit sec) à déhiscence (ouverture spontanée) porricide (par les pores) ou apicale (par l’apex ou l’extrémité). Les tiges, dressées et cylindriques, ainsi que le fruit, produisent un latex blanc ou ivoire, généralement malodorant, qui contient des alcaloïdes aux propriétés somnifères, sédatives ou analgésiques, parfois toxique, ce qui fait que certaines espèces (mais surtout le Papaver somniferum) ont été utilisé pour la production de stupéfiants ou de médicaments. En Amérique du Nord, comme plantes ornementales, ont retrouve surtout le pavot d’Islande (Papaver nudicaule) et le coquelicot (Papaver rhoeas). (Sources: Wikipedia)

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La lanterne de Nyx

LanterneDeNyx-1-covVol. 1

Quand le Japon découvre la France. 1878, la France fait rayonner sa puissance industrielle et culturelle en organisant des expositions universelles, tandis que le Japon s’ouvre au monde après 200 années d’isolationnisme. À Nagasaki, Miyo, orpheline qui a pour seul talent le don de clairvoyance au travers des objets qu’elle touche, parvient à trouver un emploi chez Vingt, commercialisant des objets importés d’Europe. Au contact de l’Occident, elle découvrira un monde nouveau qui la conduira jusqu’à Paris…

Dans cette série en 6 tomes, Kan Takahama continue d’explorer la découverte du monde occidental par les Japonais, thème déjà évoqué dans Le Dernier envol du papillon et Tokyo, amour et libertés, mais ici rendu encore plus accessible via le regard de la jeune Miyo.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 1, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), mars 2019. 188 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03370-8. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

LanterneDeNyx-2-covVol. 2

“1878, Nagasaki. Miyo, la jeune orpheline aux dons de voyance récemment embauchée dans une boutique de produits d’importation, continue d’en apprendre davantage sur les gens qui l’entourent : son oncle renfrogné, son étrange employeur Momotoshi et les liens qui l’unissent à Kei Oura, l’ancienne plus grande exportatrice de thé de Nagasaki. Mais elle n’est pas encore au bout de ses surprises. Momotoshi a en effet de grands projets tirant parti de la vague de japonisme qui déferle sur l’Europe…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 2, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), juin 2019. 216 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03371-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-0

LanterneDeNyx-3-covVol. 3

“1878, Nagasaki. Après avoir importé des articles dernier cri d’Europe, Momotoshi veut maintenant se rendre à Paris pour y vendre des produits d’art et d’artisanat japonais. Au moment du départ, Miyo lui avoue enfin ses sentiments. Seulement, Momotoshi garde encore dans sa montre le portrait d’une belle femme aux yeux bleus…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 3, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), septembre 2019. 244 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03372-2. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

LanterneDeNyx-4-covVol. 4

“1878, Nagasaki et ailleurs. Momotoshi a ouvert une petite boutique à Paris pour y vendre des articles importés du Japon. Mais Judith, la demi-mondaine dont il est éperdument amoureux, s’évanouit suite à une hémorragie pulmonaire. Et un incident imprévu à Nagasaki vient mettre en péril son commerce…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 4, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), janvier 2020. 228 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03524-5. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

LanterneDeNyx-5-covVol. 5

“1879, Nagasaki et ailleurs. Miyo n’a pas oublié Momotoshi, ni son rêve de partir à l’étranger. C’est un bon génie inattendu qui va exaucer son souhait : Gisuke Matsuo, le patron de la Kiryu Kosho Kaisha, l’invite à travailler dans sa boutique à Paris. Et Miyo quitte Nagasaki pour un long voyage de deux ans…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 5, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), août 2020. 224 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03525-2. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-3-5

LanterneDeNyx-6-covVol. 6

“À l’aube d’une vague de japonisme sans précédent, alors que Miyo découvre Paris et que Momotoshi fait découvrir l’ukiyo-e aux Français, la rencontre de Miyo et Judith risque de provoquer des étincelles… La boucle est bouclée dans ce dernier tome qui conte la fin des aventures de Miyo à la Belle Époque et ce qui l’attend au-delà.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

La lanterne de Nyx, vol. 6, par Kan Takahama. Grenoble: Éditions Glénat (Coll. Seinen Manga), janvier 2021. 272 pages, 14.5 x 21 cm, 10.75 €, ISBN 978-2-344-03526-9. Pour un lectorat adolescent (14+). stars-4-0

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Deux mangaka semblent être particulièrement appréciés en Europe pour leur affinités avec la BD franco-belge: le regretté Jirô Taniguchi et la très prometteuse Kan Takahama. Cette dernière débute sa carrière au début des année 2000 en publiant des histoires courtes, qui utilisent un style un peu expérimental, dans Weekly Morning et Garo. Ses premières publications sont donc quatre collections d’histoires courtes (Kinderbook, Mariko Parade, L’eau amère et Sad Girl, tous traduit en français chez Casterman). Après un bref hiatus dû à des problèmes personnels, elle publie sa première histoire complète en 2010. Ainsi, entre 2002 et 2021, elle a publié une douzaine de titres. Son sujet de prédilection est les relations amoureuses qui peuvent être souvent complexes, difficiles, impossibles ou tragiques et qui se terminent généralement par une séparation. Même dans Le goût d’Emma, qui est d’abord et avant tout un manga gastronomique, la protagoniste a une relation difficile qu’elle finit par rompre. Récemment, sans toutefois s’éloigner de cette thématique, elle s’est intéressé au manga seinen historique avec Tokyo, amour et liberté, qui se déroule à Tokyo durant l’ère Taisho, L’Amant (situé en Indochine dans les années ’30) et sa “Trilogie de Nagasaki” (Le Dernier envol du papillon, La lanterne de Nyx et Ougishima Saijiki) qui se déroule au tout début de l’ère Meiji.

 Les mangas de Kan Takahama

Titre

Titre original

Année / Vol.

Édition française

Yellowbacks

イエローバックス /Ierōbakkusu

2002

Kinderbook (Casterman, 2004)

Mariko Parade

まり子パラード / Mariko Parādo

2003

Mariko Parade (Casterman, 2003, en collaboration avec Frédéric Boilet)

Awabi

泡日 / litt. “Jour d’écume”

2004

L’eau amère (Casterman, 2009)

Nagi Watari – Oyobi Sono Hoka no Tanpen

凪渡り ― 及びその他の短篇 / “Le Ferry calme” et autres nouvelles

2006

L’eau amère (Casterman, 2009)

Two Espressos

トゥー・エスプレッソ / Tū esupuresso

2010

2 Espressos (Casterman, 2010)

Sad Girl

サッドガール

2012

Sad Girl (Casterman, 2012)

Yotsuya-ku Hanazono-chō

四谷区花園町 /“Arrondissement de Yotsuya, quartier de Hanazono”

2013

Tokyo, amour et libertés (Glénat, 2017)

Chō no michiyuki

蝶のみちゆき / “Le papillon de Michiyuki

2014

Le Dernier envol du papillon (Glénat, 2017)

Nyukusu no Kakutou

ニュクスの角灯

2016, 6 vol.

La lanterne de Nyx (Glénat, 2019-2021)

Emma wa Hoshi no Yume wo Miru

エマは星の夢を見る / “Emma rêve d’une étoile”

2017

Le goût d’Emma (Les Arènes BD, 2018)

Aijin

情人

2019

L’Amant (Rue de Sèvres, 2020, d’après le roman de Marguerite Duras)

Ougishima Saijiki 

扇島歳時記 / Ougishima Seasonal Words List

2019, 2 vol. (En cours)

???

???

???

2021

Invincibles, Au pays du Dalaï-Lama (Massot Editions, en collaboration avec Sofia Stril-Rever)

La lanterne de Nyx (ニュクスの角灯 / Nyukusu no Kakutô / lit. “La lanterne [lanterne carrée] de Nyx [déesse grecque de la nuit]”) est une série de manga seinen historiques et romantiques par Kan Takahama, sérialisé dans le magazine mensuel “Comic Ran” entre mai 2015 et juin 2019 puis compilé en six volumes chez Leed Publishing. Il a été traduit en français chez Glénat. Elle constitue la partie médiane de la “Trilogie de Nagasaki” en reprenant deux personnages secondaires du Dernier envol du papillon (la petite servante Tama et le cuisinier Ganji). L’histoire tragique de Tama — une adolescente de quatorze ans qui a grandi dans le monde des courtisanes de la maison close Maruyama à Nagasaki et celui de Dejima, où la culture traditionnelle japonaise du Kachô Fûgetsu [花鳥風月 / lit. “fleur, oiseau, vent, lune”, i.e. la découverte de soi au travers de la nature] s’entrecroise avec les cultures étrangères — se poursuit dans le plus récent ouvrage de Takahama, Ougishima Saijiki, sérialisé dans Comic Ran depuis novembre 2019 et dont deux volumes sont déjà paru au Japon (en septembre 2020 et avril 2021) sans encore avoir été traduit (quoi que l’on peut s’attendre à ce qu’il soit éventuellement publié par Glénat).

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Vol. 1, p. 34

La lanterne de Nyx c’est l’histoire de Miyo, une jeune orpheline un peu maladroite, qui se trouve un travail d’assistante au “Vingt”, une boutique de produits étrangers importés. L’histoire débute en 1878 dans le quartier de Kajiya à Nagasaki. La rébellion de Satsuma vient de se terminer et l’ère Meiji débute. Le premier volume introduit les éléments de base du récit ainsi que les personnages: Miyo, qui a le don de “percevoir” l’histoire des objets qu’elle touche; Momotoshi, le mystérieux propriétaire de la boutique; Genji, son homme à tout faire; Chojiro Yamaguchi, l’oncle de Miyo qui l’a recueillit à la mort de ses parents;  et Tama, la jeune couturière qui aide à la boutique. 

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Vol. 2, p. 56

Avec le second tome, on approfondit un peu les personnages. On apprends que Momotoshi Koura est à demi-Européen (il a les yeux bleus), que sa mère (qui l’a abandonné enfant) est Kei Oura, une négociante en thé de grande influence qui a été ruiné lors d’une mauvaise transaction, et que l’oncle de Miyo est un fameux artisan de laque burgautée. Momotoshi veut aider financièrement sa mère biologique et il lui demande conseil car il veut aussi exporter des objets d’art japonais vers l’Europe. Il convainc l’oncle de Miyo de se remettre à produire et lui passe une commande spéciale pour une broche qui représente Nyx avec une lanterne. Son ami d’enfance Victor Pignatel vient lui donner un coup de main pour se rendre à Paris et ouvrir une nouvelle boutique.

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Vol. 3, p. 34

Dans le troisième tome, l’action et la motivation des personnages se précisent. Il semble que le récit démarre vraiment. Momo confie sa boutique à sa mère et, sur le départ, Miyo lui avoue être tombé amoureuse de lui… À Paris, il cherche un bon emplacement pour sa boutique, fait du repérage sur la concurrence (la Kiryu Kosho Kaisha) et surtout tente de retrouver son grand amour, l’actrice et courtisane Judith. Mais celle-ci est atteint de la tuberculose! La boutique de Nagasaki prend un nouvel apprentis nommé Minpei, qui a le coup de foudre pour Miyo. On en apprend plus sur les origines de Momo, alors qu’un flash-back nous raconte l’escapade interdite que sa mère et Genji font à Shanghai. De nombreux personnages font leur apparition: Kazuma, le rival de Momo tant en affaire qu’auprès de Judith; Marie, la demi-mondaine amie de Victor; et Pauline, la serveuse de troquet qui fait des passes dans l’arrière-boutique.

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Vol. 4, p. 16

Dans le quatrième tome, on découvre comment Momo et Judith se sont rencontré. L’oncle de Miyo se blesse grièvement à la main et ne peut plus travailler. Momo doit trouver d’autres produits d’exportation susceptible d’être populaire. Il pense aux affiches, ces estampes que l’on appel aussi ukiyo-e. Pendant que Judith est à l’hôpital, Marie présente à Momo et Victor des collectionneurs comme les frères Goncourt, Félix Bracquemond, Charles Baudelaire. Gisuke Matsuo, directeur de la Kiryu Kosho Kaisha et vieille connaissance de Kei Oura, décide d’engager Miyu pour sa boutique de New-York mais avant veut l’envoyer à Paris pour apprendre le métier! 

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Vol. 5, p. 194

Dans le cinquième tome, Miyo doit apprendre l’anglais et un télégramme de Momo leur demande de trouver de toute urgence des estampes. Heureusement, l’oncle de Miyo en a une bonne collection. Miyo quitte pour la France (avec les estampes) et Minpei lui déclare son amour. À Paris, Miyo retrouve Momo et débute son apprentissage auprès de Kazuma. Momo et Victor présentent leur collection d’estampes au groupe rassemblé par Goncourt et c’est un grand succès!

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Vol. 6, p. 234

Dans le dernier tome, Momo fait un exposé très intéressant sur les estampes. Un malentendu le brouille avec Judith mais l’intervention de Miyo les réconcilie. On apprend que Victor st amoureux de Tama mais que celle-ci est atteinte de syphilis (comme sa maîtresse dans Le dernier envol du papillon). Le dernier chapitre se déroule en 1945, à Kumamoto. Miyo, sur son lit de mort, fini de raconter l’histoire à sa petite-fille. Elle a vécu des moments merveilleux à Paris et à New-York. Son séjour qui devait durer deux ans en a duré dix. Elle est devenu une adulte. Elle n’a jamais revue Momo qui a eut un enfant avec Judith. Marie est aussi venu au USA. Une fin étrangement heureuse. Sa petite-fille sort dehors pour chercher de l’eau, juste à temps pour voir le champignon atomique de Nagasaki à l’horizon…

C’est une belle histoire très bien racontée et surtout bien documentée. On en apprend beaucoup sur l’époque (tant au Japon, qu’à Paris), particulièrement sur le mouvement du Japonisme et de la “Belle Époque” de Paris. J’ai bien aimé les capsules informatives (“Cabinet of Takahama”) que l’auteur place après chacun des chapitres et où elle explique le contexte historique des personnages et des objets rencontrés dans le récit. Le style de Takahama, qui me déplaisait beaucoup quand j’ai découvert ses oeuvres, m’apparait maintenant agréable à l’oeil. Non seulement l’artiste s’est améliorée mais je crois aussi que l’on s’y habitue et apprend à apprécié sa façon dessiner. 

C’est donc un très bon manga qui s’est d’ailleurs vu attribué le prix d’excellence du Japan Media Arts Festival en 2018 et le Grand Prix Culturel Osamu Tezuka en 2020. Il nous offre une lecture agréable et éducative. Je le recommande chaudement à tous les amateurs de mangas romantiques et historiques. stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

Autres sources: Bédéthèque, Manga-News, Manga-update (Nyx no Lantern, Takahama Kan), Mangapedia [JP / Tr.], Wikipedia [ FR / JP / Tr. ], From Dusk Till Dawn interview, Glénat vidéo interview (Pt 1, pt 2, pt 3, pt 4).

© Kan Takahama

 

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Ad Romam 2: Les Fosses de Marius

FossesDeMarius-cov“Marius fit creuser un large fossé, dans lequel il détourna une grande partie du fleuve » « … le fossé avait assez de profondeur pour contenir de grands vaisseaux, et son embouchure dans la mer était unie, et à l’abri du choc des vagues. (il) s’appelle encore aujourd’hui la fosse mariane. »

– Plutarque (46 – 125 ap. J.-C.)

Dans ce deuxième tome, Blaise et ses amis vont découvrir Fossae Marianae, l’un des grands ports antiques de la Méditerranée, ainsi que les combats du général Caius Marius contre les Cimbres. Nos héros devront aussi déjouer un crime pour sauver le père de la belle Prisca !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

FossesDeMarius-p05

Page 5

Un groupe de jeunes adolescents monégasques, plutôt dissipés en classe, voyage dans la Provence romaine grâce à une pièce de monnaie d’Auguste à l’effigie de Chronos qui a été frappé par la foudre. Blaise, suite à une dispute avec son père, se retrouve projeté, seul, dans le corps de Blaesus, un apprenti potier de la ville de Fossae Marianae (l’actuelle Fos-sur-Mer) au milieu du IIe siècle. Il se retrouve accusé de vol, ce qui met en difficulté son maitre Alcibiade et sa fille, Prisca, à laquelle il est fiancé! Il retourne à Monaco au XXIe siècle pour obtenir l’aide de ses amis, qui s’inquiétaient d’ailleurs pour lui. S’organise alors toute une opération pour découvrir et ensuite capturer le véritable coupable — une épave découverte en 1978 se révèle être la clé de toute l’affaire ! Tout au long du récit nous découvrons en parallèle l’histoire du général Caius Marius qui, fort de son succès lors de la guerre de Jugurtha, a été chargé de contrer les invasions des Cimbres et des Teutons. En 104 AEC, il établit une position stratégique entre Massalia (Marseille) et Arelate (Arles) et, pour assurer l’approvisionnement de ses troupes en contournant l’embouchure du Rhône, il fait creuser un canal jusqu’à Arelate. Ce sont les fameuses fosses de Marius (Fossae Marianae). En 102 AEC, il vaincra les Teutons et les Ambrons lors d’une bataille décisive à Aquae Sextiae (Aix-en-Provence) qui fut un véritable massacre. 

FossesDeMarius-p019

Page 19

J’avais trouvé le premier volume plutôt moyen et très décevant car le dessin était horrible et le récit trop anecdotique.  Il y avait probablement trop de mains dans la production (deux auteurs et deux illustrateurs) et on voulait trop faire dans le pédagogique sans donner d’efforts pour rendre le récit captivant et fluide. Ce deuxième tome est un peu mieux. Le dessin est beaucoup plus agréable à l’oeil mais reste plutôt rigide. Le récit est un peu plus fluide, on s’en s’en tient à quelques événements seulement et l’action est donc plus facile à suivre mais l’histoire est raconté de façon encore un peu confuse (l’ordre du récit n’est pas toujours chronologique, les faits semblent parfois contradictoires et manquent un peu de détails). C’est loin du superbe graphisme et du récit épique de Ad Astra, mais cela se lit bien (mieux en tout les cas que le premier tome) et nous permet de découvrir quelques anecdotes de l’histoire romaine en Provence et Côtes d’Azur. À lire surtout pour les amateurs d’histoire romaine.

Ad Romam 2: Les Fosses de Marius, par Yvon Bertorello et Éric Stoffel (texte); Frédéric Allali & Michel Espinosa (illustrations); Bruno Pradelle (couleurs). Monaco: Éditions du Rocher, juillet 2020. 60 pages, grand format (24 x 32 cm !), 15,90€ / $C 26.95, ISBN 978-2-268-10332-7. Pour lectorat adolescent (12+). Extrait disponible sur la page FB de l’Éditeur. stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2019, Groupe Elidia

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Monnaies anciennes 44

Les empereurs Illyriens (2)

Quintillus (270 EC)

Nous ne connaissons que peu de chose de Marcus Aurelius Claudius Quintillus car les sources historiques de cette époque sont pauvres et contradictoires — seules les sources archéologiques, épigraphiques et numismatiques sont véritablement fiables. Il serait né soit en Mésie, soit à Sirmium en Pannonie Inférieure, et aurait fait une carrière militaire. Sous le règne de son frère, Claudius Gothicus, il aurait peut-être été procurateur de Sardinia ou en charge de la défense du nord de l’Italie. À la mort de Claudius, il est soit acclamé empereur par les troupes de son frère à Aquileia (selon Eutropius, Livre IX, 12), soit qu’il usurpe le pouvoir que son frère avait l’intension de passer à Aurelianus (selon l’Historia Augusta, “Vita Aureliani”, XXXVII, 5), mais il est beaucoup plus probable que ce soit le sénat qui l’ait nommé comme successeur de son frère (selon Zonaras 12: 26).

Il nous est connu comme un empereur modéré et capable (selon Eutropius, Livre IX, 12; Historia Augusta, “Vita Claudii”, XII, 3), défenseur du sénat mais dont le bref règne ne lui a pas permis d’accomplir quoi que ce soit. Une attitude aussi positive devant un règne si bref nous appel à la prudence, car toutes ces sources tardives pourraient être coupables de préjudice favorable ou de flatterie, d’une part parce que Quintillus avait soutenu le sénat (les historiens étant généralement issus de la classe sénatoriale) mais aussi parce que Constantinus tentera plus tard de justifier son pouvoir en faisant remonter son ascendance à la nièce de Claudius et Quintillus, qui aurait été la mère de Constantius Chlorus (Historia Augusta, “Vita Claudii”, 13: 1).

La durée de son règne varie beaucoup selon les sources. Ainsi il aurait été au pouvoir soit pour une durée de seulement dix-sept jours (selon Orosius, VII, 23,2), soit pour cent-soixante-dix-sept jours (6 mois). Toutefois, compte tenu d’une frappe monétaire abondante en son nom (environ 87 types différents selon le RIC), il est maintenant convenu qu’il a régné au moins deux mois, de août à octobre 270 (d’ailleurs le Chronographe de 354 mentionne qu’il a régné soixante-dix-sept jours). 

Après quelques mois, désabusé par les tentatives de Quintillus d’instaurer une plus grande discipline militaire, les troupes qui lui étaient jusqu’alors fidèles se rallient aux légions de Pannonie qui ont acclamé le grand général Aurelianus comme empereur. Quintillus, qui ne peut rien contre un opposant plus populaire et plus fort que lui, meurt alors à Aquileia soit en combat contre les troupes d’Aurelianus (Hieronymus Stridonensis, Chronica, 271), soit par suicide (Zonaras, 12: 26; Jean d’Antioche fragment 154, Fragmenta Historicorum Graecorum IV, p. 599), soit assassiné par ses troupes (Historia Augusta, “Vita Claudii”, 12, 5; Eutropius IX, 12; Epitome de Caesaribus 34, 5; Orosius VII, 23, 2). Cette dernière hypothèse est sans doute la plus probable. Le pouvoir impérial de Rome passe donc entre les mains de Aurelianus, qui réussira à unifier l’Empire à nouveau.

IMG_9207-9210Je n’ai qu’une seule pièce de monnaie de Quintillus et c’est un beau antoninianus (VG [Very Good], AE [Bronze] / BI [Billon], 19.5 x 18.5 mm, 3.159 g, payé environ $8 le 1985/12/17, patine verte avec un important dépôt de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste de l’empereur radié et drapé à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] M[ARCVS] AVR[ELIVS] CL[AVDIVS] QVINTILLVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Victoire ailée et drapée, avançant à droite et tenant dans la main droite une couronne de laurier et une palme dans la main gauche, avec l’inscription latine VICTORIA AVG[VSTI] (la victoire de l’empereur) et un 𝝘 (gamma, marque dénotant la 3e officine de l’atelier de Rome) dans le champs droit. Cette pièce aurait donc été frappé à Rome vers la fin de 270 EC (aucun événement du règne de Quintillus ne peut être lié à l’émission de ce type de Victoire mais comme son bref règne s’est déroulé dans la deuxième moitié de 270, de août à octobre, cette datation est assez juste). 

Sources: Wikipedia (Quintillus [FR/EN]), Google, FAC (Quintillus, Victoria Aug, Victory, wreath, laurel wreath, palm), ERIC (Quintillus);  RIC V-I: 33; CoinArchives, WildWinds (text, image), vcoins, acsearch, catwiki, CoinTalk, Numismatics, nomosag. Voir aussi ma fiche.

Encore une fois, le RIC (Webb, P.H., ed. by Mattingly, H. & Sydenham, E.A. Roman Imperial Coinage, vol. V, part I, London: Spink & Son, [1927] 1972, pp. 201-209, 238-247) nous fournit quelques commentaires en guise de conclusion. D’abord, la monnaie frappée sous Quintillus est très similaire à celle de son frère, Claudius Gothicus [RIC, p.201]. “Les frères avaient une forte ressemblance familiale, mais les pièces représentent fidèlement Quintillus comme un homme plus jeune, plus beau, mais manquant de la force de caractère de Claudius” [RIC, p. 205].

Aussi, “De nombreux historiens limitent le règne de [Quintillus] à dix-sept jours, mais la masse de son monnayage qui nous est parvenu contredit cela et soutient l’opinion de Zosimus selon laquelle il a duré quelques mois. Ceci est corroboré par le fait que des pièces ont été frappées à son nom dans tous les ateliers  qui avaient frappé pour son frère, sauf celui d’Antioche, où (…) il est probable que l’ambition de Zénobia l’a amenée à tenter de se débarrasser du joug de l’Empire romain. Ses pièces de Siscia et de Cyzicus sont rares en Europe occidentale, mais apparaissent en nombre dans les trouvailles orientales. Cela s’explique par le fait que “Aurelianus, qui a été proclamé par les légions de Pannonie, a dû dès le moment de la proclamation couper Quintillus, qui était en Italie, de Siscia et de Cyzicus (…)“. Une telle “distribution des monnaies de Quintillus“ rend improbable la “déclaration de Zonaras selon laquelle Claudius sur son lit de mort a investi Aurelianus de la pourpre (…). Ces faits suggèrent certainement que [Quintillus] a eu une courte période de pouvoir incontesté” [RIC, p.201].

Finalement, il note que “Les marques d’atelier sont maintenant devenues un élément beaucoup plus important sur les pièces de chaque atelier qu’elles ne l’étaient sous les règnes précédents (…). Les preuves d’un contrôle central et d’une organisation précise sont moins nombreuses qu’elles ne le seront après la réforme d’Aurelianus (…). Les maîtres des monnaies avaient évidemment plus de latitude qu’on ne leur accorda plus tard” [RIC, p. 208].

La semaine prochaine nous abordons un point tournant du IIIe siècle romain avec le règne d’Aurelianus (dont je possède trois pièces de monnaie).

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.174]

Leucanthemum × superbum 

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2017/07/23 ]

J’ai déjà mentionné la grande marguerite (aussi appelée marguerite horticole ou Shasta daisy en anglais) que j’avais photographié lors d’une visite dans le parc Frédéric-Back mais j’en avais vu aussi au jardin botanique. C’est une espèce de plantes à fleurs herbacées, vivaces, de la classe des Equisetopsida, sous-classe des Magnoliidae, de l’ordre des Asterales, de la famille des Asteraceae et du genre Leucanthemum. Elle a l’apparence typique de la marguerite avec des pétales blancs disposés en rayons autour d’un disque jaune. Elle est le résultat d’une quadruple hybridation: en 1890 l’horticulteur Américain Luther Burbank a d’abord croisé une Marguerite commune (Leucanthemum vulgare) avec une Marguerite géante (Leucanthemum maximum), puis avec une Leucanthemum lacustre, et enfin avec une Nipponanthemum nipponicum. Il l’a nommé Shasta (du Mont Shasta dans la chaîne des Cascades en Californie) en référence à la blancheur des pétales qui évoque la neige. Si les représentant du genre sont souvent considéré comme des mauvaises herbes nuisibles, la Shasta est appréciée comme plante ornementale et de nombreux cultivars (comme la “Becky” illustrée ici) ont été développé pour l’industrie de la fleur coupée. J’ignore cependant si elle est comestible comme la marguerite commune ou si elle en a les propriétés médicinales (qui, comme la camomille, a des propriétés antispasmodiques, calmantes, digestives et astringente).(Sources: Wikipedia & divers sites horticoles)

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Chats, ruelles et paysages

ChatsRuellesEtPaysages-covLa photographe Geneviève LeSieur pose un regard tendre sur les chats qu’elle a croisés au cours de ses promenades dans le quartier de Limoilou, à Québec, et sur ceux que son voyage aux Îles-de-la-Madeleine a mis sur sa route. Elle capte au passage la vie secrète des ruelles, le charme des villages du littoral laurentien, les paysages éblouissants de la Gaspésie et des Îles, tous ces endroits que les chats colorent de leur présence. Les humains chez qui ils habitent – et qu’ils ont parfois choisis eux-mêmes – ont ouvert leur porte à la voyageuse pour lui raconter comment ces attachants compagnons se sont fait une place dans leur existence. Tantôt drôles, tantôt émouvantes, leurs histoires généreusement partagées sont avant tout de réelles histoires d’amour.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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pp. 10-11

Entre Québec et les îles de la Madeleine, Geneviève Lesieur s’est amusé à photographier des chats. Elle nous offre un album de centaines d’images de félins, mais aussi de ruelles, d’arrière-cour, de fleurs, de murales — en un mot: de paysages! Il y a beaucoup de photos pleine-page mais aussi quelques mosaïques. Il y a aussi très peu de texte: à part une ou deux introductions et quelques descriptions on ne retrouve que le nom des chats et un bref profil pour chacun. 

ChatsRuellesEtPaysages-p08-09

pp. 8-9

Dans un premier temps (les quatre-vingt premières pages), on retrouve le fruit de trois ans de déambulations dans les ruelles de Limoilou à Québec: 102 kilomètres et 125 chats. De charmantes rencontres avec Boris, Émile, Charli, Léo, etc. Et la conclusion que “les chats roux sont des coquins” (je suis bien d’accord). Puis, pour les cinquante-six pages suivantes, elle se lance dans un road-trip de vingt-et-un jours entre Québec et les îles de la Madeleine — en passant par Saint-Jean-Port-Joli, Kamouraska, Saint-Simon-de-Rimouski, Percé, Cap-d’Espoir et Chalottetown — pour photographier près d’une soixantaine de chats (on y retrouve aussi un alpaga, un chien et trois poules): Tommy, Gaston, Mini-Fée (!), Ektor, Malfada, Tydlydy, Pixel, Jacob (un lykoi loup-garou! C’est la première fois que je vois un chat comme ça!), Serena, etc.

Un très beau livre de chevet à lire (mais surtout à contempler) pour les amateurs de chats et de belles photographies. Une lecture agréable car c’est bien connu, les chats, ça nous relaxe (sauf les roux, évidemment).

Chats, ruelles et paysages; de Québec aux Îles de la Madeleine, par Geneviève Lesieur. Montréal: Les Éditions de l’Homme, septembre 2020. 144 p., $29.95. ISBN 978-2-7619-5194-4. Pour lectorat de tout âge. stars-3-5

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© 2020, Les Éditions de l’Homme. Tous droits réservés.

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Monnaies anciennes 43

Les empereurs Illyriens (1)

Claudius Gothicus (268-270 EC)

Marcus Aurelius Claudius est né en Illyrie (ou une province environnante) le 14 mai 213 ou 214. Les sources sur cette époque étant pauvres, tout ce que l’on sait de lui est qu’il a fait une brillante carrière militaire. Déjà sous Trajan Decius (249–251) il était tribun militaire. Suite à la tentative d’usurpation de Auréolus en 268, Gallienus le nomme maître de cavalerie. Il est possible qu’il ait participé au complot des généraux (Heraclianus, Marcianus et Aurelianus) pour assassiner l’empereur mais, quoi qu’il en soit, il est choisi par les conspirateurs pour le remplacer (ou il est choisi par Gallienus lui-même sur son lit de mort, les sources ne s’entendent pas à ce sujet) et il est acclamé empereur par les légions basées à Mediolanum (Milan). Malgré qu’il ait promis la vie sauve à Aureolus, il laisse ses troupes le massacrer. Il devient ainsi le premier des empereurs illyriens.

Si la principale préoccupation du nouvel empereur était de rétablir de l’ordre dans l’Empire en mettant fin à l’anarchie militaire et aux incessantes révoltes qui étaient à la source de la crise, il a cependant dû d’abord faire face à une nouvelle invasion de Hérules, cette fois accompagnés du renfort d’autres tribus Goths (Greuthungi et Thervingi), Gépides et Peucini. Avec l’aide de son maître de cavalerie Aurelianus, il les a vaincu en 269 à la bataille de Naissus, méritant ainsi son surnom de Gothicus (vainqueur des Goths). À peine quelques mois plus tard, alors qu’Aurelianus termine de repousser les Goths au-delà du Danube, Claudius doit répondre à une invasion d’Alamans qui ont traversé les Alpes pour attaquer le nord de l’Italie. À la fin de l’automne 268, il les repousse à la bataille du lac Benacus, ce qui lui mérite le titre de Germanicus Maximus. Il tourne alors son attention vers l’Empire des Gaules et en reprend une partie (l’Hispanie et la vallée du Rhône) mais ne réussira pas à le reconquérir. À la fin de 269, il doit se rendre à Sirmium pour faire campagne contre les Vandales qui faisaient du pillage en Pannonie. Toutefois, il contracte la peste de Cyprien (possiblement une épidémie de variole ou de rougeole, ou même de fièvre hémorragique virale similaire à la fièvre jaune ou l’ébola) qui ravageait l’Empire à ce moment là. Il succombe au début janvier 270. Son jeune frère Quintillus lui succède brièvement.

J’ai quatre pièces de monnaie de cet empereur que, vous le devinerez, j’aime beaucoup (parce qu’il s’appelait Claudius, évidemment).

IMG_8259-8260La première pièce est un très très beau antoninianus (VF [Very Fine], BI [Billon], 19.5 mm, 2.4681 g, payé $18, de couleur gris mat; die-axis: ↑↑). L’avers nous présente un buste de l’empereur radié et drapé (et possiblement cuirassé?) à droite, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] CLAVDIVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre Isis Pharia debout à gauche, tenant un sistrum de la main droite et un panier de la gauche, avec l’inscription latine SAL-V-S AVG[VSTI] (la santé de l’empereur) et un Є (epsilon, marque de la cinquième officine) en exergue. La pièce aurait été frappé à Antioche (cf. RIC, p. 207) vers la fin 268 / début 269 ou en 269-70.

Sources: Wikipedia (Claudius Gothicus [FR/EN], sistrum [FR/EN]), Google, FAC (Claudius II, Billon, Isis, Pharia Isis, Salus Aug, sistrum), ERIC (Claudius II); RIC v. 5, pt. 1: 217; WildWind (text, image), CoinArchives, acsearch, BeastCoins (image), CoinTalk. Voir aussi ma fiche.

IMG_9617-9622La seconde pièce est un beau antoninianus (F [Fine] / G [Good], AE [Bronze], 17 mm, 3.253 g, payé $US 9.50 le 1985/04/14; die-axis: ↑↑). L’avers nous offre un buste de l’empereur radié et drapé à droite avec l’inscription latine IMP[ERATOR] CLAVDIVS P[IVS] F[ELIX] (pieux et heureux) AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Felicitas drapée, debout à gauche, tenant un caduceus dans la main droite et un long sceptre dans la gauche, avec l’inscription latine FELI-C[ITAS] T-EMPO[RVM] (temps heureux). Il n’y aucune marque d’officine de lisible en exergue mais il y en avait probablement une (un T). Ce type a été frappé à l’atelier de Rome mais sans marque d’officine en exergue et sans  P F dans titulature. Il est donc plus probable que cette pièce ait été frappé à Mediolanum (Milan). Toutefois, rien ne permet de la dater avec précision.

Sources: Wikipedia (Claudius Gothicus [FR/EN], Felicitas [FR/EN], caduceus [FR/EN]), Google, FAC (Claudius II, caduceus, Felicitas), ERIC (Claudius II); RIC v. 5, pt. 1: 145, Sear RCV (1983):  3099; MinautorCoins, Numista, Numismatics. Voir aussi ma fiche.

IMG_9640-9644La troisième pièce est beau antoninianus (VG [Very Good], AE [Bronze], 17 x 18 mm, 2.880 g, payé environ $5 le 1985/06/16, patine brunâtre avec des traces de vert-de-gris sur le revers; die-axis: ↑↓). L’avers nous montre une tête de l’empereur radiée, avec l’inscription latine IMP[ERATOR] C[AESAR] CLAVDIVS AVG[VSTVS]. Le revers illustre une Providence debout à gauche, les jambes croisées, appuyée sur une colonne et tenant un baton (sceptre) dans la main droite et une corne d’abondance dans la gauche, un globe à ses pieds, avec l’inscription PROVIDENT[IA] AVG[VSTI] (prévoyance de l’empereur). Il n’y a pas de marque d’officine dans le champs droit (quoi que l’exergue a disparu dans la rognure). Cette pièce aurait été frappé à Rome mais nous n’avons aucune indication qui permettrait de la dater avec précision.

Sources: Wikipedia (Claudius Gothicus [FR/EN], Providentia [FR/EN], cornucopia [FR/EN]), Google, FAC (Claudius II,  Providentia), ERIC (Claudius II); RIC v. 5, pt. 1: 91, Sear RCV (1983):  3117; WildWinds, Numismatics, vcoins, Numista, Numista, CoinProject. Voir aussi ma fiche.

IMG_9625-9635La dernière pièce est un petit mais assez beau antoninianus commémoratif (G [Good], AE [Bronze], 13.5 x 14 mm, 1.192 g, patine verte foncée, rognure sur toute la circonférence, payé $US 12.50 le 1985/04/14;  die-axis: ↑↓). L’avers nous présente une tête radiée (ou un buste radié et drapé?) de l’empereur à droite, avec l’inscription DIVO CLAVDIO (Divin Claude). Le revers illustre un grand autel enflammé (la flamme centrale est bordée de part et d’autre de deux objets qui semblent sphériques — représentant de la fumée?) décoré de quatre panneaux carrés avec des points en leur centre, avec l’inscription CONSECRATIO (Consecration, i.e. acte de rendre sacré ou divin). L’exergue a disparu dans la rognure mais pourrait avoir comporté une marque d’officine (P, S, R ou Q dans le cas de Mediolanum ou XII dans le cas de Rome) ou pas. Cette pièce aurait donc été frappé à Rome ou à Mediolanum (Milan) dès le décès de l’empereur, en 270, et jusqu’à l’année suivante — c’est-à-dire sous le très bref règne de son frère Quintillus ou sous le début du règne de Aurelianus.

Sources: Wikipedia (Claudius Gothicus [FR/EN], ), Google, FAC (Claudius II,  ), ERIC (Claudius II); RIC v. 5, pt. 1: 261, Sear RCV (1983):  3128; acsearch, acsearch, rcs, CoinArchives, CoinArchives, acsearch, CoinTalk, CoinProject, Numismatics, vcoins, beastcoins. Voir aussi ma fiche.

Les types de revers produit par Claudius Gothicus nous montre encore une fois la volonté de présenter au peuple romain une propagande positive en ces temps difficiles: ainsi on fait la promotion de la santé et de la prévoyance de l’empereur et l’on promet des temps heureux alors que l’on tente de stabiliser l’empire. Claudius était en bonne voie d’y réussir mais malheureusement une épidémie à mis fin prématurément à son règne et c’est son successeur qui achèvera la tâche. La crise du IIIe siècle n’est donc pas encore tout à fait terminée.

La priorité a été de sécuriser les frontières et l’économie reste donc très fragile. Sous son règne, comme nous le dit le RIC (Webb, P.H., ed. by Mattingly, H. & Sydenham, E.A. Roman Imperial Coinage, vol. V, part I, London: Spink & Son, [1927] 1972, pp. 201-237) “La majeure partie de la monnaie du règne se compose d’antoniniani qui, bien que saucés dans l’argent au moment de l’émission, montrent rarement des traces de ce traitement maintenant. Il existe cependant quelques exemplaires (…) qui sont frappés en alliage blanc [billon?] (…)” [p. 202].

Toutefois, la pièce la plus intéressante des quatre est sans doute la dernière. “En effet, l’une des caractéristiques les plus intéressantes des monnaies qui portent le nom de Claudius est le témoignage qu’elles rendent à l’extraordinaire honneur dans lequel il a été tenu, et la durée pendant laquelle sa mémoire a été chérie, car nous ne trouvons pas moins de trois séries dédicatoires publiées en cet honneur. (…) [Tel que] Les monnaies inscrites DIVO CLAUDIO (…) avec une légende de revers CONSECRATIO (…) [et] avec des types posthumes: l’autel, l’aigle ou le bûcher funéraire. Ces pièces ont commencé à être émises immédiatement après sa mort et se trouvent dans tous les ateliers monétaires, y compris Antioche. Ils sont aussi communs dans les ateliers irréguliers de la Gaule, et certains spécimens barbares qui ont été trouvés semblent être d’origine orientale” (RIC, pp. 202-203).

La semaine prochaine nous nous arrêterons brièvement sur une pièce du frère de Claudius Gothicus, Quintillus.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.021.167]

 Inula helenium + Bombus

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2017/07/23 ]

L’Inule aulnée (aussi appelée Grande aulnée ou Elecampane ou elfdock en anglais) est une espèce de plante à fleurs de la classe des Magnoliopsida, de l’ordre des Asterales, de la famille des Asteraceae (comme les marguerites et les tournesols) et du genre Inula (qui inclus près d’une centaine d’espèces). La caractéristique du genre est que l’inflorescence n’est pas constituée d’une fleur unique mais est en fait un corymbe de capitules (fleur composée) formé d’une série de fleurons (fleurs tubulées ou en forme de tube) au centre, avec de nombreux demi-fleurons (fleurs ligulées ou en forme de languette) en périphérie, le tout entouré d’un involucre (collerette) de bractées. Le nom du genre est la forme latine du grec hinaein (“purifier”) en référence aux propriétés médicinales de la plante. Le nom de l’espèce a été interprété par Pline comme une allusion a Hélène de Troie (dans la mythologie grecque elle en avait une fleur entre les mains lorsqu’elle fut enlevée par Pâris) mais, en fait, ce serait une déformation du latin vulnus (“blessure”) en référence à ses vertus cicatrisantes. C’est une plante vivace et comestible dont les racines odorantes sont parfois utilisées pour parfumer les desserts. Elles sont riche en inuline (une fibre alimentaire de la classe des fructanes) et leurs propriétés toniques et médicinales sont utilisées contre la toux et les inflammations respiratoires (principalement des bronches), comme anti-fongique et antiscorbutique (mais attention aux effets secondaires qui peuvent inclurent diarrhées, vomissements et douleurs pelviennes). Elles semblent attirer les insectes pollinisateurs — comme ce bourdon (il existe une vingtaine d’espèces de bourdons (Bombus) au Québec, dont plusieurs sont en voie de disparition, mais je serais bien en peine de les identifier (il faut en effet être très attentif pour remarquer ce qui distingue le Bourdon américain (Bombus pennsylvanicus), des Bourdon à tache rousse (Bombus affinis), Bourdon fébrile (Bombus impatiens) ou même Bourdon terricole (Bombus terricola) !)). (Sources: Wikipedia & divers sites horticoles ou naturalistes)

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The Invisible Library series vol. 1-4

The Invisible Library

InvisibleLibrary-covOne thing any Librarian will tell you: the truth is much stranger than fiction… 

Irene is a professional spy for the mysterious Library, a shadowy organization that collects important works of fiction from all of the different realities. Most recently, she and her enigmatic assistant Kai have been sent to an alternative London. Their mission: Retrieve a particularly dangerous book. The problem: By the time they arrive, it’s already been stolen. 

London’s underground factions are prepared to fight to the death to find the tome before Irene and Kai do, a problem compounded by the fact that this world is chaos-infested—the laws of nature bent to allow supernatural creatures and unpredictable magic to run rampant. To make matters worse, Kai is hiding something—secrets that could be just as volatile as the chaos-filled world itself.

Now Irene is caught in a puzzling web of deadly danger, conflicting clues, and sinister secret societies. And failure is not an option—because it isn’t just Irene’s reputation at stake, it’s the nature of reality itself…” [Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

The Invisible Library, by Genevieve Cogman. New York: ROC (New American Library, imprint of Penguin Random House), June 2016. 344 pages, 8.25 x 5.375 in., $US 17.00, ISBN 9781101988640, For YA readers (12+).stars-3-5

The Masked City

InvisibleLibrary-MaskedCity-covThe written word is mightier than the sword—most of the time… 

Working in an alternate version of Victorian London, Librarian-spy Irene has settled into a routine, collecting important fiction for the mysterious Library and blending in nicely with the local culture. But when her apprentice, Kai—a dragon of royal descent—is kidnapped by the Fae, her carefully crafted undercover operation begins to crumble.

Kai’s abduction could incite a conflict between the forces of chaos and order that would devastate all worlds and all dimensions. To keep humanity from getting caught in the crossfire, Irene will have to team up with a local Fae leader to travel deep into a version of Venice filled with dark magic, strange coincidences, and a perpetual celebration of Carnival—and save her friend before he becomes the first casualty of a catastrophic war.

But navigating the tumultuous landscape of Fae politics will take more than Irene’s book-smarts and fast-talking—to ward off Armageddon, she might have to sacrifice everything she holds dear….” [Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

The Invisible Library 2: The Masked City, by Genevieve Cogman. New York: ROC (New American Library, imprint of Penguin Random House), September 2016. 374 pages, 8.25 x 5.375 in., $US 17.00, ISBN 9781101988664, For YA readers (12+). stars-3-0

The Burning Page

InvisibleLibrary-BurningPage-covNever judge a book by its cover…

Due to her involvement in an unfortunate set of mishaps between the dragons and the Fae, Librarian spy Irene is stuck on probation, doing what should be simple fetch-and-retrieve projects for the mysterious Library. But trouble has a tendency to find both Irene and her apprentice, Kai—a dragon prince—and, before they know it, they are entangled in more danger than they can handle…

 Irene’s longtime nemesis, Alberich, has once again been making waves across multiple worlds, and, this time, his goals are much larger than obtaining a single book or wreaking vengeance upon a single Librarian. He aims to destroy the entire Library—and make sure Irene goes down with it.

 With so much at stake, Irene will need every tool at her disposal to stay alive. But even as she draws her allies close around her, the greatest danger might be lurking from somewhere close—someone she never expected to betray her…  [Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

The Invisible Library 3: The Burning Page, by Genevieve Cogman. New York: ROC (New American Library, imprint of Penguin Random House), January 2017. 358 pages, 8.25 x 5.375 in., $US 17.00, ISBN 9781101988688, For YA readers (12+). stars-3-0

The Lost Plot

InvisibleLibrary-LostPlot-covAfter being commissioned to find a rare book, Librarian Irene and her assistant, Kai, head to Prohibition-era New York and are thrust into the middle of a political fight with dragons, mobsters, and Fae in this novel in the Invisible Library series.

In a 1920s-esque New York, Prohibition is in force; fedoras, flapper dresses, and tommy guns are in fashion: and intrigue is afoot. Intrepid Librarians Irene and Kai find themselves caught in the middle of a dragon political contest. It seems a young Librarian has become tangled in this conflict, and if they can’t extricate him, there could be serious repercussions for the mysterious Library. And, as the balance of power across mighty factions hangs in the balance, this could even trigger war.

Irene and Kai are locked in a race against time (and dragons) to procure a rare book. They’ll face gangsters, blackmail, and the Library’s own Internal Affairs department. And if it doesn’t end well, it could have dire consequences on Irene’s job. And, incidentally, on her life…” [Text from the publisher’s website ; see also the backcover]

The Invisible Library 4: The Lost Plot, by Genevieve Cogman. New York: ROC (New American Library, imprint of Penguin Random House), January 2018. 370 pages, 8.25 x 5.375 in., $US 17.00, ISBN 9780399587429, For YA readers (12+). stars-4-0

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

This is a fantasy series by British author Genevieve Cogman. The idea of librarians going on Indiana Jones-style missions in parallel worlds to find rare manuscripts and preserve the balance between order and chaos might not seems particularly original (there are plenty of stories which have librarians as protagonists), but what I really like about it is that it makes it possible to create hybrid worlds that mix the genres — in this case magical, supernatural and steampunk! I find it very entertaining and enjoyable to read … There is nothing better than getting lost in a world of fictitious adventures to forget our own problems and relax (and nothing better to forget a library than to read a story of an… invisible library!)

I particularly enjoyed this story because I am myself working in a library and I know a thing or two about the struggle to maintain the equilibrium between order and chaos. And, I am sorry to say, right now in my library, chaos is definitely winning. I also have a strong opinion about the role of libraries in our society. An ideal library would be a temple to knowledge and culture. A place that not only preserves it (a library) but also disseminates it with exhibition and conference rooms as well as places to give workshops of all kinds. Exactly like what Hadrianus intended when he created the Athenaeum in Rome. It is a serious place. Unfortunately, today they tend more to become daycare and playgrounds…

However, I didn’t realize that was such a long series. So far I’ve read half of it (four volumes and there is an eighth volume announced for the end of 2021) and I am not disappointed. It is well written, captivating (you can’t stop reading because you are wondering what will happen next) and, even if, like I said, it is not particularly original, it is an enjoyable distraction from reality.  

The first volume introduces us to the world of the Library and to Irene Winters, a junior librarian with a tendency to get in trouble. We also meet Kai Strongrock, her apprentice, who seems to have peculiar qualities. In the center of everything lies the mysterious Library which is linked to an infinity of alternate earths (each offering a different timeline) from which the Library collects rare books in order to maintain the link to their world of origin and keep the balance between chaos and order. The agents of Chaos are the Fae, influencers who like intrigues and narratives where they are the heroes. The agents of Order are the dragons, who are secretive and can control natural spirits. Both hate each others. The Library is neutral. In her latest assignment, Irene is sent to the Victorian London of world B-395 in order to find an original Grimm manuscript with an extra story. She must compete with a powerful fae, Lord Silver, and Alberich, an evil librarian who was expelled! Fortunately, she finds an ally in Peregrine Vale, a Sherlock Holmes doppelgänger. 

In the second volume, Kai is kidnapped by Lord Guantes, a powerful fae, and brought to an alternate Venice in an highly chaotic world! Against orders, and with the help of Lord Silver, Irene has to manage to reach this world, navigate the complex politics of the fae, find and rescue Kai and return alive! Quite a challenge!

The third book could be called Alberich strikes back. He manages to find Irene and threaten to — nothing less but — destroy the Library. And Irene has to save the world all over again on her own.

In the fourth volume, Irene gets herself caught, this time, in the politics of dragons. Two dragons compete for a high office and in order to win they have to find a rare book. They try to get help from a librarian and, by doing so, threaten the fragile neutrality of the Library. Of course, Irene is sent to a world with a 20s New York in order to save the day. It is the story with the most complex plot so far and my favourite.

The series is classified as fantasy but when you have such a mix of genres it is difficult to keep labels. You do find a lot of magic in it, with vampires and werewolves and dragons, but — considering the steampunk aspects, the space-time nature of the Library and the rationalisation of magic through the Language of the Library — I think it should be seen more as science-fiction. However, whatever label we want to give it, it remains an interesting story that provide a very entertaining and enjoyable experience. It was probably meant to be an Harry Potter look-alike and therefore it targets more or less the Young Adults audience, so it is quite an easy reading. Overall it is a very good book that you will certainly enjoy if you like that type of fantasy/scifi stories.

For more information you can check the following websites:

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© Genevieve Cogman, 2016-17.

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