Images du mer-fleuri [002.022.033]

Rosea aqua lilium 

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/26 ]

Je reviens brièvement sur les nénuphars… avec quelques images de nénuphars roses (Pink Water Lily en anglais ou ピンクの睡蓮 [Pinku no suiren] en japonais). Ce que nous appelons communément “nénuphar” (parfois appelé “lys d’eau” ou “Water Lily” en anglais ou 睡蓮 [suiren] en japonais) appartient en fait à plusieurs genres de la famille des Nymphéacées (il ne doit pas être confondu avec le Lotus auquel il ressemble beaucoup et qui, lui, appartient à la famille des Nélumbonacées). Il désigne des plantes aquatiques qui poussent dans les eaux calmes et sont caractérisées par des rhizomes subaquatiques, de larges feuilles arrondies flottantes et de grandes fleurs solitaires blanches, jaunes, rouges ou de nuances intermédiaires (roses, violacées ou pêches). À l’origine il n’existait qu’une seule espèce européenne qui était blanche (Nymphaea alba) mais qui a été croisée au XIXe siècle avec des espèces tropicales pour créer une grande variété colorée d’hybrides et de cultivars (qui furent notamment popularisée par le peintre Monet). 

C’est une plante qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae), à classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à l’ordre des Nymphaeales ([EN /  スイレン目 (Suiren-me)] qui regroupe cinq familles dont les Nymphaeaceae et les Nelumbonaceae où l’on retrouve les lotus du genre Nelumbo), à la famille des Nymphaeaceae ([EN] qui regroupe une demi-douzaine de genres dont les deux plus importants sont les Nymphaea [une trentaine d’espèces] et les Nuphar [une dizaine d’espèces]), et au genre Nymphaea [EN / スイレン属 (Suirenzoku)]. Si le nom nénuphar origine de l’arabe nīlūfar (lui même emprunté au sanscrit नीलोतपल / nīlōtpala via le persan, ou même à l’égyptien nfr, et fait référence au lotus) le nom latin Nymphea provient lui du grec νυμφαία (nymphaia) et fait référence aux nymphes de la mythologie.

Il est difficile de dire à quelle espèce appartiennent ces nénuphars roses que j’ai photographié puisqu’il en existe une grande variété. Il pourrait s’agir de Nymphaea ‘Sunny Pink’, de Nymphaea marliacea ou de Nymphaea darwin mais j’opterais plus probablement pour les Nymphaea fabiola. Quoiqu’il en soit, elles sont très agréable à regarder (et dégage aussi une plaisante fragrance). C’est d’ailleurs pourquoi le principal usage des nénuphars est décoratif car ils agrémentent bien un jardin aquatique. Ils peuvent fournir un abris à la faune des étangs et des lacs mais aussi l’ombre qu’ils produisent contribue à réduire la croissance des algues. Étant donné qu’ils contiennent de la nupharine (un alcaloïde quinolizidine), les nénuphars sont toxiques (sauf pour les graines et les tubercules de certaines espèces). Toutefois dans certaines cultures les rhizomes, les tubercules et les bourgeons bouillis sont parfois consommés (surtout comme aliment de famine) ou utilisés dans la médecine traditionnelle. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

Vous noterez que la plupart des photos botaniques que je met en ligne récemment datent d’avant la pandémie. En effet, je n’ai pas mis les pieds ni au jardin botanique ni au festival de la tulipe d’Ottawa depuis plus de deux ans ! Espérons que l’été prochain je pourrais aller ailleurs que dans mon jardin ou le parc Frédéric-Back pour collecter des images. On m’a d’ailleurs suggéré un site intéressant pour les jeunes (et moins jeunes) naturalistes qui désire admirer ou faire identifier leurs clichés: iNaturalist.

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Kebek 2: Adamante

“Un récit de science-fiction situé dans la province de Eeyou Istchee Baie-James, région des Monts Otish, au Québec. Roy, gravement brûlé à la fin du tome 1, guérit de ses blessures à une vitesse que les médecins ne peuvent expliquer. La découverte de la femme à l’intérieur du sarcophage a enflammé les réseaux sociaux et le monde entier suit cette découverte humaine et scientifique. Qui est-elle, d’où vient-elle et surtout de quelle époque ? Les fresques murales découvertes à proximité de la sphère dateraient de 400.000 ans, bien avant homo-sapiens. Et pourtant la sphère semble issue d’une technologie encore inaccessible à la science actuelle. «Elle» est vivante, et va bientôt pouvoir répondre à ces questions…”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Page 11

Pour en savoir plus sur le début de l’histoire, voir mon commentaire sur le premier tome. Roy récupère très vite des blessures infligé par le feu bleu et continue son récit des événements à l’avocat qui enquête sur la situation. L’annonce que le sarcophage de diamant noir contenait une femme — et qu’elle est vivante! — bouleverse la planète au point de générer des désordres sociaux qui atteignent la révolte armée dans certains endroit. La météo et les barrages routiers leur ayant coupé la route de l’aéroport, le convoi qui amène Roy se réfugie à la prison de Bordeaux. “Elle” est vivante mais faible. Elle s’appelle Adamante. Le liquide de le sphère lui permet de restaurer — la technologie de sa civilisation semble d’ailleurs beaucoup utiliser cette “eau morphogénique interfaciale”. Elle a apprise notre langue très rapidement et se raconte en images. Elle est humaine mais d’un temps lointain. Un cataclysme cosmique menaçait la planète et la sphère était une sorte de capsule temporelle qui devait préserver le savoir de la civilisation ainsi qu’un mâle et une femelle humaine pour pouvoir tout recommencer. Mais son récit est interrompu par l’arrivé des militaires qui se saisissent d’Adamante. 

Roy, avec l’aide d’une coalition d’autochtones et d’employés de la mine, bloque l’avion cargo militaire qui emportait Adamante mais dans les combats Roy est gravement blessé d’une flèche en pleine poitrine (un incident de “friendly fire”). Il est sauvé par Adamante grâce à sa technologie et à une transfusion de son sang. Mais à son réveille, elle a disparue. Il la cherche près du site de la sphère noire, mais celle-ci s’est transformé en une forêt de cristaux qui contamine tout autour d’elle. Roy trouve Adamante sans vie près de l’entrée de la grotte. Télépathiquement elle lui dit qu’elle sera toujours en lui… Dans les grottes les scientifiques détectent l’émission d’un puissant rayonnement électromagnétique qui supprimes la couleur rouge (c’est pour ça que tout est bleu!) et la sphère pulse comme si elle était vivante. Le processus de métamorphose de la matière s’accélère et la contamination croît sans cesse. Les militaires ont découvert une contamination similaire quand ils ont ouvert le deuxième sarcophage. Ils en concluent que la sphère ne peut apporter rien de bon et décide de détruire la zone contaminée avec des bombes nucléaires! Roy a à peine une minute pour fuir le plus loin possible mais l’explosion le laisse congelé et transpercé de glaçons! Il passe deux mois dans le coma mais la transfusion d’Adamante a transformé sa nature et, contre tout bon sens, il survit. 

Roy et l’avocat quitte Bordeaux pour l’aéroport de Mirabel pour prendre un vol qui les ramène dans le nord. Pendant le vol Roy rêves aux souvenirs d’Adamante. Le récit de celle-ci semble avoir tracé un portrait de sa civilisation plus beau que la réalité: il semble y avoir eut des guerres car les sphères noires sont attaquées par une armées en scaphandres noires, les Krankens, qui réussissent à faire pénétrer une de leur arme (un bâton-venin) dans la sphère juste avant qu’elle se referme. Cela a contaminé sa programmation (c’est pour ça que la sphère ne s’est jamais réactivée, du moins pas avant d’être découverte par les mineurs) ainsi que le compagnon mâle d’Adamante. Arrivé à la base de Polarion, sur Bakon Island dans l’archipel arctique, Roy apprend que le second sarcophage a émis un intense rayonnement qui a tué ou “altéré” ceux qui l’on ouvert. Il découvre alors que l’occupant du sarcophage est son sosie avec qui il partage une sorte de singularité génétique et… le coeur d’Adamante!

[ fin du spoiler, euh, je veux dire divulgacheur ]

Le graphisme de cette BD est tout simplement superbe mais le récit est un peu décevant — surtout la fin… qui m’apparait un peu précipitée. Beaucoup de détails de l’histoire restent non résolu ou inexpliqués  (par exemple: la transformation de la sphère est-elle un processus de terraformation programmé ou simplement le résultat de la contamination par les Krankens?). Il aurait sans doute fallu un troisième tome pour permettre à l’histoire de se développer un peu plus (comme nous montrer un peu plus du quotidien d’Adamante à son époque, son histoire d’amour, comme le faisait Barjavel dans le roman). Par moment, le récit est aussi un peu confus et il est difficile de distinguer ce qui fait partie du flashback narratif et ce qui est le récit principal (la présence de l’avocat aide sur ce point).

La BD remplie tout de même sa promesse d’adapter (librement et en la ré-actualisant) l’histoire de La nuit des temps de Barjavel (en y ajoutant des éléments de La sphère d’or de Cox— comme le fait que les intentions de la sphère ne sont pas nécessairement bienveillantes). L’adaptation est d’ailleurs excellente et l’on peut aisément avoir une idée de tout les détails non expliqués si on a lu les histoires originales (cela nous permet de “lire entre les lignes” en quelque sorte). Malgré ses quelques faiblesses, cette BD est donc très belle, plutôt divertissante et agréable à lire. C’est donc, somme toute, une excellent lecture que je ne peux que recommander (comme la plupart des ouvrages de Philippe Gauckler). 

Kebek: t. 2: Adamante, par Philippe Gauckler. Paris: Ed. Daniel Maghen, avril 2021. 96 pages. 25 x 33 cm. 19.00 € / $C 39.95. ISBN 978-2-35674-084-7. Pour lectorat adolescent (14+). 

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© DM

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Pline, vol. 9

Pline-9-covL’Histoire a retenu son nom. Mais que savons-nous du plus grand savant de l’Antiquité ?

Néron a quitté Rome pour cette Grèce dont il est tant épris. Alors qu’il prend part aux Jeux olympiques et s’adonne au théâtre ou à la musique, une nouvelle conspiration menace. De leur côté, Pline et ses compagnons parviennent à Rhodes, pour être aussitôt emmenés vers Corinthe où les attend un Néron dont l’esprit sombre de plus en plus…

Cette fois, le naturaliste n’évitera pas les retrouvailles avec l’empereur.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi  la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Pline (titre original: プリニウス / Plinius ) est une biographie du naturaliste romain Pline l’Ancien par Mari Yamazaki (Thermae Romae) et Miki Tori. Prépublié au Japon par Shinchôsa dans le périodique Shinchô 45 et dans la magazine littéraire Shinchô depuis le chapitre 54, ce manga seinen est traduit en français chez Casterman (Collection Sakka). Jusqu’à maintenant il y a dix tome de disponible en français: le neuvième (“L’Opium d’Andromaque“, paru au Japon en novembre 2019) a été publié en octobre 2020 et le dixième (“Les fantômes de Néron”, sortie au Japon en septembre 2020) est paru en septembre 2021. Le onzième tome (“Une jeunesse romaine”, paru au Japon en juillet 2021) devrait paraître chez Casterman en mars 2022. Le douzième tome (à paraître au Japon au printemps 2022) devrait conclure la série. Le manga original est également disponible en ligne sur le site de Kurage Bunch.  Voir mes commentaires sur les volumes précédents.

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Page 5

Dans ce volume (chapitre 57 à 63), à peine arrivé à Rhodes, Pline est accosté par des légionnaires qui doivent l’escorter à Corinthe où l’empereur se prépare à chanter pour les jeux isthmiques. Prenant à prétexte que Félix est malade, il convainc les soldats qu’il est contagieux et le groupe de voyageurs est mis en quarantaine dans une grotte qui servait pour des rituel dédiés à Mithra. Pendant ce temps à Rome, Néron reçoit en ambassade Tiridate, le roi d’Arménie, qui lui offre une représentation de Mithra. Cela donne à Néron l’idée de faire ériger une statue colossale le représentant en dieu solaire. On découvre un complot qui visait à remplacer l’empereur par Corbulon, le populaire général de retour d’une campagne militaire contre les Parthes. Tigellin tente de convaincre Néron que Corbulon lui-même était de la conspiration. Vespasien est écarté de la cour car il a émis un bâillement pendant que Néron chantait. Malgré les réticences de Néron, Corbulon est condamné au suicide — et cela même si il aurait été plus utile de l’envoyer en Judée où la rebellion gronde. 

Pline arrive finalement à Corinthe où il est reçu en audience par Néron. Son médecin Andromaque lui prescrit des boulettes à base de pavot qui sont censé le calmer mais qui le rendent malade — et mentalement instable. Il se prends pour un dieu et conçoit plein de projets grandioses (comme le colosse ou un canal reliant les deux ports de l’isthme de Corinthe. Il veut que Pline s’occupe de la bibliothèque de la Domus Aurea. Félix accepte d’entraîner un lutteur au naturel trop placide… (Yamazaki met ici une histoire qui traite de compétition sportive sans doute pour faire écho à sa série Olympia Kyklos !). À Rome, la maison de Pline se cherche un nouvel esclave pour aider aux travaux ménagers: on acquiert donc une jeune femme chétive… qui se révèle être Plautina la prostitué muette avec laquelle Euclès était tombé amoureux! Pline et ses compagnons reprennent la mer, cette fois pour Tyr, afin de ramener Tanitia (qui est en fait une petite fille) à sa famille.

Comme je l’ai dit mainte fois, Pline est un excellent manga dont le récit est à la fois captivant, divertissant et surtout très éducatif. Le sujet est fort bien documenté et la narration est fluide et agréable. Toutefois, plus que tout, c’est le dessin précis et détaillé de Mari Yamazaki et Tori Miki qui donne à ce manga sa superbe qualité artistique. Beau et intéressant, Pline offre une lecture passionnante pour tout amateur de manga historique et de la Rome antique. Vivement recommandé!

Pline, vol. 9: L’Opium d’Andromaque, par Mari Yamazaki et Tori Miki. Paris: Casterman (Coll. Sakka), octobre 2020. 200 pages, 13.4 x 18.1 cm, 8,45 € / $15.95 Can (ePub/PDF: 5,99 €), ISBN: 978-2-203-20279-5. Sens de lecture original, de droite à gauche. Pour lectorat adolescent (14+). Extraits disponibles. stars-4-0

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© 2019 Mari Yamazaki, Tori Miki • 2020 Casterman pour la traduction française.

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Rêveries d’Emanon

ReveriesEmanon-cov“Eiko est une curieuse petite fille : son corps n’est vieux que de quelques années, mais sa mémoire remonte aux origines de la vie. C’est pourtant la première fois qu’elle a l’occasion de grandir entourée de ses deux parents… Alors que la mise au monde d’un enfant aurait dû transformer sa mère en coquille vide, son père a réussi à briser le cycle à force de patience et d’obstination.

Mais l’âme errante devra bientôt reprendre son périple ! Malgré tous ses souvenirs, il lui reste bien des choses à découvrir, et des personnes avec des aptitudes tout aussi étranges que les siennes à retrouver… Jusqu’où les rêveries d’Emanon la mèneront-elles ?

Emanon est un des personnages les plus fascinants de la science-fiction contemporaine japonaise. Le dessinateur Kenji Tsuruta, tombé amoureux du concept imaginé par l’écrivain Shinji Kajio, donne un visage aussi vivant que mélancolique à cette incarnation féminine du passé, du présent et du futur de l’humanité. Que l’on croie ou non à son histoire, impossible d’oublier Emanon. Et elle non plus ne vous oubliera jamais…”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 32

Rêveries d’Emanon (續々さすらいエマノン / Zokuzoku sasurai Emanon) est un manga seinen par Shinji Kajio et Kenji Tsuruta qui a été prépublié dans le magazine mensuel Comic Ryu et compilé en un volume chez Tokuma Shoten en avril 2018. Basé sur les récits de Shinji Kajio (“Karisome Emanon” / “Emanon de passage”, “Yukizuri Amnesia” / “Amnésie éphémère”, “Tomadoi Mektoub” / “Un mektoub confus”, “Hitosura Souvenir” / “Un souvenir”, et “Tayutai Lightning” / “Un Éclair vacillant”), cette série de manga (dont Rêveries d’Emanon est le quatrième et dernier tome) raconte l’histoire d’une fille mystérieuse qui détient une mémoire vieille de trois milliards d’années, remontant au moment où la vie est apparue pour la première fois sur Terre, qui est transmise de génération en génération par la lignée maternelle. Toutefois, dès qu’une nouvelle “Emanon” (“no name” à l’envers) naît, la précédente devient amnésique. J’ai déjà commenté le trois premiers tome de la série.

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Page 203

Ce volume se déroule sur trois périodes. En 1980, Emanon (Eiko) n’est encore qu’une enfant et pourtant elle n’a jamais resté aussi longtemps auprès de sa famille de naissance. Elle sent qu’il serait temps qu’elle les quitte mais tant que son père prendra bien soin de sa mère amnésique, elle reste pour profiter de cette rare vie de famille. En 1988, elle est adolescente et rencontre Choichiro Kozuki. Il sait qui elle est et semble avoir lui-même certain pouvoir. Et il veut l’épouser! Lorsque son père lui avoue qu’il a découvert son secret et celui de sa mère (Emma), elle décide de partir… En 1990, elle rencontre Shungo, un petit garçon, lors d’une promenade dans les bois. Elle se rends assister à la mort d’une vieille amie, Hikari la voyageuse temporelle. Sa mère est également mourante à l’hôpital. Dans un épilogue, Emanon fait une rencontre en 1994… (mais le manga ne dit pas qui c’est!!)

C’est une belle histoire tranquille où il ne se passe pas grand chose. Évidemment, les changements de périodes rendent les choses un peu confuse mais c’est un concept très intéressant. Le style est très simple et agréable: des traits à l’encre avec quelques trames pour les textures. Un très bon manga qui se lit bien mais ce tome-ci nécessite vraiment d’avoir lu les précédents. Il y a de toute évidence plus à raconter dans ce récit (le volume se termine sur un suspens) mais dans la postface l’auteur confesse que “malheureusement la série a dû être interrompue” mais sans donner d’explication… J’espère qu’elle reprendra un jour car, pour l’instant, c’est très frustrant. J’espère également qu’un éditeur se décidera à traduire la série de romans…

Rêveries d’Emanon, par Shinji Kajio (scénario) & Kenji Tsuruta (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Latitudes), octobre 2020. 224 pages (dont 32 en couleurs), 17 x 24 cm, 15 € / $C 28.95, ISBN 979-10-327-0622-0. Pour un lectorat adolescent (16+ / nudité). stars-3-5

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© Shinji Kajio, Kenji Tsuruta 2018

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The Expense

TheExpanseGN-cov“Chrisjen Avasarala, the former longtime Secretary-General of the United Nations, has found herself relegated to Luna after losing the latest elections…and she doesn’t plan on going down without a fight. So when Bobbie Draper – a former Martian marine – brings her intel on an intergalactic black market weapons ring, Avasarala sees a chance to reclaim her former political position of power through a clandestine operation. But as Draper digs deeper into this secret cabal, she soon realizes the threat they pose is far larger – and closer to home – than either of them ever imagined…

Corinna Bechko (Green Lantern: Earth One) and Alejandro Aragon (Resonant) present a powerful new story set between Season 4 and Season 5 of Amazon’s hit series The Expanse. Collects The Expanse #1-4.”

[Text from the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

A graphic novel that collects the four-issue comics based on the sci-fi book series by James S.A. Corey and adapted into a splendid TV series on Amazon Prime. The story is set between season 4 and season 5 of the TV series and recounts the investigation by former Martian marine Bobbie Draper (who is secretly working for former UN Secretary General Chrisjen Avasarala) to expose and dismantle a black market weapons ring…

It is well written and the art is nice enough. It provided a good reading and, while filling some gaps in the story, helped me wait for the next season to start… I wish there was more of those, like a full comic adaptation of the book series.

The Expanse, by James S.A. Corey (creator), Corinna Bechko (writer), Alejandro Aragon (illustrator) and Francesco Segala (colorist). Los Angeles: Boom! Studio, August 2021. 128 pages, 6.5 x 10 in., $US 16.99 / $C 21.99, ISBN 978-1-68415-691-7. For teen readership (12+). stars-3-0

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Monnaies anciennes 75

Les Théodosiens (2)

Arcadius (383-408)

À la mort de Theodosius, le 17 janvier 395, l’empire se partage entre ses deux fils: Arcadius (alors âgé de 18 ans) qui règne sur l’Orient et Honorius (âgé seulement de 11 ans) qui règne sur l’Occident.

Flavius Arcadius (ou Ἀρκάδιος / Arkadios en grec) est né en Hispanie vers 377. Il est le fils aîné de Theodosius et de Aelia Flaccilla. Il reçoit son éducation par des précepteurs de renom (le rhéteur païen Thémistios et le moine chrétien Arsenius). Il est fait Auguste dès l’âge de six ans (le 16 janvier 383) et obtient le consulat à trois reprises (en 385, 392 et 394). Frêle et inexpérimenté, il est considéré comme ayant été un empereur faible qui est rapidement tombé sous l’influence successive de haut-fonctionnaires ou d’officiers comme Rufinus, Eutropius, Gaïnas, son épouse Eudoxia ou le préfet du prétoire Anthémius. Ces luttes de pouvoir interne conduisent à une administration inefficace. Malgré les efforts de son père pour consolider les frontières, les Goths et les Huns font des ravages en Thessalie, en Grèce (ils prennent Athènes) et en Syrie (ils pillent Antioche). Les barbares fédérés ont de plus en plus d’influence à la cour impériale et des mercenaires Goths occupent même Constantinople pendant quelques mois. Arcadius continue la politique religieuse de son père qui s’attaque agressivement au paganisme. Il meurt le 1er mai 408. Il est considéré comme ayant été le premier empereur byzantin.

Son fils Theodosius II lui succède et la dynastie theodosienne se poursuit. Né en en avril 401, il est fait Auguste dès janvier 402 et n’a que sept ans lorsqu’il succède à son père sous la régence d’abord de Anthemius, puis de sa soeur Pulcheria. Il est, comme son père l’était, très influenceable et l’Empire d’Orient continue donc d’être administré surtout par ses haut-fonctionnaires (Antiochus, Cyrus ou Chrysaphios) ou par son épouse, Eudocia. Il doit défendre les frontières à l’est contre les Sassanides et aux nord contre les Huns d’Attila, mais réussi à maintenir une paix coûteuse grâce à des traités. Il fait construire une murailles pour protéger Constantinople en 413, y établit une université en 425, et fait rassembler en 438 toutes les lois romaines sous un même Code, le Codex Theodosianus. Il meurt des suites d’un accident de cheval le 28 juillet 450. Sa soeur Pulcheria et son époux Marcianus lui succède. Militaire d’origine modeste, le règne de celui-ci signal le retour à une bonne administration et à une paix relative. Il convoque le concile de Chalcédoine en 451. Il meurt en janvier 457, après seulement sept ans de règne, et est succédé par Leo, le premiers des empereurs Thraces byzantins.

Pendant ce temps, Flavius Honorius (fils cadet de Theodosius) est empereur d’Occident. Né à Constantinople en 384, il est fait Auguste en janvier 393 et devient empereur en janvier 395. Jeune et tout aussi faible que son frère, le véritable pouvoir se retrouve entre les mains du général Stilicho. En 402, celui-ci déplace la capitale de Mediolanum (Milan) à Ravenne, qui se défend mieux car elle est entourée de marécages et de remparts. Son expérience militaire lui permet de contenir plus ou moins les invasions jusqu’en 408, où des intrigues de la cour le font exécuter. Dès lors la Gaule et l’Hispanie tombent sous les invasions de Vandales et de Suèves, puis les Wisigoths d’Alaric assiègent Rome à de nombreuses reprises et la pillent finalement le 24 août 410. Pendant ce temps, Honorius festoie à Ravenne… Il apaise les Goths en leur donnant des territoires où ils peuvent s’installer en fédérés. Cette insécurité génère également de nombreuses tentatives d’usurpations (Constantinus III en Bretagne en 407, Maximus en Hispanie en 409, Jovinus en Gaule en 411 et surtout, en 421, le général Constantius III qui était l’époux de la demi-soeur d’Honorius, Galla Placidia). Honorius meurt le 15 août 423 et, après la brève usurpation de Joannes, est succédé en 425 par Valentinianus III (fils de Constantius III et Galla Placidia) qui règne sous la régence de sa mère (puisqu’il n’a que six ans). En octobre 437, il épouse Licinia Eudoxia, la fille de Theodosius II. L’Empire Romain d’Occident continue à être lentement grugé par les invasions. En 442, l’Afrique est envahie par les Vandales. En 451, les Huns d’Attila envahissent la Gaule mais le général Aetius les contient à la bataille des champs Catalauniques. Valentinianus III est assassiné le 16 mars 455 sur le Champ de Mars. Il est remplacé par le sénateur Petronius Maximus, à l’origine du complot, mais celui-ci ne règnera que deux mois. 

IMG_1546-1547De tous ce beau monde, je n’ai qu’une seule pièce de monnaie:  un nummus plutôt médiocre frappé à l’effigie de Arcadius (P [Poor], AE2, AE [Bronze], 20 x 21 mm, 4.942 g, payé environ $5 le 1985/01/06, caractérisé par une patine noire et un flan plutôt usé et couvert de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). Toutefois, malgré son piètre état de conservation, c’est une pièce plutôt intéressante. L’avers présente un (petit) buste de l’empereur drapé et cuirassé à droite, portant un diadème perlé (ou avec rosettes?), une lance et un bouclier, surplombé d’une main qui tient une couronne de laurier (une manus dei ou “main de Dieu”), avec l’inscription latine (principalement illisible) D[ominvs] N[oster] ARCAD-IVS P[ivs] F[elix] AVG[vstvs] (“Notre Seigneur Arcadius, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre l’empereur debout de face, la tête tournée à gauche, tenant un étendard (labarum) de la main droite et la main gauche reposant sur un bouclier, un captif assis (ou agenouillé?) à ses pieds (à gauche), avec l’inscription latine (illisible) GLORIA RO-MANORVM (“La Gloire des Romains”), et une marque d’atelier illisible en exergue (quatre caractères avec un “M” ou un “N” en seconde position) ainsi que de possibles symboles dans le(s) champs gauche et/ou droit (marque de séquence?).

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 311-12, 319), ce type de pièce (manus dei sur l’avers et un Gloria Romanorum avec un captif au pieds de l’empereur sur le revers) aurait été frappé par huit ateliers. La marque d’atelier pourrait donc être soit ANTS/B/Є ou ✲ANTS/Є pour Antioche (RIC IX 41a/b & 60 [pp. 283-84, 191]), soit CON𝚪/✲/A/B pour Constantinople (RIC IX 53a/b & 80 [pp. 226, 233]), soit SMK𝚫 pour Cyzique (RIC IX 15 [p. 243]), soit SMHA/B/B✲ pour Heraclée (RIC IX 12 & 22 [pp. 195, 197]), soit SMNA/𝚪/𝚫 ou ✲SMNA/B/𝚪/𝚫 pour Nicomédie (RIC IX 26 & 41 [pp. 257, 260]), soit ASISC ou ASISC• pour Siscia (RIC IX 33 [p. 153]), ou encore TES𝚪• pour Thessalonique (RIC IX 45a/b [p. 183]). À cause de la lecture du caractère M ou N en exergue, il est plus probable que la pièce ait été frappé par les ateliers de Antioche, Cyzique, Héraclée ou Nicomédie et, compte tenu de l’apparence du buste qui est petit et couvre à peine plus de la moitié de l’avers, je pencherais plus pour cette dernière. Si c’est bien le cas, et selon qu’il y ait un “T” dans le champs droit ou pas, cette pièce aurait été frappée entre le 19 janvier 383 et le 25 août 383 (absence du “T”) ou entre le 25 août 383 et le 28 août 388 (avec un “T”).

Sources: Wikipedia (Arcadius [FR/EN]), FAC (Arcadius, Gloria Romanorum, labarum), ERIC (Arcadius); RIC v. IX (voir les références dans le texte); Sear RCV (1983): 4129; Ref. online: Google, acsearch, Cerberus (SMHA), CoinArchives (CON𝚪✲), CoinProject (+SMN𝚪 / T), numismatics, WildWinds (Antioch: text, image; Cyzicus: text, image; Heraclea 12 (SMHA): text, image; Heraclea 22 (SMHB✲): text, image). Voir aussi ma fiche.

Ceci marque non seulement la fin de la dynastie theodosienne mais également la chute imminente de l’Empire d’Occident. En septembre 476, après une succession rapide d’empereurs de peu d’envergure (Avitus, Maiorianus, Libius Severus, Anthemius, Olybrius, Glycerius, Julius Nepos et l’usurpateur Romulus Augustus), l’Europe, sous l’emprise définitive des “barbares”, sombre dans le Moyen-Âge

La semaine prochaine nous abordons les empereurs Thraces byzantins et je vous présente la pièce maîtresse de toute ma collection de monnaie romaine: un solidus de Flavius Valerius Leo !

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.026]

Deutzia x lemoinei 

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/03 ]

DSC_0513La Deutzia de Lemoine (appelée Lemoine Deutzia en anglais ou ウツギ属 [Utsugi zoku] en japonais) est une espèce de plante qui appartient à la classe des Equisetopsida, à la sous-classe des Magnoliidae, à l’ordre des Cornales, à la famille des Hydrangeaceae (qui comprend un peu plus d’une douzaine de genres où se répartissent une centaine d’espèces) et au genre des Deutzia (qui lui comprends une soixantaine d’espèces). Ce genre, nommé en l’honneur du botaniste hollandais Johann van der Deutz, est originaire d’Asie (à l’Est de l’Himalaya, principalement en Chine, quoi que l’on retrouve une douzaine d’espèces au Japon). Il en existe une grande variété d’hybrides et de cultivars.

C’est un arbuste qui peut atteindre entre un et quatre mètres de hauteur caractérisé par un feuillage caduque composé de feuilles simples avec des tiges courtes, opposées l’une à l’autre et avec des bords dentelés. La moelle des branches disparaît avec la croissance ce qui fait ce celle-ci deviennent creuses. Aux extrémités des branches latérales on retrouve l’inflorescence formée en panicules ou en corymbes composées de nombreuses fleurs généralement blanches (mais aussi parfois roses ou violettes). Les fleurs sont composées de cinq sépales, cinq pétales et, généralement, dix étamines. Le fruit est une capsule sèche contenant de nombreuses petites graines.  Il est plutôt difficile de différencier les espèces car elles ne se distinguent que par de menu détails. 

La Deutzia est surtout cultivée comme plante ornementale. La Deutzia de Lemoine (Deutzia x lemoinei) est un hybride des espèces Deutzia gracilis (Deutzia grêle) et Deutzia parviflora (Deutzia à petites fleurs). Ici il s’agit du cultivar “Compacta”. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Miyazaki’s memoir

Miyazaki-StartingPoint-cov“In the first two decades of his career, filmmaker Hayao Miyazaki laid the groundwork for his legendary movies. Starting Point is a collection of essays, interviews, and memoirs that go back to the roots of Miyazaki’s childhood, the formulation of his theories of animation, and the founding of Studio Ghibli.

Before directing such acclaimed films as Spirited Away, Miyazaki was just another salaried animator, but with a vision of his own. Follow him as he takes his first steps on the road to success, experience his frustrations with the manga and animation industries that often suffocate creativity, and realize the importance of bringing the childhood dreams of the world to life.

Starting Point: 1979-1996 is not just a chronicle of the life of a man whose own dreams have come true, it is a tribute to the power of the moving image.” 

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

Starting Point: 1979-1996, by Hayao Miyazaki (Translated by Beth Cary and Frederik L. Schodt). San Francisco: Viz Media, April 2014, 462 pages, 6 x 9 in., $ US 16.99 / $C 22.99, ISBN 9781421561042. For teen readership (12+).

Miyazaki-TurningPoint-cov“In the mid-1990s, filmmaker Hayao Miyazaki moved from success to success as his work found an audience outside of Japan. His animated films of the era, including Princess Mononoke, Howl’s Moving Castle, and Ponyo, were internationally lauded, and Miyazaki won an Academy Award® in 2003 for his popular and critical hit Spirited Away.

Follow Miyazaki as his vision matures, as cinema-lovers worldwide embrace his creations, and as critics such as Roger Ebert take up the cause of animation and Miyazaki’s films. In a legendary career, these crucial years represent the turning point.”

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

Turning Point: 1997-2008, by Hayao Miyazaki (Translated by Beth Cary and Frederik L. Schodt). San Francisco: Viz Media, March 2021, 452 pages,  6 x 9 in., $ US 16.99 / $C 22.99, ISBN 9781974724505. For teen readership (12+).

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

If Osamu Tezuka is Japan’s god of manga, Hayao Miyazaki is certainly their god of animation. I noticed that lots has been written about him in the last decade. Just recently I mentioned the book Hommage à Hayao Miyazaki and a special issue of the French magazine Animeland entirely dedicated to the studio he created, Studio Ghibli (for more books suggestions check the list at the end of this article). However, who better to write about Miyazaki but the man himself? Earlier last year, Viz Media has published the second part of Hayao Miyazaki’s memoir (折り返し点―1997~2008 / Orikaeshi-ten: 1997~2008, first published in Japan by Iwanami Shoten in 2008): Turning Point: 1997-2008, so I thought I would talk a little about it. The first part of his Memoir, Starting Point: 1979-1996 [出発点―1979~1996 / Shuppatsuten: 1979~1996] was first published in Japan in 1996 by Tokuma Shoten and Viz Media published it in English in 2014.

This is not the kind of books that you read from cover to cover as it is more of a reference book that you slowly read, bit by bit. It is also a little difficult to describe this memoir as it is not a retelling of his life and experience in a chronological manner like memoir usually are. It is a collection of essays, interviews, magazine or newspaper articles, lectures, speeches, notes for video releases, etc., that Miyazaki wrote or gave or that are written by other people. It is very interesting but it is not an easy reading…

Miyazaki-StartingPoint-p218

“Dining in midair” (p. 218)

The first book is divided in eight chapters (besides a foreword by John Lasseter and an Afterword by Isao Takahata): On Creating Animation (with articles like “My Point of Origin” or “Thoughts on Japanese Animation” — see the table of contents for a detailed list of articles), On the Periphery of the Work (with articles like “About Period Dramas” or “My Theories on the Popularity of Manga”), People (“My Teacher and I” or “I Left Raising Our Children to My Wife”), A Story in Color (Miyazaki short manga story “Dining in Midair”), My Favorite Things (“My Scrapbook” or “My Car”), Planning Notes; Directorial Memoranda (“A Proposal to Acquire Film Rights” or “Why Shojo Manga Now?”),  Works (“On Nausicaa” or “Speaking of Conan” or “The Pictures Are Already Moving Inside MY Head”) and Biographical Chronology. I particularly enjoyed the translated short color manga “Dining in Midair” and the excerpts of Miyazaki’s scrapbook.

The second book takes a slightly different approach. It is still a collection of essays and articles but this time organized around a couple of specific works: Princess Mononoke (1997) [with articles like “On Japan Animation Culture” or “Recalling the Days of my Youth” — see the table of contents for a detailed list of articles], Spirited Away (2001) [“Room to Be Free: Speaking about Spirited Away at the Press Conference Held Upon Completion of the Film” or “Comments on Receiving the 75th Academy Award for Best Animated Feature Film”], Howl’s Moving Castle (2004) [“I’ve Always Wanted to Create a Film About Which I Could Say, “I’M Just Glad I Was Born, so I Could Make This”” or “Feeling Responsible for the Future of Children and Not Wanting to Make Halfhearted Films”] and Ponyo (2008) [“On Ponyo” or “Memo on Music for Joe Hisaishi”]. It also included Miyazaki’s Original Drawings for Studio Ghibli New Year’s Cards (1997-2008) as a foreword, a Biographical Chronology and an afterword by Miyazaki.

It is really a fascinating work if you are interested in Japanese animation and a must-read if you are a deep fan of the works of Miyazaki. It offers a huge amount of material that, as I already said, you won’t read in one sitting but it is definitely worth having a look. stars-3-5

For more information you can check the following websites:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 1996 / 2008 Studio Ghibli

Other recommended titles on Miyazaki:

  • (Collectif sous la direction de Victor Lopez). Hayao Miyazaki : nuances d’une oeuvre. Moutons électriques, 2018. 271 pages. ISBN 9782361835156 [ GoodreadsNelligan ]
  • Animeland Hors-Série (Juillet-Septembre 2021): Studio Ghibli. 144 pages. 12,50 € [ NelliganWebpage ]
  • Miyazaki: numéro spécial de Dada(no 197, janv. 2015, ISSN 1261-4858). Arola, 2015. 50 pages. ISBN 9782358800716. [ GoodreadsNelligan ]
  • ALPERT, Steve.Sharing a House with the Never-Ending Man; 15 years at Studio Ghibli. Berkley: Stone Bridge Press , July 2020. 296 pages. ISBN 9781611720570. [Goodreads]
  • BERTON, Gaël. The Works of Hayao Miyazaki: The Master of Japanese Animation. [Goodreads]
  • CAVALLARO, Dani. The anime art of Hayao Miyazaki. Jefferson NC: McFarland, 2006. 204 pg. ISBN 978-0-7864-2369-9. $35. [Goodreads]
  • CHAPTAL, Stéphanie. Hommage à Hayao Miyazaki : un coeur à l’ouvrage. Ynnis, 2020. 155 pages. ISBN 9782376971313. [ GoodreadsNelligan ]
  • COLSON,Raphaël; RÉGNER, Gaël. Hayao Miyazaki : cartographie d’un univers. Moutons électriques, 2013. 357 pages. ISBN 9782361831356 [ GoodreadsNelligan ]
  • LENBURG, Jeff. Hayao Miyazaki : Japan’s premier anime storyteller. Chelsea House, 2011. 120 pages. ISBN 9781604138412. [ GoodreadsNelligan ]
  • NAPIER, Susan. Miyazaki world : a life in art. Yale University Press, 2020. 305 pages. ISBN 9780300248593. [ GoodreadsNelligan ]
  • NAPIER, Susan. Le monde de Miyazaki. Éditions Imho, 2020. 366 pages. ISBN 9782364810242. [ GoodreadsNelligan ]
  • NIEBEL, Jessica; DOCTER, Pete; KOTHENSCHULTE, Daniel.Hayao Miyazaki. DelMonico Books, 2021. 287 pages. ISBN 9781942884811. [ GoodreadsNelligan]
  • McCARTHY, Helen. Hayao Miyazaki: Master of Japanese Animation. Berkeley: Stone Bridge Press, 1999. 240 pg. ISBN 1-880656-41-8. [Goodreads]
[ Traduire ]

Revue de ‘zines [002.022.023]

Revue de ‘zines

Oula!, ma dernière chroniques remonte a de nombreux mois déjà. Il me faut donc faire un peu de rattrapage considérant qu’il y a toujours un flot constant de magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

Animeland #235 (Janvier-Mars 2021)

Animeland-235Une autre volumineux numéro (144 pages) qui, dans le contexte des jeux olympiques de Tokyo, nous offre un dossier sur la thématique du sport: Pop culture et J.O., lieux emblématiques des J.O., anime de sport (Slam Dunk, Jeanne et Serge, Ippo le Challenger, Touch: Le batte de la victoire, Yuri! On Ice), le sport à la Japonaise (Sumo: Hinomaru Sumo, Judo: Yawara!, Kendo: Kenshin le Vagabond, Kyûdô: Tsurune, Karuta: Chihayafuru), Captain Tsubasa, handisports dans l’anime et le manga (NHK Paralympic Programme, The Breakers, Running Girl, Real), Expo Sport x Manga à Lausanne, les sports WTF (Metal Fighter Miku, Gunnm), autres anime de sport (Sport Billy, Les fous du volant, Foot 2 Rue), les sites de J.O. à Tokyo, sportifs fans de mangas, etc.

Dans “Ça ferait un bon anime” on nous introduit à quelques bons mangas comme Blue Lock, Comet Girl, La Gameuse et son chat, Dédale, Insomniaques, The Elf and the Hunter, L’Homme qui au Nobunaga, Le Tigre des neiges, Les Carnets de l’apothicaire, Les Racailles de l’autre monde, Death Note: Short Stories, et Quand sonne la tempête.

Dans “On a vu” on nous présente plusieurs animations notoires: Demon Slayers Le Train de l’infini, Ex-Arm, Détective Conan The Silent Bullet, Kemono Incidents, La Voie du tablier, My Hero Academia S5, Love Death + Robots v. 2, Ride Your Wave, Invincible, To Your Eternity, Les Mitchell contre les machines, D’Artagnan et les trois mousquetaires, Luca, Spirit: l’Indomptable, et Yasuke.

Le numéro se conclut sur une série de chroniques: Entretiens (Bounthavy Suvilay, Kazuki Mukaitoge, Shouta Umehara), Focus (Bilan du marché manga 2), Fermez les Yeux (Tout pour la musique), Hommage (Kintaro Miura, Yasuo Otsuka, Osamu Kobayashi, Shunsuke Kikuchi), Séance Studio (Science Saru), Jeu vidéo (Nier Replicant, Resident Evil VIllage, Scarlet Nexus), l’animation dans la Pub (Wizz pour Head & Shoulders), Figure de Pro (Nathalie Altamann), Pourquoi (tant de différence dans les traductions de titres?), Trouvaille (Shadowz), et Humeur.

L’incontournable magazine francophone de l’anime nous offre encore un numéro très riche en information pour prouver à tous qu’il est toujours pertinent. À lire pour tous les amateurs d’anime… stars-3-5

Capsules

Animeland  HS Studio Ghibli  (Juillet-Septembre 2021)

Animeland-HS-ghibliCe volumineux (144 pages) numéro Hors-Série est entièrement dédié au Studio Ghibli. Un dossier nous présente d’abord les 28 visages et facettes de Ghibli: Ghibli avant Ghibli, fonctionnement atypique, Musée, Parc, Donguri: les magasins officiels, Portraits (Hayao Miyazaki, Isao Takahata, Toshio Suzuki, Goro Miyazaki, Joe Hisaishi, Hiromasa Yonebayashi), Hommage (Michiyo Yasuda, Yazuo Ôtsuka, Yushifumi Kondo), et les autres talents de Ghibli.

Dans le segment Focus on aborde les tapisserie d’Aubusson, l’analyse des spécificités, l’importance de la musique, les femmes chez Ghibli et Ghibli au Musée Art Ludique. On retrouve également une série d’entretiens avec Toshio Suzuki, Goro Miyazaki, Philippe Vallotti et Steve Alpert. Finalement, avec Ghibli par l’écran, on présente en une ou deux pages chacune des productions du Studio Ghibli (en vingt-six topos). Le numéro se conclut avec une bonne bibliographie sur le sujet…

Si vous voulez tout savoir sur le Studio Ghibli ce numéro vous sera indispensable ! C’est la ressource ultime. stars-4-0

Capsules

dBD #156 (Juillet-Août 2021)

dBD-156Dans le cahier actualités, je remarque Moebius métamorphe aux Humanos qui compile de nombreux textes et recherches de Daniel Pizzoli, Florent Chastel et Claude Ecken qui avaient été précédemment inclus dans des anthologies. On retrouve également L’art de Mézières par Mézières et Quillien chez Dargaud. Finalement, on nous présente en deux pages les nouveautés mangas, dont je ne retiendrais que Le chat qui rendait l’homme heureux (Umi Sakurai chez Soleil).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Sylvain Vallée au sujet de Tananarive (avec Mark Eacersall chez Glénat). Les entrevues se poursuivent avec Dominique Bertail (sur Cahiers Madeleine), Jean Dufaux et Jacques Terpant (sur Un roi sans divertissement chez Futuropolis),  Marc Lévy (sur L’Agence des invisibles 1 chez Philéas), Gaétan Nocq (sur Les Grands Cerfs chez Daniel Maghen) et Jean-Michel Dalot et Johan Pilet (sur Ninn t.5: Magic City chez Éditions Kennes).

Dans le Cahier Critique je note Bob Morane t.1: Les  100 Démons de l’Ombre Jaune par Corbeyran, Christophe Bec et Paolo Grella chez Delcourt (Bien), I’m standing on a million lives t.1 par Naoki Yamakawa & Nao chez Pika (Bien), Elle et son chat par Makoto Shinkai & Tsubasa Yamaguchi chez Pika Seinen (Super!), L’Attaque des Titans t.34 [final] par Hajime Isayama chez Pika (Super!), Tetsu & Doberman t.3 par Tsutomu Ohno chez Doki-Doki (Super!), Lonely Worlds t.2 par Iwatobineko chez Ki-oon (Super!), et Undead Unluck t.1 par Yoshifumi Tozuka chez Kana (Super!).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #157 (Octobre 2021)

dBD-157Dans le cahier actualités, je remarque le retour du magazine mythique Métal Hurlant grâce à une campagne de crowdfunding. Le premier numéro est consacré au thème du futur: cinquante intervenants traiterons du sujet à leur façon. Un numéro sur deux sera consacré à la réédition de BD publiées dans les anciens numéros. Cette réincarnation du magazine est trimestrielle et comporte 288 pages couleurs. Wow! On nous présente également une pleine page de nouveautés mangas: One Piece t.99 (Eiichiro Oda, chez Glénat), Coffrets Attaque des Titans (Hajime Isayama, chez Pika), Yakuza Réincarnation t.1 (Hiroki Miyashita, chez Kazé), Yokai Manga (Wilson & Takita d’après Hearn, chez Graf Zeppelin), The Vampire and the Rose (Noriko Asaka, chez Soleil) et My Capricorn Friend (Otsuishi & Masaru Miyokawa, chez Moonlight).

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Xavier Dorison, Denis Bajram, Alexis Sentenac, Brice Cossu et Yoann Guillo sur leur interprétation de Goldorak (chez Kana). Les entrevues se poursuivent avec Nicolas de Crécy (sur Villa Transit t. 3 chez Gallimard), Florent Ruppert  et Jérôme Mulot (sur La Part merveilleuse t.1: Les Mains d’Orsay chez Dargaud), Léo Heitz (sur Satchmo chez Jungle-Ramdam), Catel Muller et José-Louis Bocquet (sur Alice Guy chez Casterman), Alex Baladi (sur Revanche chez The Hoochie Coochie), Noah Van Sciver (sur Fante Bukowski, l’oeuvre complète chez L’Employé du Moi) et Konami Kanata (sur Les chaventures de Taï et Mamie Sue t.3 chez nobi nobi!). On retrouve également un hommage à Raoul Cauvin (père des Tuniques Bleues, de Sammy et de Pierre Tombal) décédé en août 2021.

Dans le Cahier Critique je note Mars Red t. 1 de Kemuri Karakara chez Panini (Bien; “adapté d’une pièce de théâtre de Bun-O Fujisawa (…) revisite le thème du vampire dans le contexte de l’ère Taishô”), Un Assassin à New York de Jinpachi Môri et Jiro Taniguchi chez Pika Graphic (Top!; “un très beau livre qui rappelle (…) que Taniguchi (…) avait de multiple cordes à son arc”), ainsi que  Elle et son chat de Makoto Shinkai et Tsubasa Yamaguchi chez Pike Seinen (Super!; “un récit intimiste, touchant et délicat, à l’humeur souvent morose et cafardeuse (…), une jolie histoire donc aussi, au dessin fin et expressif”).

Comme toujours dBD constitue une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

Capsules

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Monnaies anciennes 74

Les Théodosiens (1)

Theodosius I (379-395 EC)

Flavius Theodosius (couramment appelé Théodose I en français) est né le 11 janvier 347 en Hispanie (soit à Cauca ou Italica) et est le fils du fameux général Theodosius Major qui s’est illustré mainte fois sous le règne de Valentinianus. Il passe sa jeunesse sur le domaine familiale en Hispanie. Il entreprend ensuite une carrière militaire en 368 auprès de son père. Ainsi, il participe aux campagnes militaires de Bretagne (368-69), sur le Rhin contre les Alamans (370) et sur le Danube contre les Sarmates (372-73). En 374, il reçoit le commandement militaire (Dux) de la province de Mésie (Mœsia prima) et, pendant que son père met fin à la rébellion de Firmus en Afrique, il repousse une invasion de Sarmates en Pannonie. Toutefois, à la mort de Valentinianus en novembre 375, son père est victime des purges organisées par ses successeurs et il est exécuté à Carthage. Tombé en disgrâce, Theodosius se retire sur son domaine d’Hispanie. Gratianus, regrettant peut-être l’exécution de son père, le rappel peu de temps après et dès 377 il retrouve son commandement militaire sur la frontière Danubienne. Et lorsque Valens meurt au cours de la désastreuse bataille d’Andrinople en août 378, c’est Theodosius qui est choisi, faute de meilleurs candidats, pour le remplacer à la tête de l’Empire d’Orient.

Sa première préoccupation est de repousser l’invasion des Goths et de stabiliser les frontières. Avec l’aide de Gratianus il met un frein à l’avance des Goths à l’automne 380. Puis, en janvier 381, le chef Athanaric viens présenter sa capitulation à Constantinople et un accord de paix est signé en octobre 383. En échange de l’obligation de défendre la frontière contre d’autres vagues d’envahisseurs, les Goths obtiennent le droit de s’établir au sud du Danube en Pannonie, en Mésie et en Thrace. Beaucoup d’historiens considèrent que ce fut une erreur d’installer sur la frontière des barbares fédérés et de leur laisser ainsi l’autonomie car en gardant leur culture et ne s’assimilant pas au monde romain, ils ont constitué l’un des facteurs qui ultimement contribua à la chute de l’Empire Romain d’Occident. 

Theodosius tourne ensuite son attention sur la frontière Orientale où il tente d’appliquer une tactique similaire. Comme la situation politique en Occident devenait préoccupante et que les ressources militaire lui manquent, il est probablement pressé de faire la paix avec les Perses Sassanides. Il envoie donc une ambassade auprès de la cour de Chapour III en 384 (un accord sera éventuellement signé en 387 sur la partition de l’Arménie qui s’avèrera plus favorable aux Sassanides). Il est donc maintenant libre de se rendre à Mediolanum pour venir en aide à Valentinianus II. Au début de 383, Magnus Maximus s’était déclaré empereur en Bretagne, avait vaincu et tué Gratianus à Lugdunum en août et maintenant menaçait Valentinianus II. À l’été 384, Theodosius se rend en Italie pour négocier un accord de paix entre l’usurpateur et le jeune empereur d’Occident (qui n’a que douze ans et est sous la tutelle de sa mère Justina) où ce dernier conserve le contrôle de l’Italie. Malheureusement, en 387, Maximus brise la paix, envahit l’Italie et prend Rome, forçant Valentinianus II et sa mère à se réfugier à Thessalonique. Theodosius quitte à nouveau Constantinople avec ses armées pour reprendre l’Italie, vaincre Maximus à la bataille de la Save (près de Siscia), le poursuivre jusqu’à Aquileia où il est finalement capturé et exécuté à la fin d’août 388. Après avoir rétablit Valentinianus II au pouvoir, il retourne à Constantinople en 391. Toutefois, le jeune empereur d’Occident ne fera pas long feu puisqu’après une dispute avec son général Arbogast, il est retrouvé mort le 15 mai 392.

En août, les troupes acclament comme empereur d’Occident un grammairien nommé Eugenius. Theodosius désapprouve de ce choix et en profite pour nommer son fils Honorius à la place. Il lance une fois de plus ses armées vers l’Occident pour déloger l’usurpateur qu’il vainc à la bataille du Frigidus le 6 septembre 394. Il contrôle maintenant les deux partie de l’Empire et peut ainsi instaurer sa propre dynastie. Il n’en profitera malheureusement pas longtemps car, souffrant d’un œdème sévère, il meurt à Mediolanum le 17 janvier 395. Après des funérailles en février, son corps est rapatrié à Constantinople en novembre où il est divinisé et enterré dans un sarcophage de porphyre à l’église des Saints-Apôtres.

Son règne aura duré près de seize ans. Et même si il a été un bon administrateur, un patron des arts et qu’il a fait construire de nombreux monuments, il n’en reste pas moins que les incessantes campagnes militaires ont appauvri l’Empire. On blâme sa politique de consolidation des frontières et sa politique dynastique pour avoir contribué à affaiblir l’Empire et à le mener vers un déclin inévitable. On le blâme également pour le massacre de Thessalonique en avril 390 où, suite à l’arrestation d’un aurige populaire qui causa une émeute et la mort d’un officier romain, l’armée massacra une partie de la population de la ville. Toutefois, ce que l’Histoire retient de lui c’est surtout sa politique religieuse. Fervent nicéen, il promulge en 380, en accord avec Gratianus, l’Édit de Thessalonique qui déclare l’orthodoxie nicéenne (qui professe la Consubstantialité de la Sainte Trinité) comme seule religion officielle de l’Empire. En conséquence, l’arianisme n’est plus considéré “catholique”, et le paganisme est fortement persécuté — les cultes païens sont même interdits et leurs temples détruits! À Alexandrie en 415, une des conséquences de l’Édit fut une émeute où la néoplatonicienne Hypatie fut assassinée par la foule et la bibliothèque d’Alexandrie incendiée (enfin, c’est l’une des théories sur la destruction de la bibliothèque, brillamment illustrée dans le superbe film Agora, réalisé par Alejandro Amenábar en 2009).

IMG_8297-8298Je n’ai qu’une seule pièce de monnaie de Theodosius et c’est une belle petite dénomination [nummus minimus] (VG [Very Good], AE4, AE [Bronze], 12 x 13 mm, 1.533 g, payé $15, caractérisé par une patine brun pâle, presque jaune, avec quelques dépôt de vert-de-gris sur le revers; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur drapé et cuirassé à droite, portant un diadème perlé, avec l’inscription latine D[ominvs] N[oster] THEOD_OSIVS P[ivs] F[elix] AVG[vstvs] (“Notre Seigneur Theodosius, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire avançant à gauche, tenant un trophée (Tropaeum) sur l’épaule droite et traînant un captif de la main gauche, avec l’inscription latine SALVS REI-PVBLICAE (“Le Salut de la République”), et une marque d’atelier difficilement lisible en exergue ainsi qu’un ☧ (Chi-Rho, ou Chrisme, qui forme les initiales grecques X P pour Χριστός / Christ; il pourrait également s’agir d’un staurogramme formé des lettres TauRhô, pour évoquer la Croix) dans le champs gauche (marque de séquence?).

Pour ce qui est de la marque d’atelier, d’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. xli, 308-10, 321, 326), ce type précis de revers (Salvs ReiPvblicae, avec Victoire traînant un captif, et le Tau-Rhô dans le champs gauche) a malheureusement été frappé dans pas moins de huit ateliers différents. La marque pourrait donc être soit ALE[A/B/𝚪/𝚫] pour Alexandrie (RIC IX: 20b/23a [pp. 303-04]), soit ANT[B/𝚫] pour Antioche (RIC IX: 67b/70a [pp. 293, 295], soit AQ[P/S/B] pour Aquilée (RIC IX: 58b [p. 106], soit CONS[A/B] pour Constantinople (RIC IX: 86b/90a [pp. 234, 236], soit SMK[A/B/𝚪/𝚫] pour Cyzique (RIC IX: 26b/30b [pp. 246-47]), soit SMNA pour Nicomédie (RIC IX: 45b/48a [pp. 362-63]), soit R[P/T/Q/Є] ou R•[P/T/Q] pour Rome (RIC IX: 64b [p. 133], ou encore TES[A/B/𝚫] pour Thessalonique (RIC IX: 65b [p. 188]). Ma lecture initiale avait été AQP (pour la première officine de l’atelier d’Aquilée) mais maintenant je pencherais plus pour SMNA (première officine de l’atelier de Nicomédie). Dans l’ensemble, cette pièce aurait donc été frappé durant la période entre le 28 août 388 EC et le 17 janvier 395 EC.

Sources: Wikipedia (Theodosius [FR/EN]), FAC (Theodosius, Chi Rho, Christogram, Tropaeum, Victory), ERIC (Theodosius); RIC v. IX (voir les références dans le texte); Sear RCV (1983): 4088; Online Ref.: Google, acsearch, CoinArchives, numismatics, numista, r5coins, WildWinds (Antioch: text, image; Constantinople: text, image). Voir aussi ma fiche.

L’existence de petite dénomination comme ce nummus minimus démontre bien l’état grave de l’économie qui mène à une nouvelle dévaluation monétaire. C’est également le retour de l’insécurité qui, malgré une stabilisation temporaire des frontières, menace la paix sociale. La propagande impériale promet donc au peuple “le salut de l’État” avec une image de la Victoire traînant un prisonnier qui représente à la fois le barbare terrassé et l’usurpateur vaincu pour mettre fin à la guerre civile. Elle en profite même pour rappeler aux citoyens que le Christianisme est maintenant la seule religion d’État (gare aux méchants païens!). Cette pièce incarne donc parfaitement tant les politiques économiques, militaires que religieuses de Theodosius.

La semaine prochaine nous abordons le fils de Theodosius, Arcadius, et concluons le règne de la dynastie Théodosienne.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.019]

Bistorta officinalis 

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/03 ]

La Renouée bistorte (appelé snakeweed en anglais ou イブキトラノオ属 [Ibukitoranōzoku] en japonais) est une espèce de plantes herbacée vivace qui appartient à la classe des Equisetopsida, à la sous-classe des Magnoliidae, à l’ordre des Caryophyllales, à la famille des Polygonaceae (qui comprend une cinquantaine de genres répartis en mille deux-cent espèces) et au genre Bistorta (qui lui comprend une quarantaine d’espèces). Le nom de la famille vient du grec Polygonum (πολοί / polus [beaucoup] + γόνυ / gonu [genou] en référence à ses tiges très noueuses) et le nom du genre vient du latin Bistorta (bis-torda, doublement tordu, en référence à la forme de sa racine). Le nom latin de l’espèce, officinalis, signifit “officinale“ c’est-à-dire qui est utilisé en pharmacie. Le nom français est donc un pléonasme (ou une tautologie) puisque “Re-nouée” [doublement noué] et “bis-torde[doublement tordu] veulent dire essentiellement la même chose.

C’est une plante rhizomateuse dont la racine a la forme d’un “S” et qui peut atteindre jusqu’à un mètre de hauteur. Elle pousse en une touffe dense composée d’un feuillage basal dont les feuilles glabres, alternes, d’une forme ovale oblongue se terminant en pointe, sont veinées avec des nervures médianes blanches. Son inflorescence est un unique épis dense et cylindrique, de cinq à sept centimètre de long, qui pousse au sommet d’une longue tige dressée et non ramifiée. Il est composé de fleurs étroites, en forme de cloche, un demi-centimètre de long, d’une couleur rose pâle ou blanche, qui apparaissent à la fin du printemps jusqu’au milieu de l’été. Chaque fleur a cinq segments de périanthe, huit étamines et trois carpelles fusionnés. Le fruit est une noix noire brillante. 

C’est une plante ornementale mais aussi mellifère qui attire autant les pollinisateurs que les papillons. Elle est comestible: ses jeunes feuilles peuvent être consommées fraîche en salade ou cuite (comme les épinards), mais sa racine doit être bouillie pour éliminer l’astringence. Sa racine a également des propriétés médicinales longuement attestées (elle est mentionnée dans le Capitulare de Villis) pour soigner blessures, gingivites, aphtes et autres utilisations anti-hémorragiques, anti-inflammatoires ou astringentes. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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Slaughter House-Five

Slaughterhouse-Five-covThe first-ever graphic novel adaptation of Kurt Vonnegut’s Slaughterhouse-Five, an American classic, is one of the world’s great anti-war books.  An American classic and one of the world’s seminal antiwar books, Kurt Vonnegut’s Slaughterhouse-Five is faithfully presented in graphic novel form for the first time from Eisner Award-winning writer Ryan North (How to Invent Everything: A Survival Guide for the Stranded Time Traveler) and Eisner Award-nominated artist Albert Monteys (Universe!). 

Listen: Billy Pilgrim has…
…read Kilgore Trout
…opened a successful optometry business
…built a loving family
…witnessed the firebombing of Dresden
…traveled to the planet Tralfamadore
…met Kurt Vonnegut
…come unstuck in time.

Billy Pilgrim’s journey is at once a farcical look at the horror and tragedy of war where children are placed on the frontlines and die (so it goes), and a moving examination of what it means to be fallibly human.” [Text from the publisher’s website and the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

I read this novel in high-school (a very long time ago) and I thought it was great. Indeed it is a classic of American science-fiction literature. When I saw that it had been made into a graphic novel adaptation, I thought it would be a great occasion to reacquaint myself with this story (a movie adaptation was also made a long time ago but it wasn’t very good). However I was a little worried because it is not an easy story to illustrate. After I finished reading the comics I was relieved: it was very well done (as far as I can remember the original book, of course).

Slaughterhouse-Five-p009

Page 9

It is the story of Billy Pilgrim who has a strange power (well, it would be a super-power if he had any control over it, so it’s more of a curse): he has come unstuck in time. He doesn’t lives his existence in chronological order and his mind can switch at anytime to a different part of his life, from (not necessarily in that order) his birth in 1922, to 1943 when he refuse to fight in the war and becomes a chaplain’s assistant, to 1944 when he is a prisoner of war after the battle of the Bulge and find himself a slave-laborer in the Slaughterhouse-Five in Dresden until it is “liberated” by the Russians after much horrors, to 1948 when his PTSD lands him in a mental hospital, to 1955 when he is a successful optometrist, to 1964 when he meets science-fiction writer Kilgore Trout, to 1967 when he is kidnapped by the Trafamadorians (an alien species who experience time all at once) and put in a zoo, to 1968 when he survives a plane crash and to 1976 when he dies — So it goes. 

It is an extraordinarily compelling story, very complex and above all — although war is a very serious business — very funny. It is an antiwar manifest sugarcoated with humour. It is also a very clever time-travel story where science-fiction, as usual, becomes a mirror that reflects the joys and the cruelties of the human condition. And the art is very good too. I enjoyed this graphic novel adaptation very much and I can only recommend it for the reader either to discover the work of Kurt Vonnegut or to experienced it anew. 

Slaughter House-Five or the children’s crusade, by Ryan North and Kurt Vonnegut; illustrated by Albert Monteys. Los Angeles: Archaia (Boom Entertainment), September 2020. 192 pages, 7 x 9.75 in., $US 24.99 / $C 32.99, ISBN 978-1-68415-625-2. For a teen readership (13+). stars-3-5

For more information you can check the following websites:

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© 2020 Kurt Vonnegut LLC. All rights reserved.

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Peuple invisible

PeupleInvisible-cov“Les histoires réunies dans ce volume complètent La promesse, achevant de rendre disponible l’intégralité des récits composés par Shohei Kusunoki.

Elles ont pour la plupart été publiées dans Garo, la légendaire revue d’avant-garde fondée en 1964 qui a révélé des auteurs aussi incontournables que Yoshiharu Tsuge ou Yoshihiro Tatsumi, accompagnant pendant les décennies 1960 et 1970 une jeunesse réfractaire au conservatisme de la classe dirigeante.

Shohei Kusunoki a imaginé ces histoires entre 1968 et 1974 dans un Japon qui cherchait à se réinventer par une course à la modernité peu soucieuse du sort des classes populaires. Comme son ami Susumu Katsumata (Neige rouge, Cornélius), il fut marqué par l’apparition de Yoshiharu Tsuge, qu’il fréquenta à cette époque et dont l’influence se retrouve dans plusieurs des récits regroupés ici.

Délaissant le registre contemporain sans renoncer à parler de son époque, Shohei Kusunoki s’attache à décrire avec justesse la vie du peuple, tout en lui insufflant une dimension épique. Au travers de genres aussi codés que le conte traditionnel ou le récit de samouraï, il décortique l’ambiguïté des rapports humains. Mettant à nu les sentiments qui unissent les êtres, les raisons pour lesquelles ils s’attirent et les malentendus qui les séparent, Shohei Kusunoki parvient, à travers un style limpide, à exprimer ce qui ne l’est pas. Un auteur immense qu’il est urgent de redécouvrir et de célébrer.

[Texte du site de l’éditeur et du rabat intérieur de couverture]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 37

Il n’y a pas grand chose que l’on peut rajouter à la présentation de l’éditeur… Shohei Kusunoki (楠勝平, 1944-1974) n’est pas un mangaka très connu. Son vrai nom était Sakai Katsuhiro (酒井 勝宏) et il a appris le métier en étant assistant pour Michitarou Watanabe et Sanpei Shirato. De la même génération que les Shigeru Mizuki, Yoshihiro Tatsumi, ou Yoshiharu Tsuge, il a surtout publié du manga d’avant-garde pour le marché du manga de location (kashihon) et dans le magazine Garo. En 2001, l’éditeur Seirin Kogeisha a publié en édition limité une anthologie de près de six-cent pages compilant la majorité de son travail (彩雪に舞う… / Saisetsu ni mau… / Danse à Ayayuki…) et c’est de ce recueil que proviennent les histoires de Peuple Invisible. Il a été peu publié, même au Japon, et — mis à part une anthologie par Ryoko Yamagishi publié en septembre 2021 chez Chikuma Bunko — toutes ses anthologies sont maintenant épuisées. Nous sommes donc très chanceux qu’un éditeur français comme Cornélius fasse un travail de mémoire en préservant et en diffusant son oeuvre.

Peuple Invisible nous présente sept histoires courtes (“Les cloches du soir” [1970, 31 pages], “Glycines en fleurs” [1970, 28 pages], “Laridelle laridon” [1970, 14 pages], “Yasubei” [1971, 16 pages], Les bombyx [1971, sur un scénario de Minoru Iwasaki, 32 pages], “Le fleuve de l’au-delà” [1971, 30 pages] et “Bain de minuit” [1972, 26 pages]) et une histoire plus longue qui a été publié en huit parties (“En loques” [1971-1972, 140 pages]). À travers ces récits, qui tiennent plus du gekiga (romans graphiques) que du manga seinen, Kusunoki dépeint les joies et les peines des gens ordinaires qui, avant l’ère Meiji, étaient plus susceptible de connaitre la misère et d’être à peine remarqué par les samurai et les seigneurs — c’était le “peuple invisible”.

Peuple Invisible nous offre des histoire dramatique qui sont superbement illustrée — mais évidemment dans le style qui est propre au manga des années ’60 et ’70. Ce sont des récits sérieux et plutôt inégaux, dont la narration est parfois difficile à suivre. Aussi, le style graphique vieillot ne plaira sans doute pas à tous. Toutefois Cornélius a fait un excellent travail en préservant le sens de lecture japonais et en laissant les onomatopées originales (mettant simplement la traduction sous la case). C’est donc tout de même une lecture intéressante mais surtout pour les collectionneurs ou ceux qui s’intéresse à l’histoire du manga. 

Peuple invisible, par Shohei Kusunoki. Bordeaux: Cornélius (Coll. Pierre), juin 2020. 336 pages, 17 x 24 cm, 26,50 € / $C 52.95, ISBN 978 2 36081 159 5. Pour lectorat adolescent (12+). (Voir la couverture arrière). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2001 Seirin Kogeisha / Yasuko Tani. All rights reserved.

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Pension de Famille

PensionDeFamille-cov“En 1947, Margaret Durrell doit faire face à un divorce, avec deux enfants à élever, et à la menace d’un désastre financier. Sur les conseils de sa tante Patience, une redoutable vieille fille, et malgré les sarcasmes de ses frères Lawrence et Gerald, elle ouvre alors une pension de famille prétendument BCBG à Bornemouth, ville respectable du bord de mer britannique. Un peintre et son modèle, une schizophrène, des infirmières, deux musiciens de jazz… Sous le regard narquois des voisins, la pension de Margo tourne à la ménagerie humaine. S’ajoutent à ce joyeux désordre les visites de Gerald, qui ramène une troupe de singes et un énorme python. Margo ne se laisse pas démonter pour si peu et s’embarque même dans une histoire d’amour clandestine avec un joueur de trombone.

À travers ces excentriques personnages de l’Angleterre d’après-guerre se découvre le talent de Margaret Durrell, qui complète ainsi le trio familial d’écrivains.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Comme je l’ai déjà mentionné, j’ai découvert les Durrell avec la série de télévision Les Durrells à Corfou (The Durrells). Celle-ci raconte les aventures un peu loufoques des Durrells, une famille anglo-indienne qui, trouvant le climat anglais difficile, décide de s’installer sur l’île grecque de Corfou dans les années ’30. Intrigué par cette famille colorée qui aimait se raconter par l’écriture j’ai d’abord lu Justine (la première partie du Quatuor d’Alexandrie, publiée en 1957) par Lawrence Durrell (voir mon commentaire). Puis j’ai lu Ma famille et autres animaux (My Family and Other Animals, 1956) par Gerald Durrell (voir mon commentaire). Même la cadette de la famille, Margaret Durrell, a suivi la trace de ses deux frères et a écrit Pension de Famille (Whatever Happened to Margo?, 1996). Elle y raconte ses mésaventures alors qu’elle décide d’ouvrir une pension de famille à Bornemouth dans les années ’40, après être revenu de Corfou, et que son choix de pensionnaires s’avère souvent plutôt désastreux (sans compter la ménagerie que Gerald laisse sous sa responsabilité). Entre les pensionnaires aux comportements douteux, les espiègleries de leurs enfants, les aventures amoureuses et les visites occasionnelles de sa mère Louisa, de ses frères Lawrence, Leslie et Gerard, ou même de sa tante, Margo mène une vie très occupée! 

Apparement l’ouvrage aurait été écrit dans les années ’60 et oublié dans le grenier, jusqu’à ce que sa petite-fille le retrouve et le fasse publié en 1995. Comme le dit Gerald dans la préface, “Margo a montré qu’elle appréciait le côté comique de la vie et qu’elle avait le don d’observer les points faibles des gens et des lieux. Comme nous, elle a parfois tendance è exagérer et à laisser son imagination prendre son essor, mais je ne crois pas que ce soit si mal quand il s’agit de raconter ses aventures de façon divertissante.” En effet, l’écriture me rappel beaucoup celle de Gerald dans sa trilogie de Corfou. C’est écrit avec beaucoup d’humour et cela se lit très vite et bien. C’est donc une excellente lecture, amusante et agréable, qui vous offrira certainement du bon temps, surtout si vous avez apprécié la série télé.

Si vous n’avez pas encore découvert les aventures des Durrell à Corfou, j’en profite pour vous signaler que la série télé de ITV / PBS Masterpiece est disponible en diffusion continue (streaming) sur Amazon Prime Video,  Apple TV, et Google Play. Elle sera également diffusée en français sur les ondes de Ici Artv à partir du 23 mars 2022. J’ai également découvert qu’il existait une autre adaptation des romans de Gerald Durrell, cette fois un film de 87 minutes réalisé en 2005 intitulé My Family and Other Animals et disponible en diffusion continue sur BritBox (via Prime Video ou Apple TV).

Pension de famille, par Margaret Durrell (Traduction: Jean Rosenthal). Paris: Nil Éditions, 1997. 254 pages, 14 x 22.5 cm, 19.00 € / $C 34.95, ISBN 2-84111-069-9. Pour lectorat adolescent (12+). Cette édition n’est plus disponible mais l’ouvrage a été réédité chez Robert Laffont en octobre 2018. stars-4-0

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© 1995 by Margaret Durrell. © 1997 Nil Éditions pour la traduction française.

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Le chat du rabbin #10: Rentrez chez vous!

ChatDuRabbin-10-cov“Zlabya et son père, le rabbin, mais aussi le rabbin du rabbin, aidés et interrompus par le Chat, bien sûr, racontent. Ils disent, à travers leurs voyages au Proche Orient de 1870 à 1973, leur quête d’une Terre Promise, d’un endroit où ne pas être en danger. Ils racontent un destin français, celui d’une famille ballotée par l’histoire, le racisme, la volonté de trouver sa place, d’Alger à Nice, en passant par Jérusalem ou la Galilée.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 9

Sur le bord de la mer, au début de l’année, le rabbin, sa famille et ses ouailles, font la cérémonie du Tashlih, où ils secouent les pans de leur vêtement comme pour en chasser le mal. Le chat commente que ”Croire en Dieu, c’est accepter de faire des trucs ridicules en son nom.” Le rabbin acquiesce que c’est absurde et ridicule… mais il est interrompu par des hommes sur la plage qui leur crient “Sales juifs. Retournez chez vous!” S’ensuit une échauffourée dans la mer… Suite à cet événement, le mari de Zlabya veut déménager en Israel. Alors le rabbin du rabbin raconte que quand il était petit il est allé à Jérusalem et ce ne fut pas une bonne expérience. Même Zlabya raconte que quand elle a fait une fugue elle s’est retrouvé dans un kibboutz en Galilée mais elle en est revenue. Le rabbin aussi a essayé d’aller en Israel pour accomplir le souhait d’une ouaille qui voulait y être enterré mais les anglais limitaient l’immigration (même des morts) alors il l’a enterré en Égypte! Mais le mari de Zlabya veut toujours y aller. Et il ira… quand ils seront vieux, en 1973. Zlabya est vieille et grosse (et le chat toujours vivant!!). Mais les gens le prennent pour un arabe et Zlabya ne peut pas supporter la climatisation. Alors ils trouveront le terre promise à… Nice! En fait, l’histoire des Juifs c’est l’histoire du monde… et de la famille de Joann Sfar.

Le style de Sfar m’agace toujours avec ses planches à six cases, son dessin brouillon et ondulant, ou ses couleurs criardes, mais c’est Sfar et on finit toujours tout même par trouver ça beau. C’est un long album avec un récit fort et riche qui diverti, amuse même, et fait réfléchir sur le racisme. Une très bonne lecture que je recommande — surtout pour les amateurs d’histoire, de chats et de métaphysique! Et comme toujours, dans le bas de la dernière page, Sfar nous annonce que le prochain album s’intitulera “Alleluia dans l’autobus!” En fait le tome 11, paru en novembre 2021, s’intitule La Bible pour les chats

Le chat du rabbin. 10, Rentrez chez vous!, par Joann Sfar. Paris: Dargaud (Coll. Poisson Pilote), octobre 2020. 96 pages, 22.5 x 29.5 cm, 16,00€ / $C 27.95, ISBN 978-2205-08003-2. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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© Dargaud 2020.

Voir aussi mes commentaires sur les autres volumes du Chat du Rabbin.

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2 Expressos

2Expressos-cov“Benjamin, dessinateur de BD en mal d’inspiration, part à la recherche d’une japonaise avec qui il a passé une nuit magique il y a 17 ans. Arrivé au Japon, il se pose dans un café pour faire le point. Il va y goûter le plus mauvais expresso de sa vie, et cependant devenir ami avec le patron, Michihiko, qui tout comme Benjamin, a de gros problèmes conjugaux. Les deux hommes décident alors de s’entraider pour retrouver leurs femmes, ce qui, curieusement, commence par apprendre à préparer un bon café… Avec un sens aigu de l’observation, Kan Takahama explore toutes les facettes d’un subtil chassé-croisé amoureux entre des personnages à la recherche d’eux-mêmes, ballottés entre flux et reflux du désir.”

[Texte du rabat intérieur de couverture; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Page 6

Deux Espressos (トゥー・エスプレッソ / Tū esupuresso / Two Espressos) est un manga Josei par Kan Takahama publié au Japon chez Ohta Shuppan en avril 2010 et simultanément en version française chez Casterman. Il nous raconte l’histoire de Benjamin, un dessinateur français, qui débarque à la gare de Gono-san, au Japon, mais comme le train ne s’arrête plus à sa destination, il doit marcher dans la nuit et perds son sac avec son passeport et son cellulaire. Il est à la cherche d’une femme qu’il a rencontré à Paris dix-sept ans plus tôt et ses seules indices pour la retrouver est une lettre qui mentionne la gare de Gono-ni et un “endroit très lumineux où elle vends des choses utiles pour faire ses adieux”. C’est toutefois un coin un peu perdu où il n’y a plus qu’un petit café. Il devient ami avec le propriétaire et décide de l’aider à tenir la place. En échange, Michihiko va l’aider dans ses recherches tout en essayant de réparer les choses avec sa femme, Miho, qui l’a laissé… Un soir, près du café, Benjamin aperçoit les serres illuminées d’une ferme qui produit des fleurs pour funérailles… En fin de compte, mais après quelques imbroglio, tout finira par s’arranger…

Avec cette histoire d’amour intrigante et sensuelle, Kan Takahama démontre encore une fois son habilité à nous raconter les subtilités des relations humaines. C’est également très bien dessiné, dans le style de crayonné réaliste qui la caractérise. Deux Espressos nous offre un très bon manga qui est à la fois charmant et agréable à lire… Fortement recommandé. 

2 expressos, par Kan Takahama. Bruxelles: Casterman (Coll. Écritures), avril 2010. 164 pages, 17 x 24 cm, 14.95 € / $C 27.95, ISBN 978-2-203-39612-8. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

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© Casterman, 2010.

Voir aussi mes commentaires sur les autres manga de Kan Takahama.

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L’eau amère

EauAmere-cov“Saé s’interdit toute liaison durable avec un homme de peur d’être trahie. L’eau amère est celle, calme, de la crique où son amant de la ville est venu braconner les ormeaux. Pour le chasser, elle finira par le dénoncer aux gardes-pêche. C’est aussi celle, chaude, de l’anonyme station thermale où les époux Kanbara se disent adieu, en soufflant sur les cendres de leur passion disparue. C’est l’eau glacée, de l’étang où gît la jeune Etsuko, assommée de fatigue et d’alcool au terme d’une nuit de fugue. Ce sont les larmes de la jeune K., convalescente, à qui chaque jour son amant rend visite, avant de retourner le soir, sagement, auprès de son épouse…

En huit récit teintés d’amertume et d’humour, spécialement choisis par l’auteur pour cette édition française, Kan Takahama explore les contradictions, entre aveux et non-dits, d’amants et de parents qui se cherchent, se trouvent parfois, se fuient souvent.“ [Texte du rabat de couverture; voir aussi la couverture arrière]

“L’équilibre entre amour et sexe tient а un fil. Les histoires courtes que nous donne а voir Kan Takahama dans ce recueil nous font partager un bout de la vie sentimentale de personnages, tous а un stade crucial de leur vie. Un vieil homme proche de la mort est hanté par le souvenir d’un amour passé, souvenir qui amène son entourage а s’interroger sur la force du sentiment amoureux. Un couple sur le point de se séparer s’accorde une pause loin de tout, l’occasion pour eux de faire le point sur ce qui les mènes а prendre cette décision. Une jeune femme, а qui l’amant marié fait miroiter un bonheur possible, finit par prendre son destin en main. Un quinquagénaire prend soin d’une jeune fille handicapée, devenue au fil du temps sa seule raison de vivre. Après Kinderbook, Kan Takahama continue d’explorer et de mettre en image le quotidien de la société moderne.” [Bédéthèque]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

L’eau amère (凪渡り — 及びその他の短篇 / Nagi Watari – Oyobi sono hokano tanpen / lit. “La traversée calme – et autres nouvelles) est un manga par Kan Takahama, à la limite entre le seinen et le jôsei, qui a originalement été publié par Kawade Shobo Shinsha en mars 2006. C’est un recueil d’histoires courtes qui semble reprendre en partie des récits déjà publié deux ans plus tôt chez Yugaku Shorin (泡日 [Awabi / lit. “Journée des bulles”] comprenait, en plus du récit titre, six histoires: 「ファニーフェイス・ファミリー」 / Funny Face Family / “Famille drôle de tête”, 「我らの世代が生きのびる道を教えよ」 / Warera no sedai ga ikinobiru michi o oshie yo / “Dites-nous comment notre génération peut survivre”, 「赤い実」 / Akai mi / “Fruits rouges”,  「The shock of recogition」 /“Le choc de la reconnaissance”,  「過ぎ去った恋と少量の飲酒について」 / Sugisatta koi to shōryō no inshu ni tsuite / “À propos de l’amour qui est passé et d’une petite quantité d’alcool”,  et 「山日記」 / Yama nikki / “Journal de montagne”). Toutefois, l’édition française publiée dans la collection Sakka/Auteur de Casterman en février 2009 semble offrir une sélection de textes légèrement différentes. Le recueil comprend huit courts récits:

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Page 85

Dans “Introduction” (8 pages), Takahama, un jeune artiste de manga en panne d’inspiration a une aventure passagère avec une lycéenne. Soudain il a l’idée de faire une série sur le thème de l’eau avec des scènes érotiques. La première histoire s’intitulerait “Eau Calme”… Dans “L’eau calme” (凪渡り/ “Nagi watari”; 24 pages), tous les ans Odajima revient au même village de pêcheur pour braconner les ormeaux et a une aventure avec Sae, qui tient le gite local. Lasse de cette relation elle le dénonce aux gardes-pêche… Dans “Dernier voyage en amoureux” (24 pages), un jeune couple passe une nuit dans l’auberge d’une station thermale pour faire l’amour une dernière fois avant de divorcer car la maîtresse de l’homme est enceinte… Dans “Jours d’écume” (泡日 / Awabi / lit. “Journée des bulles”; 74 pages), une jeune femme troublée s’effondre ivre dans l’étang à l’extérieur d’une maison de retraite, provoquant un moment de lucidité chez un vieil homme sénile et créant un lien entre la femme et l’ancienne maîtresse du vieil homme. Dans “Hygro-45” (24 pages), une jeune femme se rends compte que son copain la trompe avec une amie… Dans “Chez Mizunuma” (水沼ストアー / Mizunuma sutoā / lit. “Mizunuma Boutique”; 24 pages), Itsutoshi tient le dépanneur familiale. Il trouve que sa copine est trop vaniteuse et superficielle (elle a déjà dépensé deux million de yens dans un salon de beauté!) alors il drague une lycéenne. Mais comme celle-ci n’aime pas sa nouvelle coupe de cheveux, il retourne auprès de sa copine… Dans “Ma vie avec K” (22 pages), une homme d’un certain âge prends soins d’une jeune fille dépressive qui a tenté de se suicider car il l’aime. Mais le soir il retourne auprès de sa famille… Finalement, dans “Mielleux Noël” (12 pages), au souper de Noël (où la famille se réunit seulement dans des circonstances de force majeure), la mère annonce qu’elle va se remarier… avec le meilleur ami du père. La père, redevenu célibataire, veut écrire un livre. La fille va se marié. La fils sort avec la copine d’un ami…

J’adore Kan Takahama. Issue du milieu du manga plus “underground” elle a d’abord publié beaucoup d’histoires courtes (2002-2006) qui ont été compilé par la suite en recueils comme c’est le cas de cet ouvrage. Puis, vers 2010-2013, elle a commencé à publier des histoires complètes, plus complexes, qui se situent souvent dans un contexte historique. Ses récits traitent généralement des relations amoureuses de gens ordinaires qui peuvent tout même s’avérer complexes, difficiles, voir tragiques. Et il y a souvent une touche de nudité et même d’érotisme dans son travail (à preuve, si vous êtes adulte, voir les pages 52 et 154). J’ai déjà commenté plusieurs de ses histoires (dont La lanterne de Nyx, article où je donne la liste de ses oeuvres) et j’espère toutes les lire bientôt. J’ai eu un peu de difficulté au début à apprécier son style un peu expérimental, un crayonné réaliste retouché à l’ordinateur, mais finalement je trouve qu’il donne un ton intimiste et chaleureux à ses récits.

L’eau amère est un très beau manga qui se lit bien. Je le recommande chaudement (quoi qu’il pourrait être difficile à trouver car cette édition est épuisée; il vous faudra probablement le chercher du côté des bibliothèques publiques).

L’eau amère, par Kan Takahama. Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), février 2009. 228 pages, 15 x 21 cm, 12.95 €, ISBN 978-2-203-01985-0. Pour lectorat adulte (18+). stars-3-5

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© 2008 Kan Takahama

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Celui qui hantait les ténèbres

CeluiQuiHantaitLesTenebres-cov“Dans la ville de Providence, le jeune écrivain Robert Blake semble fasciné par une étrange église abandonnée. Alors qu’il finit par s’aventurer dans ce lieu de culte perverti, il y découvre le Necronomicon, un ouvrage maudit de magie noire, et invoque sans le vouloir des forces maléfiques qui dépassent l’entendement…

Pendant la Première Guerre mondiale, un officier évadé se retrouve perdu en pleine mer. Épuisé, il s’évanouit dans sa barque et, à son réveil, s’aperçoit qu’il s’est échoué sur une île inquiétante, recouverte à perte de vue de carcasses de bêtes marines…

Avec un trait sombre et réaliste, Gou Tanabe met en images les pires cauchemars imaginés par H. P. Lovecraft, le maître du fantastique et de l’horreur. Ce sont cette fois Celui qui hantait les ténèbres et Dagon qu’il fait renaître sous sa plume dans toute leur terrifiante noirceur !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Celui qui hantait les ténèbres (闇に這う者 ラヴクラフト傑作集 / Yami ni hau mono — ravukurafuto kessaku-shū / lit. “Chefs-d’œuvre de Lovecraft: Rampant dans le noir”) est l’une des nombreuses adaptations des oeuvres de H.P. Lovecraft en manga par Gou Tanabe. Ce manga seinen a d’abord été serialisé dans le mensuel  Comic Beam (Enterbrain) et compilé en un seul volume en mars 2016 chez Kadokawa Shoten. Il a été traduit en français chez Ki-oon en mars 2021. Exceptionnellement, ce volume contient l’adaptation de deux récits (respectivement de trente-quatre et cent-seize pages). 

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Le premier est “Dagon”, qui est une courte nouvelle (d’environ deux mille deux cents mots) écrite en juillet 1917 et publiée pour la première fois en novembre 1919 dans The Vagrant (# 11) et à nouveau en octobre 1923 dans Weird Tales (vol. 2, #3). C’est non seulement l’un de ses premiers récits à être publié mais c’est aussi la première fois qu’il mentionne le Mythe de Cthulhu. Un marin dont le navire a été capturé par les Allemands durant la guerre réussi à s’échapper sur un canot de sauvetage. Il dérive pendant des jours. Un matin il découvre qu’il s’est échoué un milieu d’une grande étendue de terre boueuse couverte de carcasses de créatures marines nauséabondes, comme si cette terre avait soudainement surgie du fonds de la mer. Il décide de marcher vers une colline à l’horizon pour repérer la rive. Dans un canyon il découvre un monolithe qui brille sous la lune. Il est couvert des bas-reliefs représentant d’étranges créatures aquatiques avec une figure aux allures de pieuvre au sommet. Soudain un monstre marin surgit du bassin d’eau sombre à la base du monolithe et semble être en vénération devant cet autel de pierre. Pris de folie le marin couru jusqu’à son canot, où la mer était réapparu, et s’enfui dans une tempête. Il se réveilla dans un hôpital de San Francisco. Il tenta de donner un sens à ce qu’il avait vu, s’intéressant à l’antique légende philistine de Dagon le dieu-poisson. Hanté par ce qu’il a vu il couche sur papier son expérience mais dans son délire il est terrifié que ces monstres ne viennent le chercher…

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Le second récit est “Celui qui hantait les ténèbres” (The Haunter of the Dark), une novella d’un peu plus de neuf mille trois cent mots écrite en novembre 1935 et publiée en décembre 1936 dans Weird Tales (Vol. 28, No. 5, p. 538–53). C’est le dernier récit qu’il a écrit. Robert Blake est un peintre et un écrivain qui s’intéresse au domaine l’étrange. De son nouvel atelier à Providence, il peut apercevoir la tour noire d’une vieille église qui l’intrigue car aucun oiseau ne s’y pose. Il décide alors d’aller l’explorer. Elle est abandonné car, dit-on, une secte démoniaque l’aurait occupé et on le met en garde contre le danger de réveiller ce qui y dort. Dans la sacristie il découvre des livres dont, dans une position proéminente, une version latine du terrible “Nécronomicon”! Au haut de la tour il trouve une pièce où siège une table heptagonale avec en son centre une sorte de cristal noirâtre, strié de rouge. Lorsqu’il s’en approche il a la vision de mondes inconnus. Il y découvre également un squelette sur lequel il trouve un calepin de note. Il s’agit de Edwin Lilibridge, journaliste au Providence Telegram, qui quarante-deux ans plus tôt était venu investiguer le lien entre l’église et une série de disparitions mystérieuses. Soudain, Blake se sent épié comme s’il y avait une présence là-haut dans la flèche de la tour. Craintif, il retourne chez lui. Il consacre les jours suivants à déchiffrer la feuille qu’il avait trouvé dans le Nécronomicon. Il y apprend qu’en contemplant le cristal on éveillait “Celui qui hante les ténèbres”, une créature surgit des noires abysses du chaos qui demandait de nombreux sacrifices et qui craignait la lumière. Or, Blake avait contemplé le cristal… Une nuit, il y eut une panne d’électricité et l’obscurité permis à la créature de s’échapper momentanément du clocher. Cette nuit là, il rêva qu’il était perdu dans les ténèbres où se vautre Azathoth… Avait-il rêvé ou avait-il erré dans l’église durant une crise de somnambulisme? Dorénavant il craignait l’obscurité et resta une semaine assis à son bureau. On l’y retrouva mort un matin…

Comme pour tout les autres volumes de cette série, celui-ci nous offre une excellente adaptation et est superbement illustré par Gou Tanabe dans son style sombre et détaillé. Ki-oon nous présente encore une édition de qualité, relié en similicuir (cette fois avec une couverture de couleur verte). Même si je ne suis pas du genre à succomber sous l’ambiance angoissante des récits de Lovecraft (bien construit mais pas toujours bien écrit) j’adore tout de même l’univers qu’il a créé et je trouve que Tanabe l’illustre très bien. Ces deux récits ne sont pas mes préférés mais cela demeure tout de même de très bonne adaptations. J’ai récemment lu une autre version graphique de Dagon (illustrée par Dave Shephard) et ce n’est vraiment pas comparable à la qualité du travail de Tanabe. C’est donc un manga qui constitue une très agréable lecture (cela se lit vite et bien) et qui nous permet de découvrir l’œuvre de Lovecraft plus facilement ou de la relire en images, avec une perspective nouvelle.

Vivement le tome suivant dans cette série d’adaptations: c’est Le cauchemar d’Innsmouth (The shadow over Innsmouth écrit en 1931 et publié en 1936) paru au Japon chez Kadokawa en mai 2021 (2 vols) et en France chez Ki-oon en octobre 2021 (le tome 2 sortirait au printemps 2022). Tanabe publie en ce moment en feuilletons dans le mensuel Comic Beam (depuis octobre 2021) son adaptation de L’Abomination de Dunwich (ダニッチの怪 / The Dunwich Horror)…

Celui qui hantait les ténèbres (Les chefs-D’Oeuvres de Lovecraft, 6), par Gou TANABE (dessin) et H.P. Lovecraft (histoire). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), mars 2021. 164 p., 15 x 21 cm, 15 € / $C 28.95. ISBN 979-10-327-0792-0. Pour lectorat jeune adulte (16+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Tanabe Gou 2016

Voir mes commentaires sur les adaptations précédentes de Tanabe:

montagnes_hallucinees_02-cov Dans_lAbime_du_temps-cov CouleurTombeeDuCiel-cov AppelDeCthulhu-cov
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Monnaies anciennes 73

Les Valentiniens (2)

Valens (364-378)

Flavius Iulius Valens est né vers 328 à Cibalae (Pannonie). Il est le fils de Gratianus Funarius, un simple commerçant (vendeur de corde) qui, devenu soldat, a rapidement gravit les échelons jusqu’à devenir général (Comes Britanniarum). Il a grandit sur le domaine familiale au côté de son frère aîné, Valentinianus. Il a servit comme officier (protector domesticus ?) au palais de l’empereur Julianus. À la mort de Jovianus, alors que son frère est nommé empereur, ce dernier le nomme co-empereur (le 26 mars 264) et il reçoit la charge d’administrer la partie orientale de l’Empire à partir de Constantinople (où il s’installe dès décembre 264). Il n’a pas l’habilité militaire, ni administrative, de son frère mais il semble bien gérer l’économie (avec une baisse des impôts et une réforme monétaire). Du côté religieux, il reprends les persécutions contre les païens et favorise l’arianisme. En 365, il tente d’abord de reconquérir les territoires perdus (Mésopotamie et Arménie) lors de la paix de Jovianus avec les Sassanides mais il doit revenir à Constantinople lorsque l’usurpateur Procopius prend le contrôle de la ville en septembre. En 366, ce dernier est rapidement capturé et exécuté mais Valens doit par la suite rétablir l’ordre en Thrace et d’Asie Mineure. Puis, pendant plusieurs années (367-369), il doit affronter les Wisigoths qui, sous l’autorité de Athanaric, avaient soutenu Procopius. 

Lorsque Valentinianus meurt en Pannonie le 17 novembre 375, son fils Gratianus (qui était déjà Auguste depuis août 367) lui succède comme empereur d’Occident. Toutefois, les soldats ont également acclamé empereur son jeune frère de quatre ans, Valentinianus II. Gratianus partage donc le pouvoir avec lui, en lui octroyant l’Illyrie, alors que lui-même règne sur l’Italie, les Gaules, la Bretagne, l’Hispanie et l’Afrique. Alors qu’il doit défendre ses frontières contre les Alamans, son oncle Valens (toujours empereur d’Orient) doit lui affronter les Ostrogoths dès 375. Ceux-ci, sous la pression des Huns et des Wisigoths (sous le commandement du chef Fritigern), traversent la frontière romaine par la Thrace en 377. Il tente de les contenir lors de la bataille d’Andrinople le 9 août 378 mais cela sera l’une des pires défaites qu’a connu l’armée romaine et Valens lui-même y trouve la mort. Cet événement marque le point tournant où l’Empire d’Occident a de plus en plus de difficulté à contenir ces invasion barbares et ainsi amorce son inexorable déclin

Gratianus nomme Auguste son général Theodosius (fils du général Theodosius Major) qui prends en charge l’Empire d’Orient. Ensemble ils mettront un frein momentané à l’avance des Goths en 381. Gratianus travaillera à supprimer les derniers éléments païens à Rome (il refuse le titre de pontifex maximus, enlève leur privilèges aux prêtres païens et aux vestales, retire la statue de la Victoire du sénat, etc.). Toutefois, au printemps 383 il doit faire face à un nouvel usurpateur, Magnus Maximus, qui le défait à Lutetia. Gratianus prends la fuite mais est assassiné à Lugdunum le 25 août. Theodosius, accaparé par la menace Goth, est bien obligé de reconnaitre Maximus comme empereur d’Occident. Valentinianus II (âgé d’une douzaine d’années et toujours sous la tutelle de sa mère Justina) garde le contrôle de l’Italie. Toutefois, Maximus réussi à prendre Rome en 387 et à le chasser d’Italie. Il se réfugie à Thessalonique et demande l’aide de Theodosius (qui est son beau-frère puisqu’il a épousé sa soeur Aelia Galla) qui alors défait et tue l’usurpateur. Theodosius reste à Mediolanum, en Italie, jusqu’en 391 pour rétablir Valentinianus II au pouvoir, puis retourne en Orient, laissant le jeune empereur sous la garde de Arbogast, l’un de ses officiers. Cependant, suite à un différent sur la stratégie militaire à adopter, Valentinianus tente de retirer son commandement à Arbogast, mais est retrouvé mort le lendemain (15 mai 392). Ainsi prends fin la dynastie des Valentiniens

J’ai trois pièces de monnaie de Valens et ce sont toutes des pièces avec le type de Securitas Reipublicae.

IMG_1488-1491La première pièce est un très beau follis / nummus (F [Fine], AE3, AE [Bronze], 17 mm, 2.306 g, payé environ $5 le 1985/01/06, caractérisé par une patine brunâtre et un important dépôt de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur drapé et cuirassé à droite, portant un diadème perlé, avec l’inscription latine D[ominvs] N[oster] VALEN-S P[ivs] F[elix] AVG[vstvs] (“Notre Seigneur Valens, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, tenant une couronne de lauriers et une palme, avec l’inscription latine SECVRITAS – REIPVBLICAE (“la sécurité de la République”), un PCON en exergue (marque de la première officine [P = Primus] de l’atelier de Arelate [CON = Constantina]). On remarque qu’il n’y a aucune marque dans le champs.

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 59, 66), cette pièce aurait été frappé par première officine de Arelatum (Arles) soit entre le 24 août 367 et le 17 novembre 375, soit entre le 17 novembre 375 et le 9 août 378.

IMG_1501-1508La seconde pièce est un assez beau follis / nummus (G [Good], AE4, AE [Bronze], 15 mm, 2 g, caractérisé par un important dépôt de jaune; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur drapé et cuirassé à droite, portant un diadème perlé, avec l’inscription latine D[ominvs] N[oster] VALENS – P[ivs] F[elix] AVG[vstvs] (“Notre Seigneur Valens, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, tenant une couronne de lauriers et une palme, avec l’inscription latine SECVRITAS – REIPVBLICAE (“la sécurité de la République”), un ANT𝝧 en exergue (marque de la neuvième officine [theta] de l’atelier de Antioche [ANT]).

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 264, 275), cette pièce aurait été frappé par la neuvième officine de l’atelier d’Antioche entre le 28 mars 364 et le 24 août 367.

IMG_1510-1518La troisième pièce est un assez beau follis / nummus (G / F [Good / Fine], AE4, AE [Bronze], 15 mm, 1 g, caractérisé par une patine noire avec quelques incrustations jaunâtres, une importante rognure et deux cassures à 120º et 300º de l’avers qui ont fait disparaître une partie des inscriptions; die-axis: ↑↓). L’avers présente un buste de l’empereur drapé et cuirassé à droite, portant un diadème perlé, avec l’inscription latine D N VA…. – .. AVG (présumément pour Dominvs Noster Valens Pivs Felix AVGustus, soit “Notre Seigneur Valens, Pieux et Heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, tenant une couronne de lauriers et une palme, avec l’inscription latine ……TAS – REIP….CAE (présumément pour Securitas Reipvblicae, soit “la sécurité de la République”), ainsi qu’une marque d’atelier en exergue qui n’est que partiellement lisible (trois ou quatre caractères avec un “T” au milieu, ??T?, possiblement ANTZ pour la septième officine [Zeta] de l’atelier de Antioche [ANT]). On remarque que l’illustration du revers est particulièrement bien conservée et que le détail du drapé de la toge de la Victoire apparait très dynamique — on pourrait presque la voir bouger!

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 264, 275), cette pièce aurait été frappé par la septième officine de l’atelier d’Antioche entre le 28 mars 364 et le 24 août 367.

Sources: Wikipedia (Valens [FR/EN]), FAC (Valens, Constantina, palm, Securitas Reipublicae, Victory, wreath), ERIC (Valens); RIC v. IX, Arelate: 17b (xiv a) / 19a (xv a); v. IX, Antioch: 12b; Online Ref. 1: Google, acsearch, CGBFR, CoinArchives, CoinProject (SCON) numismatics, numista, WildWinds (text, image). Online Ref. 2 & 3: Google, CoinArchives, CoinProject (ANTS, ANTS, ANTЄ), numismatics,  numista, WildWinds (Δ: text, image; Є: text, image). Voir aussi mes fiches (01, 02, 03).

La semaine prochaine nous abordons la dynastie des Théodosiens avec une pièce de monnaie de l’empereur Theodosius I.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.012]

Primula japonica (2)

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/03 ]

La semaine dernière je vous ai présenté des images de Primula japonica “Alba” dont les fleurs sont blanches. Aujourd’hui je vous en montre une autre variété aux fleurs rouges. Comme je l’ai déjà mentionné, la Primevère du Japon (aussi appelée Japanese primrose en anglais ou クリンソウ [Kurinsō] en japonais) est une espèce de plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à l’ordre des Primulales (ou les Ericales en classification phylogénétique APG), à la famille des Primulaceae et au genre Primula (qui comprend plus de cinq cent espèces). (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

Ici il s’agit probablement du cultivar “Miller’s Crimson”. 

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The Call of Cthulhu & Dagon

CallOfCthulhuAndDagon-cov“In this hauntingly illustrated adaptation of two of H. P. Lovecraft’s most famous stories from the Cthulhu Mythos, illustrator Dave Shephard captivates readers with stories of supernatural monsters so powerful that humanity is deemed irrelevant. The Call of Cthulhu and Dagon introduce the Great Old Ones, powerful deities who reside outside the normal dimensions of space-time, with physical forms that are impossible for the human mind to fathom. This handsome thread-bound edition presents these stories in rich and colorful detail, making it an accessible and entertaining gateway to Lovecraft’s world. Makes a perfect gift for fans of Lovecraft, his work, and the HBO series Lovecraft Country.

[Text from the publisher’s website; see also the backcover]

>> Please, read the warning for possible spoilers <<

CallOfCthulhuAndDagon-p024-025

Pp. 24-25

This graphic novel offers the adaptation of two stories by H. P. Lovecraft. The first one is “Dagon”. Written in July 1917, it is one of his first stories and it is also the first time that he mentions the Cthulhu Mythos. It was first published in issue #11 of The Vagrant in November 1919 and again in Weird Tales vol. 2 #3 in October 1923. It is a short story (about two thousands and two hundreds words) and the graphic adaptation (by Pete Katz) is also quite short (sixteen pages). A man is writing down the incredible experience he endured at sea: captured by pirates he escapes on a small boat and, after drifting for days, he wakes up to find himself stranded on land, no sea in sight. It was full of decaying dead fishes like if it was the bottom of the ocean. He waits a couple of days for the mud to dry and then decide to walk toward an elevation in the horizon. He climbs it and finds a cyclopean monolith covered with drawings and hieroglyphs that evokes a marine world. It seems to be the focus of the cult of some aquatic deity. Then, from a pool of dark water at the bottom of the monolith, rise a giant sea monster that bows to the monolith! The man goes mad and run. Somehow, he finds his way back to his boat and to the sea. He wakes up in a San Francisco hospital. He tries to make sense of what he has seen, learn about the legend of Dagon, the sea-god. Now he is afraid and fear the monsters will come for him. He put down on paper the account of his ordeal and jump out a window…

CallOfCthulhuAndDagon-p076-077

Pp. 76-77

The second story is “The Call of Cthulhu”. It was written in the summer of 1926 and first published in the February 1928 issue of Weird Tales (vol. 11, #2). It is a more sizeable story (nearly twelve thousands words) that comprise much of the graphic novel (one hundred and twenty pages). It is the most significant story related to the cult of Cthulhu. This adaptation takes many short cuts but, like the original, still recounts three different stories linked by one main narrative. Prof. Angell, a specialist of Semitic language, helps a young sculptor who has strange dreams during which he produces weird artwork with inscriptions in an unknown language. This leads him to investigate the cult of Cthulhu but he dies in a mysterious incident a year later (this story was told as “The Horror in Clay” in the original novella). His nephew, Mr. Thurston, inherits of his belongings, including a mysterious statuette representing an octopus-like creature with wings and many papers mentioning Cthulhu and R’lyeh, as well as various strange events all occurring in March 1925, and a letter from an inspector Legrasse from New Orleans (this is the main narrative). He meet with Mr. Legrasse (in the original chapter “The Tale of Inspector Legrasse”) who recounts a raid the police made in the swampland south of New Orleans that busted a voodoo-like cult. His investigation revealed that its was more than that: similar cults were found among the eskimos and the sailor Castro tells him about Cthulhu, the great priest of the Great Old Ones who came from the stars and are now sleeping under the sea in the ancient city of R’lyeh waiting to be awaken. Then Thurston finds by chance in the newspaper the story of the sole survivor of a yacht found in possession of a strange idol (that’s the original chapter “The Madness from the Sea”). He travels first to New Zealand and then to Oslo to locate this sailor. Unfortunately, the man died in a mysterious incident but he left behind a journal recounting his ordeal. In March 1925, after being attacked by pirates, they arrive at an uncharted island that looks like it just came up from the bottom of the sea. There they find strange ruins, from which a sea monster come out and attack them. They use the ship’s cannon to neutralise it and escape. Thurston concludes that Cthulhu had awaken but was put back to sleep. He fears the day it might awaken again but also fears that he might now be a targeted man. Indeed, not long after, he narrowly escapes death… this time.

This adaptation is quite disappointing and the art rather basic. It’s not really worth reading. The stories of Lovecraft have received many adaptations, some better than others. I recommend you avoid average works like this one and read instead the adaptations from artists like Culbard or  Gou Tanabe (which I have already commented in the past). Those are much more interesting — particularly the mangas by Tanabe which are real masterpieces.  

H.P. Lovecraft’s The call of Cthulhu and Dagon : a graphic novel, by Dave Shephard. San Diego: Canterbury Classics, March 2021. 144 pages, 7.5 x 10 in., $US 19.99 / $C 26.99, ISBN 978-1-64517-707-4. For teenage readership (12+). stars-2-5

For more information you can check the following websites:

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© 2021 Quarto Publishing plc

 

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Monnaies anciennes 72

Les Valentiniens (1)

Valentinianus

La dynastie des Valentiniens débute avec Flavius Valentinianus qui est né en 321 à Cibalae (en Pannonie) et est le fils de Gratianus Funarius, un simple commerçant (vendeur de corde) qui rejoint l’armée sous Constantinus pour devenir protector domesticus, puis tribun et finalement comes (en Afrique et en Bretagne). Il a grandit sur le domaine familiale avec son frère Valens et a reçu un bonne éducation (incluant la littérature et les arts). Il accompagne son père lors de son commandement en Afrique et s’engage dans l’armée à son tour vers la fin des années 330. Il sert sous Constantius II et devient, comme son père, protector domesticus. En 355, il est tribun en Gaule sous les ordres de Julianus et Barbatio mais, blâmé pour une défaite contre les Alamans, il s’installe à Sirmium. C’est là que son épouse Marina Severa lui donne un premier fils, Gratianus, en 359. En 357, il continue son ascension dans l’armée alors qu’il est tribun de cavalerie en Gaule. Sous Julianus, en 362, il est comes et tribun des Cornuti, une unité auxiliaire d’infanterie (Auxilia palatina) et il sert en Mésopotamie durant la campagne contre les Perses Sassanides. Sous Jovianus, il est nommé tribun d’une unité d’élite de la garde palatine, la scholae secundae scutariorum, puis tribun d’un régiment d’infanterie d’élite (Scutarii). 

À la mort de Jovianus, le 17 février 364, un comité de hauts fonctionnaires et d’officiers militaires siégeant à Nicée est chargé de lui désigner un successeur. Après avoir hésité entre plusieurs candidats (dont Salustius qui refusa), leur choix s’arrêta sur Valentinianus, qui avait établi son camps à Ancyra (Ankara). Il est acclamé empereur le 26 février 364 et en mars il nomme son frère Valens comme co-empereur. Comme c’est la tradition, ils se partagent l’empire: Valens veillera sur l’Orient avec Constantinople comme capitale et Valentinianus sera en charge de l’Occident et établira sa capitale à Mediolanum (Milan). 

Malheureusement, comme ce fut souvent le cas à cette époque, son règne n’a été qu’une succession de campagnes militaires défensives. En 367, il déplace sa capitale à Treveris pour se rapprocher de la frontière du Rhin. À l’aide de son général Theodosius Major, il doit défendre successivement la Gaule contre les Alamans (367-372) et les Saxons (370), la Bretagne contre la barbarica conspiratio (une coalition de Pictes, de Scots, de Attacotti et de Saxons) en 368, l’Afrique contre la révolte de Firmus (373-375) et la Pannonie contre les Quades et les Sarmates (375). Suite à une maladie et pour assurer sa succession, en août 367 il proclame son fils Gratianus directement Auguste à Samarobriva (Amiens). En 368, il prends Justina comme seconde épouse et celle-ci lui donnera un autre fils, Valentinianus II, en 371, et trois filles (Aelia Galla, Justa et Grata). Il rétablit la foi chrétienne comme religion officielle mais reste tolérant face au paganisme. Il a été un bon administrateur tant civil que militaire et s’est efforcé d’améliorer la condition des classes les plus pauvres, se rappellant les origines humbles de sa famille. Il aurait toutefois été très cruel dans l’exécution de la discipline et de la justice. Il est mort à Brigetio le 17 novembre 375 d’une crise d’apoplexie durant une séance de négociation avec les envoyés Quades dont ils trouvaient les exigences déraisonnables et enrageantes. Sa succession fut assurée par son frère Valens et ses fils Gratianus et Valentinianus II.

IMG_1475-1478Je n’ai qu’une seule pièce de Valentinianus. C’est un superbe follis / nummus (XF / VF [Extra Fine / Very Fine], AE3, AE [Bronze], 17.5 mm, 1.801 g, payé environ $7, caractérisé par très peu d’usure, une patine brunâtre et quelques petites tâches de vert-de-gris; die-axis: ↑↑). L’avers présente un buste de l’empereur portant un diadème perlé, drapé et cuirassé à droite, avec l’inscription latine D[ominvs] N[oster] VALENTINI-ANVS P[ivs] F[elix] AVG[vstvs] (“Notre Seigneur Valentinianus, Pieux et heureux Auguste”). Le revers illustre une Victoire ailée debout à gauche, tenant une couronne de lauriers et une palme, avec l’inscription latine SECVRITAS – REIPVBLICAE (“la sécurité de la République”), un 𝝘SISCS en exergue (marque de la troisième officine [gamma = trois] de l’atelier de Siscia [SISCS]) avec les lettres D P (superposées) et F dans le champs de part et d’autre (marques de séquences?).

D’après le RIC (Pearce J.W.E., Edited by Mattingly H., Sutherland C.H.V. & Carson R.A.G., The Roman Imperial Coinage vol. IX: Valentinian I – Theodosius I. London: Spink & Son, 1951, pp. 144, 147), cette pièce aurait été frappé par la troisième officine de l’atelier de Siscia entre le 24 août 367 EC et le 17 novembre 375 EC.

Sources: Wikipedia (Valentinianus [FR/EN]), FAC (Valentinianus, palm, Securitas Reipublicae, Victory, wreath), ERIC (Valentinianus); RIC v. IX: 15a (xliv); Online ref.: Google, CoinArchives, CoinArchives, numismatics, WildWinds (text, image). Voir aussi ma fiche.

Ce type de revers exprime encore une fois la volonté de la propagande impériale de se faire rassurante. Ainsi, alors que le danger aux frontières devient plus menaçant, on note une tendance croissante à la vantardise dans la légende des revers de monnaie. Valentinianus utilise deux types de revers en particulier, les Gloria Romanorum (“la Gloire des Romains”) et Securitas Reipublicae (“la Sécurité de l’État”), pour assurer à ses sujets que la gloire des armées romaines enlevait toute cause de peur. Toutefois, malgré les nombreuses victoires que cette pièce peut commémorer (comme la bataille de Solicinium en 368), l’avenir allait démontrer que les frontières étaient encore loin d’être sécuritaires… (RIC, op. cit., p. xl)

La semaine prochaine je vous présente trois autres pièces du type Securitas Reipublicae mais cette fois du co-empereur et frère de Valentinianus, Valens.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.005]

Primula japonica  

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2018/06/03 ]

La Primevère du Japon (aussi appelée Japanese primrose en anglais ou クリンソウ [Kurinsō] en japonais) est une espèce de plante herbacée vivace qui appartient à la division des Magnoliophyta (ou Angiospermae, i.e. les plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (ou Dicotyledonae), à l’ordre des Primulales (ou les Ericales en classification phylogénétique APG), à la famille des Primulaceae et au genre Primula (qui comprend plus de cinq cent espèces). Le nom scientifique provient de primulus (un diminutif latin de primus ou premier) et le nom vernaculaire (primevère) a une origine similaire alors qu’il dérive du latin prima vera (“premier” et “printemps”) ce qui fait allusion au fait que la plante pousse très tôt au printemps.

Comme son nom l’indique, cette espèce est originaire du Japon mais elle est maintenant cultivée sur tout les continents. Elle est caractérisée par de larges feuilles d’une apparence un peu froissée, pouvant atteindre jusqu’à vingt-cinq centimètres de long, qui poussent en une rosette au centre de laquelle émerge une tige dressée de cinquante centimètres dont le sommet arbore des grappes de fleurs violettes ou blanches. Dans ce cas-ci il s’agit probablement du cultivar “Alba.” (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles)

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La guerre des mondes #1

GuerreDesMondes-1-cov“En 1901, le quotidien de la petite ville anglaise de Mayberry est bouleversé par un événement incroyable : un énorme cylindre métallique s’est écrasé à proximité… Or, quelques jours plus tôt, une lueur inhabituelle avait été observée sur Mars. Pas de doute, l’objet vient de la planète rouge !

La population se précipite pour l’examiner et attend avec impatience l’ouverture de ce qui semble être un vaisseau spatial. Une créature tentaculaire apparaît au sommet… et s’attaque à la foule en détruisant tout sur son passage ! Le jour suivant, d’autres Martiens atterrissent et se lancent à l’assaut de la campagne du haut d’immenses robots tripodes. Les armes humaines ne font pas le poids face à l’envahisseur… Il ne reste qu’un moyen de survivre : la fuite !

Avec son souci du détail scientifique et son sens inné du suspense, H. G. Wells a ancré depuis plus d’un siècle l’image de l’invasion martienne dans l’imaginaire populaire. La Guerre des mondes réveille l’angoisse qui sommeille au plus profond de nous face à l’inconnu… Et si, vu de l’espace, l’homme n’était qu’un insecte impuissant ?”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

La guerre des mondes (宇宙戦争 / Uchû Sensô / lit. “La Guerre de l’espace”) est un manga seinen par Sai Ihara et Hitotsu Yokoshima qui a été sérialisé dans le magazine Comic Beam 100 (Enterbrain) depuis octobre 2018 et dans Comic Beam entre mai 2019 et février 2021 avant d’être compilé en trois volumes chez Kadokawa Shoten. Il a été publié en français chez Ki-oon (le volume 2 est paru en septembre 2021 et le vol. 3 devrait probablement paraître en 2022).

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Vol. 1., p. 3

Un jeune photographe distrait se rend chez Mr. Ogilvy pour lui remettre une photographie mais ce dernier est en émoi car une météorite s’est écrasée sur ses terres. Le professeur Stent déclare que le cylindre fait partie d’une armada en provenance de Mars. Lorsque le cylindre s’ouvre et qu’une créature hideuse en sort, Stent s’approche pour accueillir amicalement le martien. Le cylindre émet alors un puissant rayon d’énergie qui le fauche en deux (ainsi qu’une partie de la foule de curieux qui s’était assemblée). Le photographe réussit à fuir et retourne auprès de sa femme, Clara. Après que l’église ait été détruite il décide de fuir le village vers Leatherhead où sa femme a de la famille. Lorsqu’il se rend compte qu’il a oublié son appareil photo, il décide de retourner à Mayberry pour le récupérer. En chemin, il observe les martiens qui se déplacent sur des tripodes. Il se réfugie chez lui avec un jeune pasteur et un soldat apeuré alors que les tripodes détruisent le village. Le régiment Cardigan qui était intervenu s’est fait massacré. Le photographe décide d’envoyer sa femme à Londres. Il fait le plein de pellicule afin de documenter cette guerre où les martiens semblent vouloir exterminer les humains comme de simple microbes…

Ce récit dramatique est présenté avec un certain humour qui s’approche de la caricature. Le dessin est plutôt simple et ordinaire, ce qui me rappel beaucoup le style de la série “Manga de Dokuha” qu’avait jadis publié Soleil Manga. C’est une interprétation amusante du roman de Wells mais qui offre un manga plutôt moyen… Ce serait presqu’enfantin si ce n’était de l’image horrifiante des corps coupés en deux par le rayon d’énergie. Je ne suis pas sûr que j’ai envie (ou le temps) de poursuivre cette courte série… À lire si vous êtes curieux…

La guerre des monde. 1, par Sai Ihara (scénario, basé sur le roman de H.G. Wells) et Hitotsu Yokoshima (dessin). Paris: Ki-oon (Coll. Seinen), février 2021. 192 pages, 15 x 21 cm, 13,90 € / $C 25.95, ISBN 979-10-327-0707-4. Pour lectorat adolescent (14+). Extraits disponibles. stars-2-5

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© Sai Ihara / Hitotsu Yokoshima 2019

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Natsuko no Sake t. 2-4

Vol. 2 (ch. 22-43)

NatsukoNoSake-2-cov“Natsuko Saeki est une employée de bureau à Tokyo, mais elle ne s’épanouit pas dans son travail. Un jour son frère tombe malade et l’opportunité s’offre à elle de rentrer auprès de sa famille, modestes brasseurs de saké, pour l’aider. Motivée par ce défi familial, Natsuko, va se plonger corps et âme dans le travail du saké et tenter de se faire une place dans un milieu très traditionnel et dominé par les hommes.”

“Avec conviction et acharnement, et malgré son manque de connaissances en agriculture, Natsuko poursuit son objectif de faire pousser le riz Tatsu-Nishiki (Dragon Merveilleux) afin de produire le meilleur saké du Japon. Soutenue par ses proches, elle couve sa première plantation, censée lui fournir assez de grains pour ensemencer enfin un vaste terrain pour une récolte de production.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Natsuko no Sake t.2, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), février 2020. 448 pages, 18 x 13 cm, 11,00 € / $C 19.95, ISBN 9782379500657. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

Vol. 3 (ch. 44-65)

NatsukoNoSake-3-cov“Alors que Natsuko a finalement réussi sa première récolte, contre vents et marées, elle prend conscience que la seconde est un défi encore plus grand. Des 12 grains de Dragon Merveilleux qu’elle a cultivés avec difficulté, elle a récolté plus de 3 kg qui lui serviront à la seconde récolte, celle censée servir à la production de sake proprement dit. Mais comment réussira-t-elle à tenir cette récolte, contre les tempêtes qui brisent les épis, les nuisibles qui les dévorent, le travail qui l’épuise ? Ses tentatives pour rallier des producteurs à sa cause d’une agriculture bio trouvent certes quelques échos positifs, mais elle se heurte trop souvent au scepticisme des tenants d’une tradition définitivement masculine. Enfin, Natsuko prend la mesure de la réalité économique de ses choix. Faut-il accepter d’être pauvre pour avoir refusé la culture intensive ?”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Natsuko no Sake t.3, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), mai 2021. 448 pages, 18 x 13 cm, 11,00 € / $C 19.95, ISBN 9782379500756. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-0

Vol. 4 (ch. 66-87)

NatsukoNoSake-4-cov“Petit à petit, Natsuko arrive à rallier des producteurs de plus en plus nombreux à son idée d’une agriculture biologique et montre l’exemple en utilisant du fumier naturel comme engrais. Mais elle a bien conscience que la seule motivation de ces derniers à changer repose sur la capacité de vendre le produit bio plus cher que précédemment. Le pari est néanmoins pris d’un sake de qualité et cher contre un saké mauvais et très bon marché. Cette lutte du pot de terre contre le pot de fer est aussi une lutte de méthodes, artisanat contre usinage. Et Natsuko découvre que les méthodes traditionnelles sont un défi physique permanent… qui finit par coûter la santé à son Toji. Entretemps, le fils des Kuroiwa, par amour pour Natsuko, reste déterminé à suivre l’exemple de celle-ci. Et l’affrontement avec son père semble inévitable.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Natsuko no Sake t.4, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), juillet 2021. 464 pages, 18 x 13 cm, 11,00 € / $C 19.95, ISBN 9782379501142. Pour lectorat adolescent (14+).stars-3-0

 

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Natsuko no Sake (夏子の酒 /  lit. “Le sake de Natsuko”) est un manga seinen par Akira OZE qui a été serialisé dans le magazine Morning en 1988-1991 puis compilé en douze volumes chez Kodansha. Il a été adapté en un drame télévisé de onze épisodes diffusé par Fuji TV entre janvier et mars 1994. Il a aussi été publié en français chez Vega en six volumes doubles (vol. 1: septembre 2019, vol. 2: février 2020, vol. 3: mai 2021, vol. 4: juillet 2021, vol. 5: septembre 2021 et le vol. 6: décembre 2021). J’ai déjà commenté le premier volume de cette série.

Natsuko décide de poursuivre le rêve de son grand frère décédé et de produire le meilleur saké du Japon. Elle abandonne donc son travail à Tokyo pour venir travailler à la brasserie familiale dans la préfecture de Niigata. Elle doit tout apprendre à partir de zéro mais elle crée une association de producteurs pour l’aider dans sa tâche. Après avoir fait germer les grains récupérés par son frère, elle doit préparer la rizière puis repiquer les plants. Comme elle veut du riz bio, elle doit donc désherber à la main et éviter tant les pesticides que l’engrais chimique. Comme le gouvernement fait une dispersion aérienne obligatoire de pesticide elle doit couvrir son champs pour le protéger. Alors que le riz pousse, le poids des épis rends le plant fragile et, lors d’une tempête, elle doit travailler toute la nuit pour les protéger et elle tombe d’épuisement. Malgré toutes les difficultés, le temps de la récolte arrive et elle obtient trente-et-un kilo de riz qu’elle pourra semer l’année suivante pour enfin commencer la production…

Dans le troisième volume, une nouvelle saison de production débute à la brasserie Saeki. Toutefois, la mise en marché du Rosée de Lune est mise en danger par la concurrence déloyale d’un autre producteur. Shingo Kuroiwa, ami d’enfance de Natsuko et appartenant lui aussi à une famille de brasseur, a honte du saké industriel produit par son père et décide d’en produire un bon par lui-même grâce aux encouragements de Natsuko (qu’il aime). Natsuko, qui jusqu’alors était simplement dégustatrice, est nommé gérante de la brasserie. Elle tente de convaincre les agriculteurs de Kawashima de faire cesser l’épandage aérien de pesticides. Tout au long du récit, le manga décrit en détails toutes les étapes de production du saké.

Dans le quatrième volume, Natsuko doit aider Makoto Goda à préparer le compost nécessaire pour la plantation. Les grains de Tatsu-Nishiki sont réparti entre les membres de l’association qui chacun plantent leur parcelle de deux ares. La production débute: on répand le compost, prépare les semis et on les repique dans la rizière. Shinsuke Yamada, le tôji de la brasserie que l’on surnomme “Papy”, tombe d’épuisement en fin de saison et est hospitalisé. Il est très âgé et le directeur de la brasserie songe à le mettre à la retraite et lui trouver un remplacement. Toutefois, Natsuko est en désaccord avec cette décision. Goda a des problèmes avec les bénévoles qui l’aide sur sa ferme biologique. Un expert en saké à la retraite offre son aide à la kura. Kusabe voudrait prendre la relève comme tôji

Natsuko no sake est un manga très éducatif qui nous en apprends beaucoup sur la production et la mise en marché du saké, ainsi que sur les très nombreuses difficultés auxquels font face les agriculteurs japonais. Toutefois, cela demeure un manga divertissant et très agréable à lire malgré le style de dessin très classique. Même si cela fait un peu vieillot (genre années ’80) le graphisme clair et précis est très efficace. C’est donc un vrai bon vieux manga qui plaira surtout aux amateurs de culture japonaise et de saké.

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© 2016 Akira OZE. All rights reserved. © 2019-2021 Éditions Vega pour l’édition française.

 

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Olympia Kyklos vol. 1-3

OlympiaKyklos-1-covVol. 1

Après Thermae Romae, la nouvelle comédie sportive de Mari Yamazaki ! Démétrios, dans son petit village de la Grèce du 4e siècle avant notre ère, n’aspire qu’à une chose : vivre de son métier de peintre sur céramique. Et, peut-être, ravir le coeur de la belle Apollonia, la fille du patriarche… Le destin en décide autrement : le voici chargé de sauver son village des appétits guerriers de la cité voisine ! Alors qu’il se lamente sur son sort, la foudre frappe. Lorsqu’il reprend ses esprits, Démétrios a été projeté à travers le temps et l’espace dans le Tokyo de 1964, au moment des Jeux olympiques !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Olympia Kyklos, 1, par Mari Yamazaki. Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), mars 2021. 200 pages, 13.4 x 18.3 cm, 8,45 € / $C 15.95, ISBN 978-2-203-20298-6. Pour lectorat adolescent (14+). stars-4-0

OlympiaKyklos-2-covVol. 2

“Démétrios a sauvé son village des appétits conquérants de la cité voisine au cours d’une épreuve sportive qu’il a ramenée du XXe siècle. Il est bien décidé à retrouver ses vases et ses pinceaux, mais le patriarche ne l’entend pas de cette oreille : il en est sûr, Démétrios a l’étoffe d’un champion, il est l’athlète qui apportera gloire et prospérité à sa communauté ! Aux abois, Démétrios est à nouveau transporté jusqu’au Japon des olympiades de 1964. Après le sport, cette fois, c’est sa conception du dessin que notre jeune peintre va voir bouleversée, en devenant l’assistant du dieu du manga, Osamu Tezuka en personne !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Olympia Kyklos, 2, par Mari Yamazaki. Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), juin 2021. 200 pages, 13.4 x 18.3 cm, 8,45 € / $C 15.95, ISBN 978-2-203-20300-6. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

OlympiaKyklos-3-covVol. 3

“Bouleversé par la mort tragique du marathonien avec lequel il s’était lié d’amitié dans le Japon de 1964, Démétrios, de retour dans son Antiquité natale, décide de quitter sa cité pour voir le monde et devenir un meilleur peintre, un meilleur athlète, un meilleur homme. Ses pas le mènent tout d’abord à Athènes où Platon, philosophe entre les philosophes, pourrait bien lui prodiguer de précieux enseignements s’il n’est pas trop occupé à rivaliser avec ses disciples… à la lutte ?

Comment concilier art et sport ? Une réflexion profonde et joyeuse sur la création et l’expression de soi.”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

Olympia Kyklos, 3, par Mari Yamazaki. Bruxelles: Casterman (Coll. Sakka), septembre 2021. 200 pages, 13.4 x 18 cm, 8,45 € / $C 15.95, ISBN 978-2-203-20316-7. Pour lectorat adolescent (14+). stars-3-5

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Olympia kyklos (オリンピア・キュクロス / lit. “Cercles Olympique”) est un manga seinen par Mari Yamazaki qui est sérialisé au Japon dans le magazine bimensuel Grand Jump depuis mars 2018 et a été jusqu’à maintenant compilé en six volumes chez Shueisha. Il a été traduit en français chez Casterman (trois volumes de disponibles et un quatrième est à paraître imminemment). C’est une comédie du style de Thermae Romae (voir aussi mon commentaire sur cette série) mais qui se situe dans l’antiquité grecque et traite de sujets autour du thème des jeux olympiques. Le manga a sans aucun doute été créé en anticipation des jeux olympiques de Tokyo de 2020 (mais qui furent reportés à l’année suivante à cause de la pandémie de Covid-19). 

Mari Yamazaki est passée maître dans l’art d’utiliser des artifices loufoques comme le voyage dans le temps pour aborder des sujets sérieux. Si elle n’explique jamais la mécanique temporelle qui intervient dans Thermae Romae (sinon quelques propriétés magiques des eaux thermales?), dans ce cas-ci il s’agit de la foudre qui frappe à répétition le pauvre Démétrios, ce qui (faute de flux capacitor) ne peut être attribué qu’au désir de Zeus d’aider le héros dans sa quête identitaire en suivant la plus pure tradition des récits épiques. Certains ont reproché à Yamazaki d’utiliser deux fois la même technique pour mouvoir son récit mais quand l’on détient une formule gagnant pourquoi la changer? Mais peu importe l’artifice; ce que Yamazaki veut accomplir c’est de comparer les cultures de l’antiquité (romaine dans le cas de Thermae Romae et grecque pour Olympia Kyklos) avec celle du Japon. Ayant vécu tant au Japon qu’en Italie, Yamazaki avait remarqué plusieurs points de similitude entre ces cultures et a eut l’idée de s’en servir comme d’un miroir où le lecteur (à priori Japonais) peut se reconnaitre et se questionner.

Démétrios est un jeune homme athlétique mais qui n’est pas du tout intéressé aux sports. Tout ce qu’il veut c’est peindre sur des vases. Toutefois, le chef du village insiste pour qu’il participe à des compétitions. Quelques voyages dans l’espace-temps à Tokyo durant les préparatifs des jeux olympiques de 1964 lui font découvrir le sens des compétitions et l’esprit olympique, lui permettant de venir en aide à son village. 

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vol. 2, p. 8

Dans le second volume, Démétrios se retrouve devant un double dilemme: d’une part, son maître n’apprécie pas du tout son style de dessin et, d’autre part, le chef du village veut qu’il se consacre à la compétition en vue des jeux d’Olympie. Encore une fois c’est au Japon qu’il trouvera ses réponses: il découvre le manga et rencontre même Osamu Tezuka qui lui fait réaliser comment le dessin peut exprimer des sentiments. Il rencontre aussi le coureur Kokichi Tsubaraya qui subit tellement de pression pour participer aux Olympiques de Mexico en 1968 qu’il finit pas se suicider! Ici, Yamazaki réussi à simultanément rendre un superbe hommage à Tezuka pour le faire découvrir à une nouvelle génération de lecteurs et à aborder le thème très actuel de la santé mentale des athlètes! 

Dans le troisième tome, Démétrios visite encore Tokyo mais cette fois pendant les préparatifs pour les jeux de 2020. Il y découvre une société dénaturée où le matérialisme a effacé tout esprit communautaire. Pour perfectionner son art, il se rend à Athènes où il rencontre Platon qui est non seulement philosophe mais aussi lutteur et qui se plaint de la corruption et de la dépravation morale de la société. Il cherche une façon de convaincre ses concitoyens de mener une vie meilleure. Il rencontre Tezuka en rêve qui lui apporte des solutions. Une occasion pour Yamazaki de faire une réflection sur l’intégrité morale et l’importance de l’art dans la société…

Mari Yamazaki est une artiste accomplie qui nous offre, dans un style détaillé et précis, des récits qui non seulement sont divertissants par leur mise en situation humoristique mais également apte à nous faire réfléchir sur l’état de notre société. Un très beau et fort intéressant manga que j’ai trouvé plutôt agréable à lire. Comme toute oeuvre de Yamazaki, je le recommande fortement. Je viens d’ailleurs d’apprendre que le tome 10 de Pline, “Les fantômes de Néron”, est paru en septembre 2021 et que le tome 11 devrait paraître en mars 2022. J’ai bien hâte de lire la suite tant de Pline que de Olympia Kyklos.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2018 Mari Yamazaki.

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