Images du mer-fleuri [002.022.208]

Tulipa Vampire

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions. La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana. C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

La Vampire est une autre tulipe qui appartient à la division “Triomphe” (l’un des groupes les plus important et qui est lui-même l’hybridation des divisions “Simples hâtives” et “Darwin hybrides”). Celle-ci est caractérisée par une apparence plutôt traditionnelle mais elle est très robuste et résiste bien aux intempéries. Ce type de tulipe peut atteindre de vingt-cinq à cinquante centimètres de hauteur et fleurit de la mi à la fin du printemps. Toutefois, elles sont toxiques pour les animaux domestiques et les chevaux, et chez l’humain elles peuvent provoquer un malaise sévère en cas d’ingestion et une réaction cutanée allergique au contact. 

Sa coupe rouge-sang veiné de blanc sur la pointe des pétales — qui prennent ainsi vaguement l’apparence de crocs — a inspiré le nom de cette tulipe. C’est néanmoins une fleur qui adore le soleil et qui gagnera vos coeurs peu importe sa déclinaison: en bordures, en pots ou en fleurs coupées! De quoi ajouter du mordant à vos plate-bandes… (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Yawara! #4

Yawara-4-cov“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo. Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…! Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur, voir aussi  la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publié en français chez Big Kana. Il y a neuf volumes de paru jusqu’à maintenant et le dixième est annoncé pour octobre 2022. J’ai déjà commenté le premier, le second et le troisième volumes.  

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Vol. 4, page 4

Pour se qualifier pour les olympiques de Séoul Yawara participe à une série de dix tournois de judo tout en étudiant tard le soir pour se préparer à son examen d’entrée à l’université de Mitsuba. Toutefois, après que Jody ait été blessé durant un match contre une judoka russe un peu vicieuse, elle perd sa motivation. Et ses rivales ne se trouvent pas seulement sur les tatamis du dojo… Son grand-père fait tout pour la forcer à aller à l’Université de Saikai qui l’a accepté d’emblée pour qu’elle intègre leur club de judo. Distraite, elle se blesses même au poignet la veille de son examen! Réussira-t-elle son examen malgré la douleur?

Yarawa! est une comédie romantique de sport qui offre un beau style de manga classique et un récit à la fois captivant et amusant, parsemé de (controversés) clins-d’oeil coquins. C’est donc une lecture agréable et distrayante que je vous recommande (plus que seize volumes à lire!)…

Yawara t. 4, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana (Coll. Big Kana), avril 2021. 290 pages, B&W (xx pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.00 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8650-5, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Lire aussi mes commentaire sur les volumes précédents.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2013 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2021 pour l’édition française.  

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Monnaies anciennes 100

Pièce canadienne moderne (1)

Pré-confédération: Jetons

Déjà la centième entrée de cette chronique! Elle s’achèvera bientôt mais pas avant que je vous ai présenté mes plus anciennes pièces de l’époque moderne. Ce sont des pièces qui ont pour moi une grande valeur historique et sentimental car elles m’ont été transmise par mon père et que certaines d’entre elles lui ont sans doute été transmise par mon grand-père. Je débute avec des pièces canadiennes. Celles-ci ne sont pas, en fait, des pièces de monnaie mais des jetons et datent d’avant la Confédération.

Un jeton est une pièce métallique qui n’est pas frappée par le gouvernement mais par une entité privée (une compagnie ou une banque) pour servir de monnaie d’échange à des fins commerciales (monnaie de nécessité), de publicité, ou d’identification. Ils ont été utilisés au Canada au début des années 1800 lorsque le gouvernement Britannique ne réussissait pas à fournir un approvisionnement suffisant en monnaie de cuivre pour sa colonie, et pendant plus d’un demi-siècle, ils ont été presque le seul moyen de rendre la monnaie. Au début, on a simplement importé des jetons qui étaient utilisés en Grande-Bretagne. C’était pour la plupart des pièces portant un slogan ou une image populaire (comme celle de Wellington, le héros de la guerre péninsulaire). Il y avait une douzaine ou plus de variétés de la plupart de ces pièces, certaines avec juste une légère différence dans une partie de la conception. Plus tard, les marchands canadiens ont fait fabriquer des jetons localement, puis certaines banques et gouvernements coloniaux locaux sont intervenus et ont émis les leurs.

IMG_2629-2631La première pièce est un beau jeton d’un demi-penny (VG [Very Good], Cu [Cuivre], 28 mm (1 mm d’épaisseur), 8 g, axe: ↑↓). L’avers présente un buste de Arthur Wellesley duc de Wellington en habit militaire (j’omet des détails comme le nombre de couette de cheveux qui dépassent de la couronne de laurier [deux?] mais l’épaulette a sept pompons),  lauré (onze feuilles) à gauche, avec dessous deux brins de laurier croisés (ayant chacun sept feuilles), une bordure pleine, et l’inscription anglaise FIELD MARSHAL WELLINGTON. Le revers illustre Britannia assise à gauche, un bouclier (possiblement orné d’une croix de saint Georges dont le détail a disparu sur cette pièce) sur le côté gauche, tenant dans la main droite un brin d’olivier (composé de cinq feuilles) et un baton (ou une lance?) dans la gauche (au lieu d’un trident comme sur d’autres pièces), avec en exergue (au lieu d’une date) deux petits brins de laurier croisés (composé de cinq feuilles chacun), une bordure de pointillés, et l’inscription anglaise HALF PENNY TOKEN. 

La provenance de ces jetons est incertaine (probablement l’Angleterre, possiblement le Bas Canada). Souvent contre-frappé sur des pièces antérieures, ils ne semblent pas avoir été frappé spécifiquement pour le Canada mais y ont été en circulation dès le début de leur émission, entre 1812 et 1815 (possiblement 1813).

Il est a noter que le descriptif “beau” ou “très beau” en numismatique est un peu un abus de langage car il reste en fait peu de détails clairs sur la pièce, les reliefs étant usés parfois jusqu’à en être lisses. La pièce, même si elle comporte du dommage due aux chocs et des rayures, demeure néanmoins identifiable car les principales lignes du dessin demeurent visibles et les inscriptions lisibles.

Sources: Google, CoinCatalog, numista. Voir aussi ma fiche.

IMG_2643-2649La seconde pièce est aussi un beau jeton d’un demi-penny ou d’un sou (VG [Very Good], Cu [Cuivre], 28 mm (1 mm d’épaisseur), 8 g, axe: ↑↑). L’avers nous montre un habitant debout à droite, vêtu d’un habit traditionnel d’hiver (une tuque bleue, une redingote à capuchon, des mocassins de boeuf, une ceinture [fléchée ?] et un fouet), avec l’inscription française PROVINCE DU BAS CANADA (en haut; le sérif droit du “V” de “Province” semble aligné sur le dessus du “I”) et UN SOU (en bas). Le revers illustre les armoiries de la ville de Montréal inscrites sur le pourtour avec la devise CONCORDIA SALUS (“le salut par la concorde”), dessous, la banderole qui normalement contient la devise, présente plutôt le nom d’une des quatre banques émettrices (que l’usure rend malheureusement illisible dans ce cas-ci), avec les inscriptions anglaises BANK TOKEN (en haut) et 1837 / HALF PENNY. (en bas; une variante de ce type ne comporte pas le point après “PENNY”).

Les armoiries de la ville de Montréal illustrées ici sont celles conçues par Jacques Viger et adopté par le conseil de ville en 1833, illustrant un écu oval coupé par une croix transversale rouge (pour représenter le catholicisme et/ou l’Angleterre?) dont les cantons sont ornés (dans le sens des aiguilles d’une montre) d’une rose (celle des Lancaster pour représenter les anglais), d’un trèfle (pour les irlandais), d’un castor (pour les canadiens-français), et d’un chardon (pour les écossais).

En 1837 (ou, selon certain, l’année suivante), les quatre principales banques du Bas Canada (la Banque de Montréal, la Banque du Peuple, la City Bank et la Banque de Québec) émettent conjointement des jetons d’un penny et d’un demi-penny — toutefois il est incertain si ce fut avec ou sans le consentement du gouvernement. Comme l’avers représente un habitant en costume d’hiver, cette pièce est connue sous le nom soit de “Jeton habitant” ou de jeton “Papineau” parce que Louis-Joseph Papineau, qui a mené la rébellion des Patriote cette année-là, semble avoir été associé à ce type d’habit. Si il s’agit d’une pièce canadienne, elle aurait tout de même été frappée par Soho Mint (Boulton & Watt) en Angleterre et conçue par le graveur John Shaw.

Sources: Google, CoinsAndCanada, CoinsCatalog, numiscanada, numista. Voir aussi ma fiche.

IMG_2652-2662La troisième, et dernière, pièce est un très très beau penny (VF [Very Fine], Cu [Cuivre], 33 mm (2 mm d’épaisseur), 15 g, axe: ↑↓). L’avers représente saint George (à cheval, vêtu d’un casque à cimier, une épée dans la main droite), à droite, terrassant le dragon (piétiné par son cheval), entouré de l’inscription anglaise (encadré par deux fleurons) ❀ BANK OF UPPER CANADA ❀ (en haut) et 1857 (en bas). Le revers illustre une partie des armoiries du Haut Canada (une épée croisée avec une ancre emmêler de cordage et un calumet de paix debout, le tout enfilant une couronne d’olivier et étant surmonté de la couronne royale) au dessus de deux cornes d’abondances croisées, et un drapeau Britannique plié en triangle dans le haut du champs droit, avec l’inscription anglaise (en haut, entouré de trois fleurons)  BANKTOKEN ❀ et ONE • PENNY (en bas; il existe une variante sans le point).

Suite aux rébellions de 1837-38 (qui eurent lieu tant au Haut-Canada qu’au Bas Canada) et au rapport Durham déposé en 1839, les colonies du Bas et du Haut-Canada (aujourd’hui le Québec et l’Ontario) sont fusionnées en 1840-41 pour former le Canada-Uni ou la “Province du Canada”.  L’adoption subséquente du “Rebellion Losses Bill” en 1849 provoque la colère de loyalistes anglais et durant ces émeutes les édifices législatifs de Montréal sont incendiés. Le siège du gouvernement et la capitale de la province est donc déplacé à Toronto et le privilège de frapper des pièces de cuivre (les jetons), qui appartenait jusqu’alors à la Banque de Montréal, passe maintenant à la Banque du Haut-Canada, devenu le banquier officiel du gouvernement. La banque produit de la “monnaie” entre 1850 et 1857 mais la frappe comme telle est encore faite en Angleterre soit par la Royal Mint à Londres ou par la Heaton’s Mint à Birmingham (les deux productions peuvent être distinguées par le fait que la première utilise une “frappe médaille” [à 12h ou ↑↑] et que la seconde utilise une “frappe monnaie” [à 6h ou ↑↓]). La production cesse après 1857 car on considérait introduire la décimalisation dans la monnaie canadienne (ce qui ne fut accompli dans le Royaume-Unis qu’en 1971!). L’organisation du monnayage changera aussi avec la Confédération en 1867…

Ce superbe jeton du Haut Canada fut frappé en 1857 (par la Heaton’s Mint). Il a été conçu par la graveur John Pinches d’après les dessins que Benedetto Pistrucci avait réalisé pour des pièces britanniques. Elle est surnommée la “pièce de St. George” (ou même parfois “Dragonslayer”). C’est une pièce qui est considérée relativement rare.

Dans le cas du descriptif “très très beau” il est à noter que si toutes les parties du dessin sont claires, elles ne sont toutefois pas tout à fait nettes. On retrouve également des signes distincts d’usure sur les parties les plus hautes de la surface.

Sources: Google,  CoinsAndCanada, CoinsCatalog, numista, SaskatoonCoinClub. Voir aussi ma fiche.

Bibliographie:

La semaine prochaine je vous présente une série de sous noirs (One Cent) datant d’après la Confédération et émis sous trois monarques britanniques différents.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.201]

Xerochrysum bracteatum

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2022/07/01 ]

L’immortelle à bractées (appelé en anglais Strawflower et ムギワラギク [Mugiwaragiku] en japonais) est une espèce de plante herbacée vivace qui appartient à la classe des Equisetopsida, à l’ordre des Asterales, à la famille des Asteraceae, à la sous-famille des Asteroideae, à la tribu des Gnaphalieae et au genre Xerochrysum (qui comprend une douzaine d’espèces, toutes natives de l’Australie). Le nom du genre provient du grec (ξηρός / xeros / “sec” et χρυσός / chrysos / “doré“) alors que celui de l’espèce provient du latin et signifie simplement bractées — dans les deux cas une référence à ce que les gens méprennent souvent pour des pétales mais qui sont en fait des feuilles colorées.

Cette plante est caractérisée par une tige dressée (de vingt à quatre-vingt centimètres de haut), portant des feuilles lancéolées (de deux à dix cm de long par deux cm de large) et se terminant au sommet par une inflorescence. Cette-ci est constitué d’un capitule de trois à sept centimètres de diamètre, composé d’un disque centrale contenant un grand nombre de petits fleurons jaunes ou blanc dorés (ceux en périphérie sont femelle alors que ceux du centre sont bisexués), entourés un involucre de bractées (des rangées de petites feuilles rigides qui ont la consistance du papier et qui, repliés, protègent les fleurons avant la floraison qui se produit du printemps à l’automne). Elle est cultivé comme plante ornementale et a été développée en de nombreux cultivars. Ici il s’agit des cultivars “Monstrosum Fireball“ et “Copper Red“. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Isabella Bird #8

IsabellaBird-8-cov“À Akita, Isabella croise à nouveau la route du Dr Kobayashi, que James Hepburn a chargé d’une mission : veiller sur la santé fragile de l’exploratrice ! Elle apprend que sir Harry Parkes a également négocié avec les autorités pour lui apporter l’aide de la police.

Il ne reste qu’un seul obstacle à la découverte d’Ezo : Charles Maries, l’ancien employeur d’Ito, est toujours décidé à récupérer son boy. Mais les deux voyageurs ont réglé leurs différends et sont prêts à tout pour le convaincre d’abandonner… De quoi partir sur de bonnes bases pour finir la traversée de la plus grande île du Japon !

Lancez-vous à la découverte d’un Japon traditionnel désormais disparu à travers les yeux de l’intrépide Isabella Bird ! Basé sur les écrits réels de l’aventurière, Isabella Bird, femme exploratrice est un récit passionnant sur la rencontre de deux mondes, dessiné avec un rare souci du détail par Taiga Sassa, nouveau talent prometteur !”

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

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Vol. 8, page 27

Isabella Bird, femme exploratrice (ふしぎの国のバード / Fushigi no Kuni no bādo [Bird] / littéralement: “Bird au pays des merveilles”) nous offre le récit de voyage de la célèbre exploratrice britannique au Japon du début de l’ère Meiji en se basant sur sa correspondance avec sa soeur Henrietta qui fut publiée en 1880 sous le titre Unbeaten Tracks in Japan. Écrit et dessiné par Taiga Sassa, ce manga seinen historique a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Harta (Enterbrain), puis compilé en volumes chez Kadokawa. Le premier volume est paru en mai 2015 et le plus récent volume, le neuvième, est paru au Japon en février 2022.

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Vol. 8, page 44

Forcé de rester à Akita à cause du mauvais temps, Isabella en profite pour continuer de prendre des notes sur les coutumes locales notamment celles du mariage (se noircir les dents, le vol d’épouse) et de l’hygiène personnelle (brossage de dents, manucure, soins capillaire, etc.). Lorsque la pluie cesse enfin ils peuvent reprendre leur route mais les rivières sont gonflées et encombrées de débris ce qui rends leur traversé à guai impossible. Heureusement, ils rencontrent des bateliers courageux qui acceptent de les prendre comme passagers pour un périple dangereux sur le fleuve Yoneshiro de Kiriishi jusqu’à Kotsunagi. Ils évitent la catastrophe de peu… Arriveront-ils dans les délais à Hakodate, où le docteur Hepburn les attends pour soigner Isabella?

Le récit semble s’écarter un peu de l’oeuvre originale en ajoutant des anecdotes culturels intéressants mais demeure toujours aussi agréable à lire. La qualité du dessin, avec son style précis et détaillé, y est sans doute pour beaucoup. C’est un très bon manga qui nous offre une expérience de lecture à la fois distrayante et très instructive. Je le recommande fortement, surtout pour les amateurs d’histoire et de culture Japonaise.

Isabella Bird, femme exploratrice T.8 par Taiga SASSA. Paris: Ki-oon (Coll. Kizuna), décembre 2021. 208 pg, , 13 x 18 cm, 7,90 € / $14.95 Can., ISBN 979-10-327-1040-1. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Lire aussi mes commentaires sur les volumes précédents.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© Taiga Sassa 2021.

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Elle et son chat

ElleEtSonChat-cov“Chobi savoure sa vie de chat auprès de la maîtresse qui l’a recueilli, une jeune femme connaissant à la fois les avantages de l’indépendance et les affres de la solitude.  Les yeux du félin assistent à ce quotidien qui s’écoule lentement, oscillant entre moments chaleureux et moments teintés d’amertume, entre jours de soleil et jours de pluie. 

Dans cette adaptation en manga du court-métrage Elle et son chat , la poésie du réalisateur Makoto Shinkai ( Les Enfants du Temps , your name. ) est littéralement sublimée par le trait délicat de Tsubasa Yamaguchi ( Blue Period ).

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

ElleEtSonChat-p020

Page 20

Miyu est une jeune femme qui vit seule en appartement car sa mère se remarie et elle ne veut pas rester avec elle. Après le collège est s’est trouvé un travail mais a de la difficulté à s’adapter au monde des adultes et à communiquer avec les autres. C’est pour cela qu’elle reste célibataire. Elle évite de parler à sa mère et ne réussi même pas à parler de ses problèmes avec Tomoka, une amie d’enfance qu’elle voit de temps en temps… Elle est triste et se sent terriblement seul. Le seul à l’aimer, à percevoir sa détresse et lui offrir un peu de réconfort est Chobi, le jeune chat qu’elle a recueillie. Une histoire d’ambiance raconté du point de vue du chat.

Elle est son chat (彼女と彼女の猫 / Kanojo to Kanojo no Neko / lit. “la jeune fille et le chat de la jeune fille”) est un manga seinen écrit par l’animateur Makoto Shinkai et illustré par Tsubasa Yamaguchi (qui est surtout connu pour son manga Blue Period, que j’ai déjà commenté). Il a été prépublié dans le mensuel Afternoon entre avril à juillet 2016, puis compilé en un tome unique chez Kodensha en août 2016. Il a été traduit en anglais chez Vertical en août 2017, puis en français chez Pika Édition en septembre 2021.

Un charmant manga sur la solitude et la thérapie animale dessiné dans un style assez classique et simple. Le dessin supporte bien le récit mais les personnages sont parfois bizarres et il y manque un petit quelques choses pour que l’on ressente vraiment les émotions du personnage. Ce n’est pas comparable à la beauté et à la poésie du dessin original de Makoto Shinkai (dont la force, il faut l’avouer, est dans les paysages et les arrières-plans; il ne montre d’ailleurs jamais le visage de “Elle”). Cela reste néanmoins une lecture agréable, mais un peu courte…

Ce qui est vraiment notoire dans ce manga c’est qu’il adapte une animation de Makoto Shinkai en noir & blanc d’un peu moins de cinq minutes (on peut d’ailleurs la visionner sur Youtube) et qui a lancé sa carrière d’animateur. Après avoir gradué à l’Université Chūō en littérature, il a travaillé comme animateur et graphiste pour la compagnie de jeu vidéo Nihon Falcom. Après s’être amusé dans ses temps libre à produire deux animations d’une ou deux minutes (囲まれた世界 / The World be Enclosed et 遠い世界 / Other Worlds) il s’est essayé en 1999 à faire une animation de cinq minutes (utilisant After Effects, Illustrator et LightWave), chez lui (avec l’aide de quelques collaborateurs pour la voix de la jeune femme et la musique). Il l’a distribué par lui-même en faisant des copies CD-R qu’il vendait dans les conventions comme Comiket et sur son site web. Ainsi, Elle et son chat a remporté le prix d’animation DoGA CG en 2000. Cela lui a apporté une certaine visibilité et une offre de la compagnie de production CoMix Wave de travailler sur d’autres projets comme The Voices of a Distant Star (ほしのこえ / Hoshi no koe / lit. “Voix d’une étoile lointaine“, 2002, 25 min.), La Tour au-delà des nuages (雲のむこう、約束の場所 / Kumo no mukō, yakusoku no basho / lit. “Au-delà des nuages, l’endroit promis“, 2004, 91 min.), 5 Centimètres par seconde (秒速5センチメートル / Byōsoku Go-Senchimētoru, 2007, 65 min.), Voyage vers Agartha (星を追う子ども / Hoshi o ou kodomo / lit. “L’enfant qui chasse l’étoile”, 2011, 116 min.), The Garden of Words (言の葉の庭 / Koto no ha no niwa / lit. “Jardin des mots”, 2013, 46 min. — voir mon commentaire), Your Name. (君の名は。/ Kimi no na wa. / lit. “Ton nom est”, 2016, 107 min. — voir mon commentaire sur l’anime et le manga), Les Enfants du Temps (天気の子 / Tenki no ko / lit “Vieillir avec toi”, 2019, 112 min. — voir mon commentaire sur le manga), et Suzume no tojimari (すずめの戸締まり / Suzume Locking Up the Doors, qui devrait paraître au Japon le 11 novembre 2022).

Elle et son chat a également fait l’objet d’une novelisation par Makoto Shinkai et Naruki Nagakawa publié au Japon en 2013 chez Kanzen et qui a été traduite en français en 2021 chez Charleston [ AmazonGoodreadsNelliganWorldCat ] et à paraître en anglais en novembre 2022 chez Atria. Une série animée pour la télévision (un antépisode en quatre parties de huit minutes chacune intitulé She and her cat: Everything Flows) a également été diffusé en mars 2016 sur la chaine Tokyo MX au Japon, sur Crunchyroll à l’extérieur de l’Asie et disponible en Blu-Ray chez Diskotek. 

Elle et son chat par Makoto Shinkai (scénario) & Tsubasa Yamaguchi (dessin). Vanves: Pika Édition (Coll. Pika Seinen), septembre 2021. 164 pages, 13.3 x 18.1 cm, 7 € 50 / 12,95 $Can, ISBN 978-2-8116-5778-9. Pour un lectorat adolescent (13+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© Makoto Shinkai / CWF • S&HC EF Film Partners / Tsubasa Yamaguchi 2016. All rights reserved.

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Image du chat-medi [002.022.197]

Réfugié dans la jungle / Jungle refugee

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[ iPhone 13 Pro, hortus meus, 2022/07/16 ]

Un petit chaton gris (abandonné? négligé? perdu?) a trouvé refuge dans la diversité de mon jardin… ❖ A little gray kitten (abandoned? neglected? lost?) found refuge in the diversity of my garden… ❖ Un gattino grigio (abbandonato? trascurato? smarrito?) ha trovato rifugio nella diversità del mio giardino… ❖ 小さな灰色の子猫(捨てられた?無視された?失われた?)が私の庭の多様性に避難所を見つけました…

Monnaies anciennes 99

Pièce de la Renaissance (1):

Maximilien de Bethune

IMG_2365-2370Cette pièce de monnaie de la Renaissance est un très beau double tournois (F [Fine], Cu [Cuivre], 20 mm [0.79 po], 3.0873 g, payé environ $6 [30 FF], caractérisé par une patine brune tâchée de vert-de-gris; die-axis: ↑↓). L’avers présente, dans un cercle, un buste barbu à droite de Maximilien de Béthune, portant une large fraise et un manteau recouvert de mouchetures d’hermine, avec l’inscription française (débutant à 6h avec un fleuron) ❀ • MAXI • D • BETHVNE • P • S • DENRIC • (pour “MAXImilien De BETHUNE Prince Souverain D’hENRIChemont”). Le revers illustre un petit écu d’Henrichemont au centre, entouré dans le champ par huit lys (⚜︎), avec l’inscription française (débutant à 12h par une croix pattée) ✠ • DOVBLE • TOVRNOIS • 1636 • L •.

Le double tournois valait deux deniers tournois (un sixième de sou). À l’origine (du XIIIe au XVIe siècle) il était frappé sur un flan de billon mais par la suite, lorsque sa production se mécanise sous Henri III, on utilise du cuivre pur. C’est une dénomination qui était utilisée non seulement par le royaume de France mais également par de nombreuses principautés qui en parsemaient encore le territoires. Elle fut abandonné sous Louis XIV alors qu’elle est supplantée par le liard (qui vaut trois deniers tournois ou un quart de sou). Le “L” à la fin de l’inscription du revers est une marque de graveur, pour Jean Levrat qui fut maître de la Monnaie à Henrichmont en 1636-1637. Il semble que cette pièce ait été frappée avec deux types: l’un avec trois lys (type 1) et un avec huit lys (type 2). Il existe également sept variantes de la titulature de l’avers (noté de “a” à “g”) ainsi que deux de l’inscription du revers (présence d’un point () [1] ou pas [2] à la fin). Dans ce cas-ci il s’agit de la variante “d1” — qui serait la deuxième variante la plus fréquente (représentant environ le quart des pièces répertoriées).

Évidemment, j’exagère un peu quand je dis que c’est une pièce de la Renaissance puisque la Renaissance Française, qui a débuté vers le milieu ou la fin du XVe siècle, s’est terminé au début du XVIIe siècle. Cette pièce s’inscrit donc plus dans la période de l’Ancien Régime (et le début de l’ère moderne qui se situe entre l’âge des grandes découvertes et la révolution française). La pièce présente d’ailleurs déjà toutes les caractéristiques des pièces de monnaie modernes: un avers avec le portrait et la titulature du pouvoir émetteur et un revers qui indique sa valeur et une datation précise. Ce double tournois a donc été frappé sous l’autorité de Maximilien de Béthune, dans sa principauté de Henrichmont, en l’an 1636. 

Maximilien de Béthune, duc de Sully (parfois simplement appelé Sully), est d’ailleurs une figure bien connue de l’Histoire française. Il est né le 13 décembre 1559 à Rosny-sur-Seine dans une famille calviniste descendant des comtes d’Artois. Il a été le compagnon d’armes de Henri III de Navarre (Henri IV de France), puis son conseillé et finalement Ministre des Finances (de 1598 à 1611). En plus de ses charges (Surintendant des fortifications) et de ses titres militaires (Grand maître de l’artillerie, maréchal de France), il cumule de nombreux titres, entre autres, ceux de Pair de France, marquis de Rosny, duc de Sully, et prince souverain d’Henrichemont et de Boisbelle. Il possède déjà de nombreuses propriétés mais agrandit aussi son duché (dont le siège est à Sully-sur-Loire, en Orléanais) par l’acquisition de nouveaux territoires dans la province de Berry pour se créer un véritable fief. Ainsi, en août 1605, il acquiert du duc de Nevers, Charles de Gonzague, la seigneurie souveraine de Boisbelle pour y construire une ville nouvelle qu’il dédiera à son roi et nommera Henrichemont. Si le développement de la ville ne se déroule pas comme il espérait, elle comporte néanmoins déjà un atelier monétaire qui produira des monnaies entre 1635 et 1656. Après l’assassinat de son roi en 1610 et un désaccord avec la régente, Marie de Médicis, il abandonne ses fonctions pour vivre dans son domaine, loin de la cour. Il meurt au château de Villebon le 22 décembre 1641 et est enterré à Nogent-le-Rotrou (ses cendres seront rapatriées à Sully-sur-Loire en 1999). Étant donné que cette pièce de monnaie a été frappé par une principauté (et non par le royaume), on peut encore la considérer comme une monnaie féodale.

Sources: Wikipedia (Maximilien de Béthune [FR/EN], Double tournois, Principauté souveraine de Boisbelle, Henrichemont [FR/EN]), Google, CGB, Numista (type 1, type 2). Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine, pour terminer cette chronique sur la monnaie ancienne, je vais commencer à vous présenter des pièces de monnaie modernes du Canada et d’Europe (moderne mais tout de même du XVIIIe et XIXe siècle). Toutefois, elles ont pour moi une valeur très personnelle car je ne les ai pas acquise mais j’en ai hérité. Ce sont des pièces qui appartenaient à la collection de mon père (et probablement aussi de mon grand-père).

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.194]

Tulipa Dynasty

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions. La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana. C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

Cette tulipe appartient à la division “Triomphe” (l’un des groupes les plus important et qui est lui-même l’hybridation des divisions “Simples hâtives” et “Darwin hybrides”) qui est caractérisée par une apparence plutôt traditionnelle mais qui est très robuste et résiste bien aux intempéries. Ce type de tulipe peut atteindre de vingt-cinq à cinquante centimètres de hauteur et fleurit de la mi à la fin du printemps. Toutefois, elles sont toxiques pour les animaux domestiques et les chevaux, et chez l’humain elles peuvent provoquer un malaise sévère en cas d’ingestion et une réaction cutanée allergique au contact. 

DSC_2555La tulipe “Dynasty” est l’archétype même du genre tulipa. Elle est caractérisée par de larges fleurs d’un beau rose (qui s’approfondit avec la maturation) marqué d’une flamme ivoire tirant sur le jaune. Ses couleurs lumineuses et sa durabilité en font l’une des préférées du public et des jardiniers que ce soit en plate-bandes, en bordures, en pots ou en fleurs coupées. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Avaler la terre

AvalerLaTerre-cov“— Tu devrais essayer de voir plus grand !
— Oh, mais je vois très grand… Moi, mon rêve, c’est d’ava­ler la Terre entiè­re…
— Ça ne t’in­té­res­se­rait pas de rencon­trer la plus belle femme du monde plutôt ?
— Les femmes, ça ne me dit rien…
— Elle s’ap­pelle Zéphy­rus et loge à l’hô­tel Ômura. Tu vas te débrouiller pour faire sa connais­san­ce… Pour ça, tu rece­vras trois cent mille yens à une condi­tion toute­fois : décou­vrir qui elle est en réalité.

En 1968, Tezuka imagine une destruc­tion concer­tée du monde, qui commen­ce­rait par l’argent et la morale.

[Texte du site de l’éditeur et de la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

AvalerLaTerre-018

Page 18

Zephyrus, une belle femme, perd sa fortune et son père bien-aimé par les ruses de son ambitieux mari. Ses sept filles, qui se font appeler Zephyrus comme leur mère, promettent de se venger des hommes et des sociétés civilisées du monde entier qui ont causé la mort de leur mère et ruiné leur vie. Pour ce faire, elles inventent un peau synthétique, le dermoïde Z, qui permet à quiconque qui peut se la payer de prendre n’importe quelle apparence. D’abord utilisé à des fins esthétique, elle devient rapidement un instrument qui permet de réaliser des crimes en toute impunité. Zephyrus elles-même l’utilisent pour se donner une beauté qu’aucun homme (ou presque!) ne peut résister afin de les séduire, les contrôler et, ultimement, les punir. La deuxième phase de leur plan est d’inonder les marchés financiers avec des tonnes d’or qu’elles ont découvert sur une île du Pacifique ayant jadis appartenu à l’Empire de Mu. C’est alors le crash financier, l’or et les devises qui y sont liées étant dévalués jusqu’à ne plus rien valoir, et le monde moderne chavire dans l’avarice, la criminalité et la barbarie! Ce plan aurait été parfait si ce n’est de l’inégalable Seki Gohonmatsu qui demeure insensible au charme des femmes et qui n’aspire qu’à boire de l’alcool en si grande quantité qu’il pourrait en avaler la Terre entière. Cela lui donne courage et force, s’opposant à la conspiration des soeurs Zephyrus ne serait-ce que pour qu’elles le laisse en paix. Cependant, tant la soeur cadette, Milda, que leur mentor, miss Monte Christos, se trouvent ébranlées par l’innocence et l’intégrité de Gohonmatsu et en tombent amoureuses… La fin ne pourra être que tragique…

Avaler la Terre (地球を呑む / Chikyû wo Nomu) est un manga seinen par Osamu Tezuka qui a d’abord été publié en feuilletons dans le magazine Big Comic entre avril 1968 et juillet 1969 avant d’être compilé en deux volumes (tankobon) chez l’éditeur Shogakukan en mai et juin 1977. Il a connu une réédition en un volume (bunkoban) en septembre 1994, puis à nouveau en deux volumes en 2006. Il a été publié en français chez Milan en 2006 (deux volumes) puis en anglais chez Digital Manga en juin 2009 (un volume). Il également été réédité en français en un seul volume chez les Éditions FLBLB.

Osamu Tezuka, au Japon, est considéré comme le dieu du manga car il en a pratiquement inventé le genre. Bien sûr son style de dessin peut paraître vieillot et caricatural avec ses grands yeux et la simplicité de trait — après tout, au début de sa carrière,  il s’est beaucoup inspiré des dessins animés des Studios Fleischer, comme Betty Boop, et surtout de Walt Disney. Et c’est sans doute pour cela que son oeuvre est souvent négligé en Occident. Il a pourtant toujours produit des récits qui, malgré ses personnages caricaturaux et l’humour presque “slapstick”, abordaient des sujets vraiment sérieux. Si l’on regarde au-delà du style, son oeuvre est très intéressante et a toujours un petit aspect moralisateur, voir pédagogique.

C’est le premier récit d’envergure que Tezuka destine à un public plus âgé (jeune adulte, masculin; i.e. “seinen”). Alors que le Japon connait une explosion de prospérité d’après-guerre, Tezuka fait une mise-en-garde en dépeignant avec beaucoup d’ironie une société devenue dépravée à cause des femmes scandaleuses, de l’argent et de la politique corrompue. Évidemment, certains concepts peuvent nous paraître dépassés ou même choquants. Tezuka est, après tout, un homme de son époque: le Japon était alors une société patriarcale où le rôle de la femme est reproductif et décoratif. L’image qu’il donne aussi de la ségrégation raciale aux État-Unis peut paraître exagérée (presqu’hilarant) mais c’est sa façon de la critiquer. 

Le récit m’est apparu plutôt inégal au début mais Tezuka en explique la raison en post-face. La plupart des mangaka de l’époque publiaient des séries où chaque épisode constituait un récit indépendant mais Tezuka (à la demande de son éditeur) s’est distingué en présentant pour la première fois avec Avaler la Terre une histoire avec des épisodes à suivre. Inévitablement, comme le récit s’étire, les lecteurs perdent un peu intérêt et cessaient de suivre. Pour contrer cela, Tezuka à introduit quelques épisodes indépendants au milieu du récit.

Ce genre d’histoire me rappel étrangement la quatrième saison de la série télévisée Westworld… Que ce passerait-il si quelqu’un remplaçait un groupe de politicien ou en prenait le contrôle d’une façon ou d’une autre, comme pour orchestrer un coup d’état et un virage à droite rétrograde, voir autodestructeur? En fait cela a déjà été fait avec le série télé humoristique (hilarante et plutôt originale) BrainDead! Et l’on pourrait croire que ces derniers temps c’est aussi le cas avec l’aile trumpiste du parti républicain… Malgré tout c’est Tezuka qui reste le plus original puisqu’il a imaginé et publié ce manga à la toute fin des années soixante!

Avaler la Terre nous présente un récit de vengeance, doublé d’un complot de fin du monde, qui offre de l’action et du suspens mais aussi beaucoup de sensualité et d’humour. C’est une série ambitieuse que Tezuka considère comme parmi ses oeuvre les plus importantes. Hélas! Ce genre de manga n’attire pas les foules — heureusement qu’il y a des éditeurs qui en reconnaissent l’importance historique et ont le courage d’en faire la traduction — donc un grand merci à FLBLB! Malgré la complexité du récit et le style caricatural, c’est un excellent manga, agréable et intéressant à lire. Une oeuvre de Tezuka mérite toujours d’être lue.

Avaler la terre (Intégrale), par Osamu Tezuka (Traduit du japo­­nais par Jacques Lalloz et Patrick Honnoré). Poitiers: Éditions FLBLB, septembre 2021. 520 pages, 15,5 × 22 cm, 20€ / $36.95, ISBN 978-2-35761-307-2. Pour lectorat adolescent (14+). stars-4-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

© 2021 by Tezuka Productions. All rights reserved.

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Pictorial chronicles [002.022.191]

Otium et Lectio

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[ iPhone 13 Pro, domus, 2022/07/10 ]

Aujourd’hui est la journée idéale pour se complaire dans l’oisiveté et la lecture d’un bon manga, confortablement assis sur ma terrasse fleurie et tout en écoutant du enka sur Apple Music… Que la vie peut être douce parfois…

Today is the perfect day to indulge in idleness and read a good manga, comfortably seated on my flowery terrace and while listening to enka on Apple Music… How sweet life can be sometimes…

Oggi è il giorno perfetto per abbandonarsi all’ozio e leggere un bel manga, comodamente seduti sul mio terrazzo fiorito e ascoltando l’enka su Apple Music… Come può essere dolce la vita a volte…

今日は、花の咲くテラスに座って、アップルミュージックでエンカを聴きながら、怠惰にふけり、良い漫画を読むのに最適な日です。

Monnaies anciennes 98

Pièce médiévale (1)

Saint-Martin de Tours

IMG_2356-2361Cette pièce médiévale est un bon exemple de monnaie féodale. C’est un très beau denier (F [Fine], Bi [Billon roux — alliage de Cu, Zn et moins de 20% d’Ag], 18 mm [0.71 po], 0.9466 g, payé environ $6 [30 FF], caractérisé par un flan très mince et une patine brunâtre tâchée de vert-de-gris (preuve d’une part importante de cuivre dans l’alliage); die-axis: ↑←). L’avers illustre un Châtel (château) tournois (formé de deux tours avec des boules), surmonté d’une croix, avec l’inscription latine S[an]C[tv]S MARTINVS (“Saint Martin”). Le revers présente une grande croix pattée avec l’inscription latine ✠ TVRONVS CIVI[s] (“Cité de Tours”).

Martinus Turonensis meurt à Candes le 11 novembre 397 et est enterré à Tours où il sera adoré comme Saint. En 470, l’évêque Perpétuus fait construire une grande basilique sur l’emplacement du tombeau. C’est là que, en 508, Clovis reçoit les pouvoirs consulaire de l’empereur d’Orient Anastase Ier et qu’il célèbre son triomphe sur les Wisigoths. Une abbaye y est établie vers le milieu du VIe siècle mais, suite aux réformes de Pépin le Bref qui imposaient la règle de saint Benoît à tous les monastères, la communauté des clercs devient une “collégiale” de chanoines en 817. A cette époque le pouvoir est divisé en petites comtés. Dès le Xe siècle, Tours est l’une des première cité à frapper monnaie mais le denier tournois sera rapidement imité (on retrouve donc le denier provinois en Champagne, le denier angevin en Anjou, le denier tolosain à Toulouse, etc.). Toutefois, au début du XIIIe siècle (1204), Philippe Auguste se saisit de la région et dès lors la monnaie portera sur l’avers sa titulature: PHILLIPVS REX.

Ce denier tournois a donc été frappé à Tours entre le Xe siècle et la fin du XIIe siècle (mais il est plus probable qu’il a été frappé durant le XIIe siècle).

Sources: Wikipedia (Martin de Tours, Basilique Saint-Martin de Tours, denier tournois), Google, CGB, Numista, numismatics. Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine je vous présente une pièce de monnaie de la Renaissance.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.187]

Rosa Peace

DSC_2811

[ Nikon D3300, Jardin botanique, 2022/07/01 ]

DSC_2812Les rosiers (ou églantiers) appartiennent à un genre (Rosa) de plantes à fleurs de la classe des Magnoliopsida, de la sous-classe des Rosidae, de l’ordre des Rosales et de la famille des Rosaceae. Il en existe plus d’une centaine d’espèces qui se divisent en sous-genres, en sections et en groupes (selon leurs caractéristiques: grimpant, remontant, la forme de la fleur, etc.) et qui ont produits sans doute le plus grand nombre d’hybrides et de cultivars du monde végétal! Ainsi, des groupes de cultivars comme les hybrides de thé (caractérisé par leurs grandes fleurs) ont été créé par le croisement de Rosa ×odorata × rosier Bourbon.

Ce  cultivar a été créé en 1935 par le rosiériste français Francis Meilland et est le résultat d’un complexe croisement [[(‘George Dickson’ × ‘Souvenir de Claudius Pernet’) × (‘Joanna Hill’ × ‘Charles P. Kilham’)] × ‘Margaret Mc Gredy]. Il la nomme “Madame Antoine Meilland” en l’honneur de sa mère (Claudia Dubreuil, elle même fille de rosiériste) et l’envoi à d’autres rosiéristes pour qu’elle soit homologuée. Toutefois, les communications étant lentes durant la guerre, une entreprise américaine la nomma “Peace” car elle avait été présenté à American Rose Society le jour même de la chute de Berlin aux mains des alliés (29 avril 1945). 

C’est une variété d’hybride de thé tétraploïde qui forme un arbuste vigoureux et résistant pouvant atteindre jusqu’à quatre-vingt-dix centimètres de hauteur, avec un feuillage vert vif et de une à trois fleurs doubles (d’une quarantaine de pétales) par tiges qui s’ouvrent grande (une quinzaine de centimètres environ), en coupe. La couleur varie beaucoup selon les conditions du sol (généralement d’un jaune ou crème, ourlé de carmin) et la floraison persiste d’avril à octobre. C’est une variété célèbre, très prisée et primée, qui peut être utilisée en jardin, en pots, et en bouquets de fleurs coupées, et qui a servie de base pour créer de nombreux autres hybrides. (Sources: Wikipedia [FR/EN] et divers sites horticoles).

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Suite Française: Tempête en Juin

SuiteFrancaise-cov“Une décennie après le triomphe mondial de Suite française, roman miraculeusement réchappé de l’oubli, prix Renaudot 2004, Emmanuel Moynot s’empare du premier volet du diptyque, Tempête en juin. Sous sa plume acérée, le classique d’Irène Némirovsky trouve sa dimension visuelle. Comme dans un film de Renoir ou d’Altman, les personnages, les trajectoires, les destinées se heurtent et s’emmêlent sur les routes de l’Exode de juin 1940, traçant le portrait de ces heures noires où il a semblé que la donne sociale, morale, nationale se rebattait intégralement. Les figures inoubliables qui peuplent les pages de Némirovsky prennent corps. On retrouve comme si on les avait toujours connus le banquier Corbin, le gentil couple Michaud, la tribu des Péricand, l’infortuné abbé Philippe, la frivole Arlette Corail, le sinistre Corte et sa maîtresse écervelée, tous les autres, les perdants, les affreux, les purs et les morts de cette débâcle française. Et l’on découvre au passage que l’auteur de David Golder – dont on connait la passion pour la narration cinématographique – aurait fait une grande scénariste.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Suite à l’invasion de la Pologne, le Royaume-Unie et la France déclarent la guerre à l’Allemagne nazie le 3 septembre 1939 mais ce n’est que le 10 mai 1940, après ce qu’on a appelé une “drôle de guerre”, que les Allemands se lancent à la conquête de l’ouest en une “guerre-éclair”: ils traversent les Ardennes au Luxembourg et en Belgique, font une percée à Sedan, si rapidement que c’est la débâcle chez les alliés. Les Britanniques, acculés à Dunkerque, doivent évacuer dès le 26 mai. La bataille de France se transforme en une “étrange défaite” alors que les Allemands marchent dans Paris le 14 juin et que la France doit accepter un humiliant Armistice signé le 22 juin 1940. Sous le gouvernement de Pétain, puis celui de Laval (Régime de Vichy), la France est alors divisée par une ligne de démarcation entre une “Zone Occupée” au nord et une “Zone Libre” au sud. C’est dans ce contexte que se déroule le récit…

La nouvelle de la débâcle de Dunkerque et de l’approche allemande pousse de nombreux Parisiens à l’exode vers le sud afin de fuir les combats et l’inévitable occupation. Nous suivons ainsi une vingtaine de personages qui tentent de fuir Paris puis, pour la plupart, qui y reviennent lorsqu’ils apprennent que la ville a été épargnée de la destruction. Le récit trace un intéressant portrait de la société française de l’époque mais le fait de constamment alterner d’un groupe de personnages à l’autre rend le tout un peu confus. Toutefois, avec son style sombre mais réaliste — un dessin un peu brouillon et en tons de gris, très populaire ces temps-ci mais qui m’agace beaucoup — Moynot (surtout connu pour avoir reprit Nestor Burma après Tardi) fait un excellent travail pour illustrer les petits drames de chacun exacerbés par la guerre. C’est une intéressante bande-dessinée pour l’amateur d’histoire que je suis, avec un bon récit (mais sans plus). Toutefois, ce qui rend ce titre fascinant c’est l’oeuvre dans laquelle il s’inscrit.

Irène Némirovsky est une émigrée Ukrainienne qui s’installe à Paris au début du siècle. Elle y entreprend une carrière littéraire (en publiant une quinzaine de courts romans dont David Golder est le plus connu). En juin 1940, comme beaucoup de français, elle fuit Paris avec son mari Michel Epstein et leur deux filles pour s’installler à Issy-l’Évêque (dans le Morvan) qui se retrouvera en territoire occupé après l’armistice. Elle continue d’écrire, débutant entre autre un projet de cinq romans s’inspirant de ce qu’elle a vécu et observé au cours de l’exode de juin et de l’occupation allemande. Elle termine la première partie, Tempête en juin (traitant de l’exode), en avril 1941. Puis la seconde partie, Dolce (racontant l’idylle d’une jeune française avec un officier allemand mélomane), est complétée en juin 1942. Elle planifie trois autres romans, Captivité, Batailles et La Paix, qui formeront son magnum opus et qui, pour l’instant, lui permettent pour le moins d’endurer le stress de l’occupation en se gardant l’esprit occupé. Elle n’aura cependant jamais l’occasion de terminer son oeuvre car elle est dénoncé comme juive puis arrêté le 13 juillet 1942. Elle est d’abord envoyé au camps de Pithiviers, puis elle prend le convoi no 6 pour Auschwitz-Birkenau le 17 juillet, où elle meurt du typhus le 19 août. Ce n’est que durant les années cinquante que le manuscrit des deux romans est redécouvert dans une malle par ses filles, Denise et Élisabeth. Après avoir donné les archives de leur mère à l’IMEC au début des années ’90, Élisabeth décide de retranscrire le manuscrit qui n’est publié qu’après de nombreuses tergiversations en 2004 sous le titre Suite Française. L’ouvrage connait une grand succès et est traduit dans de nombreuses langues. Il reçoit également le prix Renaudot.

Le roman reçoit de nombreuses adaptations: il inspire un Concerto de chambre d’Aulis Sallinen en 2005, puis la deuxième partie est adapté avec le film de Saul Dibb en 2014, la première partie est retranscrite en bande-dessinée par Emmanuel Moynot en 2015, puis le récit est joué au théâtre en 2018 et 2019. Le roman a également fortement inspiré l’excellente série télévisée de France 3 Un Village Français qui a été diffusé en sept saisons entre juin 2009 et novembre 2017. Je n’ai malheureusement pas lu le roman (je l’ai juste feuilleté en lisant des passages ici et là) mais tant l’adaptation BD que cinématographique semblent assez respectueuse. Ils peuvent donc servir de raccourcis pour prendre connaissance de l’oeuvre de Némirovsky.

Suite Française: Tempête en Juin, par Emmanuel Moynot (d’après le roman d’Irène Némirovsky; mise au gris de Chantal Quillec). Paris: Denoël (Coll. Denoël Graphic), janvier 2015. 224 pages, 16.0 x 23.0 cm, 23,50 € / $42.95, ISBN 978-2-207-11817-7. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2015 Éditions Denoël.

SuiteFrancaise-movieSuite française: France / UK / Belgique, 2015, 107 min.; Dir./Scr.: Saul Dibb; Phot.: Eduard Grau; Ed.: Chris Dickens; Mus.: Rael Jones; Cast.: Michelle Williams (Lucile), Matthias Schoenaerts (Bruno), Kristin Scott Thomas (Madame Angellier), Margot Robbie (Céline), Sam Riley (Benoît), Ruth Wilson (Madeleine), Tom Schilling (Kurt), Lambert Wilson (Vicomte de Montmort), Harriet Walter (Vicomtesse de Montmort), et Alexandra Maria Lara (Léa).

Ce film est basé sur le même roman qui a inspiré la série télé Un Village Français. Une jeune française établie une relation romantique avec un officier allemand qui occupe le village de Bessier. Il écrit une pièce musicale qu’il lui laisse lorsqu’il repart pour le front. C’est un très bon film avec d’excellent acteurs et une bonne cinématographie. stars-3-5

[ AmazonIMDbNetflixYouTubeWikipedia ]

SuiteFrancaiseRoman-covSuite française, par Irène Némirovsky (préface de Myriam Anissimov). Paris: Gallimard (Coll. Folio #4346), mars 2006. 576 pages, 10.8 x 17.8 cm, 10,60 € / $19.95, ISBN 978-2-07-033676-0. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

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Monnaies anciennes 97

Pièce mystère (6) / Royaume environnant (5)

Pièce islamique moghol?

IMG_2352-2355Cette pièce-ci est vraiment la première qui me laisse complètement confondu et qui ne se retrouve pas dans mon champs d’expertise. C’est une assez belle pièce (G [Good], Cu/Ae [Cuivre/Bronze], 14 mm, ±4 g, prix et date d’achat inconnu, caractérisée par une patine verte avec quelques tâches jaunâtre et rougeâtre; die-axis: ↑?) par contre je n’ai aucune idée de la provenance, de la dénomination ou de l’époque à laquelle elle appartient. Je ne saurais même pas dire quel côté est l’avers et lequel est le revers, ou dans quel sens elle doit être vue/lue! Donc toute tentative d’attribution sera pure spéculation (et cette entrée sera donc très brève)… 

Je ne me suis jamais soucié jusqu’à maintenant de faire une fiche pour cette pièce. J’ai juste écris une petite note qui indiquait que mon attribution initiale était une pièce islamique (ce qui était peut-être l’attribution qui est venu avec la pièce lors de l’achat? Je ne me souviens d’ailleurs plus où, ni quand, je l’ai acquise, vu qu’il n’y a pas de fiche…) mais je n’en suis plus si sûr. Quoi que le fait qu’il n’y ait aucune représentation et seulement du texte pourrait porter en ce sens. Ce n’est certainement pas du chinois. Possiblement de l’arabique mais je soupçonne qu’il s’agit plus d’une langue d’un royaume indo-grec quelconque (Empire moghol?). La pièce semble d’une facture ancienne mais pourrait dater de n’importe quand entre le VIIIe et le XVIIe siècle… Quoiqu’il en soit toutes mes recherches par comparaison pictographique ou par mot-clé se sont révélées infructueuses. Je n’ai rien trouvé de vraiment similaire…

Si jamais quelqu’un a une idée ou une piste de recherche j’apprécirais si vous pouviez me contacter (ou laisser un commentaire). Merci…

Sources: Google: Islamic bronze coins, Numista: pièces moghol. Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine je vous présente une autre pièce médiévale mais cette fois européenne. Cette chronique approche de sa conclusion car j’ai présenté pas mal toutes les pièces de ma collection de monnaies anciennes. Je compte y mettre fin soit avec la centième entrée ou soit pour son deuxième anniversaire (cent-sixième entrée?). Il me reste toute de même encore quelques pièces intéressantes à vous présenter!

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.180]

Tulipa Flaming Flag

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions. La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana. C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

Cette tulipe appartient à la division “Triomphe” (qui est elle-même l’hybridation des divisions “Simples hâtives” et “Darwin hybrides”) ou “Rembrandt” qui ont une apparence plutôt traditionnelle mais sont très robuste et résistent bien aux intempéries. Elle est caractérisée par des pétales blancs striés de riches flammes lavandes ou violettes. Chaque fleur est unique avec un motif distinct. La floraison débute vers le début ou la mi-printemps et est durable. De dix à quinze centimètres de haut, elles vont égayer n’importe quel jardin qu’elles soient en bordures, en pots ou en bouquet dans un vase de fleurs coupées. Toutefois, elles sont toxiques pour les animaux domestiques et les chevaux, et peuvent provoquer un malaise sévère en cas d’ingestion et une réaction cutanée allergique au contact. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Mad about Rad !

I have an electric bike since July 2020. I purchased it to avoid using public transportation during the covid pandemic. It is an Ecolo Lithium from Green Power HQ and I like it a lot. It is convenient and confortable. However, it is a scooter-type electric bike therefore it is very heavy, completely useless if there is a problem with the battery and — because it looks a lot like a scooter — people are giving me hell when I ride in a park or a bicycle path (even though I am allowed because it is a bike). For all those reasons (and others), I decided to change it for a lighter and more flexible alternative. 

ExpandBlack_1_700xI took a long time to consider all the different brands and models (see Monture Alternative). After much tergiversations, I chose to purchase the brand Rad Power Bike because their bike looked cool, they had been on the market for a while and the review were quite good. It is an American company located in Seattle but they have a store in Vancouver and a Canadian web site. I first opted for their RadRunner 1 model but quickly discovered that their model RadExpand 5 had more features for a cheaper price. It is an improved version of the RadMini (without the suspension but with a rear rack included), has about the same frame as the RadCity Step-Thru or the RadRunner 1 but with 7 speeds. It is also one of the lightest and cheapest models of all. It is also foldable so it can easily be transported in a car (to more distant hiking locations or to a repair shop in case of a problem). I was very enthusiastic about it.

However, I quickly became mad at Rad… I placed my order online on March 31, 2022 and the website was indicating that it would ship by April 11th. On that date, my order was still listed as “unfulfilled” but my credit card had already been charged — most online companies charge the purchase only when the product ships. The website was now indicating products shipping by May 31st! So I wrote to Rad Power to inquire about my order. I was told that they were still processing it because they were experiencing a backlog due to computer problems forcing their warehouses to go through a manual labeling process which was causing an extended delay in shipping. However, I was also told my order should be shipping out within one or two weeks (which meant by the end of April at the latest). Unfortunately, the one or two weeks became A FULL MONTH and my order finally shipped only on May 12th… I wish they were more honest in their delivery estimate.

They probably also had supply issues. It is understanding considering that electric bikes are more and more in demand and that spring is probably their busiest time of the year. However, I was sure that by ordering late March I would get my bike in time for the beginning of the biking season (and for my birthday at the end of May). Now, the snow had already melted and it seemed more and more unlikely that I would get the bike on time for my birthday… That was quite frustrating. What might have been adding to the delay was the fact that I also ordered accessories and that I chose to have the bike to be assembled by VeloFix. RadPower ebikes ship in pieces and some assembly is therefore required. In some models, like the RadRunner, they are easy to assemble so we can do it ourselves but, apparently, the RadExpand 5 was requiring “some technical skill” (probably because the derailleur made the threading of the chain more complicated) and the website was recommending to use their “ebike assembly service” (VeloFix). So the ebike would ship not directly to my place but to VeloFix facility in Boisbriand. Which would create more delay. However, I was told that it meant just a few extra days…

The tracking information on Rad Power website told me that the bike shipped on May 12th and arrived at VeloFix in Boisbriand May 16th. I was expecting to receive a call or a email quickly after that but I received nothing. After three days, I managed to find a phone number for their main office in Vancouver (not listed on their website) and I called them. I was told that they had only one truck in the Montreal area (VeloFix doesn’t have a fixed workshop: it is a mobile service and they work out of their minivan) and that, with all the repairs, spring maintenances and delivery for Rad Power, they were VERY busy. They gave me an appointment for… June 10th !!! Seriously? I was really mad but there was nothing I could do about it besides being patient. Fortunately, the Montreal guy called me on May 24th to tell me he had a cancellation and could move my appointment to May 30th. Great, they were doing what they could to provide a quicker service. I guess they were realizing that one shop for the entire Montreal area was not enough — and they were probably receiving lots of complains — because they decided to move a truck from Ottawa to Montreal. On May 26th, I received an email informing me that they had now an additional Mobile Bike Shop operating in Montreal and that they were able to assemble and deliver my e-Bike earlier! They were offering an appointment on the very next day, May 27th, in the beginning of the afternoon. They clearly were going at great effort to catch up on the delay and offer the quickest service possible.

The guy arrived on time. I thought that he would assemble the bike and then deliver it. Surprisingly, the bike was delivered still in its original box and the guy did the assembly in front of me. He had all the space and necessary tools inside the van. First, he put all the pieces together (front wheel, battery, pedals, seat, etc.), installed my accessories (a mirror and a display upgrade), adjusted the derailleur, the brakes, and greased the chain — all while chatting with me. Finally, he adjusted the seat and explained the basic operations of the bike. It all took a little less than an hour and half. 

IMG_2094Since it was a rainy day I didn’t go for a trial ride until later in the afternoon. In the following days, I took more rides and customized what I could on the bike. Like installing the QuadLock iPhone holder and put a basket on the rear rack. Instead of a full milk case (the only one I had was pink!) I installed a collapsible one that I found at Walmart. Little by little I was getting used to the bike and owning it. Adding accessories to make it as confortable as the scooter was. I really enjoy riding it. I am really mad about it. Now, after over one hundred and fifty kilometres, I am ready to start talking about it. I will describe it in more details in a future article…

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cogitationes me / Thoughts for myself [002.022.178]

VI. Thoughts (of the day) on human rights 

If you make your laws according to your religion and your moral then you are not a democracy. Your are a theocracy and you are no better than the Talibans. The Funding Fathers of the United States wrote the Constitution on the basis of the Separation of Church and State to avoid anything resembling what they wanted to escape — the totalitarianism and domination of a monarchy. If you go this way you are going backward…

Nobody is in favour of abortion. No one want an abortion. It is a solution that you take in last resort when you have exhausted all other possibilities (planned parenthood, contraceptive, adoption, etc.) and you have no other choices. Bad things happen (incest, rape, health issues for the baby, the mother or both) and if the need arise a woman should have the choice. No woman should be forced into a pregnancy that put her physical, mental or economical health in jeopardy. (Democrats and defenders of women’s rights should have better messaging!)

If you take away the right of women to chose what would be next? The same-sex marriage? The mixed-race marriage? The voting right of minorities? According to the extreme right none of those are guaranteed in the American Constitution. They say that life begins at conception (although some scientists say that a human brain is not completely formed until five or six year-old…) and therefore all those frozen embryos must be considered human. If they take full power of the country we could see the day when they force some women (Prisoners? Minorities? Underprivileged?) to carry those frozen embryos to term… Then we would not be far from what is considered science-fiction today (The Handmaid’s Tale anyone?)…

People will defend a right that they want. They will fight harder to defend a right that they had and lost… The Future will always be a struggle. Ours might be a socio-political war!

And now, for something completely different, maybe the worse war crime is for Europa to coward in front of the Russian scarecrow’s nuclear bluff, leaving the Ukrainians alone to stop the tide of his juvenile and dystopic anger ???

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Revue de ‘zines [002.022.177]

Revue de ‘zines

Je continue mon rattrapage perpétuel sur les magazines et autres ‘zines pertinents dans mon champs d’intérêt… Pour vous éviter le soucis de courir après l’information, j’en épluche donc le contenu pour vous. C’est plein de bonnes suggestions de lectures…

dBD #161 (mars 2022)

dBD-161Dans le cahier actualités on mentionne la parution de Métal Hurlant #2 (1975-1984): Le Nouveau Visage de l’imaginaire qui réédite des pages qui ont fait la gloire du titre et De Blueberry à L’Incal: lire Giraud/Moebius par Jean-Clet Martin (chez Les Impressions nouvelles) qui propose une réflexion intéressante à travers de deux créations emblématiques du dessinateur. On y trouve également un hommage (par Pierre Christin!) à Jean-Claude Mézières, qui est décédé le 23 janvier dernier (ainsi qu’une BD-caricature de Christophe Blain) et un article sur la création d’une collection BD aux éditions Rivages (Payot) intitulée Virages Graphiques.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Asaf Hanuka au sujet de Je suis toujours vivant (avec Roberto Saviano, chez Gallimard-Steinkis). Les entrevues se poursuivent avec le scénariste Pat Mills (sur La Grande Guerre de Charlie, La Bataille de la Somme, Édition Intégrale, avec Joe Colquhoun chez Delirium, et Be Pure! Be Vigilant! Behave! 2000 AD & Judge Dredd: The Secret History, chez Millsverse Books), David Sala (sur Le poids des héros chez Casterman), Gérard Mordillat & Sébastien Gnaedig (sur Ulysse Nobody chez Futuropolis), Teresa Radice & Stefano Turconi (sur La Terre, le ciel, les corbeaux chez Glénat/Treize Étrange), Agnès Naudin (sur Enfances perdues: Premières enquêtes (avec Jean-Claude Bartoll & Éric Nosal, chez Robinson), Célina Salvador & Moïse Dissous (sur les dix ans des Éditions Steinkis) et Théa Rojzman & Steve Baker (sur Billie Bang Bang t.1 chez Le Lombard).

Dans le Cahier Critique je note Shadow Life par Ann Xu & Hiromi Goto chez Ankama (Super!; un manga sur le sort du troisième âge et les camps d’internement canadiens pour Japonais durant la Seconde Guerre Mondiale). Il y a également une double-page consacrée aux nouveautés mangas où je remarque un nouveau Leiji Matsumoto (V2 Panzer chez Kana) et découvre que la Collection Classique de Soleil Manga n’est finalement pas morte puisqu’on y publie trois nouveaux titres du studio Variety Artwork: L’Iliade et l’Odyssée d’Homère, La Divine Comédie de Dante et Ulysse de James Joyce!!

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-5

Capsules

dBD #162 (avril 2022)

dBD-162À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Werner Goelen dit Griffo (sur Iruene, avec Rodolphe, chez Daniel Maghen). Les entrevues se poursuivent avec François Desagnat & Jean-Paul Rouve (sur l’adaptation cinématographique de la BD Zaï Zaï Zaï Zaï), Pierre Christin & Jean-Michel Arroyo (sur Pigalle, 1950 chez Dupuis/Aire Libre), RUN (sur la collection Label 619, qui vient de s’associer avec Rue de Sèvres), Pierre Tranchant / Pica (sur la réédition de Bastos et Zakousky, avec François Corteggiani chez Glénat), Louise Laborie (sur Morgane Fox chez Sarbacane), et l’autrice sud-coréenne Bokyoung Yun / YunBo (sur Seizième Printemps chez Delcourt).

On y trouve également un dossier d’enquête sur la BD & la Politique par Philippe Peter, incluant une entrevue avec Gérard Davet & Fabrice Lhomme (sur L’Obsession du pouvoir chez Delcourt). Puis un article de Cathia Engelbach sur les vingt ans des Éditions Flblb, qui se consacre surtout au roman-photo, incluant un entretien avec Julie Chapallaz (sur La déflagration des buissons chez Flblb).

Dans le Cahier Critique je note Criminelles Fiançailles t.1 de Asuka Konishi chez Pika (Super!) et Appare Ranman t.1 par Apperracing & Ahndongshik chez Doki-Doki (Super!; “Intéressant mélange entre deux genre très proches, le steampunk et le dieselpunk”). On nous introduit aussi les nouveautés mangas: Sakamoto Days t.1 & 2 (Yuto Suzuki, chez Glénat), Bizarre Adventure (Hirohiko Araki, chez Delcourt/Tonkam), A Couple of Cuckoos t.1 (Miki Yoshikawa, chez Pika), Kiruru Kill Me t.1 & 2 (Yasuhiro Kano, chez Kurokawa), BEM 1 (Mosae Nohara, chez Panini), Excuse me, Dentist, It’s Touching Me! (Sho Yamazaki, chez Soleil), Dimensional Mercenary (Kim Jae-Hwan & Gmho, chez Delcourt/Kbooks), Ningyo (Mato & Mr Tan, chez Glénat), Enfants des Abysses t.1 (Eruthoth, chez H2T), Our Green Birdcage t.1 (Chia Teshima, chez Soleil), Hello, Hello and Hello t.1 (Aya Hazuki & Teruya, chez Moonlight) et Ghost Girl t.1 (Ikeda Akihisa, chez Delcourt/Tonkam).

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-3-0

Capsules

dBD #163 (mai 2022)

dBD-163Dans le cahier actualités je note une autre adaptation de l’Épopée de Gilgamesh en BD: Gilgamesh par Taranzano, Didier Poli, Clothilde Bruneau et Luc Ferry dont le t.3: La Quête de l’immortalité vient de paraître chez Glénat (Coll. La Sagesse des mythes). On souligne également la sortie en vidéo chez Wild Side de l’adaptation en animation par Patrick Imbert du manga Le Sommet des dieux de Taniguchi qui a remporté le César du meilleur film d’animation 2022 (voir mes commentaires sur le manga et l’animation). Finalement on retrouve une intéressante entrevue avec Sylvain Runberg sur les trois adaptations BD qu’il a réalisé pour la collection “Les Futurs de Liu Cixin” chez Delcourt: Nourrir l’Humanité (paru en juin 2022), L’Ère des anges et Les Migrants du temps (tous deux à paraître en 2023). Quatre titres sont déjà disponible dans cette collection: La Terre vagabonde (The Wandering Earth) par Christophe Bec & Stefano Raffaele, Pour que respire le désert (Yuanyuan’s Bubbles) par Valérie Mangin & Steven Dupré, Les Trois Lois du monde (The Village Teacher) par Zhang Xiaoyu et Nourrir l’humanité (The Wages of Humanity) par Sylvain Runberg & Miki Montillo. Trois autres titres restent à paraître en 2022: La Perfection du cercle (par Xavier Besse, en août), Proies et Prédateurs (par Jd Morvan & Yang Weilin, en octobre) et L’Attraction de la foudre (par Thierry Robin, en novembre) — j’ai déjà commenté l’édition anglaise de quelques uns de ces titres.

À la une de ce numéro on retrouve une entrevue avec Joann Sfar à l’occasion des vingt ans du Chat du rabbin et de la parution chez Dargaud de quatre intégrales. Les entrevues se poursuivent avec Marcello Quintanilha (sur Écoute, jolie Marcia chez Ça et Là), Vincent Brugeas, Ronan Toulhoat & Yoann Guillo (sur Cosaques t.1, chez Le Lombard), Jaume Pallardo (sur La mort rose, chez La Cafetière), Séverine Vidal (sur Naduah avec Vincent Sorel chez Glénat, et George Sand, fille du siècle avec Kim Consigny chez Delcourt), le journaliste Daniel Couvreur (sur Le Faux Soir avec Denis Lapière & Christian Durieux chez Futuropolis) et Fred Duval (sur Cinq Avril t.1 avec Michel Bussi & Noë Monin chez Dupuis). On y trouve également un article sur les soixante ans de Spider-Man.

Dans le Cahier Critique je note d’abord Bug t.3 d’Enki Bilal chez Casterman (Super!; “Bilal poursuit le développement de sa nouvelle grande saga (…). Bilal s’éclate à mettre en scène une chasse à l’homme (…) scènes d’action formant dès lors un pendant spectaculaire à la réflexion plus profonde (…) qui est distillé tout au long du récit. (…) un certain lyrisme (…) l’auteur, qui n’a jamais été aussi bon (…) est toutefois parvenu à épurer sa pensée (…). Saga prévu en cinq volumes.”). Il y a aussi Blissful Land t.2 par Ichimon Izumi chez Nobi-Nobi (Super!). On nous présente finalement, sur deux pages, les récentes parutions de manga: Adabana t.1 par Non & Dei Tezuka chez Kana, 86, Eighty Six t.1 par Asato Asato & Motoki Yoshihara chez Delcourt/Tonkam, Le livre des sorcières t.2 par Ebishi Maki chez Glénat, Le chat qui rendait l’homme heureux t.3 par Umi Sakurai chez Soleil, L’oiseau d’or de Kainis t.1 par Kazuki Hata chez Glénat, L’Extraordinaire apothicaire t.1 par Yuka Tachibana, Asuka Fuji & Yasuyuki Syuri chez Delcourt/Tonkam, Une sacrée mamie par Yoshichi Shimada & Saburo Ishikawa chez Delcourt/Tonkam, Star Wars: La haute république, un équilibre fragile t.1 par Shina Shinya, Justina Ireland & Mizuki Sakakibara et Star Wars: Étoiles perdues t.1 par Yusaku Komiyama d’après Claudia Grey chez Nobi-Nobi. On y ajoute Le guide du Geek-trotteur au Japon par Marie Carbonnier & Anne Chein chez Glénat.

Une lecture indispensable pour se tenir au courant des nouveautés en BD. stars-4-0

Capsules

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Monnaies anciennes 96

Pièce républicaine (4)

IMG_2333-2349De prime abord cette pièce semble être un semis républicain anonyme dans un état assez beau (semis, G [Good], Cu/Ae [Cuivre/Bronze], 17 x 19 mm [±0.7 po], 4.565 g, payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisée par une patine brune avec quelques tâches vertes; die-axis: ↑↙︎). L’avers présente une tête de Saturne laurée et barbue à droite, avec un large “S” derrière. Le revers illustre la proue (prora en latin; parfois armée d’un rostre) d’un navire (généralement une galère) à droite avec un large “S” au dessus. C’est une pièce assez typique et commune de la république romaine qui a été frappée dès le IIIe siècle AEC, un peu avant le début de la deuxième guerre punique (218-202 AEC), et jusqu’au Ier siècle AEC. 

Le “S” est une marque de valeur pour le semis (un demi as, qui devait peser environ quatre gramme et demi de cuivre). Il est dit “anonyme” car il ne comporte pas d’inscription qui nomme le magistrat responsable de la frappe monétaire (quoique certaines de ces pièces comporte l’inscription “ROMA” sous le navire, ce qui n’est pas le cas ici).  Saturne est une divinité fondatrice de Rome, patron entre autre de la richesse (son temple sur le forum abritait le trésor public), il n’est donc pas surprenant qu’il soit représenté sur les premières monnaies de la république. Le revers illustre le moment où, après avoir perdu un combat contre son fils Jupiter, Saturne quitte sa terre natale en bateau et arrive au Latium pour fonder une nouvelle civilisation qui verra l’âge d’or de l’humanité. 

Toutefois, le style un peu grossier du portrait de Saturne nous laisse croire qu’il s’agit probablement d’une imitation. Certains domaines privés d’Italie on frappé de ces imitations et, comme il n’y avait pas de magistrat pour s’assurer de l’uniformité, on retrouve une grande variété de styles. Toutefois, ces imitations — tolérées par l’état car celui-ci avait cessé momentanément au 1er siècle AEC de produire de la monnaie de bronze à cause de l’instabilité politique — étaient d’assez bonne qualité. Cela ne semble pas être le cas ici alors il s’agit possiblement d’une imitation “barbare” provenant d’Hispanie (Espagne). Les peuples “celtibères” (des Ibères qui ont adopté la culture celtique et qui occupaient le nord de la péninsule ibérique, le sud étant habité par des Ibères et des colonies puniques) sont reconnu pour avoir produit beaucoup de ces imitations de monnaie romaine.

Il est à noter que si le revers illustre la proue d’un navire et un large “S”, son apparence diffère considérablement des représentations que l’on retrouve communément sur ce type de pièces. Le navire comporte un mat (et possiblement une voile), on y voit ce qui semble être un ou deux passagers, et il y a deux barres verticales à l’extrême gauche dont la signification m’échappe. Je n’ai trouvé aucune représentation comparable dans toutes les références que j’ai consulté… Donc, aucune identification et datation précise n’est possible. Tout ce que l’on peut dire c’est qu’il s’agit probablement d’une variation d’imitation celtibère d’un semis républicain anonyme, frappé en Ibérie vers le 1er siècle AEC.

Sources: Wikipedia (Saturne [FR/EN], semis [FR/EN], Ancient Iberian coinage), FAC (Saturnus, semis, galley); Sear RCV (1983): 116; Réf. en ligne: semis anonyme: Google, acsearch, FAC, vcoins, WildWinds (Syd 143a/Sear 766, Crawford 56[3]: text, image); imitations: acsearch, BM, CoinArchives, CoinTalk, colleconline, eBay, FAC, vcoins. Voir aussi ma fiche.

La semaine prochaine nous quittons définitivement le domaine des pièces de monnaie romaine (et même de l’antiquité) pour entrer dans la période médiévale. Je vous présente une pièce de monnaie mystère mais qui appartient aussi à un royaume environnant…

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.173]

Coreopsis lanceolata

[ iPhone 13 Pro, Parc Frédéric-Back, 2022/06/05 ]

Le Coréopsis lancéolé (appelé “Oeil de jeune fille” ou lance-leaved coreopsis en anglais et オオキンケイギク [Ōkinkeigiku] en japonais) est une espèce de plante herbacée vivace appartenant à la division des Magnoliophyta (Angiospermae ou plante à fleurs), à la classe des Magnoliopsida (Dicotyledonae i.e.à deux cotylédons), à la sous-classe des Asteridae, à l’ordre des Asterales, à la famille des Asteraceae (ou Compositae car leur inflorescence est “composée” de multiples fleurs minuscules appelées capitules) et au genre Coreopsis (ou tickseed en anglais, qui compte près d’une centaine d’espèces dont celle-ci est la plus courante). Le nom du genre provient du grec κορις (Koris / “punaise”) et ὄψις (Opsis / “vue”) en référence à la forme de son fruit sec (d’où le nom anglais de “tickseed”) alors que le nom de l’espèce dérive du latin et signifie “en forme de lance” — en référence à la forme des feuilles.

Cette plante est indigène de l’Amérique du Nord mais a été introduite au Québec. Elle est constituée d’une souche rhizomateuse d’où se dresse des tiges ramifiées qui forment un buisson d’environ soixante centimètres de hauteur. Elle est caractérisée par des feuilles basales caduques et opposées, généralement poilues, étroites et lancéolées qui mesurent de cinq à quinze centimètre de long. Les fleurs, généralement d’un jaune éclatant (mais parfois bicolore jaune et rouge), sont des capitules formés à la fois de deux séries distinctes de huit fleurons ligulés avec une terminaison dentés et de minuscules fleurons discaux. Le fruit est un akène. Elle bénéficie d’une floraison prolongée qui s’étend de la fin du printemps jusqu’à l’automne. Elle est surtout une plante décorative, utilisé pour créer des prés fleuris (car elle attire les insectes pollinisateurs et les papillons) ou produire des fleurs coupés. Ici, il s’agit possiblement du cultivar “Goldfink”. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Le chat du rabbin 11. La Bible pour les chats

ChatDuRabbin-11-cov“Le Chat tombe par hasard sur le numéro de téléphone de Dieu. Persuadé d’être le nouvel Elie, il s’en va prêcher la bonne parole à qui veut bien l’entendre (et l’écouter) en délivrant une interprétation toute personnelle des saints textes. La discussion entre le Chat et le Rabbin, et bien sûr, Zlabya est passionnante, instructive, et bien entendu, hilarante et tendre.”

 

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

ChatDuRabbin-11-p005Le chat trouve un bout de papier avec le numéro de téléphone de “D…” Cela ne peut être que “Dieu.” Elysée 613. Il veut en discuter avec Zlabya mais celle-ci est préoccupée car la soeur de sa meilleur amie, Knidelette, a une grossesse difficile et risque de perdre l’enfant. Le chat entreprend donc d’expliquer son interprétation de la Torah, plus précisément l’histoire du prophète Élie. Le message de celui-ci, qui aurait été un chat, est “qu’il faut croire en dieu parce qu’il fait des miracles. Or dans la vraie vie, les miracles, y en a pas.” Le rabbin argumente que c’est l’inverse. Comme preuve il raconte l’histoire du sacrifice d’Isaac. Puis il explique la fin de l’histoire d’Élie. “C’est dans le silence que réside Dieu.” Pour avoir le dernier mot, le chat cherche un téléphone pour faire le numéro. Il se fait donner un rendez-vous dans une ruelle. Là il rencontre le prophète Élie qui lui dit, qu’en fait, le numéro c’est celui du plombier! L’histoire se termine bien, avec la naissance du bébé, sa circoncision et une anecdote sur Abraham… C’est le rabbin qui a le dernier mot!                                                                                            

Avec son style brouillon et ondulant, ses couleurs criardes et ses planches à six cases, Sfar pointe avec beaucoup d’humour les contradictions du judaïsme et nous fait réfléchir sur la Torah. C’est une très belle histoire qui nous éduque, nous divertit et nous amuse. Une très bonne lecture, donc, que je recommande mais surtout aux amateurs de chats et de métaphysique! 

Cette fois-ci aucune annonce en fin d’album du prochain titre… Par contre, avec ce onzième tome, le chat du rabbin a déjà vingt ans, que Dargaud célèbre avec la sortie d’une série d’intégral qui compilent plusieurs tomes. 

Le chat du rabbin, 11: La Bible pour les chats, par Joann Sfar. Paris: Dargaud (Coll. Poisson Pilote), novembre 2021. 80 pages, 22.5 x 29.8 cm, 15,00€ / $C 27.95, ISBN 978-2-2205-8911-0. Pour lectorat de tout âge (8+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

[ AmazonGoodreadsGoogleNelliganWikipediaWorldCat ]

Voir aussi mes commentaires sur les autres volumes du Chat du Rabbin.

© Dargaud 2021.

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Monnaies anciennes 95

Les royaumes environnants (4)

Pièce Séleucide (2)

Antiochos IX (113-95) SeleucideMa seconde pièce Séleucide est une assez belle dénomination de type “B” (AE18, G [Good], Ae [Bronze], 18 mm [0.7 po], 3.836 g, payé environ $8 le 1985/12/17, caractérisée par une patine noire avec des concrétions vertes, jaunes ou rougeâtres, une frappe décentrée sur l’avers, ainsi qu’un flan plutôt mince (1.5-2 mm), trapézoïdal et possiblement grugé (le revers est plus petit que l’avers de deux ou trois millimètres!); die-axis: ↑↑). L’avers présente le buste d’un personnage masculin lauré à droite avec aucune inscription et une bordure en pointillé (qui met évidence la frappe décentrée). Le revers illustre une divinité féminine ailée, debout de trois-quart à gauche, la main droite tendue (sans doute pour présenter un object) et le bras gauche replié sur la taille soutenant un pan de vêtement, avec une large inscription verticale dans le champs gauche et une inscription verticale partielle qui disparait dans le rebord droit de la pièce — dans les deux cas les inscriptions sont illisibles. 

La représentation masculine de l’avers pourrait être le portrait d’un monarque ou d’une divinité. Pour ce qui est du revers, la divinité féminine ailée la plus commune sur les pièces de monnaie est une Victoire. Comme cette pièce-ci a été acheté dans un lot qui contenait surtout des pièces séleucides et qu’elle en porte toutes les caractéristiques, il suffit de la comparer aux pièces séleucides pour trouver des représentations similaires et ensuite d’en confirmer la description et la datation avec les ouvrages académiques.

Les recherches (tant par comparaison d’images que par mots clés) révèlent que ce type (une portrait mâle en avers et une Niké ailée avec inscriptions verticales sur le revers) se retrouve semble-t-il uniquement sous le règne de Antiochos IX. L’avers représenterait un buste lauré et ailé d’Éros à droite (sur ma pièce on ne distingue pas ses ailes qui se perdent dans le bord décentré). Le revers illustrerait une Niké avançant à gauche, tenant une couronne de laurier dans la main droite, retenant sa robe de la main gauche, entouré de l’inscription grecque verticale ΒΑΣΙΛΕΩΣ ΑΝΤΙΟΧΟΥ (à droite) et ΦΙΛΟΠΑΤΟΡΟΣ (à gauche) [Basileos Antiochou Philopatoros / “Roi Antiochus Philopator”], avec une datation en chiffres grecques verticale dans le champs gauche, sous la couronne (par exemple “ΑΣ” = 201 SE = 112/111 AEC). Sur ma pièce on devine la fin de l’inscription de droite (possiblement un “ΑΝΤΙ” mais ce n’est pas clair si c’est une abréviation ou si le reste de l’inscription se perd dans le rebord grugé de la pièce; le “ΒΑΣΙΛΕΩΣ” semble totalement absent) et l’on distingue un peu “ΦΙΛΟΠΑΤ” sur la gauche (encore une fois: est-ce une abréviation ou est-ce que le reste se perd dans la bordure grugée?). On peut également deviner deux lettres grecques superposées dessous la couronne (tenue par le bras qui traverse le “ΦΙΛΟΠΑΤ”) qui constitue probablement la datation mais que nous ne pouvons malheureusement pas lire. Il faut donc se contenter des années de règne de Antiochos IX pour datation. Cette pièce a donc probablement été frappé dans un atelier indéterminé de Phénicie entre les années 114/113 et 96/95 AEC.

J’ai déjà expliqué le contexte historique de cette pièce dans l’entrée précédente (#94). Antiochos IX est le fils de Antiochos VII et de Cléopâtre Théa. À la mort de son père en 129 AEC, il est trop jeune pour lui succéder alors sa mère l’envoi à Cyzique où il grandit (d’où son surnom de Cyzicenus, “le Cyzicène”). Le trône retourne donc à son oncle Démétrios II, puis à son demi-frère Antiochos VIII en 125 AEC (après qu’il ait réglé son compte à l’usurpateur Alexandre II). Considérant sans doute que sa mère (Cléopâtre Théa) avait trahie son père (Démetrius II) lorsqu’elle épousa son beau-frère (Antiochos VII) pendant que son époux était captif des Parthes, il la fait assassiner. Dès qu’il est âgé d’une vingtaine d’années (vers 114 AEC), Antiochos IX conteste le pouvoir de son demi-frère. Pour consolider son alliance avec les Ptolémées d’Égypte, il épouse la reine Cléopâtre IV. Le conflit dure presque vingt ans alors que chacun des demi-frères règne sur une partie de la Syrie: Antiochos VIII sur la région côtière (Antioche et Damas) et Antiochos IX sur la région intérieure (la Cœlé-Syrie, y compris la Phénicie). Ils font assassiner leurs épouses respectives. Cette pièce commémore donc l’une des victoires de Antiochos IX contre son demi-frère (possiblement lorsqu’il capture et fait exécuter Cléopâtre Tryphaena en 111 AEC).

Lorsque Antiochos VIII meurt dans une révolte en 96 AEC, Antiochos IX règne enfin sur toute la Syrie mais pas pour longtemps puisqu’il est défait l’année suivante par son neveu Séleucos VI… Cette querelle familiale affaiblira beaucoup la dynastie séleucide qui ne durera encore qu’une trentaine d’année avant que Pompée ne fasse de la Syrie une province romaine

Sources: Wikipedia (Séleucide [FR/EN], Dynastie Séleucide [FR/EN], Seleucid coinage, Antiochos IX [FR/EN]), FAC (Seleukid kingdom, Seleukid Era); BMC v.4: #27-29; S-GCV: 7173; Réf. en ligne: Google, acsearch, BM, cerberuscoins, CoinTalk, FAC (GY57102), nobleromancoins, numismatics, vcoins, vcoins, WildWinds Hoover 1254 (text, image). Voir aussi ma fiche (recto, verso).

Bibliogaphie: 

La semaine prochaine nous nous arrêtons à nouveau sur ce qui semble être une pièce de la république romaine.

Voir l’index des articles de cette chronique.

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Images du mer-fleuri [002.022.166]

Tulipa Washington

[ Nikon D3300, Ottawa Tulip Festival, 2022/05/14 ]

Les tulipes sont des plantes herbacées à fleurs qui appartiennent à la classe des Liliopsida (ou Lilianae selon l’APG III), à l’ordre des Liliales, à la famille des Liliaceae et au genre tulipa. Ce dernier regroupe plus d’une centaine d’espèces auxquelles s’ajoute une grande variété de cultivars et d’hybrides qui sont classés en quinze divisions. La plupart des tulipes cultivées appartiennent à l’espèce hybride Tulipa × gesneriana. C’est une plante vivace bulbeuse qui produit une fleur unique qui pousse au bout d’une longue tige, entourée de feuilles basales en forme de lanières. La fleur a généralement la forme d’une coupe, offre une très grande variété de couleurs, et est composé de trois pétales et trois sépales, avec un pistil central entouré de six étamines. Le nom proviendrait du turc tülbend qui signifie “plante-turban”.

Cette tulipe appartient à la division “Triomphe” (qui est elle-même l’hybridation des divisions “Simples hâtives” et “Darwin hybrides”) qui est caractérisée par une apparence plutôt traditionnelle mais qui est très robuste et résiste bien aux intempéries. Elle fleurie entre le milieu et la fin du printemps. Le cultivar “Washington” présente de grandes fleurs sur de hautes tiges dans le style “flamboyant” car ses pétales sont d’un jaune éclatant striés au centre par une “flamme” d’un rouge vif. De plus, la fleur dure longtemps et constitue donc une excellente fleur coupée. (Sources: Wikipedia et divers sites horticoles).

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Natsuko no sake #5-6

NatsukoNoSake-5-covTome 5

“Les drames s’enchainent dans la petite communauté de Niigata. Un hélicoptère d’épandage aérien se crashe dans un champ. Le père de Saeko renonce et détruit ses plantations, accablé de solitude, il ne peut plus assurer son travail. Natsuko mobilise une fois de plus les habitants pour lui venir en aide et une violente tempête menace les récoltes. Mais Saeko, jadis méprisante du métier d’agricultrice, décide finalement de reprendre la plantation à son compte, alors que Natsuko sauvegarde le Dragon Merveilleux jusqu’au moment tant attendu de la récolte. La plantation est fauchée et le processus de production de sake peut s’enclencher. Le moment le plus important de la création artisanale repose désormais sur les épaules de Kusanabe et Natsuko, pourtant moins expérimentés que leurs aînés.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Natsuko no Sake t.5, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), septembre 2021. 464 pages, 18 x 13 cm, 11,00 € / $C 19.95, ISBN 9782379501159. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-0

NatsukoNoSake-6-covTome 6

“Natsuko jette ses dernières forces dans la fin du brassage du Dragon merveilleux. L’heure du verdict a ainsi sonné pour tous les habitants de la Kura, mais aussi pour chaque aventure humaine. Saeko aura trouvé son équilibre humain dans le travail de la terre, le village est en plein renouveau économique grâce à cette nouvelle agriculture biologique, Kusakabe s’affirme en nouveau chef de la production, Natsuko elle-même finit par trouver l’amour. Mais le papy Yamada, lui, aura laissé ses ultimes forces dans cette dernière saison, et la maladie finit par l’emporter dans la tombe. Le Dragon merveilleux aura bouleversé la vie de tous et la récompense sera à la hauteur du prix à payer.”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

Natsuko no Sake t.6, par Akira OZE. Paris: Dupuis / Vega (Coll. Seinen Manga), décembre 2021. 448 pages, 18 x 13 cm, 11,00 € / $C 19.95, ISBN 9782379501166. Pour lectorat adolescent (12+). stars-3-5

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Natsuko no Sake (夏子の酒 /  lit. “Le sake de Natsuko”) est un manga seinen par Akira OZE qui a été serialisé dans le magazine Morning en 1988-1991 puis compilé en douze volumes chez Kodansha. La traduction française est disponible chez Vega en six volumes doubles (paru entre septembre 2019 et décembre 2021). J’ai déjà commenté le premier volume de cette série ainsi que les volumes deux à quatre.

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t.5, page 8

Dans le cinquième tome, Saeko se lance à plein dans l’agriculture contre l’avis de son père et devient même l’apprentie de Goda, le gourou local de l’agriculture biologique. Natsuko continue son apprentissage en visitant d’autre kura (brasserie de saké) et en écoutant les conseils de Eiji Utsumi, brasseur du fameux junmai Bisen. Toutefois, elle est bouleversée par la dégustation du ginjô “N”, brassé il y a trois ans par son frère Yasuo et qui représentait pour lui le saké idéal. Natsuko devient alors très intransigeante sur ce qu’elle veut faire de son saké ce qui cause beaucoup de friction avec les autres membres de la brasserie… Natsuko récolte enfin le fruit de son labeur: le tatsu-nishiki est planté, cultivé, récolté, décortiqué, et poli. Il reste à choisir une levure dans un duel entre Natsuko et Yamada, le tôji de la kura. Le tatsu-nishiki est maintenant prêt pour le brassage!

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T.6, page 14

Dans le sixième et dernier tome, nous assistons à la naissance du saké de Natsuko. Le tatsu-nishiki est lavé, cuit, ensemencé de kôji, malaxé, fermenté en cuve, pressé, filtré, pasteurisé et finalement mis en bouteille. C’est un processus long et complexe. Pendant ce temps, Kasuko (la veuve de Yasuo) décide de rester dans la famille Saeki malgré la demande de son frère de revenir s’occuper de sa mère. Il y a assez de tatsu-nishiki pour faire trois cuvées. Malheureusement, la première a un très léger arrière-goût due à des sacs mal lavés — mais que seul Natsuko perçoit. Toutefois, la filtration devrait régler le problème. Maître Ueda visite la kura et est impressionné par leur travail; il offre quelques conseils. La seconde cuvée ne se déroule pas non plus sans incident car Yamada tombe à nouveau malade mais il se rétablit est le résultat du brassage est excellent. Toutefois, il demande pour la troisième cuvée que Kusakabe prenne la relève comme tôji (mais il le supervisera). Kusakabe s’y met corps et âme. Le résultat est encore meilleurs et satisfait finalement Natsuko. Par la suite, Saeko et Goda se marient. Natsuko décides d’assumer l’héritage de la brasserie Saeki et doit également choisir un nom pour le nouveau junmai daiginjô. Durant l’hiver, Yamada décède. Tout au long du récit, Natsuko a eut trois prétendants: Shingo (le fougueux héritier de la brasserie Kuroiwa), Eiji Utsumi (brasseur du fameux Bisen) et Wataru Kusakabe (ami de Yasuo à l’université qui a joint la brasserie Saeki comme kurabito et en est devenu le nouveau tôji). Lequel gagnera finalement son coeur?

Natsuko no sake est un très beau manga qui nous offre une bonne histoire tout à la fois captivante et touchante. Le style graphique classique, qui est plutôt simple mais efficace, est typique des mangas des années ’80 et ’90. Même si il prêche l’agriculture biologique et nous éduque sur l’art complexe du brassage du saké, ce manga constitue une lecture agréable et divertissante. C’est donc un bon vieux manga qui plaira surtout aux amateurs de culture japonaise et de saké. Moi, j’ai adoré.

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2016 Akira OZE. All rights reserved. © 2021 Éditions Vega pour l’édition française.

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Yawara t.3

Yawara3-cov“Depuis toute petite, Yawara Inokuma a été entraînée par son grand-père Jigorô Inokuma, un champion de judo, qui voit en elle une future star de la discipline. Il a été annoncé que les JO de Barcelone accueilleraient enfin la discipline féminine dans la compétition. Jigorô rêve donc de faire de sa petite-fille la première championne olympique féminine de judo.

Mais contrairement aux attentes de son aïeul, la jeune fille ne rêve que de mode, d’amour, d’idol… Bref, elle n’aspire qu’à une vie d’adolescente ordinaire, loin des entraînements et des compétitions. Mais c’est sans compter son talent inné pour le judo, que son entourage ne lui permettra pas d’oublier…!”

[Texte du site de l’éditeur; voir aussi la couverture arrière]

(Attention, lire l’avertissement de possible divulgacheurs)

Yawara! (やわら!) est une oeuvre de jeunesse de l’excellent mangaka Naoki Urusawa. Elle a originalement été publié entre avril 1987 et octobre 1993 dans l’hebdomadaire seinen Big Comic Spirits, puis compilé en vingt-neuf volumes (tankōbon) chez Shōgakukan. En 1998-99, il y a eut une réédition en format plus petit (bunkoban) de dix-neuf volumes, puis une “collector edition” (Kanzenban) de vingt volumes en 2013-15. C’est cette dernière édition qui est présentement publié en français chez Big Kana. Il y a neuf volumes de paru jusqu’à maintenant et le dixième est annoncé pour octobre 2022. J’ai déjà commenté le premier et le second volume.  

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T.3, page 9

Yawara s’est laissé convaincre de participer à une compétition officielle. Pour ce faire elle doit être certifiée ceinture noire (ce qu’elle fait en un clin d’oeil). Toutefois, le club de judo de son lycée, dont elle est l’entraîneur, doit également participer à une compétition qui a lieu le même jour que le match au budokan! Pourront-ils faire bonne figure sans elle? Yawara leur enregistre quelques conseils et encouragements sur une cassette. Elle leur promet également qu’elle règlera sa compétition rapidement et qu’elle viendra les rejoindre dès que possible. Coup de malchance, Sudo se fait tabasser par son ancien gang (car il racollait les copines de ses amis). Sera-t-il assez en état pour participer à la compétition? Hanazono, qui a encore la jambe dans le plâtre, décide de prendre sa place. Yawara affronte d’abord la championne dans la catégorie des moins de 52 Kg, puis la championne universitaire, puis la championne du premier tour pour la demi-finale. Elle remporte ces trois match en quelques secondes chaque fois! En finale ce sera le combat tant attendu entre Sayaka et Yawara! Évidemment, Yawara remporte le championnat dès sa première projection d’épaule (Ippon-Seoi-Nage). Sans attendre la remise des trophées, elle s’empresse de quitter sur la moto de Matsuda pour rejoindre son club de judo à Setagaya. Elle arrive juste à temps pour voir Hanazono gagner son match. Yawara reçoit la visite d’une championne de judo canadienne. Elles deviennent amies et s’entraînent ensemble. Yawara, qui ne voulait rien savoir du judo, se découvre bien malgré elle une passion pour ce sport…

Yawara nous présente un récit qui, à travers les préoccupations adolescentes et une comédie romantique caractéristique du manga shōjo, présente toute l’action d’une histoire de compétition sportive typique du manga shōnen! Cela en fait une histoire à la fois drôle (avec une bonne dose de “fan service” coquin pour plaire au lecteurs masculins) et captivante mais qui ne néglige pas la sensibilité féminine de l’héroïne qui reste coquette (et au centre d’un imbroglio amoureux)! Le tout est superbement mise en scène par un style assez classique car à la fois simple, clair et précis. Dès ses débuts, Naoki Urasawa a fait preuve d’un grand talent.

C’est donc un très bon manga qui nous offre une lecture agréable et très divertissante! Vivement la suite !

Yawara t. 3, par Naoki Urasawa. Bruxelles: Kana, février 2021. 306 pages, B&W (24 pages en “couleurs”), 14.8 x 21 cm, 15.00 € / $C 26.95, ISBN 978-2-5050-8649-9, Pour un lectorat adolescent (12+). stars-3-5

Vous trouverez plus d’information sur les sites suivants:

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© 2013 Naoki Urasawa / Studio Nuts. All right reserved. © Kana (Dargaud-Lombard) 2021 pour l’édition française.  

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