The Next Generation Patlabor — Tokyo War

“Over the years since 1988, the “Mobile Police PATLABOR” franchise in Japan has become a pioneer in multimedia, combining anime comics, videograms, films and novels. Until now the films have been animated. The story has now gone live-action… Labor is a robot specifically designed for heavy industry work. The rise of Labors has sparked a revolution in industry, but also an increase in crime. To combat these new Labor crime wave, the police have created a special unit: The Patrol Labor known as the Special Vehicles Section 2 (SV2). This is the birth of “Patlabor”. We are now in the 21st century and the Tokyo Metropolitan Police’s SV2 so-called Patlabor still looks out for misbehaving Labors, but Patlabor is no longer considered necessary because of its cost and care. When Tokyo is attacked by an organization of terrorists using stealth helicopters, SV2 is called in to neutralize the threat.”

(Text from the Festival’s program)


WARNING: May contains trace of spoilers! People allergic to the discussion of any plot’s elements before seeing a movie are strongly advised to take the necessary precautions for their safety and should avoid reading further.

This is a beautiful movie. The CGI seems so perfect that the only thing that looks out of place is the Labor themselves — they look so preposterous, like some old giant toys from another era; that was probably done on purpose.

Not surprisingly (considering it’s a movie directed by Mamoru Oshii), this is a Patlabor movie where we see actual labor action only a few minutes in the end. And, of course, the movie have the usual slow moments of politico-philosophical introspection also typical of Oshii’s movies. The director himself seems to make a cameo appearance in the movie, with his typical hat and his beloved basset hound dog.

However, I am not sure that anyone who is not already familiar with the Patlabor story could easily understand what’s happening in this movie, which seems to come closely after the second anime movie, and which is also the final segment of a 7-part series of live-action films! Even myself, who is well acquainted with the Patlabor universe, had trouble following sometimes (was the pilot of the helicopter the previous SV2 commander? Was she acting to seek some sort of social justice? I am not really sure…). Of course, if you take it strickly as an action movie (and disregards the political stuff) there is not much that you really need to understand to enjoy the movie.

In his introduction of the movie, before the screening, Oshii-San didn’t say much. However, he mentioned that he shot his previous film in Montreal (Garm Wars: The Last Druid — for more details on this movie you can check ANN, IMdB, Youtube or Wikipedia).

All in all, this movie offers a great photography, beautiful CGI, a nice near-future sci-fi setting and, as a bonus, it shows us parts of Tokyo that we are not used to see. But it has much more meaning if you are a Patlabor fan, of course.

The Next Generation Patlabor — Tokyo War (The Next Generation パトレイバ ー 首都決戦 / Patoreiba: Shuto Kessen / Lit. “Patlabor: Decisive battle over the capital”): Japan, 2015, 93 min.; Dir./Scr.: Mamoru Oshii; Phot.: Hiroshi Machida, Tetsuya Kudo; Art Dir.: Anri Jojo; Ed.: Yoshinori Ohta; Music: Kenji Kawai; Labor Design: Hideki Hashimoto, Katsuya Terada; Cast: Toshio Kakei (Keiji Gotoda), Erina Mano (Akira Izumino), Seiji Fukushi (Yuma Shiobara), Rina Ohta (Kasya), Shigeru Chiba (Shigeo Shiba), Kanna Mori (Rei Haihara), Kotaro Yoshida (Onodera), Reiko Takashima (Kei Takahata), Yoshinori Horimoto (Isamu Otawara), Shigekazu Tajiri (Hiromichi Yamazaki), Kohei Shiotsuka (Shinji Mikiya), Yoshikazu Fujiki (Yoshikatsu Buchiyama).

Film screened at the Montreal World Film Festival on August 30th, 2015 (Cinema Quartier Latin 9, 21h30 – the theatre was filled only at 14% of its capacity) as part of the “World Great” segment. The director was present to introduce the movie but there was no Q&A due to the late hour of the screening.

For more information you can visit the following websites:
The Next Generation Patlabor — Tokyo War © 2015 HEADGEAR / ”THE NEXT GENERATION -PATLABOR-” PARTNERS.

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Solaris #198

Solaris #198

Solaris est un périodique québécois de science-fiction et de fantastique qui s’inscrit dans une longue tradition.

Fondé en septembre 1974 par Norbert Spehner (un des grands anciens de la SFFQ), il a d’abord arboré le nom de Requiem, ce qui lui donnait un ton plus fantastique que sf. Avec le numéro 28 (aout-sept 1979) le nom change pour Solaris et Spehner (en grand calembourlingueur) ne donne pour seule justification que “parce que je LEM.” Le fardeau de la rédaction passe à Élisabeth Vornarburg avec le numéro 53 (automne 1983), puis à Luc Pomerleau avec le numéro 67 (mai-juin 1986). Si le zine passe à l’ère informatique avec le numéro 60 (mars-avril 1985), son apparence ne s’améliore qu’avec le numéro 73 (mai-juin 1987) et il ne prendra vraiment une allure de pro-zine qu’avec le numéro 87 (oct 1989, spécial 15e anniversaire). La rédaction passe finalement à Joël Champetier avec le numéro 100 (printemps 1992) et il occupera le poste jusqu’à peu de temps avant sa mort en mai 2015. Pascal Raud l’assistera en temps que coordonatrice dès le numéro 181 (Hiver 2012 — et assurera ensuite l’interim durant sa maladie). Sous l’égide des Éditions Alire, Solaris prends un format livre de poche (13.5 x 21 cm) avec le numéro 134 (Été 2000). Il se concentre alors sur l’aspect littéraire: le volet BD disparait et la chronique “Sci-néma” déménage sur le site internet de la revue (cette dernière chronique reviendra cependant dans les pages de Solaris avec le numéro 185 en Hiver 2013). Depuis le numéro 196 (Automne 2015) la coordination des revues (Solaris et Alibi, son pendant polar) est maintenant assuré par Jonathan Reynolds.

La magazine offre une double détente: d’une part c’est une anthologie permanente des littératures de l’imaginaire francophone qui nous permet, par ses courtes nouvelles, de se tenir à jour dans les courants littéraires de genres et, d’autre part, par ses brillants articles et critiques (je préfère toutefois parler de “commentaires de lecture”), d’y trouver de nombreuses suggestions de lectures pour nous divertir et nous inspirer encore plus.

Le numéro 198 (Printemps 2016) nous offre cinq nouvelles dont les quatre premières partagent la thématique des “femmes étranges”:

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  • “K**l Me, I’m Famous” par Éric Holstein: un journaliste de la scène rock découvre une créature mythique au sein d’un groupe punk.
  • “Le Choix des âmes” par Daniel Birnbaum: derrière chaque grand scientifique il y a une femme prète à se sacrifier pour la science.
  • “Elle” par Jérémie Bourdages-Duclot: un étudiant membre d’une équipe de football collégiale réputée est obscédé par le sexe. Fasciné par une belle femme qu’il a croisé semble-t-il par hasard, il découvrira qu’il y a des prédateurs plus féroce que lui…
  • “Prestance” par Samuel Lapierre: un veuf tombe amoureux d’un mannequin-robot dans la vitrine d’une boutique de mode. Sa perversion le mènera à la ruine.

La cinquième nouvelle, “Tempus fugit” par Mario Tessier, est un texte à part. C’est une intéressante histoire de hard-science mais trop succincte et qui demeure tout de même un peu décevante pour ceux qui connaisse cet auteur. Il évoque un peu la SF classique des débuts d’Asimov. Le récit est un peu précipité et fourni simplement le prétexte pour décrire un organisme extra-terrestre cristalo-végétal quasi immortel. En fait, la nouvelle sert surtout d’introduction à l’article du “Futurible” qui lui fait suite.

Dans ce numéro, “Les Carnets du Futurible” (publié dans Solaris de façon quasi-ininterrompue depuis le numéro 153 — sauf dans le numéro 172 à l’Automne 2009 — ce qui fait de cet article le quarante-cinquième épisode de la série) est consacrés aux plus vieux organismes vivants. Comme le sont toujours les articles des “Carnets du Futurible”, cet article est tout à fait fascinant.

L’article suivant est tout aussi intéressant. Il s’agit de la traduction de la première partie d’un article de Jonathan McCalmont (originalement publié en anglais sur son blog Ruthless Culture). Intitulé “Lacheté, paresse et ironie: comment la science-fiction a perdu le futur” l’article se questionne sur les causes de l’épuisement du genre en prenant comme point de départ des commentaires du critique Paul Kincaid. Est-ce que cela a à voir avec le fait que le monde change si vite que les auteurs de SF n’essaient même plus de prédire l’avenir dans leurs histoires? Ou est-ce lié au brouillage délibéré (et bizarre) entre les différents genres? Ou au fait que de plus en plus des auteurs dits “mainstream” empiètent sur les littératures de l’imaginaire?

Christian Sauvé nous offre une fois de plus une excellente chronique “Sci-néma” où il traite de films sur la post-humanité (robots & A.I.) tels que Terminator: Genisys, Big Hero 6, Transcendence, Chappie et Ex Machina. Il note également que la hard science, jusqu’alors pratiquement absente du grand écran, commence a y être une thématique de plus en plus fréquente et il cite The Martians en exemple. Il ajoute que, ces derniers temps, les films de fantasy à grands budgets font piètre figure (City of Bones, Seventh Son, et Winter’s Tale) mais que les films d’horreur innovent (Horns, Unfriended, It Follows).

La chronique des “Littéranautes” offre des commentaires de lecture sur la littérature de l’imaginaire québécoise: Les Clowns vengeurs: Allégeances (par Nadine Bertholet et Isabelle Lauzon, chez Porte-Bonheur), Écorché (par Ariane Gélinas, Pierre-Luc Laurence et Jonathan Reynolds, chez La Maison des viscères), et La Peau du Mal (par Corinne De Vailly, chez Recto-Verso).

Finalement, Solaris se conclu avec la chroniques des “lectures” qui commente le reste: L’Héritage des Rois-Passeurs (par Manon Fargetton, chez Bragelonne), Hamlet au paradis (par Jo Walton, chez Denoël), La Santé par les plantes (par Francis Mizo, chez ActuSF), Dimension merveilleux scientifique (une anthologie compilée par Jean-Guillaume Lanuque, chez Rivière Blanche), Zombie Nostalgie (par Øystein Stene, chez Actes Sud), Frankenstein (par Michel Faucheux, chez L’Archipel), Fond d’écran: nouvelles et textes courts (par Terry Pratchett, chez Atalante), Au-delà du Réel: L’Avenir du Futur (par Didier Liardet, chez Yris), et Feuillets de cuivre (par Fabien Clavet, chez ActuSF). Personnellement, je préfère quand les commentaires de lecture ont une appréciation quantifiée (système de points ou d’étoiles), mais je crois qu’ici c’est une décision éditoriale de ne pas en avoir.

C’est bien d’avoir des chroniques qui ne traitent pas seulement de l’aspect littéraire de la science-fiction. Mais en plus du cinéma, ce serait intéressant d’avoir aussi une petite chronique BD (cela fait des eons qu’il n’y en pas eu dans Solaris).

Malgré que son attrait principal demeure l’aspect anthologique, je dois avouer que je lis Solaris surtout pour ses excellents articles. Avec une telle diversité, tous les lecteurs y trouveront certainement leur intérêt. À lire.

Solaris #198 — Printemps 2016, Vol. 41, no 4 [Collectif dirigé par Jean Pettigrew, Pascale Raud, Daniel Sernine, Élisabeth Vonarburg, et coordonné par Jonathan Reynold]. Lévis, Publications bénévoles des littératures de l’imaginaire du Québec, avril 2016. 160 p. $12.95. ISSN 0709-8863. Abonnement d’un an: $40.00 (Canada), $35.00 (USA) et $63.00 (autres).

Pour plus d’information vous pouvez aussi consulter les sites suivants:

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Congrès Boréal

Pour ceux que ça intéresse: le Congrès Boréal (rassemblement annuel des amateurs et professionnels des littérature de l’imaginaire du Québec) se tiendra la fin de semaine des 8, 9 et 10 mai 2015. On me précise que la soirée du 8 mai se déroulera à la Maison des écrivains (QG de l’UNEQ: 492 avenue Laval) et que la fin de semaine du 9-10 mai comme tel aura lieu à l’hôtel Expresso (1005 rue Guy). Voir le site officiel pour plus de détails. Inscrivez-vous en grand nombre!

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Découverte: un nouvel album de Bilal

Après Animal’z et Julia et Roem, voici enfin le troisième volet de la trilogie événément signée Enki Bilal.

“Dans un ciel sens dessus dessous ponctué d’immenses masses nuageuses aux allures menaçantes progresse le Zeppelin sinistré Garbage et son équipage incongru : un couple de passagers de hasard embarqués à Tanger, Anders Mikkeli et Esther Roblès, deux jumelles orphelines sujettes à de mystérieuses crises de citations littéraires, leur garde du corps et le cadavre démembré du pilote de l’appareil, suspendu à ce qui reste de sa nacelle détruite. Dans les soutes, un mélange de déchets nucléaires instables et d’armes atomiques en état de marche, indice probable des visées terroristes du Garbage. Balloté au gré de la violence des vents, ses équipements verrouillés sur navigateur automatique, l’aérostat semble totalement livré à lui-même, et pourtant… Pourtant quelque chose suggère qu’il y a peut-être là un dessein, une volonté, une direction. Car au même moment, nombre des personnages croisés au fil des deux précédents volumes de la trilogie – Ana et Lester, Bacon et son dauphin hybride, Julia, Roem et Lawrence, l’ex-aumonier militaire – se sont eux aussi mis en mouvement, comme mûs par un appel secret. Leur périple annonce-t-il le stade terminal du « coup de sang » planétaire ? S’agit-il des prémisses de la troisième guerre mondiale annoncée, qui mettra ainsi un point final à la crise environnementale généralisée ? Ou d’autre chose encore, divergeant de tout ce qu’on pouvait imaginer ?”

“Toujours magistral, tant dans la puissance et l’originalité de son récit que dans son traitement graphique et chromatique exceptionnel, Enki Bilal apporte un point final à la trilogie amorcée dans Animal’z et poursuivie dans Julia et Roem. L’un des titres les plus attendus de la fin d’année.” (Texte du site de l’éditeur)

Pas grand chose à ajouter sur ce nouveau Bilal sinon que j’ai bien hâte de le lire (la date de parution en France est le 2014/10/22, mais il est difficile de dire quand il sera disponible au Québec). Décidément, Bilal va de trilogie en trilogie nous présentant toujours le même futur glauque mais jamais ennuyant.

La Couleur de l’air, par Enki Bilal. Paris: Casterman, octobre 2014. 96 pgs, 24 x 32.1 x 1.5 cm, 18.00 €, ISBN: 978-2-203-03309-2.

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The stomach

WARNING: May contains trace of spoilers! People allergic to the discussion of any plot’s elements before seeing a movie are strongly advised to take the necessary precautions for their safety and should avoid reading further.

“Frank’s had enough. A spirit medium whose unique and grotesque method of channeling the dead is putting his own life at risk, he wants out. But others have different plans.”

“Médium dont la méthode unique et grotesque d’entrer en contact avec les morts met sa propre vie en péril, Frank en a assez. Mais dans ce monde comme dans l’au-delà, d’autres ont aussi leurs plans.”

(Text from the Festival’s program)


The story of this short movie is quite interesting — it’s a great horror idea, something in-between P. K. Dick and H.P. Lovecraft! Some criminal had his brother killed, but couldn’t find the goods that he was hiding. He therefore consult a medium to ask his brother where is the loot. He puts his brother shoes into the medium’s feet, speaks in a tube inserted in the medium’s mouth and listen with a stetoscope into the medium’s stomach, which become a door to the other world and to the deceased. The brother is uncooperative and finds a way to get his revenge… Quite original!

The stomach: United Kingdom, 2014, 15 mins; Dir./Scr.: Ben Steiner; Phot.: Dom Bartels; Ed.: Jacob Proctor, Dan Dixon; Mus.: Dicken Marshall, Mark Ashworth; Cast: Aimon Meacock, Ben Bishop, Peter Marinker, Kiki Kendrick, Neil Newborn. Short film screened in opening to Tokyo – The city of glass at the Montreal World Film Festival on August 22nd, 2014 (Cinema Quartier Latin 15, 19h00) as part of the “Focus on World Cinema” segment.
For more information you can visit the following websites:
The stomach © Ben Steiner / Fume Films.

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Tempus edax rerum

Yesterday, I’ve finally watched the Doctor Who 50th Anniversary Special “The Day of the Doctor” recorded the previous day on my PVR from Space (and still available to watch online; although it is also available on iTunes). Apparently, it was widely watched and quite appreciated by the fans. Although not by all since I read an opinion article of a guy who couldn’t understand the appeal of such a cheap and childish show… I thought the show was great, so I totally disagree.

Yes, Doctor Who is just a simple show for kids and that’s exactly why it is so powerful. It reaches to our deepest and strongest imagination. It is whatever we want it to be. It reflects our hopes and fears, our own reality (and I am not the only one to think that), it amazes us, it is sublime. It is the simplest and the most complex story of all time. It is a paradox. And that’s why I love it so much, despite the fact that all its parts, separately, tell me I should not, but all together they blow my mind. It is funny, but it makes me sad. It is so simple that I cannot comprehend it sometimes. We should not fight it, but just let go and enjoy…

Just for the love of the Doctor.

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Sucker Punch

WARNING: May contains trace of spoilers! People allergic to the discussion of any plot’s elements before seeing a movie are strongly advised to take the necessary precautions for their safety and should avoid reading further.

“Close your eyes. Open your mind. You will be unprepared.”

Sucker Punch is an epic action fantasy that takes us into the vivid imagination of a young girl whose dream world provides the ultimate escape from her darker reality. Unrestrained by the boundaries of time and place, she is free to go where her mind takes her, and her incredible adventures blur the lines between what’s real and what is imaginary.”

“She has been locked away against her will, but Babydoll (Emily Browning) has not lost her will to survive. Determined to fight for her freedom, she urges four other young girls—the outspoken Rocket (Jena Malone), the street-smart Blondie (Vanessa Hudgens), the fiercely loyal Amber (Jamie Chung) and the reluctant Sweet Pea (Abbie Cornish)—to band together and try to escape their terrible fate at the hands of their captors, Blue (Oscar Isaac), Madam Gorski (Carla Gugino) and the High Roller (Jon Hamm).”

“Led by Babydoll, the girls engage in fantastical warfare against everything from samurais to serpents, with a virtual arsenal at their disposal. Together, they must decide what they are willing to sacrifice in order to stay alive. But with the help of a Wise Man (Scott Glenn), their unbelievable journey—if they succeed—will set them free.” [Official Synopsis]


I just caught this movie on Showcase the other day and I was blown away. I had heard about it and seen some promising illustrations, but on release it was demolished by the critics (Rotten Tomatoes gave it a 23% rating for the critics and 46% for the audience) and I forgot about it. However it’s created by a reputable director, Zack Snyder (300, Watchman, Man of Steel), and even if it far from perfect it is quite a piece of beautiful entertainment. It is told with very little dialog, lots of music and astonishing CGI.

It starts with a sad story: a mother dies leaving her fortune to her two daughters. The abusive stepfather is unhappy with this and, as he is about to take it out on the girls, the oldest escapes her room and tries to kill him. However, the bullet ricochets on a steel pipe and kills the younger sister instead. The stepfather seizes this opportunity and has her institutionalized because of her supposedly violent and murderous behaviour. He makes a deal with the orderly that runs the place that she will be “taken care of”. In a few days, a special doctor will come to lobotomize her. That’s just the introduction. The girl, known as Babydoll, uses her imagination to escape her grim circumstances. The mental hospital becomes a brothel where’s the girls entertain the customers. But the Babydoll of the imaginary world escapes her own ordeal in a fantasy world where she is a warrior and has to gather five items in order to free herself: a map, a lighter, a knife, a key and a mysterious item that will be revealed at the end. The Babydolls of all worlds are determined to fight for their freedom.

The use of music and its sketch movie style reminds me of the eclectic storytelling of Heavy Metal where you had several unrelated segments united by one main story. Here you have an Inception‘s style asylum mindfuck that opens into segments set into four anachronistic mishmash fantasy world worthy of the most excessive mecha anime and video games: a Kungfu Panda style samurai fight where Babydoll acquires her only weapons: a katana and a Gluck, a WWI steampunk nazi zombie world where they acquire the map, a WW2 dragonslaying medieval fantasy world where they acquire the fire and a futuristic high train robbery meet bomb squad mission with a Vietnam war era helicopter where they acquire the knife (but not without a cost).

Snyder succeeds in capturing the pop culture of the current generation in the same way that Tarentino (Pulp Fiction, Kill Bill, Djando Unchained) captured the pop culture of the baby boomers. With its story inside a story, inside a story, the movie offers a clever storytelling. It also has a fascinating and beautiful visual. Unfortunately, the story is uneven and doesn’t always make sense, the acting is rather average, and the ending is quite disappointing: it delivers a soppy philosophical moral about self-determination and strength of character. I find solace in the fact that it is not really an happy ending. And, yes, it is sexist! But it is well worth watching (for a sci-fi loving male audience of course)!


Sucker Punch: USA, 2011, 110 min.; Dir.: Zack Snyder; Scr.: Zack Snyder & Steve Shibuya (based on a story by Zack Snyder); Phot.: Larry Fong; Ed.: William Hoy; Mus.: Tyler Bates, Marius de Vries; Prod.: Deborah & Zack Snyder; Studio: Legendary Pictures, Cruel and Unusual Films; Distr.: Warner Bros; Cast: Emily Browning (Babydoll), Abbie Cornish (Sweet Pea), Jena Malone (Rocket), Vanessa Hudgens (Blondie), Jamie Chung (Amber), Carla Gugino (Madam Gorski), Oscar Isaac (Blue), Jon Hamm (High Roller), Scott Glenn (Wise Man).
For more information you can visit the following websites:
Sucker Punch © 2011 Warner Bros. Entertainment Inc.

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Haikasoru

Haikasoru is Viz Media‘s imprint dedicated to bringing Japanese science fiction to the english-speaking world. They publish japanese literary works–whether they are award-winners, classics, or new work by the hottest young writers–“featuring the action of anime and the thoughtfulness of the best speculative fiction” (from space opera to dark fantasy to hard science). So far, they have published over thirty titles.

I was recently reminded of the existence of this collection because one of its titles, The Future Is Japanese, is featuring a short story that just won the 2013 Hugo Award for Best Short Story at LoneStarCon 3, in San Antonio, Texas. The short story is “Mono no Aware” by Chinese-American science fiction writer Ken Liu. It “tells the tale of the last Japanese survivor aboard an American space habitat after an asteroid has destroyed the Earth. This is the second story for which Ken Liu has won a Hugo Award”.

The Future Is Japanese, “edited by Nick Mamatas and Masumi Washington, is an anthology collecting science fiction from, and about, Japan, by some of the world’s best genre writers” (Pat Cadigan, Toh EnJoe, Project Itoh, Hideyuki Kikuchi, Ken Liu, David Moles, Issui Ogawa, Felicity Savage, Ekaterina Sedia, Bruce Sterling, Rachel Swirsky, TOBI Hirotaka, Catherynne M. Valente). Published in May 2012, it is available from most major North American book retailers (and an eBook edition is also available for the Amazon Kindle, Apple’s iBooks Store, the Barnes & Noble’s Nook Books Store, and the Sony Reader™ Store).

The Future Is Japanese. San Francisco, Haikasoru, 2012. 365 pages, 5 1/4 x 8 in., $14.99 USA / $17.99 CAN / £9.99 UK (iTunes & Kindle eBook: $8.99 USA), ISBN: 978-1-4215-4223-2.

(Source: Haikasoru’s press release)

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Éléments de fantasy chez Apulée

Éléments de fantasy chez Apulée

On me reproche parfois de commenter des ouvrages avec retard. Dans ce cas-ci je dois bien battre tout les records puisque ce roman a été écrit et publié pour la première fois il y a près de dix-huit-cent ans! Toutefois son caractère exceptionnel m’empêche de le passer sous silence.

Les Métamorphoses ou l’Âne d’or (Metamorphoseon / Asinus aureus) a été écrit par Apulée (125-180) au IIe siècle et raconte les tribulations de Lucius. Celui-ci est de bonne condition: il vit avec aisance et le fait qu’il voyage en Thessalie pour affaires en compagnie de son cheval et d’un esclave le démontre bien. Sa trop grande curiosité à l’égard de la magie mettra cependant fin à sa bonne fortune. Il se verra plongé dans une honteuse déchéance lorsque, transformé en âne, il vivra de multiples mésaventures à la recherche de sa forme originelle. Ce n’est qu’après ces nombreuses aventures, certaines heureuses mais la plupart malheureuses, où il change souvent de propriétaire et échappe sans cesse au trépas, que Lucius redeviendra un homme, non sans avoir subit une profonde transformation.

Les métamorphoses est non seulement un excellent ouvrage qui rend bien compte de l’imaginaire romain mais il se lit avec aisance et est d’une modernité étonnante tant dans la clarté de son action, le réalisme de ses descriptions ou l’absence de fausse pudeur dans ses scènes érotiques (c’est le cas aussi pour le seul autre roman de l’antiquité à nous être parvenu: le Satyricon de Pétrone). Il est toutefois surprenant de constater que l’on retrouve dès l’antiquité, dans ce roman d’Apulée, des thématiques typiques du merveilleux. Roman satirique ou conte fabuleux, Les Métamorphoses est donc une histoire de fantasy avant la lettre.

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La thématique la plus constante dans le roman d’Apulée est celle de la magie (ou sorcellerie) que l’on retrouve plus particulièrement sous ses aspects d’altération (la sorcière se changeant elle-même, ou une autre personne, en animal), d’enchantement ou de divination. Elle concurrence sérieusement la thématique plus classique de l’intervention divine, qui n’apparait d’ailleurs que dans les fables insérées dans le récit. À part ces quelques réminiscences de la mythologie classique, la tradition populaire est nettement dominante. Il faut croire que le folklore des campagnes n’a guère changé en deux-mille ans.

D’autres thématiques typiques de la fantasy sont également présentent, comme celle du “bestiaire” surnaturel. Orcus, un dieu mineur des morts chez les romains (et un célèbre démon dans Dungeons & Dragons) est mentionné une demi-douzaine de fois. Il est question de divers types de fantômes: les lémures (des âmes sans corps), les lares (démons protecteurs), les larves (damnés errants) et les mânes (morts de condition incertaines). On y voit aussi une sorte de loups-garou: les versipelles (des hommes qui peuvent se changer en bêtes à volonté). Et des dragons apparaissent à plusieurs reprises dans le récit: les soeurs de Psyché imaginent son invisible amant comme un reptile monstrueux, la source du Styx où Psyché doit puiser une eau sombre pour Vénus est défendue par des dragons dotés de mâchoires aux dents cruelles et d’une langue à triple fourche (VI, XV, 5: inter genas saevientium dentium et trisulca vibramina draconum), un compagnon de voyage de Lucius est dévoré par le dragon monstrueux qui est le gardien d’un bois, et Lucius, lors de son initiation isiaque, porte une robe ornée de figures de dragons de l’Inde et de griffons hyperboréens.

On rencontre souvent dans le récit des personnages ou des lieux dotés d’attributs fabuleux ou magiques: des gens qui peuvent parler aux plantes, aux animaux ou même aux objets inanimés; des palais somptueux emplis de serviteurs invisibles et où les tables demeurent toujours garnies (le palais de Cupidon); et l’existence de lieux “autres” tels que l’Enfer, le Tartare, l’Olympe, et même le palais de Cupidon est situé dans un “ailleurs” où l’on est transporté par le vent Zéphir (la mythologie semble généralement laisser croire que cet “ailleurs” est géographique — l’Olympe dans le ciel et l’Enfer dans le sol — mais par moment on semble y déceler une notion primitive de plan dimensionnel).

Plus que la thématique, la structure même du récit d’Apulée l’apparente au roman de fantasy. Les Métamorphoses offre un aspect féerique du fait que la narration principale est régulièrement interrompue par le récit de divers contes, fables ou légendes, ce qui n’est pas sans rappeler les Mille et une nuits, écrit au Moyen-âge, ou même Le seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien. Le récit est savamment entrecoupé de ces contes fabuleux: on y retrouve trois histoires racontant les exploits d’un groupe de brigands, trois histoires d’amour (Cupidon et Psyché, Plotina, Charité) et enfin le récit de trois adultères qui se terminent en crimes monstrueux. Le conte de Psyché est particulièrement connu: Vénus, jalouse de Psyché, charge son fils Cupidon (Eros) de l’éliminer mais celui-ci l’amène plutôt dans son palais en lui cachant sa véritable identité (ce conte s’apparente à un autre récit ancien: un jeune prince, changé en dragon par un maléfice, ne pouvait rejoindre sa bien-aimée qu’à la nuit tombante et à condition de lui demeurer invisible et qu’elle en conserve le secret).

De plus, le récit adopte aussi la forme d’une quête: c’est l’histoire typique du héros qui, confronté à une tâche ou à des épreuves, doit surmonter une série d’obstacles, ce qu’il ne réussit qu’après avoir mis à jour les faiblesses qui le rendaient vulnérable. Toutefois, Lucius n’est pas seulement à la recherche du bouquet de roses qui annulera le charme qui l’a transformé: il vit un véritable voyage initiatique et purificateur qui lui gagnera les faveurs de la déesse Isis. Celle-ci non seulement le délivrera de l’enchantement et le prendra sous sa protection divine mais, après lui avoir révélé les mystères de son culte, lui offrira une vie nouvelle au sein de son clergé. Cette transformation et son initiation au culte d’Isis lui offrent le salut éternel. Lucius voit donc son quotidien exploser, il vit des expériences totalement différentes de ce qu’il a connu jusqu’alors, qui le changent profondément et puis le font renaître (On note que les cultes initiatiques ou dit “à mystères” greco-romains avaient plusieurs aspects communs avec le Christianisme). Ce genre de quête initiatique est un élément propre à la fantasy.

Allégorie morale et religieuse sur la souffrance et le salut (quoique pleine d’humour), Les Métamorphoses me rappelle un peu, entre autres romans de fantasy, Le château de Lord Valentin de Robert Silverberg, où un prince déchu et amnésique retrouve son pouvoir (et bien plus) après une sorte de quête initiatique.

Ce roman, donc, non seulement nous instruit agréablement des moeurs et des croyances de la Rome antique, mais encore constitue un étonnant récit de fantasy. C’est une lecture pour les gens curieux. À lire (ou à relire).

Les Métamorphoses ou l’Âne d’or par Apulée. Traduit par Olivier Sers, Paris, Les Belles Lettres (Coll. Classiques en poche, #82), juin 2007. 10,8 x 17,8 cm, 576 pg., 19,30 € / $32.95 CDN. ISBN 978-2-251-79993-3. Edition bilingue (Français et latin).

Ceci n’est pas l’édition que j’ai consulté. Si je ne m’abuse j’ai lu celle de la Collection des Universités de France (dite “Collection Budé”), toujours aux Belles Lettres, en trois volumes (1940-45, multiples rééditions, traduit par P. Vallette, avec texte latin en regard). Mais l’édition ci-haut est plus intéressante et plus récente. Pour une édition plus abordable, je recommande soit celle de Folio Classique, soit l’édition anglaise de Penguin Classics. (Apparemment il en existe aussi une adaptation graphique, aux allures érotiques, par Milo Manara aux Humanoides Associés. C’est à voir!)

Vous pouvez également lire Les Métamorphoses en ligne soit sur le site de Remacle ou celui de la BCS (Bibliotheca Classica Selecta).

Pour plus d’information vous pouvez consulter les sites suivants:

Ce billet est une version légèrement corrigée et augmentée d’un article paru dans Samizdat #11-12 (Avril 1988): 11-13.

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